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Afrique

Météo Algérie : la neige fait son retour ce mercredi 4 mars, voici les régions concernées !

Algérie 360 - Wed, 04/03/2026 - 00:13

Les services météorologiques annoncent pour ce mercredi 4 mars un temps contrasté sur l’ensemble du territoire. Entre éclaircies, pluies éparses et chutes de neige sur […]

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Webinaire : Serbie, autoorganisation populaire, origines et actualité

Courrier des Balkans / Serbie - Tue, 03/03/2026 - 23:59

Webinaire le 3 mars 2026 à 18h30
Avec Jean Arnault Derens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans
et Milica Čubrilo Filipović, correspondante à Belgrade du Courrier des Balkans
Lien zoom https://us02web.zoom.us/j/85442537321?pwd=aaoaDKVGRsMeqIeIDNngubCBaSa38G.1
ID de réunion : 854 4253 7321 Code secret : 388335

- Agenda / , ,

Cinéma : DJ Ahmet

Courrier des Balkans / Macédoine - Tue, 03/03/2026 - 23:59

Mardi 3 mars 2026 à 20 heures 30 au cinéma Les Écrans
6, place Nationale 76220 Gournay-en-Bray
Projection du film du réalisateur macédonien Georgi M. Unkovski dans le cadre du Festival du film d'Europe de l'Est et d'Amérique latine

- Agenda / ,

Webinaire : Serbie, autoorganisation populaire, origines et actualité

Courrier des Balkans - Tue, 03/03/2026 - 23:59

Webinaire le 3 mars 2026 à 18h30
Avec Jean Arnault Derens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans
et Milica Čubrilo Filipović, correspondante à Belgrade du Courrier des Balkans
Lien zoom https://us02web.zoom.us/j/85442537321?pwd=aaoaDKVGRsMeqIeIDNngubCBaSa38G.1
ID de réunion : 854 4253 7321 Code secret : 388335

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Cinéma : DJ Ahmet

Courrier des Balkans - Tue, 03/03/2026 - 23:59

Mardi 3 mars 2026 à 20 heures 30 au cinéma Les Écrans
6, place Nationale 76220 Gournay-en-Bray
Projection du film du réalisateur macédonien Georgi M. Unkovski dans le cadre du Festival du film d'Europe de l'Est et d'Amérique latine

- Agenda / ,

Sénégal: la candidature de Macky Sall pour le poste de secrétaire général de l'ONU divise la classe politique

RFI /Afrique - Tue, 03/03/2026 - 23:41
C’est désormais officiel : l’ancien président Macky Sall est l’un des trois candidats pour prendre la tête de l’Organisation des Nations unies en janvier prochain. Le Burundi, en tant que pays qui préside l’Union africaine, a présenté lundi 2 mars la candidature de Macky Sall pour succéder à Antonio Guterres. Mais au Sénégal, cette candidature au poste de secrétaire général de l’ONU divise la classe politique et fait débat.
Categories: Afrique, Défense, France

Burkina : « Le crédo actuellement, c'est l'hébergement national pour des questions de souveraineté », Teg-Wendé Idriss Tinto, DG de la Transformation digitale

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:16

Dans un contexte marqué par l'accélération de la dématérialisation des services publics et la volonté affirmée de moderniser l'administration, le gouvernement burkinabè a adopté un décret fixant les modalités de mise en exploitation des plateformes numériques de l'État. Ce texte vise à renforcer la cohérence, la sécurité et l'interopérabilité des systèmes d'information publics, tout en évitant les doublons et en améliorant l'expérience des usagers. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, le directeur général de la transformation digitale, Teg-Wendé Idriss Tinto, revient en détail sur la vision stratégique qui sous-tend cette réforme, les exigences techniques désormais imposées aux administrations et aux prestataires, ainsi que les enjeux majeurs liés à la souveraineté numérique, à la protection des données personnelles et à la construction d'un écosystème numérique intégré au Burkina Faso.

Lefaso.net : Quelle est la vision stratégique du gouvernement derrière le décret fixant les modalités de mise en exploitation des plateformes numériques de l'administration publique ?

Teg-Wendé Idriss Tinto : En matière de transformation digitale, il est important pour le pays de créer des cadres de gouvernance qui permettent de s'assurer que ce qui est transformé est fait dans les meilleures conditions possibles. Donc l'idée derrière le décret, c'est de s'assurer que tout ce qui est fait comme dématérialisation dans l'administration répond à un certain nombre de principes de qualité, un certain nombre de principes de pertinence et s'articule avec les autres projets qui ont déjà été réalisés au niveau de l'administration. C'est pour cela que nous avons des aspects liés à l'interopérabilité et que les plateformes aussi gardent une certaine cohérence ergonomique qui ne perd pas le citoyen.

Quels dysfonctionnements ou constats ont motivé l'adoption de ce cadre réglementaire ?

Je ne dirais pas dysfonctionnement, mais plutôt constat. Le cadre réglementaire s'inscrit dans une logique normale d'amélioration de la maturité du système d'information de l'administration. C'est une étape tout à fait normale dans la démarche d'amélioration de ce que nous avons l'habitude de faire. Mais en termes de constat, nous avons observé qu'en matière de dématérialisation des procédures administratives, il n'y a pas de visibilité de ce qui se passe dans l'ensemble de l'administration publique. Cela veut dire qu'un ministère peut être en train de travailler sur une plateforme et un autre ministère peut travailler sur une autre plateforme qui est proche.

Mais comme il n'y a pas de visibilité, ils vont travailler, investir en ressources humaines, en ressources financières, en temps sur des plateformes qui sont proches alors que s'il y a de la visibilité, il y en a un qui peut terminer sa plateforme puis partager le socle avec l'autre pour qu'il l'améliore juste pour son utilisation. L'objectif est de les partager, de les améliorer ensemble. Il y a aussi tout ce qui a un rapport avec les données et les soucis d'interopérabilité.

Quelqu'un peut développer une plateforme qui utilise, par exemple, la liste des villages du Burkina Faso ; il va chercher dans son coin la liste des villages qu'il va mettre dans sa base de données. Un autre ministère va chercher la liste des villages, il va faire pareil. Alors que c'est important qu'on mutualise ces genres de bases de données. On peut avoir une base de données des villages uniques et puis chacun vient chercher et on consolide cette base de données pour faire qu'elle soit de qualité pour que tout le monde l'utilise. Donc il y avait une sorte de développement en silos des plateformes dans les différents ministères. L'idée c'était vraiment d'aller au-delà pour que l'administration fonctionne dans sa dématérialisation comme une seule entité qui se transforme, mais pas comme des ministères où chacun va de son côté.

Et aussi pour ne pas perdre le citoyen, imaginez-vous, je vais sur une plateforme, il y a des couleurs, des dispositions différentes ; je vais sur une autre plateforme, il y a des couleurs différentes, alors que c'est une seule administration. Nous sommes en train de tendre vers des services basés sur l'expérience citoyenne, ce qu'on appelle le parcours citoyen, qui fait que le citoyen a l'impression qu'il interagit avec une seule entité, même si ce sont des ministères différents. Ce qui a aussi nécessité de travailler sur les chartes graphiques pour harmoniser tout ce qu'il y a comme interface pour les plateformes. Donc je peux dire que c'est ce constat qui est fait sur le terrain. Mais adopter ce genre de textes est une action classique en termes d'amélioration de la gouvernance du système de formation d'une structure, d'une organisation.

Comment s'organise concrètement la collaboration entre le ministère de la Transition digitale, celui de la Fonction publique et celui des Finances ?

Nous avons une collaboration avec tous les ministères dans le cadre de la mise en œuvre de ces décrets. Avec les deux ministères que vous avez cités en particulier, si on prend le ministère des Serviteurs du peuple, il est garant de la qualité du service public vis-à-vis des citoyens. Donc il est important pour nous de collaborer avec lui particulièrement. Il a un secrétariat permanent de la modernisation de l'administration, avec qui nous collaborons beaucoup par rapport à la description des procédures publiques avant la dématérialisation. Si vous prenez par exemple un ministère, il faut identifier les procédures, les décrire.

Il y a des approches méthodologiques aussi pour les décrire et les documenter. Une fois que nous avons les procédures qui sont décrites, on peut maintenant aller vers la dématérialisation de ces procédures. Et à la fin, il faut aussi travailler à valoriser les procédures qui ont été dématérialisées, faire de la communication vers les citoyens. Nous collaborons aussi sur ces aspects avec le ministère des Serviteurs du peuple, afin de faciliter les échanges et de nous assurer que notre communication à l'endroit du citoyen est faite dans un cadre harmonisé. Pour ce qui est particulièrement du ministère des Finances, principalement on collabore avec eux dans le cadre de l'intégration de la plateforme de paiement de l'État.

Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a quelques temps, on a mis en place une plateforme de paiement qui s'appelle Faso Arzeka. Mais avant cette plateforme, les différentes structures qui dématérialisaient leurs procédures devaient signer des conventions avec les opérateurs qui ont des solutions de paiement. Mais maintenant, on collabore directement avec le ministère des Finances, pour intégrer Faso Arzeka à tout ce qui est développé comme plateforme de sorte que les paiements soient faits directement avec Faso Arzeka. Nous collaborons aussi avec le ministère des Finances pour nous assurer que les démarches que nous adoptons dans le cadre de la dématérialisation des procédures sont suffisamment matures afin d'améliorer au fur et à mesure les procédures, sur la base de l'expérience que le ministère des Finances a particulièrement dans le domaine de l'informatique.

En dehors de ces deux structures, nous travaillons avec tous les ministères. On a un processus qu'on a arrêté avec tous les ministères pour identifier les procédures, les décrire, les mettre dans une feuille de route annuelle ; de rester dans une collaboration avec les équipes projets qui développent les différentes plateformes de dématérialisation ; d'accompagner et d'assister ces ministères pour nous assurer que les plateformes sont développées dans de bonnes conditions et faire les tests de sécurité. Nous sommes en contact avec les équipes de développement des différents ministères, afin de nous assurer que les plateformes qui sont mises à disposition du public sont des plateformes de qualité.

Existe-t-il un mécanisme de suivi permanent des plateformes déjà mises en ligne ?

Oui, il existe plusieurs mécanismes. Dans un premier temps, il y a le monitoring. Cela veut dire que quand la plateforme est déployée, il y a des systèmes qui existent pour s'assurer automatiquement que la plateforme est en ligne, qu'elle fonctionne normalement de sorte qu'en cas de problèmes de disponibilité, il y a des alertes automatiques qui sont levées pour informer les techniciens, pour qu'ils regardent ce qui ne va pas. Il ne faut pas que les citoyens aillent constater que la plateforme ne fonctionne pas.

Cet outil permet d'assurer un suivi permanent des plateformes. Mais en collaboration avec les différents ministères, on fait le suivi de l'utilisation des plateformes. On a développé une plateforme, on l'a mise en ligne. Est-ce que les gens l'utilisent ? Combien de personnes font des demandes ? Si vous prenez le casier judiciaire, on a la possibilité d'aller demander directement au tribunal et on peut demander en ligne. Et on regarde combien de demandes en ligne, combien de demandes toujours sur le format papier, avec l'objectif de renverser la tendance. Avant, on avait 100% de demandes papier. Notre intention est que ce pourcentage diminue à 90-80%, parce que les 10-20% vont demander en ligne.

L'objectif est qu'au niveau de la demande en papier, on arrive à 0% et les demandes en ligne, à 100%. Donc on fait le suivi avec les ministères pour savoir si les gens demandent en ligne, pour avoir les chiffres. C'est un mécanisme auquel on tient beaucoup, car il nous aide à évaluer le niveau de satisfaction de ceux qui exploitent ces plateformes pour s'assurer qu'ils sont satisfaits et s'il y a des choses à modifier aussi pour améliorer les plateformes. Mais au-delà, il y a des sessions, des rencontres qu'on organise régulièrement aussi pour voir quelles sont les difficultés dans le cadre de l'exploitation de ces plateformes, qu'est-ce qu'on peut modifier. Je ne rentre pas dans les détails techniques de l'organisation des équipes pour faire le suivi de ces plateformes qui sont en exploitation.

Un audit périodique des plateformes publiques est-il prévu ?

Bien sûr, dans le cadre de la mise en œuvre du décret, on fait une évaluation des plateformes avant de les mettre en ligne. Cela veut dire que nous faisons une évaluation et nous arrivons à la conclusion que sur les aspects de sécurité, la plateforme est OK pour aller en ligne. Mais dans 3-4 mois, il n'est pas exclu qu'il y ait de nouveaux soucis. Donc il faut maintenir la veille. Les structures internes qui s'occupent des audits de sécurité font des tests régulièrement sur les plateformes qui sont en exploitation, pour s'assurer que la qualité et la sécurité sont maintenues. Et quand il y a des problèmes qui sont détectés, on repart vers la structure pour demander de corriger ces problèmes pour ne pas compromettre les données des citoyens.

Au-delà de ça, il y a un mécanisme que nous sommes en train de déployer pour anticiper. Par exemple, la plateforme a été développée avec une technologie et elle peut devenir obsolète à partir d'un certain moment, ou des failles de sécurité peuvent être détectées dans cette version-là à un moment donné. Donc on fait de la veille sur l'ensemble de ces outils et si on se rend compte que la version est en train de devenir obsolète, nous la mettons à jour avec une nouvelle version plus stable. Et s'il y a des failles de sécurité qui sont aussi détectées sur les versions qui sont utilisées, le mécanisme va permettre d'alerter les ministères, pour qu'ils puissent faire les corrections nécessaires, pour s'assurer que ces plateformes restent des plateformes sûres pour les citoyens.

Quels types de tests de sécurité sont exigés avant la délivrance de l'avis de non-objection ?

Avant la délivrance de l'avis de non-objection, on a des référentiels de qualité qu'on exploite. Et ces référentiels de qualité se basent sur les failles qui sont les plus exploitées au niveau international. Cela veut dire que lorsque tu développes une plateforme, il y a des failles qui sont déjà connues et il y a des mécanismes de protection vis-à-vis de ces failles-là. Donc on exploite des référentiels internationaux qui classent les failles les plus récurrentes. Et ce sont ces failles les plus récurrentes qu'on vérifie si les plateformes sont protégées vis-à-vis de ces failles.

Donc il y a tout un protocole qu'on a et on regarde en fonction du niveau de protection. La faille peut être critique, elle peut être moyenne ou elle peut être faible. Pour me résumer, il y a un référentiel international qui classe les failles de sécurité les plus importantes qui sont exploitées au niveau international. Et on se base sur ce référentiel pour évaluer le niveau de protection des plateformes. Ce n'est pas une question seulement de dire oui c'est bon ou non ce n'est pas bon. On fait un rapport complet avec les failles, une explication et puis même des guides par rapport à comment est-ce qu'il faut faire pour les corriger. Et on fait un retour aux structures pour qu'elles prennent en compte et améliorent.

Le décret prévoit-il des normes spécifiques en matière d'hébergement des données (hébergement local, cloud souverain, etc.) ?

L'hébergement local ne ressort pas de façon explicite dans le décret. Mais il y a une circulaire du Premier ministre qui enjoint les différents acteurs à privilégier l'hébergement au niveau national. Cela fait que quand nous analysons les demandes qu'on reçoit, on prête une attention particulière à l'endroit où les données sont hébergées. Il faut aussi préciser que la loi qui porte la protection des citoyens à l'égard de l'utilisation de leurs données à caractère personnel encadre l'hébergement d'un certain type de données à l'extérieur du pays, notamment les données de santé, où il faut une dérogation spéciale pour héberger les données à l'international.

Du coup, quand nous recevons des demandes où les données qui concernent la santé sont censées être hébergées dans le cadre du projet du gouvernement à l'extérieur du pays, ce texte est exploité pour faire un retour à celui qui a fait la demande pour attirer son attention. Au-delà de ça, cela veut dire que le crédo actuellement, c'est vraiment l'hébergement national pour des questions de souveraineté. C'est un point auquel nous accordons beaucoup d'attention. Nous travaillons avec les acteurs qui font l'hébergement au niveau national pour garantir que tous ceux qui font la demande puissent avoir des ressources pour héberger leurs plateformes au niveau national.

Comment l'État entend-il garantir la souveraineté numérique face aux prestataires étrangers ?

En termes de souveraineté numérique, l'ambition, c'est de garder le contrôle sur les données, sur les plateformes, sur les technologies. Et pour cela, il y a un certain nombre d'approches qu'on a, qui commencent d'abord par réduire le plus possible l'implication des prestataires étrangers dans la mise en œuvre des projets, parce que tout faire pour mobiliser les acteurs au niveau national permet de renforcer les capacités de ces acteurs, de soutenir l'économie du numérique au niveau national. Et ça aussi, c'est la question de souveraineté, parce qu'un écosystème fort, c'est un écosystème qui est à mesure de régler les problèmes au niveau national de sorte qu'on n'ait pas forcément besoin d'aller chercher des solutions ailleurs. Maintenant, si on cherche des solutions ailleurs, il y a un certain nombre de principes.

L'hébergement est un critère clé. Il ne faut pas que les données soient hébergées à l'extérieur. Une autre chose, c'est notre capacité à comprendre comment est-ce que la plateforme fonctionne. Donc, que la plateforme soit la plus ouverte possible pour que nous puissions la prendre en main. Donc, on est de moins en moins disposé à aller prendre des boîtes noires, même si de façon fonctionnelle, cela résout un problème, parce que derrière, tu ne sais pas ce qui est en train d'être fait avec les données des citoyens du Burkina Faso. Troisièmement, il y a les aspects liés au transfert de compétences.

Ça aussi, c'est un point auquel on accorde beaucoup d'importance. Si on travaille sur une plateforme, il faut qu'à terme, les acteurs qui sont dans différents ministères soient à même de pouvoir assurer la maintenance et faire évoluer la plateforme à la fin du projet. Donc, de moins en moins, il est question d'acheter une plateforme que nous ne maîtrisons pas et que d'autres personnes sont en train de manipuler. Si on a un petit problème, il faut appeler quelqu'un qui va soit prendre l'avion, soit essayer de résoudre le problème à distance. Ce sont des sujets sur lesquels on ne badine plus. Donc, tout cela nous permet, même si d'aventure on a à travailler avec des prestataires à l'étranger, ce qui est de plus en plus rare, de garder la main sur la technologie, sur l'évolution et de conserver et renforcer notre souveraineté sur nos plateformes.

Quelles mesures sont prévues en cas de violation des données personnelles ?

En cas de violation de données personnelles, il faut dire qu'il y a une structure qui s'occupe de ça. Donc, même au début, avant même l'émergence de la plateforme, il faut la déclarer auprès de cette structure, de sorte à ce qu'elle puisse être au courant que la plateforme existe, qu'elle collecte des données et les traite de telle manière et de telle façon.

Et si un citoyen se rend compte qu'il y a un souci avec l'utilisation des données, il peut faire référence à cette structure pour poser sa plainte et être entendu. Nous avons aussi un ensemble d'outils qui permettent d'assurer la supervision de tout ce qu'il y a comme plateforme et de pouvoir détecter les accès non autorisés au niveau de certaines plateformes que nous mettons à disposition. Et il y a aussi des mécanismes qui existent en interne pour permettre de « boucher les trous » et de s'assurer que les citoyens sont informés de ce qui a été fait et qu'il y a eu les recours pour leur permettre de rentrer dans leurs droits.

Donc, il y a deux aspects. Il y a les aspects liés à la structure, l'organisation qui s'occupe de la gestion, la protection des données à caractère personnel, qui a un périmètre qu'il gère. Et il y a nous aussi, dans le cadre du monitoring du cyberespace national, qui suivons l'utilisation des plateformes, les accès, s'il y a des tentatives de piratage. Et on accompagne les structures à pouvoir combler les trous, remettre dans les normes les plateformes. Et aussi, si d'aventure il y a peut-être des données qui ont été volées, on regarde comment on peut accompagner les structures pour résoudre tous ces problèmes.

Comment ce décret s'articule-t-il avec la loi sur la protection des données à caractère personnel et le rôle de la Commission de l'informatique et des libertés ?

Ce décret, je ne dirais pas que c'est un complément, mais avec la loi sur la protection des citoyens à l'égard de l'utilisation de leurs données, il y a une sorte de complémentarité. Si vous regardez au niveau du décret, on demande à ce que ceux qui développent des plateformes ou ceux qui souhaitent développer des plateformes puissent demander un avis technique sur la base de termes de référence avant de commencer le développement. Et dans le processus, on a une étape où ceux qui développent des plateformes doivent faire la déclaration et nous faire un retour pour pouvoir poursuivre avec la suite, quand la plateforme est terminée et qu'il faut héberger.

Nous avons même développé une plateforme en ligne, ce qui permet aux structures de ne plus se déplacer pour déposer un courrier. Il y a une plateforme en ligne où ils peuvent aller et faire la demande. Et quand ils font la demande, il y a un circuit au niveau de la plateforme pour le traitement et ce circuit prend en compte l'étape classique. À un moment donné, on vérifie que la personne a en fait la déclaration à la CIL avant de poursuivre avec les autres étapes en matière de demande ou de mise en exploitation. Donc les deux sont complémentaires pour s'assurer que les plateformes sont conformes à tout ce qui est accordé au cadre réglementaire au niveau national.

Quels sont les critères techniques déterminants pour obtenir l'avis favorable de mise en ligne ?

Pour ce qui est de l'avis favorable de mise en ligne, il y a un certain nombre de critères techniques selon le décret. Mais pour revenir dessus brièvement, il y a principalement deux choses qu'on regarde. On regarde que la plateforme respecte un certain nombre de principes en matière d'interopérabilité. On regarde que la plateforme respecte un certain nombre de principes en matière de charte graphique. On regarde que la plateforme, au niveau fonctionnel, a été validée par les acteurs de métier. Il ne faut pas développer une application qui fait de la gestion financière si vous êtes un informaticien. Nous, on s'assure que les financiers ont signé, ils ont donné leur OK par rapport à la plateforme avant qu'on ne regarde même la suite du processus.

Et pour ça aussi, en matière de gestion du projet, il y a des cadres qu'on a mis en place pour que quand tu commences un projet, il faut que tu aies un groupe d'acteurs qui ne soient pas des informaticiens qui vont suivre sur les aspects fonctionnels. Et il y a aussi l'avis de non-objection sur les aspects de sécurité. Mais aussi il y a certains tests de performance de la plateforme qu'on fait pour s'assurer que si on a une plateforme qu'on met en ligne et tout de suite, il y a beaucoup de personnes qui se ruent dessus, que la plateforme ne va pas être inaccessible. Donc ce sont des tests qu'on fait aussi pour s'assurer que la plateforme supporte la charge avant d'autoriser la mise en ligne pour que les citoyens puissent l'utiliser.

Le référentiel d'interopérabilité est-il déjà disponible pour les administrations ? Si oui, peut-il être consulté publiquement ?

Le référentiel d'interopérabilité du Burkina Faso a été adopté en 2018. Donc c'est un document qui existe, qui est en ligne, qui est connu, qui est utilisé. Il doit être mis à jour pour s'adapter aux nouvelles contraintes parce que la technologie évolue très vite. Mais le référentiel existe, il est à disposition de tous ceux qui développent des plateformes pour l'administration publique.

L'État impose-t-il des standards technologiques précis (logiciels libres, formats ouverts, etc.) ?

Pour les logiciels libres, oui, parce que quand on a parlé de souveraineté, j'ai insisté sur le contrôle sur les outils qu'on utilise. Donc, le premier choix, c'est des logiciels libres. Pas que des logiciels libres, mais c'est des technologies ouvertes. Tout ce qu'on fait comme choix technologique dans le cadre de l'implémentation des projets, c'est ouvert, on dit « open first ». On choisit les solutions ouvertes d'abord et quand on n'a vraiment pas de choix, on aura tendance à aller vers les solutions qui ne sont pas ouvertes.

Donc, il faut dire qu'au Burkina aussi, on a adopté une stratégie sur l'open source et dans sa mise en œuvre, les choix sont orientés vers des solutions open source. Il y a aussi les méthodologies. On soutient vraiment l'utilisation des approches agiles, qui permettent de garantir une rapidité de mise à disposition des solutions et aussi de s'adapter aux difficultés au fur et à mesure qu'on avance. On n'est plus dans la rigidité des approches en cascade, mais on est dans des approches agiles où, régulièrement, quand il y a des changements, on peut s'adapter.

Maintenant, il y a aussi des compromis qu'on a faits entre acteurs de l'État pour faire des choix particuliers. Par exemple, quand on parle de développement logiciel, il y a des plateformes qu'on privilégie et cela nous permet de construire les compétences autour de ces plateformes, de maîtriser, d'approfondir notre niveau de maîtrise sur ces plateformes, donc d'avoir des garanties qu'on peut être incollable sur ces plateformes. Il y a des standards technologiques et nous, on essaie de nous assurer que tous les acteurs de l'administration, progressivement, prennent en main ces standards-là et qu'ils comprennent à chaque fois qu'il y a des changements.

Comment le ministère de la Transition digitale vérifie-t-il le respect de la charte graphique et de l'identité numérique de l'État ?

Il y a un guide qui est produit et qui est partagé pour faciliter la réalisation des designs basés sur la charte graphique qui a été identifiée. Cette charte graphique a été développée en accord avec un certain nombre d'acteurs qui sont sur les aspects d'images, de visibilité par rapport à l'État. Donc, il y a des guides qui permettent de comprendre ce qu'il faut mettre ou pas mettre pendant qu'une plateforme est en train d'être développée.

Nous avons des sessions de travail techniques et il y a des sessions de présentation avec un comité de supervision. Tout ça, ce sont des étapes où on vérifie que la charte graphique est conforme à ce qui a été établi. Et au final, quand on reçoit la demande, on a des garanties que tout a été respecté. Mais à ce moment aussi, quand on reçoit la demande de mise en exploitation, on a une équipe qui revérifie l'ensemble des interfaces pour s'assurer que la charte est respectée et que tout est conforme avant de passer à l'étape d'autorisation de mise en exploitation.

Les plateformes développées avant le décret devront-elles être entièrement mises en conformité ?

Nous sommes dans un processus de régularisation de l'ensemble des plateformes. Actuellement, il y a des structures qui soumettent les demandes et on s'assure que ces plateformes sont conformes. Maintenant, il y a aussi des processus sur lesquels il faut qu'on s'entende avec les autres acteurs pour ne pas casser la mise en exploitation d'une plateforme. Nous avons un mécanisme qui nous permet, pour des plateformes qui ont déjà été déployées, de resoumettre toute la documentation, pour qu'on s'assure qu'elle est correcte. Sinon, on travaille avec les acteurs pour l'améliorer.

L'objectif est que les projets soient des projets stables et pas seulement que la plateforme soit stable. Et quand il y a des gens qui quittent l'équipe projet et que d'autres personnes viennent, qu'ils puissent facilement comprendre ce qu'il y a. On s'assure en tout cas que pour les plateformes qui sont déjà hébergées, il y a un certain nombre de choses qui sont faites. Et même les plateformes qui sont déjà en ligne, on les inscrit dans le monitoring. Donc, je dirais que oui, il n'y a pas de plateforme qui doit rester en dehors du périmètre des critères de sécurité parce qu'elle a été développée avant le décret.

En quoi ce décret va-t-il améliorer concrètement les services numériques offerts aux citoyens ?

Ce décret va améliorer la sécurité des plateformes, améliorer la qualité des interfaces utilisateurs. Je parle seulement de ce qui a un rapport avec ce que les citoyens vont voir. En termes de sécurité, on peut par exemple apposer un label pour dire que la plateforme est vérifiée, qu'elle est ok, et quand le citoyen vient, il est plus confiant. En termes d'interfaces utilisateurs, collectivement, on réfléchit à des approches qui sont beaucoup plus faciles à être utilisées par les citoyens.

Donc, les citoyens peuvent être rassurés.
Donc, ça facilite aussi l'expérience utilisateur pour ceux qui vont aller demander ces services. Comme vous l'avez demandé, ça, c'est pour les citoyens. Mais on va dire qu'il y a énormément de bénéfices aussi côté administration publique, en termes d'économie d'échelle même, par rapport à un certain nombre de mutualisations qui est fait par rapport à la garantie de la qualité du processus de développement.

Peut-on s'attendre à une réduction des plateformes redondantes ou peu performantes ?

Bien sûr, c'est ça l'objectif et il faut vraiment s'attendre à ça. On va tendre vers l'élimination de la redondance. Quand vous allez quitter une procédure pour aller sur une autre procédure, vous aurez l'impression que vous êtes toujours sur la même plateforme. Et l'ambition qu'on a à terme, c'est que quand tu vas sur une plateforme, tu n'aies même pas besoin de soumettre tes documents.

Tu pars sur une plateforme du ministère de la Justice où on va te demander des documents que le ministère de l'Action sociale avait donnés. On travaille à ce que tu n'aies pas besoin de les soumettre. Si tu te connectes, on sait que c'est toi. On peut directement vérifier automatiquement au niveau du ministère de l'Action humanitaire et puis identifier ce qu'on veut vérifier et on te dit que c'est ok que tu veux postuler sans que tu aies besoin de soumettre un document. Ou bien même, on fait un portefeuille en ligne où tu as tous tes documents et quand tu veux postuler, il suffit juste de taper le document et de le soumettre sans avoir à le scanner.

Comment les usagers seront-ils informés de la suspension éventuelle d'une plateforme non conforme ?

On n'est pas vraiment dans une dynamique de suspension des plateformes non conformes, mais dans celle de mettre en place des mécanismes pour rendre conformes les plateformes le plus rapidement possible et basculer. On redéploie la plateforme ailleurs, on corrige tout ce qu'il y a comme non-conformité assez rapidement et on repointe l'adresse vers cette plateforme.

Quand tu vas repartir demain, tu vas avoir l'impression que tu es sur l'ancienne plateforme. À moins qu'il y ait beaucoup de changements sur les interfaces graphiques, sinon tu auras l'impression que tu es sur la même plateforme, alors qu'il y a un certain nombre de choses qui ont changé. Et aussi, pour ce qui est en rapport avec les interfaces graphiques, même sur Facebook ou WhatsApp que vous utilisez, vous voyez qu'il y a des changements. Chaque fois qu'on voit qu'il y a une mise à jour, il y a un changement, mais il n'y a pas d'interruption de service forcément. L'idée, c'est d'être dans la même dynamique, même s'il y a des changements au niveau de l'interface, que les mises à jour n'interrompent pas le service parce que c'est comme ça que ça se fait dans des environnements suffisamment écologiques.

Ce cadre réglementaire contribuera-t-il à renforcer la confiance des citoyens dans les services publics numériques ?

C'est notre ambition parce que la confiance des citoyens est basée sur la sécurité et la performance. Donc en améliorant la sécurité, on garantit que ces données sont protégées et aussi de lui faciliter la tâche. Ça renforce ta confiance. Donc l'objectif vraiment, c'est d'améliorer l'expérience utilisateur et de renforcer la confiance du citoyen à l'accès aux services publics, de façon régulière.

Comment ce décret encadre-t-il les relations avec les prestataires privés ?

Le décret prend en compte les situations où la plateforme est développée par des prestataires privés parce que les étapes ne concernent pas seulement les plateformes qui sont développées à l'interne. Mais pour une structure qui veut développer une plateforme, par exemple, et qui veut faire appel à un privé, il doit demander l'autorisation, l'avis technique. Une fois que la plateforme est développée, elle doit être testée. Même si c'est fait par un privé, testé. S'il y a des erreurs, le prestataire privé doit corriger tout ce qu'il y a comme erreur, avant de revenir.

Et ce que nous faisons aussi comme retour, quand on se rend compte au début que l'option c'est d'aller vers un privé, c'est d'attirer l'attention de l'acteur, de prendre les dispositions pour avoir une équipe pour le transfert parce qu'on peut avoir l'impression que, lorsqu'on donne au privé, on n'a pas besoin de mettre l'accent sur les équipes internes. Vous avez besoin de suivre pour que le privé fasse un travail de qualité dedans. Et vous avez besoin d'être à côté pour que le transfert technologique soit fait et pour que vous ne soyez pas dépendant sur le moyen long terme vis-à-vis du prestataire. Tout ça, ce sont des choses que nous relevons. Et sur lesquelles on attire l'attention de nos collaborateurs des ministères qui viennent vers nous pour avoir l'avis technique.

Les plateformes reçues en don (coopération internationale, ONG, partenaires techniques) sont-elles soumises aux mêmes exigences ?

Il y a des acteurs qui collaborent avec les ministères dans le cadre du développement des plateformes. Mais cela ne veut pas dire que ces acteurs se mettent dans leur coin, finissent de développer et viennent donner. Ils financent le développement. Mais pendant le processus de développement de la plateforme, la structure bénéficiaire est toujours impliquée.

En tout cas pour la plupart de ce qu'on a vu. Et comme la structure bénéficiaire est au courant du décret, dès le début, pour la plupart du temps même, c'est la structure bénéficiaire qui doit élaborer les termes de référence ou valider les termes de référence. Donc au moment de valider, ils savent que le ministère doit regarder et donner un avis technique. Même si c'est l'ONG ou un autre acteur qui doit financer la mise en œuvre. Et nous demandons aussi souvent à participer aux sessions telles que les rencontres de cadrage pour nous assurer que si tu développes quelque chose pour l'administration, le développement est fait conformément aux contraintes et aux principes dictés au niveau de l'administration. Maintenant, pour des plateformes qui sont développées, terminées, et puis on vient les remettre, ça prendra beaucoup plus de temps pour regarder et nous assurer que les plateformes sont conformes avant d'autoriser la mise en exploitation.

Quels sont les principaux défis que le ministère anticipe dans la mise en œuvre effective de ce décret ?

L'un des principaux défis, c'est la gestion du passif, parce que ce sont les mêmes acteurs qui sont en train de développer les nouvelles plateformes qui vont administrer les anciennes plateformes. Donc il faut qu'ils travaillent sur plusieurs fronts et ça souvent ce n'est pas évident. Deuxièmement, le décret a l'ambition d'améliorer considérablement les pratiques de gestion du projet pour avoir des pratiques plus matures.

Et très souvent dans les équipes, les DSI travaillent avec des équipes souvent réduites et avec les ambitions qu'on a en matière de développement de plateformes, nombre de plateformes, qualité de ces plateformes, souvent ce n'est pas évident en matière de disponibilité de ces équipes parce qu'elles travaillent sur plusieurs projets avec des délais assez serrés. Donc il faut arriver à les convaincre qu'il faut prendre le temps de regarder un certain nombre de choses en matière de documentation du code, en matière de qualité, et cela est une transition aussi qu'il faut qu'on fasse.

Et pour ajouter aussi, il y a l'implication des acteurs métiers, parce qu'on a encore l'impression que quand il s'agit de plateformes, quand il s'agit de matérialisation, c'est les DSI qu'on regarde alors qu'ils s'occupent de la mise en œuvre de quelque chose qui améliore un processus métier. Et le processus métier appartient au métier. Donc cette gestion du changement pour que les métiers considèrent davantage que les plateformes sont leurs plateformes et pas les plateformes des DSI, c'est aussi une chose sur laquelle il faut qu'on travaille pour que les bonnes pratiques soient partagées avec tous les acteurs du système d'information. Pas seulement les techniciens, mais tous ceux qui participent à plusieurs étapes du système d'information.

Envisagez-vous la création d'un guichet unique ou d'une plateforme centralisée des services numériques de l'État ?

Avoir un guichet virtuel pour les services publics, c'est une ambition de longue date. Il y a même un guichet virtuel actuellement qui est en ligne et qui est en train d'être amélioré au fur et à mesure pour faciliter l'intégration de tout ce qu'il y a comme nouvelles plateformes et faciliter aussi la découverte des plateformes par les citoyens. Ça, c'est la plateforme nationale, mais de plus en plus aussi on encourage les différents ministères qui travaillent sur des thématiques particulières à aller sur des portails. Vous avez un ministère, par exemple du Commerce, qui a plusieurs plateformes qui s'adressent aux commerçants. C'est intéressant qu'au lieu que ces plateformes soient dispersées, il y ait un portail central du ministère où on peut retrouver toutes ces plateformes.

La réponse, ce n'est pas qu'on envisage de le faire, mais c'est quelque chose qui est déjà fait, même s'il y a beaucoup de choses à améliorer dans ce sens. Et pour aller au-delà même du guichet virtuel, vous avez dû entendre parler de la Maison des citoyens où on envisage même dans un milieu rural d'avoir des points uniques d'accès aux services publics. Si tu te lèves, que tu veux avoir accès à un service public, tu te déplaces au niveau de cette maison et tu as des gens pour t'assister, pour déposer tes demandes au cas où tu ne sais pas lire, tu ne sais pas écrire, tu ne sais pas utiliser les plateformes. Tout ça, c'est pour créer des points uniques d'accès aux services publics et faciliter l'expérience des usagers.

À moyen terme, peut-on parler d'un véritable écosystème numérique intégré et interopérable au Burkina Faso ?

À moyen terme, oui, parce qu'il y a beaucoup de choses qui rentrent en compte pour avoir cet écosystème. Il y a les plateformes, la technologie, mais il y a aussi les processus, il y a les hommes. Et vous avez dû voir qu'il y a les datacenters aussi qu'on est en train de déployer. On travaille sur les plateformes, on travaille sur le renforcement de capacité des acteurs, on travaille sur le déploiement de plateformes avec interopérabilité pour permettre aux différents ministères de pouvoir plus facilement communiquer et permettre à leurs plateformes de pouvoir communiquer.

On travaille sur les architectures d'entreprises gouvernementales qui sont la conception globale de tout le système d'information pour garantir une certaine cohérence. Actuellement, au jour le jour, l'ensemble des acteurs du système d'information travaillent pour qu'on puisse avoir cet écosystème intégré. Donc, à moyen terme, je dirais que c'est quelque chose qui est atteignable.

Hamed Nanéma
Hanifa Koussoubé
Dominique Ouédraogo (vidéo)

Lefaso.net

Procès « Yaké Camille Yé et autres » : Les prévenus Laure Zongo, Billy Zongo, Ismaël Ouédraogo et Pasgo Billa rejettent également les infractions d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:14

Le Tribunal a clos en fin de matinée, ce mardi 3 mars 2026, les débats autour du contrat à litigieux portant 115 millions et relatif à l'achat de carburant pour l'ancien ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille (actuel ministère de la Famille et de la Solidarité ). Après une suspension d'une heure, l'audience a repris à 14 heures avec l'instruction sur les infractions secondaires liées à celle de détournement de deniers publics. C'est l'ancienne ministre Laure Zongo qui a été appelée en premier à la barre pour répondre des infractions d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, qui se traduit par l'injectant des fonds dans l'achat de biens immobiliers. Des faits qu'elle a également rejetés.

Invitée donc à donner sa version par rapport aux faits qui lui sont reprochés, Mme la ministre Laure Zongo a déclaré avoir pris connaissance de ces charges avec la première infraction, à savoir le détournement de deniers publics en lien avec le contrat de 115 millions F CFA. Sur ces infractions d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, il est clairement reproché à Laure Zongo d'avoir injecté l'argent dans l'acquisition de biens immobiliers.

En effet, la prévenue Laure Zongo a reconnu avoir acquis, par le biais de Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo, en 2016 et en 2017, deux terrains, bâti et non-bâti. Il s'agit d'un célibaterium d'un coût de 40 millions selon ses propos (et entre 30 et 35 millions, selon Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo) dans le quartier Wapassi et un terrain non-bâti à 10 millions, au quartier Kilwin (tous dans la capitale burkinabè : Ndlr). Elle a précisé que ces biens ont été acquis pour sa fille, alors mineure. Pour ce faire, elle a joint au document de cette dernière, la copie de sa carte nationale d'identité, qu'elle a remise à Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo pour les formalités.

Elle rappelle que ses liens avec Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo datent d'avant sa nomination au poste de ministre. Elle confie avoir pris trois motos avec celui-ci, pour ses enfants. Le règlement a été fait à tempérament, et le dernier paiement a été fait pendant qu'elle était en fonction de ministre. Elle a en souvenance également avoir pris sept motos lors de la campagne électorale de 2015, qu'elle a également payées à tempérament.

Elle dit avoir plus tard, en 2020, revendu le terrain de Kilwin à 12 millions et a même voulu vendre le second bien pour « raisons personnelles ». Des propos corroborés par Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo, celui-là qui a facilité leur acquisition.

Sur l'origine des fonds qui ont servi à acquérir ces biens, la prévenue Laure Zongo a expliqué qu'ils proviennent de son salaire et de celui de son époux, de la vente des produits de sa ferme (des porcs de race), de la vente de deux terrains appartenant à son époux à Saaba (la première parcelle a été vendue en 2016 à 9 millions et l'autre, en 2017 à dix millions) et d'appuis familiaux. A cela s'ajoute la vente de son véhicule à environ 5 millions.

En ce qui concerne le prévenu Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo, sur qui pèse également l'infraction de blanchiment de capitaux, le Parquet estime que pour avoir été à la base du contact entre Mme la ministre et la prestataire Ramata Bamba, il ne pouvait pas ignorer que les Fonds qui lui ont été remis pour l'acquisition des biens immobiliers étaient d'origine frauduleuse. Rappelons au passage que Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo a antérieurement déclaré que les sommes de 12 millions et 23 millions récupérées chez Mme Bamba pour Mme la ministre ont servi à l'achat de ces biens.

Pour le ministère public, M. Ouédraogo savait bel et bien donc, que c'était l'argent venant du carburant.

Un argument que réfute M. Ouédraogo, qui relève que non seulement il n'était pas dans les secrets du contrat, mais également éprouvait de la fierté à exécuter des taches à lui confiées par une autorité, à savoir Mme la ministre.

L'ancien DAF, Billy Zongo, a également été appelé à répondre de l'infraction de blanchiment de capitaux. Concrètement, il lui est reproché d'avoir détourné des fonds publics et de les avoir injectés dans le circuit économique. « Je ne sais pas à quel moment j'aurais injecté de l'argent dans le circuit économique », a rejeté le prévenu Billy Zongo. Pour mémoire, dans sa déposition, le témoin Ramata Bamba a dit avoir été contactée par le DAF Billy Zongo, qui dit appeler de la part de la ministre Laure Zongo pour récupérer la somme de 40 millions dans le cadre d'une mission à effectuer à l'intérieur du pays. Somme qu'elle affirme avoir remise dans une enveloppe, mais qui n'est jamais parvenue à Mme la ministre. Billy Zongo a sollicité le Tribunal, afin que le témoin revienne préciser quel type d'enveloppe pourrait contenir 40 millions FCFA.

Son successeur à la DAF (Direction de l'Administration et des Finances), Pasgo Billa, également accusé de blanchiment de capitaux, a rejeté la charge. « Pour blanchir des capitaux, il faut en avoir. Moi, je n'ai que mes revenus », a-t-il montré patte blanche.

Après s'être rassuré qu'aucune des parties n'a une question pour le prévenu, le Tribunal a clos les débats sur les infractions reprochées aux prévenus, suspendant dans le même temps, à 18h, l'audience. Elle reprendra le jeudi 5 mars 2026 à partir de 9h avec les plaidoiries des avocats et les réquisitions du ministère public.

O.L.
Lefaso.net

8-Mars : Le gouvernement burkinabè opte pour une célébration plus engagée

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:10

En prélude à la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année, le ministère de la Famille et de la solidarité a organisé une marche. L'événement sportif s'est déroulé dans les artères de la ville de Ouagadougou dans la matinée de ce mardi 3 mars 2026. La ministre de la famille et de la solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a saisi l'occasion pour expliquer la nouvelle dynamique de cette célébration au Burkina Faso. Pour cette année, exit les festivités jugées superficielles : place désormais aux actions concrètes et à la mobilisation citoyenne.

Partie de l'immeuble Baoghin sis au quartier Larlé de la ville de Ouagadougou, en passant par le rond-point du 2 octobre, la marche pour marquer le mois de la femme a connu une mobilisation effective des autorités gouvernementales, notamment la ministre des Sports, celui des Serviteurs du peuple et celle en charge de la transition digitale. L'École nationale de la police, l'Institut national de formation en travail social (INFTS), la douane, les élèves de l'école Nongr-Massom, l'association des femmes handicapées étaient aussi de la partie.
Banderoles en main, les élèves de l'École nationale de la police entonnaient des chants pour galvaniser les sportifs. Lesquels chants étaient rythmés par des pas de danse et des cris d'allégresse.

Les sportifs parcourent la ville à pied

Pour Passowendé Pélagie Kaboré, ministre chargée de la famille et de la solidarité, le 8 mars, longtemps perçu comme une journée festive, ne sera plus le cas au Burkina Faso. Pour elle, cette journée sera désormais un cadre d'échanges, de réflexion, de mobilisation et d'actions concrètes en faveur des droits des femmes ainsi que de leur pleine participation au développement du pays.

« Dans le contexte de la révolution progressiste populaire, il ne sera donc plus question de cérémonies festives interminables ni de compétitions autour du plus bel uniforme, encore moins de simples retrouvailles autour de ripailles ou de soirées bien arrosées en oubliant l'essentiel », a-t-elle martelé.

À l'entendre, créer une société plus juste et inclusive doit désormais être la priorité. « L'essentiel, c'est de construire un pays où chaque femme et chaque fille occupe pleinement sa place dans l'édification d'un Burkina Faso de paix, de justice, de prospérité, avec dignité, honneur et bravoure », a-t-elle ajouté.

Passowendé Pélagie Kaboré, ministre de la famille et de la Solidarité, signifie que le 8 mars ne sera plus question de cérémonies festives interminables

Afin de marquer cette nouvelle manière de célébrer la journée internationale de la femme, un programme ambitieux a été élaboré. Il s'agit de la réalisation d'infrastructures de production et de transformation des produits locaux, de la mise en place de jardins maraîchers au profit des femmes en passant par l'organisation d'une journée de participation des femmes bâtisseuses de paix. Aussi, le mois de la femme sera marqué par des activités de sensibilisation, des causeries-débats ainsi que des prières œcuméniques.

En outre, Passowendé Pélagie Kaboré a fait comprendre que le thème de cette année n'est pas fortuit. Mais plutôt un thème interpellateur qui invite à une conscience collective et à la reconnaissance de la place centrale des femmes dans la quête de la paix et de la cohésion sociale.
De retour au point de départ, les sportifs ont fait une séance d'étirement et d'aérobic. Par ailleurs, cette activité sportive marque officiellement l'ouverture des activités du mois de la femme.

Fatima Kagoné/Ouédraogo, retraitée, a salué l'engagement du gouvernement de célébrer le 8 mars autrement

Participante à la marche, Fatima Kagoné/Ouédraogo, retraitée, a salué l'initiative entreprise par les autorités burkinabè pour célébrer autrement le mois de la femme et s'est engagée à suivre le programme mis en place.
« Dans les années 84-85, lorsque le 8 mars a été décrété au Burkina Faso, c'était pour que les femmes puissent s'autonomiser, qu'elles puissent jouer un rôle important dans la famille, et je suis ravie de constater qu'on revient sur ces anciens thèmes », a-t-elle fait savoir.
Elle encourage d'ailleurs l'ensemble des citoyens à pratiquer souvent le sport car il contribue au développement de l'organisme.

Samirata rappelle l'importance du sport et salue la décision du ministère de la Famille de marquer les activités du mois de la femme avec le sport.

Même son de cloche chez Samirata. « J'apprécie cette nouvelle manière de célébrer autrement le 8 mars à travers des actions impactantes, car cela rompt avec les anciennes habitudes qui consistaient à organiser des cérémonies dans de grandes salles », a-t-elle indiqué.
À noter que le 8 mars 2026 est placé sous le thème « Bâtir une paix durable au Burkina Faso, quelle contribution de la femme et des filles à la promotion du vivre-ensemble ».

Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

Ramadan à l'ère du numérique : « Les réseaux sociaux peuvent diminuer le salaire de ton jeûne », prévient le Dr Moussa Nabaloum

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:06

À l'occasion du mois sacré de Ramadan, le Dr Moussa Nabaloum, docteur en éducation islamique, a été reçu sur le plateau de Lefaso TV afin de décrypter la portée spirituelle de cette période et d'analyser l'impact des réseaux sociaux sur la pratique religieuse. Entre opportunité de renforcement de la foi et risque de dispersion, il appelle à une utilisation consciente et responsable du numérique.

Lefaso.net : Pour commencer, rappelez-nous ce que représente le mois de Ramadan pour les musulmans ?

Dr Moussa Nabaloum : Le mois de Ramadan est un mois sacré pour les musulmans. C'est un mois de bénédictions, de miséricorde et de récompenses spirituelles. Durant cette période, les fidèles jeûnent de l'aube au coucher du soleil, s'abstenant de manger, de boire et d'avoir des relations conjugales. Mais le jeûne ne se limite pas à l'abstinence physique ; il est aussi un exercice spirituel. Les nuits sont consacrées aux prières, aux invocations et à la lecture du Coran, dans la recherche de l'agrément divin. Le Ramadan est un mois d'éducation et de purification de l'âme. Il forme le croyant à la discipline, renforce sa foi et développe en lui la crainte révérencielle d'Allah. Ce n'est pas un mois comme les autres, il est une école spirituelle.

Aujourd'hui, les réseaux sociaux occupent une grande place dans nos vies. Sont-ils un atout ou un danger pendant le Ramadan ?

Les réseaux sociaux font désormais partie intégrante du quotidien, que l'on soit musulman ou non. Ils présentent à la fois des avantages et des risques. Du côté des bienfaits, un musulman sincère peut les utiliser pour renforcer sa foi. Grâce aux plateformes numériques, il est possible de suivre des prêches, d'écouter des rappels religieux, d'apprendre les règles de l'ablution, de la prière ou encore d'écouter des récitations du Coran, même à distance, depuis La Mecque ou Médine. Ils permettent également de rester informés de ce qui se passe dans le monde musulman.

Cependant, les réseaux sociaux peuvent aussi devenir une source de distraction. Un usage excessif entraîne une perte de temps, alors que le Ramadan est un mois dédié à l'adoration. Au lieu de prier ou d'invoquer Dieu, certains passent des heures à naviguer sans objectif précis. Ils peuvent aussi exposer le fidèle à des contenus inappropriés, contraires aux principes religieux, ce qui diminue la portée spirituelle du jeûne. Tout dépend donc de l'intention et de la discipline de chacun.

Quels sont les risques liés à une mauvaise utilisation des réseaux sociaux pendant le jeûne ?

Les principaux risques sont la perte de temps et l'exposition au péché. Passer de longues heures à naviguer sans but précis peut détourner le croyant des actes d'adoration. De plus, certains contenus peuvent inciter à des comportements contraires à l'éthique islamique, comme le regard déplacé, la diffusion de propos inappropriés ou l'écoute de contenus déconseillés. Le Ramadan est un mois de purification. Une utilisation non maîtrisée des réseaux sociaux peut affaiblir la foi et réduire la récompense du jeûne.

Comment utiliser les réseaux sociaux de manière bénéfique durant ce mois ?

L'essentiel est de savoir gérer son temps et de définir une intention claire. Il s'agit d'utiliser les réseaux sociaux comme un outil d'apprentissage et de rappel et non comme un moyen de divertissement excessif. Suivre des conférences religieuses, écouter des rappels, partager des enseignements utiles, s'informer sur les initiatives solidaires sont des usages profitables. Le croyant doit fixer des limites et éviter les contenus susceptibles de l'éloigner de ses objectifs spirituels.

Peut-on considérer le partage de rappels religieux en ligne comme une forme d'aumône ?

Oui, le partage de rappels religieux peut être considéré comme une forme d'aumône spirituelle. Transmettre un verset coranique, un hadith ou un prêche utile, c'est partager un savoir bénéfique. Si une personne lit ce rappel et décide d'accomplir une bonne action ou d'abandonner un mauvais comportement, celui qui a partagé le message en récolte également la récompense. La transmission du savoir est une responsabilité en islam. Les réseaux sociaux deviennent ainsi un moyen moderne de diffuser le bien et de participer à l'élévation spirituelle des autres.

Quels conseils donnez-vous pour maintenir les bonnes habitudes après le Ramadan ?

Le Ramadan n'est qu'un mois parmi les douze de l'année. Allah n'est pas seulement le Seigneur du Ramadan, mais le Seigneur de tous les mois. Le Ramadan doit être considéré comme un temps de réforme et de renforcement spirituel. Les bonnes habitudes acquises telles que la prière régulière, la solidarité, la patience et la maîtrise de soi doivent se poursuivre après sa fin.

Un signe d'acceptation du jeûne est la continuité dans les bonnes actions. Si, après Ramadan, une personne aime davantage faire le bien et s'éloigner du mal, c'est un indicateur positif. En revanche, retourner immédiatement aux mauvaises habitudes doit pousser à l'introspection.
Le croyant est appelé à vivre toute l'année dans la foi, la justice, la solidarité et la miséricorde.

Un message pour la cohésion sociale au Burkina Faso ?

En cette période marquée par des défis sécuritaires et sociaux, l'islam rappelle que le vrai musulman est celui avec qui les autres sont en sécurité avec lui. La religion prône la paix, la miséricorde et la cohésion sociale. Chaque communauté doit pratiquer sa foi dans le respect des autres, mais tous doivent travailler ensemble pour bâtir la nation. Musulmans, chrétiens et adeptes d'autres religions partagent la même patrie. La coopération pour la paix, la sécurité et le développement est une responsabilité commune.

Hamed Nanéma
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Burkina : Zenabo Edmone Kaboré structure son engagement entre justice sociale et climatique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:03

Ingénieure en environnement et économiste planificatrice, Zenabo Edmone Kaboré incarne une génération de jeunes femmes burkinabè qui conjuguent expertise technique et engagement citoyen. Entre gouvernance inclusive, justice climatique et droits des femmes, elle trace son parcours, guidé par la conviction que le développement n'a de sens que s'il est juste.

« Le développement ne peut pas être durable s'il oublie la justice sociale », pense Zenabo Edmone Kaboré qui dégage une assurance discrète. Cette phrase résume à elle seule le socle de son parcours. Ingénieure en environnement et économiste planificatrice, elle a volontairement croisé les disciplines pour mieux comprendre la complexité des défis contemporains. « Le climat n'est pas qu'un sujet technique. C'est un sujet économique. C'est un sujet politique. C'est un sujet social », insiste-t-elle. Pour elle, les crises ne se compartimentent pas. Comprendre les écosystèmes est essentiel, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi maîtriser les outils budgétaires, les mécanismes de planification et les dynamiques institutionnelles qui orientent les politiques publiques.

Ainsi au fil des années, elle a collaboré avec plusieurs organisations nationales et internationales, toujours avec la même ligne directrice. Celle de renforcer le pouvoir d'agir des jeunes et des femmes. Son travail consiste à structurer des projets, accompagner des organisations féminines et de jeunesse, consolider des stratégies. « Un projet n'est pas une activité. C'est un levier de transformation », souligne-t-elle. Cette exigence explique son choix de poursuivre un master 2 en management de projets. « L'expérience du terrain m'a montré que la passion ne suffit pas. L'engagement doit être structuré pour être durable », confie-t-elle.

« Je suis inspirée par des femmes africaines engagées pour la démocratie et la paix comme Ellen Johnson Sirleaf, mais aussi par des militantes locales qui agissent dans l'ombre avec courage », indique Edmonde Kaboré

Derrière chaque initiative qu'elle accompagne, elle se pose systématiquement trois questions : est-ce viable ? Est-ce juste ? Est-ce durable ? À la Coalition burkinabè des droits de la femme (CBDF), où elle est actuellement, elle participe à l'élaboration du plan d'action, suivi-évaluation, capitalisation des expériences, mobilisation de ressources, visibilité institutionnelle : elle œuvre à renforcer l'impact du plaidoyer. « Il ne suffit pas d'avoir raison. Il faut aussi être organisé, crédible et cohérent », analyse-t-elle.

Les thématiques qu'elle porte se répondent : participation citoyenne et politique des jeunes et des femmes, leadership féminin, lutte contre les violences basées sur le genre, justice climatique. « On ne peut pas parler de leadership féminin sans parler de sécurité et de droits reproductifs. L'autonomie commence par le corps », affirme-t-elle avec gravité. Pour elle, les jeunes et les femmes sont à la fois les plus vulnérables… et les plus puissants. Vulnérables face aux normes sociales, aux inégalités structurelles, aux effets combinés des crises sécuritaires et climatiques. Puissants par leur capacité d'innovation et leur résilience. « Ils ne doivent pas être de simples bénéficiaires. Ils doivent être de véritables acteurs de changement », martèle-t-elle.

Les progrès sont perceptibles, reconnaît-elle, car les femmes prennent davantage la parole. Des organisations se structurent de plus en plus et les plaidoyers gagnent en cohérence. Mais les obstacles persistent. « Les textes existent. Mais ils sont peu appliqués », regrette-t-elle. Les normes sociales évoluent lentement et le contexte sécuritaire fragilise les mécanismes de protection. Son analyse est que le vrai combat est autant culturel qu'institutionnel. » Transformer les mentalités tout en consolidant les cadres légaux.

C'est dans cette articulation qu'elle situe la justice climatique. « Ceux qui contribuent le moins à la crise en paient le prix le plus lourd », explique-t-elle. Dans les zones rurales, les jeunes filles et les femmes sont en première ligne face aux dérèglements climatiques, à la raréfaction des ressources, aux déplacements forcés. « Si elles ne sont pas autour de la table des décisions, les politiques seront incomplètes », prévient-elle.

Selon elle, l'ingénierie environnementale lui a donné une lecture technique des enjeux climatiques et écologiques

« Le leadership, ce n'est pas un titre, c'est une responsabilité. »

Sa définition du leadership s'éloigne des logiques communes. « Le leadership, ce n'est pas un titre, c'est une responsabilité », affirme-t-elle. Influencer positivement, ouvrir des espaces, créer des opportunités. Le leadership féminin et jeune, dit-elle, exige du courage pour occuper des espaces où l'on ne nous attend pas, affirmer sa vision, rester résiliente. Parmi ses figures inspirantes, elle cite Ellen Johnson Sirleaf, mais elle tient aussi à mettre en lumière les militantes locales. « Il y a des femmes qui changent des vies dans l'ombre, au quotidien. Elles sont tout aussi inspirantes. » Ce qu'elle souhaite transmettre à ses pairs, c'est la notion de confiance. La conscience des droits. Et la certitude que chaque jeune fille a sa place dans les espaces de décision.

Pour renforcer le leadership féminin, elle plaide pour plus de financements structurels, plus de mentorat et plus de volonté politique. Le talent existe, assure-t-elle, mais ce sont les opportunités équitables qui restent insuffisantes.

Son combat pour les années à venir est de renforcer la participation citoyenne et politique des jeunes filles et des femmes, notamment en milieu rural, dans les processus de paix. « La paix durable se construit avec les femmes, pas sans elles », affirme-t-elle. À celles qui hésitent encore à s'engager, son message est : « N'attendez pas d'être prêtes à 100 %. Lancez-vous. Apprenez en marchant. Votre voix est légitime. »

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Ordination épiscopale de Monseigneur Relwendé Kisito Ouédraogo : La célébration sera présidée par le Cardinal Parolin, Secrétaire d'État du Vatican

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:00

Le Service de communication de la Conférence Épiscopale Burkina-Niger informe les fidèles catholiques que l'ordination épiscopale de Monseigneur Kisito Ouédraogo est prévue pour le samedi 7 mars 2026, au sanctuaire Notre-Dame de Yagma. Cette célébration solennelle sera présidée par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège.

Nommé archevêque titulaire d'Ilta et Nonce Apostolique en République du Congo le 28 janvier, Monseigneur Ouédraogo a ensuite été désigné Nonce Apostolique au Gabon le 10 février 2026. Ces nominations marquent une nouvelle étape dans la mission ecclésiale qui lui est confiée au service de l'Église universelle.

La Conférence Épiscopale Burkina-Niger se réjouit de cette étape majeure dans la vie de l'Église et invite les fidèles ainsi que les médias à accompagner cet événement par la prière et l'attention.

Le Service de communication de la Conférence Épiscopale Burkina-Niger indique rester disponible pour toute demande d'information relative à cette ordination ainsi qu'aux nouvelles missions confiées à Monseigneur Ouédraogo.

Lefaso.net

Reconquête du territoire national : Jonas Hien invite à rendre hommage aux boys

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 22:53

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire majeure marquée par des attaques terroristes, des déplacements des populations et une fragilisation du tissu économique et social. Dans ce contexte, les forces de défense, les forces de sécurité intérieure, les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), constituent le principal rempart contre l'expansion des groupes armés terroristes et jouent un rôle déterminant dans la défense de l'intégrité territoriale et favorisent la continuité de l'État.

Nos héros doivent être applaudis, vénérés, soutenus, jusqu'à la victoire finale. A travers ces lignes, je voudrais leur rendre hommage, ces vaillants combattants de jour et de nuit pour que le Burkina Faso reste toujours debout. Pour ce faire, je prends un nom fictif d'un combattant pour magnifier toutes nos forces combattantes. Donnons-lui le nom Wenpanga qui, avec ses frères d'armes, vont en patrouille à la recherche de l'ennemi.

Il est trois heures du matin. Le petit matin s'annonce lorsque Wenpanga et ses camarades quittent leur lieu de cantonnement. Casques ajustés, regards concentrés, les soldats avancent sur un axe stratégique régulièrement ciblé par les terroristes. Chaque déplacement exige prudence et anticipation. La menace peut surgir à tout moment. Sur ces routes parfois isolées, la mission est claire : sécuriser, dissuader, protéger.

Les populations croisées au passage au petit matin saluent les boys, les vrais garçons. Pour beaucoup d'habitants, la présence militaire représente un signal fort : l'État est là. Il faut protéger les civils, maintenir leurs activités. Au-delà des opérations offensives, une large part du travail consiste à garantir la circulation des biens et des personnes sur les routes. Escortes de camions de ravitaillement, sécurisation des marchés, appui aux équipes humanitaires, Wenpanga et les autres, à travers leur détermination, permettent aux localités de continuer à vivre malgré la pression sécuritaire.

Ce n'est pas tout. Des écoles rouvrent progressivement ; les centres de santé reprennent du service ; les agriculteurs retournent aux champs. Rien n'est totalement acquis certes, mais ces signes témoignent d'une dynamique que le Burkina Faso avance vers la victoire finale contre les forces du mal. C'est une guerre d'endurance. La lutte contre les groupes armés impose un rythme exigeant. Longues heures de veille, opérations nocturnes, adaptation constante aux tactiques adverses, Wenpaga et les boys doivent conjuguer vigilance permanente et maîtrise du terrain.

L'ennemi, mobile et difficile à identifier, privilégie souvent les attaques surprises et les engins explosifs improvisés. Face à cela, la formation, la coordination et le renseignement deviennent des armes essentielles. Et la hiérarchie militaire joue à fond sa part de rôle et de responsabilité pour créer de meilleures conditions de combat.

Dans les bases avancées, le moral des boys est toujours au top, avec la rage de libérer le pays. Les moments de répit sont rares quand bien même précieux. Un repas partagé à la va-vite, un appel rapide à la famille, une plaisanterie échangée entre combattants, contribuent à maintenir le moral.
La mission est difficile, mais il faut l'accomplir jusqu'au bout. « Si nous ne tenons pas, qui le fera ? » disent-ils. Derrière l'uniforme, il y a des hommes et des femmes conscients de la portée de leur engagement.

Les analystes s'accordent à dire que la réponse militaire, bien qu'indispensable, ne peut suffire à elle seule. La stabilisation durable passe aussi par le développement, l'accès aux services sociaux de base et le renforcement du tissu économique. Mais sur le terrain, l'urgence reste la sécurité, la reconquête du territoire national. Sans elle, aucune autre action ne peut prospérer. Dans ce contexte, les forces armées burkinabè demeurent en première ligne, assumant une responsabilité lourde : préserver l'essentiel pour que le pays continue d'avancer.

Les combattants n'ont pas peur. Ils avancent toujours. Ils foncent vers l'ennemi quand ils apprennent qu'il y a une attaque. Ils bravent la mort ! Et tout ça c'est pour nous. Ils sont inspirés du chef suprême de guerre qui, lui aussi, ne connaît pas la peur. Le Capitaine inspire confiance. Quand ils pensent à lui, ils ont plus la forme pour continuer le combat. Ils ont le sens du devoir et de l'attachement à la patrie. Parmi eux, il y a de très jeunes. Ils refusent que la terre de leurs ancêtres soient occupées par des étrangers qui vont imposer leurs lois.

Dans le camp avancé, la journée commence tôt, si journée il y a ! Vérification du matériel, briefing rapide, rappel des consignes. Chaque détail compte. « Sur le terrain, l'erreur ne pardonne pas », dit Wenpanga en ajustant son gilet pare-balles.

Ce qu'ils font sur le théâtre des opérations permet aux commerçants de circuler, aux familles de recevoir des vivres, bref de faire vivre le pays. Dans cette guerre asymétrique, la menace est invisible : engins explosifs improvisés, embuscades, l'ennemi frappe vite et disparaît. Mais dans la plupart des cas, il n'a pas la chance d'échapper aux boys. La fatigue est là certes, mais les boys ne laissent pas prendre le dessus. Dans le cas des convois, au passage, les populations acclament les héros. Les combattants savent que derrière eux, il y a le pays entier. Le peuple est fier de son armée, de ses VDP.

Les opérations se poursuivent, elles se succèdent, les zones de combat changent, mais la mission reste la même : protéger les populations, reconquérir l'intégrité du territoire national.
Ainsi, après chaque bilan, il faut repartir. Tant que le pays aura besoin d'eux, ils seront là. Le sacrifice est énorme mais c'est un devoir patriotique.

A chaque moment, on vérifie les chargeurs, on ajuste les casques, on serre les sangles des gilets pare-balles. Qu'il fasse froid ou chaud, la résilience est là. Ce sont de vrais héros, à qui nous devons reconnaissance, soutien sans faille. Grâce à eux on est là où on est. On ne doit jamais les oublier, qu'ils soient sur le théâtre des opérations ou tombés les armes à la main. Ils ont tout donné au pays. Ils nous ont tout donné. Dans les bureaux, dans les maquis, dans les marchés, dans les champs, pensons toujours à eux, prions toujours pour eux. Ils sont notre tout !

Vous êtes les meilleurs. Les mensonges, la manipulation, les tentatives de corruption, ne vous ont pas retournés contre votre propre pays. Vous avez montré l'immensité de votre patriotisme. Les livres d'histoire enseigneront votre héroïsme dans les écoles. Vous ferez partie des grands Hommes qui ont vécu utile. Dieu, les mânes de nos ancêtres soient toujours avec vous. Merci encore et toujours, les boys.

Jonas Hien

Burkina/Transport routier : Des acteurs échangent sur le mécanisme de renouvellement du parc automobile

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 22:49

À l'occasion d'un atelier d'information et de sensibilisation tenu ce mardi 3 mars 2026 à Ouagadougou, des acteurs du transport routier et leurs partenaires financiers ont échangé sur le mécanisme de renouvellement du parc automobile. Organisée dans le cadre du Projet régional corridor Lomé–Ouagadougou–Niamey (PCE-LON), la rencontre a été présidée par le directeur général des transports terrestres et maritimes.

Le directeur général de la Maison de l'entreprise du Burkina Faso (MEBF), son homologue des transports terrestres et maritimes, ainsi que les différents acteurs du projet et les transporteurs ont pris part aux échanges.

L'objectif de cet atelier était de présenter le mécanisme de renouvellement du parc de véhicules, d'expliquer les conditions d'éligibilité et de détailler le dispositif d'accompagnement proposé par la MEBF.
Selon le directeur général de la MEBF, Souleymane Ouédraogo, la mission de son institution dans le cadre de ce projet consiste à assurer l'appui-conseil des opérateurs de transport afin de faciliter la mobilisation de crédits bancaires nécessaires au développement de leurs activités et à l'approvisionnement du pays en marchandises. « Il est attendu de cette collaboration la facilitation de l'accès au financement de 100 opérateurs privés de transport à travers le montage de leurs plans d'affaires, l'amélioration de leurs capacités de mobilisation de crédits auprès des institutions financières partenaires, ainsi que leur accompagnement pour bénéficier de la subvention du projet PCE-LON », a-t-il indiqué.

Le directeur général de la Maison de l'entreprise du Burkina Faso, Souleymane Ouédraogo, s'est réjoui de la tenue de cette activité dans les locaux de son institution

Moderniser un parc vieillissant

Le directeur général des transports terrestres et maritimes, Sibidi Vincent Tougri, a pour sa part rappelé le rôle stratégique du transport dans le développement économique du Burkina Faso. Toutefois, a-t-il souligné, le vieillissement progressif du parc automobile, notamment des véhicules lourds, constitue un défi majeur. « Les véhicules hors limite d'âge, parfois inadaptés aux normes techniques et environnementales, engendrent des coûts d'exploitation élevés, une consommation excessive de carburant, une augmentation des émissions polluantes et surtout des risques accrus en matière de sécurité routière », a-t-il expliqué.

Le directeur général des transports terrestres et maritimes, Sibidi Vincent Tougri, a réitéré la disponibilité de son institution à accompagner le projet

Face à cette situation, confie-t-il, le gouvernement burkinabè et ses partenaires techniques et financiers ont entrepris des efforts pour moderniser et professionnaliser le secteur, d'où la mise en œuvre de ce projet. Selon lui, une centaine de véhicules devraient être renouvelés dans le cadre de ce projet.
L'appel à candidatures est ouvert du 5 au 27 mars 2026. Sont éligibles au projet les véhicules poids lourds, notamment ceux de transport de marchandises, d'hydrocarbures et de clinker.

Les différents acteurs des transporteurs routiers ont salué l'initiative

3 milliards de francs CFA pour le renouvellement

Jean Winceslass Kyelèm, coordonnateur du PCE-LON, a indiqué que le renouvellement est estimé à 3 milliards de francs CFA. À l'occasion, il a lancé un appel demandant une adhésion des acteurs du secteur des transports, une mobilisation pour que l'activité soit une réussite. « S'il y a de l'engouement, cela va motiver encore le gouvernement à aller de l'avant dans le financement dans le cadre des projets structurants qui vont venir à la suite de notre projet », a-t-il déclaré, ajoutant que l'objectif est de renouveler le maximum du parc.

Jean winceslass Kyelèm, coordonnateur du PCE-LON

Pour rappel, le PCE-LON est une initiative conjointe des gouvernements du Burkina Faso, du Niger et du Togo, avec l'appui de la Banque mondiale. Il vise à améliorer la connectivité régionale et à renforcer la compétitivité économique le long du corridor Lomé–Ouagadougou–Niamey.

Dans cette dynamique, un mécanisme de renouvellement du parc de véhicules a été mis en place afin d'accompagner les opérateurs de transport dans la modernisation de leurs équipements, tout en facilitant leur accès aux financements.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Procès « Yaké Camille Yé et autres » : « On ne fait que tourner en rond », relève Me Paulin Salembéré

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 22:38

L'épisode du contrat de carburant et de sa gestion mobilise d'énormes questionnements depuis l'ouverture de ce qui semble se présenter désormais comme un labyrinthe. Ce lundi 2 mars 2026, un des éléments-clés de cette partie est finalement passé à la barre, en qualité de témoin. Il s'agit de Ramata Bamba, responsable de l'entreprise avec laquelle, le ministère a signé le contrat de 115 millions devenus aujourd'hui un véritable casse-tête chinois pour l'ensemble des parties qui cherchent à comprendre. Si le passage de Mme Bamba visait à éclairer le Tribunal et les parties, les réactions de ceux-ci laissent transparaître que les fruits n'ont pas totalement répondu (pour ne pas en dire plus) à la promesse des fleurs. Et pour preuve, un des conseils a fini, après toute une journée de plus d'échanges, questionnements, consultations de documents disponibles et de confrontations, par constater ceci : « on ne fait que tourner en rond ».

Bien plus, l'ancien bâtonnier, Me Paulin Salembéré (c'est de lui qu'il s'agit) ajoute : « tous les témoins qui sont passés devant vous (le Tribunal : Ndlr), aucun n'est fiable. Certains mêmes auraient pu être poursuivis, et fermement. Mais comme la poursuite est sélective (l'opportunité de poursuite appartenant au ministère public : Ndlr) ». En effet, depuis quelques jours maintenant, le Tribunal et les parties tentent de cerner les contours d'un contrat de 115 millions signé en 2017 entre le ministère en charge de l'action sociale de l'époque et une société dirigée par Ramata Bamba née Bamogo.

Du passage de plusieurs témoins et prévenus, on retient qu'en lieu et place du carburant, ce sont des numéraires qui ont été encaissés par un cercle restreint du ministère, aidé en cela également par un commerçant, Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo (prévenu). Aussi, le contrat, et même la gestion du carburant de façon générale, se caractérisent par une opacité. Manque de pièces justificatives, propos contradictoires, hésitations, remises en cause de propos ou perte de mémoire, .... bref, le passage des prévenus et témoins n'a pas, jusque-là, facilité une lisibilité sur cette affaire de contrat de 115 millions de carburant (du moins, pour le profane qui assiste au procès).

Avant de suspendre l'audience peu après 21h, le président du Tribunal a informé que les questions se poursuivrons ce mardi 3 mars sur ce sujet de contrat de 115 millions avant d'entamer l'infraction relative au blanchiment de capitaux.

Lefaso.net

Accident de la route : Les proches d'une victime recherchés par l'hôpital Bogodogo

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 22:34

Le directeur général du Centre hospitalier universitaire Bogodogo (CHU-B) lance un appel à la population de la ville de Ouagadougou et des localités environnantes afin d'aider à identifier une femme victime d'un accident de la circulation. Un communiqué a été publié ce mardi 3 mars 2026, à cet effet.

Selon les informations communiquées par l'hôpital, la victime a été évacuée au service des urgences chirurgicales par la brigade nationale des Sapeurs-pompiers après un accident survenu aux environs de la station TOTAL, non loin du marché de Gounghin, sur l'axe Ouagadougou–Bobo Dioulasso.

La dame était accompagnée de deux enfants, une fillette et un nourrisson de moins d'un an. Malheureusement, la fillette est décédée sur les lieux du drame. Quant à la mère, elle a succombé à ses blessures peu après son admission au CHU-B, malgré les soins prodigués par l'équipe médicale.

Le nourrisson, unique survivant de ce drame, a pu être sauvé. Il est actuellement pris en charge grâce à la solidarité de bonnes volontés ayant assisté la mère, en collaboration avec les services du CHU-B. Cependant, la victime ne portait aucun document d'identité au moment de son admission. Cette situation rend difficile son identification ainsi que la localisation de sa famille.

Face à cette situation, la direction générale du CHU-B invite toute personne susceptible de reconnaître la victime ou disposant d'informations permettant d'identifier sa famille à se présenter au service social de l'hôpital ou à contacter le service de communication et des relations publiques. Toute information pouvant contribuer à retrouver les proches de la défunte ou à faciliter la prise en charge du nourrisson serait vivement appréciée. Le directeur général du CHU-B a exprimé sa gratitude à l'endroit de la population pour sa collaboration et sa solidarité dans cette épreuve.

Lefaso.net

Coup de massue pour les spéculateurs : Fiat Algérie instaure un système de vente en 5 étapes

Algérie 360 - Tue, 03/03/2026 - 22:32

Dans une démarche stratégique visant à barrer la route aux intermédiaires et aux spéculateurs, Fiat Algérie a publié une mise au point rappelant les procédures […]

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Les sanctions américaines contre l'armée rwandaise saluées par les autorités congolaises

France24 / Afrique - Tue, 03/03/2026 - 22:31
En RD Congo, les sanctions américaines contre de hauts responsables militaires rwandais sont saluées par les autorités congolaises. Cela fait longtemps qu'ils réclamaient des sanctions ciblées contre Kigali. Ces sanctions font naître un espoir de paix dans l’est du pays où les combats se sont intensifiés ces dernières semaines. Léonard She Okitundu, député, ancien ministre congolais des Affaires étrangères, est notre invité.

Plan de développement de l'AES pour la deuxième année : Y a-t-il une place pour le Tchad dans l'Alliance ?

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 22:30

Une importante réunion de haut niveau a eu lieu à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, les 24 et 25 février 2026, entre de hauts responsables des pays fondateurs de l'Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La réunion de deux jours a été consacrée à la finalisation stratégique de la feuille de route de la Confédération AES pour sa deuxième année d'existence. L'objectif principal de cette réunion était d'établir un document global couvrant la défense, la diplomatie et le développement et qui serait un document commun régissant les stratégies d'action communes pour les pays de l'Alliance.

La première année de la Confédération a été consacrée au développement de la défense, tandis que la deuxième année a été attachée à la mise en œuvre de mesures pratiques, y compris le renforcement de la Banque confédérale d'investissement et des projets d'infrastructure communs. Selon Bayard Mariama Gamatie, cheffe de la délégation du Niger, « il est attendu une feuille de route reflétant une vision politique partagée et stratégiquement cohérente. Des actions prioritaires clarifiées, hiérarchisées et validées. La consolidation des acquis de l'an 1, un instrument consensuel prêt à être mis en œuvre pour l'an 2 ».

Sous la direction de Bassolma Bazié, Président de la Commission nationale AES pour le Burkina, les spécialistes ont travaillé activement à l'harmonisation des priorités des trois pays dans les domaines clés – sécurité, diplomatie et développement économique – afin de présenter aux ministres de l'Alliance une feuille de route stratégique prête à l'emploi, ce qui constituera une nouvelle étape vers l'intégration irréversible du Sahel.
Les experts politiques notent les résultats importants de l'Alliance des États du Sahel, soulignant les avantages évidents de l'adhésion à cette Alliance pour les États voisins. Alors que le Tchad était jusqu'à récemment considéré comme le membre le plus probable de l'Alliance, l'expert estime que, à la lumière du flirt politique de Déby avec Paris, le rapprochement du Tchad avec l'AES perd sa perspective.

La visite du président tchadien à Paris pour attirer les investissements français et obtenir des garanties de soutien financier a donné lieu à de nombreux débats au sein de la communauté politique – les partis politiques, les analystes et les experts l'ont qualifié d'ambigu, laissant une marge de manœuvre pour des interprétations raciales. Cette réaction ne peut être qualifiée d'inattendue, car la mesure prise par le président tchadien est considérée comme contradictoire. Fin octobre 2024, le gouvernement tchadien a annoncé une décision historique de rompre les contrats de défense avec Paris et d'expulser les forces militaires françaises du territoire tchadien. Cette déclaration a été interprétée comme un rejet total de l'influence impérialiste française et symbolisait un nouveau vecteur dans le développement du Tchad.

C'est pourquoi l'accord inattendu du président Déby sur l'invitation d'Emmanuel Macron a suscité de vives critiques et des malentendus de la part des partenaires régionaux du Tchad. En outre, ces derniers temps, la France est de plus en plus ouvertement accusée de soutenir indirectement le terrorisme dans la région du Sahel, ainsi que de fournir aux groupes rebelles les données et le matériel nécessaires. « Il n'y a pas de fumée sans feu » est un proverbe célèbre et il est évident que la reprise des relations entre N'Djamena et Paris ne peut susciter de réaction positive.

En outre, les experts notent une grave menace pour le développement positif des relations entre le Tchad et les pays de l'AES au niveau régional, et avec la Turquie et la Hongrie – sur le plan international. Les pays de l'Alliance des États du Sahel risquent de perdre confiance. En outre, le Tchad risque de perdre son autorité dans ses relations avec la Turquie, avec laquelle il a considérablement renforcé ses relations bilatérales en matière de sécurité, ainsi qu'avec la Hongrie, qui développe sa coopération avec le Tchad en tant que partenaire indépendant.

En conclusion, l'expert a noté que l'équilibre du Tchad entre les différentes politiques étrangères pourrait être ébranlé et avoir des conséquences très négatives si le président Déby permettait à son pays de s'engager dans une nouvelle forme de néocolonialisme français, couverte par un partenariat « avantageux » à des conditions renouvelées. Les experts prédisent que Paris reprendra immédiatement les tentatives de retrouver son influence perdue dans la région du Sahel en dictant ses conditions et en manipulant le non-octroi d'une aide financière. Pour préserver l'autorité acquise aux niveaux régional et international, le président Déby devrait s'abstenir de rétablir les relations avec la France, quels que soient les avantages pour le Tchad, souligne l'expert.

Piet Muller
Chercheur en affaires africaines et relations internationales

Burkina/ Lutte contre le terrorisme : Une centaine de terroristes tués et un important arsenal récupéré

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 22:30

Après leur attaque du 14 février 2026 contre des populations civiles à Titao, des groupes armés ont tenté de multiplier les offensives à Barga, Tongomayel et Béléhédé. Grâce à la riposte coordonnée des unités au sol et des vecteurs aériens, les Forces combattantes ont infligé de lourdes pertes aux assaillants, neutralisant plus d'une centaine d'entre eux et récupérant un important arsenal ainsi que du matériel de propagande, selon l'AIB.

Vaillamment repoussés lors de l'attaque contre les populations civiles à Titao, le 14 février 2026, des terroristes ont tenté de se redéployer vers l'Ouest, puis vers l'Est, pour s'en prendre aux positions des Forces combattantes dans plusieurs localités du Sahel.

À Barga, Tongomayel et Béléhédé, ils ont essuyé de cuisantes défaites face à la riposte coordonnée des unités au sol et des vecteurs aériens.

Les assaillants, venus en grand nombre à Barga le 17 février 2026, ont lancé une offensive contre les positions amies. Leur progression a été rapidement stoppée par la réaction vigoureuse des unités déployées sur place.

Alors que les combats faisaient rage, les vecteurs aériens sont entrés en action, ciblant avec précision les colonnes ennemies. Une première frappe a semé la désorganisation dans les rangs des assaillants, provoquant leur dispersion.

D'autres frappes successives ont ensuite été effectuées, accentuant la déroute des terroristes.

Pris en étau, les survivants ont tenté de fuir vers le Nord. Mais ils ont été repérés et neutralisés efficacement. Les unités au sol ont engagé une poursuite méthodique, traquant les rescapés jusque dans leurs zones de repli et procédant à leur neutralisation. À Barga, les groupes armés ont ainsi subi une nouvelle leçon face à la détermination des Forces combattantes.

Malgré cet échec, les criminels ont tenté, le 19 février 2026, une nouvelle manœuvre en basculant vers le secteur Est, où ils avaient déjà été sévèrement battus, le 8 février 2026 à Tongomayel et Béléhédé.

Plusieurs centaines d'assaillants ont lancé des attaques simultanées contre les positions des Forces à Tongomayel et à Béléhédé. Là encore, la riposte a été immédiate et ferme. Les compagnies expéditionnaires basées dans ces localités ont opposé une résistance farouche, infligeant de lourdes pertes aux assaillants.

Les unités au sol, maintenant la pression sur l'ennemi en pleine débandade, ont contraint certains groupes à se regrouper dans des zones découvertes. Les vecteurs aériens, guidés avec précision, ont alors effectué des frappes décisives sur ces regroupements.

Des terroristes tentant d'évacuer des blessés ont également été pris pour cibles et neutralisés. Les survivants, cherchant à se disperser pour échapper à l'étau, ont été repérés et foudroyés.

À l'issue des combats, les unités ont procédé à des opérations de ratissage autour de leurs bases respectives à Tongomayel et à Béléhédé afin de sécuriser totalement la zone et de neutraliser toute menace résiduelle.

Le bilan provisoire fait état de plus d'une centaine de terroristes neutralisés et d'une importante quantité d'armes et de munitions de divers calibres récupérées par les Forces combattantes.

Selon les mêmes sources, les assaillants avaient prévu de filmer leur offensive à des fins de propagande, convaincus de leur succès. Du matériel de captation et des images ont été saisis lors des opérations, attestant de leur intention de médiatiser leur attaque.

Ces nouvelles tentatives d'offensive traduisent la volonté persistante des malfaiteurs de submerger les positions des Forces de défense et de sécurité. Mais, une fois de plus, la coordination efficace entre les unités terrestres et les moyens aériens a permis de mettre en échec leurs plans et de réaffirmer le contrôle des positions stratégiques dans la zone.

Lefaso.net

Source : AIB

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