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Diplomacy & Defense Think Tank News

L’avion furtif X-2, future arme high-tech japonaise de dissuasion ?

IRIS - Wed, 27/04/2016 - 11:18

Le démonstrateur technologique X-2 japonais « Shinshin » – précédemment nommé ADT-X (Advanced technology demonstrator) – a effectué son premier vol le 22 avril. Ce biréacteur expérimental de 13 tonnes mesure 14,2 m de long et a une envergure de 9,1 m, soit des dimensions légèrement inférieures à celles du F-35, souligne Air & Cosmos. Il est majoritairement construit en fibre de carbone. L’X-2 est motorisé par deux XF5-1 d’IHI Corporation. « Le premier vol d’essai est un succès », a indiqué le groupe Mitsubishi Heavy Industries (MHI), qui conçoit l’appareil et qui le codéveloppe avec les services de l’Etat. Ube Industries a fourni les matériaux absorbant les ondes radar, NEC et Toshiba, le système de communication. Le développement a débuté en 2009 et quelques 220 entreprises japonaises sont impliquées dans ce programme mené par l’Agence d’acquisition, de technologies et de logistique du ministère de la Défense. Le budget cumulé avoisine désormais les 40 milliards de yens (320 millions d’euros au cours actuel).

Cet appareil, le premier engin furtif made in Japan est encore à l’état de prototype, mais il est destiné ultérieurement à équiper les « forces d’autodéfense aériennes » (FAD aérienne, l’armée de l’air japonaise). Il vise à venir compléter une flotte de 42 F-35 A d’origine américaine, commandée par la FAD aérienne japonaise à l’horizon 2025-2030, en remplaçant les actuels F-2, développés en partenariat avec les Etats-Unis. Seuls les Etats-Unis, la Russie et la Chine ont été communément reconnus pour avoir mis au point et testé avec succès des avions furtifs. Selon Popular Science, il est prévu que vers 2017-2018, la force aérienne chinoise aura son premier escadron de chasseur furtif opérationnel J-20, actuellement à l’essai.

À la lumière du pacifisme constitutionnel du Japon, la décision de Tokyo de créer un prototype furtif peut sembler étonnante. Pourtant, la création du X-2 peut être le signe que le Japon sait de quel côté le vent souffle, souligne à juste titre le Christian Science Monitor. En 2015, la FAD aérienne du Japon avait dû effectuer 571 décollages en urgence pour répondre aux incursions chinoises dans son espace aérien, une augmentation de 23 % sur l’année précédente (464 incursions). Le Japon est également préoccupé par l’augmentation de l’activité chinoise dans le Sud de la mer de Chine et en mer de Chine orientale. Le Japon, les États-Unis et d’autres pays asiatiques riverains sont préoccupés par la construction d’îles artificielles chinoises et l’activisme militaire de Pékin, y compris le déploiement de missiles en mer de Chine méridionale. Et le Japon doit aussi administrer son propre conflit territorial avec la Chine, sur les îles Senkaku / Diaoyu en mer de Chine orientale, qui fait monter de façon similaire les tensions entre les deux pays.

Au regard de ces multiples facteurs de tensions, la création japonaise du prototype X-2 pourrait correspondre à un processus de dissuasion vis-à-vis de la Chine, car ce prototype d’appareil de combat a été construit pour aider le Japon à tester comment créer un futur modèle de combat furtif. Tokyo avait essayé d’acheter des F-22 Raptors américains aux capacités furtives les plus avancées mais le Congrès américain a interdit l’exportation de la technologie du F-22. Or, la flotte actuelle de la force aérienne d’auto-défense du Japon comprend 190 avions de combat vieillissants F-15J. Dans ce contexte, le Japon estime qu’il doit impérativement moderniser sa force aérienne pour pouvoir être capable de contrer, à l’avenir, les menaces chinoises.
Le gouvernement japonais décidera au cours de l’année fiscale 2018 s’il développera son avion, en faisant uniquement appel aux industries locales ou avec l’aide de partenaires étrangers. Il pourrait être question de ventes à l’exportation, car le marché japonais est trop étroit pour absorber les coûts de production devenus prohibitifs.

L’échec tout récent du Japon concernant l’appel d’offres du renouvellement des sous-marins australiens, un marché colossal de 34 milliards de dollars, qui a été attribué mardi 26 avril à l’entreprise française DCNS, et sur lequel Tokyo avait fondé de grands espoirs à l’export, pourrait néanmoins stimuler les ambitions nippones et les reporter sur d’autres projets d’avenir comme le X-2.

Eddy Fougier présente ses notes : Les zadistes (1) : un nouvel anticapitalisme et Les zadistes (2) : la tentation de la violence

Fondapol / Général - Wed, 27/04/2016 - 09:44

Eddy Fougier présente ses notes : Les zadistes (1) : un nouvel anticapitalisme et Les zadistes (2) : la tentation de la violence.

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Eddy Fougier – Les zadistes (1) : un nouvel anticapitalisme

Fondapol / Général - Wed, 27/04/2016 - 09:39

Les « zones à défendre » (ZAD ) et les zadistes ont beaucoup fait parler d’eux ces dernières années. Ce fut tout notamment le cas à l’occasion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore de la ZAD du Testet, dans le Tarn, où un militant écologiste est décédé en octobre 2014. Une ZAD est une « zone à défendre » pour les activistes qui occupent, la plupart du temps de façon illégale, une « zone d’aménagement différé », c’est-à-dire une zone au sein de laquelle un projet d’aménagement doit être réalisé.

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Eddy Fougier – Les zadistes (2) : la tentation de la violence

Fondapol / Général - Wed, 27/04/2016 - 09:39

Les « zones à défendre » (ZAD ) et les zadistes ont beaucoup fait parler d’eux ces dernières années. Ce fut tout d’abord le cas de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou encore de la ZAD du Testet, dans le Tarn, où un militant écologiste est décédé en octobre 2014. Ils suscitent néanmoins de très forts clivages et de nombreuses interrogations.

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Dr Thanos Dokos analyses on Carnegie Europe whether the EU shows the appropriate solidarity during the refugee crisis

ELIAMEP - Wed, 27/04/2016 - 08:56

At first glance, Europe appears to have forgotten about its own share of responsibility for several conflicts in its periphery, its humanitarian values, and the cardinal rule of solidarity among the union’s members in cases of emergency. In the refugee crisis, the EU was forced to take into consideration several stark realities: its inability to influence geopolitical developments in and around Syria, the prospect of greater migration flows and the EU’s limited capacity or willingness for absorption, and the EU’s inadequate ability to efficiently protect its external borders. These shortcomings coincided with strong Euroskeptic, xenophobic, and Islamophobic sentiments in several EU member states at a time of a broader leadership deficit across Europe. In addition, the EU faced the difficulty of integrating young Muslims into European societies already facing radicalization challenges.

These factors resulted in more pragmatic but often cruel policies toward the refugee problem. The EU was forced to make concessions to Turkey, a country that plays a critical role in Europe’s migration crisis but whose commitment to democratic values and respect for human rights has been gradually declining during the last few years.

The key questions now are whether Europe’s choices—as usual in the logic of the lowest common denominator—will prove at least moderately effective and whether the concept of common European policies on burden sharing and problem-solving will remain pertinent in the future.

Source: Carnegie Europe

Author: Dr Thanos Dokos

ELIAMEP briefing note discusses the Nagorno-Karabakh conflict

ELIAMEP - Wed, 27/04/2016 - 05:23

Political analyst from St Anthony’s College of the University of Oxford, Dr Leyla Aliyeva, wrote Briefing Note 46/2016 for ELIAMEP analysing the Nagorno-Karabakh conflict and the impact of the current situation. You can access it here.

Kommunikationsüberwachung durch den Bundesnachrichtendienst

SWP - Tue, 26/04/2016 - 15:49

Die NSA-Affäre mit ihren Deutschland-Bezügen wirft schwierige rechtliche Fragen auf. Problematisch ist vor allem die anlasslose, globale und massenhafte Überwachung elektronischer Kommunikation. Solche Aktivitäten sind mit den internationalen Normen zum Schutz der Menschenrechte kaum zu vereinbaren; und sie sind geeignet, außenpolitische Beziehungen zwischen Partnerstaaten empfindlich zu stören. Ernsthafte Kritik an den Aktivitäten ausländischer Nachrichtendienste lässt sich jedoch nur dann glaubhaft formulieren, wenn die eigene Praxis bestimmten Standards entspricht. Die vorliegende Studie untersucht, welche rechtlichen Anforderungen das Grundgesetz an die Kommunikationsüberwachung durch den Bundesnachrichtendienst (BND) stellt und wie diese Anforderungen legislativ umgesetzt worden sind. Von zentraler Bedeutung ist unter anderem, ob und in welchem Umfang auch ausländische Personen im Ausland durch die Grundrechte gegenüber der deutschen öffentlichen Gewalt geschützt sind. Davon hängt maßgeblich ab, welchen Bindungen der BND bei der Überwachung rein ausländischer Kommunikation unterliegt. Darüber hinaus geht es in der Studie auch darum, die rechtlichen Grenzen für einen Austausch personenbezogener Daten mit ausländischen Nachrichtendiensten auszuloten.

»TTIP right« geht vor »TTIP light«

SWP - Tue, 26/04/2016 - 14:13

Seitdem die letzte Runde der Verhandlungen über das Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) Ende Februar in Brüssel beendet wurde, forciert vor allem die US-Seite das Tempo. Dabei sah es in den vergangenen Monaten eher so aus, als hätten es die USA mit dem Abschluss des Freihandelsabkommens nicht eilig. Gemeinsam mit der EU-Kommission möchte die US-Handelsbehörde nun aber bis zum Sommer Kernprobleme des Abkommens lösen. Dies soll eine Einigung »im Grundsatz« bis Ende 2016 ermöglichen. Den optimistischen Ankündigungen lässt die US-Seite auch Taten folgen: Erstens wurde die Frequenz der Treffen auf Arbeitsebene bis zur nächsten offiziellen Verhandlungsrunde im Juli erhöht. Zweitens stehen bei diesen wöchentlichen Treffen zentrale Konfliktthemen (regulatorische Kooperation, Öffnung des Markts für öffentliche Aufträge) auf der Tagesordnung. Drittens gibt die Äußerung von Präsident Barack Obama auf der Hannover Messe am 24. April, er rechne mit einem ausgehandelten Vertrag bis Ende des Jahres, den TTIP-Verhandlungen zusätzlichen Anschub. Deren 13. Runde hat am 25. April in New York begonnen. Aus Sicht der US-Industrie soll die Obama-Regierung auf ein möglichst umfassendes Handelsabkommen mit der EU drängen und sich nicht mit einem »abgespeckten« zufriedengeben. Das schließt den Investitionsschutz für Unternehmen (ISDS) mit ein, der in Europa umstritten ist.

Francia en el puzzle europeo: retos y oportunidades para España

Real Instituto Elcano - Tue, 26/04/2016 - 13:25
ARI 35/2016 - 26/4/2016
Raquel Montes Torralba
La larga crisis y las amenazas a la seguridad nacional están marcando la Presidencia de François Hollande. España debe estar atenta a los retos y oportunidades que supone la combinación entre el debilitamiento de Francia dentro de la UE y su persistente ambición exterior.

La Agenda 2030 en el Mediterráneo: un reto para España

Real Instituto Elcano - Tue, 26/04/2016 - 12:56
ARI 34/2016 - 26/4/2016
Jesús A. Núñez Villaverde
Ante los desafíos que presenta una vecindad árabo-musulmana en búsqueda de salida al prolongado túnel en el que lleva décadas metida, la aprobación de un instrumento tan potente como la Agenda 2030 ofrece a España una seria oportunidad para contribuir a la mejora de sus niveles de desarrollo y seguridad.

Urban governance for sustainable global development: from the SDGs to the New Urban Agenda

“Our struggle for global sustainability will be lost or won in cities.” With these words Ban Ki-moon, Secretary-General of the United Nations, opened the High-Level Delegation of Mayors and Regional Authorities in New York City on 23 April 2012.
A little more than three years later, at the United Nations (UN) Summit in 2015, the 2030 Agenda for Sustainable Development was adopted. In the Agenda, 17 Sustainable Development Goals (SDGs) define the key areas and mech-anisms for a future global development partnership. One of these goals (SDG 11: “Make cities and human settlements inclusive, safe, resilient and sustainable”) distinctly alludes to urban development. The urban community has widely celebrated the adoption of this “stand-alone urban goal”. The step is perceived as reflecting an increased awareness of the important role of cities for global development pathways.
Although sharing in this positive assessment, this briefing paper ar¬gues that for an effective follow-up to Agenda 2030, issues of urban and local governance ought to be addressed in further detail and as cross-cutting issues. This applies to the “urban” SDG 11, which does not have a distinct target on (good) governance. It is also true for the “governance” goal, SDG 16, which, while referring to institutions “at all levels”, does not spell out local or urban responsibilities. And it is pertinent for many sectoral goals, such as SDGs 13 (action towards climate change) and 9 (build resilient infrastructure), both of which strongly hinge on local- or city-level implementation.
Against this background, the briefing paper identifies urban governance issues that are presently neglected in the SDGs and require further elaboration. This may occur in the process of the supplementary methodological work envisaged by the Inter-Agency and Expert Group on Sustainable Development Goal Indicators for the coming months (UN Economic and Social Council, 2016, p. 9).
Even more importantly, the task of concretising the urban governance dimension – and thereby easing SDG implementa-tion – must also be related to other global policy processes and events. Notably the New Urban Agenda (NUA), which is to be formulated at the 2016 World Conference on Housing and Sustainable Urban Development (Habitat III) in Quito, Ecuador, from 17–20 October 2016, can be considered a key vehicle in this regard.
Following are three decisive urban governance dimensions to be focussed on in the NUA:
  1. Urban governance frameworks: Since urban governance is exercised at different governmental levels, defining the roles and responsibilities of – and coordination between – these levels is essential. Decisive elements are national urban policies among other institutional frameworks; multi-level and -sectoral cooperation and coordination mechanisms; and formal and informal linkages beyond city borders.
  2. Intra-urban partnerships: Effective partnerships and co¬oper¬ative practices between local authorities, the private sector and civil society constitute the backbone of good urban governance. In particular, mechanisms and space for the participation of disadvantaged groups in collaboration and decision-making processes must be defined and the related capacities built.
Transformative urban governance: In order to effectively confront global challenges in the sense of truly transformative development, key elements of climate-friendly governance at the city level must be defined, relating to both mitigation and adaptation measures.


« Pourquoi perd-on la guerre ? » – Trois questions à Gérard Chaliand

IRIS - Tue, 26/04/2016 - 10:59

Stratégiste, géopoliticien, Gérard Chaliand est un observateur engagé des conflits irréguliers sur quatre continents. Il répond à mes question à l’occasion de la parution de « Pourquoi perd-on la guerre ? Un nouvel art occidental », aux éditions Odile Jacob.

En forte infériorité numérique, les Occidentaux ont néanmoins gagné la guerre durant la colonisation et, en supériorité technologique et numérique, ils les ont toutes perdues dans la période récente. Comment expliquer ce paradoxe ?

Ce paradoxe apparent s’explique historiquement. Au XIXe siècle, la Révolution industrielle permet un bond en avant des Européens, qui est incompréhensible pour les sociétés afro-asiatiques, d’autant plus que celle-ci est préparée par le mouvement des idées depuis le XVIIIe siècle. Les sociétés asiatiques, bien que plus avancées, sont subjuguées par l’irruption brutale de l’Europe, origine du véritable choc de civilisations de l’époque contemporaine. Celles-ci tendent à se réfugier comme recours dans le religieux (comme les musulmans) ou la morale (comme les confucéens), mais elles sont divisées, sans cohésion nationale (cette idée nouvelle étant inconnue) et, du point de vue militaire, sans sanctuaire et sans soutien extérieur, deux facteurs indispensables dans le cadre des guérillas.

Par la suite, les élites urbaines qui parlent peu ou prou la langue du colonisateur ou de l’adversaire, cherchent à imiter les institutions de celui-ci (parti, parlement, constitution, république, révolution jeune turque 1908, république chinoise 1910). En vain. Il faudra s’emparer de l’idée nationale et la retourner contre les Européens. Ce processus a lieu entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, notamment « grâce » aux défaites infligées par les Japonais en 1942-43 en Asie aux Européens et à l’idéologie marxiste-léniniste très mobilisatrice. Ce processus avait été entamé en Chine par Mao qui transforme la guérilla en véritable guerre révolutionnaire dont le but est de s’emparer du pouvoir à travers la mobilisation des populations par les cadres, via la persuasion et/ou la coercition. Cet exemple est suivi par les Vietnamiens et l’aide extérieure est souvent fournie par l’Union soviétique.

En réalité, le prestige des Européens est perdu lors des occupations japonaises et l’esprit du temps se modifie de façon décisive. Le racisme ne peut plus être défendu (défaite de l’Allemagne hitlérienne), le droit à l’auto-détermination est accordé (1948), le colonialisme des Européens est condamné (les Américains y sont hostiles) et les luttes de libérations se multiplient. La France, pour sa part, livre en Indochine et en Algérie des combats retardateurs.

Les troupes coloniales étaient immergées dans la population locale. Les troupes actuelles sont « bunkerisées ». Est-ce la raison de ce changement ?

Bien sûr, les troupes coloniales étaient immergées dans les pays dominés. Les officiers – comme les troupes – restaient présents des années et connaissaient le terrain et les coutumes locales, sinon les cultures.
Aujourd’hui, la rotation des troupes est « au mieux » d’une année depuis la guerre du Vietnam, souvent moins pour les forces spéciales ,avec pour souci premier de ne pas avoir de pertes, ce qui tend à créer une mentalité de « bunker ». En dehors des opérations « coup de poing » on est plus gibier que chasseur. Et il faut noter que l’asymétrie la plus importante est non pas dans les armes ou la technologie mais dans l’idéologie. C’est l’Autre qui est intensément motivé.

Faut-il, dès lors, éviter toute intervention militaire occidentale sur des théâtres extérieurs ?

Les modifications dans les rapports démographiques dont nous n’avons pas encore pleinement pris conscience ; jouent leur rôle dans le paradoxal « zéro mort ». Il ne faut pas intervenir à tort et à travers sans connaissance du milieu concerné et sans une perspective politique destinée à créer une solution favorable justifiant l’investissement militaire.

À cet égard, la guerre d’Irak (2003), qui était une guerre de choix destinée à remodeler le « Grand Moyen-Orient », s’est révélée un fiasco, dû aux erreurs des néo-conservateurs qui s’imaginaient être omnipotents. « L’État islamique » est en grande partie le résultat de cette guerre de choix à laquelle étaient opposés bien des secteurs de l’establishment, notamment au Département d’État.

Que dire du désastre du conflit libyen dont les dégâts collatéraux dans la zone sahélo-saharienne sont essentiellement à la charge de la France ? Un engagement militaire est en principe destiné à déboucher sur une paix favorable.

Le marché des sous-marins en Australie : une victoire technologique et diplomatique pour DCNS et pour la France

IRIS - Tue, 26/04/2016 - 10:43

Le moins que l’on puisse dire est que le marché des sous-marins en Australie a été gagné de haute lutte par l’entreprise française DCNS face aux Japonais de Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries et à l’entreprise allemande ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). Les Français ne partaient pourtant pas favori.

Sur le plan diplomatique, les Japonais avaient une longueur d’avance. Ce sont des riverains du Pacifique et le gain du marché par le Japon aurait permis de renforcer l’alliance trilatérale entre l’Australie, le Japon et les Etats-Unis pour faire face à la Chine. C’était la solution privilégiée du précédent gouvernement australien présidé par Tony Abbott et les Japonais ont espéré jusqu’à la fin de l’année 2014 que l’Australie opte pour des sous-marins japonais sans même qu’un appel d’offre ne soit lancé. Si ce pays a en effet libéralisé sa politique d’exportation le 1er avril 2014, il aurait éprouvé les plus grandes difficultés à transférer les technologies nécessaires à la fabrication des bateaux dans les chantiers d’Adélaïde. De plus, l’Australie a sans doute craint qu’un choix pour le Japon n’indispose trop fortement la Chine qui devient le partenaire commercial incontournable de la région, y compris en Australie.

Les Allemands pouvaient compter pour leur part sur un atout majeur : TKMS est le plus grand fabricant mondial de sous-marins conventionnels. Mais les Australiens avaient besoin d’un sous-marin qui ait une allonge plus grande que ceux fabriqués jusqu’alors par TKMS afin de pouvoir croiser jusqu’en Asie du Nord-Est. Sur le plan diplomatique, le choix allemand n’était certes pas susceptible d’effrayer la Chine, mais l’Australie avait besoin de plus qu’un fabricant de bateau, il voulait un partenaire stratégique qui ait des intérêts dans la région ce qui est le cas de la France avec notre présence en Nouvelle Calédonie et dans les Iles du Pacifique. La France conserve en effet de ce fait, même en quantité réduite, des moyens militaires dans la région.

Enfin dans cette équation australienne, il y avait également un quatrième pays qui comptait dans la décision : les Etats-Unis. Rien ne pouvait certainement se faire sans leur aval tant l’équipement en sous-marins de l’Australie joue un rôle dans l’équilibre militaire de la région. Cette implication américaine dans le choix du sous-marin japonais était symbolisée de deux manières. D’une part le système de combat qui devait équiper le sous-marin australien était nécessairement américain pour cause d’interopérabilité avec les forces américaines dans le Pacifique. D’autre part les Australiens avaient été jusqu’à nommer un ancien secrétaire d’Etat à la marine américain à la tête du panel d’experts qui avait été désigné pour évaluer les offres remises par les trois concurrents en novembre 2015. Pour cause d’alliance stratégique, on a d’ailleurs cru longtemps que les Japonais auraient gain de cause avec l’appui des Américains.
De ce fait il faut considérer le choix non seulement comme une victoire technologique et industrielle mais aussi comme une victoire diplomatique.

Sur le plan technologique et industriel, DCNS présentait tout d’abord la garantie de pouvoir développer le type de sous-marins que souhaitaient les Australiens. Celui-ci, plus gros que les sous-marins conventionnels fabriqués habituellement par DCNS, sera dérivé du sous-marin d’attaque fabriqué à l’heure actuelle pour la marine française. La différence majeure viendra du fait que le sous-marin australien aura une propulsion classique diesel/électrique et non une propulsion nucléaire comme le Barracuda français.

En second lieu, DCNS est habitué désormais à gérer des contrats importants de ventes de sous-marins comprenant la fabrication sur place et des transferts de technologie. C’est le cas des ventes de sous-marins Scorpène à l’Inde en 2005 et au Brésil en 2009. Or la question des emplois créés en Australie a pris une importance grandissante avec le temps. Le plan de charge en chute libre du chantier local ASC devait se traduire par des suppressions d’emplois dans la région d’Adélaïde, dans le Sud de l’Australie. Cette question était devenue un enjeu de campagne électorale en Australie avant les élections anticipée au mois de juillet de cette année et il était important pour le Premier ministre Malcolm Turnbull de communiquer rapidement et de manière positive sur ce sujet. C’est ce facteur qui a d’ailleurs desservi les Japonais dans la dernière ligne droite. Ces derniers avaient fait l’objet d’une campagne de presse très négative de la part des élus locaux du Sud de l’Australie et de la presse australienne, les Japonais ayant annoncé à l’origine qu’ils fabriqueraient les sous-marins destinés à l’Australie au Japon. Sur ce plan, DCNS a donc pu donner toute garantie quant à sa capacité à travailler avec les entreprises australiennes qui seront impliquées dans la fabrication du sous-marin.

Enfin, c’est une victoire diplomatique pour la France. Pour ce type de contrat très important il est en effet impossible de l’emporter sans une implication diplomatique forte. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe et la chancelière allemande Angela Merkel l’ont d’ailleurs fait mais sans succès. La France a peut-être su profiter d’une relative discrétion à ce niveau, préférant agir sans grande déclaration médiatique, en s’appuyant sur son bon positionnement diplomatique. La France est un acteur stratégique de la région, contrairement à l’Allemagne, mais elle n’est pas marquée aussi fortement que le Japon dans son opposition à la Chine ce qui pouvait rassurer les Australiens. La France a également sans doute profité de la bonne relation stratégique qui s’est nouée avec les Etats-Unis ces dernières années. Car si la décision ne se prenait pas à Washington, les Américains pouvaient en revanche certainement s’opposer à un choix qui n’aurait pas conduit à un renforcement de l’alliance stratégique dans la région.

Les conséquences de de contrat sont multiples. Tout d’abord, il va se traduire par un nombre important d’emplois en France : 4000 pour les six prochaines années selon DCNS. En second lieu, le phénomène the winner take all pourrait s’imposer. La concurrence est féroce sur le marché de l’exportation des sous-marins et la perte du contrat australien est une mauvaise nouvelle pour l’entreprise allemande TKMS. Ce choix peut donc être aussi l’occasion de relancer un processus de consolidation de l’industrie navale militaire européenne qui s’imposera de toute manière avec le temps.

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