Les événements de ces derniers jours en Syrie marquent une modification radicale des rapports de force politique intérieurs et renforcent la politique de recomposition régionale organisée par Donald Trump.
On se souvient que les Forces démocratiques syriennes (FDS)[1], à majorité kurde et structurées par le Parti de l’union démocratique (PYD), franchise syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avaient signé un mémorandum avec les autorités intérimaires de Damas, dirigées par Ahmed Al-Charaa, le 10 mars 2025, traçant la perspective d’un accord politique global devant être finalisé avant le 31 décembre dans le but d’intégrer la composante kurde de la population syrienne dans la nouvelle architecture politique du pays. Les négociations ne parvinrent pourtant pas à aboutir au nécessaire compromis, les principaux points de désaccord se concentrant sur la place et le statut des forces armées kurdes au sein de la nouvelle armée syrienne ainsi que sur le degré d’autonomie politique de la région kurde au sein du pays. L’impasse semblait donc totale.
Dès les premiers jours du mois de janvier les troupes de Damas attaquaient alors deux quartiers kurdes de la ville d’Alep – Cheikh Maqsoud et Acrafieh – et en chassaient rapidement les FDS. Fort de cette première victoire, décision fut prise – visiblement préparée de longue date – de poursuivre l’offensive vers les territoires de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), communément appelé le Rojava.
Le destin du Nord-Est syrien bascule alors en deux jours, les 17 et 18 janvier. Les forces gouvernementales reprennent les provinces de Rakka et de Deir ez-Zor, à majorité arabe, et environ 80 % des territoires administrés par les FDS depuis 2016, lorsqu’elles en avaient chassé l’État islamique avec l’aide de la coalition internationale. C’est une véritable débandade militaire qui se produit, avec son cortège de victimes civiles et de départs précipités des populations.
La brièveté de la séquence et le quasi-effondrement de l’AANES interpellent, mais s’expliquent de plusieurs façons. La première renvoie bien sûr au lâchage des forces kurdes par les États-Unis, confirmant ainsi le choix de Washington d’un soutien stratégique apporté à Ahmed Al-Charaa dans le cadre d’un projet de recomposition régionale sous égide. On a le désagréable sentiment que l’histoire se répète. Plusieurs fois déjà la confiance accordée par les dirigeants nationalistes kurdes aux États-Unis, ainsi que parfois à des autocraties locales, s’est en effet quasi systématiquement retournée en son contraire. C’est une malheureuse constante de l’histoire tourmentée du peuple kurde que d’être trahi par ceux qui prétendent l’aider ou le protéger. De la part des dirigeants kurdes, c’est une illusion mortelle que d’estimer possible de défendre les intérêts de leur peuple – objectif proclamé par les FDS – en prenant appui sur les États-Unis, dont les intérêts ne coïncident pas avec les leurs. Certes, les conditions difficiles dans lesquelles se sont battues les FDS rendaient nécessaires des jeux d’alliances, mais certains choix s’avèrent une fois de plus mortifères. Durant la guerre civile, les FDS n’ont jamais tenté de passer de véritables accords avec les forces combattantes syriennes d’opposition préférant entretenir des relations parfois ambigües avec le régime de Bachar Al-Assad. Les événements de ce mois de janvier 2006 administrent une nouvelle fois la preuve de la dangerosité de dépendre des États-Unis qui ne raisonnent jamais pour leur part dans une logique d’émancipation des peuples.
La deuxième raison concerne le changement d’alliance effectué par les tribus arabes qui, depuis une dizaine d’années, avaient fait allégeance aux FDS dirigées par des commandants kurdes, souvent membres du PKK. Rappelons que le système politique qui avait été instauré au sein de l’AANES proclamait s’inspirer des concepts autogestionnaires – le confédéralisme démocratique – élaborés et théorisés par Abdullah Öcalan fondateur et dirigeant du PKK, en prison depuis 1999. Il s’agissait, avaient expliqué les FDS, de construire une société égalitaire, respectueuse des minorités ethniques, confessionnelles et de genre. L’aura romantique libertaire qui a enveloppé le Rojava depuis de nombreuses années s’est pourtant brutalement déchirée. Bien sûr, la propension des chefs tribaux à pactiser avec le plus offrant est une donnée classique de la situation régionale, il convient néanmoins de ne pas tomber dans un travers orientaliste, ou pire essentialiste, sur la supposée versatilité intrinsèque des tribus. La situation renvoie plus fondamentalement à la brutalité des rapports de force induits par toute guerre civile et il semble que l’inclusivité égalitaire revendiquée par les FDS était plus une utopie qu’une réalité véritablement ancrée dans le tissu social. Pour parler plus précisément, il apparait que le PYD a imposé son système d’une manière qui a été perçue par les populations arabes comme une forme de domination nationaliste kurde. L’étonnante rapidité de la défaite subie au cours de ces derniers jours s’explique en effet par l’étroitesse de la base sociale des FDS dans une région, représentant un tiers du territoire syrien, dont une grande partie est arabe.
Un troisième élément d’explication réside dans le rôle qu’a endossé la Turquie – qui occupe toujours indûment une partie du territoire syrien – et l’important appui qu’elle a apporté à l’armée syrienne, notamment par l’utilisation de drones à l’efficacité redoutée. Ankara voyait dans la séquence un moment particulièrement propice pour en finir avec le Rojava, qualifié par les autorités turques d’entité terroriste, parce que sous la coupe du PKK, et perçu de ce fait comme un danger existentiel. C’est aussi une nouvelle preuve du soutien sans faille apporté jusqu’alors par Recep Tayyip Erdoğan, aux côtés de Donald Trump et de Mohamed Ben Salman, au gouvernement intérimaire d’Ahmed Al-Charaa.
On le comprend, ce dernier sort considérablement renforcé à l’issue d’un mois de janvier fertile en modifications accélérées des rapports de force. Son projet islamo-nationaliste s’affirme, porteur d’une volonté centralisatrice qui ne laisse guère de place aux minorités ethniques et confessionnelles. Il apparait d’ailleurs beaucoup plus intransigeant à l’encontre de celles-ci qu’à l’égard de l’État d’Israël avec lequel il est parvenu à un récent accord alors que ce dernier occupe pourtant une partie du territoire national syrien et y organise cycliquement des opérations militaires faisant fi du droit international.
Les FDS subissent donc une défaite majeure, leur projet politique ayant subi un coup d’arrêt. Le modèle social progressiste qu’elles voulaient mettre en œuvre prétendait se différencier radicalement de celui incarné par le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, critiqué pour être beaucoup plus conservateur et souvent accusé de pratiques clientélistes à forts relents féodaux. Le PKK ne formulait d’ailleurs plus la revendication d’indépendance d’un Kurdistan, et allait jusqu’à mettre théoriquement en question le concept même d’État nation. Pour autant, la difficulté des cadres de l’AANES à parvenir à un compromis avec le gouvernement intérimaire de Damas au moment adéquat leur a été fatale et les acquis dont ils se réclamaient quasiment réduits à néant.
C’est dans ce contexte qu’un accord – dans l’élaboration duquel les États-Unis, la France et le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak ont visiblement joué un rôle important – favorable au gouvernement de Damas puisqu’il enterre la perspective d’une autonomie kurde au Rojava, a finalement été acté entre les protagonistes le 30 janvier 2026. Les autorités intérimaires de Damas prennent ainsi le contrôle des institutions locales, des postes-frontières, des champs gaziers et pétroliers ainsi que des camps d’internement dans lesquels se trouvent des prisonniers de l’État islamique. Les institutions de l’AANES seront intégrées à l’appareil d’État syrien et les combattants des FDS incorporés individuellement dans la nouvelle armée syrienne. Aucune mention n’est faite quant à l’avenir des unités de femmes combattantes des FDS et des combattants étrangers du PKK. Principales concessions, le kurde est reconnu comme langue nationale et pourra être enseigné librement, le Nouvel An kurde, le Newroz, sera quant à lui férié, et la nationalité syrienne enfin accordée à la totalité des citoyens d’origine kurde. Nulle reconnaissance à l’autogouvernement ou à l’autodétermination donc, mais bien plutôt celle de quelques droits dus à une minorité. On le voit, l’accord sanctionne un rapport de force peu favorable aux forces kurdes, même si le contenu final apparait moins dur que celui qui leur avait initialement été soumis, le 18 janvier.
Il s’agit maintenant d’observer les modalités pratiques de son application, car rien n’est jamais écrit à l’avance dans un contexte national et régional singulièrement délétère.
Didier Billion
[1] Les Forces démocratiques syriennes ont été créées en octobre 2015 pour constituer un cadre juridique et politique au soutien militaire états-unien apporté au Parti de l’union démocratique (PYD), franchise syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), pour combattre l’État islamique. Les FDS encadrées par les forces kurdes inclurent aussi des tribus arabes ralliées.
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L’armée israélienne admet enfin que le nombre de morts, qui s’élève à 71 000 personnes, donné par le ministère de la Santé du Hamas, est exact.
Nombreux sont ceux qui l’ont longtemps nié, considérant ces chiffres comme relevant de la propagande terroriste, ce qui servait surtout à minimiser les actions du gouvernement israélien et à relayer la propagande israélienne.
Malheureusement, les chiffres exacts sont probablement encore plus élevés, compte tenu des disparus et des morts indirectes. Malheureusement, les mensonges trop répétés dans les médias entraînent une perte de confiance et une montée du complotisme.
Parallèlement, le passage de Rafah est désormais rouvert, contrôlé par l’Égypte. Mais le passage restera difficile pour de nombreux Palestiniens, qui devront affronter le choix de mourir sur place ou de partir avec le risque de ne jamais revenir. En d’autres termes, c’est le choix entre davantage de morts ou un nettoyage ethnique, avec la passivité totale de la communauté internationale.
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Bonn, 02. Februar 2026. Ägyptens arabischer Frühling wurde zum Winter, als das Versprechen des 25. Januar zerschlagen wurde. Zum Gedenken an die Gefallenen müssen Ideale von Freiheit, Würde und sozialer Gerechtigkeit lebendig gehalten werden.
Fünfzehn Jahre sind seit Beginn der ägyptischen Revolution vergangen, die am 25. Januar 2011 Präsident Mubarak stürzte. Statt Feierlichkeiten sind die Jahrestage von Trauer geprägt, von erzwungenem Schweigen und stillem Gedenken an jene, die im Streben nach einem verratenen Traum gefallen sind. Die Revolution wurde demontiert, umgeschrieben und ihres Sinns entleert, nicht nur wegen dessen, was verloren ging, sondern auch wegen dessen, was niemals Wirklichkeit wurde. Revolutionen werden nicht an Parolen oder Momenten kollektiver Euphorie gemessen, sondern daran, ob sie radikale institutionelle Veränderungen bewirken, die über den Moment der Straße hinaus Bestand haben. Gemessen daran ist die Januarrevolution politisch, wirtschaftlich und moralisch gescheitert.
Machtkonzentration und institutionelle UmkehrSie gründete auf der Vision rechenschaftspflichtiger Herrschaft, verfassungsrechtlicher Machtbegrenzung und rechtlich verankerter Würde, nicht auf Angst. Seit 2013 geht das Land aber in die entgegengesetzte Richtung. Macht wurde erneut in der Exekutive konzentriert, die Gewaltenteilung aufgehoben und die Verfassung wiederholt geändert, um Amtsinhabern statt den Bürgern zu dienen. Dass der jetzige Präsident al-Sisi seine Herrschaft über 2030 hinaus verlängern könnte, ist nicht überraschend, sondern die logische Folge eines Systems, das verfassungsrechtliche Grenzen als vorübergehende Unannehmlichkeiten behandelt. Die Verfassung gilt nicht als bindender Gesellschaftsvertrag, sondern als flexibles Instrument militärischer Machtkontinuität.
Die menschlichen Kosten dieser politischen Umkehr sind erschütternd: die Zahl politischer Gefangener sowie erzwungenes Verschwindenlassen, lang andauernde Untersuchungshaft und Massenprozesse übertreffen selbst die Zustände unter Mubarak. Terror ist zu einem Herrschaftsinstrument geworden. Die Angehörigen der Gefangenen warten ohne Informationen, rechtsstaatliche Verfahren oder Rechtsmittel. Ebenso besorgniserregend ist die systematische Unterordnung einst autonomer Institutionen. Die Justiz wurde durch rechtliche Eingriffe, selektive Rechtsdurchsetzung und Druck umgeformt. Ihre Funktion als unabhängiger Schiedsrichter ist geschwächt. Auch religiöse Institutionen sind versicherheitlicht; Rekrutierung und Aufstieg hängen zunehmend von Sicherheitsfreigaben und politischer Konformität ab. Institutionelle Autonomie wird ausgehöhlt.
Auch die wirtschaftliche Bilanz ist ernüchternd. Die Revolution richtete sich gegen Ausgrenzung, Prekarität und die Konzentration von Privilegien. Fünfzehn Jahre später erdrückt die Inflation reale Einkommen und die öffentliche Verschuldung erreichte historisch beispiellose Höhen, die die Lebensgrundlagen künftiger Generationen verpfänden. Wiederholte Abwertungen ließen die Währung massiv an Wert verlieren, erodierten Ersparnisse und Löhne. Die Sozialsysteme hielten nicht mit. Für Millionen Menschen wurde der Alltag zum Überlebenskampf, nicht zu einem Raum der Hoffnung.
Gleichzeitig flossen enorme öffentliche Ressourcen in kapitalintensive, weithin sichtbare, aber ökonomisch wenig tragfähige Megaprojekte. Immobilien, Großinfrastruktur und eine neue Verwaltungshauptstadt dominieren das Entwicklungsnarrativ, während staatliche Schulen und Krankenhäuser verfallen und die Eliten Bildung und Gesundheitsfürsorge bei privaten Anbietern oder im Ausland einkaufen. Solche Investitionen mögen Symbolik erzeugen, lösen aber keine strukturellen Probleme. Sie beheben weder Defizite im Humankapital noch chronisch unterfinanzierte Bildungs- und Gesundheitssysteme oder einen privaten Sektor, der durch ungleichen Wettbewerb erstickt wird.
Fragiles Wachstum, sterile InvestitionenAm schädlichsten ist die systematische Blockade der Märkte. Statt die Wirtschaft zu entfesseln, verfestigte die Politik Markteintrittsbarrieren und schuf ungleiche Wettbewerbsbedingungen. Kompetitive Märkte, das Rückgrat von Beschäftigung und Innovation, bleiben die Ausnahme. Wo Regeln unzuverlässig und ungleich angewandt werden und staatsnahe Akteure privilegiert sind, verkümmert private Initiative. Investitionen werden spekulativ statt produktiv, Beschäftigung prekär. Ohne verlässliche Regeln und unabhängige Regulierung ersetzt auch Beton kein Vertrauen. Wachstum ohne Teilhabe ist fragil, Investitionen ohne Wettbewerb steril. Stabilität auf Repression und Ausgrenzung ist Stagnation unter Polizeischutz.
Besonders schmerzhaft ist dieses Scheitern, weil die Alternative nicht utopisch war. Die Ägypter*innen forderten keine Wunder, sondern einen Staat, der seine Gesetze respektiert, eine Wirtschaft, die Leistung statt Nähe zur Macht belohnt, und Institutionen, die den Bürger*innen dienen, statt sie zu disziplinieren.
Die im Januar Getöteten werden heute - wenn überhaupt - nur noch politisch-rhetorisch erinnert; die Prinzipien, für die sie einstanden, gelten als Bedrohung oder Verrat. Ihr Opfer wird seines politischen Gehalts beraubt und zur Legitimation jener Ordnung genutzt, gegen die sie sich wandten. Eine Generation, die sich ein anderes Ägypten vorzustellen wagte, wurde zum Schweigen gebracht, ins Exil gedrängt, inhaftiert oder zermürbt.
Den 25. Januar zu betrauern heißt aber nicht, in Nostalgie zu verfallen. Es heißt, sich Auslöschung zu verweigern. Es heißt darauf zu bestehen, dass die Forderungen nach Freiheit, Würde und sozialer Gerechtigkeit weder naiv noch zerstörerisch waren, sondern notwendig. Und es heißt, mit Klarheit statt Sentimentalität jener zu gedenken, die ihr Leben in dem Glauben verloren, dass Ägypten frei sein und seinen Menschen würdig sein könnte.
Heute trauern wir um sie. Wir trauern auch um eine Revolution, deren Versprechen unter der Last der Vergangenheit begraben wurde.
Bonn, 02. Februar 2026. Ägyptens arabischer Frühling wurde zum Winter, als das Versprechen des 25. Januar zerschlagen wurde. Zum Gedenken an die Gefallenen müssen Ideale von Freiheit, Würde und sozialer Gerechtigkeit lebendig gehalten werden.
Fünfzehn Jahre sind seit Beginn der ägyptischen Revolution vergangen, die am 25. Januar 2011 Präsident Mubarak stürzte. Statt Feierlichkeiten sind die Jahrestage von Trauer geprägt, von erzwungenem Schweigen und stillem Gedenken an jene, die im Streben nach einem verratenen Traum gefallen sind. Die Revolution wurde demontiert, umgeschrieben und ihres Sinns entleert, nicht nur wegen dessen, was verloren ging, sondern auch wegen dessen, was niemals Wirklichkeit wurde. Revolutionen werden nicht an Parolen oder Momenten kollektiver Euphorie gemessen, sondern daran, ob sie radikale institutionelle Veränderungen bewirken, die über den Moment der Straße hinaus Bestand haben. Gemessen daran ist die Januarrevolution politisch, wirtschaftlich und moralisch gescheitert.
Machtkonzentration und institutionelle UmkehrSie gründete auf der Vision rechenschaftspflichtiger Herrschaft, verfassungsrechtlicher Machtbegrenzung und rechtlich verankerter Würde, nicht auf Angst. Seit 2013 geht das Land aber in die entgegengesetzte Richtung. Macht wurde erneut in der Exekutive konzentriert, die Gewaltenteilung aufgehoben und die Verfassung wiederholt geändert, um Amtsinhabern statt den Bürgern zu dienen. Dass der jetzige Präsident al-Sisi seine Herrschaft über 2030 hinaus verlängern könnte, ist nicht überraschend, sondern die logische Folge eines Systems, das verfassungsrechtliche Grenzen als vorübergehende Unannehmlichkeiten behandelt. Die Verfassung gilt nicht als bindender Gesellschaftsvertrag, sondern als flexibles Instrument militärischer Machtkontinuität.
Die menschlichen Kosten dieser politischen Umkehr sind erschütternd: die Zahl politischer Gefangener sowie erzwungenes Verschwindenlassen, lang andauernde Untersuchungshaft und Massenprozesse übertreffen selbst die Zustände unter Mubarak. Terror ist zu einem Herrschaftsinstrument geworden. Die Angehörigen der Gefangenen warten ohne Informationen, rechtsstaatliche Verfahren oder Rechtsmittel. Ebenso besorgniserregend ist die systematische Unterordnung einst autonomer Institutionen. Die Justiz wurde durch rechtliche Eingriffe, selektive Rechtsdurchsetzung und Druck umgeformt. Ihre Funktion als unabhängiger Schiedsrichter ist geschwächt. Auch religiöse Institutionen sind versicherheitlicht; Rekrutierung und Aufstieg hängen zunehmend von Sicherheitsfreigaben und politischer Konformität ab. Institutionelle Autonomie wird ausgehöhlt.
Auch die wirtschaftliche Bilanz ist ernüchternd. Die Revolution richtete sich gegen Ausgrenzung, Prekarität und die Konzentration von Privilegien. Fünfzehn Jahre später erdrückt die Inflation reale Einkommen und die öffentliche Verschuldung erreichte historisch beispiellose Höhen, die die Lebensgrundlagen künftiger Generationen verpfänden. Wiederholte Abwertungen ließen die Währung massiv an Wert verlieren, erodierten Ersparnisse und Löhne. Die Sozialsysteme hielten nicht mit. Für Millionen Menschen wurde der Alltag zum Überlebenskampf, nicht zu einem Raum der Hoffnung.
Gleichzeitig flossen enorme öffentliche Ressourcen in kapitalintensive, weithin sichtbare, aber ökonomisch wenig tragfähige Megaprojekte. Immobilien, Großinfrastruktur und eine neue Verwaltungshauptstadt dominieren das Entwicklungsnarrativ, während staatliche Schulen und Krankenhäuser verfallen und die Eliten Bildung und Gesundheitsfürsorge bei privaten Anbietern oder im Ausland einkaufen. Solche Investitionen mögen Symbolik erzeugen, lösen aber keine strukturellen Probleme. Sie beheben weder Defizite im Humankapital noch chronisch unterfinanzierte Bildungs- und Gesundheitssysteme oder einen privaten Sektor, der durch ungleichen Wettbewerb erstickt wird.
Fragiles Wachstum, sterile InvestitionenAm schädlichsten ist die systematische Blockade der Märkte. Statt die Wirtschaft zu entfesseln, verfestigte die Politik Markteintrittsbarrieren und schuf ungleiche Wettbewerbsbedingungen. Kompetitive Märkte, das Rückgrat von Beschäftigung und Innovation, bleiben die Ausnahme. Wo Regeln unzuverlässig und ungleich angewandt werden und staatsnahe Akteure privilegiert sind, verkümmert private Initiative. Investitionen werden spekulativ statt produktiv, Beschäftigung prekär. Ohne verlässliche Regeln und unabhängige Regulierung ersetzt auch Beton kein Vertrauen. Wachstum ohne Teilhabe ist fragil, Investitionen ohne Wettbewerb steril. Stabilität auf Repression und Ausgrenzung ist Stagnation unter Polizeischutz.
Besonders schmerzhaft ist dieses Scheitern, weil die Alternative nicht utopisch war. Die Ägypter*innen forderten keine Wunder, sondern einen Staat, der seine Gesetze respektiert, eine Wirtschaft, die Leistung statt Nähe zur Macht belohnt, und Institutionen, die den Bürger*innen dienen, statt sie zu disziplinieren.
Die im Januar Getöteten werden heute - wenn überhaupt - nur noch politisch-rhetorisch erinnert; die Prinzipien, für die sie einstanden, gelten als Bedrohung oder Verrat. Ihr Opfer wird seines politischen Gehalts beraubt und zur Legitimation jener Ordnung genutzt, gegen die sie sich wandten. Eine Generation, die sich ein anderes Ägypten vorzustellen wagte, wurde zum Schweigen gebracht, ins Exil gedrängt, inhaftiert oder zermürbt.
Den 25. Januar zu betrauern heißt aber nicht, in Nostalgie zu verfallen. Es heißt, sich Auslöschung zu verweigern. Es heißt darauf zu bestehen, dass die Forderungen nach Freiheit, Würde und sozialer Gerechtigkeit weder naiv noch zerstörerisch waren, sondern notwendig. Und es heißt, mit Klarheit statt Sentimentalität jener zu gedenken, die ihr Leben in dem Glauben verloren, dass Ägypten frei sein und seinen Menschen würdig sein könnte.
Heute trauern wir um sie. Wir trauern auch um eine Revolution, deren Versprechen unter der Last der Vergangenheit begraben wurde.
Bonn, 02. Februar 2026. Ägyptens arabischer Frühling wurde zum Winter, als das Versprechen des 25. Januar zerschlagen wurde. Zum Gedenken an die Gefallenen müssen Ideale von Freiheit, Würde und sozialer Gerechtigkeit lebendig gehalten werden.
Fünfzehn Jahre sind seit Beginn der ägyptischen Revolution vergangen, die am 25. Januar 2011 Präsident Mubarak stürzte. Statt Feierlichkeiten sind die Jahrestage von Trauer geprägt, von erzwungenem Schweigen und stillem Gedenken an jene, die im Streben nach einem verratenen Traum gefallen sind. Die Revolution wurde demontiert, umgeschrieben und ihres Sinns entleert, nicht nur wegen dessen, was verloren ging, sondern auch wegen dessen, was niemals Wirklichkeit wurde. Revolutionen werden nicht an Parolen oder Momenten kollektiver Euphorie gemessen, sondern daran, ob sie radikale institutionelle Veränderungen bewirken, die über den Moment der Straße hinaus Bestand haben. Gemessen daran ist die Januarrevolution politisch, wirtschaftlich und moralisch gescheitert.
Machtkonzentration und institutionelle UmkehrSie gründete auf der Vision rechenschaftspflichtiger Herrschaft, verfassungsrechtlicher Machtbegrenzung und rechtlich verankerter Würde, nicht auf Angst. Seit 2013 geht das Land aber in die entgegengesetzte Richtung. Macht wurde erneut in der Exekutive konzentriert, die Gewaltenteilung aufgehoben und die Verfassung wiederholt geändert, um Amtsinhabern statt den Bürgern zu dienen. Dass der jetzige Präsident al-Sisi seine Herrschaft über 2030 hinaus verlängern könnte, ist nicht überraschend, sondern die logische Folge eines Systems, das verfassungsrechtliche Grenzen als vorübergehende Unannehmlichkeiten behandelt. Die Verfassung gilt nicht als bindender Gesellschaftsvertrag, sondern als flexibles Instrument militärischer Machtkontinuität.
Die menschlichen Kosten dieser politischen Umkehr sind erschütternd: die Zahl politischer Gefangener sowie erzwungenes Verschwindenlassen, lang andauernde Untersuchungshaft und Massenprozesse übertreffen selbst die Zustände unter Mubarak. Terror ist zu einem Herrschaftsinstrument geworden. Die Angehörigen der Gefangenen warten ohne Informationen, rechtsstaatliche Verfahren oder Rechtsmittel. Ebenso besorgniserregend ist die systematische Unterordnung einst autonomer Institutionen. Die Justiz wurde durch rechtliche Eingriffe, selektive Rechtsdurchsetzung und Druck umgeformt. Ihre Funktion als unabhängiger Schiedsrichter ist geschwächt. Auch religiöse Institutionen sind versicherheitlicht; Rekrutierung und Aufstieg hängen zunehmend von Sicherheitsfreigaben und politischer Konformität ab. Institutionelle Autonomie wird ausgehöhlt.
Auch die wirtschaftliche Bilanz ist ernüchternd. Die Revolution richtete sich gegen Ausgrenzung, Prekarität und die Konzentration von Privilegien. Fünfzehn Jahre später erdrückt die Inflation reale Einkommen und die öffentliche Verschuldung erreichte historisch beispiellose Höhen, die die Lebensgrundlagen künftiger Generationen verpfänden. Wiederholte Abwertungen ließen die Währung massiv an Wert verlieren, erodierten Ersparnisse und Löhne. Die Sozialsysteme hielten nicht mit. Für Millionen Menschen wurde der Alltag zum Überlebenskampf, nicht zu einem Raum der Hoffnung.
Gleichzeitig flossen enorme öffentliche Ressourcen in kapitalintensive, weithin sichtbare, aber ökonomisch wenig tragfähige Megaprojekte. Immobilien, Großinfrastruktur und eine neue Verwaltungshauptstadt dominieren das Entwicklungsnarrativ, während staatliche Schulen und Krankenhäuser verfallen und die Eliten Bildung und Gesundheitsfürsorge bei privaten Anbietern oder im Ausland einkaufen. Solche Investitionen mögen Symbolik erzeugen, lösen aber keine strukturellen Probleme. Sie beheben weder Defizite im Humankapital noch chronisch unterfinanzierte Bildungs- und Gesundheitssysteme oder einen privaten Sektor, der durch ungleichen Wettbewerb erstickt wird.
Fragiles Wachstum, sterile InvestitionenAm schädlichsten ist die systematische Blockade der Märkte. Statt die Wirtschaft zu entfesseln, verfestigte die Politik Markteintrittsbarrieren und schuf ungleiche Wettbewerbsbedingungen. Kompetitive Märkte, das Rückgrat von Beschäftigung und Innovation, bleiben die Ausnahme. Wo Regeln unzuverlässig und ungleich angewandt werden und staatsnahe Akteure privilegiert sind, verkümmert private Initiative. Investitionen werden spekulativ statt produktiv, Beschäftigung prekär. Ohne verlässliche Regeln und unabhängige Regulierung ersetzt auch Beton kein Vertrauen. Wachstum ohne Teilhabe ist fragil, Investitionen ohne Wettbewerb steril. Stabilität auf Repression und Ausgrenzung ist Stagnation unter Polizeischutz.
Besonders schmerzhaft ist dieses Scheitern, weil die Alternative nicht utopisch war. Die Ägypter*innen forderten keine Wunder, sondern einen Staat, der seine Gesetze respektiert, eine Wirtschaft, die Leistung statt Nähe zur Macht belohnt, und Institutionen, die den Bürger*innen dienen, statt sie zu disziplinieren.
Die im Januar Getöteten werden heute - wenn überhaupt - nur noch politisch-rhetorisch erinnert; die Prinzipien, für die sie einstanden, gelten als Bedrohung oder Verrat. Ihr Opfer wird seines politischen Gehalts beraubt und zur Legitimation jener Ordnung genutzt, gegen die sie sich wandten. Eine Generation, die sich ein anderes Ägypten vorzustellen wagte, wurde zum Schweigen gebracht, ins Exil gedrängt, inhaftiert oder zermürbt.
Den 25. Januar zu betrauern heißt aber nicht, in Nostalgie zu verfallen. Es heißt, sich Auslöschung zu verweigern. Es heißt darauf zu bestehen, dass die Forderungen nach Freiheit, Würde und sozialer Gerechtigkeit weder naiv noch zerstörerisch waren, sondern notwendig. Und es heißt, mit Klarheit statt Sentimentalität jener zu gedenken, die ihr Leben in dem Glauben verloren, dass Ägypten frei sein und seinen Menschen würdig sein könnte.
Heute trauern wir um sie. Wir trauern auch um eine Revolution, deren Versprechen unter der Last der Vergangenheit begraben wurde.