Vous êtes ici

Agrégateur de flux

Les 100 Visages du Burkina Digital : Dr Borlli Michel Jonas Somé, le chercheur qui prépare le Burkina Faso à l'ère de l'intelligence artificielle

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:33

Les révolutions numériques les plus durables naissent dans les laboratoires de recherche, les amphithéâtres universitaires et les centres de formation. Elles prennent forme grâce à des enseignants-chercheurs qui, bien avant que les technologies ne deviennent des réalités économiques, forment les compétences, développent les connaissances et ouvrent de nouveaux champs d'innovation. Au Burkina Faso, Dr Borlli Michel Jonas Somé appartient à cette catégorie de bâtisseurs.

Enseignant-chercheur, Maître de conférences en informatique, spécialiste des bases de données, des systèmes d'information et, plus récemment, de l'intelligence artificielle appliquée aux langues africaines et à la santé numérique, il consacre depuis plus de vingt ans son expertise à la formation des ingénieurs et à la production de connaissances scientifiques. Son parcours, qui conjugue excellence académique et responsabilités administratives, fait aujourd'hui de lui l'une des figures majeures de la recherche informatique au Burkina Faso. Depuis avril 2025, il occupe les fonctions de Secrétaire général du Ministère de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques, où il met son expérience universitaire au service des politiques publiques du numérique.

Une vocation construite autour de l'informatique

Le parcours de Borlli Michel Jonas Somé débute avec une passion précoce pour les sciences exactes. Après un baccalauréat série E au Lycée technique de Ouagadougou, il poursuit ses études au Maroc, où il obtient successivement une licence en informatique, un Diplôme d'Études Supérieures Approfondies en réseaux informatiques, puis un doctorat en sciences appliquées, spécialité informatique, à l'École Mohammadia d'Ingénieurs de l'Université Mohammed V de Rabat.

Cette solide formation scientifique lui permet d'acquérir une maîtrise approfondie des systèmes d'information, des bases de données et des architectures informatiques, à une période où les technologies numériques commencent à transformer profondément les administrations et les entreprises africaines.

Former plusieurs générations d'informaticiens

Depuis octobre 2005, Dr Somé est enseignant-chercheur permanent à l'École Supérieure d'Informatique (ESI) de l'Université Nazi BONI. Affilié au Laboratoire d'Algèbre, de Mathématiques Discrètes et d'Informatique (LAMDI), il dispense des enseignements couvrant l'algorithmique, la programmation, les systèmes d'information, les bases de données, les technologies web et XML, ainsi que l'administration et la sécurité des bases de données.

Au fil des années, il contribue à former plusieurs générations d'ingénieurs, de développeurs et de chercheurs qui occupent aujourd'hui des responsabilités importantes dans les administrations, les universités, les entreprises technologiques et les startups du Burkina Faso. Pour lui, la souveraineté numérique commence par la maîtrise des compétences.

Bâtir une école de référence

Au-delà de son activité d'enseignant, Borlli Michel Jonas Somé joue un rôle majeur dans le développement institutionnel de l'École Supérieure d'Informatique. Après avoir exercé les fonctions de Directeur adjoint entre 2009 et 2013, il devient Directeur de l'ESI de septembre 2023 à avril 2025.

À la tête de cette école, il accompagne le renforcement de la qualité des formations, le développement de la recherche scientifique et l'ouverture de l'établissement vers les nouveaux domaines du numérique, notamment l'intelligence artificielle et les sciences des données. Cette responsabilité prolonge un engagement ancien en faveur de l'excellence académique.

Quand l'intelligence artificielle parle les langues africaines

L'un des aspects les plus remarquables du parcours de Dr Somé réside dans son orientation vers des recherches qui répondent directement aux réalités africaines. Ses travaux portent aujourd'hui sur les bases de données, les ontologies et le Web sémantique, les plateformes d'e-learning, l'intelligence artificielle, le traitement automatique des langues naturelles (Natural Language Processing – NLP).

Sous sa direction, plusieurs thèses explorent des problématiques inédites, comme la reconnaissance des émotions et le traitement automatique de la parole en mooré, la traduction vocale entre le mooré et l'anglais, ou encore le développement de jeux sérieux pour la transmission des savoirs endogènes. Ces recherches démontrent que l'intelligence artificielle peut être mise au service de la valorisation des langues nationales et des connaissances locales, un enjeu essentiel pour un développement numérique inclusif.

L'intelligence artificielle au service de la santé

Dr Somé s'intéresse également aux applications de l'intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Il dirige actuellement plusieurs travaux doctoraux portant sur l'automatisation du diagnostic de la malaria grâce à l'apprentissage automatique, l'utilisation des grands modèles de langage (LLMs) pour intégrer les terminologies biomédicales locales aux standards internationaux, les technologies mobiles destinées à améliorer la littératie en santé dans les zones défavorisées. À travers ces recherches, il contribue à faire émerger une intelligence artificielle adaptée aux réalités africaines, capable d'améliorer concrètement les services de santé.

Une recherche reconnue à l'international

Les travaux de Dr Borlli Michel Jonas Somé sont publiés dans plusieurs revues et conférences scientifiques internationales. En 2025, il codirige notamment les actes de la première conférence internationale AFRI² – Africa Data, Artificial Intelligence and Innovations, consacrée aux données, à l'intelligence artificielle et aux innovations africaines, publiés chez Springer.

Ses publications récentes portent notamment sur la traduction vocale des langues africaines par Deep Learning, les jeux de données pour les langues à faibles ressources, les outils d'annotation audio et vidéo en langues africaines, l'e-santé, la littératie numérique en santé, les technologies mobiles destinées aux populations vulnérables. Ces travaux contribuent à renforcer la visibilité internationale de la recherche burkinabè en intelligence artificielle.

De l'université à la gouvernance du numérique

Le parcours de Dr Somé ne se limite pas à la recherche. Entre 2014 et 2016, il occupe les fonctions de Secrétaire général de l'Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC), où il participe à la mise en œuvre de plusieurs programmes de développement numérique. Depuis avril 2025, il est Secrétaire général du Ministère de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques. À ce poste, il contribue à la coordination administrative et stratégique des politiques publiques relatives à la transformation digitale, aux infrastructures numériques et à l'innovation. Cette double expérience, académique et institutionnelle, lui permet de rapprocher le monde de la recherche des besoins concrets de l'administration.

Former les chercheurs de demain

Au-delà de ses propres travaux, Dr Somé est un bâtisseur d'équipes de recherche. Il dirige ou codirige plusieurs thèses de doctorat dans des domaines aussi variés que l'intelligence artificielle, le Deep Learning, le traitement automatique de la parole, la santé numérique, les systèmes d'information, les jeux sérieux appliqués aux savoirs endogènes. À travers cet encadrement, il contribue à faire émerger une nouvelle génération de chercheurs capables d'apporter des réponses africaines aux défis numériques contemporains.

Une vision du numérique fondée sur la recherche et l'innovation

Chez Dr Borlli Michel Jonas Somé, le numérique ne peut être durable que s'il s'appuie sur une recherche scientifique de qualité. Former des ingénieurs, produire des connaissances, développer des solutions adaptées aux réalités locales et rapprocher l'université des politiques publiques : telle est la ligne directrice de son parcours. Cette vision rejoint pleinement les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui place l'intelligence artificielle, la recherche et l'innovation au cœur de la souveraineté numérique du Burkina Faso.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'il est l'un des principaux artisans de la formation des compétences informatiques au Burkina Faso.

Parce qu'il contribue, depuis plus de vingt ans, à développer une recherche de haut niveau dans les domaines des systèmes d'information, des bases de données et de l'intelligence artificielle.

Parce qu'il œuvre à faire des langues africaines, de la santé numérique et des connaissances endogènes de nouveaux champs d'application de l'intelligence artificielle.

Et parce qu'il incarne cette génération d'universitaires qui mettent la science, la recherche et l'innovation au service de la transformation numérique du Burkina Faso.

www.lefasodigital.net

Catégories: Afrique

Université Nazi Boni : La fin des retards académiques célébrée, une nouvelle ère s'ouvre pour l'enseignement supérieur

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:30

L'Université Nazi Boni (UNB) a officiellement tourné une page importante de son histoire. À l'occasion de la clôture de l'année académique 2025-2026, les autorités universitaires, gouvernementales et régionales ont célébré, ce lundi 3 août, la normalisation complète des années académiques, mettant ainsi fin aux retards et chevauchements qui affectaient l'institution depuis plusieurs années. La cérémonie, placée sous la présidence du ministre en charge de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, le Pr Adjima Thiombiano, a eu lieu sur le site de l'INSSA, à Bobo-Dioulasso.

La journée a débuté par la cérémonie solennelle de montée des couleurs nationales, présidée par le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, le Pr Adjima Thiombiano, en présence du ministre de la Construction de la patrie, Mikaïlou Sidibé, et de la gouverneure de la région du Guiriko, Mariama Konaté/Gnanou. Responsables administratifs, forces de défense et de sécurité, étudiants, enseignants et personnels de l'université ont honoré les couleurs nationales au son du Ditanyè interprété en langue dioula.

Prenant la parole lors de la cérémonie de clôture, le président de l'université Nazi Boni, le Pr Hassane Nacro, a salué « un tournant décisif dans l'histoire de l'université ». Il a annoncé avec satisfaction que toutes les offres de formation sont désormais revenues à un calendrier académique normalisé. « Ce résultat est le fruit d'un engagement collectif exceptionnel des enseignants-chercheurs, des chercheurs, du personnel administratif, technique et de soutien, des organisations estudiantines ainsi que des étudiants, qui ont accepté de travailler durant les week-ends, les congés et les vacances pour rattraper les retards accumulés », a reconnu le premier responsable de l'université Nazi Boni.

Des participants lors de la cérémonie

Le président de l'UNB a également rendu hommage aux partenaires institutionnels, aux autorités régionales et aux structures ayant accompagné l'université en mettant des infrastructures, des moyens logistiques et divers appuis à sa disposition. Il a eu une pensée particulière pour les professionnels des médias, dont l'accompagnement a permis de valoriser les efforts entrepris par l'institution tout au long du processus de normalisation.

Pour le ministre en charge de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, le Pr Adjima Thiombiano, cette réussite constitue l'un des principaux défis relevés par son département. Il a félicité les enseignants, les chercheurs, le personnel ATOS et surtout les étudiants, qu'il a qualifiés de « héros », pour les sacrifices consentis afin de mettre définitivement fin aux chevauchements des années académiques. Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver cet acquis à travers la discipline, le travail et la responsabilité, en cohérence avec les ambitions de la Révolution progressiste populaire (RPP) pour bâtir un enseignement supérieur performant.

Le ministre de l'enseignement superieur invite l'ensemble des acteurs a consolidé ces acquis

La gouverneure du Guiriko, Mariama Konaté/Gnanou, marraine de la cérémonie, a pour sa part salué une victoire collective rendue possible grâce à l'engagement des plus hautes autorités, de la communauté universitaire et des partenaires. Elle a invité les étudiants à faire preuve de patriotisme, de discipline et d'engagement afin de contribuer activement au développement du Burkina Faso.

La gouverneure au micro des journalistes

Au-delà de la célébration, cette normalisation marque le début d'une nouvelle étape pour l'université Nazi Boni, désormais appelée à consolider ses acquis et à renforcer son ambition d'excellence en matière de formation, de recherche et d'innovation.

Djaryigo Diarra
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Souveraineté numérique/Domestication des noms de domaine : « L'idée, c'est que Internet soit un monde et surtout que chacun sache s'y reconnaître » (Wilfried Quenum, SIPEN-UEMOA 2026)

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:28

Au cours du IVᵉ Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN-UEMOA) 2026, tenu les 14 et 15 juillet à Ouagadougou, et dans la volonté d'une souveraineté africaine en la matière, il a également été question de domestication des noms de domaine. Dans cet esprit, des participants, spécialistes du numérique, ont jeté les bases d'une alliance ouest-africaine. L'un des principaux artisans de la dynamique, Wilfried Quenum, CEO IT-NUM, président du FGI Bénin, situe sur les enjeux et contours du sujet.

Lefaso.net : En tant que professionnel du domaine du numérique, comment appréciez-vous ce cadre, le SIPEN-UEMOA ?

Wilfried Quenum : C'est justement ce genre de cadres que nous recherchons, pour pouvoir exporter nos voix dans plusieurs pays. C'est aussi l'occasion de rencontrer différents pairs. Cela n'a pas de prix.

Il est également question de la perspective d'Alliance ouest-africaine des noms de domaines (AOAN), sur laquelle vous venez de livrer une communication. De quoi s'agit-il, concrètement ?

Effectivement, nous sommes à l'origine de l'initiative sur l'Alliance ouest-africaine des noms de domaine. C'est une initiative qui permettra aux pays de s'intéresser davantage à la question, de pouvoir s'unir pour mener le même combat de développement des noms de domaine. De façon concrète, elle va permettre de renforcer les capacités et de mutualiser les expertises, de promouvoir les CCTLD nationaux dans l'espace régional, d'avoir une représentation régionale dans les fora internationaux, etc. C'est ce que j'ai présenté et à la fin, ça a fait l'unanimité. Maintenant, il faut passer à la phase opérationnelle et j'espère que cela va se poursuivre.

Quel est l'intérêt d'avoir un tel cadre, y a-t-il nécessité d'avoir des noms de domaine locaux ?

L'idée de fond de ce cadre commun, c'est que tous ont le même problème en matière de noms de domaine, très peu l'utilisent, et face aux difficultés techniques, économiques, aucun n'arrive, seul, à se développer convenablement. Donc, unir les forces pour faire face au même problème que chacun subit, je crois que c'est une bonne initiative. C'est comme à l'époque du COVID, chacun n'est pas resté seul dans son pays pour lutter contre l'épidémie, il y a eu une alliance de tous les pays du monde. C'est ainsi qu'on est parvenu à trouver la solution. C'est pareil dans ce domaine également.

Est-ce vraiment un enjeu pour les pays ?

Tout à fait ! Ce d'autant qu'on parle de souveraineté, d'identification. Je pourrais reconstituer la question en disant : est-ce que le passeport est un enjeu pour un État ? Est-ce que la nationalité est un enjeu pour un État ? Si oui, alors le nom de domaine l'est également, car il est l'équivalent du passeport sur internet. Quand quelqu'un a un site web.bf, on sait systématiquement qu'il a un lien direct avec le Burkina. Quand par exemple on a un site web.sn, on sait qu'il a un lien avec le Sénégal. Donc, c'est une identification forte. Aussi, il permet de savoir qui fait quoi et comment, pour qu'il y ait un environnement sécurisé, sain et de confiance.

La question de fiabilité et de qualité n'est-elle pas un préalable à la domestication des noms de domaine ?

Oui et non ! Prenons la chose autrement, la nourriture locale, par exemple. On a une bonne dame qui fait du riz dans une rue, et il y a un hôtel cinq étoiles qui fait également du riz. Est-ce pour cela que l'activité de la bonne dame va disparaître parce qu'on ne mangera que le riz préparé dans un cinq étoiles ? Non, le riz local, la cuisine locale a toute sa force. C'est l'identification. J'ai découvert aujourd'hui le « gonré », un plat local qui fait la fierté nationale. Le poulet flambé, c'est l'identité du Burkina ! Mais vous n'allez pas effacer ces identités pour dire qu'il y a un risque dans la cuisine, est-ce qu'il n'y a pas de microbes, etc. ? Là n'est pas la question. La question, c'est de valoriser. S'il y a des points faibles, on va les corriger. Mais on ne va pas rejeter le poulet flambé, qui est la particularité du Burkina. On ne va pas rejeter le « gonré », qui est l'identité nationale. Ce n'est pas parce que c'est fait par la bonne dame que ce n'est pas sain. Ce n'est pas parce que c'est fait par quelqu'un qui n'est pas riche que ce n'est pas mangeable. Donc, essayons de valoriser cela et que chacun s'y retrouve. C'est cela l'identification. L'idée, c'est qu'internet soit un monde et surtout que chacun sache s'y reconnaître.

Internet offre certes beaucoup de possibilités, mais il y a aussi le revers de la médaille, surtout quand on établit le lien avec la jeunesse africaine. Quel conseil donneriez-vous pour qu'il soit davantage un outil d'opportunités ?

Justement, c'est pour cela qu'on parle de cadre de gouvernance de l'internet ; c'est savoir comment façonner internet pour qu'il soit un espace sécurisé pour tout le monde. Donc, je dis à tout le monde de contribuer sur la manière de façonner internet. Aujourd'hui, on a l'impression que tout le monde pense qu'internet est fait pour construire, personne ne se dit qu'elle peut modifier la manière de faire fonctionner internet. Et c'est cela le cadre juridique. On peut décider de définir comment Internet sera exploité dans un pays, comment il sera mieux orienté. Et cela fait partie des lots de réflexions de l'alliance que nous sommes en train de mettre en place, pour faire passer le message aux dirigeants, aux intéressés, pour dire qu'on peut faire les choses de telle manière plutôt que de subir comme si on ne peut rien modifier. À titre illustratif, aujourd'hui, beaucoup de pays se plaignent de TikTok, en indexant la prolifération des comportements qui choquent les mœurs, c'est devenu un réseau problématique. Justement, quand on sait contrôler, on peut être en train de réguler ces contenus, la manière dont cela sera. Ça se discute autour d'une table, dont le sujet sera « gouvernance de l'Internet ». Et la gouvernance de l'internet inclut les noms de domaine, l'utilisation, le fonctionnement, etc. Donc, ce n'est pas mauvais ; en toute chose, il y a un bon et un mauvais côté, il faut savoir corriger le mauvais côté.

En un mot, l'Afrique doit donc paramétrer internet pour convenir à ses réalités et besoins ?

Exactement ! On doit réguler internet qui fonctionne suivant nos besoins et non qu'on l'utilise tel qu'on le connaît pendant les années, fait par les autres. Aujourd'hui, internet peut être construit suivant nos réalités et suivant nos besoins et urgences.

Une volonté politique, donc ?

La volonté de tout le monde : politique, privé, simples utilisateurs, etc. Tout le monde peut faire modifier le fonctionnement de l'internet.

Entretien réalisé par O. L.
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Burkina Faso : Alexis Yaméogo, une plume entre journalisme, littérature et communication

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:25

Pour beaucoup de lecteurs, il est Clément Zongo, chroniqueur dont les analyses paraissent chaque vendredi dans Sidwaya. Les auditeurs de Radio Pulsar 94.8 FM, eux, reconnaissent sa voix avant même son nom. À l'état civil, pourtant, il s'appelle Alexis Yaméogo. Journaliste, écrivain et communicateur, son parcours est celui d'un homme qui a su transformer une passion d'enfant en une carrière riche, couronnée par de nombreuses distinctions littéraires.

Bien avant les studios de radio et les salles de rédaction, tout commence dans la cour familiale. Chaque jour, à l'heure du journal de 13 heures de Radio Burkina, le silence était imposé.

« Mon père n'avait pas eu la chance d'aller à l'école, mais lorsqu'arrivait l'heure du journal, personne ne devait faire du bruit. Il suivait attentivement les informations. Moi, j'étais assis à côté de lui et ce qui me fascinait, c'était le jingle, puis la voix du journaliste qui disait : “Mesdames et Messieurs, bonjour…”. Un jour, j'ai regardé mon père et je lui ai dit : “Moi aussi, je serai journaliste. Je vais parler à la radio comme ce monsieur.” Il m'a simplement répondu : “Travaille bien à l'école et tu pourras le devenir.” Cette phrase ne m'a jamais quitté. »

Ce rêve d'enfant grandit avec lui. Au moment de choisir son orientation après le baccalauréat, il prépare avec détermination le concours d'entrée en arts et communication, qu'il réussit.

À l'université, une autre rencontre vient renforcer sa conviction. Lors d'un exercice de radio-école, le professeur Baba Hama remarque immédiatement son timbre de voix.

« Après ma lecture, il s'est arrêté et a demandé : “C'est la voix de qui ?” Il m'a ensuite dit que j'avais déjà un atout, ma voix, mais qu'il fallait continuer à la travailler. Ce jour-là, j'ai compris que je n'avais peut-être pas fait fausse route. »

Une double carrière entre communication et journalisme

S'il choisit finalement la spécialisation en communication d'entreprise et relations publiques, Alexis Yaméogo ne tourne jamais le dos au journalisme. Son stage à Radio Pulsar devient rapidement une opportunité professionnelle. Il apprend à rédiger des brèves, présenter les flashs d'information, réaliser des reportages, monter des éléments sonores et même assurer la technique en direct.

« Nous quittions parfois les cours pour aller présenter les journaux. Nous découvrions le vrai terrain. Petit à petit, on m'a confié davantage de responsabilités et, aujourd'hui encore, je suis le seul de cette promotion à être resté à Radio Pulsar. »

En 2013, sa plume attire l'attention du quotidien Sidwaya, qui lui propose une chronique hebdomadaire.
« On m'a simplement demandé de mettre ma plume au service du journal. C'est ainsi qu'est née “La chronique de Clément Zongo”. Aujourd'hui, j'ai plus de 400 chroniques à mon actif. »

L'écrivain est né d'un défi

Si le journalisme est un rêve d'enfance, l'écriture littéraire arrive presque par hasard. Longtemps, Alexis Yaméogo ne se croyait pas capable d'écrire un livre. Ce sont ses amis qui le poussent à participer au Grand Prix national des arts et des lettres de la Semaine nationale de la culture (SNC) en 2014. Dans la précipitation, il rassemble des poèmes sans même prévoir un titre. Au moment de l'impression, il improvise. « Juste un coup de plume ! » Quelques semaines plus tard, Alexis Yaméogo apprend qu'il vient de décrocher le premier prix.

« Je n'avais jamais imaginé écrire un livre. Je lisais les auteurs avec admiration, mais je me demandais toujours comment on pouvait remplir plus de deux cents pages. Cela me paraissait impossible. Cette récompense a complètement changé ma façon de me voir. Je me suis dit que je possédais quelque chose en moi, mais que je manquais simplement de confiance. »

“Moah, le fils de la folle”, le roman de la consécration

En 2016, une scène observée pendant quelques minutes dans un marché de Ouagadougou bouleverse profondément l'écrivain. Un enfant qui refusait d'aller dans les bras de sa mère souffrant de troubles mentaux. De cette émotion naît Moah, le fils de la folle, un roman qui lui vaut le premier prix de la SNC en 2018.

« Je n'ai jamais oublié cette scène. Pendant deux semaines, j'y ai pensé sans arrêt. Puis je me suis dit : cette histoire mérite d'être racontée. Et c'est le livre qui me touche le plus. En le relisant, il m'est arrivé de pleurer sur mes propres phrases. Parfois, je me demande encore comment j'ai réussi à écrire certaines scènes. »

L'œuvre dépasse rapidement les frontières du simple succès littéraire. Elle est étudiée dans plusieurs universités, inspire des mémoires et attire même l'attention d'une productrice américaine.

« Une dame installée aux États-Unis m'avait contacté parce qu'elle souhaitait adapter le roman au cinéma. Le projet n'a finalement pas abouti, mais cela m'a montré que nos histoires peuvent voyager très loin. »

Depuis ses premiers succès, Alexis Yaméogo accumule les distinctions en poésie, en roman, en nouvelles et en journalisme. Parmi elles figurent le Premier prix en poésie au concours de créativité sur les droits humains organisé par la coopération allemande, le Premier prix du concours journalistique sur l'amitié Chine-Burkina, plusieurs récompenses au Grand Prix national des arts et des lettres ainsi que des distinctions en nouvelles et en poésie.

Son œuvre comprend aujourd'hui plusieurs livres édités, notamment Moah, le fils de la folle, La fille aux cheveux châtains, Les Chroniques de Clément Zongo et Juste un coup de plume !, auxquels s'ajoutent plusieurs manuscrits encore inédits.

Paradoxalement, celui qui multiplie aujourd'hui les distinctions affirme que son principal obstacle n'a jamais été le manque de talent, mais le manque de confiance en lui.

Il cite sa première participation à la SNC comme preuve que beaucoup renoncent avant même d'avoir essayé. Pour lui, l'audace précède souvent la réussite.

Mais l'écriture présente aussi ses défis dont le syndrome de la page blanche, les coûts élevés de l'édition, la nécessité d'être relu par des lecteurs exigeants ou encore la difficulté de trouver des financements. Grâce au soutien du Bureau burkinabè du droit d'auteur (BBDA), de la SNC et de plusieurs proches, il parvient néanmoins à faire publier ses ouvrages.

Clément Zongo, un nom pour honorer ses parents

« Clément est le prénom de mon père. Zongo est le nom de jeune fille de ma mère. Associer leurs deux noms est ma manière de leur rendre hommage. Sans eux, je ne serais jamais devenu celui que je suis aujourd'hui. »

Le souvenir le plus marquant reste celui de son échec au BEPC. Alors que son père venait lui-même de perdre son emploi, celui-ci lui offre pourtant un vélo.

« Je n'avais jamais vu quelqu'un offrir un cadeau à un enfant qui venait d'échouer. Ce jour-là, mon père ne m'a pas offert un simple vélo. Il m'a offert sa confiance. Il m'a donné tout son cœur. C'est certainement le plus grand cadeau de ma vie. »

Un message à la jeunesse

Aujourd'hui encore, Alexis Yaméogo continue de partager son temps entre le journalisme, la littérature et la communication. Plusieurs manuscrits attendent d'être publiés, dont Papa, mon cœur, un roman inspiré de l'amour inconditionnel de son père.

Mais au-delà des livres, il souhaite surtout transmettre une conviction.

« Pendant longtemps, mon plus grand ennemi a été le manque de confiance en moi. Si je peux dire quelque chose aux jeunes aujourd'hui, c'est de croire en leurs capacités. Beaucoup abandonnent avant même d'avoir essayé. Il faut oser. On est souvent plus capable qu'on ne le pense. »

Hanifa Koussoubé
Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Vidéo-verbalisation : Les caméras aiguisent leur regard en attendant de s'attaquer aux motocyclistes

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:20

Depuis le 1er août 2026, les automobilistes de Ouagadougou savent désormais qu'ils ne sont plus seulement observés par les agents de police postés aux carrefours. Les caméras de vidéo-verbalisation sont entrées en service et enregistrent automatiquement les infractions au code de la route. En quelques heures seulement, plus d'un millier de contraventions ont été relevées, selon le ministre de la sécurité, Mahamadou Sana.

Chaque jour à Ouagadougou, le spectacle est le même. Des conducteurs brûlent les feux tricolores, utilisent leur téléphone en circulation, roulent à vive allure dans les zones urbaines ou effectuent des manœuvres dangereuses sans craindre des sanctions. Dans un tel contexte, la vidéo-verbalisation apparaît moins comme une mesure répressive que comme une nécessité. Elle introduit un contrôle permanent là où la présence humaine ne peut être assurée en continu. Contrairement aux contrôles classiques, les caméras ne se fatiguent pas, ne détournent pas le regard.

Les statistiques des accidents de la route justifient également cette évolution. Plus de 11 000 accidents, près de 650 décès et environ 9 000 blessés en seulement six mois constituent un bilan suffisamment lourd pour convaincre même les plus sceptiques de la nécessité d'agir.

Une technologie qui peut changer les comportements

L'expérience de plusieurs pays montre que la certitude d'être sanctionné est souvent plus efficace que la sévérité de la sanction elle-même. Lorsque les usagers savent qu'ils peuvent être identifiés à tout moment, ils modifient progressivement leurs habitudes.

La vidéo-verbalisation pourrait ainsi contribuer à instaurer une nouvelle culture routière au Burkina Faso. Une culture fondée sur le respect des règles plutôt que sur la peur d'un contrôle ponctuel.

Toutefois, l'efficacité du système dépendra de sa crédibilité. Les citoyens doivent avoir l'assurance que les infractions sont constatées de manière objective et que les procédures de contestation sont transparentes en cas d'erreur.

Ne pas s'arrêter aux feux rouges et aux excès de vitesse

Si le dispositif cible actuellement certaines infractions majeures, son potentiel est beaucoup plus vaste. Les autorités gagneraient à intégrer progressivement d'autres comportements dangereux qui empoisonnent quotidiennement la circulation.

Parmi eux les stationnements anarchiques sur les voies publiques, l'occupation illégale des trottoirs, les dépassements dangereux, la circulation en sens interdit, le non-respect des passages piétons, les chargements dangereux. Dans plusieurs quartiers, ces infractions sont devenues tellement courantes qu'elles semblent parfois tolérées. Pourtant, elles contribuent fortement aux accidents, et aux embouteillages.

Le défi des vitres teintées

L'un des défis majeurs du système concerne les véhicules dotés de vitres fortement teintées. Si les plaques d'immatriculation permettent d'identifier le propriétaire du véhicule, certaines infractions nécessitent parfois une identification visuelle du conducteur. C'est notamment le cas de l'utilisation du téléphone au volant ou du non-port de la ceinture de sécurité.

Les autorités devront donc veiller à l'application stricte de la réglementation relative aux vitres teintées. Les dérogations éventuelles devraient être clairement encadrées et réservées aux situations légalement justifiées.
À défaut, certains usagers pourraient être tentés de considérer les vitres opaques comme un moyen de contourner le dispositif.

Le risque du retrait des plaques d'immatriculation

L'autre menace prévisible concerne les motocyclistes qui pourraient être tentés d'enlever leurs plaques d'immatriculation afin d'échapper à l'identification automatique. Une moto sans plaque ou portant une plaque volontairement masquée devient pratiquement impossible à identifier à distance.

Face à ce risque, les contrôles physiques sur le terrain devront accompagner la vidéo-verbalisation. Une sanction particulièrement dissuasive pourrait être appliquée aux conducteurs circulant sans plaque ou avec une plaque volontairement dissimulée. Car retirer sa plaque pour éviter une amende constitue une infraction encore plus grave que celle que l'on cherche à cacher.

La vidéo-verbalisation ne résoudra pas à elle seule les problèmes de sécurité routière. Cependant, elle marque un tournant important dans la gestion de la circulation au Burkina Faso. Elle devra s'étendre progressivement à l'ensemble des comportements dangereux qui menacent quotidiennement la vie des usagers.

Pour l'instant, beaucoup de motocyclistes observent la vidéo-verbalisation de loin, comme si elle concernait uniquement les automobilistes. Mais bientôt, les caméras élargiront leur champ de vision. Et ce jour-là, les slaloms entre les véhicules ou entre la chaussée et la piste cyclable. Après tout, la route est la même pour tous ; il n'y avait aucune raison que les caméras choisissent un camp.

Fredo Bassolé
Lefaso.net

Lire aussi : Incivisme routier : Des livreurs entre pression et imprudence

Circulation routière : Lignes continues, discontinues… On joue avec le danger !

Accidents impliquant des cars de transport : La responsabilité que personne ne veut assumer

Catégories: Afrique

Bronchiectasie : « Une toux chronique accompagnée de crachats souvent abondants, épais et parfois jaunâtres doit alerter » (Dr Julienne Ouédraogo)

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:18

Toux persistante avec crachats ? Il pourrait s'agir d'une bronchiectasie, plus connue sous le nom de Dilatation des bronches (DDB). Cette maladie chronique des poumons, encore trop méconnue, mérite qu'on s'y intéresse de près. Le Dr Julienne Ouédraogo, pneumologue au CHU Tengandogo, nous aide à y voir plus clair.

Pouvez-vous nous expliquer simplement ce qu'est la bronchiectasie, ou dilatation des bronches ?

Dr Julienne Ouédraogo : Pour bien comprendre, imaginez vos bronches comme les branches d'un arbre à l'intérieur de vos poumons. Normalement, ces « branches » sont souples et tapissées de tout petits cils qui font remonter le mucus vers la gorge pour l'évacuer. Dans la bronchiectasie (que l'on appelle donc Dilatation des bronches, ou DDB) ces bronches s'abîment, perdent leur élasticité et se dilatent de façon définitive. Les petits cils nettoyeurs ne fonctionnent plus correctement. Le mucus stagne alors dans les voies respiratoires. Ce mucus accumulé devient un nid idéal pour les microbes, ce qui provoque des infections. Ces infections entretiennent à leur tour l'inflammation, qui abîme encore davantage les bronches. C'est un véritable cercle vicieux qui s'installe, et c'est ce qui rend la maladie chronique.

Est-ce une pathologie fréquente dans notre pays ?

Dans des régions comme le Burkina Faso, où la tuberculose est encore très présente, une grande partie des cas de bronchiectasie sont des séquelles laissées par cette infection. Malheureusement, nous ne disposons pas encore de registre national pour connaître précisément le nombre de personnes atteintes. Tout porte à croire que la maladie est largement sous-diagnostiquée. Pourquoi ? Parce que ses symptômes, comme la toux grasse, ressemblent à ceux d'autres maladies respiratoires comme la bronchite chronique. Par ailleurs, l'examen qui permet de confirmer le diagnostic avec certitude est le scanner thoracique, mais cet appareil reste peu accessible dans plusieurs régions et son coût constitue un frein pour de nombreux patients, malgré les efforts de subvention déployés.

Quelles sont les principales causes de cette dilatation des bronches ?

Les causes sont nombreuses et on les regroupe en deux grandes catégories. D'un côté, il y a les bronchiectasies dites « diffuses », qui touchent plusieurs zones des poumons. Elles peuvent être provoquées par des infections respiratoires contractées durant la petite enfance, comme la coqueluche ou la rougeole. Elles peuvent aussi être liées à certaines maladies génétiques rares comme la mucoviscidose. De l'autre côté, on trouve les bronchiectasies « localisées », qui n'affectent qu'une partie précise des poumons. Celles-ci sont souvent la conséquence de séquelles d'une tuberculose pulmonaire, mais elles peuvent aussi être causées par un corps étranger bloqué dans une bronche ou par une tumeur qui comprime les voies respiratoires. Malgré tous les examens, il arrive que l'on ne parvienne pas à identifier la cause précise.

Quelles sont les personnes les plus exposées à ce risque ?

Les personnes qui ont déjà souffert de tuberculose pulmonaire sont particulièrement vulnérables, tout comme celles qui ont eu des infections respiratoires à répétition durant leur enfance. Les patients dont les défenses immunitaires sont affaiblies, ceux qui vivent avec une bronchopneumopathie chronique obstructive sévère, ou encore les personnes porteuses de maladies génétiques rares touchant les bronches sont également plus exposées. Dans notre contexte, je voudrais insister sur un point essentiel : si vous avez eu la tuberculose et que vous continuez à tousser en crachant pendant plusieurs mois après la fin de votre traitement, il est absolument nécessaire de consulter un pneumologue pour vérifier qu'une bronchiectasie ne s'est pas installée.

Quels sont les signes qui doivent alerter la population ?

Le signal d'alarme numéro un, c'est une toux chronique et quotidienne, accompagnée de crachats souvent abondants, épais et parfois jaunâtres, surtout le matin au réveil. On parle de « bronchorrhée » pour désigner cette production importante de mucus. Il faut aussi être attentif aux infections pulmonaires qui reviennent sans cesse, à un essoufflement qui s'installe dans les efforts, ou encore à la présence de sang dans les crachats, ce qui est un signe particulièrement inquiétant qui nécessite une consultation rapide.

Quels sont les principaux défis pour la prise en charge de la DDB au Burkina Faso ?

Les difficultés sont réelles, à la fois pour poser le diagnostic et pour traiter les patients. Le premier obstacle, c'est le diagnostic lui-même : comme je l'ai dit, les symptômes ne sont pas spécifiques, et on confond souvent cette maladie avec une bronchite chronique ou une rechute de tuberculose. L'accès au scanner haute résolution reste limité et coûteux, et les examens de laboratoire pour identifier les germes responsables des surinfections ne sont pas toujours disponibles. Sur le plan thérapeutique, nous manquons de kinésithérapeutes formés à la réhabilitation respiratoire, alors que ces soins sont essentiels. De plus, certains antibiotiques spécifiques, les solutions salines qui aident à fluidifier le mucus, ainsi que certains médicaments à inhaler sont difficiles à trouver ou trop chers pour une grande partie de la population. Enfin, la méconnaissance de cette maladie par le grand public et parfois par les soignants des structures de premier recours retarde souvent sa prise en charge.

Quels sont vos conseils pour améliorer la qualité de vie des personnes qui vivent avec une bronchiectasie ?

L'objectif principal est de limiter les poussées infectieuses et de préserver au maximum la capacité respiratoire. Pour cela, je conseille aux patients de ne jamais manquer leurs rendez-vous de suivi avec leur pneumologue et de ne surtout pas interrompre leur traitement sans avis médical. Il est très utile d'apprendre les techniques de drainage bronchique pour aider à évacuer les sécrétions, de boire beaucoup d'eau pour fluidifier le mucus, et de pratiquer une activité physique régulière, adaptée à son état, car le mouvement aide les poumons à mieux fonctionner. Il est également capital d'éviter absolument le tabac et de se protéger des fumées domestiques. Dès l'apparition d'un nouveau symptôme respiratoire, il faut consulter rapidement. Je recommande aussi de suivre les campagnes de vaccination, notamment contre la grippe, et le pneumocoque, et d'adopter une alimentation équilibrée pour garder des forces et un bon état nutritionnel.

Quel message souhaitez-vous adresser à l'ensemble de la population au sujet de la dilatation des bronches ?

Je voudrais dire aux gens que la bronchiectasie, cette dilatation anormale des bronches, est une maladie chronique, mais qu'elle n'est pas une fatalité. Surtout, je voudrais insister sur un point essentiel : une toux avec crachats qui persiste pendant plusieurs mois ne doit jamais être prise à la légère. Plus le diagnostic est posé tôt, plus nous avons de moyens pour ralentir l'évolution de la maladie et préserver une bonne qualité de vie. Il est également crucial de bien traiter toutes les infections respiratoires, d'aller jusqu'au bout de son traitement contre la tuberculose et de consulter un professionnel de santé devant toute toux qui traîne. Avec un suivi médical régulier, des traitements adaptés et une bonne hygiène de vie, de nombreuses personnes vivant avec une DDB peuvent tout à fait mener une vie active, autonome et pleine de projets.

Propos recueillis par Rama Diallo

Catégories: Afrique

Burkina/Transport routier de marchandises : La professionnalisation et le respect des règles, leviers de compétitivité économique

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:15

Le renforcement de la réglementation du transport routier de marchandises constitue un impératif pour garantir la sécurité routière, préserver les infrastructures et améliorer la compétitivité économique du Burkina Faso. C'est le principal message délivré par Baowendmanegre Zoungrana lors de sa communication présentée le 29 juillet 2026, à Ouagadougou, au cours du séminaire organisé par l'Observatoire pour la célérité des opérations douanières au Burkina Faso (OCOD-BF).

Le transport routier demeure l'épine dorsale des échanges commerciaux du Burkina Faso. Selon les statistiques présentées par le communicateur, plus de 7,65 millions de tonnes de marchandises ont transité à travers les principaux corridors du pays, contre environ 5 millions de tonnes en 2023. Ce qui illustre une progression soutenue des échanges commerciaux. Cette croissance repose principalement sur les corridors reliant le Burkina Faso aux ports d'Abidjan, de San Pedro, de Lomé, de Cotonou et de Tema. Pour Baowendmanegre Zoungrana, ces infrastructures jouent un rôle essentiel dans l'approvisionnement du pays, l'écoulement des productions nationales et l'intégration économique régionale.

Toutefois, le secteur reste confronté à plusieurs défis. Le communicateur a cité la méconnaissance des textes réglementaires par de nombreux acteurs, les contraintes sécuritaires, les effets des crises internationales sur les chaînes logistiques, ainsi que les difficultés organisationnelles et économiques auxquelles font face les transporteurs. Face à ces enjeux, il a rappelé que la réglementation ne constitue pas une contrainte administrative, mais un instrument de protection et de développement. Elle vise notamment à assurer la sécurité des usagers, préserver les routes, garantir une concurrence équitable entre les opérateurs et organiser l'accès à la profession.

M. Zoungrana a présenté le cadre juridique qui régit le transport routier de marchandises. Celui-ci s'appuie sur des conventions internationales, les textes communautaires de la CEDEAO et de l'UEMOA, ainsi que la législation nationale, notamment la loi d'orientation des transports terrestres de 2008 et son décret d'application de 2014 fixant les conditions d'exercice de la profession. Il a insisté sur la distinction entre la licence de transport, délivrée à l'entreprise, et la carte de transport, rattachée au véhicule. Détenir uniquement une carte de transport ne confère donc pas le droit d'exercer légalement l'activité de transport public de marchandises.

Baowendmanegre Zoungrana a également rappelé que le secteur est structuré autour de cinq catégories de transport routier. Chacune est soumise à un cahier des charges spécifique. Les opérateurs doivent exercer dans la catégorie autorisée, disposer de véhicules conformes aux prescriptions techniques et se soumettre aux contrôles administratifs prévus par la réglementation.

Le communicateur est revenu sur les responsabilités respectives des différents intervenants de la chaîne logistique. « Le transporteur est tenu de vérifier l'état technique du véhicule, de respecter les règles de circulation, de préserver les marchandises et d'assurer leur livraison dans les délais convenus. Le chargeur doit fournir des informations exactes sur les marchandises, éviter les surcharges et remettre tous les documents nécessaires. Quant au conducteur, il demeure le premier garant de la sécurité routière par le respect des règles de circulation et le contrôle quotidien du véhicule », a-t-il rappelé.

Une large partie de la communication a été consacrée à la lutte contre la surcharge des véhicules. Le surcharge est identifiée comme l'une des principales causes de la dégradation précoce des routes. Selon Baowendmanegre Zoungrana, des infrastructures conçues pour durer plusieurs décennies peuvent être sérieusement détériorées en quelques années seulement sous l'effet des surcharges répétées. Il a expliqué que les dépassements des limites de poids, des charges par essieu ou des dimensions réglementaires augmentent les risques d'accidents, accélèrent la dégradation des chaussées et renchérissent les coûts d'entretien des infrastructures routières. Pour lui, les principales causes de ces pratiques sont la recherche de gains financiers, la mauvaise organisation du transport, le manque de formation des acteurs et les transformations non conformes des véhicules.

À cet effet, il a indiqué que les services techniques enregistrent régulièrement des demandes de mise en conformité de véhicules transformés, notamment des modifications portant sur les plateaux, les ridelles, les tracteurs routiers ou encore l'augmentation du nombre de sièges. « Une intensification des contrôles a d'ailleurs entraîné une hausse des demandes de régularisation ces dernières années », a fait savoir le communicateur.

Il a terminé en invitant les transporteurs à s'approprier les textes réglementaires, à obtenir les autorisations requises et à adopter les bonnes pratiques professionnelles. Selon lui, un secteur du transport mieux organisé, respectueux des normes de sécurité et des règles de concurrence constitue un facteur essentiel de fluidité des échanges commerciaux et de développement économique pour le Burkina Faso.

Rama Diallo

Lefaso.net

Catégories: Afrique

Consommation de la pastèque : « Les personnes diabétiques doivent en consommer avec modération en raison de sa teneur en sucre », prévient Issa Nacanabo, technologue alimentaire

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:11

Composée à plus de 90 % d'eau, la pastèque est l'un des fruits les plus appréciés pendant les périodes de chaleur. Mais au-delà de son pouvoir désaltérant, elle regorge de nutriments bénéfiques pour l'organisme. À l'occasion de sa Journée mondiale, le technologue alimentaire Issa Nacanabo explique pourquoi ce fruit mérite une place de choix dans notre alimentation et comment le consommer dans les meilleures conditions.

Pourquoi la pastèque est-elle considérée comme un fruit bénéfique pour la santé ?

La pastèque est un fruit très intéressant pour la santé, car elle est composée à plus de 90 % d'eau. Elle hydrate efficacement l'organisme, tout en étant très peu calorique. Elle apporte également plusieurs nutriments essentiels qui contribuent au bien-être général.

Quels sont les principaux nutriments qu'elle contient et quels sont ses bienfaits sur l'organisme ?

La pastèque contient principalement de l'eau, mais aussi des vitamines, notamment les vitamines C et A, du potassium, du magnésium, ainsi que des composés bénéfiques comme le lycopène, un puissant antioxydant, et la citrulline, un acide aminé naturellement présent dans ce fruit.

Elle favorise l'hydratation, aide à protéger les cellules contre le vieillissement grâce à ses antioxydants, participe à la santé du cœur, favorise une bonne récupération après un effort physique et peut également contribuer au contrôle du poids.

Certaines personnes doivent-elles limiter leur consommation de pastèque ?

Oui. Les personnes diabétiques doivent en consommer avec modération en raison de sa teneur en sucre, même s'il s'agit d'un sucre naturel. Les personnes souffrant d'une maladie rénale devraient également demander conseil à leur médecin avant d'en consommer en grande quantité.

Quelles sont les précautions d'hygiène à respecter avant de la consommer ?

Il faut toujours laver la peau de la pastèque avant de la découper afin d'éviter que des contaminants présents sur l'écorce ne soient transférés à la chair. Il est également recommandé d'utiliser un couteau propre, de se laver soigneusement les mains et de conserver les morceaux au réfrigérateur immédiatement après la découpe.

Comment conserver la pastèque ?

Une pastèque entière peut se conserver une à deux semaines à température ambiante et jusqu'à trois semaines, voire plus, au réfrigérateur. Une fois découpée, elle doit être conservée au frais, dans un récipient hermétique, et consommée dans un délai de trois à cinq jours. Pour préserver sa qualité, il est important de maintenir la chaîne du froid et de bien la protéger de l'air.

Au-delà de sa consommation en fruit frais, quelles sont les possibilités de transformation de la pastèque ?

La pastèque peut être transformée en jus, smoothies, sorbets, glaces, confitures, gelées, sirops ou encore intégrée à des salades de fruits.

Les graines peuvent être grillées puis consommées. Quant à la partie blanche de l'écorce, elle peut être utilisée pour fabriquer de la confiture ou des pickles, ce qui permet de limiter le gaspillage alimentaire.

Lefaso.net

Catégories: Afrique

Football : Le tournoi « Aziz Foot » rend un vibrant hommage à l'international burkinabè Ben Aziz Zagré

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 04/08/2026 - 00:07

La deuxième édition du tournoi de football « Aziz Foot » a connu son épilogue le dimanche 2 août 2026 au secteur 21 de Bobo-Dioulasso. Initiée par Abdoul Aziz Zongo, cette compétition sportive était placée sous le signe de l'hommage à l'international burkinabè Aziz Zagré, disparu en juin 2026 à l'âge de 27 ans. Au-delà de l'aspect sportif, l'événement avait pour ambition d'entretenir la mémoire de l'ancien joueur, de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir le vivre-ensemble au sein de la jeunesse du quartier.

La finale a opposé le FC Mektoub au FC d'Enfer dans une rencontre disputée devant un public mobilisé. Plus réaliste, le FC Mektoub s'est imposé sur le score de 2 buts à 0, décrochant ainsi le trophée de cette deuxième édition. À l'issue de la compétition, le promoteur Abdoul Aziz Zongo s'est réjoui du bon déroulement du tournoi. Il a salué la mobilisation des participants et des habitants du secteur, tout en rendant un hommage à celui qui a inspiré cette édition. « C'est un sentiment de joie parce que tout ce que nous avions envisagé s'est réalisé par la grâce de Dieu. Aujourd'hui, nous pouvons dire que le tournoi s'est déroulé sans difficultés particulières », a-t-il déclaré.

Évoquant ensuite la mémoire de Ben Aziz Zagré, il a laissé transparaître son émotion. « C'est le minimum que nous, en tant qu'amis, collègues et frères de Zagré, pouvions faire pour lui. Nous avons partagé beaucoup de moments ensemble. S'il était parmi nous ce soir, il serait certainement le premier à manifester sa joie et à participer à la fête. Puisque Dieu en a décidé autrement, le mieux que nous puissions faire est de lui rendre cet hommage », a-t-il confié.

Le tournoi « Aziz Foot » rend un vibrant hommage à l'international burkinabè Ben Aziz Zagré

Pour Arouna Drabo, personne ressource du secteur 21, cette initiative mérite d'être encouragée en raison de son impact sur la jeunesse. « Je remercie Aziz Foot pour cette initiative qui contribue à renforcer la cohésion et l'entente entre les fils du quartier. En tant que personnes ressources, nous ne pouvons qu'encourager ce type d'actions en faveur de la jeunesse, car le sport, et particulièrement le football, demeure un puissant facteur de rassemblement », a-t-il souligné.

Une rencontre disputée devant un public mobilisé

Même son de cloche chez Eugène Tassembédo, présent à la finale, qui a rappelé l'importance de préserver le souvenir de l'ancien international burkinabè. « Ce jeune a énormément compté pour le quartier et pour le football burkinabè. Lui rendre hommage est une manière de reconnaître tout ce qu'il a apporté à ce sport. Nous remercions le promoteur pour cette initiative qui permet de préserver sa mémoire », a-t-il affirmé.

La finale a opposé le FC Mektoub au FC d'Enfer dans une rencontre disputée devant un public mobilisé

De son côté, Mamadou Danem, membre du comité d'organisation, a dressé un bilan satisfaisant de cette deuxième édition. Il estime que les enseignements tirés de la première édition ont permis d'améliorer l'organisation et nourrit déjà l'ambition de pérenniser cette compétition. « Grâce à l'accompagnement des habitants et des frères du quartier, nous avons atteint nos objectifs. Cette année, l'organisation s'est nettement améliorée par rapport à la première édition. Nous souhaitons voir cette compétition se poursuivre à travers bien d'autres éditions encore, afin d'accompagner durablement la jeunesse du secteur 21 », a-t-il indiqué.

Le FC Mektoub s'est imposé sur le score de 2 buts à 0, décrochant ainsi le trophée de cette deuxième édition

Au terme de cette deuxième édition, le FC Mektoub, reconnaissable à son maillot vert, a reçu le trophée de champion, des médailles, un jeu de maillots, un ballon ainsi qu'une enveloppe financière. Le FC d'Enfer, finaliste, est reparti avec des médailles, un jeu de maillots, un ballon et une enveloppe financière. À travers ainsi cette initiative, les organisateurs entendent faire du tournoi « Aziz Foot » un rendez-vous sportif annuel alliant compétition, fraternité et devoir de mémoire en hommage à l'un des fils du quartier qui a marqué le football burkinabè.

Romuald Dofini
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Iran in Port Sudan? The Next Threat to Asian Markets

TheDiplomat - lun, 03/08/2026 - 23:49
The Red Sea corridor Asian trade depends on has another volatile shore, and almost nobody is watching it.

Les Vodun Days 2027 prévus du 2 au 9 janvier

24 Heures au Bénin - lun, 03/08/2026 - 23:36

Après trois éditions organisées sur trois jours, le rendez-vous international dédié aux arts, à la culture et à la spiritualité vodun s'étendra désormais sur huit jours. Selon le site officiel des Vodun Days, la 4ᵉ édition se déroulera du 2 au 9 janvier 2027 à Ouidah.

Les Vodun Days changent de format. La 4e édition sera organisée sur 8 jours soit 2 au 9 janvier.
Cette nouvelle formule offrira aux visiteurs une immersion plus longue dans l'univers du Vodun, à travers un programme mêlant traditions, spiritualité, patrimoine et expressions artistiques.

Les festivités seront notamment marquées par les danses du Vodun Hounvè, les sorties des Zangbétos et des Egungun, la procession en l'honneur des divinités, ainsi que des concerts en plein air sur la plage de Ouidah avec plusieurs artistes.

Des animations de places publiques, des spectacles culturels et la grande cérémonie Vodun en présence de hauts dignitaires figurent également au programme de cette édition.

Les précédentes éditions des Vodun Days, organisées sur trois jours ont attiré des millions de touristes et de visiteurs venus du Bénin et de plusieurs pays, confirmant le rayonnement international de cet événement.

Avec cette extension à huit jours, les autorités entendent renforcer l'attractivité touristique de la destination Bénin et offrir une expérience culturelle et cultuelle encore plus riche aux festivaliers.

Catégories: Afrique

Iran Denies Peace Talks After the United States Cancels Military Strikes

Foreign Policy - lun, 03/08/2026 - 23:22
Trump’s “imminent” deal remains elusive.

A Patchwork Approach to AI Regulation Is Best—for Now

Foreign Policy - lun, 03/08/2026 - 23:10
Many want a global treaty to govern AI risk. California and New York may already be writing it.

China’s Quiet Bet on Methanol Is Paying Off

Foreign Policy - lun, 03/08/2026 - 22:59
An abandoned project reveals why industrial policy must preserve technological options.

Royaume-Uni: le parti de Nigel Farage imagine une «Opération Forteresse» pour intercepter les migrants

RFI (Europe) - lun, 03/08/2026 - 22:44
Les ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union européenne se réuniront en visio ce mardi 4 août, pour évoquer les « développements » autour de Ceuta – l’enclave espagnole au Maroc où plus de 50 000 personnes sont arrivées la semaine dernière, pour tenter de regagner l’Europe. Cette crise attise les populismes partout sur le continent. Au Royaume-Uni Nigel Farage, patron du parti d’extrême droite Reform UK dont la popularité rend crédibles les ambitions de diriger le pays, vient de présenter son plan pour lutter contre l’immigration illégale.  
Catégories: Union européenne

Burkina : Orange Digital Center s'installe à Koudougou

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 03/08/2026 - 22:36

« Investir dans la jeunesse, c'est semer aujourd'hui pour récolter demain », dit une sagesse africaine. C'est dans cet esprit que Orange Burkina Faso à travers Orange Digital Center (ODC) entend faire de la jeunesse burkinabè un véritable levier de développement économique pour le pays. Après Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, c'est au tour de Koudougou d'accueillir un centre ODC, hébergé au sein de l'université Norbert Zongo. La cérémonie d'inauguration s'est tenue le vendredi 31 juillet 2026 dans les locaux de l'établissement.

Orange Digital Center est un écosystème gratuit et ouvert à tous, dédié à l'accompagnement, à la formation et à l'encadrement des jeunes ainsi que des porteurs de projets innovants. À travers trois piliers, l'École du code, le FabLab solidaire et Orange Fab il prépare les bénéficiaires aux métiers de demain et les encourage à entreprendre dans le numérique. Les formations proposées couvrent notamment la réparation de téléphones et tablettes, l'installation et la maintenance de systèmes solaires, ainsi que le développement fullstack. L'implantation de cette structure à l'université Norbert Zongo vise à apporter des réponses concrètes aux défis actuels de l'emploi des jeunes.

En image, l'assistance présente à ce rendez-vous pour l'inauguration de ODC à Koudougou

Représentant la présidente de l'université Norbert Zongo, Pr Eugénie Maïga, le vice-président Pr Isidore Yanogo a salué une infrastructure porteuse d'avenir : en mettant cet espace à disposition de l'université, Orange investit dans le potentiel de la jeunesse et contribue à l'émergence d'une génération capable d'imaginer, de concevoir et de développer les technologies qui accompagnent le développement du pays. Selon lui, les étudiants pourront y expérimenter et faire émerger des solutions répondant aux besoins de leurs concitoyens, l'ambition étant de voir naître, depuis ce centre, des innovations adaptées aux réalités africaines.

C'est dans cette salle qu'ODC est installée et contribuera à l'édification de la jeunesse

Pour Orange Digital Center, cette initiative répond à un constat clair : la transformation numérique ne doit pas rester l'apanage des grandes entreprises. Alimata Touré, directrice de la stratégie, de la transformation digitale et de la RSE chez Orange Burkina Faso, a expliqué que cette dynamique doit aussi se construire au plus près des réalités locales, en s'appuyant sur les forces propres à chaque région et sur les aspirations de sa jeunesse. Elle a présenté le centre de Koudougou comme un espace de formation, d'expérimentation, d'accompagnement et de collaboration, où une envie d'apprendre peut devenir une compétence, une idée un projet, et un potentiel une opportunité.

"La réussite d'un tel projet repose également sur une stratégie collective", Alimata Touré, représentante de la directrice générale de Orange Burkina Nafy Coulibaly Silué

Représentant le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de linnovation, Pr Adjima Thiombiano, son directeur de cabinet, Dr Roger Charles Nébié, a salué une initiative qui permet aux jeunes d'acquérir des compétences concrètes et directement exploitables. Il a souligné que ce projet s'inscrit pleinement dans les priorités de l'État, avant d'inviter les bénéficiaires à en faire bon usage : cette infrastructure leur appartient, a-t-il rappelé, comme un cadre propice à l'apprentissage et au partage mutuel, dont les générations futures devront elles aussi pouvoir profiter.

"Nous sommes convaincus que le développement d'un système d'innovation fort, inclusif et digital, nécessite la mobilisation de tous", Dr Roger Charles Nebié

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Várakozások az ankarai NATO csúcstalálkozó előtt

Biztonságpolitika.hu - lun, 03/08/2026 - 22:25

2026. július 7-8-án Ankarában kerül sor a NATO állam- és kormányfők következő csúcstalálkozójára. A csúcstalálkozó egyben az Észak-atlanti Tanács, a NATO politikai döntéshozatali fórumának az ülését is jelenti. Jelen írás az ankarai csúcstalálkozó globális hátterét és várható döntéseit tekinti át a transzatlanti kapcsolatok kontextusában. 

A NATO más nemzetközi szervezethez viszonyítva viszonylag ritkábban rendez legfelső vezetői szintű találkozókat. A NATO-csúcstalálkozók hosszú ideig többnyire két-három éves időközzel előforduló események voltak. (A NATO-csúcstalálkozók történelmi áttekintését ld. a szerzők korábbi publikációjában.) Ez a tendencia a 2010-es évek végén megfordult: a szövetség vezetői 2017-ben, 2018-ban, valamint 2019-ben is találkoztak. Az Ukrajna elleni orosz agresszió megindulását követően 2022 februárban virtuális értekezletre, majd nyáron Madridban rendes csúcstalálkozóra is sor került. Ezt követően minden évben volt NATO-csúcstalálkozó: 2023-ban Vilnius, 2024-ben Washington, 2025-ben pedig Hága adott otthont. A találkozók sűrűségének növekedését egyértelműen az Ukrajna ellen folyó háború és a NATO válaszai, a kollektív védelmet megerősítő döntések meghozatala, majd végrehajtásuk áttekintése tette szükségessé és indokolttá.

A „Trump-tényező”

A NATO csúcstalálkozói a konzultációs és döntéshozatali funkció mellett szimbolikus és protokolláris szerepet egyaránt betöltenek.

A csúcstalálkozók fő funkciója a közös biztonságot érintő (és a NATO napirendjére tartozó) aktuális kérdések megvitatása, a korábbi döntések végrehajtásának áttekintése, új politikai kezdeményezések elfogadása. Mindez egyfajta teljesítménykényszert is teremt a házigazda és a szövetség szempontjából egyaránt. A vendéglátó szövetséges értelemszerűen emlékezetessé, a házigazda ország-város nevét megörökítő politikát, esetleg hozzá köthető hosszú távú NATO-kezdeményezést szeretne. 

A NATO-csúcstalálkozók helyszínválasztása legtöbbször szimbolikus. A felajánlás önkéntes, a döntés közös – évekre előre. A szervezés felvállalása szimbolikus hozzájárulást jelent a közös teherviseléshez, és jelentős (több tízmillió eurós vagy dolláros) költségeket ró a szervező országra, amely cserébe politikai figyelemben részesül. A napirend meghatározása konszenzusos, de a szervező „igényeit” informálisan figyelembe szokták venni, amely egyúttal a szövetség az adott régió iránti figyelmét is demonstrálja, a NATO „360-fokos” megközelítésével összhangban. A földrajzi rotáció szembetűnő: Madrid, Vilnius, Washington és Hága után a szövetség legkeletibb fővárosa, Ankara következik: (és nem a „kozmopolita” Isztambul, bár ennek vélhetően inkább török belpolitikai okai vannak). A házigazda elvárásai feltételezhetőek. A legutóbbi törökországi NATO-csúcstalálkozóra 2004-ben Isztambulban került sor: ennek legemlékezetesebb döntése a 2003. tavaszi iraki amerikai-brit beavatkozás által a szövetségi kohézión ejtett sebek begyógyítása volt a közös NATO kiképzőmisszió (NTM-I) elindításával, valamint az Öböl-térség országait megszólító „Isztambuli Együttműködési Kezdeményezés” (ICI) elindításával

Jelenleg szinte teljességgel kizárható, hogy Ankarában hasonló léptékű döntések szülessenek.

A csúcstalálkozó megrendezésének felvállalásával (amelyért a belső lobbizás évekkel korábban kezdődött) Törökország szerette volna demonstrálni erejét és befolyását, kitekintéssel a közel-keleti háborúra és Izrael regionális felemelkedésére. Az Irán ellen indított amerikai-izraeli háború teljesen keresztülhúzta a török számításokat. Szinte kizárt, hogy az ankarai csúcstalálkozó idejére (a hangzatos amerikai elnöki nyilatkozatokon túlmenő) érdemi konszolidáció történjék, vagy esély mutatkozzon arra, hogy a rendezésben Törökország érdemi szerepet kapjon.

A csúcstalálkozók fontos szerepe a közös politikák áttekintése, esetleges felülvizsgálata. Washington azonban „kiszámíthatóan kiszámíthatatlan”: az elnök napi szintű, akár 180 fokos irányváltásait az adminisztráció felső vezetői is hűen követik. A második Trump-adminisztrációból fájóan hiányzik az a kontrollt és visszajelzést jelentő vezetői kör, akiket az első adminisztrációban a nemzetközi sajtó „a felnőttek a szobában” kifejezéssel jellemzett. Egy NATO-diplomatát idézve: „a NATO-ban jelenleg egy Egyesült Államok formájú lyuk tátong, amelyet egyetlen más tagállam sem képes betölteni”. 

Az európai szövetségesek és Kanada rendkívül óvatosak és (részben az amerikai kollégák informális jelzéseit is figyelembe véve) óvakodnak az elfogadott NATO-politikák megnyitásától és újbóli megvitatásától, hiszen a végeredmény potenciálisan a jelenleginél sokkal kedvezőtlenebb helyzetet eredményezhet (pl. Oroszország megítélése vagy Ukrajna NATO-tagsági perspektívái kapcsán). Mindez tovább gyengítené az amúgy is törékeny kohéziót. 

Újabb összeveszésre, nyílt feszültségre pedig végképp nincs szükség. A NATO részéről hasonló a helyzetkép: a főtitkári kabinet egyértelműen a megúszásra játszik. Mark Rutte főtitkár alapküldetése (amely kiválasztását e posztra is segítette) Trump elnök „kezelése” és a szövetség életben tartása. A főtitkár havi-kéthavi rendszerességű washingtoni látogatásai – „Trump-suttogó” küldetései – ezt a célt szolgálják.

A szövetségesek tűréshatára jelentősen megnőtt a Trump-adminisztráció 2025. januári hivatalba lépése óta. Míg J.D. Vance alelnök 2025 februárjában, a müncheni biztonságpolitikai konferencián (Wehrkunde) elhangzott beszédét pánikreakciók és kollektív önvizsgálat követte, a szövetségesekre kivetett vámok, a Kanadával („51. tagállam”) és Grönlanddal kapcsolatos területi amerikai területi igények, az elnök NATO-ellenes kirohanásai és számtalan egyéb sérelem tükrében a hangulat inkább rezignált. Minden nap új kihívás: a „mi nem haldoklunk, mi így élünk” kelet-európai groteszk életfilozófia a NATO HQ szerves részévé vált. A NATO és a „transzatlanti család” megtanulta elviselni Trumpot, de Tolsztoj sorait idézve „minden boldogtalan család a maga módján boldogtalan” (Pléh Csaba fordítása).

Az ankarai csúcstalálkozó megtartásában – talán a házigazdákon kívül – senki nem érdekelt. Nehéz kimondani, de a NATO erejét és vezetését hét évtizeden át biztosító ország elnökét a szövetséges országok vezetői közül kevesen akarják személyesen látni. Az iráni háborúval szemben rendkívül szkeptikus és a részvételt (eltérő okokból) elutasító európai országoknak nincs szükségük újabb, személyes konfrontációra a támogatás elmaradása miatt dühös és kiszámíthatatlan amerikai elnökkel még akkor sem, ha ez belpolitikai haszonnal járhat. Vélhetően Trump elnök sem kívánkozik Európába az által lenézett, „papírtigrisnek” titulált szövetségesekhez. 

A szövetségesi konzultációnak – egyúttal a Washingtoni Szerződés 4. cikkében rögzített funkcióként – azonban napi szinten, jó és rossz időben egyaránt, az atmoszférától függetlenül működnie kell. A konzultáció egyik alapvető célja éppen a szövetségesek közötti feszültségek csökkentése, lehetőség szerinti feloldása. Működtetése nem könnyű. Az ankarai csúcstalálkozó mindezért kivételesnek ígérkezik: a transzatlanti kapcsolatok (eddigi) mélypontján kerül rá sor.

Történelmi léptékben egyúttal figyelemreméltó, hogy a NATO belső válságai – a szövetség alapküldetését tekintve meglepő módon – mennyire kötődnek a Közel-Kelethez: 1956 Szuez, az 1967-es és 1973-os háborúk, a 2003-as Irak elleni fellépés, valamint 2026 Irán.

Milyen pozitív napirendet vagy eredményt lehet prezentálni Ankarában? 

A NATO Nemzetközi Titkársága és a tagállamok hónapok óta dolgoznak a csúcstalálkozóhoz méltó és bemutatható kezdeményezés(ek) megtalálásán. Az idő szorít, a politikai mozgástér rendkívül szűk. Az egyik terület értelemszerűen a legutóbbi, 2025. júniusi hágai NATO-csúcstalálkozón a tagállami védelmi költségvetések a GDP 5%-ára emeléséről született döntés végrehajtásának áttekintése lehet. Tekintettel azonban a végrehajtás 2035-ös határidejére (2029-re, azaz a Trump-adminisztráción túlra tervezett „áttekintéssel”), átütő eredmények nehezen lesznek bemutathatóak. Jóllehet 2025-ben valamennyi tagállam elérte a 2014-es walesi csúcstalálkozón rögzített 2%-ot, ez az érték 2026-ban akár csökkenhet is a globális gazdasági folyamatok hatásainak következtében. Mindehhez szervesen kapcsolódik a nemzeti többletforrások konkrét védelmi képességekké konvertálása a közös képességfejlesztési célokkal összhangban, a transzatlanti ipari és védelmi együttműködés fejlesztése.  Hasznos lenne a mélyebb eszmecsere a NATO sokat emlegetett „európai pillérének” megerősítéséről és az európai szerepvállalás növeléséről (burden shifting) a kontinens biztonsága kapcsán. Az Ukrajna támogatása melletti elkötelezettség megerősítése mellett a globális, ámde az euroatlanti térség biztonságát közvetlenül érintő témák is kínálnák magukat.

Az amerikai elnök kiszámíthatatlansága és a fentebb leírtak miatt azonban nem lehet tervezni. Az első Trump-ciklus a NATO szempontjából csaknem katasztrofális két brüsszeli csúcstalálkozójának (2017 és 2018) tükrében érthető az óvatosság bármilyen témakör kapcsán – hiszen az amerikai elnök bármit felhozhat (részletesen ld. Jens Stoltenberg korábbi főtitkár On My Watch emlékiratában ).

Az Irán elleni katonai akcióval kialakult térségbeli helyzet és ennek globális biztonságpolitikai és gazdasági következménye a „fehér elefánt” az ankarai ülésteremben. Egy NATO-keretű fellépés szinte teljességgel kizárható, de néhány szövetséges ország ad hoc jellegű részvételével zajló tengeri tevékenység elindítása – a Hormuzi-szoroson történő szabad áthaladás biztosítására a nemzetközi joggal összhangban – elképzelhető.

A NATO-csúcstalálkozók alkalmat nyújtanak arra, hogy a tagállamok közös kommünikében rögzítsék a külvilág felé is releváns döntéseket, illetve fejtsék ki álláspontjukat a NATO-t, vagy szélesebb értelemben vett biztonságukat érintő kérdésekről. A stratégiai kommunikáció mellett a kommüniké a belső policy-k rögzítésének is fontos eszköze. Rövidebb formája a tömörebb, néhány bekezdéses deklaráció, bár akad példa a kettő egyidejű kiadására is (különösen akkor, ha túl hosszúra sikerül a kommüniké és szükségesnek látszik egy tömör, a közvélemény számára olvashatóbb közlemény kiadása is). Részletes kommünikét legutóbb 2024-ben, Washingtonban sikerült elfogadni, 2025-ben Hágában rövid deklaráció született. A rövid közlemény nem hátrány, ugyanakkor jelzi mind napirendet, mind pedig a konszenzusra esélyes témák körét.

A fentiek alapján jelenlegi helyzetet a „csak essünk túl a csúcstalálkozón baj nélkül” kollektív várakozás jellemzi. A helyzet e téren hasonlít 2019-hez, amikor a NATO 70. éves születésnapját gyakorlatilag észrevétlenül ünnepelte. A londoni állam- és kormányfői „vezetői találkozónak” (amelyet éppen a várakozások kezelése érdekében hivatalosan nem is neveztek csúcstalálkozónak) sajátos hátteret adott Macron francia elnök néhány héttel korábban adott, nagy vihart kiváltó „a NATO agyhalottá válik” interjúja az Economistban. 

Jóllehet a hágai csúcstalálkozó deklarációja jelezte, hogy Törökország után a következő NATO-csúcstalálkozónak Albánia adhat otthont, ennek idejét nem rögzítette. Jelen pillanatban valószínűsíthető, hogy 2026-ot követően az európai szövetségeseknek „nem lesz sürgős” újabb csúcstalálkozó. Akárcsak az első Trump-adminisztráció idején, a 2019-es londoni találkozót is csak 2021-ben követte teljes csúcstalálkozó Brüsszelben – immár Biden, az év januárjában hivatalba lépett amerikai elnökkel. Nem zárható ki, hogy a következő „teljes” csúcstalálkozóra csak 2029-ben kerül sor Albániában. Amennyiben a világpolitikai események ezt szükségessé teszik, az állam- és kormányfők virtuális módon, védett csatornán is tanácskozhatnak, miként tették ezt 2022. február 25-én, az orosz invázió másnapján.

A Várakozások az ankarai NATO csúcstalálkozó előtt bejegyzés először Biztonságpolitika-én jelent meg.

Catégories: Biztonságpolitika

Burkina Faso : Ecobank mobilise dix agences pour promouvoir le contenu local et l'entrepreneuriat féminin

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 03/08/2026 - 22:14

Du 20 au 25 juillet 2026, Ecobank Burkina a accueilli des femmes entrepreneures dans dix de ses agences, à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Fada N'Gourma. Baptisée ELLEVER Market Week, l'initiative vise à améliorer la visibilité de leurs produits tout en encourageant la consommation locale.

Une vitrine commerciale pour 22 entrepreneures

Pendant six jours, des produits fabriqués ou transformés au Burkina Faso, ainsi que des créations artisanales, ont été présentés aux clients et visiteurs des agences participantes.

L'opération a été organisée à l'Agence Principale ainsi que dans les agences de Koulouba, de la Patte-d'Oie, d'Ouidi, de Pissy, de Ouaga 2000, de Tanghin, de Fada, de Bobo 1 et de Bobo 2.

Au total, les 22 exposantes ont bénéficié d'espaces de présentation au sein du réseau bancaire. Selon les données transmises par Ecobank Burkina, l'événement a enregistré 3 300 visites sur l'ensemble de la semaine.

Les participantes ont ainsi pu présenter leurs produits à de nouveaux publics, échanger avec des clients potentiels et développer leur visibilité commerciale.

« Au-delà des ventes réalisées, cette initiative nous a permis de gagner en visibilité, de faire découvrir nos produits à de nombreux clients et de créer de nouveaux contacts commerciaux. Ce type d'initiative constitue un véritable levier pour le développement des entreprises locales », a indiqué une représentante de VOXELL Group, entreprise participante du secteur agroalimentaire.

Des espaces bancaires ouverts aux produits locaux

À travers ELLEVER Market Week, Ecobank Burkina entend inscrire son soutien au contenu local au-delà du seul financement des entreprises. En mettant temporairement ses agences à la disposition des entrepreneures, la banque leur offre des espaces d'exposition et de rencontre avec les consommateurs.

Cette démarche intervient dans un contexte où l'accès au marché constitue un enjeu important pour les petites entreprises locales. La visibilité des produits, leur commercialisation et la création de nouveaux débouchés peuvent permettre aux entrepreneures de consolider leurs activités et de soutenir leur développement.

« En ouvrant nos agences aux femmes entrepreneures, nous souhaitons mettre notre réseau au service des produits et des savoir-faire burkinabè. Le développement du contenu local passe aussi par la capacité des entreprises à rencontrer leurs consommateurs et à accéder à de nouveaux marchés », souligne Noélie Cécile Tiendrébéogo, directrice générale de Ecobank Burkina.

L'initiative vise ainsi à rapprocher les productrices, transformatrices et créatrices locales des consommateurs. Elle contribue également à valoriser des activités économiques qui s'appuient sur des matières premières, des compétences et des savoir-faire développés au Burkina Faso.

« Au-delà des ventes, cette exposition nous a offert une visibilité importante. Nous avons noué de précieux contacts, rencontré de potentiels partenaires et ouvert des perspectives de collaboration qui pourront avoir un impact durable sur le développement de notre entreprise », témoigne une représentante de DIVINE AGRO.

Un prolongement concret du programme ELLEVER

ELLEVER Market Week s'inscrit dans le programme panafricain ELLEVER, développé par le Groupe Ecobank à destination des entreprises détenues ou dirigées par des femmes.

Le programme associe des solutions de financement à des services non financiers, notamment la formation, le mentorat, la mise en réseau et l'accès aux marchés. À ce jour, le portefeuille ELLEVER d'Ecobank Burkina compte plus de 2 000 clients, dont 1 700 femmes. Parmi elles, environ 200 ont bénéficié de formations et 103 ont obtenu un financement, pour un volume total de crédits de plus de 18 milliards de FCFA à fin décembre 2025.

« L'accès au financement demeure essentiel, mais il ne suffit pas toujours à assurer le développement d'une entreprise. À travers ELLEVER, nous cherchons également à renforcer les compétences des entrepreneures, leur visibilité, leurs réseaux et leur accès aux débouchés commerciaux », ajoute Noélie Cécile Tiendrébéogo.

Les femmes occupent une place importante dans l'activité économique burkinabè, notamment à travers le travail indépendant. Selon l'Institut national de la statistique et de la démographie, 62,2 % des femmes en emploi exerçaient à leur propre compte au premier semestre 2025. Cette réalité souligne l'importance des dispositifs qui renforcent leur accès au financement, à la formation, à la visibilité et aux débouchés commerciaux.

En organisant cette semaine d'exposition dans dix agences à travers le pays, Ecobank Burkina associe ainsi deux objectifs concrets : soutenir le développement commercial des femmes entrepreneures et favoriser la visibilité des produits fabriqués ou transformés localement.

L'initiative traduit plus largement la volonté de la banque de participer au développement du contenu local en facilitant l'accès des entreprises burkinabè à des espaces de promotion, à de nouveaux consommateurs et à des opportunités commerciales.

Catégories: Afrique

Pages