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Diplomacy & Defense Think Tank News

Wie behauptet sich Europa gegen Trump?

SWP - Fri, 09/01/2026 - 08:38
Nach dem Sturz des venezolanischen Präsidenten hält Europa sich auffallend zurück – aus Sorge vor Trumps Reaktionen. Doch die US-Machtpolitik rückt näher: Auch Grönland gerät ins Visier. Wie kann Europa als Partner der USA seine Interessen wahren?

Favoriser la cohésion sociale dans les contextes frontaliers: leçons tirées de l’expérience des communautés d’accueil et des migrants à Casablanca

Ces dernières années, le Maroc est passé du statut de pays de transit et d’émigration à celui de pays d’installation. Cette évolution est en grande partie due à l’augmentation des restrictions frontalières et des refoulements, lesquels ont rendu les routes migra­toires vers l’UE moins accessibles. En conséquence, Casablanca, qui accueillait déjà des migrants de manière durable, s’affirme désormais davantage comme un lieu central d’installation urbaine que comme une étape transitoire du parcours migratoire. Des entretiens menés avec des ONG et des OSC travaillant avec des migrants urbains et des personnes déplacées à Casablanca ont mis en évidence les façons dont la coopération au développement peut avoir un impact positif sur les contextes de migration urbaine. En effet, l’attitude plus permissive des autorités locales de Casablanca à l’égard des communautés migrantes contraste avec les pratiques policières répressives courantes à Rabat et dans les zones frontalières, ouvrant ainsi un espace à l’émergence d’organisations informelles de migrants au sein des communautés d’accueil. Ces organisations sont devenues des inter­locuteurs clefs des institutions officielles, jouant un rôle essentiel dans le rétablissement de la confiance des migrants et des communautés d’accueil envers celles-ci. Avec le soutien des OSC et des ONG, les com­munautés elles-mêmes ont également trouvé des moyens de favoriser l’inclusion et la coopération. Les valeurs islamiques et la tradition marocaine d’hospitali­té influencent la mise à disposition des biens communs au niveau des ménages et des quartiers. Les commu­nautés d’accueil et les migrants bénéficient égale­ment, sur le plan légal, des services d’éducation et de santé fournis par les organisations gouverne­mentales et non gouvernementales. Le principal défi consiste àgarantir que toutes les parties soient informées des services qui leur sont accessibles, dans de nombreux cas indépendamment de leur statut migratoire. Pourtant, le discours contemporain sur la migration et le déplacement au Maroc est imprégné de xéno­phobie, d’exclusion et de racisme, problèmes aggra­vés par un environnement médiatique très critique à l’égard des migrants et des personnes déplacées. Néanmoins, les experts ont souligné l’impact des interactions positives répétées entre les migrants et les communautés d’accueil pour tempérer ces discours hostiles.
Messages politiques clefs :
- La santé, l’éducation et le logement sont des besoins universels pour les communautés d’accueil et les migrants. Il faut veiller à ce que les programmes financés soient accessibles à toutes les personnes vivant dans le quartier, qu’elles soient hôtes ou migrantes, et que les espaces, services ou ressources auxquels ils aboutissent constituent des biens communs autour desquels l’identité de la communauté peut se construire.
- Il est essentiel de faire connaître l’histoire des migrations dans les zones d’arrivée. Ces récits peuvent aider les organisations internationales à con­textu­aliser leurs programmes et à inscrire l’immigration et les installations dans une histoire plus large autour de laquelle peut se construire une identité inclusive. Renforcer la coopération entre les organisations au niveau des villes et des municipalités à l’échelle nationale. La coopération entre les villes peut combler les lacunes en matière de connaissances sur la politique migratoire nationale et réduire la dispersion des efforts des OSC et des ONG qui travaillent avec les migrants.

Elise Delespesse est une consultante indépendante basée à Bonn, en Allemagne.

Favoriser la cohésion sociale dans les contextes frontaliers: leçons tirées de l’expérience des communautés d’accueil et des migrants à Casablanca

Ces dernières années, le Maroc est passé du statut de pays de transit et d’émigration à celui de pays d’installation. Cette évolution est en grande partie due à l’augmentation des restrictions frontalières et des refoulements, lesquels ont rendu les routes migra­toires vers l’UE moins accessibles. En conséquence, Casablanca, qui accueillait déjà des migrants de manière durable, s’affirme désormais davantage comme un lieu central d’installation urbaine que comme une étape transitoire du parcours migratoire. Des entretiens menés avec des ONG et des OSC travaillant avec des migrants urbains et des personnes déplacées à Casablanca ont mis en évidence les façons dont la coopération au développement peut avoir un impact positif sur les contextes de migration urbaine. En effet, l’attitude plus permissive des autorités locales de Casablanca à l’égard des communautés migrantes contraste avec les pratiques policières répressives courantes à Rabat et dans les zones frontalières, ouvrant ainsi un espace à l’émergence d’organisations informelles de migrants au sein des communautés d’accueil. Ces organisations sont devenues des inter­locuteurs clefs des institutions officielles, jouant un rôle essentiel dans le rétablissement de la confiance des migrants et des communautés d’accueil envers celles-ci. Avec le soutien des OSC et des ONG, les com­munautés elles-mêmes ont également trouvé des moyens de favoriser l’inclusion et la coopération. Les valeurs islamiques et la tradition marocaine d’hospitali­té influencent la mise à disposition des biens communs au niveau des ménages et des quartiers. Les commu­nautés d’accueil et les migrants bénéficient égale­ment, sur le plan légal, des services d’éducation et de santé fournis par les organisations gouverne­mentales et non gouvernementales. Le principal défi consiste àgarantir que toutes les parties soient informées des services qui leur sont accessibles, dans de nombreux cas indépendamment de leur statut migratoire. Pourtant, le discours contemporain sur la migration et le déplacement au Maroc est imprégné de xéno­phobie, d’exclusion et de racisme, problèmes aggra­vés par un environnement médiatique très critique à l’égard des migrants et des personnes déplacées. Néanmoins, les experts ont souligné l’impact des interactions positives répétées entre les migrants et les communautés d’accueil pour tempérer ces discours hostiles.
Messages politiques clefs :
- La santé, l’éducation et le logement sont des besoins universels pour les communautés d’accueil et les migrants. Il faut veiller à ce que les programmes financés soient accessibles à toutes les personnes vivant dans le quartier, qu’elles soient hôtes ou migrantes, et que les espaces, services ou ressources auxquels ils aboutissent constituent des biens communs autour desquels l’identité de la communauté peut se construire.
- Il est essentiel de faire connaître l’histoire des migrations dans les zones d’arrivée. Ces récits peuvent aider les organisations internationales à con­textu­aliser leurs programmes et à inscrire l’immigration et les installations dans une histoire plus large autour de laquelle peut se construire une identité inclusive. Renforcer la coopération entre les organisations au niveau des villes et des municipalités à l’échelle nationale. La coopération entre les villes peut combler les lacunes en matière de connaissances sur la politique migratoire nationale et réduire la dispersion des efforts des OSC et des ONG qui travaillent avec les migrants.

Elise Delespesse est une consultante indépendante basée à Bonn, en Allemagne.

Favoriser la cohésion sociale dans les contextes frontaliers: leçons tirées de l’expérience des communautés d’accueil et des migrants à Casablanca

Ces dernières années, le Maroc est passé du statut de pays de transit et d’émigration à celui de pays d’installation. Cette évolution est en grande partie due à l’augmentation des restrictions frontalières et des refoulements, lesquels ont rendu les routes migra­toires vers l’UE moins accessibles. En conséquence, Casablanca, qui accueillait déjà des migrants de manière durable, s’affirme désormais davantage comme un lieu central d’installation urbaine que comme une étape transitoire du parcours migratoire. Des entretiens menés avec des ONG et des OSC travaillant avec des migrants urbains et des personnes déplacées à Casablanca ont mis en évidence les façons dont la coopération au développement peut avoir un impact positif sur les contextes de migration urbaine. En effet, l’attitude plus permissive des autorités locales de Casablanca à l’égard des communautés migrantes contraste avec les pratiques policières répressives courantes à Rabat et dans les zones frontalières, ouvrant ainsi un espace à l’émergence d’organisations informelles de migrants au sein des communautés d’accueil. Ces organisations sont devenues des inter­locuteurs clefs des institutions officielles, jouant un rôle essentiel dans le rétablissement de la confiance des migrants et des communautés d’accueil envers celles-ci. Avec le soutien des OSC et des ONG, les com­munautés elles-mêmes ont également trouvé des moyens de favoriser l’inclusion et la coopération. Les valeurs islamiques et la tradition marocaine d’hospitali­té influencent la mise à disposition des biens communs au niveau des ménages et des quartiers. Les commu­nautés d’accueil et les migrants bénéficient égale­ment, sur le plan légal, des services d’éducation et de santé fournis par les organisations gouverne­mentales et non gouvernementales. Le principal défi consiste àgarantir que toutes les parties soient informées des services qui leur sont accessibles, dans de nombreux cas indépendamment de leur statut migratoire. Pourtant, le discours contemporain sur la migration et le déplacement au Maroc est imprégné de xéno­phobie, d’exclusion et de racisme, problèmes aggra­vés par un environnement médiatique très critique à l’égard des migrants et des personnes déplacées. Néanmoins, les experts ont souligné l’impact des interactions positives répétées entre les migrants et les communautés d’accueil pour tempérer ces discours hostiles.
Messages politiques clefs :
- La santé, l’éducation et le logement sont des besoins universels pour les communautés d’accueil et les migrants. Il faut veiller à ce que les programmes financés soient accessibles à toutes les personnes vivant dans le quartier, qu’elles soient hôtes ou migrantes, et que les espaces, services ou ressources auxquels ils aboutissent constituent des biens communs autour desquels l’identité de la communauté peut se construire.
- Il est essentiel de faire connaître l’histoire des migrations dans les zones d’arrivée. Ces récits peuvent aider les organisations internationales à con­textu­aliser leurs programmes et à inscrire l’immigration et les installations dans une histoire plus large autour de laquelle peut se construire une identité inclusive. Renforcer la coopération entre les organisations au niveau des villes et des municipalités à l’échelle nationale. La coopération entre les villes peut combler les lacunes en matière de connaissances sur la politique migratoire nationale et réduire la dispersion des efforts des OSC et des ONG qui travaillent avec les migrants.

Elise Delespesse est une consultante indépendante basée à Bonn, en Allemagne.

Special Issue: ELIAMEP Outlook, Predictions for 2026

ELIAMEP - Thu, 08/01/2026 - 13:11
Now in its sixth year, ELIAMEP’s annual forecasts return with the Special Edition ““ELIAMEP Outlook – Predictions for 2026” offering expert insights into the year ahead. Twenty-four analysts and collaborators of ELIAMEP examine the key challenges, emerging trends, risks, and opportunities expected to shape Greece, Europe, the Mediterranean, and the wider world in the coming year. This year’s edition is further enriched by five contributions from voices of the “next generation,” bringing fresh perspectives and new ideas into the conversation. A selection of essays was featured in a special supplement of TA NEA on January 3. Read the paper here (in Greek). The full collection will be published in English next week.

The Western Balkans and Europeʼs Defence Readiness: An Industrial Perspective

ELIAMEP - Thu, 08/01/2026 - 12:16

The policy brief authored by Dr. Ana KrstinovskaThe Western Balkans and Europe’s Defence Readiness: An Industrial Perspective” is an expansion of the finding of the thematic report “Europe’s Overlooked Allies: Why the Western Balkans Matter for EU Defence Readiness” and part of ELIAMEP’s initiative think nea – New Narratives of EU Integration which is supported by the Open Society Foundations – Western Balkans.

As Europe faces an increasingly complex security environment marked by the war in Ukraine, renewed great-power competition, and growing concerns over defence industrial capacity, this brief examines the often-overlooked role of the Western Balkans in strengthening Europe’s defence readiness. Adopting an industrial perspective, the analysis highlights the region’s manufacturing capabilities, cost advantages, and strategic location, positioning it as a potential contributor to the European Defence Technological and Industrial Base.

The brief explores the defence-industrial capacities of Western Balkan countries, their alignment with key EU defence priorities—such as ammunition production, drones, and supply-chain resilience—and the strategic benefits of closer integration. It also identifies persistent barriers, including institutional exclusion from EU defence instruments, governance challenges, and political constraints that hinder deeper cooperation.

Drawing on these findings, the paper argues that defence industrial cooperation can serve as both a security multiplier and a credibility-enhancing tool for EU enlargement. It concludes with concrete policy recommendations aimed at integrating Western Balkan defence industries into EU frameworks, improving regulatory alignment, fostering public–private partnerships, and strengthening strategic communication. In doing so, the brief reframes enlargement as a mutually beneficial, capability-building process essential to Europe’s long-term strategic autonomy.

You can read the policy brief here.

The South-East Europe Programme of ELIAMEP is a member of the IGNITA network, led by Open Society Foundations – Western Balkans.

„Europa sollte nicht vor Gegenmaßnahmen zurückschrecken“

SWP - Thu, 08/01/2026 - 11:59
US-Präsident Donald Trump düpiert seine Bündnispartner mit rechtswidrigen Aktionen und will etwa Grönland in den Besitz der USA bringen – obwohl es zum NATO-Mitglied Dänemark gehört. Wie kann sich Europa wehren?

Do Harm : Cas de la Fondation Humanitaire pour Gaza

IRIS - Wed, 07/01/2026 - 19:06

L’une des pages les plus sombres de la tragédie qui se déroule à Gaza depuis octobre 2023 s’est achevée après le 10 octobre 2025. Une poignée de mois après son catastrophique lancement le 27 mai 2025, et à l’occasion de la nouvelle trêve qui ne se révèle être dans les faits qu’un conflit à basse intensité, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) a annoncé fermer ses points de distribution. Mise en place pour supplanter les ONG et le système onusien, notamment sur base d’accusations depuis débunkées de détournement de l’aide humanitaire par le Hamas, la GHF a surtout été utilisée à des fins politiques et militaires, tout en étant un élément facilitant la perpétration de crimes de guerre et la violation du droit international. La situation humanitaire reste aujourd’hui plus que dramatique. Bien qu’élargie depuis plusieurs mois aux autres acteurs et non à la seule GHF , l’entrée de l’aide n’est toujours pas suffisante et ne respecte pas les quantités prévues par le plan de paix de Donald Trump.

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Venezuela : scénario d’avenir. Avec Christophe Ventura

IRIS - Wed, 07/01/2026 - 18:22
Pascal Boniface · Venezuela : scénario d’avenir Avec Christophe Ventura | Entretiens géopo

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela, ayant abouti à l’enlèvement du président Nicolás Maduro. Cet événement, aussi spectaculaire qu’inattendu, a pris de court la communauté internationale et suscité de profondes inquiétudes bien au-delà du continent américain. L’opération marque une escalade sans précédent des relations entre Washington et Caracas et interroge sur l’usage de la force par les États. Dans un contexte de remise en cause de la multipolarité, de banalisation des violations du droit international et de retour assumé du rapport de force, comment interpréter cette opération américaine ? Quels objectifs stratégiques poursuit Washington ? Et quels scénarios se dessinent désormais pour l’Amérique du Sud ? Quelle place occupent les enjeux autour du pétrole dans ce contexte ? Comment l’interventionnisme de Donald Trump pourrait-il affecter les équilibres stratégiques entre la Chine et l’Amérique du Sud ?
Dans cet épisode, Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de l’Amérique latine et journaliste au Monde diplomatique, analyse les récents événements au Venezuela et décrypte les dynamiques régionales face au retour de Donald Trump sur la scène internationale.

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Géopolitique des engrais : la dépendance de l’Europe agricole

IRIS - Wed, 07/01/2026 - 15:34

Pourquoi les engrais sont-ils devenus un sujet géopolitique majeur, et pourquoi l’Europe est-elle particulièrement exposée ?

Les engrais sont des intrants agricoles destinés à apporter aux sols et aux plantes les éléments nutritifs indispensables à la croissance des cultures. Ils compensent l’appauvrissement naturel des sols et soutiennent les rendements agricoles. Ce sont en quelque sorte des vitamines. Les trois nutriments majeurs apportés par les engrais sont l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K), aux fonctionnalités distinctes et complémentaires. Sans engrais, nous n’aurions pas eu de telles évolutions de production agricole au XXème siècle. Ce sont des intrants stratégiques de la sécurité alimentaire mondiale. Là où leur dimension géopolitique s’épaissit, c’est quand nous comprenons que ces engrais, utilisés partout, dépendent de ressources minières concentrées dans quelques pays. La Chine joue un rôle régulateur sur l’azote car elle en produit 30 % et parfois coupe ses exportations. Russie, États-Unis, Qatar, et dans une moindre mesure Égypte et Arabie saoudite, sont les grands pourvoyeurs d’engrais azotés dans le monde. Il faut du gaz pour cela, ce qui explique cette géographie. Sur les roches phosphatées, si la Chine est là encore le premier producteur, c’est le Maroc qui en détient les plus grandes réserves et qui assure plus du tiers des exportations mondiales. Nous en avons aussi aux États-Unis et l’Arabie saoudite cherche à développer cette filière. Concernant la potasse, le Canada, la Russie et le Bélarus réalisent deux tiers de la production et de l’exportation mondiale. Donc très peu de nations, qui monétisent toutes ce pouvoir, et peuvent parfois s’en servir comme argument diplomatique majeur.

Comprenons bien que le commerce des engrais, à travers des chaînes logistiques mondialisées, est donc nécessaire aux équilibres internationaux. Si le contexte se durcit et si l’instabilité des approvisionnements gagne du terrain, comme c’est le cas depuis quelques années, alors surgissent d’inévitables vulnérabilités pour les régions fortement dépendantes des importations. C’est le cas dans l’Union européenne (UE), l’une des zones agricoles au monde les plus dépendantes envers des engrais venant d’autres régions du globe. Plus de 60 % des engrais consommés dans l’UE sont importés, et pour la potasse ou le phosphore, la dépendance est quasi totale. Pendant longtemps, cette réalité est restée largement sous-estimée, car les engrais étaient considérés comme un intrant technique agricole, non stratégique, souvent confondus avec les produits phytosanitaires. La pandémie de Covid, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, les tensions énergétiques, les mesures de restrictions à l’exportation de certains acteurs, le retour à des pratiques géoéconomiques transactionnelles sont autant de dynamiques ayant brutalement révélé cette fragilité structurelle européenne.

Quel lien entre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui doit protéger l’industrie européenne, avec les engrais et pourquoi crée-t-il une difficulté pour l’agriculture ?

Le MACF est entré en vigueur au 1er janvier 2026 pour le ciment, l’aluminium, le fer, l’acier, l’électricité et les engrais, avant que tous les secteurs soient concernés en 2035. Le MACF n’est pas une surprise. Il fait partie du Pacte vert européen lancé en 2019 pour atteindre la neutralité carbone en 2050 dans l’UE. Il est donc censé être connu depuis plusieurs années par les acteurs concernés, y compris agricoles. D’ailleurs, une analyse prospective en avait été faite dans l’édition 2023 du Déméter, dont la lecture aujourd’hui s’avère éclairante. Il répond à une logique théoriquement cohérente : éviter les fuites de carbone en appliquant aux importations un prix du carbone équivalent à celui supporté par les producteurs européens. Le problème, c’est que l’agriculture se situe à la fois dedans et dehors du système. D’un côté, les engrais – intrants clés de l’agriculture – sont intégrés au MACF. De l’autre, les exploitations agricoles ne sont pas couvertes par le marché carbone européen (ETS), mécanisme de plafonnement et d’échange de quotas d’émission qui impose un coût au carbone pour les secteurs industriels et énergétiques les plus émetteurs. Résultat : les agriculteurs subissent une hausse potentielle du coût de leurs intrants sans bénéficier d’un mécanisme symétrique de compensation. Cette situation illustre une désynchronisation préoccupante : des politiques climatiques européennes pensées pour un monde idéal, complice et où nous serions dans un leadership reconnu en matière de décarbonation, mais déployées dans un environnement géopolitique concurrentiel, pour ne pas dire féroce et belligérant, qui ne cesse de s’exprimer depuis 2020 et dans lequel l’influence de l’UE chute brutalement, comme, hélas, les engagements climatiques.

Le MACF expose l’agriculture européenne à une tarification carbone qu’elle ne maîtrise ni dans son calendrier ni dans ses paramètres précis de fonctionnement. Les estimations des organisations professionnelles montrent un risque de surcoût évalué autour de 150 euros par hectare dans certaines productions. Dans un contexte de marges déjà sous pression, cela fragilise directement la compétitivité des agricultures européennes, notamment céréalières, avec un effet domino possible sur les exportations que nous réalisons en la matière. Les producteurs ne pourront pas acheter longtemps à de tels prix et risquent donc d’utiliser moins d’engrais. Or moins d’engrais, moins de protéines dans les grains, moins de volumes récoltés et donc moins de surplus mobilisables pour par exemple exporter du blé dans le monde. Pourquoi pas diront certains, car après tout à quoi bon préserver une vision globale des enjeux de sécurité alimentaire. Chacun pour soi. Soyons simplement vigilants à ce petit jeu-là et aux effets miroirs qui nous attendent ou aux instabilités sociopolitiques pouvant se développer faute d’accès aux denrées agricoles de base. Nous pouvons critiquer l’interdépendance du système agricole et alimentaire mondial. Mais nous ne connaissons pas bien à quoi ressemblerait une planète où dans ce registre les frontières seraient totales. L’autarcie agricole et alimentaire, sur le plan géopolitique, c’est rarement soutenable…

L’Europe parle beaucoup de souveraineté. Les engrais en sont-ils un test de crédibilité ?

Il faut évidemment éviter que le MACF, conçu pour lutter contre les fuites de carbone, ne se traduise paradoxalement par une perte de production agricole dans l’UE et une dépendance accrue à des fournisseurs extérieurs. Il est contre-productif de vouloir développer une autonomie stratégique ouverte de l’UE qui puisse affaiblir un secteur productif aussi essentiel. L’UE a longtemps raisonné comme si les chaînes d’approvisionnement resteraient ouvertes, fluides et apolitiques. Cette hypothèse est désormais caduque. L’Union veut se protéger des distorsions de concurrence liées au carbone, mais elle applique cet outil dans une époque géopolitique profondément asymétrique, où des puissances ne partagent ni ses règles, ni son calendrier, ni sa vision. Dans le cas des engrais, l’UE taxe davantage ce qu’elle ne maîtrise pas, sans avoir sécurisé d’alternative crédible. Elle a décidé de taxer les engrais russes, non sans raison, mais ce fournisseur représentait 25 % de ses approvisionnements en engrais azotés, et doit désormais se tourner vers les États-Unis notamment pour en trouver, au prix bien plus fort. Dans cette guerre au gaz, l’UE est de loin la grande perdante.

Ensuite, si précisément ces intrants sont plus chers, et que nous n’en produisons pas dans l’UE, par une dynamique d’emballement normatif, qui paiera la facture ? Les producteurs, les pouvoirs publics, les consommateurs ? Nous devons aussi poser la question des engrais verts à développer sur le sol européen, mais là encore, il faut des industries, des investissements dans les technologies bas-carbone et des cadres réglementaires qui permettent de tels dispositifs. Il faudra expliquer, comme toujours en matière d’écologie, que quand c’est plus vert, c’est généralement beaucoup plus cher.

Plus largement, outre la nécessité de ne pas générer des injustices économiques à l’intérieur, l’UE va devoir expliquer le MACF sans nourrir un récit anti-européen à l’extérieur. Cela a fait l’objet de vives discussions en marge de la Cop30 au Brésil en novembre dernier. Cela passe par une clarification rapide des méthodes de calcul des émissions importées, entre données réelles vérifiées et valeurs par défaut, car l’incertitude est aujourd’hui un facteur de risque en soi.

En résumé, pour l’UE, continuer à parler de souveraineté alimentaire sans traiter frontalement la question des engrais pour son agriculture revient à confondre vision stratégique et incantation politique. Si la décarbonation se traduit par une perte de compétitivité agricole et par une dépendance accrue aux importations, alors on ne parle plus de transition, mais de désarmement productif. Or la puissance ne se décrète pas uniquement par des normes ou des idées, mais par des capacités à faire et des moyens qui crédibilisent dans la durée une action.

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Feministische Außenpolitik in Lateinamerika

SWP - Wed, 07/01/2026 - 15:16

In Lateinamerika haben drei Länder offiziell angekündigt, sich zu einer feministischen Außenpolitik (FAP) zu verpflichten: Mexiko im Jahr 2020, Chile und Kolumbien im Jahr 2022. Die Einführung eines feministischen Ansatzes in die Außenpolitik steht im Zusammenhang mit einem zunehmenden Gender-Bewusstsein in der internationalen, regionalen und nationalen Politik. Im Vergleich zu europäischen FAP-Varianten zeichnen sich die FAP-Ansätze dieser Länder durch einen stärkeren Inlandsbezug aus, einen Bezug zu den Problematiken der eigenen Gesellschaft. Dies zeigt sich besonders im mexikanischen Fall, während die chilenische FAP auch die feministische Perspektive im Außenhandel betont und die kolum­bianische FAP sich als pazifistisch definiert. In keinem dieser Länder führt die FAP eine politische Wende herbei. Sie verleiht vielmehr einer bereits bestehenden Politik der Gleichstellung der Geschlechter und des Gender-Mainstreamings neuen Schwung. Sie sorgt dafür, den Grad an Partizipation und Repräsentation von Frauen zu erhö­hen sowie deren Beiträge zur Außenpolitik deutlich sichtbar zu machen. Im Sinne einer globalen Gender- und Menschenrechtsagenda sind Mexiko, Chile und Kolumbien wichtige Partner, für Deutschland wie für die EU. Da sie untereinander die Zusammenarbeit in diesen Bereichen inten­sivieren, sind sie zudem lohnende Partner für die Erweiterung von Dreieckskooperationen. Da das Auswärtige Amt die FAP aufgegeben hat, das Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung die feministische Entwicklungspolitik jedoch weiterführt und die Zukunft der FAP in Chile angesichts eines anstehenden Machtwechsels ungewiss ist, empfehlen sich für die Kooperation in diesem Feld variable begriffliche Rahmungen und Formate. Deutschland sollte den bi-regionalen Dialog und Austausch – auch zwischen feministischen und Frauenorganisationen – intensiv för­dern und sich nicht nur mit Finanzmitteln, sondern auch an den Lern­prozessen beteiligen.

Wohnungen in Deutschland werden erstmals seit Jahrzehnten wieder kleiner

DIW-Auswertung zeigt schrumpfende Größen von Neubauwohnungen seit 2005 – Dadurch sinken nun auch durchschnittliche Wohnungsgrößen im Bestand – Bis 2050 werden die Wohnungen in Deutschland im Schnitt sechs Quadratmeter kleiner sein als heute Nach Jahrzehnten kontinuierlich wachsender Wohnflächen ...

US-Ansprüche auf Grönland: »Die Sicherheitsgründe sind vorgeschoben«

SWP - Tue, 06/01/2026 - 17:19
US-Präsident Trump begründet seinen Anspruch auf Grönland mit einem Vordringen Russlands und Chinas. Der Arktis-Experte Michael Paul hält das für einen Vorwand. Im Interview erklärt er, welche Probleme die USA in Grönland erwarten würden.

Dubaï, Pékin, Guangzhou : où volera le deuxième A330-900neo d’Air Algérie ?

Algérie 360 - Tue, 06/01/2026 - 16:49

La compagnie aérienne nationale Air Algérie poursuit le renouvellement et l’extension de sa flotte. Fin décembre, le transporteur public a officiellement réceptionné son deuxième Airbus […]

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Sahara occidental : quels enjeux et quel avenir pour la résolution de l’ONU ?

IRIS - Tue, 06/01/2026 - 15:58

Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 27971, prorogeant le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) au mois d’octobre 2026. Cette résolution marque une inflexion notable dans la position onusienne, en ce qu’elle appuie, pour la première fois, l’initiative marocaine d’autonomie comme « la base d’un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du différend, affirmant qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait être une solution des plus réalisables ». Adoptée par 11 voix favorables, la résolution a vu la Russie, la Chine et le Pakistan s’abstenir, tandis que l’Algérie a choisi de ne pas participer au vote. Cette évolution diplomatique est interprétée par Rabat comme une victoire
majeure, au point que le 31 octobre a été proclamé fête nationale. Autant d’éléments qui invitent à interroger la capacité d’une telle résolution à régler un conflit vieux de cinq décennies.

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Venezuela : quel impact pour la politique intérieure américaine de la doctrine « Donroe » ?

IRIS - Tue, 06/01/2026 - 14:06

L’opération « Absolute Resolve » menée par l’armée et les services secrets américains au Venezuela, dans la nuit du 2 au 3 janvier, fait courir un énorme risque à Donald Trump en matière de politique intérieure. Les images et les nombreuses réactions aux bombardements américains et à l’enlèvement de Nicolás Maduro ont l’immense avantage, pour le président des États-Unis, de détourner pour un temps l’attention médiatique et politique de l’affaire Epstein, des rumeurs sur sa santé et sa capacité physique et mentale à gouverner, ainsi que de la chute de sa popularité. Autant de marques de faiblesse, ces derniers mois, qu’il entend contrecarrer avec la démonstration de force, en mots comme en actes, au Venezuela – et peut-être ailleurs dans la région dans les semaines ou les mois qui viennent. Ce n’est pas la seule motivation de l’opération militaire mais c’en est une, indéniablement.

Sur le plan légal, avec cette concrétisation de la doctrine « Donroe » – ainsi que la surnomment ses opposants (en référence à la doctrine Monroe) –, Donald Trump s’assoit sur le droit international et s’appuiera, au plan national, sur des textes juridiques suffisamment flous pour qu’il ne se sente pas menacé par d’éventuelles poursuites à l’avenir. Ainsi, le gouvernement américain parle de «law enforcement » pour arrêter un criminel (Maduro) et non d’« opération militaire », laquelle aurait nécessité l’aval du Congrès des États-Unis. Il est, en outre, important d’insister sur le fait que les contrôles institutionnels mis en place avec le Watergate, il y a cinquante ans, se sont largement affaiblis depuis (par exemple, G. W. Bush n’a jamais été inquiété pour le mensonge d’État sur les armes de destruction massive en Irak, et qui ont eu les conséquences que l’on connait). Trump peut également invoquer l’article 2 de la Constitution sur les pouvoirs présidentiels, qui permet de protéger les personnels et ressortissants américains en cas d’attaque existante ou imminente. D’autres textes sont à sa disposition comme par exemple l’Alien Enemies Act, qui est très vague, et dont l’interprétation peut in fine revenir à la Cour suprême – on sait comment elle interprète le droit depuis au moins un an, souvent dans le sens du président Trump.

Le risque est donc moins du côté d’un éventuel futur procès en illégalité que du côté électoral : celui d’une défiance de l’électorat républicain, y compris son cœur MAGA, à l’encontre de Donald Trump et du parti aux midterms de novembre prochain, et ce, pour deux raisons. La première est financière. Gouverner le Venezuela (« We will run the country », dit Trump), depuis Washington et/ou in situ, risque d’être coûteux en déploiement militaire (ça l’est déjà) et en dépenses directes. Donald Trump, dans sa conférence de presse du 3 janvier, a notamment parlé de « milliards de dollars » nécessaires à la reconstruction des infrastructures pétrolières au Venezuela, mais cet argent viendra-t-il uniquement du privé ? Rien n’est moins sûr. Et ce ne sera pas les seules dépenses : « contrôler » le pays nécessite de financer le tissu social, les forces politiques formelles et informelles, les institutions, etc. Or, l’opinion publique américaine est déjà fortement remontée contre les coupes votées dans les budgets sociaux et de santé. Elle n’acceptera pas un nouvel arbitrage de l’État fédéral en faveur de la reconstruction d’un pays étranger, même au bénéfice annoncé des « intérêts » des États-Unis.

Donald Trump a, par ailleurs, fait une promesse isolationniste à son électorat (promesse déjà trahie par les bombardements en Iran en juin dernier), et le traumatisme des guerres en Irak et en Afghanistan (et même au Viêtnam) demeure immense dans la population américaine en général. D’où les « justifications » de l’opération au Venezuela, par la Maison-Blanche, par des références au renforcement de la « domination occidentale des États-Unis », à la « sécurité nationale » ou à la lutte contre « l’immigration vénézuélienne ». Ces mots suffiront-ils ? Les faits vont peser face aux slogans. L’affaire Epstein a montré que Trump faisait partie d’une élite corrompue et criminelle. L’attaque contre le Venezuela fait la preuve qu’il appartient bel et bien à l’establishment politique : il n’a rien d’un outsider. Trump s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs républicains, Reagan, Bush père et Bush fils, quoi qu’il en dise. Le parti républicain est pour l’heure dans le déni, refusant de voir que le gros sujet des élections de mi-mandat pourrait bien être le coût de la vie (« affordability »). Et de très influents podcasters et streamers MAGA, comme Steve Bannon et Candace Owens, à qui Trump doit une grande partie de sa réélection, ont rappelé depuis 48 heures le précédent des fiascos irakien et afghan. Comme le dit son ancienne lieutenante, Marjorie Taylor Greene : « punaise, est-ce qu’on s’est trompé ? » (comprendre : « est-ce que Trump nous a trahis ? »).

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Wie Urbanisierung die Politik in Afrika verändert

Die rasante Urbanisierung auf dem afrikanischen Kontinent ist ein Megatrend, der nicht aufzuhalten ist. Bereits jetzt lebt ungefähr die Hälfte aller Afrikanerinnen und Afrikaner in Städten und es wird geschätzt, dass 80 Prozent des Bevölkerungswachstums im Zeitraum von 2020-2050 in Städten stattfinden wird. Dies bringt nicht nur große Herausforderungen im Bereich der Infrastrukturentwicklung mit sich, sondern verändert auch fundamental das soziale und politische Miteinander.

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