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Diplomacy & Defense Think Tank News

Cybersicherheit braucht sichere Software

SWP - mer, 10/06/2026 - 02:00

Cybersicherheitsvorfälle verursachen Schäden – etwa, wenn gegnerische Staaten kri­tische Infrastrukturen lahmlegen oder sensible Daten erbeuten. Viele solcher Vorfälle sind nur deshalb möglich, weil zahlreiche Softwareprodukte bekannte Schwachstellen haben. Softwarehersteller könnten diese schließen, haben jedoch kaum Anreize, in die Sicherheit ihrer Produkte zu investieren. Mit Cybersicherheitspolitik und Schutzmaßnahmen werden bisher vor allem die Symptome unsicherer Software bekämpft, nicht aber die Grundursache, nämlich deren Unsicherheit. Daher besteht politischer Rege­lungsbedarf – konkret in den Bereichen des Produktsicherheitsrechts, der Produkthaftungsregelungen und der Cybersicherheitsanforderungen für die Anbieter von Software-Dienstleistungen. Die EU hat bereits erste Vorschriften erlassen, aller­dings bestehen Regelungslücken und Zweifel an der konsequenten Durchsetzung. Daher sollte sich die Bundesregierung jetzt für eine umfassende europäische Produkt­haftungsregelung für Software einsetzen und das Bundesamt für Sicherheit in der Informationstechnik (BSI) sollte Unternehmen, die gegen bestehende Regeln verstoßen, konsequent mit Bußgeldern belegen.

Compléments alimentaires : Ce qu'il faut savoir

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 10/06/2026 - 00:15

Les compléments alimentaires connaissent un succès grandissant auprès du grand public. Ils sont souvent utilisés pour renforcer l'organisme, améliorer le bien-être ou prévenir certaines carences. Cependant, leur utilisation soulève de nombreuses questions. Que sont-ils réellement ? À qui sont-ils destinés ? Sont-ils indispensables pour être en bonne santé ?

Qu'est-ce qu'un complément alimentaire ?

Un complément alimentaire est un produit destiné à compléter l'alimentation habituelle lorsqu'elle ne permet pas de couvrir certains besoins nutritionnels spécifiques. Il ne remplace pas les aliments, mais apporte des nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique.

De quoi sont-ils composés ?

Les compléments alimentaires peuvent contenir :

• Des vitamines (A, B, C, D, E, etc.)
• Des minéraux (fer, calcium, zinc, magnésium, etc.)
• Des plantes ou extraits de plantes
• Des acides aminés

• Des protéines
• Des acides gras essentiels, notamment les oméga-3
• Des probiotiques et prébiotiques
• D'autres substances d'origine naturelle ou synthétique

Ils sont commercialisés sous différentes formes : comprimés, gélules, poudres, ampoules, sachets ou solutions buvables.

Qui peut avoir besoin de compléments alimentaires ?

Les compléments alimentaires ne sont pas nécessaires pour tout le monde. Ils peuvent être indiqués dans certaines situations particulières :

• En cas de carence nutritionnelle confirmée par un professionnel de santé
• Chez les femmes enceintes ou allaitantes selon les recommandations médicales
• Chez les nourrissons et les jeunes enfants pour certains nutriments spécifiques
• Chez les personnes âgées

• Chez les végétariens et végétaliens exposés à certaines carences
• Chez les sportifs ayant des besoins nutritionnels accrus
• Chez les personnes souffrant de certaines maladies ou suivant des régimes alimentaires restrictifs
Pour la majorité des personnes en bonne santé, une alimentation variée, équilibrée et adaptée aux besoins permet généralement de couvrir les apports nutritionnels quotidiens.

Quels sont leurs bénéfices ?

Lorsqu'ils sont utilisés de manière appropriée, les compléments alimentaires peuvent :

• Corriger ou prévenir certaines carences nutritionnelles
• Soutenir le système immunitaire
• Contribuer à la santé des os et des muscles
• Favoriser le bon fonctionnement du système nerveux
• Participer au maintien d'un bon état nutritionnel
• Accompagner certaines périodes de besoins accrus ou de récupération
Leur intérêt dépend toutefois des besoins réels de chaque individu.

Existe-t-il des risques ?

Oui. Bien qu'ils puissent être utiles dans certaines situations, les compléments alimentaires ne sont pas dénués de risques.

Ils peuvent notamment :

• Provoquer des effets indésirables
• Entraîner un surdosage lorsqu'ils sont consommés en excès
• Interagir avec certains médicaments
• Donner un faux sentiment de protection et faire négliger les bonnes habitudes alimentaires
• Représenter une dépense inutile lorsqu'ils sont pris sans réel besoin
Il est important de rappeler que le fait qu'un produit soit « naturel » ne signifie pas nécessairement qu'il est sans danger.

Quelles précautions prendre ?

• Respecter les doses recommandées.
• Éviter l'automédication prolongée.
• Demander l'avis d'un professionnel de santé en cas de maladie chronique, de grossesse ou de prise de médicaments.
• Choisir des produits provenant de fabricants ou de distributeurs fiables.
• Ne jamais considérer les compléments alimentaires comme un substitut à une alimentation équilibrée.

L'alimentation reste la meilleure source de nutriments

La majorité des vitamines, minéraux et autres nutriments contenus dans les compléments alimentaires se trouvent naturellement dans les aliments. Les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales, les tubercules, les produits animaux, les graines et les oléagineux constituent d'excellentes sources de nutriments essentiels.

Dans notre contexte, de nombreux aliments locaux tels que le moringa, le niébé, le soja, l'arachide, le sésame, les feuilles vertes, la patate douce, la mangue ou encore les produits céréaliers traditionnels contribuent à couvrir une grande partie des besoins nutritionnels lorsqu'ils sont consommés dans le cadre d'une alimentation diversifiée.

C'est pourquoi l'éducation nutritionnelle joue un rôle fondamental. Apprendre à connaître les aliments, leurs valeurs nutritionnelles et leurs bienfaits permet de faire des choix alimentaires éclairés, de prévenir les carences et de préserver sa santé sur le long terme.

À retenir

Les compléments alimentaires peuvent être utiles dans certaines situations spécifiques, mais ils ne remplacent jamais une alimentation équilibrée. L'assiette doit toujours rester la première source de nutriments et le premier outil de prévention pour une meilleure santé.
Avant de chercher des nutriments dans une gélule, apprenons d'abord à les retrouver dans notre alimentation quotidienne.

Une bonne alimentation reste le meilleur complément pour la santé.

Semaine internationale des archives : Les Archives nationales du Burkina Faso ouvrent leurs portes au public pendant 72 heures

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 10/06/2026 - 00:08

Les Archives nationales du Burkina Faso ont officiellement lancé, ce mardi 9 juin 2026 à Ouagadougou, les 72 heures des journées portes ouvertes organisées dans le cadre de la célébration de la Semaine internationale des archives.

Organisée du 9 au 11 juin, cette initiative s'inscrit dans le cadre de la célébration de la Semaine internationale des archives, placée cette année sous le thème « Archives pour la justice : droits, mémoire et avenirs ».

À entendre la directrice générale par intérim des Archives nationales, Marie-Jeanne Diasso, ces trois jours permettront au public de découvrir un pan important de l'histoire nationale à travers une exposition photographique consacrée aux personnalités emblématiques qui ont marqué le pays par leurs engagements et leurs réalisations. Des visites guidées sont également prévues afin de faire connaître les missions des archives nationales, les techniques de conservation documentaire ainsi que les richesses archivistiques dont elles ont la charge.

Les journées portes ouvertes des archives nationales du Burkina Faso se tiennent jusqu'au 11 juin 2026

« La Semaine internationale des archives, qui est célébrée cette année sous le thème « Archives pour la justice : droits, mémoire et avenirs », constitue une occasion privilégiée de mettre en lumière le rôle essentiel des archives dans la préservation de notre mémoire collective, dans la sauvegarde de notre patrimoine documentaire, dans le renforcement de la bonne gouvernance. Au cours de ces 72 heures de journées portes ouvertes, le public aura l'opportunité de découvrir un pan important de notre patrimoine à travers notamment l'exposition photographique consacrée aux personnalités emblématiques qui ont marqué l'histoire de notre pays par leur engagement et leurs réalisations. Des visites guidées permettront également aux participants de mieux connaître les missions des Archives nationales, les techniques de conservation documentaire ainsi que les trésors archivistiques que nous avons la responsabilité de préserver », a-t-elle indiqué.

La directrice générale par intérim des archives nationales, Marie Jeanne Diasso, a indiqué que ces trois jours permettront au public de découvrir un pan important de l'histoire nationale

La responsable a également mis en avant la conférence organisée à l'occasion de cette semaine, qui offrira, selon elle, un cadre d'échanges et de réflexion sur les enjeux contemporains de la gestion documentaire et de la préservation de notre patrimoine archivistique, ainsi qu'une opportunité pour sensibiliser davantage les citoyens et les institutions sur le rôle des archives dans le développement national.

Le président de la cérémonie d'ouverture, le ministre secrétaire général de la Présidence du Faso, Zakaria Soré, a, quant à lui, salué cette initiative. Pour lui, l'ouverture des archives nationales au public marque une rupture avec une certaine culture de fermeture autour des documents administratifs et historiques. Les efforts également entrepris pour moderniser les archives nationales traduisent, toujours selon lui, une volonté affirmée du Burkina Faso de maîtriser son propre récit historique.

« Les efforts engagés pour la numérisation des fonds documentaires, pour la formation des archivistes, pour la réhabilitation des infrastructures et pour l'accessibilité des archives au grand public s'inscrivent dans cette dynamique révolutionnaire. Ils traduisent en actes concrets la conviction que la reconstruction d'une nation souveraine passe impérativement par la maîtrise de son patrimoine documentaire. Un grand penseur africain disait : "Un peuple sans histoire est un peuple sans âme." Les archives nationales sont le miroir dans lequel une nation se regarde. Elles sont cette âme qui permet aux jeunes générations de voir et d'apprendre des luttes, des sacrifices des anciennes générations. C'est pourquoi chacun de nous doit faire siennes les archives nationales. Cette maison doit être celle que nous devons fréquenter le plus, car son contenu nous aide à combattre les préjugés et à voir comment nos aînés ont pu, main dans la main, travailler à faire vivre le pays », a-t-il soutenu.

Pour le ministre secrétaire général de la Présidence du Faso, Zakaria Soré, l'ouverture des archives nationales au public marque une rupture avec une certaine culture de fermeture autour des documents administratifs et historiques

Le ministre secrétaire général de la Présidence du Faso a également salué le travail souvent discret mais essentiel des archivistes, conservateurs et techniciens qui œuvrent quotidiennement à la préservation du patrimoine documentaire national à travers le tri, le classement, la restauration et la numérisation des documents.

Il n'a pas manqué de lancer un appel aux chercheurs, universitaires et historiens afin qu'ils exploitent davantage les fonds documentaires disponibles pour enrichir la connaissance de l'histoire nationale. Il a invité la jeunesse à fréquenter les archives nationales pour mieux comprendre son identité et son héritage.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Courtage d'assurance : Le Premier ministre reçoit la Fédération interafricaine des assureurs conseils

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 09/06/2026 - 23:49

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé, le mardi 09 juin 2026, une audience à une délégation de la Fédération interafricaine des assureurs conseils (FIAC). Elle était conduite par son Président par intérim, Vakaramoko Samaké. La délégation est venue présenter au chef du gouvernement les enjeux de la 16e assemblée générale annuelle de la FIAC prévue du 10 au 13 juin 2026 à Ouagadougou.

‎Burkina : La Sonabel dénonce un faux site de recrutement qui a usurpé son identité visuelle

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 09/06/2026 - 23:00

‎Dans un communiqué en date du 9 juin 2026, la direction générale de la Société Nationale d'Électricité du Burkina (SONABEL) dénonce la circulation sur les réseaux sociaux d'un faux site internet de recrutement, qui utilise illégalement son identité visuelle et le modèle de sa plateforme officielle de recrutement. L'adresse de ce site frauduleux est sonabel-recr.netlify.app.

La SONABEL informe donc le public, et en particulier les candidats en quête d'emploi, qu'elle n'est en aucun cas associée à ce site internet frauduleux qui selon elle n'est rien d'autre qu'une tentative d'arnaque et de collecte illégale de données personnelles.

Elle rappelle que l'unique plateforme officielle et sécurisée pour les offres d'emploi et les dépôts de candidatures de la SONABEL est : https://recrutements.sonabel.bf.

‎" Méfiez-vous des intermédiaires : la SONABEL ne demande jamais de contrepartie financière, de frais de dossier ou de transferts d'argent (Orange Money, Moov Money, etc.) lors de son processus de recrutement ", préconise le communiqué.

Lefaso.net

Décès de Mardia Alain Bruno SANGLI : Faire part et remerciements

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 09/06/2026 - 17:50

Sa Majesté Fiimba, Chef de Canton de Pama
Les grandes familles SANGLI, THIOMBIANO, KOADIMA, KABORE, SISSAO, ZOUNGRANA, BOLY ;
Monsieur SANGLI Jean-Paul, ancien député à l'Assemblée Nationale,
Et Monsieur SANGLI Albert, entrepreneur ;

Les familles alliées et amies : BILA, TENKOUANO, KOULIDIATY, ZONGO, OUOBA, OUEDRAOGO, BONKOUNGOU, ZITKUM, SAWADOGO, KAMBIRE, GOMGNIMBOU, SANHOUIDI, LOMPO, ONADJA, NABA, TANKOANO, NATAMA, NASSOURI, TANDAMBA, LANKOANDE, OUALI ;

Les enfants, les cousins, les neveux, les petits-enfants et arrières petits-enfants ;
Vous réitèrent leurs remerciements et leur profonde gratitude pour les nombreuses marques de sympathie, de compassion, de soutien spirituel, moral, matériel et financier reçus lors du rappel à Dieu de leur très cher frère, père, époux, beau-fils, beau-père, grand-père, arrière-grand-père Monsieur Mardia Alain Bruno SANGLI, infirmier à la retraite rappelé à Dieu le 01 Juin 2026.

Union de prières !

Pour Trump, la Coupe du monde, « c’est bien plus que du sport »

IRIS - mar, 09/06/2026 - 16:42

C’est à Pascal Boniface, fondateur de l’IRIS et pionnier de la géopolitique du sport, que l’on doit cette formule devenue presque une évidence : « Le sport, c’est bien plus que du sport. »

La référence tutélaire reste les Jeux olympiques de 1936, organisés par l’Allemagne nazie pour offrir au monde entier la vitrine d’un Reich triomphant. Tout au long du XXe siècle et du premier quart du XXIe, les Coupes du monde, les Jeux olympiques et autres compétitions sportives ont servi de caisse de résonance à des régimes cherchant à projeter une image, à galvaniser un peuple, ou à envoyer un message.

La Coupe du monde 2026, qui s’ouvre le 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique, est sans conteste une édition unique dans l’histoire du football mondial. Unique par son format – 48 équipes pour la première fois, 104 matchs, une finale au MetLife Stadium dans la banlieue de New York le 19 juillet. Mais surtout unique par son contexte politique.

Car contrairement aux Coupes du monde précédentes organisées par des puissances désireuses de soigner leur image internationale – Russie en 2018, Qatar en 2022 – celle-ci ne sert pas de vitrine à l’Amérique de Trump. L’Amérique de Trump se moque bien de ce que le monde pense d’elle, tant qu’elle pense encore le dominer.

Non, c’est sur le plan de la politique intérieure que ce Mondial revêt une importance capitale pour le président américain.

Première raison : Donald Trump a besoin de victoires. Un Trump fragilisé comme il ne l’a jamais été sur la scène nationale – humilié par une guerre en Iran qu’il a déclenchée contre l’avis de son vice-président, de ses généraux et de sa propre base MAGA – voudrait bien surfer sur quelques succès sportifs pour regonfler les sondages avant les midterms de novembre.

Si l’équipe américaine enchaîne les victoires, il ne manquera pas de se gargariser de ces champions représentatifs de « la nouvelle Amérique qui gagne ». Mais si elle se fait éliminer dès le premier tour, Donald Trump le prendra comme une insulte personnelle. Les footballeurs ne seront pas sacrifiés aux dieux comme dans l’Antiquité, mais nul doute qu’ils seront insultés sur Truth Social.

Seconde raison, plus subtile : la question iranienne. Depuis le début, Donald Trump a transformé la participation de l’Iran au Mondial en feuilleton politico-diplomatique. En mars, il déclarait que les joueurs iraniens ne seraient pas « en sécurité » sur le sol américain. L’Iran menaçait de ne pas venir. La FIFA s’affolait. Infantino courait à la Maison-Blanche. Finalement, les joueurs ont obtenu leurs visas – mais une quinzaine d’accompagnants se les sont vus refuser, dont le président de la fédération iranienne Mehdi Taj, ancien commandant des Gardiens de la Révolution, considérés comme organisation terroriste par Washington. L’Iran va s’entraîner à Tijuana, au Mexique, avant de disputer ses matchs à Los Angeles et Seattle.

Le calcul de Trump est transparent : en laissant les joueurs venir tout en barrant la route aux « Gardiens de la Révolution », il se pose en chef magnanime, mais aussi inflexible, vis-à-vis de ses propres partisans et de la population étatsunienne qui lui reprochent la guerre. Et il nourrit secrètement l’espoir que certains joueurs, libérés de leur encadrement politique habituel, demandent l’asile politique aux États-Unis.

Ce serait pour lui un moment de triomphe absolu – des Iraniens fuyant le régime qu’il combat, en direct sur les pelouses américaines. Peu importe que cela risque de faire capoter un éventuel accord de paix qu’il cherche désespérément à conclure. Trump n’a jamais été embarrassé par ses propres contradictions.

Il est même possible sur le papier que les États-Unis et l’Iran se retrouvent en phase éliminatoire à Dallas le 3 juillet. Un match qui, dans ce contexte, aurait une portée politique sans précédent dans l’histoire des Coupes du monde.

Pascal Boniface avait raison. Le sport est bien plus que du sport. Et dans l’Amérique de Trump, la Coupe du monde 2026 est bien plus qu’une compétition de football. C’est un terrain de jeu politique, un instrument de propagande intérieure, un feuilleton diplomatique, et peut-être, si les astres s’alignent pour le 47e président américain, une machine à produire des réfugiés iraniens en direct sur les écrans américains.

Le coup d’envoi est dans quelques jours. Le spectacle, lui, a déjà commencé.

Romuald Sciora, essayiste franco-américain, est directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. Dernière publication : America 250, une histoire graphique des États-Unis, vol. 1, Né dans le sang (éditions Point Nemo).

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SCAF : un échec dommageable pour la coopération industrielle de défense et pour l’Europe

IRIS - mar, 09/06/2026 - 16:13
L’échec de la coopération sur un programme d’armement : les deux péchés originels

Les causes de cet échec résident d’abord dans le fait que la France et l’Allemagne ont pris le 13 juillet 2017 une décision politique de lancer le programme sur la base d’un accord de partage des tâches 50/50 avec une direction française, sans se poser la question de la faisabilité d’un tel schéma. Coopérer sur un programme d’armement n’est pas une chose aisée. Cela nécessite de connaître les compétences des différents industriels, afin de procéder à une répartition rationnelle des tâches des uns et des autres. Le schéma de répartition 50/50 devait donc, sans doute, être aménagé sur le volet avion de combat, qui n’était qu’un des sept piliers du SCAF, afin de rééquilibrer ce partage au profit de Dassault, qui détenait le plus de compétences dans ce domaine. Or, cette éventualité se heurtait à l’accord politique qui avait été passé initialement. La première erreur commise était donc d’avoir fait une annonce politique sur cette coopération avant d’envisager les conditions nécessaires pour que cette coopération puisse fonctionner.

Mais au-delà de cette question du partage, une coopération d’une telle ampleur nécessite surtout que les maîtres d’œuvre industriels, en l’occurrence Dassault et Airbus, partagent des intérêts stratégiques communs dans le futur. Cela aurait été le cas si ces deux entreprises avaient envisagé dès l’origine de créer une société commune pour gérer ce programme, voire une entreprise d’aéronautique militaire commune. Ce projet n’existait pas et Dassault s’y serait opposé, alors qu’Airbus aurait envisagé sans doute une absorption de Dassault. Si le désaccord est donc bien de nature industrielle, les gouvernements allemands et français auraient dû dès l’origine identifier cette menace qui planait sur le SCAF et tenter d’y remédier. Le communiqué allemand annonçant la mort du SCAF parlant « de constat partagé que les entreprises ne parviennent pas à s’entendre sur la construction d’un avion de combat commun. Ils reconnaissent cette réalité ». Cela traduit également l’incapacité des deux gouvernements à vouloir ou pouvoir remédier à cette menace qui planait dès l’origine sur le SCAF. En cela, ils sont autant fautifs que les industriels.

L’échec lié à la conception même du SCAF

Dès l’origine, une coopération portant sur un système de combat aérien futur intégré est envisagée, et non sur un simple avion de combat. En soit l’approche était bonne, car il est nécessaire aujourd’hui d’intégrer tous les composants du combat aérien qui vont comprendre un avion piloté, mais aussi des engins non pilotés, un cloud combat et de l’intelligence artificielle, et cela pour assurer la défense du continent européen. Le problème est qu’en procédant ainsi on complexifiait davantage la coopération qui avait été construite selon un schéma rigide. Il était de plus nécessaire de prendre en compte les spécificités des politiques de défense des États coopérants, en l’occurrence le fait que la France est une puissance nucléaire, et que l’avion devait se poser sur un porte-avions. Des solutions étaient sans doute possibles en changeant la structure même de la coopération mais aucune solution ne semble avoir été trouvée. À cela, il faut ajouter le fait que la guerre en Ukraine a sans doute fait évoluer les besoins.

L’échec du SCAF est un échec politique majeur pour l’Europe

En 1985, François Mitterrand s’était adressé à Helmut Kohl en ces termes à la suite de l’échec du projet d’avion de combat européen : « Je tiens à rappeler qu’à mes yeux la construction d’une aéronautique militaire commune est un projet fondamental pour la sécurité et la défense, comme d’ailleurs pour l’avenir technologique et industriel de l’Europe. Je ne puis que regretter l’échec récent du projet unique d’avion de combat européen ».

Quarante ans plus tard, nos dirigeants n’ont pu avancer en ce sens, et ils doivent prendre conscience de la gravité de la décision prise qui restera comme un échec majeur de la construction d’une Europe de la défense, au moment où nous en avons le plus besoin. Il est inutile de dire que nous devons être plus autonome vis-à-vis des États-Unis parce qu’ils nous le demandent : Français comme Allemands doivent être conscients qu’en agissant séparément, il est illusoire d’atteindre un tel objectif.

On peut penser à ce niveau qu’un certain manque de flexibilité de la France, souvent interprété comme de l’arrogance en Allemagne, couplé avec le sentiment allemand qu’avec de l’argent on peut tout faire[1], et surtout ne plus dépendre des Français, a conduit à cet échec. Signe de l’ampleur du divorce, l’arrêt du SCAF n’a même pas fait l’objet d’un communiqué commun, le chancelier allemand Merz prenant l’initiative d’annoncer seul la rupture. Dans un article sur la coopération industrielle de défense franco-allemande publié il y a six ans avec Christian Mölling, nous listions tous ses écueils et les moyens d’y remédier. Depuis rien n’a été fait et nous avons même régressé. L’histoire jugera les conséquences d’un tel échec.

[1] Le budget de défense de l’Allemagne sera le double du budget français en 2029

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La Coupe du monde 2026 sera-t-elle celle de Donald Trump ?

IRIS - mar, 09/06/2026 - 14:20

Dans cette série consacrée à la Coupe du monde 2026, Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Sport et géopolitique, analyse les enjeux géopolitiques qui entourent l’organisation du tournoi ainsi que la stratégie politique de Donald Trump pour faire du Mondial 2026 un levier de puissance pour les États-Unis.

La Coupe du monde de football masculine, à la dimension continentale, se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026, et pour la première fois de son histoire, sera organisée par trois pays : les États-Unis, le Canada et le Mexique. Au-delà de sa dimension sportive, un événement de cette ampleur participe au rayonnement international des États qui l’accueillent. Dès lors, Donald Trump entend faire du Mondial 2026 une vitrine de la puissance américaine et de son leadership sur la scène internationale. Le soutien de la FIFA, dont le président américain bénéficie, interroge sur la place accordée aux États-Unis au sein d’une compétition pourtant organisée par trois pays hôtes. De même, cette compétition intervient dans un contexte marqué par le durcissement des politiques migratoires américaines, le renforcement des contrôles aux frontières et les restrictions de visas. Des politiques qui entrent en contradiction avec les valeurs d’ouverture, de coopération et d’universalité que la Coupe du monde prétend incarner en rassemblant des peuples, des cultures et des supporters venus du monde entier.

La Coupe du monde 2026 peut-elle devenir un instrument de puissance au service de l’administration Trump ? Dans quelle mesure le rapprochement entre la FIFA et la Maison-Blanche participe-t-il à la politisation de l’événement ? Comment concilier les valeurs d’ouverture et d’universalité portées par le football avec les restrictions migratoires mises en place par les États-Unis ? Et que révèle le Mondial 2026 des relations entre sport, pouvoir et géopolitique ?

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Liban : la descente aux enfers | Les mardis de l’IRIS

IRIS - mar, 09/06/2026 - 12:54

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Karim Émile Bitar, chercheur associé à l’IRIS, autour de la situation au Liban alors qu’Israël continue à frapper le Sud du pays malgré le cessez-le-feu conclu le 4 juin dernier.

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Infantino passif face au racisme de Trump

IRIS - mar, 09/06/2026 - 12:39

À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, un nouveau scandale entache l’organisation de l’événement. Omar Abdulkadir Artan, 34 ans, nommé meilleur arbitre de l’année par la Confédération africaine de football (CAF) en 2025, s’apprêtait à devenir le premier Somalien à officier lors d’une phase finale.

Sélectionné après un processus rigoureux, il incarnait l’espoir d’une Somalie, 198ᵉ au classement FIFA, de briller indirectement sur la scène mondiale. Pourtant, malgré un visa en règle et un passeport diplomatique, il a été refoulé à son arrivée aux États-Unis, expédié vers Istanbul sans explication valable.

Cette décision s’inscrit dans la ligne radicale de Donald Trump contre les migrants et les pays qu’il méprise ouvertement. La Somalie, qu’il a qualifiée de « pays pourri » et de « pire pays du monde », est dans son viseur. Omar Abdulkadir Artan n’est pas rejeté pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il est : un Somalien. Un acte raciste assumé, qui humilie non seulement un homme, mais également la FIFA, l’Afrique, et les valeurs mêmes du sport.

La FIFA, sous la direction de Gianni Infantino, a cédé sans protester. Une passivité qui interroge : jusqu’où iront les concessions de la FIFA pour ne pas froisser le pays hôte ? Cette soumission contraste avec des précédents où des instances sportives, comme l’UEFA sous Michel Platini, ont su imposer le respect de leurs principes.

Mon analyse dans cette vidéo.

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Blog • Dans les montagnes de Zlatibor

Courrier des Balkans / Serbie - lun, 08/06/2026 - 22:46

Par Manuel Cortella
A peine sommes-nous arrivés à Zlatibor qu'une idée a germé dans nos esprits de marcheurs : étant donné que nous avons perdu cinq à six degrés en arrivant dans cette zone montagneuse – qui culmine à mille quatre cents quatre vingt seize mètres d'altitude en haut du mont Tornik –, y a-t-il moyen d'aller randonner quelque part, y a-t-il des chemins, sont-ils balisés ?
Notre première journée de visite nous apporte peu de réponses sur le sujet mais finit de nous convaincre (…)

- Libres opinions. L'espace de débat du Courrier des Balkans / , ,

Tensions entre Trump et Netanyahou

IRIS - lun, 08/06/2026 - 14:57

Alors qu’un retour au calme semblait se dessiner au Proche-Orient, les tensions repartent à la hausse. Après des tirs de missiles iraniens interceptés par Israël, l’État hébreu a répliqué malgré les appels à la retenue de Donald Trump. Une séquence qui met en lumière des divergences de plus en plus visibles entre Washington et Tel-Aviv.

D’un côté, Trump cherche à obtenir une désescalade, alors que le conflit pèse sur sa popularité et sur l’économie américaine. De l’autre, Benyamin Netanyahou estime qu’aucune sortie de crise n’est possible sans garanties sur la menace iranienne et la neutralisation durable du Hezbollah au Liban. Donald Trump est allé jusqu’à qualifier le Premier ministre israélien de « complètement fou », affirmant que sans lui ce dernier « serait en prison ».

Cette situation révèle-t-elle une véritable fracture entre les États-Unis et Israël ou seulement des désaccords tactiques ? Jusqu’où Trump est-il prêt à aller pour imposer sa ligne à son principal allié au Moyen-Orient ? Et si Israël décidait de poursuivre sa stratégie en allant à l’encontre de la position des États-Unis, cela pourrait-il remettre en cause l’autorité du président américain ?

Mon analyse dans cette vidéo.

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The risks of climate-nature silos: why we need alignment and integration between environmental agendas

This report makes a simple case: because the environmental crises we face are intertwined, our responses to them must be integrated. The predominant policy framing of these crises through the lenses of a suite of climate, biodiversity and land or ocean metrics currently obscures the reality of a single nature-climate system that critically determines human wellbeing; the challenge for humanity is to manage this complex system in ways that reduce overall risks. Addressing one crisis within that system (be it climate change,
biodiversity loss or land degradation) won’t stop the others, while addressing them in isolation is both perilous and inefficient.

The risks of climate-nature silos: why we need alignment and integration between environmental agendas

This report makes a simple case: because the environmental crises we face are intertwined, our responses to them must be integrated. The predominant policy framing of these crises through the lenses of a suite of climate, biodiversity and land or ocean metrics currently obscures the reality of a single nature-climate system that critically determines human wellbeing; the challenge for humanity is to manage this complex system in ways that reduce overall risks. Addressing one crisis within that system (be it climate change,
biodiversity loss or land degradation) won’t stop the others, while addressing them in isolation is both perilous and inefficient.

The risks of climate-nature silos: why we need alignment and integration between environmental agendas

This report makes a simple case: because the environmental crises we face are intertwined, our responses to them must be integrated. The predominant policy framing of these crises through the lenses of a suite of climate, biodiversity and land or ocean metrics currently obscures the reality of a single nature-climate system that critically determines human wellbeing; the challenge for humanity is to manage this complex system in ways that reduce overall risks. Addressing one crisis within that system (be it climate change,
biodiversity loss or land degradation) won’t stop the others, while addressing them in isolation is both perilous and inefficient.

RDC : la riposte Ebola face à l’instabilité politique et sécuritaire

IRIS - lun, 08/06/2026 - 11:01

Dans un contexte marqué par les conflits armés, l’instabilité politique ainsi qu’une forte fragilité économique et sociale, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo, comment l’épidémie d’Ebola affecte-t-elle la stabilité interne des zones touchées et complique-t-elle la mise en place de dispositifs sanitaires garantissant l’accès des populations aux soins ?

Cette nouvelle vague d’Ebola arrive dans une zone de crise multiple et structurelle. Touchant principalement la République démocratique du Congo, il s’agit de la 17ᵉ épidémie depuis 1976 (première identification du virus, à Yambuku), et cette fois de la souche Ebola Bundibugyo. À l’heure actuelle, même si des traitements font l’objet de tests, il n’existe ni vaccin ni traitement homologué contre cette souche, qui peut tuer une personne sur deux infectées. Les régions de l’est de la RDC, le Nord et le Sud-Kivu ainsi que l’Ituri, sont particulièrement vulnérables à la propagation des épidémies. L’année dernière, l’ONU a signalé l’une des plus graves épidémies de choléra depuis 25 ans. Par ailleurs, depuis 2020, la propagation du Mpox y est particulièrement massive depuis septembre 2023. L’Ituri, épicentre de l’épidémie, est l’une des provinces les plus troublées de la RDC, mal desservie par les routes, en proie aux violences de groupes armés, et où près d’un million de déplacés s’entassent dans des camps. La crise sanitaire se superpose donc à une crise humanitaire et sécuritaire préexistante. Cela s’explique par un contexte d’instabilité et de conflit endémique, particulièrement intense depuis l’offensive du M23 en 2023. Les populations locales sont plongées dans un climat d’instabilité au quotidien, marqué par des déplacements internes réguliers et des conditions de promiscuité dans des camps totalement surpeuplés. Réunies, ces conditions favorisent la résurgence d’agents pathogènes et leur propagation rapide. Par ailleurs, la situation de crise complexe que traverse l’est de la RDC, avec quelques rares périodes d’accalmie, a fortement fragilisé le tissu social et les services de santé, qui ne peuvent à l’heure actuelle répondre aux besoins vitaux des populations locales, ce qui induit une logique de dépendance structurelle à l’aide étrangère occidentale. À noter que la violence systémique impulsée par les vagues de conflits qu’a connues la zone Est de la RDC a participé à déprioriser la santé et à systématiser la violence, particulièrement envers les femmes et les enfants. Un contexte précaire dans lequel une épidémie de grande envergure vient se superposer et aggraver la crise, dans un climat d’effondrement sécuritaire.

Le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba Mulamba, a déclaré qu’« Ebola était une urgence absolue ». Selon les données nationales, au 31 mai 2026, on dénombrait 282 cas confirmés dont 42 décès, après l’enregistrement de 19 nouveaux tests positifs. De son côté, l’OMS indiquait au 1ᵉʳ juin que 349 cas suspects étaient sous surveillance, en attente de résultats, principalement dans la province de l’Ituri, et plus précisément dans les zones sanitaires de Bunia, Rwampara et Mongbwalu. L’hôpital de Bunia s’est rapidement trouvé en situation de débordement, contraignant à monter des centres d’accueil en périphérie et en zone rurale. Néanmoins, le rétablissement de quatre soignants infectés offre une lueur d’espoir. Au 5 juin 2026, la pression sur le système de soins s’est encore accentuée, selon certaines sources locales, environ six centres de santé de Bunia ont été temporairement fermés pour désinfection. Une mesure qui réduit d’autant la capacité d’accueil de la ville et inquiète notamment les femmes enceintes venues consulter, certains malades souffrant d’autres pathologies n’ayant reçu que des soins minimaux avant d’être réorientés ou renvoyés chez eux. De surcroît, face à la propagation d’Ebola, les services de santé, devant s’adapter rapidement, se voit désorganisé et restreignant aussi l’accès aux soins courants.

Ce qui pose véritablement problème, c’est le manque de riposte coordonnée de la part de Kinshasa, dans une zone partiellement occupée par le proxy rwandais qu’est le M23 et où de nombreux groupes armés prolifèrent pour des raisons extractives. On retrouve ici un même problème récurrent, celui du contrôle de l’unité nationale dans un pays de près de 100 millions d’habitants et de l’efficacité des services sociaux et sanitaires de base. Dans les zones contrôlées par le M23, plusieurs cas ont également été décomptés. Dans la mesure où le gouvernement congolais n’a pas coordonné la riposte sanitaire avec les groupes armés occupant illégalement le territoire, le risque de propagation épidémique reste entier. Si des négociations sont possiblement en cours selon certaines informations, elles n’ont pas encore permis d’instaurer le cadre de coordination sanitaire nécessaire à une riposte efficace sur la zone. La fragmentation territoriale à l’Est empêche une réponse unifiée. Deux centres de traitement Ebola seraient en cours d’installation à Goma, chef-lieu tenu par le M23/AFC, avec des capacités d’accueil limitées, et le groupe armé affirme avoir pris la mesure de la situation et mis en place des plans de contingence sanitaire. L’épidémie progresse donc aussi dans des zones tenues par la rébellion. Alorsqui pilote la santé publique quand l’État n’a plus le monopole territorial ?

À cela s’ajoutent les résistances communautaires, comme lors des épisodes de 2018-2020, l’acceptation de la riposte est loin d’être acquise. Une manifestation anti-riposte à Rwampara a dégénéré jusqu’à l’incinération du corps d’un cas suspect. Méfiance et hostilité envers les équipes médicales sont des variables de stabilité à part entière. Les résistances communautaires s’inscrivent dans une logique culturelle. Le refus des autorités sanitaires de restituer les corps des personnes décédées d’Ebola à leurs familles est vécu comme une violence symbolique insupportable. Dans les sociétés de l’est de la RDC, les rituels funéraires, notamment la toilette mortuaire et le contact physique avec le défunt, constituent un impératif spirituel. Or ce sont précisément ces pratiques qui représentent l’un des principaux vecteurs de transmission du virus Ebola.

Le ressentiment des populations de l’Ituri et du Kivu s’enracine dans une suspicion structurelle, héritée de décennies de violence, d’abandon étatique et d’interventions extérieures perçues comme prédatrices. Ainsi, la riposte sanitaire est facilement assimilée à une nouvelle forme de contrôle imposé, alimentant rumeurs et conspirationnisme.

L’épidémie d’Ebola peut-elle avoir des conséquences durables sur les relations entre la RDC et ses pays voisins ? Dans quelle mesure cette crise risque-t-elle de fragiliser la stabilité régionale en Afrique centrale ?

D’emblée, on se situe dans une situation de forte tension et de concurrence extractiviste entre la RDC et ses pays limitrophes à l’est, notamment le Rwanda, mais pas uniquement, avec des relations parfois en dents de scie avec l’Ouganda. Aussi, lorsqu’une épidémie de ce type se propage dans un État dont une partie du territoire échappe au contrôle central, rendant difficile une riposte coordonnée à l’échelle nationale, la réponse doit être transrégionale, voire continentale. À l’heure actuelle, l’Africa CDC (Center for Disease Control and Prevention), bras opérationnel sanitaire de l’UA en matière d’identification des foyers épidémiologiques, a indiqué qu’une dizaine de pays vulnérables pourraient être touchés par l’épidémie, à savoir le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie, en plus de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda, déjà touchés avec sept cas. Il faut toutefois noter que la capacité de riposte est très hétérogène d’un pays à l’autre. Le Kenya et l’Éthiopie disposent de systèmes de santé et de surveillance relativement plus solides, le Kenya ayant d’ailleurs commencé à installer des structures de quarantaine dédiées, tandis que la Centrafrique reste l’un des États les plus fragiles du continent et largement dépendante de l’aide extérieure. Quant au Soudan du Sud, il cumule une grave crise interne et les répercussions de la guerre au Soudan voisin.

Par définition, une épidémie ne connaît pas les frontières artificielles, elle touche les êtres vivants, quel que soit leur statut. Certains sont plus vulnérables que d’autres, notamment les plus pauvres, et tout particulièrement dans des conditions où les frontières sont extrêmement poreuses. Selon l’OMS, des cas importés de l’Ituri ont gagné le Nord-Kivu ainsi que Kampala, en Ouganda, où deux voyageurs revenant de RDC ont été confirmés positifs, dont l’un est décédé. Un cas a par ailleurs été signalé au Sud-Kivu, d’après le porte-parole du M23, le malade venait de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Cette dynamique s’accompagne de fermetures de frontières et de tensions diplomatiques, sans parler des conséquences économiques qui risquent d’être majeures. Face au risque, l’Ouganda a suspendu les vols et le transport de passagers avec la RDC le 21 mai 2026. Le Rwanda a fermé sa frontière avec Goma. Ces mesures, prises unilatéralement, viennent percuter des relations bilatérales avec la RDC déjà extrêmement tendues.

S’y ajoute l’enchevêtrement avec le conflit à l’Est, qui participe directement à la diffusion de l’épidémie. Celle-ci progresse dans des zones comme Goma, prise fin janvier 2025, et Bukavu, tombée en février 2025, fait redouter un embrasement régional. La santé devient ainsi un terrain supplémentaire de la rivalité Kinshasa-Kigali, le M23 s’imposant comme acteur de santé publique de facto dans les territoires qu’il contrôle. Face à ce risque transfrontalier, la Communauté d’Afrique de l’Est a appelé ses États membres à activer leurs réseaux de laboratoires et à renforcer la surveillance aux frontières, et a tenu une réunion ministérielle extraordinaire de ses ministres de la Santé les 1er et 2 juin 2026. Selon les sources officielles, à l’issue de cette réunion, les ministres se sont engagés à harmoniser les contrôles sanitaires aux points d’entrée, sans fermer les frontières, de créer un groupe de travail technique régional pour coordonner la surveillance, et de renforcer les capacités de diagnostic et la protection des soignants.

Les crises sanitaires comme Ebola révèlent-elles les limites actuelles du système international d’aide humanitaire, notamment à la suite de la suppression des financements de l’USAID ? Quel rôle jouent aujourd’hui les organisations internationales, comme l’OMS et les ONG, dans la gestion de cette crise ?

Ajouté à un contexte d’instabilité régionale, il s’agit d’une épidémie qui intervient dans un contexte où la riposte risque d’être affaiblie en amont par la recomposition de l’architecture de l’aide étatsunienne. Les coupes spécifiquement sur l’aide sanitaire, ont été « quadripartites » à partir de janvier 2025 : retrait de l’OMS, dissolution de l’USAID, réductions au CDC, et baisse de l’aide sanitaire à la RDC et à l’Ouganda, affaiblissant les systèmes vitaux pour répondre à de telles flambées épidémiques. Des experts estiment même que ces coupes ont pu retarder la détection de l’épidémie.

Aujourd’hui, la RDC a conclu un accord bilatéral avec les États-Unis (tout comme le Rwanda et l’Ouganda), dans une logique « America First » assumée. Une partie des financements santé a été transférée au Département d’État via ce nouvel accord, qui promet 900 millions de dollars sur cinq ans, dans une dynamique de conditionnalité extractive et une bascule du multilatéralisme vers le bilatéralisme transactionnel entre les États-Unis et la RDC. Plus précisément, cette recomposition, portée par le nouveau positionnement américain, n’est pas pleinement maîtrisée, puisque face à cette résurgence d’Ebola, la réponse américaine s’avère tardive et hors cadre onusien. Par ailleurs, on observe une dépriorisation des principes humanistes et solidaires dans la manière d’appréhender la riposte à cette épidémie. L’objectif est d’abord de protéger les Américains. Le Département d’État a mobilisé 23 millions de dollars d’urgence et annoncé le financement de jusqu’à 50 cliniques, mais, du fait du retrait de l’OMS, il n’a pas indiqué vouloir soutenir une riposte pilotée par l’OMS, en rupture avec les pratiques passées. Les États-Unis s’étant retirés de l’OMS, le fonds d’urgence de l’Organisation (CFE) est donc fragile opérationnellement, les autres donateurs ne parvenant pas à combler le vide laissé par le retrait américain.

Dans ce contexte, la riposte doit être activée par les institutions nationales des pays les plus touchés, avec un appui de l’OMS et des organisations non gouvernementales, vu le niveau de propagation du virus, alors même que leurs moyens ont été réduits par le retrait américain et qu’elles opèrent dans un environnement sécuritaire hostile. L’OMS, dont c’est le mandat, a déclaré l’épidémie urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) et coordonne la réponse ; le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’agence sanitaire de l’Union européenne, a publié une évaluation des risques, pour appuyer la coordination de la riposte, notamment auprès de l’Africa CDC. Sur le terrain, les ONG médicales telles que Médecins sans frontières ou encore ALIMA (The Alliance for International Medical Action) ont déployé des équipes de soins. Enfin, la Croix-Rouge de la RDC mobilise ses volontaires pour les enterrements dignes et sécurisés, la communication sur les risques et l’engagement communautaire. Néanmoins, la réponse humanitaire demeure bien trop limitée pour endiguer l’épidémie.

Du côté de la réponse continentale, l’Africa CDC et l’OMS ont annoncé le 5 juin 2026 un plan conjoint de riposte de six mois, couvrant la période de juin à novembre 2026, et lancé un appel à mobiliser 518 millions de dollars pour soutenir les pays africains dans la détection précoce, la prévention et la lutte contre la maladie. Articulé autour du principe opérationnel « un plan, un budget, une équipe » défendu par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ce plan se veut une réponse coordonnée, placée sous la direction des pays touchés. Il s’agit d’un appel de fonds reposant sur l’OMS, l’Africa CDC et leurs partenaires (UNICEF, HCR, PAM, IFRC, FIND), les agences onusiennes, les gouvernements africains et les bailleurs internationaux. Pour l’instant, seuls 315,8 millions ont été promis, en deçà même de l’objectif de mettre un seul plan coordonné.

De plus, si ce plan co-coordonné montre que des premiers éléments de réponse semblent pilotés à l’échelle continentale, elle met aussi structurellement en évidence une stratégie hybride de plusieurs États africains. D’un côté, les pays signent des accords bilatéraux, notamment avec les États-Unis, sous forme d’aide conditionnée par les bailleurs, pour soutenir leurs systèmes de santé et lutter contre les maladies infectieuses ; de l’autre, ils démontrent leur capacité à se coordonner face à une crise majeure à travers des mécanismes multilatéraux. L’avenir dira si cette articulation portera ses fruits sur la durée.

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Wer hat einen Platz am Tisch? Bonner Klimaverhandlungen und das Visumproblem

Bonn, 08. Juni 2026. Jahr für Jahr finden die Bonner Klimaverhandlungen statt. Jahr für Jahr werden Delegierte aus dem Globalen Süden durch Visahürden ausgebremst — und untergraben damit Deutschlands Anspruch auf inklusiven Multilateralismus.

Die 64. Sitzung der UNFCCC-Nebenorgane (SB64) beginnt heute im Bonner World Conference Center. Über 5.000 Delegierte von Regierungen sowie Zivilgesellschaft kommen zusammen, um die COP31 vorzubereiten, die in diesem Jahr in der Türkei stattfindet. Die Nebenorgane sind fundamentaler Bestandteil der globalen Klimadiplomatie: Hier wird die technische Grundlage gelegt, werden Positionen verhandelt und Koalitionen gebildet. Parteidelegierte wie Nicht-Partei-Akteure sind formell gleichberechtigt willkommen — doch Teilnehmende aus dem Globalen Süden sehen sich einer Reihe von Hindernissen gegenüber: Akkreditierung, Reisekosten, Unterkunft und Visa. Die Visa-Barriere ist hier besonders, weil es in der Verantwortung Deutschlands, als Host des UNFCCC-Sekretariats, liegt, diese zu adressieren.

Visahürden für die Beteiligung des Globalen Südens an Klimaverhandlungen sind weder neu noch ein ausschließlich deutsches Problem. Bereits 2008 kritisierte das IIED den Ausschluss von Delegierten aus den vulnerabelsten Ländern von UN-Klimaverhandlungen in Europa aufgrund von Visumverzögerungen. Bei den Bonner Sitzungen SB60 im Jahr 2024 wurden 223 Fälle von Delegierten aus Afrika und Asien dokumentiert, die Schwierigkeiten hatten, rechtzeitig oder überhaupt ein Visum zu erhalten: 25 wurden direkt abgelehnt, 167 Anträge blieben unbearbeitet, und 37 erhielten ihr Visum mit erheblicher Verzögerung — Länder wie Burundi, Kamerun, Ägypten, Marokko und Ruanda waren in den ersten Verhandlungstagen ohne Repräsentanz. Im Jahr 2025 stieg die Zahl der dokumentierten Fälle auf 298. Zu den wiederkehrenden Ursachen zählen verweigerte Terminvergaben, die Pflicht zur Antragstellung in weit entfernten Drittländern sowie Ablehnungen mit dem Verweis auf angebliche Zweifel an der Rückkehrabsicht. Der Unmut darüber wird regelmäßig in den Abschlusserklärungen der Bonner Sitzungen laut — oder, in weniger diplomatischer Form, vom zivilgesellschaftlichen Netzwerk CAN, das Deutschland auffordert, seinen „Visumkrieg gegen afrikanische Delegierte" zu beenden.

Hinter den oben genannten Zahlen stehen Menschen, meist mit formeller Akkreditierung, konkretem Arbeitsplan und oft vollständiger Finanzierung, die dennoch nicht teilnehmen können. Eine junge Delegierte aus Asien beschreibt es so: „Visumprobleme sind eines der größten Hindernisse für mich. Aus dem Globalen Süden kommend, verbringen wir zwei bis drei Monate damit, immer wieder zur Botschaft zu laufen, Anträge zu stellen, Widerspruch einzulegen. Viele meiner Kolleg*innen haben kein Visum bekommen — obwohl sie vollständig finanziert waren und einen konkreten Plan hatten, wie wir zusammenarbeiten wollten. Sie konnten einfach nicht kommen." Dies ist kein Einzelfall. Es ist eine strukturelle Hürde, die genau jene Stimmen ausschließt — Verhandler*innen aus den vulnerabelsten Ländern, junge Aktivist*innen, Vertreter*innen besonders betroffener Gemeinschaften —, deren Präsenz entscheidend für die Legitimität des multilateralen Klimaprozesses ist.

Das Argument, Visumhürden seien administrativ unvermeidbar, hält einer Überprüfung nicht stand. Die Gastgeberländer der jüngsten COPs in den Vereinigten Arabischen Emiraten, Aserbaidschan und Brasilien haben allesamt eigene beschleunigte Visumverfahren für akkreditierte UNFCCC-Teilnehmende eingeführt. Entscheidend ist: Auch Schengen-Mitgliedstaaten haben dies getan. Artikel 25 Absatz 1 des Schengener Visakodex erlaubt es Mitgliedstaaten ausdrücklich, Visa auszustellen, wenn „internationale Verpflichtungen" dies erfordern. Für die COP21 in Paris nutzte Frankreich diese Bestimmung, um akkreditierten Teilnehmenden allein auf Grundlage ihres Akkreditierungsschreibens ein Kurzaufenthaltsvisum zu erteilen, ohne die üblichen Begleitdokumente. Für die COP25, die mit kaum vier Wochen Vorlauf von Santiago nach Madrid verlegt wurde, erließ Spanien zentrale Anweisungen an alle 182 seiner Konsulate weltweit, um ein zügiges Visumverfahren zu gewährleisten, und schloss Vereinbarungen mit anderen Schengen-Staaten für Länder ohne spanische Vertretung.

Im Vorfeld der Verhandlungen dieses Jahr erinnern über 80 unterzeichnende Organisationen — von Amnesty International bis zur Zimbabwe People's Land Rights Movement — Deutschland als Gastgeber der Bonner Sitzungen in einem offenen Brief daran, dass die Glaubwürdigkeit multilateraler Prozesse davon abhängt, wer im Raum sitzt. Inklusiver Multilateralismus ist nicht nur eine Frage dessen, was verhandelt wird — sondern auch, wer verhandelt. Deutschland trägt als Gastgeber verschiedener UN Organisationen, vom UNFCCC-Sekretariats über UNDP und UN Women eine besondere Verantwortung dafür, dass seine Konsulate nicht zur ersten Hürde für legitimes globales Regieren werden — und für das Vertrauen der Partner, auf die es angewiesen ist. Die Lösungen existieren. Die Präzedenzfälle existieren. Was noch zu fehlen scheint, ist der politische Wille zu handeln.

Wer hat einen Platz am Tisch? Bonner Klimaverhandlungen und das Visumproblem

Bonn, 08. Juni 2026. Jahr für Jahr finden die Bonner Klimaverhandlungen statt. Jahr für Jahr werden Delegierte aus dem Globalen Süden durch Visahürden ausgebremst — und untergraben damit Deutschlands Anspruch auf inklusiven Multilateralismus.

Die 64. Sitzung der UNFCCC-Nebenorgane (SB64) beginnt heute im Bonner World Conference Center. Über 5.000 Delegierte von Regierungen sowie Zivilgesellschaft kommen zusammen, um die COP31 vorzubereiten, die in diesem Jahr in der Türkei stattfindet. Die Nebenorgane sind fundamentaler Bestandteil der globalen Klimadiplomatie: Hier wird die technische Grundlage gelegt, werden Positionen verhandelt und Koalitionen gebildet. Parteidelegierte wie Nicht-Partei-Akteure sind formell gleichberechtigt willkommen — doch Teilnehmende aus dem Globalen Süden sehen sich einer Reihe von Hindernissen gegenüber: Akkreditierung, Reisekosten, Unterkunft und Visa. Die Visa-Barriere ist hier besonders, weil es in der Verantwortung Deutschlands, als Host des UNFCCC-Sekretariats, liegt, diese zu adressieren.

Visahürden für die Beteiligung des Globalen Südens an Klimaverhandlungen sind weder neu noch ein ausschließlich deutsches Problem. Bereits 2008 kritisierte das IIED den Ausschluss von Delegierten aus den vulnerabelsten Ländern von UN-Klimaverhandlungen in Europa aufgrund von Visumverzögerungen. Bei den Bonner Sitzungen SB60 im Jahr 2024 wurden 223 Fälle von Delegierten aus Afrika und Asien dokumentiert, die Schwierigkeiten hatten, rechtzeitig oder überhaupt ein Visum zu erhalten: 25 wurden direkt abgelehnt, 167 Anträge blieben unbearbeitet, und 37 erhielten ihr Visum mit erheblicher Verzögerung — Länder wie Burundi, Kamerun, Ägypten, Marokko und Ruanda waren in den ersten Verhandlungstagen ohne Repräsentanz. Im Jahr 2025 stieg die Zahl der dokumentierten Fälle auf 298. Zu den wiederkehrenden Ursachen zählen verweigerte Terminvergaben, die Pflicht zur Antragstellung in weit entfernten Drittländern sowie Ablehnungen mit dem Verweis auf angebliche Zweifel an der Rückkehrabsicht. Der Unmut darüber wird regelmäßig in den Abschlusserklärungen der Bonner Sitzungen laut — oder, in weniger diplomatischer Form, vom zivilgesellschaftlichen Netzwerk CAN, das Deutschland auffordert, seinen „Visumkrieg gegen afrikanische Delegierte" zu beenden.

Hinter den oben genannten Zahlen stehen Menschen, meist mit formeller Akkreditierung, konkretem Arbeitsplan und oft vollständiger Finanzierung, die dennoch nicht teilnehmen können. Eine junge Delegierte aus Asien beschreibt es so: „Visumprobleme sind eines der größten Hindernisse für mich. Aus dem Globalen Süden kommend, verbringen wir zwei bis drei Monate damit, immer wieder zur Botschaft zu laufen, Anträge zu stellen, Widerspruch einzulegen. Viele meiner Kolleg*innen haben kein Visum bekommen — obwohl sie vollständig finanziert waren und einen konkreten Plan hatten, wie wir zusammenarbeiten wollten. Sie konnten einfach nicht kommen." Dies ist kein Einzelfall. Es ist eine strukturelle Hürde, die genau jene Stimmen ausschließt — Verhandler*innen aus den vulnerabelsten Ländern, junge Aktivist*innen, Vertreter*innen besonders betroffener Gemeinschaften —, deren Präsenz entscheidend für die Legitimität des multilateralen Klimaprozesses ist.

Das Argument, Visumhürden seien administrativ unvermeidbar, hält einer Überprüfung nicht stand. Die Gastgeberländer der jüngsten COPs in den Vereinigten Arabischen Emiraten, Aserbaidschan und Brasilien haben allesamt eigene beschleunigte Visumverfahren für akkreditierte UNFCCC-Teilnehmende eingeführt. Entscheidend ist: Auch Schengen-Mitgliedstaaten haben dies getan. Artikel 25 Absatz 1 des Schengener Visakodex erlaubt es Mitgliedstaaten ausdrücklich, Visa auszustellen, wenn „internationale Verpflichtungen" dies erfordern. Für die COP21 in Paris nutzte Frankreich diese Bestimmung, um akkreditierten Teilnehmenden allein auf Grundlage ihres Akkreditierungsschreibens ein Kurzaufenthaltsvisum zu erteilen, ohne die üblichen Begleitdokumente. Für die COP25, die mit kaum vier Wochen Vorlauf von Santiago nach Madrid verlegt wurde, erließ Spanien zentrale Anweisungen an alle 182 seiner Konsulate weltweit, um ein zügiges Visumverfahren zu gewährleisten, und schloss Vereinbarungen mit anderen Schengen-Staaten für Länder ohne spanische Vertretung.

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