Le Bénin accélère sur l'identité juridique des nouveau-nés. La phase pilote du guichet unique de déclaration et d'enregistrement des naissances affiche un taux d'enregistrement de 76,56% dans les formations sanitaires concernées, selon des données rendues publiques le mardi 24 février 2026.
Lancé en août 2025 pour rapprocher l'administration des citoyens, le guichet unique de déclaration et d'enregistrement des naissances permet la déclaration systématique des naissances directement sur le lieu d'accouchement. Sur l'ensemble des sites concernés par cette phase expérimentale, 7656 naissances ont été formellement enregistrées sur un total de 10000 attendues.
L'initiative est portée par l'Agence Nationale d'Identification des Personnes (ANIP), en collaboration avec le ministère de la Santé.
Un atelier de bilan s'est tenu mardi 24 février 2026 à Cotonou, en présence du directeur général de l'ANIP, Aristide Adjinacou, du directeur de l'État civil, Abdon Marius Mikpon'aï, et de la représentante de l'UNICEF au Bénin, Julie Dubois.
La phase pilote s'est déroulée du 20 août 2025 au 20 février 2026. Elle a concerné dix formations sanitaires. Le déploiement du projet montre une adoption particulièrement forte dans les zones urbaines et périurbaines.
Le rapport de performance souligne des disparités positives selon les localités. Certaines formations sanitaires affichent des taux de réussite frôlant les 90 %, portés par une sensibilisation accrue des agents de santé.
Selon Aristide Adjinacou, ces dernières années, plus de 2,3 millions de naissances ont été déclarées au Bénin. Mais moins de 40% ont été effectivement enregistrées dans le système d'état civil. En 2025, le taux était même inférieur à 25%.
« Nous ne sommes pas réunis pour commenter un projet pilote, mais pour évaluer une réforme structurelle », a déclaré le directeur général de l'ANIP. Le principal obstacle, selon lui, était organisationnel. Une rupture persistait entre la déclaration de naissance et son enregistrement effectif.
96% de reconnaissances de paternité
Autre indicateur marquant : plus de 96% des enfants enregistrés dans le cadre du pilote disposent d'une reconnaissance de paternité formalisée.
Le dispositif a aussi permis un enregistrement en temps réel, une réduction notable des délais de délivrance des actes et une amélioration de la qualité des données collectées.
Pour le directeur de l'État civil, Abdon Marius Mikpon'aï, garantir un acte de naissance « dès les premiers jours » constitue « un impératif moral, juridique et social ». L'enjeu est d'avancer vers l'universalisation de l'identité juridique.
Vers une généralisation
Les responsables saluent un « basculement structurel » mais appellent à poursuivre les efforts.
La prochaine étape consistera à stabiliser les infrastructures numériques dans les centres de santé ruraux pour combler l'écart de 23,44 % restant afin d'atteindre l'exhaustivité des déclarations.
M. M.
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