Ce mardi 24 mars 2026, la ministre en charge de l'action humanitaire, la lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, représentée par le directeur général de la famille et de l'enfant, Benjamin Ouédraogo, a procédé à la mise en service officielle de l'espace enfant des mamans à la Cour des comptes. À travers cette initiative, la Cour entend jouer son rôle non seulement dans le contrôle des finances publiques, mais aussi dans la promotion des bonnes pratiques de gouvernance sociale.
" Assurer cumulativement et dans la performance les tâches de mère, de maman et les tâches professionnelles au service." S'il y a un défi auquel la femme est livrée chaque jour, c'est bel et bien ceci. Et la mère à la Cour des comptes, à l'instar des autres mamans ne fait pas exception." Voilà le constat fait de prime abord par le premier président de la Cour des comptes, Latin Poda, qui, tout comme les autres, n'ignore pas les réalités auxquelles les femmes font face. Pour lui, le sacrifice de ces dernières est immense et dans l'institution qu'il dirige, il a pu le constater.
"Nous osons croire que d'autres structures sauront copier votre exemple", coordonnateur de la cellule genre de la Cour des comptes, Alphonse Narré"Malgré ses qualités (parlant de la mère), il n'est pas rare d'apercevoir par moment des marques de faiblesse. Je ne peux pas tout citer, mais je me permettrai de vous souffler quelques-unes parmi lesquelles. Par moments, des bébés dans les bras de leurs mamans au bureau, signe que la mère n'a pas eu d'autre choix ; des enfants à bas âges avec leurs nourrices dans les couloirs des bureaux ou les recoins des services de la Cour ; des parents partagés entre devoir de service public et devoir parental. Nous voyons, nous entendons et nous sommes conscients de l'équation combien difficile à laquelle vous faites face" a-t-il confié.
" Il vous appartient d'entretenir ce cadre, de l'animer et de le diriger", Latin Pisa aux mamansPour les soulager dans cette tâche non moins difficile, la cellule genre de la Cour des comptes dont le coordonnateur de la cellule genre est Alphonse Narré, a souhaité l'érection d'un espace enfant. Selon M. Poda, cette initiative permettra de renforcer la promotion de l'égalité des chances entre les femmes et les hommes ; du bien-être des agents publics ; la valorisation de la famille comme socle de la cohésion sociale ; la construction d'un capital humain solide pour un Burkina Faso résilient.
Les mamans à la Cour des comptes se satisfont de cette initiative"Pourquoi ces espaces dans les structures publiques et privées ? Les raisons sont à la fois économiques, sociales et stratégiques : amélioration de la performance au travail ; réduction de l'absentéisme et des retards ; promotion du leadership féminin ; investissement dans le capital humain ; renforcement du vivre-ensemble" se convainc le premier président de la Cour des comptes. Pour la ministre en charge de la solidarité nationale, la lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, représentée par le directeur général de la famille et de l'enfant, cette initiative est à saluer.
"Cela permet à la famille d'être beaucoup plus épanouie", Benjamin Ouédraogo"Nous avons une très bonne appréciation de cette initiative. Elle entre vraiment dans le cadre de la protection de l'enfant. Ce joyau qui a été inauguré présage d'un environnement sécurisé et à même d'assurer la bonne protection des enfants des travailleuses de l'institution qu'est la Cour des comptes... Pour un début, c'est déjà bien... Nous souhaitons que cette initiative fasse tache d'huile au niveau des autres institutions, et qu'elles s'en inspirent et en fassent de même chez elles" a-t-il souhaité.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Temaizian Aline Napon, Représentante résidente d'ONU Femmes a officiellement présenté ses lettres d'accréditation au Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l'extérieur du Niger ce lundi 23 mars 2026. L'information est rapportée par ONU femmes Niger sur sa page Facebook.
Cet exercie marque le début officiel du mandat de Temaizian Aline Napon et s'inscrit dans une dynamique de renforcement de la coopération entre ONU Femmes et les autorités nigériennes, au service de la promotion de l'égalité des sexes, de l'autonomisation des femmes et des filles, ainsi que de la mise en œuvre des engagements nationaux et internationaux.
ONU Femmes a réaffirmé son engagement à accompagner le Niger dans la réalisation de ses priorités, notamment en matière de Femmes, Paix et Sécurité.
Qui est Dr Témaizian Aline Napon
Dr Témaizian Aline Napon est une dirigeante chevronnée du développement international et de l'action humanitaire, cumulant plus de vingt-cinq ans d'expérience dans la gestion stratégique, le plaidoyer et la gouvernance organisationnelle, selon sa présentation officielle sur le site de ONU Femmes.
Avant sa nomination, elle a exercé comme Directrice Pays de World Vision International en République démocratique du Congo, dirigeant une opération importante.
Elle a également été Directrice Pays de CARE International en RDC et Directrice Régionale de Christian Aid International pour le Sahel, pilotant des interventions humanitaires, de résilience et de protection centrées sur les droits des femmes et des filles.
Dr Napon a par ailleurs occupé des fonctions régionales auprès d'Oxfam en Afrique de l'Ouest ainsi que plusieurs postes de direction au sein de WaterAid au Burkina Faso et au Mali.
Dr Napon est titulaire d'un PhD en sciences politiques, d'un MBA, d'un Master en Communication pour le Développement et d'un Bachelor en Communication. Elle a reçu un doctorat honorifique en 2022 ainsi que le Prix Africain du Leadership Féminin (2023).
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Source : Page Facebook ONU-Femmes Niger
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 24 mars 2026 à Ouagadougou, une délégation de responsables de sociétés savantes engagées dans la lutte contre le cancer au Burkina Faso. Selon la Direction de la communication de la Primature qui rapporte l'information, la délégation était conduite par le Pr Nayi Zongo, président de la Société burkinabè de prévention et de chirurgie des cancers (SOBUPCCAN), et comprenait également des membres de la Société burkinabè de radiothérapie oncologique (SOBURO). Les échanges avec le chef du gouvernement ont porté sur l'état de la lutte contre le cancer au Burkina Faso ainsi que sur l'organisation du tout premier congrès national de cancérologie.
Au cours de l'audience, la délégation a exprimé au Premier ministre sa satisfaction pour les multiples efforts entrepris par le Gouvernement en faveur de l'accès des populations aux soins. Parmi les acquis majeurs, le Pr Nayi Zongo a cité la gratuité du dépistage, notamment des cancers féminins, renforcée par le déploiement de cliniques mobiles, ainsi que l'accès désormais effectif à la radiothérapie pour les patients burkinabè. À cela s'ajoutent les subventions pour les examens diagnostiques, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures et les équipements de pointe.
À l'issue de la rencontre, le Pr Nayi Zongo a salué l'opportunité d'échanger avec le Premier ministre. « Nous avons présenté nos sociétés savantes, fait le point de la lutte contre le cancer au Burkina Faso et exprimé notre souhait d'organiser le premier congrès national de cancérologie. Nous souhaitons que Son Excellence Monsieur le Premier ministre en soit le patron, afin de donner tout son sens à cet événement historique », a-t-il indiqué.
Le Premier ministre a rassuré la délégation de la poursuite des efforts du Gouvernement pour l'amélioration continue du plateau technique et du renforcement des compétences afin d'assurer aux populations une meilleure prise en charge sanitaire. Il a également salué l'esprit de collégialité entre les sociétés savantes et exprimé sa satisfaction pour la tenue du congrès.
Placée sous le thème « Souveraineté sanitaire et lutte contre le cancer dans un contexte de défi sécuritaire et humanitaire », cette rencontre scientifique vise à réunir l'ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre le cancer. Selon le Pr Zongo, l'objectif de cet évènement est d'harmoniser les approches et de renforcer les efforts déjà engagés par les pouvoirs publics. Ce congrès devrait également contribuer à améliorer la qualité du diagnostic et de la prise en charge des cancers, dans l'optique de réduire significativement la mortalité liée à cette maladie.
Faisant le point de la situation nationale, il a relevé des avancées notables enregistrées ces dernières années. Grâce aux actions conjuguées du Gouvernement et des spécialistes, le cancer est aujourd'hui mieux connu des populations, avec des progrès significatifs en matière de prévention et de traitement. Malgré ces avancées, des défis subsistent. Il s'agit notamment du renforcement de la formation des spécialistes afin de couvrir l'ensemble des régions sanitaires du pays, ainsi que de l'amélioration de l'accessibilité des équipements de prise en charge dans toutes les zones sanitaires.
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Source : DCRP/Primature
L'Initiative pour la Gouvernance de l'Internet au Burkina Faso (IGF-BF) lance un appel à proposition de candidatures dans le cadre du Grand Hommage du Numérique – Burkina Faso 2026, visant à distinguer des personnalités ayant contribué de manière remarquable au développement du numérique au Burkina Faso.
Les candidatures peuvent être proposées par des particuliers ou des organisations et doivent mettre en avant l'impact, le leadership et l'engagement des candidats dans des domaines tels que la gouvernance, l'entrepreneuriat, l'innovation, la souveraineté ou l'inclusion numériques.
Les dossiers seront examinés par un comité de sélection selon des critères de transparence et d'excellence.
L'IGF-BF invite l'ensemble des acteurs du numérique à proposer des profils inspirants afin de valoriser les bâtisseurs de l'écosystème numérique national.
Période de soumission : du 23 au 31 mars 2026 à 23h59
Lien de soumission : https://urls.fr/xk9GQq
Ouagadougou, le 23 mars 2026
Pour le Bureau Exécutif,
Le Président
Hermann OUEDRAOGO
Windg lùi dâbur _ ti téng-râmb pa mi tàabà. "Depuis quand le soleil est-il tombé pour que ceux du même village ne se reconnaissent pas ? " C'est l'un des proverbes en mòoré, la langue la plus répandue au Burkina Faso, que le professeur canadien Louis Sabourin a choisi de citer dans sa brillante Leçon inaugurale de la rentrée de l'année académique 2004-2005 de l'Institut diplomatique et des relations internationales (IDRI) donnée dans la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères à Ouagadougou le 24 janvier 2005. Le thème - « Les relations internationales et la diplomatie au service de la paix et du développement » – était et reste d'actualité.
Un grand ami du Burkina et de l'Afrique
M. Louis Sabourin a joué un rôle important dans le processus de création de l'IDRI qui est devenu l'INHEI (Institut national des hautes études internationales) et qui ambitionnait à sa création d'être un centre régional d'excellence pour la formation de cadres diplomatiques africains. Il a tenu lui-même à rappeler que d'autres personnalités ont contribué à porter sur les fonts baptismaux en 2001 et à donner corps à cet établissement, dont M. Ablassé Ouédraogo, qui, ministre des Affaires étrangères, accepta dès 1995 la recommandation faite par la Conférence des Ambassadeurs tenue en 1994 à Goundi près de Koudougou, à l'effet de créer l'Institut et qui entreprit les premières démarches dans ce but précis, ainsi que MM. Pierre Claver Damiba, Zéphyrin Diabré, le professeur Benoit Kambou, les ambassadeurs Mouhoussine Nacro et Rigobert Kongo pour ne citer que quelques-uns.
Il aurait eu 90 ans le 1er décembre 2025 mais il est hélas décédé le 11 septembre au Centre hospitalier de santé McGill de Montréal au Canada. Il a laissé dans le deuil et dans une profonde tristesse son épouse Agathe, ses trois enfants Pierre, Nicole et Nathalie et leurs conjoints respectifs Erin, Richard et Ron, ses 9 petits-enfants François (et sa conjointe Caroline), André, Camille, Louis, Laurent, Benoît, Julien, Geneviève et Émilie, son arrière-petit-fils Zacharie, plusieurs parents ainsi que de très nombreux amis sur tous les continents. Les Burkinabè d'ici et d'ailleurs qui ont eu l'occasion de faire sa connaissance ont sans aucun doute été touchés par ce deuil, tant il est vrai que l'illustre disparu a su témoigner sous diverses formes son attachement au « pays des hommes intègres », à ses nationaux et à sa culture.
Pour ma part, son décès m'a d'autant plus affecté que j'ai eu l'insigne honneur de compter parmi ses amis depuis que j'ai eu le privilège d'ouvrir l'ambassade de Haute-Volta au Canada en septembre 1973 et d'en être le premier ambassadeur résident à Ottawa jusqu'en 1981. Nous sommes restés très proches depuis lors et je peux attester que Louis Sabourin avait effectivement un attachement particulier pour mon pays qu'il a visité à plusieurs reprises au point que je le considère comme un Burkinabè d'honneur et de cœur. A ce titre, il a bien mérité que lui soit attribué en janvier 2005 la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Burkina Faso
1975. Réception à l'ambassade de Haute-Volta au Canada
Au cours de sa Leçon inaugurale, le Professeur Sabourin avait ainsi déclaré devant son auditoire, parmi lesquels SEM Youssouf Ouédraogo, le ministre des Affaires étrangères de l'époque et l'ambassadeur Mouhoussine Nacro, premier directeur de l'IDRI et précédemment en poste à Ottawa de 1995 à 2003 : « Je profite de cette occasion solennelle pour réitérer mon profond attachement envers le Burkina Faso. En effet, c'est grâce à un Voltaïque, le regretté Salfo Albert Balima, dont j'ai fait la connaissance à mon entrée à l'Institut d'études politiques de Paris en 1956, que j'ai appris à découvrir et connaître votre pays ainsi que l'Afrique.
Au cours des cinq décennies suivantes, j'ai entretenu avec Albert des liens qui dépassaient ceux de l'amitié. Une véritable fraternité nous a suivis, lorsqu'il a servi son pays au Secrétariat général du premier gouvernement voltaïque, puis à titre de Secrétaire général du Pacte de la défense de l'Union africaine et malgache, de conseiller auprès du cabinet du Secrétaire général de l'ONU, à New York, de représentant résident du PNUD en République Centre Africaine, de conseiller économique auprès du Président Lamizana et de Directeur général de l'École internationale de Bordeaux ».
En apprenant le décès de M. Sabourin, le ministre des Affaires étrangères, SEM. Karamoko Jean Marie Traoré, a tenu à présenter ses sincères condoléances à la famille Sabourin « au nom des plus hautes autorités » du Burkina.
Outre ses missions en 1996 et 2000 relatives au projet de création de l'IDRI, M. Sabourin était déjà venu à Ouagadougou en 1976 en tant que président du Conseil scientifique de l'École internationale de Bordeaux afin de solliciter l'accord du président Lamizana pour que M. Albert Balima soit nommé directeur de cette École. En 1977 il était de nouveau à Ouagadougou pour participer à une conférence de l'Institut du Sahel qui avait lieu à l'Assemblée nationale, et c'est dans cette enceinte que lui fut transmis le télégramme lui annonçant son élection à la présidence du Centre de développement de l'OCDE dont le siège est à Paris. Il en a retiré la conviction que le Burkina lui portait la baraka. En l979, en sa qualité de président de ce Centre, il décida que la première conférence internationale organisée hors de Paris aurait lieu à Ouagadougou.
Cette réunion, qui portait sur « les migrations en Afrique de l'Ouest », fut présidée par le ministre Georges Sanogoh. En 1984, alors que j'étais Secrétaire général du ministère des relations extérieures, Louis Sabourin a été présent à Ouagadougou le 4 août, date historique s'il en est, puisque c'est le jour où la République de Haute Volta devint le Burkina Faso et les Voltaïques des Burkinabè. Son dernier séjour en terre burkinabè date de décembre 2010.
A l'initiative de l'Association des anciens fonctionnaires des Nations Unies au Burkina Faso (AAFNU-BF) dont j'étais membre et sous le parrainage de l'ambassadeur du Canada, SEM Jules SAVARIA, il donna le 8 décembre une conférence tenue au CENASA sur le thème « Les rapports Canado-Africains après 50 ans d'indépendance ». En dépit d'un emploi du temps très chargé, il insista pour que je l'accompagne pour une visite de courtoisie à Mgr Vito Rallo, le Nonce apostolique de l'époque, et à l'Archevêque de Ouagadougou, futur Cardinal Philippe Ouédraogo, ainsi qu'à Tenkodogo afin d'y présenter ses condoléances à la famille de son ami Albert Salfo Balima (décédé le 18 avril 2004) et s'incliner sur sa tombe.
Un professeur émérite et un spécialiste réputé des questions de développement et de coopération internationale
Mais qui était Louis Sabourin ? Sa prestigieuse carrière est rappelée dans sa notice biographique accessible sur Wikipedia et sur le site de l'Académie pontificale des sciences sociales. On en retiendra entre autres qu'il est diplômé des Universités d'Ottawa, de la Sorbonne, de l'Institut d'études politiques de Paris, de l'Université Columbia (New York) et membre du Barreau du Québec. Après avoir débuté sa carrière de professeur en 1958 au département de sciences politiques de l'Université d'Ottawa, dont il devint le plus jeune doyen en 1965, il l'a poursuivie en tant que professeur à l'École nationale d'administration publique de Montréal de 1984 à 2007 et comme professeur invité de plusieurs universités au Canada (McGill University ; Université Laval ; Université de Montréal), en France (Paris I-Sorbonne, Université de Paris-V ; Université d'Aix-en-Provence ; Institut international d'administration publique) et aux Etats-Unis d'Amérique (Northwestern University ; Kellogg Institute for International Studies ; University of Notre-Dame). Il a également enseigné à l'Académie d'administration publique de Hanoï (2000) au Vietnam et à l'Université de Cotonou au Bénin.
Au Canada, le professeur Sabourin a été le fondateur de l'Institut de coopération internationale de l'Université d'Ottawa (ICI) en 1968 et du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) en 1985. Comme mentionné plus haut, il a été président du Conseil scientifique de l'École internationale de Bordeaux (1974-92) et président du Centre de développement de l'OCDE (1977- 1982). Ses compétences ont été sollicitées au Vatican où il a été membre du Conseil Pontifical Justice et Paix (1984-1995) et membre de l'Académie Pontificale des Sciences Sociales (1994) ainsi que par plusieurs organisations du système des Nations unies, notamment l'ONU, le PNUD, la CNUCED et l'UNESCO. Outre sa participation à la création de l'IDRI au Burkina Faso, il a également contribué à l'établissement d'entités de formation au Cameroun, au Niger, en République démocratique du Congo et en Haïti.
Sa notoriété lui a valu de nombreuses distinctions honorifiques dont celles de Docteur honoris causa de l'Université nationale du Bénin (1973) et de la Sorbonne (1998), de lauréat des universités de Nantes, Djakarta et Bangkok. Dans son pays il a reçu entre autres le Prix d'excellence de l'Institut canadien d'administration publique en 2010 et a été décoré comme Officier de l'Ordre national du Québec (2018), membre de l'Ordre du Canada (2018) et Officier de l'ordre de Montréal (2019). Ses décorations étrangères les plus notables sont celles de Chevalier de la Légion d'Honneur de France (1989) et de Chevalier de l'Ordre national du Burkina Faso (2005). En 2013, l'ENAP de Montréal a créé le Prix Louis Sabourin remis chaque année à l'étudiant ou l'étudiante ayant obtenu la meilleure moyenne au programme en administration internationale.
« Le savoir n'habite pas une seule maison »
Lors de la cérémonie d'hommage à l'illustre disparu tenue à Montréal le 2 octobre 2025, son fils Pierre Sabourin, ancien sous-ministre adjoint aux affaires étrangères du Canada, a notamment déclaré : « Nous ne sommes pas ici pour dire adieu à Papa car le souvenir du mari aimant, du père, du grand-père et arrière-grand-père bienveillant, du collègue apprécié, du professeur admiré, et de l'ami attachant demeurera toujours dans nos mémoires. Mon père croyait profondément que la connaissance ne se limite pas à un seul lieu, à une seule personne ni à une seule expérience. D'ailleurs le titre de ses mémoires est « Le savoir n'habite pas une seule maison ». Papa croyait profondément que le savoir se construit dans le partage, dans la rencontre et dans le respect de la diversité humaine. Tout au long de sa vie, il a incarné ces valeurs, en famille comme dans sa carrière internationale ».
Oui, assurément, le savoir n'habite pas une seule maison, et par extension, il n'est l'apanage exclusif d'aucun pays, aussi puissant soit-il. Par exemple, dans le secteur important de la santé, s'il est vrai que le prix Nobel de médecine 2025 a été attribué à trois découvreurs d'un mécanisme de tolérance immunitaire, à savoir le japonais Shimon Sakaguchi, professeur honoraire de l'université d'Osaka et les américains Mary Brunkow de l'Institute for Systems Biology à Seattle et Fred Ramsdell, « scientific advisor » pour Sonoma Biotherapeutics à San Francisco, il est tout aussi vrai que les recherches menées par le Professeur Halidou Tinto sur les vaccins contre le paludisme à Nanoro, une petite bourgade de 50 000 âmes au Burkina Faso, lui ont valu d'être retenu par le magazine scientifique britannique Nature sur sa fameuse Nature's 10, la liste des dix personnalités scientifiques mondiales qui ont marqué l'année 2023, une distinction qu'avait déjà reçue en 2017 son compatriote le géophysicien Lassina Zerbo, à l'époque secrétaire exécutif de l'Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) basée à Vienne.
Arpenteur du monde, Louis Sabourin a visité plus de 150 des 193 membres actuels de l'ONU. Il sait donc de quoi il parle lorsqu'il écrit dans le prologue de ses Mémoires : « Toujours, que ce soit dans le pays le plus pauvre ou le plus riche, j'ai appris des gens que j'ai visités et compris la diversité du monde grâce à ces rencontres internationales ». C'est dire combien ceux qui, par ignorance et avec condescendance ont traité les États africains de « pays de m… », auraient sans doute beaucoup appris en suivant les enseignements du Professeur Sabourin. Excellent pédagogue, il a voulu que ses petits-enfants et visiteurs occasionnels prennent conscience de cette diversité du monde en aménageant dans sa résidence secondaire « Les Alpinnas » un circuit pédestre qu'il a appelé « Les sentiers du monde ». « Que de places et d'amis à connaître ». Ce message sur une pancarte invite au voyage et à la découverte. Nombreux sont les ambassadeurs africains en poste à Ottawa qui ont été ses hôtes dans ce magnifique domaine situé au bord du lac des Sitelles à 125 km de Montréal entre Granby et Sherbrooke.
Les Sentiers du MondeUne plume prolifique a été déposée à jamais
Mon cher Louis, tu as clos ta Leçon inaugurale de 2005 en citant un autre proverbe du terroir burkinabè : « Liul kobgo kuisa yingri là a baasdà ténga » ("La plume de l'oiseau s'envole en l'air, mais elle termine sur terre "). Toi, tu as déposé à jamais ta plume qui a été si prolifique. En effet, tu as été l'auteur de plusieurs publications dont seize monographies, trente chapitres dans des ouvrages collectifs, une cinquantaine d'articles dans des revues scientifiques, annuaires et cahiers ainsi que deux cents autres articles dans des journaux et périodiques. Tu as couvert des sujets aussi variés que « Le système politique du Canada : institutions fédérales et québécoises » ; « Les organismes économiques internationaux » ; « La recherche d'un emploi dans les organisations internationales » ; « Les démocraties sont-elles gouvernables » ; « L'Église catholique et le développement international : du refus de la logique des blocs à la solidarité dans l'épreuve mondiale » ; « L'évolution des politiques d'aide au développement : la pratique des pays membres du Comité d'Aide au Développement (CAD) de l'OCDE et des pays membres de l'OPEP » ; « The Governance of Globalization ».
Fin gourmet et œnophile confirmé – en 1981 tu as été intronisé Grand officier des Chevaliers du Tastevin en France – tu as même publié « Propos et propositions gastronomiques », un guide des restaurants de Paris. Par tes multiples écrits, tu auras largement contribué à faire en sorte que le savoir n'habite pas qu'une seule maison. Nous sommes nombreux à avoir attendu en vain l'opportunité de voir en librairie tes Mémoires, cette dernière œuvre au titre si évocateur qui, nous l'espérons, sera publiée à titre posthume.
Mon cher Louis, tu es parti rejoindre ton ami et frère Albert Salfo Balima. Vous avez été mes devanciers en 1956 à l'Institut d'études politiques de Paris, section Relations internationales et j'ai été fier de suivre vos pas en 1963, ce qui a sans doute contribué à tisser entre nous des liens si étroits. Je ne te dis pas adieu mais au revoir, car j'ai la foi que nous nous reverrons, quand le jour viendra. Comme on dit chez moi, « Wend na maneg f rengtaore / Que Dieu t'accueille en devancier avec bienveillance ».
Ambassadeur Louis Dominique OUEDRAOGO
Ancien inspecteur et ancien président du Corps commun
d'inspection du système des Nations unies.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo et son homologue en charge de la Transition digitale, Dr Aminata Sabane/Zerbo, ont procédé ce mardi 24 mars 2026, au lancement officiel de e-dimaakia. Selon le service communication du ministère de l'économie qui rapporte l'information, la plateforme e-dimaakia intervient dans l'achat de billets de transport aérien de l'administration publique.
Elle est le fruit d'une synergie d'actions entre le ministère de l'Économie et des Finances et celui de la Transition digitale et s'inscrit en droite ligne des ambitions du gouvernement dans la digitalisation des services de l'administration publique pour une plus grande efficacité et une transparence.
Parmi les avantages qu'offre cette nouvelle plateforme, l'on note une transparence accrue grâce à une visibilité complète sur les processus d'achat, ainsi qu'une traçabilité renforcée via une mémoire numérique des transactions. E-dimaakia permet également d'accélérer les procédures, d'optimiser les coûts par une mise en concurrence systématique et de rationaliser les dépenses publiques en limitant les dérives. De plus, elle favorise la professionnalisation des acteurs à travers des règles claires et équitables, tout en contribuant à la modernisation de la commande publique.
Source : DCRP/MEF