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Les kurdes de Syrie : quel avenir ? | Les mardis de l’IRIS

Tue, 03/02/2026 - 12:30

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’‪IRIS‬ pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS, autour de l’accord signé entre Damas et les forces kurdes après de longs mois de conflit ainsi que des enjeux liés à l’intégration des forces et de l’administration kurdes au sein de l’État syrien.

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Mali, Sahel : une « souveraineté retrouvée » ?

Tue, 03/02/2026 - 10:30

Quelles sont les circonstances qui ont produit le changement systémique observé actuellement au Mali ?

L’histoire en cours a commencé avec un premier coup d’État, le 18 août 2020, qui a mis fin au régime du président élu Ibrahim Boubacar Kéita. L’événement a été compris comme le point de résolution d’un long conflit entre les oppositions et un pouvoir fortement contesté. Alors que la junte issue de ce coup d’État s’était engagée à une période de transition n’excédant pas une année – à la demande, notamment, de la CEDEAO -, un deuxième putsch est advenu le 24 mai 2021, destiné, selon ses auteurs, à « rectifier » les orientations de l’exécutif militaire. C’est ce « coup d’État dans le coup d’État » qui marquera un tournant décisif pour le pays, en transformant ce qui devait être un régime de transition en une rupture systémique. Le nouveau dirigeant du pays, le colonel Assimi Goïta – il sera promu général d’armée en 2024 – proclame le début d’une « révolution », au nom de la souveraineté, du panafricanisme et de la lutte contre l’impérialisme occidental. Une option inspirée alors d’une conjonction de facteurs : l’enlisement de la lutte contre les Groupes armés terroristes (GAT), la montée des ressentiments à l’égard de la présence militaire française, la convocation de rancœurs non soldées de la colonisation, la décrédibilisation des acteurs politiques civils associés à une crise avancée du processus démocratique… Porté par ces différents constituants, le projet de la junte malienne sera conforté par l’activation, dans cette région, des stratégies d’influence de la Russie.    

Comment distinguer, dans le cas malien, la souveraineté revendiquée par l’État, la souveraineté exercée dans les faits et la souveraineté vécue par les populations, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et le retrait volontaire de cadres régionaux et internationaux (CEDEAO, OIF) ?

Pour faire la démonstration de son projet souverainiste, la junte malienne a engagé des procédures de rupture avec ses partenaires traditionnels peu ou prou associés à ce qui est désigné comme « l’occident ». Ruptures avec la France, les États partenaires européens, les États-Unis, les ONG, la Minusma (Mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali) et la CEDEAO, accusée d’être sous influence française. Ces mesures ont favorisé la mise en œuvre d’une coopération exclusive, à la manière d’un huis clos, avec la Russie, dans les domaines de la sécurité, de l’exploitation minière et des stratégies informationnelles. La séquence des ruptures – sur fond d’éléments de langage « révolutionnaires » et de cyber-propagande – aura surtout permis à la junte d’imposer son agenda, à l’instar des juntes du Burkina Faso et du Niger, tous trois réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, après leur retrait de la CEDEAO en 2024. Cinq ans après la prise du pouvoir d’État par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP, junte malienne), l’exécutif de transition s’est transmué en un régime non élu, et sans limitation de durée. Pour la population qui a associé la « souveraineté retrouvée » à la fin de l’insécurité, il faudra encore attendre. La coopération avec la Russie, qui s’était un temps cantonnée à la protection de la junte par les mercenaires du Groupe Wagner, n’a pas permis l’éradication promise des GAT. La dégradation continue de la situation sécuritaire a accru le recul du contrôle de l’État sur des pans entiers du territoire. Pour nombre de Maliens, la rupture conflictuelle avec la CEDEAO, avec ses conséquences sur les dynamiques de l’intégration régionale, demeure une énigme, ou une hérésie. Une rupture qui demeure relative, toutefois. Car, les trois pays sahéliens sont toujours présents au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), corollaire monétaire de la CEDEAO pour les États de la Zone franc.

Au Mali, la ruine du tissu entrepreneurial, l’absence d’un programme économique identifié et, plus généralement, les effets collatéraux de l’insécurité sur la vie des populations ont instauré un climat de précarité endémique. Dans ce contexte, les autorités militaires ont exclu l’expression des libertés démocratiques et fondamentales du corpus idéologique souverainiste. Si une partie de la population continue de croire que le « Mali refondé » mérite bien les sacrifices suggérés par le pouvoir, d’autres se demandent si l’on ne s’est pas trompé d’histoire de souveraineté. La question persistante est de savoir si le référentiel souverainiste pourrait indéfiniment résister à l’exigence d’une normalisation du pouvoir d’État, par le rétablissement de l’ordre constitutionnel et du verdict électoral.

La rupture avec les anciennes tutelles européennes, en particulier française, a-t-elle élargi les marges de manœuvre politiques et sécuritaires des États du Sahel central, ou a-t-elle déplacé les contraintes vers d’autres formes de dépendance, de vulnérabilité et de négociation ?

L’objectif initial de ces États était en effet d’amplifier leurs marges de manœuvre, en termes de décision et de détermination politique. En pratique, ils ont mécaniquement provoqué une contraction de leur champ de négociation. En désignant une partie de la communauté internationale – y compris la CEDEAO et l’Union africaine – comme des entités hostiles à leur « révolution », ils ont, de fait, bridé leur capacité de négociation sur la scène régionale et internationale. La rupture conflictuelle avec la CEDEAO a dramatiquement entravé l’indispensable mutualisation des moyens régionaux pour la lutte contre le terrorisme. Le huis clos relationnel avec l’allié politique de Moscou marque ses limites. À telle enseigne que ce dernier a invité, en décembre 2025, l’AES et la CEDEAO à renouer le dialogue, au nom du principe de réalité,afin de produire des solutions communes pour la lutte contre le terrorisme. Déjà, enaoût 2025, le représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l’ONU, Dmitri Tchoumakov, avait exprimé l’urgence d’un soutien à l’échelle mondiale en faveur du Sahel central, afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Des propos relayés par le représentant permanent du Mali auprès de l’ONU, Issa Konfourou, qui a signifié l’entière disposition de l’AES à coopérer avec les pays de la région et l’ensemble des partenaires qui le souhaitent. Cette évolution du discours se manifeste à un moment où les régimes de l’AES se départissent du postulat de la rupture radicale pour énoncer celui d’une diversification des partenariats… au nom de la souveraineté. Une nouvelle phase de diversification qui n’exclut plus de possibles négociations avec les États-Unis ou l’Union européenne.

Quels types de ressources, de soutiens et de contraintes l’intervention croissante d’acteurs extérieurs non occidentaux (Russie, Chine et autres partenaires) introduit-elle dans les configurations politiques, sécuritaires et diplomatiques du Sahel central ?

La Russie, qui n’est pas, traditionnellement, un partenaire au développement, poursuit son assistance sécuritaire, avec le dispositif Wagner rebaptisé Africa Corps. Discrètement, la Chine préserve ses avantages anciens, en ayant symboliquement porté en 2024 les relations sino-maliennes au niveau de « partenariat stratégique ». Dans cette configuration concurrentielle qui déborde du cadre du Sahel central, Pékin applique la continuité d’une coopération dans les domaines de la défense, de la sécurité, du commerce ou des infrastructures. La Turquie, sur la base de protocoles inédits, fournit des services d’assistance sécuritaire par l’intermédiaire de sociétés privées. En contrepartie, elle bénéficie d’avantages spécifiques pour l’accès au secteur minier dans les pays de l’AES. Les Émirats arabes unis (EAU) s’invitent aussi dans le Sahel central, dans le cadre d’une coopération portant sur la défense et les échanges économiques. Moins officiellement, les EAU espèrent consolider une diplomatie d’influence dans un contexte de vives tensions entre les autorités de l’AES et l’Algérie qui, par ailleurs, accuse Abou Dhabi de comportements hostiles à son encontre…

En réalité, la liberté de choix des partenaires ne relève pas de l’innovation. Depuis les années 80, tous les pays du continent ont engagé des politiques souveraines de diversification des partenaires extérieurs. L’enjeu persistant pour tous étant de renforcer, en tout lieu, leur pouvoir de décision, ainsi que la maîtrise pertinente des mécanismes des interdépendances mondiales. Actuellement dans le Sahel central, la question est de savoir le degré de compatibilité entre les agendas de ces partenaires sollicités dans l’urgence, et les défis multisectoriels de la région. Au regard de l’agenda international de certains partenaires – la Russie, notamment –, le risque existe pour ces États sahéliens confrontés à divers facteurs de vulnérabilité, de devenir des variables d’ajustements pour des enjeux géopolitiques échappant au périmètre de négociation de leurs intérêts spécifiques, et ceux de leurs populations.

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En Amérique latine, l’expansion des droites

Tue, 03/02/2026 - 09:37

En 2026, cinq élections majeures se tiendront en Amérique latine. Au-delà des configurations internes propres à chaque pays concerné, ces élections s’inscrivent dans un contexte commun dans une Amérique latine divisée sur le plan idéologique. Ce dernier est marqué par une poussée des forces de droites conservatrices, religieuses (catholiques et évangéliques) et d’extrême droite au détriment des gauches locales et par le retour agressif des États-Unis dans la région après leur intervention militaire illégale au Venezuela ayant débouché le 3 janvier 2026 sur l’enlèvement du président M. Nicolas Maduro et son épouse. Washington affiche son ambition : reconquérir sa sphère d’influence latino-américaine – par la coercition ou le consentement – pour garantir sa suprématie et sa sécurité futures dans l’« Hémisphère occidental » (l’ensemble du continent américain dans le langage stratégique de Washington, du Groenland à la Terre de Feu) face à ses adversaires et rivaux (Chine et secondairement Russie).

Note d’actualité réalisée par l’IRIS pour le compte de l’Agence française de développement.

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Défaite majeure pour le mouvement national kurde de Syrie

Mon, 02/02/2026 - 14:58

On se souvient que les Forces démocratiques syriennes (FDS)[1], à majorité kurde et structurées par le Parti de l’union démocratique (PYD), franchise syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avaient signé un mémorandum avec les autorités intérimaires de Damas, dirigées par Ahmed Al-Charaa, le 10 mars 2025, traçant la perspective d’un accord politique global devant être finalisé avant le 31 décembre dans le but d’intégrer la composante kurde de la population syrienne dans la nouvelle architecture politique du pays. Les négociations ne parvinrent pourtant pas à aboutir au nécessaire compromis, les principaux points de désaccord se concentrant sur la place et le statut des forces armées kurdes au sein de la nouvelle armée syrienne ainsi que sur le degré d’autonomie politique de la région kurde au sein du pays. L’impasse semblait donc totale.

Dès les premiers jours du mois de janvier les troupes de Damas attaquaient alors deux quartiers kurdes de la ville d’Alep – Cheikh Maqsoud et Acrafieh – et en chassaient rapidement les FDS. Fort de cette première victoire, décision fut prise – visiblement préparée de longue date – de poursuivre l’offensive vers les territoires de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), communément appelé le Rojava.

Le destin du Nord-Est syrien bascule alors en deux jours, les 17 et 18 janvier. Les forces gouvernementales reprennent les provinces de Rakka et de Deir ez-Zor, à majorité arabe, et environ 80 % des territoires administrés par les FDS depuis 2016, lorsqu’elles en avaient chassé l’État islamique avec l’aide de la coalition internationale. C’est une véritable débandade militaire qui se produit, avec son cortège de victimes civiles et de départs précipités des populations.

La brièveté de la séquence et le quasi-effondrement de l’AANES interpellent, mais s’expliquent de plusieurs façons. La première renvoie bien sûr au lâchage des forces kurdes par les États-Unis, confirmant ainsi le choix de Washington d’un soutien stratégique apporté à Ahmed Al-Charaa dans le cadre d’un projet de recomposition régionale sous égide. On a le désagréable sentiment que l’histoire se répète. Plusieurs fois déjà la confiance accordée par les dirigeants nationalistes kurdes aux États-Unis, ainsi que parfois à des autocraties locales, s’est en effet quasi systématiquement retournée en son contraire. C’est une malheureuse constante de l’histoire tourmentée du peuple kurde que d’être trahi par ceux qui prétendent l’aider ou le protéger. De la part des dirigeants kurdes, c’est une illusion mortelle que d’estimer possible de défendre les intérêts de leur peuple – objectif proclamé par les FDS – en prenant appui sur les États-Unis, dont les intérêts ne coïncident pas avec les leurs. Certes, les conditions difficiles dans lesquelles se sont battues les FDS rendaient nécessaires des jeux d’alliances, mais certains choix s’avèrent une fois de plus mortifères. Durant la guerre civile, les FDS n’ont jamais tenté de passer de véritables accords avec les forces combattantes syriennes d’opposition préférant entretenir des relations parfois ambigües avec le régime de Bachar Al-Assad. Les événements de ce mois de janvier 2006 administrent une nouvelle fois la preuve de la dangerosité de dépendre des États-Unis qui ne raisonnent jamais pour leur part dans une logique d’émancipation des peuples.

La deuxième raison concerne le changement d’alliance effectué par les tribus arabes qui, depuis une dizaine d’années, avaient fait allégeance aux FDS dirigées par des commandants kurdes, souvent membres du PKK. Rappelons que le système politique qui avait été instauré au sein de l’AANES proclamait s’inspirer des concepts autogestionnaires – le confédéralisme démocratique – élaborés et théorisés par Abdullah Öcalan fondateur et dirigeant du PKK, en prison depuis 1999. Il s’agissait, avaient expliqué les FDS, de construire une société égalitaire, respectueuse des minorités ethniques, confessionnelles et de genre. L’aura romantique libertaire qui a enveloppé le Rojava depuis de nombreuses années s’est pourtant brutalement déchirée. Bien sûr, la propension des chefs tribaux à pactiser avec le plus offrant est une donnée classique de la situation régionale, il convient néanmoins de ne pas tomber dans un travers orientaliste, ou pire essentialiste, sur la supposée versatilité intrinsèque des tribus. La situation renvoie plus fondamentalement à la brutalité des rapports de force induits par toute guerre civile et il semble que l’inclusivité égalitaire revendiquée par les FDS était plus une utopie qu’une réalité véritablement ancrée dans le tissu social. Pour parler plus précisément, il apparait que le PYD a imposé son système d’une manière qui a été perçue par les populations arabes comme une forme de domination nationaliste kurde. L’étonnante rapidité de la défaite subie au cours de ces derniers jours s’explique en effet par l’étroitesse de la base sociale des FDS dans une région, représentant un tiers du territoire syrien, dont une grande partie est arabe.

Un troisième élément d’explication réside dans le rôle qu’a endossé la Turquie – qui occupe toujours indûment une partie du territoire syrien – et l’important appui qu’elle a apporté à l’armée syrienne, notamment par l’utilisation de drones à l’efficacité redoutée. Ankara voyait dans la séquence un moment particulièrement propice pour en finir avec le Rojava, qualifié par les autorités turques d’entité terroriste, parce que sous la coupe du PKK, et perçu de ce fait comme un danger existentiel. C’est aussi une nouvelle preuve du soutien sans faille apporté jusqu’alors par Recep Tayyip Erdoğan, aux côtés de Donald Trump et de Mohamed Ben Salman, au gouvernement intérimaire d’Ahmed Al-Charaa.

On le comprend, ce dernier sort considérablement renforcé à l’issue d’un mois de janvier fertile en modifications accélérées des rapports de force. Son projet islamo-nationaliste s’affirme, porteur d’une volonté centralisatrice qui ne laisse guère de place aux minorités ethniques et confessionnelles. Il apparait d’ailleurs beaucoup plus intransigeant à l’encontre de celles-ci qu’à l’égard de l’État d’Israël avec lequel il est parvenu à un récent accord alors que ce dernier occupe pourtant une partie du territoire national syrien et y organise cycliquement des opérations militaires faisant fi du droit international.

Les FDS subissent donc une défaite majeure, leur projet politique ayant subi un coup d’arrêt. Le modèle social progressiste qu’elles voulaient mettre en œuvre prétendait se différencier radicalement de celui incarné par le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, critiqué pour être beaucoup plus conservateur et souvent accusé de pratiques clientélistes à forts relents féodaux. Le PKK ne formulait d’ailleurs plus la revendication d’indépendance d’un Kurdistan, et allait jusqu’à mettre théoriquement en question le concept même d’État nation. Pour autant, la difficulté des cadres de l’AANES à parvenir à un compromis avec le gouvernement intérimaire de Damas au moment adéquat leur a été fatale et les acquis dont ils se réclamaient quasiment réduits à néant.

C’est dans ce contexte qu’un accord – dans l’élaboration duquel les États-Unis, la France et le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak ont visiblement joué un rôle important – favorable au gouvernement de Damas puisqu’il enterre la perspective d’une autonomie kurde au Rojava, a finalement été acté entre les protagonistes le 30 janvier 2026. Les autorités intérimaires de Damas prennent ainsi le contrôle des institutions locales, des postes-frontières, des champs gaziers et pétroliers ainsi que des camps d’internement dans lesquels se trouvent des prisonniers de l’État islamique. Les institutions de l’AANES seront intégrées à l’appareil d’État syrien et les combattants des FDS incorporés individuellement dans la nouvelle armée syrienne. Aucune mention n’est faite quant à l’avenir des unités de femmes combattantes des FDS et des combattants étrangers du PKK. Principales concessions, le kurde est reconnu comme langue nationale et pourra être enseigné librement, le Nouvel An kurde, le Newroz, sera quant à lui férié, et la nationalité syrienne enfin accordée à la totalité des citoyens d’origine kurde. Nulle reconnaissance à l’autogouvernement ou à l’autodétermination donc, mais bien plutôt celle de quelques droits dus à une minorité. On le voit, l’accord sanctionne un rapport de force peu favorable aux forces kurdes, même si le contenu final apparait moins dur que celui qui leur avait initialement été soumis, le 18 janvier.

Il s’agit maintenant d’observer les modalités pratiques de son application, car rien n’est jamais écrit à l’avance dans un contexte national et régional singulièrement délétère.

Didier Billion

[1] Les Forces démocratiques syriennes ont été créées en octobre 2015 pour constituer un cadre juridique et politique au soutien militaire états-unien apporté au Parti de l’union démocratique (PYD), franchise syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), pour combattre l’État islamique. Les FDS encadrées par les forces kurdes inclurent aussi des tribus arabes ralliées.

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Israël dément ses relais d’opinion en France

Mon, 02/02/2026 - 11:29

L’armée israélienne admet enfin que le nombre de morts, qui s’élève à 71 000 personnes, donné par le ministère de la Santé du Hamas, est exact.

Nombreux sont ceux qui l’ont longtemps nié, considérant ces chiffres comme relevant de la propagande terroriste, ce qui servait surtout à minimiser les actions du gouvernement israélien et à relayer la propagande israélienne.

Malheureusement, les chiffres exacts sont probablement encore plus élevés, compte tenu des disparus et des morts indirectes. Malheureusement, les mensonges trop répétés dans les médias entraînent une perte de confiance et une montée du complotisme.

Parallèlement, le passage de Rafah est désormais rouvert, contrôlé par l’Égypte. Mais le passage restera difficile pour de nombreux Palestiniens, qui devront affronter le choix de mourir sur place ou de partir avec le risque de ne jamais revenir. En d’autres termes, c’est le choix entre davantage de morts ou un nettoyage ethnique, avec la passivité totale de la communauté internationale.

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La doctrine Trump dans la Caraïbe : entre recompositions régionales et vulnérabilités insulaires

Fri, 30/01/2026 - 16:10

Quelles ont été les répercussions dans la Caraïbe des actions menées par Donald Trump à l’encontre du Venezuela, pouvant se résumer à une « doctrine Monroe » ? Quelles réactions celles-ci ont suscité auprès des populations et gouvernements des différents États insulaires réagissent-ils ?

Avant même les réactions politiques, le premier impact de l’évènement est économique. Les actions menées par l’administration américaine ont provoqué le ralentissement des échanges commerciaux et des perturbations du trafic aérien et des flux touristiques. Désormais, l’activité portuaire est elle-même menacée dans une zone déjà très fragile de petites économies insulaires ou marquées par la mono-industrie pétrolière et touristique. La présence accrue de navires et d’avions états-uniens dans le sud de la Caraïbe depuis 2025, inquiète les gouvernements insulaires avec des risques de débordement ou de flux migratoires massifs en cas d’instabilité prolongée.

La dépendance énergétique de plusieurs États caribéens qui bénéficiaient du programme Petrocaribe, de fourniture de pétrole vénézuélien à prix préférentiel, se modifie radicalement avec l’épuisement du système Chavez et le blocus américain. Petrocaribe a été un instrument majeur de la diplomatie vénézuélienne, permettant à Caracas de s’assurer le soutien de nombreux États caribéens dans les forums internationaux (Organisation des États américains – OEA, Organisation des Nations unies – ONU, Alliance bolivarienne pour les Amériques – ALBA). Cette influence a longtemps été perçue comme une menace par les États-Unis, qui ont cherché à limiter à tout prix son expansion et à renforcer leur propre présence dans la région.

Ceci pourrait donner place à des rivalités accrues entre grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, Union européenne – UE), chacune cherchant à renforcer son influence via des investissements énergétiques, des financements et des partenariats stratégiques dans la zone. Cette multipolarité pourrait offrir de nouvelles opportunités, mais actuellement, elle accroît la fragmentation régionale et la compétition pour l’accès aux ressources.

Plus que jamais le paysage politique et économique de la Caraïbe apparaît fragmenté et la politique de Donald Trump, qui divise les États de la zone, est révélatrice d’une situation d’inégalité croissante entre des pays en crise et d’autres qui profitent de la manne pétrolière.  Les organisations régionales (Communauté des Caraïbes – CARICOM, Organisation des États de la Caraïbe orientale – OECS) ne sont pas assez structurées pour s’imposer face aux puissances extérieures ou pour tracer une ligne stratégique. Officiellement, la CARICOM a convoqué son Bureau des chefs de gouvernement le 3 janvier 2026 et a publié une déclaration rappelant l’attachement aux principes de la Charte des Nations unies tout en appelant au dialogue pacifique et en se disant prête à soutenir des efforts diplomatiques pour la stabilité du Venezuela. La CARICOM tente ainsi de préserver une neutralité stratégique difficile à maintenir.

Mais derrière cette façade, la présence militaire accrue des États-Unis depuis 2025, alimente les inquiétudes sur une militarisation durable de la zone. Plusieurs gouvernements caribéens, dépendants des flux touristiques et commerciaux, se retrouvent pris entre la nécessité de coopérer avec Washington et la crainte d’être entraînés dans une confrontation régionale. Les pays les plus dépendants des flux touristiques et commerciaux américains (Bahamas, Jamaïque, Barbade) sont incités à soutenir la position américaine. D’autres, comme la Grenade, ou la Dominique, hésitent à condamner Caracas et cherchent à sécuriser de nouvelles sources d’énergie pour réduire leur vulnérabilité.

Cette crise pourrait encore accentuer les divergences internes et réduire la capacité de la Caraïbe à parler d’une seule voix sur la scène internationale.  La région n’a pas une position unique sur la crise, la plupart des États étant plutôt prudents ou critiques vis‑à‑vis de la politique de Donald Trump, surtout sur l’immigration et le commerce.

Comment sont susceptibles d’évoluer les relations entre Washington et les pays de la Caraïbe ? Ces événements redéfinissent-ils les positionnements politiques et les équilibres régionaux dans l’espace caribéen ?

La politique interventionniste de Donald Trump en direction de la zone Caraïbe-Amérique latine et du Venezuela en particulier, a culminé avec l’enlèvement de Nicolás Maduro mais elle a débuté avec son mandat et traduit deux enjeux prioritaires aux yeux de l’administration américaine : la sécurité énergétique des États-Unis avec la présence des compagnies pétrolières américaines, la lutte contre la criminalité et l’immigration illégale.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est rendu en Jamaïque, au Guyana et au Suriname en mars 2026 après une première visite dans la région dès sa prise de fonction. Il a conditionné les investissements états-uniens et le soutien au développement économique à l’ouverture des marchés publics et des infrastructures et au ralliement aux fondamentaux « d’America First » en matière d’immigration et de containment du Venezuela.  À ceci s’ajoute la lutte ouverte contre la présence chinoise. Si l’on peut parler de renaissance de la « doctrine Monroe », c’est en effet là qu’elle s’applique avec la volonté de dissuader les projets de la Chine qui montent en puissance dans les ports, les aéroports et les grandes infrastructures commerciales, dans cet espace revendiqué comme un lac américain, la « troisième frontière ». Cette politique s’appuie particulièrement sur le Guyana et dans un moindre mesure le Suriname, devenus des Eldorados pétroliers.Les États-Unis ont signé un mémorandum d’entente sur la coopération en matière de sécurité avec le Guyana, qui devient leur partenaire stratégique pour l’espace caribéen.

Washington est déterminé à réaffirmer son influence dans une région de plus en plus courtisée par ses concurrents internationaux, avec une stratégie visant à répondre aux crises immédiates, à la concurrence économique, et aux préoccupations sécuritaires régionales et un accent particulier sur la lutte contre l’expansion chinoise et la protection du Guyana contre les tentatives d’agression vénézuélienne.

Pour les dirigeants caribéens, cette attention présente à la fois des opportunités et des dilemmes.  Les assurances de sécurité et l’accès au marché offerts par les États-Unis s’accompagnent d’attentes implicites quant à la limitation de la coopération chinoise, ce qui pourrait restreindre fortement leurs options de développement.

La crise vénézuélienne et la contraction des livraisons pétrolières ont rebattu les cartes : plusieurs pays se sont rapprochés des États-Unis, de la Chine ou de l’Union européenne pour diversifier leurs partenariats énergétiques et financiers.

Comment la France, et plus particulièrement ses territoires ultramarins dans la Caraïbe, appréhende-t-elle la posture de Donald Trump et la menace pesant à travers lui sur la région ?  

    Tout d’abord l’insertion régionale des départements français d’Amérique n’est pas réelle. Même si la coopération régionale s’intensifie via INTERREG, seule la Martinique a souhaité devenir membre associé de la CARICOM quoiqu’avec une portée essentiellement symbolique. La Guyane française est intéressée par des coopérations avec le Nord Brésil (Amapá) mais subit essentiellement les prédations de ses voisins (Brésil, Suriname). Les trois départements français sont une terre d’immigration pour les pays de la zone (Dominique, Haïti, Sainte Lucie) qui est vécue davantage comme un défi que comme un facteur d’intégration. La France souhaite susciter, via son ambassade à Saint Lucie, une aire d’influence auprès des Etats anglophones de la Caraïbe orientale réunis au sein de l’OECS  et à laquelle Guadeloupe et Martinique sont associées. Cette influence se manifeste par une coopération en matière de santé, d’éducation et d’environnement. Elle vise à favoriser l’implantation d’entreprises françaises dans la zone et à bénéficier de soutiens politiques lors d’initiatives multilatérales.  Mais cette organisation régionale est surtout technique et son poids politique est moindre que celui de la CARICOM.

    En conséquence, la France se trouve souvent seule, avec ou face aux États-Unis, comme « grande » puissance dans la région sans être une puissance régionale, d’autant que ses territoires couverts par la réglementation européenne, ont des intérêts divergents du sous-groupe Caraïbes des pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique).  En effet, les départements français d’Amérique sont intégrés au marché unique européen et bénéficient du statut de régions ultrapériphérique. Ils sont régis par les normes fiscales, douanières et commerciales de l’UE. Ils ne peuvent par ailleurs n’avoir aucune diplomatie propre même à l’intérieur de leur espace régional.

    Les deux grands thèmes de l’administration américaine dans la zone (l’énergie et la lutte contre la criminalité), ont une résonnance particulière dans les territoires français qui sont confrontés à des enjeux sécuritaires et où l’indépendance énergétique est cruciale (les prix de l’essence y sont administrés par l’État et la distribution y est assurée par un monopole, la société de raffinage de la SARA). La nouvelle donne du marché pétrolier imposé par les États-Unis, aura des conséquences directes sur un modèle français à bout de course et qui cherche la diversification de ses approvisionnements. Plus globalement, la montée du protectionnisme américain et la politique des tarifs, affectent les économies insulaires dépendantes des importations et ont des répercussions importantes sur les territoires français.

    En matière de sécurité, la présence significative des forces armées françaises aux Antilles (FAA) constitue un instrument, de prévention et de gestion de crise dans l’arc antillais ainsi qu’un point d’appui pour les interventions régionales majeures. Les forces sont engagées dans l’assistance aux populations en cas de catastrophe naturelle, et surtout dans la lutte contre le narcotrafic en mer. Celle-ci est assurée jusqu’à maintenant en coopération interadministration et internationale avec l’agence interministérielle de lutte contre le narcotrafic aux USA – la Joint InterAgency Task Force-South dans les missions relevant de l’action de l’État en mer.  

    Là encore, on peut s’attendre à ce que le durcissement de la ligne américaine complique les actions françaises à partir de ses territoires, rendant nécessaire un ajustement opérationnel entre la France et les États-Unis qui ne se dessine pas encore.

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    Les États-Unis face à l’Iran : l’indécise armada

    Fri, 30/01/2026 - 15:12

    La puissance économique, financière, numérique et militaire alliée à leur modèle démocratique a fait des États-Unis les défenseurs du monde occidental durant la guerre froide puis les régulateurs du monde depuis 1990. Balkans, Afrique, Proche-Orient, Pacifique, Europe et Ukraine, ils agissent, à l’appel de la communauté internationale ou sans son assentiment. Même si une opposition significative s’élève contre le projet de guerre contre l’Irak (2003), les États-Unis ont réussi à réunir une coalition prête à agir en dehors de tout mandat du Conseil de sécurité des Nations unies.  

    Désormais, l’exercice solitaire de la puissance exercée « Urbi et Orbi » par Donald Trump et le cheminement erratique de sa dynamique décisionnelle incitent la communauté occidentale à plus de retenue autant dans le soutien que dans la critique des gesticulations américaines. L’idée est assez partagée qu’il faut aider la population iranienne dans sa lutte contre une tyrannie théocratique meurtrière oui, mais comment ? Les leviers des sanctions sont émoussés : l’Iran peut encore vendre son pétrole sans que la flotte fantôme qui le permet soit pourchassée ; l’Union européenne a certes pris des sanctions contre les Gardiens de la Révolution, pilier et coacteur du pouvoir des Mollahs, mais hésite encore sur son classement comme organisation terroriste ; le reste du monde n’est pas concerné ou livre de l’armement à l’Iran.

    Restent donc les États-Unis, sa puissance et son CINC (commandant en chef)

    Une armada est arrivée dans l’océan Indien, son engagement serait-il la bonne réponse ? Les États-Unis murissent leur décision en fonction de trois objectifs politiques :

    • Soit soutenir par la force le soulèvement populaire et empêcher la répression. Mission militairement difficile car les insurgés ne sont pas structurés en forces et en points d’appui à partir desquels ils pourraient attaquer le régime avec le soutien américain [scénario type Kosovo (1999), Afghanistan  (2001), Syrie (2003)]. Le renversement du régime iranien demande l’exécution d’un scénario de type Irak (2003) avec une capacité militaire au sol.
    • Soit faire pression sur le régime en lançant quelques frappes punitives lorsque la répression s’intensifie en espérant une chute du régime.
    • Soit saisir cette occasion pour obtenir sous menaces le démantèlement des programmes nucléaires et missiles et la fin de la stratégie des proxys (Houthis, Hamas, Hezbollah) menaçant les alliés du Proche-Orient.

    Les Américains refusent le premier objectif ; trouvent le rapport coût/efficacité du second non rentable ; mais s’orientent ouvertement vers le troisième : NO NUCLEAR WEAPONS (@realDonaldTrump). Quelques échanges sont en cours avec le régime iranien, sans que de réelles négociations ne soient ouvertes et les déclarations sont toujours incendiaires de part et d’autre. Tentatives de dissuasion réciproques par le verbe, mais seul importe le rapport de force.

    Quelles capacités iraniennes après la guerre de juin 2025 ?

    Les États-Unis et Israël ont conduit, en juin 2025, une guerre aérienne méthodique avec un volume de moyens conséquent qui a permis de supprimer les défenses anti-aériennes, d’affaiblir les capacités iraniennes de frappe à longue distance et de pénétrer dans l’espace aérien pour attaquer les sites nucléaires stratégiques sans subir une seule perte. La réaction iranienne s’est concentrée sur Israël, et une frappe sans conséquence sur la base américaine d’Al-Udeid au Qatar. Cette fois-ci, l’Iran affirme être prêt à riposter avec violence et s’y préparer : outre que les Mollahs et les Pasdarans ne sont pas pris par surprise, ils comprennent bien qu’ils seront plus particulièrement visés à travers leurs intérêts économiques et leurs capacités militaires. Les Gardiens de la Révolution tiennent en main la quasi-totalité des infrastructures productives et de commerce et sont une véritable armée très bien équipée, autant de cibles qui toucheraient à leur cœur actif.

    Leurs unités de défense anti-aériennes ont été en partie reconstituées avec le soutien de la Chine, leurs capacités de riposte reposent sur des stocks de missiles longue portée, des drones Shahed en quantité, une flotte de sous-marins (classe Kilo de 3 000 T armés de Kalibr et 23 de classe Gahdir de 123 T avec missiles, torpilles), des bateaux rapides, des proxys (Houthis, Hezbollah, Hamas). Cela leur donne la capacité de semer le désordre dans le Proche-Orient par les proxys, de bloquer le détroit d’Ormuz, de tenter d’atteindre les bateaux (civils et militaires) américains et bien sûr de couvrir Israël d’une pluie de missiles.

    Quelles « cartes » pour les Américains ?

    Les capacités de rétorsion iraniennes effrayent les alliés des Américains dans la région. Ils sont en contact avec les Iraniens et ont annoncé leur refus de voir des actions conduites depuis les emprises américaines sur leurs territoires (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis). La Turquie dénonce des flux migratoires en cas de chute du pouvoir iranien. Or, les moyens de combat et logistique prépositionnés sont indispensables pour soutenir une campagne aérienne qui peut durer. Des moyens de défense anti-aérienne ont été acheminés sur ces bases, mais les craintes vont au-delà des ripostes par missiles. Israël émet des doutes sur toute action contre les Mollahs qui ne serait pas définitive, son état-major certainement associé à une planification, au minimum pour le renseignement. En conséquence :

    • Le premier temps de la manœuvre est politique pour obtenir des accords ou donner des assurances (Trump ne peut appliquer ici le « corollaire Donroe ») afin d’avoir la jouissance des bases sur lesquelles sont ses stocks pré-positionnés et ses avions.
    • Ce temps politique se développe en coordination avec un plan de recherche du renseignement pour réaliser le « ciblage » des objectifs à frapper en premier (suppression des défenses anti-aériennes) ; des objectifs majeurs (unités des Pasdarans et infrastructures économiques) ;
    • Et enfin l’élaboration d’un plan de frappe complet et soutenu dans la durée et d’un plan de défense portant sur l’ensemble de la zone de responsabilité du Central command américain ;
    • Autre temps concomitant : la génération de forces.
      • Le groupe aéronaval Abraham Lincoln est particulièrement puissant : escadre de 90 avions offrant la totalité des capacités nécessaires – renseignement, guerre électronique, défense aérienne et frappe air-sol – déployables jusqu’à plus de 700 km à augmenter de la portée des armes tirées ; trois frégates avec chacune 90 lanceurs de missiles dont les redoutables Tomahawk de frappes mer-terre jusqu’à 1 600 km. Il permet d’infliger une sérieuse correction aux Gardiens de la Révolution.
      • Mais si les premières salves ne les conduisent pas aux négociations, les États-Unis ne peuvent en rester là et devront développer leurs actions dans la durée : la campagne aérienne sur la Serbie, certainement moins résistante que l’Iran, a duré 78 jours avec 480 sorties/jours en moyenne ; dans les trois premiers jours de la guerre en Irak (2003) les États-Unis ont tiré 2800 missiles de classe Tomahawk.
      • Le renfort d’un second groupe aéronaval parait indispensable. Le George H.W. Bush a quitté Norfolk le 13 janvier pour rejoindre l’Atlantique Nord où se déroule l’exercice Orion de l’armée française. Il peut rejoindre aussi bien l’océan Indien selon les annonces du CINC.
    L’indécise Armada

    En se donnant comme objectif politique la renonciation par les Iraniens à ce qu’ils considèrent comme leurs intérêts majeurs (programme nucléaire et capacités d’action par proxys), et sans rassembler une coalition de volontaires autour de lui, le président Trump s’est fixé une tâche difficile à accomplir avec les moyens actuels dans la zone d’opération. Car, l’hypothèse la plus contraignante est de devoir aller au bout du bras de fer avec l’Iran. Pour l’instant il n’a pas réellement les cartes. Veut-il se les donner ou continuer une partie de poker dont il quittera la table s’il se lasse ?

    Nous serons fixés si le GAN George W Bush entre en Méditerranée ou si d’autres moyens sont acheminés sur la zone (Frégates Tomahawk ; forces spéciales). Sinon le canon peut tonner, mais les effets ne seront pas à la hauteur des objectifs. Il s’agira de frappes punitives qui ne déstabiliseront pas le régime dans sa volonté de résister aux exigences sur le nucléaire militaire. Pour l’heure, nous en sommes à une planification méticuleuse et donc longue pour une opération majeure qui pourrait se vouloir déterminante et que l’on ne peut réduire à des frappes comme celles contre l’Afghanistan (2001) voire la Serbie (1999). L’ennemi est d’une autre pointure et le plan d’opération autrement plus complexe.

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