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Burkina/2ᵉ édition de Le Faso Digital : Les solutions numériques au service de la compétitivité des entreprises au cœur des échanges

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:38

Le numérique burkinabè entend davantage se mettre au service du monde entrepreneurial. C'est dans cette dynamique que s'est tenue, ce lundi 19 octobre 2026, une session spéciale consacrée aux solutions numériques et aux innovations susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises. Organisée par Le Faso Digital en collaboration avec la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), cette rencontre virtuelle a réuni des professionnels du secteur, des développeurs, des porteurs de projets et des participants intéressés par les opportunités qu'offre la transformation numérique. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la deuxième édition de Le Faso Digital, dont l'objectif est de présenter une sélection de solutions concrètes susceptibles de répondre aux besoins des entreprises, tout en favorisant les échanges entre les concepteurs d'outils numériques et leurs utilisateurs potentiels.

D'entrée de jeu, le facilitateur de cette session, par ailleurs le président du jury, Roland Tougma, a précisé que plus de 208 projets ont été enregistrés pour cette deuxième édition de cette foire virtuelle. Il a également expliqué que les applications retenues ont été choisies pour leur capacité à faciliter la gestion et à renforcer la compétitivité des acteurs économiques, sans nécessairement tenir compte du classement des projets au concours. La sélection présentée au cours de cette session répondait toutefois à l'objectif qui est de mettre en avant les solutions susceptibles d'améliorer l'efficacité des entreprises.

« Pour cette deuxième édition, nous avons enregistré plus de 208 projets très intéressants et porteurs. Mais ce matin, nous nous intéressons particulièrement aux applications et aux projets qui facilitent la gestion et permettent d'améliorer la compétitivité des entreprises. Il s'agit donc d'une sélection orientée vers la productivité. Ce n'est pas un classement des solutions selon les résultats du concours, ni une manière de dire qu'un projet est meilleur qu'un autre. Nous avons simplement retenu des applications qui peuvent apporter une valeur ajoutée aux entreprises, en fonction de la thématique de cette rencontre », a-t-il précisé.

Des solutions numériques adaptées aux besoins des entreprises

Les solutions présentées couvrent plusieurs secteurs d'activité. Parmi elles, figure "SolarPro Manager", portée par DTS Consulting, qui vise à digitaliser les activités des installateurs solaires africains. La plateforme propose notamment des outils de dimensionnement, de facturation, de paiement, de gestion des stocks et de suivi de la production. Selon le présentateur, elle entend contribuer à la formalisation des Petites et moyennes entreprises (PME), tout en facilitant leur accès au financement.

Dans le domaine du transport urbain, l'application "SOTRACO digital" a été présentée comme une solution de digitalisation de l'abonnement au transport. L'outil vise à simplifier les inscriptions, à faciliter le contrôle sur le terrain et à limiter les risques de fraude. La dématérialisation doit notamment permettre de réduire les files d'attente, les manipulations d'espèces et la falsification des cartes papier, tout en favorisant un accès plus inclusif aux services.

La question de l'efficacité énergétique a également été abordée à travers "WATTIA", présentée comme une plateforme burkinabè consacrée à l'efficacité énergétique et à l'écoconstruction. L'application permet notamment d'analyser la consommation énergétique et d'orienter les choix d'équipements et de conception de bâtiments vers des solutions plus économes.

La gestion immobilière n'est pas en reste, plusieurs outils ont été mis en avant. « Je mérite ma maison » ambitionne de faciliter la mise en relation entre propriétaires et locataires sans commission, en numérisant une partie des activités traditionnellement assurées par les démarcheurs. "Zakafy", pour sa part, centralise la recherche, la publication d'annonces et la mise en contact autour de biens immobiliers à vendre ou à louer.

Une autre solution, "Napp IA Faso", se distingue par sa capacité annoncée à prévoir l'évolution des nappes phréatiques jusqu'à douze mois à l'avance, à partir de données satellitaires. Un outil qui pourrait notamment intéresser les acteurs du forage et de la gestion des ressources en eau.

Le secteur agricole n'a pas été oublié. La solution "Agripredict 5" propose des prévisions de rendement et de revenus agricoles, ainsi que des alertes climatiques destinées aux producteurs et aux institutions concernées. D'après les informations communiquées pendant la session, la plateforme s'appuie sur des modèles d'apprentissage automatique et des données couvrant plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.

La session a aussi permis de découvrir des solutions dédiées à la comptabilité, à la communication numérique, à la livraison, à la culture et au transport de voyageurs. Certaines utilisent l'intelligence artificielle pour automatiser le traitement des factures et des documents comptables, tandis que d'autres proposent des services de veille médiatique, de géolocalisation des artisans ou de valorisation du patrimoine culturel.

« La compétitivité, c'est d'abord du temps… »

Au-delà de la présentation des applications, les échanges ont permis d'aborder les conditions nécessaires pour que les entreprises tirent réellement profit de ces innovations. Dr Boukary Ouédraogo, intervenant au cours de la session, a insisté sur le fait que l'acquisition d'un outil numérique ne suffit pas, à elle seule, à rendre une entreprise plus compétitive.

« Une entreprise ne devient pas compétitive simplement parce qu'elle a acheté un outil ou parce qu'elle a fait confiance à une solution qui semble être la meilleure. Elle devient compétitive lorsqu'elle arrive à résoudre ses problèmes plus rapidement et à moindre coût que ses concurrents. Pour moi, la compétitivité, c'est d'abord une question de temps. Dans beaucoup d'entreprises, y compris au Burkina Faso, une partie importante des ressources est encore absorbée par des tâches répétitives, qu'il s'agisse de recopier des informations, de refaire des factures, d'additionner des ventes ou de rechercher des données en fin de campagne. Ces opérations prennent du temps et peuvent finir par fragiliser la confiance entre l'entreprise et ses clients, notamment lorsque les informations ou les paiements ne sont pas disponibles au bon moment », a-t-il expliqué.

Pour lui, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, notamment dans la rédaction de devis, la préparation de factures, la réponse aux clients et l'élaboration d'offres commerciales. Mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditions.

« Le premier investissement d'une entreprise ne doit pas nécessairement être le matériel, mais la formation. L'outil peut être disponible, mais si les personnes ne savent pas l'utiliser correctement, les résultats ne seront pas au rendez-vous. Il faut également adopter la bonne démarche : beaucoup commencent par chercher une solution avant même d'avoir clairement défini le problème qu'ils veulent résoudre. Or, c'est le problème qui doit nous conduire à choisir la solution adaptée. Il faut enfin tenir compte de la connectivité, du coût et surtout de la qualité des données, car aucune application ne peut donner de bons résultats si les données dont elle a besoin sont absentes ou insuffisantes », a-t-il souligné.

Pour Dr Ouédraogo, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditions

La souveraineté numérique, un enjeu majeur pour les entreprises

Si l'intelligence artificielle constitue un levier de productivité, son utilisation soulève également des préoccupations relatives à la confidentialité des données et à la protection des innovations. C'est l'un des principaux messages développés par Mahamadi Rouamba, intervenant au nom de Ticanalyse, un bureau de conseil et d'ingénierie numérique spécialisé notamment dans la gouvernance et la sécurisation des usages de l'intelligence artificielle.

Selon lui, les entreprises doivent veiller à ne pas compromettre leurs informations stratégiques en utilisant des outils dont elles ne maîtrisent pas suffisamment le fonctionnement et la gestion des données.

« La plupart des solutions d'intelligence artificielle que nous utilisons aujourd'hui ne sont ni créées par les structures qui les utilisent ni, bien souvent, par des entreprises nationales. Lorsque vous prenez ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot, ce sont des solutions qui relèvent d'autres juridictions. Certes, elles permettent aux entreprises burkinabè de gagner en productivité, de traiter certains dossiers et d'automatiser rapidement des processus. Mais, dans le même temps, nous risquons de perdre notre patrimoine informationnel. Dans les banques, les assurances, les structures de santé et les grandes industries, des collaborateurs utilisent quotidiennement ces outils et peuvent y transférer des données qui relèvent du secret professionnel, de la propriété intellectuelle ou des mécanismes internes de production. Sans toujours en mesurer les conséquences, les entreprises peuvent ainsi exposer des informations qui constituent pourtant une source de valeur et un avantage concurrentiel », a-t-il averti.

Pour le spécialiste, la question ne concerne pas uniquement les grandes entreprises. Les PME, les administrations et les institutions doivent également se doter de mécanismes permettant d'encadrer les usages de l'intelligence artificielle.

« Nous devons aller vers un usage responsable, un usage gouverné de l'intelligence artificielle, avec des outils qui nous permettent de contrôler son fonctionnement. La productivité que nous pensons gagner grâce à ces technologies, nous pouvons finalement la perdre si nous ne protégeons pas notre patrimoine informationnel. Une entreprise peut consacrer du temps et des ressources à concevoir une solution, à élaborer une stratégie commerciale ou à développer un produit, mais si elle transmet toutes ces informations à un fournisseur extérieur sans précaution, elle risque de fragiliser sa propre compétitivité. Il y va de la capacité de nos entreprises et de notre pays à créer de la valeur sur le long terme », a-t-il déclaré.

En réponse à une question sur les moyens de concilier l'utilisation de l'intelligence artificielle et la protection des informations stratégiques, Mahamadi Rouamba a expliqué que la formation des utilisateurs, bien qu'indispensable, ne suffisait pas.

« Il est bien de former les utilisateurs et de leur donner une charte de bonne utilisation, mais il faut comprendre que l'intelligence artificielle elle-même doit être gouvernée. Vous pouvez former vos collaborateurs et leur demander de ne pas transférer des documents confidentiels. Cependant, lorsqu'un agent reçoit un rapport urgent à produire pour le lendemain matin, il peut être tenté de déposer directement un fichier dans un outil d'intelligence artificielle, sans prendre le temps d'en retirer les informations sensibles. C'est pourquoi il faut un dispositif qui permette non seulement de sensibiliser les utilisateurs, mais aussi de contrôler les outils eux-mêmes, de définir ce qu'ils peuvent faire et de veiller au respect des règles internes de l'organisation », a-t-il expliqué.

À cet effet, il a présenté "Panguin AI", une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielle. Selon lui, cette solution doit permettre aux responsables informatiques et aux équipes chargées de la sécurité de définir des règles d'utilisation, de suivre les interactions et de conserver une traçabilité des opérations.

Protéger les innovations contre les copies…

La protection du patrimoine numérique ne se limite pas aux données. Elle concerne également les noms commerciaux, les marques, les idées développées et les éléments techniques des applications. Cette problématique a été soulevée par Dr Boureima Kouanda, développeur et consultant, qui a présenté l'application "Faso Tougma", une plateforme destinée à mettre en relation les utilisateurs avec des prestataires de services. Disponible sur Play Store et Google Play, selon son promoteur, l'application permet de rechercher des artisans et des professionnels dans plusieurs domaines, notamment la plomberie, l'électricité, la vidange, les bureaux d'études, le commerce et certains services spécialisés.
Mais son intervention a surtout porté sur un témoignage des difficultés rencontrées par son équipe après la découverte d'une application portant un nom identique et présentant des similitudes importantes avec sa propre solution.

« Nous avons développé Faso Tougma après de nombreux tests et nous avons commencé à le rendre accessible au public. Mais nous avons ensuite découvert qu'une autre équipe avait présenté, dans le cadre d'un concours, une application portant exactement le même nom et reprenant, selon nos constatations, une grande partie du contenu et de la présentation de notre produit. Nous avons été surpris de constater que deux applications pouvaient être présentées pratiquement de la même manière, avec un nom identique dans sa forme et dans son écriture. Nous avons pris contact avec les personnes concernées, mais, face à la situation, nous avons finalement décidé de saisir les autorités compétentes afin que cette affaire soit examinée », a-t-il raconté.

Pour le développeur, cette expérience montre les risques auxquels les innovateurs sont exposés, particulièrement dans un contexte où les outils numériques et l'intelligence artificielle facilitent le développement rapide d'applications.

« Avant d'adopter officiellement un nom pour un produit, il est important de vérifier qu'il n'a pas déjà été protégé par un tiers dans le même domaine d'activités. Le nom constitue souvent le premier actif d'une entreprise, parce que c'est par lui que les utilisateurs reconnaissent le produit, le recherchent et en parlent. Si vous ne le protégez pas, vous risquez de vous retrouver dans des discussions difficiles pour déterminer qui est réellement propriétaire de la marque. Il faut donc prendre les dispositions nécessaires en amont, car la protection des actifs est essentielle aussi bien pour l'entreprise que pour ses consommateurs », lui a conseillé Mahamadi Rouamba.

Il a également indiqué que la protection pouvait concerner d'autres éléments, notamment le contenu, le code source et les composantes techniques d'une solution. Une vigilance particulière doit, selon lui, être accordée aux conditions de collaboration au sein des équipes de développement.

Des solutions locales pour réduire la dépendance aux logiciels importés

La session a également donné la parole à Ounteni Ouoba, ingénieur de conception en informatique et spécialiste de la digitalisation des processus métier. Il a présenté un ensemble de plateformes développées pour répondre aux besoins des entreprises, des établissements d'enseignement et des structures de santé.

Revenant sur l'origine de cette démarche, il a expliqué que son cabinet s'était engagé depuis plusieurs années dans la conception de logiciels adaptés au contexte burkinabè, avec l'ambition de limiter la dépendance aux solutions importées, parfois coûteuses et difficiles à adapter aux réalités locales.

« Depuis 2005, nous avions une idée très claire que nous ne devions plus être uniquement des importateurs de logiciels de gestion d'entreprise. Nous constations qu'il existait beaucoup de solutions, dont certaines étaient très coûteuses, et nous avons décidé de produire des logiciels conçus au Burkina Faso. Nous n'avons pas attendu qu'il y ait des marchés pour commencer à travailler. Nous avons identifié plusieurs domaines, notamment la finance, l'éducation, la santé et le commerce, dans lesquels nous pouvions développer des outils capables d'aider les entreprises et les organisations à bénéficier des avantages du numérique. Au fil des années, ces logiciels ont évolué vers des plateformes accessibles en ligne, avec l'objectif de faciliter leur utilisation, leur maintenance et leur amélioration continue », a-t-il indiqué.

Mahamadi Rouamba a présenté "Pangain AI" une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielle

Parmi les outils présentés figure "Warikobiz", une plateforme de gestion commerciale qui intègre notamment la facturation, la gestion des stocks, le suivi des clients, les ressources humaines, la paie et la comptabilité. Selon son promoteur, l'outil est conçu de manière modulaire, afin que chaque entreprise puisse sélectionner les fonctionnalités correspondant à ses besoins.

« Warikobiz permet de suivre les opérations commerciales, depuis la gestion des clients jusqu'à la facturation et aux stocks. La plateforme intègre également la gestion des ressources humaines et de la paie, en tenant compte des particularités du calcul des salaires au Burkina Faso. Pour la comptabilité, nous avons travaillé sur un modèle adapté au système comptable applicable dans l'espace OHADA, afin que les opérations effectuées dans les différents modules puissent alimenter automatiquement les écritures comptables. L'objectif est de faciliter le travail des entreprises, de réduire les tâches répétitives et de permettre aux professionnels de disposer plus rapidement des informations dont ils ont besoin », a expliqué Ounteni Ouoba.

L'intervenant a toutefois précisé que la génération des états fiscaux ne dispensait pas d'une vérification par un expert-comptable. Il a également indiqué que l'habilitation de la Direction générale des impôts pour la facturation électronique était encore en cours de demande.

La deuxième solution présentée, "Faso SMS", est une plateforme d'envoi de messages en masse destinée notamment à la communication des entreprises. Elle permet aux organisations de diffuser des informations à leurs clients et usagers, y compris dans des contextes où l'accès à internet n'est pas garanti.

« Nous avons conçu Faso SMS pour que les entreprises puissent communiquer facilement avec leurs clients, notamment à travers des messages d'information et d'alerte. Le numérique ne doit exclure personne. Même lorsqu'un utilisateur n'a pas accès à internet, il doit pouvoir recevoir une information importante sur son téléphone. Notre plateforme permet également à d'autres applications d'intégrer ce service grâce à une interface de programmation, afin que les entreprises puissent automatiser leurs communications », a-t-il détaillé.

Dans le secteur de l'éducation, "Kalan" propose une solution de gestion des établissements couvrant notamment les inscriptions, les paiements, les bulletins de notes, la discipline et les emplois du temps. L'outil permet aussi d'automatiser certaines communications avec les parents, notamment les rappels de paiement des frais de scolarité et les notifications d'absence des élèves.

Le cabinet a également présenté "Tocsaa", une plateforme d'évaluation à 360 degrés. Elle permet à une personne, à une entreprise ou à une organisation de recueillir des appréciations anonymes sur ses pratiques, ses produits ou ses services. Les résultats sont ensuite analysés par une intelligence artificielle configurée pour proposer des pistes d'amélioration.

« Avec Tocsaa, une entreprise peut demander à ses clients d'évaluer un produit, sa qualité, son rapport qualité-prix, son emballage ou encore les conditions de livraison. Au lieu de mobiliser des équipes sur le terrain pour recueillir toutes ces informations, elle peut diffuser un lien et recueillir les appréciations des utilisateurs. Les résultats sont ensuite analysés afin de dégager les points forts et les aspects à améliorer. C'est également un outil qui peut accompagner les ressources humaines et permettre une évaluation plus large des collaborateurs », a défendu le promoteur.

L'écosystème présenté comprend également "Digitoun", consacré notamment à l'apprentissage des langues nationales, au e-learning et à la bibliothèque numérique, ainsi qu'une plateforme de télémédecine destinée à faciliter la prise de rendez-vous et les téléconsultations.

En clôturant la session, le président du comité d'organisation, Dr Cyriaque Paré, a rappelé que cette initiative qu'est le Faso Digital s'inscrivait dans le cadre de la célébration de l'anniversaire de Lefaso.net, qui célèbre ce 19 octobre 2026 son 23ᵉ anniversaire, et qu'elle visait à mettre en lumière les innovations développées par les Burkinabè.

Il a invité les participants à consulter la plateforme Le Faso Digital pour découvrir les différentes solutions présentées et entrer directement en contact avec leurs promoteurs.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Catégories: Afrika, Afrique

Le Faso Digital 2026 : L'ARCEP expose les défis d'un numérique accessible à tous les Burkinabè

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:35

Au Burkina Faso, près de 30 millions d'abonnements mobiles sont enregistrés, mais quelque 3 514 localités restent encore privées de couverture réseau, selon les données présentées par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Entre progression de la connectivité, qualité des services, coût des communications et protection des consommateurs, le chemin vers une véritable inclusion numérique reste jalonné de défis. Ce lundi 19 octobre 2026, à l'occasion de la deuxième édition de Le Faso Digital, trois responsables de l'ARCEP ont apporté des éclairages sur ces enjeux, au cours d'une conférence consacrée au thème « Réguler pour inclure et innover dans un Burkina digital : enjeux et défis ».

Disposer d'un téléphone portable ne signifie pas nécessairement être connecté. Et avoir accès à internet ne garantit pas toujours de pouvoir en profiter dans de bonnes conditions. Entre les localités où aucun réseau n'est disponible, les difficultés de connexion, le coût des services et la maîtrise des outils numériques, les réalités vécues par les consommateurs burkinabè rappellent que l'inclusion numérique va bien au-delà du simple déploiement des infrastructures. C'est précisément cette problématique qui a nourri les échanges de la conférence animée par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), ce 19 octobre 2026, dans le cadre de la deuxième édition de la foire virtuelle Le Faso Digital. Trois intervenants ont partagé leurs analyses : Dr Serge Roland Sanou, conseiller technique du secrétaire exécutif de l'ARCEP, Serge Théophile Ouédraogo et Youssouf Maïga, tous deux de l'institution. La rencontre était modérée par le communicateur Yacouba Koussoubé.

Près de 30 millions d'abonnements mobiles, mais l'inclusion reste un défi
Pour introduire les échanges, Dr Serge Roland Sanou a choisi de dresser un état des lieux du secteur à partir des statistiques de l'Observatoire des marchés de l'ARCEP, arrêtées au deuxième trimestre 2026. Au 30 juin, le Burkina Faso enregistrait environ 30 millions d'abonnements mobiles actifs, près de 20 millions d'abonnements à l'internet mobile et quelque 14,2 millions d'abonnements à la 4G. Les abonnements à l'internet fixe s'établissaient, quant à eux, à 328 764. Ces chiffres témoignent d'une progression de la connectivité, même si le nombre d'abonnements ne correspond pas nécessairement au nombre de personnes effectivement connectées, un utilisateur pouvant disposer de plusieurs cartes SIM. Mais pour l'ARCEP, la multiplication des abonnements ne constitue pas une finalité en soi. « L'objectif que l'ARCEP recherche, ce n'est pas seulement de connecter, mais comme la thématique le dit, il s'agit également d'inclure et d'innover », a expliqué Dr Serge Roland Sanou. Le conférencier a décliné cette ambition autour de trois dimensions complémentaires. Connecter signifie étendre les réseaux haut débit à l'ensemble du territoire, notamment dans les zones blanches. Inclure suppose de rendre les services accessibles, abordables, fiables et sûrs pour chaque citoyen. Innover revient notamment à préparer l'arrivée de nouvelles technologies, dont la 5G, tout en renforçant la confiance des utilisateurs. Cette orientation s'inscrit dans le plan stratégique 2024-2028 de l'ARCEP, structuré autour de cinq axes portant notamment sur la gouvernance, la croissance des communications électroniques et des postes, la protection des consommateurs, l'innovation et la communication.

Toutefois, plusieurs contraintes continuent de peser sur le développement du secteur.
Le Burkina Faso, pays enclavé, fait notamment face à des difficultés d'accès aux infrastructures internationales de connectivité. À cela s'ajoutent les oppositions à l'implantation de certains pylônes, les inquiétudes des populations concernant les rayonnements, les actes de vandalisme et les dommages occasionnés aux installations lors des travaux de voirie. La situation sécuritaire constitue également un obstacle important au déploiement et à la maintenance des réseaux dans certaines localités. Pour Dr Sanou, ces contraintes doivent être prises en compte dans les politiques de régulation, au même titre que les évolutions technologiques liées à l'intelligence artificielle, à l'internet des objets ou encore aux connexions satellitaires.

Prix des communications : ce que l'ARCEP peut réellement imposer aux opérateurs
L'une des préoccupations majeures des consommateurs reste le coût des communications électroniques. Sur cette question, Serge Théophile Ouédraogo a tenu à clarifier le périmètre d'intervention de l'autorité de régulation. Dans sa présentation consacrée au cadre juridique et institutionnel du secteur, il a d'abord rappelé que les télécommunications constituent un marché particulier, dont le fonctionnement doit être encadré afin de garantir une concurrence saine et de préserver les intérêts des usagers. « Ce n'est pas un marché ordinaire, parce qu'il est organisé autour d'un certain nombre de règles et de principes pour éviter notamment que les plus puissants piétinent les plus faibles », a-t-il expliqué. Le dispositif juridique burkinabè repose sur plusieurs textes nationaux, mais également sur des instruments internationaux et communautaires qui ont contribué à structurer la réglementation du secteur. Ce cadre définit notamment les conditions d'accès au marché, les obligations des opérateurs, les règles d'interconnexion, la gestion des fréquences, l'identification des abonnés et les mécanismes de protection des consommateurs. Mais contrairement à une perception répandue, l'ARCEP ne dispose pas d'un pouvoir illimité sur la fixation des tarifs appliqués au grand public. « Il n'y a pas, en tout cas actuellement, une disposition qui permet à l'autorité de régulation d'agir de façon directe sur le coût », a précisé Serge Théophile Ouédraogo, en faisant référence aux services de détail.

Concrètement, l'institution ne peut pas imposer arbitrairement à un opérateur de fixer le prix d'une communication à 120 ou 125 francs CFA. En revanche, elle dispose de prérogatives lui permettant d'encadrer certains tarifs de gros pratiqués entre opérateurs, notamment pour prévenir les déséquilibres concurrentiels. Cette limitation réglementaire ne signifie cependant pas que l'ARCEP demeure inactive face aux préoccupations des consommateurs. Le conférencier a notamment rappelé une décision prise en 2023 concernant les offres permanentes et promotionnelles. Celle-ci impose aux opérateurs de débiter prioritairement les bonus accordés aux abonnés avant de toucher à leur crédit principal. Une mesure destinée à éviter que les consommateurs perdent leurs avantages promotionnels alors que leur crédit acheté a déjà été consommé. Autre avancée évoquée est l'encadrement des services à valeur ajoutée et des messages publicitaires, à travers une décision prise en 2024. Désormais, un opérateur ne peut pas abonner un client à un service à valeur ajoutée sans avoir préalablement recueilli son consentement. « L'opérateur n'a pas le droit de souscrire un client à un service à valeur ajoutée sans son consentement », a insisté Serge Théophile Ouédraogo. Le consommateur doit également disposer d'un mécanisme lui permettant de se désabonner lorsqu'il ne souhaite plus bénéficier du service concerné.

Le taux de couverture en 4G du territoire est de 52,5 % et celui de la population 67,9 %

Ces dispositions illustrent le rôle de l'autorité de régulation dans la protection des droits des utilisateurs, même lorsque ses possibilités d'intervention directe sur les tarifs restent limitées par les textes en vigueur.

Plus de 3 500 zones blanches : connecter les territoires sans oublier la qualité des services
Si les chiffres globaux des abonnements traduisent une progression du secteur, ils masquent encore de fortes disparités territoriales. C'est ce qu'a mis en évidence Youssouf Maïga dans sa communication consacrée à la couverture et à la qualité des réseaux de communications électroniques. Selon les estimations présentées, la couverture du territoire national par les réseaux 2G atteint environ 64 %, contre 77 % pour la couverture de la population. Pour la 3G, ces proportions s'établissent respectivement à 60 % et 74 %.

Quant à la 4G, elle couvre environ 63 % du territoire et 68 % de la population. Ces écarts montrent que les réseaux sont davantage déployés dans les zones à forte concentration humaine, tandis que certaines localités rurales demeurent moins bien desservies. L'ampleur du défi apparaît plus clairement à travers les données relatives aux zones blanches, ces localités où aucun opérateur de télécommunications n'est présent. D'après les travaux d'identification présentés par l'ARCEP, le Burkina Faso compte environ 3 514 zones blanches, représentant près de 40 % des localités du pays et concernant approximativement 4,7 millions d'habitants. Près de la moitié de ces zones se concentrent dans cinq régions, notamment le Kulsé, le Yaadga, le Liptako et le Djôrô.

La connectivité fixe présente également des disparités. Selon Youssouf Maïga, les réseaux concernés sont déployés dans environ 35 localités, dont 26 urbaines et neuf rurales. Mais l'accès au réseau ne suffit pas à garantir l'inclusion numérique. « Il faut que le réseau soit disponible à tout point du territoire », a rappelé le conférencier, avant d'insister sur la nécessité d'assurer des services fiables, à des prix accessibles et à travers des équipements adaptés aux besoins des utilisateurs. La question des compétences numériques constitue également un facteur déterminant. Une personne peut disposer d'un smartphone et d'une connexion internet sans nécessairement posséder les connaissances requises pour accéder efficacement aux services administratifs ou aux ressources disponibles en ligne.

Youssouf Maïga a par ailleurs expliqué les différentes approches utilisées pour évaluer la qualité des communications électroniques. Il a distingué la performance du réseau, mesurée à partir des données techniques des opérateurs, la qualité de service, appréciée notamment à travers les appels, les débits de téléchargement ou les délais de transmission, et la qualité d'expérience, qui renvoie à la perception réelle des utilisateurs. Pour apprécier ces performances, l'ARCEP mène régulièrement des campagnes de contrôle sur les réseaux des opérateurs. Les données présentées au cours de la conférence font notamment état de quatre campagnes de mesure ayant concerné 91 zones, parmi lesquelles 33 localités urbaines et 42 localités rurales. Plus de 111 000 tests d'appels vocaux ont été réalisés sur les trois réseaux.

Au terme des trois communications, il ressort essentiellement que la transformation numérique du Burkina Faso ne peut être appréciée uniquement à travers le nombre de cartes SIM en circulation ou la progression des abonnements internet. Elle doit également se traduire par une réduction des disparités entre les territoires, une meilleure protection des consommateurs, une qualité de service satisfaisante et des conditions d'accès qui permettent au plus grand nombre de profiter des possibilités offertes par les technologies numériques.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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Le Faso Digital 2026 : Comprendre l'intelligence artificielle pour mieux se l'approprier au Burkina

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:34

L'intelligence artificielle fascine autant qu'elle interroge. Derrière les réponses instantanées de ChatGPT et des autres outils génératifs se cachent des mécanismes complexes, mais aussi des enjeux de fiabilité, de sécurité et de souveraineté numérique. Le dimanche 18 octobre 2026, à l'occasion de la deuxième édition de la foire virtuelle Le Faso Digital, les Dr Boukary Ouédraogo et Wendkuuni Moïse Convolbo ont entrepris de démystifier cette technologie. Une conférence qui a permis de comprendre son fonctionnement, ses limites et surtout les possibilités qui s'offrent au Burkina Faso pour développer une intelligence artificielle adaptée à ses propres réalités.

L'intelligence artificielle peut rédiger un texte, produire une image, traduire un document ou encore analyser une quantité impressionnante de données en quelques secondes. Mais que se passe-t-il réellement entre la question posée par un utilisateur et la réponse qui apparaît sur son écran ? Peut-on faire confiance à toutes les informations qu'elle génère ? Et surtout, comment un pays comme le Burkina Faso peut-il s'approprier cette technologie sans dépendre entièrement de solutions conçues ailleurs ? C'est autour de ces interrogations que s'est articulée la première conférence de la deuxième journée de Le Faso Digital, organisée par Lefaso.net. Placée sous le thème « Comprendre l'IA pour mieux la maîtriser », elle a réuni deux spécialistes burkinabè aux parcours internationaux : Dr Boukary Ouédraogo, expert en transformation numérique et fondateur de SYSTINFO, et Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, dirigeant dans le domaine des données et de l'intelligence artificielle, chercheur et inventeur de brevets en IA.

La rencontre, modérée par Rasmata Compaoré/Tiendrébéogo, experte senior en infrastructures numériques et conseillère technique à l'Agence nationale de promotion des technologies de l'information et de la communication (ANPTIC), s'inscrit dans les activités de cette foire virtuelle des solutions digitales, prévue du 17 au 24 octobre 2026.

Loin de se limiter à une présentation des prouesses technologiques, les échanges ont permis de regarder derrière les apparences d'une intelligence artificielle qui semble parfois tout savoir, tout comprendre et tout pouvoir.

Derrière les réponses de l'IA, une mécanique de chiffres et de probabilités

Pour Dr Boukary Ouédraogo, comprendre l'intelligence artificielle suppose d'abord de se défaire d'une idée largement répandue : celle d'une machine qui réfléchirait et conserverait les connaissances à la manière d'un être humain. Médecin de formation, titulaire d'un doctorat en informatique appliquée à la santé et fort de plus de quinze années d'expertise internationale, le conférencier a choisi de partir du fonctionnement interne des grands modèles de langage, communément appelés LLM. À travers des illustrations, il a expliqué comment ces systèmes reposent sur des modèles mathématiques, des paramètres numériques et des connexions qui permettent de traiter les informations reçues et de générer des réponses. Pour rendre cette mécanique plus accessible, il a établi une analogie avec le cerveau humain, notamment les connexions entre les neurones et les synapses. « Un trait épais, c'est une connexion forte et le signal passe entre les différentes informations qui sont dans le tableau », a-t-il expliqué, en commentant une représentation des connexions utilisées par un modèle.

À l'image des associations qui s'opèrent dans le cerveau, les modèles d'intelligence artificielle établissent des relations mathématiques entre différentes informations. Ces relations interviennent notamment dans la prédiction des éléments susceptibles de constituer une réponse cohérente. « Ce sont des modèles mathématiques qui ont été intégrés à l'intérieur », a insisté Dr Ouédraogo.

Ainsi, lorsqu'un utilisateur demande à une IA de générer l'image d'un chat, le système ne se contente pas de ressortir une photographie préalablement enregistrée. Il mobilise des représentations numériques apprises au cours de son entraînement pour produire une nouvelle image correspondant à la demande. Cette mécanique explique notamment pourquoi deux utilisateurs formulant une demande similaire peuvent obtenir des résultats différents. Le spécialiste s'est également attardé sur ce qu'il appelle la « boîte noire » de l'intelligence artificielle. Si les chercheurs connaissent les architectures et les opérations mathématiques utilisées par ces systèmes, l'interprétation détaillée de certains mécanismes internes demeure un important sujet de recherche. Il a notamment évoqué des travaux publiés en 2025 par Anthropic, consacrés à une meilleure compréhension des mécanismes internes des modèles de langage. Mais cette complexité ne doit pas conduire les utilisateurs à considérer les réponses de l'IA comme des vérités absolues.

« L'IA produit le plausible, pas forcément le vrai. »

Cette affirmation constitue l'un des principaux messages de son intervention. Une réponse peut être parfaitement structurée, convaincante et formulée dans un langage naturel, tout en contenant des erreurs. Le conférencier a ainsi attiré l'attention sur les hallucinations, ces situations dans lesquelles un modèle génère des informations inexactes ou inventées. D'où l'importance de savoir formuler ses demandes, autrement dit de maîtriser le “prompting”. Fournir des données sources, préciser le contexte, définir clairement le résultat attendu et exiger des références sont autant de précautions permettant d'améliorer la pertinence des réponses. Pour Dr Ouédraogo, il ne suffit donc pas de savoir interroger une intelligence artificielle. Encore faut-il comprendre ses limites pour conserver son esprit critique face aux résultats proposés.

La modératrice a planté le décor en parlant de la place de l'Afrique dans l'utilisation de l'IA

À lire : Inclusion numérique au Burkina : Issifou Sorgho appelle à des solutions accessibles à tous

Au-delà de son fonctionnement technique, la conférence a soulevé une problématique particulièrement importante pour les pays africains : celle de leur représentativité dans les modèles d'intelligence artificielle. Dr Boukary Ouédraogo a notamment expliqué le principe de la tokenisation, un procédé qui consiste à découper les textes en unités appelées tokens ou jetons, avant leur traitement par les modèles. Ce mécanisme, qui peut paraître anodin pour un utilisateur ordinaire, a pourtant des implications concrètes. Selon les langues utilisées et la manière dont les modèles ont été conçus, un même contenu peut nécessiter un nombre différent de jetons. Les langues peu représentées dans les données d'entraînement peuvent ainsi rencontrer des difficultés supplémentaires de traitement, de coût ou de qualité des résultats. Pour les langues nationales burkinabè, cette réalité pose la question de leur place dans les technologies émergentes. Comment permettre à une intelligence artificielle de comprendre correctement des expressions en mooré, en dioula ou dans d'autres langues locales ? Comment préserver les nuances culturelles, les significations propres à certains mots et les particularités des contextes africains ?

Ces interrogations ont trouvé un prolongement dans la communication du Dr Wendkuuni Moïse Convolbo. Du Burkina Faso à Taïwan, puis au Japon, le parcours de ce chercheur illustre la présence des compétences burkinabè dans les espaces internationaux de recherche et d'innovation technologique. Son intervention a notamment porté sur la nécessité d'adapter les modèles d'intelligence artificielle aux réalités locales, plutôt que de se contenter d'utiliser des outils entraînés principalement sur des données produites dans d'autres contextes. Il a d'abord attiré l'attention sur les risques liés à l'accumulation des erreurs dans les systèmes automatisés. Pour illustrer son propos, il a pris l'exemple théorique d'un modèle dont chaque opération serait correcte à 95 %. Lorsque plusieurs opérations successives dépendent les unes des autres, les erreurs peuvent s'accumuler et réduire considérablement la fiabilité du résultat final. « Imaginez alors que pour faire des modèles, c'est des milliards de fois », a-t-il lancé, pour souligner l'importance de comprendre les mécanismes de production des résultats.

Face à ces limites, le chercheur a présenté plusieurs pistes permettant aux pays africains de construire progressivement des solutions adaptées à leurs besoins. La première consiste à utiliser des modèles existants en les connectant à des bases documentaires locales. Une organisation pourrait, par exemple, constituer son propre répertoire de données et demander à l'intelligence artificielle de produire ses réponses à partir de ces seules ressources. La deuxième possibilité repose sur l'utilisation de modèles ouverts, dont certains peuvent être adaptés ou réentraînés à partir de données spécifiques. « On n'est pas obligé de repartir à partir de zéro complètement. On peut commencer à partir des modèles qui sont ouverts », a expliqué Dr Convolbo. Cette approche permettrait notamment d'intégrer progressivement des contenus propres au Burkina Faso, qu'il s'agisse de documents institutionnels, de connaissances scientifiques, de données professionnelles ou de ressources linguistiques.

« L'IA produit le plausible, pas forcément le vrai », a indiqué Dr Boukary Ouédraogo

Mais cette ambition nécessite des investissements car le chercheur a évoqué le coût élevé des infrastructures informatiques, particulièrement des processeurs graphiques utilisés pour entraîner les modèles. Il a également insisté sur la nécessité de disposer de données numérisées, organisées et représentatives des réalités que l'on souhaite intégrer. La question ne se résume donc pas à l'acquisition d'équipements technologiques. « Ça demande de l'expertise, ça demande aussi que nos données soient numérisées et ça demande aussi à ce que nous sachions quelles sont les valeurs que nous voulons mettre », a-t-il souligné. Autrement dit, développer une intelligence artificielle adaptée au Burkina Faso suppose aussi de valoriser les compétences nationales, de structurer les connaissances disponibles et de définir les usages que le pays souhaite promouvoir. Dr Boukary Ouédraogo a, pour sa part, rappelé qu'il existe des modèles pouvant être téléchargés et installés sur des ordinateurs ou des infrastructures dédiées. Certains peuvent fonctionner localement, sans connexion permanente à Internet. Une possibilité qui ouvre des perspectives intéressantes pour les organisations désireuses de disposer d'un meilleur contrôle sur leurs outils et leurs données.

Au-delà du stockage des données, penser la souveraineté de l'intelligence artificielle

La dernière dimension majeure de cette conférence a porté sur la souveraineté numérique. Pour Dr Moïse Convolbo, les États doivent désormais élargir leur réflexion. Il ne suffit plus de se demander où sont hébergées les données nationales. Il faut également s'intéresser aux technologies capables d'y accéder, de les traiter et d'exécuter des actions de manière automatisée.

« On a connu la souveraineté des données. Maintenant, nous sommes dans la souveraineté dans l'IA », a-t-il déclaré. Cette distinction prend une importance particulière avec le développement de l'intelligence artificielle agentique, dont les systèmes peuvent accomplir des tâches et enchaîner certaines actions avec un degré variable d'autonomie. Le chercheur a évoqué, à titre d'illustration, un incident de cybersécurité qu'il a présenté comme impliquant un système d'intelligence artificielle et des infrastructures gouvernementales australiennes. À travers cet exemple, son propos visait à montrer que la localisation physique des données ne constitue pas, à elle seule, une garantie suffisante de sécurité.

Selon Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, avoir nos données en local ne suffit pas, il faut aussi disposer de technologies qui permettent de les protéger.

Une organisation peut héberger ses informations sur son propre territoire tout en demeurant exposée à des risques liés aux systèmes extérieurs auxquels elle accorde des autorisations d'accès. Pour les institutions publiques comme pour les entreprises privées, la réflexion doit donc intégrer la surveillance des accès, la détection des comportements anormaux, la maîtrise des outils utilisés et la capacité à réagir en cas d'incident. « Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses que nous devons encore faire, avoir notre propre LLM, avoir nos données en local, mais surtout cette couche de technologie qui permet de nous protéger », a insisté Dr Convolbo. Il a également plaidé pour une gouvernance forte de l'intelligence artificielle, associant les compétences techniques à une véritable supervision humaine. L'objectif est notamment de pouvoir évaluer localement les performances des modèles, identifier les erreurs, corriger les informations mal représentées et contrôler les données utilisées pour leur adaptation. Cette responsabilité ne concerne cependant pas uniquement les gouvernements. À l'endroit des citoyens et des professionnels, le chercheur a formulé deux recommandations essentielles : vérifier systématiquement les informations produites par l'intelligence artificielle et éviter de transmettre des données confidentielles à des modèles extérieurs dont les conditions d'utilisation ne sont pas suffisamment maîtrisées.

Pour les entreprises et les organisations, il préconise de commencer par développer des usages reposant sur leurs propres ressources documentaires et des environnements techniques adaptés à leurs exigences de sécurité. Quant aux États, ils sont invités à intégrer pleinement l'intelligence artificielle dans leurs stratégies de souveraineté numérique.

Revenant sur les deux communications, la modératrice Rasmata Compaoré/Tiendrébéogo a salué la richesse des enseignements partagés. Elle a notamment relevé l'intérêt de cette démarche qui a permis de retracer l'évolution des technologies, d'expliquer les mécanismes internes des modèles de langage et d'aborder les défis liés à leur appropriation. Elle a également insisté sur la nécessité de prendre en compte les langues nationales, l'expertise locale et les enjeux de souveraineté dans les réflexions sur l'avenir de l'intelligence artificielle en Afrique.

La conférence s'est poursuivie par une invitation adressée aux participants à soumettre leurs préoccupations aux deux spécialistes. Dr Convolbo a, par ailleurs, partagé un fichier technique destiné aux personnes souhaitant expérimenter l'installation d'un modèle d'intelligence artificielle en local.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Catégories: Afrika, Afrique

Burkina/Économie : Wave mise sur la proximité et la simplicité pour accélérer le paiement digital chez les commerçants

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:33

Comment favoriser l'adoption des paiements numériques par les commerçants et les PME ? Ce lundi 19 octobre 2026, Noella Badoh Kinda, de Wave Burkina Faso, a partagé l'expérience de l'entreprise et abordé les enjeux et opportunités du paiement digital, lors d'une conférence de Le Faso Digital 2026, modérée par Yéri Dorothée Sib. Vous avez manqué ce rendez-vous ? Retrouvez l'intégralité des La deuxième édition de la foire virtuelle des solutions numériques, Le Faso Digital, a accueilli, ce lundi 19 octobre 2026, une conférence en ligne sur l'adoption du paiement digital par les commerçants et les petites et moyennes entreprises (PME). À travers l'expérience de Wave, les échanges ont mis en lumière les avantages des transactions numériques, les obstacles à leur adoption et les moyens de renforcer la confiance des acteurs économiques.
échanges en vidéo sur Lefaso.net !

« Du cash au paiement digital : comment accélérer l'adoption chez les commerçants et les PME ? L'expérience de Wave ». C'est autour de cette problématique que s'est tenue, la conférence en ligne animée par Yéri Dorothée Sib, consultante en communication et marketing digital, avec la participation de Noella Badoh Kinda, directrice du développement commercial de Wave Mobile Money à Ouagadougou.

Inscrite dans le programme de la deuxième édition de Lefaso Digital, la foire virtuelle des solutions numériques portée par lefaso.net, cette rencontre a permis d'examiner les défis liés à la transition des paiements en espèces vers les solutions numériques, notamment dans les marchés, les boutiques et les petites entreprises.

Pour Noella Badoh Kinda, le maintien du cash dans les échanges commerciaux s'explique notamment par les habitudes des populations et la place qu'occupe l'argent liquide dans les activités quotidiennes. Toutefois, son utilisation comporte des contraintes souvent sous-estimées par les commerçants.

Elle a notamment évoqué les risques de vol, la circulation de faux billets, les erreurs de comptage et les difficultés à obtenir de la monnaie. À ces contraintes s'ajoutent le temps consacré au comptage des recettes et les déplacements nécessaires pour sécuriser ou déposer les fonds. Selon elle, l'absence de traces précises des transactions peut également compliquer le suivi des ventes, des revenus et des bénéfices.

Face à ces difficultés, le paiement digital apparaît comme une alternative susceptible de faciliter les opérations commerciales, de limiter certaines pertes et d'améliorer la gestion des recettes.

Des solutions adaptées aux besoins des PME

Au cours de la conférence, la représentante de Wave a présenté les solutions développées par l'entreprise pour répondre aux besoins des particuliers et des professionnels. Au Burkina Faso, Wave Business propose notamment des services de paiements de masse et de collecte de fonds.

Noella Liliane Jessica Kinda, directrice du développement commercial de Wave Mobile Money à Ouagadougou, a présenté les solutions de paiement digital proposées par l'entreprise aux commerçants et aux petites et moyennes entreprises.

Les paiements de masse permettent à une entreprise d'effectuer plusieurs transferts en une seule opération. Cette fonctionnalité peut notamment servir à payer les salaires des employés ou à rémunérer plusieurs partenaires commerciaux sans avoir à transporter d'importantes sommes en espèces. Selon Noella Badoh Kinda, les bénéficiaires reçoivent les fonds sans frais, le coût du transfert étant supporté par l'entreprise émettrice.

La collecte de fonds, quant à elle, peut faciliter la centralisation des recettes provenant de plusieurs points de vente. Pour une entreprise disposant de différentes boutiques ou succursales, cette solution permet de transférer les fonds vers un compte principal, tout en limitant les déplacements et les interruptions d'activité.

L'utilisation de ces outils peut ainsi contribuer à un meilleur suivi des transactions et à une organisation plus efficace de la trésorerie. Elle offre également aux entreprises un historique de leurs opérations, susceptible de faciliter la lecture de leur activité financière.

Pour accéder à Wave Business, les commerçants et les PME doivent disposer des documents nécessaires à l'identification de leur activité. Wave leur propose ensuite une formation à l'utilisation de l'application, avec un accompagnement qui peut se faire en ligne ou en présentiel.

La confiance, un levier essentiel de l'adoption

Malgré les possibilités offertes par les paiements numériques, leur adoption reste confrontée à plusieurs obstacles. La confiance, les habitudes liées à l'argent liquide et la maîtrise des outils technologiques figurent parmi les principaux défis identifiés par la directrice du développement commercial de Wave.

Dorothée Sib, consultant en communication et marketing digital, a assuré la modération de la conférence consacrée à l'expérience de Wave dans la transition du cash vers le paiement digital.

Pour les surmonter, elle a insisté sur la nécessité d'accompagner les commerçants dans la durée, de leur expliquer clairement le fonctionnement des solutions proposées et de leur présenter les coûts de manière transparente. La formation et la proximité avec les utilisateurs occupent, à cet égard, une place importante dans la démarche de l'entreprise.

« La digitalisation, ça ne se vend pas. En réalité, il faut répondre à un besoin », a-t-elle souligné au cours des échanges.

L'objectif est donc de démontrer concrètement aux commerçants l'intérêt de ces outils, plutôt que de chercher à leur imposer un changement de pratiques. La simplicité d'utilisation constitue également un facteur déterminant. La représentante de Wave a notamment mis en avant le paiement par QR code, qui permet d'effectuer une transaction en quelques étapes, ainsi que la disponibilité d'une carte Wave pour les personnes qui ne disposent pas de smartphone.

Elle a par ailleurs indiqué que Wave s'appuie sur un réseau de plus de 10 000 agents au Burkina Faso, ainsi que sur une vingtaine d'agences propres, afin de faciliter les dépôts, les retraits et l'accès aux services. La disponibilité des fonds demeure, selon elle, une préoccupation majeure pour les commerçants qui souhaitent pouvoir récupérer leur argent au besoin.

Les solutions de Wave Mobile Money pour les Petites et moyennes entreprises (PME), entre autres les transferts internationaux, les paiements en masse et la collecte des recettes auprès des agents du réseau.

Le paiement marchand attendu au Burkina Faso

Les échanges avec les participants ont également porté sur la disponibilité du paiement marchand de Wave au Burkina Faso. Interrogée sur le calendrier de son déploiement, Noella Badoh Kinda a indiqué que l'entreprise y travaillait et que la question faisait l'objet d'une attention particulière.

Elle n'a toutefois pas communiqué de date précise de lancement. Elle a assuré que Wave entend proposer cette solution (déjà disponible sur d'autres marchés, notamment au Sénégal, en Côte d'Ivoire, en Gambie et au Mali) aux commerçants burkinabè.

Au-delà des opérateurs de paiement, l'adoption du numérique nécessite également l'implication des banques, des régulateurs, des pouvoirs publics et des grandes enseignes commerciales. Pour la représentante de Wave, l'utilisation des paiements digitaux par les services publics et les grandes entreprises peut contribuer à rassurer les consommateurs et à encourager les petites structures à leur emboîter le pas.

Wave entend lever les obstacles à l'adoption du paiement digital par les commerçants, en répondant à leurs préoccupations liées au coût, à la simplicité d'utilisation, à la sécurité des transactions et à l'accès à leurs fonds.

Elle a également relevé l'importance de la traçabilité des opérations dans les relations avec les institutions financières. Un historique de transactions peut notamment aider une entreprise à mieux documenter son activité lorsqu'elle sollicite un accompagnement financier, même si l'accès au crédit dépend de plusieurs autres critères.

En conclusion, Noella Badoh Kinda a invité les consommateurs à utiliser davantage les moyens de paiement numériques disponibles. Selon elle, la demande des clients peut inciter progressivement les commerçants à proposer ces solutions. L'adoption repose ainsi sur une dynamique entre l'offre des entreprises et les habitudes des consommateurs.

La conférence a permis de rappeler que la transition vers le paiement digital ne se limite pas à la mise à disposition d'une application. Elle suppose également un travail de sensibilisation, de formation, de sécurisation des transactions et d'adaptation aux réalités des commerçants.

La deuxième édition de Lefaso Digital se tient du 17 au 24 octobre 2026, entièrement en ligne, sous le thème « Inclusion, souveraineté, innovation : vers un Burkina digital pour tous ». À travers ses conférences et ses échanges, cette foire virtuelle entend contribuer à la réflexion sur les usages du numérique et les conditions de son appropriation par les acteurs économiques et les populations.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

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Affaire « Sociétés de trading » au Burkina : Appelé ce lundi 19 octobre 2026 au TGI/Ouaga I, le dossier est renvoyé au 20 novembre 2026

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:30

En mai 2019, le Conseil régional de l'épargne publique et des marchés (CREMPF) de l'UEMOA a interpellé certaines sociétés de droit burkinabè qui exerçaient des activités de trading sur la légalité desdites activités, en invitant les personnes cocontractantes de ces sociétés à beaucoup de précautions, notamment sur la récurrence des offres de placement aux promesses de rendements élevés qui pourraient laisser entrevoir des promesses mirobolantes (communiqué du Parquet du TGI/Ouaga I).

Fin 2019, l'affaire, dite « sociétés de trading » au Burkina, éclate et est portée devant la justice, suite à l'interpellation de ces sociétés de suspendre les collectes de fonds auprès des citoyens contre des promesses d'intérêts au-dessus de 50%. La justice commandite une enquête, pour juger de la solvabilité desdites sociétés. Le rapport de ladite enquête, relayé par notre confrère L'économiste du Faso, repris par Lefaso.net, a montré que la plupart des sociétés sont déficitaires.

Depuis lors, plus de 1 000 personnes attendent un dénouement, avec à l'espoir de recouvrer les sommes qu'elles y ont injecté, estimées à plusieurs milliards de francs CFA. Ce lundi 19 octobre 2026, plusieurs dizaines de ces ‘'victimes'' étaient mobilisées au Tribunal de grande instance Ouaga I (TGI/Ouaga I), où le dossier était inscrit au rôle de la première session de l'année judiciaire 2026-2027 du pôle judiciaire spécialisé dans la répression des infrastructures économiques et financières et de la criminalité organisée (pôle ECOFI). Appelé à l'ouverture de l'audience, le dossier a été, après échanges entre le tribunal et les parties, renvoyé au 20 novembre 2026, « pour permettre aux parties (conseils des prévenus et conseils des victimes) de s'organiser ».

Selon des conseils, les intéressés n'ont eu l'information du passage du dossier, qu'au cours du week-end, à travers Facebook. « Beaucoup n'ont pas les pièces du dossier, donc tout le monde a besoin de temps pour permettre aux parties de s'organiser », a-t-on noté des motifs, auxquels le tribunal a accédé, renvoyant le dossier au 20 novembre 2026.

Pour davantage comprendre cette affaire, lire liens ci-après :

Trading au Burkina : Les montants sur les comptes des Sociétés d'investissement ne permettent pas de rembourser leurs clients

Situation des sociétés de trading au Burkina : « Il est impossible de désintéresser les victimes en comptant sur le patrimoine des personnes poursuivies », selon le ministre Nacanabo

Situation difficile des sociétés de « trading » : Idrissa Nassa, PDG de Coris Bank International, dément toute implication

Lefaso.net

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Bobo-Dioulasso : Il vole une voiture Mercedes et réclame 380 000 FCFA à son propriétaire

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:28

Un homme de 26 ans, récemment sorti de prison, est soupçonné d'avoir volé un véhicule à Bobo-Dioulasso avant de réclamer 380 000 FCFA à son propriétaire en échange d'informations permettant de le retrouver. Il a été interpellé le 12 octobre 2026 par les éléments de la Brigade de recherches et d'intervention du Commissariat central de police de la ville.

Le Commissariat central de police de Bobo-Dioulasso a animé, dans l'après-midi de ce lundi 19 octobre 2026, un point de presse consacré à des faits de criminalité enregistrés dans la ville. À cette occasion, le commissaire central de police, Soumaïla Nombré, a présenté une affaire de vol de véhicule impliquant un homme de 26 ans, interpellé le 12 octobre dernier par les éléments de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI). Selon les explications fournies par la Police nationale, les faits remontent au 11 octobre 2026. Aux environs de 21 heures, le propriétaire d'un véhicule de marque Mercedes 190 a signalé sa disparition au secteur n°4 de Bobo-Dioulasso. Aussitôt alertés, les enquêteurs ont engagé des investigations afin d'identifier et d'interpeller le ou les auteurs présumés.

Les premiers éléments de l'enquête révèlent que le suspect, identifié par les initiales S.J., aurait aperçu le véhicule stationné au bord de la voie, à proximité d'un débit de boissons dans le quartier Koko. Constatant qu'une portière était mal fermée, il aurait décidé de s'en emparer. Pour parvenir à ses fins, il se serait rendu dans un garage situé à proximité, où il aurait dérobé une clé de véhicule avant de revenir démarrer la Mercedes et de quitter les lieux. Après le vol, le présumé auteur aurait dissimulé le véhicule au secteur n°16, dans le quartier Saint-Etienne, afin d'échapper aux recherches.

380 000 FCFA réclamés au propriétaire

L'affaire prend une autre tournure le lendemain. D'après la Police nationale, le suspect se serait rendu dans une boutique de téléphonie mobile pour acquérir une carte SIM, en utilisant une Carte nationale d'identité burkinabè (CNIB) appartenant à une tierce personne et dérobée quelques jours auparavant.

Il aurait ensuite contacté le propriétaire du véhicule pour lui réclamer la somme de 380 000 FCFA en échange de renseignements susceptibles de lui permettre de retrouver son bien. Le présumé auteur aurait assorti sa demande d'un ultimatum de trois heures. Il aurait obtenu le numéro de téléphone de la victime grâce à un carnet d'épargne retrouvé dans le véhicule. Les informations communiquées aux enquêteurs ont permis de remonter jusqu'au numéro utilisé pour contacter la victime. Une réquisition adressée à l'opérateur de téléphonie mobile a notamment contribué à l'identification du suspect.

Les journalistes présents à la conférence de presse

Les enquêteurs ont alors élaboré une stratégie qui a conduit ce dernier à se présenter physiquement sur les lieux où il a été interpellé le 12 octobre 2026, aux environs de 17 heures. D'abord, il aurait tenté de nier son implication, affirmant avoir été envoyé par un inconnu pour déposer le carnet. Confronté aux éléments recueillis, il aurait finalement reconnu les faits, selon les explications de la Police nationale. Le propriétaire de la CNIB utilisée pour obtenir la carte SIM a également été interpellé dans le cadre des investigations. Il a toutefois été remis en liberté après que les enquêteurs ont établi, selon le commissaire central, qu'il n'était pas impliqué dans le vol.

Un récidiviste présumé qui sortait de prison

Selon la Police nationale, le mis en cause est un ancien apprenti mécanicien automobile. Il aurait mis à profit ses connaissances en mécanique pour s'emparer du véhicule, qu'il aurait ensuite conduit sans permis de conduire. Le commissaire central a également indiqué que le suspect venait de sortir de la Maison d'arrêt et de correction de Diébougou. Les enquêteurs ont saisi une Mercedes 190, un téléphone portable contenant la carte SIM utilisée pour contacter la victime ainsi que la CNIB ayant servi à l'acquisition de cette puce.
Le présumé auteur devra être présenté au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits qui lui sont reprochés, notamment le vol de véhicule, la conduite sans permis de conduire et l'usage frauduleux de l'identité d'autrui.

Selon le commissaire central de police, Soumaïla Nombré, les services de police reçoivent régulièrement des plaintes relatives à la disparition d'objets de valeur

Interrogé sur les peines encourues, le commissaire central a indiqué que le vol de véhicule est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, assortie éventuellement d'amendes. Il a précisé que la situation de récidive présumée pourrait être prise en compte par la juridiction compétente, qui appréciera également les éventuelles conséquences d'une précédente condamnation assortie d'un sursis.

La police appelle à davantage de vigilance

Au-delà de cette affaire, la police nationale met en garde contre les vols commis dans les véhicules stationnés. Selon le commissaire central, les services de police reçoivent régulièrement des plaintes relatives à la disparition d'objets de valeur, parfois après le bris des vitres des véhicules. Des ordinateurs, des armes et d'autres biens peuvent ainsi être dérobés. Il recommande aux automobilistes de vérifier systématiquement la fermeture des portières, de sécuriser les dispositifs de démarrage et d'activer les alarmes lorsque les véhicules en sont équipés. Il les invite également à éviter les stationnements dans des endroits isolés et à privilégier les lieux éclairés ou surveillés.

La police nationale met en garde contre les vols commis dans les véhicules stationnés

Pour Soumaïla Nombré, la vigilance individuelle doit s'accompagner d'une solidarité entre citoyens. La surveillance mutuelle des véhicules, notamment dans les parkings et entre riverains, peut contribuer à prévenir certains actes de délinquance. La police nationale invite enfin les populations à signaler tout fait suspect en composant le 17 pour la police nationale, le 16 pour la gendarmerie nationale et le 1010 pour le Centre national de veille et d'alerte (CNVA).

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Bobo-Dioulasso : Un enfant de 13 ans meurt sur un site d'orpaillage à l'étranger, un présumé trafiquant interpellé

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:25

La Brigade régionale de protection de l'enfance (BRPE) du Guiriko a présenté, ce lundi 19 octobre 2026, les résultats d'une enquête portant sur des faits présumés d'enlèvement et de traite de trois mineurs conduits sur un site d'orpaillage dans un pays voisin. L'un d'eux, âgé de 13 ans, y a perdu la vie. Le principal suspect, un orpailleur domicilié à Bama, a été interpellé le 11 octobre, tandis qu'un présumé complice est toujours recherché.

Un départ qui vire au drame. Trois enfants, âgés de 13 à 14 ans, auraient été recrutés et conduits sur un site d'orpaillage à l'étranger, à l'insu de leurs parents. L'expédition s'est soldée par le décès de l'un d'eux, tandis que les deux autres ont pu regagner Bobo-Dioulasso. C'est le bilan d'une enquête menée par la Brigade régionale de protection de l'enfance du Guiriko, présentée à la presse ce lundi 19 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso. Cette conférence de presse est organisée conjointement avec le commissariat central de police de Bobo-Dioulasso.

Selon les explications du commissaire principal de police Boukary Sawadogo, chef de la BRPE du Guiriko, les faits ont été portés à la connaissance de ses services le 6 octobre 2026, à la suite d'une plainte déposée par trois pères de famille. Ceux-ci avaient perdu la trace de leurs enfants et entrepris des recherches qui n'avaient pas permis de les retrouver.

Les parents auraient ensuite appris que leurs enfants avaient été recrutés et conduits dans un pays voisin pour travailler sur un site d'orpaillage, sans leur consentement. D'après leurs déclarations, lorsqu'ils ont contacté le présumé recruteur pour obtenir le retour des enfants, celui-ci leur aurait répondu qu'il était déjà allé trop loin pour revenir avec eux. Le 5 octobre 2026, les familles auraient reçu un appel téléphonique leur annonçant le décès de l'un des trois enfants, identifié par les initiales B. A. F., âgé de 13 ans. Elles ont alors saisi la BRPE afin que les circonstances de cette affaire soient élucidées et que les deux autres enfants puissent être ramenés au Burkina Faso.

Un suspect interpellé à son retour à Bobo-Dioulasso

Informé de la situation, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a été saisi et une enquête a été ouverte. Au regard du caractère transnational des faits, les enquêteurs ont élaboré une stratégie avec la collaboration des parents pour obtenir le retour des enfants et interpeller le principal suspect.

Une vue des participants à la conférence de presse

Le 11 octobre 2026, au retour de celui-ci à Bobo-Dioulasso avec les deux enfants survivants, les policiers l'ont interpellé à la gare. Le suspect, identifié sous les initiales S. S., est présenté comme un orpailleur domicilié à Bama. Au cours de son interrogatoire, il aurait reconnu les faits d'enlèvement et de traite aggravée de personnes, selon le commissaire principal Boukary Sawadogo. D'après les éléments de l'enquête présentés à la presse, le mis en cause aurait exprimé à un ami, identifié sous le nom d'emprunt Isaac, son besoin de recruter des enfants pour les faire travailler sur son site d'orpaillage à l'étranger. De retour à Bobo-Dioulasso, cet ami aurait recherché les trois mineurs avant de les conduire à Bama, où ils auraient séjourné pendant trois jours.

Ils auraient ensuite été embarqués dans un véhicule de transport en commun à destination d'un pays voisin. Une fois sur place, les enfants auraient été mis au travail. Après environ deux semaines, l'un d'eux serait tombé malade. Le suspect l'aurait conduit dans un dispensaire, avant qu'il ne soit référé à un autre centre de santé en raison de la gravité de son état. Alors que le groupe s'apprêtait à regagner le site d'orpaillage après cette prise en charge, un nouvel appel aurait signalé la maladie d'un deuxième enfant. Conduit à son tour dans un dispensaire, celui-ci serait décédé avant d'avoir pu bénéficier de soins, selon les explications du responsable de la BRPE.

Le commissaire a également indiqué que, d'après les auditions du suspect et de l'un des enfants survivants, le mineur décédé aurait subi des sévices corporels après avoir exprimé son souhait de retourner à Bobo-Dioulasso.

Deux enfants remis à leurs parents, un complice recherché

Les deux enfants survivants ont été récupérés par les services de police puis remis à leurs parents, conformément aux instructions du procureur du Faso. Le commissaire Boukary Sawadogo a précisé que l'un des trois enfants était élève coranique, tandis que les deux autres n'étaient pas scolarisés. Le présumé complice, connu sous le nom d'emprunt Isaac, demeure en fuite et fait l'objet de recherches. Selon les informations communiquées par la police, il serait également mineur. Les investigations se poursuivent en vue de le retrouver et de le mettre à la disposition de la justice.

Le chef de la BRPE, Boukary Sawadogo, a invité les parents à assumer pleinement leurs responsabilités

Concernant le décès de l'enfant à l'étranger, le chef de la BRPE a souligné les difficultés liées au caractère transnational de l'affaire. Les enquêteurs cherchent notamment à entrer en contact avec les autorités du pays concerné afin d'obtenir davantage d'informations sur les circonstances du décès. À ce stade, les vérifications n'ont pas permis d'établir qu'un certificat de décès avait été délivré.

Le commissaire a par ailleurs indiqué que les faits pourraient relever d'un crime, compte tenu des circonstances aggravantes évoquées, notamment l'âge des victimes, leur exploitation présumée dans des travaux dangereux et le décès de l'un des enfants. Il a évoqué des peines encourues de 11 à 21 ans de prison, sous réserve de l'appréciation des autorités judiciaires compétentes.

La police appelle à une vigilance accrue

Au-delà de cette affaire, la BRPE alerte sur la traite des enfants et leur recrutement à destination de sites d'orpaillage dans des pays voisins. Le commissaire a rappelé qu'un autre cas avait été enregistré le 26 septembre 2026, lorsque 16 mineurs avaient été interceptés à bord d'un véhicule de transport en commun en partance pour un pays voisin. Six personnes impliquées avaient alors été déférées devant le parquet et les enfants reconduits auprès de leurs familles avec l'appui des services chargés de la famille et de la solidarité.

Le commissaire a par ailleurs indiqué que les faits pourraient relever d'un crime, compte tenu des circonstances aggravantes évoquées

Face à ce phénomène, Boukary Sawadogo a invité les parents à assumer pleinement leurs responsabilités, à renforcer la surveillance de leurs enfants et à maintenir un dialogue de proximité avec eux. Il les a également exhortés à leur apprendre à se méfier des inconnus et à demander l'autorisation avant toute sortie. Aux transporteurs, il a demandé d'éviter le convoyage de mineurs vers les sites d'orpaillage. Il a aussi appelé les services de contrôle routier à redoubler de vigilance, notamment sur les voies de contournement susceptibles d'être empruntées pour échapper aux contrôles officiels.

Pour le responsable de la BRPE, « la protection de l'enfance exige une mobilisation collective de l'État, des familles et de l'ensemble des acteurs concernés. Car, au-delà des procédures judiciaires, l'enjeu reste d'empêcher que des enfants soient arrachés à leur milieu familial et exposés à des conditions de travail dangereuses, parfois au prix de leur vie ».

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Affaire Lionel Bilgo : Le procès renvoyé au 16 novembre 2026 dans l'attente de la décision de la Cour d'appel

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:23

Le dossier opposant l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Wendkouni Joël Lionel Bilgo, et son co-prévenu Vincent de Paul Kaboré au ministère public, a de nouveau été renvoyé. Appelée ce lundi 19 octobre 2026 devant le pôle économique et financier (ECOFI) du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso, l'affaire a été renvoyée au 16 novembre prochain, dans l'attente de la décision de la Cour d'appel sur le recours introduit par la défense contre le dessaisissement de la chambre correctionnelle.

Le dossier Lionel Bilgo devra encore patienter. Alors qu'il était de nouveau inscrit au rôle du pôle ECOFI du TGI de Bobo-Dioulasso ce lundi 19 octobre 2026, le tribunal a décidé de renvoyer l'affaire au 16 novembre prochain. Ce nouveau report s'explique principalement par l'attente de la décision de la Cour d'appel sur le recours formé par la défense contre le transfert du dossier au pôle spécialisé.

En effet, la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso avait décidé, le 18 septembre 2026, de se dessaisir de l'affaire au profit du pôle ECOFI, à la suite de l'apparition d'une nouvelle qualification pénale, celle de blanchiment de capitaux, à l'issue d'enquêtes complémentaires. La défense avait contesté cette décision et saisi la Cour d'appel, dont la décision est désormais attendue pour clarifier la suite de la procédure.

Initialement, Wendkouni Joël Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré sont poursuivis pour des faits présumés d'exercice illégal d'activités de promotion foncière et de publicité d'activités de promotion immobilière sans autorisation préalable. L'ajout du volet relatif au blanchiment de capitaux a conduit à l'orientation de l'ensemble du dossier vers le pôle ECOFI.

La défense conteste toutefois ce transfert global. Elle estime que les infractions foncières pourraient être examinées par la chambre correctionnelle, tandis que le pôle ECOFI se chargerait du volet relatif au blanchiment de capitaux. Tant que la Cour d'appel ne s'est pas prononcée sur ce recours, le cadre dans lequel l'affaire doit être examinée demeure en suspens.

Ce n'est pas la première fois que le pôle ECOFI reporte l'examen du dossier pour cette raison. Lors de l'audience du 5 octobre 2026, le tribunal avait déjà renvoyé l'affaire au 19 octobre, dans l'espoir que la juridiction d'appel rende sa décision entre-temps.

L'absence de décision sur ce recours continue donc de peser sur le calendrier judiciaire. Le renvoi au 16 novembre vise à permettre au tribunal de poursuivre l'examen de l'affaire sur une base procédurale clarifiée, conformément aux exigences d'une bonne administration de la justice. En attendant, le pôle ECOFI ne s'est pas encore prononcé sur le fond du volet relatif au blanchiment de capitaux. La culpabilité ou l'innocence des deux prévenus n'a donc pas été établie dans le cadre de cette procédure.

Lionel Bilgo et son co-prévenu libres sous caution

Sur un autre plan, l'ancien ministre et Vincent de Paul Kaboré ont bénéficié d'une liberté provisoire sous caution le mercredi 14 octobre 2026, sur décision de la Cour d'appel de Bobo-Dioulasso. Chacun a versé une caution de 20 millions de FCFA, soit 40 millions de FCFA au total, selon les informations rapportées par la presse. Cette mesure leur a permis de recouvrer provisoirement la liberté, sous réserve des conditions fixées par la justice, notamment le dépôt de leurs passeports et leur placement sous contrôle judiciaire. Selon les informations disponibles, ils doivent se présenter chaque lundi et vendredi devant le parquet du TGI Ouaga I.

Placés sous mandat de dépôt à la Maison d'arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso depuis le 28 août 2026, les deux prévenus restent poursuivis dans cette affaire. Leur mise en liberté provisoire ne met pas fin à la procédure judiciaire. Le prochain rendez-vous est désormais fixé au 16 novembre 2026. D'ici là, la décision de la Cour d'appel sur le recours contre le dessaisissement demeure l'élément déterminant pour la suite de ce dossier.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Burkina/Cinéma : « Kiidiga, le cri des 333 collines », un hommage à la résistance héroïque des ancêtres face à la colonisation française

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 01:21

Le film documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines », réalisé par Ismaël Compaoré, a été projeté en avant-première le dimanche 18 octobre 2026, au Centre culturel du Faso, à Ouaga 2000. Organisée dans le cadre de la commémoration du 130ᵉ anniversaire des batailles d'octobre 1896 dans le Riungu de Boussouma, cette projection a été l'occasion de rendre hommage aux combattants qui ont résisté à la conquête coloniale française.

130 ans après les batailles d'octobre 1896, la résistance des combattants du royaume de Boussouma reprend vie à l'écran. À travers des témoignages et des récits historiques, le documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines » plonge les spectateurs dans les affrontements qui ont opposé ces combattants aux troupes coloniales françaises de la colonne Voulet-Chanoine. Armés de sagaies, d'arcs, de flèches et de sabres, ils ont défendu leur territoire en s'appuyant notamment sur la solidarité et des pratiques mystiques.

À travers cette œuvre cinématographique, le réalisateur Ismaël Compaoré rend hommage au courage et au sacrifice de ces combattants qui ont refusé de se soumettre à la domination coloniale. Le documentaire participe également à la transmission de cette histoire aux jeunes générations.

Le documentaire met également en lumière le rôle joué par les femmes dans la résistance à la conquête coloniale française

« Nous devons travailler à reconquérir notre histoire »

La cérémonie de projection a réuni plusieurs personnalités, dont le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, des membres du gouvernement, des autorités coutumières et traditionnelles, des chercheurs et des acteurs du monde culturel.

Pour le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ce documentaire constitue un important travail de mémoire. Il a rappelé les violences subies par les populations lors de la conquête coloniale française, notamment les massacres et la destruction de villages entiers.

« Lorsqu'on se replace dans le contexte de cette époque, on se rend compte que de paisibles populations, qui vivaient tranquillement sur leurs terres, ont été froidement massacrées au nom d'une volonté de domination et d'exploitation. Ce film nous permet de nous remémorer cette page sombre de notre histoire. Il nous amène également à nous interroger sur le fait que ces mêmes peuples, qui nous ont autrefois envahis, reviennent aujourd'hui nous donner des leçons sur les droits de l'homme », a-t-il déclaré.

De nombreuses personnalités ont assisté à l'avant-première du documentaire

Le chef du gouvernement s'est attardé sur les atrocités relatées dans le documentaire. Selon les témoignages présentés dans le film, certains résistants ont été tués, leurs corps découpés, bouillis, puis servis aux populations contraintes de les consommer. « Des villages entiers ont été décimés et des actes d'une barbarie indescriptible ont été commis », a-t-il dénoncé.

Au-delà du rappel de ces violences, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a insisté sur la nécessité pour les Burkinabè de mieux connaître leur passé afin de comprendre les enjeux des combats actuels.

« Aujourd'hui, de nombreuses personnes ne comprennent pas le sens du combat que nous menons, parce qu'elles méconnaissent notre histoire. Comme l'a souligné le camarade président du Faso, nous devons travailler à reconquérir notre histoire, à savoir qui nous sommes et ce que nos ancêtres ont vécu. Cette connaissance doit nous permettre de mieux orienter nos énergies et de comprendre les combats qui méritent d'être menés », a-t-il expliqué.

« Kiidiga, le cri des 333 collines » revient aussi sur les erreurs commises, qui ont facilité la progression des troupes coloniales françaises

Le Premier ministre a également déploré la faible place accordée aux résistances anticoloniales dans les manuels scolaires. Il a plaidé pour leur réhabilitation à travers l'enseignement et les productions cinématographiques.

« C'est ainsi que nous pourrons mieux comprendre d'où nous venons et rendre un véritable hommage à nos héros, à nos ancêtres qui ont résisté à la domination coloniale. Ils ont refusé la servitude et la soumission, au nom de la liberté et de la dignité », a-t-il soutenu.
Dans cette dynamique, le chef du gouvernement a annoncé que « Kiidiga, le cri des 333 collines » constitue la première étape d'une série d'œuvres mémorielles consacrées aux différentes résistances à la colonisation française sur le territoire burkinabè.

Pour le réalisateur Ismaël Compaoré, le choix de consacrer un film à la bataille de Kiidiga répond à une volonté de faire connaître une histoire encore peu représentée dans les productions cinématographiques.

Le Premier ministre a annoncé que d'autres productions cinématographiques vont bénéficier d'un financement pour contribuer à la réappropriation de l'histoire nationale

« Il s'agit d'un long-métrage documentaire de 70 minutes qui s'inscrit dans la dynamique de réécriture de notre histoire commune. Malheureusement, ce pan de notre histoire reste peu abordé au cinéma, contrairement au domaine de la recherche scientifique. En tant que réalisateur, j'ai donc souhaité mettre en lumière ce sujet qui occupe une place importante dans l'histoire du peuple burkinabè », a-t-il fait comprendre.

Ismaël Compaoré ne souhaite cependant pas limiter la diffusion de son œuvre au public burkinabè. Son ambition est de porter cette histoire au-delà des frontières nationales afin de la faire découvrir à d'autres spectateurs. Le réalisateur envisage de présenter son documentaire en première mondiale au FESPACO.

Un ouvrage scientifique pour documenter les résistances anticoloniales

La valorisation de cette mémoire collective ne s'est pas limitée au cinéma. L'avant-première a également été marquée par la dédicace d'un ouvrage scientifique intitulé « Burkina Faso : terre de résistance, la lutte héroïque des peuples face à l'invasion française ».

Le Premier ministre a félicité l'équipe de réalisation du documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines » pour le travail accompli

Cette publication vient compléter le travail de mémoire engagé à travers le documentaire, en apportant une contribution scientifique à la connaissance des résistances anticoloniales sur le territoire national.

Le ministre de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a salué le travail des cerveaux qui ont contribué à la documentation de cette période de l'histoire.

« La dédicace de cet ouvrage constitue un moment important pour la recherche historique et la valorisation de notre patrimoine mémoriel. Je voudrais, à cet égard, saluer l'engagement du ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation, ainsi que le travail des chercheurs, historiens, archéologues et universitaires qui contribuent à documenter ces événements », a-t-il déclaré.

Le réalisateur Ismaël Compaoré a remercié le Dima de Boussouma pour les facilités accordées lors de la réalisation du documentaire

Il a insisté sur la nécessité de s'appuyer sur des méthodes scientifiques rigoureuses pour restituer les faits historiques. Selon lui, l'exploitation des archives, la collecte des traditions orales et la confrontation des témoignages sont indispensables pour mieux comprendre les événements et leur portée.

Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a également rappelé que l'histoire du Burkina Faso ne se résume pas à la conquête coloniale. Elle comprend aussi les luttes menées par les populations pour préserver leur autonomie.

La réalisation du film a bénéficié du soutien financier du ministère en charge de la culture

Il a enfin souhaité que cette publication soit largement diffusée dans les bibliothèques, les universités, les centres de recherche et les établissements d'enseignement afin de rendre ces connaissances accessibles au plus grand nombre.

Avant la projection du documentaire, une cérémonie commémorative s'est tenue dans la matinée du 18 octobre 2026, sur le site historique de Kiidiga. Elle a été marquée par le dévoilement d'une plaque commémorative en hommage aux combattants tombés lors des batailles d'octobre 1896.

Samirah Bationo
Lefaso.net

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Les attributaires de parcelles commerciales sommés de construire

24 Heures au Bénin - mar, 20/10/2026 - 00:51

Les bénéficiaires des parcelles commerciales situées entre Marie Stella et Adounko doivent engager les travaux de construction au plus tard le 31 décembre 2026. À défaut, ils risquent de perdre leur attribution, sans mise en demeure préalable.

Les attributaires des parcelles commerciales aménagées le long de la Route des Pêches, sur le tronçon Marie Stella–Adounko, sont prévenus.

Dans un communiqué publié le lundi 19 octobre 2026, la Commission d'attribution rappelle que les travaux doivent commencer au plus tard le 31 décembre prochain. « Tout attributaire n'ayant pas effectivement démarré les travaux sera déchu de plein droit de son attribution », précise la Commission.

Le contrat de bail à construction sera alors frappé de caducité, ouvrant la voie à une réattribution de la parcelle concernée.

La Commission rappelle que la signature des contrats de bail à construction auprès de l'Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF) était fixée au 31 janvier 2026.

Le dépôt des dossiers de permis de construire devait intervenir dans les trois mois suivant la signature du bail, avec une échéance arrêtée au 30 juin 2026.

Pour l'achèvement des constructions, la date limite est fixée au 31 décembre 2028. La durée des travaux ne doit pas excéder 24 mois. « Ces délais sont impératifs. Aucune prorogation ne sera accordée », selon la Commission.

La caution en jeu

Les promoteurs doivent également veiller au respect du cahier des charges. La caution versée ne sera restituée qu'après l'achèvement des travaux, à condition que ceux-ci soient réalisés dans les délais impartis et conformément aux exigences prévues.

En cas de non-conformité, de dépassement des délais ou d'abandon du projet, cette caution sera définitivement acquise, avertit la Commission.

Pour toute information complémentaire, les attributaires peuvent écrire à l'adresse promo.rdp@simaubenin.com.

M. M.

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Avis d'appel à proposition : Recrutement d'une société d'assurance santé pour le personnel national de la GIZ

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 00:30

La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), est une entreprise de coopération internationale pour le développement durable opérant sur tous les continents. Elle propose des solutions d'avenir pour le développement politique, économique, écologique et social dans un monde globalisé. Dans des conditions parfois difficiles, la GIZ soutient des processus complexes de changement et de réforme.

Son objectif principal est d'améliorer durablement les conditions de vie des populations dans les pays d'intervention.

Dans le cadre de la mise œuvre de ses activités, la GIZ Burkina Faso lance un Appel d'Offres pour la sélection d'une société d'assurance pour la couverture santé-maladie de son personnel.

La participation à la concurrence est ouverte à égalité de conditions à toutes les structures remplissant les conditions énumérées dans le Dossier d'Appel d'Offres et régulièrement installés au Burkina Faso.

Les prestataires intéressés peuvent obtenir le dossier d'Appel d'Offres en envoyant une demande à l'adresse BF_Inquiry@giz.de avec en objet « Dossier N°10060427_Recrutement d'une société d'assurance santé pour le personnel national ».

Date limite de soumission est fixée au 10.11.2026 à 10h00, dépôt physique de l'offreà la guérite du Bureau GIZ à Ouagadougou.

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Appel d'offres : Recrutement d'un prestataire pour la reproduction de 184 kits de l'imagier Yam Wekre dans le cadre du projet AF2P

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 00:30

Référence AOO : Asmae/BFA/2026/10/001

Asmae Burkina, une ONG de solidarité internationale française spécialisée dans le développement de l'enfant, lance un appel d'offres ouvert afin de recruter un prestataire pour la reproduction de 184 kits de l'imagier yam wekre du projet AF2P « Amélioration de la formation des professionnels du préscolaire ».

L'objectif global de la prestation consiste à la reproduction de 184 kits de l'imagier yam wekre au profit des structures préscolaires.

Les prestataires, intéressés par le présent appel à la concurrence pourront obtenir les documents d'appel d'offres et une copie des termes de références auprès du bureau de Asmae Burkina sis à Ouaga 2000 au secteur 52 ou par courrier électronique à : aouedraogo@asmae.fr et en cc m.ouattara@asmae.fr , ou appelé le 06 72 79 86.
Des échantillons des kits imagiers sont consultables sur place au bureau d'Asmae Burkina aux heures d'ouverture.

Les offres des soumissionnaires doivent être envoyés par mail aux adresses aouedraogo@asmae.fr et m.ouattara@asmae.fr , et sous pli fermé avec le nom du soumissionnaire clairement marqué, ainsi que la référence de l'appel d'offre au bureau de Asmae Burkina Faso au plus tard le : 03 novembre 2026 à 17h30mn.
La validité des offres est de 90 jours.

Le présent appel d'offre ouvert n'impose en aucun cas à Asmae Burkina l'obligation de conclure un contrat ni de rembourser les frais engagés dans la préparation et la soumission des propositions.

En outre, Asmae Burkina se réserve le droit de donner suite à ce présent appel d'offres.

Ouagadougou, le 19 octobre 2026

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Décès de Dr Bassirou OUEDRAOGO : Faire-part

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 20/10/2026 - 00:00

LES GRANDES FAMILLES
Les grandes familles :
– OUEDRAOGO à Abidjan, Mali, Koro, Biidi, Bangrin
– Feu El hadji Amadé Inoussa à Ouahigouya, secteur n°4 et à Ouagadougou
– SOMA à Banfora et à Ouagadougou

LES FAMILLES ALLIEES :
– A Bingo
– A Banfora

LES FRERES ET SŒURS :
OUEDRAOGO Abdoulaye, Madi, Abdoul Aziz, Mamoudou, Modibo, Mazou, Zakaria

LES ÉPOUSES :
– OUEDRAOGO/SOMA Rachelle Assita
– OUEDRAOGO / OUEDRAOGO Haoua

LES FILS :
– OUEDRAOGO Abdoul Rachid
– OUEDRAOGO Fadel
OUEDRAOGO Faris

Les cousins et cousines, neveux et nièces, beaux-fils, belles-filles, belles-sœurs et beaux-frères ;

Ont la profonde douleur de vous annoncer le décès le dimanche 18 octobre 2026, à Ouagadougou, de leur fils, frère, époux, oncle, cousin, neveu ;
Docteur Bassirou OUEDRAOGO précédemment en service à AFENET/Congo

LE PROGRAMME DES OBSÈQUES :
– Enlèvement du corps à l'hôpital Bogodogo le mercredi 21 Octobre 2026 à 7h 30
– Recceuillement au domicile du défunt à Tampouy à 9h
– Transfèrement du corps à OUAHIGOUYA pour l'enterrement à 14 h aux cimetières route de "Youba"

Que Dieu l'accueille dans Sa Miséricorde

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Décès de KONE née YONI Céline : Remerciements

Lefaso.net (Burkina Faso) - lun, 19/10/2026 - 23:30

Les grandes familles KONE, YONI, BARRY, BAMBARA, OUATTARA, KONATE, SANFO, les familles alliées et amies, profondément touchées par les nombreuses marques de sympathie, de compassion et de solidarité qui leur ont été témoignées lors du rappel à Dieu de leur regrettée épouse, mère, sSœur, grand-mère et arrière-grand-mère :

Madame Veuve KONE, née YONI Céline

Survenu le vendredi 28 Aout 2026 à Ouagadougou dans sa 72ème année.
Elles expriment leurs sincères remerciements et leur profonde gratitude à tous ceux qui, de près ou de loin, par leur présence physique, leurs prières, leurs messages, leurs soutiens moraux, matériels et financiers, leur ont apporté réconfortréconfort et assistance dans cette douloureuse épreuve.

Leurs remerciements s'adressent particulièrement :
• A la Camarade Marie Blanche Wendata YanraYANRA, / PDS de l'Aarrondissement 07 de la Commune de OUAGADOUGOU
• A tToutes lesa familles de l'exu Camp Fonctionnaire,
• Aux délégations professionnelles et aux collègues de service,
• Aux voisins du quartier et amis de la famille.
Que le Ttout-pPuissant, dans sa sainte bienveillance, vous bénisse abondamment et vous rende vos bienfaits au centuple.

Union de prières

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La SBPE et la SBEE rassurent les consommateurs

24 Heures au Bénin - lun, 19/10/2026 - 21:57

Les perturbations enregistrées dans la fourniture de l'énergie électrique au Bénin seraient principalement liées aux limitations de l'approvisionnement en provenance du Ghana et du Nigéria. C'est ce qu'indiquent la Société béninoise de production d'électricité (SBPE) et la Société béninoise d'énergie électrique (SBEE), à travers un communiqué conjoint rendu public ce lundi 19 octobre 2026.

La fourniture de l'électricité connaît actuellement des perturbations dans plusieurs localités du Bénin. Face à une telle situation, la SBPE et la SBEE rassurent les populations. A travers un communiqué de presse en date de ce lundi 19 octobre, ces sociétés en charge de la production et de la distribution de l'énergie électrique au Bénin informent que les perturbations observées résultent principalement des restrictions affectant l'approvisionnement en énergie électrique depuis les pays voisins, notamment le Ghana et le Nigéria.

Ces limitations selon le communiqué, réduisent la quantité d'énergie disponible pour répondre aux besoins des ménages, des entreprises et des autres usagers. Elles compromettent également la continuité du service électrique et entraînent des désagréments pour les populations concernées.

Des mesures pour limiter les conséquences
Face à cette situation, les deux sociétés affirment travailler en collaboration avec les autorités compétentes et les autres acteurs du secteur de l'énergie afin d'atténuer les effets de ces perturbations. Les efforts engagés visent notamment à optimiser la gestion des ressources énergétiques disponibles et à favoriser le rétablissement progressif d'une alimentation électrique plus stable.
La SBPE et la SBEE reconnaissent les difficultés auxquelles sont confrontés les consommateurs et présentent leurs excuses aux ménages, aux opérateurs économiques ainsi qu'à l'ensemble des usagers affectés.
Dans ce contexte marqué par une disponibilité réduite de l'énergie, les deux sociétés invitent les populations à adopter des comportements responsables en matière de consommation électrique. La maîtrise des usages et l'évitement du gaspillage figurent parmi les gestes susceptibles de contribuer à une meilleure gestion de l'énergie disponible.

La SBPE et la SBEE assurent, par ailleurs, qu'elles tiendront régulièrement le public informé de l'évolution de la situation.

En attendant un retour progressif à la normale, les consommateurs sont appelés à faire preuve de compréhension face à ces perturbations, dont la résolution dépend notamment de l'amélioration de l'approvisionnement énergétique et des efforts déployés par les acteurs du secteur.

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Ebola : le Nord-Ubangi 8e province touchée par l’épidémie en RDC

Radio Okapi / RD Congo - lun, 19/10/2026 - 21:57

Le Nord-Ubangi est désormais la huitième province touchée par la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), selon le récent rapport épidémiologique publié par le ministère de la Santé publique.


D’après les données arrêtées au 17 octobre, la zone de santé de Wapinda a notifié deux cas confirmés d’Ebola, dont un décès. À ce stade, une seule zone de santé est affectée dans cette province, qui en compte au total onze.

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Édouard Loko et Claudy Siar échangent sur la visibilité du Bénin et les médias

24 Heures au Bénin - lun, 19/10/2026 - 21:44

Le président de la Haute Autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC), Édouard C. Loko, a reçu en audience, ce lundi 19 octobre 2026, Claudy Siar, directeur de l'agence « Bénin Influence » et chargé de mission du président de la République pour les questions relatives à la Culture, aux Médias et à la Visibilité du Bénin.

Audience à la HAAC. Le président Édouard C. Loko a reçu à son cabinet, ce lundi 19 octobre, Claudy Siar, directeur de l'agence « Bénin Influence » et chargé de mission du président de la République pour les questions relatives à la Culture, aux Médias et à la Visibilité du Bénin.

Cette rencontre a été l'occasion pour les deux personnalités, d'échanger sur les perspectives de collaboration en faveur de la promotion de l'image du Bénin, de la valorisation du patrimoine culturel national et de la visibilité des talents béninois sur les scènes africaine et internationale.
À sa sortie d'audience, Claudy Siar a souligné l'importance de cette démarche, qui vise à identifier avec le président de la HAAC des actions concrètes à mener en commun. Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la présence du Bénin dans un environnement médiatique marqué par une circulation croissante de l'information et une forte concurrence entre les contenus.

S'appuyant sur les orientations présentées lors de la conférence de rentrée de la Société de radio et de télévision du Bénin (SRTB S.A.), tenue le samedi précédent, le directeur de « Bénin Influence » a salué les efforts de modernisation et de montée en gamme des médias de service public. Il estime que cette dynamique doit également concerner les médias privés, appelés à contribuer davantage à la promotion du Bénin et à la diffusion de son image à l'extérieur. « Nous avons une montée en gamme avec le service public, il faut aussi s'interroger sur le rôle des médias privés », a-t-il déclaré, soulignant l'importance de contenus capables de refléter le renouveau du pays, son dynamisme et ses ambitions, tant auprès des populations béninoises qu'auprès des publics africains et internationaux.

Pour Claudy Siar, les professionnels des médias béninois doivent davantage maîtriser le récit autour de leur pays et faire connaître eux-mêmes leurs réalisations, leurs ambitions et leurs perspectives de développement.

Des assises des médias béninois

L'un des principaux points annoncés à l'issue de cette audience est la tenue prochaine des assises de la presse et des médias béninois. Cette initiative devrait permettre aux acteurs du secteur de mener une réflexion collective autour de deux questions essentielles : « Qui sommes-nous et où voulons-nous aller ? »
Ces assises auront notamment pour objectif d'identifier des solutions visant à améliorer les conditions de fonctionnement des organes de presse, à renforcer leur viabilité économique et à consolider leur rôle dans l'information des populations. Elles devraient également favoriser une réflexion sur la contribution des médias à la promotion de l'image du Bénin, dans un contexte où la visibilité internationale constitue un enjeu croissant.

À travers cette initiative, Claudy Siar appelle ainsi à une mobilisation des professionnels du secteur pour faire des médias béninois des acteurs plus influents dans la production et la diffusion de l'information sur le pays.

F. A. A.

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La combinaison gagnante du DIGITAL 20 H

24 Heures au Bénin - lun, 19/10/2026 - 21:30

DIGITAL 20H : Avez-vous tenté votre chance ?
Le tirage DIGITAL 20H N°281 a livré son verdict !
Lundi 19 Octobre 2026

Avez-vous joué ?
Avez-vous misé sur vos numéros porte-bonheur ?

RÉSULTAT : 06 • 68 • 80 • 45 • 54

Félicitations aux heureux gagnants !

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Kasaï-Oriental : la notabilité de Kabeya Kamuanga exprime sa défiance envers l’administrateur du territoire

Radio Okapi / RD Congo - lun, 19/10/2026 - 20:21

La notabilité de Kabeya Kamuanga, dans la province du Kasaï-Oriental, a exprimé sa défiance à l’égard de l’administrateur du territoire. Cette position est contenue dans un mémorandum signé la semaine dernière et dont une copie est parvenue samedi 17 octobre à Radio Okapi. Il porte les signatures des représentants de plusieurs composantes de la communauté réunis au sein de la notabilité locale.

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Les résultats du tirage Loto Fortune de 18H

24 Heures au Bénin - lun, 19/10/2026 - 19:30

LES RÉSULTATS LOTO FORTUNE SONT LÀ !

TIRAGE N°167/26 Lundi 19 Octobre 2026 (18H)

46• 36 • 34 • 76 • 84

Félicitations aux heureux gagnants !

Pas encore gagné ? Gardez le sourire !

Rendez-vous au prochain tirage de 20H pour une nouvelle chance.

Jouez dans les centres de jeux ou en ligne : Tapez 590# ou lnbloto.bj

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