Ingénieure en environnement et économiste planificatrice, Zenabo Edmone Kaboré incarne une génération de jeunes femmes burkinabè qui conjuguent expertise technique et engagement citoyen. Entre gouvernance inclusive, justice climatique et droits des femmes, elle trace son parcours, guidé par la conviction que le développement n'a de sens que s'il est juste.
« Le développement ne peut pas être durable s'il oublie la justice sociale », pense Zenabo Edmone Kaboré qui dégage une assurance discrète. Cette phrase résume à elle seule le socle de son parcours. Ingénieure en environnement et économiste planificatrice, elle a volontairement croisé les disciplines pour mieux comprendre la complexité des défis contemporains. « Le climat n'est pas qu'un sujet technique. C'est un sujet économique. C'est un sujet politique. C'est un sujet social », insiste-t-elle. Pour elle, les crises ne se compartimentent pas. Comprendre les écosystèmes est essentiel, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi maîtriser les outils budgétaires, les mécanismes de planification et les dynamiques institutionnelles qui orientent les politiques publiques.
Ainsi au fil des années, elle a collaboré avec plusieurs organisations nationales et internationales, toujours avec la même ligne directrice. Celle de renforcer le pouvoir d'agir des jeunes et des femmes. Son travail consiste à structurer des projets, accompagner des organisations féminines et de jeunesse, consolider des stratégies. « Un projet n'est pas une activité. C'est un levier de transformation », souligne-t-elle. Cette exigence explique son choix de poursuivre un master 2 en management de projets. « L'expérience du terrain m'a montré que la passion ne suffit pas. L'engagement doit être structuré pour être durable », confie-t-elle.
« Je suis inspirée par des femmes africaines engagées pour la démocratie et la paix comme Ellen Johnson Sirleaf, mais aussi par des militantes locales qui agissent dans l'ombre avec courage », indique Edmonde KaboréDerrière chaque initiative qu'elle accompagne, elle se pose systématiquement trois questions : est-ce viable ? Est-ce juste ? Est-ce durable ? À la Coalition burkinabè des droits de la femme (CBDF), où elle est actuellement, elle participe à l'élaboration du plan d'action, suivi-évaluation, capitalisation des expériences, mobilisation de ressources, visibilité institutionnelle : elle œuvre à renforcer l'impact du plaidoyer. « Il ne suffit pas d'avoir raison. Il faut aussi être organisé, crédible et cohérent », analyse-t-elle.
Les thématiques qu'elle porte se répondent : participation citoyenne et politique des jeunes et des femmes, leadership féminin, lutte contre les violences basées sur le genre, justice climatique. « On ne peut pas parler de leadership féminin sans parler de sécurité et de droits reproductifs. L'autonomie commence par le corps », affirme-t-elle avec gravité. Pour elle, les jeunes et les femmes sont à la fois les plus vulnérables… et les plus puissants. Vulnérables face aux normes sociales, aux inégalités structurelles, aux effets combinés des crises sécuritaires et climatiques. Puissants par leur capacité d'innovation et leur résilience. « Ils ne doivent pas être de simples bénéficiaires. Ils doivent être de véritables acteurs de changement », martèle-t-elle.
Les progrès sont perceptibles, reconnaît-elle, car les femmes prennent davantage la parole. Des organisations se structurent de plus en plus et les plaidoyers gagnent en cohérence. Mais les obstacles persistent. « Les textes existent. Mais ils sont peu appliqués », regrette-t-elle. Les normes sociales évoluent lentement et le contexte sécuritaire fragilise les mécanismes de protection. Son analyse est que le vrai combat est autant culturel qu'institutionnel. » Transformer les mentalités tout en consolidant les cadres légaux.
C'est dans cette articulation qu'elle situe la justice climatique. « Ceux qui contribuent le moins à la crise en paient le prix le plus lourd », explique-t-elle. Dans les zones rurales, les jeunes filles et les femmes sont en première ligne face aux dérèglements climatiques, à la raréfaction des ressources, aux déplacements forcés. « Si elles ne sont pas autour de la table des décisions, les politiques seront incomplètes », prévient-elle.
Selon elle, l'ingénierie environnementale lui a donné une lecture technique des enjeux climatiques et écologiques« Le leadership, ce n'est pas un titre, c'est une responsabilité. »
Sa définition du leadership s'éloigne des logiques communes. « Le leadership, ce n'est pas un titre, c'est une responsabilité », affirme-t-elle. Influencer positivement, ouvrir des espaces, créer des opportunités. Le leadership féminin et jeune, dit-elle, exige du courage pour occuper des espaces où l'on ne nous attend pas, affirmer sa vision, rester résiliente. Parmi ses figures inspirantes, elle cite Ellen Johnson Sirleaf, mais elle tient aussi à mettre en lumière les militantes locales. « Il y a des femmes qui changent des vies dans l'ombre, au quotidien. Elles sont tout aussi inspirantes. » Ce qu'elle souhaite transmettre à ses pairs, c'est la notion de confiance. La conscience des droits. Et la certitude que chaque jeune fille a sa place dans les espaces de décision.
Pour renforcer le leadership féminin, elle plaide pour plus de financements structurels, plus de mentorat et plus de volonté politique. Le talent existe, assure-t-elle, mais ce sont les opportunités équitables qui restent insuffisantes.
Son combat pour les années à venir est de renforcer la participation citoyenne et politique des jeunes filles et des femmes, notamment en milieu rural, dans les processus de paix. « La paix durable se construit avec les femmes, pas sans elles », affirme-t-elle. À celles qui hésitent encore à s'engager, son message est : « N'attendez pas d'être prêtes à 100 %. Lancez-vous. Apprenez en marchant. Votre voix est légitime. »
Farida Thiombiano
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Le Service de communication de la Conférence Épiscopale Burkina-Niger informe les fidèles catholiques que l'ordination épiscopale de Monseigneur Kisito Ouédraogo est prévue pour le samedi 7 mars 2026, au sanctuaire Notre-Dame de Yagma. Cette célébration solennelle sera présidée par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège.
Nommé archevêque titulaire d'Ilta et Nonce Apostolique en République du Congo le 28 janvier, Monseigneur Ouédraogo a ensuite été désigné Nonce Apostolique au Gabon le 10 février 2026. Ces nominations marquent une nouvelle étape dans la mission ecclésiale qui lui est confiée au service de l'Église universelle.
La Conférence Épiscopale Burkina-Niger se réjouit de cette étape majeure dans la vie de l'Église et invite les fidèles ainsi que les médias à accompagner cet événement par la prière et l'attention.
Le Service de communication de la Conférence Épiscopale Burkina-Niger indique rester disponible pour toute demande d'information relative à cette ordination ainsi qu'aux nouvelles missions confiées à Monseigneur Ouédraogo.
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Depuis plusieurs années, le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire majeure marquée par des attaques terroristes, des déplacements des populations et une fragilisation du tissu économique et social. Dans ce contexte, les forces de défense, les forces de sécurité intérieure, les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), constituent le principal rempart contre l'expansion des groupes armés terroristes et jouent un rôle déterminant dans la défense de l'intégrité territoriale et favorisent la continuité de l'État.
Nos héros doivent être applaudis, vénérés, soutenus, jusqu'à la victoire finale. A travers ces lignes, je voudrais leur rendre hommage, ces vaillants combattants de jour et de nuit pour que le Burkina Faso reste toujours debout. Pour ce faire, je prends un nom fictif d'un combattant pour magnifier toutes nos forces combattantes. Donnons-lui le nom Wenpanga qui, avec ses frères d'armes, vont en patrouille à la recherche de l'ennemi.
Il est trois heures du matin. Le petit matin s'annonce lorsque Wenpanga et ses camarades quittent leur lieu de cantonnement. Casques ajustés, regards concentrés, les soldats avancent sur un axe stratégique régulièrement ciblé par les terroristes. Chaque déplacement exige prudence et anticipation. La menace peut surgir à tout moment. Sur ces routes parfois isolées, la mission est claire : sécuriser, dissuader, protéger.
Les populations croisées au passage au petit matin saluent les boys, les vrais garçons. Pour beaucoup d'habitants, la présence militaire représente un signal fort : l'État est là. Il faut protéger les civils, maintenir leurs activités. Au-delà des opérations offensives, une large part du travail consiste à garantir la circulation des biens et des personnes sur les routes. Escortes de camions de ravitaillement, sécurisation des marchés, appui aux équipes humanitaires, Wenpanga et les autres, à travers leur détermination, permettent aux localités de continuer à vivre malgré la pression sécuritaire.
Ce n'est pas tout. Des écoles rouvrent progressivement ; les centres de santé reprennent du service ; les agriculteurs retournent aux champs. Rien n'est totalement acquis certes, mais ces signes témoignent d'une dynamique que le Burkina Faso avance vers la victoire finale contre les forces du mal. C'est une guerre d'endurance. La lutte contre les groupes armés impose un rythme exigeant. Longues heures de veille, opérations nocturnes, adaptation constante aux tactiques adverses, Wenpaga et les boys doivent conjuguer vigilance permanente et maîtrise du terrain.
L'ennemi, mobile et difficile à identifier, privilégie souvent les attaques surprises et les engins explosifs improvisés. Face à cela, la formation, la coordination et le renseignement deviennent des armes essentielles. Et la hiérarchie militaire joue à fond sa part de rôle et de responsabilité pour créer de meilleures conditions de combat.
Dans les bases avancées, le moral des boys est toujours au top, avec la rage de libérer le pays. Les moments de répit sont rares quand bien même précieux. Un repas partagé à la va-vite, un appel rapide à la famille, une plaisanterie échangée entre combattants, contribuent à maintenir le moral.
La mission est difficile, mais il faut l'accomplir jusqu'au bout. « Si nous ne tenons pas, qui le fera ? » disent-ils. Derrière l'uniforme, il y a des hommes et des femmes conscients de la portée de leur engagement.
Les analystes s'accordent à dire que la réponse militaire, bien qu'indispensable, ne peut suffire à elle seule. La stabilisation durable passe aussi par le développement, l'accès aux services sociaux de base et le renforcement du tissu économique. Mais sur le terrain, l'urgence reste la sécurité, la reconquête du territoire national. Sans elle, aucune autre action ne peut prospérer. Dans ce contexte, les forces armées burkinabè demeurent en première ligne, assumant une responsabilité lourde : préserver l'essentiel pour que le pays continue d'avancer.
Les combattants n'ont pas peur. Ils avancent toujours. Ils foncent vers l'ennemi quand ils apprennent qu'il y a une attaque. Ils bravent la mort ! Et tout ça c'est pour nous. Ils sont inspirés du chef suprême de guerre qui, lui aussi, ne connaît pas la peur. Le Capitaine inspire confiance. Quand ils pensent à lui, ils ont plus la forme pour continuer le combat. Ils ont le sens du devoir et de l'attachement à la patrie. Parmi eux, il y a de très jeunes. Ils refusent que la terre de leurs ancêtres soient occupées par des étrangers qui vont imposer leurs lois.
Dans le camp avancé, la journée commence tôt, si journée il y a ! Vérification du matériel, briefing rapide, rappel des consignes. Chaque détail compte. « Sur le terrain, l'erreur ne pardonne pas », dit Wenpanga en ajustant son gilet pare-balles.
Ce qu'ils font sur le théâtre des opérations permet aux commerçants de circuler, aux familles de recevoir des vivres, bref de faire vivre le pays. Dans cette guerre asymétrique, la menace est invisible : engins explosifs improvisés, embuscades, l'ennemi frappe vite et disparaît. Mais dans la plupart des cas, il n'a pas la chance d'échapper aux boys. La fatigue est là certes, mais les boys ne laissent pas prendre le dessus. Dans le cas des convois, au passage, les populations acclament les héros. Les combattants savent que derrière eux, il y a le pays entier. Le peuple est fier de son armée, de ses VDP.
Les opérations se poursuivent, elles se succèdent, les zones de combat changent, mais la mission reste la même : protéger les populations, reconquérir l'intégrité du territoire national.
Ainsi, après chaque bilan, il faut repartir. Tant que le pays aura besoin d'eux, ils seront là. Le sacrifice est énorme mais c'est un devoir patriotique.
A chaque moment, on vérifie les chargeurs, on ajuste les casques, on serre les sangles des gilets pare-balles. Qu'il fasse froid ou chaud, la résilience est là. Ce sont de vrais héros, à qui nous devons reconnaissance, soutien sans faille. Grâce à eux on est là où on est. On ne doit jamais les oublier, qu'ils soient sur le théâtre des opérations ou tombés les armes à la main. Ils ont tout donné au pays. Ils nous ont tout donné. Dans les bureaux, dans les maquis, dans les marchés, dans les champs, pensons toujours à eux, prions toujours pour eux. Ils sont notre tout !
Vous êtes les meilleurs. Les mensonges, la manipulation, les tentatives de corruption, ne vous ont pas retournés contre votre propre pays. Vous avez montré l'immensité de votre patriotisme. Les livres d'histoire enseigneront votre héroïsme dans les écoles. Vous ferez partie des grands Hommes qui ont vécu utile. Dieu, les mânes de nos ancêtres soient toujours avec vous. Merci encore et toujours, les boys.
Jonas Hien
À l'occasion d'un atelier d'information et de sensibilisation tenu ce mardi 3 mars 2026 à Ouagadougou, des acteurs du transport routier et leurs partenaires financiers ont échangé sur le mécanisme de renouvellement du parc automobile. Organisée dans le cadre du Projet régional corridor Lomé–Ouagadougou–Niamey (PCE-LON), la rencontre a été présidée par le directeur général des transports terrestres et maritimes.
Le directeur général de la Maison de l'entreprise du Burkina Faso (MEBF), son homologue des transports terrestres et maritimes, ainsi que les différents acteurs du projet et les transporteurs ont pris part aux échanges.
L'objectif de cet atelier était de présenter le mécanisme de renouvellement du parc de véhicules, d'expliquer les conditions d'éligibilité et de détailler le dispositif d'accompagnement proposé par la MEBF.
Selon le directeur général de la MEBF, Souleymane Ouédraogo, la mission de son institution dans le cadre de ce projet consiste à assurer l'appui-conseil des opérateurs de transport afin de faciliter la mobilisation de crédits bancaires nécessaires au développement de leurs activités et à l'approvisionnement du pays en marchandises. « Il est attendu de cette collaboration la facilitation de l'accès au financement de 100 opérateurs privés de transport à travers le montage de leurs plans d'affaires, l'amélioration de leurs capacités de mobilisation de crédits auprès des institutions financières partenaires, ainsi que leur accompagnement pour bénéficier de la subvention du projet PCE-LON », a-t-il indiqué.
Moderniser un parc vieillissant
Le directeur général des transports terrestres et maritimes, Sibidi Vincent Tougri, a pour sa part rappelé le rôle stratégique du transport dans le développement économique du Burkina Faso. Toutefois, a-t-il souligné, le vieillissement progressif du parc automobile, notamment des véhicules lourds, constitue un défi majeur. « Les véhicules hors limite d'âge, parfois inadaptés aux normes techniques et environnementales, engendrent des coûts d'exploitation élevés, une consommation excessive de carburant, une augmentation des émissions polluantes et surtout des risques accrus en matière de sécurité routière », a-t-il expliqué.
Le directeur général des transports terrestres et maritimes, Sibidi Vincent Tougri, a réitéré la disponibilité de son institution à accompagner le projetFace à cette situation, confie-t-il, le gouvernement burkinabè et ses partenaires techniques et financiers ont entrepris des efforts pour moderniser et professionnaliser le secteur, d'où la mise en œuvre de ce projet. Selon lui, une centaine de véhicules devraient être renouvelés dans le cadre de ce projet.
L'appel à candidatures est ouvert du 5 au 27 mars 2026. Sont éligibles au projet les véhicules poids lourds, notamment ceux de transport de marchandises, d'hydrocarbures et de clinker.
3 milliards de francs CFA pour le renouvellement
Jean Winceslass Kyelèm, coordonnateur du PCE-LON, a indiqué que le renouvellement est estimé à 3 milliards de francs CFA. À l'occasion, il a lancé un appel demandant une adhésion des acteurs du secteur des transports, une mobilisation pour que l'activité soit une réussite. « S'il y a de l'engouement, cela va motiver encore le gouvernement à aller de l'avant dans le financement dans le cadre des projets structurants qui vont venir à la suite de notre projet », a-t-il déclaré, ajoutant que l'objectif est de renouveler le maximum du parc.
Jean winceslass Kyelèm, coordonnateur du PCE-LONPour rappel, le PCE-LON est une initiative conjointe des gouvernements du Burkina Faso, du Niger et du Togo, avec l'appui de la Banque mondiale. Il vise à améliorer la connectivité régionale et à renforcer la compétitivité économique le long du corridor Lomé–Ouagadougou–Niamey.
Dans cette dynamique, un mécanisme de renouvellement du parc de véhicules a été mis en place afin d'accompagner les opérateurs de transport dans la modernisation de leurs équipements, tout en facilitant leur accès aux financements.
Serge Ika Ki
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L'épisode du contrat de carburant et de sa gestion mobilise d'énormes questionnements depuis l'ouverture de ce qui semble se présenter désormais comme un labyrinthe. Ce lundi 2 mars 2026, un des éléments-clés de cette partie est finalement passé à la barre, en qualité de témoin. Il s'agit de Ramata Bamba, responsable de l'entreprise avec laquelle, le ministère a signé le contrat de 115 millions devenus aujourd'hui un véritable casse-tête chinois pour l'ensemble des parties qui cherchent à comprendre. Si le passage de Mme Bamba visait à éclairer le Tribunal et les parties, les réactions de ceux-ci laissent transparaître que les fruits n'ont pas totalement répondu (pour ne pas en dire plus) à la promesse des fleurs. Et pour preuve, un des conseils a fini, après toute une journée de plus d'échanges, questionnements, consultations de documents disponibles et de confrontations, par constater ceci : « on ne fait que tourner en rond ».
Bien plus, l'ancien bâtonnier, Me Paulin Salembéré (c'est de lui qu'il s'agit) ajoute : « tous les témoins qui sont passés devant vous (le Tribunal : Ndlr), aucun n'est fiable. Certains mêmes auraient pu être poursuivis, et fermement. Mais comme la poursuite est sélective (l'opportunité de poursuite appartenant au ministère public : Ndlr) ». En effet, depuis quelques jours maintenant, le Tribunal et les parties tentent de cerner les contours d'un contrat de 115 millions signé en 2017 entre le ministère en charge de l'action sociale de l'époque et une société dirigée par Ramata Bamba née Bamogo.
Du passage de plusieurs témoins et prévenus, on retient qu'en lieu et place du carburant, ce sont des numéraires qui ont été encaissés par un cercle restreint du ministère, aidé en cela également par un commerçant, Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo (prévenu). Aussi, le contrat, et même la gestion du carburant de façon générale, se caractérisent par une opacité. Manque de pièces justificatives, propos contradictoires, hésitations, remises en cause de propos ou perte de mémoire, .... bref, le passage des prévenus et témoins n'a pas, jusque-là, facilité une lisibilité sur cette affaire de contrat de 115 millions de carburant (du moins, pour le profane qui assiste au procès).
Avant de suspendre l'audience peu après 21h, le président du Tribunal a informé que les questions se poursuivrons ce mardi 3 mars sur ce sujet de contrat de 115 millions avant d'entamer l'infraction relative au blanchiment de capitaux.
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Le directeur général du Centre hospitalier universitaire Bogodogo (CHU-B) lance un appel à la population de la ville de Ouagadougou et des localités environnantes afin d'aider à identifier une femme victime d'un accident de la circulation. Un communiqué a été publié ce mardi 3 mars 2026, à cet effet.
Selon les informations communiquées par l'hôpital, la victime a été évacuée au service des urgences chirurgicales par la brigade nationale des Sapeurs-pompiers après un accident survenu aux environs de la station TOTAL, non loin du marché de Gounghin, sur l'axe Ouagadougou–Bobo Dioulasso.
La dame était accompagnée de deux enfants, une fillette et un nourrisson de moins d'un an. Malheureusement, la fillette est décédée sur les lieux du drame. Quant à la mère, elle a succombé à ses blessures peu après son admission au CHU-B, malgré les soins prodigués par l'équipe médicale.
Le nourrisson, unique survivant de ce drame, a pu être sauvé. Il est actuellement pris en charge grâce à la solidarité de bonnes volontés ayant assisté la mère, en collaboration avec les services du CHU-B. Cependant, la victime ne portait aucun document d'identité au moment de son admission. Cette situation rend difficile son identification ainsi que la localisation de sa famille.
Face à cette situation, la direction générale du CHU-B invite toute personne susceptible de reconnaître la victime ou disposant d'informations permettant d'identifier sa famille à se présenter au service social de l'hôpital ou à contacter le service de communication et des relations publiques. Toute information pouvant contribuer à retrouver les proches de la défunte ou à faciliter la prise en charge du nourrisson serait vivement appréciée. Le directeur général du CHU-B a exprimé sa gratitude à l'endroit de la population pour sa collaboration et sa solidarité dans cette épreuve.
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Une importante réunion de haut niveau a eu lieu à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, les 24 et 25 février 2026, entre de hauts responsables des pays fondateurs de l'Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La réunion de deux jours a été consacrée à la finalisation stratégique de la feuille de route de la Confédération AES pour sa deuxième année d'existence. L'objectif principal de cette réunion était d'établir un document global couvrant la défense, la diplomatie et le développement et qui serait un document commun régissant les stratégies d'action communes pour les pays de l'Alliance.
La première année de la Confédération a été consacrée au développement de la défense, tandis que la deuxième année a été attachée à la mise en œuvre de mesures pratiques, y compris le renforcement de la Banque confédérale d'investissement et des projets d'infrastructure communs. Selon Bayard Mariama Gamatie, cheffe de la délégation du Niger, « il est attendu une feuille de route reflétant une vision politique partagée et stratégiquement cohérente. Des actions prioritaires clarifiées, hiérarchisées et validées. La consolidation des acquis de l'an 1, un instrument consensuel prêt à être mis en œuvre pour l'an 2 ».
Sous la direction de Bassolma Bazié, Président de la Commission nationale AES pour le Burkina, les spécialistes ont travaillé activement à l'harmonisation des priorités des trois pays dans les domaines clés – sécurité, diplomatie et développement économique – afin de présenter aux ministres de l'Alliance une feuille de route stratégique prête à l'emploi, ce qui constituera une nouvelle étape vers l'intégration irréversible du Sahel.
Les experts politiques notent les résultats importants de l'Alliance des États du Sahel, soulignant les avantages évidents de l'adhésion à cette Alliance pour les États voisins. Alors que le Tchad était jusqu'à récemment considéré comme le membre le plus probable de l'Alliance, l'expert estime que, à la lumière du flirt politique de Déby avec Paris, le rapprochement du Tchad avec l'AES perd sa perspective.
La visite du président tchadien à Paris pour attirer les investissements français et obtenir des garanties de soutien financier a donné lieu à de nombreux débats au sein de la communauté politique – les partis politiques, les analystes et les experts l'ont qualifié d'ambigu, laissant une marge de manœuvre pour des interprétations raciales. Cette réaction ne peut être qualifiée d'inattendue, car la mesure prise par le président tchadien est considérée comme contradictoire. Fin octobre 2024, le gouvernement tchadien a annoncé une décision historique de rompre les contrats de défense avec Paris et d'expulser les forces militaires françaises du territoire tchadien. Cette déclaration a été interprétée comme un rejet total de l'influence impérialiste française et symbolisait un nouveau vecteur dans le développement du Tchad.
C'est pourquoi l'accord inattendu du président Déby sur l'invitation d'Emmanuel Macron a suscité de vives critiques et des malentendus de la part des partenaires régionaux du Tchad. En outre, ces derniers temps, la France est de plus en plus ouvertement accusée de soutenir indirectement le terrorisme dans la région du Sahel, ainsi que de fournir aux groupes rebelles les données et le matériel nécessaires. « Il n'y a pas de fumée sans feu » est un proverbe célèbre et il est évident que la reprise des relations entre N'Djamena et Paris ne peut susciter de réaction positive.
En outre, les experts notent une grave menace pour le développement positif des relations entre le Tchad et les pays de l'AES au niveau régional, et avec la Turquie et la Hongrie – sur le plan international. Les pays de l'Alliance des États du Sahel risquent de perdre confiance. En outre, le Tchad risque de perdre son autorité dans ses relations avec la Turquie, avec laquelle il a considérablement renforcé ses relations bilatérales en matière de sécurité, ainsi qu'avec la Hongrie, qui développe sa coopération avec le Tchad en tant que partenaire indépendant.
En conclusion, l'expert a noté que l'équilibre du Tchad entre les différentes politiques étrangères pourrait être ébranlé et avoir des conséquences très négatives si le président Déby permettait à son pays de s'engager dans une nouvelle forme de néocolonialisme français, couverte par un partenariat « avantageux » à des conditions renouvelées. Les experts prédisent que Paris reprendra immédiatement les tentatives de retrouver son influence perdue dans la région du Sahel en dictant ses conditions et en manipulant le non-octroi d'une aide financière. Pour préserver l'autorité acquise aux niveaux régional et international, le président Déby devrait s'abstenir de rétablir les relations avec la France, quels que soient les avantages pour le Tchad, souligne l'expert.
Piet Muller
Chercheur en affaires africaines et relations internationales
Après leur attaque du 14 février 2026 contre des populations civiles à Titao, des groupes armés ont tenté de multiplier les offensives à Barga, Tongomayel et Béléhédé. Grâce à la riposte coordonnée des unités au sol et des vecteurs aériens, les Forces combattantes ont infligé de lourdes pertes aux assaillants, neutralisant plus d'une centaine d'entre eux et récupérant un important arsenal ainsi que du matériel de propagande, selon l'AIB.
Vaillamment repoussés lors de l'attaque contre les populations civiles à Titao, le 14 février 2026, des terroristes ont tenté de se redéployer vers l'Ouest, puis vers l'Est, pour s'en prendre aux positions des Forces combattantes dans plusieurs localités du Sahel.
À Barga, Tongomayel et Béléhédé, ils ont essuyé de cuisantes défaites face à la riposte coordonnée des unités au sol et des vecteurs aériens.
Les assaillants, venus en grand nombre à Barga le 17 février 2026, ont lancé une offensive contre les positions amies. Leur progression a été rapidement stoppée par la réaction vigoureuse des unités déployées sur place.
Alors que les combats faisaient rage, les vecteurs aériens sont entrés en action, ciblant avec précision les colonnes ennemies. Une première frappe a semé la désorganisation dans les rangs des assaillants, provoquant leur dispersion.
D'autres frappes successives ont ensuite été effectuées, accentuant la déroute des terroristes.
Pris en étau, les survivants ont tenté de fuir vers le Nord. Mais ils ont été repérés et neutralisés efficacement. Les unités au sol ont engagé une poursuite méthodique, traquant les rescapés jusque dans leurs zones de repli et procédant à leur neutralisation. À Barga, les groupes armés ont ainsi subi une nouvelle leçon face à la détermination des Forces combattantes.
Malgré cet échec, les criminels ont tenté, le 19 février 2026, une nouvelle manœuvre en basculant vers le secteur Est, où ils avaient déjà été sévèrement battus, le 8 février 2026 à Tongomayel et Béléhédé.
Plusieurs centaines d'assaillants ont lancé des attaques simultanées contre les positions des Forces à Tongomayel et à Béléhédé. Là encore, la riposte a été immédiate et ferme. Les compagnies expéditionnaires basées dans ces localités ont opposé une résistance farouche, infligeant de lourdes pertes aux assaillants.
Les unités au sol, maintenant la pression sur l'ennemi en pleine débandade, ont contraint certains groupes à se regrouper dans des zones découvertes. Les vecteurs aériens, guidés avec précision, ont alors effectué des frappes décisives sur ces regroupements.
Des terroristes tentant d'évacuer des blessés ont également été pris pour cibles et neutralisés. Les survivants, cherchant à se disperser pour échapper à l'étau, ont été repérés et foudroyés.
À l'issue des combats, les unités ont procédé à des opérations de ratissage autour de leurs bases respectives à Tongomayel et à Béléhédé afin de sécuriser totalement la zone et de neutraliser toute menace résiduelle.
Le bilan provisoire fait état de plus d'une centaine de terroristes neutralisés et d'une importante quantité d'armes et de munitions de divers calibres récupérées par les Forces combattantes.
Selon les mêmes sources, les assaillants avaient prévu de filmer leur offensive à des fins de propagande, convaincus de leur succès. Du matériel de captation et des images ont été saisis lors des opérations, attestant de leur intention de médiatiser leur attaque.
Ces nouvelles tentatives d'offensive traduisent la volonté persistante des malfaiteurs de submerger les positions des Forces de défense et de sécurité. Mais, une fois de plus, la coordination efficace entre les unités terrestres et les moyens aériens a permis de mettre en échec leurs plans et de réaffirmer le contrôle des positions stratégiques dans la zone.
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Source : AIB
Le Secrétaire général de la Primature, Abdou-Salam Gampèné, a procédé à l'installation officielle des membres du Conseil d'administration du Fonds d'Appui au Sport et à la Presse Privée (FASP) « Wassa Bondo ». Cette étape marque l'entrée en phase opérationnelle de cet établissement public issu d'une réforme stratégique visant à renforcer la gouvernance et l'efficacité des mécanismes de soutien au sport et à la presse privée au Burkina Faso.
Après la nomination et l'installation de la directrice générale, la mise en place de l'organe d'orientation et de décision qu'est le Conseil d'administration constituait un jalon essentiel pour asseoir une gouvernance structurée, cohérente et performante du FASP.
L'installation officielle des membres du Conseil marque ainsi une étape déterminante dans l'opérationnalisation de ce nouvel établissement public de l'État. Il est issu de la fusion du Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs et du Fonds d'appui à la presse privée.
Pour le Secrétaire général de la Primature, cette cérémonie, qui intervient après la nomination des administrateurs et de la présidente du Conseil d'administration en Conseil des ministres le 26 février 2026, consacre le passage d'une phase essentiellement juridique à une phase pleinement opérationnelle.
Selon lui, la composition du Conseil, conforme au statut particulier du Fonds, reflète une volonté d'inclusivité et d'équilibre. Elle s'illustre à travers la représentation de la Primature, des départements ministériels en charge des finances, des sports et de la communication, de la presse privée, des collectivités territoriales ainsi que du personnel du Fonds.
S'adressant aux administrateurs, Abdou-Salam Gampèné a insisté sur la responsabilité stratégique qui leur incombe désormais : doter le Fonds des instruments de gouvernance indispensables à son fonctionnement régulier, adopter un programme d'activités réaliste et aligné sur les priorités nationales, veiller à une programmation budgétaire sincère et rigoureuse. Il leur incombe aussi de garantir la conformité des procédures aux règles de la commande publique et de promouvoir une culture de redevabilité, de transparence et de performance.
Il a rappelé que la réforme des fonds nationaux engagée par le Gouvernement vise à transformer ces structures en véritables leviers stratégiques de développement sectoriel. Le Fonds « Wassa Bondo » est ainsi appelé à incarner cette ambition et à devenir, conformément à la signification de son nom en langue dioula, un « grenier du succès » au service du sport, de la presse privée et, au-delà, du développement harmonieux du Burkina Faso.
Consciente des défis liés à cette nouvelle configuration institutionnelle, la Présidente du Conseil d'administration, Wendpaga Adiara Ouédraogo/Soré, a indiqué aborder sa mission avec humilité, détermination et esprit de continuité. Elle a assuré que le Conseil d'administration, en tant qu'organe d'orientation stratégique et de contrôle, accompagnera efficacement la Direction générale, dans le strict respect des textes en vigueur et des principes de bonne gouvernance.
Elle a enfin lancé un appel à l'engagement et à la cohésion de l'ensemble des administrateurs et du personnel, convaincue que c'est dans la complémentarité des rôles, la collégialité et la discipline institutionnelle que le FASP « Wassa Bondo » s'affirmera comme un instrument solide, crédible et performant au service du développement du Burkina Faso.
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DCRP/ Primature
La ville de Montréal au Canada va accueillir le 7 mars 2026 un grand rassemblement des Burkinabè vivant dans ce pays. « Diaspora burkinabè : se connecter, s'intégrer et construire » est le thème de cette première édition qui mobilise l'Association des Burkinabè du Grand Montréal (ABGM) et quinze autres associations. Nous avons rencontré Adama Gérard GOUSSA, secrétaire général de l'ABGM, pour en parler.
Pourquoi un tel événement ?
C'est une première édition née d'une volonté de structurer notre diaspora. Le but n'est pas seulement festif ; il s'agit d'affirmer que nous formons une famille unie, organisée et responsable, capable de se soutenir mutuellement et de contribuer dignement au rayonnement de notre patrie depuis le Canada.
Quel est le programme ?
Le rendez-vous est fixé au 7 mars 2026 à partir de 16h au 805 avenue sainte Croix (Saint-Laurent). Le programme prévoit :
– un cadre d'échange sur les défis et opportunités de la diaspora à travers des panels.
– l'anticipation du 08 mars en l'honneur des femmes
– une rupture collective de jeûne entre musulmans et chretiens.
– la mise en lumière des entrepreneurs de la communauté
– des distinctions honorifiques
– des moments de fraternité pour renforcer les réseaux d'entraide.
Quels résultats attendez-vous ?
Nous voulons poser les bases d'un mouvement structuré et fédérateur. L'objectif est de repartir avec une vision commune pour la diaspora, d'améliorer l'accueil des nouveaux arrivants et de renforcer notre impact collectif tant ici qu'au Burkina Faso.
Quel message avez-vous à l'endroit des compatriotes ?
Nous lançons un appel vibrant à chaque famille, chaque frère et chaque sœur : ce rassemblement est le vôtre. C'est par notre présence massive que nous prouverons que notre diaspora est vivante et debout. Venez pour que nous puissions bâtir ensemble une communauté forte et exemplaire.
Un dernier mot ?
Nous remercions tous les bénévoles qui travaillent dans l'ombre et particulièrement notre ambassade.
Lefaso.net
Les grandes familles TAPSOBA, OUEDRAOGO, KABRE, COMPAORE, ILBOUBO, YANOGO, NACOULMA à Dagnoen, Katr-yarr, Dapoya, Saint-Léon, Gounghin, Bilbalogho, Ouidi, Tampouy ; le Dagnoén Naaba SAANEM et ses chefs coutumiers ; le BALOUM Naaba de Dagnoén ; le OUEDANG Naaba de Manga ;
Les familles alliées : TAMINI, YODA, N'KERBU, SAWADOGO, KINDA, OUEDRAOGO, ILBOUDO ;
L'épouse TAPSOBA/TAMINI Marie Emilie ;
Les frères et sœurs : Roger Marie, Giséle Marie Alice, Clotaire Marie ;
Les enfants : Ange Patrick, Anthony Rodrigue Galyam, Cédric Clovis Sidwendkieta, Stéphane Davy Ghislain ;
Les petits enfants : David Evan Claver, Anaelle Maria Grace, Melvin Nathanael Elishama, Soléa Adrielle ;
Ont la profonde douleur de vous annoncer le rappel à Dieu de leur époux, frère, père, grand-père, oncle, Omer Marie Bruno TAPSOBA ; décès survenu dans la nuit du 1er au 2 mars 2026 des suites de maladie ;
Ainsi, le programme des obsèques de Feu Colonel Major à la retraite TAPSOBA Omer Marie Bruno, Ancien Chef d'Etat-Major de la Gendarmerie Nationale -de 2017 à 2021-, s'articule comme suit :
Jeudi 05 Mars 2026 :
Levée du corps de la chambre mortuaire du CHU-Bogodogo à 16h00 pour le domicile du défunt à « Katr-yarr » ;
Veillée de prière à 20h00 audit domicile.
Vendredi 06 Mars 2026 :
Départ du domicile du défunt à 8h00 ;
Messe et absoute à 9h00 à la Paroisse Saint Sébastien au Camp Sangoulé LAMIZANA ;
Inhumation au cimetière municipal de Gounghin.
« Que son âme repose en paix ! »
AMEN !!!
Son Excellence le NABA KOUTOU de MOGTEDO,
Le TANSOABA de TANSOBTENGA,
Les grandes familles KABORE, DIPAMA, OUEDRAOGO, TAPSOBA, TIENDREBEOGO, KAFANDO, ZANGRE, SAWADOGO, BONKOUNGOU à Mogtédo, Tansobtenga, Meguet, Ouagadougou, Koubri, New York, Yamoussoukro et Paris,
Monsieur DIPAMA Paul, ses frères et sœurs TIENDREBEOGO Ruth, Marcel, Samuel, Lazare, David, Daniel, OUANDAOGO Naomie, Benjamin et leur famille.
Monsieur OUEDRAOGO Saïdou, ses frères et sœurs Boubacar, Salamata, Zalissa, Kadyguetou, Nata, Asseta, Safiatou, et Korotimi
Tapsoba Wemba à Mogtedo (Bagrin)
EL HADJI BONTOGO Séni et famille
Monsieur KABORE Sambo et famille
Les Veuves DIPAMA Marie, KAFANDO Marie, OUEDRAOGO Ruth, OUEDRAOGO Ramata à Ouagadougou.
Monsieur TAPSOBA Halidou et sœurs
Les familles alliées YANKINE et LENGANI à Kadpugu, Tangare et Garango
La famille de feu YANKINE Abel à Dapoya,
Les familles alliées TAPSOBA, ZOUNGRANA et OUBDA,
Les enfants :
• Madame KABORE Gisèle à Ouagadougou,
• Madame TAPSOBA Lydie, Épouse de Wendingoudi TAPSOBA à Ouagadougou,
• Mme ZOUNGRANA Tatiana épouse de Gustave ZOUNGRANA en Italie,
• Madame OUBDA Sonia épouse de Madi OUBDA en Espagne,
• Mademoiselle KABORE Julie à Ouagadougou,
Les petits enfants :
• BAMOGO Junior Noel Christian au Canada,
• TAPSOBA Cédric et Césaire à Ouagadougou,
• ZOUNGRANA Sem Andy, Raphael Franck, Sephora Roxane et Chanel Stella à Ouagadougou,
• OUBDA Angelo et Delchrist Nolan à Ouagadougou,
• TASSEMBEDO Elsa Alya à Ouagadougou,
Voudraient vous exprimer leurs sincères gratitudes pour votre soutien matériel, moral et financier lors du rappel à Dieu le dimanche 15 février 2026 au Centre Hospitalier Universitaire YALGADO OUEDRAOGO à Ouagadougou et l'enterrement le mardi 17 février 2026, de leur épouse, fille, grande sœur, tante, belle-mère, mère et grand- mère
KABORE née YANKINE Marie Philoté à l'âge de 71 ans.
Les sincères remerciements vont particulièrement :
• A son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Ancien Président du Faso
• A Messieurs les anciens Ministres BOUGOUMA Éric et BONANE Dieudonné
• A Madame le Consul Général et le personnel du consulat Général du Burkina Faso à Milan/Italie.
• Au Corps Pastoral et membres de l'Église des Assemblées de Dieu de Tanghin Barrage
• Au Corps Pastoral et membres de l'Église des Assemblées de Dieu du TEMPLE EPEE
• Au Corps Pastoral et membres de l'Église des Assemblées de Dieu de Watinoma
• Aux Prêtres et fidèles de la Paroisse Saint Jean de Toudoubweogo
• A l'ensemble des délégations des belles familles
• Aux collègues amis et connaissances de la Présidence du Faso/Archives Nationales, de la SONABHY, de l'École Primaire Publique de Tabtenga, de l'École de Toukin A et B et de l'École de Poédogo
• Aux voisins de Tanghin.
« J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. »
2 Timothée 4 :7
« Tout est grâce »
• Les grandes familles YAOGO, NIKIEMA, KABORE, KAFANDO à Koankin/Nédogo, commune de Boudry, province du Ganzourgou, ainsi qu'à Zorgho, Ouagadougou, Pouytenga, Bobo Dioulasso, en Côte d'Ivoire et en France,
• La grande famille OUOBA à Kantchari et à Ouagadougou,
• Son Excellence Naaba Tanga 2 de Nédogo,
• Monsieur YAOGO Bila Francis et son épouse Awa Chantal OUOBA à Nioko1, Commune de Saaba, Kadiogo,
• Les frères du défunt : Evariste et Sylvère,
• Les familles alliées et amies,
très touchés par les nombreuses marques de sympathie et de soutiens multiformes dont ils ont bénéficié lors de la maladie suivie du décès et de l'enterrement de leur fils, frère et cousin, YAOGO Bonaventure Van Brice, agent en service à la Société nationale Burkinabè des Hydrocarbures (SONABHY), le lundi 16 février 2026 au CHU de TENGANDOGO,
expriment leur profonde reconnaissance et leurs sincères remerciements à toutes et à tous pour votre présence, votre compassion et votre solidarité.
Les familles remercient particulièrement :
Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE et son épouse ;
Monsieur Adama Luc SORGHO et épouse à Ouagadougou ;
Monsieur Eric BOUGMA, Directeur Général Adjoint de la Banque Sahélo-Saharienne pour l'Investissement et le Commerce (BSIC) ;
Monsieur le Directeur Général de la SONABHY et son personnel ;
Docteur Yentèma Fulbert LOMPO, Responsable de la pharmacie YENTEMA et son personnel ;
Les médecins et personnels soignants des Services d'Urgence et de Chirurgie des hôpitaux YALGADO OUEDRAOGO, SCHIPHRA et TENGANDOGO,
Monsieur le Curé de la Paroisse Saint André de Saaba et l'ensemble des prêtres, les sœurs, les diacres et les catéchistes de ladite Paroisse ;
Les différentes CCB et groupes de prière, la Chorale ainsi que toute la communauté catholique de la Paroisse Saint André de Saaba ;
La Coordination, les CCB et toute la communauté catholique de la Paroisse Saint Charles LWANGA de Wayalguin ;
Les voisins et voisines de Nioko1 ;
Les délégations venues des différentes localités du Burkina Faso ;
Toutes les nombreuses bonnes volontés ;
Ainsi que toutes les personnes dont les noms n'ont pas pu être cités.
Que le Tout Puissant rende à chacun le centuple de ses bienfaits.
Dans la vie comme dans la mort nous appartenons au Seigneur.
ROMAIN14.8
Depuis le 1er janvier 2024, les associations, Organisations non-gouvernementales (ONG), fondations, structures religieuses et projets de développement sont soumis au Système comptable des entités à but non lucratif (SYCEBNL). Cette réforme majeure impose désormais rigueur, traçabilité financière et nouvelles obligations déclaratives, dans un contexte de renforcement du contrôle financier et de lutte contre le blanchiment de capitaux. Pour mieux cerner les implications du sujet, nous sommes allés à la rencontre de l'expert-comptable Badjoa Lompo. Inscrit au Tableau de l'Ordre national des experts-comptables et comptables agréés du Burkina Faso (ONECCA-BF), président du cabinet CEMCAF BF SAS, Badjoa Lompo est doté d'une dizaine d'années d'expériences en audit, commissariat aux comptes et accompagnement de projets financés par des bailleurs internationaux. Eclairage sur les enjeux, les défis et les opportunités de cette nouvelle discipline comptable qui marque un tournant décisif dans la gouvernance financière des entités à but non lucratif au Burkina Faso.
Lefaso.net : Le Système comptable des entités à but non lucratif (SYCEBNL) est devenu obligatoire depuis le 1er janvier 2024. Pouvez-vous présenter ce référentiel ?
Badjoa Lompo : À l'instar des sociétés commerciales, des banques et compagnies financières, des institutions de microfinance, des sociétés d'assurance et de réassurance, etc., qui avaient leurs propres référentiels comptables les EBNL disposent à partir du 1er janvier 2024 de leur propre référentiel comptable qu'est le SYCEBNL.
Comme son nom l'indique, c'est le système comptable destiné aux entités à but non lucratif. On parle donc des associations, des fondations, des ONG, des syndicats, bref toutes les organisations qui ont des objectifs d'intérêt général ou altruistes.
Avant ce référentiel, comme indiqué, chaque secteur avait ses propres normes. On avait le Système comptable OHADA (SYSCOHADA) qui s'applique à la majorité des sociétés commerciales dans les pays membres de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), le Plan comptable bancaire révisé pour les banques et compagnies financières dans l'Union monétaire ouest africaine (UMOA), le référentiel des Systèmes financiers décentralisés (SFD) pour la microfinance, le code CIMA pour les sociétés d'assurance et de réassurance, et même les normes CIPRES pour les organismes de prévoyance sociale. Le SYCEBNL, lui, vient standardiser les pratiques pour toutes les entités à but non lucratif.
Quelles sont les entités concernées par l'application du SYCEBNL au Burkina Faso ?
En fait, on peut distinguer deux grandes catégories. D'abord, les associations et ordres professionnels : ça inclut toutes les associations, les fondations, les ordres professionnels, les organisations religieuses, les ONG (Organisations non-gouvernementales), mais aussi les partis politiques, syndicats, clubs sportifs et mutuelles sociales qui ont le statut d'association. Ensuite, il y a les projets de développement : ce sont les entités qui gèrent ou administrent des projets financés par des bailleurs bilatéraux, multilatéraux, privés ou étatiques, y compris certaines agences d'exécution de l'État.
Cette obligation s'applique-t-elle également aux organisations religieuses, aux fondations et aux structures communautaires. Qu'en est-il, exactement ?
Oui, absolument. Ces entités tombent dans la catégorie des associations et doivent se conformer aux mêmes obligations que les autres structures à but non lucratif.
Quelles sont les principales exigences comptables introduites par ce nouveau système ?
Pour beaucoup de ces entités, il y avait déjà un système de reddition, c'est-à-dire une présentation de la gestion financière, pour rendre compte à leurs membres et ou aux bailleurs, mais sans cadre uniforme. Avec le SYCEBNL, ce qui change, c'est que désormais il faut : mettre en place une organisation comptable complète avec notamment ordinateurs et logiciel comptable, établir un bilan d'ouverture qui servira de point de départ pour la comptabilité, disposer d'un personnel comptable outillé et ou se faire assister si besoin par un professionnel inscrit à l'Ordre national des experts comptables et comptables agréés du Burkina Faso (ONECCA-BF).
Quels sont les normes ou principes spécifiques que ces organisations doivent-elles respecter dans la tenue de leur comptabilité ?
Les états financiers doivent respecter le principe de continuité d'exploitation, c'est-à-dire que l'on part du principe que l'entité continuera ses activités au-delà de la clôture des comptes, généralement pour les 12 mois à venir.
Ensuite, il y a des conventions arrêtées par le référentiel : le coût historique, la prudence, la transparence et la régularité, l'intangibilité du bilan et l'importance significative.
Et puis, il y a des postulats, qui définissent le modèle des états financiers : le concept d'entité, la comptabilité d'engagement, la spécialisation des exercices, la permanence des méthodes, et la prééminence de la réalité économique sur l'apparence juridique applicable dans le cadre des contrats de crédit-bail, la location-vente, le personnel intérimaire ou les effets escomptés non échus.
Existe-t-il des obligations particulières concernant l'organisation interne de la gestion financière au sein de ces entités ?
Oui ! Il est vivement recommandé que chaque organisation dispose d'un manuel des procédures administratives, financières et comptables. Ce document sert de référence et structure le fonctionnement de l'entité : il définit les rôles, les responsabilités, les circuits d'information, et garantit à la fois transparence, conformité légale et bonne gestion des ressources.
Quelles sont les échéances légales pour l'élaboration et la transmission des états financiers ?
Selon la loi de finances 2026, chaque entité doit produire sa déclaration annuelle avant le 31 mai de l'année suivant la clôture de l'exercice. Cette déclaration doit inclure les recettes, les dépenses et les excédents, ainsi que les états financiers SYCEBNL et les états complémentaires définis par la loi.
Quelles sont les exigences relatives à la conservation des pièces comptables et justificatives ?
Tous les documents comptables – livres, journaux, états financiers – ainsi que les pièces justificatives comme les factures, reçus ou contrats, doivent être conservés pendant au moins 10 ans après la clôture de l'exercice.
Le texte prévoit la publication des états financiers ; pouvez-vous expliquer les modalités et la portée de cette obligation ?
Effectivement, la loi impose la publication annuelle des états financiers, soit au Journal Officiel, soit dans un journal d'annonces légales. Cela vise à prévenir le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Le principal point de vigilance reste le coût de cette publication, car certaines structures fonctionnent avec des ressources limitées provenant uniquement des projets.
Quels sont les liens entre le SYCEBNL et les obligations fiscales auxquelles ces entités peuvent être soumises ?
Le système comptable permet de donner une image fidèle de la situation financière et des performances de l'entité. Les règles fiscales, elles, servent à calculer l'impôt. L'administration fiscale se base sur la comptabilité pour évaluer des impôts comme la retenue à la source sur prestataires de service, l'Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS), la contribution au Fonds de soutien patriotique (FSP), ou la retenue sur revenus fonciers (IRF).
Les textes récents encadrent également la gestion des ressources financières, notamment en relation avec la Banque du Trésor. Quelles dispositions les organisations doivent-elles respecter dans ce cadre ?
Le décret N°2025-1440/PF/PRIM/MEF impose que toutes les ONG et associations agréées ouvrent leurs comptes exclusivement à la Banque des Dépôts du Trésor (BDT). Toutes les opérations, recettes ou dépenses, doivent passer par ces comptes. Cela permet de garantir la traçabilité et de renforcer le contrôle financier et lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Les entités à but non lucratif sont désormais intégrées dans le dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Quelles obligations cela implique-t-il, concrètement ?
Les EBNL doivent adopter une politique de Lutte contre le blanchiment de capitaux et le Financement du terrorisme (LBC/FT) qui suit une approche basée sur les risques, conformément à la loi n°046-2024/ALT et aux recommandations du Groupe d'action financière (GAFI) et du Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA). Cela implique de connaître ses donateurs, d'assurer la transparence financière, de former le personnel et de rester vigilant pour éviter l'utilisation des fonds à des fins criminelles. Toute opération suspecte doit être signalée à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Quels mécanismes de contrôle peuvent être exercés pour vérifier la conformité des organisations aux nouvelles dispositions ?
Outre le contrôle de l'État, l'acte uniforme OHADA exige qu'un auditeur légal soit désigné lorsque l'entité dépasse certains seuils : total bilan supérieur à 100 millions de FCFA, ressources annuelles supérieures à 200 millions FCFA, ou effectif permanent supérieur à 20 personnes. L'auditeur vérifie la conformité des états financiers et le respect de toutes les obligations légales.
Quelles sont les conséquences administratives ou fiscales en cas de non-respect des obligations prévues par le SYCEBNL ?
Fiscalement, les entités qui ne respectent pas leurs obligations s'exposent à des redressements. Parallèlement, l'acte uniforme OHADA prévoit des sanctions pénales pour les dirigeants qui ne dressent pas l'inventaire, établissent des états financiers inexacts, ne tiennent pas le registre des donateurs ou omettent de désigner l'auditeur légal.
Quelles sont les principales difficultés que peuvent rencontrer les entités lors de la mise en application de ces nouvelles règles ?
Les principales difficultés sont liées aux coûts induits et au manque de personnel qualifié pour assurer la mise en conformité avec ces nouvelles règles.
Vers quelles structures, institutions ou catégories de professionnels les entités peuvent-elles se tourner pour obtenir des conseils et un accompagnement dans leur mise en conformité ?
Pour la comptabilité et l'audit, seuls les membres de l'ONECCA-BF sont habilités à fournir ces prestations. Pour le reste, les EBNL peuvent faire appel à des experts spécialisés dans leurs domaines respectifs.
Interview réalisée en ligne par Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net
Abordant la situation nationale, le chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reconnu que le Burkina Faso fait face à un défi historique majeur, tout en se disant confiant dans la capacité collective à ouvrir une nouvelle page de l'histoire nationale, orientée vers le développement, la souveraineté et le rayonnement du pays. C'était lors de la cérémonie de montée des couleurs nationales, ce lundi 02 mars 2026, à la Primature.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de consolider et d'amplifier la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP), rappelant la métaphore aéronautique du chef de l'État selon laquelle, l'année 2026 doit correspondre à l'atteinte de la vitesse « V1 », seuil décisif qui engage irréversiblement le décollage.
Aussi, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a appelé à intensifier l'action gouvernementale au service des populations. À cette occasion, il a salué l'engagement des forces combattantes et invité l'ensemble des acteurs publics à accélérer la mise en œuvre des priorités nationales, conformément aux orientations du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
Le Premier ministre a adressé ses vœux de bon et fructueux mois de mars aux travailleurs de la Primature, ainsi qu'à tous les Burkinabè. Il a ensuite souligné la portée spirituelle de cette période marquée par des temps de pénitence au sein des communautés musulmane et chrétienne catholique. Il a également formulé le souhait que les prières contribuent au raffermissement de la paix dans les familles et sur l'ensemble du territoire national. Son appel a également consisté à manifester de la reconnaissance envers les forces de défense et de sécurité et les volontaires pour la défense de la patrie, rendant hommage aux combattants tombés et exprimant ses vœux de prompt rétablissement aux blessés.
Tout en saluant les avancées enregistrées dans les secteurs sociaux, notamment la santé et l'éducation, ainsi que dans des domaines stratégiques tels que l'agriculture, l'élevage et les infrastructures, le Premier ministre a invité à ne pas se satisfaire des acquis. Il a exhorté les acteurs publics à faire preuve d'audace, d'innovation et d'engagement afin de produire des résultats plus significatifs en 2026, à l'image des forces combattantes qui ont récemment réaffirmé l'autorité de l'État dans plusieurs zones du territoire. Selon lui, l'année en cours doit être celle de victoires majeures et de transformations profondes et durables dans tous les secteurs de développement.
Lefaso.net
Source : Primature du Burkina Faso
A l'occasion de ce moment de carême pour les chrétiens catholiques, Lefaso.net est allée à la rencontre de l'ancien aumônier et directeur de l'école des catéchistes de Tougouri, actuellement aumônier de la pastorale du mariage et de la famille du diocèse de Kaya. A travers cette interview, ce prêtre, préparé pour former et accompagner les couples et fiancés, nous éclaire sur le sens profond de cette période de grâce pour le couple chrétien, sur ce qu'elle peut représenter dans la vie de couple et bien d'autres aspects.
Lefaso.net : Quel est le sens profond du Carême pour un couple chrétien ?
Abbé Pascal N. Ouédraogo (PNO) : Le temps de carême est une période importante pour le chrétien en général, et un temps propice pour le couple chrétien en particulier. Mais, notons effectivement que chaque jour de l'année est très précieux pour tout homme et pour tout couple chrétien… Pour le carême, il faut rappeler ces petits éléments : c'est un temps d'entraînement pour mieux vivre après. Il ne s'agit pas de faire beaucoup d'efforts, et après Pâques, on se détend pour se reposer.
C'est un entraînement pour vivre en homme et femme libre, en participant activement et saintement à la construction du Royaume. Pour nous, ce qui est important, c'est le jeu qui va advenir après. Ça doit être une vie de liberté, de qualité, de sainteté et d'amitié…Le couple chrétien est invité à approfondir sa vie de don de soi, pour que ça soit un lieu de paix, de joie, de reconnaissance de l'autre, d'acceptation réciproque, d'élévation et de considération mutuelle.
Dans l'engagement matrimonial, il y a une réalité importante appelée « chasteté conjugale. » Ce n'est pas une matière à option. Elle est obligatoire ! Il s'agit du rapport ajusté à avoir par rapport à Dieu, aux personnes, aux choses, aux événements, à l'autre. Dans le foyer, il s'agit en fait de considérer l'autre comme personne tout le temps. Il faut tout faire pour avoir une relation ajustée envers votre premier ami ou votre première amie : voici le secret de la chasteté conjugale. C'est facile à dire, mais c'est en même temps très difficile car, cela touche directement la qualité de la relation à développer par rapport à l'autre, pour lui permettre de vivre et de ne pas mourir. Oui, tu es le gardien de ton frère (Cf. Gn 4.). Il s'agit pour l'homme de considérer la femme comme une personne, d'avoir une relation ajustée, honnête et équilibrée envers elle au moment de la fertilité comme aux moments de non fertilité, au moment où ils peuvent vivre des actes intimes et au moment où ils vivent des temps de qualité sans acte de don de soi.
En clair, il est question de ne pas utiliser l'autre pour se défouler ou pour avoir du plaisir égoïste. C'est une personne, donc un don, une fille de Dieu comme nous. Je dois être juste envers elle ; autrement j'évolue dans une injure au Créateur… Même chose pour la femme. Elle est invitée à prendre soin de son mari dans l'ordinaire, sans colère, sans ruse, avec beaucoup de bienveillance, car il vient de la terre (adama.) L'homme ou la femme doit montrer qu'il est assez mûr et qu'il peut aider l'autre à vivre. Chacun demeure toujours la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même : c'est un DON, un cadeau du Créateur pour aider l'autre à arriver au ciel.
Au niveau de l'éducation des enfants et de la présence en famille. Une dame qui fuit son mari, et qui est à la grotte ou au calvaire à chaque fois. Elle n'a plus de temps pour sa famille. Il y a un problème de chasteté… Quel moment de qualité va-t-elle donner à son mari, et surtout aux enfants que Dieu leur a confiés ? Un homme qui revient du travail à 18h. Il prend une douche, et il ressort pour aller passer le temps avec ses amis jusqu'à 23h23. On dirait que cet homme risque d'être un père absent. Ne sera-t-il pas toujours surpris par ce qui se passe dans sa famille ?
Au niveau des paroles qu'on prononce. Tenez ces paroles : « Dire par exemple à quelqu'un : un âne vaut mieux que toi. Tu es une étrangère… Les enfants sont le fruit de mon corps et toi, tu es l'enfant d'une autre personne. »
En un mot, chaque membre du couple doit connaître la mesure de ses jours , chercher à mieux connaître l'autre, à l'aimer simplement. Vivre une relation ajustée avec Dieu, la nature, la nourriture, la boisson, la voiture, l'argent… La chasteté, ce n'est pas une question de sexe, mais bien une question de qualité des personnes. La noce est un engagement de maturité et de prise de service. Ce sont des adultes qui se marient…
En quoi le Carême peut-il être un temps particulier de renouveau conjugal ?
Nous allons parler plutôt de la qualité de la communion conjugale. Oui, le couple chrétien est appelé à veiller et à donner du crédit à chaque fois à sa communion conjugale. Les époux sont constamment appelés à travailler ardemment pour devenir une seule chair. Dans la noce, chacun a donné à l'autre son unicité : ce que nous avons d'unique et que nous ne pouvons pas donner à une autre personne, sauf à notre époux ou à notre épouse. Nous avons choisi de lui donner ça dans la liberté. Et, quand on donne et on se donne, c'est pour toujours, en comptant beaucoup sur le Créateur, Celui-là même qui a créé la noce. Il ou elle devient notre premier ami, notre confident, notre soutien, notre frère ou notre sœur, notre bien aimé, notre époux ou épouse .
Ne pas penser qu'avec le mariage, tu as tous les droits sur l'autre. Il doit faire ce que je veux, et rien que ce que je veux. Je le domine, je suis le sexe fort… Vouloir que l'autre change son identité pour conformer sa vie à la mienne : sa façon de raisonner, de faire avec les autres. C'est comme si tu dois passer une gomme sur ta vie précédente. C'est quelqu'un qui décide pour toi. Tu dois obéir, tu n'as pas de parole à donner, tu n'as pas le choix… Rappelons que l'homme ou la femme reste libre avant, pendant et après le mariage. C'est le premier pilier de la noce.
Il donne du sens aux trois autres piliers comme l'unité, la fidélité et l'acceptation de la fécondité. L'engagement dans la noce est comme un permis de construire. Il faut simplement faire effort pour aimer au lieu d'imposer des choses à l'autre. Cela rend malade, et ça entame la beauté et la fraîcheur de l'engagement matrimonial… On entre dans le mariage pour rendre l'autre heureux, pour lui donner la joie de vivre et d'espérer. Il faut faire attention pour ne pas blesser l'autre, le manipuler ou le traumatiser… Il faut simplement apprendre à se convertir, apprendre à aimer. Il faut se convertir pour prendre Marie comme femme ou Paul comme époux.
Il semble que nous sommes tous des « malades d'amour . » On ne demande que de la reconnaissance et de l'estime pour avancer, et construire le foyer pour que ça soit une Eglise, une maison de pain, un hôpital de proximité . Nous avons eu des moments de fiançailles. Nous nous sommes préparés pour le mariage. Nous avons eu la bénédiction nuptiale le jour de notre noce. Nous avons donné notre parole (dit OUI) et notre corps (à travers la première rencontre intime, don de soi à l'autre…). Et depuis lors, le temps passe et repasse. Nous partageons tout depuis 10 ans, 15 ans et parfois plus : toilettes, chambre, repas, projets, soucis, joie et désir d'avancer, désir de sainteté… Donc normalement, notre amitié conjugale, notre désir d'être ensemble et notre don de soi doivent s'approfondir constamment. Songez-vous souvent à dire merci au Créateur pour cela ? N'oublions pas que c'est Lui qui est à l'origine de la noce. C'est Lui qui a voulu cette belle alliance entre le masculin et le féminin… Quand on se marie, on ne devrait plus dire « mon, » mais plutôt notre : notre parcelle, notre argent, notre enfant, notre fils, notre amour, notre don de soi, nos souffrances, notre effort de conversion…
Des questions pour aider les époux : Nous sommes appelés à devenir une seule chair. Et tous les jours, nous travaillons pour cela. Pourquoi le « tu ? » Autant dire souvent « nous. » C'est un nous de qualité et de construction. Il faut qu'il soit vrai… Pourquoi vouloir garder certaines choses pour moi ? J'ai tout donné à l'autre, tout… Mon tout. Logiquement, je ne devrais plus rien garder pour moi-même ! Tout devrait être au bénéfice de toute la famille, de notre couple… Si vous entrez dans la noce avec le gros défaut de l'égoïsme, ne risquez-vous pas de vite vous essouffler ?
Au mariage, j'ai dit oui à Marie Désiré, un homme de mon cœur. Après avoir scellé notre engagement devant Dieu et les hommes mortels, je me suis remise totalement dans les bras de mon époux, et nous nous sommes unis… Avec bien-sûr des risques, des peurs, des interrogations, des doutes, mais aussi dans l'espérance et une bonne dose de confiance et de positivité… Nous nous sommes mariés pour honorer la Parole. « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme… Ils deviendront une seule chair . »
Cela fonde notre communion et notre désir de communion… Il ne relève pas des caprices d'un homme ou d'une femme. C'est le désir du Créateur pour le premier couple, Adam et Eve. C'est Lui qui a voulu cela pour tous les couples : faire une seule chair … Il est vraiment question de communion conjugale . Qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce qu'on y croit ? Le temps de carême est un temps de désir. Les époux peuvent s'interroger sur la qualité de leur don de soi…
Comment relier les trois piliers du Carême (prière, jeûne, aumône) à la vie à deux ?
Chaque année, au mercredi des cendres, la liturgie nous propose ce texte de Mathieu 6. Ces points sur lesquels la Parole de Dieu insiste concerne tout le monde, chacun à son niveau. Le couple aussi pourra trouver plus de temps pour prier ensemble, mettre l'accent sur les œuvres de charité ou de partage, et accepter souffrir dans son corps… C'est une union de prière, de partage et de sacrifices pour la gloire du Créateur…
Peut-on parler d'une conversion conjugale pendant le Carême ?
On se marie pour rester ensemble, pour célébrer la vie et l'amour, pour s'améliorer l'un par l'autre. On avance ensemble, l'un avec l'autre, jamais l'un contre l'autre. C'est une amitié conjugale qui doit s'améliorer avec le temps, et se perdurer surtout quand les années passent et repassent… L'autre est fils de Dieu comme vous, c'est un don de Dieu pour vous. Le carême est un bon moment pour redoubler d'effort, et avoir alors une attitude ajustée envers lui, pour ne pas le tuer. On me l'a confié pour que je l'aide à vivre.
Je dois aussi prendre tout le temps pour essayer d'avoir une attitude juste, vraie, honnête envers ceux et celles qui sont sur notre route : nos enfants, la bonne, la belle-famille, les collègues, les amis de la famille. Il faut apprendre à bonifier les relations durant ce temps favorable. Il faut que les personnes consacrées, les époux et même les fiancés en profitent pour améliorer la vie relationnelle. Comment je considère l'autre ou les autres ? L'autre est une personne, en chair et en os, parfois blessée, mais avec de la valeur, de la qualité… Il faut apprendre tout simplement à l'aimer. C'est un grand apprentissage comme nous apprend le philosophe personnaliste Karol Wojtyla.
Quelle attitude par rapport à vos enfants, votre mari, votre femme, avec vos voisins ? Le Créateur me les a donnés. Chaque personne qu'Il met sur notre route est un cadeau… Les filles dans la dépendance de la prostitution, les personnes qui ont sombré dans la fragilité de l'alcool, les techniciens de surface, les vrais et les faux-amis… Oui, chacun est un don .
Dieu nous l'a donné. Beau cadeau certes ! Mais, parfois cadeau empoisonné, peut-être cadeau de trop et pourtant, Dieu nous les a donnés. Toute personne est un don. Il faut qu'elle apprenne à se donner. Il faut que j'apprenne aussi à me donner à elle. Votre mari est un don pour vous. Votre femme est un don inédit pour vous. Vos enfants sont un don permanent… Deux dons de l'Esprit peuvent aider les couples pour qu'ils se convertissent pour mieux accepter les autres : le don de Piété et le don de Crainte du Seigneur. Avec ce dernier don, on reconnaît Dieu comme Père, et on Le loue pour cela… Il est une Grande Source pour nous aider à intérioriser cette grâce de paix, pour accepter le visage de l'autre comme une visitation . Une telle attitude accompagne les époux à mieux vivre l'harmonie conjugale.
Pour certains, c'est une utopie ! Mais, essayons de recevoir cela comme un don du Créateur. On doit s'accorder en couple, toujours travailler pour vivre et évoluer dans une logique de consensus. Le foyer mûrit, s'érode au fur et à mesure. Ne pas passer le temps à se frapper, à s'accuser, à se maudire, à se justifier, à se plaindre, à contrôler l'autre, à se méfier de lui… Prendre toute la vie pour travailler à cette harmonie. Pour qu'il n'y ait pas affaire de « devoir conjugal » mais plutôt don de soi dans une logique d'union de qualité, d'acte honnête et digne des époux, communion et désir de communion…Cette harmonie est comme un art à construire et à reconstruire.
Un art à apprendre et à découvrir entre époux, à cultiver patiemment. Il faut de la fidélité pour y arriver. Se remettre en cause à chaque fois. Il faut du temps, de la créativité, de l'effort…Vivre la qualité du don de soi dans la communication, le plaisir partagé, le respect du bien commun, le dialogue. Besoin de tendresse et non de brutalité ! On apprend ensemble…Vivre ensemble la satisfaction est un gros cadeau d'une union harmonieuse. Apprendre à être un couple qui n'est pas médiocre, mais qui s'améliore l'un par l'autre. Arriver à manger ensemble si possible, même si c'est une fois par semaine. Prier ensemble souvent, aller si possible en couple à la prière.
Des époux qui craignent Dieu comme Sarah et Tobie, comme Prisquille et Aquilas…Evitons d'élever le ton, déposons la balle à terre ! Regarder l'autre comme personne tout le temps. Chercher à voir la beauté intérieure de l'autre. Lui dire merci pour cela ! Cet effort pour une vie harmonieuse débouche sur l'harmonie sociale. C'est-à-dire être en harmonie avec Dieu, soi-même, avec sa femme, les enfants, les voisins… Soigner sa relation avec sa femme pour faire la paix. Être en paix avec ses voisins, avec son patron…Être homme, c'est apprendre à regarder une femme. Admirer votre femme, ses qualités, s'émerveiller devant votre mari…
Comment le Carême peut-il aider à guérir les blessures dans le couple ?
Oui, il faut se rappeler que c'est devant Dieu que les époux s'aiment. Le miroir où ils se regardent chaque jour est entouré de petits médaillons représentant la Passion et la Résurrection du Christ. Le salut est au cœur de ce portrait. « Ote tes sandales, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte » (Cf. Ex 3, 5.). Et si l'amour et la vie de ce couple étaient la terre sainte où Dieu les invitait ? Ne pas encombrer la chambre ; c'est le lieu où les époux célèbrent l'amour…
L'autre n'est pas là pour soigner mes blessures. Vous vous êtes choisis, vous avez cheminé, vous avez demandé la bénédiction pour pouvoir construire un projet de vie ensemble, dans la paix, la joie et le désir de vous apprivoiser. Vous avez choisi de cheminer à travers des fiançailles et pour finir, vous avez pris le risque de célébrer vos épousailles. Personne ne vous a forcés être ensemble. C'est par choix et par mûre décision que vous avez décidé de vous unir pour le meilleur et contre le pire.
Il ne s'agit pas alors de venir dans le mariage, et d'avoir trop d'attentes envers l'autre. Il ne s'agit pas de venir être au service de l'autre. Là, c'est comme une relation d'un esclave à son maître. Cela est chaotique comme conviction…Ce qui est vrai et constructif, il s'agit pour la femme, d'apprendre à s'émerveiller devant son homme (il est fort, c'est mon protecteur, c'est le meilleur homme du monde…) Ne pas laisser la femme à votre ceinture, mais l'élever jusqu'à votre visage. Il s'agit aussi pour la femme, de prendre soin de votre époux, de tout faire pour l'amener au ciel, laver les pieds les uns les autres. Et si on va plus loin, il s'agit d'accepter mourir pour l'autre dans la logique d'Ephésiens 5 (Christ a accepté gratuitement mourir pour son épouse l'Eglise.). Le mariage devient alors un lieu de construction et de reconstruction.
Nous pouvons reconnaître cela comme un bienfait qui nous a été donné par le Créateur, Celui-là même qui fait toute chose nouvelle (sens du benedicite.) Soyons toujours reconnaissants et rendons-Lui grâce, car Il nous fait du bien à chaque fois. Redoublons d'effort pour passer d'un acte de consommation vers un acte de contemplation… Oui, ce temps de grâce que nous offre la communauté de foi et d'amour est un tremplin pour aimer l'autre, une bonne manière de l'accompagner à résoudre ses blessures, ou mieux lui apprendre à vivre avec…
Entretien réalisé par Yvette Zongo
Lefaso.net
Il ne savait pas que sa voix pouvait devenir un jour une voix artificielle. Pendant des années, Khalil Traoré fumait sans imaginer un seul instant que ce geste, en apparence anodin, et imitatif au départ, finirait un jour par lui coûter la voix. Aujourd'hui, il s'exprime à l'aide d'un laryngophone car atteint d'un cancer de la gorge. Cependant, plutôt que de s'apitoyer sur son sort, il a transformé son épreuve en combat. En effet, il sensibilise les jeunes aux dangers de la cigarette à travers ses réseaux sociaux et rêve désormais d'un monde sans tabac qu'il estime possible avec l'engagement de tous. Dans cet entretien qu'il a accordé à Lefaso.net ce lundi 16 février 2026, le sexagénaire raconte son histoire, ses regrets mais aussi le désir qui l'anime désormais dans cette lutte contre le tabac.
Lefaso.net : Pouvez-vous nous faire un petit résumé de votre parcours de fumeur ?
Khalil Traoré : Pour ce qui est de la cigarette, j'ai commencé autour des années 72 au lycée par imitation. Puis, je suis devenu addictif. C'est après avoir passé 4 à 5 ans en fumant quotidiennement la cigarette que je me suis rendu compte qu'il était difficile pour moi d'arrêter de fumer. Et là ce n'était plus pour faire le malin. C'était carrément devenu une drogue légale, mais à laquelle j'étais déjà accoutumée. Et ça, chaque jour, j'exprimais l'engagement ferme d'arrêter à une date quelconque. Par exemple le 30 décembre d'une année ou bien le jour de mon anniversaire. Et c'était des reports à n'en point finir pendant 32 ans.
À l'époque, vous fumiez quel type de cigarettes ? Et combien de cigarettes vous fumiez par jour ?
Lorsque j'ai été déclaré fumeur, je fumais les cigarettes ordinaires qu'on trouve sur la place. Les bâtons de cigarettes. Il y avait plusieurs marques. Et j'aimais une marque française. Et puis, quand j'ai voulu arrêter, je me suis déporté complètement sur une marque qui n'avait rien à voir avec celle que je fumais déjà depuis 25 ans environ. Je suis donc rentré dans les cigarettes pendulées. On m'avait avoué que ça, c'était pire encore. J'ai dit oui, même la cigarette simple n'est pas facile à porter. Mais c'est la volonté d'arrêter jusqu'à présent qui m'anime. Sauf que je n'arrive pas à me contrôler. Donc, je fumais pratiquement toutes les marques jusqu'à préférer une marque telle que Gauloises ou Gitanes. Jusqu'à aller contracter une maladie.
Comment avez-vous découvert votre maladie ?
C'est suite à une radio que je me suis rendu compte que je faisais le pneumothorax. C'est suite à cela que j'ai cessé de fumer car je m'étais toujours dit, depuis que je tentais d'arrêter de fumer, que le jour où je vais faire 72 heures sans fumer, ce sera parti. Pour ce qui est du pneumothorax, j'ai été hospitalisé le 23 septembre 2004. Et quand je suis sorti le 15 octobre 2004, j'avais réalisé mon vœu, à savoir abandonner la cigarette. Mais dans un premier temps, quand j'ai été hospitalisé, c'était parce que j'avais un problème de respiration.
Et qu'en est-il du cancer de la gorge ?
C'est une autre chose. J'avais arrêté de fumer. J'ai eu un souci dans la famille avec la disparition de ma maman. À l'époque, j'ai certainement sangloté. Et puis, comme on m'appelait un peu de partout pour avoir les nouvelles, les détails sur les obsèques et tout ça, j'avais commencé à perdre de la voix. Après le décès, j'ai cru que c'était passager. Donc, j'ai pris certains produits comme d'ordinaire, croyant que ça allait passer. Et à la faveur d'une toux nocturne, j'ai eu à rejeter du sang. Alors, dans mes glaires que j'expectore, on a vu des traces de sang. Alors, je me dis qu'on ne s'amuse plus parce que ça fait six mois que ça dure. Depuis janvier 2011, quand même, ça commence à trop bien faire. Et c'est comme ça que j'ai été remis entre les mains des spécialistes qui ont procédé étape par étape jusqu'à aller diagnostiquer un début de cancer.
Quelle a été votre réaction lorsqu'on vous a diagnostiqué un cancer de la gorge ?
En 2011, au bout de six mois, on ne m'a pas dit exactement que c'était le cancer, mais avec les rapports des différents examens, et les termes utilisés, j'ai compris quand même que le diagnostic avait un rapport avec le cancer. Mais qu'à cela ne tienne, je devais aller en Europe, donc j'ai décidé de poursuivre mes investigations là-bas. Une fois en Europe, en décembre 2011, on m'a reçu parce que j'avais pris les rendez-vous à l'avance. Et on m'a dit : « Bon, écoute, on va essayer de reprendre les examens. » C'est toujours comme ça. Je ne sais pas pourquoi, mais quand tu arrives chez un nouveau professionnel de la santé, lui aussi veut que tu reprennes les examens, mais c'est lui qui prescrira. Donc on a dû balayer tout ce qu'on avait fait au Burkina et puis reprendre. Et les résultats se sont avérés là-bas.
Et l'ORL que j'ai rencontré, lui, il m'a lancé : « Mais M. Traoré, vous aviez le cancer. Qu'est-ce que vous foutiez là-bas ? » J'ai dit : « mais comment ça ? » Il me dit : « Ah non, non, non, vous avez un cancer à un stade très avancé. J'ai dit, quoi ? Alors ? », il me demande : « Mais vous n'avez pas fait d'examens là-bas ? » Je lui ai dit non. J'étais là, je bricolais comme je pouvais avec mes connaissances basiques. C'est en ce moment qu'il me dit : « Écoutez, nous sommes le 12 janvier 2012. Si on ne vous opère pas ce mois-ci, vous ne verrez pas le mois de juin ». Lorsque j'ai quitté l'hôpital, je ne sentais plus mes jambes. J'ai pris le métro, mes larmes coulaient car généralement lorsqu'on parle de cancer, cela rime avec la mort. Je me suis dit alors que c'était foutu, là.
Et, lorsque j'ai recouvré mes esprits une fois à la maison, j'ai dit : bon, on rentre en contact avec Ouagadougou car j'ai aussi assez de connaissances dans le domaine de la santé. Et, lorsque j'ai exposé le problème, ils étaient tous unanimes sur le fait que je devais me faire opérer. À l'origine, J'étais allé en Europe pour quelques jours à l'épisode touriste et je me suis retrouvé en train de faire 10 mois. J'ai été opéré le 18 janvier 2012. Et là encore je croyais que ça serait juste passager, qu'on allait juste me l'enlever au scanner. C'est là que le spécialiste m'a fait comprendre qu'on me ferait une grosse entaille autour de la gorge comme un collier et qu'on me ferait un trou par lequel je vais respirer désormais. Ce n'est pas tous les jours qu'on me dit ça donc je leur ai tout simplement dit « sauvez ma vie et le reste on verra après ».
Comment s'est passée la rééducation ?
Après mon séjour hospitalier, j'utilisais une ardoise. Lorsque je rentrais dans le bus, dans le métro, j'écrivais où j'allais, je montrais aux chauffeurs, qui avaient visiblement l'habitude de voir des passagers comme moi. Quelques temps après, on m'a fait comprendre qu'il faut que je rencontre des orthophonistes pour une rééducation de la voix. C'est ainsi que j'ai rencontré l'orthophoniste qui nous apprenait à inspirer. Nous avons essayé de respecter jusqu'à ce qu'on nous annonce qu'il y a un démarcheur qui allait nous approcher aussi. Il est donc venu. Lui aussi était laryngectomisé comme nous mais parlait à travers la voix œsophagienne. Lorsqu'il s'est exprimé, nous étions tous surpris car nous ne savions pas qu'on pouvait subir cette opération et recouvrer encore la voix. Le démarcheur a donc fait sortir des laryngophones et nous a expliqué le fonctionnement. Moi qui étais pressé de retourner au pays et qui n'étais là que pour les besoins de l'orthophonie, j'ai opté pour la machine afin de pouvoir retrouver ma famille mais aussi reprendre mes activités car tout était perturbé. C'est ainsi que je suis rentré au pays avec le laryngophone, qui ne réussit pas à tout le monde d'ailleurs.
Durant votre séjour à l'hôpital, est-ce que les médecins vous ont révélé que votre situation est liée à la cigarette ?
Avec moi, en tout cas, ils ont été catégoriques en m'informant que 50% des causes de la maladie sont liées à la consommation de la cigarette. Ils m'ont aussi informé que je ne pouvais plus fumer même d'ailleurs. Les spécialistes m'ont expliqué qu'avec l'opération que j'ai subie, lorsque je fume, cela va sortir par la trachéotomie car le canal a été déjoué.
Qu'est-ce qui a été le plus difficile à accepter pour vous ?
C'est le fait de regretter d'avoir fumé. Parce que, quelque part, cela a eu des impacts sur ma vie. Tous les jours, j'ai dû me réorienter pour pouvoir survivre. Sinon, il n'y a vraiment pas eu d'autres soucis. Je regrette tous les jours d'avoir fumé une seule cigarette de ma vie parce que la santé est le plus grand bien que l'on puisse avoir. Et moi, je suis condamné à porter cette séquelle jusqu'à la fin de mes jours. Rien ne peut y remédier.
Comment vos proches ont-ils vécu cette épreuve ? Est-ce que leur regard a changé ?
Tout s'est bien passé car lorsque j'étais toujours en Europe après l'opération, ma benjamine est venue avec sa maman et nous avons séjourné ensemble sans soucis. De retour au pays, l'insertion était également facile car j'échangeais déjà avec mes proches qui ont tous remarqué le changement de ma voix. En plus de cela, j'ajoutais des photos lors de certaines conversations pour me faire comprendre.
Quel regard portez-vous sur votre nouvelle manière de parler ?
Je suis tout de même satisfait de pouvoir parler avec l'appareil. Et je suis persuadé que le contraire serait dramatique car j'ai connu des gens qui se sont laissés pratiquement aller à la mort parce qu'ils ne pouvaient plus parler, l'appareil ne réussissant pas à tout le monde.
Quelle leçon tirez-vous de cette situation ?
Juste dire à ceux qui fument d'arrêter pendant qu'il est temps parce que s'ils contractent la maladie que j'ai contractée, peu importe ta richesse, tu le sentiras dans la balance car le traitement coûte extrêmement cher et moi j'ai eu beaucoup de chance. Il ne faut pas vous adonner à la cigarette car dans plusieurs cas comme le mien, la probabilité de passer de la vie au trépas est très forte. Certes il y a les moyens, mais aussi la main de Dieu.
Quel message avez-vous à l'endroit des jeunes fumeurs qui ignorent encore les conséquences de la cigarette ?
Qu'ils arrêtent pendant qu'il est encore temps parce que ça ne pardonne pas. Sur deux fumeurs, il y en a un qui en meurt, et les statistiques l'ont prouvé. J'ai créé mon Association de lutte contre le cancer tabagique (ABACT). C'était une bonne idée mais on n'a jamais pu démarrer parce que cela coûtait très, très cher. L'État nous a fait savoir qu'il avait un fonds qui a été voté en 2010 mais qui n'est pas alimenté. J'avais même proposé de donner mes photos pour qu'on les mette sur les paquets de cigarettes moyennant 1 franc le paquet vendu. Et ce qu'on gagnera sera reversé aux associations de lutte contre le cancer lié au tabac pour prendre en charge tous ceux qui sont dans cette situation et qui n'arrivent pas à honorer l'ordonnance. Mais là aussi je n'ai pas eu le soutien qu'il faut.
Interview réalisée par Muriel Dominique Ouédraogo
Élysée Nikièma (stagiaire)
Lefaso.net
L'audience sur le dossier « Yaké Camille Yé et autres » a repris ce lundi 2 mars 2026 devant le Tribunal de grande instance Ouaga I avec la suite de l'audition du témoin Adama Ramiba. Gestionnaire du carburant au ministère de 2015 à 2018, ce témoin a démarré sa déposition depuis l'après-midi de samedi 28 février 2026 jusqu'à la suspension de l'audience autour de 19h.
Le témoin Adama Ramiba est de nouveau à la barre, à l'ouverture de l'audience ce lundi, pour répondre des questions des parties. Il s'agit pour lui d'apporter davantage d'éclairage sur la gestion du carburant au ministère.
Selon M. Ramiba, en plus de la dotation trimestrielle de 1, 5 million ou 2, 5 millions en carburant (il n'a pas été précis sur le chiffre) dont elle avait droit, Mme la ministre Laure Zongo percevait également pour son cabinet, 20 millions de carburant par an (soit 5 millions par trimestre). Il précise que cette dotation était prévue par des textes pris à chaque début d'année et la valeur de la dotation n'est pas fixe ; elle varie selon les années.
Le témoin Ramiba ajoute également que les chauffeurs du cabinet venaient se ravitailler chez lui, gestionnaire, pour la semaine et lorsqu'il y avait une mission.
Le Tribunal a donc demandé que soient produits des documents, dont le contrat de fourniture du carburant et le texte portant dotation en carburant du cabinet à hauteur de 20 millions par an.
Il est également ressorti de la déposition que le pré-rapport de l'ASCE-LC a sommé Mme la ministre de rembourser les 20 millions et au DAF Pasco Billa environ 13 millions.
Relevons que dans sa déposition (et dans les réponses aux questions), Adama Ramiba a été affirmatif sur certains aspects, relatif sur d'autres et silencieux par moments. Ce qui a amené certains conseils dont la déposition semblait peser sur leurs clients, à conclure que M. Ramiba a l'esprit sélectif. « Vous êtes formel quand ça vous arrange », a déclaré un avocat.
Après le passage de Adama Ramiba, place au témoin Ramata Bamba née Bamogo, prestataire du carburant, pour sa déposition.
O.L.
Lefaso.net