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Afrique

Suède: les gangs recrutent de plus en plus les jeunes filles

RFI (Europe) - Tue, 09/06/2026 - 00:03
La Suède est confrontée à une hausse inquiétante de l’implication de jeunes filles dans la criminalité organisée et les violences de gangs. Selon le Conseil suédois de prévention du crime, elles sont utilisées de manière stratégique car elles attirent moins l’attention des autorités. Ces jeunes, parfois des enfants de moins de 12 ans, deviennent de véritables actrices du crime organisé, endossent des rôles de plus en plus importants, mais dans ces milieux violents, elles sont bien plus vulnérables que les garçons.
Categories: Afrique, Union européenne

Pr Youssoufou Ouédraogo, enseignant d'université à la retraite : « Être fort, c'est être capable de s'arrêter à un feu tricolore à minuit, alors que personne ne vous regarde »

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:50

Enseignant de biologie et physiologie animales à l'université Joseph-Ki-Zerbo admis à la retraite, Pr Youssoufou Ouédraogo a un parcours académique et professionnel plein d'enseignements. Il est également auteur de plusieurs œuvres, dont le troisième essai politique paru en janvier 2023 sous le titre « La gauche nationale ». Vie académique et professionnelle, combat syndical, défense de mœurs publiques et de gouvernance, Pr Youssoufou Ouédraogo, connu pour sa rigueur dans la réflexion et la démarche, et pour qui d'anciens étudiants ne tarissent d'éloges, se présente également par les nombreuses tribunes qu'il a signées dans les médias burkinabè sur des questions d'actualité brûlante, de janvier 1999 à mai 2023, et du journal L'Indépendant à Lefaso.net en passant entre autres par l'Événement et Hakili (trimestriel du mouvement des intellectuels du Manifeste pour la liberté). Interview avec l'un des vétérans et avertis de la vie socio-politique burkinabè, Pr Youssoufou Ouédraogo !

Lefaso.net : Votre cursus scolaire et académique est celui d'un scientifique, mais votre vie active est, en revanche, celle d'un littéraire accompli, qui s'illustre par une production d'œuvres et surtout qui s'assume par des opinions et des prises de position sur des sujets éminemment politiques concernant la nation. Qu'est-ce qui fait cette trajectoire ?

Pr Youssoufou Ouédraogo : Rien de particulier ! C'est une trajectoire qui vous amène à vous ouvrir à des préoccupations d'intérêt public. Aussi, de par mon itinéraire, j'ai appris à observer et à analyser les situations ; on a eu une vie militante active quand on était sur le campus. À l'époque, il n'y avait pas beaucoup de journaux comme c'est le cas de nos jours. C'était donc des exercices d'analyse des différentes situations nationales et internationales, des situations de campus, etc. Côté écriture, ce sont des aptitudes qu'on peut avoir ; indépendamment de la formation qu'on appelle scientifique, chacun a ses petits talents par-ci, par-là, qu'il peut mettre au service de son engagement, de sa contribution à la vie publique, en l'occurrence, du débat public.

Vous évoquez implicitement la formation informelle, qui est propre à chacun. Et en la matière, on peut affirmer que les générations antérieures, auxquelles vous appartenez, s'en sont bien servies, surtout à travers les milieux universitaires, et cela se ressent dans les niveaux de culture dans le débat public. Qu'est-ce qui peut expliquer la rupture sur ce point entre ces générations et celles actuelles ?

Votre observation est juste. On ne peut plus trouver cette configuration du débat au niveau de la jeunesse, à cause de la scission de l'UGEV (Union générale des étudiants voltaïques) au cours des vacances 1979, qui a créé un précédent irréversible, et aussi des besoins de la démocratie. À notre époque, l'AEVO (Association des étudiants voltaïques de Ouagadougou) était la seule organisation et avait le monopole de la représentation des étudiants à l'université de Ouagadougou. Donc, on se ‘‘chamaille'', mais à l'intérieur d'un même cadre organique. Et il faut bien se mettre à la hauteur du débat. Celui qui vient pour contredire, il faut qu'il se mette à la hauteur, et celui qui doit apporter la réponse aussi doit en faire autant.

Depuis cette scission, quand on n'est pas content, on va créer son organisation, propre à soi, où on n'est pas dérangé par d'autres points de vue, où on ronronne sur ses propres idées, pratiquement sans contradictions majeures. Donc, pas d'effort d'amélioration de son discours, de son degré de culture, etc. Au niveau de la jeunesse, on ne peut plus retrouver le contexte d'antan que vous avez décrit ; c'était un contexte d'époque qui avait permis de se forger vraiment aux débats. L'esprit était que, quand quelque chose ne va pas, il faut en débattre.

On ne quitte pas le cadre, sauf si on en est exclu (ça peut arriver). Mais aujourd'hui, quand on n'est pas content ou pas d'accord, même de façon circonstancielle, on quitte. Sans vouloir faire de jugement de valeur globale, je pense que pour la fertilité du débat contradictoire entre jeunes, c'est une faiblesse. Car on ne peut plus émuler avec une obligation de moyens intellectuels, voire de résultats. On est très souvent dans une obligation de justificatifs qu'on sait toujours aussi valables les uns que les autres, mais qui ne donnent pas de clés d'amélioration d'une situation en instance.

C'est un contexte particulier de luttes au campus qui a coûté des plumes…, et vous avez fait partie de ces étudiants qui ont été suspendus, puis exclus. Que s'était-il passé à l'époque ?

Effectivement ! Mais il y en a eu pire ! Je pense au cas Dabo Boukary et à tous les autres qui ont été emprisonnés, torturés et encasernés au Conseil ou à Pô. Et si vous me permettez, je voudrais m'incliner devant un « inoubliable » de 1979, Michel Kaboré, président de l'AEVO à l'époque, et décédé le 10 mai dernier (l'interview a eu lieu le 21 mai 2026 : Ndlr).

Pour revenir à la question, à l'époque, au moins, la question de l'emploi n'était pas une préoccupation ; parce que dès que vous aviez le baccalauréat, vous étiez directement directeur d'école et il y avait aussi les concours directs (la douane, les impôts, etc.). Pour répondre directement à votre question, je dirai que ce sont des grèves qui nous ont conduits à cela.

En 1979, il y a eu la première grande grève au niveau des étudiants. Elle a eu une envergure nationale, parce que beaucoup de forces, surtout syndicales, se sont prononcées. La grève a engendré beaucoup de conséquences. À l'époque, on était autour de 1 000 étudiants sur le campus. Mais ceux qui ont été formellement sanctionnés, c'est-à-dire par un acte administratif, n'étaient pas loin de 120 étudiants, dont une cinquantaine d'exclus et de suspendus. À cela, il faut ajouter ceux qui ont été sanctionnés de façon indirecte, de différentes manières, comme l'impossibilité de redoubler.

Quel a été le sort de tous ceux-là qui ont écopé des sanctions ?

Les sanctionnés n'ont pas eu trop de difficultés à se recaser dans la fonction publique, directement ou par des concours, ou dans le privé. Ceux qui en avaient la possibilité se sont réinscrits dans d'autres universités, comme celles d'Abidjan ou de Dakar. Cela a fait que les conséquences ont été un peu atténuées. Mais mon exclusion est intervenue deux ans plus tard, en 1981, dans la même logique, c'est-à-dire pour une simple grève. Et là, il y a eu une liste de 200 étudiants (je crois) qui ont été formellement sanctionnés, dont plus de 20 par une exclusion. Les autres ont vu leurs bourses suspendues de deux à douze mois.

C'était quoi les motifs de la grève ?

En fait, ce sont deux grèves qui ont fait dérailler ma trajectoire : en 1979 et en 1981. En 1979 (boycott des examens), ce fut à cause du caractère sélectif des examens à l'université. Il faut dire que cette question ne date pas de maintenant, parce qu'à l'époque déjà, il avait été mis en place un système un peu compliqué d'examen à l'ESSEC (École supérieure des sciences économiques, actuelle UFR Sciences économiques et de gestion/Université Thomas-Sankara : Ndlr), avec des groupes, des sous-groupes, etc. Il fallait avoir telle moyenne dans tel groupe et telle autre dans tel sous-groupe, etc. C'était vraiment compliqué. La compréhension même des calculs de moyenne par les étudiants était problématique. Donc, les étudiants de l'ESSEC ont déclenché la « résistance ». À l'époque, c'était aussi des « partiels », deux à raison de 30% chacun, et un examen final qui comptait pour 40%.

Donc, ils ont boycotté avec succès les partiels du premier ou deuxième trimestre (je ne m'en souviens plus trop). Après, ils ont fait des émules, parce qu'au niveau de l'ISP (Institut supérieur polytechnique, actuel Institut de développement rural – IDR, délocalisé à l'université de Bobo-Dioulasso : Ndlr), il y avait également un souci où notre classe (j'étais délégué et membre du Conseil d'établissement) avait écopé de deux zéros collectifs : un premier que nous jugions « moralement » injuste, et un autre, illégal au regard des textes. Bref, on se plaignait un peu partout du caractère très sélectif des examens. Évidemment, on rapportait cela à l'impérialisme français qui ne voulait pas de cadres locaux. Il y avait donc toute cette ambiance-là.

De l'ESSEC d'où elle est partie, la grève a embrasé tout le campus sous la houlette de l'AEVO. En juin, le mouvement a bien marché. Mais en octobre, ce fut la débandade. Je pense qu'il y a des choses qu'on n'avait pas pu anticiper. Mais c'est après coup qu'on le voit, en son temps c'était difficile de les percevoir. En réalité, on n'avait pas compris qu'on ne pouvait pas tenir une grande mobilisation sur une longue durée. Donc, on se gargarisait de la bonne mobilisation en juin et on pensait que ça pouvait tenir jusqu'en octobre. Alors que progressivement, il s'était installé une démobilisation. Et contrairement à la mobilisation qui peut être bruyante et fière, une démobilisation est toujours silencieuse, car présumée honteuse. Quand les gens changent de position vis-à-vis d'une lutte, ils ne viennent pas tous le dire au siège de l'association.

Pour la grève de 1981, face au CMRPN (Comité militaire de redressement pour le progrès national), c'était suite aux arrestations de certains membres du comité exécutif de l'AEVO, comité qu'on avait d'ailleurs eu de la peine à mettre en place. Les autres membres avaient été contraints à la clandestinité, soit un renvoi de fait de l'université. C'était un mouvement de loyauté vis-à-vis des responsables que nous avions élus, dans un contexte de faible mobilisation et de peur.

On imagine que l'administration universitaire a fait un travail à ce niveau !

Ah oui, surtout en 1979 ! C'était de bonne guerre ! Et en la matière, l'administration ne manquait pas de ‘‘cerveaux''. Elle a trouvé une astuce, qui était d'instituer des inscriptions pour la session (d'octobre). Ce qui ne se faisait pas auparavant. Cette idée permettait en réalité de tester notre mobilisation. Ne se doutant de rien, on a lancé un mot d'ordre de boycott. Ce qu'on ignorait, c'est que des étudiants partaient discrètement s'inscrire. À un moment donné, il y a eu une fuite qui nous a alertés : une grande majorité d'étudiants, selon la fuite, était déjà inscrite pour la session.

Après coup, on peut penser que si on n'avait pas lancé un mot d'ordre de boycott des inscriptions, l'administration n'aurait pas eu d'indication sur notre état de mobilisation. Malheureusement, on n'avait pas vu tout cela venir. C'est dans ce contexte que le comité exécutif a fini par lever tous les mots d'ordre. Mais c'était trop tard. Et nous autres, quand on est partis pour s'inscrire, l'administration a dit qu'elle ne prenait plus de demande pour la session ; ceux qui ne sont pas venus à temps, c'était tant pis pour eux. L'administration avait repris le rapport de force, avait même confectionné sa liste d'étudiants pour les sanctions dites étagées.

Pour 1981, après l'échec de la grève, on s'était accroché à tout pour éviter de lourdes sanctions. L'AEVO se remettait péniblement de la saignée des sanctions de 1979. Certains administratifs avaient vraisemblablement profité pour régler des comptes personnels, surtout à l'ESSEC qui comptait un tiers des exclus (8 sur 22, si ma mémoire est bonne). Après quoi, on a même essayé de fermer le robinet du « boulot » à certains exclus par-ci et par-là : par exemple, nous, on était deux à avoir réussi à un concours pour aller faire des études en « Pêche et pisciculture » à Bouaké (Côte d'Ivoire).

On avait voulu négocier à l'époque pour qu'on ne diffuse pas les résultats à la radio, parce que les deux admis que nous étions étaient aussi les deux renvoyés de l'ISP. Mais c'était déjà vicié : celui qui gérait le concours était un de nos virulents adversaires de 1979. Il y a eu d'autres cas comme cela. Mais globalement, les gens s'en sont bien tirés, peut-être mieux que s'ils étaient restés à l'université de Ouagadougou. Comme on le dit, quand on vous ferme une porte, vous ouvrez ailleurs, et peut-être même que c'est en ce moment que vous découvrez en vous des talents dans des domaines que vous ignoriez. C'est une leçon de vie.

Cette période a-t-elle eu un impact sur l'avenir même de l'AEVO ?

Certainement ! D'abord, après les premières sanctions, pour mettre en place un nouveau comité exécutif, ce n'était pas facile. Les assemblées générales étaient squelettiques. Je me souviens qu'il a fallu deux assemblées générales pour finaliser la mise en place d'un comité exécutif ; puisqu'on avait renvoyé ou suspendu tous ceux qui étaient expérimentés.

Il fallait responsabiliser des étudiants de première année, au mieux, de deuxième année. Ils étaient bien engagés, mais leurs niveaux de connaissance de l'association, de culture organisationnelle et de conscience politique étaient encore faibles. Ça a été vraiment un moment difficile pour le mouvement. C'est aussi ainsi que dans les épreuves, une organisation mûrit. Quoi qu'on puisse en dire, ce n'est pas pour rien qu'elle est toujours là, sous une autre appellation, alors que plusieurs autres associations d'étudiants créées après elle ont disparu.

Cela a-t-il modifié votre itinéraire professionnel ?

Évidemment. Quand je m'orientais à l'ISP Ouaga, c'était pour devenir ingénieur agronome. Mais à Dakar, c'est une maîtrise ès sciences naturelles que j'ai faite. Dès lors, l'itinéraire professionnel devenait tout autre. Alors qu'à l'ISP, après avoir franchi « haut la main » la 1ʳᵉ année, réputée la plus sélective. Je me voyais déjà ingénieur, un titre dont je rêvais depuis le primaire.

Dans les détails, je dirai qu'après l'exclusion définitive en 1981, après avoir attendu en vain les formalités pour aller faire « Pêche et pisciculture » à Bouaké et d'autres tentatives infructueuses, j'ai décidé, sur initiative personnelle, d'aller à Dakar. C'était le 9 ou le 11 novembre 1981 (je ne m'en souviens plus clairement). J'avais des facilités pour le transport (possibilité de gratuité). En plus, les frais d'inscription étaient de l'ordre de 4 000 F CFA, contre 50 000 à Abidjan et 150 000 à Cotonou.

J'étais renvoyé étant en 2ᵉ année ; mais à Dakar, il me fallait reprendre la première année en 1981-1982, alors que mes promotionnaires de baccalauréat allaient en 5ᵉ année. Et ça, c'était ma faute, parce que je n'avais pas récupéré en son temps mon attestation de succès de 1re année à l'ISP. Il était devenu pratiquement impossible de l'avoir à temps pour « valorisation » à Dakar, surtout au regard du contexte : nos mauvaises relations avec l'administration. J'avais bien tenté par un proche ami, OSM (qui se reconnaîtra), mais ce ne fut qu'en mai 1982 que je reçus l'attestation à Dakar ; autant dire, inutile.

Voilà un peu d'où est partie ma trajectoire professionnelle : directeur d'école primaire pendant mon SNP, enseignement secondaire privé et public, puis études de 3ᵉ cycle, enseignement supérieur et recherche.
Mais toutes ces péripéties dues aux sanctions injustes nous ont forgés et on s'en est presque tous sortis, tant bien que mal. Je parle de « sanctions injustes », car elles ont été reconnues comme telles et annulées sous le CNR. J'ai même recouvré ma bourse en année de maîtrise après que j'ai fait une demande, sur insistance de OBM (qui se reconnaîtra) et d'un bon plaidoyer de la part des représentants de l'UGEV à la commission des bourses. Dans le même esprit, courant 1992 (je crois), j'ai bénéficié d'une « réhabilitation administrative » que certains avaient snobée avant d'en percevoir la valeur symbolique.

Quels étaient vos rapports avec les pouvoirs ?

On avait des rapports de lutte avec toutes les autres forces, du PAI (Parti africain de l'indépendance), du MLN (Mouvement de libération nationale), du RDA (Rassemblement démocratique africain) et leurs sympathisants en milieu syndical. Mais depuis que le PCRV (Parti communiste révolutionnaire voltaïque) a vu le jour, c'était ce parti qu'on soutenait, tout comme ses sympathisants en milieu syndical. On avait de bons rapports avec le (SYNTSHA : Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale), des sections, sous-sections de certains syndicats qui épousaient nos positions.

L'adversité contre « trop de monde » nous a un peu desservi en 1979. On s'était surtout aliéné des syndicats d'enseignants, notamment le SNEA-B (Syndicat national des enseignants africains du Burkina) dont on avait perdu le soutien, alors que jusque-là, on collaborait très bien. On était jeunes, on était dans l'euphorie, on dénonçait nom et prénoms… Cela ne nous a pas facilité la tâche.

On peut dire que vous avez été moulé également dans de grands combats idéologiques. Est-ce tout cela qui vous vaut ce dynamisme permanent dans le débat public ?

Certainement ; puisque c'est un engagement. Je suis resté militant du SYNTER (Syndicat national des travailleurs de l'éducation et de la recherche), pratiquement jusqu'en 1999, avant de quitter l'université pour aller dans un projet. Et jusqu'à aujourd'hui, ce sont des syndicats que je respecte ; les gens étaient de qualité et l'engagement sincère. Donc, on reste dans la dynamique, on suit l'actualité et on continue de débattre sur les sujets d'intérêt national.

Aussi, sur certaines thématiques, on a une sorte de devoir de restituer ce qu'on a fait, sans pour autant être complaisant avec le passé ni le fuir. Autant je n'hésite donc pas à en parler, autant je veux aussi mettre ce qu'on n'a pas su gérer en perspectives, pour éviter que les générations actuelles ne tombent dans les mêmes erreurs, même si les contextes ont substantiellement changé. Pour dire qu'il y a aussi cette envie de témoigner, d'expliquer pourquoi on devient ce qu'on est. Il y a également le fait que, lorsqu'on vous a connu sur une voie et que vous prenez du recul à un moment, ça se sent et les gens qui vous connaissent s'interrogent. De ce fait, il y a un devoir d'expliquer pourquoi à un moment donné, vous avez commencé à prendre vos distances, même si vous n'avez pas complètement rompu.

Doit-on comprendre que vous avez rompu avec le monde syndical ?

Je n'ai jamais rompu, moralement parlant, avec ces syndicats. Mais, à un moment donné, je suis devenu extrêmement critique. Je ne veux pas hurler avec les loups, mais pour moi, on avait inversé les priorités ; les priorités politiques avaient pris le pas sur celles corporatives. J'étais bien placé pour le savoir, parce que j'avais fait un doctorat de troisième cycle, qui limitait ma carrière à maître-assistant.

On ne pouvait pas aller au-delà. Donc, j'étais dans cette situation avec d'autres camarades, et notre préoccupation, c'était d'avoir des bourses ou des financements pour aller faire des doctorats d'État. Imaginez dans un même syndicat où nous autres voulions des bourses pour un doctorat d'État, il y avait aussi les gardiens, les jardiniers, etc. qui, eux, voulaient juste des gants et des bottes pour travailler !

Et toutes ces revendications dans une seule et même plateforme, ça ne peut pas marcher. Dans une telle situation, les revendications d'une certaine catégorie de militants ne seront jamais prioritaires au niveau du gouvernement, alors qu'elles sont légitimes. L'idée d'un syndicat séparé des enseignants du supérieur, qui allait se concrétiser plus tard avec la création du SYNADEC (Syndicat national autonome des enseignants-chercheurs), avait pris corps dans certains esprits, dont le mien.

De la sorte, si vous êtes entre enseignants-chercheurs dans votre syndicat, vos revendications sont examinées dans l'absolu et non de manière comparative à d'autres corps dans le syndicat. Au lieu de tels efforts, les camarades semblaient plutôt mettre l'accent sur l'engagement politique, en oubliant que ce sont d'abord les syndicats de corporation, qui peuvent s'occuper certes de questions politiques, mais prioritairement ce sont des questions corporatives. Si vous inversez en mettant les questions politiques au-dessus, vous serez politiquement forts, mais sans possibilité de mobilisation large au-delà du cercle politique dominant (les questions politiques sont clivantes).

Cette rigueur que vous vous êtes imposée, par la démarcation de la sphère politique, n'a-t-elle pas entamé votre carrière ?

C'est possible. Quand je rentrais de Dakar, la RDP (Révolution démocratique et populaire), avec laquelle je ne m'accordais pas très bien, était déjà en place. Dans les concours de la fonction publique, il y avait des épreuves d'idéologie, semble-t-il, pour écarter les adversaires de la RDP des emplois publics. Au départ, c'était de « vraies épreuves » de dissertation. Et sur ce terrain, nous autres, on était plutôt à l'aise. Les camarades qui ont eu affaire à ces épreuves les ont allègrement réussies. Ce qui était perçu comme « anormal », puisqu'on ne soutenait pas la RDP.

Donc, à un moment, les gens ont donc réimaginé des épreuves d'idéologie sous forme de petites questions très précises, propres à la RDP. Ce n'était plus de l'idéologie à proprement parler. Celui qui n'était pas impliqué dans ses activités des CDR ne pouvait plus s'en sortir. De plus, si vous avez étudié à l'étranger, c'était un handicap relatif : sur place à Ouaga, vous êtes baigné par les slogans de la RDP, vous êtes dans l'ambiance ; il y a des choses que vous entendez et vous lisez, alors que de l'étranger, ce n'est pas la même réalité. Il fallait donc être dans le bain CDR (Comité de défense de la révolution) pour s'en sortir.

Donc, après le SNP (Service national populaire), on a un peu « galéré ». J'avais obtenu quelques heures de vacation au lycée Newton (1986-1987) puis un poste permanent au lycée Montaigne (1987-1988), tous privés, mais administrés par des proviseurs affectés par l'État. Après le coup d'État de 87, il a été lancé un concours de recrutement de professeurs de sciences naturelles (Sciences de la vie et de la Terre, SVT, de nos jours), où il n'y avait plus d'épreuve d'idéologie. C'est à partir de là que j'ai obtenu mon emploi à la fonction publique. J'ai un peu hésité entre le privé (mieux payé, en ce qui me concernait) et le public avant de finalement opter pour le public.

Mais pourquoi aviez-vous, malgré cette réalité, préféré le public ?

Simplement parce que professeur dans le public, c'était plus valorisant, à mes yeux, que professeur dans le privé. En plus, dans le privé, il n'y avait pas de perspectives lisibles du genre plan de carrière. Dans le public, le salaire était faible, mais on a au moins une carrière stable, avec des perspectives d'évolution lisibles et fiables. Donc, je suis allé dans le public et mon premier poste, c'était dans un CEG (à Garango), alors que normalement, étant titulaire d'une maîtrise, je devrais être affecté dans un lycée. Il faut rappeler qu'à l'époque (de nos jours aussi), il manquait de professeurs pratiquement partout à l'intérieur du pays, surtout dans les disciplines dites « scientifiques ». Les populations s'étaient mobilisées et avaient construit des établissements secondaires ; il y avait donc une demande d'enseignants qu'il fallait combler.

Aviez-vous prévu le métier, tel que vous l'avez pratiqué ?

Pour le métier d'enseignant, je dirais oui ! Ayant raté l'ingéniorat et les autres opportunités, dans mon esprit, je voulais quand même obtenir une licence, diplôme-phare à l'époque (j'en avais à la fois les motivations et les capacités) avant de commencer à travailler quel que soit le métier. Mais le plus probable était désormais l'enseignement. Autrement, c'est plutôt rare de « perdre » quatre ans dans une université et d'accepter de reprendre la première année dans une autre, dans la foulée. Mais j'étais confiant.

Pour l'université, c'est en étant en poste à Garango que, informé par des promotionnaires de Dakar, j'ai postulé pour des études de troisième cycle à l'ISN-IDR (l'IDR étant l'ex-ISP). On avait trois choix, à l'époque. Côté études, j'étais du genre à m'en sortir « un peu partout ».

Mais là, j'avais des appréhensions en rapport avec les périodes « chaudes » de 1979 à 1981. Et finalement, j'ai déposé mon dossier là où je croyais ne connaître personne et inversement (si vous voyez ce que je veux dire), là où je n'avais pas d'appréhensions particulières : en physiologie animale. C'est une fois reparti à Garango, à mon poste, que j'ai été convoqué à Ouagadougou pour les entretiens en vue du recrutement pour le DEA.

C'est à l'entretien que j'ai su que c'était Oumarou Clément Ouédraogo (paix à son âme !) qui était le responsable de cette formation. Il nous avait tenus en travaux pratiques. Je le connaissais aussi par des copains et il avait la réputation d'être un ancien militant de l'UGEB (Union générale des étudiants burkinabè), même si je ne savais pas ce que cela valait. Il était ministre de l'enseignement supérieur et je ne sais pas s'il se souvenait de moi ou pas.

À la fin de l'entretien, il m'informa que j'étais retenu pour le DEA (Diplôme d'études approfondies) et me dit d'aller ramasser mes bagages et revenir sans délai à Ouaga, parce que les cours commenceraient incessamment. Je veux bien faire ma thèse, mais ça ne va pas être simple, administrativement parlant. Mais il était aussi mon ministre et réputé puissant à l'époque. C'est ainsi que j'ai fait le DEA, et entamé la thèse. Et en 1991, il est assassiné. Politiquement, je ne peux pas dire grand-chose sur lui, mais c'était un bon scientifique dans l'esprit et les ambitions de rayonnement international.

Le professeur Nacro avait, entre-temps, été nommé à sa place, et il se trouvait que j'étais l'un de ses meilleurs étudiants, en 2ᵉ année ISP. Il nous enseignait la chimie organique. À partir de 1991, il m'a fait affecter à l'université. J'ai pu soutenir mon doctorat de troisième cycle, mais difficilement, parce qu'il y avait toujours quelques obstacles « invisibles » sur mon chemin. Et même qu'après la soutenance, j'étais toujours menacé d'être renvoyé au secondaire. Plus platement, je dirais qu'il y a des gens qui ont des prérogatives qu'ils exploitent subtilement pour te « coincer ».

Tu sais que c'est injuste et subjectif, mais tu n'as pas de faits palpables, objectifs pour fonder une quelconque plainte. Tu rumines et « tu bois l'eau fraîche », comme dirait un collègue. J'ai ensuite été nommé assistant en janvier 1994, puis maître-assistant en juillet 1997. Mais tout cela est arrivé un peu tard, puisque j'ai eu ma maîtrise à 29 ans. À cela, il faut ajouter un an de SNP et un an dans le privé. J'ai donc commencé dans la fonction publique à 31 ans, soutenu un doctorat de troisième cycle à 36 ans, inscrit et nommé maître-assistant au-delà de la quarantaine. Aujourd'hui, à cet âge, certains sont déjà professeurs titulaires.

N'était-ce pas plutôt un exploit à l'actif de votre persévérance, quand on se réfère à ce que vous avez traversé !

C'est possible. En tout cas, ce n'était pas simple. À l'université, jusqu'à ma nomination comme maître-assistant, j'ai été maintenu en catégorie A2, conformément à la maîtrise, bien que recruté en Conseil des ministres sur la base du doctorat de 3ᵉ cycle. Statutairement, à la fonction publique de l'époque, avec un doctorat, on était classé en A1 plus une bonification d'échelons. Je n'ai pas pu obtenir de reclassement. Donc, je suis resté en A2 jusqu'à ma nomination comme maître-assistant.

Sur le plan financier, c'était difficile ; parce qu'à plus de 40 ans, on a la famille, des charges, des redevabilités vis-à-vis des frères et sœurs qui, dans mon cas, ont cotisé piécettes, ‘‘marbatigué'' (arachides grillées : Ndlr), grumeaux de ‘‘dèguè'', etc., pour me soutenir pendant mes périodes de galère. Et quand vous n'arrivez pas à incarner un tant soit peu l'image de ce qu'on appelle un prof d'université, ça vous touche ; parce que ce n'est pas gravé sur votre front que vous avez subi ceci ou cela de défavorable ou de favorable d'ailleurs. Je me suis dit à un moment donné, l'université c'est bien, mais il fallait que je cherche à me soulager financièrement quelque part.

C'est ainsi que je suis parti, sur test de niveau maîtrise, au programme de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) comme naturaliste-environnementaliste. Après la GIRE, j'ai réintégré l'université en 2004. Je passe les péripéties où j'ai fait neuf mois avant d'être remandaté. Mais j'étais d'une grande sérénité et m'étais définitivement conditionné pour faire une carrière de maître-assistant. C'est alors qu'entre-temps, en 2009, il s'est ouvert une possibilité de débloquer ma carrière par ce qu'on appelle l'« Habilitation à diriger la recherche (HDR) ». Je l'ai soutenue en 2015, et, sur cette base, je suis passé maître de conférences en 2016, puis professeur titulaire en 2021, année de ma retraite.

Combien d'œuvres avez-vous, à ce jour, à votre actif et quelles sont les thématiques développées ?

J'ai cinq ouvrages comme auteur unique, et un autre (plutôt technique) comme co-auteur. Le 1ᵉʳ est paru en juillet 2018 et le dernier en mi-janvier 2026. Les thématiques sont en réalité des questions que je mâchais depuis longtemps : entre autres, sur le référencement humain de nos conduites, sur la citoyenneté que je considère toujours comme la première contrainte de nos pays, les grandes questions d'actualité du moment, etc. Mais étant enseignant subalterne (de rang B), j'attendais d'être au moins maître de conférences, enseignant « cadre » comme on dit (rang A), avant de m'engager dans un autre défi qu'est l'écriture de livres.

Une revue générale des nombreuses tribunes que vous avez signées dans les médias, surtout à des périodes cruciales pour le pays ou sur des questions qui fâchent, montre également que tout ce qui touche à la citoyenneté, au civisme, à l'intégrité… et aux principes de gouvernance vous est cher. Quel commentaire faites-vous de mon observation et que souhaiteriez-vous que ces nombreux jeunes que vous avez enseignés gardent comme valeurs ?

J'aime bien ces thèmes, car, comme j'aime à le dire, « nul n'est saint et nul n'est dupe ». C'est pour dire qu'on ne peut pas être fort partout. Chacun a un point fort sur lequel il peut s'appuyer, parce qu'il sait que dans ce domaine, il est compétent, il a des connaissances certaines, et surtout, il est conséquent, il est conforme ou peut se conformer à sa parole. C'est cela la société : un jeu de complémentarités, où chacun excelle sur ses points forts (là où d'autres « se cachent ») et se fait discret sur ses points faibles où d'autres excellent.

C'est en cela que la société toute entière peut exceller sur des points forts. Il y a des sujets que je n'aborde pas, si ce n'est à mon corps défendant, parce que je n'y suis pas fort. Donc, je n'y entre pas ; je ne vais pas y aller « brasser l'air » comme on le disait sur le campus. Dans la vie, j'estime donc qu'il ne faut pas être prétentieux ; il faut maximiser dans le domaine où l'on a des aptitudes avérées. Je l'ai expliqué dans un de mes livres : si vous êtes fort dans un domaine valorisé par la société, vous êtes valorisé par la société.

Mais attention ! Il ne faut pas partir de ce constat pour aller dans un domaine où vous êtes faible, parce qu'il est valorisé alors que celui où vous êtes fort n'est pas valorisé. Si vous êtes fort dans un domaine, même s'il ne semble pas valorisé, restez-y quand même et continuez à exceller ; peut-être qu'avec le temps, sous certaines circonstances ou opportunités, ça le sera un jour. Par exemple, avec le développement des IA, il y a une revalorisation relative des aptitudes non automatisables, pendant que les savoirs bruts et accumulables, les aptitudes automatisables seront de moins en moins sollicités à la faveur de cette IA.

Je reconnais que c'est plus facile à dire qu'à faire ; parce que derrière, il y a des conditions matérielles, de standing, de valorisation sociale et tout ce qui s'en suit. Cela pousse les gens à se casser les dents dans des domaines où ils n'ont pas de talents ou de compétences, plutôt que de miser et d'insister sur leurs meilleures potentialités. Bref, très souvent, on investit plus qu'il n'en faut dans des domaines où on n'a pas le talent, au détriment de là où on a du talent, tout simplement parce que ce n'est pas valorisé par la société actuellement. On oublie que ça peut changer avec le temps.

Alors qu'aujourd'hui, chacun demande à l'autre ce que lui-même n'est pas prêt de faire !

Effectivement, les gens ne s'incluent pas dans leurs pensées. C'est pour les autres. Alors que la meilleure force, je ne parle pas seulement de quantité, c'est celle qu'on exerce sur soi-même. Il faut ensuite avoir de la patience. C'est la chose la plus difficile aujourd'hui, puisque les choses vont très vite. Donc, pour être patient, il faut être extrêmement fort. Je dis aux gens : être fort, c'est être capable de s'arrêter à un feu à Ouagadougou, à minuit, alors que personne ne vous regarde. Vous vous arrêtez simplement parce que le feu est au rouge. C'est cela quelqu'un qui est fort, parce que c'est sur lui-même, d'abord, qu'il exerce sa force. J'ajoute à cela la confiance en soi. Cette confiance, on ne peut l'avoir qu'à condition d'identifier et de s'approprier fièrement son potentiel.

L'autre illusion que les gens se font également, c'est de croire que tout le monde peut être leader. Il y a des talents « naturels » qui vont avec le leadership. En revanche, je dis toujours aux jeunes de s'assumer : prendre ses responsabilités quand il le faut ; vous êtes, par exemple, dans un groupe où vous sentez que vous vous distinguez dans un domaine donné ; ne vous défilez pas si le groupe vous désigne comme son représentant dans ledit domaine, tant que c'est dans la loyauté.

À vous de clore l'interview, si vous tenez un message particulier !

C'est de vous (Lefaso.net) remercier, car c'est la première fois que j'accède à ce format d'interview. Je me sens honoré que sur les plus de 30 millions de Burkinabè, vous puissiez me donner cet espace pour le débat public. Je ne peux que vous encourager dans ce que vous faites. Il est vrai que tous les contextes sont difficiles pour votre métier, mais le nôtre actuel l'est certainement plus. Encore merci et courage ! Je reste à disposition au cas où vous souhaiteriez revenir en détail sur l'un ou l'autre de mes ouvrages.

Interview réalisée par
Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Et si l'Afrique retrouvait sa propre voix ? : Réflexion sur la dépendance intellectuelle et la souveraineté de la pensée

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:49

Dans cette tribune, l'écrivain, essayiste et éditeur Mamadou Bamba Tall soutient que le principal défi de l'Afrique n'est pas seulement économique ou politique : il est aussi intellectuel. Selon lui, le continent peine encore à produire et à valoriser son propre récit, prisonnier d'une dépendance qui le conduit souvent à chercher sa légitimité dans le regard extérieur. Il plaide ainsi pour une véritable souveraineté de la pensée comme condition d'une renaissance africaine durable.

Il existe une forme de dépendance dont on parle rarement parce qu'elle ne se voit pas. Elle ne figure dans aucun rapport économique. Elle n'apparaît dans aucune statistique de la pauvreté. Pourtant, elle freine silencieusement toute ambition de renaissance africaine : la dépendance intellectuelle.

Le mauvais diagnostic

Pendant longtemps, nous avons cru que le problème fondamental de l'Afrique était économique. D'autres ont pensé qu'il était politique. Certains ont désigné la colonisation, d'autres la corruption, la géographie ou les guerres. Toutes ces lectures contiennent une part de vérité. Aucune n'est fausse. Mais aucune n'est suffisante.
Quelque chose d'essentiel manque dans ces diagnostics. Quelque chose de plus ancien et de plus tenace que la dette extérieure ou l'instabilité politique.
À force d'observer l'Afrique et les Africains, d'écouter ses intellectuels et ses dirigeants, de lire ses écrivains et ses polémistes, j'en suis arrivé à une conviction simple :

Notre faiblesse la plus profonde est souvent intellectuelle.

Non pas que l'Afrique manque de penseurs. Elle en regorge. Non pas qu'elle manque de talent ou d'intelligence. L'histoire en témoigne.
Mais trop souvent, nous regardons le monde à travers les yeux des autres. Nous analysons nos réalités avec les concepts des autres. Nous attendons des autres qu'ils racontent notre histoire. Et parfois, et c'est là le plus troublant, nous attendons des autres qu'ils nous disent ce que nous devons penser de nous-mêmes.

Parler la langue de l'autre, c'est une chose. Lui emprunter la bouche en est une autre.

Dans mon Manifeste pour une Afrique qui pense et agit par elle-même, j'ai écrit une phrase qui résume à elle seule une partie du problème :
« L'Africain parle avec la langue de l'autre, mais il lui emprunte en plus la bouche pour parler. »
Cette distinction est fondamentale.
Parler la langue de l'autre n'est pas en soi une faiblesse. Les langues sont des outils. Elles voyagent. Elles se partagent. Le français, l'anglais ou le portugais sont devenus des véhicules de la pensée africaine, et rien n'interdit de les habiter pleinement, de les retourner ou de les enrichir.

Mais parler avec la bouche de l'autre est une tout autre affaire. C'est accepter que quelqu'un d'autre définisse nos priorités. C'est attendre que d'autres racontent nos réussites. C'est croire qu'une idée n'a de valeur que lorsqu'elle reçoit un tampon venu d'ailleurs.

Regardons ce qui se passe dans le domaine de l'édition : combien d'auteurs africains croient encore qu'ils n'existent réellement qu'après avoir été publiés à Paris ou à Londres ?
Regardons les médias : combien d'événements africains ne deviennent importants à nos propres yeux qu'après avoir été commentés à Washington ou à Bruxelles ?
Regardons la recherche : combien de travaux intellectuels produits sur le continent restent ignorés tant qu'ils ne sont pas validés par des institutions étrangères ?
Nous avons parfois développé ce réflexe dangereux : chercher notre propre reflet dans le regard des autres.

Ce que cela révèle de nous

Cette dépendance n'est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d'une longue histoire, coloniale puis postcoloniale, qui a méthodiquement dévalorisé les institutions africaines, les savoirs africains et les langues africaines.

On ne traverse pas plusieurs siècles d'effacement sans en porter les cicatrices. Mais le diagnostic honnête impose d'aller plus loin. Parce que la colonisation a pris fin. Parce que les générations qui l'ont subie directement ont passé le relais. Et parce qu'aujourd'hui, une part de cette dépendance est entretenue non plus par des puissances extérieures, mais par des élites africaines elles-mêmes, intellectuels, dirigeants, créateurs, qui ont parfois intériorisé le regard de l'autre au point de ne plus pouvoir s'en passer.
C'est cette réalité-là, inconfortable mais nécessaire, que j'ai voulu nommer.

Une civilisation commence à exister pleinement lorsqu'elle produit son propre récit

Il ne s'agit pas de fermeture. Il ne s'agit pas de repli identitaire ni de méfiance systématique à l'égard du monde extérieur.
L'Afrique a toujours dialogué avec le monde. Elle l'a nourri. Elle en a été nourrie. Ce dialogue est une richesse. Mais dialoguer ne signifie pas s'effacer. Coopérer ne signifie pas s'agenouiller. S'ouvrir ne signifie pas disparaître.

Une civilisation commence à exister pleinement lorsqu'elle produit son propre récit. Lorsqu'elle crée ses propres institutions. Lorsqu'elle valorise ses propres penseurs. Lorsqu'elle accepte de se regarder elle-même sans attendre une permission extérieure.
Ce n'est pas de l'arrogance. C'est de la maturité.

La vraie question

Peut-être que la question décisive pour l'Afrique du XXIe siècle n'est pas seulement de savoir comment produire davantage, exporter davantage ou croître davantage.
Peut-être est-elle plus fondamentale :

Sommes-nous prêts à penser davantage par nous-mêmes ?

Car aucun peuple ne peut durablement transformer son destin lorsqu'il continue de se regarder dans le miroir des autres.
C'est à cette question que j'ai consacré Manifeste pour une Afrique qui pense et agit par elle-même.
Le livre est disponible chez Les Éditions AFROQUÉBEC et sur Amazon. Il sera prochainement accessible gratuitement en téléchargement pour les lecteurs qui souhaitent poursuivre cette réflexion.

Mamadou Bamba Tall
Écrivain, essayiste et éditeur
Fondateur des Éditions AFROQUÉBEC

Categories: Afrique

Adaptation aux changements climatiques : Des acteurs du monde paysan formés sur l'analyse des vulnérabilités et les capacités d'adaptation

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:48

Du 8 au 12 juin 2026 à Ziniaré, des représentants des plateformes nationales du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA) prennent part à un atelier de formation sur l'approche CVCA. Cette approche porte sur l'analyse des vulnérabilités et des capacités d'adaptation aux changements climatiques. Venus du Bénin, du Togo, du Niger, de la Côte d'Ivoire, du Mali et du Burkina Faso, les participants vont se familiariser avec les outils de collecte et d'analyse des données climatiques.

Développée par l'ONG Care, l'approche CVCA (Climate Vulnerability and Capacity Analysis) vise à aider les communautés à mieux comprendre les risques climatiques auxquels elles sont confrontées et à renforcer leurs capacités d'adaptation face aux effets croissants du changement climatique. Elle est centrée sur la communauté et permet de combiner les connaissances scientifiques avec les savoirs endogènes des populations afin d'identifier ensemble les meilleures stratégies d'adaptation aux changements climatiques.

Au-delà de l'identification des risques, l'approche vise à favoriser des plans d'action communautaires élaborés de manière participative. Les populations concernées deviennent ainsi les principaux acteurs des solutions mises en œuvre sur leurs territoires.

Pendant donc les cinq jours d'atelier, les participants, qui sont des formateurs, vont se familiariser avec les outils de collecte, d'analyse et d'interprétation des données climatiques, ainsi qu'avec les mécanismes participatifs permettant d'identifier les vulnérabilités locales et de concevoir des réponses adaptées aux réalités des territoires.

Tasséré Nacanabo, consultant et facilitateur de la session, va aborder 9 modules avec les participants

Tasséré Nacanabo, consultant spécialiste en environnement et changement climatique et facilitateur de la session, a indiqué qu'il va s'agir de préparer les participants à devenir eux-mêmes des relais au sein de leurs communautés. « Nous allons d'abord aborder les généralités sur le changement climatique afin d'assurer une mise à niveau des participants sur les concepts et terminologies les plus couramment utilisés dans ce domaine. Comme il s'agit d'une formation de formateurs, il est important qu'ils maîtrisent ces notions pour pouvoir les transmettre à leur tour », explique-t-il.

La formation s'articule autour des différents outils de l'approche CVCA avec neuf fiches méthodologiques qui partent de l'identification des risques climatiques jusqu'à l'élaboration des plans d'adaptation communautaire. « Chaque fiche représente un module spécifique. À travers ces différents outils, les participants apprendront à accompagner les communautés dans l'analyse de leurs vulnérabilités et dans la définition de solutions adaptées à leur contexte », précise le consultant.

René Soalla, vice-président de la Confédération paysanne du Faso, s'est réjoui de la tenue de la présente session de formation

À l'issue de la formation, les représentants des organisations paysannes seront chargés de reproduire l'approche dans leurs pays respectifs afin d'accompagner les communautés rurales dans la co-construction de plans d'adaptation aux changements climatiques.

René Soalla, premier vice-président de la Confédération paysanne du Faso, qui a procédé à l'ouverture des travaux, s'est réjoui de l'organisation de cette session de formation, qui vient contribuer à construire des réponses durables face aux défis qui affectent les communautés.

« Notre région est aujourd'hui confrontée à des défis majeurs. Les effets des changements climatiques se manifestent de plus en plus par la variabilité des pluies, la dégradation des ressources naturelles et la fragilisation des moyens d'existence des populations. Ces phénomènes accentuent les vulnérabilités des producteurs agricoles, des éleveurs et des pasteurs, tout en aggravant les tensions autour de l'accès aux ressources naturelles. Face à cette réalité, il devient indispensable de renforcer les capacités des acteurs de terrain afin qu'ils puissent accompagner efficacement les communautés dans l'identification des risques climatiques, l'analyse de leurs vulnérabilités et la valorisation de leurs capacités d'adaptation », soutient-il.

Saïdou Hema, chargé de programme à Care Burkina Faso

Il faut noter que cette initiative s'inscrit dans le cadre de la deuxième phase du programme Mobilité pastorale transfrontalière apaisée et stabilité sociale au Sahel (MOPSS-2). Pour Saïdou Hema, chargé de projet à CARE Burkina Faso, le programme vise à renforcer la coexistence pacifique entre les différents usagers des ressources naturelles dans les zones transfrontalières de plusieurs pays ouest-africains.

« Le programme MOPSS cherche à faciliter les interactions entre les éleveurs et les agriculteurs dans les espaces transfrontaliers du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Bénin, du Togo, du Ghana et de la Côte d'Ivoire. L'objectif est d'amener les différents acteurs à mieux gérer les ressources naturelles et à prévenir les conflits liés à leur utilisation », souligne-t-il.

Photo de famille

Les interventions du programme portent notamment sur la gouvernance des ressources naturelles, la sécurisation foncière, la prise en compte des effets du changement climatique et la promotion de mécanismes favorisant une gestion concertée des espaces agro-sylvo-pastoraux.

Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Santé publique : « Près de 21% des Burkinabè vivent dans une insécurité alimentaire » (ministre de la santé)

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:48

Selon l'Institut national de la statistique et de la Démographie (INSD), près de 21% des Burkinabè vivent dans une insécurité alimentaire, cite le ministre de la santé à l'occasion de la journée internationale de la sécurité des aliments, le 7 juin 2026. Les intoxications collectives, les infections dues à des germes pathogènes comme Salmonella ou Escherichia coli, ainsi que les contaminations chimiques, touchent particulièrement les groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles vivant avec des maladies chroniques.

« Nos aliments, source de vie, peuvent devenir des vecteurs de souffrance lorsqu'ils sont mal conservés, mal préparés ou contaminés. Dans un pays où les marchés informels, la vente d'aliments de rue et les pratiques culinaires traditionnelles occupent une place centrale, la vigilance doit être constante. Le fardeau est aussi économique : chaque cas de maladie alimentaire entraîne des dépenses de soins, une perte de productivité et fragilise les ménages », interpelle le ministre de la santé, Dr Robert Kargougou à travers son message diffusé le 7 juin 2026 à l'occasion de la commémoration de la Journée internationale de la sécurité des aliments.

« La sécurité alimentaire doit être un droit universel. Les populations rurales, les personnes déplacées internes et les familles vulnérables doivent bénéficier des mêmes garanties sanitaires que les autres. Le gouvernement veille ainsi à ce que l'aide alimentaire d'urgence, notamment dans les zones à défi sécuritaire, soit soumise à des contrôles rigoureux. J'appelle à l'engagement de tous les acteurs de la chaîne alimentaire, depuis les agriculteurs et les producteurs jusqu'aux consommateurs en passant par les transporteurs, les détaillants, les inspecteurs de la chaîne alimentaire et les cuisiniers, pour faire de la sécurité sanitaire des aliments une réalité quotidienne. Par des gestes simples, une volonté collective et des politiques publiques volontaristes, protégeons la santé de nos familles et renforçons la prospérité de notre pays », invite le ministre Kargougou, précisant donc que, la sécurité sanitaire des aliments ne se limite pas aux laboratoires ou aux services de contrôle.

L'autorité a également saisi l'occasion de la journée pour rappeler les grands axes d'actions en faveur de la sécurité des aliments au Burkina. Il s'agit du renforcement des contrôles et de la surveillance épidémiologique. « Un système national de surveillance des toxi-infections alimentaires collectives et de contrôle des résidus chimiques déployé et opérationnel, soutenu par un renforcement des capacités techniques et analytiques des laboratoires ainsi que des compétences des acteurs de santé », lit-on.

Ensuite, la formation et l'accompagnement des acteurs, à travers notamment un appui aux vendeuses de marchés et aux unités de transformation artisanale (formations sur l'hygiène, conservation et gestion des températures) et, enfin, la responsabilisation des consommateurs par des campagnes de sensibilisation sur les gestes simples qui sauvent (tels que le lavage des mains, la cuisson adéquate, la prévention de la contamination croisée, la conservation des aliments à bonne température et la consommation d'eau potable).

Placée sur le thème, « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », la commémoration 2026 rappelle que la sécurité sanitaire des aliments demeure une priorité pour tous les États afin de garantir une alimentation plus sûre pour toutes et tous, justifie le ministre.

Citant l'Organisation mondiale de la santé, Dr Kargougou révèle qu'à l'échelle mondiale, 550 millions de personnes tombent malades chaque année à cause d'aliments contaminés, entraînant 230 000 décès. L'Afrique est, poursuit le ministre, la région la plus touchée, avec 91 millions de cas et 137 000 décès annuels. « Ces chiffres rappellent que derrière chaque statistique, il y a des vies, des familles et des communautés fragilisées », a-t-il dit avant d'indiquer qu'au Burkina Faso, les maladies d'origine alimentaire restent une préoccupation majeure de santé publique.

Lefaso.net

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Burkina : Tous les concours de beauté sont suspendus sur l'ensemble du territoire national

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:47

Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme porte à la connaissance des promoteurs et organisateurs de concours de beauté, qu'un processus d'élaboration de nouveaux textes réglementaires est en cours pour encadrer l'organisation de ces événementiels. En attendant donc l'entrée en vigueur de cette réglementation, l'organisation de tout concours de beauté est suspendue sur l'ensemble du territoire national.

Cette mesure s'inscrit dans la dynamique actuelle de préservation, de promotion et de valorisation du patrimoine culturel national, conformément aux idéaux de la Révolution progressiste populaire (RPP),
Elle vise également à garantir le respect de l'identité culturelle burkinabè, des valeurs morales et sociales ainsi que des principes éthiques et de dignité humaine « qui fondent notre société ».

« Aucune autorisation y relative ne pourra être délivrée dans cette période transitoire », avise le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme dans une note signée du lundi 8 juin 2026

Lefaso.net

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Musique : Adji Kabré alias « DJ Otemptic », celle qui casse les codes derrière les platines

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:45

Sur un rooftop (toit-terrasse aménagé en hauteur comme bar) du quartier Ouaga 2000, derrière ses platines et son ordinateur, Adji Kabré orchestre les mélodies avec agilité. Depuis 2022, la jeune fille s'est aventurée dans un univers où l'on s'attend le moins à voir une femme. Slameuse, diplômée en droit, titulaire d'un master en gestion des conflits et construction de la paix, elle a choisi de suivre la passion et d'y consacrer son énergie. Son parcours actuel déconstruit les stéréotypes de genre et du classisme.

Adji Kabré cumule plusieurs vies en une seule. Elle est étudiante en journée, puis disc-jockey très souvent les soirs. La jeune fille est diplômée en droit, titulaire d'un master en gestion des conflits et construction de la paix. D'ailleurs la soutenance de son master portait sur « Le rôle de l'art dans le processus de construction de la paix ». Cela pourrait résonner théorique dans l'esprit, mais chez elle, cela est très pratique dans la réalité. Pourtant, rien ne prédestinait véritablement cette jeune femme à devenir une DJ professionnelle et passionnée.

Elle a commencé par le slam au lycée, puis les premières scènes et compétitions en 2019. « En 2020, je me suis intéressée à l'animation par curiosité. Au départ, c'était davantage pour le beatmaking. Puis en 2022, j'ai acheté mon propre matériel, la sono, les appareils nécessaires pour m'entraîner. C'est à ce moment-là que j'ai découvert une deuxième passion pour la musique. Je ne me suis jamais demandé si c'était un métier d'homme ou un métier de femme. Je me suis simplement intéressée à ce métier parce que je l'aimais. C'est quelque chose qui me fait me sentir vivante », raconte-t-elle. Depuis deux ans, elle mixe régulièrement dans un grand bar-rooftop bien connu de Ouaga 2000 et se produit aussi sur des rendez-vous culturels.

Quand la nuit tombe, les lumières des néons dessinent un horizon scintillant, c'est alors qu'Adji Kabré, Dj Otemptic, installe et branche son matériel de travail. Quand on y met pied, c'est l'agencement des mélodies qui retient l'attention avant que l'on aperçoive une silhouette d'environ 1 m 65, casque sur les oreilles, regard concentré, qui fait glisser ses doigts sur les commandes des platines. À ses côtés, un ordinateur haut de gamme où défilent à l'écran les morceaux qu'elle enchaîne avec bon sens. Sans transition, les basses envahissent et font vibrer l'espace. De quoi faire affluer les amoureux de la musique. Lorsque DJ Otemptic mixe, elle est comme absente, perchée sur un nuage de musique, seuls son clavier et sa platine l'intéressent.

« Certains pensent que c'est un métier misérable. Que c'est un métier qui n'est pas sérieux malheureusement. Mais je pense que c'est lié à l'ignorance », déplore Adji Kabré

S'imposer dans un monde où l'on ne vous attend pas

Derrière cette assurance qu'elle dégage quand elle travaille se cache un chemin semé d'interrogations, de préjugés et de défis. Car être femme DJ au Burkina Faso reste encore aujourd'hui une singularité. Adji Kabré en a conscience. Dans l'imaginaire collectif, le DJ reste encore largement associé à un homme. Les nuits, les bars, les festivals et les grandes scènes sont des univers où les femmes occupent rarement le devant des platines. « Beaucoup pensent que l'animation consiste simplement à jouer de la musique. Pourtant, ce n'est pas du tout cela. Il y a un énorme travail de recherche. Il faut connaître les styles, comprendre le public, préparer ses sélections, passer des nuits à travailler. C'est un métier qui demande énormément de concentration. C'est un métier cérébral. Les gens ne voient souvent que le moment où vous êtes derrière les platines, mais ils ne voient pas tout ce qu'il y a avant. Ils ne voient pas les heures passées à apprendre, à écouter, à préparer », explique-t-elle.

Adji Kabré a rapidement compris qu'elle allait donc devoir convaincre autrement par sa technique, par sa culture musicale, par un double travail. « C'est vrai qu'il y a peu de femmes dans ce métier. Quand les gens voient une femme derrière une platine, ils sont souvent surpris. Mais moi, je suis venue pour travailler. Je suis venue parce que j'aime cela. Je me suis accrochée à des amis DJ qui étaient déjà dans le métier et j'ai appris auprès d'eux. Je me suis formée et aussi chaque fois que j'ai eu une opportunité, j'ai montré ce que je savais faire. »

Au Burkina Faso, il n'existe pas encore de véritable école spécialisée dans le DJing. Les apprentissages passent souvent par l'entraide, l'observation et l'expérience du terrain. Une réalité qui complique davantage l'entrée dans la profession. À cela s'ajoute la question financière car les équipements professionnels représentent des investissements considérables. « Une platine coûte cher. Un ordinateur coûte cher. Le casque coûte cher. Tout coûte cher. C'est même l'une des principales difficultés du métier. Pourtant, lorsque vous proposez un tarif pour une prestation, certaines personnes trouvent cela excessif parce qu'elles pensent que vous faites simplement passer des chansons. Elles ne réalisent pas tout ce qu'il y a derrière », indique DJ Otemptic.

Cette détermination a fini par porter ses fruits. Ses prestations sont aujourd'hui appréciées par la clientèle. Son responsable, Rachid Ouédraogo, plus connu sous le nom de “Papy” dans le milieu, décrit une collaboratrice sérieuse, professionnelle et respectueuse de ses engagements. Il souligne également les nombreux retours positifs des clients concernant ses performances.

Au regard des stéréotypes et des étiquettes, DJ Otemptic que les jeunes filles ne s'intéressent pas longtemps au métier. « Malheureusement, les jeunes filles qui viennent vers moi, c'est peut-être juste pour l'effet de mode ou juste pour qu'on les voie mixer et faire des photos. Mais elles ne sont pas passionnées et ne sont pas motivées. »

Là où certains auraient pu penser qu'elle devait renoncer à sa féminité pour s'imposer, Adji Kabré affirme exactement le contraire. « Je pense sincèrement que je n'ai pas eu besoin de faire taire ma féminité pour être DJ. Au contraire, ce métier a davantage révélé mon côté féminin. Bien sûr, il y a parfois des situations compliquées, des formes de harcèlement ou des comportements déplacés. Mais cela existe malheureusement dans beaucoup de domaines. Il faut garder la tête sur les épaules, rester concentrée, savoir être ferme quand c'est nécessaire et souple quand il le faut », détaille-t-elle.

« J'aime les femmes qui font des choses différentes »

Au-delà de la musique, Adji Kabré voit désormais son parcours comme un signal envoyé à d'autres jeunes femmes. Car derrière chaque prestation se cache aussi une représentation, une preuve qu'une femme peut occuper cet espace, y réussir à condition de rester concentrée. « J'aime les femmes qui osent. J'aime les femmes qui font des choses différentes. J'aime voir des femmes s'engager dans des domaines que l'on considère souvent comme réservés aux hommes. J'encourage beaucoup de jeunes filles à venir apprendre. Certaines viennent par curiosité, d'autres simplement pour prendre des photos derrière une platine. Mais j'espère toujours rencontrer davantage de jeunes filles réellement passionnées, prêtes à travailler sérieusement. »

Pour Adji Kabré, le talent n'a pas de genre. « Je voudrais dire aux jeunes filles que la passion n'a pas de genre. Le talent n'est pas genré. Dire qu'un métier de nuit est un métier d'homme n'est pas juste. Ce qui compte, c'est la passion, le sérieux et les valeurs que l'on porte. Dans tous les domaines, il existe des étiquettes. Mais il faut rester concentrée sur ses objectifs », pense-t-elle.

Cette conviction trouve un écho particulier dans son parcours universitaire. Lorsqu'elle travaillait sur son mémoire consacré au rôle de l'art dans la construction de la paix, elle réfléchissait déjà à la manière dont la culture peut transformer les sociétés. Aujourd'hui, elle continue de croire en ce pouvoir. « Je me vois dans quelques années en train d'impacter d'autres jeunes filles. Je me vois collaborer avec davantage d'artistes. Je me vois voyager et faire voyager la culture burkinabè. Je pense que l'art peut créer des ponts entre les personnes. Il peut transmettre des messages. Il peut contribuer à construire quelque chose de positif », ajoute DJ Otemptic.

« Quand il s'agit d'étudier, j'étudie ! Quand il s'agit de mixer, je mixe ! Je m'organise, je ne mélange pas les choses »

Cette vision s'exprime également dans son activité de slameuse. En 2024, elle a sorti “Acapella”, un album de huit titres consacrés notamment à la liberté, à l'émancipation des femmes, au patriotisme et au civisme. Des thèmes qui prolongent naturellement les valeurs qu'elle défend derrière les platines. Dans le cadre du DJing, elle a également accompagné des artistes sur scène, récemment au spectacle de l'humoriste Moussa Petit Sergent, et multiplié les prestations dans des festivals à travers le pays.

Dans une société où certaines professions restent encore fortement associées à un genre, elle incarne une génération qui refuse les frontières invisibles tout en conservant les valeurs du pays.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Cyclisme : Le Tour du Faso réintègre le calendrier de l'Union cycliste internationale (UCI)

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:43

Le Tour du Faso signe son retour dans le calendrier de l'Union cycliste internationale (UCI). La 37e édition de la compétition, prévue du 30 octobre au 8 novembre 2026, figure désormais dans le calendrier officiel de l'UCI, a annoncé le Tour du Faso sur sa page Facebook.

Le Tour du Faso fait ainsi son retour au sein du calendrier de l'Union cycliste internationale. Retirée en 2024 du calendrier de l'instance faîtière du cyclisme mondial, le cyclisme burkinabè retrouve sa place parmi les compétitions officiellement reconnues par l'UCI.

La 37e édition du Tour du Faso, programmée du 30 octobre au 8 novembre 2026, est désormais inscrite au calendrier des compétitions de l'UCI pour la saison 2026.

Le Tour du Faso avait été retiré du calendrier de l'Union cycliste internationale en raison de la participation de l'équipe russe du CSKA Moscou au Tour du Faso 2024.

En effet, les équipes sportives russes étaient sous le coup d'une sanction internationale interdisant ainsi la participation de leurs équipes sportives à plusieurs compétitions en raison de la guerre en Ukraine.

Lefaso.net

Categories: Afrique

Publicité/Utilisation d'images générées par l'IA : « Les demandes de mannequins se font de plus en plus rares », déplore Francis G. Campbell

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:41

Face à l'essor des images générées par l'intelligence artificielle dans la publicité, le monde du mannequinat est confronté à de profondes mutations. Dans cet entretien, Francis G. Campbell, consultant en communication d'entreprise, expert en gestion d'image et directeur de la première agence burkinabè spécialisée dans la gestion de carrière artistique ainsi que dans l'accompagnement des Très petites, petites et moyennes entreprises (TPE/PME), analyse les impacts de cette révolution technologique sur les mannequins, les agences et l'industrie publicitaire au Burkina Faso. Il revient également sur les défis éthiques soulevés par l'IA, les stratégies d'adaptation du secteur et les perspectives d'avenir pour les professionnels du mannequinat.

Lefaso.net : Depuis quelques années, de plus en plus d'entreprises utilisent des images générées par l'intelligence artificielle pour leurs campagnes publicitaires. Comment percevez-vous cette évolution ?

Francis G. Campbell : Depuis l'avènement des nouvelles technologies, nous assistons à une évolution constante du numérique. Les outils qui sont proposés par les téléphones ont considérablement évolué. Il y a quelques années, nous utilisions des appareils comme Nokia ou Alcatel, qui étaient en noir et blanc et dépourvus de nombreuses fonctionnalités actuelles.

Cette évolution nous a progressivement conduits à l'intelligence artificielle. C'est donc une suite logique. On parle souvent de son utilisation en entreprise, mais il faut savoir que toute personne informée peut également en faire usage. À mon avis, c'est une bonne chose, même si tout excès est nuisible. Je pense que l'intelligence artificielle, lorsqu'elle est bien exploitée, contribuera à la croissance des entreprises et au développement des entrepreneurs qui choisiront de l'utiliser.

Pensez-vous que l'IA représente aujourd'hui une menace réelle pour les mannequins photo ? Si oui, Pourquoi ?

Aujourd'hui, l'IA représente une réelle menace, notamment pour les mannequins commerciaux, c'est-à-dire ceux qui réalisent des photos pour des marques ou apparaissent dans des catalogues. En effet, l'intelligence artificielle permet désormais de générer des images de mannequins africains presque parfaits. Même si l'on peut parfois percevoir qu'elles ont été retouchées, elles paraissent très réalistes. Cette ressemblance de plus en plus frappante avec l'être humain fait que cette catégorie de mannequins professionnels se retrouve aujourd'hui menacée, dans la mesure où elle peut être remplacée par des créations générées par l'intelligence artificielle.

Quelles sont, selon vous, les principales raisons qui poussent les entreprises à privilégier des visuels créés par IA ?

Il y a d'abord la réduction des coûts. Avec l'IA, il n'y a pas de frais d'agence, de cachet, de maquillage, de coiffure ou encore de location de studio. Les entreprises sont aujourd'hui dans une logique d'optimisation et de réduction des coûts de production, et cela leur facilite la tâche. Ensuite, il y a la rapidité d'exécution. Lorsque vous travaillez avec l'intelligence artificielle, le résultat est obtenu presque instantanément. Vous n'avez pas à attendre qu'un infographe réponde à vos appels ou vous informe que l'image ou l'affiche sera livrée le lendemain ou quelques jours plus tard.

Il y a également un contrôle quasi total sur le rendu. Avec l'IA, il est possible de modifier le vêtement, l'âge du mannequin ou encore le décor en quelques clics. Là encore, cela permet de réduire les coûts. Il n'est plus nécessaire de louer un studio, un hôtel ou un restaurant pour réaliser une séance photo.
L'intelligence artificielle permet ainsi de virtualiser des éléments du monde réel en un temps record et à un coût nettement inférieur à celui des méthodes traditionnelles.

Avez-vous déjà constaté une baisse des contrats ou des opportunités pour les mannequins à cause de cette tendance ?

Oui, on constate un ralentissement dans les contrats de mannequins commerciaux, notamment pour les campagnes institutionnelles des banques, des entreprises, des opérateurs de télécommunications ou encore des compagnies d'assurances. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle leur facilite considérablement la création de visuels. De plus en plus d'organisations ont recours à des images générées par l'IA. On a notamment pu l'observer à l'occasion de récentes célébrations, comme la fête des Mères, la Tabaski ou le Ramadan. Les visuels créés à l'aide de l'intelligence artificielle sont souvent facilement identifiables.

Ils présentent généralement des caractéristiques similaires, notamment dans le traitement des couleurs et le respect de certains standards visuels. Oui, la baisse de la demande est perceptible, et c'était une évolution à laquelle on pouvait s'attendre.

Certains annonceurs estiment que l'IA permet de réduire les coûts et de gagner du temps. Les mannequins peuvent-ils encore rivaliser face à cet avantage économique ?

Alors, oui et non. Tout dépend du continent et du secteur d'activité.
Il faut d'abord reconnaître qu'aujourd'hui, un mannequin ne peut pas rivaliser directement avec l'intelligence artificielle. Toutefois, il existe un paradoxe : ce que recherchent les entreprises et, plus largement, le public, c'est une identité et un sentiment d'appartenance à une communauté.

Les mannequins doivent donc évoluer vers davantage d'authenticité en développant une image de créateur de contenu ou d'influenceur. Ils doivent construire un univers propre et apporter une véritable valeur ajoutée. L'objectif est que les marques aient une raison de les choisir plutôt qu'une simple image générée par l'IA.
Une image créée par l'intelligence artificielle peut servir à illustrer un produit. En revanche, lorsqu'une personnalité reconnue et suivie par une communauté porte ce produit, elle peut avoir un impact beaucoup plus important sur les ventes. C'est là que réside toute la différence.

Le mannequin, à lui seul, ne peut plus rivaliser avec les avantages économiques qu'offre l'intelligence artificielle. Il doit se réinventer, évoluer vers un rôle de créateur de contenu, d'influenceur ou de personnalité publique. En développant une communauté engagée et fidèle, il pourra conserver une valeur que l'IA ne peut pas reproduire entièrement.

Peut-on remplacer totalement l'émotion, l'authenticité et l'expression humaine par des images artificielles ?

Je ne le pense pas. Lorsqu'on observe les publications sur TikTok, Facebook ou Instagram, on constate que de nombreuses personnes commencent également à se lasser de l'usage excessif de l'intelligence artificielle.
Par exemple, il arrive de voir une vidéo montrant une très belle femme marchant dans la rue, mais l'on comprend rapidement qu'il s'agit d'une création générée par l'IA. L'image paraît trop lisse, trop parfaite, parfois même irréelle.

Pour ce qui est de l'Afrique, je pense que les émotions occupent une place particulière dans nos sociétés en raison de notre culture. Les relations familiales et communautaires y sont très fortes. Nous vivons davantage dans la proximité, le partage et les interactions humaines.
Cette réalité fait que nous accordons beaucoup d'importance à l'authenticité. Nous sommes sensibles aux émotions réelles, aux expériences vécues et à la présence humaine. Dans ce contexte, il m'est difficile de croire que l'intelligence artificielle puisse surpasser l'être humain sur le terrain de l'émotion.

Cela dit, il faut reconnaître que les progrès de l'IA sont considérables. Où en sera-t-elle demain ? Je n'en ai aucune idée. Mais, à l'heure actuelle, la différence reste perceptible.
Les émotions véhiculées par l'intelligence artificielle ne s'accordent pas encore avec celles qu'un mannequin authentique, à travers son vécu, sa personnalité et son expression, est capable de transmettre.

L'agence de Francis G. Campbell travaille avec des créateurs de contenus, des influenceurs, des artistes, des sportifs, des mannequins et des acteurs célèbres au Burkina Faso ainsi que dans d'autres pays d'Afrique

Comment les agences de mannequins s'adaptent-elles à cette transformation du secteur publicitaire ?

Il faut savoir que notre agence, YYY Company, est sans doute moins affectée que beaucoup d'autres structures du secteur.
La raison est simple : nous ne sommes pas uniquement une agence de mannequins. Lorsque nous avons lancé l'agence en 2018, nous avions déjà compris que le mannequinat relevait davantage d'une activité passionnelle que d'un véritable métier offrant des revenus réguliers. Or, notre objectif était de construire un modèle économique viable.

C'est dans cette logique que nous avons accompagné l'émergence de la première génération d'influenceurs, alors même que les réseaux sociaux prenaient de plus en plus d'importance. Plusieurs personnalités aujourd'hui bien connues, comme Hugo Boss, Djamila Diallo, Rose Bonbon et bien d'autres, sont passées par notre agence avant de poursuivre leur parcours de manière indépendante. À leurs débuts, Djamila Diallo et Rose Bonbon étaient avant tout des mannequins commerciaux.

Lorsqu'on a une vision et que l'on parvient à la transmettre à ses talents, les résultats peuvent être remarquables. La visibilité dont bénéficient aujourd'hui Rose Bonbon et Djamila Diallo en est une illustration. Sans cette capacité d'adaptation, il aurait été difficile de faire face aux évolutions du secteur.
Aujourd'hui, nous ne sommes donc pas particulièrement touchés par ce phénomène. En revanche, certaines agences qui ont misé exclusivement sur le mannequinat ressentent davantage les effets de cette transformation.

Nous avions, en quelque sorte, une longueur d'avance. Je ne dirais pas que nous avions anticipé l'arrivée de l'intelligence artificielle, mais nous avions compris qu'il fallait construire une notoriété et fédérer une communauté pour générer de la valeur. À l'époque, le terme « influenceur » n'était même pas encore répandu, mais nous savions déjà qu'il fallait développer une présence populaire et visible. L'essor de TikTok n'a fait que renforcer cette conviction.

Aujourd'hui, près de 80 % du chiffre d'affaires de notre entreprise provient des influenceurs. Le mannequinat reste avant tout une passion. À mes yeux, ce n'est pas encore un véritable métier, dans la mesure où les revenus ne sont ni réguliers ni garantis.

Les défilés de mode sont relativement rares au Burkina Faso. Quant aux contrats publicitaires pour les marques, ils existent, mais les entreprises privilégient généralement une seule égérie pour représenter leur image. Une marque qui réalise plusieurs campagnes de communication choisira souvent la même personne pour l'ensemble de ses actions.
Cette réalité limite les opportunités offertes à de nombreux mannequins. Le marché demeure relativement restreint et les possibilités de collaboration restent concentrées autour d'un nombre limité de profils.

Les mannequins eux-mêmes ressentent-ils de l'inquiétude face à l'essor de l'IA dans la création visuelle ?

L'inquiétude est bien présente et elle est palpable au sein du secteur. Les demandes de mannequins se font de plus en plus rares. Aujourd'hui, certaines entreprises réalisent elles-mêmes leurs visuels, tandis que d'autres font appel à des infographes.
Or, ces professionnels utilisent eux aussi de plus en plus l'intelligence artificielle dans leur travail. Dans ce contexte, les mannequins sont pleinement conscients que le risque existe et que leur activité est confrontée à de nouveaux défis liés à l'essor de ces technologies.

Voyez-vous des risques éthiques liés à l'utilisation d'images générées par intelligence artificielle dans la publicité ?

Oui, les dérives éthiques sont nombreuses dans ce contexte. L'une des principales préoccupations concerne l'appropriation de l'identité culturelle et l'utilisation d'images inspirées de personnes qui n'ont pas nécessairement donné leur consentement. Une grande partie des visuels générés par l'intelligence artificielle repose sur l'analyse d'images existantes, ce qui soulève des interrogations importantes sur l'origine des données utilisées.
À ce jour, les cadres juridiques demeurent encore insuffisamment définis dans de nombreux pays pour encadrer pleinement ces pratiques. À mon avis, les principaux défis à venir concerneront les droits à l'image et les droits d'auteur.

En effet, les images générées par l'IA s'inspirent souvent de visages ou de caractéristiques humaines réelles. Même lorsqu'un visage n'est pas une reproduction exacte d'une personne, il peut parfois lui ressembler suffisamment pour susciter des interrogations. Dans certains cas, la ressemblance est frappante ; dans d'autres, elle est plus subtile, mais elle peut tout de même créer une confusion.

Cette situation soulève des questions juridiques complexes. Lorsqu'il n'est pas possible de démontrer clairement qu'une image représente une personne précise, il devient difficile d'établir une éventuelle violation des droits à l'image. C'est là que se situe, selon moi, l'un des principaux enjeux éthiques liés à l'utilisation de l'intelligence artificielle dans la création visuelle.
Au fond, dès lors que l'on parle d'images, on parle également de droits. Et lorsqu'il devient difficile d'identifier l'origine d'une image ou de déterminer si les droits ont été respectés, une question éthique se pose inévitablement.

Francis G. Campbell suggère aux entreprises et aux institutions de privilégier les mannequins humains, car ceux générés par l'IA ne dégagent pas d'émotions

Dans quels secteurs publicitaires les mannequins humains resteront-ils indispensables face à la montée des modèles générés par l'IA ?

Je pense que tout ce qui relève de la haute couture, de la mode locale, de la publicité vidéo, des contenus destinés à TikTok, du marketing d'influence et de l'événementiel continuera de nécessiter une présence humaine.
Sauf évolution majeure de la technologie, l'intelligence artificielle ne peut pas, à elle seule, remplacer des hôtesses d'accueil, des animateurs de terrain ou des agents chargés d'orienter le public lors d'un concert, d'un festival ou d'un autre événement. Ces missions exigent une présence physique, des interactions humaines et une capacité d'adaptation que l'IA ne possède pas encore.

Il en est de même pour certains secteurs de la mode. Lorsqu'il s'agit de mettre en valeur des tenues traditionnelles africaines, comme le Faso Dan Fani ou le Koko Dunda, le rendu généré par l'intelligence artificielle présente encore certaines limites. Les mouvements, les postures et l'expression corporelle demeurent souvent moins naturels que ceux d'un mannequin réel.

Pour cette raison, l'être humain reste, à ce jour, le meilleur vecteur pour promouvoir la haute couture africaine et mettre en valeur la richesse de ces créations.
Toutefois, il faut reconnaître une tendance qui semble contredire cette analyse. Les visuels de mode générés par l'IA gagnent de plus en plus de terrain. De nombreux créateurs utilisent désormais des mannequins virtuels pour présenter leurs collections. Même lorsque le caractère artificiel de ces images est perceptible, elles sont de plus en plus acceptées et utilisées.

Si les créateurs de mode eux-mêmes commencent à privilégier cette solution au détriment des agences de mannequins, cela nous ramène à la question centrale : la réduction des coûts de production. Pour une entreprise, la possibilité de produire rapidement des visuels à moindre coût constitue un avantage considérable.
Or, les créateurs de mode figurent parmi les partenaires historiques du mannequinat. S'ils adoptent massivement les outils d'intelligence artificielle, il est peu probable que les autres entreprises se privent à leur tour de cette opportunité. C'est précisément ce qui alimente les inquiétudes du secteur aujourd'hui.

L'IA peut-elle devenir un outil complémentaire pour les mannequins et les agences plutôt qu'un concurrent ?

Comme je l'ai dit au départ, l'IA est arrivée progressivement avec l'essor du numérique. Il faut donc s'adapter. Et pour s'adapter, il faut s'instruire.
Aujourd'hui, un mannequin peut utiliser l'intelligence artificielle pour créer des concepts de books futuristes. Il peut tester différents styles capillaires, réaliser des prévisualisations avant un shooting et avoir un aperçu du rendu final des images qu'il souhaite produire. L'IA permet de réaliser des choses incroyables.

Pour les agences, elle peut également être un outil précieux. Elle aide à scénariser des concepts, préparer des campagnes publicitaires et proposer aux clients des pistes créatives avant même le lancement des productions. Elle permet aussi de concevoir des storyboards, c'est-à-dire des représentations visuelles du résultat attendu pour un projet.

Ainsi, une agence peut utiliser l'IA pour préparer et renforcer son travail avant de faire intervenir les mannequins. De leur côté, les mannequins peuvent également s'appuyer sur cet outil pour améliorer la qualité de leurs prestations.
Maintenant, c'est au client de ne pas considérer l'IA comme un substitut au mannequin. Elle devrait plutôt lui permettre d'avoir un aperçu du résultat final avant la réalisation effective du projet avec un mannequin. Mais cela reste un avis personnel.

Nous sommes dans une situation en constante évolution et personne ne sait jusqu'où l'intelligence artificielle ira. Si demain elle parvient à remplacer totalement le mannequin dans les productions vidéo, il faudra aussi savoir s'adapter à cette nouvelle réalité.

Existe-t-il aujourd'hui des discussions ou des réglementations pour protéger les professionnels du mannequinat face à cette évolution technologique au Burkina Faso ?

Au Burkina Faso, comme dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, je pense que nous accusons un certain retard sur cette question.
Au Burkina, nous disposons du BBDA (Bureau burkinabè du droit d'auteur) et je sais qu'il existe des textes qui protègent l'image de manière générale. Toutefois, à ma connaissance même si je peux me tromper, il n'existe pas encore de cadre juridique spécifique pour ce que l'on appelle le deepfake commercial. Le deepfake commercial, c'est précisément l'usage abusif de l'image d'une personne à son insu. Il s'agit de situations où l'image, la voix ou l'identité visuelle d'un individu est réutilisée sans son consentement, ce qui peut lui porter préjudice ou générer des profits dont il ne bénéficie pas.

Aujourd'hui, on voit par exemple certaines intelligences artificielles, notamment aux États-Unis, recréer l'image ou la voix de personnalités décédées, comme Michael Jackson. Je ne connais pas précisément les mécanismes juridiques qui encadrent ces pratiques, mais il me semble logique que les ayants droit ou les familles concernées puissent engager des poursuites lorsque l'image d'un défunt est utilisée sans autorisation.
De la même manière, lorsqu'une telle exploitation génère d'importants revenus, le droit devrait prévoir des mécanismes permettant de récupérer une partie des gains réalisés par l'auteur de l'usurpation afin de les reverser aux ayants droit ou au propriétaire légitime de l'image lorsqu'il est vivant.

Quoi qu'il en soit, je constate que les textes restent encore relativement faibles en Afrique sur ces questions. Or, il devient urgent d'y remédier, car les technologies évoluent rapidement et les défis qu'elles posent seront de plus en plus importants dans les années à venir.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent se lancer dans le mannequinat dans ce nouveau contexte dominé par le numérique et l'IA ?

Je vais donner trois conseils à la nouvelle génération.
Le premier conseil, c'est qu'il ne faut plus être simplement une image ; il faut devenir une marque. Être une marque, c'est développer sa personnalité, sa prise de parole et sa présence sur scène. Un mannequin doit aussi être capable de jouer un rôle d'acteur. Dans certaines campagnes publicitaires, notamment pour des produits de beauté, on vous demande de prononcer des textes ou de transmettre des émotions. Il faut donc savoir s'exprimer.

Avec l'arrivée de l'intelligence artificielle, il devient indispensable d'être compétitif. Les clients doivent sentir que votre prestation apporte une valeur ajoutée qu'aucun personnage virtuel ne peut reproduire. Il faut qu'il soit plus intéressant de travailler avec vous que de créer un mannequin artificiel.
Le deuxième conseil est de miser sur la vidéo et sur la dynamique qu'elle offre. Aujourd'hui, les vidéos circulent plus rapidement et génèrent davantage d'engagement que les photos. Mais encore faut-il savoir quel contenu produire. Un mannequin qui se contente de publier des vidéos de défilés du lundi au dimanche finira par lasser son audience.

Le mannequin d'aujourd'hui doit donc développer d'autres facettes de sa personnalité. Quelles sont ses autres qualités ? Aime-t-il danser, chanter, jouer la comédie ou partager des connaissances ? Il faut également observer ce que font les influenceurs. Je le répète : le mannequin de demain qui parviendra à faire face à l'essor de l'IA sera aussi un influenceur.

Si cette réalité n'est pas comprise, beaucoup de mannequins risquent de se décourager, d'abandonner la profession et de se tourner vers d'autres activités. C'est pourquoi il faut miser sur la vidéo, sur la scénarisation et sur la création de contenus variés. Au-delà du mannequinat, qui suis-je ? Qu'ai-je à montrer au public ?
Prenons l'exemple du Sénégalais Khaby Lame. Il est devenu l'un des influenceurs les plus connus au monde en réalisant des vidéos simples, sans même prononcer un mot. Aujourd'hui, il est multimillionnaire. Cela montre que le succès sur TikTok ou sur les plateformes du groupe Meta reste difficile à prévoir. Personne ne sait quel talent ou quelle idée originale peut demain conquérir le public.
L'essentiel est donc de rester authentique, de proposer des contenus dynamiques et de privilégier les formats vidéo.

Enfin, le troisième conseil est de se former au numérique. Il n'y a pas de débat possible sur cette question. Si vous ne comprenez pas comment fonctionne l'intelligence artificielle, vous risquez d'être rapidement dépassé.
Aujourd'hui, un auteur peut utiliser l'IA pour améliorer son processus d'écriture. Un entrepreneur agricole peut rechercher des outils spécialisés pour son secteur. Il en va de même pour les professionnels de la finance, du commerce ou de nombreux autres domaines.

Beaucoup de personnes se limitent à ChatGPT en pensant que cela suffit pour transformer leur activité parce qu'elles obtiennent des réponses à leurs questions. En réalité, le sujet est bien plus vaste. Il faut se former, explorer les outils adaptés à son domaine et faire de l'intelligence artificielle un véritable levier de travail et d'efficacité au quotidien.

À long terme, comment imaginez-vous l'avenir du mannequinat et de la photographie publicitaire ?

Il y a de quoi être inquiet, parce que l'être humain a naturellement tendance à rechercher ce qui coûte le moins cher, tout en espérant obtenir de la qualité. Et même lorsqu'il se plaint qu'une solution moins chère ne lui a pas donné satisfaction, il reste souvent dans cette logique et cherche une autre option à bas prix, mais de meilleure qualité.
Je crois donc que l'avenir du secteur, à long terme, pourrait être préoccupant. Cela dit, un marché pourrait aussi s'ouvrir aux mannequins. Je ne saurais pas encore le définir avec précision aujourd'hui ; il faudra voir comment la technologie évolue.

Peut-être qu'une autre manière de faire du mannequinat émergera et offrira de nouvelles opportunités de revenus. Prenons l'exemple d'OnlyFans, une plateforme américaine qui génère aujourd'hui d'importants revenus pour certains créateurs de contenu.
On y trouve des femmes qui gagnent des sommes considérables chaque année, simplement en animant des discussions ou en échangeant avec leur communauté. C'est ce qui se passe actuellement aux États-Unis. Elles sont présentes quotidiennement sur la plateforme et interagissent avec leur public, à l'image de Mabioo, Coach Hamond Chic ou encore Lolo Beauté.

Elles sont assises devant leur caméra et discutent avec leur communauté. Les revenus générés n'ont parfois rien à voir avec ceux obtenus sur TikTok. Si une mannequin décide d'intégrer une telle plateforme pour montrer à sa communauté comment elle défile, comment elle essaie de la lingerie ou des vêtements, et que le public adhère à son contenu, elle pourrait devenir une véritable millionnaire du numérique, visible sur ordinateur, à la télévision ou sur téléphone.

C'est pourquoi je pense qu'il faut encore attendre avant de prétendre maîtriser l'avenir du secteur de la mode et du mannequinat. La situation est très évolutive et il faut observer attentivement la manière dont les choses vont se transformer.
Il faut espérer que ces changements ne viendront pas, de manière radicale, effacer toutes les opportunités offertes par le mannequinat physique. Les créateurs, les sponsors et les promoteurs devront prendre leurs responsabilités afin que les conditions d'existence des mannequins ne disparaissent pas.

Souhaitez-vous ajouter un message ou un appel à l'endroit des marques et des agences publicitaires ?

Je vais leur adresser un message dont je sais très bien qu'il ne fera peut-être pas l'unanimité, parce qu'aujourd'hui, l'économie est souvent priorisée de manière absolue.
Tout ce que je peux dire aux entreprises, aux agences et aux annonceurs, c'est qu'investir dans les mannequins, les photographes et les maquilleuses, c'est aussi investir dans la culture.

Si vous cessez de faire appel aux photographes, aux maquilleuses ou aux mannequins, vous créez progressivement un déficit économique local. À terme, cela peut avoir des répercussions sur l'emploi, l'insertion professionnelle et, plus largement, sur l'équilibre social. Je pense donc qu'il est important de réfléchir à ces enjeux.

Parce que permettre à certains métiers d'exister et de se développer est aussi une manière de faire grandir son pays.
L'intelligence artificielle est là pour optimiser le travail et renforcer les capacités de chacun. Mais elle ne doit pas exclure la recherche, la créativité personnelle ou encore la sensibilité humaine. Elle ne doit pas faire disparaître cette émotion authentique qu'un mannequin est capable de transmettre.
Je sais que cette position ne fera pas l'unanimité. Mais face aux bouleversements que connaît le secteur, il me semble essentiel de rappeler que l'innovation ne doit pas se faire au détriment de l'humain.

Samirah Bationo
Lawako Oumou Dalilha Ky (stagiaire)
Lefaso.net

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Burkina/Solidarité : La Faîtière des caisses populaires fait un don de vivres d'une valeur de 5 millions de francs CFA aux veuves et orphelins des FDS

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:37

La Faîtière des caisses populaires du Burkina (FCPB) a procédé à la remise d'un important don de vivres destiné aux veuves et orphelins des membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) tombés sur le champ d'honneur. La cérémonie de don s'est tenue ce lundi 8 juin 2026 au camp Sangoulé Lamizana, en présence du président du conseil d'administration de la Faîtière des caisses populaires du Burkina, Adama Kaboré. Ce don, d'une valeur de 5 millions de francs CFA, est fait dans le cadre de la semaine des Caisses populaires célébrée chaque année. Pour cette année, cette semaine s'est déroulée du 25 au 31 mai.

Le don est composé de 235 sacs de riz de 25 kg, de 200 bidons d'huile de 5l, de 105 cartons de savon. Selon le coordinateur des structures rattachées de la direction centrale de l'action sociale et des services psychologiques des armées, le lieutenant Hubert Nana, ce don facilitera la prise en charge psychosociale des familles des membres des FDS tombées au front.

Le président du Conseil d'administration de la Faîtière des caisses populaires, Adama Kabore et son équipe remettant le don au lieutenant Hubert Nana

« L'impact de ce don est à deux niveaux. Il va renforcer nos capacités dans le cadre de la prise en charge psychosociale des familles des membres des FDS tombés. Cela permet à ces familles de savoir qu'elles ne sont pas seules dans cette souffrance et qu'il y a des gens qui sont mobilisés pour les soutenir. Aussi, ce geste galvanise les FDS qui se battent au front. Elles sauront que les populations sont mobilisées autour de leur combat », a indiqué le lieutenant Nana.

Le lieutenant, Hubert Nana

Selon le président du conseil d'administration de la Faîtière des caisses populaires, Adama Kaboré, ce geste de solidarité répond à l'appel lancé par les autorités. Pour lui, vu le sacrifice suprême des membres des FDS tombés au front, les populations doivent se mobiliser pour soutenir leurs familles afin que celles-ci ne se sentent pas abandonnées. « Chaque année, nous célébrons notre semaine des caisses. Cette année elle s'est tenue du 25 au 31 mai. C'est en marge de cette semaine que nous avons voulu joindre l'acte à la parole en faisant ce don. Il est destiné aux veuves et orphelins des membres des FDS tombés sur le champ de bataille pour la défense de la patrie. Ce sont des gens qui se sont battus jusqu'au sacrifice suprême de leur vie pour que nous puissions continuer ce que nous faisons. Nous devons soutenir leurs familles. Nous devons leur montrer que nous sommes avec elles afin qu'elles ne se sentent pas abandonnées. Aussi, à travers cet acte de solidarité, nous répondons à l'appel lancé par les premières autorités du pays », a souligné le président du conseil d'administration de la Faîtière des caisses populaires.

Le président du Conseil d'administration de la Faîtière des caisses populaires, Adama Kabore

Chaque année, la Faîtière des caisses populaires fait des dons dans les écoles et centres de santé. Elle construit également des infrastructures telles que des forages, des salles de classes pour soutenir les populations en difficulté.

Photo de famille

Rama Diallo
Dalila Ky, stagiaire

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Burkina : Le ministre de la sécurité alerte sur des mouvements d'éléphants, notamment sur les axes Ouaga-Bobo et Ouaga-Pô

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:18

Des mouvements d'éléphants sont observés ces derniers temps dans plusieurs localités du pays, notamment à Boromo et Hèrèdougou sur la route nationale N°1, RN1 (route Ouagadougou -Bobo) ainsi qu'aux environs du pont Nazinon sur la RN5 (route Ouagadougou-Pô), informe le ministre de la sécurité.

Les populations des zones concernées et les usagers desdites routes sont donc invitées à faire preuve de prudence et à observer strictement les mesures de sécurité. Il s'agit d'éviter tout contact avec les éléphants et maintenir une distance de sécurité ; respecter les limitations de vitesse sur les routes traversant les aires protégées et les corridors à éléphants ; éviter de fréquenter les zones abritant les éléphants pendant la nuit.

Aussi, les populations sont appelées à protéger les exploitations agro-sylvo-pastorales par des mesures appropriées de refoulement des éléphants ; s'interdire formellement de blesser ou d'abattre les éléphants, espèces intégralement protégées et à informer sans attendre les services forestiers de toute présence d'éléphants dans les zones d'habitations ou sur les routes à travers le numéro vert 1010.

En outre, le ministre de la sécurité encourage, par cette note signée du 8 juin 2016, l'ensemble des populations à faire preuve de vigilance et de civisme, et à renforcer la collaboration avec les services forestiers pour une gestion efficace de ce phénomène écologique.


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Afrique du Sud : Récurrence et persistance des « violences xénophobes », dirigeants cherchent la parade

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:04

L'Afrique du Sud connaît, voilà plusieurs années maintenant, des vagues de violences xénophobes contre des migrants. Des mouvements nationalistes, relayés par les réseaux sociaux, pointent les étrangers comme responsables de la criminalité et de la dégradation des services publics, dans un contexte de pauvreté, de chômage, etc. Depuis fin mars 2026, le pays est retombé dans ce cycle infernal avec des violences exercées sur des personnes, des commerces et bien saccagés et brûlés… Face à la situation, des Etats africains organisent le rapatriement de leurs compatriotes, tandis que les dirigeants politiques sud-africains cherchent la parade à cette spirale de violences, au moment où plusieurs groupes hostiles à l'immigration ont fixé au 30 juin 2026, un ultimatum aux étrangers en situation irrégulière pour quitter le pays.

L'hospitalité de la nation arc-en-ciel est loin d'être au mieux de sa forme. Les vagues de violences xénophobes de 2008 (62 étrangers tués et des milliers déplacés du fait des attaques à travers le pays, selon C News), de 2015, de 2021 et de 2026 en cours, contrastent avec l'idéal qui veut que tout Africain soit chez lui, partout en Afrique.

Depuis fin mars, l'actualité dans ce seul pays africain à avoir, jusque-là, abrité une édition de Coupe du monde (en 2010), est encore plombée par la vague de violences xénophobes. De nombreux dégâts humains et matériels enregistrés, obligeant des pays africains à organiser des rapatriements de leurs compatriotes pendant que de nombreux autres Africains pleurent le sort de leurs proches dans cette nation arc-en-ciel.

En effet, les migrants en situation irrégulière sont, selon africanews, accusés de contribuer à l'aggravation du chômage déjà parmi les plus élevés au monde (le pays afficherait un taux de chômage supérieur à 32 %), et d'exercer une pression supplémentaire sur les services publics de santé et d'éducation. « Bien qu'il n'existe pas de statistiques officielles sur le nombre de migrants en situation irrégulière, les estimations varient entre 2 et 5 millions de personnes pour une population totale d'environ 62 millions d'habitants. Première puissance économique d'Afrique australe, l'Afrique du Sud demeure une destination privilégiée pour les migrants originaires de pays voisins comme le Zimbabwe, le Mozambique et le Lesotho, mais également du Nigeria, du Ghana, du Malawi et de l'Éthiopie.

Plusieurs gouvernements africains, dont ceux du Ghana, du Nigeria, du Kenya et du Mozambique, ont récemment affirmé que leurs ressortissants avaient été victimes de menaces ou d'agressions en raison de leur statut d'étrangers. Le Ghana a ainsi rapatrié près de 300 de ses citoyens le mois dernier, tandis que le Mozambique a rapporté la mort de cinq de ses ressortissants lors d'attaques présumées à caractère xénophobe dans la ville côtière de Mossel Bay », présente africanews, ajoutant que depuis sa formation en 2024, le gouvernement de coalition sud-africaine a placé la question migratoire parmi ses priorités, avec à l'actif, l'expulsion de plus de 100 000 personnes en situation irrégulière au cours des deux dernières années.

Lire aussi : Violences en Afrique du Sud : Le réseau « AFRIKKI » exige des mesures immédiates pour stopper la vague de xénophobie

Plusieurs groupes hostiles à l'immigration ont donc fixé au 30 juin 2026, un ultimatum aux étrangers en situation irrégulière pour quitter le pays et réclament l'ouverture de discussions avec le gouvernement.

Dans une allocution prononcée le dimanche 7 juin 2026, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a promis de prendre des mesures pour répondre aux préoccupations croissantes liées à l'immigration clandestine. Il estime que de nombreux Sud-Africains soulèvent des questions certes difficiles, mais légitimes et réelles qui, de ce fait, méritent d'être entendues et prises en compte.

Le président a cependant mis en garde contre toute tentative de certains groupes de se substituer aux forces de l'ordre, en avertissant que les autorités ne toléreraient aucune initiative de justice populaire.

Cette sortie du président de la République trouvera-t-elle écho favorable auprès de ces groupes de violences ? En tous les cas, tout doit être mis en œuvre pour éviter ces fureurs qui s'exercent sur les personnes et leurs biens.

Lire aussi : Violences Xénophobes en Afrique du Sud : La face hideuse de la Nation arc-en-ciel

O.L.

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IRA du Guiriko : Wendyam Nafissatou Ouédraogo ouvre les soutenances du cycle B avec une note d'excellence de 18,50/20

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:02

Wendyam Nafissatou Ouédraogo a ouvert, ce lundi 8 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, le bal des soutenances des élèves stagiaires du cycle B de la promotion 2024-2026 de l'Institut régional d'administration (IRA) du Guiriko. Première candidate à se présenter devant le jury, elle a brillamment défendu son rapport de stage consacré au développement des compétences en coopération culturelle à la Semaine nationale de la culture (SNC). Une prestation saluée par les membres du jury et récompensée par la note de 18,50/20, avec la mention « Excellent ». Une première qui marque également un tournant historique dans la formation des cadres moyens de l'administration publique burkinabè.

L'Institut régional d'administration (IRA) du Guiriko a officiellement lancé, ce lundi 8 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, la première vague des soutenances de rapports de stage des élèves stagiaires du cycle B de la promotion 2024-2026. Durant trois jours, du 8 au 10 juin, 117 apprenants issus de 18 filières défendront leurs travaux de fin de formation devant des jurys composés de praticiens et de cadres de l'administration publique.
Pour inaugurer cette session, c'est l'élève assistante des affaires culturelles Wendyam Nafissatou Ouédraogo qui a été appelée à ouvrir les soutenances. Un exercice qu'elle a réussi avec brio en obtenant la note de 18,50/20 devant un jury présidé par le conseiller technique du gouverneur de la région du Guiriko chargé des affaires culturelles, Siaka Coulibaly.

Wendyam Nafissatou Ouédraogo a ouvert le bal des soutenances et réussit avec brio en obtenant la note de 18,50/20

Un travail axé sur la coopération culturelle à la SNC

Dans son rapport intitulé : « Développement des compétences en coopération culturelle à la Semaine nationale de la culture », l'impétrante s'est intéressée aux mécanismes de coopération mis en œuvre au sein de la direction générale de la SNC. À travers son immersion professionnelle, elle a analysé les dispositifs existants et mis en lumière plusieurs difficultés, notamment les insuffisances observées dans l'efficacité du système de coopération culturelle.

« Durant notre immersion, nous avons constaté une insuffisance dans l'efficacité du dispositif de coopération culturelle. Cela nous a conduits à formuler des recommandations portant notamment sur l'amélioration des conditions de travail et le renforcement des capacités des agents », a-t-elle expliqué à l'issue de sa soutenance. La jeune stagiaire n'a pas caché les difficultés rencontrées lors de la rédaction de son document, notamment en raison des contraintes liées à l'événementiel culturel.

Les participants à la cérémonie inaugurale des soutenances à l'IRA Guiriko

« Au début, ce n'était pas simple. Avec les activités de la SNC, je me demandais parfois si j'allais réussir à terminer mon document à temps. Heureusement, grâce à l'accompagnement de mes collaborateurs et de mes encadreurs, j'ai pu relever ce défi », a-t-elle confié avec satisfaction. Encadrée par Ousmane Bangré et Sitélé Romaric Sanou, tous deux conseillers des affaires culturelles, Wendyam Nafissatou Ouédraogo devient ainsi la première élève du cycle B à soutenir son rapport à l'IRA du Guiriko.

Wendyam Nafissatou Ouédraogo n'a pas manqué d'exprimer sa joie et sa satisfaction à l'issue de la soutenance

Une réforme historique dans la formation des cadres moyens

Au-delà de la performance individuelle de la candidate, cette session revêt une dimension particulière pour l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM). Selon les responsables de l'institution, il s'agit en effet de la première fois dans l'histoire de l'établissement que les élèves du cycle B sont soumis à l'exercice de soutenance de leur rapport de stage. Pour l'administration de l'école, cette innovation pédagogique traduit une volonté de renforcer les exigences de qualité dans la formation des cadres moyens de l'administration publique. À en croire les premiers responsables, cette réforme consacre ainsi une rupture qualitative majeure et marque l'avènement d'une nouvelle ère dans la formation des cadres moyens de l'administration.

Pour le directeur de l'IRA du Guiriko, Yéréli A. L. Lamien, cette première soutenance est un signal encourageant pour l'ensemble des apprenants. « Nous avons lancé officiellement les soutenances à travers cette cérémonie inaugurale. La candidate vient d'obtenir une mention excellente sur un sujet particulièrement pertinent portant sur la coopération au sein de la SNC », a-t-il indiqué. Selon lui, le travail présenté témoigne d'une bonne maîtrise théorique et pratique de la thématique abordée.

Pour le directeur de l'IRA du Guiriko, Yéréli A. L. Lamien, cette première soutenance est un signal encourageant pour l'ensemble des apprenants

« Elle a analysé les différents types de coopération, les difficultés rencontrées par les acteurs et proposé des pistes d'amélioration. Son travail montre qu'elle a été suffisamment outillée durant sa formation et son stage », a-t-il apprécié. Le directeur de l'institut s'est également montré confiant quant à l'avenir professionnel de l'impétrante. « Avec les compétences acquises, elle est prête à intégrer efficacement l'administration publique. Nous lui souhaitons un excellent parcours professionnel et pourquoi pas un retour dans trois ans pour le cycle A », a-t-il laissé entendre.

Un document salué pour sa pertinence

Président du jury, Siaka Coulibaly n'a pas caché sa satisfaction à l'issue de l'évaluation. Selon lui, le rapport de Wendyam Nafissatou Ouédraogo se distingue par sa qualité méthodologique et la pertinence de ses propositions. « Nous avons été très séduits par ce travail. C'est un document assez clinique qui identifie clairement les problèmes, les analyse et propose des solutions adaptées. Il est bien structuré, facile à lire et très accessible », a-t-il souligné.

Le conseiller technique du gouverneur estime que les recommandations formulées pourraient constituer une réelle valeur ajoutée pour la Semaine nationale de la culture (SNC). « Les pistes proposées peuvent être utiles à la SNC, notamment dans la recherche de partenariats et de sponsors. Il est important que des étudiants s'intéressent à cette institution culturelle majeure de notre pays », a-t-il ajouté.

Président du jury, Siaka Coulibaly n'a pas caché sa satisfaction à l'issue de l'évaluation

Siaka Coulibaly a rappelé le rôle stratégique de l'IRA dans la formation des agents de l'État au niveau régional. « L'IRA est l'un des incubateurs les plus stratégiques de l'État au cœur de nos régions. Ces soutenances réaffirment la continuité et la vitalité de notre système de formation administrative », a-t-il indiqué. S'adressant ainsi aux candidats, il les a invités à faire preuve de professionnalisme, d'intégrité et de patriotisme dans l'exercice de leurs futures responsabilités.

Romuald Dofini
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Football : L'ancien défenseur des Étalons, Ben Aziz Zagré est décédé

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:00

Le footballeur international Ben Aziz Zagré est décédé de suite d'un cancer du genou. Le joueur burkinabè de 27 ans avait été contraint de mettre un terme à sa carrière il y a près d'une année.

Fin avril 2026, il avait subi une opération de la jambe en Europe dans l'espoir de poursuivre sa lutte, d'après des informations de Shinnik, son dernier club en Russie.

Durant sa carrière, Ben Aziz Zagré a connu deux sélections avec les Étalons A. Il est également passé par des clubs comme l'AJEB et a connu les championnats Danois et Portugais.

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Source : Moussavou Billa

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Source : Moussavou Billa

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La Chine lance un programme pilote de coopération ministère-provinces pour l'innovation et le développement de la 6G

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 23:00

Le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information (MITI) a lancé jeudi un programme pilote de coop é ration entre le minist è re et les provinces pour l'innovation et le d éveloppement de la 6G. Ce projet vise à apporter un soutien solide au futur déploiement commercial de la 6G.

Parmi les priorités figurent le développement des technologies de pointe 6G, l'approfondissement de l'intégration des communications avec l'intelligence artificielle, l'Internet par satellite et la détection sans fil, ainsi que l'intensification de la recherche et du développement en matière de stations de base 6G, d'équipements de réseau clés, de terminaux, de puces et de systèmes d'exploitation.

Les régions pilotes exploreront des scénarios d'application de la 6G adaptés aux conditions locales, en ciblant des secteurs tels que les communications immersives, la fabrication industrielle, l' économie des vols à basse altitude, l'intelligence incarnée et les opérations maritimes intelligentes.

Le MITI a indiqué qu'il suivrait de près les développements de la 6G et adapterait les plans pilotes en conséquence. Le ministère organisera également des essais technologiques par l'intermédiaire du Groupe de promotion IMT-2030 (6G) et privilégiera les régions pilotes pour accueillir les grandes conférences du secteur de la 6G.

Cette initiative intervient alors que la Chine cherche à consolider ses avantages dans le domaine des communications de nouvelle génération. Le pays est actuellement en tête du classement mondial en matière de développement de la 5G, disposant de la plus grande infrastructure de réseau 5G au monde, avec des millions de stations de base déployées à l'échelle nationale et une part prépondérante des connexions 5G mondiales.

Par rapport à la 5G, la 6G peut offrir des performances 10 à 100 fois supérieures en termes de vitesse de transmission, de latence et de fiabilité. Sa couverture devrait s'étendre directement aux domaines a é rien, spatial, terrestre et maritime, formant ainsi un réseau mondial véritablement omniprésent. A ce titre, la 6G servira de centre névralgique pilotant la transformation numérique des sociétés et des industries intelligentes de demain.

La Chine a approuvé l'attribution d'un spectre d'essai dans la bande 6 GHz pour le développement de la technologie 6G, a déclaré le ministère début mai.
Cette autorisation, accordée au Groupe de promotion IMT-2030 (6G), permet de mener des essais de la technologie 6G dans certaines régions. L'initiative vise à faire progresser la recherche technique, les tests et la validation sur la base des scénarios clés et des indicateurs de performance définis par l'Union internationale des télécommunications pour la 6G.

Le groupe de promotion, mis en place en juin 2019 par le MITI, est la principale plateforme visant à rassembler les efforts de l'industrie, des universités et de la recherche chinoises, à promouvoir la recherche sur la technologie de communication mobile 6G en Chine et à favoriser la coopération et les échanges internationaux.

Ambassade de la République populaire de Chine au Burkina Faso

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Burkina : Lancement de la 1re édition de « Zama d'Or », un concours destiné aux professionnels de la communication et de la publicité

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 22:54

Les professionnels des secteurs de la communication et de la publicité ont désormais un cadre officiel de promotion de l'excellence, dénommé « Zama d'Or ». Le dépôt des dossiers de candidatures pour la première édition est ouvert du 9 au 23 juin 2026, annonce le ministère de la Communication, de la culture, des Arts et du Tourisme, dans une note signée ce lundi 8 juin 2026.

Ce concours vise à promouvoir des créations de qualité, à favoriser une saine émulation entre les professionnels, à valoriser des productions publicitaires mettant en exergue les valeurs endogènes, à renforcer le professionnalisme, la créativité et le respect des normes d'éthique en matière de communication au Burkina Faso.

Peuvent prendre part au concours, les communicateurs et les publicitaires travaillant dans un service ou dans une agence de communication et utilisant la langue française ou les langues nationales (mooré, Jula, Fulfuldé, Gulmancema).

Les œuvres recevables sont celles qui ont été publiées ou diffusées du 1er janvier au 31 décembre 2025, dans un organe de presse de droit burkinabè, sur une plateforme d'une institution, d'un ministère ou de toute autre structure légalement reconnue au Burkina Faso.

Les dossiers de candidatures sont reçus du 9 au 23 juin 2026, de 8h à 15h30, à la Direction générale de la Communication et des Médias, sise 5ème étage du bâtiment R+11, dans la zone ZACA.

Pour la presse en ligne et les médias sociaux, les liens des œuvres sont à envoyer à l'adresse : dgcm@communication-culture.gov.bf.

Le règlement intérieur du concours (ci-dessous joint) peut-être également consulté sur le site web du ministère de la Communication, de la culture, des Arts et du Tourisme : www.communication.gov.bf

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Décès de VALIA PATRICE : Remerciements

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 22:30

À l'occasion du rappel à Dieu de notre très cher fils, frère, époux, père et grand père, VALIA Patrice, décédé le 15 Mai et inhumé le 18 Mai à Yako, la grande famille VALIA et alliés tient à exprimer sa profonde gratitude à toutes les personnes qui lui ont témoigné leur soutien, leur compassion et leur solidarité tout au long de cette douloureuse épreuve.

Nous adressons nos sincères remerciements aux parents, amis, voisins, collègues, connaissances, autorités administratives et religieuses, ainsi qu'à toutes les personnes qui, de près ou de loin, nous ont accompagnés par leurs prières, leurs visites, leurs messages de réconfort, leurs contributions multiformes et leur présence réconfortante lors des obsèques.

Vos nombreuses marques d'affection, de générosité et de sympathie nous ont profondément touchés et ont constitué un précieux soutien dans ces moments de peine. Votre proximité nous a aidé à traverser cette épreuve avec courage et espérance.

Que Dieu, dans son infinie bonté et sa miséricorde, vous bénisse abondamment, protège vos familles et vous rende au centuple tout le bien que vous avez manifesté à notre égard.

La grande famille VALIA et alliés.

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Décès de POUYA née ZOUNGRANA Odile Fatoumata : Remerciements

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 08/06/2026 - 22:30

« Le souvenir de ceux que nous aimons demeure à jamais gravé dans nos cœurs »

Son Excellence le Naaba YEMDE KOURIT YIR SOABA de Koupéla,

Le Chef coutumier de Lilgomdin,

Les grandes familles POUYA, KABORÉ, ZOUNGRANA et ZOUGMORE,

À Ouagadougou, Noessin, Koupéla, au Niger, au Canada, au Luxembourg et à Paris,

Son frère André, sa sœur Florence,

Ses enfants :
• Jeanne Hélène Aimée,
• Hélène Marie Solange,
• Denise Béatrice,

Les gendres et belles-filles,

Les petits-enfants et arrière-petits-enfants,
Les cousins, cousines, neveux et nièces,

Les familles alliées : ZOMBRE, KABORÉ, DRAMÉ, OUÉDRAOGO, KOANDA, SEBGO, KIBA, KOUTIEBOU, TARI, DAMIBA, SANDWIDI, KYÉLEM, NANA, BANDÉ, NARÉ, EWENCZYK, OUÉDRAOGO, SAWADOGO, TAPSOBA, PATER, GADO et KABRÉ,

Très touchés par les innombrables marques de compassion, de solidarité, d'amitié, de fraternité et de soutien multiforme qui leur ont été témoignées à l'occasion du rappel à Dieu de leur épouse, sœur, mère, tante, grand-mère et arrière-grand-mère,

Madame Veuve POUYA née ZOUNGRANA Odile Fatoumata,

rappelée à Dieu à Ouagadougou le samedi 23 mai 2026 et inhumée le vendredi 29 mai 2026,
adressent leurs sincères remerciements et leur profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui, de près ou de loin, les ont accompagnés et soutenus par leurs prières, leur présence, leurs visites, leurs messages de réconfort ainsi que par leur soutien moral, spirituel, matériel et financier tout au long de cette douloureuse épreuve.

Ils remercient tout particulièrement les nombreuses personnes qui se sont déplacées pour rendre un dernier hommage à la défunte et entourer sa famille de leur affection et de leur sollicitude.

Leurs remerciements vont également aux autorités administratives, religieuses et coutumières, au corps médical de la Clinique Sandof, ainsi qu'à l'ensemble des parents, amis, voisins, collègues, connaissances et communautés de Ouagadougou, Noessin, et Koupéla pour leur présence réconfortante et leurs nombreux témoignages de sympathie.

Ne pouvant citer tous les noms, de crainte d'en omettre, qu'ils trouvent ici l'expression de leur reconnaissance profonde et sincère.

Ils prient le Seigneur Tout-Puissant, dans Son infinie miséricorde, de combler chacun de Ses grâces, de lui rendre au centuple ses bienfaits et de raffermir davantage les liens de fraternité, d'amitié et de solidarité qui nous unissent.

« Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. » Apocalypse 14, 13

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