Les acteurs des régions de Bankui et du Sourou se sont réunis, le jeudi 26 février 2026 à Dédougou, pour un atelier consacré à la validation du plan régional de renforcement des capacités des délégations spéciales des deux régions, entrant dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d'appui au développement humain et aux services sociaux de base (PASS) et du Programme de résilience économique et système agro-alimentaire (PRESA) dans le « triangle » Ouagadougou–Koudougou–Dédougou–Bobo-Dioulasso (OKDB).
Présidée par le gouverneur des régions de Bankui et du Sourou, Babo Pierre Bassinga, la rencontre a eu pour objectif de doter les collectivités locales d'un cadre stratégique permettant un meilleur pilotage des interventions et un suivi plus efficace des activités dans les 47 communes concernées.
Au cours des travaux, les participants issus des administrations déconcentrées, des délégations spéciales, des forces de défense et de sécurité, des opérateurs du programme et de l'assistance technique ont examiné le rapport provisoire du plan de renforcement des capacités. Ils ont, par la suite, formulé des amendements et des observations avant de procéder à la validation du document.
Le gouverneur Babo Pierre Bassinga a salué la disponibilité de l'UE à accompagner le gouvernement burkinabè dans la mise en œuvre de ses programmes de développement.Financés par l'Union européenne, le Programme d'appui au développement humain et aux services sociaux de base (PASS) et le Programme de résilience économique et système agro-alimentaire (PRESA) visent à renforcer la gouvernance locale, stabiliser le pays et soutenir les communautés affectées par la crise sécuritaire et humanitaire.
L'atelier, organisé à Dédougou, a réuni des acteurs de diverses couches socioprofessionnelles dont les collectivités locales des régions de Bankui et du Sourou.Pour le chef de coopération de l'Union européenne (UE) au Burkina Faso, Marc Duponcel, « cet atelier constitue un cadre essentiel de dialogue. Il offre aux autorités locales les moyens d'exercer pleinement leur mandat, de superviser les activités et d'identifier les priorités socioéconomiques de leurs communes. »
Le gouverneur des régions de Bankui et du Sourou, Babo Pierre Bassinga, a salué le partenariat entre l'État burkinabè et l'UE, soulignant l'importance d'un outil stratégique capable d'orienter efficacement les partenaires techniques et financiers.
Dans les zones d'intervention, les actions ciblent prioritairement les femmes, les jeunes, les personnes déplacées internes retournées et les populations hôtes. Les secteurs clés incluent l'agriculture et les chaînes de valeur agricoles, l'éducation, la santé, l'eau potable, l'assainissement et la gouvernance locale.
Avec la validation de ce plan, les deux régions disposent désormais d'un cadre structurant pour renforcer durablement les capacités de leurs collectivités locales et consolider l'impact des programmes OKDB sur le terrain.
Alphonse Dakuyo
Lefaso.net
Les campus de Ouagadougou et de Kamboinsin de l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) ont vécu une effervescence peu ordinaire. Près de 900 élèves et encadreurs, venus de neuf établissements secondaires de la capitale et de ses environs, ont investi les lieux pour une immersion grandeur nature dans l'univers de l'ingénierie. Cette visite se tient dans le cadre de la journée portes ouvertes initiée par l'institut 2iE, le samedi 28 février 2026.
Dès les premières heures, les groupes d'élèves avec beaucoup de curiosité se sont succédé dans les amphithéâtres, les laboratoires et les plateformes techniques. Ils sont allés à la découverte des infrastructures pédagogiques, des démonstrations scientifiques et des échanges directs avec enseignants-chercheurs et étudiants.
Dans les laboratoires, les visiteurs ont prêté une oreille attentive aux explications des enseignants sur les analyses liées à la gestion de l'eau, aux matériaux de construction durables ou encore aux énergies renouvelables. En plus du Centre de langues, les plateformes techniques parcourues sont, entre autres, le Laboratoire de fabrication (FABLAB), le mini-réseau électrique, le laboratoire électrotechnique, la plateforme PADIEA. À cela s'ajoutent le Laboratoire eco-matériaux et habitats durables (LEMHaD), le Laboratoire agro pédologie, le Laboratoire microbiologie et le Laboratoire physico-chimie. Pour beaucoup, ces découvertes ont donné un visage concret à des notions jusque-là abstraites. L'ingénierie n'était plus un concept lointain, mais une réalité tangible, manipulable, accessible.
« Tout ce qui est analyse physicochimique de l'eau est réalisé ici. C'est l'occasion de montrer aux élèves les capacités pédagogiques que nous offrons pour leur formation », Yacouba Konaté, enseignant-chercheur à l'Institut 2iE, responsable du labo LEHSAÉchanges directs avec les acteurs de l'excellence
La journée portes ouvertes ne s'est pas limitée à une simple visite guidée. La direction générale, le personnel administratif et le corps professoral se sont mobilisés pour répondre aux interrogations des élèves. Les conditions d'admission, filières disponibles, débouchés professionnels, possibilités de mobilité internationale ont été au menu des échanges.
Les échanges ont également porté sur l'employabilité et les perspectives de carrière. Les élèves ont découvert que la formation à 2iE repose sur une approche par compétences, en lien étroit avec les entreprises. Des dispositifs comme le « Cercle des DRH » ou les « Entretiens RH 2iE » permettent aux étudiants de se confronter aux réalités du marché du travail à travers des simulations d'entretiens basées sur des offres réelles.
« Je voudrais bien savoir quelles sont les possibilités de développement des énergies renouvelables pour mon pays », Jimna Nzaou, élève en terminale DParmi les visages illuminés par la découverte, celui de Jimna Nzaou, élève en terminale D, traduisait une fascination sincère. Au fil de la visite des laboratoires et des plateformes techniques, la jeune lycéenne s'est dite impressionnée par les démonstrations autour des énergies renouvelables et des systèmes électriques intelligents. Devant les installations du Laboratoire énergies renouvelables et efficacité énergétique (LaBEREE), elle a confié avoir trouvé sa voie.
« J'ai beaucoup aimé les laboratoires. Ils sont spacieux et bien équipés », a-t-elle confié avec enthousiasme. Désormais déterminée, Jimna ambitionne, après l'obtention de son baccalauréat, d'intégrer la filière Génie électrique et énergétique à l'institut international 2iE, convaincue que cette spécialité lui permettra de contribuer, à son échelle, au développement énergétique durable de son pays.
« Avec tous les équipements et les compétences dont dispose l'Institut 2iE, j'estime avec conviction que les élèves n'ont nullement besoin d'aller poursuivre les études universitaires à l'étranger », Mamadou Ouédraogo, encadreur dans une école de la placeUne offre académique tournée vers les défis africains
Après cette immersion pratique, les visiteurs ont pu mieux saisir l'ampleur de l'offre de formation de 2iE. Structurée selon le système Licence-Master-Doctorat avec deux rentrées académiques par an (septembre et février), elle couvre des domaines stratégiques. Ces domaines sont notamment le Génie de l'eau, assainissement et aménagements hydro-agricoles, le Génie civil, bâtiments et travaux publics, le Génie électrique et énergétique, l'informatique, intelligence artificielle et applications.
L'institut délivre des diplômes d'ingénieur (Bac+5), des bachelors en ingénierie (Bac+3), propose des classes préparatoires aux grandes écoles et une formation doctorale internationale. Il développe également le Centrale-2iE African Bachelor of Engineering en partenariat avec Centrale Casablanca.
« La reconnaissance de sa formation liée aux accréditations internationales en Afrique et dans l'espace européen, son corps enseignant de classe mondiale, sont des avantages offerts par 2iE », Pr Mahamadou Koïta, directeur des études et des affaires académiquesPour le Pr Mahamadou Koïta, directeur des études et des affaires académiques, la richesse de 2iE réside aussi dans son environnement multiculturel et son ouverture internationale. Selon lui, l'étudiant qui intègre l'Institut international 2iE a la possibilité de débuter son cursus au Burkina Faso, puis d'effectuer des mobilités académiques dans des établissements partenaires à l'étranger.
Une opportunité stratégique qui lui permet d'acquérir non seulement la rigueur et l'expertise propres à l'ingénieur formé à 2iE, mais aussi d'enrichir son profil par d'autres approches pédagogiques, d'autres cultures scientifiques et d'autres méthodes de travail. « Cette double opportunité renforce la capacité d'adaptation et l'employabilité de nos diplômés », a-t-il souligné, mettant en avant une formation pensée pour produire des ingénieurs compétents, ouverts sur le monde et aptes à évoluer dans des environnements professionnels diversifiés.
La visite de quelques laboratoires de 2iEUne reconnaissance internationale gage de crédibilité
Les diplômes d'ingénieurs de 2iE sont accrédités en Afrique par le Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES) et en Europe par la Commission des titres d'ingénieur (CTI), offrant aux diplômés des perspectives professionnelles en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord.
Depuis 2024, l'institution bénéficie également d'une accréditation institutionnelle du Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES), confirmant la qualité de sa gouvernance et de ses activités de formation et de recherche. Centre d'excellence reconnu par la Banque mondiale, l'UEMOA, la CEDEAO et le NEPAD, 2iE s'appuie sur un réseau de plus de 100 partenariats académiques et industriels à l'international.
Bourses et inclusion, l'excellence accessible
Au-delà de la qualité académique, 2iE met un point d'honneur à favoriser l'inclusion. L'institut subventionne 20 % des frais de scolarité des dix premières filles inscrites au premier semestre et 40 % des frais des cinq premiers inscrits ayant obtenu une mention Bien ou plus au baccalauréat.
Le Centre de langues et le Centre d'incubation et d'entrepreneuriat visitésEn collaboration avec la Fondation Mastercard, le programme « FILE IN AFRICA à 2iE » accorde 165 bourses complètes à des jeunes issus de milieux défavorisés d'Afrique subsaharienne, notamment des jeunes filles, des personnes vivant avec un handicap, des réfugiés et des déplacés internes. Des organisations internationales telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), soutiennent également des bourses d'excellence pour des études à 2iE.
Une vocation révélée
Pour les élèves du lycée scientifique, du Prytanée militaire du Kadiogo, du lycée Saint-Joseph de Saaba, du lycée Gabriel Taborin, du groupe scolaire Saint-Viateur, du complexe scolaire Sainte-Famille, du lycée de l'Alliance chrétienne, du juvenat garçon Saint-Camille et de l'École internationale de l'Amitié, cette journée restera sans doute un moment décisif.
En franchissant les portes de l'Institut 2iE, ces élèves n'ont pas seulement visité une grande école ; ils ont découvert un champ des possibles. Entre laboratoires, échanges avec les enseignants et témoignages d'étudiants, ils ont perçu concrètement comment la science, l'innovation et l'engagement peuvent devenir des leviers puissants pour répondre aux défis énergétiques, environnementaux et infrastructurels de l'Afrique. En ouvrant ses campus, 2iE a ainsi réaffirmé une conviction essentielle : celle que l'ingénierie africaine ne relève pas du rêve abstrait, elle se façonne par la formation, la recherche et l'audace.
Hamed Nanéma
Crédit photos : Bonaventure Paré
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Le Commissariat central de police de Ouagadougou a démantelé deux réseaux de délinquants spécialisés dans les vols à main armée, le faux et usage de faux en écriture publique, la contrefaçon de sceaux de l'État et le blanchiment de capitaux dans la capitale burkinabè. L'annonce a été faite ce lundi 2 mars 2026, par la Police nationale depuis sa page Facebook. Cette opération de démantèlement s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la criminalité urbaine sous toutes ses formes, menée par la Police nationale du Burkina Faso.
Le premier groupe, composé majoritairement d'individus de nationalité étrangère, opérait selon un mode structuré. Deux guetteurs s'introduisaient dans des institutions financières afin d'identifier les clients effectuant des retraits ou versements de fortes sommes. Les informations étaient transmises à des binômes motorisés positionnés à proximité. Armés de pistolets automatiques et de fusils d'épaule, ces derniers suivaient les victimes jusqu'à un lieu propice, ouvraient le feu pour les neutraliser ou les intimider, puis les dépouillaient de leurs numéraires. Le butin était ensuite partagé entre les membres, qui planifiaient leurs opérations sous l'appellation « Money-Day ». Ce gang est impliqué dans plusieurs décès et un préjudice financier estimé à près de 216 562 500 francs CFA.
Le second réseau, constitué en majorité d'acteurs du domaine du transit, proposait à des clients l'obtention rapide d'autorisations spéciales d'exportation de produits de rente dans le cadre des activités du Comptoir burkinabè des filières. Moyennant des sommes comprises entre 250 000 et 350 000 francs CFA. Les membres produisaient de faux documents scannés, revêtus d'une fausse signature et de cachets contrefaits, notamment ceux du directeur du Guichet unique du commerce, ainsi que de faux cachets des Directions générales des impôts et des Douanes. Le préjudice causé par ces fausses autorisations est estimé à plusieurs millions de francs CFA.
Grâce à la collaboration des populations et des responsables de sécurité des institutions financières, les enquêteurs ont saisi, lors du démantèlement, deux véhicules, des motocyclettes, divers appareils et du numéraire. La Police nationale a salué cette franche collaboration et a invité les citoyens à maintenir la vigilance et à dénoncer tout cas suspect aux numéros verts 17, 16 et 1010, réaffirmant son engagement en tant que force publique au service des citoyens.
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Source : Police nationale
L'ambassadeur du Burkina Faso à Addis-Abeba, représentant permanent auprès de l'Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), Elysé Ouédraogo, a présenté ses lettres d'accréditation au secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete. C'était le mercredi 25 février 2026, à Addis-Abeba. Cette cérémonie officielle, au-delà des formalités protocolaires, a servi de cadre pour passer en revue l'état de la coopération entre le Burkina Faso et la Commission économique pour l'Afrique.
Le secrétaire exécutif a rappelé que l'accompagnement de la CEA au Burkina Faso s'opère à travers son Bureau régional basé à Niamey. Cet accompagnement porte notamment sur l'appui à la formulation des politiques publiques fondées sur des données statistiques fiables, la diversification de l'économie, la formation et l'employabilité des jeunes, la promotion du secteur privé ainsi que l'industrialisation. Il a également indiqué que l'institution onusienne prend en compte les projets du nouveau cadre confédéral d'intégration économique de l'AES.
Pour sa part, l'ambassadeur Ouédraogo a transmis au secrétaire exécutif les salutations du président du Faso, ainsi que celles du peuple burkinabè. Il a salué le rôle stratégique de la CEA dans la collecte, le traitement et la diffusion des informations économiques sur l'Afrique, tout en exprimant son engagement à renforcer davantage les relations de coopération existantes. Il a souligné que, malgré la crise sécuritaire, le Burkina Faso poursuit une dynamique de réformes et de restructuration économique, visant à accélérer le développement, redonner espoir aux populations et assécher les bases de recrutement des groupes terroristes.
Au terme des échanges, le secrétaire exécutif de la CEA a salué la vision des autorités burkinabè, notamment l'accent mis sur la formation des jeunes pour lutter contre le chômage, et a relevé les avancées notables enregistrées dans le secteur économique du pays.
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Source : Ministère des Affaires étrangères
En séjour officiel à Bobo-Dioulasso du 23 au 27 février 2026, l'ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, Pieter Smidt Van Gelder, est allé à la rencontre des autorités locales et des bénéficiaires de projets financés par son pays. Cette mission a été marquée, ce vendredi 27 février, par la visite de deux réalisations majeures dans la région du Guiriko, à savoir des biodigesteurs didactiques à l'École nationale de formation agricole (ENAFA) de Matourkou et la centrale solaire de Kodeni.
Le premier site à accueillir la délégation a été l'ENAFA de Matourkou, où le diplomate a pu toucher du doigt les différentes réalisations. Sur ce site, l'ambassadeur et son équipe ont découvert les installations du projet African Biodigester Component (ABC) Sahel, financé par le ministère néerlandais des Affaires étrangères, en collaboration avec RVO et Andev, et mis en œuvre par l'ONG SNV. Ce projet vise à structurer et pérenniser le marché des biodigesteurs au Burkina Faso, tout en renforçant les capacités des acteurs du secteur. Selon Issouf Guel, team lead du projet ABC Sahel à la SNV, l'initiative accompagne, depuis 2022, l'ensemble des intervenants de la chaîne de valeur afin d'améliorer durablement le marché.
Le diplomate néerlandais en visite à l'ENAFA de MatourkouÀ l'ENAFA, le biodigesteur joue un double rôle pédagogique et productif. En collaboration avec la direction générale des productions animales et la direction du développement de la technologie du biodigesteur (DDTB), un cadre pratique a été ainsi mis en place pour former les apprenants aux réalités du terrain, à savoir la maintenance des installations, l'accompagnement des ménages ruraux et la gestion des défis techniques.
L'installation permet également de répondre aux besoins énergétiques de l'école. Le biogaz produit alimente le réfectoire de l'école, facilitant la cuisson quotidienne dans des conditions plus saines pour le personnel, notamment les femmes en charge de la restauration. En outre, le biodigesteur génère du compost, un atout majeur pour cette école à vocation agricole.
« Avec un hectare et cinq tonnes de compost, la terre peut produire pendant trois ans », a expliqué Issouf Guel. Dans un contexte de dégradation des sols, cette alternative apparaît donc comme un levier stratégique pour améliorer la fertilité des terres et aussi promouvoir une agriculture durable. L'ENAFA entend d'ailleurs emblaver l'ensemble de ses superficies grâce au compost issu du biodigesteur. Au-delà du gaz et du fertilisant, le projet offre d'autres retombées, notamment la production d'intrants biologiques capables de lutter contre les ravageurs, contribuant ainsi à des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement.
Selon Issouf Guel, team lead du projet ABC Sahel à la SNV, l'initiative accompagne l'ensemble des intervenants de la chaîne de valeur afin d'améliorer durablement le marchéÀ Kodeni, une centrale solaire de 38 MW au service des ménages
La seconde étape de la visite a conduit la délégation à la centrale solaire de Kodeni, soutenue par la banque néerlandaise de développement FMO. Mise en service depuis trois ans, l'infrastructure affiche une puissance crête installée de 38 mégawatts. Sur un site de 80 hectares, près de 68 000 panneaux solaires captent l'énergie du soleil pour alimenter des milliers de ménages burkinabè via la nationale d'électricité, la SONABEL, principal client de la centrale. Pour l'ambassadeur Pieter Smidt Van Gelder, cette visite était essentielle. « Il est important de voir aussi hors de Ouagadougou les projets que nous soutenons », a-t-il confié, se disant impressionné par l'expertise technique des partenaires burkinabè et par la qualité de l'exploitation du site.
Le diplomate a mis en avant l'importance stratégique du solaire dans le mix énergétique burkinabèLe diplomate a salué ainsi un modèle fondé sur des prêts à taux concessionnels accordés par la FMO, facilitant l'investissement dans les énergies renouvelables. « Il y a beaucoup de soleil ici. « L'énergie renouvelable est l'avenir », a-t-il souligné, mettant aussi en avant l'importance stratégique du solaire dans le mix énergétique burkinabè. Il a également insisté sur la dimension communautaire du projet. Les populations impactées par l'occupation des terres ont été impliquées dès le début et indemnisées, réduisant ainsi les risques de conflits. Des actions sociales ont également été menées en faveur des écoles et des structures sanitaires environnantes.
La seconde étape de la visite a conduit la délégation à la centrale solaire de KodeniUn partenariat public-privé salué
Pour Lassina Sanou, responsable technique d'Africa Ren Burkina, structure porteuse du projet, la visite des autorités néerlandaises est source de satisfaction et de reconnaissance. Il a exprimé sa gratitude à la SONABEL et à l'État burkinabè pour leur confiance, ayant permis la concrétisation du partenariat public-privé. « Si nous avons obtenu le financement, c'est parce que l'État et la SONABEL ont cru au projet », a-t-il affirmé, remerciant également la FMO pour son accompagnement financier. Il a plaidé pour le renforcement de ce type de collaboration afin de développer d'autres infrastructures énergétiques similaires.
Une vue des équipements à la centrale solaire de KodeniSelon lui, la pérennité d'un tel projet repose sur une planification rigoureuse en amont, une anticipation des défis d'exploitation et la mise en place d'équipes compétentes pour assurer la maintenance des équipements. À l'en croire, l'implication des communautés locales demeure également un facteur clé de durabilité. À travers ces deux visites, l'ambassade du Royaume des Pays-Bas entendait valoriser les résultats tangibles de ses interventions au Burkina Faso. Entre promotion de l'agriculture durable via les biodigesteurs et soutien aux énergies renouvelables à grande échelle, la coopération néerlandaise se positionne sur des secteurs structurants pour le développement.
La photo de famille de la délégation de l'ambassade à la centrale solaireLa mission de l'ambassadeur à Bobo-Dioulasso aura ainsi permis de renforcer la visibilité des actions entreprises et de consolider les relations avec les partenaires locaux. Une démarche qui, selon les autorités néerlandaises, s'inscrit dans la volonté de bâtir des partenariats durables, au bénéfice des communautés et du développement du Burkina Faso.
À Kodeni, une centrale solaire de 38 MW au service des ménagesRomuald Dofini
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Les journées de dialogue sur la défense, la sécurité, les finances et la diplomatie se sont refermées ce mercredi 18 février 2026 à Ouagadougou, sous la présidence du ministre d'État chargé de la Guerre et de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé, représentant le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Pendant deux jours, les principaux leviers de la puissance publique ont croisé leurs analyses, confronté leurs visions et posé les bases d'une coordination stratégique appelée à s'inscrire dans la durée. Plus qu'une simple rencontre sectorielle, ces assises ont marqué une volonté politique affirmée, celle d'organiser la souveraineté nationale autour d'une action intégrée et cohérente.
La cérémonie de clôture a d'abord été marquée par un panel de haut niveau réunissant le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, le ministre en charge de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé, et le ministre de l'Économie et des Finances, le Dr Aboubakar Nacanabo. Les échanges ont mis en lumière l'impératif d'une diplomatie de résultats, adossée à une force de défense crédible et soutenue par des ressources financières stratégiquement orientées. Dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances et l'intensification des rapports de force, les intervenants ont insisté sur la nécessité pour le Burkina Faso d'agir avec méthode, anticipation et cohérence.
« Nous réitérons notre ferme soutien au président du Faso, dans ses efforts de reconquête de l'intégrité du territoire national et dans sa politique étrangère de rupture et de réhabilitation de la souveraineté du Burkina Faso », colonel Victor Tankoano, porte-parole des participantsLa lecture d'une motion de soutien au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que la présentation des recommandations issues des travaux, ont ensuite ponctué cette clôture solennelle. Ces recommandations, a assuré le ministre d'État chargé de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé, ne resteront pas lettre morte. Elles feront l'objet d'un examen rigoureux et d'une hiérarchisation méthodique afin d'être traduites en actions concrètes. L'objectif est d'inscrire durablement la concertation stratégique dans les mécanismes de gouvernance, afin d'éviter toute dispersion et de renforcer l'efficacité de l'action publique.
Les recommandations des participants
Présentées par la directrice des organisations internationales au ministère des Affaires étrangères, Inès Bakio, les recommandations issues des premières journées de dialogue traduisent une volonté affichée d'inscrire la concertation stratégique dans la durée. Tenant compte des profondes mutations géopolitiques en Afrique de l'Ouest et au Sahel, ainsi que des orientations fixées par le président du Faso, les participants ont souligné la nécessité d'une synergie accrue entre les acteurs de la défense, de la sécurité, des finances et de la diplomatie. Ils ont ainsi recommandé l'institutionnalisation de ces journées de dialogue afin d'en faire un mécanisme permanent, capable de favoriser une action diplomatique forte, cohérente et assumée dans la défense des intérêts nationaux.
« Nous recommandons l'institutionnalisation de ces journées en vue de favoriser une action diplomatique forte, cohérente et décomplexée », Inès Bakio, directrice des organisations internationales au ministère des Affaires étrangèresLes recommandations insistent également sur le renforcement des capacités et de la coordination opérationnelle. Il est proposé d'instituer un cadre de formation harmonisée au profit des responsables appelés à servir dans les missions diplomatiques et postes consulaires, afin d'assurer une meilleure compréhension des enjeux stratégiques et sécuritaires du pays. Par ailleurs, la mise en place d'un programme de coopération entre les grandes écoles de formation des départements ministériels concernés vise à créer des passerelles durables entre institutions. À travers ces mesures, les participants entendent consolider une diplomatie mieux outillée, structurée et alignée sur les impératifs contemporains de souveraineté et d'efficacité.
Le Burkina Faso choisit de se renforcer
Dans son discours de clôture, le général Célestin Simporé a donné le ton. « Nous ne clôturons pas simplement des travaux, nous refermons une étape pour en ouvrir une autre, plus structurante et plus décisive pour l'avenir de notre Nation », a-t-il affirmé. Revenant sur l'intensité des échanges, il a salué le sens élevé de l'État et la discipline intellectuelle des participants. Pour lui, une conviction s'impose désormais : la défense des intérêts du Burkina Faso doit être intégrée, coordonnée et stratégique. « Dans ce contexte, un État qui agit en silo s'affaiblit. Un État qui coordonne ses forces se renforce. Et le Burkina Faso a choisi de se renforcer », a-t-il martelé.
« Nous avons compris avec clarté, que la géopolitique contemporaine ne laisse aucune place à l'improvisation. Le monde se reconfigure, les alliances se redessinent, les rapports de forces s'intensifient », général Célestin Simporé, ministre d'État chargé de la GuerreUn réflexe de gouvernance
Le ministre d'État a également insisté sur la nécessité d'aligner les différents piliers de la puissance nationale : la défense pour protéger, la sécurité pour stabiliser, les finances pour soutenir et la diplomatie pour projeter. La souveraineté, a-t-il rappelé avec gravité, ne se proclame pas ; elle s'organise, se structure et se défend. Les panels de ces deux jours ont ainsi permis de promouvoir une diplomatie « de combat », une diplomatie de cohérence et de résultats, tournée vers la défense prioritaire des intérêts fondamentaux du Burkina Faso.
Rendant hommage au président du Faso pour son leadership et au Premier ministre pour son appui constant, le général Simporé a salué l'engagement des ministres sectoriels, des responsables du Conseil national de sécurité d'État, du Centre national des études stratégiques et des experts mobilisés depuis plusieurs mois. Selon lui, ces journées ont enclenché une culture nouvelle, celle de la concertation permanente et de l'unité institutionnelle. Une dynamique appelée à devenir un réflexe de gouvernance.
Des participants aux premières Journées de dialogue défense, sécurité, finances et diplomatie initiées par le ministère des Affaires étrangèresEn refermant officiellement les travaux, le ministre d'État a lancé un appel à transformer cette synergie en méthode durable. Car, a-t-il conclu, l'Histoire offre au Burkina Faso une opportunité rare : celle de se renforcer par l'organisation, la discipline et la cohérence stratégique. « Le Burkina Faso survivra. Le Burkina Faso se renforcera. Le Burkina Faso s'imposera. » Un message de détermination qui résonne comme une feuille de route pour l'avenir.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Pour l'année 2026, 200 milliards de francs CFA sont attendus comme prévision pour le Fonds de soutien patriotique (FSP). C'est ce qu'a annoncé le ministre en charge de l'économie, Dr Aboubakar Nacanabo, lors d'une conférence de presse ce mercredi 18 février 2026 à Ouagadougou.
« Grâce au Fonds du soutien patriotique, le Burkina Faso a pu acquérir trois nouveaux hélicoptères », a déclaré le ministre. Cette acquisition, fruit de la mobilisation générale du peuple burkinabè, a été saluée par le grand argentier. Tout en appelant les Burkinabè à garder cet élan de solidarité, il a annoncé que la prévision de 2026 est estimée à 200 milliards de francs CFA.
Selon lui, de 2023, date d'institution de cette initiative, à 2025, près de 500 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour le compte du FSP. Le ministre se dit convaincu de l'atteinte de cet objectif. Il confie que 15 milliards de francs CFA ont été déjà mobilisés à la date du 15 février 2026. « C'est quelque chose de très important et d'inédit. Quand vous regardez ce qu'on appelle l'aide publique au développement, ça ne peut pas atteindre cela. Cela veut dire que nous avons des capacités endogènes qui n'étaient pas suffisamment exploitées. Et aujourd'hui, nous pouvons tous être fiers de dire que le Fonds de soutien patriotique, si ce n'était pas créé, il fallait le faire », a-t-il ajouté.
« Maintenant, les gens ont compris que ce prélèvement, ce n'est pas pour quelqu'un, c'est pour nous tous », Dr Aboubakar NacanaboÀ l'entendre, cette contribution volontaire des populations burkinabè et de la diaspora est un instrument qui permet de montrer leur capacité à faire face aux situations difficiles que « nous rencontrons ».
À l'occasion de la conférence, un film documentaire de 26 mn, intitulé « Reconquête et renaissance du Burkina : le Fonds de soutien patriotique en action », a été diffusé. En plus de Ouagadougou, le ministre de la communication a annoncé la diffusion de ce film suivie d'une conférence dans d'autres régions du pays.
Le ministre de la communication, Gilbert Ouédraogo, a annoncé des conférences dans d'autres régionsLe ministre en charge de l'économie, son homologue de la communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo ; le commandant de la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie, le lieutenant-colonel Mahamady Sawadogo, et le président du comité de gestion du FSP étaient les principaux conférenciers.
Le président du comité de gestion du FSP, Vieux Abdoul Rachid Soulama, a fait la conférence inaugurale de communication sur le FSP. Il a présenté le FSP de 2023-2025 : « Enseignements tirés de la mise en œuvre d'un instrument innovant et souverain de financement participatif de l'État ».
Serge Ika Ki
Lefaso.net
Par une conférence de presse conjointement animée ce mercredi 18 février 2026 à Ouagadougou par le ministre de l'Économie et des Finances, le ministre de la communication, des Arts et du Tourisme, et le commandant de la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie (BVDP), le gouvernement burkinabè a dressé un bilan de l'impact du Fonds de soutien patriotique, lancé en janvier 2023. Un exercice qui affiche de réels motifs de satisfaction et d'encouragements à maintenir le cap.
Cette conférence de presse s'est voulue plus pratique, à travers une projection de film documentaire de 26 minutes sur les réalisations de cet instrument innovant et souverain de financement participatif de l'État, intitulé « Reconquête et renaissance du Burkina Faso : le Fonds de soutien patriotique en action ».
De son lancement en janvier 2023 au 31 décembre 2025, le FSP a mobilisé 496 966 246 105 FCFA, pour une prévision cumulée de 450 000 000 000 FCFA, ce qui correspond à un taux de réalisation de 110,44 %.
Selon le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, ces fonds sont issus des contributions volontaires et des prélèvements. Tout en rappelant la vocation du FSP, le ministre a salué les efforts consentis par les citoyens burkinabè, indiquant que cette démarche-bilan du gouvernement s'inscrit dans un élan de transparence autour de l'utilisation des ressources récoltées. « Un élément important, et nous en étions conscients depuis le début, c'est la nécessité d'assurer la transparence totale ; les gens veulent s'assurer que leurs contributions sont bien utilisées. Ensuite, il fallait réaliser des résultats, et je pense que l'amélioration du taux de reconquête du territoire, l'équipement au profit des Forces de défense et de sécurité (FDS), témoignent du fait que les contributions sont utilisées de façon correcte. On ne le dit pas souvent, on voit des blindés, des armes…, mais grâce au Fonds de soutien patriotique, nous avons acquis des hélicoptères en 2025 (et ça, aucun partenaire n'allait nous donner de l'argent pour acheter des hélicoptères de combat, donc c'est important à noter). En plus des trois hélicoptères, on a acheté des moteurs d'hélicoptères pour pouvoir réveiller des hélicoptères qui ne fonctionnaient pas », a présenté le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo.
De g.vers là d. : Le président du comité de gestion du FSP, Vieux Abdoul Rachid Soulama ; le ministre Nacanabo ; le ministre en charge de la communication, Gilbert Ouédraogo ; le commandant de la BVDP, lieutenant-colonel Mahamady Sawadogo et le coordinateur du service d'information du gouvernement, Jérémi Sié Koulibaly.Des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du FSP ?
« Il n'y a pas beaucoup de difficultés, parce qu'il y a un engouement qui est là. Pour la contribution volontaire, il ne peut pas y avoir de difficultés ; puisque les gens viennent volontairement. Nous, notre rôle, c'est de communiquer et de rassurer les gens que leurs ressources sont bien utilisées, pour les amener à contribuer, et je pense que cela se fait comme on l'entendait. À côté, il y a les prélèvements et cela se passe plutôt bien. Mais, on a l'obligation d'assurer la veille ; parce qu'en matière d'impôts, si on dort sur nos lauriers et qu'on ne fait aucun contrôle, ça ne marchera pas. Notre système fiscal est déclaratif ; les gens viennent déclarer, mais l'administration fiscale a l'obligation d'assurer le contrôle fiscal et nos équipes (la Direction générale des impôts, la Douane) le font régulièrement, pour s'assurer que les entreprises qui sont chargées de collecter et reverser, le font correctement. Si ce n'est pas fait, des redressements fiscaux sont opérés », a poursuivi le ministre, rappelant que toutes les entreprises contribuent à hauteur de 2 % de leur bénéfice.
Cette conférence sera suivie, dès début mars, de sorties dans des régions (Bobo-Dioulasso, Gaoua, Fada, Tenkodogo, Ouahigouya et Dédougou), pour rendre compte aux citoyens burkinabè du travail qui est fait. Aussi, le documentaire « Reconquête et renaissance du Burkina Faso : le Fonds de soutien patriotique en action » fera l'objet d'une large diffusion auprès des populations.
O.L.
Lefaso.net
À l'occasion de la messe du Mercredi des Cendres, marquant l'entrée dans le temps du Carême, l'abbé Charles Ouanga a invité, ce 18 février 2026, les fidèles réunis à la cathédrale Notre Dame de l'Immaculée conception de Ouagadougou, à une démarche sincère de conversion, loin des apparences et des pratiques superficielles.
Dès l'ouverture de la célébration, le célébrant a adressé un message aux chrétiens longtemps absents des messes et qui ont marqué leur retour à l'Église à l'occasion de ce temps de Carême. « On est heureux de vous voir. Les bancs se souviennent de vous. Peut-être venez-vous rarement ici mais Dieu, lui, ne vient jamais rarement vers vous. Que Dieu ravive votre foi », a formulé l'abbé Charles Ouanga.
La cendre, un rappel de la fragilité humaine
Au cœur de son homélie, le prêtre a insisté sur la signification profonde de l'imposition des cendres. « L'imposition n'est pas un maquillage spirituel, encore moins un nouveau produit cosmétique chrétien », a-t-il affirmé. Pour lui, la cendre est un signe qui rappelle que la vie de l'Homme est fragile.
À travers ce rite, l'Église rappelle la condition mortelle de l'homme et l'urgence d'un retour sincère à Dieu. Le Carême, a expliqué l'abbé Charles Ouanga, est présenté comme « le remède de l'Église à notre maladie spirituelle ». Il s'agit de quarante jours offerts pour se rapprocher de Dieu et réorienter sa vie.
Un examen de conscience personnel
Le prêtre a invité chaque fidèle à un questionnement personnel : « De quoi vais-je jeûner ? Quelle habitude vais-je abandonner ? Quelle relation dois-je réparer ? »
Au-delà des privations alimentaires, il a insisté sur la nécessité d'un changement intérieur. « On ne fait pas le carême pour être vu, pour être applaudi. Dieu voit en secret, même sans story Instagram », a-t-il souligné, dénonçant les dérives d'une spiritualité d'apparat.
L'abbé Charles Ouanga a mis en garde contre une pratique réduite à des sacrifices extérieurs. « Le Carême, ce n'est pas arrêter de manger, de boire la bière ou de manger la viande et continuer dans la médisance, la colère, la calomnie et l'orgueil. » Le Carême, a-t-il martelé, n'est pas une compétition : « Il n'y a pas d'Oscar du meilleur jeûneur. »
La comparaison spirituelle et la recherche de reconnaissance sont incompatibles avec l'esprit de pénitence, selon lui. « La charité envers un frère ou une sœur n'a pas besoin de followers », a-t-il ajouté.
Confession plutôt que compensation
L'autre point central de l'homélie a été la nécessité de la confession. « Le Carême appelle à la confession et non à la compensation », a affirmé le prêtre, invitant les fidèles à une démarche de vérité devant Dieu plutôt qu'à des efforts destinés à compenser des manquements sans réelle conversion.
L'abbé Charles Ouanga a également rappelé l'indispensable lien entre jeûne et prière : « Un Carême sans la prière devient une discipline personnelle. Le jeûne sans la prière fatigue le corps mais ne nourrit pas l'âme. »
Le temps quadragésimal n'est donc pas une simple parenthèse spirituelle, mais « un enracinement dans une nouvelle manière de vivre ».
Les fruits attendus du Carême
À la fin de son homélie, le prêtre a proposé un critère d'évaluation simple du carême. « Si, au terme des quarante jours, le fidèle devient « plus humble, plus patient, plus spirituel, plus aimant », alors le Carême aura porté du fruit. »
En rappel, le Mercredi des Cendres ouvre le temps du Carême, qui conduit à Pâques, la fête de la résurrection du Christ. Cette fête sera célébrée le dimanche 5 avril 2026.
HFB
Lefaso.net
Les musulmans du Burkina Faso commencent le ramadan ce jeudi 19 février 2026. Bien plus qu'une simple abstinence alimentaire, le Ramadan est une école de discipline, de pardon, de solidarité et de transformation morale. Dans cette interview, l'imam Moussa Koudougou du Cercle d'étude, de recherche et de formation islamique (CERFI) éclaire sur l'importance de ce mois sacré, les dispositions spirituelles nécessaires pour bien s'y préparer et les comportements à adopter pour en tirer pleinement profit.
Lefaso.net : Quelle est l'importance du mois de Ramadan dans la vie d'un musulman ?
Imam Moussa Koudougou : Le mois de ramadan est important pour le musulman. C'est pendant le mois de ramadan que le musulman exécute le quatrième pilier de l'islam. Pour les savants, celui qui délaisse volontairement ou qui renie le caractère obligatoire du jeûne de ramadan est un athée. Le ramadan est l'occasion pour le musulman de se rapprocher davantage de son créateur Allah par le jeûne, par les prières surérogatoires et les dons et les soutiens multiformes aux créatures d'Allah. C'est l'occasion pour le musulman de se faire pardonner tous les péchés car le ramadan fait pardonner les péchés de ramadan à ramadan prochain. Donc une année entière de péchés pardonnés si le jeûne est accepté.
Comment un fidèle doit-il se préparer spirituellement avant le début du ramadan ?
Dans toute chose, il faut une préparation. Le musulman se met dans la tête que celui qui mérite d'être satisfait, c'est Allah, son créateur, son pourvoyeur. Se prépare à se détacher de ses habitudes alimentaires, de ses QG, des rencontres compromettantes dans le but de rentrer pleinement dans le mois de ramadan parce qu'Allah l'a invité. Cette préparation psychologique intègre la bonne connaissance des interdits pendant le ramadan, être prêt pour les longues prières et écourter le sommeil. Quand un croyant est prêt psychologiquement pour entrer dans le ramadan, rien ne le fait souffrir. Il ne va pas fuir les mosquées ou trouver que les prières sont longues. Il sera content d'y être et sera satisfait de rester longtemps en face de son seigneur dans la prière.
Quels conseils donnez-vous pour entrer dans le ramadan avec un cœur pur et sincère ?
Pour entrer dans le ramadan avec un cœur pur et sincère, il faut se libérer soi-même. Pardonner sincèrement tous ceux qui se sont trompés à ton égard, tous ceux qui t'ont agressé de façon volontaire et involontaire. En ce moment, on rentre dans le ramadan avec un cœur apaisé. Aussi il faut nouer de bonnes relations avec les voisins en installant un climat de confiance et de paix. Avec les parents, il faut se faire pardonner et pardonner aussi. Dans la famille, il faut instaurer un climat de joie.
Le ramadan est-il uniquement un mois de jeûne alimentaire ou aussi un mois de transformation morale et sociale ?
Le ramadan est un mois de jeûne qui consiste à s'abstenir de manger, de boire, d'avoir des rapports sexuels du lever jusqu'au coucher du soleil. Le Prophète (saw) a dit : « Il y a des gens qui ne récoltent de leur jeûne que la faim et la soif. » Il ne suffit pas de s'abstenir de manger et de boire pour que ton jeûne soit accepté. Il faut éviter de colporter des paroles mensongères, de médire sur les gens, de déclencher une bagarre inutile, de punir inutilement même un animal. Quand on prend ces éléments qui conditionnent la validité du jeûne, on voit que le jeûne vise à rendre l'homme meilleur en l'amenant à ne plus agresser physiquement et verbalement son semblable. L'incitation à partager ce qu'on a avec les autres ouvre les cœurs, installe la confiance entre le donneur et le receveur, chose qui contribue au bon vivre-ensemble. L'expérience de la faim permet aux nantis de penser à ceux qui n'ont pas à manger, qui ne peuvent avoir deux repas par jour afin que la solidarité puisse continuer même après ramadan.
Quels comportements faut-il éviter à l'approche du ramadan ?
Le ramadan est un mois particulier. Il y a des choses qui sont permises pendant les autres mois et qui ne le sont pas pendant ramadan. Par exemple manger, boire. Le bon comportement qu'on demande aux musulmans pendant ramadan, est le même en dehors de ramadan. Il ne doit pas mentir, il ne doit pas colporter des paroles et mettre des gens en conflit, il doit apporter assistance. Le Prophète (saw) a dit : « N'est point croyant, celui qui dort ventre plein tandis que son voisin dort ventre affamé. » Il dit encore « n'est point croyant celui dont on redoute la méchanceté », ensuite « le croyant est celui qui aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même ». L'être humain est ce qu'il est. L'application de façon soutenue est souvent difficile, la patience manque et on veut répliquer. Le mois de ramadan est un mois qui efface tous les péchés, donc on se prépare pour entrer dans ramadan dans le but de se faire pardonner tous ses péchés. Le musulman, avant de rentrer dans le mois de ramadan, doit avoir des objectifs et un programme pour éviter l'improvisation. Chaque nuit, je me réveille à quelle heure ? Si je me réveille, je fais quoi ? Quel temps pour chaque chose ? Dans la journée je fais quoi ? Il doit organiser son temps avant de rentrer dans le mois de ramadan. La préparation matérielle pour éviter les ruptures de denrées : La rupture et le repas du matin. Si on a une grande famille, ça nécessite une bonne préparation pour ne pas avoir de ruptures avant la fin du jeûne. Le chef de famille peut supporter, mais psychologiquement les enfants seront atteints.
Interview réalisée par Rama Diallo
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À la suite de la suspension temporaire des activités de transport de la Société de transport Aorèma et frères (STAF), de nombreux voyageurs se tournent vers d'autres compagnies. Dans d'autres gares de Ouagadougou, l'affluence est palpable et les conditions d'embarquement parfois éprouvantes, notamment pour les passagers chargés de bagages.
Dans un communiqué diffusé le 12 février 2026, le ministère en charge de la mobilité a annoncé la suspension temporaire des activités de transport routier de personnes de la Société de transport Aorèma et frères (STAF), à compter du lundi 16 février 2026. En cause : le non-respect récurrent des prescriptions relatives au code de la route et aux limitations de vitesse.
En application de cette décision, l'ensemble des gares de la société ont fermé leurs portes. Si les activités de STAF sont momentanément interrompues, les voyageurs, eux, doivent trouver d'autres solutions pour assurer leurs déplacements, non sans difficultés.
Aminata Sawadogo est obligée d'attendre à cause de ses bagagesIl est 11 heures lorsque notre équipe sillonne, ce mercredi 18 février 2026, plusieurs gares routières de Ouagadougou afin de constater la situation. Sur place, l'affluence est visible. À l'accueil, des passagers patientent, billets en main. D'autres, assis à même leurs bagages, attendent sous un soleil de plomb. Tous nourrissent le même espoir : regagner leur domicile, retrouver leurs proches et reprendre le cours de leurs activités.
Venue à Komsilga pour consulter une guérisseuse, Aminata Sawadogo s'inquiète de ne pas pouvoir rentrer à Ouahigouya. « Je suis venue à la gare depuis hier. J'ai même déjà acheté mon ticket de retour, mais hélas, il n'y a pas de car. Notre retard ici joue aussi sur nos différentes activités », confie-t-elle.
Safoura Sawadogo, commerçante à Gourcy venue se ravitailler à Ouagadougou peine à regagner son domicileHabituée des lieux, elle précise toutefois que sa présence n'est pas liée à la fermeture des gares de STAF, compagnie qu'elle dit ne jamais avoir empruntée. Alors qu'elle explique sa situation, un car fait son entrée dans la cour. Immédiatement, un employé lance à haute voix : « Que ceux qui n'ont pas de bagages approchent ! » Face au volume important de colis transportés par certains voyageurs, les responsables ont décidé de faire embarquer en priorité les passagers non chargés. Les autres sont invités à patienter.
Une nuit à la gare
Dans une autre gare de la capitale, Mahamadou Sawadogo, agriculteur basé en Côte d'Ivoire, affirme s'être tourné vers cette compagnie en raison de la fermeture de STAF. « Je suis venu ici car la gare de STAF est fermée. J'y ai même passé la nuit avec ma famille puisque nous venons de Côte d'Ivoire. C'est ce matin très tôt que nous avons pu acheter nos tickets, mais on nous a fait savoir que le car sera disponible à partir de 14 heures », explique-t-il.
Malgré cette attente prolongée et un départ incertain, il reconnaît ne pas avoir exploré d'autres options. Il souligne également que, contrairement à STAF, cette compagnie ne dessert pas directement sa localité. Il devra donc effectuer une escale à Ouahigouya avant de poursuivre son trajet en mini-car, communément appelé « Dina ».
Mahamadou Sawadogo, agriculteur en Côte d'Ivoire attend depuis deux joursAssise seule, la main posée sur le menton, Safoura Sawadogo attend, visiblement préoccupée. Commerçante à Gourcy, elle était venue se ravitailler à Ouagadougou. Elle a acheté un ticket pour le départ de 11 heures, mais n'a toujours pas pu embarquer en raison de ses nombreux bagages. « Nous avons attendu ici depuis hier, en vain. Ce matin encore, nous espérions avoir un car. Mais lorsqu'un véhicule est disponible, ce sont les voyageurs sans bagages que l'on invite à avancer. Quant à nous, qui sommes chargés, nous patientons toujours », déplore-t-elle.
Elle précise que son amie, avec qui elle avait effectué le déplacement, a finalement rejoint Gourcy à moto, faute de place dans un car. « Ma copine a été conduite à Gourcy à moto puisqu'elle n'avait pas beaucoup de bagages. Mais pour moi, c'est impossible. J'ai trop de marchandises. Je ne peux pas rentrer sans elles », ajoute-t-elle, le visage crispé.
Dans l'attente d'un retour progressif à la normale, chaque journée ressemble désormais à une épreuve pour les voyageurs. Entre incertitudes, retards et solutions de fortune, la suspension de STAF continue de peser sur la mobilité de nombreux usagers.
Muriel Dominique Ouédraogo/ Hanifa Koussoubé
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Figure respectée du milieu communautaire burkinabè et africain, Reine Lydia Saloucou a construit son parcours à la croisée de la santé publique, du leadership féminin et de l'innovation sociale. De la recherche à l'action de terrain, des grandes organisations internationales à la création d'une entreprise sociale panafricaine, elle n'a cessé de défendre une conviction : celle selon laquelle le développement ne se décrète pas, il se bâtit avec les communautés, en investissant d'abord dans les femmes.
Sa posture évoque celle d'une femme qui a appris à tenir sa place dans des univers exigeants, souvent masculins, sans se départir des valeurs d'une femme africaine. Reine Lydia Saloucou n'est pas de celles qui font du bruit. Elle trace, construit et relie. Son parcours, pourtant, aurait pu prendre une autre direction. À la fin de ses études en Europe, son ambition n'était pas d'embrasser la santé publique. Elle voulait, selon elle, « changer le narratif sur l'Afrique ». Le déclic survient dans une salle de cours, face à un professeur qui présente le continent sous l'angle exclusif de la pauvreté, à partir de données qu'elle juge dépassées. L'écart entre l'Afrique qu'elle connaît et celle décrite dans les amphithéâtres la heurte profondément. « On ne peut pas construire un pays en répétant qu'on est pauvre », dit-elle souvent aux gens.
Le mot lui paraît réducteur, presque violent. Pour elle, le développement commence par la capacité à contextualiser, à reconnaître les contraintes internes mais aussi les pressions externes qui pèsent sur les trajectoires africaines. Il commence surtout par la confiance dans les capacités locales. Très tôt, elle se forge la conviction que le développement du continent passera par les femmes. Ses travaux universitaires portent sur les groupements féminins, leur résilience, leur aptitude à générer des solutions invisibles aux yeux des décideurs. Elle y voit une énergie structurante, une force souterraine sur laquelle bâtir.
De retour au Burkina Faso, elle travaille sur la scolarisation des jeunes filles et le travail domestique, explorant les liens entre charges précoces et abandon scolaire. Lors d'une présentation à des partenaires, sa rigueur et sa clarté impressionnent. La représentante du Fonds des nations unies pour la population lui propose d'abord une mission de consultance pour évaluer un programme national. Ce sera l'entrée dans le champ de la santé. « C'est de là que j'ai eu envie de travailler sur la question de la santé, mais je ne savais pas que j'allais rester sur cette question, et je me suis rendue compte que travailler sur les questions de santé permettait aussi d'aborder d'autres questions de développement économique. C'était ma première trajectoire, mais aujourd'hui, je reste convaincue que, quel que soit alpha, ayant travaillé longtemps avec les femmes, on parle du développement, on parle du genre, on parle de comment elles peuvent s'imposer, je me dis, le travail est un atout important », explique-t-elle. Reine Lydia Saloucou poursuit son parcours au sein d'organisations engagées dans la lutte contre le VIH, notamment à l'Initiative privée et communautaire (IPC/BF), où elle s'occupe des orphelins et des familles vulnérables. Puis au Population Council, institution de recherche en santé. Plus tard, elle rejoint l'IPPF comme team leader pour l'Afrique de l'Ouest et centrale, basée au Kenya, avant de devenir présidente Afrique de Pathfinder. Elle constate durant ce temps que chaque étape élargit son champ d'action mais l'éloigne aussi progressivement du terrain.
Du leadership international au retour au terrain
Accéder à des fonctions régionales et continentales est une reconnaissance. Elle y exerce une influence stratégique, travaille avec des gouvernements, négocie avec des bailleurs, participe à des réunions de haut niveau. Pourtant, un doute s'installe : à mesure qu'elle monte, le contact direct avec les communautés se distend. « Il y a un moment où l'on peut oublier qui l'on représente », confie-t-elle. L'environnement international impose ses standards, ses logiques, parfois ses priorités. Elle observe aussi les tensions inhérentes au monde des ONG avec la dépendance aux financements, la pression des résultats, la temporalité des projets.
Lydia Saloucou Zoungrana a été présidente pour l'Afrique. Elle était responsable de l'impact, des revenus et des performances opérationnelles des programmes de Pathfinder dans 14 pays d'Afrique subsaharienne ainsi que des stratégies d'expansion sur le continentLes ONG, malgré leur engagement, restent tributaires des cycles de financement. Quand l'argent s'arrête, l'action s'interrompt. Elle-même tente d'infléchir certaines orientations. À Pathfinder, elle œuvre pour que des ressources destinées aux organisations non gouvernementales puissent, sous certaines conditions, être réorientées vers les gouvernements afin de créer des fonds plus flexibles, adaptés aux réalités nationales. L'initiative suscite des résistances, parfois de vives oppositions. Cette expérience la convainc que le développement ne peut pas être uniquement piloté de l'extérieur. L'aide est utile, mais elle ne doit pas se substituer aux choix souverains. Elle parle d'illusion lorsqu'elle évoque ses débuts dans les hautes fonctions. Son illusion de pouvoir tout transformer par la seule volonté.
Dans les organisations qu'elle a dirigées, Reine Lydia veille aux recrutements, encourage les candidatures de femmes à des postes de responsabilité, crée des espaces d'échanges réguliers entre collaboratrices. Non pour promouvoir des femmes par principe, mais pour les aider à reconnaître leurs compétences. Elle sait combien l'erreur féminine est moins tolérée que celle d'un homme. Elle connaît les soupçons qui pèsent sur les femmes en position d'autorité. « Comme on pense que toute femme, pour arriver là où elle est, a dû passer par des compromis, il faut montrer ses principes », exprime-t-elle. Dans sa vision, l'émancipation ne peut pas être dissociée du travail. Le travail donne la dignité, permet d'occuper une place dans la société, de négocier dans le couple, de décider pour sa santé ou celle de ses enfants.
Elle identifie trois défis majeurs dans le domaine communautaire. « Le premier, c'est vraiment comment y accéder. Je veux dire, même au niveau familial, comment la décision est prise pour aller vers la santé. Et cette décision n'est pas toujours du fait de la femme. Et donc, dans l'organisation de la famille, on peut voir qui a vraiment le pouvoir de la décision pour pouvoir décider, dans un premier temps, à pouvoir aller vers, à dire : "ok, ça c'est sérieux, ou ça, vraiment, je dois rapidement prendre ça en compte". Le deuxième défi, c'est le défi d'avoir des structures de santé qui sont proches des populations, que les gens ne fassent pas des kilomètres pour aller trouver des soins. C'est vrai qu'on a les agents de santé communautaire, etc., mais je trouve qu'en Afrique de l'Ouest, nous sommes très frileux pour faire vraiment de la délégation à ces agents de santé qui peuvent vraiment beaucoup nous apporter. Pour moi, le troisième élément le plus important, c'est la qualité des services, c'est-à-dire comment on accueille les gens quand ils vont au centre de santé, comment on les écoute et comment on prend du temps pour pouvoir leur donner le service et aussi leur donner envie de revenir », détaille-t-elle.
« Je voudrais vraiment faire du financement circulaire un élément du développement communautaire », indique la fondatrice de Abafa innovationElle plaide pour une délégation plus audacieuse aux agents de santé communautaires, avec des mécanismes de contrôle adaptés aux contextes locaux. Elle rappelle que l'expérience du patient, l'écoute, le respect, le temps accordé conditionnent la confiance et la fidélité au système. Mais une question la taraude au-delà du secteur sanitaire : pourquoi l'Afrique ne produit-elle pas ses propres médicaments à grande échelle ? Elle connaît la complexité du sujet, les lobbies, les normes internationales, les intérêts économiques. Pourtant, elle refuse d'en faire une fatalité. « Difficile ne veut pas dire impossible », répète-t-elle. Pour elle, tout est affaire de volonté politique et de stratégie collective.
ABAFA Innovation, investir plutôt qu'assister
Après des années au sein de grandes structures internationales, Reine Lydia Saloucou fait le choix de créer ABAFA Innovation. Le nom résume l'ambition : « Africa by Africans for Africa ». Elle ne souhaite ni reproduire le modèle classique des ONG, ni se limiter à une entreprise commerciale traditionnelle. Elle cherche une voie intermédiaire, celle de l'entreprise sociale. Pour elle, le développement ne commence pas par l'argent, mais par la conviction que c'est possible. Trop souvent, dit-elle, on aborde les communautés avec des projets prédéfinis, en supposant savoir mieux qu'elles ce dont elles ont besoin. Elle veut inverser la logique ; c'est partir de ce que les femmes font déjà, structurer, renforcer, mutualiser, pour passer d'une richesse individuelle à une richesse collective. ABAFA repose sur l'investissement dans les femmes, l'intégration de la technologie et la promotion d'une culture de contribution nationale.
Reine Lydia ne conçoit pas le développement sans amour de son pays. Elle interroge la finalité des trajectoires individuelles de chaque Burkinabè. Au-delà du salaire, de la réussite personnelle, qu'a-t-on apporté à la nation ? Elle rêve d'un Burkina Faso capable d'accueillir d'autres pays venus apprendre de ses expériences. Aux femmes, Reine Lydia donne des conseils, selon l'éducation qu'elle a reçue. Élevée par sa grand-mère, elle a grandi avec cette phrase : « Tu es née pour être quelqu'un. » Cette affirmation a façonné sa confiance. Elle encourage donc les jeunes à se mettre en mouvement, à accepter l'échec comme une étape d'apprentissage, à ne pas laisser les autres briser leurs initiatives. « Personne n'a deux têtes », aime-t-elle rappeler. Si d'autres réussissent, c'est que c'est possible. Il faut apprendre, essayer, tomber, se relever. L'échec n'est pas une fin, mais un correctif, une école de rigueur.
Et dans un paysage communautaire burkinabè souvent marqué par la dépendance aux projets, elle propose d'investir plutôt que d'assister, de structurer plutôt que de substituer, de croire avant de financer.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Le rotavirus est un virus très contagieux qui provoque des diarrhées et vomissements sévères. Il évolue par épidémies saisonnières de décembre à février-mars. Le virus touche généralement les enfants de 6 mois à 2 ans et peut entraîner de graves complications. Dans cette interview, le Dr Aristide Arthur Kiswendsida Djiguimdé évoque les symptômes par lesquels on le reconnaît ainsi que la prise en charge qui sied lorsque la maladie est déclarée.
Lefaso.net : En termes simples, qu'est-ce que le rotavirus ?
Dr Aristide Arthur Kiswendsida Djiguimdé : Le rotavirus est un virus responsable des gastro-entérites aigües (diarrhées et vomissements) chez les enfants, particulièrement les nourrissons. Ils peuvent être responsables de graves complications aussi bien pour les enfants que pour les adultes vulnérables. Ce virus est très résistant et peut persister en milieu extérieur pendant quelques semaines. Avant l'introduction du vaccin, environ 33 % de toutes les hospitalisations dues aux diarrhées aiguës et sévères chez les moins de cinq ans au Burkina Faso étaient causées par le rotavirus.
Comment le reconnaître par les symptômes ?
Le rotavirus cause la diarrhée. C'est-à-dire des selles liquidiennes et fréquentes ; certaines pouvant atteindre 10 selles sans sang par jour et s'étendre sur plusieurs jours. De la fièvre est d'abord constatée, d'autres symptômes comme des nausées, des vomissements, des maux de ventre. On peut noter une réduction de l'urine comme des couches moins humides du bébé que d'habitude.
L'enfant a la bouche sèche, les yeux peuvent être enfoncés, la peau sèche aussi dans les cas les plus graves, et l'enfant semble très fatigué. Parce qu'il perd beaucoup de liquides, il a particulièrement soif et peut demander à boire plus que d'ordinaire. Les enfants comme les adultes, dans les cas les plus sévères, peuvent souffrir de déshydratation, nécessitant parfois une hospitalisation. Les symptômes en lien avec le rotavirus peuvent durer quelques jours, entre 3 et 8 jours.
Est-ce que les enfants qui en sont malades sont contagieux ?
Oui. La période de contagiosité dure tant que le virus est excrété dans les selles. Le rotavirus peut être présent dans les selles jusqu'à deux jours avant et jusqu'à trois jours après la fin des symptômes. Une personne infectée peut transmettre le virus, même si elle ne présente aucun symptôme. Chez les enfants dont le système immunitaire est affaibli, le virus peut persister plus longtemps dans les selles. La transmission se fait par ingestion de l'agent infectieux.
Par contact indirect avec des aliments contaminés et de l'eau contaminée. Le rotavirus peut survivre à température ambiante et peut demeurer infectieux jusqu'à plusieurs semaines sur les surfaces et les objets contaminés (tables à manger, robinets, poignées de porte, jouets et ustensiles).
Par contact direct. Les mains constituent le vecteur principal de transmission par contact avec les selles infectées. Le rotavirus peut survivre sur les mains pendant au moins quatre heures. Le respect de l'hygiène des mains à l'eau et au savon est très important (lors du changement de couches) ; un nettoyage soigneux et fréquent des mains au savon ou à l'aide d'une solution hydro alcoolique est nécessaire. Pour éviter la transmission du rotavirus à partir de l'environnement, il est donc très important de respecter les mesures de nettoyage et de désinfection.
Est-ce que les rotavirus peuvent se développer au point d'engager le pronostic vital du patient ?
Oui, les principales complications sont la déshydratation rapide, en particulier chez les nourrissons âgés de moins d'un an.
Quel est généralement le traitement adapté ?
Il faut consulter un agent de santé qui va évaluer l'état clinique de l'enfant et, selon ses constatations, proposera une conduite appropriée. En pratique, le repos et l'hydratation sont conseillés pour récupérer rapidement ; l'essentiel étant de pouvoir compenser la perte en eau et en sels minéraux et soulager le patient de sa fièvre et des autres symptômes responsables de son état.
Quels conseils donneriez-vous aux parents pour protéger les enfants contre les rotavirus ?
Un allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois pour les nourrissons, le suivi du calendrier vaccinal où l'on administre un vaccin contre le rotavirus, une hygiène des mains des parents et de la fratrie, une hygiène de l'environnement.
Un dernier mot ?
Les rotavirus étant très résistants dans l'environnement et présents sur les surfaces, celles-ci doivent être nettoyées soigneusement et régulièrement dans les lieux à risque élevé de transmission (collectivités des enfants, institutions accueillant les personnes âgées).
Entretien réalisé par Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Artiste comédien, metteur en scène et éclairagiste, Vincent Bazié revient dans un entretien qu'il nous a accordé mardi 17 février 2026, sur l'adaptation de PUKRI, inspirée du texte « Et si les armes devenaient des fleurs » de Paul P. Zoungrana. Une décennie après les événements de 2015 au Burkina Faso, la création portée par la compagnie Lumière de l'Art est à l'affiche jusqu'au samedi 21 février 2026.
Lefaso.net : Pouvez-vous vous présenter davantage à nos lecteurs !
Vincent Bazié : Je suis artiste-comédien, metteur en scène, éclairagiste. J'ai commencé le théâtre avec un feu, Somé Félix Gaétan, et dans la troupe Éclat de SOSAF. Et nous avons eu un parcours assez enrichissant. À la dernière compétition de la Semaine nationale de la Culture, nous avons pris le premier prix en 2010 et dans mon parcours, j'ai eu aussi à faire des productions au niveau du Burkina, dans d'autres pays africains et à l'extérieur, notamment en Belgique, en France, en Suisse.
PUKRI est adapté du texte « Et si les armes devenaient des fleurs » de Paul P. Zoungrana. Qu'est-ce qui vous a donné envie de porter ce texte à la scène aujourd'hui ?
Ce texte, quand nous l'avons découvert en 2015, c'était juste après le putsch manqué de septembre. Et l'auteur avait envie en tout cas de raconter ce qui s'est passé. Et nous, quand on a découvert ce texte, je crois qu'à son temps, chacun voulait monter ce recueil de poèmes. Donc dix années après, j'avoue que personnellement, je n'ai pas porté le projet.
La directrice de la compagnie Lumière des Arts, Valérie Sonia Nacoulma, est à l'origine du projet. C'est elle qui a approché l'auteur du recueil de poèmes pour lui proposer de travailler sur le texte. Ensuite, elle m'a sollicité pour réaliser l'adaptation. Comme il s'agissait au départ d'un recueil de poèmes, il fallait effectuer un véritable travail de transposition, du poème au théâtre. J'ai donc pris le temps de faire cette adaptation avant d'entamer les répétitions avec les comédiennes et le musicien. On l'a monté en novembre passé avec le soutien financier du Bureau burkinabè du droit d'auteur. Donc c'est une grosse coproduction.
Le spectacle repose beaucoup sur des personnages féminins. Pourquoi ce choix ?
Comme je l'ai dit, celle qui a eu l'initiative du projet est une femme. Donc, elle a cherché à mettre en lumière aussi ces femmes qui sont restées à nos côtés, ces femmes qui ont participé activement à la lutte pour la libération du pays en 2015. C'est la voix des femmes qu'on essaye de porter sur scène ici.
C'est un très beau casting. Trois comédiennes sont sur scène, toutes dotées d'un talent remarquable. Elles sont accompagnées par un musicien. Ensemble, ils offrent un spectacle harmonieux et intense. C'est véritablement un régal pour le public.
Lors d'une adaptation comme celle-ci, l'auteur du recueil de poèmes a-t-il un droit de regard sur la manière dont l'histoire est racontée ?
Si l'auteur est présent et impliqué dans le projet, il peut naturellement avoir un droit de regard sur l'adaptation. Il peut être associé au processus ou être consulté pour valider la version adaptée. Certains auteurs demandent à lire le texte avant sa mise en scène.
En revanche, lorsque l'auteur n'est plus en vie, ou lorsque l'œuvre est entrée dans le domaine public, il n'est pas nécessaire de demander une autorisation particulière.
À quel type de public s'adresse ce spectacle ?
Ce spectacle est destiné à tout public. L'histoire de 2015 est une réalité que les enfants, les jeunes, les adultes et les personnes âgées ont vécue.
La pièce invoque également avec force l'acte du pardon. Or, il n'y a pas d'âge pour demander pardon, ni pour aller vers l'apaisement des cœurs. C'est un message universel.
Depuis le 13 février, sentez-vous un engouement du public ?
Oui, nous avons bénéficié d'un public très chaleureux depuis le 13. Les 13 et 14, la salle était pleine. Cela montre que le spectacle suscite un réel intérêt et attire du monde. C'est très encourageant pour la suite. Les prochaines représentations sont prévues mercredi, jeudi, vendredi et samedi, jusqu'au 21.
Une tournée est envisagée, mais pour le moment, aucune représentation n'est programmée hors de Ouagadougou. Le spectacle est encore dans un processus de diffusion. Nous souhaitons d'abord le présenter dans toutes les salles de Ouagadougou, avant de l'ouvrir progressivement à l'intérieur du pays, puis à l'international.
Qu'espérez-vous que le spectateur ressente ou emporte avec lui après la représentation ?
D'abord, qu'il se sente bien. Aller au théâtre est un acte de divertissement, mais aussi une expérience vivante. Le théâtre est un art vivant qui nous amène à nous questionner, à repenser nos habitudes et à changer de comportement.
Il agit comme un miroir. Chacun peut se reconnaître et s'interroger sur ses actes quotidiens. Est-ce que ce que je fais vaut la peine ? Est-ce que je mets l'humain au centre de mes actions ?
C'est l'humain que nous cherchons à développer. Le théâtre a une fonction éducative et sensibilisatrice essentielle.
Pensez-vous que le théâtre peut encore provoquer des prises de conscience aujourd'hui ?
Oui, absolument. Le théâtre est un outil puissant, notamment dans son action sociale. Nous développons des thèmes qui amènent l'individu à se questionner et à évoluer.
Parfois, une personne traverse une période difficile, sans parvenir à se retrouver. Le théâtre peut être un déclic, un moment de recentrage, une opportunité d'adopter de meilleurs comportements.
Lorsqu'une personne évolue positivement, c'est toute la communauté qui en bénéficie. Et lorsque la communauté se porte bien, c'est le pays qui triomphe.
Est-ce que le théâtre burkinabè se porte bien ?
Le théâtre burkinabè se porte bien, notamment grâce à la qualité de ses œuvres et à sa renommée à l'extérieur.
Lors de nos tournées internationales, les salles sont toujours pleines lorsque des troupes burkinabè se produisent. Le public vient parce qu'il connaît et reconnaît la qualité de notre théâtre.
Cependant, nous déplorons un manque d'accompagnement financier. Même si l'on ne peut pas dire que la situation était forcément meilleure auparavant, il est clair que le secteur a besoin d'un soutien accru pour se développer davantage.
Pourquoi faut-il absolument venir voir PIKRI en février 2026 au CITO ?
PUKRI est une histoire vraie. Les événements de 2015 n'ont pas été inventés. La pièce nous ramène vers un passé que nous avons vécu, un passé riche en leçons. Venir voir ce spectacle, c'est revivre cette période, réfléchir à notre capacité de transformation et avancer vers l'apaisement. Nous sommes dans une dynamique de réconciliation à travers cette création.
Un dernier message au public ?
Venez au théâtre. Venez rire avec nous. Venez débattre. Venez vivre des instants magiques.
Merci beaucoup.
Entretien réalisé par Fredo Bassolé
Lefaso.net
Le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, a, à l'orée du carême et du jeûne, invité les fidèles à prier pour la paix au Burkina Faso. Il a aussi souhaité que la solidarité envers les personnes vulnérables soit renforcée.
"Le début presque simultané de ce chemin de foi est une opportunité pour renforcer notre communauté de destin, une occasion de porter ensemble notre cher pays dans nos prières et un appel divin à oeuvrer ensemble pour la consolidation de la paix au Faso. Aussi, voudrais-je inviter l'ensemble des Burkinabè à plus de solidarité et de bienveillance envers les personnes vulnérables afin de faire de cette période bénie, un moment de partage et de compassion", a-t-il lancé à ce propos.
Lefaso.net
Faso Yaar informe l'opinion publique de l'organisation d'une opération spéciale de vente de produits de garde consommation. Cette initiative vise à accompagner les fidèles musulmans et chrétiens, pour le jeûne et le carême de cette année 2026. Les produits concernés sont essentiellement de l'huile, du sucre, des jus et du savon. Les détails sur les conditions de vente, les prix de vente, les localités et points de vente etc. dans le communiqué ci-après.
Le Comité d'organisation du Marathon des collines du Bafuji était face à la presse ce mercredi 18 février 2026. Objectif : décliner les grandes orientations de cet évènement sportif qui en est à sa première édition et qui se tiendra le 28 mars 2026 à Gaoua. Les inscriptions sont ouvertes et se poursuivent jusqu'au 21 mars 2026.
Le Marathon des collines du Bafuji est une initiative portée par Fitness Park, une salle de sport de dernière génération située à Gaoua. Selon le président du comité d'organisation, Doudou Hamed Fofana, cette activité sportive qui entend s'inscrire dans la continuité, se veut un instrument de promotion de la santé, de cohésion sociale, d'intégration des peuples et de valorisation territoriale. Elle aura lieu le 28 mars 2026 sur les collines du Bafuji sous le thème « Sport, facteur d'intégration des peuples ».
Des journalistes présents à la conférence de pressePour la présente édition, le comité d'organisation a pour ambition de rassembler au moins 1000 participants nationaux et internationaux, qu'ils soient amateurs ou professionnels. La compétition se veut inclusive avec le 21 km, le 10 km, le 5 km pour les scolaires ainsi qu'un cross populaire la veille de l'évènement. C'est donc pour cette première édition un semi-marathon qui sera organisé et qui, selon les organisateurs, devrait évoluer au fil des éditions pour devenir un marathon.
Le coureur qui arrivera premier au terme de la course, remportera la somme de 1 million de FCFA. Selon le président du comité d'organisation, la barre a été placée haut pour une première, afin de galvaniser les coureurs pour qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes à la compétition.
Doudou Hamed Fofana, président du comité d'organisationPour ce qui est des inscriptions, elles ont débuté et se font au niveau des directions régionales en charge du sport sur l'ensemble du territoire national et prennent fin le 21 mars 2026. Le comité d'organisation a invité les populations du Bafuji ainsi que les forces vives à se mobiliser fortement pour faire de ce rendez-vous sportif un évènement incontournable. Les partenaires publics et privés sont également invités à soutenir la compétition qui se veut une destination sportive et culturelle de référence.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Dans le cadre du projet GCP/SFW/004/AFB « Renforcer les normes de sécurité sanitaire des aliments pour améliorer la compétitivité des petites et moyennes entreprises du Sahel », l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a remis du matériel à 17 petites et moyennes entreprises intervenant dans le domaine de la transformation agro-alimentaire. La cérémonie de remise a eu lieu ce mercredi 18 février 2026, à Ouagadougou.
Le projet est financé par la Banque africaine de développement (BAD), et mis en œuvre avec l'appui technique de la FAO. Les équipements acquis ont été définis sur la base des besoins exprimés par chaque bénéficiaire. Le matériel est composé de frigos, de congélateurs, d'une chambre froide, de machines de pasteurisation, d'un tricycle à caisson réfrigéré alimenté à l'énergie solaire, destiné au transport de viande dans les conditions optimales et autres. Le tricycle a été conçu par l'Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT).
La chambre froide offerte par la FAOSelon Dr Prosper Sawadogo, expert nutritionniste à la FAO, 60 petites et moyennes entreprises ont bénéficié de formations grâce au projet. « 60 petites et moyennes entreprises ont bénéficié d'une formation. Une trentaine a suivi pleinement les formations. Donc, il y a 17 petites et moyennes entreprises des filières très sensibles que sont la viande et le lait qui bénéficient des équipements d'une valeur de plus de 40 millions de francs CFA », a indiqué Dr Sawadogo.
Les équipements remis par la FAOLe représentant de la FAO, Dr Pato Pidemnewe, a rappelé que l'objectif du projet est de contribuer de façon significative à l'amélioration des normes de qualité et de sécurité alimentaire, en particulier dans les petites et moyennes entreprises gérées par des femmes et des jeunes. Chose qui permettra de tirer parti des opportunités offertes dans la zone de libre-échange continentale africaine. Il a encouragé les bénéficiaires à prospérer dans leurs différentes activités afin de répondre aux besoins des populations.
Dr Prosper Sawadogo, expert nutritionniste à la FAOPour le représentant du ministre en charge de l'industrie, Emmanuel Ouédraogo, ce projet est une initiative concrète, une volonté des responsables du projet d'accompagner le secteur privé, particulièrement les petites et moyennes entreprises. Ce qui favorise la croissance du pays et la souveraineté alimentaire. « Soutenir les petites et moyennes entreprises, c'est soutenir la croissance inclusive et durable du Burkina Faso. Ces équipements vont permettre aux entreprises de répondre non seulement aux besoins des populations au niveau national mais aussi à l'international », a souligné le représentant du ministre Serge Poda. Il a terminé en remerciant les donateurs pour leur action en faveur du développement durable au Burkina Faso.
Le représentant du ministre en charge de l'Industrie, Emmanuel OuédraogoSelon l'une des bénéficiaires du projet, Agathe Yerbenga, le projet a renforcé leur capacité sur les bonnes pratiques hygiéniques et les bonnes pratiques de production. « C'est une formation très bénéfique qui va nous permettre de travailler pour la sécurité sanitaire des aliments au profit des populations. J'ai reçu une chambre froide parce que l'entreprise que je représente intervient dans plusieurs domaines. Nous sommes dans la transformation du lait en yaourt, des fruits en jus. Nous transformons également les produits forestiers non ligneux et le soja. Cette chambre froide va nous permettre de garantir la sécurité sanitaire des aliments, de mieux les conserver pour les transformer », a fait savoir la bénéficiaire.
Agathe Yerbenga, bénéficiaire de la chambre froideRama Diallo
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Trois membres d'une même famille ont perdu la vie le 18 février 2026 à Méguet, dans la province du Ganzourgou. Un agent de police en service à Koudougou a mortellement atteint son épouse enceinte, institutrice dans la Circonscription d'éducation de base de Salogo, ainsi que leur fille, élève en classe de CP2, avant de retourner l'arme contre lui.
Arrivé dans la nuit du 17 au 18 février, rien ne signalait un tel dénouement. Aux environs de 6h40, des coups de feu ont retenti dans la cour commune. La servante présente sur place a pu s'enfuir et prévenir les voisins, qui ont aussitôt alerté la police.
À leur arrivée, les forces de l'ordre ont découvert les corps dans le salon. L'enfant, évacuée d'urgence vers un centre de santé, a succombé à ses blessures. Les autorités policières, administratives et sanitaires ont procédé aux constats. Le mobile du drame demeure inconnu.
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Source : Radio Laafi Zorgho