La Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) a rendu publics, ce mardi 27 janvier, les résultats des élections communales tenues le 11 janvier 2026 au Bénin.
Au total, 1815 sièges de conseillers communaux étaient en jeu sur l'ensemble du territoire national. Les deux formations politiques de la Mouvance se partagent l'intégralité des sièges à l'issue des élections communales du 11 janvier dernier.
L'Union Progressiste le Renouveau (UP-R) arrive en tête avec 48,92 % des suffrages, ce qui lui permet d'obtenir 963 conseillers élus.
La wilaya d’Alger a annoncé, ce mardi, une série de mesures exceptionnelles afin de faire face à des conditions météorologiques jugées dangereuses. Cette décision intervient […]
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La Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) a rendu publics, ce mardi 27 janvier, les résultats des élections communales tenues le 11 janvier 2026 au Bénin.
Au total, 1815 sièges de conseillers communaux étaient en jeu sur l'ensemble du territoire national. Les deux formations politiques de la Mouvance se partagent l'intégralité des sièges à l'issue des élections communales du 11 janvier dernier.
L'Union Progressiste le Renouveau (UP-R) arrive en tête avec 48,92 % des suffrages, ce qui lui permet d'obtenir 963 conseillers élus.
Elle est suivie par le Bloc Républicain (BR), crédité de 44,43 %, et qui décroche 852 sièges.
En revanche, le parti de l'opposition modérée, Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), n'est pas pas éligible pour la répartition des sièges. La CENA précise que le parti ne remplit pas les conditions prévues par le Code électoral pour l'attribution des mandats communaux.
Selon l'organe électoral, le taux de participation au niveau national à ce scrutin s'établit à 36,67 %.
Ces résultats consacrent une nouvelle fois la domination des deux grands blocs de la majorité au pouvoir sur l'échiquier politique national.
M. M.
Enquête
Un contrat stratégique au cœur du litige
Le différend trouve son origine dans un contrat de prestation de services signé à Conakry en juin 2023, portant sur le transport de matières premières destinées à la production de ciment en Guinée. L'accord lie une société guinéenne de transport à un groupe industriel du ciment à capitaux chinois, exploitant une usine dans la périphérie de la capitale. Ce contrat prévoit une exclusivité totale au bénéfice du prestataire local pour l'acheminement du clinker, du gypse et d'autres intrants stratégiques depuis le port de Conakry jusqu'au site industriel. Dans un pays où la chaîne logistique demeure l'un des principaux points de fragilité de l'industrialisation, l'enjeu dépasse la simple sous-traitance : le transport du clinker conditionne directement la continuité de la production et l'approvisionnement du marché national.
Faits établis : une exclusivité formalisée par écrit
Les documents contractuels consultés attestent de l'existence d'une clause d'exclusivité claire. Le prestataire guinéen y est désigné comme unique transporteur, avec des engagements réciproques portant sur les volumes, la capacité des camions, les délais de paiement et les modalités de facturation. À pleine capacité, les flux concernés représentent plusieurs centaines de millions de francs guinéens par cycle logistique, et potentiellement plusieurs milliards sur une exploitation continue. Ces éléments sont établis par les termes du contrat lui-même. Ils ne préjugent toutefois pas de son exécution effective, qui constitue le cœur du litige.
Points contestés : l'exécution de l'accord
Le conflit éclate autour de l'exécution du contrat.
Le dirigeant de l'entreprise guinéenne soutient que l'exclusivité prévue n'a pas été respectée. Il affirme que le groupe industriel aurait, à partir de 2024, recouru à d'autres transporteurs, directement ou par le biais de sous-traitants, en contradiction avec les engagements initiaux. Il évoque des pertes financières importantes et une mise en difficulté progressive de son activité. Le groupe industriel conteste ces accusations. Selon plusieurs sources proches du dossier, il met en avant des désaccords opérationnels, des difficultés logistiques et des reproches portant sur la régularité ou la qualité des prestations fournies. Ces versions contradictoires n'ont pas, à ce stade, été tranchées par une décision judiciaire définitive sur le fond.
Du contentieux commercial à la judiciarisation élargie
Dans un premier temps, le différend est porté devant les juridictions commerciales. Les montants évoqués dans les procédures atteignent plusieurs milliards de francs guinéens. Des décisions sont contestées, des voies de recours engagées, et des difficultés apparaissent dans l'exécution de certains actes judiciaires. À partir de 2025, le dossier change de dimension. Il ne se limite plus au champ du droit commercial et se déploie sur d'autres terrains, notamment disciplinaires et pénaux, traduisant une judiciarisation élargie du conflit.
Le Barreau saisi : une étape disciplinaire
Le 2 juin 2025, le Conseil de discipline de l'Ordre des avocats de Guinée rend une décision relative à des plaintes introduites par l'entrepreneur à l'encontre de plusieurs conseils ayant, à différents moments, assuré sa défense ou été impliqués dans des procédures connexes. La décision disciplinaire rejette une partie des griefs formulés, se déclare incompétente pour statuer sur les faits à caractère pénal, mais relève des manquements déontologiques liés aux règles de délicatesse et d'indépendance professionnelle. Elle prononce des avertissements à l'encontre de certains avocats. Le plaignant forme un appel contre cette décision dans les semaines suivantes.
Début 2026 : une information ouverte devant la CRIEF
Un nouveau tournant intervient en janvier 2026.Une information est ouverte devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le dirigeant de l'entreprise guinéenne est convoqué en qualité de partie civile par la chambre de l'instruction. Les actes de procédure mentionnent des qualifications telles que vol, faux et usage de faux, harcèlement ou complicité. Il s'agit, à ce stade, d'allégations examinées dans le cadre de l'instruction. Aucune décision n'a encore été rendue sur le fond. Les personnes visées bénéficient de la présomption d'innocence.
Auxiliaires de justice impliqués : un malaise institutionnel
En marge du dossier principal, plusieurs professionnels du droit sont cités dans des procédures distinctes. Il s'agit notamment d'un huissier exerçant des fonctions de responsabilité au sein de sa profession, ainsi que d'avocats et d'une magistrate mentionnés dans différents actes ou plaintes. Il importe toutefois de dissocier les niveaux d'intervention : les procédures disciplinaires relèvent des instances ordinales et des mécanismes internes aux professions judiciaires, tandis que d'éventuelles poursuites pénales suivent, le cas échéant, leur propre cheminement devant les juridictions compétentes. À ce stade, aucune décision définitive n'a été rendue. Néanmoins, l'élargissement du contentieux à des acteurs centraux de l'appareil judiciaire nourrit un malaise institutionnel peu commun pour un litige d'origine strictement commerciale.
Une asymétrie économique structurelle
Au-delà des procédures, l'affaire met en lumière une asymétrie économique marquée. Le prestataire guinéen est une entreprise locale, dépendante de quelques contrats structurants. Le groupe industriel, lui, dispose de moyens financiers et organisationnels sans commune mesure, lui permettant d'absorber des contentieux longs et coûteux. Dans ce contexte, la logistique devient un levier de pouvoir. La maîtrise des flux de transport conditionne la production industrielle, mais aussi la capacité d'un acteur à résister à une rupture contractuelle prolongée ou à un affrontement judiciaire.
Une affaire révélatrice des fragilités de l'État de droit économique
Le dossier soulève une interrogation centrale : dans quelle mesure l'État guinéen est-il en capacité de garantir l'exécution effective des contrats et l'égalité des acteurs devant la justice lorsque des intérêts économiques majeurs sont en jeu ? La question dépasse le cas d'espèce. Elle renvoie à la crédibilité de l'environnement des affaires, à la solidité des institutions judiciaires et à la confiance des entrepreneurs locaux dans la capacité du système à les protéger face à des partenaires beaucoup plus puissants.
Entre influence et pression, une frontière scrutée
Aucune juridiction n'a établi, à ce stade, l'existence de faits de corruption. Mais la multiplication des procédures, la mise en cause d'auxiliaires de justice et la durée du contentieux nourrissent un débat plus large sur la frontière entre influence économique légitime, pression excessive et dérives potentielles. Pour les observateurs, l'enjeu dépasse les protagonistes. Il concerne la capacité du système judiciaire à fonctionner sans soupçon dans des affaires où les rapports de force économiques sont profondément déséquilibrés.
Une affaire-test pour les institutions guinéennes
Le clinker de la discorde s'impose ainsi comme une affaire-test pour les institutions guinéennes. Elle interroge la capacité de la justice à faire respecter les engagements contractuels, à préserver son indépendance face à des intérêts industriels majeurs et à offrir aux entrepreneurs locaux des voies de recours effectives. Si les procédures en cours permettront, à terme, de trancher les responsabilités juridiques, le dossier éclaire déjà les tensions structurelles qui traversent l'État de droit économique en Guinée, à l'heure où le pays cherche à concilier attractivité pour les investissements étrangers et protection de son tissu entrepreneurial national.