Face à la multiplication des régimes express et des solutions miracles pour perdre du poids, les spécialistes tirent la sonnette d'alarme. Réduction brutale des calories, suppression excessive de certains aliments, effets trompeurs sur la balance, les régimes dits drastiques séduisent par leur rapidité mais exposent à de nombreux risques pour la santé. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, le nutritionniste et technologue alimentaire Issa Nacanabo, spécialisé dans le suivi des sportifs, décrypte les mécanismes de ces pratiques, leurs conséquences sur l'organisme et propose des alternatives plus saines pour une perte de poids durable
Lefaso.net : Dites-nous concrètement, qu'appelle-t-on régime drastique ?
Issa Nacanabo : Ce qu'il faut comprendre par régime drastique, ou encore appelé régime draconien, c'est le fait tout simplement de réduire de façon brutale et excessive l'apport en calories dans l'organisme. Donc, de façon plus concrète, c'est le fait de supprimer certains groupes d'aliments que nous avions l'habitude d'apporter à notre organisme de manière très brutale et de manière excessive.
Et qu'est-ce qui se passe dans l'organisme lorsque l'on réduit brutalement les calories ?
Il faut d'abord comprendre le mécanisme de l'organisme. L'organisme se comporte comme un système de survie. En réalité, l'organisme va puiser dans les réserves de glucides, dans le sucre, pour pouvoir fonctionner, pour son métabolisme de base. Et une fois que ses réserves de sucre sont épuisées, l'organisme va aller chercher dans le gras et plus tard, lorsque la réserve de gras est insuffisante, l'organisme va aller tout simplement vers les réserves de protéines. Dans le cas des régimes drastiques, généralement l'organisme manque de glucides. Le corps va tout simplement se diriger vers les protéines, parce que lorsque vous êtes dans un cadre de régime drastique, le métabolisme de base va ralentir. Le corps va commencer à économiser. C'est un peu comme lorsque vous activez le mode d'économie d'énergie sur votre téléphone. Le corps va se mettre en alerte et va commencer à économiser plutôt du gras. Et ce qui se passe dans l'organisme de manière plus concrète, c'est que ces derniers qui suivent des régimes draconiens vont tout simplement constater des baisses drastiques de poids. Et cette baisse drastique de poids va tout simplement s'expliquer par le fait de perdre beaucoup d'eau.
Ils vont penser que le régime drastique marche alors qu'ils sont tout simplement en train de perdre de l'eau ou même du muscle.
En stockant le gras, est-ce que cette perte de poids rapide n'est pas accompagnée d'une prise encore plus importante ?
Oui, effectivement, nous constatons cela dans la majeure partie des cas et cela s'appelle l'effet yo-yo. C'est un phénomène biologique tout à fait normal. Cela ne dépend pas de la volonté de la personne qui suit le régime. Lorsque nous suivons un régime drastique, le corps va tout simplement se mettre en mode économie d'énergie et en mode alerte. Donc pour faire face à des futures famines, à des situations futures de régime drastique, le corps va tout simplement stocker au maximum et va se dire que dans le futur il pourrait faire face à ce phénomène, donc il faut qu'il stocke au maximum les nutriments. Vous constaterez que ces personnes vont beaucoup plus prendre du poids qu'avant le régime.
En plus de cette prise encore plus importante de poids, quels sont les autres effets à long terme sur la santé ?
À long terme, vous pouvez faire face à la fatigue chronique, à des dérèglements hormonaux, à la boulimie, à des carences nutritionnelles, à la chute de cheveux dans certains cas, à des risques cardiovasculaires, à l'obsession pour la nourriture, à même une perte de confiance en soi. Et chez les femmes, vous pouvez constater des troubles au niveau des menstrues. Il y en a tellement que nous ne pourrons pas en citer, mais en grande partie, voici les effets à long terme que nous constatons le plus souvent chez les patients.
Vous avez fait cas des carences nutritionnelles, lesquelles sont les plus fréquentes ?
Tout dépendra du régime drastique que le patient est en train de suivre. Mais les carences nutritionnelles les plus constatées sont les carences en fer qui peuvent occasionner de l'anémie, la fatigue, les carences en vitamine B12, les carences en vitamine D, en calcium, en magnésium. Ce sont les carences les plus constatées chez nos patients.
Est-ce que ces régimes drastiques peuvent entraîner des troubles alimentaires ?
Oui, absolument. Ces restrictions peuvent provoquer des compulsions alimentaires, des crises incontrôlées, de l'obsession pour la nourriture. Il faut savoir que le cerveau n'aime pas la privation et c'est tout à fait un effet neurologique normal.
Au vu de tout ce que vous avez eu à citer comme conséquences, quelle est la bonne approche pour perdre durablement du poids ?
Pour perdre du poids durablement, il faut plutôt aller vers une stratégie alimentaire au lieu d'une punition, parce que dans le cas des régimes drastiques, on parle d'une punition. Il faut avoir une alimentation saine et équilibrée, apporter assez de protéines pour les muscles, assez de fibres pour la satiété et combiner cela à une activité physique rigoureuse. Donc ce qu'il faut savoir en réalité, c'est que toutes ces habitudes doivent faire partie de votre life style, de votre mode de vie. Il ne s'agit pas seulement d'adopter des habitudes alimentaires juste pour quelques mois dans l'objectif de perdre du poids et ensuite abandonner. Pour perdre du poids durablement, il faut plutôt privilégier des habitudes saines à long terme et aussi, combiné à tout cela, un bon sommeil pour la récupération. Le sommeil est très important.
Aussi, le sport à lui seul suffit-il pour perdre du poids et combien de kilos peut-on perdre raisonnablement par mois ?
Le sport seul ne va jamais suffire parce qu'il faut du carburant pour mieux fonctionner et ce carburant, c'est l'alimentation.
Par mois, nous pouvons perdre 2 à 4 kilos maximum. Cela veut dire que nous pouvons perdre environ 0,50 à 1 kilo par semaine. Au-delà de cela, c'est un peu dangereux.
Est-ce que le jeûne pendant le temps de carême ou du Ramadan ou même ceux intermittents peuvent être considérés comme des régimes drastiques ?
Oui et non. Oui, parce que les jeûnes intermittents, tout comme les jeûnes du mois de carême et du ramadan, sont aussi des réductions brutales, voire excessives, de l'apport en calories dans l'organisme. Non, parce que tout va dépendre de la manière de gérer ces jeûnes. Il faut savoir que lorsque vous êtes dans les jeûnes intermittents ou dans le mois de carême ou de ramadan, vous avez la possibilité de vous alimenter au cours de la journée et vous avez la possibilité d'avoir une alimentation équilibrée. Après la rupture, vous pouvez tout simplement chercher une alimentation saine et équilibrée. Et là, vous n'êtes pas dans un cadre de régime drastique parce que dans le cadre de régime drastique, vous êtes obligé de maintenir un régime alimentaire très restrictif, très strict sur une longue durée. Mais avec les intermittents ou les jeûnes du mois de carême, vous allez tout simplement restreindre votre alimentation sur une certaine durée. Mais après cette durée, vous avez la possibilité d'avoir une alimentation normale, simple, équilibrée. Donc là on ne peut pas parler du régime drastique.
Quel est le message que vous souhaitez adresser à ceux qui veulent rapidement perdre du poids ?
Perdre du poids rapidement peut sembler très séduisant, mais cela ne sert à rien de chercher à perdre du poids de façon drastique tout en mettant en jeu la santé. Donc il est préférable de perdre 10 à 15 kilos sur toute une année tout en les gardant que de perdre 15 kilos sur quelques semaines mais en les reprenant. La santé ne se construit pas dans la rapidité, dans l'urgence, mais une santé durable se construit dans la stabilité.
Entretien réalisé par Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
À l'occasion de la 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture 2026, prévue à Bobo-Dioulasso du 25 avril au 2 mai 2026, l'Office national de la sécurité routière (ONASER) a intensifié ses opérations de contrôle sur les principales artères de la ville. L'objectif affiché est de garantir la sécurité des milliers de festivaliers attendus pour cet événement culturel majeur du Burkina Faso.
Dans la matinée du samedi 25 avril 2026, une équipe de l'Office national de la sécurité routière (ONASER) a été aperçue au quartier Belleville, précisément à proximité du feu tricolore situé derrière le mur de l'aéroport. Sur place, les agents ont mené une opération de contrôle axée sur le port du casque chez les conducteurs de deux-roues. En l'espace de quelques minutes seulement, plus d'une cinquantaine d'usagers ont été interpellés pour non-respect de cette obligation.
L'ONASER menant l'opération de contrôle axée sur le port du casque chez les conducteurs de deux-roues dans les artères de Bobo-DioulassoLes contrevenants ont été invités à se mettre en règle avant de pouvoir récupérer leurs engins. Une mesure pédagogique qui vise ainsi à susciter une prise de conscience immédiate chez les usagers. « Il ne s'agit pas seulement de sanctionner, mais surtout d'amener chacun à adopter les bons comportements », a laissé entendre le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, chargé des opérations de l'antenne Ouest ONASER.
Parmi les usagers interpellés, certains reconnaissent leur tort tout en saluant l'initiative. Armel Traoré, transporteur de profession, témoigne : « Ce matin, je partais dans mon lieu de service et on m'a interpellé, prétendant que je n'avais pas de casque. Donc, on a garé mon engin et j'étais contraint d'aller chercher mon casque et de revenir chercher mon engin. Je trouve que c'est très merveilleux parce que, vraiment, on va dire que c'est méchant, mais je trouve que c'est encore meilleur parce que ça nous protège contre les accidents, ça nous protège contre le vent qui souffle à l'heure. Vraiment, c'est à cause de l'ignorance que nous n'avons pas pris le casque, sinon, on sait que c'est interdit ».
Pour le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, cette stratégie progressive vise à encourager l'adoption durable de ce réflexe de sécuritéDans la même dynamique, Ramata Guembré, également interpellée, reconnaît une négligence de sa part. « Je l'avais porté, mais je l'ai enlevé sur la route pour faire quelque chose. Donc, du coup, je ne l'ai plus porté. Arrivée ici, on dit contrôle de casques. Donc, on m'a arrêtée. L'erreur vient de moi. Parce que si je l'avais portée jusqu'ici, on n'allait pas m'arrêter ». Elle en profite pour lancer un appel aux autres usagers de porter les casques. « Ne faites pas comme nous », a-t-elle lancé.
Parallèlement à cette intervention, une autre équipe de l'ONASER était déployée au niveau du rond-point Thomas Sankara, où le même exercice de contrôle et de sensibilisation était mené. Interrogé sur le terrain, le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, chargé des opérations de l'antenne Ouest de l'ONASER, a expliqué les motivations de cette campagne renforcée. Selon lui, la Semaine nationale de la culture constitue une période de forte affluence, marquée par une mobilité accrue des populations.
Plusieurs motos ont été saisies à leurs propriétaires pour non-port du casque« La SNC est un moment de grand rassemblement. Il y a beaucoup de déplacements et donc un risque accru d'accidents. C'est pourquoi nous sommes sortis pour rappeler aux usagers l'importance d'adopter de bons comportements en circulation afin que chacun puisse profiter de la fête en toute sécurité », a-t-il déclaré. Au-delà de la sensibilisation, les équipes veillent également à faire cesser les infractions constatées. Le non-port du casque, considéré comme une infraction au regard de la réglementation en vigueur, reste la principale faute relevée lors de ces opérations. « Sur deux carrefours seulement, en moins d'une heure, nous avons interpellé plus d'une centaine de personnes », précise le lieutenant.
Une autre équipe de l'ONASER déployée au niveau du rond-point Thomas Sankara, où le même exercice de contrôle et de sensibilisation était menéPar ailleurs, en circulation, certains usagers disposent bien d'un casque, mais ne le portent pas correctement. Une pratique que dénonce fermement l'ONASER. « Il ne suffit pas de posséder un casque, il faut le porter correctement. Le casque accroché au guidon, porté à l'envers ou suspendu à l'arrière de la moto ne protège pas », insiste-t-il. L'officier rappelle que le casque est avant tout un équipement de protection essentiel en cas d'accident. « L'accident ne prévient pas. Même pour un court trajet, on peut être exposé à un danger imprévu. Le casque peut sauver des vies », souligne-t-il.
Les contrevenants sont invités à aller chercher leur casque et à revenir le porter sur place avant de repartirÀ côté des contrevenants, certains usagers se distinguent par leur respect des règles. Modou Sanguisso, inspecteur de l'enseignement primaire, qui est vu comme un exemple, salue l'initiative. « Je trouve que les autorités veulent notre bien-être. Quand tu portes le casque et qu'il y a un accident, les conséquences sont amoindries. Donc l'idée est la bienvenue et j'y souscris entièrement. Tout le monde doit être un bon citoyen et porter le casque pour son propre bien-être », a-t-il laissé entendre.
Yago Ami-Florenda invitant les usagers de la route au port du casque en circulationMême son de cloche chez Ami-Florenda Yago, apprenante. « J'ai accepté de porter le casque pour ma propre sécurité. Si j'ai un accident, cela peut protéger ma tête. La tête est très importante. Lorsqu'elle est touchée, les conséquences sont graves. Donc, acceptons de porter le casque, ce n'est pas pour les policiers, mais pour nous-mêmes », a-t-elle rappelé.
En temps normal, le non-port du casque est passible d'une amende de 3 000 francs CFA. Toutefois, dans le cadre de cette opération spéciale SNC, les autorités ont privilégié une approche pédagogique. Les contrevenants sont invités à aller chercher leur casque et à revenir le porter sur place avant de repartir. Une stratégie progressive visant à encourager l'adoption durable de ce réflexe de sécurité. Outre le contrôle du port du casque, l'ONASER a également déployé des équipes sur plusieurs axes routiers pour surveiller le respect des limitations de vitesse. Cette mesure vise à prévenir les excès de vitesse, souvent à l'origine d'accidents graves. « Même si l'on est pressé ou en retard, il faut privilégier la prudence. Mieux vaut arriver en retard à la fête que de ne jamais y arriver », a conclu le lieutenant Moctar Ouédraogo.
Romuald Dofini
Lefaso.net
À l'occasion de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), les acteurs du livre réunis, ce lundi 27 avril 2026, à l'Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso appellent à une meilleure valorisation de la littérature burkinabè. Entre exposition d'ouvrages, et échanges avec le public, ils saluent l'initiative tout en pointant des insuffisances, notamment la faible affluence sur le site délocalisé.
Installés sur le campus universitaire du secteur 22, dans le cadre des activités littéraires, écrivains, éditeurs et libraires proposent une diversité d'œuvres allant des essais aux contes, en passant par les romans, les poésies et les ouvrages spécialisés. Mais pour beaucoup, la fréquentation reste en deçà des attentes. « Nous sommes venus pour exposer, mais aussi pour vendre. Or, nous ne recevons pas suffisamment de visiteurs », regrette Joseph Landry Coulibaly des éditions Mercury, qui plaide pour une meilleure communication de l'événement et une orientation du public.
Même constat chez plusieurs exposants, qui estiment que l'éloignement du site principal des festivités limite l'accès aux stands. L'écrivain Jean Sylvanus Ouali, lauréat de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) en 2025, avec son premier roman « Quand passeront nos douleurs » souligne que « la délocalisation de l'espace littéraire isole les auteurs du grand public ». Il appelle à une intégration des activités littéraires au cœur du dispositif principal afin de toucher un public plus large.
Malgré ces difficultés, les professionnels du livre restent mobilisés pour promouvoir la richesse de la production nationale. Au stand « Dignité », Wagnin Zerbo présente « Karfa, le manuel de l'émancipation », un essai axé sur la reconquête identitaire et la libération des aliénations culturelles. « La révolution progressiste populaire ne peut se construire que dans des esprits libres et conscients », affirme-t-il, situant son œuvre dans le contexte sociopolitique actuel.
Dans la même dynamique, Mahamadou Koanda propose « Prophétie : tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront », un ouvrage qui revisite les grandes étapes de l'histoire politique du Burkina Faso. L'auteur insiste sur la nécessité de s'approprier son histoire pour mieux construire l'avenir. « Tant que les lions n'auront pas leurs historiens, les récits de chasse glorifieront toujours les chasseurs », rappelle-t-il.
De son côté, l'écrivain Ousséni Nikièma, fort d'une vingtaine de publications, dont « les contes de Dunia le sublime », met en avant l'importance de démocratiser l'accès au livre. Pour lui, « le livre doit quitter son statut d'objet élitiste pour devenir un outil du quotidien dans les familles ». Il salue la tenue des activités sur le campus universitaire, tout en appelant à davantage de mobilisation.
Les librairies présentes, à l'image de la librairie Hofio, misent également sur l'innovation pour attirer le public. Cette année, la structure dispose d'une librairie mobile et met l'accent sur les ouvrages en langues nationales et les thématiques endogènes, notamment dans les domaines de l'agriculture et du développement personnel. « Nous voulons rendre le savoir accessible à tous, y compris à ceux qui ont été alphabétisés dans les langues locales », explique Karambiri Adama, manager de la structure.
Au-delà des enjeux logistiques, les acteurs du livre invitent les festivaliers à s'intéresser davantage à la lecture et soutenir la production locale. « Les Burkinabè écrivent et produisent des contenus de qualité. Il est temps de valoriser notre propre littérature », insiste Wagnin Zerbo.
Fredo Bassolé
Lefaso.net
Les Burkinabè du Nebraska, États-Unis d'Amérique, ont procédé à la mise en place d'un nouvel organe dirigeant, le dimanche 19 avril 2026 au cours d'une assemblée générale tenue à cet effet. L'occasion, qui a réuni de nombreux compatriotes, a, au-delà du renouvellement du bureau, servi de cadre pour, d'une part, raffermir les liens de fraternité et de solidarité entre les compatriotes de cette contrée du monde et, d'autre part, échanger sur la vie de la mère-patrie, le Burkina Faso.
C'est dans une ambiance empreinte d'esprit de fraternité, de solidarité et de patriotisme que s'est tenue l'instance statutaire, assemblée générale, de l'Association des Burkinabè au Nebraska (ABN). Conformément à l'agenda, les participants ont parcouru divers sujets, notamment ceux liés à la vie de l'association et au bien-être des Burkinabè du Nebraska, à l'actualité sur la mère-patrie et à des perspectives. Le moment le plus attendu était sans doute la mise en place des membres du nouveau bureau de l'association.
Dans cet exercice de renouvellement de l'instance dirigeante, la majorité des votants a porté le choix sur Simon Marco Kaboré pour présider aux destinées de l'ABN durant les deux prochaines années. Il est secondé par Moussa Tiemtoré, vice-président, tandis que le poste de secrétaire général de l'association est dévolu à Ibrahim Gansoré.
Vue partielle des participants à l'assemblée générale, procédant à l'élection des membres du bureau.Le nouveau bureau aura pour tâche d'initier des activités et des actions dans la dynamique des objectifs visés par l'ABN. Il s'agit notamment du renforcement de l'unité, de la fraternité et de la solidarité de la diaspora burkinabè au Nebraska ; de l'épanouissement socio-économique et culturel des membres de l'ABN ainsi que de la promotion des relations fraternelles entre les Burkinabè du Nebraska et les autres communautés y résidant.
Le nouveau président de l'ABN, Simon Marco Kaboré (au milieu), en compagnie des deux délégués du Haut conseil des Burkinabè de l'Extérieur (HCBE).Pour cette nouvelle équipe, il s'agit, en outre, de travailler à promouvoir la culture et la tradition burkinabè au Nebraska. Une vision qui, dira-t-on, épouse la dynamique en cours au Burkina avec le regain de mobilisation autour des valeurs chères à la société burkinabè.
Le nouvel organe dirigeant, constitué au total de 18 membres, promet également de mettre un point d'honneur sur la promotion des entreprises des Burkinabè vivant au Nebraska. Dans le même esprit, il s'engage à davantage contribuer à l'effort de paix au Burkina par diverses initiatives et à œuvrer de sorte à encourager les compatriotes à maximiser les investissements au Burkina Faso.
Le nouveau bureau, avec le président au milieu en cravate rouge rayée, posant avec les deux délégués HCBE.Par ailleurs, l'équipe de Simon Marco Kaboré compte, au cours de son mandat (2026-2028), travailler pour consolider les acquis des bureaux précédents, et ce, en vue non seulement de renforcer l'union et la cohésion, mais aussi de susciter des propositions et initiatives en faveur des objectifs poursuivis par l'ABN.
O.L.
Lefaso.net
« Le combat pour notre dignité et notre honneur n'est pas négociable. Nous le mènerons à son terme, jusqu'à l'éradication totale du terrorisme et l'édification du Mali Kura », s'est exclamé le Premier ministre, général de division Abdoulaye Maïga. Les autorités de la Transition du Mali ont réaffirmé leur détermination à lutter contre le terrorisme, lors d'un point de presse tenu à la suite des attaques coordonnées du 25 avril 2026, marquées par un deuil national décrété en hommage au général Sadio Camara et aux autres victimes civiles et militaires.
Le chef du gouvernement malien a dénoncé des attaques visant à semer la peur, fragiliser la cohésion nationale et déstabiliser les institutions de la République. Il a toutefois assuré que ces objectifs ont échoué, soulignant la résilience de la population et la montée en puissance de l'engagement collectif face à la menace.
« Il est utile de rappeler que la caractéristique principale de l'action terroriste est l'asymétrie. Celle-ci nous oblige à adapter constamment notre dispositif. Tirer les enseignements des incidents terroristes du 25 Avril est une obligation. Les facteurs de succès seront renforcés et les correctifs nécessaires seront apportés pour une meilleure sécurisation. Je salue également la résilience de la population malienne qui croit en son armée et à la refondation du Mali », a indiqué le général Abdoulaye Maïga.
Les autorités ont salué le professionnalisme des Forces armées maliennes, qui ont infligé une riposte qualifiée de décisive avec la neutralisation de nombreux assaillants sur l'ensemble du territoire. « La réponse cinglante qui leur a été infligée est l'œuvre de l'abnégation de nos vaillantes forces armées et de sécurité, qui ont réussi à neutraliser des centaines de terroristes sur l'ensemble du territoire national », a relevé le Premier ministre.
Pour le chef du gouvernement, l'état d'esprit du général Sadio Camara, ayant choisi de mourir les armes à la main pour défendre sa patrie, devrait être renforcé chez celles et ceux qui sont dans cette disposition. Il a appelé à l'unité nationale, à la vigilance et à la poursuite des efforts jusqu'à l'éradication totale du terrorisme et la construction d'un Mali stable et souverain.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Source : Primature du Mali
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Sur scène, les corps parlent avant les mots. Ils racontent des histoires de mémoire, de lutte, d'espoir et de devenir. À travers le ballet Dounia, porté par le Centre de développement chorégraphique (CDC) La Termitière, la danse contemporaine burkinabè s'affirme une fois de plus comme un espace de transmission, d'expérimentation et d'engagement social. Deux créations majeures ont structuré cette aventure artistique : D'un rêve, œuvre emblématique de Salia Sanou, et Champs d'Amour, une pièce originale ancrée dans les réalités contemporaines du Burkina.
Entre le 2 et le 27 février 2026, une première phase a permis aux interprètes de s'immerger dans l'univers de D'un rêve. Encadrés par le danseur et chorégraphe Ousseni Dabare, avec la collaboration du chorégraphe Idrissa Kafando, les jeunes artistes ont bénéficié d'un travail rigoureux de transmission du répertoire de Salia Sanou. Cette étape essentielle visait à restituer non seulement les gestes, mais aussi l'intention profonde de l'œuvre.
Inspirée de la célèbre phrase de Martin Luther King « Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l'amertume et de la haine », la pièce déploie une chorégraphie lumineuse, pensée comme une comédie dansée. À travers une interaction étroite entre danse, chant et musique, Salia Sanou, danseur et chorégraphe, propose une réflexion sur le corps noir dans sa dimension universelle. « Où en sommes-nous du “je” et du “nous” ? De nos rêves communs ? », interroge-t-il. La scène devient alors un espace de traversée, où le passé et le présent dialoguent pour mieux questionner les utopies de liberté et d'égalité.
Ils sont au nombre de 12 à s'être exprimés à travers leurs corps ce 23 avril à la CDC La TermitièreUne seconde phase du projet de danse a donné naissance à Champs d'Amour, une création originale portée par Idrissa Kafando et la danseuse et chorégraphe Salamata Kaboré. Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et sociaux, cette œuvre se veut une réponse artistique engagée. À la croisée de la danse, de la musique et du slam, Champs d'Amour explore les thématiques du vivre-ensemble, de la tolérance et du respect mutuel. Le spectacle puise dans les traditions et les rythmes burkinabè tout en s'inscrivant dans une écriture contemporaine. Pensée comme une création itinérante, la pièce ambitionne d'aller à la rencontre des publics sur l'ensemble du territoire, transformant chaque représentation en un moment de dialogue et de reconstruction du lien social.
Pour Salia Sanou, directeur du CDC La Termitière, le ballet Dounia dépasse le simple cadre artistique. « C'est une cellule d'insertion professionnelle », explique-t-il. Destiné aux jeunes sortant des grandes écoles de danse, le projet leur offre un espace de transition vers le monde professionnel. « L'école est un lieu d'apprentissage. Mais après, il faut entrer dans le champ professionnel. Le ballet leur permet d'ouvrir cette porte », souligne-t-il. Le chorégraphe insiste également sur la portée des œuvres présentées. Champs d'Amour, selon lui, évoque à la fois les territoires que nous habitons et les élans qui nous élèvent. « C'est une thématique abordée avec le prisme de la jeunesse, de l'avenir et de la résilience », précise-t-il. Quant à D'un rêve, il s'inscrit dans une réflexion plus large sur la condition du corps noir dans le monde contemporain. « Le corps noir peut raconter beaucoup de choses. Il est intelligent. Le projet appelle à lui donner toute sa place », affirme-t-il.
Salia Sanou, danseur et chorégraphe, est à l'origine du projet de ce ballet DouniaSur scène, cette vision prend vie à travers l'engagement des interprètes. Hortense Ouédraogo, danseuse formée au CDC La Termitière, témoigne de l'intensité de l'expérience. « C'est toujours un plaisir de prendre la parole avec le corps. J'ai aimé faire partie de cette aventure », confie-t-elle. Pour elle, Champs d'Amour incarne une dynamique collective tournée vers l'acceptation de l'autre et la réconciliation. « On y voit l'amour, la résilience, le fait d'aller ensemble », ajoute-t-elle.
Au-delà de la performance artistique, le projet a également reçu l'adhésion des autorités culturelles. Représentant le ministère de la Culture, la chargée de mission Marguerite Doannio s'est réjouie de cette initiative qui permet à la jeunesse de s'exprimer et de s'insérer dans le paysage professionnel. Dans un contexte où la question de l'identité culturelle est centrale, le ballet apparaît comme une action concrète de valorisation des talents nationaux. « La souveraineté culturelle passe par des actions comme celle-ci », a-t-il affirmé, saluant l'engagement du CDC La Termitière et le soutien des partenaires, notamment l'État burkinabè et la coopération suisse. Pour lui, les spectacles présentés témoignent du potentiel des écoles de formation en danse au Burkina Faso. « Nous avons vu l'énergie sur scène, l'expression corporelle, l'engagement. La preuve que cette jeunesse est prête à relever les défis », a-t-il conclu.
Le ballet Dounia veut s'imposer comme un espace de convergence entre transmission, création et engagement citoyen. Il révèle une jeunesse artistique en quête de sens, capable de transformer les réalités sociales en langage chorégraphique. Entre mémoire et projection, entre héritage et innovation, ces danseurs incarnent une parole vivante, portée par le mouvement.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
À l'occasion de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) à Bobo-Dioulasso, la Chine marque sa présence à travers un stand riche en découvertes. Entre promotion linguistique, démonstrations de médecine traditionnelle et valorisation de la coopération sino-burkinabè, cette participation s'inscrit dans le cadre de l'année 2026 dédiée aux échanges culturels et humains entre la Chine et l'Afrique.
Le coup d'envoi de la 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture a été donné par le président du Faso, chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, au stade omnisports Aboubacar Sangoulé Lamizana de Bobo-Dioulasso. Parmi les exposants de la foire, un invité de marque s'est distingué : la culture chinoise. Une équipe de reporters du journal en ligne Lefaso.net est allée à sa rencontre.
Selon la ministre conseillère de l'ambassade de Chine au Burkina Faso, Li Qi, la présence de la culture chinoise à la Semaine nationale de la culture s'inscrit dans la volonté de concrétiser, sur le sol burkinabè, une initiative désignant l'année 2026 comme celle des échanges culturels et humains sino-africains. « Cela coïncide parfaitement avec la Semaine nationale de la culture. Nous avons voulu saisir cette occasion qui nous a été offerte pour promouvoir un petit peu la langue chinoise, la culture chinoise et puis participer aux échanges culturels entre nos deux pays », a-t-elle expliqué.
Li Qi ministre conseillère de l'amabassade de Chine.Elle précise que le public burkinabè est invité à venir essayer, tester et vivre des expériences. « Nous avons un stand ici et nous avons mobilisé les différents acteurs chinois qui participent à la coopération sino-burkinabè. Ils sont à l'institut Confucius, qui pilote le projet. Il y a aussi l'équipe d'experts agronomes qui travaille sur la culture de millet ici et qui coopère avec la partie burkinabè sur l'agriculture. Il y a aussi l'entreprise BUCG qui est en charge d'un projet d'agrandissement de l'aéroport international de Bobo-Dioulasso. Et nous avons aussi l'équipe médicale chinoise qui propose ici des soins en médecine traditionnelle chinoise et en cardiologie », a-t-elle indiqué.
Li Qi a posé devant le stand des représentants de l'ambassade de Chine.Li Qi rassure que l'équipe médicale chinoise pourra effectuer des démonstrations et proposer sur place des soins d'acupuncture ainsi que d'autres types de traitements. Ce sera, estime-t-elle, l'occasion pour le public burkinabè de découvrir la médecine traditionnelle chinoise. Elle se réjouit de participer à cet événement national, qui vise également à renforcer les échanges culturels entre la Chine et le Burkina Faso. C'est aussi l'opportunité, se félicite-t-elle, de promouvoir la langue et la culture chinoises tout en consolidant les liens entre les deux pays. Elle ajoute que des jeux et de petits souvenirs sont proposés aux visiteurs.
Djaryigo Diarra
Lefaso.net
L'AS Douanes a dominé la première édition de l'Afrophygital League en remportant, le 26 avril 2026 à Ouagadougou, les finales dans les catégories espoirs dames et juniors hommes. Opposée à Ouagadougou Basket Club dans les deux cas, elle signe un doublé retentissant.
L'AS Douanes a remporté, le dimanche 26 avril 2026, les finales de la première édition de l'Afrophygital League, en s'adjugeant deux trophées dans les catégories espoirs dames et juniors hommes. Dans chacune de ces finales, le club des Douanes était opposé à Ouagadougou Basket Club (OBC), également représenté dans les deux catégories.
Organisée du 24 au 26 avril à Ouagadougou, cette première édition de l'Afrophygital League a été marquée par la domination de l'AS Douanes, qui inscrit ainsi son nom au palmarès inaugural de la compétition. Le club s'est illustré en remportant ses deux finales, aussi bien chez les dames que chez les hommes, face à un Ouagadougou Basket Club également présent dans les deux catégories.
Les équipes ont offert un beau spectacle lors des finales de la première édition de l'Afrophygital LeagueLors de la première finale, chez les espoirs dames, les joueuses de l'AS Douanes et celles de Ouagadougou Basket Club ont offert un spectacle de qualité. Dès l'entame, les Douanières ont affiché leurs ambitions en ouvrant le score. En face, les joueuses de OBC ont tenté de réagir et de recoller au score, sans toutefois y parvenir.
Au coup de sifflet final, les joueuses de l'AS Douanes se sont imposées sur le score de 27 à 23 face à OBC, remportant ainsi la finale espoirs dames de l'Afrophygital League.
La finale masculine, qui opposait également l'AS Douanes à Ouagadougou Basket Club, s'est soldée par une seconde victoire des « Douaniers », cette fois sur le score de 35 à 21. L'AS Douanes a imposé un rythme soutenu à son adversaire, profitant des erreurs des joueurs de OBC pour creuser l'écart.
Pour le président de la Fédération burkinabè de basketball, cette initiative permettra d'offrir davantage de temps de jeu aux jeunes catégoriesÀ l'issue des compétitions, les équipes classées premières de chaque catégorie ont reçu une enveloppe de 75 000 FCFA, un trophée ainsi que des médailles. Les deuxièmes ont obtenu 30 000 FCFA et des médailles d'argent, tandis que les troisièmes sont repartis avec 25 000 FCFA et des médailles de bronze.
Parallèlement aux compétitions de basketball entre sportifs, un tournoi e-sport sur le jeu NBA 2K a également été organisé. Cette compétition virtuelle a permis aux gamers de s'affronter, les meilleurs étant récompensés en fonction de leur classement à l'issue des épreuves.
Présent lors des finales, le président de la Fédération burkinabè de basketball, Souleymane Yaméogo, a salué une initiative qu'il juge bénéfique. Selon lui, cette compétition contribue à offrir du temps de jeu aux jeunes catégories, en vue de mieux les préparer aux échéances internationales.
« Oui, c'est une très belle initiative, nous ne pouvons que remercier la promotrice qui a eu cette initiative. Elle est innovante, elle est visionnaire, ce d'autant plus qu'on associe dorénavant la digitalisation à la pratique du basket et elle a eu encore l'idée géniale d'associer la santé nutritionnelle, la santé mentale et le e-sport à cette activité », a apprécié le premier responsable de la Fédération burkinabè de basketball.
De son côté, Eveline Gadégbeku, présidente de l'association Enter Africa et promotrice de la première édition de l'Afrophygital League, a indiqué que ce tournoi répond à une double ambition : faire découvrir le basketball aux joueurs d'e-sport et initier les basketteurs à l'univers de NBA 2K.
La présidente de l'Afrophygital League poursuit une double ambition : promouvoir le basketball et faire découvrir le jeu NBA 2K aux joueurs« Cette année, l'objectif qu'on s'est assigné en interne, c'est de pouvoir sortir de nos sentiers battus, de découvrir les disciplines qui sont électroniques aujourd'hui à travers l'e-sport. Et c'est de ce fait que nous avons contacté la Fédération burkinabé de basketball pour initier ce premier projet de ce genre », a-t-elle expliqué.
Elle a en outre souligné que cette première édition, dédiée aux juniors hommes et aux espoir dames, visait à faire comprendre le concept d'Afrophygital, tout en nourrissant l'ambition d'intégrer, lors des prochaines éditions, les catégories cadettes et seniors.
Jean Élysée Nikiéma (stagiaire)
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La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) du Burkina poursuit son maillage territorial. Dans le cadre de sa dynamique de développement et de rapprochement des services publics des usagers, elle a procédé à l'inauguration officielle de sa nouvelle agence dans le quartier Sakaby, à Bobo-Dioulasso, dans la région du Guiriko. Baptisée « Agence Sakaby », cette infrastructure moderne a ouvert ses portes au public dans l'après-midi de ce lundi 27 avril 2026.
La cérémonie d'inauguration s'est tenue sous le patronage du ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré, représenté pour l'occasion par le secrétaire général de la région du Guiriko, Souleymane Nacanabo. Elle a également connu la présence de plusieurs autorités administratives, coutumières et d'acteurs du secteur privé. Avec cette nouvelle implantation, la CNSS renforce sa présence dans la ville de Bobo-Dioulasso. Il s'agit en effet de la deuxième agence après celle de Sarfalao, ouverte en 2011. Cette initiative s'inscrit dans une volonté affirmée de rapprocher davantage les services de sécurité sociale des assurés, des employeurs et du grand public.
Une vue des officiels présents à la cérémonie d'inauguration de « l'Agence Sakaby »Selon le directeur général de la CNSS, Dr Herman Yacouba Nacambo, cette réalisation répond à une nécessité dictée par la croissance constante des activités de l'institution dans la région. À la date du 31 décembre 2025, la direction régionale de Bobo-Dioulasso comptait 859 rentiers, 19 976 pensionnés et 36 775 allocataires. Entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 mars 2026, près de 600 dossiers de prestations de rentes et environ 300 dossiers de pensions ont été enregistrés. Par ailleurs, plus de 25 000 employeurs actifs y effectuent régulièrement leurs déclarations et paiements de cotisations.
Une vue du bâtiment de l'agence de Sakaby inauguréeFace à ces chiffres en constante progression, la création de l'agence de Sakaby apparaît comme une réponse concrète pour désengorger ainsi l'agence de Sarfalao et le siège de la direction régionale. Elle vise également à réduire les distances pour les usagers, à améliorer les délais de traitement des dossiers et à renforcer la qualité du suivi.
L'infrastructure inaugurée se distingue par sa fonctionnalité et sa modernité. Le bâtiment comprend une dizaine de bureaux, un hall d'accueil destiné aux assurés, deux grandes salles dédiées aux prestations familiales et à l'assurance vieillesse, ainsi que plusieurs espaces pour le recouvrement et la comptabilité. On y trouve également un bureau pour le chef d'agence, un secrétariat, un service courrier, une salle informatique, un bureau technique et une salle de réunion d'une capacité d'une trentaine de personnes. La conception architecturale et le suivi des travaux ont été assurés en interne par les équipes de la CNSS.
Selon le DG de la CNSS, Dr Herman Yacouba Nacambo, cette réalisation répond à une nécessité dictée par la croissance constante des activités de l'institution dans la régionEn termes de services, l'agence de Sakaby offre une large gamme de prestations. Il s'agit notamment de l'immatriculation et de l'affiliation des entreprises, de la déclaration des travailleurs, du paiement des cotisations sociales, ainsi que de la gestion des prestations telles que les pensions, les allocations familiales, les indemnités de maternité et la prise en charge des accidents de travail. L'agence délivre également des attestations de situation cotisante et fournit des informations utiles aux employeurs et aux employés.
La visite de l'infrastructure par les autorités présentes à la cérémonie d'inaugurationPour le directeur général, cette nouvelle agence traduit la volonté de la CNSS de bâtir un service public plus accessible, plus réactif et davantage orienté vers la satisfaction des usagers. « La sécurité sociale doit être un droit vivant, concret et facilement accessible pour chaque citoyen », a-t-il souligné. Il a par ailleurs exhorté le personnel affecté à cette agence à faire preuve de professionnalisme, d'écoute et d'exemplarité, afin d'offrir un service de qualité irréprochable.
Le représentant du ministre des Serviteurs du peuple, le secrétaire général de la région du Guiriko, Souleymane NacanaboDans son intervention, le parrain de la cérémonie, Achille Roland Sow, président de la délégation spéciale consulaire du Burkina Faso, a salué cette initiative qui intervient dans un contexte d'expansion économique de la ville de Bobo-Dioulasso. Il a relevé que la multiplication des entreprises dans la cité de Sya rend indispensable le renforcement des services de la CNSS. Tout en félicitant les responsables de l'institution, il a exprimé le souhait de voir davantage d'agences ouvrir leurs portes, non seulement à Bobo-Dioulasso, mais également dans d'autres grandes villes du pays.
Représentant le ministre des Serviteurs du peuple, Souleymane Nacanabo a, pour sa part, mis en avant la vision des autorités nationales visant à rapprocher les services de protection sociale des populations. Il a exprimé sa reconnaissance aux habitants de Sakaby pour leur contribution à l'accueil de cette infrastructure et a invité le personnel à garantir des prestations de qualité aux usagers.
La photo de familleAu-delà de son rôle administratif, l'agence de Sakaby se veut un levier de développement économique et social. En facilitant l'accès à la protection sociale, elle contribuera à sécuriser les travailleurs, à améliorer les performances des entreprises et, par ricochet, à soutenir la croissance économique. Pour le directeur général de la CNSS, Dr Herman Yacouba Nacambo, cette initiative s'inscrit dans une dynamique de résilience et de progrès, dans un Burkina Faso résolument tourné vers l'avenir.
Romuald Dofini
Lefaso.net
Pour l'obtention de son doctorat, l'étudiant Gnirako Ahmed Donatien Bikié a mené son étude sur un sujet aussi d'actualité qu'à fort impact socio-économique avéré. « Impact des changements climatiques sur les ressources en eau dans le bassin du Mouhoun au Burkina Faso : intégration de la mécanisation dans les productions agricoles » ; tel est le thème qui a, pendant plus de trois ans, requis un travail de terrain, de revue de littérature, de publications et de communications scientifiques au plan national et à l'international. Samedi 25 avril 2026 à l'université Joseph Ki-Zerbo, le doctorant Ahmed Bikié a brillamment défendu sa thèse devant un jury, et à l'issue de cette ultime étape, il a été élevé au grade de Docteur avec la mention « Très Honorable ».
L'objectif général de l'étude est, rappelle l'impétrant, de contribuer à une meilleure compréhension de la variabilité climatique et de son impact sur le processus hydrologique dans le sous bassin versant du Mouhoun soumis à une forte pression anthropique pour l'agriculture et d'autres usages. Spécifiquement, il s'agit d'analyser les tendances climatiques passées et leur impact sur l'agriculture, de déterminer ensuite les tendances hydro-climatiques futures comparativement à une période historique de référence suivant différents scénarios d'émissions des gaz à effet de serre et enfin de diagnostiquer les systèmes de productions agricoles et de proposer une stratégie d'adaptation à une échelle locale.
Pour défendre le travail, le candidat était face à un jury composé de sept membres (dont le président), tous des avertis et spécialistes du sujet. Il s'agit de Dieudonné Jospeh Bathiébo, professeur titulaire en Transfert thermique/Sciences des matériaux à l'université Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso, (président du jury) ; Roland Ousmane Yonaba, Maître de Conférences en Hydrogéologie, Hydrologie et Environnement à l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement, Burkina Faso, (rapporteur) ; Emmanuel Ouédraogo, Maître de Conférences en Physique des matériaux et énergétique à l'université Lédéa Bernard Ouédraogo à Ouahigouya, Burkina Faso (rapporteur) ; Koffi Sagna, Maître de conférences en Physique des matériaux et énergétique à l'université de Lomé, Togo (rapporteur, intervenu de Lomé via Zoom) ; Yacouba Yira, Maître de recherche en Hydrologie au Centre national de recherche scientifique et technologique, Burkina Faso (examinateur) ; Sié Kam, Professeur titulaire en Transfert thermique/Sciences des matériaux à l'université Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso (directeur de thèse) ; et Siédouba Georges Yé, Maître de recherche en Mécanique appliquée/Machinisme agricole au Centre national de recherche scientifique et technologique, Burkina Faso (co-directeur de thèse).
Le candidat, écoutant attentivement les propos introductifs du président du jury.C'est devant de nombreux parents, amis, collègues, étudiants et autres invités que le doctorant a été introduit dans le vif du sujet par le président du jury. Cette première partie est donc consacrée à la présentation de la quintessence du travail du candidat, et ce, dans un timing de 45 minutes maximum. Ainsi, après l'introduction, M. Bikié a déroulé sa présentation autour des grandes articulations ci-après : état de l'art, matériel et méthodes, résultats et discussions, puis conclusion générale et perspectives.
Par le premier point, c'est-à-dire l'état de l'art, le candidat a mis en relief les tendances hydro-climatiques passées et les projections hydro-climatiques à l'échelle de la terre, et de l'Afrique subsaharienne pour finir au niveau du Burkina Faso. Il a ensuite présenté les types, modèles et scénarii climatiques, de modèles hydrologiques et les normales climatiques définies par l'Organisation météorologique mondiale.
Dans le volet consacré aux matériels et méthodes, l'impétrant s'est attardé sur la présentation de la zone d'étude, les outils et données utilisés avant de passer à l'analyse des tendances climatiques récentes et leur impact sur l'agriculture, aux projections hydro-climatiques et à l'analyse des anomalies, puis au diagnostic des systèmes de productions agricoles et à la stratégie d'adaptation.
Après avoir fait cas des résultats et discussions, le candidat a relevé les limites de l'étude, à savoir que, primo, la discontinuité de certaines données d'observation et la variabilité entre les modèles climatiques peuvent contribuer à accroître les incertitudes dans l'évaluation de la performance des modèles utilisés ; et, secundo, la taille de la population enquêtée n'est pas représentative de l'ensemble de la population des producteurs de la province.
C'est pourquoi, en termes de perspectives, le candidat présente : données de réanalyse, modèle hydrologique semi-distribué et une collecte de données en présentiel pourrait accroître la représentativité des producteurs de la province des Balé.
Par ailleurs, on retient que le doctorant a fait plusieurs publications et communications scientifiques au plan national et au niveau international.
À l'issue de sa présentation, réussie, mentionne le jury, en tenant le pari du temps et de la pertinence, Ahmed Bikié a été soumis à l'intervention des membres du jury. Cette étape a consisté pour chaque membre du jury, et sous la houlette du président, à faire ses observations de fond et de forme, poser des questions d'éclaircissement, faire des suggestions et éventuellement donner des conseils, non seulement en vue d'améliorer le document final, mais aussi dans une dynamique de perspective, eu égard surtout aux enjeux de la thématique d'étude. « Le candidat a fait un très bon exposé de ses travaux de thèse et a su montrer qu'il avait une parfaite maîtrise sur un sujet complexe. Le jury a particulièrement apprécié le travail scientifique réalisé, tant par la qualité que par la pertinence des résultats obtenus, ainsi que l'aisance avec laquelle il a répondu aux nombreuses questions des membres du jury », a accueilli le jury.
Les membres du jury, avec en arrière-plan à l'écran, Koffi Sagna (intervenu en ligne de Lomé) et Dr Ahmed Bikié.Après plus de cinq heures d'examen de ce travail minutieusement mené pendant plus de trois ans par le candidat, Gnirako Ahmed Donatien Bikié, le jury lui a, à l'issue de la délibération, décerné le grade de Docteur avec la mention « Très Honorable ».
Avec des sentiments de fierté pour une mission pleinement couronnée, le désormais Dr Gnirako Ahmed Donatien Bikié a l'esprit tourné vers les perspectives, pour, confie-t-il, continuer à produire des articles et améliorer la compréhension de la variété climatique dans la zone d'étude, et plus globalement au Burkina Faso et bien au-delà. Moment idéal pour lui également d'exprimer ses reconnaissances à toute l'équipe qui a contribué à encadrer le travail.
O.L.
Lefaso.net
Lancée le samedi 18 avril 2026 dans la ville de Dédougou, région des Bankui, la caravane de communication sur la scolarisation et le maintien des filles à l'école, appelée « Kom-pugli kaoreng yõodo » ou l'importance de la scolarisation des jeunes filles, en langue nationale mooré, se poursuit dans la région du Nakambé. Ce lundi 27 avril 2026, c'est la commune de Tenkodogo, chef-lieu de la région du Nakambé, qui a accueilli cette initiative portée par le Cercle de concertation des ONG (Organisations non-gouvernementales) et associations actives en éducation de base (CCEB-BF), en collaboration avec les autorités locales des départements impliqués. Dans cette cité, un des grands actes a été la conférence publique animée au collège d'enseignement général du secteur Nᵒ 2 de la ville sur le thème : « Santé et hygiène menstruelle en milieu scolaire : briser les tabous, garantir la dignité afin de favoriser le maintien et la réussite scolaire ».
Pour échanger avec les élèves, un pédagogue averti, Innocent Sissao, chargé d'appui technique à la direction générale des appuis spécifiques, membre-fondateur de nombreux référentiels dans le système éducatif. Il entre dans le vif du sujet par cette confidence qui met en exergue les problèmes majeurs, que sont les tabous, autour de la question des menstrues. « Quand on a élaboré les outils techniques sur la promotion de la santé et de l'hygiène menstruelle à l'école, j'ai apporté le livret chez moi à la maison, que j'ai remis à une de mes filles, de lire. Lorsqu'elle a fini de lire, je lui dis de venir maintenant pour qu'on échange sur le livret. Là, elle s'est écriée : "Eh papa !" Pourquoi ? Parce que pour elle, papa est un homme et les choses de menstrues ne concernent pas papa », a posé le conférencier, notant que ce tabou se rencontre à tous les niveaux de la société, dans les familles et quelle que soit l'origine professionnelle des parents. « Tout le monde, chacun de nous ici, quel que soit son métier, a des problèmes pour échanger avec son enfant (sa fille) sur cette question », souligne-t-il devant un auditoire qui, de par ses réactions, confirme les propos du communicant.
Constat ainsi fait, M. Sissao scrute avec les élèves les gros problèmes liés à la gestion des menstrues à l'école. Il en ressort que les menstrues sont sources de perturbations des cours et provoquent parfois des malaises chez la jeune fille. Les élèves ont également identifié le manque de spécification dans les latrines, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de latrines réservées aux garçons et celles réservées aux filles : tous utilisent les mêmes toilettes. Le manque d'eau dans les écoles et les railleries dont elles font parfois l'objet sont autant de difficultés soulevées dans la gestion des périodes de menstrues.
Ces réalités ont plusieurs conséquences sur le cursus scolaire de la jeune fille. Il s'agit, entre autres, des absences répétées, voire de l'abandon des classes, des frustrations, du manque de confiance en elles-mêmes, etc. On retient donc de la communication que l'impact négatif de cette situation est énorme et va au-delà des cellules familiales, il touche toute la vie nationale à travers notamment la déperdition des filles dans le cursus scolaire, l'exposition des jeunes filles à des aléas de la vie, portant ainsi un coût au processus de développement économique et social du pays. « Il est important que le tabou soit brisé pour garantir la scolarisation, la dignité de ces jeunes filles. Il faut donner à la jeune fille les moyens pour pouvoir poursuivre à l'école. (…). Les études ont montré qu'une fille sur dix, quand elle a ses menstrues, est obligée de rester à la maison. Les menstruations concernent toutes les filles. Mais la majorité rencontrent les problèmes de menstruations avant l'âge de treize ans, et elles sont très nombreuses. Celles qui les rencontrent un peu tardivement, c'est autour de seize ans. C'est une période un peu délicate pour la jeune fille, ce qui la rend un peu instable et que les parents n'arrivent parfois pas à comprendre », explique-t-il, justifiant par là la nécessité donc de travailler à rectifier le tir.
Il faut rétablir la dignité de la jeune fille, car cette dignité se joue également là, insiste-t-il avant d'indiquer que cela passe, entre autres, par la construction de latrines pour hommes et pour femmes, la desserte des écoles en points d'eau, la disponibilisation des serviettes hygiéniques, etc. Selon le conférencier, la politique nationale actuelle consiste à apprendre aux élèves à fabriquer, elles-mêmes, les serviettes hygiéniques.
M. Sissao a également saisi l'instant pour prodiguer de nombreux conseils, à la fois aux jeunes filles et aux jeunes garçons. Il a aussi exhorté les conseils de l'école et les différents acteurs en charge de l'éducation et de l'enseignement à prendre à bras-le-corps cette question à enjeu majeur. À titre d'exemples, il a invité les élèves dont les écoles ne disposent pas de points d'eau à s'organiser à tour de rôle pour rendre l'eau disponible à l'école et les responsables d'établissements à veiller à la spécification des latrines. Il a aussi exhorté les élèves à savoir entretenir les latrines pour les maintenir dans les conditions d'hygiène appropriées. S'adressant spécifiquement aux jeunes garçons, Innocent Sissao leur a conseillé d'éviter de se moquer des filles et de plutôt les aider, à chaque fois que de besoin. « Les parents doivent s'investir, de sorte que même si la jeune fille voit ses menstrues, elle ne doit pas se décourager, se complexer, s'irriter, il faut l'accompagner », a-t-il adressé aux parents.
À l'issue de la communication, élèves (jeunes filles et jeunes garçons), conseil de l'école, autorités et responsables de l'éducation, se sont engagés, à vive voix, chacun en ce qui le concerne, pour améliorer le cadre scolaire en la matière également. Ils ont aussi pris l'engagement d'être des relais dans leur entourage, afin que soit levé ce facteur d'abandon de l'école par les filles et ce, pour le bonheur de toute la société.
O.L.
Lefaso.net
L'université Joseph Ki-Zerbo a procédé, ce lundi 27 avril 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel du séminaire international marquant le démarrage des activités du Centre d'excellence de l'habitat (CEH). Prévu du 27 au 29 avril à l'Institut supérieur des sciences de la population (ISSP), ce rendez-vous scientifique et institutionnel ambitionne de poser les bases d'une gouvernance durable de l'habitat dans l'espace sous-régional.
La cérémonie d'ouverture a été conduite par le président de l'université, le Pr Antoine Béré, en présence de plusieurs partenaires institutionnels, universitaires et techniques. Elle a également été marquée par l'installation officielle du tout premier directeur du CEH, Dr Moussa Bougma.
Placée sous le thème : « Ancrer le Centre d'excellence de l'habitat dans une dynamique institutionnelle, partenariale et territoriale durable », cette rencontre constitue une étape majeure dans la consolidation du centre comme outil stratégique de recherche, d'expertise et d'action face aux enjeux croissants de l'urbanisation.
Face au défi du logement décent et durable, le gouvernement du Burkina Faso, avec l'appui technique et institutionnel de la Commission de l'UEMOA et du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), a procédé, par arrêté en date du 30 mai 2025, à la création officielle de l'institut Centre d'excellence de l'habitat (CEH) rattaché à l'université Joseph Ki-Zerbo.
Le président du l'université Joseph Ki-Zerbo Pr Antoine Bere remettant au directeur du CEH Dr Moussa Bougma, les objectifs qui lui sont assignésDans son discours inaugural, le Pr Antoine Béré a souligné que ce séminaire ouvre une nouvelle phase pour le CEH, appelé à remplir pleinement sa mission grâce à une coopération renforcée avec ses partenaires historiques, notamment l'université Cheikh Anta Diop de Dakar et l'ONU-Habitat, tout en développant de nouveaux partenariats.
Pour le président de l'université Joseph Ki-Zerbo, l'habitat représente aujourd'hui bien plus qu'une simple question de construction. « L'urbanisation de notre continent s'accélère à un rythme sans précédent. La question de l'habitat n'est plus seulement une affaire de briques et de mortier. Elle est le cœur battant de nos défis sociaux, économiques et environnementaux », a-t-il déclaré.
Le séminaire vise ainsi à fédérer l'ensemble des acteurs autour d'une dynamique collective fondée sur trois piliers essentiels : Institution, Partenariat et Territoire. Selon le Pr Béré, l'ancrage institutionnel constitue la première exigence pour garantir l'efficacité du CEH. « Le CEH ne doit pas être un laboratoire de plus, isolé des théories. Il doit être le bras séculier de l'expertise universitaire au service du développement de nos nations », a-t-il affirmé.
Représentant le directeur du Bureau régional pour l'Afrique de l'ONU-Habitat, Yombi Ouédraogo a souligné qu'ONU-Habitat est pleinement engagé aux côtés du centre pour toujours. « Le Centre d'excellence de l'habitat n'est pas une initiative circonstancielle. Il est le fruit d'un processus réfléchi, structuré et résolument stratégique. Dès 2020, dans le cadre du programme de financement du logement abordable, soutenu par la Banque mondiale et la Commission de l'UEMOA, une ambition commune a émergé. C'est celle de doter la région d'un outil capable de transformer durablement les politiques de l'habitat. Cette ambition s'est traduite par une mobilisation collective, associant universités, institutions régionales et partenaires internationaux, avec l'appui technique de l'ONU-Habitat.
Depuis lors, étape après étape, des bases conceptuelles ont été posées, des outils ont été développés, des compétences ont été mobilisées Et aujourd'hui, nous franchissons un cap décisif, celui du passage de l'idée à l'institution, de la vision à l'action », a-t-il laissé entendre.
M. Ouédraogo a précisé que l'ONU-Habitat n'est pas un observateur dans ce processus. « Nous sommes un partenaire engagé depuis l'origine, et nous le resterons. Notre engagement est simple, mais exigeant : accompagner la structuration du CEH, mobiliser l'expertise internationale, et soutenir la construction de partenariats à fort impact. CEH est une opportunité mais plus encore, c'est une responsabilité.
La responsabilité de transformer nos systèmes d'habitat, la responsabilité de produire des solutions adaptées à nos réalités et la responsabilité de bâtir des villes plus inclusives, plus résilientes, plus durables. L'histoire du CEH commence aujourd'hui. Et cette histoire, elle s'écrira avec vous », a terminé le représentant du directeur du bureau régional pour l'Afrique de l'ONU-Habitat.
Pour répondre aux besoins des populations en habitat, le tout premier directeur du CEH, Dr Moussa Bougma, compte établir un catalogue de formation qui repose sur les besoins du moment. « Le centre a élaboré une grande plateforme de données. Avec l'appui des partenaires, nous voulons collecter régulièrement les données, les analyser pour donner un diagnostic assez clair de ce qui se passe dans la zone de l'UEMOA afin que les gens puissent y avoir accès et les utiliser en fonction de leur besoin. Nous voulons également faire la recherche appliquée. Souvent, il y a des problématiques qui se posent pour lesquelles on n'a pas encore de solutions. Le CEH compte mobiliser des experts de haut niveau pour trouver des solutions en développant des méthodologies adaptées. Nous allons également faire l'appui-conseil. Les gens n'ont pas souvent l'accompagnement qu'il faut. Il ne faudrait pas qu'on s'appuie uniquement sur l'expertise internationale sans qu'il y ait des acteurs au niveau local qui puissent accompagner ces experts pour maîtriser nos contextes. Sinon on pourra arriver à des planifications qui ne répondent pas à nos besoins », a fait savoir le directeur du CEH. Il compte également œuvrer pour avoir des représentations dans les autres pays de l'UEMOA pour répondre aux besoins des populations.
Selon lui, pour le moment le centre va donner des formations certifiantes aux acteurs de l'immobilier pour renforcer leurs capacités. Mais à long terme, le centre compte faire des formations diplômantes en master et doctorat.
Durant trois jours, les participants mèneront des réflexions stratégiques sur les fondements institutionnels, techniques et partenariaux du centre, avec pour ambition de proposer des réponses concrètes aux défis liés à l'urbanisation, à l'aménagement territorial et à l'amélioration durable de l'habitat.
Par cette initiative, l'université Joseph Ki-Zerbo entend affirmer sa contribution scientifique et opérationnelle à la résolution des problématiques de logement et de développement urbain en Afrique de l'Ouest. Le Centre d'excellence de l'habitat se positionne ainsi comme un instrument majeur de recherche appliquée, de coopération régionale et de transformation territoriale durable.
Rama Diallo
Lefaso.net
Près de 300 cadres et militants du parti Envol ont manifesté lundi 27 avril à Kinshasa, précisément au rond‑point Magasin, pour s’opposer à l’accueil en République démocratique du Congo de migrants expulsés des États‑Unis d’Amérique.
La manifestation a toutefois été dispersée par des éléments de la Garde républicaine.
Au moins 15 civils ont perdu la vie à la suite d’attaques perpétrées par des hommes armés, en l’espace d’un mois, dans le territoire de Masisi, au Nord‑Kivu.
La société civile de Buabo a livré ces chiffres lundi 27 avril à Radio Okapi.
Selon la même source, la dernière attaque remonte à la nuit de dimanche à lundi 27 avril, dans le village de Kihuma, toujours en territoire de Masisi.
Les mêmes sources rapportent que l’attaque s’est produite entre 20 heures et 22 heures locales.
« Dire non aux débats stériles qui fragilisent la République et oui à la connaissance utile ainsi qu’aux échanges constructifs », a recommandé, samedi 25 avril, l’autorité morale du parti AREP.
L'autorité morale de cette formation politique, Guy Loando a fait cette déclaration lors d’une matinée politique organisée à Kinshasa.