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Afrique

Ebola en Ituri : Mgr Sosthène Ayikuli annule le pèlerinage 2026 au sanctuaire d’Erira

Radio Okapi / RD Congo - Tue, 11/08/2026 - 10:07

L'évêque du diocèse de Mahagi-Nioka, Mgr Sosthène Ayikuli, a annoncé l'annulation officielle du pèlerinage diocésain 2026 au sanctuaire d’Erira, prévu dans quelques semaines dans le territoire de Mahagi (Ituri).


Cette décision de précaution vise à éviter la création de grands rassemblements susceptibles d'accélérer la chaîne de contamination à la maladie à virus Ebola, qui a déjà provoqué plus de 1 900 décès dans la province.

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Décès de CISSE TINTO Moussa : Remerciements

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 11/08/2026 - 09:30

Les grandes familles CISSE TINTO, OUEDRAOGO et GUIRO à Ouahigouya, Bobo Dioulasso, Ouagadougou, Mali et Côte d'Ivoire et États Unis ;

Les familles alliées TINTO, CONSIMBO, KAMBOU, KOUMSONGO, TRAORÉ, SEDEGO, SOBGO, SEMDE, SAWADOGO, OUELGO, KINDO, KEITA, NABALOUM et COULIBALY ;

La veuve SAWADOGO Sanata et ses enfants à Abidjan
Tiennent à exprimer leur profonde reconnaissance :
À la Directrice de Champy Meso Finance et son personnel,
Au Directeur Général de JINCHENG Moto SA et son personnel,
Aux voisins et jeunes du quartier Niénèta à Bobo Dioulasso
A toutes les personnes

Qui leur ont apporté réconfort, affection et soutien lors du rappel à Dieu de leur fils, frère, neveu, oncle, époux, parent, amis et beau-père,
CISSE TINTO Moussa
Précédemment à Abidjan, République de la Côte-d'Ivoire.

Décès survenu le Mardi 28 juillet 2026 à Ouagadougou.

L'inhumation à eu lieu le mercredi 29 juillet à Bobo Dioulasso.

Le Doua a eu lieu le 02 août 2026 au domicile familial sise à Niènèta

Dans cette épreuve douloureuse, de par vos prières, par vos paroles de réconfort, par vos visites, vous avez su adoucir notre chagrin et nous accompagner dans cette période difficile.

Puisse le Seigneur, dans sa grande miséricorde, répandre sur vous ses bénédictions, vous garder sous sa protection, vous récompenser abondamment et vous rendre au centuple tout l'amour et la bonté que vous nous avez témoignés.

Inna lillahi wa inna illayhi radjihounn.
A Allah nous appartenons et vers lui nous retournerons.

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Le Béninois Marius Abadahoué, champion du monde WFF

24 Heures au Bénin - Tue, 11/08/2026 - 08:43

Le bodybuilder béninois Marius Bignon Abadahoué, alias « Patati Patata », s'est imposé aux Championnats du monde WFF 2026 à Yaoundé, au Cameroun.

Le Bénin est champion du monde dans le bodybuilding. Marius Bignon Abadahoué, plus connu sous le surnom de « Patati », a remporté le titre mondial WFF 2026 lors de la compétition organisée à Yaoundé, au Cameroun.

Engagé dans la catégorie des moins de 82 kg, le représentant béninois s'est hissé au sommet au terme de cette compétition internationale.

Le sacre de Yaoundé intervient après une autre étape importante de la carrière du bodybuilder béninois. En octobre 2025, Marius Abadahoué avait remporté le titre de champion national absolu lors de la 5e édition du Championnat national de bodybuilding et fitness, organisée pour la première fois à Porto-Novo. Il avait alors succédé à Romain Zannou, présenté comme son mentor.

L'athlète béninois avait également déjà fait parler de lui sur la scène africaine. Lors de la première édition du Championnat d'Afrique des nations de bodybuilding, organisée à Cotonou en novembre 2024, il s'était imposé dans la catégorie Men's Body 2, devant un autre Béninois, Ange Djamal Do Régo, et le Togolais Edo Awoto-Yao.

La World Fitness Federation (WFF) organise des compétitions internationales de bodybuilding et de fitness dans plusieurs régions du monde.
La fédération regroupe plus de 60 pays et organise de nombreux championnats internationaux.
M. M.

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Shooter Squad et No Mercy sacrés champions du Street Game 229

24 Heures au Bénin - Tue, 11/08/2026 - 08:43

Le rideau est tombé dimanche 9 août 2026 sur la 10e édition du Street Game 229, organisée sur le terrain Energie de Gbégamey, à Cotonou.

Le tournoi, initié par l'ancien international béninois Arafat Tabé, installé en France, a réuni du 7 au 9 août 2026, 26 équipes dans les catégories seniors hommes et dames ainsi que chez les U15 garçons et filles.

Pour cette édition anniversaire, le Street Game 229 s'est associé à Quartier Ouest, tournoi international de basketball basé en France. Une collaboration qui a contribué à donner une dimension supplémentaire à un rendez-vous conçu pour offrir une vitrine aux basketteurs et aux équipes de quartier. « Les meilleurs joueurs seront repérés. C'est une vraie vitrine pour eux », expliquait Arafat Tabé avant la compétition.

Chez les hommes, Shooter Squad s'est adjugé le trophée face à The Future sur un score de 57 contre 42.

Chez les dames, No Mercy a également conclu le tournoi sur une victoire, en s'imposant 40-30 devant The Future.

L'affluence et l'ambiance ont marqué cette 10e édition du Street Game 229. « On n'a jamais eu autant de monde à ce tournoi », s'est réjoui Arafat Tabé, le promoteur, qui estime que l'objectif recherché par l'organisation a été atteint. « Il y a du monde, il y a de la fête, les gens s'éclatent et prennent du plaisir, c'est tout ce qu'on souhaite », a-t-il ajouté, tout en relevant un niveau de jeu « beaucoup plus relevé ».

Déjà tourné vers la 11e édition

Avec 26 équipes engagées, le Street Game 229 a également confirmé son ouverture aux jeunes. Jimmy Yamba, partenaire de l'événement à travers Quartier Ouest, a notamment défendu la présence des catégories U15, estimant qu'elle permettait de faire du tournoi « un événement global, et pas seulement réservé aux adultes ».

Pour Amandine Kouakou, venue de France participer à la compétition, l'expérience a également été marquée par l'ambiance. « Franchement, c'était une très belle compétition », a-t-elle témoigné.

Après cette édition anniversaire réussie, Arafat Tabé annonce de nouveaux contacts et des possibilités de partenariats pour la suite, avec l'ambition de poursuivre la progression du tournoi. « On pense déjà à la 11e édition », a-t-il indiqué. L'objectif, selon le promoteur, est de donner au Street Game 229 une portée internationale encore plus affirmée.
M. M.

Categories: Afrique

19860 paquets de cigarettes et 496 kg de médicaments interceptés

24 Heures au Bénin - Tue, 11/08/2026 - 08:41

La douane béninoise a réalisé, les 5 et 6 août 2026, plusieurs saisies de produits de contrebande dans les départements de l'Ouémé et de la Donga.

19860 paquets de cigarettes et 496 kg de produits pharmaceutiques ont été interceptés dans deux départements par la douane.

Dans l'Ouémé, une opération menée le 5 août par le Service régional de lutte contre la fraude (SRLCF) Ouémé-Plateau a permis de découvrir 17800 paquets de cigarettes, soit 36 cartons ou 351500 tiges, dissimulés dans un camion-benne à Ganvidokpo.

La saisie a été conduite sous la direction de l'inspecteur de première classe Maurice Chaudieu Amoussou.

Le 6 août, 2060 autres paquets de cigarettes ont été interceptés par le SRLCF Atacora-Donga.

Les douaniers ont également découvert, dans le même véhicule contrôlé dans l'Ouémé, quatre colis contenant au total 496 kg de produits pharmaceutiques de contrebande.

Ces opérations, réalisées à deux jours d'intervalle, illustrent le renforcement des contrôles douaniers contre les circuits de fraude et de contrebande, notamment ceux portant sur les produits du tabac et les médicaments.
M. M.

Categories: Afrique

L'innovation et l'IA rapprochent Cotonou et Addis-Abeba

24 Heures au Bénin - Tue, 11/08/2026 - 08:40

Le Bénin et l'Éthiopie veulent approfondir leurs échanges dans le domaine du numérique. Une délégation béninoise s'est rendue à Addis-Abeba du 4 au 8 août pour partager les expériences des deux pays et examiner de nouvelles pistes de coopération, notamment autour de l'intelligence artificielle.

Une délégation béninoise conduite par le ministre de la Transformation Digitale et de l'Innovation, Mahuna Akplogan, a séjourné à Addis-Abeba du 4 au 8 août 2026.

Cette mission de travail intervient après les échanges de haut niveau entre les deux pays, notamment la rencontre du 13 juillet dernier entre le président béninois Romuald WADAGNI et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

A Addis-Abeba, les discussions ont porté sur les expériences respectives des deux pays dans la construction de leurs écosystèmes numériques. Le Bénin a présenté plusieurs chantiers engagés ces dernières années, notamment la numérisation des services publics, le développement des infrastructures, l'identité numérique et la cybersécurité.

Les échanges ont également ouvert la discussion sur des domaines considérés comme stratégiques pour la prochaine étape de cette transformation. Il s'agit notamment de l'interopérabilité des systèmes, de la gouvernance des données, des infrastructures numériques, de l'intelligence artificielle et de l'innovation.

Une séance de travail avec le ministère éthiopien de l'Innovation et de la Technologie a notamment permis aux deux parties de confronter leurs expériences et d'identifier des pistes de coopération.

A travers cette mission, Cotonou et Addis-Abeba entendent ainsi donner davantage de contenu à leur coopération dans le numérique.
M. M.

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Résultats du tirage Loto Fortune 18H

24 Heures au Bénin - Tue, 11/08/2026 - 08:39

LES RÉSULTATS LOTO FORTUNE DE 18 HEURES

Tirage N°127/26 du Lundi 10 août 2026 (18H)

85 • 25 • 79 • 12 • 58

Félicitations aux heureux gagnants

Rendez-vous à 20H pour le prochain tirage.

Jouez avec modération et responsabilité. Le jeu doit rester un plaisir.

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Kindu : les routes secondaires dans un état de dégradation avancée

Radio Okapi / RD Congo - Tue, 11/08/2026 - 07:21


Les routes secondaires de la ville de Kindu se trouvent dans un état de dégradation avancée, rendant les déplacements difficiles aussi bien en saison des pluies qu'en saison sèche. Face à cette situation, les usagers appellent les autorités compétentes à aménager ces voies à l'aide d'une niveleuse, comme cela se fait déjà sur plusieurs routes grâce aux fonds issus de la taxe conventionnelle.

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Au Maroc, la fin du démarchage téléphonique vers la France menace plus de 40 000 emplois

LeMonde / Afrique - Tue, 11/08/2026 - 07:16
Une loi adoptée en France interdit toute prospection sans accord explicite du client à partir du 11 août. Elle met en danger des dizaines de milliers de salariés dans les centres d’appels marocains, largement dépendants du marché hexagonal.
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Le Potentiel : « Référendum en RDC : la société civile exhorte Tshisekedi à abandonner le processus »

Radio Okapi / RD Congo - Tue, 11/08/2026 - 06:58


Revue de presse du mardi 11 août 2026


L'actualité nationale est marquée notamment par le débat autour du projet de référendum constitutionnel. Le sujet fait la Une de plusieurs journaux, parus ce mardi 11 août 2026, à la suite d’une prise de position collective d'organisations de la société civile.

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« Ebola se propage à une vitesse que nous n’avions encore jamais observée » : l’alerte de Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus

LeMonde / Afrique - Tue, 11/08/2026 - 06:30
Le virologue congolais, qui a mis au jour le virus en 1976, revient, dans un entretien au « Monde », sur l’actuelle propagation de l’épidémie due à Ebola en République démocratique du Congo. En seulement trois mois, le nombre de morts s’approche du bilan humain de l’épidémie de 2018, qui avait duré vingt-deux mois.
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Ebola en RDC : l’OMS appelle à accélérer la riposte tandis que l’espoir d’un vaccin se précise

Radio Okapi / RD Congo - Tue, 11/08/2026 - 06:18


La République démocratique du Congo (RDC) et ses partenaires poursuivent leur lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, qui reste active dans plusieurs provinces du pays. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Africa CDC appellent à un renforcement urgent des interventions. Dans le même temps, de nouvelles avancées scientifiques nourrissent l’espoir de disposer prochainement d’un vaccin efficace contre la souche Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle. 

Categories: Afrique, Défense

Hausse des prix des produits : Le ministre Serge Poda appelle les consommateurs à refuser toute complicité

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 11/08/2026 - 00:23

Le ministre de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, Serge Poda, a animé, ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou, une conférence de presse sur les mesures de lutte contre la hausse des prix des produits de grande consommation. Pour l'occasion, le ministre a appelé, d'une part les opérateurs économiques au strict respect de la règlementation en vigueur et à l'abandon des pratiques spéculatives et, d'autre part les consommateurs à jouer un rôle de veille et à ne surtout pas être complices des pratiques malveillantes.

La disponibilité des produits de grande consommation et la stabilité des prix constituent, rassure le ministre, l'une des priorités de l'action gouvernementale, en raison de leur impact direct sur le pouvoir d'achat des populations. « À ce titre, plusieurs mesures ont été prises et des actions menées par le gouvernement à travers le renforcement du dispositif juridique de régulation des prix, l'intensification des contrôles économiques, la surveillance accrue des circuits de distribution, la réglementation des prix de plusieurs produits de grande consommation ainsi que l'amélioration de la coordination entre les différentes structures de contrôle », présente Serge Poda, relevant qu'en dépit des efforts consentis par le gouvernement, il s'observe « avec regret », la persistance de tensions sur certains marchés.

« Des phénomènes de spéculation, de rétention de stocks et de hausse injustifiée des prix continuent d'être signalés, notamment pour les huiles alimentaires, le ciment, les motocycles, le savon, les œufs, le poisson et la viande de bœuf », cite le ministre de l'industrie, du commerce et de l'artisanat.

Selon le conférencier, la surveillance périodique du marché révèle des prix supérieurs aux prix plafonds fixés par la réglementation. À titre illustratif, le ministre indique qu'au mois de juillet 2026, les hausses allant jusqu'à 18,33 % pour le sucre SOSUCO granulé, 16, 67% pour les œufs et plus de 16% pour le savon ont été constatées. « Pour les produits dont les prix ne sont pas fixés par voie réglementaire, comme la viande de bœuf et le poisson, ils ont également connu une tendance haussière, dépassant parfois 20% d'augmentation annuelle pour le cas du poisson chinchard. Ces variations s'expliquent non seulement par des facteurs externes, mais aussi par des facteurs internes. Concernant le poisson, il faut noter que la hausse des prix découle de la réduction de l'offre mondiale, de la forte consommation et des pratiques spéculatives des acteurs sur le marché du poisson. En ce qui concerne les motocycles, même avec la tendance baissière des prix en raison de l'amélioration de l'offre et des actions de contrôle, il faut noter que des motocycles restent toujours inaccessibles pour le citoyen lambda, au regard des pratiques spéculatives des acteurs. S'agissant du ciment, il est constaté une baisse de l'offre liée à des difficultés d'approvisionnement en clinker et à une forte demande de la population. À ces éléments explicatifs s'ajoutent les pratiques spéculatives de certains acteurs véreux profitant de cette situation. Quant à la viande de bœuf, la hausse du prix constatée ces trois dernières années résulte d'une faiblesse de l'offre nationale en bétail », détaille le ministre Poda.

Face à cette situation, dit le conférencier, le gouvernement a pris de nombreuses actions. Il s'agit de la déclaration des lieux de stockage rendue obligatoire pour éviter les pratiques clandestines à des fins de spéculation ; de l'intensification du contrôle des prix, des stocks et des lieux de stockage des produits de grande consommation ; de la suspension temporaire de l'exportation de certains produits comme le riz, le niébé, les céréales et le bétail sur pied ; de la conduite de l'opération spéciale de vente de certains produits de grande consommation à l'occasion du jeûne musulman, du carême chrétien et de ventes promotionnelles par la société d'État « Faso Yaar ». À ces actions s'ajoutent la réduction des délais de validité des autorisations spéciales d'importation de douze mois à six mois pour éviter les comportements opportunistes des importateurs ; la suspension de l'exportation de certaines matières premières afin de permettre aux unités industrielles de disposer de la matière première ; le renforcement du suivi de la production et des circuits de distribution du ciment pour rendre disponible le produit et lutter contre la spéculation.

La fixation des prix de vente de certains produits de grande consommation tels que le riz, les huiles alimentaires, le ciment, le poisson de production locale ; le renforcement de la régulation du secteur des cycles, motocycles et cyclomoteurs par l'instauration de l'agrément pour la fabrication/le montage, l'importation et la distribution des motocycles et leur soumission à autorisation spéciale d'importation pour mieux organiser le secteur et réguler le marché ; la nationalisation de la SOSUCO et la SN-CITEC ; le renforcement du dialogue entre les acteurs économiques et la partie gouvernementale ; l'information et la sensibilisation des commerçants et des consommateurs dans les différentes régions du pays sont autant d'actions entreprises par le gouvernement.

Des actions que l'autorité entend intensifier à travers des contrôles et des circuits de distribution ; l'assainissement des circuits de distribution par la réduction des intervenants de la chaîne de distribution ; le renforcement du maillage territorial au niveau des grands centres, des régions et des provinces en matière de contrôle. Il y a également l'amélioration de l'offre nationale grâce au développement de la production agricole et industrielle ; le renforcement des sanctions à l'encontre des contrevenants (fermetures des lieux de vente en apposant la mention ‘'fermé pour non-respect de la règlementation'', retrait de titre ou d'autorisation d'exercer) ; la réquisition des contrevenants pour la réalisation des travaux d'intérêt commun.

Le gouvernement prévoit, en outre, la commercialisation de certains produits à travers les points de vente des structures étatiques comme « Faso Yaar » et la SONAGESS en cas de persistance des perspectives ; la reconnaissance des acteurs exemplaires et patriotes dans leurs secteurs d'activité ; le renforcement de la collaboration avec les organisations de défense des droits des consommateurs ; la modernisation des outils de suivi des marchés et des contrôles par la digitalisation ; la possibilité de l'intervention de l'État dans la distribution de certains produits stratégiques.

Le gouvernement réitère l'appel aux acteurs économiques à faire preuve de responsabilité dans l'exercice de leurs activités, au strict respect de la règlementation en vigueur et à l'abandon des pratiques spéculatives.

« L'inflation a amorcé une tendance baissière, sinon, elle a stagné… »

Le gouvernement exhorte également les consommateurs à jouer un rôle de veille en ne se faisant pas complices des pratiques malveillantes. « Si vous êtes un consommateur, vous savez très bien qu'un prix est fixé, que nous travaillons toujours à lutter contre ceux qui fixent les prix de façon exagérée, et vous acceptez d'aller en connivence avec le commerçant, s'il vous donne une facture où il met le prix réglementé et derrière, vous acceptez de payer un prix supérieur, vous voulez qu'on fasse quoi ? Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ! Au contraire, vous devez non seulement refuser de payer à ce prix, ensuite collecter l'information et immédiatement la reporter avec tous les éléments, pour qu'à l'instant T, nous puissions faire une descente là-bas. Ou bien que nous passions par des consommateurs aussi, que nous-mêmes allons commissionner, pour aller faire le test et prendre ces commerçants véreux, la main dans le sac et les mater ! », réagit le ministre à une question posée sur fond de cas d'illustration.

Pour Serge Poda, il ne sert à rien de jouer le jeu malveillant avec le commerçant, pour ensuite entrer chez soi et appeler les émissions interactives pour se plaindre. Tant que des consommateurs continueront à entretenir cette situation, avise le ministre, il y aura toujours des opérateurs malveillants qui vont s'y adonner « parce que la situation devient normale, elle n'est plus anormale ».

« Il faut qu'à un certain niveau, il y ait un acteur qui dise ‘'non'', pour permettre aux actions du gouvernement qui sont engagées de pouvoir avoir des effets », interpelle-t-il.

Commentant subséquemment, le ministre explique qu'« en toute honnêteté, la tendance générale des prix des produits de grande consommation est baissière ».

« Quand vous prenez les statistiques au niveau du ministère de l'Industrie et du commerce, les statistiques sur l'inflation au niveau de l'INSD (Institut national de la statistique et de la démographie), et même les statistiques au niveau de la BCEAO, l'inflation a amorcé une tendance baissière, sinon, elle a stagné. Ce qu'il faut noter aussi, c'est que dans la durée, dans le temps, les prix des produits ne peuvent pas être statiques ; ils peuvent baisser, augmenter, en fonction de la situation internationale… », a-t-il démontré.

Sur une préoccupation relative à la hausse du prix du gasoil, intervenue il y a quelques heures, le patron du département de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, tout en reprenant en compte les motifs donnés par le président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, rassure : « Nous ne souhaitons pas, et nous ne tolérerons pas, qu'un acteur s'adonne unilatéralement à une répercussion démesurée des prix de certaines prestations, du fait de l'augmentation légère du prix du gasoil. Sinon, il entrera dans le statut de ces opérateurs véreux qui s'adonnent à des spéculations inexpliquées, et donc, nous verrons pour pouvoir mater cela avec toute la rigueur ».

O.L. et Elysée Nikiéma
Lefaso.net

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Ouagadougou/Pollution de l'air : « Les concentrations de particules fines dans certaines zones dépassent largement les recommandations de l'OMS », alerte le lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 11/08/2026 - 00:17

Invisible mais omniprésente, la pollution atmosphérique représente aujourd'hui un défi majeur de santé publique. Dans le cadre du Programme de formation en épidémiologie de terrain (FETP), le lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo, inspecteur des eaux et forêts et expert en faune, a consacré ses recherches à l'évolution des concentrations des matières aérodynamiques PM2,5 et PM10 dans l'air à Ouagadougou. Son étude, menée à partir des données du système national de surveillance de la qualité de l'air, met en évidence des niveaux de pollution largement supérieurs aux recommandations nationales et à celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, il revient sur les principaux enseignements de ses travaux, leurs implications pour la santé publique et les actions à envisager pour améliorer la qualité de l'air que respirent les Ouagalais. Le lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo est inspecteur des eaux et forêts, expert en faune et chef de service des aménagements des aires de protection faunique à la Direction générale des eaux et forêts. Désormais certifié épidémiologiste de terrain de niveau intermédiaire, il œuvre également au renforcement de la surveillance des maladies à l'interface entre la santé humaine, animale et environnementale, conformément à l'approche « Une seule santé ».

Lefaso .net : Vous faites partie de la cohorte 2026 du Programme de formation en épidémiologie de terrain (FETP). Que représente cette formation dans votre parcours ?

Lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo : Avant d'intégrer la formation de niveau intermédiaire, j'intervenais déjà dans le Programme de formation en épidémiologie de terrain (FETP) en tant que mentor au niveau de la base. Cette expérience m'a permis de mesurer toute l'importance de ce programme dans le renforcement de la surveillance des maladies et de la réponse aux urgences sanitaires.

Dans le domaine de la faune, nous sommes de plus en plus confrontés à des maladies émergentes, dont plusieurs trouvent leur origine dans les interactions entre les animaux, l'environnement et l'homme. Il nous est donc apparu indispensable de renforcer nos compétences en épidémiologie afin de mieux contribuer à la mise en place d'un système efficace de surveillance des maladies au niveau de la faune. Lorsque cette opportunité de formation s'est présentée, je n'ai pas hésité à la saisir. Aujourd'hui, je suis convaincu qu'elle constitue un véritable atout pour améliorer la détection précoce des maladies animales et renforcer les mécanismes de prévention dans une approche intégrée de la santé.

Le lieutenant-colonel Idrissa Ouédraogo est inspecteur des eaux et forêts, expert en faune et chef de service des aménagements des aires de protection faunique à la Direction générale des eaux et forêts.

Pourquoi avoir choisi de travailler sur la pollution de l'air à Ouagadougou ?

Au départ, ce choix n'était pas arrêté. Dans le cadre de la formation, chaque participant devait identifier une problématique de santé publique à partir de données de surveillance disponibles, puis élaborer un protocole de recherche. En explorant différentes thématiques, nous nous sommes rapidement rendu compte que la pollution de l'air constituait un enjeu majeur de santé publique, mais qu'elle restait encore peu étudiée à partir des données nationales. Nous avons alors échangé avec le directeur du Laboratoire d'analyse de la qualité de l'environnement (LAQE), qui nous a indiqué que des données de surveillance existaient déjà et pouvaient être exploitées afin d'analyser l'évolution de la qualité de l'air à Ouagadougou.

C'est ainsi que nous avons orienté notre étude vers l'analyse de ces données, en nous intéressant plus particulièrement aux particules fines PM2,5 et PM10. Au regard de la littérature scientifique, ces particules sont reconnues comme étant parmi les polluants atmosphériques les plus nocifs pour la santé humaine. Elles sont associées à de nombreuses maladies respiratoires, cardiovasculaires et à d'autres affections chroniques. Il nous a donc semblé pertinent d'évaluer leur évolution afin de mieux comprendre le niveau d'exposition des populations.

Que sont les particules PM2,5 et PM10 et pourquoi sont-elles dangereuses ?

L'air que nous respirons est constitué d'un mélange de gaz et de particules en suspension. Parmi les gaz, on retrouve notamment le dioxyde de carbone (CO₂), le dioxyde d'azote, le dioxyde de soufre, l'ozone troposphérique ainsi que plusieurs composés organiques volatils. À côté de ces gaz, l'air contient également des particules solides extrêmement fines appelées particules aérodynamiques. Ces particules sont classées selon leur diamètre. Les PM10 correspondent à des particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres, tandis que les PM2,5 sont encore plus petites, avec un diamètre inférieur à 2,5 micromètres.

En raison de leur très faible taille, elles peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et atteindre les poumons, voire la circulation sanguine. Les nombreuses études scientifiques consultées dans le cadre de notre recherche montrent que ces particules sont impliquées dans plusieurs problèmes de santé, notamment les infections respiratoires, les maladies cardiovasculaires et cardio-respiratoires. Elles aggravent également l'état de santé des personnes souffrant déjà de maladies chroniques. C'est ce qui explique l'attention particulière accordée aujourd'hui aux PM2,5 et aux PM10 dans les politiques de surveillance de la qualité de l'air.

Comment avez-vous procédé pour mesurer la présence de ces particules dans l'air de Ouagadougou ?

Notre étude ne consistait pas à installer nous-mêmes des équipements de mesure. Nous nous sommes appuyés sur les données du système national de surveillance de la qualité de l'air mis en place par la direction du Laboratoire d'analyse de la qualité de l'environnement (LAQE). Ce dispositif repose sur plusieurs équipements spécialisés. Il y a notamment le DustTrak, un appareil portatif qui est installé sur un site précis afin de mesurer, en temps réel, les concentrations des différents polluants présents dans l'air. Le laboratoire expérimente également des capteurs EcoSmart, qui fonctionnent de manière continue.

Ces capteurs enregistrent les concentrations des différents polluants atmosphériques et transmettent automatiquement les données vers une plateforme de stockage, à partir de laquelle elles peuvent être extraites et analysées. Pour notre recherche, nous avons procédé à un échantillonnage raisonné. Les mesures disponibles n'étant pas réalisées de façon continuent sur tous les sites, nous avons retenu uniquement les stations où les données avaient été collectées pendant au moins deux années consécutives. Cette approche nous a permis d'étudier l'évolution des concentrations dans le temps.

Les concentrations moyennes journalières des PM10 à Kossodo et au rond-point de la Patte d'oie de 2023 et 2024 en fonction des seuils nationaux et OMS.

Nous avons également choisi des sites présentant des caractéristiques différentes afin de comparer l'influence de plusieurs facteurs environnementaux. Ainsi, le rond-point de la Patte d'oie représentait une zone fortement soumise au trafic routier, Kossodo une zone à forte activité industrielle, tandis que le Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo constituait un site moins directement exposé à ces sources de pollution. Cette diversité nous a permis de mieux apprécier les variations spatiales des concentrations de particules fines.

Les niveaux de pollution observés à Ouagadougou sont-ils préoccupants ?

Oui, les résultats obtenus sont préoccupants. À partir des données recueillies, nous avons réalisé plusieurs représentations graphiques afin d'observer l'évolution des concentrations des particules fines selon les périodes et les différents sites de mesure. Les analyses montrent clairement que les niveaux enregistrés à Ouagadougou dépassent largement les valeurs recommandées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et, dans certains cas, les normes nationales existantes. Pour les PM2,5, l'OMS recommande une concentration journalière ne dépassant pas 15 microgrammes par mètre cube d'air.

Or, au cours de certaines campagnes de mesure, nous avons enregistré des concentrations pouvant atteindre près de 600 microgrammes par mètre cube, soit plusieurs dizaines de fois la valeur recommandée. S'agissant des PM10, la recommandation de l'OMS est fixée à 45 microgrammes par mètre cube, tandis que la réglementation nationale prévoit une limite de 300 microgrammes par mètre cube. Pourtant, certaines mesures effectuées à Ouagadougou ont dépassé 1 000 microgrammes par mètre cube.

Ces résultats montrent que les habitants de la capitale sont régulièrement exposés à des concentrations élevées de particules fines. Il convient toutefois de replacer ces données dans leur contexte. Le Burkina Faso est un pays sahélien fortement influencé par les poussières désertiques provenant du Sahara, notamment pendant certaines périodes de l'année. Cette situation naturelle contribue à augmenter les concentrations de particules dans l'air. Néanmoins, les activités humaines, en particulier le trafic routier, les émissions industrielles et d'autres sources de pollution urbaine, viennent accentuer ce phénomène. C'est l'ensemble de ces facteurs qui explique les niveaux observés dans notre étude.

Quelles catégories de personnes sont les plus exposées ?

Toutes les personnes qui vivent à Ouagadougou respirent cet air et sont donc concernées par cette pollution. Cependant, certaines catégories de la population présentent une vulnérabilité beaucoup plus importante. Les jeunes enfants figurent parmi les plus exposés. Leur organisme est encore en développement et leurs systèmes respiratoire et cardiovasculaire demeurent particulièrement sensibles aux effets des particules fines. Une exposition prolongée peut avoir des conséquences importantes sur leur santé. Les personnes âgées constituent également un groupe à risque.

Avec l'âge, les capacités de l'organisme à faire face aux agressions extérieures diminuent, ce qui augmente la sensibilité aux effets de la pollution atmosphérique. Enfin, les personnes vivant avec des maladies chroniques, notamment les maladies respiratoires ou cardiovasculaires, sont particulièrement vulnérables. Chez elles, l'inhalation de fortes concentrations de particules fines peut aggraver l'évolution de la maladie, provoquer des complications ou entraîner des épisodes aigus nécessitant une prise en charge médicale.

C'est pourquoi la surveillance de la qualité de l'air représente un véritable enjeu de santé publique. Elle permet non seulement d'informer les populations, mais aussi de mieux protéger les personnes les plus fragiles face aux risques liés à la pollution atmosphérique.

Votre recherche fait-elle des recommandations ou propose des solutions pour permettre de réduire cette pollution de l'air ? Au niveau individuel, que peut faire chacun pour participer à réduire cette pollution ?

Il n'existe malheureusement pas de solution miracle pour éliminer la pollution de l'air. L'air est un élément en mouvement permanent ; on ne peut pas l'arrêter pour le dépolluer avant de le remettre en circulation. La meilleure stratégie consiste donc à agir sur les sources de pollution et à modifier nos comportements afin de réduire les émissions de polluants dans l'atmosphère.

Notre étude formule plusieurs recommandations. La première est de renforcer le couvert végétal dans la ville de Ouagadougou. Nous avons constaté que les sites les plus végétalisés présentaient généralement des concentrations de particules fines plus faibles. Les arbres jouent un rôle important en limitant la dispersion des poussières et en améliorant la qualité de l'air.

Nous recommandons également aux autorités de poursuivre les actions visant à réduire les émissions liées au trafic routier, notamment en renforçant le contrôle des véhicules les plus polluants et en encourageant des modes de transport plus durables. Au niveau individuel, chacun peut aussi contribuer à améliorer la qualité de l'air. Nous encourageons les populations à privilégier, lorsque cela est possible, les transports en commun, le covoiturage ou les déplacements non-motorisés afin de limiter le nombre de véhicules en circulation.

Notre étude montre d'ailleurs que le rond-point de la Patte d'Oie enregistre les concentrations les plus élevées parmi les sites étudiés. Cette situation s'explique principalement par l'intensité du trafic routier, mais aussi par le faible couvert végétal dans cette zone. Ces observations confirment l'importance de conjuguer les efforts de végétalisation et de réduction des émissions pour améliorer durablement la qualité de l'air. En définitive, la lutte contre la pollution atmosphérique est une responsabilité collective. Les pouvoirs publics, les collectivités, les entreprises et chaque citoyen ont un rôle à jouer pour préserver un air plus sain.

« Les résultats mettent en évidence une pollution atmosphérique préoccupante, caractérisée par des concentrations élevées, des variations spatio-temporelles marquées et une non-conformité généralisée aux lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé ».

Après cette recherche, quelles sont vos perspectives de recherche ou d'actions dans le sens de la pollution de l'air ?

Cette étude constitue une première étape. Elle nous a permis de décrire les niveaux de pollution atmosphérique à Ouagadougou et d'identifier les principaux sites où les concentrations de particules fines sont les plus élevées. La suite logique consiste désormais à mieux mesurer les conséquences sanitaires de cette exposition. Notre principale perspective est d'établir une corrélation entre les concentrations de PM2,5 et PM10 et les données relatives aux maladies respiratoires enregistrées dans les formations sanitaires de Ouagadougou. Les connaissances scientifiques montrent déjà que ces particules fines favorisent les infections respiratoires et aggravent les maladies cardio-respiratoires, en particulier chez les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec des maladies chroniques.

Toutefois, il est important de disposer de données locales afin de mieux quantifier cet impact dans le contexte burkinabè. Nous souhaitons donc approfondir cette recherche en analysant les données sanitaires disponibles afin d'évaluer le lien entre les épisodes de forte pollution atmosphérique et l'évolution des maladies respiratoires dans la capitale. Ces résultats pourraient constituer une base scientifique utile pour orienter les politiques publiques de prévention et de protection de la santé des populations.

Avez-vous un message à adresser aux habitants de la ville de Ouagadougou sur la qualité de l'air qu'ils respirent ?

J'aimerais rappeler que l'air est une ressource vitale. Nous respirons chaque jour sans toujours prêter attention à sa qualité, alors qu'elle influence directement notre santé et notre bien-être. La pollution atmosphérique favorise de nombreuses maladies, notamment les affections respiratoires et cardio-respiratoires. Ses effets sont particulièrement préoccupants chez les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec des maladies chroniques. Il est donc essentiel que chacun prenne conscience de cet enjeu. Au-delà des actions attendues des pouvoirs publics, chaque citoyen peut contribuer à améliorer la qualité de l'air. Planter des arbres, préserver les espaces verts, privilégier les transports en commun lorsque cela est possible et adopter des comportements plus respectueux de l'environnement sont autant de gestes qui participent à réduire les émissions de particules fines.

Je lance donc un appel à tous les habitants de Ouagadougou : faisons de la lutte contre la pollution atmosphérique une responsabilité collective. En agissant ensemble, nous pouvons contribuer à offrir aux générations actuelles et futures un environnement plus sain et un air de meilleure qualité à respirer.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Les 100 Visages du Burkina Digital : Izaï Toé, un des artisans de la souveraineté numérique du Burkina Faso

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 11/08/2026 - 00:15

À moins de 100 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons en lumière Izaï Toé, ingénieur des réseaux, systèmes et télécommunications, dont le parcours épouse l'évolution des politiques publiques du numérique au Burkina Faso depuis plus de deux décennies.

Le développement du numérique ne repose pas uniquement sur les applications ou les services visibles du grand public. Il dépend aussi d'infrastructures robustes, de normes techniques, d'une gouvernance efficace de l'Internet et d'une vision stratégique capable d'accompagner les transformations de l'État. Izaï Toé fait partie de ces experts qui ont contribué à construire ces fondations.

Ingénieur, haut responsable de l'administration publique et aujourd'hui Directeur exécutif de l'Alliance Burkinabè des Domaines Internet (ABDI), il œuvre depuis plus de vingt ans à renforcer les infrastructures numériques nationales et à promouvoir la souveraineté numérique du pays.

Un ingénieur au service des politiques publiques

Diplômé en réseaux, systèmes et télécommunications, Izaï Toé débute sa carrière dans l'administration des réseaux et des systèmes informatiques avant d'accompagner progressivement la modernisation des infrastructures numériques de l'État. Cette solide expérience technique lui permet de maîtriser les enjeux liés aux réseaux IP, aux télécommunications, à la cybersécurité, aux infrastructures critiques et à la gouvernance de l'Internet, autant de domaines devenus essentiels dans la transformation numérique des administrations.

Très tôt, il comprend que le développement du numérique ne peut se limiter aux équipements. Il suppose des référentiels, des normes, une gouvernance cohérente et une capacité à anticiper les évolutions technologiques.

Au cœur de la transformation numérique de l'État

Au fil des années, Izaï Toé occupe plusieurs fonctions stratégiques au sein du ministère en charge du numérique et de l'Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC). Directeur de l'exploitation et du support technique de l'ANPTIC, il supervise notamment l'exploitation du Réseau informatique national de l'administration (RESINA), la sécurisation des infrastructures publiques de communication électronique et l'administration des plateformes de messagerie institutionnelles.

Nommé ensuite Directeur général des Technologies de l'Information et de la Communication, il participe à l'élaboration des stratégies nationales des TIC, coordonne les directions des systèmes d'information de l'administration et pilote la définition de plusieurs référentiels techniques destinés à harmoniser la transformation numérique de l'État.

Il exerce également les fonctions de Responsable du programme budgétaire Télécommunications et TIC, où il assure le pilotage des ressources consacrées aux grands projets numériques nationaux, notamment les projets e-Burkina, G-cloud, e-Conseil des ministres et backbone national des télécoms, ainsi que celles d'administrateur de La Poste Burkina Faso, contribuant à la gouvernance stratégique de l'entreprise publique.

Le gardien du ".bf"

Depuis janvier 2021, Izaï Toé dirige l'Alliance Burkinabè des Domaines Internet (ABDI), structure chargée de l'administration du domaine national de premier niveau ".bf". À ce poste, il conduit une profonde modernisation de la gouvernance du registre national. Son action porte notamment sur le renforcement de la résilience du système des noms de domaine (DNS), le déploiement du protocole DNSSEC, la migration vers IPv6, le renforcement des capacités des bureaux d'enregistrement et le développement de partenariats avec les principales organisations mondiales de gouvernance de l'Internet.

Au-delà des aspects techniques, cette mission participe directement au renforcement de la souveraineté numérique du Burkina Faso en consolidant l'un des éléments les plus stratégiques de son identité sur Internet.

Un acteur des grandes réformes du numérique

Le parcours d'Izaï Toé se distingue également par sa contribution à plusieurs réformes structurantes qui façonnent aujourd'hui l'écosystème numérique burkinabè. Il participe notamment à l'élaboration de l'avant-projet de Loi d'orientation du numérique, du Cadre commun d'urbanisation des systèmes d'information, du Référentiel général d'interopérabilité et du Référentiel de management de la qualité des systèmes d'information. Ces textes, souvent peu visibles du grand public, constituent pourtant les fondations sur lesquelles reposent la cohérence, la sécurité et l'interopérabilité des systèmes numériques de l'État.

Porter la voix du Burkina dans la gouvernance mondiale de l'Internet

Le numérique se construit également dans les grandes instances internationales où se définissent les standards techniques et les règles de gouvernance d'Internet. À ce titre, Izaï Toé représente régulièrement le Burkina Faso auprès d'organisations telles que l'ICANN, l'Internet Governance Forum (IGF), AFRINIC, l'Union internationale des télécommunications (UIT), l'Organisation internationale des télécommunications par satellites (ITSO), ainsi que dans plusieurs cadres régionaux africains.

Cette présence permet au Burkina Faso de participer aux réflexions internationales sur l'évolution de l'Internet, la gestion des ressources numériques critiques et la coopération technique entre États.

L'artisan du GHN-BF

Convaincu que le développement du numérique repose avant tout sur les femmes et les hommes qui le bâtissent, Izaï Toé assure également la coordination du Grand Hommage du Numérique au Burkina Faso (GHN-BF), une initiative de l'IGF Burkina destinée à distinguer et à célébrer les acteurs qui, par leur engagement, leurs innovations et leurs réalisations, contribuent à la transformation digitale du Burkina Faso, tout en inspirant la jeune génération.

À travers cette initiative, il promeut une culture de la reconnaissance de l'excellence, met en lumière des parcours exemplaires et contribue à renforcer la cohésion de l'écosystème numérique burkinabè autour des valeurs de souveraineté numérique, d'innovation, de solidarité et de développement.

Une vision d'un Internet souverain, ouvert et résilient

Le parcours d'Izaï Toé illustre une conviction forte : la souveraineté numérique ne se résume pas à la possession d'infrastructures. Elle repose également sur la capacité d'un pays à maîtriser sa gouvernance de l'Internet, à développer des compétences nationales, à définir ses propres référentiels et à participer aux décisions internationales qui façonnent l'avenir du numérique.

Cette vision rejoint pleinement les ambitions de Le Faso Digital 2026, qui fait de la souveraineté numérique, de la gouvernance de l'Internet et de la résilience des infrastructures des piliers du développement numérique du Burkina Faso.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'il compte parmi les principaux artisans des politiques publiques qui structurent aujourd'hui le numérique burkinabè.

Parce qu'il contribue depuis plus de vingt ans au développement des infrastructures numériques nationales et à la modernisation des systèmes d'information de l'État.

Parce qu'il pilote la gouvernance du domaine national ‘' .bf ‘' et œuvre au renforcement de la souveraineté numérique du Burkina Faso.

Parce qu'il représente le pays dans les grandes instances internationales où se dessine l'avenir de la gouvernance mondiale de l'Internet.

Et parce que son parcours rappelle que le développement numérique ne repose pas uniquement sur les innovations visibles, mais aussi sur des fondations techniques, institutionnelles et réglementaires solides, garantes d'un Internet sûr, résilient et durable.

www.lefasodigital.net

Categories: Afrique

2ᵉ Forum humanitaire de l'AES : Vers un modèle d'action intégré

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 11/08/2026 - 00:13

Le Burkina Faso accueille du 10 au 12 août 2026 la deuxième édition du Forum humanitaire de l'AES qui se tient conjointement avec la réunion des ministres en charge du genre. La cérémonie d'ouverture, présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, est intervenue ce 10 août 2026. La rencontre réunit des experts, des universitaires, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile de l'espace confédéral et du Togo, pays invité d'honneur.

À travers le Forum humanitaire de l'AES et la réunion des ministres en charge du genre, il s'agit de renforcer la coopération et la coordination des actions humanitaires et des politiques publiques en matière d'égalité de genre et d'autonomisation des femmes au sein de l'espace AES. Selon le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, l'organisation de ces rencontres traduit la volonté des trois États de promouvoir une approche intégrée du développement, où l'action humanitaire, le relèvement, la résilience, l'inclusion sociale et la promotion de l'égalité de genre constituent les piliers d'une transformation durable de notre espace commun.

Pour le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, l'action humanitaire doit répondre à l'urgence tout en préparant les conditions de l'autonomie

Le 2ᵉ forum humanitaire se tient sous le thème : « De l'urgence à la résilience : vers un modèle d'action humanitaire intégré pour l'AES ». Il se veut un cadre permanent de concertation, de réflexion stratégique et de coordination de l'action humanitaire au sein de l'espace confédéral. Le Premier ministre a indiqué que les États de la confédération portent une nouvelle vision de l'action humanitaire. Cette vision consiste selon lui à bâtir un espace où la solidarité entre les peuples se conjugue avec la souveraineté des États ; un espace où les avancées dans la reconquête du territoire ouvrent la voie au relèvement, à la réhabilitation des services sociaux de base, à la restauration des moyens d'existence et à la reprise durable des activités économiques ; un espace où l'urgence prépare la résilience et où l'action humanitaire devient un levier de dignité, de prospérité et de développement durable.

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a ajouté que l'action humanitaire doit répondre à l'urgence tout en préparant les conditions de l'autonomie. Elle doit également renforcer les capacités nationales et locales, soutenir les communautés, favoriser le relèvement et permettre aux populations affectées de redevenir pleinement actrices de leur propre développement.

Les délégations sont venues des trois pays de l'AES pour prendre part à la rencontre.

Le présent forum ambitionne donc de renforcer la gouvernance humanitaire, la coordination régionale, le partage d'expériences, la mutualisation des bonnes pratiques et l'identification de solutions innovantes et durables face aux défis communs. Elle va également permettre de poser la réflexion sur la mobilisation de ressources endogènes, la mutualisation de certaines capacités logistiques, la préparation aux crises et le renforcement des acteurs nationaux et communautaires.

Le coordonnateur du système des nations unies au Burkina, Njoya Tikum, a indiqué que le système des nations unies partage pleinement la vision portée par le forum. « Depuis dix ans, nous plaidons pour une action qui ne s'arrête pas à l'urgence, mais qui construit, en parallèle et en synergie, les fondations de la résilience et du développement durable », a-t-il fait savoir. Njoya Tikum a également réaffirmé la disponibilité des équipes du système des nations unies présentes dans les trois pays à accompagner la mise en œuvre des recommandations du forum à travers la mobilisation de financements innovants et endogènes, la construction dans chaque pays d'une feuille de route intégrée reliant l'humanitaire, le développement, le climat et la consolidation de la paix, et le renforcement des systèmes conjoints d'alerte et de suivi.

Le coordonnateur du système des nations unies au Burkina, Njoya Tikum, a indiqué que son institution partage pleinement la vision portée par le Forum humanitaire

« Nous continuerons à soutenir les efforts nationaux. Nous continuerons à investir dans les capacités locales. Nous continuerons à écouter les populations. Et lorsque des personnes sont confrontées à des besoins urgents, nous continuerons à faire tout ce qui est possible, avec les autorités et nos partenaires, pour que l'appui nécessaire puisse leur parvenir de manière sûre, digne et équitable », a-t-il assuré.

La réunion des ministres chargés du genre, elle se penchera sur le thème : « Mise en œuvre des référentiels nationaux de développement des pays de l'AES : contribution des femmes à la construction d'un espace souverain, résilient et prospère ». Elle devrait permettre de faire le bilan de la mise en œuvre de la feuille de route sur la Déclaration de Niamey, d'identifier les mécanismes de financement endogènes et innovants ainsi que les partenariats stratégiques et d'analyser les principaux défis liés à la promotion de l'égalité dans l'espace confédéral. De plus, la réunion va servir de cadre pour le lancement officiel de la plateforme régionale des organisations de femmes de l'AES.

Photo de famille

Les autorités de l'espace confédéral sont convaincues du rôle crucial que jouent les femmes dans la résilience des communautés, la cohésion sociale et les activités productives. « La construction d'un espace AES souverain, résilient et prospère exige une meilleure valorisation de leur contribution et une prise en compte effective des besoins des femmes, de leurs droits et de leur potentiel dans les politiques publiques et les référentiels nationaux de développement », a soutenu le chef du gouvernement.

Dr Pascaline Coulibaly/Lengani, représentante de la plateforme nationale des organisations des femmes de l'AES, a, au nom de ses pairs, salué la volonté politique des autorités de faire de l'égalité des chances, de l'autonomisation des femmes, de leur participation à la gouvernance et de leur contribution aux processus de développement, de paix et de cohésion sociale des priorités de l'agenda confédéral.

Dr Pascaline Coulibaly/Lengani, représentante de la plateforme nationale des organisations des femmes de l'AES

« À travers les décisions qui seront issues de cette rencontre, nous nourrissons l'espoir de voir s'ouvrir une nouvelle étape dans la mise en œuvre des engagements de la Confédération des États du Sahel : une étape au cours de laquelle les orientations politiques se traduiront concrètement par des programmes structurants, suffisamment financés, assortis d'indicateurs de résultats et produisant des améliorations tangibles dans les conditions de vie des femmes, des filles et des communautés », a-t-elle plaidé.

Armelle Ouédraogo/Anita Zongo
Lefaso.net


Categories: Afrique

L'identité dioula : Entre catégorie sociale marchande, pratiques linguistiques et construction historique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 11/08/2026 - 00:07

Souvent réduit à une simple activité commerciale ou à une catégorie socioprofessionnelle, le terme « dioula » fait pourtant l'objet d'une identité historique, culturelle et linguistique plus complexe. Dans cette tribune, Rodrigue Arnaud Tagnan revient sur les controverses autour de l'origine et de la signification de cette appellation. À travers l'histoire, la géographie, les dynamiques d'assimilation et la sociolinguistique, il défend l'idée d'une identité dioula constituée comme une véritable communauté socioculturelle, particulièrement à l'est de la Bagoé et du Bandama.

L'identité des Dioula (parfois orthographié Diula, Dyoula, Dyula ou Jula) a toujours suscité de vifs débats, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu'auprès du grand public. Pour certains, ce terme ne saurait désigner une véritable ethnie, mais renverrait exclusivement à une profession marchande. Avec l'avènement des réseaux sociaux, cette polémique a pris une ampleur inédite, particulièrement en Côte d'Ivoire où certains auteurs, à l'instar de René Allou Kouamé, historien spécialiste des peuples akan, contestent depuis quelques années la validité de ce mot comme ethnonyme et nient la réalité identitaire de ceux qui se réclament de ce groupe.

Bien que l'idée de réduire le Dioula à sa seule fonction historique de colporteur ou de commerçant de grande communication ne soit pas nouvelle, elle s'est singulièrement renforcée dans le sillage de la crise ivoirienne de 2002 et des dynamiques politiques sous-jacentes qu'elle a entraînées.

Dès lors, une question fondamentale se pose : le terme « dioula » se limite-t-il à une simple catégorie socio-professionnelle héritée du commerce précolonial, ou désigne-t-il, au contraire, une conscience ethnique à part entière, forgée par des dynamiques historiques, spatiales et culturelles spécifiques ? Pour répondre à cette interrogation et dépasser les passions identitaires, le présent article propose une relecture critique de l'historiographie et de l'anthropologie ouest-africaines.

Dans un premier temps, nous examinerons les controverses liées à l'étymologie du mot et à l'ascendance historique de ce groupe. Ensuite, nous mettrons l'identité dioula à l'épreuve des critères scientifiques de l'ethnicité, en insistant sur la ligne de fracture géographique qui détermine sa cristallisation identitaire. Enfin, l'étude du processus d'assimilation politique au sein du royaume de Kong, conjuguée à l'éclairage de la sociolinguistique contemporaine, nous permettra de comprendre comment et pourquoi ce réseau marchand historique s'est mué en une communauté socioculturelle autonome.

L'étymologie du mot dioula

La question de l'origine du mot dioula suscite en elle-même des controverses scientifiques. Dans la terminologie classique mandingue, ce substantif peut être synonyme de chasseur, d'itinérant, de colporteur ou de négociant.

Selon Youssouf Tata Cissé (MENSAH, 2000 ; CISSÉ, 2004), le terme est lié à l'histoire du dònsotòn, la confrérie des chasseurs traditionnels mandingues. Il serait une déformation de diaru, qui renvoyait aux chasseurs itinérants du Wagadu (empire du Ghana), avant de désigner, plus tard, les colporteurs wangara. Certains traditionalistes mandingue, comme Bourama Soumano (MOUNA MDC, 2011), abondent dans ce sens, liant le nom à l'activité cynégétique : le groupe « dioula » (chasseurs) s'opposant au groupe « samogo » (agriculteurs).

D'après les auteurs du prestigieux Tarikh el-Fettach, une des deux (avec le Tarikh es-Soudan) principales chroniques de l'histoire médiévale de l'Afrique de l'Ouest, cités par Georges Niamkey Kodjo (1986, p.182 ; 2006, p.26), « Si vous demandez quelle différence il y a entre Malinké et Wangara, sachez que les Wangara et Malinké sont de même origine, mais que Malinké s'emploie pour désigner les guerriers parmi eux, tandis que Wangara sert à désigner les négociants qui font le colportage de pays en pays ».

L'historien ivoirien estime que cette définition recoupe parfaitement celle issue des sources orales : « Toutes les enquêtes que nous avons réalisées montrent très clairement que le terme désignait avant tout l'individu musulman qui exerçait une activité commerciale ».

Par conséquent, l'auteur du Tadzkiret en Nisian, chronique historique arabe de l'empire songhaï et de Tombouctou, n'hésitait pas à qualifier de « Wangara » le frère de Sékou Watara (Ouattara), fondateur du royaume de Kong, au moment où celui-ci menait ses conquêtes militaires (KODJO, 1986).

Toutefois, le sociolinguiste burkinabè Mamadou Lamine Sanogo (2024) dépasse cette frontière sociale pour suggérer une étymologie arabe liée au commerce transsaharien. Selon lui, tout commence par la domestication du riz africain (Oryza glaberrima) par les Proto-Mandé il y a 5 000 ans, point de départ de leur influence économique. L'utilisation du fer et de l'or du Bouré va ensuite propulser le commerce à longue distance. Les marchands saisonniers devinrent alors une classe spécialisée dans l'itinérance (a ta jɛhul) sur les marchés hebdomadaires, désignée d'après l'expression arabe suq al jɛhula (le marché de l'itinérance), expression qui aurait par la suite donné jula ou dioula.

Cette thèse d'un simple nom de métier est également développée par Yves Person (1969), à la différence que ce dernier le relie à la racine dyo (périodicité régulière), le dioula étant « celui qui fréquente régulièrement les marchés ».
À ces différentes explications s'oppose celle de Maurice Delafosse (1912) qui réfute l'idée d'un nom de métier. Se fondant sur les déclarations de certains Dioula, il estime que le nom provient de la racine diou signifiant « du fond, de la souche », c'est-à-dire « ceux qui sont de noble origine, qui n'ont pas été altérés par des immixtions de sang étranger » (p.125).

Au-delà de ce débat sémantique, Yves Person (1969, p.97) conclut que, quel que soit son étymologie, dioula a un sens ethnique à l'est de la ligne Bagoé-Bandama et un sens professionnel à l'ouest : « Des spécialistes ont polémiqué pour savoir s'il s'agissait d'un nom ethnique ou d'un terme professionnel. Cette querelle est sans objet, car les deux camps ont raison, ou tort, selon la région considérée. »

Une ascendance soninké ?

Néanmoins, s'il est un point sur lequel de nombreux historiens se rejoignent, c'est celui de l'origine de ce groupe. D'après Delafosse (1912, p.279), ils « proviennent assurément de la même souche que les Soninké, mais s'en sont séparés avant que ces derniers n'aient été modifiés, dans le nord du Sahel, par leurs contacts avec les Judéo-Syriens et les Maures, et c'est pour cela qu'ils ont mieux conservé le type mandé primitif et que leur langue ne se différencie que très peu de celle des Malinké et est en tout cas beaucoup plus voisine des dialectes mandé du centre qu'elle ne l'est du soninké ».

En se livrant à leur mission de diffuseurs du commerce, les Soninké-Marka se sont profondément modifiés, selon Yves Person (1963, p.133) : « Tout abord ils ont perdu l'usage de leur langue au profit d'un dialecte du malinké-bambara qui allait, après divers avatars, donner naissance au dafiŋ (dafing) de Haute-Volta et au dyoula de la boucle du Niger. Cette révolution linguistique s'est certainement opérée aux XIIe et XIIIe siècles à la faveur de l'hégémonie militaire des Malinké qui coïncidait avec la régression des vieilles routes du Sahel vers Ghana au profit de celle de Tombouctou et entraînait en conséquence, la prédominance absolue de l'axe fluvial. En tout cas, quand les Dyoula, dont notre Sud-Masina a fourni la plus grande part, ont quitté, depuis le XIVe siècle, les rives familières de leur fleuve pour s'enfoncer vers la forêt, ils ne parlaient plus soninké ».
Ainsi pour Kodjo (2006) et Assi (2024), les Mandé-Dioula forment un vaste ensemble de peuples d'ascendance soninké, malinké et bambara.

Une ethnicité à l'épreuve de critères scientifiques

Pour établir la réalité scientifique de l'ethnie dioula, il convient d'appliquer, comme le propose Sanogo (2024), les quatre paramètres fondamentaux de l'ethnicité théorisés par Cheikh Anta Diop (1986) : l'histoire et la légende communes, la géographie (le territoire d'implantation), la psychologie collective (le sentiment d'appartenance) et la linguistique (la langue partagée). Il se trouve que ceux qui se réclament dioula valident chacun de ces critères.

Premièrement, l'histoire et la légende. L'ethnie dioula partage la mémoire collective d'un passé glorieux lié à la fondation et au rayonnement d'États prestigieux tels que le Bégho, le Gondja, le royaume de Kong et le Gwiriko .
Deuxièmement, la géographie. Le groupe dispose d'un ancrage territorial et de zones d'implantation précises au sud-ouest du Burkina Faso (avec les régions du Gwiriko, des Tannouyan et du Djôrô), au sud-est du Mali (avec la région de Sikasso), au nord-est de la Côte d'Ivoire (notamment les districts des Savanes et du Zanzan) et au nord et centre du Ghana (avec la Savannah Region et la Bono East Region) où il est également connu sous le nom de Wangara.

Troisièmement, la psychologie collective. Les Dioula partagent des us, des coutumes, des croyances, des pratiques religieuses et la conscience d'un destin commun.
Enfin, la linguistique. Ils s'expriment à travers une langue propre, un parler vernaculaire distinct du dioula véhiculaire.

Par ailleurs, l'analyse d'Yves Person introduit une distinction géographique cruciale, matérialisée par la ligne de fracture de la rivière Bagoé et du fleuve Bandama. L'islam et le commerce étant intrinsèquement liés, le terme dioula conserve, à l'ouest de cette ligne, une valeur strictement socio-professionnelle : aucune frontière culturelle n'isole le marchand de son milieu mandingue animiste. À l'est, en revanche, la configuration change : les Dioula forment des noyaux enkystés au sein d'un monde voltaïque dont la langue les isole. Pour maintenir leur identité, ils opposent à leur environnement une culture mandingue originale, fondée sur le grand commerce et l'islam, et développent un dialecte propre (le parler de Kong). C'est dans cet espace que l'identité dioula s'est pleinement cristallisée en une ethnie autonome.

Dans tous les cas, l'étymologie d'un mot ou l'origine d'un groupe ne suffisent pas, à elles seules, à déterminer si ce dernier peut être qualifié d'ethnie sans prendre en compte le sentiment d'appartenance à une histoire, une culture et une langue communes. Sans quoi de nombreuses communautés ethniques ne verraient pas leur existence reconnue. À titre d'exemple, l'ethnonyme Bamana (Bambara en français) fait référence, historiquement, au « refus de l'islamisation », et donc à une posture religieuse ancestrale.

Si l'on appliquait aux Bamana la même logique réductrice que celle imposée aux Dioula, ils ne devraient pas non plus être considérés comme une ethnie, mais comme de simples insoumis religieux. C'est d'ailleurs par ce terme que les Mandingues désignent généralement les populations animistes, à l'instar des Sénoufo ou parfois de leurs propres parents non islamisés . Pourtant, personne ne songerait aujourd'hui à nier l'existence de l'ethnie bambara, dotée d'une culture propre tout en partageant un socle commun avec les autres populations mandingues.

En histoire, il n'existe pas de « nation pure ». Comme le dit l'adage, « Síya bɛ́ bɔ́ síya la » : les peuples se forment par des mutations internes, des migrations (sígifɛ), des alliances sociales (lamɔgɔya) et des assimilations mutuelles (kùnun). Ainsi, selon les traditions ancestrales, le Mandé lui-même est né d'une dynamique kakolo (kagoro) enrichie d'apports soninké. Les Mossi trouvent leurs racines chez les Dagomba, et les Baoulé chez les Ashanti. À Kong, historiquement située en zone sénoufo, les dynasties mandingues (les Traoré dès le XIVe siècle, puis Sékou Watara, originaire de Kangaba) ont façonné une réalité politique et sociologique inédite.

Kong et l'ethnogenèse dioula

La métropole de Kong, dont le développement débute entre la fin du XIVe et le XVe siècle sous la domination des Traoré , constitue le parfait creuset de l'ethnogenèse dioula.
Venus par petites vagues successives, les Dioula, hommes d'affaires très actifs, s'établissent d'abord dans des quartiers séparés (KODJO, 1986). Le tournant historique se produit au début du XVIIIe siècle (vers 1710) sous le règne de Sékou Watara, qui s'empare du pouvoir politique et impose le dioula comme langue nationale et administrative.

Cette hégémonie va déclencher un mécanisme de « dioulaïsation ». À travers ce processus d'assimilation culturelle de long terme, les populations autochtones (Falafala, Myoro, Gbèn, Nabé) ont été, selon Kodjo, littéralement « avalées » (kùnun) par les Dioula. Fascinées par le prestige des nouveaux maîtres de la cité, ces populations ont adopté la langue, la religion islamique, le costume, l'habitat et les noms de clans dioula (dyamu), perdant progressivement leurs caractères distinctifs pour se fondre dans une conscience nationale commune.

Une dualité socioculturelle interne

Loin d'être un groupe monolithique, l'ethnie dioula présente une structure interne complexe, caractérisée par une dualité socioculturelle majeure entre les « Dioula proprement dits » (les érudits) et les Sonangui ou Sohondyi (les guerriers) (KODJO, 1986).

Alors que les premiers forment l'aristocratie marchande et lettrée, rigoriste en matière de foi musulmane et tournée vers le grand négoce et l'instruction coranique, les seconds constituent l'aristocratie militaire. Historiquement issus de populations autochtones dioulaïsées ou de guerriers animistes, les Sonangui vivaient en milieu rural. Souvent perçus comme de « mauvais musulmans » en raison de leur consommation de dolo (bière de mil), ils restaient attachés aux sociétés de masques traditionnelles (comme le Lo ou le Do) et aux scarifications faciales.

Cette organisation duelle témoigne de l'achèvement de la structure ethnique : les Sonangui assuraient par la force des armes la sécurité des routes commerciales, tandis que les Dioula veillaient à la prospérité économique et religieuse de la cité (TAUXIER, 2003).

Un parler ethnique contre un parler véhiculaire

Pour comprendre l'incompréhension du grand public face à l'ethnie dioula, il faut se pencher sur la distinction sociolinguistique établie par Mamadou Lamine Sanogo (2024) entre le dioula ethnique et le dioula véhiculaire.
Le dioula ethnique, historiquement appelé kangɛ (langue claire), est une koïné pandialectale utilisée par les membres de ce groupe dans leurs relations intrafamiliales. Cette communauté revendique son identité propre au même titre que les autres ethnies du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Mali et du Ghana.

Le dioula véhiculaire, en revanche, est un parler composite et simplifié. Il constitue un outil de grande communication urbaine né de l'activité commerciale dans des carrefours ouest-africains comme Bobo-Dioulasso, Bouaké ou Bamako, et se trouve de fait dénué d'ancrage ethnique exclusif. En Côte d'Ivoire, il est considéré comme la première langue véhiculaire, né de la rencontre des différents parlers mandingues du nord du pays, tels que le malinké d'Odienné, le mahou (mandingue parlé à Touba), le koyaga (mandingue parlé dans le Mankono), le mandingue du Worodougou et le kpongan (dioula de Kong), ainsi que des parlers mandingues des pays voisins (Burkina Faso, Guinée, Mali).

Pour Yaya Konaté (2016), la plupart des Mandingues, qu'ils soient ivoiriens ou immigrés maliens, burkinabè et guinéens, considèrent le dioula véhiculaire comme une langue dégénérée. Pour eux, c'est la « langue publique commune » (forobakan), donc lexicalement pauvre, contrairement aux autres parlers mandingues qu'ils qualifient de langues pures.

Le fait qu'un parler véhiculaire commercial se soit ainsi superposé à la langue d'origine explique pourquoi il est si fréquent d'assimiler abusivement le mot dioula à la profession de commerçant. Cette confusion, renforcée par l'habitude qu'ont les populations du Sud ivoirien de désigner leurs compatriotes du Nord comme des Dioula, pousse les observateurs non avertis à conclure que ce terme ne renvoie à aucune ethnie particulière.

En conclusion, l'identité dioula est une construction historique et sociale tangible, particulièrement vivace à l'est de la Bagoé et du Bandama. Loin d'être une simple étiquette professionnelle, elle réunit l'ensemble des critères scientifiques de l'ethnicité : la mémoire d'un ancêtre commun, un ancrage territorial, une psychologie collective et un dialecte propre. Par le biais du métissage et du processus d'assimilation de la « dioulaïsation », s'est constitué un véritable peuple dioula, gardien d'un patrimoine mémoriel et culturel exceptionnel en Afrique de l'Ouest.
« Sò lɔ́n, jíri lɔ́n, mɔ̀ɔ k'í yɛ̀rɛ̂ lɔ́n, ò lè ɲɔ́ɔn tɛ́ [Rien ne vaut pour un Homme la connaissance de soi-même], dit un vieil adage mandingue.

Rodrigue Arnaud TAGNAN

Note bibliographique

ASSI, Amon Jean-Paul, 2024. Les Mandé-Dioula et l'islamisation de la Côte d'Ivoire méridionale (fin XIXe siècle-1970). Ziglôbitha, Revue des Arts, Linguistique, Littérature & Civilisations. Vol. 2, n° 11, p. 403-418.
BERNUS, Edmond, 1960. Kong et sa région. Études Éburnéennes. Abidjan. Vol. VIII, p. 239-324.

CAMARA, Laye, 1978. Le Maître de la parole. Kouma Lafôlô Kouma. Paris : Plon. 314 p.
CISSÉ, Youssouf Tata, 2004 [1994]. La Confrérie des chasseurs malinké et bambara : mythes, rites et récits initiatiques. Paris : Nouvelles du Sud / ARSAN. 392 p.
DELAFOSSE, Maurice, 1912. Haut-Sénégal-Niger (Soudan français), t. I : Le Pays, les Peuples, les Langues. Paris : Émile Larose. 428 p.

KODJO, Niamkey Georges, 1986. Le Royaume de Kong, des origines à 1897. Thèse de doctorat d'État en histoire. Aix-en-Provence : Université d'Aix-Marseille I. 4 vol., 1 531 p.
KODJO, Niamkey Georges, 2006. Le royaume de Kong (Côte d'Ivoire), des origines à la fin du XIXème siècle. Paris : L'Harmattan. 377 p.

MENSAH, Alexandre, 2000. La confrérie des chasseurs de l'Ouest-Africain, une histoire plus que millénaire [entretien avec Youssouf Tata Cissé]. Africultures [en ligne]. 30 novembre 2000. [Consulté le 10 août 2026]. Disponible à l'adresse : https://africultures.com/la-confrerie-des-chasseurs-de-louest-africain-une-histoire-plus-que-millenaire-1620/

MOUNA MDC, 2011. HISTORINE SOUMANO I BRAHIM part 2.mp4 [vidéo en ligne]. Avec Bourama SOUMANO. YouTube. 10 mars 2011. [Consulté le 15 juillet 2019]. Disponible à l'adresse : https://www.youtube.com/watch?v=XizBTSEfUFU
PERSON, Yves, 1963. Les ancêtres de Samori. Cahiers d'Études Africaines. Vol. 4, n° 13, p. 125-156.
PERSON, Yves, 1969. Samori. Une révolution dyula. Thèse de doctorat d'État. Paris : Faculté des lettres et sciences humaines de Paris. 2 vol., 1 281 p.

SANOGO, Mamadou Lamine, 2024. Le Dioula : Langue et ethnie ?. leFaso.net [en ligne]. 28 mars 2024. [Consulté le 10 août 2026]. Disponible à l'adresse : https://lefaso.net/spip.php?article129052
TRAORÉ, Dominique, 1937. Notes sur le royaume mandingue de Bobo. L'Éducation africaine, 26ème année, n° 96, janv.-juin, p. 58-77
TAUXIER, Louis, 2003. Les États de Kong (Côte d'Ivoire). Introduction et postface d'Edmond Bernus. Paris : Éditions Karthala. 252 p.

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Fait divers : L'Église catholique refuse les funérailles religieuses d'un célèbre guitariste franc-maçon

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 11/08/2026 - 00:00

La messe de funérailles du guitariste italien Bruno Battisti D'Amario, connu notamment pour sa collaboration avec le compositeur Ennio Morricone, n'a finalement pas été célébrée à Rome. En cause : l'engagement du musicien au sein de la franc-maçonnerie italienne, révélé publiquement après son décès. La décision, prise par le cardinal Baldassarre Reina, vicaire général du pape Léon XIV pour le diocèse de Rome, remet en lumière la position de l'Église catholique sur l'incompatibilité entre foi catholique et appartenance maçonnique.

Tout était pourtant prévu pour un dernier hommage religieux à Bruno Battisti D'Amario. Décédé le 5 août 2026 à l'âge de 88 ans, le célèbre guitariste italien devait bénéficier de funérailles catholiques à la basilique Santa Maria in Montesanto, sur la Piazza del Popolo à Rome, connue également sous le nom d'« église des Artistes ».

Selon les informations rapportées par Tribune chrétienne, la célébration avait été initialement acceptée et une ouverture exceptionnelle de l'édifice, habituellement fermé au mois d'août, avait même été programmée. Mais les préparatifs ont été interrompus après la révélation de l'engagement maçonnique du défunt.

Saisi de l'affaire, le cardinal Baldassarre Reina, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome, a finalement refusé d'autoriser la messe d'obsèques après consultation du service juridique diocésain.

Un guitariste associé aux musiques mythiques des célèbres films western

Né à Rome en 1937, Bruno Battisti D'Amario était une figure reconnue de la guitare classique italienne. Enseignant, compositeur et concertiste, il avait collaboré avec plusieurs grands noms de la musique et du cinéma italiens, dont Nino Rota et surtout Ennio Morricone.

Sa guitare accompagne plusieurs bandes originales entrées dans l'histoire du cinéma, notamment celles des westerns de Sergio Leone. Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand ou encore. Il était une fois dans l'Ouest comptent parmi les œuvres auxquelles son jeu est associé.

Le Grand Orient d'Italie révèle son engagement maçonnique

Ce n'est cependant pas la carrière musicale du défunt qui a bouleversé l'organisation de ses obsèques, mais une autre facette de sa vie. Après sa disparition, l'organisation maçonnique Grand Orient d'Italie (GOI) a rendu hommage au musicien en révélant l'importance des responsabilités qu'il avait exercées au sein de cette organisation maçonnique. Selon les éléments rapportés par Tribune chrétienne, Bruno Battisti D'Amario avait fondé la loge romaine Giuseppe Leti. Il avait également été à deux reprises président du Collège régional des Vénérables Maîtres du Latium et conseiller de l'Ordre. Il était par ailleurs le compositeur de l'hymne du Grand Orient d'Italie.

Son engagement dans la franc-maçonnerie n'était donc pas seulement circonstanciel. Des publications antérieures du milieu maçonnique italien le présentaient déjà publiquement comme membre du Grand Orient et responsable maçonnique du Latium. Le problème, selon le récit publié par Tribune chrétienne, est que les responsables de la basilique romaine ignoraient cette appartenance lorsqu'ils avaient donné leur accord pour la célébration des obsèques.

La décision remonte jusqu'au vicaire du pape

Une fois informé, le recteur de la basilique Santa Maria in Montesanto, Mgr Antonio Staglianò, également président de l'Académie pontificale de théologie, aurait procédé à des vérifications avant de saisir sa hiérarchie. L'affaire est ainsi remontée jusqu'au cardinal Baldassarre Reina. Après consultation du service juridique du diocèse de Rome, celui-ci a refusé l'autorisation de célébrer la messe de funérailles. Le recteur de la basilique indique avoir ensuite reçu une communication écrite du cardinal-vicaire confirmant cette décision.

Selon la même source, Mgr Staglianò s'est entretenu avec la fille du défunt, qui aurait déclaré ne pas avoir eu connaissance de l'appartenance maçonnique de son père. Les responsables ecclésiastiques n'auraient par ailleurs reçu aucun élément permettant d'établir que Bruno Battisti D'Amario avait renoncé à la franc-maçonnerie avant sa mort. Les funérailles catholiques ont donc été annulées.

Une prière privée a néanmoins été organisée avec la famille, en présence d'un prêtre mais sans célébration liturgique des obsèques. Le recteur de la basilique a également indiqué que des messes pouvaient ultérieurement être célébrées pour le repos de l'âme du musicien.

Catholique et franc-maçon : que dit officiellement l'Église ?

Au-delà de la personnalité de Bruno Battisti D'Amario, l'affaire remet au premier plan une question ancienne : peut-on appartenir simultanément à l'Église catholique et à la franc-maçonnerie ? Sur ce point, la position doctrinale officielle du Vatican reste négative.

Le 26 novembre 1983, après l'entrée en vigueur du nouveau Code de droit canonique qui ne mentionnait plus explicitement la franc-maçonnerie, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait publié une déclaration destinée à lever les ambiguïtés. Le document, signé par le cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, affirme que le jugement négatif de l'Église à l'égard des associations maçonniques reste inchangé, leurs principes étant considérés comme inconciliables avec la doctrine catholique. L'adhésion à ces organisations demeure donc interdite aux fidèles catholiques. Le texte précise que ceux qui y adhèrent sont considérés comme étant en situation de péché grave et ne peuvent recevoir la communion.

Déclaration du Vatican de 1983 sur les associations maçonniques

Cette position n'appartient pas seulement à l'histoire. Elle a été réaffirmée en novembre 2023 par le Dicastère pour la doctrine de la foi, à la suite d'une demande de clarification d'un évêque philippin confronté à l'adhésion de catholiques à des loges maçonniques. Le dicastère a alors rappelé que l'adhésion active d'un fidèle à la franc-maçonnerie demeure interdite en raison de l'incompatibilité doctrinale retenue par l'Église catholique.

Une affaire qui dépasse le monde de la musique

La décision prise à Rome suscite d'autant plus l'attention que Bruno Battisti D'Amario était une personnalité reconnue de la culture italienne. Quelques mois encore avant son décès, en mars 2026, Radio Vatican consacrait une émission à la publication d'un album regroupant son œuvre pour guitare.

L'annulation de ses funérailles religieuses illustre ainsi de manière concrète une incompatibilité doctrinale que nombre de catholiques connaissent parfois peu. Elle rappelle également la distinction faite par l'Église entre sa discipline concernant l'appartenance maçonnique et la prière pour une personne décédée : dans le cas de Bruno Battisti D'Amario, la messe publique de funérailles n'a pas été autorisée, mais sa famille a pu se recueillir avec un prêtre et la possibilité de célébrer ultérieurement des messes à son intention n'a pas été exclue.

Lefaso.net
Avec Tribune chrétienne et d'autres sources

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Coopération bilatérale : Une première Commission mixte pour rapprocher le Burkina Faso et la République du Burundi

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 10/08/2026 - 23:55

À la suite de leur rencontre tenue en avril 2026 à Ouagadougou, les Présidents Ibrahim Traoré et Évariste Ndayishimiye ont donné une nouvelle impulsion aux relations entre le Burkina Faso et la République du Burundi. Les deux pays tiennent, du 10 au 12 août 2026 à Bujumbura, la première session de leur Grande Commission mixte de coopération.

Près de trois décennies après la signature en décembre 1997 d'un Accord-cadre de coopération, le Burkina Faso et la République du Burundi s'inscrivent ainsi dans une nouvelle dynamique de consolidation de leurs relations bilatérales.

La première session de la Grande Commission mixte de coopération a débuté ce lundi 10 août par la rencontre des experts burundais et burkinabè. Les deux délégations sont respectivement conduites par Marie-Ancilla Ntakaburimvo, Directrice générale et responsable du Programme de défense des intérêts du Burundi et des Burundais à l'international, et Hermann Yirigouin Toe, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso.

Les interventions des deux chefs de délégations ont marqué la cérémonie d'ouverture des travaux des experts.

Pour la cheffe de la délégation burundaise, la tenue de cette session de la Grande Commission mixte de coopération constitue une étape importante pour insuffler davantage de vitalité aux liens d'amitié, de fraternité et de solidarité qui unissent les peuples burkinabè et burundais.

« C'est un tournant décisif dans l'histoire de nos relations bilatérales ; nos deux nations démontrent ainsi leur volonté inébranlable de transformer une volonté politique en partenariats tangibles et mutuellement bénéfiques », a souligné Marie-Ancilla Ntakaburimvo.

Dans la même veine, le chef de la délégation burkinabè a précisé que cette session traduit l'engagement commun des Présidents burkinabè et burundais à élever le niveau de l'amitié entre les peuples des deux pays et à faire de la coopération Sud-Sud un véritable levier de développement.

« La géographie nous éloigne peut-être ; mais l'histoire, les défis et l'espérance nous rapprochent. Le Burundi et le Burkina Faso sont deux peuples de courage, de résilience et de dignité ; deux peuples qui savent le prix de la paix ; deux peuples qui savent aussi que la souveraineté ne se proclame pas seulement, mais elle se défend, elle se construit et elle se traduit en actes », a indiqué Hermann Yirigouin Toe. Il a également relevé que le Burkina Faso s'inscrit pleinement dans cette vision de souveraineté à travers la Révolution Progressiste et Populaire, sous le leadership du capitaine Ibrahim Traoré.

À l'instar de la cheffe de la délégation burundaise, le chef de la délégation burkinabè a assuré que, durant les deux jours de travaux, les experts procéderont à un examen minutieux de l'éventail des opportunités de coopération qui s'offrent aux deux pays.

Les différents projets d'accords examinés par les experts couvrent plusieurs domaines, notamment l'agriculture et la sécurité alimentaire, la gestion des catastrophes humanitaires, les investissements et les services de transport aérien, l'enseignement supérieur et la formation professionnelle, les échanges culturels ainsi que le partage d'expertises entre les jeunes des deux pays.

Les projets d'accords issus des travaux des experts seront soumis à la signature des ministres des Affaires étrangères burkinabè et burundais, le 12 août prochain à Bujumbura.

Lefaso.net

Source : Page Facebook du ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso

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