L’opération menée par Donald Trump au Venezuela au début du mois de janvier a plongé le pays dans une profonde incertitude. Mais au-delà du seul cas vénézuélien, c’est l’ensemble des équilibres géopolitiques latino-américains qui se trouvent bousculés, et plus particulièrement ceux de cet espace charnière qu’est la Caraïbe. Le déclin du programme Petrocaribe, combiné aux risques migratoires et économiques, place les États insulaires devant un nouveau rapport de force, mettant en lumière l’ampleur de leurs dépendances structurelles. Dans ce contexte fragmenté, les enjeux caribéens concernent également la France, tout comme les grandes puissances rivales des États-Unis. Entretien avec Alain Carton, chercheur associé à l’IRIS.
Quelles ont été les répercussions dans la Caraïbe des actions menées par Donald Trump à l’encontre du Venezuela, pouvant se résumer à une « doctrine Monroe » ? Quelles réactions celles-ci ont suscité auprès des populations et gouvernements des différents États insulaires réagissent-ils ?
Avant même les réactions politiques, le premier impact de l’évènement est économique. Les actions menées par l’administration américaine ont provoqué le ralentissement des échanges commerciaux et des perturbations du trafic aérien et des flux touristiques. Désormais, l’activité portuaire est elle-même menacée dans une zone déjà très fragile de petites économies insulaires ou marquées par la mono-industrie pétrolière et touristique. La présence accrue de navires et d’avions états-uniens dans le sud de la Caraïbe depuis 2025, inquiète les gouvernements insulaires avec des risques de débordement ou de flux migratoires massifs en cas d’instabilité prolongée.
La dépendance énergétique de plusieurs États caribéens qui bénéficiaient du programme Petrocaribe, de fourniture de pétrole vénézuélien à prix préférentiel, se modifie radicalement avec l’épuisement du système Chavez et le blocus américain. Petrocaribe a été un instrument majeur de la diplomatie vénézuélienne, permettant à Caracas de s’assurer le soutien de nombreux États caribéens dans les forums internationaux (Organisation des États américains – OEA, Organisation des Nations unies – ONU, Alliance bolivarienne pour les Amériques – ALBA). Cette influence a longtemps été perçue comme une menace par les États-Unis, qui ont cherché à limiter à tout prix son expansion et à renforcer leur propre présence dans la région.
Ceci pourrait donner place à des rivalités accrues entre grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, Union européenne – UE), chacune cherchant à renforcer son influence via des investissements énergétiques, des financements et des partenariats stratégiques dans la zone. Cette multipolarité pourrait offrir de nouvelles opportunités, mais actuellement, elle accroît la fragmentation régionale et la compétition pour l’accès aux ressources.
Plus que jamais le paysage politique et économique de la Caraïbe apparaît fragmenté et la politique de Donald Trump, qui divise les États de la zone, est révélatrice d’une situation d’inégalité croissante entre des pays en crise et d’autres qui profitent de la manne pétrolière. Les organisations régionales (Communauté des Caraïbes – CARICOM, Organisation des États de la Caraïbe orientale – OECS) ne sont pas assez structurées pour s’imposer face aux puissances extérieures ou pour tracer une ligne stratégique. Officiellement, la CARICOM a convoqué son Bureau des chefs de gouvernement le 3 janvier 2026 et a publié une déclaration rappelant l’attachement aux principes de la Charte des Nations unies tout en appelant au dialogue pacifique et en se disant prête à soutenir des efforts diplomatiques pour la stabilité du Venezuela. La CARICOM tente ainsi de préserver une neutralité stratégique difficile à maintenir.
Mais derrière cette façade, la présence militaire accrue des États-Unis depuis 2025, alimente les inquiétudes sur une militarisation durable de la zone. Plusieurs gouvernements caribéens, dépendants des flux touristiques et commerciaux, se retrouvent pris entre la nécessité de coopérer avec Washington et la crainte d’être entraînés dans une confrontation régionale. Les pays les plus dépendants des flux touristiques et commerciaux américains (Bahamas, Jamaïque, Barbade) sont incités à soutenir la position américaine. D’autres, comme la Grenade, ou la Dominique, hésitent à condamner Caracas et cherchent à sécuriser de nouvelles sources d’énergie pour réduire leur vulnérabilité.
Cette crise pourrait encore accentuer les divergences internes et réduire la capacité de la Caraïbe à parler d’une seule voix sur la scène internationale. La région n’a pas une position unique sur la crise, la plupart des États étant plutôt prudents ou critiques vis‑à‑vis de la politique de Donald Trump, surtout sur l’immigration et le commerce.
Comment sont susceptibles d’évoluer les relations entre Washington et les pays de la Caraïbe ? Ces événements redéfinissent-ils les positionnements politiques et les équilibres régionaux dans l’espace caribéen ?
La politique interventionniste de Donald Trump en direction de la zone Caraïbe-Amérique latine et du Venezuela en particulier, a culminé avec l’enlèvement de Nicolás Maduro mais elle a débuté avec son mandat et traduit deux enjeux prioritaires aux yeux de l’administration américaine : la sécurité énergétique des États-Unis avec la présence des compagnies pétrolières américaines, la lutte contre la criminalité et l’immigration illégale.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est rendu en Jamaïque, au Guyana et au Suriname en mars 2026 après une première visite dans la région dès sa prise de fonction. Il a conditionné les investissements états-uniens et le soutien au développement économique à l’ouverture des marchés publics et des infrastructures et au ralliement aux fondamentaux « d’America First » en matière d’immigration et de containment du Venezuela. À ceci s’ajoute la lutte ouverte contre la présence chinoise. Si l’on peut parler de renaissance de la « doctrine Monroe », c’est en effet là qu’elle s’applique avec la volonté de dissuader les projets de la Chine qui montent en puissance dans les ports, les aéroports et les grandes infrastructures commerciales, dans cet espace revendiqué comme un lac américain, la « troisième frontière ». Cette politique s’appuie particulièrement sur le Guyana et dans un moindre mesure le Suriname, devenus des Eldorados pétroliers.Les États-Unis ont signé un mémorandum d’entente sur la coopération en matière de sécurité avec le Guyana, qui devient leur partenaire stratégique pour l’espace caribéen.
Washington est déterminé à réaffirmer son influence dans une région de plus en plus courtisée par ses concurrents internationaux, avec une stratégie visant à répondre aux crises immédiates, à la concurrence économique, et aux préoccupations sécuritaires régionales et un accent particulier sur la lutte contre l’expansion chinoise et la protection du Guyana contre les tentatives d’agression vénézuélienne.
Pour les dirigeants caribéens, cette attention présente à la fois des opportunités et des dilemmes. Les assurances de sécurité et l’accès au marché offerts par les États-Unis s’accompagnent d’attentes implicites quant à la limitation de la coopération chinoise, ce qui pourrait restreindre fortement leurs options de développement.
La crise vénézuélienne et la contraction des livraisons pétrolières ont rebattu les cartes : plusieurs pays se sont rapprochés des États-Unis, de la Chine ou de l’Union européenne pour diversifier leurs partenariats énergétiques et financiers.
Comment la France, et plus particulièrement ses territoires ultramarins dans la Caraïbe, appréhende-t-elle la posture de Donald Trump et la menace pesant à travers lui sur la région ?
Tout d’abord l’insertion régionale des départements français d’Amérique n’est pas réelle. Même si la coopération régionale s’intensifie via INTERREG, seule la Martinique a souhaité devenir membre associé de la CARICOM quoiqu’avec une portée essentiellement symbolique. La Guyane française est intéressée par des coopérations avec le Nord Brésil (Amapá) mais subit essentiellement les prédations de ses voisins (Brésil, Suriname). Les trois départements français sont une terre d’immigration pour les pays de la zone (Dominique, Haïti, Sainte Lucie) qui est vécue davantage comme un défi que comme un facteur d’intégration. La France souhaite susciter, via son ambassade à Saint Lucie, une aire d’influence auprès des Etats anglophones de la Caraïbe orientale réunis au sein de l’OECS et à laquelle Guadeloupe et Martinique sont associées. Cette influence se manifeste par une coopération en matière de santé, d’éducation et d’environnement. Elle vise à favoriser l’implantation d’entreprises françaises dans la zone et à bénéficier de soutiens politiques lors d’initiatives multilatérales. Mais cette organisation régionale est surtout technique et son poids politique est moindre que celui de la CARICOM.
En conséquence, la France se trouve souvent seule, avec ou face aux États-Unis, comme « grande » puissance dans la région sans être une puissance régionale, d’autant que ses territoires couverts par la réglementation européenne, ont des intérêts divergents du sous-groupe Caraïbes des pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique). En effet, les départements français d’Amérique sont intégrés au marché unique européen et bénéficient du statut de régions ultrapériphérique. Ils sont régis par les normes fiscales, douanières et commerciales de l’UE. Ils ne peuvent par ailleurs n’avoir aucune diplomatie propre même à l’intérieur de leur espace régional.
Les deux grands thèmes de l’administration américaine dans la zone (l’énergie et la lutte contre la criminalité), ont une résonnance particulière dans les territoires français qui sont confrontés à des enjeux sécuritaires et où l’indépendance énergétique est cruciale (les prix de l’essence y sont administrés par l’État et la distribution y est assurée par un monopole, la société de raffinage de la SARA). La nouvelle donne du marché pétrolier imposé par les États-Unis, aura des conséquences directes sur un modèle français à bout de course et qui cherche la diversification de ses approvisionnements. Plus globalement, la montée du protectionnisme américain et la politique des tarifs, affectent les économies insulaires dépendantes des importations et ont des répercussions importantes sur les territoires français.
En matière de sécurité, la présence significative des forces armées françaises aux Antilles (FAA) constitue un instrument, de prévention et de gestion de crise dans l’arc antillais ainsi qu’un point d’appui pour les interventions régionales majeures. Les forces sont engagées dans l’assistance aux populations en cas de catastrophe naturelle, et surtout dans la lutte contre le narcotrafic en mer. Celle-ci est assurée jusqu’à maintenant en coopération interadministration et internationale avec l’agence interministérielle de lutte contre le narcotrafic aux USA – la Joint InterAgency Task Force-South dans les missions relevant de l’action de l’État en mer.
Là encore, on peut s’attendre à ce que le durcissement de la ligne américaine complique les actions françaises à partir de ses territoires, rendant nécessaire un ajustement opérationnel entre la France et les États-Unis qui ne se dessine pas encore.
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La puissance économique, financière, numérique et militaire alliée à leur modèle démocratique a fait des États-Unis les défenseurs du monde occidental durant la guerre froide puis les régulateurs du monde depuis 1990. Balkans, Afrique, Proche-Orient, Pacifique, Europe et Ukraine, ils agissent, à l’appel de la communauté internationale ou sans son assentiment. Même si une opposition significative s’élève contre le projet de guerre contre l’Irak (2003), les États-Unis ont réussi à réunir une coalition prête à agir en dehors de tout mandat du Conseil de sécurité des Nations unies.
Désormais, l’exercice solitaire de la puissance exercée « Urbi et Orbi » par Donald Trump et le cheminement erratique de sa dynamique décisionnelle incitent la communauté occidentale à plus de retenue autant dans le soutien que dans la critique des gesticulations américaines. L’idée est assez partagée qu’il faut aider la population iranienne dans sa lutte contre une tyrannie théocratique meurtrière oui, mais comment ? Les leviers des sanctions sont émoussés : l’Iran peut encore vendre son pétrole sans que la flotte fantôme qui le permet soit pourchassée ; l’Union européenne a certes pris des sanctions contre les Gardiens de la Révolution, pilier et coacteur du pouvoir des Mollahs, mais hésite encore sur son classement comme organisation terroriste ; le reste du monde n’est pas concerné ou livre de l’armement à l’Iran.
Restent donc les États-Unis, sa puissance et son CINC (commandant en chef)Une armada est arrivée dans l’océan Indien, son engagement serait-il la bonne réponse ? Les États-Unis murissent leur décision en fonction de trois objectifs politiques :
Les Américains refusent le premier objectif ; trouvent le rapport coût/efficacité du second non rentable ; mais s’orientent ouvertement vers le troisième : NO NUCLEAR WEAPONS (@realDonaldTrump). Quelques échanges sont en cours avec le régime iranien, sans que de réelles négociations ne soient ouvertes et les déclarations sont toujours incendiaires de part et d’autre. Tentatives de dissuasion réciproques par le verbe, mais seul importe le rapport de force.
Quelles capacités iraniennes après la guerre de juin 2025 ?Les États-Unis et Israël ont conduit, en juin 2025, une guerre aérienne méthodique avec un volume de moyens conséquent qui a permis de supprimer les défenses anti-aériennes, d’affaiblir les capacités iraniennes de frappe à longue distance et de pénétrer dans l’espace aérien pour attaquer les sites nucléaires stratégiques sans subir une seule perte. La réaction iranienne s’est concentrée sur Israël, et une frappe sans conséquence sur la base américaine d’Al-Udeid au Qatar. Cette fois-ci, l’Iran affirme être prêt à riposter avec violence et s’y préparer : outre que les Mollahs et les Pasdarans ne sont pas pris par surprise, ils comprennent bien qu’ils seront plus particulièrement visés à travers leurs intérêts économiques et leurs capacités militaires. Les Gardiens de la Révolution tiennent en main la quasi-totalité des infrastructures productives et de commerce et sont une véritable armée très bien équipée, autant de cibles qui toucheraient à leur cœur actif.
Leurs unités de défense anti-aériennes ont été en partie reconstituées avec le soutien de la Chine, leurs capacités de riposte reposent sur des stocks de missiles longue portée, des drones Shahed en quantité, une flotte de sous-marins (classe Kilo de 3 000 T armés de Kalibr et 23 de classe Gahdir de 123 T avec missiles, torpilles), des bateaux rapides, des proxys (Houthis, Hezbollah, Hamas). Cela leur donne la capacité de semer le désordre dans le Proche-Orient par les proxys, de bloquer le détroit d’Ormuz, de tenter d’atteindre les bateaux (civils et militaires) américains et bien sûr de couvrir Israël d’une pluie de missiles.
Quelles « cartes » pour les Américains ?Les capacités de rétorsion iraniennes effrayent les alliés des Américains dans la région. Ils sont en contact avec les Iraniens et ont annoncé leur refus de voir des actions conduites depuis les emprises américaines sur leurs territoires (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis). La Turquie dénonce des flux migratoires en cas de chute du pouvoir iranien. Or, les moyens de combat et logistique prépositionnés sont indispensables pour soutenir une campagne aérienne qui peut durer. Des moyens de défense anti-aérienne ont été acheminés sur ces bases, mais les craintes vont au-delà des ripostes par missiles. Israël émet des doutes sur toute action contre les Mollahs qui ne serait pas définitive, son état-major certainement associé à une planification, au minimum pour le renseignement. En conséquence :
En se donnant comme objectif politique la renonciation par les Iraniens à ce qu’ils considèrent comme leurs intérêts majeurs (programme nucléaire et capacités d’action par proxys), et sans rassembler une coalition de volontaires autour de lui, le président Trump s’est fixé une tâche difficile à accomplir avec les moyens actuels dans la zone d’opération. Car, l’hypothèse la plus contraignante est de devoir aller au bout du bras de fer avec l’Iran. Pour l’instant il n’a pas réellement les cartes. Veut-il se les donner ou continuer une partie de poker dont il quittera la table s’il se lasse ?
Nous serons fixés si le GAN George W Bush entre en Méditerranée ou si d’autres moyens sont acheminés sur la zone (Frégates Tomahawk ; forces spéciales). Sinon le canon peut tonner, mais les effets ne seront pas à la hauteur des objectifs. Il s’agira de frappes punitives qui ne déstabiliseront pas le régime dans sa volonté de résister aux exigences sur le nucléaire militaire. Pour l’heure, nous en sommes à une planification méticuleuse et donc longue pour une opération majeure qui pourrait se vouloir déterminante et que l’on ne peut réduire à des frappes comme celles contre l’Afghanistan (2001) voire la Serbie (1999). L’ennemi est d’une autre pointure et le plan d’opération autrement plus complexe.
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Der US-Leitzins bleibt vorerst unverändert. Der Offenmarktausschuss der Federal Reserve (Fed) hat diese Entscheidung mit der wirtschaftlichen Entwicklung begründet und sich gegen weitere Zinssenkungen ausgesprochen. Weitere verbale Attacken Trumps gegen den Fed-Chef dürften folgen.
Trump will die Geldpolitik der US-Zentralbank bestimmen. Dahinter steht das Kalkül, dass niedrigere Zinsen das wirtschaftliche Wachstum weiter antreiben könnten – rechtzeitig vor den Midterm Elections im November. Die Fed warnt hingegen vor negativen Folgen wie einem erneuten drastischen Anstieg der Inflation.
Um seinen Willen durchzusetzen, schreckt Trump auch vor rechtlichen Schritten gegen deren Führung nicht zurück. Bereits im Sommer 2025 versuchte er, das Mitglied des Zentralbankrats, Lisa Cook, zu entlassen. Zuvor hatte er ihr Hypothekenbetrug vorgeworfen. Gerichte setzten die Entlassung jedoch aus; auch der Supreme Court hat Zweifel an der Rechtmäßigkeit von Trumps Entscheidung. Ein endgültiges Urteil steht noch aus.
Auf Anweisung von Trump ermittelt seit Januar das Justizministerium gegen Powell. Im Raum steht der Vorwurf der Falschaussage bei einer Kongressanhörung zu den hohen Renovierungskosten für das Fed-Gebäude in Washington. Powell wies die Vorwürfe zurück und bezeichnete die Androhung einer Anklage öffentlich als Einschüchterungsversuch. Laut Powell bedient sich der Präsident eines Vorwands, um sein eigentliches Ziel zu erreichen: den Austausch der Fed-Führung, um schnell Zinssenkungen durchzusetzen.
Die Erosion der ZentralbankunabhängigkeitDer politische Druck auf die Fed, die Zinsen um jeden Preis zu senken, ist wenig überraschend. Es geht Trump offenbar darum, unabhängige Beamte durch loyale Anhänger zu ersetzen. Ihre Unabhängigkeit beruht darauf, dass die Notenbank kein Organ der Bundesregierung ist und dem Präsidenten nicht untersteht. Zwar wird ihre Führung vom Präsidenten nominiert und vom Senat bestätigt. In kaum einer anderen Institution wurde jedoch die Freiheit von politischer Einflussnahme traditionell so hochgehalten.
Trumps Schritte gegen die Fed erinnern an Forderungen des »Project 2025«. In dessen Programm »Mandate for Leadership«, einer politischen Agenda der MAGA-Bewegung, findet sich zur Federal Reserve eine brisante Forderung: Die angeblich seit vielen Jahren »politisierte« Zentralbank solle ihr Doppelmandat – Preisstabilität und Vollbeschäftigung – aufgeben. Alternativ wird sogar die Abschaffung der Institution ins Spiel gebracht.
Seit Beginn seiner zweiten Amtszeit hat Trump versucht, vakante Positionen in der Fed mit Gefolgsleuten zu besetzen. Nach dem plötzlichen Rücktritt der Zentralbankrätin Adriana Kugler im August 2025 setzte er den nationalen Wirtschaftsberater Stephen Miran auf ihren Posten. Ungewöhnlich war daran nicht nur der direkte Wechsel aus der Regierung in den Fed-Rat, sondern auch, dass Miran bis heute Funktionen in Regierung und Zentralbank ausübt. Dies lässt an seiner Unabhängigkeit zweifeln.
Nach regulären Verfahren würde Cooks Amtszeit erst 2038 enden. Auch Powell, dessen Vorsitz regulär im Mai 2026 enden würde, könnte bis 2028 als einfaches Ratsmitglied verbleiben. Gelingt es Trump, beide aus dem Amt zu drängen, könnte er drei von sechs Posten im Gouverneursrat mit Anhängern besetzen. Ein weiteres Mitglied stimmt bereits in Trumps Sinne. Zudem könnte er einen Loyalisten als Vorsitzenden ernennen. So könnte der Präsident relativ schnell weitreichende politische Kontrolle über die Fed und ihre Entscheidungen erlangen.
Bei Zinsfragen könnte der Präsident nicht ganz allein agieren, weil dabei auch die Zentralbanken der Bundesstaaten mitentscheiden. Deren Zustimmung zu niedrigen Zinsen ist jedoch nicht gesichert. Allerdings müssten sich deren Vertreter im Offenmarktausschuss alle sechs Wochen gegen die von Trump nominierten Mitglieder behaupten. Trumps Strategie zielt auf die Zermürbung seiner Gegner ab.
Gefahr für globale FinanzstabilitätDer Streit um die Zinspolitik droht das Vertrauen in die bislang stabile Fed zu untergraben und Zweifel an ihrer Objektivität sowie an ihrem Krisenmanagement zu schüren. Darüber hinaus könnte Trumps Vorgehen die globalen Finanzmärkte destabilisieren.
Trump hat erklärt, die Fed könne ihm dabei helfen, die hohe Staatsverschuldung zu finanzieren. Lassen sich die Währungshüter auf solche Forderungen ein, drohen eine anhaltend hohe Inflation und im schlimmsten Fall eine Schuldenkrise. Für die globalen Finanzmärkte bedeutet das zusätzliche Unsicherheit. Offen bleibt zudem, wie Trump zu Forderungen aus dem MAGA-Lager steht, die Rolle der Fed als finanzieller »Rettungshelfer« in internationalen Finanzkrisen aufzukündigen. Käme es erneut zu Liquiditätsengpässen, wie sie während der globalen Finanzkrise oder der Covid-19-Pandemie aufgetreten sind, könnten sich wirtschaftliche Krisen schnell ausbreiten. Die globalen Finanzmärkte könnten kollabieren.
Le jeune Moshen Meftah finance ses études en reprenant le travail qui fut celui de son père : il prie et jeûne pour les défunts de familles qui le paient à cet effet. Il nettoie les tombes, les asperge d'eau de rose, s'applique à bien prononcer l'arabe des prières. Il gère son emploi du temps funéraire sur son portable, et se fait payer par virement. Il admire Mahmoud Darwich, et rêve d'aller finir ses études à Beyrouth. Une de ses clientes lui a confié la tâche de s'occuper des rites pour (…)
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