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Diplomacy & Defense Think Tank News

Coopération franco-coréenne pour la construction du sous-marin à propulsion nucléaire (SNA) sud-coréen

IRIS - mer, 01/07/2026 - 22:15

Le dossier du sous-marin à propulsion nucléaire (SNA) sud-coréen n’est plus un concept abstrait ni un projet de recherche à long terme. Le 26 mai 2026, le ministère de la Défense a publié le « Plan de base pour le développement du sous-marin à propulsion nucléaire de la République de Corée », rendant public le principe selon lequel le combustible nucléaire sera constitué d’uranium faiblement enrichi (LEU) à moins de 20 %, que le développement et la construction se feront en Corée du Sud, et que les obligations de non-prolifération ainsi que les garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) seront respectées.

La Corée du Sud doit faire de l’accord sur le combustible LEU avec les États-Unis son axe fondamental, tout en institutionnalisant rapidement avec la France une coopération dans les domaines non nucléaires : intégration navale, revue de sûreté de la conception, maintenance, formation et installation d’essais à terre, ainsi que culture de sûreté nucléaire. Il ne s’agit en aucun cas d’une approche visant à contourner ou à remplacer les États-Unis. C’est une approche qui doit être comprise comme complémentaire à l’alliance, qui consiste à combiner l’expérience américaine de l’exploitation des réacteurs navals à uranium hautement enrichi (HEU) avec l’expérience française de la propulsion nucléaire navale au LEU, dans des domaines de nature différente, afin d’accroître les chances de succès et la sûreté du programme de sous-marin à propulsion nucléaire sud-coréen.

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Mon combat sur Gaza. Avec Aymeric Caron

IRIS - mer, 01/07/2026 - 17:42

La guerre à Gaza a profondément marqué l’opinion publique, mais également suscité de fortes divisions au sein de la classe politique française. Si au début du conflit les responsables politiques ont affiché leur soutien à Israël, les prises de position ont progressivement évolué face au génocide en cours à Gaza et en Cisjordanie. Cette guerre interroge également le silence de nombreux États, notamment la France, face aux violations du droit international par Israël, alors même que ces pays se revendiquent comme des défenseurs de ce droit. De même, le traitement médiatique de la question palestinienne fait l’objet de nombreux débats. La voix des Palestiniens est largement invisibilisée dans les médias, qu’ils soient publics ou privés, ce qui soulève des interrogations sur l’impartialité de l’information et le respect des principes déontologiques dans la couverture du conflit. Dans ce contexte, les réseaux sociaux apparaissent comme une source d’information alternative aux médias traditionnels, en permettant la diffusion d’images et de témoignages des populations sur le terrain.

Dès lors, comment expliquer les profondes divergences d’opinions au sein de la société et de la classe politique françaises ? Que révèle la guerre à Gaza sur le traitement médiatique du conflit et sur les principes d’impartialité de la presse ? Les réseaux sociaux constituent-ils une véritable alternative aux médias traditionnels ?

Dans ce podcast avec Aymeric Caron, ancien reporter et député Révolution écologique pour le vivant (REV) de Paris, revient sur son engagement politique à propos de la situation à Gaza.

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Géopolitique des fruits et légumes

IRIS - mer, 01/07/2026 - 15:55

Cet article est extrait de l’ouvrage Géopolitique des fruits et légumes (IRIS Éditions/Eyrolles Éditions, 2026), sous la direction de Sébastien Abis et d’Anaïs Marie.

Ils sont présents dans notre quotidien, bons pour la santé et riches en couleurs. Ils bénéficient d’un grand capital sympathie. Fruits et légumes composent nos repas, structurent nos prises alimentaires et garnissent généreusement le panier des ouvrages traitant de cuisine ou de jardinage… De quoi en oublier, parfois, pour ne pas dire très souvent, leur dimension géopolitique.

C’est donc ici l’objectif principal de ces pages : proposer une perspective longue et large relative aux fruits et légumes. Derrière le rappel de fondamentaux et le décryptage de tendances planétaires se dévoilent des dynamiques agricoles, climatiques, économiques, politiques et sociales qui peuvent surprendre le consommateur. Et donc le cueillir à froid. Plantons ici le décor avec quelques points de repère afin de vous inviter, par la suite, à croquer dans notre menu.

Les fruits et légumes sont clés dans la sécurité alimentaire mondiale. Ils assurent 15 % des apports caloriques globaux, représentent 30 % de la production agricole mondiale et 12 % des terres agricoles cultivées, soit environ 200 millions d’hectares (Mha). Cela correspond à deux fois et demie la taille totale de la France métropolitaine, un confetti sur le globe. Néanmoins, ces surfaces augmentent : elles ont doublé en cinquante ans, atteignant 132 Mha pour les légumes (tubercules et racines compris) et 68 Mha pour les fruits.

Alors que la population mondiale est passée de 4 milliards d’habitants à 8 milliards au cours du dernier demi-siècle, la demande en fruits et légumes a augmenté sur tous les continents. Plus de bouches à nourrir et une attractivité pour ces aliments en raison de leurs vertus nutritionnelles. Dans de nombreux pays, notamment les plus développés, les sociétés en veulent tout au long de l’année, indépendamment des saisons et des origines, la primauté étant donnée à la disponibilité sur les étals. Tous n’ont pas cette abondance. D’ailleurs, trois freins persistent à leur consommation universelle : des millions d’habitants doivent se contenter des récoltes locales, qui peuvent manquer fréquemment ; le prix des fruits et légumes limite parfois leur accessibilité ; la fraicheur de ces aliments reste complexe à garantir dans le temps ou dans des espaces dépourvus d’équipements de stockage performants.

Comme toujours en agriculture et dans l’alimentaire, la géographie s’exprime à plein régime. Les fruits et légumes sont doublement climatodépendants. Les conditions météorologiques conditionnent les volumes et la qualité des productions, mais aussi les pratiques de consommateurs, plus avides à végétaliser leur assiette en fonction des températures et de l’ensoleillement. Les fruits et légumes entrent aussi dans les verres, les pots ou les gourdes car boissons, yaourts ou compotes en raffolent. Retour sur Terre : dorénavant, environ 2 100 millions de tonnes (Mt) de légumes récoltés (tubercules et racines compris) et 950 Mt de fruits. C’est 3 fois plus qu’en 1975. Cela fait donc désormais 2 150 milliards de kilos par an. Nous convertissons, à dessein, pour que chacun puisse prendre la mesure du poids de ces productions. Blé, maïs et riz représentent ensemble 2 500 Mt si l’on compare les fruits et légumes avec les grandes céréales.

Qui sont les stars dans les champs ? Bananes avant tout, mais ensuite pastèques, pommes, raisins et oranges au rayon fruits. Oignons, concombres, choux, aubergines mais surtout tomates côté légumes. À l’échelle mondiale, ce sont les plus produits. Détour par la botanique pour expliquer nos choix. Tomates, concombres et avocats sont traités dans la partie fruits, car ils se développent après une fleur. Ce ne sont donc pas des légumes. Pour ces derniers, nous avons aussi intégré les tubercules, avec les pommes de terre et le manioc, deux cultures clés de l’alimentation mondiale. Les fruits et légumes sont aussi portés par la recherche génétique depuis des années, facteur déterminant dans l’accroissement des rendements et des variétés. Ils sont également au cœur du commerce, se positionnant même comme la catégorie de produits alimentaires la plus échangée au monde en valeur (230 milliards de dollars par an). Et pourtant, seuls 12 % des fruits et 6 % des légumes collectés sont internationalisés. Ces franchissements de frontières requièrent des infrastructures, des chaînes du froid, des transports multimodaux et des centres de distribution territoriaux. Entre marchés de gros, marchés de plein vent et supermarchés se font ensuite les courses.

Tous ces éléments, de la production à la consommation en passant par les différents maillons logistiques, industriels et sanitaires s’intègrent dans le paysage mondial des affaires internationales. Les capacités et les intentions des acteurs ne sont pas homogènes. États et entreprises rivalisent pour être compétitifs sur ce secteur stratégique des fruits et légumes. Bien plus qu’un segment marginal, il s’agit d’un domaine attractif pour les investisseurs puisque ces aliments cochent potentiellement toutes les cases de l’alimentation durable, saine et bonne. Ce serait aller trop vite en besogne, les situations étant plus complexes et plus tranchées que cela.

Mais, puisque l’on parle de travail, concluons cette mise en appétit par un rappel vital : sans femmes ni hommes dans le maraîchage et l’arboriculture, sans ces agriculteurs, ces agricultrices et ces entrepreneurs et entrepreneuses, dans la nature et dans les serres, point de fruits et de légumes sur nos tables. À moins d’une révolution robotique de grande ampleur ou d’un régime sévère collectif. La prospective géopolitique passe toujours par des voies inévitables et des scénarios contrastés.

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Germany's Security Council defeat: rethinking influence in a multipolar world

Germany's failure to secure a non-permanent seat on the UN Security Council is more than a diplomatic setback. It is a structural signal; and a credibility problem. For decades, Germany cultivated a reputation as an honest broker: a power that applied international law consistently. That reputation has taken damage. Germany's hesitant position toward Israel’s conduct in Gaza and Lebanon, and its evasive response to the US’ intervention in Venezuela, have seeded a perception of selectivity – that international legal norms are called for when politically convenient, and set aside when one’s own history or current dependencies make this difficult. In a world where countries from across Africa, Asia and Latin America are increasingly attentive to such inconsistencies, this matters. Credibility, once spent, is difficult to rebuild.

Germany's Security Council defeat: rethinking influence in a multipolar world

Germany's failure to secure a non-permanent seat on the UN Security Council is more than a diplomatic setback. It is a structural signal; and a credibility problem. For decades, Germany cultivated a reputation as an honest broker: a power that applied international law consistently. That reputation has taken damage. Germany's hesitant position toward Israel’s conduct in Gaza and Lebanon, and its evasive response to the US’ intervention in Venezuela, have seeded a perception of selectivity – that international legal norms are called for when politically convenient, and set aside when one’s own history or current dependencies make this difficult. In a world where countries from across Africa, Asia and Latin America are increasingly attentive to such inconsistencies, this matters. Credibility, once spent, is difficult to rebuild.

Germany's Security Council defeat: rethinking influence in a multipolar world

Germany's failure to secure a non-permanent seat on the UN Security Council is more than a diplomatic setback. It is a structural signal; and a credibility problem. For decades, Germany cultivated a reputation as an honest broker: a power that applied international law consistently. That reputation has taken damage. Germany's hesitant position toward Israel’s conduct in Gaza and Lebanon, and its evasive response to the US’ intervention in Venezuela, have seeded a perception of selectivity – that international legal norms are called for when politically convenient, and set aside when one’s own history or current dependencies make this difficult. In a world where countries from across Africa, Asia and Latin America are increasingly attentive to such inconsistencies, this matters. Credibility, once spent, is difficult to rebuild.

Wegen schwedischer Kontrollen: Russische Schattenflotte weicht in deutsche Gewässer aus

SWP - mer, 01/07/2026 - 14:46
Seit Schweden alte Öltanker aus Russland jagt, nehmen diese vermehrt die deutsche Ostsee-Route. Greenpeace warnt vor Umweltrisiken, doch die Behörden unternehmen wenig. Wie kann das sein?

Tomaso Duso: „Der Tankrabatt war eine teure und sozial unausgewogene Maßnahme“

Zum Auslaufen des Tankrabatts äußert sich Tomaso Duso, Leiter der Abteilung Unternehmen und Märkte im DIW Berlin und Vorsitzender der Monopolkommission, wie folgt:

Der Tankrabatt geht zu Ende, und die Bilanz fällt gemischt aus. Bis Mitte Juni wurde die Steuersenkung zum großen Teil, aber nicht vollständig weitergegeben – nach den Schätzungen der Monopolkommission zu etwa 85 bis 90 Prozent. In der vergangenen Woche jedoch zogen die Preise bereits spürbar an, und die Weitergaberate fiel unter 50 Prozent. Das ist ökonomisch besonders problematisch, weil gerade in diesen Tagen viele Verbraucher*innen noch einmal vollgetankt haben. Die Mehrbelastung traf also einen großen Teil des Absatzes. Und auch nach Auslaufen des Tankrabatts sind die Preise heute um 12 Uhr wieder sprunghaft und kräftig gestiegen – bei einzelnen Kraftstoffsorten um mehr als zehn Cent pro Liter. 

Für mich bestätigt das vor allem eines: Das eigentliche Problem sitzt nicht an der Tankstelle, sondern auf den vorgelagerten Stufen bei Raffinerien und Großhandel. Ein befristeter Rabatt ändert daran nichts: Er verschiebt nur, wann und bei wem das Geld landet. 

Am Ende bleibt festzuhalten: Der Tankrabatt war eine teure und sozial unausgewogene Maßnahme. Ein Teil davon – nach Schätzungen der Monopolkommission 100 bis 200 Millionen Euro, nach dieser Woche möglicherweise sogar mehr – ist bei der Mineralölindustrie hängengeblieben. Zudem haben Vielfahrer*innen am stärksten profitiert, die überproportional zu den einkommensstärkeren Haushalten zählen. In einer Knappheitssituation hat er außerdem die falschen Anreize gesetzt. Der Tankrabatt war damit von Anfang an das falsche Instrument – und es ist richtig, ihn auslaufen zu lassen.


The social contract and collective action: grievances, cleavages, and protests in the Middle East

How do grievances turn into collective action? This article examines how citizens' expectations in social contracts lead them to embark on street protests. It draws on original, nationally representative telephone surveys in Tunisia and Lebanon and unpacks popular preferences about the states' obligations to deliver social service provision, protection, and political participation. We measure empirically whether participation in protest can be explained predominantly by people's grievances with their states' social contract obligations or the position of people in society. Findings reveal intriguing differences between the two countries but also among social groups within societies. We find that socially privileged people are more likely to take to the streets in pursuit of their demands, lending support to theories that identify society's middle classes as drivers of protest action. We believe that the article's findings will have significant implications for studies of contentious state-society relations in the MENA region and beyond.

The social contract and collective action: grievances, cleavages, and protests in the Middle East

How do grievances turn into collective action? This article examines how citizens' expectations in social contracts lead them to embark on street protests. It draws on original, nationally representative telephone surveys in Tunisia and Lebanon and unpacks popular preferences about the states' obligations to deliver social service provision, protection, and political participation. We measure empirically whether participation in protest can be explained predominantly by people's grievances with their states' social contract obligations or the position of people in society. Findings reveal intriguing differences between the two countries but also among social groups within societies. We find that socially privileged people are more likely to take to the streets in pursuit of their demands, lending support to theories that identify society's middle classes as drivers of protest action. We believe that the article's findings will have significant implications for studies of contentious state-society relations in the MENA region and beyond.

The social contract and collective action: grievances, cleavages, and protests in the Middle East

How do grievances turn into collective action? This article examines how citizens' expectations in social contracts lead them to embark on street protests. It draws on original, nationally representative telephone surveys in Tunisia and Lebanon and unpacks popular preferences about the states' obligations to deliver social service provision, protection, and political participation. We measure empirically whether participation in protest can be explained predominantly by people's grievances with their states' social contract obligations or the position of people in society. Findings reveal intriguing differences between the two countries but also among social groups within societies. We find that socially privileged people are more likely to take to the streets in pursuit of their demands, lending support to theories that identify society's middle classes as drivers of protest action. We believe that the article's findings will have significant implications for studies of contentious state-society relations in the MENA region and beyond.

Warum Cybersicherheit Regeln braucht - und diese auch durchgesetzt werden müssen

SWP - mer, 01/07/2026 - 11:02
Warum Cybersicherheitsregeln nichts bringen, wenn man sie nicht durchsetzt. Das Cybernation-Trio hat diese Folge live auf der Konferenz Cybernation (wie passend), organisiert vom Wirtschaftsrat der CDU, aufgenommen. Vor den führenden Köpfen der Cybersicherheitspolitik diskutieren wir dieses Mal die Frage, wie die Politik Hersteller für unsichere Software in die Pflicht nehmen kann. Außerdem reden wir darüber, warum Cybersicherheitsregeln nichts bringen, wenn man sie nicht durchsetzt.

EZB-Sicherheitenpolitik kann Finanzmärkte stärken

Sicherheitenrahmen gibt vor, welche Vermögenswerte Europäische Zentralbank (EZB) als Sicherheit für Refinanzierungsgeschäfte von Banken akzeptiert – Lockerung dieses Rahmens lässt Aktienkurse der Banken steigen und senkt ihr Ausfallrisiko – Änderungen wirken aber asymmetrisch in verschiedenen ...

Angehörige der Erdbebenopfer lehnen staatliche Hilfe ab

SWP - mer, 01/07/2026 - 06:19
Nach den starken Erdbeben in Venezuela geht die Suche nach Überlebenden in den Trümmern weiter. Viele Bürger wollen nicht, dass staatliche Einrichtungen dabei sind, sagt Politologe Günther Maihold. Zu groß ist das Misstrauen.

Washington’s Volatility and Taipei’s Security

SWP - mer, 01/07/2026 - 02:00

The Trump-Xi summit in May 2026 highlighted a shift in Washington’s posture that introduces deep uncertainty into US-Taiwan relations. While the meeting was no turning-point, it underlined Taipei’s predicament: relying heavily on now question­able American promises. If Washington does reduce its security guarantees, Taiwan could strengthen its strategic alignment with Europe. That would present risks for Europe, but also opportunities.

Die neue Arktisstrategie der EU

SWP - mer, 01/07/2026 - 02:00

Die Arktis spielt bisher nur eine untergeordnete Rolle in den europäischen Bemü­hun­gen, digitale Souveränität zu erlangen. Doch für dieses Anliegen bildet die digitale Infrastruktur im Hohen Norden einen zentralen Baustein. Die Arktisstrategie der EU, die in diesem Jahr aktualisiert wird, sollte sich daher nicht auf klassische Sicher­heits­aspekte beschränken. Dies gilt zumal vor dem Hintergrund hybrider Bedrohungs­lagen im Ostseeraum. Von besonderer Bedeutung sind europäische Projekte zum Aus­bau arktischer Unterwasserkabel, bei denen es sich um kritische Infrastruktur han­delt. Allerdings braucht es für diese Vorhaben eine ambitionierte EU, die sich ihrer Stärke bewusst ist, Innovation und Nachhaltigkeit bei der Entwicklung grüner Tech­nologien zu verwirklichen.

Gender Responsiveness and Women’s Participation in UN Peace Operations: New Research and Policy Implications

European Peace Institute / News - mar, 30/06/2026 - 18:34
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In partnership with the Elsie Initiative for Women in Peace Operations, IPI cohosted a public policy forum on “Gender Responsiveness and Women’s Participation in UN Peace Operations: New Research and Policy Implications” on June 30th.

Since 2019, IPI has analyzed and evaluated the challenges and successes in advancing uniformed women’s meaningful participation in peacekeeping operations as part of its partnership with the Government of Canada’s Elsie Initiative for Women in Peace Operations. The most recent phase of IPI’s research has covered topics including gender bias within peacekeeping operations, taboos and stigmas faced by uniformed women, the role of military gender advisers, and how to deliver on gender responsiveness. As the culmination of this phase of the research partnership, IPI will launch four reports on these aspects of uniformed women’s participation in peacekeeping operations.

Speakers presented key findings from this research and steps for ensuring the meaningful participation of uniformed women in peacekeeping operations. The policy forum provided a dedicated space for building momentum on these topics as we reflect on past successes and challenges and look to the future of UN peacekeeping operations.

Opening Remarks:
Isaac Caverhill, Second Secretary, Permanent Mission of Canada to the United Nations

Speakers:
Vandana Sharma, Co-Founder, Equality Insights Lab
Anna Mensah Medi, Senior Lecturer at the Faculty of Academic Affairs and Research (FAAR), Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre (KAIPTC)
Emmaculate Asige Liaga, Researcher in the Training for Peace (TFP) Project, Institute for Security Studies (ISS) (virtual)
Angela Fitzsimons, Counsellor, Military Adviser and Police Adviser, Permanent Mission of New Zealand to the United Nations

Closing Remarks:
Pamela Bradshaw, Defence Attaché and Military Advisor, Permanent Mission of Australia to the United Nations

Moderator:
Phoebe Donnelly, Senior Fellow and Head of WPS Program, International Peace Institute

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Souveraineté européenne des paiements (2026-2035). De la dépendance structurelle à la construction d’une doctrine des paiements européenne

IRIS - mar, 30/06/2026 - 18:16
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« Les paiements constituent une infrastructure critique du fonctionnement économique dont la continuité conditionne la fluidité des échanges commerciaux et financiers mondiaux. Ils représentent à ce titre un point de vulnérabilité structurelle pour les économies qui en dépendent. Cette fragilité est aujourd’hui exacerbée par un double phénomène :

  • D’une part, le marché des paiements de détail par carte se caractérise par une forte concentration autour de deux acteurs états-uniens, Visa et MasterCard, qui représentent 90 % des paiements transfrontaliers en Europe et près de 72 % de ceux de la zone euro. Cette concentration confère à ces acteurs une position duopolistique, exposant en conséquence l’économie européenne à un risque de dépendance critique. Toute coupure, contrainte technique ou mesure coercitive unilatérale (notamment à caractère extraterritorial) affectant ces réseaux serait susceptible d’entraîner des répercussions immédiates et significatives sur l’ensemble des flux économiques européens.
  • D’autre part, la numérisation massive de l’économie a profondément reconfiguré les chaînes de valeur, au prix d’une dépendance accrue de l’Union européenne (UE) à des infrastructures extra-européennes. Les fonctions essentielles de systèmes de paiement (cloud, interface de programmation – ou API -, dispositifs anti-fraudes, solution d’identité numérique) reposent désormais sur des acteurs numériques majoritairement états-uniens. À cet égard, près de 70 % du marché européen du cloud est détenu par trois hyperscalers états-uniens (AWS, Microsoft et Google), contre seulement 15 % pour l’ensemble de leurs équivalents européens. À moindre échelle, la Chine déploie également des centres de données en Europe. Ces implantations s’inscrivent dans un cadre juridique permettant aux autorités chinoises d’exiger l’accès aux données y compris lorsqu’elles sont hébergées à l’étranger ou détenues par des entreprises soumises à leur juridiction.

Dans ce contexte, la double concentration, tant sur les paiements de détail par carte, que sur les systèmes numériques associés, conduit à placer des fonctions critiques du système financier européen sous dépendance d’infrastructures soumises à des législations extraterritoriales étrangères. L’évolution récente de l’environnement géopolitique renforce ces enjeux de dépendance qui deviennent de potentiels leviers de pression ou de déstabilisation. La nouvelle administration états-unienne a en effet ravivé la perspective d’un usage agressif de la puissance technologique contre l’UE, y compris la possibilité d’« un switch numérique » capable d’affecter massivement le fonctionnement des infrastructures européennes. L’UE doit désormais intégrer un risque crédible de rupture, volontaire ou accidentelle, de chaînes technologiques essentielles susceptibles d’affecter directement la continuité de ses fonctions économiques et régaliennes… »

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La Turquie peut-elle être un partenaire stratégique de l’Union européenne ?

IRIS - mar, 30/06/2026 - 14:37

Avec la multiplication des conflits internationaux et, dans cette situation préoccupante, les doutes croissants sur les intentions réelles du président états-unien de continuer à protéger le monde occidental, l’Union européenne (UE) a enfin pris la décision de se réarmer, mais dans un contexte d’inertie chronique entre les décisions politiques, prises par 27 capitales qui ont chacune leur mot à dire, les processus parlementaires de budgétisation et d’inscription dans les lois de programmation militaire, et leur mise en œuvre effective. Face à cette lenteur persistante où les processus d’acquisition des matériels sont en total décalage avec l’urgence avérée des besoins, beaucoup de pays se sont mis à la recherche de solutions plus rapides. Ainsi, de nombreux regards se sont tournés vers la Turquie, voisin géographique immédiat, candidat officiel à l’Union européenne, membre de l’Union douanière, et allié de l’OTAN depuis la première vague d’élargissement de 1952. Avec la deuxième armée de l’Alliance atlantique en termes d’effectifs, un budget de la défense en croissance constante, et une base industrielle et technologique de défense (BITD) qui a pris une importance telle qu’elle occupe aujourd’hui le onzième rang mondial en matériel d’exportations d’armement, la Turquie suscite un regain d’intérêt au point où la question se pose de savoir si elle pourrait, à une échéance rapprochée, devenir un partenaire stratégique pour la sécurité européenne.

La question crispe à peine posée. Sur les réseaux sociaux, la relation Turquie-Union européenne (UE) suscite des positions radicales, souvent fondées sur des notions plus personnelles que pragmatiques de valeurs, de tradition religieuse, d’histoire, ou encore d’éternelles interrogations sur le positionnement géographique de la Turquie : un pays européen ou non ? Les 3 % du territoire turc situé sur le continent européen en font-ils un pays européen ? Le tout sans être vraiment capable de proposer une définition claire de ce qu’est l’UE : un espace historique, géographique, économique, de tradition judéo-chrétienne ? C’est ce flou conceptuel qui a pour effet de cristalliser les tensions qui existent entre les « pour » d’un côté, les « contre » de l’autre, les hésitants préférant s’abstenir de s’immiscer dans un débat pourtant crucial. La stratégie des « contre » consiste à dérouler un inventaire d’irritants dont certains, il faut le dire, sont justifiés, à l’exemple du respect de l’État de droit et, dans le domaine de la défense, de l’affaire de la frégate Courbet[1] qui tourne en boucle dans les argumentaires. Force est toutefois de constater que le malaise des « contre » provient de l’observation des progrès accomplis par Ankara en matière de défense, progrès qui renvoient, comme un mauvais miroir, aux lacunes des pays européens qui n’ont pas su développer, ou qui n’ont pas su mieux soutenir leurs propres industries de défense. Sur un plan supranational, ce miroir reflète les propres failles de l’Union européenne.

Ces failles sont d’abord d’ordre politico-militaire. Quand on parle d’opérations dans le cadre de l’Europe de la défense, il faut bien reconnaître que ce ne sont, pour l’essentiel, que des missions de gestion de crises, humanitaires et de maintien de la paix (les missions dites de Petersberg). De plus, quand il s’agit de fournir des moyens pour ces opérations, beaucoup d’États se rappellent qu’ils contribuent aussi à l’OTAN. Au bilan : un processus politico-militaire lourd et lent qui n’aboutit, pour certains pays, qu’au déploiement d’une poignée de soldats dans les états-majors ou sur le terrain. Par ailleurs, en cas d’agression armée contre un État membre, la clause de solidarité prévue à l’article 42.7 du traité de Lisbonne ne semble pas aussi contraignante que l’article 5 de l’OTAN, à moins d’une argumentation adroite de juristes.

Les failles sont ensuite dogmatiques entre deux visions : une qu’on peut qualifier de « souverainiste stricte », qui défend l’idée d’une Union européenne entièrement autonome car dotée d’une BITD endogène et maîtrisée, et une autre, plus pragmatique, qui tient davantage compte des réalités du terrain en privilégiant une diversification des sources, surtout compte tenu de l’urgence. La première vision est historiquement portée par la France, la seconde par les pays nordiques, baltes et d’Europe orientale qui sont directement confrontés à la menace russe. En débloquant son veto à la vente d’avions de chasse Eurofighter à la Turquie en juillet 2025, l’Allemagne a rejoint la deuxième vision avec une triple réussite : un « trou capacitaire » de l’OTAN comblé sur son flanc Sud et en bordure de mer Noire, le maintien en service des chaînes de production des appareils, et l’intégration de la Turquie dans les processus européens selon le principe du « contrôle par l’intégration », afin d’éviter qu’elle noue, par dépit, des partenariats avec des pays comme la Russie ou la Chine.

Les failles sont enfin structurelles, bien que les deux organisations aient en commun l’exploit d’avoir réussi à éditer un nombre impressionnant de normes et de procédures, dont les conséquences sont des lourdeurs administratives, des processus décisionnels interminables, des comitologies de plus en plus envahissantes, et l’apparition de mesures correctives, dites « missions de simplification », qui nécessitent elles-mêmes une organisation et des moyens propres. L’Union européenne agit principalement sur des leviers industriels et financiers tandis que l’OTAN, pour sa part, dispose de leviers opérationnels (planification et conduite des opérations) et capacitaires. Bien que pleinement intégrée à l’OTAN, avec une participation humaine et financière qui permet aux autres alliés, notamment européens, d’alléger leur fardeau[2], la Turquie se retrouve exclue de la quasi-totalité des mécanismes de l’UE en matière de défense. C’est ce décalage qu’il convient d’examiner dans le contexte actuel de réarmement qui a débuté avec la guerre en Ukraine, entrée dans sa quatrième année depuis le 24 février 2026.

Une Turquie capable de répondre aux besoins urgents de l’Union européenne

Financièrement, la nécessité de se réarmer face au retour des conflits de haute intensité de ce type implique une double obligation : mettre un point final à la période des « dividendes de la paix » qui a, d’une manière irresponsable, et au mépris de l’anticipation stratégique, transformé les budgets de la défense en variables d’ajustement, et établir les fondements d’une véritable défense européenne. La première a été prise en compte avec l’augmentation de la part des budgets de la défense dans les produits intérieurs bruts (PIB), tandis que la seconde fait l’objet de nouveaux textes comme le plan ReArm Europe/Readiness 2030, dont SAFE (Security Action for Europe) constitue l’un des cinq piliers, ou encore EDIP (European Defence Industry Programme).

Seulement, ces nouveaux textes fondateurs, bien qu’ils témoignent d’une véritable prise de conscience politique à vouloir donner à l’UE un rôle crédible en matière de défense, manquent singulièrement de précisions et de côtés pratiques : quels types de matériels sont à acquérir, à quelle cadence précise d’ici le 31 décembre 2030, et auprès de qui si la règle des 65 %/35 %[3] bute sur la réalité des capacités de production de l’UE, notamment compte tenu de la nécessité de « retrouver de la masse »[4] comme l’ont souligné les leçons tirées du conflit en Ukraine ? L’Europe ne pouvant pas se permettre d’être en retard par rapport à une Russie qui pourrait reconstituer ses forces militaires, la diversification des sources d’approvisionnement devient une impérieuse nécessité : d’où l’éligibilité aux procédures de passation conjointe de marchésde SAFE des pays en voie d’adhésion à l’UE, des pays candidats, des pays candidats potentiels, et aussi des pays ayant conclu un partenariat en matière de sécurité et de défense avec l’UE tels que l’Albanie, le Canada, le Japon, la Moldavie, la Macédoine du Nord, la Norvège, la Corée du Sud et le Royaume-Uni. Des accords bilatéraux ou multilatéraux supplémentaires peuvent même être conclus afin d’élargir la participation et les conditions d’éligibilité. La Turquie ne figure pas parmi les bénéficiaires de cet instrument et les portes d’une coopération industrielle ne lui sont pas clairement ouvertes, en raison principalement du blocage de la Grèce et de la République de Chypre.

Pourtant, la BITD turque est en mesure de proposer dans des délais courts, et à des coûts raisonnables, des réponses dans une grande majorité des domaines recherchés. Près de 4500 entreprises turques sont directement impliquées dans l’industrie de défense. La Turquie conduit à l’heure actuelle plus de 1400 programmes de défense dans tous les domaines : terrestre, maritime, aérien, spatial, armement et cyber, sans compter environ 150 programmes de R&D qui couvrent un vaste éventail de domaines comme l’intelligence artificielle, les nanotechnologies et le quantique. Si la Turquie n’a pas atteint le niveau technique des pays avancés dans les domaines pointus, comme la motorisation et l’interception des cibles à très haute vélocité, elle est d’ores et déjà en mesure de répondre, avec des volumes importants, aux demandes de masse en matière de véhicules blindés, d’armes légères et lourdes, de munitions et, surtout, de drones compte tenu de sa réputation désormais mondiale.

Une Turquie pourtant familière des mécanismes européens

C’est à ce point qu’arrive une question cruciale : comment considérer la Turquie comme un élément de profondeur stratégique pour l’Europe et un multiplicateur de puissance, mais sans pour autant transformer les outils de partenariat en mécanismes de dépendance ?

En premier lieu, il convient de rappeler que l’expérience de la Turquie dans des mécanismes européens de défense n’est pas nouvelle. Membre associé de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) en 1992, la Turquie a rejoint le 19 novembre 1996, dès sa création à Ostende sous l’autorité de l’UEO, l’organisation de l’armement de l’Europe occidentale (WEAO) avec les mêmes droits et les mêmes obligations que les autres membres de l’UEO ; c’est au fur et à mesure du transfert des compétences de l’UEO vers l’Union européenne que la Turquie s’est retrouvée progressivement exclue des mécanismes de défense de cette dernière. Elle est toutefois membre associé du programme Horizon Europe depuis son lancement en 2021, avec une activité soutenue dans des domaines duals comme les nanotechnologies et les matériaux avancés, grâce à une participation active de la Tübitak[5]. Dans le cadre de l’OCCAr[6], bien qu’elle ne soit pas membre à part entière de cette organisation, la Turquie a pris part aux programmes A-400M (avion de transport militaire) et COBRA (radar de contre-batterie). Les chefs d’état-major turcs participent régulièrement aux réunions militaires européennes de haut niveau comme l’EURAC (European Air Chiefs Conference) ou le CHENS (Chiefs of European Navies Conference). Des auditeurs turcs sont présents aux sessions européennes des responsables d’armement (SERA). Enfin, la Turquie est membre fondateur du réseau Eureka[7], dont la Commission européenne est membre, depuis sa création en 1985.

Ensuite, la Turquie prend part à de nombreuses initiatives européennes hors du cadre strict de l’UE. Dès 2024, l’Allemagne a intégré la Turquie dans son ESSI (European Sky Shield Initiative) qui, dans le cadre de l’OTAN, ambitionne de mettre en place une défense aérienne et antimissile intégrée en Europe. Le Royaume-Uni a identifié la Turquie comme un acteur de premier plan, appliquant une politique de «coalition-building» beaucoup plus souple que l’Europe des 27, et facilitant de cette manière la signature de partenariats de haut niveau comme BAE/Nurol et BAE/TAI (Turkish Aerospace Industries). En Italie, le remplacement du mécanisme Golden Share par le Golden Power, qui permet aux entreprises de mener des activités critiques pour l’intérêt national sans que l’État soit actionnaire, a permis le rachat de Piaggio Aerospace par Baykar, rachat suivi six mois plus tard du partenariat stratégique entre Baykar et Leonardo. Un autre exemple d’initiative de haut niveau hors du cadre strict de l’UE est l’Espagne, avec l’association de NAVANTIA aux programmes navals turcs dont le porte-avions national MUGEM. En parallèle, d’autres pays comme la Pologne, compte tenu de l’urgence de leurs besoins face à la menace russe, ont opté pour une approche dite « par le bas » en privilégiant la compétitivité des coûts et la rapidité de production, devenant ainsi le premier acheteur européen de drones turcs. Étape suivante, Varsovie négocie en ce moment pour l’implantation sur son territoire d’une usine de munitions de 155 mm opérée par la société turque MKE. Il existe beaucoup d’autres exemples de coopérations bilatérales au sein de l’UE, comme le Portugal qui a commandé à la société turque STM deux bâtiments de soutien logistique pour sa marine.

Les raisons de ces initiatives nationales hors du cadre strict de l’UE sont nombreuses : désaccords sur la gouvernance des programmes, différences dans les priorités de programmes et d’achats en matière d’équipements, lenteur des mécanismes centraux. Si chaque contrat signé bilatéralement constitue, indéniablement, une brique supplémentaire dans la construction des capacités européennes de défense, force est de constater que les effets de cette pratique sont pernicieux, car privilégier à outrance la préférence nationale finira, en cas de surmultiplication des exemples, par fragiliser des institutions centrales européennes déjà objet de nombreuses critiques. La logique de « multilatéralisme convergent », indispensable pour construire un esprit commun de défense, s’effacera alors devant la multiplication des « minilatéralismes transactionnels », jugés plus efficaces, mais échappant au contrôle de Bruxelles.

Les « contre » précédemment évoqués ne manqueront pas d’observer que la Turquie tire profit de la fragilité du modèle de défense européen grâce à l’attractivité de ses produits : coûts raisonnables, rapidité de production, efficacité prouvée en opération. C’est peut-être vrai selon l’adage « business is business », mais rappelons que les ventes de matériels militaires turcs s’inscrivent dans le principe de subsidiarité prévu à l’article 5 paragraphe 3 du Traité sur l’Union européenne (TUE), lequel stipule que « l’Union intervient seulement si, et dans la mesure où, les objectifs de l’action envisagée ne peuvent pas être atteints de manière suffisante par les États membres ». Consciente toutefois qu’elle n’est pas encore capable, d’une manière totalement autonome, d’être présente sur les « premiers marchés » (les cycles de développement décennaux) comme les avions de chasse, les sous-marins et les chars de combat, la stratégie de la Turquie consiste à investir les « seconds marchés » (« consommables militaires ») comme les blindés légers, les drones tactiques, les armes légères et les munitions[8]. Ainsi, la Roumanie et la Hongrie ont acheté à la Turquie des véhicules blindés tactiques respectivement de type COBRA II et Ejder Yalçın, avec la mise en place d’une ligne d’assemblage locale pour la Roumanie, et le développement d’une version locale nommée GidrÁN pour la Hongrie. L’Estonie, pour sa part, s’est dotée à la fois de véhicules de types ARMA 6X6 et YÖRÜK 4X4. Ainsi, dans l’état actuel de sa BITD, et probablement pour les années à venir, la Turquie ne constitue pas une menace sérieuse pour les géants des « premiers marchés » comme Airbus, Safran, Dassault ou MBDA. Ce constat est d’autant plus avéré que la Turquie n’est encore pas capable de gagner en efficacité en se libérant de ses préjugés et de ses freins culturels : elle ne fait confiance qu’aux Turcs, et ce n’est pas demain que les grandes entreprises nationales comme Aselsan, Roketsan, TAI, Havelsan ou encore Baykar seront représentées en France par un Français capable de leur ouvrir des marchés de haut niveau.

Les conditions d’un partenariat stratégique avec l’UE

Compte tenu de sa capacité à apporter une réponse rapide et adaptée sur certains segments, la Turquie non seulement peut, mais doit devenir un partenaire stratégique de l’UE. Les craintes de prédation par Ankara des grands marchés européens de défense ne sont, comme on vient de le voir, pas fondées, ou du moins pas encore d’actualité. C’est pourquoi il importe, d’ores et déjà, de bien cadrer l’ensemble des actions à mener en mettant en place des mécanismes de contrôle destinés non à bloquer, mais à maîtriser l’offre turque.

Un premier mécanisme consisterait à veiller à une application stricte du principe de réciprocité, que ce soit pour les implantations, les représentations ou directions d’entreprises et les marchés. Sans ce « pare-feu », l’accès au marché européen par les entreprises turques ne s’accompagnerait, à terme, d’aucune contrepartie pour les entreprises des pays de l’UE. La diminution significative du nombre d’entreprises françaises qui sont présentes lors des salons d’armement turcs, comme IDEF et SAHA Expo, est symptomatique de ce déséquilibre où la Turquie cherche désormais à exporter et plus à acheter. Seules les sociétés françaises qui ont établi un partenariat avec une entreprise turque exposent, mais sous la bannière de leur partenaire local. L’étiquette française n’est plus visible.

Le second est de mettre en place des clauses d’extinction (« sunset ») afin, le cas échéant, de pouvoir rapidement dénoncer un accord si la réciprocité n’est plus respectée, ou s’il tourne au désavantage des Européens. Une commission de révision serait chargée d’évaluer périodiquement les conditions de mise en vigueur de l’accord, avec un regard particulier sur la question des valeurs ajoutées de part et d’autre, et sur la nature et le volume des transferts de technologies.

Le troisième, plus supranational, consisterait à s’appuyer sur l’Agence européenne de défense (AED) pour mettre en place une structure de coordination entre l’UE et la Turquie. Cette structure aurait pour mission de coordonner les marchés à l’échelle européenne, mais sans les limiter ou les interdire en vertu du principe de subsidiarité précédemment évoqué. Elle permettrait à l’ensemble des entreprises européennes de disposer d’une vision centralisée des marchés afin d’alerter sur les risques de concurrence ou de saturation. Elle pourrait, si les États membres le décident, émettre des recommandations en vue de combler efficacement les lacunes de l’industrie de défense européenne. D’une manière encore plus structurée, il pourrait être envisagé de s’inspirer des arrangements administratifs bilatéraux que l’AED a déjà signé avec d’autres pays comme la Norvège, la Suisse et la Serbie.

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Au-delà des décalages qui persistent entre le modèle politique turc et les critères européens, décalages que le rapport 2025 du Parlement européen sur la Turquie vient encore de mettre en avant, ce sont les veto de la Grèce et de la République de Chypre à la participation de la Turquie aux mécanismes de défense européens qui constituent les principaux freins à un partenariat stratégique entre Bruxelles et Ankara. Mais la question, pour l’UE, dépasse le simple cadre de la relation bilatérale : il s’agit de prendre une décision entre une capacité de défense européenne autonome, illusoire d’ici les prochaines années, et une profondeur stratégique pragmatique incluant la Turquie qui, compte tenu de ses capacités de défense, est déjà en mesure de répondre aux besoins urgents et aux lacunes sur certains segments capacitaires.

Ainsi, plutôt que de s’obstiner à opposer ces deux logiques, il serait plus judicieux, dans l’intérêt des Européens, de considérer la BITD turque non pas comme un concurrent, mais comme un élément structurant de la défense européenne grâce à la mise en place de mécanismes de contrôle destinés à prévenir toute interdépendance incontournable et toute position dominante de la Turquie. L’urgence de la nécessité de se réarmer face à la dégradation de la situation internationale doit être pour l’UE une opportunité pour repenser son partenariat de défense avec Ankara.

[1] L’évènement a eu lieu le 10 juin 2020. Engagée dans l’opération de l’OTAN Gardien de la mer (Sea Guardian), la FLF (frégate légère furtive) COURBET a été illuminée, à trois reprises, par le radar de conduite de tir d’un bâtiment de la marine turque au moment où elle s’apprêtait à contrôler le cargo ÇİRKİN, soupçonné de violer l’embargo sur les armes décidées par les Nations-Unies à l’égard de la Libye. Le ÇİRKİN, battant pavillon de la Tanzanie, avait appareillé du port turc de Haydarpaşa. Escorté par les frégates turques TCG Gökova (F-496) et TCG ORUÇREİS (F 245), il avait également bénéficié d’une couverture aérienne au moment de passer au large de l’île de Psara, à l’est de l’île de Chios. En termes de règles d’engagement, l’illumination radar est considérée comme un acte de guerre, car c’est la dernière action qui précède l’ouverture du feu. Le risque de cet acte inacceptable entre alliés aurait été un déclenchement immédiat du feu par le COURBET.

[2] La participation turque à l’opération de type Berlin Plus Althea en Bosnie-Herzégovine en est un exemple concret.

[3] Règlement (UE) 2025/1106 du Conseil du 27 mai 2025 établissant l’instrument « Agir pour la sécurité de l’Europe (SAFE) » par le renforcement de l’industrie européenne de la défense – article 16, paragraphe 10 : « le coût des composants provenant de pays tiers à l’Union, aux États de l’EEE-AELE et à l’Ukraine ne doit pas être supérieur à 35 % du coût estimé des composants du produit final ». Les États de l’EEE-AELE sont les pays qui participent à l’Espace économique européen (EEE) via l’Association européenne de libre-échange (AELE).

[4] Expression utilisée par les militaires pour définir la capacité d’une armée à engager simultanément un volume suffisant de moyens humains, matériels et logistiques dans la durée.

[5] Türkiye Bilimsel ve Teknolojik Araştırma Kurumu, Fondation pour la recherche scientifique et technologique de Turquie.

[6] Organisation conjointe de coopération en matière d’armement.

[7] Eureka est un réseau intergouvernemental créé en 1985 afin de soutenir la coopération internationale en matière de recherche, de développement et d’innovation orientée vers le marché. Il réunit des ministères et des agences de financement de 47 pays ainsi que la Commission européenne, chaque État finançant les participants relevant de sa compétence nationale. Mais contrairement aux programmes-cadres de recherche de l’UE comme Horizon Europe, EUREKA n’est pas un programme de l’UE.

[8] Julien Malizard, Josselin Droff, « Évolution des conflits et reconfigurations de l’industrie de l’armement : hypothèse des deux marchés », Défense Industries, n°18, juin 2024.

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Speed must not be a substitute for democracy

EU enlargement in the Western Balkans is strategically important. However, anyone who wants to accelerate the accession process must not treat democracy and the rule of law as secondary issues.

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