Le ministre de la sécurité, Mahamadou Sana, a présidé, le mercredi 29 juillet 2026 à Ouagadougou, la revue à mi-parcours 2026 du Cadre sectoriel de dialogue « défense-sécurité ». Par cette instance, il s'est agi pour les membres de dresser un bilan des actions menées au cours du premier semestre de l'année et de calibrer les perspectives.
Au terme du premier semestre de l'année 2026, le secteur peut, retient-on, se prévaloir de résultats encourageants, obtenus malgré un contexte de défis particulièrement exigeant. « Grâce à la détermination des Forces de défense et de sécurité, à l'engagement patriotique des Volontaires pour la défense de la patrie et au soutien constant des populations, le taux de reconquête et de sécurisation du territoire national a atteint le taux de 74,53 %. (…). S'agissant du redéploiement des services de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, le niveau de mise en œuvre du décret portant détermination des zones de compétence atteint un taux global de 75 %. Cette avancée contribue au renforcement de la couverture sécuritaire du territoire et rapproche davantage les services de sécurité des citoyens. Par ailleurs, les capacités humaines de notre dispositif de défense et de sécurité continuent de se consolider. En effet, au cours de la première moitié de l'année, plus de 15 000 éléments des Forces de défense et de sécurité ainsi que des Volontaires pour la défense de la patrie ont bénéficié d'actions de renforcement de capacités, améliorant ainsi notre aptitude collective à répondre efficacement aux défis sécuritaires », a présenté le président du Cadre sectoriel de dialogue « défense-sécurité » (CSD-DS), le ministre de la sécurité, Mahamadou Sana.
Ce résultat traduit, relève-t-il, les progrès accomplis dans la restauration de l'autorité de l'État et la sécurisation de nombreuses localités autrefois sous l'emprise des groupes armés terroristes.
L'évaluation à mi-parcours fait ressortir un taux d'exécution physique global de 42,85 % et un taux d'exécution financière de 29,52 %. « Ces niveaux d'exécution traduisent les contraintes auxquelles notre secteur demeure confronté, notamment en matière de mobilisation des ressources, de réalisation de certaines activités structurantes et de persistance des défis sécuritaires. Ils nous interpellent collectivement et nous rappellent la nécessité d'accélérer la mise en œuvre de nos actions afin d'atteindre les objectifs fixés pour l'année 2026. La présente revue constitue donc un cadre privilégié pour apprécier avec objectivité les performances enregistrées, analyser les difficultés rencontrées et prendre les mesures correctives nécessaires. Elle devra également permettre d'actualiser notre programmation afin de prendre en compte les orientations stratégiques du gouvernement ainsi que les instructions du camarade Premier ministre visant à optimiser la mise en œuvre du Plan RELANCE 2026-2030 », déroule le président du Cadre sectoriel de dialogue « défense-sécurité », à l'ouverture des travaux.
Les participants, observant un instant pieux en la mémoire des Forces combattantes tombées sur le champ d'honneur.L'autorité a ensuite rappelé que le Plan RELANCE 2026-2030 assigne une ambition claire ; celle d'accélérer la transformation structurelle du pays, en s'appuyant avant tout sur ses propres forces, les ressources nationales et la capacité de résilience. Dans cette dynamique, poursuit le ministre Sana, le secteur « Défense-Sécurité » demeure le socle de toutes les politiques publiques, car, sans sécurité, il ne saurait y avoir ni développement durable, ni cohésion sociale, ni prospérité partagée.
C'est pourquoi a-t-il noté que cette revue constitue un cadre privilégié pour apprécier avec objectivité les performances enregistrées, analyser les difficultés rencontrées et prendre les mesures correctives nécessaires. Elle vise à actualiser la programmation, afin de prendre en compte les orientations stratégiques du gouvernement ainsi que les instructions du Premier ministre, de sorte à optimiser la mise en œuvre du Plan RELANCE 2026-2030.
Selon son président, l'ambition demeure claire : faire du secteur « Défense-Sécurité » un puissant levier de reconquête territoriale, de stabilité institutionnelle et de développement endogène. Pour y parvenir donc, il faut renforcer la coordination entre les acteurs, améliorer l'efficacité des interventions, l'utilisation des ressources disponibles et consolider, à tous les niveaux, la culture de la performance et du résultat.
« Dans cette phase décisive de notre histoire, les défis restent immenses, mais notre détermination l'est encore plus. Chaque localité reconquise, chaque service public rouvert et chaque portion de territoire préservée constituent une victoire collective du peuple burkinabè. (…). Les générations futures jugeront notre capacité à relever les défis de notre époque. Nous avons le devoir historique de léguer aux générations futures un Burkina Faso libre, souverain, sécurisé et prospère », a affiché le ministre de la sécurité, Mahamadou Sana, président du CSD-DS, réaffirmant « la ferme volonté » du gouvernement de poursuivre les efforts de renforcement des capacités opérationnelles, logistiques et humaines des forces engagées sur le terrain, sous le leadership éclairé du chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré.
"Chaque avancée enregistrée est le fruit d'une volonté collective, surtout du courage et de l'engagement de nos héros qui consentent, chaque jour, les plus lourds sacrifices pour préserver notre souveraineté" (président du (CSD-DS)Rappelons au passage que le Cadre sectoriel de dialogue « défense-sécurité » (CSD-DS) comprend plusieurs ministères, dont, et en plus du ministère de la Guerre et de la défense patriotique et du ministère de la Sécurité, le ministère de l'Administration territoriale et de la mobilité, le ministère de la Famille et de la solidarité.
O.L. et Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
Peut-on être scientifique et consacrer un ouvrage à la pratique de l'animisme ? Pour le Dr Lamourdia Thiombiano, il n'y a là aucun paradoxe. Fort d'un parcours qui l'a conduit dans de nombreuses institutions nationales et internationales, ce docteur en sciences du sol revendique un engagement en faveur de la transmission des savoirs et des valeurs africaines. Dans son nouvel ouvrage, « Gloire à Dieu : La pratique de l'animisme », il s'attache à mieux faire connaître une spiritualité souvent mal comprise, tout en déconstruisant les stéréotypes qui lui sont associés. Pour l'auteur, il est temps que les Africains assument pleinement leur héritage culturel et redécouvrent les valeurs de leurs ancêtres. Dans cet interview accordé à Lefaso.net, il revient sur les motivations qui ont guidé son écriture, éclaire les fondements de sa réflexion et partage sa vision d'une spiritualité porteuse d'identité, de cohésion sociale et de développement.
Lefaso.net : Parlez-nous de votre parcours professionnel ?
Dr Lamourdia Thiombiano : J'ai d'abord travaillé, après mon doctorat en sciences du sol, au service national des sols. Par la suite, je suis devenu chercheur et j'ai occupé différentes responsabilités. J'ai notamment été directeur scientifique et technique du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST). En 2002, j'ai rejoint la FAO où j'ai commencé comme fonctionnaire technique senior au Ghana. J'ai ensuite été directeur adjoint du bureau sous-régional en Éthiopie, avant d'être affecté au Gabon comme directeur sous-régional où je couvrais toute l'Afrique centrale. Je suis revenu à Accra comme représentant régional adjoint pour l'Afrique, tout en étant responsable de la zone CEDEAO.
J'ai terminé ma carrière à la FAO en tant que représentant régional pour le Maghreb, couvrant les cinq pays de cette région. Après cette carrière internationale, qui a duré une quinzaine d'années, je suis rentré au Burkina Faso. J'ai alors été sollicité pour mettre mon expérience au service du pays. J'ai accepté, d'abord comme secrétaire exécutif du Conseil national de la sécurité alimentaire, puis comme secrétaire général du ministère de l'Agriculture. Par la suite, j'ai également travaillé dans le secteur privé en qualité de directeur général. J'ai ainsi eu un parcours particulièrement diversifié, qui m'a permis de fréquenter des milieux différents, de découvrir plusieurs cultures et d'élargir considérablement ma perspective.
Qu'est-ce qui amène un homme de sciences exactes et de terrain à écrire sur la spiritualité et l'animisme ?
Je peux dire que j'ai un parcours un peu atypique sur ce plan. Je suis né dans une cour royale du Gulmu. Cette origine a très tôt façonné mon enfance dans le respect des traditions et des coutumes. D'ailleurs, comme vous pouvez le constater, j'ai conservé un nom authentiquement gourmantché. Ce qui m'a véritablement donné envie d'écrire sur cette thématique, c'est le constat que beaucoup de peuples conservent leurs traditions et leurs noms.
Dans certains pays, comme le Lesotho, lorsque vous vous présentez avec des prénoms importés, on vous demande si vous n'avez pas un nom traditionnel. Lorsque je me présentais avec mon nom, cela suscitait toujours un intérêt particulier. Cette expérience a renforcé ma conviction que nos traditions et nos valeurs sont profondément importantes. J'ai également constaté qu'il existait un vide. Beaucoup parlent de la tradition, de l'animisme ou de la spiritualité à travers le monde, mais souvent avec un regard extérieur qui n'est pas toujours objectif.
Un autre élément a été déterminant. Ma dernière fille, qui fréquentait une école bilingue, avait un enseignant américain. Celui-ci demandait à chaque élève quelle était la religion de son père. Ma fille a répondu que j'étais animiste. Son professeur lui a alors demandé : « Les animistes ont-ils un prophète ? Ont-ils un livre ? Ont-ils un lieu de pèlerinage ? » En somme, il faisait référence à toutes les caractéristiques généralement associées aux religions révélées.
Lorsqu'elle m'a rapporté cette conversation, j'ai compris que ces interrogations étaient pertinentes. Il était effectivement difficile de trouver un ouvrage écrit par un pratiquant expliquant les principes de cette spiritualité. C'est l'ensemble de ces questionnements qui m'a conduit à réfléchir à la manière dont je pouvais contribuer à une meilleure connaissance de cette spiritualité, qui est pourtant présente à l'échelle mondiale. En tant qu'homme de science, je constate d'ailleurs, de façon paradoxale, que les scientifiques écrivent souvent davantage que les littéraires ou les philosophes.
Les hommes de science s'intéressent avant tout au contenu, à la transmission des connaissances et des faits. La forme est ensuite travaillée par les éditeurs. Les littéraires, eux, recherchent parfois davantage la perfection stylistique, ce qui peut constituer un frein à l'écriture. À mon avis, c'est aussi ce qui explique qu'au Burkina Faso, une grande partie des écrivains soient issus des sciences, des mathématiques ou d'autres disciplines auxquelles on n'associe pas spontanément la littérature.
« Les gens pensent que les animistes ne croient pas en Dieu ou n'auraient pas de Dieu », déplore le Dr Lamourdia Thiombiano, écrivain et homme de sciencesComment décrivez-vous l'animisme dans cet ouvrage, notamment dans un pays comme le Burkina Faso où coexistent plusieurs cultures et coutumes ?
Avant ce livre, j'ai publié, en 2023, un premier ouvrage consacré aux principes de l'animisme. Mon objectif était de combler un vide, car beaucoup de personnes pensaient et continuent parfois de penser que les animistes croient en plusieurs dieux. Dans cet ouvrage, j'ai présenté vingt-quatre principes fondamentaux. Le premier est que les animistes croient en un Dieu unique, situé au sommet de la pyramide. Les demandes concernant la santé, la paix ou toute autre préoccupation passent ensuite par les ancêtres, qui jouent un rôle d'intermédiaires. Je pense que cette clarification a permis de rassurer beaucoup de personnes.
Après cette première publication, plusieurs lecteurs m'ont dit : « Les principes, c'est bien, mais dans la pratique, comment cela se passe-t-il ? » C'est cette interrogation qui est à l'origine de mon second livre consacré aux pratiques de l'animisme. J'y présente les pratiques en les rattachant chacune aux vingt-quatre principes. Par exemple, lorsque nous affirmons que nous croyons en un Dieu unique, j'explique concrètement comment cette relation s'exprime au quotidien. Pour l'animiste, Dieu est présent dans chaque acte de la vie.
Il prie Dieu en permanence et demande à ses ancêtres de l'accompagner. Il n'existe pas forcément un jour réservé à la prière.
Au Burkina Faso, cette pratique prend une certaine forme. Dans d'autres régions du monde, comme en Inde ou en Chine, les rites sont différents, mais ils reposent sur le même principe fondamental : il n'y a qu'un seul Dieu, que l'on prie en tout temps et en tout lieu. J'aborde également la question de l'organisation. Si beaucoup portent aujourd'hui un regard déformé sur l'animisme, c'est aussi parce que cette spiritualité manque souvent de visibilité. Au Burkina Faso, nous assistons à une véritable renaissance.
De plus en plus de personnes s'affirment comme animistes, ce qui est très positif. Les autorités coutumières ont également joué et continuent de jouer un rôle important dans la préservation de l'essentiel. Cependant, beaucoup hésitent encore à se déclarer animistes. Il faut que les gens s'assument. Une fois cette étape franchie, il devient nécessaire de s'organiser selon les traditions, les coutumes et les spécificités de chaque communauté. Les pratiques ne sont pas exactement les mêmes selon que l'on soit de l'Est, de l'Ouest ou du Sud du pays. En ville notamment, où les communautés sont dispersées, il est important que les personnes puissent se retrouver, échanger et renforcer les liens de solidarité.
Le titre de votre ouvrage associe deux expressions qui pourraient sembler contradictoires. Lorsqu'on lit « Gloire à Dieu », on ne s'attend pas forcément à découvrir ensuite « Les Pratiques de l'Animisme ». Pourquoi ce choix ?
C'est un choix totalement assumé. Je voulais précisément déconstruire les préjugés qui entourent les animistes. Lorsqu'on entend l'expression « Gloire à Dieu », certains pensent qu'elle appartient exclusivement aux religions révélées, comme si elles en avaient le monopole. Or, pour les animistes également, il n'existe qu'un seul Dieu, que nous glorifions aussi, même si nous l'exprimons différemment.
Le choix de ce titre vise donc à rappeler que le Dieu unique est aussi le Dieu des animistes. Avant même ce titre, j'ai inscrit sur la page de garde une autre expression qui me tient particulièrement à cœur : « Soyons nous-mêmes ». Cette invite est importante parce que, si l'on prend le cas du Burkina Faso, nous avons perdu une partie de nos valeurs et de nos coutumes, notamment dans les milieux intellectuels. Les effets de la colonisation, de l'esclavage, mais surtout de la domination culturelle ont progressivement éloigné beaucoup d'entre nous de notre identité.
Aujourd'hui, nous sommes culturellement hybrides, partagés entre un univers qualifié de moderne et notre héritage traditionnel. Pourtant, même les sociétés occidentales reviennent progressivement vers certaines valeurs qu'elles avaient abandonnées. Elles redécouvrent l'importance de la protection de l'environnement, de la nature et du lien entre l'homme et son milieu de vie. Les incendies observés en Europe illustrent bien cette prise de conscience.
Autrefois, certains considéraient les forêts uniquement comme des espaces économiques. Aujourd'hui, ils comprennent que ces milieux possèdent un équilibre qu'il faut préserver. On voit même, dans certains pays d'Europe ou aux États-Unis, des pratiques thérapeutiques consistant à mettre des enfants au contact des arbres afin de renouer avec la nature. Les sociétés reviennent donc vers certaines valeurs fondamentales. De notre côté, nous devons également redevenir nous-mêmes, en nous appuyant sur les valeurs héritées de nos ancêtres et des traditions de nos communautés. C'est ainsi que nous pourrons nous affirmer et contribuer positivement au développement de notre pays.
Pourquoi avoir choisi de publier votre ouvrage en français et en anglais ?
J'ai eu la chance, au cours de ma carrière, de parcourir une grande partie du monde. Il me paraissait donc important que cet ouvrage soit accessible au plus grand nombre, sans que la langue constitue un obstacle. C'est ce qui explique le choix d'une édition bilingue. Le premier livre était déjà publié en français et en anglais. Grâce aux responsabilités que j'ai exercées, j'ai eu l'occasion d'apprendre et de pratiquer l'anglais. Il était donc naturel de mettre cette compétence au service de cette publication.
Le résumé de votre ouvrage évoque une « internalisation de l'animisme ». Que recouvre exactement cette notion ?
L'internalisation consiste à amener les personnes à connaître ces valeurs, à les accepter et à les pratiquer naturellement, à les vivre. Je prends souvent un exemple très simple. Dans l'animisme, les ancêtres occupent une place essentielle. Leurs noms sont importants parce qu'autrefois, ils constituaient en quelque sorte notre carte d'identité. Dire de quelle famille et de quelle lignée on est issu permet de savoir d'où l'on vient. Connaître ses ancêtres fait donc partie de cette internalisation.
Lorsqu'un animiste adresse une demande à Dieu, il passe par ses ancêtres. Il s'adresse à son grand-père, qui transmet à son propre père, et ainsi de suite. Cette chaîne constitue un élément fondamental de la spiritualité animiste. Internaliser cette spiritualité, c'est accepter que nous ayons des ancêtres, les respecter, les honorer, les valoriser et compter sur eux pour nous guider dans la vie afin que Dieu nous accorde ce qui est possible.
C'est là le sens profond de cette notion. Il y a également une autre dimension : celle de l'affirmation de soi. Si vous êtes animiste, vous êtes animiste. Il faut pouvoir le dire librement. C'est un choix. Dans plusieurs pays, cette question ne se pose même pas. En Inde, par exemple, la très grande majorité de la population pratique des religions traditionnelles. Au Japon, près de 90 % de la population est animiste. En Chine également, ces spiritualités occupent une place importante.
Selon vous, quels sont les plus grands stéréotypes qui pèsent encore sur l'animisme au Burkina Faso ?
Il existe, à mon sens, trois grands stéréotypes. Le premier est l'idée selon laquelle les animistes ne croient pas en Dieu ou n'auraient pas de Dieu. Aujourd'hui, au Burkina Faso, la plupart des religions reconnaissent que les religions traditionnelles croient en un Dieu unique. Ce qui diffère, ce sont les voies empruntées pour s'adresser à Lui. Ce préjugé demeure encore dans certains milieux, mais il recule progressivement à mesure que les gens découvrent la réalité de l'animisme.
Le deuxième stéréotype concerne la sorcellerie. Dans l'imaginaire collectif, lorsqu'on évoque la sorcellerie, on pense immédiatement aux animistes ou aux adeptes des religions traditionnelles. Pourtant, si l'on revient au sens originel du mot, il renvoie avant tout à la connaissance. Lorsque l'on dit : « Ce n'est pas sorcier », cela signifie simplement que ce n'est pas compliqué. À l'origine, les sorciers étaient des personnes qui maîtrisaient les vertus de la nature, des plantes, des pierres et de l'univers.
Ils détenaient des connaissances que tout le monde ne possédait pas, parce qu'elles étaient liées à un certain niveau d'initiation. Aujourd'hui encore, en Europe, certains courants revendiquent cette appellation parce qu'ils travaillent sur les propriétés des plantes, des minéraux ou de l'environnement. Chez nous, en revanche, dès qu'une personne rencontre une difficulté, on parle rapidement de sorcellerie. Ce stéréotype perdure également parce qu'il constitue un véritable fonds de commerce pour certains. En cultivant la peur et en désignant des coupables, on pousse les populations à rechercher une protection auprès de certaines structures ou personnes.
Selon le Dr Lamourdia Thiombiano, dans l'imaginaire collectif, lorsqu'on évoque la sorcellerie, on pense immédiatement aux animistesLe troisième stéréotype touche à la perception du village et des traditions. Pendant longtemps, le système social africain reposait sur la solidarité. Avec la colonisation, puis l'évolution des sociétés, cette solidarité s'est progressivement affaiblie. Le village a parfois été présenté comme un espace de retard ou d'obscurantisme. Les premiers fonctionnaires formés dans les écoles coloniales ont souvent appris à considérer le paysan comme une personne qu'il ne fallait pas valoriser. Cette vision a contribué à créer une rupture avec les communautés rurales. Pourtant, lors des licenciements intervenus pendant la Révolution de Thomas Sankara, beaucoup de fonctionnaires sont retournés au village pour vivre de l'agriculture et se sont réintégrés dans leurs communautés.
Ils ont alors redécouvert que le village n'était pas ce lieu négatif qu'on leur avait décrit. Ces représentations déformées des traditions trouvent donc aussi leur origine dans l'histoire coloniale. Dans l'animisme, il existe des interdits, comme dans toutes les religions. Lorsqu'une pratique est interdite, ce n'est pas pour faire peur ou pour nuire. Ces règles servent à organiser la vie collective, à préserver le respect mutuel et à renforcer la cohésion sociale. Plus les traditions sont respectées, plus la solidarité est forte. C'est d'ailleurs l'un des traits qui ont longtemps caractérisé les sociétés africaines et burkinabè.
En quoi cet ouvrage peut-il contribuer à amener les personnes à assumer l'animisme ?
Dans ce livre, je décris les pratiques de manière concrète, pragmatique et opérationnelle. En découvrant ces gestes, ces rites et leur signification, les lecteurs comprendront que l'animisme n'est ni mystérieux ni compliqué. Cette meilleure compréhension permettra aussi à ceux qui se reconnaissent dans cette spiritualité de l'assumer pleinement et de dire simplement : « Oui, je suis animiste, parce que je le pratique, j'en connais le sens et ce n'est pour nuire à personne. »
Quelle transformation souhaitez-vous provoquer à travers cet ouvrage ?
Je poursuis principalement deux objectifs.
Le premier est d'ouvrir des portes. En tant qu'intellectuel, surtout dans le contexte actuel du Burkina Faso, je pense que nous devons contribuer à forger un nouvel être, capable de relever les défis de demain. Pour y parvenir, il est indispensable de renforcer notre personnalité en nous enracinant dans nos traditions et dans nos valeurs. La contribution que je peux apporter est celle de la connaissance. Elle constitue une base solide qui permet aux individus de retrouver leurs repères et de s'ancrer davantage dans leur identité.
Le second objectif est d'ouvrir également des perspectives de recherche et d'écriture. Cet ouvrage possède une dimension mondiale. Il ne s'adresse pas uniquement au Burkina Faso ou à l'Afrique, mais à toutes les personnes qui se reconnaissent dans une spiritualité animiste. Les pratiques présentent des similitudes d'un continent à l'autre. Des anthropologues et des lecteurs issus de différentes régions m'ont d'ailleurs confié qu'ils retrouvaient, dans ce livre, des rites qu'ils avaient eux-mêmes vécus. Cela n'empêche pas d'autres intellectuels d'aller plus loin.
Les Gourmantchés, les Bobo, les Dagara, les Lobi, les Peuls et bien d'autres communautés peuvent documenter leurs propres pratiques avec davantage de précision, de détails. Sans révéler les aspects initiatiques qui doivent rester confidentiels, il est possible de transmettre les grandes lignes afin que les jeunes générations comprennent leur héritage culturel. Par exemple, il serait très utile que chaque communauté recense ses totems, explique ses rites de mariage, ses pratiques ou ses codes sociaux. Cette connaissance constitue une richesse, des guides de référence qui pourront être transmis aux générations futures. Les intellectuels ont le devoir de produire un savoir utile, un savoir que les jeunes, les populations pourront s'approprier pour avancer.
Avez-vous un dernier message à adresser aux lecteurs ?
Je souhaite avant tout que nous nous assumions pleinement en tant que Burkinabè et Africains. Nous devons accepter ce que nous sommes, avec nos qualités, nos défauts, nos valeurs et nos traditions, sans laisser le regard extérieur nous amener à rejeter notre héritage culturel. Cette remise en cause de nos valeurs s'explique par un contexte historique particulier.
Aujourd'hui, les conditions ont changé. Les initiatives comme la célébration de la Journée des coutumes et des traditions, le 15 mai, ainsi que les différentes manifestations organisées par les autorités coutumières, les rois, les chefs traditionnels, les maîtres du savoir traditionnel, créent un contexte favorable pour un retour aux sources. J'encourage chacun à renouer avec son village, ses lieux sacrés, ses rites et ses traditions. Il ne s'agit pas d'un repli sur soi, mais d'une démarche pour mieux se connaître, mieux se construire et toujours agir dans le sens du bien. Nous avons perdu, au fil du temps, certaines valeurs essentielles. Dans mon livre, j'insiste notamment sur la notion de leadership traditionnel. Un chef de famille ou un chef de village est avant tout un modèle.
Quelles que soient les circonstances, il ne doit jamais être le premier à partir. Il doit être le dernier à quitter les siens, parce qu'il est responsable de ceux qu'il dirige. Lorsque ces valeurs s'effritent, les conséquences se font sentir dans les familles et dans la société. Le retour aux sources que je préconise, c'est aussi le retour à des valeurs de transparence, de courage, de résistance, de respect de la personne humaine et d'acceptation de l'autre. Les traditions africaines ont toujours permis la coexistence de croyances différentes. Elles ont appris aux communautés à vivre ensemble dans le respect mutuel. C'est cet héritage que nous devons préserver et transmettre aux générations futures.
Interview réalisée par Farida Thiombiano
Lefaso.net
La transformation numérique ne consiste plus seulement à informatiser les organisations. Elle implique désormais de repenser les modèles économiques, d'exploiter la donnée comme un actif stratégique et d'intégrer l'intelligence artificielle dans les processus de décision. Cette nouvelle révolution exige des profils capables de conjuguer expertise technologique, vision stratégique et connaissance des réalités africaines. Au Burkina Faso, Dr Aristide Aly Boyarm fait partie de ces pionniers.
Docteur en informatique, dirigeant d'entreprise, consultant international, enseignant et entrepreneur, il évolue depuis plus de vingt-cinq ans à l'interface des systèmes d'information, du management, de l'innovation et, plus récemment, de l'intelligence artificielle. Son parcours, construit entre l'Europe et l'Afrique, illustre une conviction forte : les technologies numériques n'ont de valeur que lorsqu'elles permettent aux organisations africaines de gagner en performance, en autonomie et en compétitivité.
Une double culture scientifique et managériale
Le parcours de Dr Boyarm commence par une solide formation scientifique. Après un DEA en Automatique et Informatique, il obtient un doctorat en Informatique et Productique à l'Université d'Aix-Marseille, où ses recherches portent sur la modélisation et la simulation des systèmes complexes. Soucieux de compléter cette expertise technique par une vision stratégique, il décroche ensuite un MBA à l'IAE Paris Sorbonne Business School. Cette double compétence constitue la marque de son parcours : comprendre la technologie tout en maîtrisant les enjeux du management, de la gouvernance et de la transformation des organisations.
Une carrière internationale au cœur des grands systèmes d'information
Avant de revenir contribuer au développement du numérique africain, Aristide Boyarm construit une carrière remarquée en France. Il débute chez Computer Sciences Corporation (CSC), aujourd'hui DXC Technology, où il participe au développement et à l'intégration de solutions logicielles destinées aux grandes compagnies d'assurance européennes. Il y pilote notamment des projets de migration portant sur plus d'un million de contrats d'assurance, ainsi que l'encadrement de chantiers de développement de progiciels métiers, à la tête d'équipes dont les développeurs sont répartis sur divers sites à travers le monde.
Il rejoint ensuite Logica, devenue CGI, où il gravit les échelons successifs de chef de projet, directeur de projet, puis Manager IT Consulting. Pendant plusieurs années, il dirige des projets d'externalisation informatique et accompagne des groupes tels qu'AXA, BNP Paribas Cardif, Groupama ou AIG, tout en assurant le pilotage budgétaire, la gestion des risques et le développement commercial. Cette expérience lui confère une connaissance approfondie de la conduite des grands projets numériques et de la transformation des métiers.
Conseiller stratégique au plus haut niveau international
Entre 2019 et 2022, il rejoint à Vienne l'Organisation du Traité d'Interdiction Complète des Essais Nucléaires (OTICE/CTBTO) comme IT Strategy Consultant. Membre du cabinet du Secrétaire exécutif (Dr Lassina Zerbo), il conduit pour ce dernier une revue des stratégies d'évolution du système d'information, portant sur la cybersécurité, les environnements cloud, les systèmes ERP, la gestion des connaissances et la planification stratégique des investissements numériques.
Parallèlement, il est désigné au comité scientifique de la prestigieuse Science and Technology Conference (SnT) pour trois éditions successives (2019, 2021 et 2023), une instance qui réunit plus d'un millier de scientifiques et spécialistes du monde entier dédiée au soutien du traité et à son régime de vérification. Cette double expérience conforte son expertise des systèmes critiques et sa connaissance des grandes organisations internationales.
Mettre l'expertise internationale au service de l'Afrique
En parallèle de ses activités internationales, Aristide Boyarm consacre une part croissante de son énergie au développement numérique africain. En 2011, il cofonde AfricaCRM&SI, cabinet de conseil spécialisé en stratégie numérique et systèmes d'information. À travers cette structure, il accompagne des institutions de premier plan telles que la CEDEAO, l'UEMOA, la Banque africaine de développement et l'Organisation internationale de la Francophonie, ainsi que plusieurs ministères africains, des banques, des compagnies d'assurance et de grandes entreprises.
Ses missions portent sur les audits stratégiques, les schémas directeurs des systèmes d'information, la transformation numérique, la conduite du changement et la gouvernance des données. Cette diversité d'interventions fait de lui l'un des consultants burkinabè les plus expérimentés dans le domaine de la stratégie numérique.
L'intelligence artificielle comme levier de compétitivité
Ces dernières années, Dr Boyarm s'est imposé comme l'un des promoteurs de l'intégration de l'intelligence artificielle dans les organisations africaines. Dans plusieurs revues numériques, il signe des articles qui mettent en lumière les enjeux stratégiques de l'IA pour les États africains. De manière plus concrète, il conçoit une plateforme de formation en ligne destinée aux dirigeants et entrepreneurs du continent, pensée pour tenir compte des réalités africaines (devchampion.biz). Sa mini-série « Pilotez votre entreprise à l'ère de l'intelligence artificielle », dix épisodes courts, propose ainsi une méthodologie éprouvée auprès de PME africaines, permettant de déployer l'IA au sein d'une entreprise et d'en mesurer les résultats en quelques semaines.
Au-delà de la technologie, son approche consiste à démontrer que l'intelligence artificielle peut devenir un puissant levier de performance pour les administrations, les entreprises et les services publics africains.
Former les développeurs qui construiront l'Afrique numérique
Pour Aristide Boyarm, le principal défi de l'Afrique n'est pas seulement technologique : il est avant tout humain. C'est dans cet esprit qu'il crée en 2019 DEVCHAMPION, une plateforme dédiée à la détection, à la formation et à la certification des talents numériques africains. L'initiative organise des concours de programmation à grande échelle, qui ont réuni jusqu'à 700 participants dans plusieurs pays francophones, et facilite l'insertion professionnelle de centaines de jeunes développeurs grâce à des certifications reconnues et à des partenariats avec les entreprises. À travers DEVCHAMPION, il contribue ainsi à relever l'un des défis majeurs du continent : la pénurie de compétences numériques.
Un entrepreneur engagé dans les services numériques
L'esprit entrepreneurial de Dr Boyarm se manifeste également à travers son engagement au sein de COMZA Burkina, filiale de COMZA Africa, dont il assure la direction générale par intérim depuis 2023. L'entreprise conçoit des solutions numériques au service des usagers des services publics, notamment pour la distribution de crédits d'électricité prépayée, en s'appuyant sur un écosystème d'opérateurs de télécommunications, d'établissements financiers et d'acteurs du mobile money. Cette expérience illustre sa capacité à transformer l'innovation technologique en services concrets, au bénéfice direct des citoyens.
Un auteur qui pense le numérique africain
Au-delà de ses activités de consultant, Dr Boyarm nourrit la réflexion sur les transformations numériques du continent. Il est l'auteur de l'ouvrage « L'Entreprise Numérique Africaine », publié en 2018, dans lequel il analyse les conditions de réussite de la digitalisation des organisations africaines.
Il signe également de nombreux articles consacrés à l'intelligence artificielle, à la valorisation des données africaines, à la diplomatie numérique ou encore à l'évolution des métiers du développement logiciel à l'ère de l'IA. Ses publications traduisent une volonté constante d'anticiper les mutations technologiques et d'en faire bénéficier les décideurs africains.
Une passion pour la transmission
L'une des constantes de son parcours est la transmission. Enseignant dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur, notamment l'École Supérieure d'Informatique (ESI) de l'Université Nazi Boni de Bobo, l'ENGDE Paris et l'Institut d'Études du Développement de la Sorbonne (IEDES Paris 1), il intervient sur des thématiques liées à l'intelligence artificielle, à la gestion de projets numériques et aux systèmes d'information.
Il est également à l'origine de l'initiative Kid Code, qui a permis d'initier des centaines d'enfants burkinabè à la programmation à travers le langage Scratch. Cette action illustre sa conviction que l'avenir numérique de l'Afrique se prépare dès le plus jeune âge.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce qu'il fait partie des experts burkinabè qui ont su conjuguer excellence internationale et engagement pour le développement du numérique africain.
Parce qu'il accompagne depuis plus de vingt ans les organisations dans leur transformation numérique, tout en étant aujourd'hui l'un des promoteurs de l'intégration de l'intelligence artificielle dans les entreprises et les administrations.
Parce qu'il a créé DEVCHAMPION, une initiative qui contribue à révéler et à professionnaliser les talents africains du développement logiciel.
Et parce qu'il démontre que la souveraineté numérique du continent reposera autant sur la qualité des technologies que sur la formation de femmes et d'hommes capables de les concevoir, de les maîtriser et de les mettre au service du développement.
Et parce qu'il est convaincu que l''intelligence artificielle ne remplacera pas les compétences africaines mais donnera un avantage décisif aux organisations et aux professionnels qui sauront l'intégrer avec intelligence, responsabilité et une connaissance profonde des réalités de notre continent.
Le Sénégal vit des moments singuliers. C'est une expérience à nulle autre pareille où deux hommes sortent de la prison de Cap Manuel et s'emparent du pouvoir auquel l'un d'eux ne peut prétendre et qui choisit le second pour le conquérir en son nom car il serait son alter ego. C'est avec le slogan de « Diomaye moy Sonko » que la campagne est battue et remportée au premier tour. Et vient l'expérience du pouvoir. Le pouvoir, cette maîtresse jalouse, qui ne supporte pas deux amants sous son toit, brise les rêves de l'alternance sereine.
Comme le dit Laurent Gbagbo, il y a un fauteuil présidentiel, pas un banc, ni un canapé. Pendant deux ans, les amis et frères, le mentor et son filleul, se sont essayés à diriger en tandem. Mais la barque Sénégal a pris de l'eau avec une dette astronomique héritée de l'ancien pouvoir et le Premier ministre a dû s'éloigner du président en s'emparant de la présidence de l'Assemblée nationale. Et une nouvelle phase de la vie politique du pays est en train de s'écrire. Nous assistons à une recomposition du paysage politique autour du conflit entre les deux hommes.
Ce conflit s'est exacerbé avec la révision constitutionnelle de l'Assemblée nationale qui, entre autres réformes des pouvoirs du président, prévoyait l'interdiction pour celui-ci de diriger un parti politique. La révision a été annulée pour vice de procédure par le Conseil constitutionnel. Et le président, qui avait son projet depuis le conflit sur la direction de la Coalition Diomaye président, a officialisé la création de son parti le 25 juillet 2026 et a livré un discours littéraire de haut vol comme président du parti Kiiraay les Patriotes républicains. Une lecture et une explication de ce texte ne sont pas du tout superflues, car c'est la première fois que Diomaye Faye se découvre et dresse un portrait en creux d'Ousmane Sonko sans le nommer. Grand moment de politique ?
Avant tout, il faut dire à quoi nous devons cette phase de la vie politique du Sénégal. Quand Barack Obama avait dit que l'Afrique n'avait pas besoin d'hommes forts mais d'institutions fortes, il y a eu des mécontents. C'est pourtant grâce aux institutions fortes que l'alternance du Pastef a eu lieu au Sénégal, et que la création de Kiiraay, les patriotes républicains, est faite et que ce discours a pu être prononcé.
C'est clair maintenant, la confrontation est inévitable, elle est en marche et les deux protagonistes s'attendent à donner des coups et à en prendre. Donner le nom d'Ousmane Sonko à son fils n'empêche pas Bachirou Diomaye Faye de se battre contre lui en politique. Ce fils restera le souvenir vivant de leur amitié passée, et si son mentor n'a plus de place dans son cœur, il ne peut pas en être de même pour son homonyme qui est le fruit de son sang.
Si Sonko est un tribun, Diomaye est un as du discours écrit
Au début de son discours, le président sénégalais a décliné ses origines. Ce n'est pas anodin, celui qui prenait moins de lumière dans le tandem a tenu à s'afficher, à mettre ses racines, son enfance paysanne, campagnarde sous les projecteurs. Il va filer une métaphore bucolique, champêtre, paysanne tout au long du discours avec un champ lexical qui accumule les références au champ, aux semailles, à la graine, au mil, aux saisons, au temps.
Nous apprenons ainsi qu'il est fils de paysan de Ndiaganiao et qu'il a appris ses premières leçons politiques non de manière livresque mais au champ, à côté des anciens qui savaient distinguer entre le mil et le « djenbeu », une sorte d'ivraie. Il fait ici un sort à l'image de maître d'Ousmane Sonko qui lui aurait tout appris en politique en le prenant sous son aile de grand frère. Non, il avait une science politique acquise au champ. Avant le Pastef, il y a eu le champ.
Et il s'écriera à un moment du discours : nous voici au champ, en levant les bras, nous sommes au champ. Est-ce là le lieu de la confrontation ? Ou encore se battra-t-il avec un art et un savoir-faire paysans ? Il répond à un moment du discours qu'« un paysan ne passe pas sa saison à maudire l'herbe folle ». On ne peut s'empêcher de voir le portrait dressé en creux d'Ousmane Sonko dans cette herbe folle semblable au mil qui « occupe la terre, boit l'eau tombée du ciel, entretient toute une saison l'illusion de l'abondance, puis il laisse les mains vides ». De cette déception, il a tiré une leçon. C'est celle du temps qui trie le bon grain de l'ivraie. « Le temps est le plus honnête des juges, .... qui sépare à la fin ce qui nourrit de ce qui occupe, ce qui construit de ce qui promet, ce qui sert de ce qui dessert ... ». Puisqu'il en est ainsi, il demande aux Sénégalais de la patience pour la récolte : « Donnez-moi le temps. »
Celui dont il a besoin pour être prêt pour les futures batailles. En gros, c'est encore le temps des semailles. La récolte n'est pas pour maintenant, ni pour Ousmane Sonko, ni pour Diomaye Faye. Si récolte il y a, il faudra attendre le second mandat car l'alternance du Pastef passera le premier mandat à se déchirer et à reconstruire. Diomaye ne renie pas les valeurs du Pastef, il les revendique toutes, nuance quelques-unes et justifie sa posture. Comme pour dire ce champ du Pastef, il l'a aussi labouré et il n'abandonnera pas les graines semées à un autre. Les valeurs, les hommes du Pastef sont dans son inventaire et chacun choisira son parti.
Entre le Pastef de Sonko et Kiiraay de Diomaye. Cette longue référence au monde paysan de Diomaye est aussi un éclairage sur les origines petites bourgeoises d'Ousmane Sonko, dont on dit qu'il aurait des parents fonctionnaires et qu'il est né à Thiès, une des principales villes du pays. À opposer les villes à la campagne, le président de Kiiraay oublie le poids de la ville de Dakar qui représente un peu moins du quart de la population, sans compter les autres villes (Touba, Thiès, Ziguinchor, etc.) dans la démographie du pays et donc dans l'élection.
Diomaye reconnaît que le pouvoir présidentiel l'a changé et il dit : « Quand on est opposant, on n'est responsable de rien en aucune façon, mais lorsqu'on exerce le pouvoir, on est responsable de tout de toutes les façons. » Comment ne pas reconnaître cette évolution de sa pensée et la justesse des propos suivants : « Ce qui tient un pays dans le calme et la tempête, ce ne sont ni les slogans, ni les foules, ni même les hommes et les femmes, ce sont les institutions : l'école qui ouvre le matin, le tribunal qui dit le droit, l'hôpital qui veille la nuit, le soldat qui garde la frontière, l'urne qui attend son heure. C'est ça qui tient le pays, c'est ça que nous devons protéger. »
Les paysans disent qu'il faut se méfier de l'eau qui dort. Sonko, qui se demandait ce qui arrivait à son petit frère, le voit dans l'arène face à lui. Il n'est pas surpris, le président du Pastef, il veut les dates des futures élections pour en finir tout de suite avec lui par la force de son charisme et son parti d'un million de membres.
Est-ce ainsi que le Pastef se veut un parti d'avant-garde ou est-ce seulement la mobilisation financière qui est recherchée avec 1 milliard de FCFA dans la caisse (1 000 X 1 000 000) par les cartes vendues ? Ne boudons pas notre plaisir, la démocratie sénégalaise vit de grands moments avec des institutions fortes et des partis qui se battent. Le bémol est que tout cela fait passer au second plan les problèmes économiques, la vie chère et le manque d'emploi…
Sana Guy
Lefaso.net
Alors que l'immersion patriotique a réuni sa deuxième cohorte cette année 2026, l'acteur de la société civile burkinabè Jonas Hien nous a fait parvenir sa lecture de cette initiative nationale. Tribune !
Depuis plusieurs années, le Burkina Faso traverse une période particulièrement éprouvante de son histoire. Aux défis sécuritaires s'ajoutent des enjeux économiques, sociaux et politiques qui interrogent profondément l'avenir de la Nation. Face à cette réalité, les autorités, au plus haut sommet de l'Etat, ont fait le choix d'accorder une place centrale à la formation civique et patriotique de la jeunesse. C'est dans cette dynamique qu'a été instituée l'immersion patriotique obligatoire pour les nouveaux bacheliers, chaque année, avec l'ambition affichée de former une génération davantage consciente de ses responsabilités envers la patrie.
À première vue, certains pourraient considérer cette immersion comme une simple activité organisée après l'obtention du baccalauréat. Pourtant, le sens même du mot « immersion » invite à une compréhension beaucoup plus profonde. Être en immersion, c'est être plongé dans un environnement afin de le découvrir de l'intérieur, de le comprendre, de le vivre et d'en saisir toutes les réalités et toute la portée.
On parle d'immersion linguistique lorsqu'une personne séjourne dans un pays ou dans un milieu pour apprendre une langue, ou d'immersion professionnelle lorsqu'un étudiant découvre concrètement son futur métier. De la même manière, l'immersion patriotique consiste à placer les jeunes au cœur d'une expérience destinée à renforcer leur connaissance du Burkina Faso, de son histoire, de ses valeurs et des responsabilités qui accompagnent la citoyenneté.
Cette initiative repose sur une idée simple : on protège mieux ce que l'on connaît. Un jeune qui ignore l'histoire de son pays, les sacrifices consentis par les générations qui l'ont précédé ou les fondements de son identité nationale risque de percevoir son appartenance à la Nation comme une simple formalité administrative. En revanche, celui qui comprend les longues luttes menées par ses ancêtres pour préserver leur liberté, défendre leurs terres, maintenir leurs traditions et assurer la survie de leurs communautés, développe plus facilement un sentiment d'attachement et de responsabilité envers son pays.
Dans les orientations présentées par les autorités burkinabè, cette immersion s'inscrit dans une vision plus large portée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré : celle de construire un « citoyen nouveau ». Selon cette vision, il ne suffit pas de former des diplômés compétents ; il est également nécessaire de former des citoyens capables de comprendre leur environnement historique, culturel et géopolitique afin de participer activement au développement et à la défense de leur pays.
Connaître son histoire ne revient pas uniquement à mémoriser des dates ou des noms historiques. C'est comprendre comment vivaient les populations avant la colonisation, pendant la colonisation, comment les différentes communautés ont organisé leur coexistence, quelles formes de gouvernances traditionnelles existaient, comment les conflits étaient résolus, quelles valeurs guidaient les relations sociales et comment les peuples ont résisté aux différentes épreuves de leur temps. Cette connaissance permet également de mesurer les transformations intervenues au fil des siècles sous l'effet des influences extérieures, des évolutions politiques, des changements économiques et des mutations culturelles.
Pour les autorités, cette compréhension historique constitue également une clé de lecture du présent. Elles estiment qu'un jeune qui connaît les grandes étapes de l'histoire de son pays est mieux préparé à comprendre les défis contemporains, notamment les questions liées à la souveraineté, à la sécurité, à la gouvernance des ressources naturelles et aux rapports entre les États. Dans cette perspective, l'immersion patriotique vise aussi à présenter la lecture officielle que les autorités font du contexte actuel, de la guerre que connaît le Burkina Faso, des enjeux géopolitiques qui y sont associés et des raisons qui, selon elles, rendaient nécessaire la Révolution engagée.
L'objectif poursuivi est de permettre aux jeunes de mieux comprendre les choix politiques opérés par les autorités afin qu'ils puissent situer leur propre rôle dans la protection et la défense de la Révolution et dans la construction de l'avenir du pays. Il ne s'agit donc pas seulement d'informer, mais aussi de susciter une réflexion sur la place que chaque citoyen peut occuper dans le développement du Burkina Faso.
Le patriotisme auquel les jeunes sont appelés dépasse largement les symboles nationaux. Aimer son pays ne consiste pas uniquement à brandir un drapeau ou à chanter l'hymne national. Le patriotisme s'exprime d'abord par des comportements quotidiens : respecter les lois, préserver les biens publics et privés, travailler avec intégrité, protéger l'environnement, refuser la corruption, promouvoir la cohésion sociale et contribuer, rejeter la trahison contre sa patrie et œuvrer, chacun à son niveau, au progrès collectif. La grandeur d'une nation repose moins sur les discours que sur les actes de ses citoyens.
Cette responsabilité est particulièrement importante pour la jeunesse, qui représente aujourd'hui la principale force démographique du Burkina Faso. Les jeunes d'aujourd'hui seront demain les enseignants, les ingénieurs, les médecins, les agriculteurs, les chercheurs, les militaires, les magistrats, les entrepreneurs, les dirigeants et responsables publics appelés à conduire le destin du pays. Les valeurs qu'ils acquièrent aujourd'hui influenceront la manière dont ils exerceront ces responsabilités demain.
L'immersion patriotique invite ainsi les nouveaux bacheliers à regarder le Burkina Faso non seulement comme le pays où ils sont nés, mais aussi comme un héritage reçu des générations précédentes et qu'ils auront la responsabilité de transmettre aux générations futures. Cet héritage ne se limite pas au territoire national. Il comprend également les ressources naturelles, les richesses culturelles, les langues nationales, les traditions, les cultures, les us et coutumes, les institutions, les valeurs d'unité, de solidarité et les aspirations à la paix, à la justice et au développement.
Dans un contexte où les ressources naturelles suscitent de fortes convoitises à l'échelle internationale, ce qui nous vaut une guerre de recolonisation, les autorités du pays soulignent également la nécessité de développer chez les jeunes une conscience accrue de leur importance stratégique. L'objectif affiché est donc de former des citoyens capables de contribuer à une gestion responsable de ces ressources dans l'intérêt du Burkina Faso et de ses populations, tout en préservant la souveraineté nationale.
En somme, l'immersion patriotique rappelle une vérité : l'avenir d'un pays ne dépend pas uniquement de ses dirigeants. Il dépend aussi, et surtout de la qualité des citoyens qui le composent. Un État peut adopter les meilleures politiques publiques ; elles produiront peu d'effets si les citoyens ne s'en approprient pas les valeurs et les objectifs. À l'inverse, une jeunesse disciplinée, instruite, intègre, patriote, solidaire et profondément attachée à son pays, constitue un levier puissant de transformation nationale.
L'immersion patriotique se présente ainsi comme une invitation à apprendre avant d'agir, à comprendre avant de juger et à servir avant de revendiquer. Elle rappelle que l'amour de la patrie ne se décrète pas : il se construit progressivement par la connaissance de son histoire, la compréhension des défis de son époque et la volonté de contribuer, chaque jour, au bien commun. C'est dans cet esprit que cette initiative entend préparer une génération de Burkinabè appelée à relever les défis de son temps avec lucidité, responsabilité et engagement patriotique.
Jonas Hien
La deuxième édition de l'immersion en langue san a été officiellement lancée ce mercredi 29 juillet 2026 à Loumbila. Portée par la sous-commission nationale de la langue san-maka, cette initiative vise à préserver et à promouvoir la langue ainsi que le patrimoine culturel samo en offrant aux jeunes un cadre d'apprentissage intensif de la langue maternelle.
Pendant deux semaines, les 36 campeurs inscrits suivront un programme qui allie apprentissage linguistique et découverte culturelle. Ils seront initiés aux bases de la communication en langue san, notamment les salutations d'usage, les échanges dans les lieux publics, les marchés, les établissements scolaires et les centres de santé. Les enseignements porteront également sur le vocabulaire de la vie quotidienne, les relations familiales, ainsi que sur la lecture, l'écriture et la transcription de la langue. L'immersion sera enrichie par des activités culturelles telles que les danses traditionnelles, la lutte, les devinettes et d'autres pratiques destinées à transmettre les valeurs et les richesses de la culture samo.
Une trentaine de campeurs prennent part à cette immersionPour le président de la sous-commission nationale de la langue san-maka, Lassina Toé, cette initiative répond à une préoccupation grandissante qu'est la perte progressive de la langue maternelle chez de nombreux enfants samos, notamment en milieu urbain.
« Nous avons constaté que dans un bon nombre de nos localités, surtout les centres urbains, nous avons beaucoup d'enfants samos qui ne comprennent pas leur langue maternelle. Alors qu'est-ce qu'il fallait faire pour ces enfants ? Nous nous sommes dit qu'il fallait trouver une solution. Et la solution, c'était de trouver un temps pour eux, pour les initier à parler la langue, à l'écrire et même à la lecture. Nous avons réalisé une première édition l'année passée, qui a été couronnée de succès grâce à nos partenaires. Cette année encore, c'est ce qui nous a motivés à organiser cette deuxième édition. Comme je l'ai dit, le besoin est là, ce ne sera pas la dernière édition. Nous comptons répéter cette immersion chaque année », a-t-il expliqué.
Selon le président du comité d'organisation, cette initiative vise à préserver et à promouvoir la langue ainsi que le patrimoine culturel samoSelon lui, l'engouement est d'ailleurs en nette progression, avec un effectif passé d'une trentaine de participants en 2025 à 36 cette année. Face à cette adhésion, les promoteurs envisagent déjà d'étendre l'expérience à la région de l'Ouest, où une première immersion en san-maka est annoncée à Bobo-Dioulasso.
La représentante du ministre en charge de la culture et vice-présidente de la Commission nationale des langues nationales, Awa Tiendrébéogo/Sawadogo, a salué cette initiative qui s'inscrit pleinement dans la politique nationale de promotion des langues nationales. Elle a rappelé que la transmission constitue l'un des piliers de l'aménagement linguistique, aux côtés du statut et du corpus des langues. Pour elle, ce type d'immersion contribue à freiner l'érosion linguistique et à préserver l'identité culturelle des communautés. « L'occasion est offerte aux familles de se rattraper. C'est une initiative à saluer, car elle participe à la transmission des langues et permet d'éviter leur étiolement », a-t-elle indiqué.
Selon la représentante du ministre en charge de la culture, ce type d'immersion contribue à freiner l'érosion linguistique et à préserver l'identité culturelle des communautésLe président de la cérémonie d'ouverture, Jean François Kobiané, a pour sa part félicité les organisateurs pour leur engagement en faveur de la valorisation des langues nationales. Il a souligné que cette démarche est en parfaite adéquation avec les priorités nationales accordées à la culture et s'inscrit dans la dynamique de réforme de l'enseignement supérieur, où les langues nationales occupent désormais une place plus importante.
Doris Niamba espère acquérir les bases de la langue san afin de pouvoir la lire, l'écrire et même interpréter l'hymne national dans cette langueLe parrain de la cérémonie, Karim Ki, président du conseil régional des personnes âgées du Guiriko, a lui aussi insisté sur l'importance de préserver les langues face aux effets du brassage culturel. Il n'a pas manqué de rappeler qu'un peuple qui perd sa langue perd ses racines, avant d'exprimer le souhait de voir cette immersion s'inscrire durablement dans le calendrier culturel afin de transmettre aux jeunes générations l'histoire, les traditions et les coutumes du peuple samo.
Du côté des participants, l'enthousiasme est palpable. Doris Niamba, qui prend part à cette immersion pour la première fois, espère acquérir les bases de la langue san afin de pouvoir la lire, l'écrire et même interpréter l'hymne national dans cette langue. « C'est une nouvelle aventure pour moi. J'ai quelques notions, mais je veux approfondir mes connaissances », a-t-elle confié.
Dala Alicia Marine est venue avec l'ambition d'apprendre à parler le san et à mieux découvrir la culture samoMême motivation chez Alicia Marine Dala, venue apprendre à parler le san et à mieux découvrir la culture samo. « Je veux apprendre à parler la langue, mais aussi à danser, à cuisiner et à connaître davantage les traditions samos », a-t-elle déclaré.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Sur Facebook, les publications énigmatiques qui laissent croire à une brouille entre deux personnes sont devenues monnaie courante. Au fil des publications, les internautes prennent position, les commentaires se déchaînent et les vidéos de réaction se multiplient. Chacun y va de son analyse, souvent sans connaître les faits. Puis, quelques jours plus tard, l'on découvre que tout avait été soigneusement orchestré. C'était un coup de communication préparé à l'avance destiné à promouvoir une œuvre ou à faire parler d'un projet. Le « buzz » tant recherché semble réussi, mais de nombreux internautes se retrouvent dans une position inconfortable, celle d'avoir défendu avec passion une cause dont ils ignoraient les véritables contours.
Aujourd'hui, chacun peut commenter, partager, analyser et même condamner en quelques secondes. On voit de plus en plus des réactions émotionnelles au détriment de la vérification des faits. Les publications les plus virales sont souvent celles qui suscitent la colère, l'indignation ou la compassion, des émotions qui poussent les utilisateurs à réagir avant même de chercher à comprendre.
Dans les conflits supposés entre artistes, producteurs ou personnalités publiques, le public n'a généralement accès qu'à une partie de l'histoire. Les échanges privés, les accords contractuels ou les stratégies de communication demeurent inconnus de la majorité des internautes. Mais cela n'empêche pas certains internautes de distribuer les rôles de victime et de coupable avec une assurance déconcertante.
Lorsque la vérité éclate et qu'il apparaît qu'il n'y avait pas réellement de conflit, les réactions changent rapidement. Les commentaires accusateurs disparaissent et très peu de personnes reconnaissent avoir été emportées par l'effet de foule. Le mal est cependant souvent déjà fait avec des injures proférées de part et d'autre.
On pourrait penser que ce n'est pas grave. Mais des personnes reçoivent des messages haineux pour avoir défendu le « mauvais » camp dans une dispute qui n'existait pas. Des réputations peuvent être abîmées par des accusations fausses, même quand elles sont ensuite démenties.
Aussi, à force d'être manipulé, le public devient méfiant, même face à de vrais conflits qui, eux, méritent d'être pris au sérieux.
Faut-il réagir à chaque polémique qui surgit sur Internet ? Pour notre part, la prudence reste la meilleure attitude. Une polémique vieille de quelques heures ne mérite pas une opinion tranchée.
Ensuite, il faut se poser les bonnes questions. Qui a intérêt à ce que cette information circule ? Une sortie d'album est-elle prévue bientôt ? Une tournée ? Le calendrier promotionnel des personnes concernées donne souvent la réponse.
Un producteur et son musicien ont une histoire, des contrats, des accords que le public ne voit jamais. Prendre parti avec certitude, c'est risquer de passer à côté de la plaque.
Attendre davantage d'informations, croiser les sources et accepter de ne pas disposer de tous les éléments sont des réflexes qui permettent d'éviter les jugements hâtifs. Il faut douter avant de juger, et se rappeler qu'une dispute trop parfaite, au moment idéal, n'en est peut-être pas une. Avant de choisir un camp, la retenue est parfois une forme de sagesse. Car toutes les batailles qui agitent Internet ne méritent pas nécessairement que l'on y participe.
Fredo Bassolé
Lefaso.net
Il y a des chansons qui traversent les années sans prendre une ride. « Douatou », chanson extraite du premier album de Bil Aka Kora sorti en décembre 1998, en fait partie. Cette chanson, comme tant d'autres des chansons de cet artiste, fait partie du patrimoine musical national. « Douatou » désigne en langue kassena le « faiseur de pluie ». Plus de trente ans après la sortie de cette œuvre musicale, elle garde une résonance particulière, tant le sujet abordé représente, pour chacun d'entre nous, bien plus qu'un simple phénomène météorologique.
Chaque année, le retour de la pluie a des allures de miracle. Après des mois de forte chaleur, il annonce une saison nouvelle, la promesse d'un renouveau. La pluie apporte la fraîcheur, le beau temps, et surtout une métamorphose radicale des paysages : les terroirs ocres et jaunis cèdent la place à la verdure, la terre reprend vie, les champs se réveillent. Les oiseaux et les insectes de toute sorte et de toutes les couleurs marchent, volent, chantent et dansent presque, de jour comme de nuit. Et les crapauds, si silencieux de nature, sortent, après une pluie, leurs plus belles voix pour des chansons d'action de grâce.
Mais quand la pluie se fait rare ou tarde à venir, c'est une inquiétude sourde qui gagne les villes et les campagnes. Pourtant, le paysan ne renonce jamais. Il prépare inlassablement sa terre, guette le moindre signe, et dès la première goutte, s'empresse de (re)semer. Quand la pluie se fait rare, on scrute le ciel cherchant à comprendre ses absences, son éloignement, comme dans un élan de chercher à comprendre un être distant.
En regardant le clip « Douatou », on retrouve les paysages du Faso dans leur ambivalence ; une terre craquelée et ocre en saison sèche, puis apparaissent les nuances de vert pendant et après la saison pluvieuse. Le clip montre les gestes du quotidien, la terre desséchée, les regards des hommes vers le ciel, le chant des tam-tams, des calebasses et des flûtes, illustrant l'environnement rituel pour ensemencer la terre. L'attente de la pluie comporte ainsi, dans toutes les sociétés, une dimension humaine, culturelle et cultuelle.
Au-delà des images, c'est le groove même de la chanson qui porte le message. Concepteur de la « Djongo Music », la chanson est la résultante d'une créativité musicale et scénique qui participe de la prise de conscience de ce que nous sommes et de l'importance de la terre que nous habitons. Ce rythme est un symbole de profondeur et une source de retour à la mémoire collective.
Pourtant, saison après saison, la pluie devient de plus en plus incertaine. L'abondance d'une saison fait oublier, aux plus jeunes, les années rudes de sécheresse ; au temps de la rareté des pluies, les vieux redoutent le spectre des années 72-73.
Dans tous les cas, nous devons cesser de laisser la fonction de « faiseurs de pluie » aux seuls ritualistes et autres petits marabouts qui se jouent de notre crédulité au quotidien. Pour que la pluie soit au rendez-vous, et surtout qu'elle profite pleinement à nos terres, nous ne pouvons plus nous contenter d'attendre et de scruter le ciel. Il nous faut devenir, à notre tour, des faiseurs de pluies, en créant les conditions qui permettent à l'eau de servir abondamment le Faso.
Cet effort ne peut se faire sans l'État, qui œuvre sans relâche à l'aménagement d'infrastructures de maîtrise et de gestion de l'eau, et à la promotion d'outils, de technologies et de savoir-faire dans ce domaine. À l'évidence, l'action de l'État, c'est de faire en sorte que la pluie ne soit plus l'unique déterminant de notre agriculture, mais un atout parmi d'autres. Ce n'est pas nouveau ce que fait l'État, mais la volonté et l'intensité semblent inédites.
Mais à côté des efforts de l'État, chacun de nous, petites mains du quotidien, a un rôle à jouer. Créer les conditions de la pluie, du beau temps, d'un environnement vivable et enviable au Faso. Cela passe par de simples gestes, parfois modestes, mais profondément durables, notamment reboiser sans cesse et en toute saison, entretenir nos plants, nourrir et préserver la terre, entretenir nos infrastructures existantes et aménager par tous les moyens des espaces de retenue et de conservation de l'eau.
Cette volonté de faire pleuvoir devrait se traduire par notre capacité à retenir et à valoriser chaque goutte tombée. Le Burkina Faso dispose d'un patrimoine reconnu dans ce domaine, les techniques de conservation des eaux et du sol, la défense, la restauration des sols, les techniques de régénération naturelle assistée méritent d'être pratiquées dans les villes et les campagnes, de manière systémique.
Dans cet élan, nous devons veiller à ce que nos infrastructures sacrées (mares sacrées et nos forêts sacrées) soient conservées. Ces espaces sont des réservoirs de biodiversité pour une faune et une flore endémiques. Enfin, elles constituent pour la jeune génération des lieux de transmission des savoirs et des pratiques de notre identité.
Ceci étant, il ne faut pas croire que la pluie peut tout faire, aussi abondante soit-elle. Elle ne suffira pas à elle seule à garantir une terre nourricière durable. Nous devons revoir notre rapport aux substances et activités dangereuses qui, jour après jour, fragilisent la fertilité de nos sols et menacent la santé de l'homme et des écosystèmes. Cette exigence de transformation est un impératif qui se pose même à l'agir humain dans sa globalité.
Ainsi, « Douatou » n'est pas seulement un morceau de musique populaire burkinabè. C'est une invitation à repenser notre rapport à l'eau et à la terre. Bil Aka Kora, en donnant à son premier album le nom de cette figure ancestrale de faiseur de pluie, rappelle que la pluie ne tombe pas seulement du ciel. Elle se prépare, se mérite, se cultive par les efforts conjugués de l'État et de chaque citoyen. À l'heure des changements climatiques, Alif Naaba nous pose, en définitive, une question : Et maintenant ? Et maintenant, que comptez-vous faire ? (À suivre).
Yda Alexis Nagalo
Citoyen
nagalose@yahoo.fr
À l'invitation de la Fédération burkinabè des associations et clubs pour l'UNESCO, une équipe technique agricole de la République populaire de Chine a renforcé les capacités des jeunes participants au Camp international d'échanges culturels, de reboisement et d'actions communautaires (CIECRAC), organisé dans la commune de Kindi, dans la région du Nando. Ce mardi 28 juillet 2026, les campeurs ont bénéficié d'une formation pratique sur plusieurs techniques agricoles.
Réunis dans l'une des salles de classe du collège de Kindi, une centaine d'élèves et d'étudiants participant au Camp international d'échanges culturels, de reboisement et d'actions communautaires ont suivi les démonstrations de l'équipe technique agricole chinoise. Au programme figuraient des séances pratiques sur la production maraîchère, les techniques d'entretien des cultures ainsi que diverses bonnes pratiques agricoles.
Don de semences et de matériel agricoles à l'UNESCOAprès plusieurs heures d'échanges avec les experts chinois, les campeurs se sont dits satisfaits des enseignements reçus. « Ils nous ont montré des techniques agricoles permettant d'améliorer les semences et d'optimiser la production. Ils nous ont également présenté des légumes cultivés en Chine que l'on retrouve aussi au Burkina Faso, comme les aubergines, la salade ou encore le concombre. Vraiment, nous avons beaucoup appris », a témoigné Clémence Ouédraogo.
Clémence Ouédraogo a traduit sa reconnaissance aux ChinoisPour cette participante, il s'agit d'une première expérience de ce genre. Elle nourrit désormais l'ambition de développer, parallèlement à ses études, des activités agricoles en mettant à profit les connaissances acquises.
Alassane Sawadogo, également membre des clubs pour l'UNESCO et participant au camp, s'est lui aussi réjoui de cette immersion dans l'expérience chinoise en matière d'agriculture. Il s'est engagé à partager les connaissances acquises avec les autres membres du camp qui n'ont pas pu assister à la formation.
Pour lui, cette initiative illustre concrètement la coopération entre la République populaire de Chine et le Burkina Faso. Il estime également qu'elle s'inscrit dans la dynamique des autorités burkinabè visant à promouvoir le développement du secteur agricole.
Selon Ahmed Diallo, chef de la jeunesse des Écoles associées à la Commission nationale burkinabè pour l'UNESCO, cette activité s'inscrit dans le programme annuel de la Fédération burkinabè des associations et clubs pour l'UNESCO.
« Chaque année, nous organisons un camp chantier consacré au reboisement et aux actions communautaires dans une localité du Burkina Faso. Cette année, la commune de Kindi a été retenue pour accueillir cette édition. Le programme comprend des activités culturelles, de reboisement et agricoles. Connaissant l'expertise de la Chine dans le domaine agricole, nous avons sollicité l'appui de l'équipe technique agricole chinoise afin de renforcer les capacités des campeurs », a-t-il expliqué.
Ahmed Diallo, chef de la jeunesse des Écoles associées à la Commission nationale burkinabè pour l'UNESCODes semences agricoles offertes aux participants
Le chef de l'assistance technique agricole chinoise, Hu Yuzhou, a félicité les campeurs pour leur forte mobilisation. Il a rappelé que son équipe est intervenue à l'invitation de la Fédération burkinabè des associations et clubs pour l'UNESCO afin de partager l'expertise chinoise dans le domaine agricole.
En plus de la formation, l'équipe technique chinoise a offert un lot de semences agricoles ainsi que du matériel à la Fédération burkinabè des associations et clubs pour l'UNESCO, au profit des membres. Selon les responsables chinois, ce don s'inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération agricole entre la Chine et le Burkina Faso.
Le camp international d'échanges culturels, de reboisement et d'actions communautaires se déroule du 24 juillet au 2 août 2026. Selon les organisateurs, les participants bénéficieront également de formations sur la gestion des conflits et les défis liés au changement climatique. Le programme prévoit aussi des visites touristiques, des activités de reboisement ainsi que des actions communautaires.
Créé en 1985, le Camp international d'échanges culturels, de reboisement et d'actions communautaires (CIECRAC) organise chaque année un camp chantier consacré au reboisement et aux actions communautaires.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
L'Observatoire pour la célérité des opérations douanières au Burkina Faso (OCOD-BF) organise, ce mercredi 29 juillet 2026 à Ouagadougou, un séminaire consacré à l'amélioration du contrôle du transport routier de marchandises et à la fluidité des échanges commerciaux. La rencontre se tient sous le thème : « Contrôle du transport routier de marchandises et fluidité des échanges commerciaux face aux exigences de professionnalisme, d'éthique et de la compétitivité économique ».
Ce cadre de réflexion réunit les principaux acteurs intervenant dans le transport routier de marchandises, les services douaniers, les forces de contrôle ainsi que les opérateurs économiques. L'objectif est de contribuer à l'amélioration de l'efficacité du contrôle du transport routier de marchandises tout en favorisant la fluidité des échanges commerciaux, la compétitivité économique et l'amélioration du climat des affaires au Burkina Faso.
Les travaux s'articulent autour d'un panel avec quatre communications.
La première communication porte sur la réglementation du transport routier de marchandises, avec un accent particulier sur la sécurité, la professionnalisation et la modernisation du secteur. Elle met en lumière les évolutions réglementaires ainsi que les exigences auxquelles les acteurs doivent répondre pour améliorer la qualité des services de transport.
Une vue des participantsLa deuxième communication est consacrée au contrôle douanier du transport routier de marchandises, en abordant les enjeux liés à la mobilisation des recettes de l'État et à la facilitation des échanges commerciaux. Les échanges permettront d'analyser le rôle du contrôle douanier dans la sécurisation des recettes publiques tout en veillant à réduire les contraintes pesant sur les opérateurs économiques.
La troisième communication traite de la fluidité des échanges commerciaux et de la compétitivité économique, en mettant en évidence les impacts des contrôles routiers sur les marchandises en transit. La quatrième communication porte sur la sécurité des corridors routiers et le contrôle des marchandises.
Les différentes communications permettront de faire un état des lieux du contrôle du transport routier de marchandises, des obstacles à la fluidité des échanges commerciaux, des bonnes pratiques en matière de professionnalisme et de l'éthique dans l'exercice du contrôle, ainsi que des pistes concrètes pour renforcer la compétitivité économique du pays.
Selon le président de l'OCOD-BF, le colonel des douanes Robert Kontogom, l'OCOD-BF a pour mission de veiller à la bonne gouvernance en matière douanière, dans un esprit de complémentarité et de respect mutuel avec l'administration publique. « Notre mission est simple, mais exigeante. Nous devons observer, analyser, dialoguer et proposer des solutions concrètes pour que les opérations douanières et le transport de marchandises se déroulent dans des conditions de célérité, de transparence et d'efficacité accrues. C'est dans ce cadre que nous avons jugé opportun d'organiser le présent séminaire. Le choix du thème n'est pas fortuit. Il découle des constats que nous faisons au quotidien à travers nos activités de veille et les nombreuses saisines des opérateurs économiques. Nous observons parfois, de la part de certains agents de contrôle, un manque de professionnalisme qui se traduit par des tracasseries sur nos axes routiers, entraînant des retards importants et des pertes de compétitivité pour les entreprises. De telles pratiques contraires à l'éthique nuisent à l'image de notre pays comme espace d'échange fiable et attractif », a-t-il souligné.
Le colonel de douane Robert Kontogom, président de l'observatoireIl a assuré que les conclusions qui sortiront de ce séminaire feront l'objet d'un suivi rigoureux. Mais aussi elles seront portées à la connaissance des autorités compétentes.
« Le transport routier demeure, dans notre pays comme dans l'ensemble de l'espace ouest-africain, le mode dominant d'acheminement des marchandises. II constitue, à ce titre, un maillon essentiel de notre économie nationale et un vecteur incontournable de l'intégration régionale, notamment dans le cadre de l'espace AES, UEMOA et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Sa fluidité conditionne directement l'approvisionnement de nos populations, la compétitivité de nos entreprises et l'attractivité de notre pays comme espace de transit et d'échanges. Cependant, cette fluidité tant recherchée ne saurait être dissociée d'un impératif tout aussi fondamental, celui du contrôle. Un contrôle rigoureux, mais intelligent. Un contrôle qui protège les recettes de l'État, garantit la sécurité des personnes et des biens, préserve nos infrastructures routières et lutte efficacement contre la fraude, sans pour autant devenir un frein aux échanges commerciaux et à l'initiative économique », a indiqué la représentante du ministre en charge de l'administration territoriale, Kiswensida Alice Ouédraogo.
Pour trouver des solutions concrètes et durables, elle a invité les participants à des discussions franches. Afin de formuler des recommandations concrètes, réalistes et applicables. Celles-ci permettront de renforcer l'efficacité et la transparence des dispositifs de contrôle du transport routier de marchandises, d'améliorer la coordination entre les différents corps de contrôle intervenant sur nos axes routiers, de promouvoir une culture du professionnalisme et de l'éthique chez tous les acteurs, publics comme privés, et de contribuer à faire du Burkina Faso un espace plus compétitif pour les échanges commerciaux sous-régionaux et internationaux.
Rama Diallo
Lefaso.net
Dans ce numéro de Entreprendre au Faso, nous recevons Gildas Tiendrébéogo, gérant de Yoyonte SARL, une entreprise spécialisée dans la culture, la conservation et la transformation de la patate douce à chair orange. Au cours de cet entretien, il revient sur la création de son entreprise, les particularités de la patate douce à chair orange, les défis liés à son activité, ainsi que sa vision pour le développement de cette filière au Burkina Faso.
Lefaso.net
Air Burkina a offert un baptême de l'air à cinq Pupilles de la Nation, sélectionnés par l'État-Major Général des Armées pour leurs excellents résultats scolaires. À travers cette initiative, la compagnie nationale rend hommage au courage et au sacrifice de leurs parents, membres des Forces de Défense et de Sécurité et de la Brigade des Volontaires pour la Défense de la Patrie, tout en réaffirmant aux Pupilles de la Nation que le Faso restera toujours à leurs côtés.
Le Gouvernement burkinabè a exprimé sa reconnaissance aux équipes médicales engagées dans la troisième campagne nationale de transplantation rénale. C'était à l'occasion d'une visite effectuée ce mercredi 29 juillet 2026 au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo, indique la direction de la communication du ministère de la santé. Conduite par le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, et le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Pr Adjima Thiombiano, la délégation a salué le professionnalisme et l'engagement des acteurs mobilisés pour cette intervention hautement spécialisée.
Cette visite intervient au deuxième jour de la campagne. Après une première transplantation réussie le 28 juillet 2026, une deuxième intervention était en cours ce mercredi, tandis qu'une troisième est prévue pour le lendemain. La campagne concerne trois couples donneurs-receveurs et illustre les progrès enregistrés par le Burkina Faso dans le domaine de la transplantation rénale.
Selon le Dr Fatimata Diallo, néphrologue au CHU de Tengandogo, chaque opération est le fruit d'un long processus de préparation. Les donneurs volontaires et les receveurs sont soumis à des évaluations médicales rigoureuses afin de garantir leur compatibilité et leur sécurité. « Nous avons aujourd'hui près de 800 patients sous dialyse au Burkina Faso. La transplantation leur offre une meilleure qualité de vie ainsi qu'un meilleur espoir de survie », a-t-elle souligné.
L'un des moments les plus marquants de cette campagne a été le témoignage de David Tapsoba, donneur volontaire pour son jeune frère. Ému, il a expliqué son geste par la volonté de lui offrir une nouvelle chance de vivre. « C'est mon petit frère. Je voulais simplement lui donner une nouvelle chance de vivre », a-t-il déclaré, tout en saluant les efforts du ministère de la Santé qui permettent désormais aux Burkinabè d'accéder à ce type de prise en charge sur le territoire national.
À l'issue de la visite, le Pr Adjima Thiombiano a salué une prouesse médicale qui témoigne de la qualité des compétences nationales ainsi que des investissements consentis par l'État dans le secteur de la santé. Il a félicité les équipes médicales pour leur dévouement et leur engagement au service des patients.
À travers cette troisième campagne de transplantation rénale, le ministère de la Santé réaffirme sa volonté de développer les soins hautement spécialisés et de concrétiser la vision d'une véritable souveraineté sanitaire. Une ambition qui permet désormais à des patients burkinabè de bénéficier, dans leur propre pays, d'interventions autrefois accessibles uniquement à l'étranger.
Pour mémoire, la première campagne nationale de transplantation rénale a été réalisée le 28 juin 2025, tandis que la deuxième s'est tenue en février 2026 marquant ainsi des étapes majeures dans le renforcement du système de santé burkinabè.
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Source : DCRP/MS
La région du Nando a officiellement donné, le mardi 28 juillet 2026, le coup d'envoi de la deuxième édition de l'Immersion patriotique obligatoire (IPO), session 2026. Organisée au collège Sainte-Monique de Koudougou, la cérémonie a réuni le Grand chancelier des ordres burkinabè, Pingrenoma Zagré, le président de la Commission nationale de la confédération des États du Sahel, Bassolma Bazié, le gouverneur de la région du Nando, Adama Jean-Yves Béré, ainsi que plusieurs autorités administratives, militaires, paramilitaires, coutumières et religieuses.
Moment de recueillement et de communion, la cérémonie s'est ouverte par des prières des communautés chrétienne, musulmane et coutumière, invoquant la protection divine et formulant des bénédictions pour le bon déroulement de cette session. Les responsables religieux ont appelé les nouveaux bacheliers à faire de cette immersion une école de discipline, de fraternité, de justice et d'amour de la patrie.
Dans son mot de bienvenue, le président de la délégation spéciale de la commune de Koudougou, Amédée Paré, a salué le choix porté sur la cité du cavalier rouge pour accueillir cette cérémonie régionale. Il a exhorté les appelés à vivre pleinement cette expérience qu'il a qualifiée de véritable école des valeurs citoyennes, tout en réaffirmant l'engagement de la commune à accompagner les initiatives de refondation nationale.
Le Président de la délégation spéciale de la commune de Koudougou, Amédée ParéPrésentant les données de l'édition 2026, le directeur régional de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique du Nando, Hyacinthe Yaméogo, a indiqué que 6 259 bacheliers, dont 3 249 filles, prennent part à cette immersion. Ils sont répartis sur 12 sites, dont six réservés aux filles, dans les bassins de Koudougou, Réo et Léo. Pendant 30 jours, les participants suivront une formation articulée autour de 13 modules destinés à développer leur sens du civisme, du patriotisme, de la cohésion sociale et du devoir envers la nation.
Le directeur régional de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique du Nando, Hyacinthe YaméogoPrenant la parole, le gouverneur de la région du Nando et président de la cellule régionale de l'IPO, Adama Jean-Yves Béré, a d'abord invité l'assistance à observer une minute de silence en mémoire du capitaine Boubacar Compaoré, ancien commandant du 32ᵉ escadron de gendarmerie mobile de Koudougou et coordonnateur régional adjoint de Faso Mêbo, décédé après avoir fortement contribué à l'organisation de l'édition 2025.
Adama Jean-Yves Béré, gouverneur de la région du Nando et président de la cellule régionale de l'IPOLe gouverneur a rappelé que l'immersion patriotique obligatoire s'inscrit dans la vision des plus hautes autorités visant à former une jeunesse consciente, disciplinée et profondément attachée aux valeurs de souveraineté, de solidarité et de responsabilité. Il a également rendu hommage à l'ensemble des acteurs mobilisés dans l'organisation de cette édition avant de lancer un appel aux bonnes volontés pour poursuivre les contributions en vivres, en non-vivres et en ressources financières afin d'améliorer les conditions de séjour des appelés.
Les appelés de l'édition 2025 ont offert une démonstration de démontage et de remontage d'un fusil AK-47Autre temps fort de la cérémonie, les appelés de l'édition 2025 ont offert une démonstration de démontage et de remontage d'un fusil AK-47, illustrant les compétences acquises au cours de leur immersion. Les participants ont ensuite suivi le message du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, adressé aux nouveaux bacheliers, avant de prendre part à une opération symbolique de plantation d'arbres, marquant la clôture de la cérémonie.
À travers cette deuxième édition, les autorités entendent poursuivre la consolidation de l'esprit patriotique et de la conscience citoyenne des nouveaux bacheliers, considérés comme des acteurs essentiels de la construction d'un Burkina Faso souverain, uni et résilient.
Prince Omar
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Dans ce nouveau numéro de Fiscalité sans frontières, Dr Joëlle Traoré propose un éclairage sur l'Irlande, entre stratégie fiscale, environnement des affaires, innovation et attractivité des investissements internationaux.
Ce numéro explore les fondements du modèle économique irlandais, les principaux dispositifs fiscaux et juridiques qui soutiennent sa compétitivité, ainsi que les défis auxquels le pays est confronté dans un contexte de transformation de la fiscalité internationale.
Un puissant séisme a frappé le sud-ouest du Japon le mardi 28 juillet 2026 dans le département de Kumamoto, sur l'île de Kyushu, rapportent nos confrères de l'AFP. La secousse s'est produite à 16 h 27 (07 h 27 GMT). L'Agence météorologique japonaise (JMA) a évalué sa magnitude à 7,1, tandis que l'Institut géologique américain (USGS) l'a estimée à 6,8. La JMA a également indiqué que le séisme a atteint le niveau 7, le plus élevé sur l'échelle japonaise qui mesure l'intensité des secousses ressenties localement.
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a annoncé ce 29 juillet que le bilan provisoire s'élève à 13 morts. Elle a fait état de dégâts considérables, comprenant des effondrements de bâtiments, des incendies, des routes endommagées ainsi que de nombreuses victimes. L'un des principaux sinistres concerne un complexe commercial situé à Kashima, dans la banlieue de Kumamoto. Une partie du bâtiment s'est effondrée avant qu'une explosion, probablement provoquée par une fuite de gaz consécutive au séisme, ne survienne. Selon un porte-parole du groupe Aeon, exploitant du centre commercial, l'explosion s'est produite après l'évacuation des clients et du personnel.
Les secours ont extrait huit personnes des décombres, dont cinq blessées. Toutefois, les recherches se poursuivent pour localiser d'autres personnes susceptibles d'être piégées. Au total, près de 9 000 habitants ont été évacués par mesure de précaution. Le gouvernement japonais a déployé d'importants moyens d'intervention, avec environ 130 policiers, 450 pompiers et 170 militaires mobilisés pour les opérations de secours et de sécurisation des zones sinistrées.
Les autorités continuent d'évaluer l'ampleur des dégâts et appellent la population à rester vigilante face au risque de répliques sismiques.
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Source : AFP
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé, le lundi 27 juillet 2026 à Ouagadougou, la session conjointe 2025-2026 du Comité national de pilotage (CNP) des pôles de croissance. Cette rencontre stratégique a permis de définir les orientations destinées à accélérer l'opérationnalisation du Technopôle pharmaceutique intégré de Kokologho et à dynamiser la Grappe huilerie de Bobo-Dioulasso, deux projets structurants inscrits dans la vision du Gouvernement pour la souveraineté économique du Burkina Faso.
Dans son discours d'ouverture, le Chef du Gouvernement a rappelé que les pôles de croissance constituent un levier majeur du Plan RELANCE 2026-2030 et de la transformation structurelle de l'économie nationale.
Le Chef du village de OUALANA dans la commune de LENA, province du Houet, région du Guiriko ;
Les grandes familles MILLOGO, OUATTARA, SANOU ;
Les familles alliées OUEDRAOGO, GUIGMA, TIENDREBEOGO et TONDE ;
Ont la profonde douleur de vous annoncer le rappel à Dieu de leur frère, fils, oncle, père, Dr MILLOGO Missa, Contrôleur Général de Police, précédemment Directeur de la Police Judiciaire à la Direction Générale de la Police Nationale.
Décès survenu le mardi 28 juillet 2026 à 01h20mn au Centre Hospitalier Universitaire de Tengandogo des suites de blessures dues à un accident de la circulation routière.
PROGRAMME DES OBSÈQUES
Jeudi 30 juillet 2026
– 08 heures 30 : Levée du corps à la Morgue CHU Bogodogo ;
– 09 heures 30 : Recueillement au domicile du défunt sis au quartier Rimkiéta non loin de la cité Rimkiéta ;
– 10 heures : Cérémonie d'hommage et de décoration ;
– 11 heures : Départ pour le village à Oualana, commune de Léna ;
– 19 heures : Prière musulmane (Fidaou) au domicile familial.
Vendredi 31 juillet 2026
– 13 heures : Inhumation au domicile familial.
Dimanche 02 août 2026
– 09 heures : Cérémonie funéraire à Oualana.
Contacts : 76356678 / 76275027
Union de prières pour le repos de son âme !