Un accord a été trouvé entre la coalition C64 et l’hôtel de ville de Kinshasa sur l’itinéraire de la manifestation annoncée ce mardi 15 septembre contre le changement de la Constitution. Le parcours initialement envisagé a été légèrement modifié afin de respecter l’inviolabilité du Parlement, selon le gouvernement provincial.
Les députés nationaux et les sénateurs reprennent ce mardi les travaux de la session ordinaire de septembre au Palais du Peuple. Traditionnellement consacrée à l’examen du budget de l’État, cette session s’ouvre dans un contexte marqué par de nombreux enjeux politiques, sécuritaires et sociaux.
Le Conseil national de la Modernisation de l'administration et de la bonne gouvernance (CN-MABG) a tenu, ce lundi 14 septembre 2026 à Ouagadougou, sa session ordinaire annuelle, sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Cette rencontre a permis aux membres du conseil d'examiner les performances de l'administration publique au titre de l'année 2025, de faire le point sur les réformes engagées et de dégager les principales orientations pour 2027.
Au cœur des échanges figuraient une ambition, celle de poursuivre et d'accélérer la transformation de l'administration publique burkinabè afin de la rendre plus efficace, plus accessible et davantage orientée vers les résultats et la satisfaction des citoyens.
Institué par le décret nᵒ 2025-0927/PF/PRIM/MFPTPS/MEF du 15 juillet 2025 portant création, attributions, composition, organisation et fonctionnement du dispositif de pilotage de la modernisation de l'administration et de la bonne gouvernance, le CN-MABG constitue l'organe national d'orientation des actions relatives à la modernisation de l'administration et à la promotion de la bonne gouvernance.
Il a notamment pour missions d'assurer la cohérence nationale des actions engagées dans ces domaines, d'adopter le système de planification et de suivi-évaluation des stratégies concernées et de veiller à leur mise en œuvre au sein des ministères et institutions.
Pour cette session ordinaire 2026, les travaux ont essentiellement porté sur trois rapports : celui relatif à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de modernisation de l'administration publique (SNMAP) au titre de 2025, celui portant sur l'état de la gouvernance au Burkina Faso pour la même année et le rapport global sur la performance de l'administration publique.
La session ordinaire 2026 du CN-MABG ouvre une nouvelle étape dans la transformation de l'administration publique burkinabè. Selon le secrétaire permanent de la modernisation de l'administration et de la bonne gouvernance, Francis Paré, le taux global d'exécution des actions examinées s'établit à 85,38 %.
Un niveau de performance jugé satisfaisant, mais qui ne doit pas conduire à l'autosatisfaction. Le Premier ministre a, au contraire, appelé les acteurs de l'administration à dépasser la seule lecture des chiffres pour s'intéresser aux effets réels des réformes sur la vie des citoyens.
« Nous devons savoir saluer les performances chiffrées sans jamais perdre de vue les améliorations concrètes qu'elles doivent produire dans le quotidien du peuple », a souligné Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Pour le chef du gouvernement, l'enjeu est désormais de transformer les recommandations issues de la session en actions concrètes, avec des responsabilités clairement définies et un mécanisme de suivi permettant d'en mesurer les effets.
Au titre des actions réalisées dans le cadre de la modernisation de l'administration, plusieurs avancées ont été relevées, notamment dans le domaine du capital humain et de la transformation numérique.
Francis Paré a indiqué que plus de 10 000 recrutements ont été effectués au cours de la période considérée, contribuant au renforcement des ressources humaines de l'administration publique.
La digitalisation des services constitue également l'un des principaux axes de la réforme. Plusieurs centaines de procédures administratives ont été dématérialisées et simplifiées, permettant aux usagers d'effectuer certaines démarches sans avoir à se déplacer systématiquement dans les services publics.
Des plateformes numériques ont notamment été développées au sein de différents ministères et institutions. Parmi les services concernés figurent, entre autres, certaines démarches administratives, la délivrance de documents et le paiement de taxes en ligne.
Pour Francis Paré, cette transformation numérique doit se poursuivre afin de rapprocher davantage l'administration des citoyens et de réduire les délais et les lourdeurs administratives.
Plus de 200 organigrammes revus pour alléger l'appareil administratif
La modernisation concerne également l'organisation même de l'administration publique. Selon Francis Paré, plus de 200 structures administratives ont vu leur organigramme révisé. L'objectif affiché est de rationaliser les structures, de réduire les lourdeurs organisationnelles et d'améliorer l'efficacité de l'action publique.
Cette rationalisation vise notamment à éviter la multiplication de structures coûteuses et à concentrer les ressources sur les missions essentielles de l'État. « Au lieu d'avoir un dispositif lourd, on simplifie, de sorte que la structure puisse être efficace », a expliqué le secrétaire permanent. Cette dynamique s'inscrit dans une volonté plus large de faire évoluer l'administration d'une logique essentiellement procédurale vers une culture davantage tournée vers la performance, les résultats et l'impact.
Malgré les avancées enregistrées, la session a également mis en évidence plusieurs difficultés qui continuent d'affecter le fonctionnement de l'administration publique. Le Premier ministre a notamment évoqué l'appropriation encore insuffisante de certains outils de gouvernance et d'évaluation, les difficultés liées aux ressources humaines et aux infrastructures, les problèmes rencontrés au niveau des systèmes d'information ainsi que certaines insuffisances dans la commande publique.
L'appropriation des plateformes numériques par les citoyens constitue également un défi. La dématérialisation des procédures ne suffit pas à elle seule. Encore faut-il que les usagers connaissent les plateformes disponibles, puissent y accéder facilement et soient en mesure de les utiliser. Ces difficultés constituent, selon le chef du gouvernement, autant de défis prioritaires auxquels l'administration devra apporter des réponses concrètes.
Parmi les orientations retenues figure également le renforcement de la gestion des ressources humaines. Le Premier ministre a recommandé la poursuite des travaux en vue de la mise en place d'une inspection générale des ressources humaines. Cette structure devrait contribuer à mieux identifier et corriger les dysfonctionnements liés à la gestion du personnel de l'État.
Francis Paré, secrétaire permanent de la modernisation de l'administration et de la bonne gouvernance, détaille les résultats enregistrés en 2025.Pour Francis Paré, cette question est particulièrement importante, dans la mesure où de nombreux dysfonctionnements constatés dans l'administration sont liés à la gestion des ressources humaines. L'utilisation d'outils modernes de management et de gestion des ressources humaines devra également être renforcée afin d'améliorer le fonctionnement des services publics. La modernisation de l'administration ne se limite pas aux réformes institutionnelles ou à la digitalisation. Elle concerne également l'environnement dans lequel les agents publics et les usagers sont appelés à évoluer.
Dans ce sens, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d'améliorer les conditions d'accueil et de travail dans les services publics, notamment à travers la mise à niveau des infrastructures sanitaires. Les toilettes et autres installations sanitaires des bâtiments administratifs devront ainsi faire l'objet d'une attention particulière afin de garantir un environnement propre et digne aussi bien pour les travailleurs que pour les usagers.
Cette orientation traduit la volonté de faire de la qualité du cadre de travail un élément à part entière de la modernisation du service public.
La session de 2026 intervient dans un contexte particulier, marqué par l'arrivée à échéance de certaines stratégies nationales. La Stratégie nationale de déconcentration administrative (SNDA) 2014-2023 et la Stratégie nationale de modernisation de l'administration publique (SNMAP) 2021-2025 sont désormais arrivées à terme. La Stratégie nationale de promotion de la bonne gouvernance (SNPG) 2018-2027, quant à elle, arrive à échéance en 2027. Cette situation ouvre la voie à une nouvelle étape dans la planification des réformes administratives.
Le ministre des serviteurs du peuple, Mathias Traoré, a annoncé l'orientation vers une stratégie unique de modernisation de l'administration publique, qui devrait intégrer les questions de bonne gouvernance et de déconcentration administrative. L'objectif est de mettre en cohérence les différentes dimensions de la réforme administrative au sein d'un même cadre stratégique.
Au-delà des réformes techniques, les autorités souhaitent opérer un changement de paradigme dans la manière de concevoir et de conduire l'action publique. Selon Francis Paré, les orientations issues de la session mettent l'accent sur la nécessité de passer d'une administration centrée sur les procédures à une administration davantage. Cette évolution doit notamment contribuer à réduire la bureaucratie et à améliorer l'efficacité des services publics.
La question de la bonne gouvernance reste, elle aussi, au cœur de cette transformation. Les autorités entendent renforcer les mécanismes permettant d'assurer une meilleure gestion des ressources publiques et de prévenir les doublons et les pratiques susceptibles de favoriser les dysfonctionnements.
Pour le Premier ministre, la modernisation de l'administration doit également accompagner les efforts de reconquête du territoire et de consolidation de l'autorité de l'État.
Dans les zones où la sécurité est progressivement restaurée, le retour de l'État ne saurait se limiter à la présence des forces combattantes. Il doit également se traduire par le retour effectif des services publics. « Là où nos populations retrouvent la sécurité, elles doivent retrouver des services publics adaptés à leurs besoins légitimes », a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Cette vision place donc l'administration au cœur de la consolidation de la présence de l'État sur l'ensemble du territoire national.
2027, une année de consolidation et d'accélération
À l'issue des travaux, les orientations pour 2027 ont été définies autour de la poursuite des réformes engagées et de l'accélération de leur traduction en résultats concrets. Le Premier ministre a invité chaque ministère, chaque institution, chaque structure et chaque agent public à prendre sa part dans cette transformation. L'objectif est de faire de 2027 une année de consolidation des réformes, d'accélération des résultats et d'amélioration de leur impact sur les populations.
La clôture de la session ne doit donc pas être considérée comme la fin d'un simple exercice annuel de suivi-évaluation. Elle doit, selon le chef du gouvernement, constituer le point de départ d'une nouvelle étape de transformation de l'administration publique. « Je vous invite à considérer la conclusion de cette session non comme l'aboutissement d'un exercice annuel, mais comme le bon départ d'une nouvelle étape », a-t-il lancé aux participants.
Cette nouvelle étape devra se traduire dans les bureaux, les services déconcentrés, les collectivités territoriales, les écoles, les centres de santé, les juridictions et, plus largement, dans tous les espaces où l'administration est en contact avec les citoyens.
À travers le CN-MABG, le Burkina Faso entend poursuivre la refondation de son administration autour d'une exigence centrale : faire du service public un véritable instrument au service de l'intérêt général, de la souveraineté nationale et des aspirations des populations.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
À 33 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, zoom sur le Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, dirigeant Data & Intelligence artificielle, chercheur et inventeur de brevets en IA. Du Burkina Faso à Taïwan puis au Japon, son parcours illustre la capacité des talents burkinabè à prendre place au cœur de l'innovation technologique mondiale, sans jamais perdre de vue leur pays et le continent africain.
Tout commence par un désaccord. Nous sommes en 2008. Le cloud computing n'a pas encore envahi le vocabulaire des entreprises. Les grandes plateformes qui structurent aujourd'hui une partie de l'économie numérique mondiale sont encore balbutiantes.
À l'époque, Larry Ellison, cofondateur d'Oracle, tourne publiquement en dérision le concept même de « cloud computing », qu'il considère essentiellement comme un nouveau mot pour désigner des technologies déjà existantes. Au Burkina Faso, un jeune informaticien suit le débat. Il s'appelle Wendkuuni Moïse Convolbo. Et là où le patron d'un géant technologique voit surtout un effet de mode, lui entrevoit une révolution. Il décide d'en faire son domaine de spécialisation. Cette intuition va l'emmener à plus de 13 000 kilomètres de Ouagadougou et orienter une bonne partie de sa carrière.
Taïwan : faire le pari du cloud
En 2009, Moïse Convolbo quitte le Burkina Faso pour Taïwan. Il rejoint l'Université nationale Tsing Hua, où il obtient en 2011 un Master en informatique avant de poursuivre en doctorat.
Son sujet pourrait sembler abstrait au non-spécialiste : la gestion des ressources Cloud dans des data centers géographiquement distribués. En réalité, la question est au cœur du fonctionnement de l'Internet moderne.
Lorsqu'un service numérique compte des millions d'utilisateurs répartis dans plusieurs pays, ses données et ses calculs ne reposent pas nécessairement sur une seule machine ni dans un seul data center. Il faut déterminer où exécuter les tâches. Comment répartir les ressources. Comment rapprocher les traitements des données. Comment réduire les coûts sans dégrader les performances. Autrement dit : comment organiser intelligemment une gigantesque usine informatique répartie sur plusieurs régions du monde ? C'est sur ces problématiques que travaille le jeune chercheur burkinabè.
Le 20 juillet 2017, il soutient sa thèse avec la mention très honorable. Selon sa biographie et son CV, il devient alors le premier Burkinabè et le premier Africain à obtenir un doctorat en informatique de l'Université nationale Tsing Hua. Mais l'université n'est déjà plus son seul terrain.
De la recherche aux algorithmes qui rapportent
Un an avant même la soutenance de sa thèse de doctorat, Moïse Convolbo est repéré et recruté par Rakuten, géant japonais du commerce électronique et des services numériques. Il rejoint l'entreprise en janvier 2017 et travaille au sein du bureau du Chief Technology Officer. Là encore, il s'intéresse à une question qui peut être formulée simplement : peut-on utiliser les données pour anticiper le comportement d'un client ?
Il crée un bureau d'analytique consacré aux interfaces et à l'expérience utilisateur et développe notamment Pathfinder, un modèle prédictif destiné à détecter les signes annonciateurs du désengagement d'un client. Le modèle est breveté et déployé en production. Selon son CV, Pathfinder réduit de trois points le taux d'abandon des clients sur un site e-Commerce et contribue à environ 300 millions de yens de revenus annuels supplémentaires.
La trajectoire scientifique prend alors une nouvelle dimension. Il ne s'agit plus seulement de publier des travaux de recherche. L'algorithme doit fonctionner. À grande échelle. Avec de vraies données. Pour de vrais utilisateurs. Et produire un résultat mesurable.
Quand l'IA apprend à anticiper
Cette capacité à anticiper le comportement humain va devenir l'un des fils rouges de ses travaux. Pathfinder sera suivi par une autre invention au nom singulier : BangreNaaba.
Le terme vient du mooré et signifie, selon sa biographie, « le chef de la connaissance ».
Le choix du nom est révélateur. Car voilà un chercheur installé en Asie, évoluant dans des entreprises mondiales et déposant des inventions à l'international, qui choisit de donner à l'une d'elles un nom puisé dans sa langue et sa culture d'origine. Une manière, peut-être, de rappeler que l'innovation peut être mondiale sans devenir culturellement anonyme. BangreNaaba repose sur une technologie IA multimodale de prédiction du comportement humain en temps réel, avec des applications envisagées notamment dans la FinTech, le commerce et la sécurité.
Du modèle d'IA aux pétaoctets de données
En 2020, changement d'échelle. Dr Convolbo rejoint Treasure Data, entre Tokyo et San Francisco, comme Senior Manager, Engineering & Data Platforms. Il y travaille sur des infrastructures de données multi-cloud couvrant l'Asie-Pacifique et les Amériques.
Cette fois, les volumes se mesurent à l'échelle du pétaoctet. Il dirige la modernisation de pipelines de données et d'analytique, participe à la standardisation de l'intégration des données clients et à la constitution d'équipes d'ingénierie réparties dans plusieurs régions.
Son CV fait état d'une réduction de 14 % des coûts d'infrastructure, tout en maintenant un niveau de disponibilité de service de 99,99 %. Le chercheur en cloud computing des années 2010 se retrouve ainsi, une décennie plus tard, à gérer industriellement les problématiques qu'il étudiait à l'université.
Quand l'intelligence artificielle rencontre le luxe
Puis vient une rencontre moins évidente. Celle de l'intelligence artificielle et du luxe. En décembre 2022, Moïse Convolbo rejoint Parfums Christian Dior, au sein du groupe LVMH au Japon, comme Senior Manager en charge de la Data, de l'IA et du CRM.
Que peut faire l'intelligence artificielle pour une maison de luxe ?
Beaucoup de choses : comprendre les comportements, segmenter les clients, prédire leur propension à acheter, anticiper l'attrition, automatiser certaines campagnes, personnaliser davantage l'expérience, aider les responsables à prendre des décisions fondées sur les données.
Mais le défi est aussi culturel. Car l'intelligence artificielle ne doit pas simplement être performante. Dans un univers comme celui du luxe, elle doit aussi respecter l'identité de la marque.
Moïse Convolbo pilote notamment la mise en œuvre technique d'un produit d'IA générative conversationnelle destiné aux clients, avec des garde-fous intégrant le ton de Dior et l'esprit japonais de l'Omotenashi, cette conception particulièrement exigeante de l'hospitalité.
La technologie doit apprendre non seulement à répondre, mais à répondre juste, dans tous les sens du terme.
Et pendant ce temps, le Burkina
On pourrait raconter le parcours de Dr Moïse Convolbo comme celui d'une réussite internationale : Taïwan, Tokyo, San Francisco, Rakuten, Treasure Data, Dior, MIT. Mais ce serait oublier une autre partie de l'histoire.
Au moment d'obtenir son doctorat en 2017, il formule le souhait de faire profiter le Burkina Faso et l'Afrique de son expertise. Quelques années plus tard, cette intention prend une forme concrète. Il contribue techniquement au chantier de digitalisation des concours de la Fonction publique burkinabè, notamment à travers la plateforme de composition en ligne avec délibération assistée par ordinateur et correction automatique des copies sur table. Avec la même rigueur qu'il s'impose en Asie, tout doit être testé et validé avant qu'une solution ne soit mise en production et devant les utilisateurs. C'est ainsi qu'en mai 2020, alors qu'il se trouve au Japon, il intervient par visioconférence lors d'une session de test de la plateforme organisée avec des journalistes et les responsables de l'administration burkinabè. Sa biographie fait état d'une contribution continue au dispositif entre 2020 et 2022, chaque année il était sur place au Burkina pour superviser les concours pendant le déroulement. L'image résume assez bien le personnage. Physiquement en Asie ou aux États-Unis, mais connecté à un chantier numérique à Ouagadougou.
Transmettre, aussi
Le lien avec le Burkina passe également par la transmission. Sa biographie indique qu'il intervient à temps partiel dans des institutions universitaires burkinabè et encadre des étudiants en Master. Il prend également la parole dans des conférences et publie des tribunes consacrées aux transformations technologiques.
En mars 2025, invité à l'African Learning Circle du MIT, il intervient autour d'une question volontairement provocatrice : « L'IA va-t-elle sauver ou détruire l'Afrique ? » Sa réponse, telle que la restitue sa biographie, refuse le fatalisme. L'IA ne sauvera pas l'Afrique par elle-même. Elle ne la condamnera pas davantage. Elle deviendra ce que les États, les entreprises, les chercheurs et les jeunes Africains décideront d'en faire. Une position qui déplace finalement la question. L'enjeu n'est peut-être pas de savoir ce que l'intelligence artificielle fera à l'Afrique, mais ce que l'Afrique décidera de faire avec elle.
Toujours apprendre
Une autre constante traverse le parcours de Dr Convolbo : continuer à se former.
Après son doctorat, il suit en 2021 une formation en transformation digitale à UC Berkeley Executive Education. Entre 2024 et 2025, il complète le programme Chief Technology Officer & AI Strategy du MIT Professional Education. Et tandis que l'intelligence artificielle générative concentre aujourd'hui une grande partie de l'attention, sa biographie indique qu'il s'intéresse déjà à une autre frontière : l'IA physique, la robotique, les drones et l'autonomie d'action des machines. Comme en 2008 avec le cloud, il s'agit encore de regarder vers ce qui vient.
Construire des ponts plutôt que choisir un monde
Le parcours du Dr Wendkuuni Moïse Convolbo pourrait donner l'impression d'une succession de mondes éloignés les uns des autres. Le Burkina Faso et le Japon, la recherche fondamentale et le commerce, les data centers et le parfum, le Cloud computing et l'intelligence artificielle, l'Omotenashi Japonais et le mooré et le tout avec des brevets internationaux.
Pourtant, son parcours consiste précisément à faire dialoguer ces mondes. Il y a quelque chose de symbolique à voir un chercheur burkinabè donner le nom de BangreNaaba à une invention d'intelligence artificielle. Comme si l'entrée dans les technologies les plus avancées n'exigeait pas de laisser son identité derrière soi. Et comme si l'une des formes possibles de la souveraineté numérique africaine consistait aussi à faire émerger des chercheurs, ingénieurs et dirigeants capables d'être présents là où se conçoivent les technologies du futur.
En 2019, Dr Convolbo est fait Chevalier de l'Ordre national du Burkina Faso. En 2024, il est reconnu « Meilleur Expert en Intelligence Artificielle d'Afrique de l'Ouest », attribuée par Les Observateurs des Médias. Il parle mooré, français, anglais, mandarin et japonais.
Cinq langues qui racontent à leur manière la géographie de son parcours : Afrique de l'Ouest, Asie de l'Est et monde technologique international.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce que le Dr Moïse Convolbo a fait très tôt le pari du cloud computing, avant de consacrer son doctorat aux infrastructures qui sont devenues essentielles au fonctionnement du numérique contemporain.
Parce qu'il a transformé cette expertise scientifique en innovations industrielles, avec plusieurs brevets en intelligence artificielle et des modèles effectivement déployés en production.
Parce qu'il a occupé des responsabilités dans des entreprises internationales de premier plan, de Rakuten à Treasure Data, avant de diriger aujourd'hui des activités Data, IA et CRM chez Parfums Christian Dior au Japon.
Parce qu'au-delà de sa carrière internationale, il a aussi mis son expertise au service de la transformation numérique du Burkina Faso, notamment à travers sa contribution à la plateforme de concours en ligne de l'administration publique.
Parce qu'il transmet, encadre et prend publiquement position sur la place que l'Afrique doit occuper dans les transformations technologiques en cours.
Et surtout parce que son parcours porte un message qui rejoint pleinement l'esprit des 100 Visages du Burkina Digital : un talent formé au Burkina peut partir à la rencontre du monde, contribuer à l'innovation technologique au plus haut niveau et, depuis Tokyo, Taipei, San Francisco ou Cambridge, continuer à construire un pont vers son pays.
La 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d'Afrique de l'Ouest (SAMAO), couplée à la première édition de la Semaine de l'énergie, des mines et des hydrocarbures de la confédération de l'Alliance des États du Sahel (SEMH-AES), s'est ouverte ce lundi 14 septembre 2026 au SIAO et à l'université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou. Pendant cinq jours, du 14 au 19 septembre, les acteurs des secteurs minier et énergétique du Burkina Faso, du Mali et du Niger échangeront sur les potentialités et les perspectives de développement de l'espace de l'Alliance des États du Sahel (AES).
Placées sous le thème « Ressources énergétiques, minières et des hydrocarbures de l'AES », ces rencontres visent à favoriser une meilleure connaissance des potentialités de l'espace confédéral et à réfléchir aux moyens de leur valorisation au service du développement et de la souveraineté des États membres. Au programme de ces cinq jours figurent notamment des panels, des conférences et diverses autres activités.
Le ministre burkinabè de l'énergie, des mines et des carrières, Yacouba Zabré Gouba, et ses homologues du Mali et du Niger, ont insisté sur l'importance stratégique de ces secteurs pour les trois pays de l'AES.
Cet évènement connaît des participants venus de l'AES et au-delà.Pour le ministre Yacouba Zabré Gouba, l'énergie, les mines et les hydrocarbures constituent des secteurs stratégiques pour les économies des pays de l'AES. Selon lui, la tenue conjointe de la première édition de la Semaine de l'énergie, des mines et des hydrocarbures et de la 8ᵉ édition de la SAMAO constitue une étape importante dans la connaissance et la valorisation des potentialités de l'espace confédéral. « Cette conférence, qui se tient à l'occasion de la première édition de la Semaine de l'énergie, des mines et des hydrocarbures, couplée à la huitième édition de la SAMAO, constitue ainsi le premier acte consacré à la connaissance et à la valorisation des potentialités minières, énergétiques et des hydrocarbures de notre espace confédéral », a-t-il expliqué.
Le ministre burkinabè de l'énergie, des mines et des carrières, Yacouba Zabré Gouba, a salué la vision des chefs d'État de l'AES sur la gestion des problématiques des ressources naturellesCette initiative traduit, à l'en croire, la volonté des trois États de disposer d'un espace commun pour promouvoir les secteurs de l'énergie, des mines et des hydrocarbures. « Elle traduit notre ferme volonté de disposer d'un espace commun pour la promotion des secteurs de l'énergie, des mines et des hydrocarbures de l'AES », a indiqué le ministre.
Mieux connaître les ressources pour mieux les valoriser
Le ministre a toutefois souligné qu'une valorisation efficace des ressources passe d'abord par une meilleure connaissance de leur potentiel. L'ambition, confie-t-il, est d'établir un état actualisé des potentialités minières, énergétiques et en hydrocarbures de l'espace de l'AES, afin de mieux mesurer les opportunités qu'elles représentent pour les économies des trois pays et de définir des orientations communes.
Yacouba Zabré Gouba a rappelé l'importance des ressources naturelles dont dispose l'espace confédéral. « Il est historiquement établi que le continent africain, et plus particulièrement notre espace confédéral, dispose d'un important potentiel énergétique, minier et en hydrocarbures. »
Le ministre nigérien en charge du pétrole, Hamadou Tini, a salué le couplage des deux évènementsLe ministre a notamment évoqué la place du Burkina Faso et du Mali parmi les principaux producteurs d'or en Afrique. Il a également souligné le potentiel du Niger, qui dispose d'importantes réserves d'uranium ainsi que de ressources pétrolières et gazières.
Malgré cette richesse, le ministre estime que les ressources naturelles des États de l'AES restent encore insuffisamment valorisées. D'où l'organisation de cette conférence pour permettre aux participants de réfléchir aux stratégies de valorisation des ressources et aux perspectives de développement qu'elles offrent aux populations des trois pays. Pour Yacouba Zabré Gouba, l'enjeu dépasse donc la seule exploitation des ressources naturelles. Il s'agit de faire en sorte que celles-ci contribuent directement au développement et à l'autonomie des États de l'AES. « Nos ressources ne doivent plus être une malédiction ou le sujet de convoitises extérieures, mais le carburant de notre émergence », a-t-il argué.
Le Pr Amadou Keïta, ministre en charge des mines du MaliLe ministre nigérien en charge du pétrole, Hamadou Tini, a abondé dans le même sens que son homologue du Burkina Faso en insistant sur la valorisation des ressources pour renforcer la dynamique souverainiste de l'AES. Il a également rappelé que les ressources naturelles constituent un instrument de puissance.
Le Pr. Amadou Keïta, ministre en charge des mines du Mali, a indiqué que les ressources énergétiques, minières et l'hydrocarbure doivent profiter au peuple de l'AES.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
Dans le cadre de sa team building, le personnel des Éditions Lefaso a effectué, le vendredi 11 septembre 2026, une sortie touristique à Bobo-Dioulasso. Sur place, il a visité la vieille ville de Dioulassoba, une immersion qui lui a permis de mieux découvrir le patrimoine historique et culturel de la cité de Sya.
À Dioulassoba, chaque ruelle semble raconter une histoire. Derrière les murs de banco, dans les espaces sacrés ou encore sous le regard silencieux des lieux de mémoire, le passé côtoie le présent. C'est dans cette atmosphère que le personnel des Éditions Lefaso a entamé sa découverte de la vieille ville.
L'activité s'inscrit dans une volonté de contribuer à la promotion du tourisme interne et à la valorisation du patrimoine burkinabè. Elle a bénéficié de l'accompagnement de Faso Tourisme, de la Délégation consulaire spéciale de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso, du Centre international d'évangélisation/Mission intérieure africaine (CIE/MIA) et du Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB).
La vieille mosquée de Dioulassoba.Conduite par le guide Simon Sanon, la visite a été l'occasion de découvrir plusieurs sites emblématiques de Dioulassoba. La plus ancienne maison de Bobo, la case à palabres, les fétiches, les lieux sacrés et la rivière aux silures ont notamment constitué les principales étapes de cette immersion culturelle.
La rivière aux siluresSelon le guide, la case à palabres demeure un espace important dans la vie de la communauté. Lorsqu'un problème survient, les griots sont chargés d'informer les habitants, qui se retrouvent ensuite en ce lieu pour écouter et participer aux échanges, quelle que soit leur confession.
Pendant la visite, le personnel de Lefaso.net a découvert l'architecture de la vieille ville de Dioulassoba, notamment la plus vieille maison de la ville de Bobo, qui date du XIᵉ siècle.
Les visiteurs ont également constaté une organisation sociale traditionnelle structurée autour de différentes composantes, notamment les animistes, les catholiques et les musulmans.
Au terme de la visite, le guide Simon Sanon a lancé un appel invitant ainsi les Burkinabè à venir à la découverte de leur patrimoine.
« Nous devons sortir pour connaître nos sites touristiques », plaide-t-il, regrettant que certains habitants de Bobo-Dioulasso passent régulièrement devant la vieille ville sans jamais prendre le temps de la visiter.
« Notre sentiment quand on voit des visiteurs ou des médias qui viennent comme vous l'avez fait, c'est bien pour nous. C'est une occasion pour parler de notre histoire, de notre culture », a indiqué Simon Sanon à l'issue de la visite.
La première maison de l'ancêtre Bobo, fondateur de Sya, construite au XIᵉ siècle.Le directeur de publication du média en ligne Lefaso.net, Dr Cyriaque Paré, a expliqué que l'objectif est de contribuer à la promotion du tourisme interne. « Cette visite a été organisée à la suite d'autres dans les années passées, avec l'accent qui a été mis particulièrement sur la promotion du tourisme intérieur. C'est pourquoi nous sommes venus jusqu'à Bobo pour visiter quelques sites, notamment Dioulassoba et la grande mosquée », a-t-il laissé entendre.
Le directeur de publication du média en ligne Lefaso.net, Dr Cyriaque Paré, a indiqué que l'objectif de ces visites est de contribuer à la promotion du tourisme interne.Il a souligné que le Burkina Faso dispose de richesses touristiques qui méritent d'être mises en valeur.
« Cette sortie a été vraiment enrichissante pour moi. J'ai particulièrement apprécié le fait qu'on ne soit pas simplement dans une visite touristique, mais dans une véritable découverte de notre patrimoine et de notre histoire », a confié Anita Mireille Zongo, journaliste à Lefaso.net.
Pour Anita Mireille Zongo, journaliste à Lefaso.net, cette visite est une autre manière de raconter le patrimoine burkinabè avec plus de proximité.Pour elle, cette visite donne une autre manière de raconter le patrimoine burkinabè avec plus de proximité.
Jean Élysée Nikiéma
Lefaso.net
Dans cet entretien, Ardjouma Sirima, acteur du football burkinabè et responsable de l'Association des footballeurs du Burkina Faso (AFBF), revient sur les conditions de vie et de travail des joueurs, les difficultés liées aux salaires impayés, aux transferts et aux agents, ainsi que sur la nécessité de mieux accompagner les jeunes footballeurs. Il appelle également ces derniers à ne pas délaisser l'école au profit d'une carrière sportive dont l'issue demeure incertaine.
Lefaso.net : Aujourd'hui, quelles sont les principales difficultés auxquelles les footballeurs burkinabè sont confrontés dans leur carrière ?
Ardjouma Sirima : Les principales difficultés auxquelles les footballeurs burkinabè sont confrontés sont les suivantes : Nous avons premièrement le problème des salaires impayés. Il y a certains clubs qui peuvent cumuler trois, quatre, cinq mois, voire plus, sans payer les salaires des footballeurs. À la fin de la saison sportive, ils se séparent de ces joueurs et recrutent de nouveaux joueurs à qui ils vont faire subir les mêmes traitements. Deuxièmement, il y a le problème récurrent du passeport ordinaire des footballeurs burkinabè, qui est un véritable frein à leurs carrières internationales.
Troisièmement, au niveau des sélections nationales de jeunes U15, U17, U20 et U23, il n'y a pas une politique sportive qui est mise en place pour protéger les joueurs qui évoluent dans ces différentes catégories. Les sélectionneurs de ces différentes catégories ne travaillent pas en symbiose, de telle sorte que les joueurs soient suivis et acheminés d'une catégorie à l'autre jusqu'à l'équipe fanion des Étalons. Les sélectionneurs de ces différentes catégories sont remplacés à tout bout de champ, soit à cause des résultats, soit à cause des problèmes de personnes. Nous sommes en perpétuel conflit, ce qui joue sur les performances de nos jeunes joueurs, qui finissent par disparaître des radars.
Les joueurs connaissent-ils suffisamment leurs droits ?
Malheureusement, non. La grande majorité des footballeurs ne connaît pas ses droits et devoirs.Nous avons, au début de la création de l'AFBF, initié des tournées de sensibilisation au niveau des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 du Burkina Faso afin de leur inculquer ces rudiments. Nous l'avons fait trois années successives à Ouagadougou, Koupéla et Bobo-Dioulasso.
Mais malheureusement, après nos différents passages, c'est à peine si deux ou trois joueurs viennent adhérer à l'association. Mais cependant, lorsqu'ils ont des problèmes, c'est à ce moment qu'ils se retournent vers nous, soi-disant qu'ils ne savaient pas que l'association existait. C'est vraiment dommage pour des gens que nous voulons aider. N'est-il pas dit que lorsqu'on lave ton dos, il faut laver ton visage ?
L'AFBF intervient-elle lorsqu'un joueur rencontre un problème avec son club ? Concrètement, comment accompagnez-vous les footballeurs dans les litiges ou les conflits contractuels ?
Oui, l'AFBF intervient lorsqu'un joueur rencontre un problème avec son club. Nous l'avons fait à plusieurs reprises et nous continuons de le faire puisque c'est notre cheval de bataille. Nous avons aidé des joueurs d'un club de première division de Ouagadougou lorsqu'ils avaient été libérés à la veille de la fermeture du mercato par le club, puisqu'ils ne pouvaient plus avoir d'autres clubs. Nous avons envoyé le dossier à l'inspection du travail sous la supervision de notre avocat, Maître Farama Prosper.
Après plusieurs tentatives infructueuses au niveau de l'inspection du travail, l'affaire devait passer au niveau du tribunal du travail. Finalement, les dirigeants du club en question, en son temps, nous ont approchés pour régler l'affaire à l'amiable et les joueurs concernés ont reçu chacun la somme de 500 000 FCFA. Ils étaient au nombre de trois.
Nous sommes intervenus dans le dossier d'une équipe de la Ligue 2 qui refusait de payer des arriérés de salaire de plus de trois mois.
Nous sommes entrés en contact avec les dirigeants du club et, finalement, les joueurs sont entrés en possession de leurs arriérés de salaire. Il y a plusieurs dossiers où nous sommes intervenus, qui sont soit réglés, soit en suspens au tribunal du travail et aussi au niveau de la FBF. Nous profitons de votre antenne pour inviter les joueurs à venir s'inscrire au maximum à l'AFBF. En somme, c'est pour dire que lorsqu'un joueur a un problème et qu'il nous saisit, nous l'assistons durant tout le processus. C'est notre devoir, mais il faut qu'ils adhèrent à l'AFBF afin que nous puissions parler d'une seule voix. Il y a eu tellement de cas que nous ne pourrons les énumérer ici.
Beaucoup de jeunes footballeurs rêvent de partir à l'étranger. Quels conseils leur donnez-vous avant de signer avec un club ou un agent ?
En ce qui concerne les jeunes footballeurs qui rêvent de partir à l'étranger, je leur conseille de jouer d'abord dans les championnats du pays, de jouer le maximum de matchs parce que rien ne peut remplacer la compétition. S'ils arrivent à s'imposer au pays, ils verront que ce sont les clubs européens qui vont se déplacer ou déplacer des personnes-ressources pour venir les chercher. Lorsqu'un club vient chercher un joueur, il coûte plus cher qu'un joueur qui va de lui-même vers les clubs. Il faut être patient et gravir tous les échelons.
La question des agents et des intermédiaires revient régulièrement dans le football. Comment l'AFBF travaille-t-elle pour protéger les joueurs contre les mauvaises pratiques ?
Le dossier sur les agents de joueurs est très complexe puisque c'est un secteur qui n'est pas très bien maîtrisé par la FIFA elle-même. La FIFA avait, à un moment, permis à toute personne qui le désirait de devenir agent intermédiaire de joueurs. Depuis un certain temps, elle a changé de fusil d'épaule. Donc maintenant, on parle d'agent FIFA. Cela va mettre du temps avant que tout soit normal. Actuellement, tout est confondu, les intermédiaires continuent de travailler ainsi que les agents FIFA. Ce qui fait que les joueurs sont un peu dispersés dans leurs prises de décisions. Il y a des agents FIFA qui sont profanes, qui ont zéro carnet d'adresses.
Ils ont la licence, certes, mais n'arrivent pas à placer des joueurs. Cependant, il y a des agents intermédiaires qui n'ont pas la licence requise mais qui maîtrisent mieux le terrain. Pour ce faire, l'AFBF, par les tournées de sensibilisation, fait comprendre aux joueurs la nécessité de se faire accompagner par l'association, les agents FIFA, les intermédiaires, les avocats, mais d'être très vigilants et d'éviter au maximum de signer de longs accords de représentation avec les agents FIFA ou les intermédiaires de joueurs.
Normalement, un accord de représentation ne doit pas excéder deux ans, sinon il est sans valeur juridique. On leur demande, si possible, de signer pour un an, mais au maximum deux.
Selon vous, les conditions de travail et de rémunération des footballeurs au Burkina Faso sont-elles aujourd'hui satisfaisantes ?
Les conditions de travail et de rémunération des footballeurs au Burkina Faso dépendent en général des clubs dans lesquels les joueurs signent. Il y a une catégorie de clubs qui paient bien par rapport à d'autres. Il y a des clubs qui promettent des rémunérations qu'ils savent qu'ils ne pourront pas payer tout au long de la saison sportive, mais ils le font miroiter aux joueurs. Ce qui est une très mauvaise politique qui finit par créer des problèmes récurrents d'arriérés de salaires. Raison pour laquelle il y a toujours des arriérés de salaire dans certains clubs et, la plupart du temps, ces clubs n'arrivent pas à rester dans l'élite.
Vous avez des équipes corporatives comme l'AS Douanes, l'USFA, l'AS Sonabel qui promettent des salaires et des primes de signature qu'elles paient sans problème. Pour cette catégorie, on peut dire que les conditions sont satisfaisantes. Il y a la catégorie des académies : Majestic SC, Salitas FC, Rahimo FC, Sporting Club des Cascades, Réal du Faso, CFFEB, Vitesse FC, Focus Académie. Cette catégorie emploie de jeunes joueurs dont la masse salariale n'est pas trop élevée. Il y a la catégorie des anciens clubs : RCK, ASFA Yennega, ASFB, USCO, AS Maya, qui ne sont pas financièrement bien lotis actuellement. Ce qui fait que, dans l'ensemble, on peut dire sans se tromper que les conditions de travail et de rémunération des footballeurs au Burkina Faso ne sont pas du tout satisfaisantes.
Quelle est la situation des joueurs qui évoluent dans les divisions inférieures ou dans des clubs disposant de moyens limités ? Sont-ils suffisamment protégés ?
La situation des joueurs qui évoluent dans les divisions inférieures ou dans des clubs disposant de moyens financiers limités est suivie de très près par l'association, car ce sont en général de jeunes joueurs qui prennent part à ces championnats, d'où la nécessité d'être très regardant en ce qui concerne leur situation de travail. Dès qu'une information nous est remontée, nous saisissons les dirigeants. Actuellement, nous avons le cas d'un joueur qui a évolué avec une équipe en D3, qui a un souci d'arriérés de salaires et de blessure. Il nous a saisis. Nous sommes rentrés en contact avec le président du club, qui n'a pas respecté sa parole. Ce qui nous a poussés à envoyer le dossier à l'inspection du travail.
Pensez-vous que les footballeurs burkinabè devraient être davantage encouragés à se former parallèlement à leur carrière sportive ?
Tout à fait, et c'est primordial. C'est maintenant que demain se prépare, car la carrière d'un footballeur, c'est au plus 10 ans. Si, pendant que le footballeur est en activité, il ne se forme pas, ce sera très difficile pour lui en cas de blessure ou de fin de carrière brusque. La formation est l'essence de toute la carrière d'un footballeur. C'est cette formation qui va lui permettre de préparer son après-carrière.
Les joueurs sont-ils suffisamment associés aux décisions qui concernent l'organisation et l'avenir du football burkinabè ?
Pas vraiment, car l'écosystème du football est en perpétuel mouvement. À nos débuts, nous avons mis en place un groupe WhatsApp de travail avec les capitaines de chaque équipe de Ligue 1 et de Ligue 2. Mais, comme je vous l'ai dit, les années passent, les capitaines changent et c'est le perpétuel recommencement.
Quelles réformes vous paraissent indispensables pour améliorer durablement les conditions de vie et de travail des footballeurs burkinabè ?
Il faut les moyens financiers, les infrastructures et une bonne politique sportive de formation des encadreurs, des dirigeants sportifs et des jeunes joueurs.
Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes footballeurs qui commencent leur carrière et qui souhaitent réussir au plus haut niveau ?
Le football est une école de courage. Le football et l'école forment une seule et unique entité. Il ne faut pas abandonner l'école pour le football. La plupart des parents disent : « Mon enfant ne veut plus aller à l'école, il veut jouer au football. » C'est une très grosse erreur. Le football est aléatoire, rien ne peut assurer une réussite dans le football. Lorsqu'on prend 100 joueurs, c'est à peine si deux réussissent dans le football.
On peut parler d'une ou de deux personnes sur les 100 joueurs qui ont réussi, mais qu'en est-il des 99 ou des 98 autres ? Qu'est-ce qu'ils deviennent ? Personne ne parle d'eux. Ils restent dans les oubliettes. Donc, j'invite les jeunes footballeurs à ne jamais abandonner l'école pour le football. Raison pour laquelle mon slogan a toujours été : « Le football d'accord, mais l'école d'abord. »
Entretien réalisé par Jean Elysée Nikiéma
Lefaso.net
Résumé
Ce document de vulgarisation est tiré de notre article scientifique intitulé « Le métier de l'enseignant en contexte de crise sécuritaire au Burkina Faso : un statut malmené par les politiques publiques ». En effet, le Burkina Faso connaît depuis 2015 une crise sécuritaire qui a entraîné la fermeture de nombreuses écoles et le déplacement de milliers d'élèves et d'enseignants vers des zones plus sûres. Ces enseignants, confrontés à l'insécurité, au déplacement et à de nouvelles conditions d'exercice, doivent poursuivre leur mission malgré les difficultés vécues. Dans cette situation, il est pertinent d'interroger leur vécu pour mieux comprendre leurs conditions de travail, leur accompagnement et leur capacité à faire face à l'insécurité.
Mots-clés : enseignants, crise sécuritaire, accompagnement psychosocial, redéploiement, résilience.
Introduction
Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire qui a profondément bouleversé la vie des populations et le fonctionnement de nombreux secteurs, notamment celui de l'éducation. Les attaques terroristes ont entraîné le déplacement de millions de personnes. En effet, au 31 mars 2023, le Conseil national de secours d'urgence et de réhabilitation (CONASUR) recensait 297 301 ménages déplacés, soit 2 062 534 personnes. Parmi elles, les enfants et les adolescents de 0 à 14 ans représentaient près de la moitié des personnes déplacées, faisant de la population scolaire l'une des principales catégories touchées par cette crise.
Mais derrière les élèves déplacés, il y a aussi des enseignants déplacés, menacés et affectés.
La crise sécuritaire a en effet fortement perturbé le fonctionnement des établissements scolaires. Des écoles ont été fermées, obligeant les élèves et leurs enseignants à quitter des localités devenues trop dangereuses pour rejoindre des zones plus sécures. L'école elle-même est devenue une cible des groupes armés, faisant de l'exercice du métier d'enseignant une activité parfois marquée par la peur et l'incertitude. Comme le soulignent B.C.V. Rouamba-Ouédraogo et K. Bonkoungou (2020, p. 348), « l'école burkinabè de nos jours est dans l'œil du cyclone terroriste ».
Face à cette situation, l'État burkinabè a mis en place des politiques d'éducation en situation d'urgence afin de maintenir la continuité éducative malgré les déplacements et les fermetures d'écoles. Ces initiatives ont notamment permis aux élèves déplacés de poursuivre leur scolarité dans les zones d'accueil. Mais cette politique semble plus fonctionner en faveur d'une seule catégorie d'acteurs à savoir les apprenants. Ainsi, les constats laissent entrevoir que pendant que les élèves bénéficient d'une réinscription sans condition dans les établissements d'enseignement publics et d'un soutien psychosocial, la situation des enseignants affectés par ces fermetures semblent moins systématiquement prise en charge. Les questions que nous nous posons sont : Que devient un enseignant lorsqu'il doit quitter son poste pour sauver sa vie ? Comment vit-il son redéploiement dans une nouvelle localité ? Et comment peut-il continuer à enseigner lorsqu'il est lui-même confronté aux effets de la crise ?
C'est à ces questions que s'intéresse cette étude, en donnant la parole aux enseignants et aux responsables du système éducatif dans la commune de Fada N'Gourma. Elle met en évidence une réalité souvent moins visible : les enseignants ne sont pas uniquement des acteurs de la réponse à la crise ; ils en sont également des victimes et des personnes affectées.
1. Méthodologie
L'étude s'inscrit dans une approche socio-anthropologique. Elle cherche à comprendre la manière dont les enseignants vivent et perçoivent leur situation professionnelle dans un contexte marqué par l'insécurité et les déplacements. Dans cette logique, la descente sur le terrain s'est opérée par la ville Fada N'Gourma et précisément au secteur 1 de la ville considérée comme le lieu où se concentrent plusieurs établissements délocalisés avec leurs enseignants ayant fui l'insécurité.
Ce secteur, du fait qu'il se trouve à la lisière de la ville accueille des personnes déplacées internes avec un habitat spontané très développé. C'est d'ailleurs dans ce secteur que les premières personnes déplacées internes (PDI) de la région se sont installées majoritairement.
Pour recueillir les informations, 20 entretiens individuels et 4 focus groups ont été réalisés auprès des responsables coutumiers et religieux (notables de la cour royale du Numbado, pasteurs, imams et, catéchistes) de Fada N'Gourma, les Services techniques en charge de l'éducation (Direction régionale en charge de l'enseignement de l'Est, Direction provinciale en charge de l'enseignement du Gourma, Circonscription d'éducation de base (CEB), Directeurs d'école), les Services techniques en charge de l'action sociale, des Responsables d'ONG et associations, des enseignants déplacés ainsi que des parents d'élèves déplacés. Cette démarche a permis de confronter le vécu des enseignants aux perceptions des acteurs chargés de la mise en œuvre des politiques éducatives.
L'étude porte notamment sur la situation des enseignants confrontés à la fermeture des établissements, à leur déplacement ou à leur redéploiement vers des zones considérées comme plus sûres.
2. Présentation et discussion des résultats
2.1. Des enseignants eux-mêmes pris dans la crise
La crise sécuritaire ne touche pas uniquement les élèves. Les enseignants constituent eux aussi une catégorie particulièrement exposée dans leur milieu professionnel. À l'échelle nationale, les fermetures d'établissements liées aux violences ont affecté aussi bien les élèves que les enseignants. Dans la zone de Fada N'Gourma, cette situation prend une dimension particulière avec l'accueil important d'élèves déplacés internes.
Pour certains enseignants, le départ de leur lieu d'affectation n'est pas un choix professionnel ordinaire. Il intervient dans un contexte où la priorité devient d'abord de préserver sa vie et celle de sa famille. Un enseignant redéployé à Fada témoigne : « on a quitté nos localités sans rien prendre, tout est resté derrière nous parce qu'il fallait sauver sa peau d'abord » (Fada, entretien du 11 novembre 2022). Le déplacement peut ainsi signifier abandonner ses biens, ses repères et une partie de sa stabilité professionnelle.
Les terroristes s'empennent à eux du fait de la perception qu'ils ont de l'école : un cadre de promotion de valeurs non conformes (valeurs occidentales) à leurs idéaux. Ils l'accusent ainsi d'être un moyen de perversion de la société. Ce qui fait dire à Z. Soré et al. (2021) que les groupes armés terroristes s'en prennent à l'école accusée de véhiculer un savoir impropre, haram, ce qui signifie que l'éducation occidentale est un interdit religieux (M-A. Perousse de Montclos, 2015).
À côté de cette réalité, l'autre raison, qui fait de l'école la cible des terroristes tient du fait que l'école est perçue comme un symbole de l'État (souvent le plus accessible) tout comme les forces de défense et de sécurité qui a aussi fait l'objet d'un ciblage particulier dans l'action des terroristes. Dans cette logique, en s'attaquant à l'école, les groupes terroristes portent atteinte à un symbole fort de l'État en tant que moyen de développement de son capital humain. En outre, cela sape les efforts de l'État dans la réalisation de son ambition de massification scolaire à travers l'initiative de l'EPT (Éducation pour tous) et entrave l'accès au droit à l'éducation reconnu pour tous les enfants.
Par ailleurs, si l'école est la cible des attaques terroristes du fait d'être une institution de l'État, il ressort des entretiens que les communautés pour lesquelles les établissements sont créés considèrent que les enseignants sont source de problèmes dans ce contexte de ciblage de l'école par les groupes terroristes. Ainsi, dans leur stratégie d'éradication de l'école du Blanc, la variable d'intérêt c'est les enseignants. Ce serait donc leur présence qui consacre la continuité de l'école.
Les propos de ce parent d'élève déplacé interne dans la ville de Fada alimentent une telle vision des choses et expliquent comment les communautés peuvent s'organiser pour la fermeture de l'école où leurs enfants sont accueillis : « Au début, quand ils sont arrivés, ils disaient que c'est l'école qu'ils ne voulaient pas voir et donc avoir une salle de classe ouverte était comme un danger pour nous » (Fada, entretien du 09 octobre 2022). Cela s'inscrit aux antipodes de l'idée développée par J. Ki-Zerbo (1990) selon laquelle l'école doit être l'affaire du village et le village l'affaire de l'école.
Au regard de ces considérations, il y a des risques d'être avec un enseignant au village, car c'est s'exposer au danger terroriste. Les enseignants en ont fait l'amer expérience dans leurs interactions quotidiennes avec leurs communautés qui craignent de s'attirer la foudre terroriste du fait de leur simple présence. Ce témoignage issu d'un focus group avec les enseignants déplacés est illustratif de cette réalité : « Même pour quitter le village, c'est pénible, c'est très difficile à expliquer, même pour avoir un Dina pour vous prendre, ce n'est pas possible. Si on a su que vous êtes enseignant, malgré qu'il y a de la place, ils vous diront qu'il n'y en a pas » (focus group enseignants déplacés de Natiabouani, réalisé le 10 Novembre 2021).
Dans ce double contexte, l'enseignant se retrouve entre plusieurs difficultés notamment celle d'une école rejetée par ses bénéficiaires et celle d'avoir quitter la localité sans rien apporter.
Pourtant, une fois arrivés dans leur nouvelle localité, les enseignants doivent rapidement reprendre leur rôle : accueillir les élèves, assurer les cours et contribuer à la continuité du service éducatif.
Cette situation crée un paradoxe : l'enseignant est appelé à être un acteur de résilience alors qu'il est lui-même en situation de vulnérabilité.
2.2. Une résilience sans véritable accompagnement
L'un des constats les plus importants de l'étude concerne la dimension psychologique de cette expérience.
Les enseignants rencontrés évoquent la peur, la psychose et les conséquences des événements vécus. Pourtant, la prise en charge psychosociale dont ils bénéficient apparaît limitée. Aucun des enseignants et responsables d'établissements rencontrés dans le cadre de l'étude n'a déclaré avoir bénéficié d'une prise en charge psychologique.
Face à cette situation, une expression revient régulièrement dans les propos des enquêtés : « faire avec ». Avec l'ampleur des évènements vécus et du traumatisme qu'ils ont subi dans le cadre de l'exercice de leur profession, ils déclarent « faire avec ». C'est la substance que l'on peut retenir des propos de cette Directrice d'école primaire au Secteur de Fada qui déclare : « Pour vous dire vrai, on fait avec, on essaie de faire ce qu'on peut. Ce n'est pas du tout simple, on vie avec la psychose du terrorisme au quotidien et qui est là et qui fait peur vraiment. » (Fada N'Gourma, entretien du 17 novembre 2022).
Ce « faire avec » qui s'impose aux acteurs sonne comme un slogan en écho à l'appel à la résilience, le maitre mot de la gouvernance en ce temps de crise sécuritaire dans le pays où Dieu est régulièrement appelé à la rescousse, pour suppléer aux insuffisances des actions humaines.
Mais « faire avec » ne signifie pas nécessairement être résilient au sens d'avoir bénéficié des ressources nécessaires pour surmonter une épreuve. Dans les propos recueillis, cette expression traduit plutôt une capacité à continuer malgré les difficultés.
Une enseignante interrogée résume ainsi cette situation en expliquant qu'elle n'a reçu aucune formation particulière sur la résilience et qu'il s'agit surtout, pour elle, de faire face à une « psychose générale » et de continuer à avancer :
« moi personnellement, je n'ai reçu aucune formation. On me parle de résilience. Moi je sais simplement qu'ils veulent nous dire que la résilience c'est le fait d'essayer de voir le problème en face et de faire avec. Sinon la résilience, ce n'est pas d'aller faire face au danger qui est permanent. La résilience c'est de voir le problème qui est une psychose générale et de faire avec. Sinon, si le problème vient, à moins que Dieu ne nous sauve, je pense que ce sera la catastrophe » (Fada N'Gourma, entretien du 17 novembre 2022).
Cette situation interroge donc la manière dont la notion de résilience est mobilisée dans la gestion de la crise. Peut-on véritablement parler de résilience lorsque les personnes concernées doivent essentiellement compter sur leurs propres ressources pour tenir ?
2.3. Quand la nouvelle affectation se décide sans l'enseignant
Le déplacement vers une zone plus sécurisée ne marque pas nécessairement la fin des difficultés. Il ouvre une nouvelle étape : celle du redéploiement ou de la délocalisation professionnelle.
Dans ce processus, les enseignants rencontrés déplorent une insuffisance de concertation. Certains expliquent avoir informé leur hiérarchie des menaces auxquelles ils étaient confrontés sans avoir senti un soutien suffisant.
Ils auraient souhaité que des solutions soient envisagées avec eux avant leur départ ou leur redéploiement : « Nous enseignants, nous n'avons pas été consultés dans la décision de la nouvelle affectation, donc c'est comme si nous, on nous force à faire un travail et quand les résultats ne sont pas bons, on est indexé, les enseignants n'ont pas fait un bon travail pourtant pour qu'il y'ait ces genres de décisions, il faut nous consulter, c'est aussi de la considération pour nous, ils ne savent même pas dans quel état d'esprit nous sommes » (Fada N'Gourma, Focus group du 10 novembre 2022).
Certains dépeignent les moyens par lesquels ils sont souvent informés de certaines décisions : « Comme on l'a dit, nous avons reçu des coups de fil, on attendait un redéploiement mais on nous a fait savoir qu'on a eu des salles à Fada et que le collège sera délocalisé. On est arrivé effectivement, on a trouvé qu'il y avait deux collèges » (Fada, Focus group, enseignants déplacés Fada).
Cette absence de concertation peut être lourde de conséquences. Les enseignants arrivent dans de nouveaux environnements professionnels avec des conditions de vie parfois difficiles et avec le sentiment que les décisions concernant leur avenir professionnel ont été prises sans eux.
2.4. Une politique de continuité éducative qui doit aussi penser à ceux qui enseignent
Le Burkina Faso a mis en place des dispositifs d'éducation en situation d'urgence afin de maintenir l'accès des enfants à l'éducation dans les zones affectées par la crise. Ces politiques reconnaissent également la nécessité de renforcer les capacités des personnels éducatifs et de développer des actions de soutien psychosocial.
Cependant, les résultats de l'étude montrent que l'accompagnement des enseignants demeure insuffisant par rapport à leurs besoins. Les politiques accordent une attention importante à la continuité des apprentissages et à la prise en charge des élèves, tandis que les enseignants semblent bénéficier d'une attention moindre sur le plan psychosocial.
Cette situation invite à repenser la résilience éducative. Une école résiliente ne peut pas être seulement une école capable de maintenir les élèves en classe. Elle doit également être une école capable de protéger, soutenir et écouter les enseignants qui rendent cette continuité possible.
Conclusion
La crise sécuritaire a profondément transformé le métier d'enseignant au Burkina Faso. À Fada N'Gourma, les résultats de cette étude montrent que les enseignants affectés ne sont pas de simples exécutants des politiques de continuité éducative. Ils sont eux-mêmes confrontés à la peur, au déplacement, aux pertes, à l'incertitude et à la transformation de leur trajectoire professionnelle.
Pourtant, malgré ces difficultés, ils continuent à enseigner et à contribuer à la scolarisation des enfants affectés par la crise. Cette capacité à poursuivre leur mission témoigne d'une réelle force. Mais la résilience ne devrait pas être synonyme de solitude face à l'épreuve.
L'enjeu est donc de passer d'une logique où l'on demande aux enseignants de « faire avec » à une logique où ils sont réellement accompagnés pour faire face. Cela suppose notamment de renforcer leur accompagnement psychosocial, d'améliorer les conditions de leur redéploiement et surtout de les associer davantage aux décisions qui concernent leur parcours professionnel.
Car si l'on veut que l'école reste debout malgré la crise, il ne suffit pas de demander aux enseignants de tenir. Il faut aussi prendre soin de ceux qui tiennent l'école debout.
Auteurs :
– Ezaï NANA, Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique/Institut des Sciences des Sociétés, nana_fils@yahoo.fr
– Paul-Marie MOYENGA, Université Joseph Ki-Zerbo, moyenga_pm@yahoo.fr
– Alimata SAWADOGO, Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique/Institut des Sciences des Sociétés, alimatasawadogo88@gmail.com
Références bibliographiques
INSD, 2022, Recensement général de la population et de l'habitation (RGPH) de 2019 du Burkina Faso - Résultats définitifs, Ouagadougou ;
KI-ZERBO Joseph, 1990, éduquer ou périr, Paris, L'Harmattan ;
NANA Ezaï, MOYENGA Paul-Marie et SAWADOGO Alimata (2025). Le métier de de l'enseignant en contexte de crise sécuritaire au Burkina Faso : un statut malmené par les politiques publiques. Les Editions CNRST, pp. 210 à 229 ;
OUÉDRAOGO Noraogo Boureima, 2020, Sociologie des violences contre l'Etat au Burkina Faso. Question nationale et identité, L'Harmattan, Paris ;
PEROUSSE DE MONTCLOS Marc-Antoine, Boko Haram:Islamism,politics,security and the state in Nigeria ;
ROUAMBA-OUEDRAOGO Bowendsom Claudine Valérie et BONKOUNGOU Koug-Nongom, 2021, « Les stratégies de résilience du système éducatif en contexte d'insécurité dans la province de l'Oudalan (Burkina Faso) », in ROUAMBA-OUEDRAGO Valérie (dir.), Crise sécuritaire dans les pays du G5 Sahel ; Comprendre pour agir, Paris, L'Hamattan, p. 347-365 ;
SORE Zakaria, ROUAMBA Lydia Inés, MAIGA Alkassoum, 2021, « sentiment d'insécurité et qualité de l'enseignement primaire dans la province du Soum », Cahier du CERLESH n°68, tome XXXI, p.235-254 ;
UNICEF, 2023, Pour chaque enfant, Rapport annuel de l'UNICEF 2023, Direction de la communication mondiale et du plaidoyer, New York.
Le président burundais, président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a appelé à consolider le partenariat entre l'Afrique et les pays membres des BRICS, pour promouvoir une coopération davantage orientée vers les priorités de développement du continent. C'était à la faveur du XVIIIe Sommet des BRICS (le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud...), tenu en Inde, du 11 au 13 septembre 2026 au cours duquel, le dirigeant a placé l'eau, les infrastructures et l'énergie parmi les secteurs prioritaires pour accélérer la transformation du continent, améliorer les échanges et soutenir une croissance durable.
L'accès durable à l'eau est posé comme une priorité par l'Union africaine et selon les experts, ce choix est vital. En effet, pour l'Union africaine (UA), la question de l'eau a plusieurs implications cruciales pour le continent, en ce sens qu'elle emporte la santé des populations, la sécurité alimentaire, l'énergie hydro-électrique, la stabilité, la paix, la création d'emplois, les migrations.
« En se plaçant au centre du dialogue avec les BRICS, Ndayishimiye cherche à arrimer la coopération à des besoins de base et à des projets d'infrastructures bancables. C'est aussi un moyen pour l'Union africaine de montrer que son agenda n'est pas uniquement géopolitique, mais d'abord de développement humain. Les BRICS, avec leurs capacités en financement d'infrastructures et en transfert de technologies, sont présentés comme des partenaires naturels pour des barrages, des systèmes d'irrigation et de traitement de l'eau à grande échelle. (…).
Trois lectures se dégagent dans l'allocution de Ndayishimiye. La première porte sur le pragmatisme symbolique. Le président Ndayishimiye lie des dossiers très concrets : l'eau, le financement. Il y ajoute une bataille de représentation. L'idée : l'Afrique ne gagnera pas seulement avec des dollars d'investissement, mais aussi en imposant son récit. La deuxième porte sur une Afrique qui cherche un multi-alignement maîtrisé. En s'adressant aux BRICS depuis New Delhi, tout en rappelant son ancrage au G20 grâce à l'Inde, le président de l'UA Ndayishimiye montre la stratégie actuelle : ne pas choisir entre Occident et Sud global, mais multiplier les points d'appui pour obtenir plus de poids.
La troisième lecture porte sur les BRICS testés sur leur promesse ‘'Sud-Sud''. En soutenant la résolution ‘'Correct the Map'' et en entendant la priorité ‘'eau'', les BRICS sont mis face à leurs engagements », explique une source institutionnelle burundaise.
Selon le vice-président de l'Alliance internationale des BRICS, Dr Ahoua Don Mello, leXVIIIe Sommet des chefs d'État et de gouvernement s'est conclu par l'adoption à l'unanimité de la déclaration de New Delhi 2026. Ce document de 140 points s'articule autour du thème : « Construire pour la résilience, l'innovation, la coopération et la durabilité ».
Elle appelle à une réforme de la gouvernance mondiale et multilatérale, à travers les institutions internationales, aux fins de refléter les réalités multipolaires contemporaines.
Les dirigeants des BRICS soutiennent le principe des « solutions africaines aux problèmes africains »
Il s'agit, dans ce volet, et selon la publication du vice-président de l'Alliance internationale des BRICS, de la réforme de l'ONU à travers une refonte structurelle du Conseil de sécurité pour une meilleure représentation des pays en développement d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine ; des institutions financières, notamment le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale pour augmenter le poids des économies émergentes ; du commerce par un soutien à un système commercial multilatéral fondé sur des règles, avec l'OMC (Organisation mondiale du commerce) en son centre, et opposé aux mesures protectionnistes. « Le sommet a, en outre, exprimé sa volonté de mobiliser les investissements dans les infrastructures africaines, en alignement avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) », lit-on.
La déclaration de New Delhi 2026 fait également d'un point essentiel, la paix et la sécurité internationales, en planchant sur les principaux conflits et menaces sécuritaires. Ainsi, en matière de lutte contre le terrorisme, le sommet a fermement condamné l'attentat de Pahalgam (en Inde, avril 2025) et appelle à une politique de tolérance zéro et à un cessez-le-feu au Soudan.
Le sommet appelle aussi à la retenue maximale au Moyen-Orient, à la protection des civils et à une solution à deux Etats pour la Palestine. « La déclaration exprime une préoccupation sérieuse concernant les attaques contre les infrastructures civiles et nucléaires pacifiques », informe la publication du vice-président de l'Alliance internationale des BRICS.
L'assise prône, par ailleurs, la promotion du dialogue, de la diplomatie et de la médiation pour résoudre pacifiquement les conflits/différends.
Le troisième point fondamental de cette déclaration unanimement adoptée, porte sur la Coopération économique et technologique, mettant l'accent sur le développement et l'innovation, à travers notamment l'intelligence artificielle, l'infrastructure numérique, la coopération renforcée sur la couverture sanitaire universelle et la recherche médicale, ainsi que la valorisation des ressources minérales critiques africaines pour la transition énergétique et technologique.
La coopération culturelle entre les peuples, est le quatrième grand point de la déclaration de New Delhi 2026. Ici, la rencontre a souligné l'importance des échanges pour renforcer la compréhension mutuelle et la coopération. Les dirigeants ont, enfin, exprimé leur « plein soutien » au principe de « solutions africaines aux problèmes africains ».
« Nous espérons que la déclaration de New Delhi adoptée par le sommet donnera une direction claire à notre vision partagée et à notre future coopération. Nos discussions des deux derniers jours ont renforcé notre conviction que les BRICS n'étaient pas juste un groupe de pays, mais aussi un écosystème de solutions », a refermé le Premier ministre indien, Narendra Modi.
O.L
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La plateforme de solidarité nationale Dɛmɛ Sira a permis de mobiliser plus de 8 millions de FCFA entre le 11 juin et le 9 septembre 2026 pour venir en aide à 18 personnes vulnérables réparties dans huit régions du Burkina Faso. L'information est rapportée par le ministère de la famille et de la solidarité à travers un post fait sur sa page Facebook.
Cette mobilisation de ressources est le fruit de la contribution des filles et fils du Burkina Faso qui ont répondu à l'appel de solidarité lancé à travers cette initiative. Grâce aux fonds collectés, plusieurs personnes confrontées à des situations difficiles ont pu bénéficier d'un accompagnement. Afin de pouvoir continuer à soutenir les personnes vulnérables, les responsables de la plateforme invitent les citoyens à poursuivre cet élan de solidarité. Les contributions peuvent être reçues directement sur la plateforme Dɛmɛ Sira, accessible à l'adresse : www.solidarite.gov.bf.
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Source : Ministère de la famille et de la solidarité
Ce lundi 14 septembre 2026 s'est tenue la cérémonie d'ouverture des soutenances de fin d'études à l'Institut de la finance publique (IFPB), à Ouagadougou, pour évaluer le niveau des 394 impétrants à cette session 2025-2026. Le bal a été ouvert par Geoffroy Bayili. Son thème de mémoire : « Dette publique du Burkina Faso : dynamique et soutenabilité dans un contexte de crise sécuritaire de 2015 à 2024 ». La cérémonie d'ouverture a été présidée par le ministre de l'économie, représenté par son secrétaire général, Vieux Abdoul Rachid Soulama.
En image, l'assistance venue apporter son soutien à l'impétrant pour sa soutenancePour ce dernier, l'épreuve des soutenances n'est pas seulement qu'académique. « Elle est au cœur des priorités du ministère de l'Économie et des finances et dans l'élan de la souveraineté de nos États. Dans un contexte marqué par la contraction des financements extérieurs, par l'exigence croissante de la développabilité et par la nécessité de financer nous-mêmes notre sécurité et notre développement, la qualité des femmes et des hommes qui administrent l'impôt, le trésor et le budget est devenue une question stratégique », a-t-il estimé.
« Le pays compte sur ses fils et filles pour se développer », Vieux Abdoul Rachid SoulamaMême son de cloche pour Barthélémy Dabré, directeur général de l'IFPB, qui voit en cela bien plus qu'un simple exercice universitaire. « À l'Institut des finances publiques du Burkina, les stagiaires qui finissent leur deuxième année soutiennent un mémoire. Ce mémoire est à la fois un exercice académique, mais également un exercice de posture professionnelle, parce que c'est un moment de redevabilité. C'est un moment aussi où le stagiaire démontre que ce qu'il a appris à l'institut va effectivement lui servir sur le terrain », a-t-il expliqué.
La période des soutenances durera deux semainesAu total, 394 stagiaires prennent part à cette session de soutenances. Ils sont issus du Burkina Faso, mais aussi de pays partenaires comme le Gabon, la Guinée, la Centrafrique et le Tchad. Geoffroy Bayili a ouvert le bal avec la présentation de son mémoire consacré à la dette publique du Burkina Faso, devant un jury présidé par le secrétaire général du ministère de l'Économie, Vieux Abdoul Rachid Soulama, et des experts de la finance. Son travail porte sur la dynamique et la soutenabilité de la dette publique entre 2015 et 2024, une période marquée par la crise sécuritaire et la contraction des ressources extérieures.
L'impétrant a reçu les félicitations de l'ambassadeur du Gabon au Burkina, Dr Yvon Thierry Michel N'GomaPour sa part, Geoffroy Bayili explique avoir choisi de travailler sur la dette publique en raison de sa forte progression au cours de la dernière décennie. « Depuis 2015, on a remarqué que la dette publique du Burkina Faso a quadruplé, passant de plus de 2 188 milliards à plus de 8 163 milliards entre 2015 et 2024 », a-t-il relevé. Son analyse montre que cette hausse est principalement portée par la dette intérieure, dont le rythme de progression dépasse largement celui de la dette extérieure. « La dette intérieure a connu un rythme de progression de plus de 26 %, contre seulement 8,1 % pour la dette extérieure. C'est ce qui nous a amenés à nous interroger sur la dynamique et la soutenabilité de la dette publique », a-t-il poursuivi.
Le secrétaire général du ministre de l'Économie couronnant l'impétrant après sa soutenanceÀ l'issue de ses recherches, l'impétrant conclut que la dette extérieure demeure soutenable selon les critères de viabilité retenus par les institutions de Bretton Woods. En revanche, la dette publique globale présente un risque d'insoutenabilité, principalement lié à sa composante intérieure. Et selon Issaka Yaméogo, rapporteur dans le cadre de cette soutenance, le candidat a fait preuve de courage en abordant ce thème. « Dans la forme, la structure est respectée, il y a peu de fautes, la bibliographie est bien illustrée », a-t-il relevé, tout en relevant par la même occasion les éléments qui pourront contribuer à améliorer la qualité de son document.
« Au terme des échanges, l'impétrant s'est engagé à prendre en compte toutes les observations des jurés et a remercié ceux qui ont contribué à ce que cette soutenance puisse se tenir », Geoffroy BayiliAprès délibération, M. Bayili s'en est sorti avec la note de 15,5/20. Une note qui couronne un parcours qui aura duré 24 mois.
Erwan Compaoré
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Pour donner le coup d'envoi de la 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d'Afrique de l'Ouest (SAMAO), couplée à la première édition de la Semaine de l'énergie, des mines et des hydrocarbures de l'AES (SEMH-AES), les acteurs des secteurs minier et énergétique se sont retrouvés, ce lundi 14 septembre 2026, autour d'activités sportives.
Ils ont pris part à un cross populaire de 3 km, suivi d'une séance d'aérobic. Cette activité sportive a permis de réunir les différents acteurs des secteurs des mines, de l'énergie et des hydrocarbures, en prélude au démarrage des activités de la SAMAO et de la SEMH-AES.
Les acteurs du secteur minier et énergétique ont lancé leurs activités autour du sport.Pour le directeur de cabinet du ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières, Salif Boussim, cette activité sportive vise à rassembler les différents acteurs afin de donner le coup d'envoi des différentes activités de la SAMAO et de la SEMH-AES. « Une telle activité représente beaucoup, parce que cela permet de se maintenir en bonne santé. Le sport est très bon pour la santé et unit les personnes », a-t-il laissé entendre.
Isham Jonathan Compaoré, agent de la SONABEL, s'est également réjoui de l'activité sportive.Il a complété en ajoutant qu'une telle activité sportive est encore plus importante pour les acteurs des mines et de l'énergie, qui sont amenés à beaucoup se déplacer dans le cadre de leurs activités quotidiennes.
Drissa Coulibaly, directeur régional des mines et des carrières du Guiriko, a apprécié l'initiative qui a permis de réunir les différents acteurs des mines et de l'énergie à la veille du début des activités de la SAMAO et de la SEMH-AES, prévu le mardi 15 septembre 2026. « Une telle activité représente beaucoup, parce que cela permet de se maintenir en bonne santé. Cela nous permet de nous réunir autour du sport », a-t-il ajouté.
Le directeur régional des mines et des carrières du Guiriko, Drissa Coulibaly, a apprécié l'initiative des activités sportives à la veille du lancement des activités.Isham Jonathan Compaoré, agent de la SONABEL, a également apprécié de pouvoir se retrouver avec ses collègues autour d'une activité sportive, à la veille du lancement de la SAMAO et de la SEMH-AES. Pour lui, cette initiative va permettre de raffermir encore plus les liens entre collègues.
Pour le directeur de cabinet du ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières, Salif Boussim, le sport est un facteur de cohésion sociale.En rappel, la 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d'Afrique de l'Ouest (SAMAO), couplée à la première édition de la Semaine de l'énergie, des mines et des hydrocarbures de l'AES (SEMH-AES), se tiendra du 14 au 19 septembre 2026. Les deux rencontres sont placées sous le thème : « Ressources énergétiques, minières et des hydrocarbures de l'AES ». Pendant cinq jours, les acteurs des secteurs minier et énergétique du Burkina Faso, du Mali et du Niger échangeront sur les potentialités et les perspectives de développement de l'espace de la Confédération des États du Sahel (AES).
Jean Élysée Nikiéma
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La 6e session de sensibilisation et d'information des journalistes des États membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s'est ouverte ce lundi 14 septembre 2026 à Ouagadougou. Du 14 au 18 septembre, professionnels des médias et experts de la Commission vont échanger autour des principaux chantiers de l'union, notamment la Vision prospective 2040 et le Plan stratégique « IMPACT 2030 ». La cérémonie a été présidée par la conseillère technique en communication du président de la Commission de l'UEMOA, Aminata Mbodj. Elle s'est déroulée en présence du directeur de la communication de la Commission de l'UEMOA, Arzouma L. Yendu-Bé Babakan et du coordonnateur de la plateforme des médias de l'UEMOA, Léonard Dossou.
Au cœur des enjeux de la 6e session de sensibilisation des journalistes des États membres de l'UEMOA sur ses chantiers, se trouve une vision d'informer davantage pour rapprocher l'intégration régionale des populations. La cérémonie officielle d'ouverture de cette rencontre a été marquée par l'allocution du président de la Commission de l'UEMOA, Abdoulaye Diop. Elle a été livrée par sa conseillère technique en communication, Aminata Mbodj, qui a souhaité la bienvenue dans la capitale burkinabè à l'ensemble des participants.
Pour elle, la présence des journalistes, malgré les agendas chargés des différentes rédactions, traduit l'intérêt constant qu'ils portent à la marche économique et sociale de l'espace communautaire. Aminata Mbodj rappelle que depuis son lancement en 2021, la présente initiative s'est progressivement imposée comme un rendez-vous consacré aux échanges entre la Commission de l'UEMOA et les professionnels des médias.
Selon la conseillère technique en communication du président de la Commission de l'UEMOA, Aminata Mbodj, l'adhésion des populations aux programmes de développement, passe aussi par une information juste, crédible, accessible et de qualitéPour Aminata Mbodj, cette démarche repose sur une conviction, celle que l'intégration régionale ne peut véritablement réussir sans l'adhésion des populations. Les médias apparaissent ainsi comme des relais essentiels pour permettre aux citoyens de mieux comprendre les enjeux, les acquis et les perspectives de l'UEMOA. La Commission entend donc maintenir un dialogue régulier avec la presse. Cet engagement s'est notamment traduit par l'accompagnement de la Plateforme des Médias de l'UEMOA dans plusieurs initiatives.
La conseillère technique en communication cite notamment le colloque sous-régional organisé à Abidjan en 2025, ainsi que le Forum International de la presse économique de l'Afrique de l'Ouest (FIPE-UEMOA), tenu en juin 2026 à Dakar. Cette dernière rencontre a permis de mettre en débat plusieurs questions économiques et sociales majeures de l'espace communautaire, tout en célébrant l'excellence journalistique à travers les prix d'excellence du journalisme economique de l'UEMOA.
Le directeur de la communication de la Commission de l'UEMOA, Arzouma L. Yendu-Bé Babakan, a pour sa part, salué la disponibilité des journalistes et de leurs responsables d'organes qui ont accepté de les libérer pour cette semaine de travaux à OuagadougouIl a également exprimé sa reconnaissance à la Plateforme des médias de l'UEMOA pour son appui constant à la visibilité des actions de l'union.
S'adressant aux experts de la commission appelés à intervenir au cours de la session, Arzouma L. Yendu-Bé Babakan les a invités à privilégier les échanges avec les professionnels des médias et à répondre à leurs préoccupations sur les différents chantiers communautaires. Il a enfin félicité l'équipe de la Direction de la communication pour son implication dans l'organisation de la rencontre, tout en assurant les journalistes de sa disponibilité, notamment pour leurs besoins en matière de reportage, de photographie et de prise de vue.
Deux grands référentiels au cœur des échanges
Durant cinq jours, les journalistes vont se familiariser davantage avec plusieurs chantiers structurants. Au premier plan figure la Vision prospective 2040 de l'UEMOA. Elle ambitionne de faire de l'espace communautaire un espace économique et monétaire durablement intégré, paisible et prospère, ouvert sur l'Afrique, avec une position stratégique consolidée dans le monde.
À cette vision de long terme s'ajoute IMPACT 2030, le Plan stratégique de la Commission de l'UEMOA pour la période 2025-2030. Ce document fixe une ambition de faire de la Commission une institution agile, locomotive de l'approfondissement de l'intégration et de la transformation structurelle des économies de l'UEMOA.
La rencontre réunit des professionnels des médias venus des huit pays de l'espace communautaireCes deux référentiels constituent ainsi des cadres majeurs pour comprendre les orientations actuelles et futures de l'union. Au-delà des documents stratégiques, les travaux doivent permettre aux participants de mieux cerner les filières prioritaires et plusieurs programmes régionaux. Des experts de la Commission de l'UEMOA vont partager avec les journalistes des informations destinées à renforcer leur compréhension des mécanismes et des actions engagés pour transformer structurellement les économies de l'espace communautaire.
L'objectif est aussi de donner aux professionnels des médias des outils leur permettant de traiter ces sujets avec davantage de profondeur et de pédagogie. Car derrière les stratégies, les programmes et les chiffres se trouvent des enjeux qui touchent directement les populations : développement économique, intégration régionale, transformation des économies et amélioration des conditions de vie.
Le coordonnateur de la Plateforme des médias de l'UEMOA, Léonard Dossou, a salué l'engagement du président de la Commission de l'UEMOA, Abdoulaye Diop, en faveur du développement d'une presse spécialisée et au service du développement« Sans les médias, dans un espace communautaire comme celui de l'UEMOA, il n'y a point vraiment de développement », a souligné Léonard Dossou, insistant sur leur rôle dans l'information et l'accompagnement du processus d'intégration. Revenant sur le Forum international de la presse économique de l'Afrique de l'Ouest (FIPE-UEMOA), tenu à Dakar en juin 2026, il a témoigné de l'appui apporté par la commission à cette initiative et exprimé sa reconnaissance au président Abdoulaye Diop pour les efforts consentis en faveur des médias
En ouvrant officiellement cette 6e édition, Aminata Mbodj a adressé les félicitations de la Commission de l'UEMOA au coordonnateur de la Plateforme des médias de l'UEMOA, Léonard Dossou, ainsi qu'à l'ensemble de ses membres. Elle a également salué la contribution de la presse à la visibilité des actions de l' UEMOA et remercié les responsables des différents organes de presse pour avoir permis à leurs journalistes de prendre part à cette session.
Pendant cinq jours, Ouagadougou devient ainsi un espace de dialogue entre ceux qui portent les politiques communautaires et ceux qui les racontent au public. Une rencontre où l'information se veut plus qu'un simple relais : un véritable outil au service de la compréhension, de l'appropriation et, in fine, de l'intégration régionale.
Hamed Nanéma
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À l'occasion d'une sortie touristique à Bobo-Dioulasso, Lefaso.net a remis, ce samedi 12 septembre 2026, des équipements et des consommables médicaux d'une valeur de près de deux millions de francs CFA au service des grands brûlés du Centre hospitalier universitaire Sourô Sanou de Bobo-Dioulasso. Une action qui vise à associer tourisme interne et engagement citoyen.
Selon nos confrères de l'agence d'information du Burkina, un nourrisson de sexe féminin, âgé d'environ un mois, a été découvert abandonné tôt dans la matinée du lundi 14 septembre 2026 dans le quartier Saonré à Ouagadougou. Le bébé a été retrouvé avec sa layette près d'un kiosque. Selon les informations recueillies sur place par le journaliste de l'AIB, le nourrisson a été aperçu aux environs de 6 heures par des habitants du quartier. Malgré l'attroupement suscité par cette découverte, l'enfant dormait paisiblement.
Présente sur les lieux, Annick Palm/Bakyono, sage-femme au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Tingindalgué, a indiqué que le bébé semblait être âgé d'environ un mois et ne présentait aucun signe inquiétant de santé. La découverte a provoqué une vive émotion parmi les riverains. Entre indignation et incompréhension, plusieurs personnes se sont interrogées sur les circonstances ayant conduit à l'abandon de l'enfant. Certains habitants ont même manifesté leur volonté de l'adopter.
C'est le cas de Mansour Zongo, entrepreneur en BTP et père de quatre enfants, qui estime qu'aucune situation ne peut justifier l'abandon d'un enfant. Se disant prêt à accueillir le nourrisson, il a également appelé à davantage de responsabilité de la part des parents afin d'éviter de tels drames. Face à cet élan de solidarité, la sage-femme a rappelé que toute démarche d'adoption doit se faire conformément aux procédures prévues par les services compétents du ministère en charge de la Famille.
Au moment où les constatations étaient en cours, les sapeurs-pompiers, le personnel de santé et les habitants attendaient encore l'arrivée des forces de l'ordre pour le constat d'usage, préalable à la prise en charge sanitaire du bébé et à l'ouverture des procédures administratives nécessaires. Une enquête devrait permettre de faire la lumière sur les circonstances de cet abandon.
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Source : Agence d'information du Burkina
Sayouba Nacanabo connu sur le pseudonyme de Oman Beau sur les réseaux sociaux a été interpellé par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) pour outrage public à la pudeur. Dans une vidéo publiée sur la page Facebook de l'institution, le mis en cause explique qu'il s'adonnait à des pratiques contraires aux bonnes moeurs, à travers l'adoption de comportements et d'accoutrements féminins. Il reconnaît que son attitude était déplacée et a pour cela présenter ses excuses aux autorités ainsi qu'à toute personne qui aurait été heurtée par ses sorties sur les réseaux sociaux.
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Source : Page Facebook BCLCC
Dans ce numéro, Dr Joëlle Traoré analyse les hausses spectaculaires du taux de pression fiscale observées au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad en 2023.
Cette analyse montre qu'une évolution favorable du taux de pression fiscale ne traduit pas nécessairement une amélioration de la performance fiscale. Pour interpréter cet indicateur, il est essentiel d'examiner les facteurs qui expliquent son évolution, la structure des recettes fiscales et le contexte économique dans lequel elles sont mobilisées.
La marche de l’opposition annoncée pour le 15 septembre sur l’ensemble du pays est interdite dans la province de la Tshopo. Le gouverneur Paulin Lendongolia justifie cette décision par des motifs sanitaires. Pour lui, une telle manifestation mettrait en danger les habitants de sa province, déjà affectée par la maladie à virus Ebola.