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Diplomacy & Defense Think Tank News

Guerre en Ukraine : entre relance diplomatique et enlisement du conflit

IRIS - Tue, 08/09/2026 - 18:09

Les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff ont successivement rencontré Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky les 5 et 6 septembre derniers. Alors que Washington avait annoncé un plan visant à « mettre fin à la guerre », que peut-on retenir de ces échanges ? Les États-Unis apparaissent-ils toujours comme un médiateur crédible aux yeux des deux parties ?

On se souvient que Donald Trump avait dit qu’il reprendrait la négociation en Ukraine après la guerre dans le golfe qu’il avait déclenchée et qu’il pensait terminer très vite. Bien que rien ne soit réglé avec l’Iran, on assiste à une relance de la négociation avec : la venue du chef de la CIA, John Ratcliffe, fin août ; les contacts entre les ministres des finances en marge du G20 à Asheville (États-Unis) le 2 septembre, et la visite des envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kouchner reçus par Vladimir Poutine le 5 septembre, avant de partir pour la première fois pour Kiev où ils ont été reçus le lendemain par le président Zelensky. Les deux belligérants se sont dits satisfaits des entretiens, qualifiés aussi de « francs » du côté russe. Les envoyés de Donald Trump étaient supposés apporter des idées nouvelles mais rien n’a filtré. Le cœur du problème reste le sort des quatre provinces annexées par les Russes, mais occupées en partie seulement, et auxquelles Poutine ne veut, ni sans doute politiquement ne peut renoncer. Le président russe a annoncé que les verrous de Kramatorsk et de Sloviansk dans le Donetsk seraient pris avant la fin de l’année, ce qui laisse supposer qu’il ne mise pas sur un accord rapide. La Russie, les États-Unis et l’Ukraine ont dit qu’il ne fallait pas s’attendre à une paix avant l’hiver. Mais Washington reste actuellement le seul médiateur capable de parler et de faire des propositions aux deux parties. Les Européens, qui ont été associés aux travaux du 6 septembre à Kiev par Volodymyr Zelensky, se sont positionnés comme les soutiens inconditionnels des Ukrainiens. Sauf proposition nouvelle et acceptable par les deux parties, ce qui est peu probable actuellement, c’est donc le sort des armes (résistance victorieuse des Ukrainiens ou chute de l’ensemble du Donbass, voire des oblasts de Zaporijjia et de Kherson actuellement à la suite de la négociation). Mais le dialogue a repris avec la perspective d’une prochaine réunion à trois (Ukraine, Russie, États-Unis) ou même entre Ukrainiens, Américains et Européens.

Quel bilan peut-on dresser de la guerre en Ukraine, sur les plans diplomatique, économique et militaire ?

En dehors des pertes humaines colossales des deux côtés, la tentative d’invasion de l’Ukraine par la Russie a été une catastrophe : pour l’Ukraine dévastée ; pour la Russie accablée de sanctions et dont l’économie civile patine depuis plus d’un an ; et pour l’Europe qui paye son énergie plus chère que ses principaux concurrents, perd des parts de marché dans le monde, se voit évincée durablement sur le marché russe et souffre de taux de croissance anémiques. Après la paix, il faudra des années pour reconstruire l’Ukraine, pour reconvertir l’économie de guerre russe et pour relancer l’économie européenne face au raz de marée chinois et aux diktats américains. L’Union européenne ne s’est pas donné les moyens de jouer un autre rôle diplomatique que le soutien à l’Ukraine comme en témoigne son incapacité à nommer un négociateur. Elle est marginalisée dans le processus de règlement même si le prochain tour, c’est-à-dire la définition d’une architecture de paix en Europe, verra nécessairement son rôle revenir au centre. Mais on en est loin. Actuellement seuls les États-Unis parlent à tout le monde et peuvent négocier la paix.  Il faut noter la multiplicité des plans de paix proposés ces dernières années par la Chine, le Brésil, l’Afrique, le Vatican qui se penchent tous avec sollicitude sur la crise d’un continent malade. Ce conflit enfin a modifié la façon de faire la guerre en introduisant l’utilisation à vaste échelle des drones et des missiles non nucléaires permettant de neutraliser de vastes étendues terrestres (zones grises) ou maritimes (mer Noire), interdisant les concentrations de forces offensives et mettant le plus faible en mesure de frapper en profondeur les infrastructures de l’adversaire. La guerre a suscité aussi un vaste mouvement de réarmement des pays européens, dernier soutien de la croissance, mais qui a joué aussi et surtout en faveur des exportations d’armes américaines.

À quelques jours des élections parlementaires russes, et alors que l’armée russe peine à enregistrer des avancées significatives sur le front, quelle place la guerre en Ukraine occupe-t-elle dans les débats de politique intérieure ?

La guerre occupe une place minime dans la campagne des législatives russes, ne serait-ce que parce que le seul parti opposé à la guerre, Iabloko n’a pas été autorisé à présenter des candidats. De plus, l’intensification des bombardements ukrainiens en Russie, les destructions des raffineries et des infrastructures de distribution et les queues devant les stations d’essence, ont suscité comme il est habituel (exemples de Londres en 1940 ou de l’Iran en 2026), un resserrement de la solidarité autour du pouvoir. Selon Centre Levada :

  • le taux d’approbation de Vladimir Poutine est passé de 74 % en juillet à 76% en août ;
  • la part des Russes favorables aux négociations a atteint son niveau le plus bas en 18 mois (58 %) ;
  • le pourcentage des Russes estimant que la Russie est sur la bonne voie est passé de 52 % en juin à 56 % en août.

Mais la population est lasse de la guerre, les entreprises sont exténuées, l’économie patine et les économistes s’inquiètent : les mises en garde de l’économiste en chef de la deuxième banque russe (VEB) Klepach ont suscité son renvoi et l’ancien représentant des PME et des ETI , Boris Titov, a dit que l’économie russe risquait de « devenir folle ». À terme ce mouvement et les difficultés de l’industrie hors la défense, pourraient être une incitation à négocier vraiment voire à compromettre…. Du côté ukrainien, le cercle des scandales de corruption mis au jour par le Bureau anticorruption  NABU ( « Midas » pour l’énergie, « Forrest Gump » pour les énormes cautions versées par la présidence afin de libérer les inculpés pour corruption, « Carthage » pour le blanchiment d’argent via de pseudo-centres d’appels) se resserre autour du président Zelensky qui a dû se séparer de la cheffe adjointe de l’administration présidentielle, alors même que le renvoi de son ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, populaire et dynamique, a suscité un cycle durable de manifestations. Un nouvel opposant politique (après l’ancien chef d’état-major Valeri Zaloujny) qui demande des élections et va demander un adoubement à Washington. Le Fonds monétaire international (FMI) a retardé le versement de sa prochaine tranche de plus de 5 milliards de dollars faute de mise en œuvre de 44 conditions en matière d’assainissement de la gestion des finances, bloquant du même coup une partie de l’aide européenne, alors même que le financement du budget 2027 n’est pas financé pour plus de la moitié. Mais malgré toutes ces difficultés, des deux côtés la volonté de se battre pour les buts de guerre initiaux (notamment le retour de tous les territoires occupés pour Kiev, et la reconnaissance de l’annexion des 5 oblasts pour Poutine) reste intacte et n’est pas ouvertement contestée par l’opinion.

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Ukraine : Poutine privilégie l’option militaire 

IRIS - Tue, 08/09/2026 - 15:23

Les envoyés spéciaux du président des États-Unis Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff ont annoncé que des progrès significatifs avaient été réalisés au cours de leur déplacement en Europe, qui les a d’abord menés à Moscou, puis à Kiev. S’ils sont déjà venus plus de huit fois dans la capitale russe, c’était la première fois qu’ils se rendaient en Ukraine.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a profité de leur visite pour leur montrer les dégâts des frappes russes sur son pays et plaider pour recevoir de nouveaux missiles de défense Patriot, afin de limiter les morts civils et les pertes sur les infrastructures.

Le problème est que les États-Unis ont utilisé une grande partie de leurs propres réserves de munitions dans le cadre de la guerre contre l’Iran. Ils ont certes promis d’octroyer à l’Ukraine une licence qui permettrait au pays de construire lui-même les missiles intercepteurs, mais cela ne pourra pas produire d’effets concrets avant plusieurs années.

L’Ukraine se retrouve donc dans une position de grande fragilité face à la multiplication des attaques russes qui endommage fortement son potentiel industriel et son système énergétique. Cette situation laisse les Ukrainiens démunis face au froid de l’hiver qui rend le quotidien presque invivable.

La situation est également grave sur le plan démographique : il n’y a déjà plus que 23 millions de personnes qui résident en Ukraine aujourd’hui contre 50 millions lors de l’indépendance du pays en 1991.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine, malgré sa courtoisie envers les États-Unis, n’a absolument rien cédé. Il estime que le rapport de force est tel que s’il n’obtient pas ce qu’il souhaite par la négociation, il fera usage de la force militaire, quel qu’en soit le prix.

Il maintient ainsi ses exigences, en particulier que l’armée ukrainienne se retire de la partie du Donbass où elle est encore présente (soit un quart de ce territoire).  Cela est jugé tout à fait inadmissible par l’Ukraine, tant au regard du droit international, que des lourds sacrifices consentis. Vladimir Poutine, continue d’insister sur sa volonté de s’attaquer aux « causes profondes du conflit » c’est-à-dire aux demandes qu’il avait formulées dès le début. Cela concerne notamment la non-accession de l’Ukraine à l’OTAN. En réalité, les membres de l’OTAN eux-mêmes refusent l’adhésion de l’Ukraine, mais Volodymyr Zelensky continue de formuler de façon très maladroite cette demande.

Vladimir Poutine demande également une relative démilitarisation de l’Ukraine afin qu’elle ne soit plus en mesure de frapper la Russie en profondeur, ce qu’elle a fait récemment en réponse aux frappes russes.

Ainsi, le président russe maintient ces exigences malgré un coût humain et financier important : 1 million de morts et de blessés et une économie largement tournée vers la guerre au détriment des autres secteurs.

Cet entêtement tient tout d’abord au fait parce qu’il prend le pari que l’Ukraine va céder, et que les Européens qui sont encore les seuls à financer son effort de guerre en seront bientôt fatigués. La victoire inédite du parti d’extrême droite AfD dans le Land allemand de Saxe-Anhalt est une bonne nouvelle pour lui puisque ce parti réclame la fin de l’aide à l’Ukraine. Il compte certainement sur la victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027 pour tirer les mêmes bénéfices à l’échelle nationale en France. 

Au fond, son entêtement est dû à son échec. Il avait promis une victoire facile dans une « opération militaire spéciale » qui s’est transformée en guerre de longue durée au coût humain 40 fois supérieur à celui de la guerre en Afghanistan. La population russe est lassée de la guerre, mais propagande et répression empêchent un mouvement réel de contestation.

Pour le président des États-Unis Donald Trump, le fait que la guerre ne prenne toujours pas fin, alors même qu’il s’était engagé durant la campagne présidentielle de 2024 à y mettre un terme « en 24h », est un échec. Cela est cependant largement compensé à ses yeux par le fait de voir la Russie engluée et affaiblie en Ukraine, tandis que l’Europe accepte de prendre une part plus importante dans le soutien à Kiev sur le plan militaire, stratégique et énergétique.

Vladimir Poutine pourrait finir par obtenir satisfaction et contrôler l’ensemble du Donbass. Quand bien même il ne peut conquérir l’Ukraine, il se contentera de la détruire. Quoi qu’il en soit, il ne s’agirait que d’une victoire à la Pyrrhus, car poursuivre la guerre affaiblirait encore davantage la Russie, qui est devenue dépendante de la Chine et qui a perdu des positions tant au Proche-Orient qu’en Afrique.

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Comprendre la sécurité énergétique

IRIS - Tue, 08/09/2026 - 14:52

Alors que la guerre en Ukraine a favorisé une large restructuration des flux énergétiques, notamment au profit des États-Unis, l’année 2026 apparaît comme une rupture majeure dans l’histoire énergétique mondiale avec le déclenchement de la guerre en Iran par les États-Unis et Israël.

Aussi, l’incertitude actuelle rappelle le rôle majeur de l’énergie dans l’économie mondiale et la nécessité de conceptualiser des politiques de sécurité énergétique résilientes dans un environnement géopolitique marqué par la polycrise. C’est dans ce contexte que l’IRIS publie dans le cadre de l’Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques son nouveau rapport ayant pour titre « Comprendre la sécurité énergétique : concepts, réalités physiques, transition énergétique et polycrise » : celui-ci propose une analyse des évolutions du concept de sécurité énergétique et étudie les réalités infrastructurelles et superstructurelles qui sous-tendent la sécurité énergétique dans un contexte de transition bas-carbone et d’instabilité croissante dans un monde en polycrise. Ses auteurs, Noor Bitat, Sami Ramdani et Alexandre Roussel, nous en présentent les grandes lignes.

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Guerre en Ukraine : mission impossible pour Kushner et Witkoff ? | Les mardis de l’IRIS

IRIS - Tue, 08/09/2026 - 12:30

Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS‬ pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’IRIS et ancien ambassadeur de France en Russie, autour de la visite de Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou puis à Kiev. Malgré des pourparlers jugés « efficaces » par les deux émissaires américains, aucune avancée concrète n’a permis d’aboutir à un accord.

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Der verlorene Mann

Bei der Wahl in Sachsen-Anhalt unterstützen die AfD vor allem viele Männer. Marcel Fratzscher meint, man muss verstehen, warum viele junge Männer die AfD wählen. Erst dann kann man sie zurückgewinnen., Die Sorge über den Rechtsruck unter jungen Männern ist berechtigt: Bei vergangenen Wahlen haben viele von ihnen die AfD gewählt, während junge Frauen deutlich häufiger progressive oder liberale Parteien unterstützen. Viele erklären das mit toxischer Männlichkeit, Anti­feminismus und mangelnder ...

Baromètre de la fonction Chief of Staff

Institut Choiseul - Tue, 08/09/2026 - 11:30
Interface stratégique au service du dirigeant, le Chief of Staff coordonne les priorités, fluidifie les décisions et pilote la mise en œuvre de la stratégie au sein des organisations complexes. Roland Berger dévoile son nouveau Baromètre Chief of Staff, réalisé avec l’Institut Choiseul et LinkedIn, dont l’édition croise pour la première fois les données de […]

International cooperation and contestation in the Trump Era: how can countries exercise agency in a fragmenting order?

Countries now act in an international cooperation architecture whose rules are disputed from several directions at once. One of those directions is the hegemon itself, the US. The paper argues that the Trump administration’s disruption matters because it moves the largest actor from affirming to contesting across several arenas at once. That reshuffles the calculus for every country. This paper asks how countries can exercise agency when the international order itself is fragmenting. The paper surveys the bewildering array of concepts on state agency and proposes a schema built on two continua. The first is the medium or type of agency, meaning material/institutional versus ideational/discursive. The second is orientation to the prevailing order in a specific arena (not in general) as affirming versus contesting. Countries are not fixed in one position. Whether the same state contests the rules depends on its interests in a particular arena. Each potential position is available only to a country that can pay the arena’s entry fee. The entry fee is the resources, broadly defined, a position demands before a country can take it up. The paper sets out the strategic positions available in a fragmenting system. It names a further position, norm imperialism, where material instruments are turned against an ideational object. The implications for different types of country are discussed.

International cooperation and contestation in the Trump Era: how can countries exercise agency in a fragmenting order?

Countries now act in an international cooperation architecture whose rules are disputed from several directions at once. One of those directions is the hegemon itself, the US. The paper argues that the Trump administration’s disruption matters because it moves the largest actor from affirming to contesting across several arenas at once. That reshuffles the calculus for every country. This paper asks how countries can exercise agency when the international order itself is fragmenting. The paper surveys the bewildering array of concepts on state agency and proposes a schema built on two continua. The first is the medium or type of agency, meaning material/institutional versus ideational/discursive. The second is orientation to the prevailing order in a specific arena (not in general) as affirming versus contesting. Countries are not fixed in one position. Whether the same state contests the rules depends on its interests in a particular arena. Each potential position is available only to a country that can pay the arena’s entry fee. The entry fee is the resources, broadly defined, a position demands before a country can take it up. The paper sets out the strategic positions available in a fragmenting system. It names a further position, norm imperialism, where material instruments are turned against an ideational object. The implications for different types of country are discussed.

International cooperation and contestation in the Trump Era: how can countries exercise agency in a fragmenting order?

Countries now act in an international cooperation architecture whose rules are disputed from several directions at once. One of those directions is the hegemon itself, the US. The paper argues that the Trump administration’s disruption matters because it moves the largest actor from affirming to contesting across several arenas at once. That reshuffles the calculus for every country. This paper asks how countries can exercise agency when the international order itself is fragmenting. The paper surveys the bewildering array of concepts on state agency and proposes a schema built on two continua. The first is the medium or type of agency, meaning material/institutional versus ideational/discursive. The second is orientation to the prevailing order in a specific arena (not in general) as affirming versus contesting. Countries are not fixed in one position. Whether the same state contests the rules depends on its interests in a particular arena. Each potential position is available only to a country that can pay the arena’s entry fee. The entry fee is the resources, broadly defined, a position demands before a country can take it up. The paper sets out the strategic positions available in a fragmenting system. It names a further position, norm imperialism, where material instruments are turned against an ideational object. The implications for different types of country are discussed.

Comprendre la sécurité énergétique : concepts, réalités physiques, transition énergétique et polycrise

IRIS - Mon, 07/09/2026 - 17:29
À télécharger

Alors que la guerre en Ukraine a favorisé une large restructuration des flux énergétiques, notamment au profit des États-Unis, l’année 2026 apparait comme une rupture majeure dans l’histoire énergétique mondiale avec le déclenchement de la guerre en Iran par les États-Unis et Israël. Aussi, l’incertitude actuelle rappelle le rôle majeur de l’énergie dans l’économie mondiale et la nécessité de conceptualiser des politiques de sécurité énergétique résilientes dans un environnement géopolitique marqué par la polycrise.

C’est dans ce contexte que l’IRIS publie dans le cadre de l’Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques son nouveau rapport ayant pour titre « Comprendre la sécurité énergétique : concepts, réalités physiques, transition énergétique et polycrise ». Il est accompagné de quatre cartes inédites réalisées par Cassini.

Ce rapport se propose (1) d’analyser les évolutions du concept de sécurité énergétique, dont les fondements et les définitions ont évolué depuis les années 1970, en nous interrogeant notamment sur la question d’une gouvernance mondiale des marchés de l’énergie et de ses acteurs ; d’analyser ensuite (2) les réalités infrastructurelles et superstructurelles qui sous-tendent la sécurité énergétique (les infrastructures, les marchés qu’elles supportent et les normes qui les encadrent) ; (3) d’analyser les conséquences de la double dynamique qui redéfinit aujourd’hui les systèmes énergétiques : la transition bas-carbone et l’instabilité croissante d’un monde en polycrise, et ses conséquences sur la sécurité énergétique.

L’Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques est coordonné par l’IRIS, en consortium avec Cassini, dans le cadre d’un contrat avec la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées.

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Whatever happened to the ‘Good Old Days’ of development cooperation? Trump 2.0, crisis politics and the post-2030 development agenda

This chapter seeks to explain why development cooperation norms that looked stable in the mid-2010s became contested after 2016. We link this to crisis politics and the post-2030 agenda. Here, the ‘good old days’ means the mid-2010s cooperation moment. In 2015, four agreements were adopted within months: the 2030 Agenda (SDGs), the Paris Agreement, the Sendai Framework for Disaster Risk Reduction, and the Addis Ababa Action Agenda on financing for development. Their adoption set shared expectations about collective action. These agreements did not create a single regime, but they shared a narrative of common problems, shared responsibility, and multilateral problem-solving, backed by monitoring, review, and had a basis in evidence. Only a decade later, that consensus has evaporated. Development cooperation faces intersecting pressures operating through budget contractions, institutional precarity, and public narratives fuelled by the populist right in many DAC donor countries. In this new context, many DAC donors are shifting attention towards direct national interests, including security, migration policing, and geo-politics/geo-economic priorities, amid fiscal squeeze, intensified by the Trump 2.0 administration’s anti-multilateralism. Our chapter argues that the mid-2010s moment was highly contingent on an alignment of interests, institutions, and policy narratives, rather than a settled consensus, and that shifting political ‘mood’ has unravelled that spirit dramatically. We use a policy norm dynamics framework that traces norm contestation through actors and networks, institutions, and context and policy narratives, and introduces ‘epochal moods’ as the over-arching political climate that shape the nature and form of development cooperation. We outline the competing normative regimes of development cooperation and what they imply for positioning on a post-SDG/post-2030 collective framework.

Whatever happened to the ‘Good Old Days’ of development cooperation? Trump 2.0, crisis politics and the post-2030 development agenda

This chapter seeks to explain why development cooperation norms that looked stable in the mid-2010s became contested after 2016. We link this to crisis politics and the post-2030 agenda. Here, the ‘good old days’ means the mid-2010s cooperation moment. In 2015, four agreements were adopted within months: the 2030 Agenda (SDGs), the Paris Agreement, the Sendai Framework for Disaster Risk Reduction, and the Addis Ababa Action Agenda on financing for development. Their adoption set shared expectations about collective action. These agreements did not create a single regime, but they shared a narrative of common problems, shared responsibility, and multilateral problem-solving, backed by monitoring, review, and had a basis in evidence. Only a decade later, that consensus has evaporated. Development cooperation faces intersecting pressures operating through budget contractions, institutional precarity, and public narratives fuelled by the populist right in many DAC donor countries. In this new context, many DAC donors are shifting attention towards direct national interests, including security, migration policing, and geo-politics/geo-economic priorities, amid fiscal squeeze, intensified by the Trump 2.0 administration’s anti-multilateralism. Our chapter argues that the mid-2010s moment was highly contingent on an alignment of interests, institutions, and policy narratives, rather than a settled consensus, and that shifting political ‘mood’ has unravelled that spirit dramatically. We use a policy norm dynamics framework that traces norm contestation through actors and networks, institutions, and context and policy narratives, and introduces ‘epochal moods’ as the over-arching political climate that shape the nature and form of development cooperation. We outline the competing normative regimes of development cooperation and what they imply for positioning on a post-SDG/post-2030 collective framework.

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This chapter seeks to explain why development cooperation norms that looked stable in the mid-2010s became contested after 2016. We link this to crisis politics and the post-2030 agenda. Here, the ‘good old days’ means the mid-2010s cooperation moment. In 2015, four agreements were adopted within months: the 2030 Agenda (SDGs), the Paris Agreement, the Sendai Framework for Disaster Risk Reduction, and the Addis Ababa Action Agenda on financing for development. Their adoption set shared expectations about collective action. These agreements did not create a single regime, but they shared a narrative of common problems, shared responsibility, and multilateral problem-solving, backed by monitoring, review, and had a basis in evidence. Only a decade later, that consensus has evaporated. Development cooperation faces intersecting pressures operating through budget contractions, institutional precarity, and public narratives fuelled by the populist right in many DAC donor countries. In this new context, many DAC donors are shifting attention towards direct national interests, including security, migration policing, and geo-politics/geo-economic priorities, amid fiscal squeeze, intensified by the Trump 2.0 administration’s anti-multilateralism. Our chapter argues that the mid-2010s moment was highly contingent on an alignment of interests, institutions, and policy narratives, rather than a settled consensus, and that shifting political ‘mood’ has unravelled that spirit dramatically. We use a policy norm dynamics framework that traces norm contestation through actors and networks, institutions, and context and policy narratives, and introduces ‘epochal moods’ as the over-arching political climate that shape the nature and form of development cooperation. We outline the competing normative regimes of development cooperation and what they imply for positioning on a post-SDG/post-2030 collective framework.

Youth cohort size, social media and political participation in Africa

Data and code that form the basis of the analyses and findings presented in the accompanying publication “African youth and the future of democracy: How social media and cohort size shape political participation” by Godfred Bonnah-Nkansah and Christine Hackenesch, published in Government & Opposition. The dataset comprises individual-level youth data (for persons 15-29 years old), in thirty-nine (39) African countries sampled in the Afrobarometer survey Rounds 6-9, complemented by country-level data on GDP per Capita from the World Bank; youth bulge ratio from the United Nations (UN) Population Bureau; and the V-Dem liberal democracy index.

Youth cohort size, social media and political participation in Africa

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Wahlfieber und Schuldenlast: Frankreich als Stresstest für den Euro

SWP - Mon, 07/09/2026 - 09:59

Rund ein halbes Jahr vor der Präsidentschaftswahl droht Frankreich zum Stresstest für die Eurozone zu werden: Politische Krise, angespannte Haushaltslage und wachsende Zweifel der Märkte an der Fähigkeit des Landes, seine wachsende Schuldenlast zu finanzieren, treffen zusammen.  Frankreich hat ein tiefes Ungleichgewicht der öffentlichen Finanzen. Das Haushaltsdefizit übersteigt 5 Prozent des BIP, die Staatsquote liegt bei etwa 57 Prozent. Gleichzeitig steigt die Staatsverschuldung stetig an und könnte, ohne ausreichende Konsolidierungsmaßnahmen, bis 2030 sogar 130 Prozent des BIP überschreiten. Die Zinslast der öffentlichen Verschuldung steigt rasant  und könnte bis 2030 auf über 120 Milliarden Euro oder 3,5 Prozent des BIP steigen. Das größte Problem könnte sich jedoch nicht in der reinen Haushaltsarithmetik zeigen, sondern in der politischen Fähigkeit, diese zu ändern. Einerseits sind die Kosten des Sozialsystems nicht mehr tragfähig, andererseits fordert die Mehrheit der Bevölkerung weiterhin ein Eingreifen des Staates. Verschärft wird die Situation durch das Fehlen einer Mehrheit im Parlament und die geringen Aussichten, eine solche in naher Zukunft zu erreichen. Auch das globale Umfeld belastet: Die Spannungen um den Iran treiben die Treibstoffpreise und schüren Inflationserwartungen, während Haushaltsprobleme in den USA den Anleiherenditen zusätzlichen Auftrieb geben.

Wahlkampf ohne Konsolidierungswillen

Etwas mehr als sechs Monate vor der ersten Runde der Präsidentschaftswahlen wird die französische Wirtschaftsdebatte von Versprechen über weitere Ausgaben beherrscht, etwa Ankündigungen zur Senkung des Renteneintrittsalters, von Ablenkungsthemen wie Verfassungsreferenden sowie von einer nationalistisch-protektionistischen Rhetorik mit stark EU-skeptischem Unterton. Forderungen nach einem Teilerlass der französischen Schulden im Besitz der Banque de France, die Teil des Eurosystems ist, wie sie Jean-Luc Mélenchon erhebt, verstärken das Misstrauen der Märkte gegenüber Frankreich. Auch Marine Le Pens Ankündigungen, das niedrige Rentenalter beizubehalten oder Konflikte mit der EU – Schengen, Migrationspolitik, EU-Haushalt – zu eskalieren, könnten den Druck auf Staatsanleihen erhöhen und über Kapitalabflüsse die Konjunktur zusätzlich schwächen. Der hohe und steigende Anteil ausländischer Investoren an der französischen Schuldenstruktur, der bei 56 Prozent liegt, macht das Land noch anfälliger für Stimmungsumschwünge an den Märkten.

Hier stellt sich die entscheidende Frage: Was passiert, wenn der Markt weiterhin Druck auf Frankreich ausübt, es keine Mehrheit für die Haushaltskonsolidierung gibt? Die Eurozone verfügt über keinerlei rechtliche oder politische Mechanismen für den Fall, dass das politische System eines Schlüsselmitglieds handlungsunfähig wird. Der einzige glaubwürdige Schutzschirm bleibt die Europäische Zentralbank mit ihren Anleihekäufen (TPI-Programm). Das Problem ist jedoch, dass die EZB das französische Defizit nicht einfach finanzieren oder französische Anleihen nach Belieben aufkaufen kann, nur weil deren Renditen steigen. Sollte eine umfassendere Intervention nötig werden, ohne dass Paris einen glaubwürdigen Konsolidierungspfad zusichert, stünde der EZB-Rat vor einer rechtlich und politisch schwierigen Entscheidung. Die EZB befände sich dann im Zielkonflikt zwischen der Pflicht, die Stabilität der Eurozone zu schützen, und der Pflicht, zu verhindern, dass die gemeinsame Geldpolitik die Finanzpolitik der französischen Regierung ersetzt.

Der eigentliche Test für die Eurozone

Die vorherige Krise der Eurozone wurde an ihren Peripherien von kleinen Volkswirtschaften ausgelöst und brachte dennoch das gesamte Gefüge der Währungsunion beinahe zum Einsturz. Ein möglicher zunehmender Vertrauensverlust der Märkte gegenüber Frankreich wäre für die Eurozone ein ungleich schwererer Test. Anleihekäufe entschärften das akute Liquiditäts- und Refinanzierungsrisiko, verschieben das Problem jedoch in eine chronische, strukturelle Fiskalkrise, deren weitere Eskalation die Möglichkeiten der Geldpolitik irgendwann überfordern könnte. Der wahre Test für die Eurozone wird sein, ob sie die Stabilität des Anleihemarktes in der zweitgrößten Volkswirtschaft Europas aufrechterhalten kann, ohne sie zugleich von der Verantwortung für ihre eigene Finanzpolitik zu entbinden. Fällt dieser Test negativ aus, könnte das Eurosystem kurzfristig mit seinen Instrumenten akute Marktverwerfungen der Anleihemärkte begrenzen. Das könnte jedoch nicht dauerhaft die Folgen einer strukturell unhaltbaren Finanzpolitik auffangen. Je länger die fiskalischen Probleme ungelöst bleiben, desto stärker belasten sie die politischen Spannungen über die Grenzen europäischer Solidarität und die Zukunft der Währungsunion – und damit auch das Vertrauen in die europäischen Institutionen und den Zusammenhalt der Europäischen Union.

Die Politik der AfD schadet ihren Wählern

Die AfD beißt sich in das eigene Parteiprogramm: Sie verspricht etwas, das sie nie wird einhalten können. Ihre Politik würde Probleme sogar verschärfen., Bei den Landtagswahlen am 6. September in Sachsen-Anhalt droht ein politischer Einschnitt. Die AfD könnte erstmals eine Regierung bilden und den Ministerpräsidenten stellen. Für welche politischen Positionen steht die AfD in Sachsen-Anhalt? Mit welchen Parteien hat sie Überschneidungen? Und wo ...

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