Mali Actu - maliactu.net - Mali Actualités, Les Actus et Informations sur le Mali
Mali Actu
Lionel Messi répond aux médias pendant que Marc Guéhi s’exprime
Alors que Lionel Messi répondait aux questions des médias, Marc Guéhi s’est approché de lui pour lui souhaiter bonne chance pour la finale. Guéhi a…
Lionel Messi répond aux médias pendant que Marc Guéhi s’exprime
Mali Actu :
Lionel Messi répond aux médias pendant que Marc Guéhi s’exprime
Mali Actu - maliactu.net - Mali Actualités, Les Actus et Informations sur le Mali
Mali Actu
Mali : la colère des jeunes du Mandé face à une réécriture controversée de leur histoire
La Coordination des Jeunes du Mandé s'insurge contre des déclarations jugées offensantes sur l'histoire du Mandé et l'empereur Soundjata Keïta, exigeant des excuses publiques.
Mali : la colère des jeunes du Mandé face à une réécriture controversée de leur histoire
Mali Actu :
Mali : la colère des jeunes du Mandé face à une réécriture controversée de leur histoire
La IVᵉ édition du Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN-UEMOA, 14 et 15 juillet 2026) a officiellement refermé ses portes, le mercredi 15 juillet 2026, avec plusieurs actes, dont des recommandations adressées aux gouvernements, aux autorités de régulation, au secteur privé et aux organisations régionales.
L'édition 2026 a, selon les organisateurs, mobilisé plus d'un millier de participants, une cinquantaine d'exposants, des décideurs, des experts, des investisseurs et des partenaires du numérique de l'espace communautaire UEMOA. À l'issue des 48 heures d'activités, notamment de communications sur des thématiques à enjeux majeurs pour les États et l'espace communautaire UEMOA, les participants ont formulé des recommandations à des entités.
Ainsi, les professionnels à cette quatrième édition recommandent aux gouvernements de consolider leurs politiques nationales en matière de gouvernance de l'Internet, d'accélérer le déploiement du protocole IPv6, de développer des infrastructures numériques souveraines et sécurisées. Toujours aux gouvernements, il est recommandé d'accroître la participation des experts nationaux aux grandes instances internationales où se définissent les orientations du numérique.
Aux structures de régulation, les participants recommandent d'intensifier les actions de sensibilisation sur la gouvernance de l'Internet, de renforcer la coopération régionale et de promouvoir un environnement numérique sûr, ouvert et favorable à l'innovation.
Les recommandations sont également allées au secteur privé, appelé à jouer un rôle plus actif, en investissant davantage dans les infrastructures numériques, la cybersécurité et les technologies innovantes, tout en participant aux processus internationaux de gouvernance de l'Internet et en favorisant l'adoption des standards internationaux.
Aussi, la quatrième édition a jugé nécessaire de mettre en place une Alliance ouest-africaine des noms de domaine (AOAN). À cet effet, les États « sont encouragés à soutenir cette initiative, à intégrer la gouvernance des domaines nationaux (ccTLD) dans leurs stratégies de souveraineté numérique et à promouvoir davantage l'utilisation des noms de domaine nationaux par les administrations publiques et les entreprises ».
Aux organisations régionales, en particulier l'UEMOA, les participants plaident pour un accompagnement de la création de l'Alliance ouest-africaine des noms de domaine (AOAN), pour un renforcement des capacités régionales sur les ressources critiques de l'Internet et pour favoriser une position commune des États membres dans les instances internationales de gouvernance numérique.
Dans son discours de clôture, la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo, représentant le Premier ministre, patron de l'évènement (https://lefaso.net/spip.php?article147847), a invité les entreprises à davantage investir dans les infrastructures numériques, la cybersécurité, les centres de données, les technologies émergentes et les solutions innovantes. « Les États créeront les conditions favorables, mais la compétitivité de notre espace reposera aussi sur votre capacité à investir davantage dans les infrastructures numériques, les centres de données, la cybersécurité, les technologies émergentes et les solutions innovantes », a-t-elle rassuré, encourageant les acteurs du privé à créer des projets d'envergure à même de générer des emplois pour la jeunesse et de renforcer le rayonnement des entreprises au plan international.
L'édition de Ouagadougou a aussi consacré le lancement de l'étude de structuration d'un Fonds TIC de l'UEMOA, aux fins de soutenir le financement de projets numériques structurants ; initiative sur laquelle la ministre souhaite une forte mobilisation des États, des partenaires et du secteur privé, afin de faire de ce mécanisme un véritable levier d'investissements au service de la transformation numérique de l'espace communautaire UEMOA.
Pour la cérémonie de clôture, la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques du Burkina Faso, Dr Aminata Zerbo, avait à ses côtés ses homologues de la Confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES). Il s'agit précisément du ministre de la Communication, de l'Économie numérique et de la Modernisation de l'administration du Mali, Alhamdou Ag Ilyène, et du ministre de la Communication, des Postes et de l'Économie numérique du Niger, Sidi Mohamed Raliou. Ce dernier acte officiel a enregistré la présence également du ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Gilbert Ouédraogo.
O.L.
Lefaso.net
Crédit-photo : DCRP/MTDPCE
Le Burkina Faso entend se positionner comme un acteur averti plutôt qu'un simple spectateur de l'essor de l'Intelligence artificielle (IA). C'est dans cette dynamique que l'Assemblée législative du peuple (ALP), en collaboration avec le Secrétariat permanent de l'innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique (SPIVTEN), a organisé une session de formation sur l'intelligence artificielle à l'intention des députés. C'était ce mercredi 15 juillet 2026, à Ouagadougou. La cérémonie d'ouverture des travaux a été présidée par la deuxième vice-présidente de l'ALP, Haoua Fofana, en présence du conseiller technique du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques, Saïdou Yanogo.
L'intelligence artificielle s'impose progressivement comme l'une des technologies les plus transformatrices du XXIᵉ siècle. Santé, éducation, sécurité, agriculture, administration publique ou encore gouvernance, aucun secteur n'échappe désormais à ses mutations profondes. Face à cette révolution technologique qui redéfinit les rapports économiques, sociaux et politiques, l'État burkinabè a décidé de renforcer les capacités des parlementaires sur les technologies émergentes afin de leur permettre de mieux appréhender les enjeux, les opportunités mais aussi les défis liés à l'IA. Cela, en vue d'une meilleure prise en compte de ces questions dans leurs missions de législation et de contrôle de l'action gouvernementale.
Faire de l'IA un levier de développement
Rappelant que l'IA bouleverse déjà divers domaines, le conseiller technique du ministère en charge de la Transition digitale, Saïdou Yanogo, a déclaré qu'aucun pays ne pourrait aujourd'hui se permettre de subir cette révolution technologique sans en comprendre les mécanismes. Il souligne que la volonté du gouvernement est de faire de l'IA un véritable levier de développement au service des populations.
Des participants à la session de formation sur l'IA au profit des députés de l'ALPSaïdou Yanogo est revenu sur les différentes actions déjà entreprises dans ce sens. Il a notamment cité la conférence inaugurale sur l'intelligence artificielle organisée en 2025. Celle-ci a posé les bases du dialogue national sur la question, l'élaboration des lignes directrices pour une IA éthique, inclusive et responsable en Afrique francophone, récemment adoptées à l'issue d'un processus régional conduit par le Burkina Faso. À cela s'ajoutent les formations déjà dispensées aux responsables de l'administration publique.
Le conseiller technique a rappelé l'existence de la loi relative à la protection des données à caractère personnel, et mentionné le développement de modèles d'intelligence artificielle souverains, notamment en langues locales. Il a également mis en lumière les travaux menés par les centres de recherche nationaux dans des domaines stratégiques tels que la santé, l'agriculture et la gouvernance.
« Cette session n'a pas la prétention de faire de vous des ingénieurs », Saïdou Yanogo, conseiller technique du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniquesUn rôle crucial pour les parlementaires
Elle vise plutôt, précise-t-il, à fournir aux députés les clés de compréhension nécessaires pour exercer, en toute connaissance de cause, leur pouvoir de contrôle parlementaire sur les enjeux liés à l'IA, ses opportunités et ses risques. En plus de ces clés, les apprenants vont aussi être outillés aux différentes approches réglementaires adoptées à travers le monde.
Pour Saïdou Yanogo, les efforts du gouvernement ne pourront cependant produire les résultats escomptés sans l'implication active des parlementaires. Ceux qui sont d'ailleurs appelés à examiner et à adopter les futurs textes destinés à encadrer l'usage de l'intelligence artificielle au Burkina Faso. Un cadre législatif inadapté pourrait, selon lui, soit freiner l'innovation dont le pays a besoin, soit exposer les citoyens à des risques majeurs, notamment les biais discriminatoires, la désinformation, les atteintes à la vie privée ou encore les décisions automatisées sans responsabilité clairement établie.
Les participants ont ainsi été invités à échanger, débattre et même à simuler l'examen de clauses législatives selon leurs domaines de compétence, dans une démarche ancrée dans les réalités nationalesVers un contrôle parlementaire souverain et éclairé
Présidant l'ouverture des travaux, la 2ᵉ vice-présidente de l'ALP, Haoua Fofana, a salué le rôle moteur joué par le Burkina Faso dans l'élaboration des lignes directrices pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et responsable en Afrique francophone. Pour elle, ces orientations doivent désormais constituer une véritable « boussole législative » pour le pays.
S'adressant à ses collègues députés, elle a insisté sur la nécessité pour les représentants du peuple de s'approprier les enjeux de cette révolution technologique. « Comprendre l'intelligence artificielle n'est plus un luxe réservé aux spécialistes ; c'est une nécessité », a-t-elle soutenu. Selon Haoua Fofana, cette compréhension est indispensable pour élaborer des politiques publiques éclairées, protéger les droits des citoyens, stimuler l'innovation et garantir que l'IA demeure avant tout au service de l'humain.
La 2ᵉ vice-présidente de l'ALP, Haoua Fofana, a invité les députés à faire de cette formation un véritable cadre d'échanges et de réflexion, en partageant leurs expériences et confrontant leurs points de vue pour enrichir la qualité des futures décisions parlementairesElle a surtout plaidé pour une évolution du rôle du législateur, qui doit désormais passer d'une simple compréhension technique des questions numériques à l'exercice d'un contrôle parlementaire « souverain, critique et éclairé » sur les politiques liées à l'intelligence artificielle.
« L'avenir de l'intelligence artificielle ne sera pas seulement écrit par des techniciens, des ingénieurs ou des entreprises technologiques. Il le sera aussi par les législateurs que nous sommes », a-t-elle déclaré, appelant les députés à un engagement total afin que le futur cadre juridique de l'IA soit à la fois le reflet des valeurs nationales et un instrument d'autodétermination technologique.
Les formateurs de cette session sont le Dr Yaya Traoré, secrétaire permanent de l'innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique (à gauche), et le Dr Rodrique Kafando, spécialiste des questions d'intelligence artificielle (à droite)Par cette initiative, l'Assemblée législative du peuple affiche sa volonté de se préparer aux mutations induites par l'intelligence artificielle et de doter le Burkina Faso d'un environnement législatif capable de concilier innovation, souveraineté numérique et protection des droits des citoyens. Dans un monde où les technologies évoluent à un rythme accéléré, la maîtrise des enjeux de l'IA apparaît désormais comme une condition essentielle pour construire un développement inclusif et préserver la capacité des États à orienter leur propre destin numérique.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Comment propulser la refondation de l'économie numérique au sein de l'UEMOA grâce à l'intelligence artificielle sans laisser sur le quai plus de la moitié de la population ? Réunis le 14 juillet 2026 lors du Panel 1 consacré à cette thématique cruciale, des experts de premier plan, dont le Dr Jacqueline Konaté du Mali, le Dr Pegdwendé Sawadogo et Seyni Ganamtoré, ont croisé leurs regards. Entre opportunités de modernisation des services publics, impératif d'intégration des langues locales et exigences de souveraineté technologique, retour sur les grands enseignements d'une transition numérique qui se doit d'être inclusive et sécurisée.
L'Afrique de l'Ouest, et plus particulièrement l'espace UEMOA, se trouve à la croisée des chemins technologiques. Alors que l'intelligence artificielle (IA) redessine les contours des économies mondiales, la question de son adoption et de son adaptation aux réalités locales devient urgente. C'est tout l'enjeu du panel qui a réuni d'éminents spécialistes pour décrypter les leviers d'une véritable refondation de l'économie numérique régionale. Pour les panélistes, l'intelligence artificielle n'est pas une simple tendance technologique, mais un formidable outil de démultiplication d'impact social. Dans le domaine de la santé, l'IA s'impose comme un relais indispensable pour pallier le manque de personnel médical, en étendant les capacités de diagnostic et de suivi jusque dans les zones rurales les plus reculées.
Le Dr Pegdwendé Sawadogo a insisté sur l'essence même du développement de ces technologies qui est la donnéeÀ la question de savoir quels secteurs peuvent bénéficier le plus de la transformation numérique, le Dr Pegdwendé Sawadogo pense essentiellement au commerce en ligne. « Avec les plateformes numériques et les réseaux sociaux, le secteur du commerce est boosté. Et c'est une énorme opportunité pour les entrepreneurs. Dans le contexte de l'UEMOA, l'IA vient comme un boost pour l'économie », pense le Dr Pegdwendé Sawadogo de l'université virtuelle de Ouagadougou.
La panéliste Dr Jacqueline Konaté a évoqué la nécessité de mettre en lien les industries et le milieu académique. « Par rapport à la recherche, il est très important qu'il y ait un rapprochement entre l'industrie et le milieu académique pour éviter de faire de la recherche sur ce qui ne correspond pas à nos besoins », a indiqué le Dr Jacqueline Konaté, venue du Mali.
De même, les services publics, par nature très structurés et procéduraux, représentent un terrain d'application idéal où l'automatisation intelligente peut générer des gains d'efficacité quasi immédiats pour les usagers, un point particulièrement défendu par Seyni Ganamtoré, promoteur de WATIGUE et expert en modernisation des services publics. Pour lui, l'agriculture peut bénéficier énormément de l'IA car elle peut lui donner accès à un ensemble d'informations pour améliorer sa production. « Ailleurs l'IA remplace peu à peu des médecins parce que l'IA est très performante. Ici, il s'agit de démultiplier les agents de santé et d'atteindre les zones les plus reculées. Le troisième secteur qui peut bénéficier grandement de l'IA, c'est le service public », pense l'expert en modernisation des services publics.
La panéliste Dr Jacqueline Konaté a évoqué la nécessité de mettre en lien les industries et le milieu académiqueCependant, un obstacle de taille demeure. Comment assurer une adoption démocratique lorsque plus de la moitié de la population de l'espace UEMOA fait face à l'analphabétisme ? C'est un plaidoyer majeur porté par les panélistes lors des discussions. « L'IA ne doit pas devenir un outil d'exclusion réservé à une élite francophone et connectée. L'avenir de l'économie numérique de la région passe inéluctablement par le développement d'IA vocales, capables d'interagir directement dans nos riches et diverses langues locales nationales ».
Vers un modèle d'Open Data souverain
Le Dr Pegdwendé Sawadogo a insisté sur l'essence même du développement de ces technologies qui est la donnée. L'essor d'un écosystème d'IA performant repose sur la dématérialisation progressive des procédures publiques et privées. C'est cette interaction quotidienne des citoyens avec les plateformes numériques qui génère le gisement de données nécessaire pour entraîner et affiner les algorithmes locaux. Toutefois, pour que ce carburant profite à l'écosystème régional, les panélistes préconisent une politique de l'Open Data (données ouvertes), notamment pour les données non sensibles produites par l'administration publique. Cette ouverture est le seul moyen de permettre aux startups locales et aux chercheurs de concevoir des solutions adaptées. Le Dr Sawadogo a également rappelé le coût élevé de la production de bases de données de qualité, en particulier pour la transcription des langues locales. Un défi qui nécessite des investissements étatiques ciblés, l'octroi de bourses de recherche et le financement de thèses dédiées à la constitution de ces biens communs numériques.
Derrière les algorithmes intangibles se cache une réalité matérielle lourde. Le panel a mis en lumière la nécessité pressante d'investir massivement dans les infrastructures de base. Sans électricité stable, point de salut numérique. L'énergie reste le prérequis absolu pour alimenter et pérenniser la collecte comme le traitement des données.
Seyni Ganamtoré est le promoteur de WATIGUE et expert en modernisation des services publicsEn complément, le développement de la fibre optique à haut débit au cœur des bâtiments et l'accélération de la transition vers la 5G sont indispensables pour supporter les flux massifs d'informations exigés par les systèmes intelligents. Enfin, pour garantir la souveraineté de nos pays, le déploiement de centres de données (Data Centers) nationaux ou régionaux s'avère crucial afin de stocker localement les données sensibles et stratégiques de nos administrations.
L'autre grand chantier de cette refondation est réglementaire. Comment libérer le potentiel d'innovation de l'IA sans compromettre la vie privée et la sécurité des citoyens ? Pour relever ce défi, les experts préconisent une approche de régulation moderne et agile. L'instauration de « bacs à sable réglementaires » (Sandboxes) apparaît comme une excellente solution, permettant aux startups de tester en situation réelle des innovations de rupture sous l'œil bienveillant et protecteur du régulateur, tout en garantissant l'interopérabilité des systèmes.
Ce premier panel de la 4ᵉ édition du SIPEN-UEMOA permet de tracer la voie vers un espace où l'intelligence artificielle sera inclusive, souveraine et connectée à nos réalités culturelles.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Longtemps moqué et associé à la pauvreté, le pagne Koko Dunda connaît aujourd'hui une véritable renaissance. Une étude menée à l'Université Catholique de l'Afrique de l'Ouest à Bobo-Dioulasso par le Père Basile Paré montre que cette métamorphose dépasse largement le domaine de la mode. Elle transforme les métiers artisanaux, crée des opportunités économiques, renforce l'identité culturelle burkinabè et redonne une nouvelle valeur à un savoir-faire longtemps marginalisé. Retour sur l'histoire d'un tissu qui raconte aussi celle d'un pays.
Il fut un temps où offrir un pagne Koko Dunda pouvait être perçu comme une offense. Dans les marchés de Bobo-Dioulasso, ce tissu aux rayures colorées était vendu à bas prix. Il était porté par les ménages les plus modestes et servait souvent de tenue de travail. Son surnom en dioula, « Tié ti barala », littéralement « mon mari ne travaille pas », résumait à lui seul le regard que la société portait sur ce textile. Le Koko Dunda était devenu le « pagne des pauvres ».
Moins de dix ans plus tard, le paysage est méconnaissable. Aujourd'hui, ce même pagne habille les ministres, les artistes, les entrepreneurs, les étudiants et les jeunes mariés. Il est porté lors des cérémonies officielles, des mariages, des baptêmes ou des grandes fêtes nationales. Il s'affiche sur les podiums de mode et dans les vitrines des créateurs burkinabè. Il est même devenu un produit officiellement labellisé, symbole du patrimoine national.
Comment un tissu autrefois méprisé est-il devenu un emblème du Burkina Faso ? C'est la question que le Père Basile Paré a voulu explorer dans son mémoire de licence en sociologie intitulé Étude des conséquences de la valorisation du pagne Koko Dunda à Bobo-Dioulasso. Son travail offre un éclairage précieux sur une transformation qui touche autant l'économie que la culture ou les représentations sociales.
Quand la mode réhabilite un patrimoine oublié
L'histoire du Koko Dunda est intimement liée à celle de Bobo-Dioulasso. Produit traditionnellement dans le quartier de Tounouma, ce pagne est le fruit d'un savoir-faire artisanal transmis de génération en génération. Sa fabrication repose sur une technique particulière de teinture : le tissu est plié, noué puis plongé successivement dans différents bains colorés afin de créer des motifs uniques.
Pendant plusieurs décennies pourtant, cette richesse artisanale est restée dans l'ombre. L'étude rappelle que le Koko Dunda a traversé plusieurs périodes : une phase d'expansion, un déclin progressif puis une véritable renaissance à partir de 2016. Cette relance est largement attribuée au styliste burkinabè Sébastien Bazémo, dont les créations contemporaines ont profondément changé l'image du tissu. Ses défilés de mode ont montré que ce textile traditionnel pouvait rivaliser avec les grandes étoffes africaines et séduire toutes les catégories sociales.
Ce changement d'image a rapidement dépassé le cercle de la haute couture. L'État burkinabè s'est engagé dans une politique de promotion des produits locaux. En 2021, le Koko Dunda obtient un label officiel, renforçant sa reconnaissance comme patrimoine national et ouvrant de nouvelles perspectives pour les artisans. Pour le chercheur, cette évolution constitue bien davantage qu'un phénomène de mode : elle traduit un changement profond du regard porté sur les savoir-faire locaux.
Une enquête au cœur des ateliers de Bobo-Dioulasso
Pour comprendre les effets concrets de cette valorisation, le Père Basile Paré n'est pas resté dans les bibliothèques. Il est allé sur le terrain, dans le quartier historique de Tounouma, berceau du Koko Dunda. Son enquête repose sur une démarche qualitative. Seize acteurs de la filière ont été rencontrés : des teinturiers, des couturiers, des revendeurs ainsi que des personnes ressources connaissant l'histoire et les techniques du pagne.
Les données ont été recueillies grâce à des entretiens semi-directifs, complétés par des observations directes dans les ateliers et les boutiques. Ce choix méthodologique permet de donner la parole à celles et ceux qui fabriquent, vendent ou transforment quotidiennement ce tissu. Leurs témoignages dessinent une réalité bien différente de l'image folklorique parfois associée à l'artisanat.
Des artisans devenus créateurs
Premier constat de l'étude : la valorisation du Koko Dunda a profondément modifié les pratiques professionnelles. Autrefois, les motifs étaient peu nombreux et les couleurs relativement limitées. Aujourd'hui, les teinturiers rivalisent d'imagination. Ils multiplient les combinaisons de couleurs, inventent de nouveaux dessins, adaptent leurs créations aux goûts des clients et répondent à une demande de plus en plus diversifiée. Plusieurs enquêtés expliquent que cette évolution les oblige à améliorer sans cesse leur maîtrise technique afin de proposer des pagnes toujours plus attractifs.
La qualité est devenue un enjeu majeur. Un des artisans interrogés résume cette nouvelle exigence par une formule simple : « Un client mécontent, c'est cent clients perdus. » Cette logique de professionnalisation pousse les producteurs à innover tout en respectant les critères du label officiel, qui protège aujourd'hui plus de deux cents motifs enregistrés. Le métier de teinturier ne consiste plus seulement à reproduire une tradition. Il devient un véritable travail de création.
Le Koko Dunda inspire une nouvelle mode burkinabè
La révolution ne s'est pas arrêtée aux ateliers de teinture. Les couturiers ont eux aussi dû réinventer leurs pratiques. L'étude montre que le « mixage » est devenu l'une des signatures du Koko Dunda contemporain. Les créateurs associent désormais ce tissu traditionnel à d'autres matières afin de concevoir des robes, des vestes, des chemises ou des ensembles résolument modernes. Cette évolution répond aux attentes d'une clientèle de plus en plus jeune, soucieuse d'affirmer son identité culturelle sans renoncer aux tendances contemporaines.
Le tissu ne sert d'ailleurs plus uniquement à confectionner des vêtements. Les artisans produisent désormais des sacs, des chaussures, des rideaux, des draps, des porte-documents, des accessoires de décoration ou encore des objets de maroquinerie. Le Koko Dunda est devenu une véritable marque.
Une économie locale qui reprend des couleurs
L'étude met également en évidence les retombées économiques de cette renaissance. Avec l'augmentation de la demande, les ateliers fonctionnent davantage. Les commerçants diversifient leurs produits. Les commandes se multiplient lors des mariages, des cérémonies administratives ou des grands événements culturels. Cette dynamique bénéficie à toute une chaîne d'acteurs : teinturiers, tisserands, couturiers, vendeurs, stylistes, transporteurs ou fournisseurs de matières premières.
Le mémoire rappelle également que cette filière représente une opportunité importante pour les femmes et les jeunes, largement majoritaires parmi les artisans. Dans un contexte où la création d'emplois demeure un défi majeur, le développement du Koko Dunda apparaît comme un levier économique fondé sur des ressources locales plutôt que sur des importations.
Quand un tissu raconte un pays
Mais la principale richesse du Koko Dunda n'est peut-être pas économique. Elle est culturelle. Dans son travail, Basile Paré rappelle que les pagnes africains ne sont jamais de simples morceaux de tissu. Ils portent des histoires, des symboles, des appartenances. Les couleurs, les rayures et les motifs du Koko Dunda transmettent eux aussi des messages. Certaines entreprises commandent des tissus aux couleurs de leur identité visuelle.
Des familles choisissent des motifs particuliers pour les cérémonies. Des associations utilisent le pagne comme signe de reconnaissance collective. Porter le Koko Dunda revient ainsi à afficher une appartenance. À revendiquer un héritage. À dire quelque chose de son identité. Cette dimension symbolique explique sans doute pourquoi son succès dépasse aujourd'hui les frontières de Bobo-Dioulasso.
Des défis qui demeurent
L'étude n'ignore cependant pas les difficultés. La montée en puissance du Koko Dunda s'accompagne d'un risque bien connu : celui de la contrefaçon. Les artisans redoutent l'arrivée de copies industrielles qui imitent les motifs sans respecter les techniques traditionnelles ni rémunérer les producteurs locaux. La protection du label apparaît donc comme un enjeu stratégique.
Autre défi : préserver le savoir-faire. La modernisation ne doit pas conduire à effacer les techniques artisanales qui font précisément la valeur du Koko Dunda. Plusieurs acteurs interrogés insistent sur la nécessité de former une nouvelle génération de teinturiers et de transmettre les gestes hérités des anciens.
Enfin, le mémoire souligne le besoin d'un accompagnement public plus soutenu : accès au financement, amélioration des équipements, promotion à l'international et lutte contre les imitations.
Le tissu d'un développement possible
Au-delà du cas du Koko Dunda, cette recherche raconte une histoire plus vaste. Elle montre qu'un savoir-faire longtemps considéré comme ordinaire peut devenir un moteur de développement lorsqu'il bénéficie d'une stratégie de valorisation, d'une reconnaissance institutionnelle et de la créativité de ses artisans. Dans un pays où la question de la souveraineté économique et culturelle occupe une place croissante dans le débat public, le destin du Koko Dunda offre une leçon simple.
Le développement ne naît pas seulement des grandes infrastructures ou des investissements étrangers. Il peut aussi émerger d'un atelier de teinture, d'une cour familiale, d'un métier à tisser ou d'un morceau de coton transformé par des mains expertes.
Hier, le Koko Dunda racontait la pauvreté. Aujourd'hui, il raconte l'innovation, la résilience et la fierté d'un peuple qui redécouvre la valeur de son patrimoine. Et si, finalement, la plus belle réussite de ce pagne n'était pas d'être devenu à la mode, mais d'avoir changé le regard que les Burkinabè portent sur eux-mêmes ?
Lefaso.net
La résidence de Kamsongh Naaba Kiiba, à Ouagadougou, a connu une affluence exceptionnelle à l'occasion du baptême de ses triplés garçons, ce mercredi 15 juillet 2026. Parents, autorités coutumières et religieuses, amis, voisins et connaissances ont effectué le déplacement pour partager la joie de cette famille et témoigner leur solidarité autour de cet heureux événement. Cette communion était un moment de joie, surtout au regard de ce que représente la naissance de triplés dans la société moaga.
Moment de grande émotion, cette cérémonie a permis à une foule nombreuse de communier avec Kamsongh Naaba Kiiba et sa famille autour d'une naissance considérée comme exceptionnelle. Les invités sont venus adresser leurs bénédictions aux parents et partager leur bonheur, dans le respect des valeurs de fraternité et de solidarité qui caractérisent la société burkinabè.
Quelques chefs présents au baptême des enfants du Kamsongh Naaba KiibaLes trois garçons ont reçu les prénoms d'Abdallah, d'Ousseini et de Hassane. Ils portent également les noms traditionnels de Wendpouiré, Wendkuni et Wendmi, témoignant de l'attachement de leur famille à son héritage culturel.
Au-delà de la célébration familiale, cette naissance suscite également une réflexion sur la place qu'occupent les triplés dans la tradition moaga, ainsi que sur la manière dont les familles concilient aujourd'hui les valeurs ancestrales et la foi religieuse. Pour éclairer cette dimension, Dawelg Naaba Boalga apporte une lecture qui met en évidence la complémentarité entre tradition et spiritualité.
Les prières ont été dites par l'imam Abdallah Ouédraogo« La tradition moaga enseigne avant tout le respect de la vie, de la famille et de la communauté. Aujourd'hui, de nombreuses familles sont chrétiennes ou musulmanes tout en demeurant profondément attachées à leur patrimoine culturel. Il est donc possible de distinguer les valeurs culturelles des pratiques proprement religieuses », a-t-il expliqué.
L'essentiel, toujours selon lui, est de reconnaître que la naissance de triplés demeure un événement exceptionnel qui appelle à la gratitude, à la responsabilité et à la solidarité. « Les croyants peuvent rendre grâce à Dieu selon leur foi tout en conservant le respect des traditions qui valorisent ces enfants, leur mère et leur famille. Cette complémentarité contribue à préserver l'identité culturelle sans porter atteinte aux convictions religieuses de chacun », confie-t-il.
« Nous souhaitons que ces enfants nous apportent la paix, la pluie pour nos récoltes, la cohésion sociale », Kamsongh Naaba KiibaSelon lui, la portée de cette naissance dépasse largement le cercle familial. Elle constitue un événement qui interpelle toute la communauté et rappelle les valeurs fondamentales sur lesquelles repose la société. Dans la pensée moaga, une naissance exceptionnelle ne concerne jamais uniquement les parents. Elle interpelle toute la communauté. De l'explication de Dawelg Naaba Boalga, les triplés rappellent que la vie est un don précieux et que chaque enfant est porteur d'espérance.
« Lorsque cette naissance intervient au sein d'une famille investie d'une responsabilité coutumière, elle invite également à renouveler les valeurs de paix, d'unité, de justice et de protection de la communauté », a-t-il souligné, précisant que cette naissance rappelle que toute autorité traditionnelle est d'abord un service rendu au peuple.
La cola, offerte pour la prière à l'endroit des triplés« Au-delà des croyances, cette naissance est un appel à renforcer la cohésion sociale, à protéger les enfants, à honorer les mères et à transmettre aux jeunes générations les valeurs de solidarité, de respect des anciens et de vivre-ensemble qui constituent le fondement de la société moaga », souligne le Dawelg Naaba Boalga.
Cette célébration aura ainsi été bien plus qu'un simple baptême. Elle a offert un cadre de rencontre entre autorités coutumières, responsables religieux, proches et amis venus partager un moment de bonheur avec Kamsongh Naaba Kiiba. Entre les prières, les bénédictions et les marques de soutien exprimées par les nombreux visiteurs, cette journée restera gravée dans les mémoires comme un symbole d'espérance, de communion et d'unité, pour la famille, mais aussi pour la société.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Le Tribunal de commerce de Ouagadougou a annulé, le 10 juin 2026, un contrat d'achat d'or liant Riverstone Karma SA aux multinationales Franco-Nevada et Sandstorm Gold Ltd. Estimant que cet accord présentait un caractère particulièrement déséquilibré, la juridiction a également condamné les deux sociétés à verser plus de 5,2 milliards de FCFA à l'entreprise burkinabè. Présentée comme une avancée importante pour la gouvernance du secteur minier et la protection des intérêts économiques nationaux, cette décision est toutefois contestée par Franco-Nevada, qui estime que le jugement rendu au Burkina Faso « est invalide » et demande son annulation.
Riverstone Karma SA est propriétaire et exploitante de la mine d'or à ciel ouvert de Karma, située dans la région du Yaadga, à 195 kilomètres de Ouagadougou. Anciennement détenue par le groupe Endeavour Mining, la mine a été acquise, en mars 2022, par Néré Mining SA, une société de droit burkinabè détenue majoritairement par des capitaux burkinabè.
Le litige trouve son origine dans un montage contractuel complexe hérité lors du rachat de la mine de Karma par Néré Mining SA. En reprenant les actifs du site, la société a également hérité d'un ensemble d'engagements contractuels conclus en 2014 entre les anciens propriétaires de la mine, notamment True Gold puis Endeavour Mining, et les sociétés Franco-Nevada et Sandstorm Gold Ltd.
Les clauses du contrat d'achat d'or imposaient à la mine de Karma des obligations qualifiées de particulièrement déséquilibrées. Conclu dans le cadre d'un financement initial de 100 millions de dollars destiné à la construction de la mine, cet accord continuait de produire ses effets alors même que ce financement aurait été intégralement remboursé depuis 2021.
Le dispositif prévoyait notamment une durée minimale de quarante ans, renouvelable automatiquement par périodes successives de quinze ans. Il obligeait également la mine à céder une partie de sa production d'or à des conditions préférentielles, avec une décote importante par rapport au prix du marché, avant l'application d'une redevance sur la production. Le contrat stipulait par ailleurs que tout nouvel engagement financier supérieur à 10 millions de dollars devait obtenir l'autorisation préalable de Franco-Nevada, limitant ainsi les capacités d'investissement et de développement industriel de la mine.
Autre élément relevé dans ce dossier : Riverstone Karma SA assure n'avoir jamais signé directement ce contrat, celui-ci ayant été conclu entre les anciens propriétaires de la mine et les sociétés spécialisées dans le financement minier. La société burkinabè affirme que, malgré cela, elle s'est retrouvée tenue d'en exécuter les obligations après l'acquisition du site.
Au-delà de l'entreprise, cet accord aurait eu également des répercussions sur les finances publiques burkinabè. En effet, une partie de l'or étant vendue à un prix inférieur au cours mondial, l'assiette fiscale s'en trouverait réduite, entraînant une baisse des recettes fiscales générées par l'exploitation, ainsi que des dividendes potentiels revenant aux actionnaires, parmi lesquels figure l'État burkinabè.
Par ailleurs, le transit de certaines opérations financières par des sociétés établies dans des juridictions à fiscalité avantageuse, notamment à la Barbade, soulève aux yeux de la partie burkinabè des interrogations quant à leur conformité avec les réglementations en vigueur au Burkina Faso et dans l'espace UEMOA.
Au-delà du règlement du différend entre les parties, cette décision de la justice burkinabè est présentée comme un précédent important pour le secteur minier en Afrique de l'Ouest. En rejetant les contestations relatives à sa compétence territoriale et en statuant sur le fond du dossier, le Tribunal de commerce de Ouagadougou affirme la capacité des juridictions nationales à examiner des contrats impliquant de grandes entreprises internationales lorsque les intérêts économiques du pays sont en jeu.
Pour la mine, ce jugement pourrait contribuer à renforcer la souveraineté juridique des États dans le domaine minier et encourager une révision des pratiques contractuelles afin qu'elles reposent davantage sur l'équité, le respect des législations nationales et un meilleur partage des revenus issus de l'exploitation des ressources naturelles.
Cette décision pourrait ainsi constituer une référence pour d'autres contentieux portant sur des contrats de financement minier dans la sous-région. Elle relance, dans le même temps, le débat sur les conditions de négociation des accords entre les États, les sociétés minières nationales et les groupes internationaux.
Mais faut-il en conclure que l'affaire est close ? Dans un communiqué en date du 16 juin 2026 publié sur son site internet, Franco-Nevada Corporation affirme avoir pris connaissance d'un communiqué de presse publié par Riverstone Karma SA annonçant « une décision d'un tribunal local du Burkina Faso visant à annuler le contrat de financement relatif à la mine Karma ». « Ce contrat est régi par le droit ontarien », fait observer la société.
Par conséquent, Franco-Nevada estime que le jugement rendu au Burkina Faso est invalide et demande son annulation. « Franco-Nevada exerce également ses propres recours juridiques en Ontario et ailleurs, conformément aux dispositions relatives au règlement des différends prévues dans le contrat, contre Riverstone Karma SA, sa société mère Néré Mining SA et d'autres sociétés affiliées concernées, afin de protéger ses droits », annonce la société.
Lefaso.net
Dans le cadre des préparatifs de la session 2026 de l'immersion patriotique obligatoire (IPO), la Cellule d'orientation et de suivi du comité de coordination a procédé, le mardi 14 juillet 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel de la formation des formateurs. La direction de la communication du ministère de la culture, des arts et du tourisme qui rapporte l'information, précise que la session va durer trois jours et réunira 440 formateurs venus de l'ensemble des régions du Burkina Faso.
Présidant la cérémonie d'ouverture, le président du Comité de coordination, le Colonel Daba Naon a salué la mobilisation des participants et souligné l'importance stratégique de cette formation dans la réussite du programme. Il a rappelé que cette initiative, portée par les plus hautes autorités du Burkina Faso, vise à forger une jeunesse consciente, disciplinée, résiliente et profondément attachée aux valeurs patriotiques.
Le Colonel Daba Naon a invité les formateurs, sélectionnés sur la base de leurs compétences, de leur patriotisme et de leur exemplarité, à faire preuve de rigueur, d'assiduité et d'esprit de partage. À l'issue de cette formation, ils auront pour mission de former, dans leurs régions et provinces respectives, les animateurs et encadreurs chargés d'accompagner les appelés de l'immersion patriotique obligatoire.
L'Inspecteur général de l'enseignement secondaire et vice-président de la Cellule pédagogique de l'IPO, Lamouni Soro, a indiqué que les participants recevront une formation basée sur un cahier pédagogique comprenant 13 modules. Ces contenus portent à la fois sur la discipline et les valeurs militaires, ainsi que sur des enseignements civiques destinés à renforcer le civisme, le patriotisme et l'esprit révolutionnaire des appelés.
Il a par ailleurs précisé que l'appellation officielle des participants à l'immersion est désormais « appelés de l'immersion patriotique obligatoire » et non « immergés », une terminologie qui traduit mieux les objectifs du programme.
Lefaso.net
Source : DCRP/MCCAT
Le lancement officiel des activités du projet « Promotion des services WASH et de la gestion hygiénique des menstrues pour les filles scolarisées et non scolarisées ainsi que leurs communautés dans quatre communes de la région de Oubri » est intervenu le mardi 14 juillet 2026 à Ziniaré. Porté par l'ONG WaterAid, le projet sera mis en œuvre en collaboration avec l'OCADES Caritas Ouagadougou. Il vise à améliorer durablement l'accès à des services d'eau, d'hygiène et d'assainissement inclusifs, sûrs et résilients. Une attention particulière sera portée aux filles scolarisées et non scolarisées ainsi qu'à leurs communautés.
L'eau, l'hygiène et l'assainissement ne sont pas des services périphériques à l'éducation, mais plutôt des conditions essentielles dont l'absence peut influencer le parcours scolaire des apprenants. C'est la conviction de WaterAid Burkina, à l'initiative du projet lancé ce jour. « Une école sans eau peut être un danger pour la santé. Une école sans toilettes adaptées compromet l'assiduité, la sécurité et la dignité des élèves. Une école qui ne prend pas en compte la menstruation expose les filles à l'inconfort, à la stigmatisation, aux absences répétées et parfois aux décrochages scolaires », a indiqué Dr Lucien Damiba, directeur pays de WaterAid Burkina.
Dr Lucien Damiba, directeur pays de WaterAid Burkina, a relevé le caractère important de l'eau et de l'hygiène dans l'éducationLe projet « Promotion des services WASH et de la gestion hygiénique des menstrues pour les filles scolarisées et non scolarisées ainsi que leurs communautés dans quatre communes de la région de Oubri » vient donc contribuer à réduire le manque d'infrastructures adaptées, l'accès insuffisant à des informations fiables, la difficulté d'obtenir des produits appropriés et la persistance de certains tabous qui peuvent affecter la santé, la confiance en soi, la participation en classe et le maintien des adolescents dans le système éducatif.
D'une durée de douze mois, le projet couvrira cinquante établissements scolaires répartis dans les communes de Dapélogo, Ourgou-Manéga, Nagréongo et Zitenga. Vingt-cinq nouvelles écoles à Nagréongo et Zitenga bénéficieront des interventions tandis que les acquis déjà enregistrés dans vingt-cinq autres établissements à Dapélogo et Ourgou-Manéga seront consolidés. Ce sont au total environ 10 000 élèves et leurs communautés qui seront bénéficiaires du projet.
Le haut-commissaire de la province de Bassitenga, Saidou Guigma, a invité l'ensemble des acteurs à s'approprier le projetD'un coût global d'environ 282 millions de francs CFA, le projet va s'articuler autour de quatre axes majeurs. Ce sont le renforcement des infrastructures WASH durables et résilientes face au changement climatique ; l'adoption des bonnes pratiques d'hygiène en milieu scolaire et communautaire, notamment la gestion de l'hygiène mensuelle ; l'amélioration de la gouvernance locale et de ses services pour une gestion transparente et responsable, et enfin, la promotion de la nutrition et des pratiques environnementales vertueuses au sein des écoles.
« À travers cette initiative, WaterAid et OCADES Caritas Ouagadougou veulent démontrer que l'investissement dans le cadre scolaire produit des bénéfices multiples : protection de la santé, amélioration des conditions d'apprentissage, soutien au fonctionnement des cantines et des jardins scolaires, réduction des absences, renforcement de la confiance et de la sécurité des filles, la réussite éducative et, enfin, le développement du capital humain dont notre pays a besoin pour construire une nation forte », a soutenu Dr Lucien Damiba.
Photo de familleVenu présider l'ouverture de l'atelier de lancement du projet, le haut-commissaire de la province de Bassitenga, Saidou Guigma, a relevé que le manque d'infrastructures adaptées et les tabous culturels autour des menstrues constituent des barrières invisibles mais réelles, qui freinent la scolarisation des filles, provoquent l'absentéisme scolaire et nuisent à leur santé. Il se réjouit donc de l'implémentation du présent projet, qui selon lui va contribuer à briser le cycle de l'absentéisme scolaire, la stigmatisation et la dégradation des conditions d'apprentissage des filles. Il a également invité l'ensemble des acteurs, des autorités locales, des leaders communautaires, du corps enseignant, des parents d'élèves et des élèves eux-mêmes à s'impliquer pleinement et à s'approprier le projet.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Du 14 au 17 juillet 2026, Bobo-Dioulasso accueille l'atelier de mise en place et d'installation du Comité sous-régional d'organisation (CRO) de la première édition de la foire transfrontalière SKBoWa. Cet atelier marque une étape importante dans les préparatifs de cet événement économique sous-régional prévu en novembre 2026 dans la capitale économique du Burkina Faso. L'ouverture officielle des travaux a eu lieu ce mardi 14 juillet 2026.
Réunissant des représentants du Burkina Faso, du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Ghana, cet atelier vise à installer officiellement le comité régional d'organisation chargé de piloter les préparatifs de cette foire. Cette instance regroupe des structures publiques, des organisations professionnelles agricoles et des acteurs de la société civile des quatre pays membres de l'espace SKBoWa (Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso-Wa).
Cet atelier a réuni des représentants du Burkina Faso, du Mali, de la Côte d'Ivoire et du GhanaAu-delà de l'installation du comité, les participants devront examiner le bilan des travaux déjà réalisés par le comité technique national ; la composition des différentes commissions ; définir un mode de fonctionnement opérationnel du CRO. Aussi, la rencontre a été l'occasion de remettre aux membres leurs lettres de mission. Les échanges porteront également sur la planification des activités prioritaires, notamment la construction des stands ; la mobilisation des exposants et des partenaires ; la communication ainsi que la contractualisation du site devant accueillir la manifestation.
Le président du Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina FasoUne foire au service de l'intégration économique
Pour le président du Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina Faso (CCOIA-BF), Ibrahim Sanfo, cette première édition constitue un rendez-vous majeur pour le développement des échanges commerciaux dans l'espace SKBoWa. Selon lui, la foire ambitionne de faciliter les échanges transfrontaliers, d'offrir de nouveaux débouchés aux producteurs et de promouvoir la consommation des produits locaux. « Nous n'avons qu'une seule mission : réussir l'organisation de cette foire et faire en sorte qu'elle soit pérenne », a-t-il déclaré, rappelant que l'événement est appelé à devenir tournant entre les quatre pays partenaires.
Pour Ali Diabaté, représentant de la Direction nationale de l'Agriculture du Mali, cette foire doit permettre de renforcer les filières agricoles déjà actives entre les pays voisinsPortée par le CCOIA-BF, la foire est organisée sous le patronage du ministre d'État, ministre en charge de l'Agriculture. Elle se tient sous le co-patronage du ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, en collaboration avec les ministères et structures des pays frères. Elle bénéficie de l'appui de l'Allemagne cofinancé par l'Union européenne à travers le projet SKBoWa.
Un levier pour la souveraineté alimentaire et la cohésion sociale
Représentant du ministère de l'Agriculture, Séni Nikiéma, directeur du développement des marchés des produits agropastoraux et halieutiques, a rappelé que cette initiative s'inscrit pleinement dans la dynamique de souveraineté alimentaire portée par les autorités des pays concernés. À ses yeux, cette foire poursuit un double objectif, à savoir renforcer les échanges commerciaux entre les quatre pays et consolider la cohésion sociale entre les populations vivant dans les zones frontalières. Il a invité les membres du comité d'organisation à s'investir pleinement afin de garantir le succès de cette première édition, estimant qu'une réussite au Burkina Faso ouvrira la voie aux futures éditions dans les autres pays de l'espace SKBoWa.
Les délégations étrangères ont aussi exprimé leur engagement en faveur de cette initiative. Pour Ali Diabaté, représentant de la Direction nationale de l'Agriculture du Mali, cette foire doit permettre de renforcer les filières agricoles déjà actives entre les pays voisins tout en consolidant la coopération transfrontalière.
Pour Theodora BOTCHWAY de la commission des frontières du Ghana, cet événement contribuera non seulement au développement des échanges commerciaux, mais aussi au renforcement de la coexistence pacifique entre les peuples de la sous-régionMême optimisme du côté du Ghana. Représentant son pays, Theodora BOTCHWAY de la commission des frontières a indiqué que cette rencontre constitue une étape essentielle dans les préparatifs de la foire de novembre. Elle a souligné que l'événement contribuera non seulement au développement des échanges commerciaux, mais aussi au renforcement de la coexistence pacifique entre les peuples de la sous-région.
Séni Nikiéma, directeur du développement des marchés des produits agropastoraux et halieutiques, a invité les membres du comité d'organisation à s'investir pleinement afin de garantir le succès de cette première éditionPrévue du 20 au 29 novembre 2026 sur le site de la Semaine nationale de la culture (SNC) à Bobo-Dioulasso, la première édition de la foire transfrontalière SKBoWa ambitionne de réunir plus de 300 exposants autour de plusieurs filières agricoles stratégiques, notamment le riz, le maïs, le manioc, le soja, la mangue, l'anacarde, le karité, la volaille, le maraîchage, la pomme de terre et les produits de l'apiculture. L'événement se veut un cadre durable de promotion des produits locaux, de création d'opportunités d'affaires et de renforcement de l'intégration économique et sociale entre le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Mali.
Romuald Dofini
Lefaso.net
Au Bénin, les flux financiers illicites empruntent désormais des canaux numériques, des terminaux de paiement électronique et des montages de plus en plus sophistiqués, selon le rapport annuel 2025 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
De nouvelles formes de blanchiment de capitaux se développent au Bénin. « L'analyse des typologies met en évidence une prédominance des infractions liées à l'escroquerie et à la cybercriminalité (35,2 %), suivies de la fraude fiscale (23,3 %), traduisant une mutation des risques vers des formes plus technologiques et transnationales », selon le rapport annuel 2025 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Cette évolution est également illustrée par « l'émergence de nouveaux schémas de blanchiment, notamment via les terminaux de paiement électronique (TPE) et les instruments financiers digitaux », souligne le rapport.
En 2025, la CENTIF a reçu 529 déclarations d'opérations suspectes (DOS), contre 510 un an plus tôt et 443 en 2023, confirmant une progression continue des signalements.
Parmi les infractions à l'origine des soupçons, l'escroquerie et la cybercriminalité arrivent largement en tête avec 186 dossiers, soit plus d'un tiers des déclarations. Elles devancent la fraude fiscale (123 dossiers), les infractions liées aux jeux de hasard et aux usages d'espèces d'origine douteuse (99), puis les faits de corruption, de fraude et d'abus de biens sociaux (76).
Le rapport montre également que les personnes physiques représentent 85,8 % des cas signalés.
Les personnes morales concentrent près de 83 % de la valeur financière des opérations suspectes, signe que les montants les plus importants transitent souvent par des entreprises ou des structures juridiques.
Face à cette évolution, les banques demeurent les premiers sentinelles du système. Elles ont transmis 449 déclarations d'opérations suspectes, soit près de 85 % de l'ensemble des signalements enregistrés en 2025.
Les établissements de monnaie électronique, les systèmes financiers décentralisés, les compagnies d'assurance, les notaires et les acteurs des jeux complètent le dispositif déclaratif.
La CENTIF observe toutefois que la qualité des déclarations reste perfectible. Près d'un quart (25,3 %) des déclarations reçues sont jugées de mauvaise qualité, un facteur qui ralentit les investigations et complique l'exploitation du renseignement financier.
Riposte face au crime financier
Pour répondre à des circuits criminels de plus en plus complexes, l'institution a renforcé ses capacités d'analyse. Elle s'est notamment interconnectée avec plusieurs bases de données nationales, dont celles de l'ANIP, de l'APIEx et de la Direction générale des impôts, afin de recouper plus rapidement les informations.
En 2025, la Cellule a produit 154 notes de renseignement financier et transmis sept rapports d'enquête à la Cour de Répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Elle a également exercé son droit d'opposition sur cinq opérations suspectes, permettant le gel provisoire de 1,16 milliard de FCFA.
Le rapport souligne que les efforts devront porter sur « l'amélioration de l'efficacité opérationnelle du dispositif, l'optimisation de l'exploitation du renseignement financier et la consolidation des résultats en matière d'enquêtes, de poursuites et de confiscation des avoirs ».
M. M.
Mali Actu - maliactu.net - Mali Actualités, Les Actus et Informations sur le Mali
Mali Actu
Lionel Messi encore homme du match face à l’Angleterre
Une fois encore, Lionel Messi a été élu Homme du Match face à l’Angleterre. La star argentine confirme son statut de référence mondiale en recevant…
Lionel Messi encore homme du match face à l’Angleterre
Mali Actu :
Lionel Messi encore homme du match face à l’Angleterre
L'international béninois David Kiki ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Le latéral gauche s'est officiellement engagé avec le FC Voluntari, club du championnat roumain, à l'approche de la nouvelle saison.
Dans un communiqué, le club a annoncé avoir trouvé un accord avec le défenseur béninois, saluant l'arrivée d'un joueur expérimenté ayant évolué dans plusieurs championnats européens.
Avant de rejoindre le FC Voluntari, David Kiki a porté les couleurs de plusieurs clubs en France, en Bulgarie et en Roumanie, notamment le Stade Brestois, Red Star, Montana, Arda Kardzhali, Farul Constanța et FCSB.
Le défenseur de 31 ans possède également un palmarès bien fourni en Roumanie. Il est double champion de Roumanie, après avoir remporté le titre avec Farul Constanța lors de la saison 2022-2023, puis avec FCSB en 2024-2025.
Sur le plan international, David Kiki demeure l'un des cadres des Guépards du Bénin. Il totalise plus de 50 sélections sous le maillot de l'équipe nationale et continue de mettre son expérience au service de la sélection béninoise.
En accueillant le défenseur béninois, le FC Voluntari mise sur un joueur rompu aux exigences du haut niveau pour renforcer son couloir gauche avant le coup d'envoi de la nouvelle saison. Le club a souhaité la bienvenue à David Kiki et lui a adressé ses vœux de réussite sous ses nouvelles couleurs.