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Der Weg für arme Länder aus der Schuldenfalle

Etwa die Hälfte der einkommensschwachen Länder ist derzeit zahlungsunfähig oder hat ein großes Risiko, zahlungsunfähig zu werden. Was die Weltgemeinschaft dagegen tun muss, erläutert eine IDOS-Wissenschaftlerin.

Der Weg für arme Länder aus der Schuldenfalle

Etwa die Hälfte der einkommensschwachen Länder ist derzeit zahlungsunfähig oder hat ein großes Risiko, zahlungsunfähig zu werden. Was die Weltgemeinschaft dagegen tun muss, erläutert eine IDOS-Wissenschaftlerin.

Return Hubs in European Migration Policy

SWP - Fri, 28/08/2026 - 11:29

The EU Return Regulation creates a legal basis for transferring individuals subject to enforceable return decisions to third countries willing to accept them, even where they have no prior connection to that country. This makes so-called return hubs an increasingly likely prospect. The political appeal is clear: return hubs offer governments a visible way to demonstrate enforcement at a moment when the EU Pact on Migration and Asylum depends on credible implementation. But political salience should not be mistaken for operational effectiveness. European precedents and recent US experience suggest that transfers to remote third countries are likely to remain marginal, expensive and dependent on tenuous bargains. Return hubs may play a limited role for a small group of people who are otherwise difficult or impossible to remove, but they are not a general solution to low return rates. Their value should be judged by their ability to produce sustainable outcomes that cannot be achieved through the core return system. Without strict tests of additionality, propor­tionality and rights protection, they may make the wider return system harder, not easier, to fix.

Palestine, Liban, Syrie : Netanyahou fait le choix électoraliste de l’escalade

IRIS - Thu, 27/08/2026 - 19:29

Pourtant englué depuis son élection en 2022 dans des affaires de corruption et une tentative de réforme judiciaire très contestée, Benjamin Netanyahou aura su mener à son terme le mandat de son gouvernement, le plus à droite de l’histoire du pays, une première depuis 1973. En contribuant à maintenir le pays dans une logique de confrontation permanente, la persistance des conflits depuis près de trois ans dans la région a sans conteste contribué à cette longévité.

Cette séquence doit être replacée dans le contexte de sa guerre menée contre l’Iran. Déclenchée par les États-Unis le 28 février dernier, celle-ci doit aussi beaucoup à la pression exercée par le gouvernement Netanyahou sur la Maison-Blanche[1]. Depuis son entrée en politique, le Premier ministre présente la menace iranienne comme existentielle pour la sécurité d’Israël. Sur ce théâtre, Washington conserve cependant la main sur la conduite de la guerre, malgré les appels répétés du gouvernement Netanyahou à prolonger la campagne jusqu’à l’effondrement du régime iranien.

Il en va autrement dans le reste de la région, où Tel-Aviv entretient plusieurs conflits ouverts, tout en disposant d’une marge de manœuvre considérable. De la Palestine au Liban, en passant par la Syrie, ces trois autres fronts participent d’une même logique. En durcissant les conditions des processus de sortie de crise, quitte à les rendre irréalisables, le gouvernement Netanyahou semble faire de la confrontation régionale un instrument de survie politique à l’approche du scrutin.

En Palestine, l’impasse se poursuit du fait des positions israéliennes

Tout d’abord, l’annexion de la Cisjordanie connait un essor sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de l’exécutif israélien. Son mandat a en effet été marqué par une multiplication de lois en faveur de la colonisation, une politique de déplacement forcé des populations locales, ainsi que par un soutien à la fois économique, administratif et militaire aux colonies. Selon l’ONG Amnesty International, au cours des trois premières années au pouvoir du cabinet Netanyahou, le budget annuel alloué au ministère des Colonies a connu une augmentation de 122 %. Le 18 août, le gouvernement israélien a lancé un appel d’offres pour le projet « E1 », qui prévoit la construction de plus de 3 000 logements à l’est de Jérusalem. Porté par son ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich, ce plan menace de couper la Cisjordanie en deux, oblitérant ainsi tout espoir d’ériger un État palestinien viable, déjà mité par la colonisation.

À Gaza, l’initiative de paix menée par le président étasunien Donald Trump et son « Conseil de la paix » (« Board of Peace »), bute toujours devant les positions maximalistes de Tel-Aviv. Le cessez-le-feu et le rétablissement de l’aide humanitaire au sein de l’enclave, décidés à Charm El-Cheick en octobre 2025, n’ont pas été respectés par la partie israélienne. Depuis cette date, plus de 1 260 personnes ont été tuées et 4 100 personnes ont été blessées selon un rapport de l’ONU, alors que l’acheminement de l’aide continue d’y être entravé avec un taux de déchargement passé de 90 % à 77 % selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

À présent, c’est au tour de la question du désarmement du Hamas et du retrait de Tsahal, respectivement 8e et 13e points de la feuille de route établie par le Conseil de la paix, de se heurter au blocage israélien. Le mouvement gazaoui continue d’affirmer sa volonté de respecter le processus progressif et parallèle convenu (« step-for-step »), qui veut qu’à chaque étape constatée du démantèlement de l’arsenal du Hamas, Israël se retire d’une partie du territoire. Tel-Aviv refuse ce séquençage qui lui est pourtant favorable puisqu’Israël y conserve un droit de regard à chaque étape. Ses dirigeants excluent tout retrait avant un désarmement total du Hamas et ajoutent, à présent, que sa supervision doit être effectuée par un général étatsunien.

Le deuxième point de la feuille de route prévoit par ailleurs la création d’un Comité international de vérification, chargé de certifier la mise en œuvre des différentes étapes de l’accord. Il doit être composé de représentants du « Board of Peace », d’une Force internationale de stabilisation (FIS) et d’États garants, à savoir les États-Unis, l’Égypte, le Qatar et la Turquie. Or, les autorités israéliennes contestent la présence de représentants de Doha et d’Ankara au sein de ce comité. Ainsi, la sortie de crise mise sur la table par Washington, déjà largement conforme aux intérêts israéliens, reste une nouvelle fois suspendue aux exigences maximalistes de l’actuel gouvernement.

Au Liban, enrayer le processus pour favoriser l’escalade

Cette même logique s’applique au théâtre libanais, où les pourparlers bilatéraux mis en place par l’administration Trump ont débouché, le 26 juin, sur un accord-cadre visant à « instaurer une paix et une sécurité durables ». Celui-ci prévoit notamment le retour des Forces armées libanaises (FAL) sur l’ensemble du territoire, à travers le désarmement vérifié du Hezbollah et le redéploiement progressif des forces israéliennes hors du territoire libanais. Pour ce faire, l’initiative étatsunienne comprend la mise en place de « zones pilotes », appelées à être progressivement étendues.

Cependant, tout porte à croire qu’il existe une volonté manifeste de la part de Tel-Aviv d’inscrire ce processus – déjà asymétrique dans ses demandes formulées à l’intention de Beyrouth – dans un rapport de force toujours plus défavorable à l’État libanais, quitte à l’enrayer totalement. En dépit des multiples cessez-le-feu annoncés dans le cadre des négociations, Israël poursuit son agression dans le Sud-Liban et a déclaré que son armée ne s’en retirerait « en aucun cas ». L’argument avancé par les autorités israéliennes est l’incapacité des FAL à désarmer le Hezbollah et la nécessité d’avoir, par conséquent, la main sur le mécanisme de vérification des « zones pilotes ». Argument discutable dans la mesure où les frappes israéliennes sont elles-mêmes en grande partie responsables de l’entrave au déploiement de l’armée libanaise et que la logique d’occupation d’Israël n’incite guère le mouvement de résistance Hezbollah aux compromis. 

L’annexe sécuritaire de l’accord-cadre de Washington précise que le mécanisme de vérification du désarmement des groupes armés non étatiques devra être opéré par une « entité tierce convenue d’un commun accord ». Les dernières négociations, tenues à Rome début août, ont achoppé sur la désignation de ce tiers, Tel-Aviv opposant notamment son veto à la participation de la France. De même, la délégation israélienne a insisté pour que les inspections incluent les habitations privées, ce que l’armée libanaise refuse catégoriquement. Finalement, la situation a entrainé une paralysie des négociations, reportées à la fin du mois de septembre sans qu’aucune date ne soit fixée.

Tout en instaurant le blocage par ses positions maximalistes, Tel-Aviv semble progressivement s’orienter vers le choix de l’escalade. Le 15 août, un raid israélien a fait 11 morts et 19 blessés, soit le bilan le plus lourd depuis le cessez-le-feu. À cela s’ajoutent les opérations quotidiennes de dynamitage et l’utilisation de phosphore blanc[2], qui semblent renvoyer aux calendes grecques toute perspective de retour de ses habitants dans la région.

En Syrie, la compétition pour l’hégémonie régionale

Au sein de ce Proche-Orient à feu et à sang, la Syrie n’est elle aussi pas en reste. Ce 18 août, l’aviation israélienne a bombardé l’aéroport militaire d’Abu Dhouhour, situé dans la province d’Idlib, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque. Si, depuis la chute du régime Assad, Israël occupe une partie du territoire syrien, multiplie les frappes le long de sa frontière septentrionale jusqu’à Damas et opère une stratégie de cooptation de la minorité druze dans la province de Soueïda, la localisation de cette frappe témoigne d’un élargissement de ses opérations. Surtout, selon le bureau du Premier ministre israélien, elles visaient à y empêcher le déploiement de forces turques. Ankara, qui a démenti une telle volonté, s’est abstenue de toute réponse militaire.

Sur le dossier syrien, la diplomatie étatsunienne est également aux avant-postes pour établir un mécanisme de désescalade. Son émissaire Tom Barrack, également ambassadeur des États-Unis en Turquie, avait obtenu en début d’année la création d’une « cellule de fusion » tripartie afin de superviser la situation sécuritaire et d’accueillir de nouvelles discussions sur le retrait des forces israéliennes. Mais le dispositif est resté lettre morte devant les réticences israéliennes, justifiées par des arguments d’ordre sécuritaire – contestables au vu des faibles capacités militaires du nouveau régime syrien – et des craintes invoquées vis-à-vis de la présence militaire turque sur le sol syrien.

Cette séquence s’inscrit également dans le cadre plus large de la rivalité croissante entre Ankara et Tel-Aviv afin de projeter leur influence dans la région, dans un contexte d’affaiblissement régional de l’Iran. La Turquie et la Syrie demeurent étroitement liées du fait de la géographie et d’enjeux politico-sécuritaires communs, notamment celui de la « question kurde ». Dans le même temps, le nouveau pouvoir en place à Damas est dépendant des monarchies pétrolières du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie saoudite, pour attirer des investissements vitaux à la reconstruction de son économie. Ce 7 août, la Turquie a d’ailleurs conclu un accord tripartite de « défense et d’assistance mutuelle en cas d’agression » avec l’Arabie saoudite et le Pakistan.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie syrienne s’est rendu à Islamabad dès le lendemain des frappes israéliennes pour discuter de coopération en matière de défense. Une configuration qui offre à Netanyahou un terrain de confrontation supplémentaire à l’approche du scrutin, ce dernier ayant déclaré vouloir combattre « l’axe émergent sunnite radical ».

L’escalade au service du calendrier électoral

Si ces trois fronts répondent chacun à des logiques propres, l’escalade qui s’y déploie simultanément n’est toutefois pas sans rapport avec le calendrier politique israélien. Fait révélateur, le parti politique de Netanyahou, le Likoud, a récemment déployé une affiche électorale associant les visages du guide suprême iranien Khamenei, du président turc Erdogan, du chef du Hezbollah et même du maire démocrate de New York Zohran Mamdani. Elle était accompagnée du message : « Ils veulent que Netanyahou perde. Ne les laissez pas gagner ».

Dans un scrutin qui s’annonce particulièrement disputé, cette stratégie électorale constitue un atout important pour le Premier ministre sortant qui veut ainsi se présenter comme un rempart face à des ennemis désignés comme autant de menaces pour Israël. Elle trouve également un écho dans les positions de l’aile la plus radicale de son gouvernement, avec laquelle Netanyahou s’est allié pour obtenir une majorité de sièges lors du dernier scrutin. L’influent ministre Itamar Ben Gvir, dirigeant du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, s’est dit favorable à « bombarder Beyrouth » et « écraser » le Liban, ou encore à assassiner « 30 à 40 » Gazaouis par nuit

Il convient toutefois de souligner que le soutien à cette politique dépasse largement les seuls rangs de la coalition gouvernementale. De larges pans de la classe politique israélienne – et par extension de sa société – ne remettent pas fondamentalement en cause le recours à la force comme instrument de sa politique régionale. L’un de ses principaux adversaires, Gadi Eizenkot, a ainsi siégé au sein du cabinet de guerre de Netanyahou durant les premiers mois de l’offensive à Gaza et est l’un des artisans de la « doctrine Dahiyye[3] », déployée au Liban au début des années 2000 et qui prône l’utilisation disproportionnée de la violence sur
les installations civiles.

Les positions de l’ancien chef d’état-major au sujet de la politique régionale israélienne sont à cet égard particulièrement éclairantes. Gadi Eizenkot dénonce ainsi le cadre proposé par le « Board of Peace » à Gaza, accusant l’actuel gouvernement de vouloir « laisser le Hamas au pouvoir ». Au Liban, il prône une liberté d’action de l’armée israélienne qui ne se limiterait pas au Sud, mais qui comprendrait Beyrouth et sa banlieue. Par conséquent, du fait des positions maximalistes de l’establishment politico-militaire, la campagne électorale israélienne tend plutôt à favoriser une logique de surenchère.

Washington laisse Israël poursuivre son escalade

L’apparition du maire de New York sur l’affiche du Likoud peut enfin être lue comme le signe d’une préoccupation croissante autour de l’évolution du soutien américain à Israël. Mais les divergences récemment apparues entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou sur la conduite de la guerre en Iran ne doivent toutefois pas être assimilées à une rupture quant à la latitude laissée par Washington à l’hubris israélienne dans le reste de la région.

Au Liban, les récentes frappes meurtrières ont été indirectement justifiées par l’ambassadeur étatsunien, Michel Issa. À Gaza, l’émissaire Jared Kushner s’est contenté de demander à Netanyahou des « petites mesures » sur le dossier du désarmement du Hamas. En Cisjordanie, si l’ambassadeur des États-Unis Mike Huckabee a récemment qualifié les colons israéliens de « terroristes », Washington ne s’est pas ouvertement opposé au projet d’annexion « E1 ».
En Syrie, enfin, les réserves exprimées par Tom Barrack après les récentes frappes semblent surtout traduire la crainte d’un élargissement de la confrontation avec la Turquie, plutôt qu’un désaccord de fond sur la présence et les opérations militaires israéliennes en Syrie.

D’après le média Axios, l’administration Trump aurait d’ailleurs indiqué à Damas et Ankara qu’un règlement de la question serait plus facile à obtenir après les élections israéliennes. Ce qui laisse entendre que même Washington compose avec le calendrier politique de Netanyahou, quitte à lui laisser, de fait, le choix de l’escalade.

[1] Voir à cet égard l’ouvrage de deux journalistes du New York Times,Maggie Haberman et Jonathan Swan, Regime change: Inside the imperial presidency of Donald Trump. (Simon & Schuster, 2026)

[2] Le phosphore blanc est une substance chimique hautement inflammable. Classé comme arme conventionnelle, mais strictement encadré, il peut entraîner des conséquences désastreuses à long terme sur les sols agricoles.

[3] Du nom donné à la banlieue-sud de Beyrouth, dévastée par les bombardements israéliens lors du conflit de 2006 puis, de nouveau, fin 2024. 

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Warum sich die Golfmonarchien trotz des Irankriegs nicht von den USA lösen

SWP - Thu, 27/08/2026 - 14:45

Am 7. August unterzeichneten Saudi-Arabien, die Türkei und Pakistan in Mekka ein neues Verteidigungsabkommen. Dieser sogenannte Mekka-Pakt wirft die Frage auf, ob sich die Golfmonarchien sicherheitspolitisch von den USA lösen könnten. Die Erfahrungen des Irankriegs machen eine solche Neuorientierung plausibel: Trotz ihrer jahrzehntelangen Partnerschaft mit Washington sind die Golfmonarchien Ziel iranischer Drohnen- und Raketenangriffe geworden – mit erheblichen Schäden an der regionalen Energieinfrastruktur und massiven Einschränkungen der Energieexporte durch die weitgehende Schließung der Straße von Hormus. Ihre Sicherheitsinteressen, so scheint es, werden beim Vorgehen der Trump-Regierung kaum berücksichtigt. Dennoch sprechen drei Gründe gegen ein Ende ihrer engen Bindung an Washington.

Grenzen einer Neuorientierung

Erstens fehlt den Golfmonarchien eine Alternative zu den USA als Schutzmacht. Die Staaten verfolgen durchaus unterschiedliche außen- und sicherheitspolitische Strategien. Gemeinsam ist ihnen jedoch, dass keiner ihrer übrigen Partner bereit oder in der Lage ist, die Rolle der USA zu übernehmen: China wahrte im Krieg Neutralität, Russland hielt an seinen engen Beziehungen zu Teheran fest und die Türkei und Pakistan boten keine nennenswerte militärische Unterstützung. Der Mekka-Pakt dürfte daran wenig ändern: Beistandsversprechen allein schaffen keinen verlässlichen Schutz. Auch der Ausbau der emiratisch-israelischen Militärkooperation ersetzt die amerikanische Sicherheitspräsenz nicht. 

Zweitens reicht die militärische Abhängigkeit von den USA weit über deren Truppenpräsenz hinaus. US-amerikanische Abwehrsysteme wie Patriot und THAAD waren für die Abwehr iranischer Angriffe unverzichtbar. Zentrale militärische Fähigkeiten der Golfstaaten hängen von US-Technologie, Ersatzteilen, Wartung und Ausbildung ab. Diese gewachsene technische und institutionelle Abhängigkeit ließe sich nur über Jahrzehnte und mit erheblichem Aufwand auflösen.

Drittens schaffen auch enge wirtschaftliche Verflechtungen Pfadabhängigkeiten. China ist inzwischen zwar der größte Handelspartner der Golfstaaten. Eine systematische Abkehr vom US-Dollar bei Energieexporten ist jedoch nicht erkennbar. Allein ihre Staatsfonds haben schätzungsweise zwei Billionen US-Dollar in den USA angelegt. Auch wirtschaftlich wäre eine Entkopplung daher langwierig und kostspielig.

Ausbau der Einflusskanäle

Vor diesem Hintergrund dürften die Kriegserfahrungen weniger zu einer Abkehr von der amerikanisch geprägten Sicherheitsordnung als vielmehr zum Versuch führen, den eigenen Einfluss innerhalb dieser Ordnung zu stärken. Insbesondere Saudi-Arabien, die Vereinigten Arabischen Emirate und Katar verfügen seit Jahrzehnten über hervorragende Zugänge nach Washington und die Ressourcen, diese auszubauen.

Neben der Pflege ihrer Beziehungen zu Präsident Trump, dessen Familienunternehmen allein 2025 Zahlungen von rund 300 Millionen US-Dollar aus den Golfstaaten erhielten, könnten sie ihre Lobbyarbeit intensivieren und ihre Kontakte im Kongress sowie im politischen und medialen Ökosystem der USA verstärkt nutzen – auch über Parteigrenzen hinweg. Vor allem aber dürften die wirtschaftlichen Verflechtungen weiter ausgebaut werden. 

Im Investitionsverhalten der Staatsfonds zeichnet sich jedenfalls bislang keine grundlegende Abkehr vom US-Markt ab: Im ersten Halbjahr 2026 entfiel knapp die Hälfte des zugesagten Kapitals auf Geschäfte in den USA. Partnerschaften mit Technologie- und Finanzunternehmen wie Microsoft, Nvidia, Oracle und BlackRock schaffen nicht nur wirtschaftlichen Nutzen. Sie begründen zugleich bei einflussreichen US-Unternehmen ein wirtschaftliches Interesse an stabilen Beziehungen zu den Golfstaaten und können so deren politischen Anliegen in Washington mehr Gewicht verleihen.

Ob die Golfmonarchien ihre Interessen in Washington künftig besser durchsetzen können, bleibt abzuwarten.Wirtschaftliche Verflechtungen und persönliche Zugänge garantieren nicht, dass amerikanische Entscheidungen ihren Interessen entsprechen. Hinzu kommt, dass zwischenstaatliche Differenzen und regionale Rivalitäten ein gemeinsames Auftreten der Monarchien in Washington bislang verhindern. Hinweise auf die Reichweite ihres Einflusses könnten Prozesse wie die Umsetzung des Ende Juli vereinbarten US-saudischen Atomabkommens liefern. Doch selbst begrenzte Erfolge dürften angesichts fehlender Alternativen kaum zur grundsätzlichen Abkehr von den USA führen. Deutschland und seine europäischen Partner sollten aus dem Vertrauensverlust der Golfmonarchien gegenüber Washington daher nicht auf eine solche Abkehr schließen. Eine engere Zusammenarbeit mit Europa dürfte für die Golfmonarchien weiterhin vor allem eine Ergänzung ihrer amerikanischen Partnerschaft sein, nicht deren Ersatz.

DIW-Konjunkturbarometer August: Deutsche Wirtschaft fasst langsam Fuß, Umfeld bleibt aber schwierig

Das Konjunkturbarometer des Deutschen Instituts für Wirtschaftsforschung (DIW Berlin) setzt sein Auf und Ab fort. Nach dem deutlichen Rückgang im Juli steigt es im August um gut fünf auf nun 96,4 Punkte und kommt damit der neutralen 100-Punkte-Marke, die ein durchschnittliches Wachstum der deutschen ...

« Prospective géopolitique française en Afrique Noire francophone postindépendance » – 4 questions à Aboubakar Ouattara

IRIS - Wed, 26/08/2026 - 18:01

Pour vous, la période de De Gaulle à Chirac, donc de 1958 à 2007, a été l’âge d’or de la France-Afrique…

Oui. La triade terminologique âge d’or, âge d’argent et âge de plomb usitée dans le livre est inspirée d’Hésiode.[1] Elle nous a paru juste pour caractériser le continuum géopolitique de la France-Afrique, de De Gaulle à Chirac, puis de Sarkozy à Hollande, et enfin à Macron. La force de prestige sémantique de chacun des trois métaux est métaphoriquement associée à la période géopolitique qui lui correspond sur le continuum. Il suit de là que, du point de vue des intérêts de la France, de De Gaulle à Macron, l’histoire de la France-Afrique est celle d’une dégradation progressive en termes de tendance lourde. Que cette histoire soit dénommée France-Afrique, Françafrique, Afrique-France, Africa-France ou Africa Forward, le trait de sens fédérateur involué dans ces appellations est la relation de puissance qu’elles instituent entre les acteurs concernés : la France et les pays d’Afrique.

En termes de géopolitique, l’âge d’or de la France-Afrique signifie, pour la France, avoir le contrôle ; avoir la capacité effective d’exercer sur l’autre acteur les leviers du soft et/ou du hard power à disposition afin d’aligner ce dernier dans le sens des intérêts de la France, prioritairement. Il n’est pas déplacé de dire que, structurellement, ce contrôle a fonctionné à son rendement maximal de De Gaulle à Chirac « le dernier des gaullistes »[2], c’est-à-dire du deal de l’indépendance-association avec ses accords dits spéciaux au postulat et code de conduite géopolitiques énoncés par Chirac à l’endroit des dirigeants d’Afrique noire francophone : « Si vous voulez l’appui de la France, sachez respecter docilement les règles que vous savez »[3].

Peut-on parler de dégradation ou de renouvellement pour les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ?

Les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande accusent un renouvellement de surface sur fond de fidélité à l’esprit de l’âge d’or ; ce qui les a empêchés de favoriser une relation partenariale avec les pays d’Afrique noire francophone. Sinon, comment expliquer les écarts de comportements grossiers de la politique étrangère de la France sous chacun des deux quinquennats à l’endroit de ces pays — écarts qui sont des marqueurs et accélérateurs de la dégradation de la relation France-Afrique ? Les exemples sont légion. Du côté du quinquennat de Nicolas Sarkozy, on peut citer le non-respect de sa promesse de rupture, son discours à l’Université de Dakar, les interventions militaires au Tchad, en Côte d’Ivoire (et même en Libye étant donné les effets induits de cette dernière intervention sur l’espace africain francophone). Du côté du quinquennat de François Hollande, on peut citer son injonction aux dirigeants africains « à opérer l’inéluctable changement » ; ce qui a été vécu par certains d’entre eux comme « une greffe, un acte imposé ».[4]

Pour ces deux quinquennats, on ne peut pas parler de dégradation ou de renouvellement. Je parlerai de dégradation et de renouvellement. J’observe que le renouvellement est superficiel par rapport à la logique de l’âge d’or qui répond d’une tendance structurelle. Les marqueurs de dégradation sont réels. Ils nourrissent le dévissement de la France dans la relation. Et cela, dans un environnement stratégique global favorable aux pays africains quant à une refondation de la relation France-Afrique.

Qu’est-ce qui change avec Emmanuel Macron ?

Ce sont trois choses : 1. l’accélération de la dégradation de la relation en défaveur de la France ; 2. l’ampleur et l’intensité du rejet de la France par des dirigeants africains, par des élites africaines (intellectuelles, médiatiques, politiques), par des entrepreneurs africains face à la concurrence déloyale avec les grands groupes français, par une certaine classe moyenne africaine qui s’informe quotidiennement sur les relations entre la France et les pays africains et sur l’évolution des relations internationales et géopolitiques dans le monde, par une certaine classe populaire africaine connectée sur les réseaux sociaux et sur les chaînes de télévision satellitaires françaises ; 3. ce qui change c’est aussi l’itération des outrances verbales et non-verbales. Elles sont liées à la psychologie transgressive de Macron et sont légion. Elles incluent la convocation des présidents du G5 Sahel à Pau (16 décembre 2019 / 11 janvier 2020), l’accusation d’« ingratitude » portée contre les gouvernants africains lors de son discours aux ambassadeurs de France à l’Élysée (6 janvier 2025). Mais ne soyons pas dupes de ses outrances. Emmanuel Macron choisit ses victimes. Ses dérapages confirment son alliance avec le principe de l’âge d’or.

Pensez-vous que les 13 propositions d’Achille Mbembe donnent la possibilité d’une « conversion des regards » ?

Je pense que les 13 propositions ne donnent que la possibilité superficielle sans plus. L’état des regards, avant les 13 propositions, offre le constat d’un déséquilibre essentiel dans la relation, une inégalité structurelle. L’exégèse des 13 propositions censées favoriser la « conversion des regards » nous a conduit au statu quo ante. Ce constat confère au corpus des 13 propositions un rôle cosmétique :

  • Le corpus reflète un projet de réformes pour faire évoluer certaines propriétés de la relation, en témoignage de changement, mais pas la relation elle-même qui reste irremplacée dans son existence même, c’est-à-dire dans sa raison d’être géopolitique, prédatrice, inégale, fidèle au souffle vital de l’âge d’or. Le projet de refondation cristallisé dans les propositions n’est pas un projet de rupture.
  • Le corpus est verrouillé pour ne rester que dans l’axe de la continuation de la relation inégalitaire, mais il est vendu comme un événement géopolitique refondateur.
  • Le corpus reste un adjuvant de géopolitique prospective pour la consolidation de la présence de la France comme puissance en Afrique noire francophone afin d’y préserver durablement ses intérêts. Plus largement, afin de satisfaire sa volonté de puissance, de rang et d’influence à l’échelle globale.

L’angle mort du rapport d’Achille Mbembe réside dans son évitement à penser la question de la souveraineté des pays d’Afrique noire francophone hors d’un couplage inféodant avec la France. Achille Mbembe préfère intégrer la souveraineté de ces pays dans celle de la France et, au-delà, dans celle de l’Europe. Il croit au mariage du pot de fer avec le pot de terre et fait mine d’ignorer la mémoire de leur histoire partagée, historien de son état.

Les 13 propositions d’Achille Mbembe donnent la possibilité d’une « conversion des regards » qui est une conversion de surface du type des conversions où tout doit changer pour que rien ne change. Et à ce jeu de ruse géopolitique, la France (ses alliés avec) possède une expertise avérée. L’histoire de ses relations avec les États d’Afrique francophone regorge d’exemples. À titre d’illustration, pensons à la geste qui part du tournant vers les indépendances en juin 1943 (avec la Constitution du Comité français de Libération nationale à Alger sous l’autorité du Général de Gaulle) jusqu’au sommet Africa Forward en mai 2026. Passons-y la tenue de la Conférence africaine française de Brazzaville en janvier 1944, la Création de l’Union française en octobre 1946, le Vote de la loi-cadre, dite Defferre, en juin 1956, la Communauté franco-africaine créée dans le cadre de la nouvelle Constitution française en 1958 et l’accession massive aux indépendances en 1960. La liste intérieure à l’intervalle de temps choisi est plus longue… Rien que de la ruse géopolitique.

[1] In Les Travaux et les Jours, VIIIe siècle av. J.-C.

[2] Nous tenons cette périphrase de Dominique de Villepin, Mémoire de paix pour temps de guerre, Grasset, Paris, 2016, p. 18 : « La foi inébranlable dans la vocation de la France et l’esprit de combat ont fait de lui, sur la scène internationale, le dernier des Gaullistes ».

On retrouve la même idée chez Francis Laloupo, France – Afrique. La rupture maintenant ?, Acoria éditions, Paris, 2013, p. 24 : « Après François Mitterrand, Jacques Chirac sera l’homme qui déploiera, jusqu’à la caricature, toutes les traditions et pratiques de la Françafrique. L’Histoire conférera à Chirac un statut particulier : celui du « dernier homme ». Le dernier chef d’État français à avoir placé l’Afrique au centre de ses œuvres présidentielles. » ; « Chirac sera donc le « dernier homme », le dernier de la génération des chefs d’État français à avoir mis au cœur de la gestion du pouvoir l’équation africaine » (ibid., p. 26) ; « Après le règne du dernier homme, Nicolas Sarkozy disposait des atouts nécessaires pour opérer la rupture générationnelle » (ibid., p. 27-28). 

[3] Cité par Francis Laloupo, ibid., p. 24-25.

[4] Les segments guillemetés sont empruntés à Francis Laloupo, ibid., p.137.

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Référendum sur l’Europe : un poisson nommé Islande

IRIS - Wed, 26/08/2026 - 11:40
Points de repère spatio-temporels

Sur une carte, l’Islande semble périphérique, avec à peine moins d’un demi-million d’habitants sur cette île volcanique de l’Atlantique Nord. Mais sur une carte océanique, elle trouve davantage de centralité, avec une position charnière entre Europe, Amérique du Nord et Arctique. Tout le paradoxe géopolitique islandais est là : petite puissance terrestre et démographique, mais grande puissance maritime et halieutique. La Chine ne s’y trompe d’ailleurs pas, souhaitant placer des pions en Islande dans le cadre de sa stratégie des routes polaires de la soie.

L’Islande est déjà profondément imbriquée dans l’espace européen. Membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949, elle appartient à l’Association européenne de libre-échange depuis 1970, à l’Espace économique européen (EEE) depuis 1994 et à l’espace Schengen depuis 2001. Elle applique ainsi une partie considérable des règles du marché intérieur européen et participe à de nombreux programmes sans être membre de l’UE. Son économie est également très connectée au continent. Cette proximité économique et institutionnelle rend parfois difficile à percevoir ce qui sépare encore véritablement Reykjavik de Bruxelles.

Or, deux secteurs essentiels restent précisément à l’écart du fonctionnement ordinaire de l’EEE : l’agriculture et la pêche. Ce n’est évidemment pas anodin. L’une des singularités de l’Islande réside dans la place occupée par ses ressources naturelles et surtout marines. Sa prospérité, son histoire et une partie de son identité se sont construites autour de cette mer nourricière. L’Islande avait officiellement déposé sa candidature à l’UE en 2009, dans le contexte de la grave crise financière internationale, qui n’avait pas épargné le pays. Les négociations furent suspendues en 2013, avant que le processus ne soit abandonné en 2015. Parmi les principaux points de friction figurait déjà la pêche.

Plus d’une décennie après, le contexte global a changé, avec notamment ces velléités trumpiennes sur le Groenland qui perturbent les raisonnements islandais et modifient les enjeux dans l’Arctique pour l’UE. Or, si l’Islande et l’UE peuvent trouver de nouvelles raisons géopolitiques à se rapprocher, la pêche reste l’épine dorsale des divisions.

La singularité halieutique islandaise

La pêche et l’aquaculture représentent environ 7 % du PIB, 5 % de l’emploi et près de 40 % des exportations islandaises de marchandises. Les captures atteignent en moyenne 1,4 million de tonnes par an, dont environ 710 000 tonnes d’espèces démersales – parmi lesquelles quelque 220 000 tonnes de morue – et 550 000 tonnes de poissons pélagiques comme le capelan, le maquereau ou le hareng. L’aquaculture progresse, notamment en saumon. Il faut dire que de nombreux pays de l’UE en raffolent (à commencer par la France) sans en produire sur leurs littoraux ou leurs sols.

Parler d’une éventuelle adhésion de l’Islande à l’Union européenne sans parler de poisson reviendrait presque à parler de l’Arabie saoudite sans évoquer le pétrole. Car la pêche islandaise n’est pas une activité économique périphérique qu’il faudrait maintenir artificiellement en vie. Au contraire, les Islandais en sont fiers et misent sur ce secteur. Ce dernier s’avère créateur de richesses, exportateur, performant et fortement intégré aux circuits mondiaux. Sa ressource sauvage – cabillaud, églefin, espèces pélagiques notamment – comme sa production aquacole sont très recherchées sur des marchés où la concurrence est mondiale. Les produits islandais sont largement présents sur le marché européen. Les opérateurs se sont adaptés au Brexit, avec notamment un redéploiement d’une partie des flux vers les Pays-Bas avant redistribution vers d’autres États membres. L’Islande dispose donc déjà du débouché européen sans appartenir à l’UE.

La pêche en Islande, attribut de souveraineté

Entre les années 1950 et 1970, les fameuses « guerres de la morue » opposèrent l’Islande au Royaume-Uni autour de l’extension des zones de pêche islandaises. Reykjavik parvint progressivement à imposer son contrôle jusqu’à 200 milles nautiques de ses côtes. Pour cette micro-nation insulaire, la maîtrise de la mer et de ses ressources est ainsi devenue une manifestation particulièrement concrète de l’indépendance nationale. Cette mémoire demeure présente. Là où d’autres États pensent leur souveraineté d’abord à travers leurs frontières terrestres, l’Islande la pense aussi à travers ses poissons, ses quotas, ses navires et son espace maritime. Et c’est ici la tension majeure d’une éventuelle adhésion à l’UE : pour la pêche islandaise, l’intérêt à y entrer reste faible. 

Pour Reykjavik, la question est d’abord celle de la souveraineté. L’Islande détermine largement ses règles de gestion des ressources halieutiques et défend jalousement le contrôle de ses stocks, de ses quotas et de l’accès à ses eaux. Une éventuelle adhésion obligerait pourtant l’Islande à négocier son intégration à la politique commune de la pêche (PCP). Les modalités feraient évidemment l’objet de discussions, mais le principe est politiquement explosif : pourquoi transférer une partie de sa capacité de décision à Bruxelles sur une ressource considérée comme nationale, stratégique et particulièrement bien valorisée ? Pourquoi modifier un modèle qui fonctionne, accepter davantage de règles communes et renoncer à une partie d’autonomie alors que l’accès au marché européen existe déjà ? Si pour Bruxelles, la pêche pourrait constituer l’une des raisons de vouloir l’Islande dans l’Union, pour une partie du secteur halieutique islandais, elle constitue précisément l’une des meilleures raisons de rester dehors.

Entrer dans l’UE en rejetant le poisson ?

Soyons réalistes : la PCP ne fait pas rêver Reykjavik. Cette évaluation est d’autant plus légitime que la pêche européenne traverse elle-même de fortes tensions et que l’UE peine à définir un cap clair en matière de stratégie halieutique. Rappelons ici que les produits de la mer font partie des plus grandes dépendances alimentaires dans la majorité des pays de l’UE. Cela vaut pour la France, grande puissance bleue, sauf dans l’assiette. Depuis plusieurs décennies, la PCP cherche à concilier trois impératifs : exploiter économiquement les ressources, assurer le renouvellement des stocks et protéger les écosystèmes marins. Quotas, limitations de l’effort de pêche, contraintes pesant sur les capacités des flottes (coût de l’énergie, vieillissement des professionnels, etc.), développement des aires marines protégées et multiplication des normes environnementales alimentent chez une partie des pêcheurs européens le sentiment d’un espace halieutique qui se rétrécit. La flotte européenne diminue et sa vétuste inquiète. Certains armateurs connaissent de sérieuses difficultés économiques, d’autant que la compétition internationale s’est intensifiée.

L’UE veut protéger ses zones maritimes, mais elle importe donc massivement les produits de la mer qu’elle consomme. Réduire la pression de pêche dans les eaux européennes peut produire un bénéfice environnemental local. Mais si la consommation demeure et si elle est satisfaite par davantage d’importations, la pression productive ne disparaît pas nécessairement. Elle peut aussi être déplacée vers d’autres mers. La question ne serait-elle pas de déterminer comment l’Europe peut simultanément préserver ses ressources et préserver sa capacité à produire ? Cela pourrait être le narratif islandais, d’autant que l’on voit mal ce pays ne pas rester une puissance halieutique quand bien même l’adhésion à l’UE se profilerait. Dit autrement, Reykjavik pourrait-elle faire évoluer la PCP et la vision halieutique de l’UE ?

Se tourner vers l’avenir

Le Brexit a rétréci l’Europe maritime, l’Islande pourrait l’agrandir. La sortie du Royaume-Uni en 2020 a accéléré les problématiques pour les pêcheries européennes. L’hypothèse d’une intégration de l’Islande dans l’UE pourrait rebattre les cartes, une décennie plus tard. La zone économique exclusive islandaise représente environ 758 000 km². Son adhésion accroîtrait donc considérablement l’espace maritime relevant d’un État membre de l’UE. Les captures islandaises représentent à elles seules l’équivalent d’environ 30 % des volumes actuellement pêchés par l’UE27. Avec l’Islande, l’UE réaliserait 5 % des captures mondiales.

Aujourd’hui, l’Islande est simultanément partenaire et redoutable concurrent halieutique de l’Union européenne. Sa flotte est productive, son expertise scientifique reconnue, son industrie de transformation performante et son système de gestion des ressources fortement structuré. Avec la Norvège, elle illustre une forme de puissance halieutique nordique fondée sur l’association entre ressources, technologie, efficacité des flottes et gestion des stocks. Tant qu’elle reste extérieure à l’UE, cette puissance s’exerce en partie face à elle : compétition commerciale, négociations sur les stocks partagés, accès aux marchés, quotas et rapports de force autour des espèces migratoires. Mais l’adhésion changerait la perspective. L’Islande intégrée pourrait devenir une contributrice majeure à la capacité halieutique et alimentaire européenne. À une condition cependant : que l’UE souhaite redevenir une puissance halieutique et s’assume comme protagoniste sur les affaires maritimes de l’Arctique.

C’est là que le référendum islandais devient un débat européen si le oui l’emporte le 28 août et si le processus d’adhésion s’en trouve relancé.  L’UE transformera l’Islande, mais l’Islande pourrait aussi faire évoluer l’Europe halieutique. Il ne s’agirait évidemment pas de revenir sur la nécessité d’une gestion durable des ressources. Une puissance halieutique ne peut l’être durablement qu’en préservant le capital biologique sur lequel elle repose. Mais soutenabilité et puissance ne sont pas nécessairement contradictoires.

Sous cet angle, un parallèle peut être esquissé avec l’Ukraine agricole, qui apporterait des forces considérables à l’UE dans ce secteur en cas d’adhésion de Kiev demain, si et seulement si une vision géopolitique et géoéconomique s’exprime. Sans cela, l’agriculture constituera le dossier le plus explosif et le plus fracturant du dialogue euro-ukrainien. Les situations sont évidemment très différentes par leur taille, leur histoire et leur contexte géopolitique. Mais elles interrogent toutes deux la manière dont l’Union envisage ses futurs élargissements Ukraine et Islande posent ainsi, chacune dans leur domaine, une même question à Bruxelles : l’élargissement consiste-t-il seulement à étendre un espace juridique et réglementaire, ou peut-il aussi servir à agréger de nouvelles capacités de puissance ?

Quand les poissons déplacent la géopolitique

Ajoutons une brique aux réflexions précédentes. La question euro-islandaise devient encore plus stratégique avec le changement climatique. Le réchauffement des eaux modifie progressivement la répartition géographique de certaines espèces. Les stocks évoluent, migrent ou deviennent plus variables. Certaines espèces apparaissent davantage dans certaines zones tandis qu’elles en délaissent d’autres. La géographie de la pêche n’est donc pas immuable. Les tensions observées autour du maquereau entre l’Islande, les îles Féroé, la Norvège et l’UE en fournissent une illustration. Elles pourraient préfigurer d’autres controverses à mesure que le changement climatique transforme les écosystèmes de l’Atlantique Nord. Un poisson qui change de latitude peut déplacer de la valeur économique, chambouler des quotas et durcir des discussions diplomatiques. La gouvernance halieutique devient ainsi une forme de géopolitique climatique. Elle oblige les États côtiers à négocier simultanément la conservation de ressources mobiles, l’accès aux zones de pêche et le partage de la richesse qu’elles génèrent. Cette évolution renforce mécaniquement la valeur stratégique des États disposant à la fois d’importants espaces maritimes, d’une expertise scientifique reconnue et d’une industrie halieutique performante. L’Islande réunit précisément ces trois caractéristiques.

La mer pousse l’Islande à préserver son autonomie ; la géopolitique peut la pousser vers l’UE. Contrairement à la Norvège, l’Islande ne dispose pas de la même profondeur financière et énergétique pour absorber les chocs d’un environnement international plus incertain. Dans un monde où les rapports de force reviennent au premier plan, la petite taille démographique peut redevenir une vulnérabilité. La campagne référendaire conduit naturellement les Islandais à s’interroger sur ce que l’UE pourrait leur apporter : sécurité, influence politique, stabilité économique ou perspective d’intégration monétaire. La dynamique géopolitique en Arctique pousse au rapprochement avec l’UE. Mais la souveraineté halieutique les invite à la prudence. Mais il convient de poser aussi la question de ce que gagnerait l’UE avec l’Islande. Dans cette perspective, le sujet halieutique, avec ses composantes spatio-maritimes et économico-alimentaires, est inévitable.

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Mütter haben in der Pandemie wegen Schulschließungen weniger gearbeitet, Väter mehr

Studie untersucht Folgen von Schulschließungen auf Arbeitsangebot berufstätiger Eltern – Vor allem Mütter von Grundschulkindern schränkten ihre Beschäftigung ein, Väter weiteten sie aus – Betreuungskluft zwischen Müttern und Vätern mit mehr Flexibilität und besserer Kinderbetreuung verringern Die ...

Les défis géopolitiques de la rentrée

IRIS - Tue, 25/08/2026 - 17:10

Iran, Chine, Canada, CPI, Ukraine, Gaza, climat… Pour cette rentrée, les fronts géopolitiques se multiplient et Donald Trump se retrouve, une nouvelle fois, au centre de la plupart d’entre eux. Sa stratégie de guerre économique totale contre l’Iran peut-elle fonctionner face à la Chine ? Le Canada ouvre-t-il la voie à une résistance plus ferme aux exigences américaines ? Jusqu’où ira l’offensive de Washington contre la Cour pénale internationale ? Et que reste-t-il des promesses de Donald Trump de mettre fin aux guerres en Ukraine et à Gaza ? Mon analyse de cette rentrée géopolitique.

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Wie nordkoreanische ITler deutsche Firmen unterwandern und ausspionierte Finanzdaten in Liechtenstein

SWP - Tue, 25/08/2026 - 15:00
Das Auswärtige Amt warnt vor IT-Kräften aus Nordkorea. Denn das Land schleust gezielt als Freelancer getarnte IT-Spezialist:innen in westliche Unternehmen um diese auszuspionieren, zu erpressen – und gleichzeitig die Nuklearkasse von Kim Jong-un zu finanzieren. Wir klären die Fragen, wie die IT-Kräfte überhaupt an die Jobs kommen, wie das bitterarme Land es schafft, so gute ITler auszubilden und was Beleidigungen gegen Kim Jong-un mit dem Thema zu tun haben.

Claudia Kemfert: „Eine Grundgesetzänderung für Klimaanpassung ist überfällig“

Die SPD fordert, Klimaanpassung und Hitzeschutz im Grundgesetz zu verankern. Claudia Kemfert, Leiterin der Abteilung Energie, Verkehr, Umwelt im Deutschen Institut für Wirtschaftsforschung (DIW Berlin) ordnet den Vorstoß folgendermaßen ein:

Die Grundgesetzänderung für Klimaanpassung ist überfällig. Klimaanpassung ist keine freiwillige Schönwetteraufgabe, sondern elementare Daseinsvorsorge. Hitzewellen, Dürren, Starkregen und Hochwasser verursachen schon heute enorme gesundheitliche und wirtschaftliche Schäden, und die Kommunen stehen dabei an vorderster Front. 

Deshalb brauchen wir endlich eine verlässliche gemeinsame Finanzierung von Bund und Ländern. Einzelne Förderprogramme und kurzfristige Hitzeschutzpakete reichen nicht. Klimaanpassung braucht Planungssicherheit: für mehr Stadtgrün und Verschattung, Entsiegelung, Wassermanagement, Hochwasserschutz und klimaresiliente Infrastruktur.

Wer heute bei der Vorsorge spart, zahlt morgen ein Vielfaches für die Schäden. Und klar ist auch: Anpassung ersetzt keinen Klimaschutz. Je stärker die Erderwärmung voranschreitet, desto schwieriger und teurer wird jede Anpassung. Wir brauchen deshalb beides: konsequenten Klimaschutz und eine dauerhaft finanzierte Klimaanpassung.


The future Global Development Agenda will have to be shouldered by Middle Powers

Niels Keijzer, Hyeyoung Woo & Jee Hee Yoon outline the potential ways middle powers may best organise to shoulder the global development agenda and the (quasi-) multilateral institutions could support them in this regard?

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