The acquisition of Greenland has repeatedly been a topic of discussion within US government circles since the 19th century. That is because of the island’s strategic location and its resources. In the summer of 2019, US President Donald Trump made his first bid to purchase Greenland from the Kingdom of Denmark. Since then, he has declared ownership and control of Greenland to be an “absolute necessity” for US national security. For their part, the Danish intelligence services have responded by identifying the United States – for the first time ever – as a potential threat to the security of the Kingdom since Washington is no longer ruling out the use of military force even against allies. But is Trump really concerned about security or simply acquiring what he sees as the world’s largest possible real-estate asset? How should his bid for Greenland be assessed? And what are the implications and policy options for Europe?
Tout d’abord, prenons acte que l’état du monde a changé radicalement depuis le début de ce millénaire et qu’il n’y aura vraisemblablement pas de retour en arrière, en particulier pour ce qui est de la relation transatlantique. Certes, nombreux sont les leaders européens qui espèrent encore que la présidence de Donald Trump ne soit qu’un mauvais moment à passer. Ils sont dans le déni de la fin d’une relation si longue et si profitable pour tous. Pourtant force est d’admettre que le « pivot vers l’Asie », l’isolationnisme ou la mise à l’écart du droit international ne datent pas de 2025. Gardons les yeux grands ouverts !
Deuxième constat : l’Union est dans l’incapacité de tirer profit de ses atouts tels la taille de sa population ou la force de son économie. Cela parce qu’elle n’a pas su ou pas voulu parachever sa construction dans le domaine économique et encore moins s’intégrer dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. Il n’y a en effet aucune raison que 360 millions d’Américains protègent 500 millions d’Européens contre 130 millions de Russes. De même il n’y a aucune raison que les entreprises européennes les plus innovantes soient contraintes de se financer sur les marchés financiers d’Outre atlantique alors même que les Européens financent la plus grande part de leur déficit abyssal.
Troisième constat, parce qu’elle est faible, l’Union est attaquée. Elle est devenue une proie géopolitique, tenue à l’écart de la marche du monde : l’Ukraine, Gaza, le Venezuela, l’Iran. Vladimir Poutine lui a déclaré une guerre hybride depuis 2007 et Donald Trump se comporte en parrain mafieux exigeant paiement contre protection. Ils ont en commun la détestation de l’Union en tant qu’entité politique et soutiennent activement tous les partis politiques européens qui cherchent sa désintégration. Xi Jinping est plus habile mais pas moins redoutable.
On peut donc répondre à la première question : qu’est-ce que l’Union sur le grand échiquier ? Pour l’instant, elle n’est qu’un pion que les grandes puissances déplacent à leur guise. Elle reste, selon la formule consacrée, un géant économique, un nain politique et un vermisseau militaire.
Qu’est-ce que l’Union a accompli pour pallier ses faiblesses et contrer les attaques dont elle fait l’objet ?Commençons par l’économie et le commerce. Face aux sanctions extraterritoriales qui ont touché les grandes entreprises européennes, depuis 2014 et encore tout récemment, l’Union n’a rien fait. Face à l’espionnage américain des grandes entreprises voire des chefs d’État et de gouvernement, elle n’a pas réagi. Face à la trahison anglo-américaine dans l’affaire des sous-marins australiens (AUKUS), rien non plus. Personne n’aurait donc dû être surpris qu’elle ne fasse pas grand-chose lorsque Donald Trump l’a menacé d’une augmentation drastique des droits de douane. Et que fera-t-elle si elle doit entrer en guerre ouverte avec les géants de la tech américaine pour faire respecter les lois qu’elle a elle-même votées ?
S’agissant de la défense et de la sécurité, le tableau est plus contrasté. Depuis 2014, et l’invasion de la Crimée par la Russie, les instances européennes ont été les premières à réagir afin d’inciter les États membres à coopérer davantage. Ce sont les nombreuses initiatives prises par Jean-Claude Juncker et poursuivies par Ursula von der Leyen afin d’inciter les États membres à consolider la demande par des achats conjoints d’armement.
Mais, si l’Union européenne s’est reconnue, sur le tard, une modeste compétence en matière d’industrie de défense, elle ne dispose d’aucune compétence en matière de forces armées. Il a du reste fallu l’électrochoc de l’invasion de l’Ukraine en février 2022 et plus encore des palinodies de Donald Trump dans la guerre en Ukraine pour que les États membres prennent la mesure des dangers qui les guettent.
Du côté des points positifs, les dirigeants européens semblent avoir compris que la guerre en Ukraine est aussi la leur et que la meilleure façon de contrer les tentations hégémoniques russes est d’aider l’Ukraine. Ils semblent également avoir compris qu’il est critique de s’émanciper des États-Unis (et des autres États) non seulement dans la défense, mais dans tous les secteurs critiques qui forgent nos dépendances, afin de gagner une « souveraineté européenne » : armement, monnaie et marchés financiers, l’espace et son accès, communications, technologies numériques, systèmes de paiement, l’énergie et les matières premières…
Du côté des points négatifs, les Européens ont accepté d’augmenter leurs dépenses de défense. Mais cette augmentation, dans le seul but de complaire à Donald Trump, ne signifie pas nécessairement une plus grande efficacité militaire. En effet, l’augmentation des dépenses, dispersée sur chacun des États européens, ne produira que des effets militaires limités. Sans garantie nucléaire, qu’elle soit américaine ou française, sans les catalyseurs stratégiques tels que les satellites, la fusion du renseignement, les centres de commandement et de contrôle, ou les stocks de munitions adéquats, que valent vraiment les armées européennes face à une armée russe capable de perdre un million d’hommes pour achever ses objectifs ?
À quoi aspire vraiment l’Union européenne ?À la suite des guerres de Yougoslavie où ils avaient été incapables de stopper un génocide à « deux heures d’avion de Paris » sans l’aide des Américains, les gouvernements britanniques et français avaient apporté une réponse convaincante à cette question le 4 décembre 1998, à Saint-Malo. Cette réponse est : « l’Union européenne doit être en mesure de jouer tout son rôle sur la scène internationale ». Admirons au passage la concision du propos. Quel doit être ce rôle ? On ne peut le définir à l’avance mais il consiste au minimum à défendre ses intérêts propres.
Comment y arriver ? Là encore la déclaration de Saint-Malo est d’un grand secours : « dans cet objectif (jouer tout son rôle sur la scène internationale) l’Union européenne doit avoir une capacité autonome d’action, reposant sur des forces militaires crédibles, les moyens de décider de leur emploi et la volonté de le faire, afin de répondre aux crises internationales ». L’équation de la défense européenne, et plus largement de sa politique étrangère, peut ainsi être résumée sous la forme d’une multiplication : défense et politique étrangère européennes = volonté politique x aptitude à décider x capacité d’action. Si l’un de ces éléments est nul, l’ensemble le devient à son tour.
On peut du reste voir dans l’un des derniers documents du commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius la reprise de ce triptyque : « notre état de préparation en matière de défense repose sur trois piliers fondamentaux. Si l’un de ces trois piliers venait à s’effondrer, c’est tout notre état de préparation en matière de défense qui s’effondrerait. Et le développement de chaque pilier soulève ses propres questions : le pilier de la préparation matérielle de la défense (la capacité autonome d’action) ; le pilier de la préparation institutionnelle de la défense (l’aptitude à décider) ; le pilier de la préparation politique à la défense (la volonté politique) ».
En conclusion, et pour parodier la célèbre formule de l’abbé Sieyès (qu’est-ce que le Tiers État ?) : qu’est-ce que l’Union européenne pour nous : tout. Que représente-t-elle sur la scène internationale ? Rien. À quoi aspire-t-elle ? À devenir « quelque chose ». Pour cela, les États membres doivent avant tout résoudre la question de leur intégration politique. Et pour y arriver, ils doivent le vouloir vraiment que ce soit dans le cadre des traités européens si possible, en dehors plus probablement. Au fond, c’est toujours la même histoire : United we stand, Divided we fall.
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Le Vietnam dispose d’un territoire exigu et escarpé stratégiquement situé en Asie du Sud-Est, au carrefour de différentes influences. En découle une histoire dense, marquée par la domination chinoise, puis française, avant que le pays ne devienne l’un des points chauds de la guerre froide et de l’affrontements entre forces communistes et occidentales.
Depuis, le régime vietnamien s’est engagé dans une politique de renouveau qui a permis l’ouverture de l’économie vietnamienne au monde et un développement rapide du niveau de vie, parallèlement à une importante croissance démographique. Le parti-État est désormais confronté à de multiples défis. Le vieillissement de la population le pousse à repenser son modèle de développement. Il s’agit de transformer son économie pour poursuivre sa montée en puissance économique et commerciale. Parallèlement, le Viêtnam doit faire face aux risques climatiques qui pèsent sur son agriculture, un secteur économique central.
L’émergence du pays se traduit également d’un point de vue stratégique et diplomatique. Membre actif de l’ASEAN, le Viêtnam est également au cœur des rivalités sino-américaines en Asie Pacifique. Hanoï doit naviguer entre son imposant voisin, aux revendications territoriales contradictoires aux siennes en mer de Chine, son principal fournisseur et Washington, principale destination de ses exportations, qui cherche à se rapprocher d’Hanoï dans sa rivalité avec Pékin. Face à cela, le Viêtnam développe la «diplomatie du bambou» et cherche à diversifier ses partenaires à l’échelle régionale et internationale pour réduire sa dépendance à l’égard des deux superpuissances.
Comment l’histoire du Viêtnam a-t-elle façonné sa géopolitique contemporaine ? À quels défis Hanoï fait-elle face pour préserver sa croissance économique ? Quel est son rôle sur les scènes régionale et internationale ?
Retour dans cette vidéo en cartes, photos et infographies sur le Viêtnam, émergent incontournable.
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Progress on SDG 6 — ensuring availability and sustainable management of water and sanitation for all — remains critically off-track. With none of its eight targets on course to be met by 2030, this commentary argues that the shortfall reflects not merely implementation failures, but a deeper conceptual problem: water governance frameworks rely on a homogeneous, techno-centric understanding of water that ignores its multiple social, cultural, political, and ecological dimensions. We introduce the concept of "waterS" (plural, capitalised) to foreground this multiplicity. Drawing on the Spanish aguas, the term captures the diverse forms, values, and meanings water holds across different communities and contexts — from a measurable substance (H₂O) to a spiritual entity, a living being, or the foundation of social and hydrosocial relations. This stands in contrast to SDG 6's universalist framing, rooted in Western modernist traditions, which reduces water governance to engineering, hygiene, and risk management. Through empirical examples — from peri-urban water use in India, desalination conflicts in Antofagasta, Chile, and infrastructure-led rural water projects in Telangana, India — we demonstrate how standardised technical approaches perpetuate inequities in access, marginalise Indigenous and local governance systems, and reproduce power imbalances in participation and decision-making. We further critique the commodification of water, the limits of market-based governance, and the inadequacy of current monitoring frameworks that rely on aggregate national data while overlooking lived local realities. Looking ahead to the post-2030 agenda and the 2026 UN Water Conference, we propose a paradigm shift toward power-sensitive, pluralistic governance frameworks. Key recommendations include community-led participatory planning, legal recognition of customary water rights, equity-based financial models, citizen-science data collection, and rights-based approaches that centre marginalized groups — especially women, youth, and Indigenous Peoples — in water decision-making.
Progress on SDG 6 — ensuring availability and sustainable management of water and sanitation for all — remains critically off-track. With none of its eight targets on course to be met by 2030, this commentary argues that the shortfall reflects not merely implementation failures, but a deeper conceptual problem: water governance frameworks rely on a homogeneous, techno-centric understanding of water that ignores its multiple social, cultural, political, and ecological dimensions. We introduce the concept of "waterS" (plural, capitalised) to foreground this multiplicity. Drawing on the Spanish aguas, the term captures the diverse forms, values, and meanings water holds across different communities and contexts — from a measurable substance (H₂O) to a spiritual entity, a living being, or the foundation of social and hydrosocial relations. This stands in contrast to SDG 6's universalist framing, rooted in Western modernist traditions, which reduces water governance to engineering, hygiene, and risk management. Through empirical examples — from peri-urban water use in India, desalination conflicts in Antofagasta, Chile, and infrastructure-led rural water projects in Telangana, India — we demonstrate how standardised technical approaches perpetuate inequities in access, marginalise Indigenous and local governance systems, and reproduce power imbalances in participation and decision-making. We further critique the commodification of water, the limits of market-based governance, and the inadequacy of current monitoring frameworks that rely on aggregate national data while overlooking lived local realities. Looking ahead to the post-2030 agenda and the 2026 UN Water Conference, we propose a paradigm shift toward power-sensitive, pluralistic governance frameworks. Key recommendations include community-led participatory planning, legal recognition of customary water rights, equity-based financial models, citizen-science data collection, and rights-based approaches that centre marginalized groups — especially women, youth, and Indigenous Peoples — in water decision-making.
Progress on SDG 6 — ensuring availability and sustainable management of water and sanitation for all — remains critically off-track. With none of its eight targets on course to be met by 2030, this commentary argues that the shortfall reflects not merely implementation failures, but a deeper conceptual problem: water governance frameworks rely on a homogeneous, techno-centric understanding of water that ignores its multiple social, cultural, political, and ecological dimensions. We introduce the concept of "waterS" (plural, capitalised) to foreground this multiplicity. Drawing on the Spanish aguas, the term captures the diverse forms, values, and meanings water holds across different communities and contexts — from a measurable substance (H₂O) to a spiritual entity, a living being, or the foundation of social and hydrosocial relations. This stands in contrast to SDG 6's universalist framing, rooted in Western modernist traditions, which reduces water governance to engineering, hygiene, and risk management. Through empirical examples — from peri-urban water use in India, desalination conflicts in Antofagasta, Chile, and infrastructure-led rural water projects in Telangana, India — we demonstrate how standardised technical approaches perpetuate inequities in access, marginalise Indigenous and local governance systems, and reproduce power imbalances in participation and decision-making. We further critique the commodification of water, the limits of market-based governance, and the inadequacy of current monitoring frameworks that rely on aggregate national data while overlooking lived local realities. Looking ahead to the post-2030 agenda and the 2026 UN Water Conference, we propose a paradigm shift toward power-sensitive, pluralistic governance frameworks. Key recommendations include community-led participatory planning, legal recognition of customary water rights, equity-based financial models, citizen-science data collection, and rights-based approaches that centre marginalized groups — especially women, youth, and Indigenous Peoples — in water decision-making.
Applauded for its eloquence and timeliness, Carney’s speech at Davos may be bookmarked as a defining moment that marks the end of the liberal world order as we know it and signals a new global order looming on the horizon, with stronger emphasis on “value-based realism.” I disagree with pessimistic accounts that dismiss such a foreign policy, that is both principled and pragmatic, as a contradiction. My research shows that transparent communication of strategic interests may pay off in the Global South countries and increase trust in the West again. Also, accounts that underestimate the leading role middle powers can play in establishing a new global order are missing the mark. It was, after all, not just the US hegemony, but middle powers like Canada that helped build the liberal institutional order brick by brick.
Applauded for its eloquence and timeliness, Carney’s speech at Davos may be bookmarked as a defining moment that marks the end of the liberal world order as we know it and signals a new global order looming on the horizon, with stronger emphasis on “value-based realism.” I disagree with pessimistic accounts that dismiss such a foreign policy, that is both principled and pragmatic, as a contradiction. My research shows that transparent communication of strategic interests may pay off in the Global South countries and increase trust in the West again. Also, accounts that underestimate the leading role middle powers can play in establishing a new global order are missing the mark. It was, after all, not just the US hegemony, but middle powers like Canada that helped build the liberal institutional order brick by brick.
Applauded for its eloquence and timeliness, Carney’s speech at Davos may be bookmarked as a defining moment that marks the end of the liberal world order as we know it and signals a new global order looming on the horizon, with stronger emphasis on “value-based realism.” I disagree with pessimistic accounts that dismiss such a foreign policy, that is both principled and pragmatic, as a contradiction. My research shows that transparent communication of strategic interests may pay off in the Global South countries and increase trust in the West again. Also, accounts that underestimate the leading role middle powers can play in establishing a new global order are missing the mark. It was, after all, not just the US hegemony, but middle powers like Canada that helped build the liberal institutional order brick by brick.