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Afrique

4 individus arrêtés pour vol et recel de câbles électriques

24 Heures au Bénin - Tue, 13/01/2026 - 13:30

La police a démantelé un réseau spécialisé dans le vol et le recel de câbles électriques au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). L'opération a été menée le lundi 12 janvier 2026 par le Commissariat spécial de la zone.

Un réseau impliqué dans le vol et la revente de câbles électriques a été démantelé dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé.

Tout est parti d'un contrôle effectué dans la matinée du lundi 12 janvier 2026 dans l'un des entrepôts du site industriel.

Le comportement d'un employé du site industriel a attiré l'attention de la sécurité privée. Lors de la fouille, deux rouleaux de câbles électriques en cuivre d'une longueur estimée à environ soixante-dix mètres ; une lame de scie ont été découverts dans son sac à dos.

Face à la situation, l'individu a tenté de quitter les lieux. Il a été intercepté peu après par les agents présents.
Le suspect a reconnu son implication. Il a décrit un procédé reposant sur le vandalisme des installations électriques à l'intérieur des entrepôts.

Les informations recueillies ont permis aux forces de l'ordre d'élargir leurs investigations. D'autres personnes soupçonnées d'appartenir au même réseau ont été interpellées dans les localités de Tangbo Djèvié et de Godomey.

Au total, 4 individus ont été arrêtés, dont deux présumés receleurs.

Les personnes mises en cause seront présentées au Procureur de la République.
M. M.

Categories: Afrique

Le procès du député Soumaïla S. Boké renvoyé au 24 février

24 Heures au Bénin - Tue, 13/01/2026 - 12:32

Le député Soumaïla Sounon Boké, membre du parti d'opposition Les Démocrates (LD), comparaît ce mardi 13 janvier 2026 devant la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET). Après l'ouverture du procès, le dossier est renvoyé au 24 février 2026.

Poursuivi pour apologie de crime contre la sûreté de l'État, incitation à la haine et à la violence et harcèlement par voie électronique, le procès du député Soumaïla Sounon Boké s'est ouvert ce mardi 13 janvier 2026 à la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET).

L'élu est soupçonné d'avoir relayé, via des groupes, des messages favorables au renversement des institutions lors de la tentative de coup d'État du 7 décembre 2025.

A la barre, le député a nié toute intention de déstabilisation du régime, contestant l'interprétation faite des messages qui lui sont reprochés. « Je ne vois pas l'opportunité de faire un coup d'État à un président qui a décidé de quitter le pouvoir. Le message a été envoyé par inadvertance dans le groupe », a-t-il déclaré devant les juges, en référence à l'annonce par le président Patrice Talon de ne pas briguer un nouveau mandat.
Après l'ouverture du procès, le dossier est renvoyé au 24 février 2026.

Arrêté le 23 décembre 2025 à Cotonou, Soumaïla Sounon Boké avait été placé en détention provisoire à la prison civile de Missérété. Une mesure vivement contestée par son parti, qui dénonce une violation de son immunité parlementaire. Les Démocrates estiment que l'arrestation de leur élu s'inscrit dans un contexte de pressions politiques accrues à l'encontre de l'opposition.

La tentative de coup d'État du 7 décembre 2025, rapidement avortée, avait vu un groupe de militaires annoncer à la télévision nationale la chute du pouvoir en place, avant d'être neutralisé par les forces loyalistes. Plusieurs dizaines de personnes, civils et militaires, avaient été interpellées dans les jours suivants.
M. M.

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Ce projet est la « seule solution viable » pour désengorger Alger, selon les autorités

Algérie 360 - Tue, 13/01/2026 - 12:17

Les autorités algériennes s’apprêtent à franchir une étape décisive pour transformer la mobilité urbaine de la capitale. En partenariat avec l’entreprise chinoise CRCC, spécialisée dans […]

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Il critiquait autrefois les dirigeants africains qui s'accrochent au pouvoir. Aujourd'hui, il brigue un septième mandat.

BBC Afrique - Tue, 13/01/2026 - 11:46
Yoweri Museveni, 81 ans, affirme avoir apporté la stabilité en Ouganda. Ses détracteurs dénoncent une oppression politique.
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Le Bénin reprend sa production pétrolière après 27 ans d'arrêt

24 Heures au Bénin - Tue, 13/01/2026 - 11:04

Le Bénin s'apprête à produire à nouveau du pétrole !

Le champ offshore de Sèmè, à l'arrêt depuis 1998, va reprendre ses activités après près de trois décennies d'interruption. L'annonce a été faite par Akrake Petroleum, opérateur du projet.

Le démarrage de la production est attendu fin janvier 2026. Le champ de Sèmè avait produit du brut dans les années 1980 et 1990. L'exploitation avait cessé en raison de la baisse des prix mondiaux du pétrole.
Les installations sont désormais en place.

Une unité mobile de production offshore et un navire de stockage flottant ont été déployés sur le site. Les travaux portent sur l'achèvement du puits AK-2H, destiné à la production, ainsi que sur un nouveau puits d'exploration. Ces travaux visent à évaluer le potentiel des réservoirs plus profonds.

La production initiale est estimée à environ 15 000 barils par jour. Akrake Petroleum détient 76 % des parts du projet. L'État béninois en possède 15 %, aux côtés de la société locale Octogone Trading, actionnaire à 9 %.

Cette reprise marque le retour du Bénin dans le cercle des pays producteurs de pétrole, après 27 ans d'absence. Elle s'inscrit dans la volonté des autorités de diversifier les sources de revenus et de renforcer le secteur énergétique national.

Découvert à la fin des années 1960 par la compagnie Union Oil, le champ de Sèmè a été développé dans les années 1970 par la société norvégienne Saga Petroleum. Il a produit environ 22 millions de barils entre 1982 et 1998, avant l'arrêt des opérations dans un contexte de baisse des prix du pétrole.

M. M.

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En Gambie, le « backway », la migration en pirogue vers les Canaries, souvent mortelle

LeMonde / Afrique - Tue, 13/01/2026 - 11:00
L’augmentation des contrôles réguliers au large de la Mauritanie et du Sénégal pousse les migrants à traverser l’Atlantique plus au sud. Une embarcation, partie de Gambie le 5 décembre 2025, avec près de 300 personnes à son bord, reste introuvable.
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Cour internationale de justice : début des audiences à La Haye concernant la Birmanie, accusée de génocide des Rohingya

LeMonde / Afrique - Tue, 13/01/2026 - 11:00
La Cour internationale de justice se penche, depuis lundi, sur le génocide allégué de la minorité musulmane des Rohingya par le pouvoir birman. L’affaire fait écho à celle intentée par l’Afrique du Sud, qui accuse Israël de commettre un génocide contre les Palestiniens de Gaza.
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Le Bénin et le Nigeria intensifient leur collaboration économique à Abuja et à Lagos

24 Heures au Bénin - Tue, 13/01/2026 - 10:47

Le Benin–Nigeria Business Forum (BNBF), plateforme stratégique de rencontres, d'échanges et d'opportunités d'affaires entre le Bénin et le Nigéria aura lieu les 26 et 28 janvier 2026, dans les villes d'Abuja et de Lagos. Les inscriptions ouvertes dans le cadre de ce grand rendez-vous d'affaires entre opérateurs économiques béninois et nigérians, et acteurs économiques de la diaspora béninoise au Nigéria, se poursuivent jusqu'au jeudi 15 janvier prochain.

Grande opportunité pour les investisseurs nigérians et la diaspora béninoise au Nigéria en quête d'une destination sûre pour mener leurs affaires dans la sous-région ouest africaine. Ils sont invités à participer massivement au Benin–Nigeria Business Forum, qui est une plateforme stratégique de dialogue économique, de partenariats et d'investissements entre le Bénin et le Nigéria, en s'inscrivant via le lien https://bnbf2026.com/inscription, au plus tard le jeudi 15 janvier 2026. Ce forum, en plus des rencontres B2B ciblées qu'il offre aux participants, leur permettra également d'avoir une meilleure compréhension de l'écosystème économique béninois, et d'identifier des opportunités concrètes et immédiatement exploitables.

A propos du Benin–Nigeria Business Forum
Le Benin–Nigeria Business Forum est un grand rendez-vous d'affaires initié pour rapprocher les acteurs économiques du Bénin et du Nigéria et la diaspora béninoise vivant au Nigéria. Il vise à renforcer les relations économiques et commerciales entre les deux pays ; promouvoir le Bénin comme destination d'investissement compétitive ; mettre en lumière les opportunités offertes par la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), hub industriel béninois en pleine expansion ; et faciliter la création de partenariats stratégiques B2B entre opérateurs économiques béninois et nigérians. Le BNBF permettra également de mettre en avant le rôle stratégique de la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDC BÉNIN), dans le financement des projets structurants et ses initiatives en faveur de la diaspora béninoise. C'est un évènement majeur qui va mobiliser les hommes d'affaires et investisseurs nigérians, qu'il s'agisse des industriels, des promoteurs immobiliers et logistiques, des acteurs de l'agro-industrie, du textile, de la transformation et de l'énergie, de même que des investisseurs à la recherche de nouveaux marchés dans la région Afrique de l'Ouest.
Les entrepreneurs béninois de la diaspora vivant au Nigeria qui désirent investir au Bénin pour créer ou relocaliser de nouvelles unités industrielles, y sont également attendus.
Le Benin–Nigeria Business Forum est co-organisé par la Zone industrielle de Glo-Djigbé ; l'Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEx) ; la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin ; et l'African Export-Import Bank (AFREXIMBANK). Il bénéficie de l'appui des institutions publiques et privées de premier plan, engagées dans la promotion du commerce, de l'investissement et de l'industrialisation en Afrique de l'Ouest. Des partenaires institutionnels, techniques et financiers majeurs, nationaux et internationaux sont mobilisés dans le cadre du BNBF pour accompagner les investisseurs et faciliter la concrétisation de projets d'affaires entre le Bénin et le Nigeria.
Cette première édition du Benin–Nigeria Business Forum est organisé en partenariat avec l'Ambassade du Bénin au Nigéria, la Chambre de commerce et d'industrie du Bénin (CCI Bénin), le Conseil national du patronat (CNP Bénin), la Fédération ouest africaine des chambres de commerce et d'industrie (FEWACCI), la Chambre de commerce et d'industrie d'Abuja (ACCI), la Chambre de commerce et d'industrie de Lagos (LCCI), la NACCIMA (Nigerian Association of Chambers of Commerce, Industry, Mines and Agriculture), Benin Nigeria Chamber of Commerce, et 234 FINANCE.
A travers ce forum, le Bénin entend consolider son positionnement en tant que destination d'investissement attractive et compétitive à côté du Nigéria qui est une grande puissance économique en Afrique.

F. A. A.

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L’autrice Chimamanda Ngozi Adichie, dont le fils de 21 mois est mort à l’hôpital, met en cause le système de santé du Nigeria

LeMonde / Afrique - Tue, 13/01/2026 - 10:30
Nkanu Nnamdi a été victime de « négligence criminelle » lors de sa prise en charge, selon la famille de la célèbre autrice, qui appelle à des réformes du secteur de la santé.
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Funérailles Chrétiennes de KINDA Almissi Constant Blaise : Remerciements et faire part

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 13/01/2026 - 10:30

« J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m'est réservée, le Seigneur, le juste juge, me le donnera en ce jour-là, non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement » (2 Timothée 4.7-8).
Le Kourita de Rollo,
Le Patriarche de Rollo et de la famille KINDA,

Les grandes familles KINDA, POUGMA, KANGOYE, BOENA, ZALLE, SOMTORE, ZAGRE, NIAMPA, SAYORE, ZOUMBRI, ZAMBO, OUEDRAOGO, TALL, ZAONGO, DERMA, NACANABO, SANA, SARBA, SAWADOGO, TAPSOBA, YAMEOGO, à Rollo, Sitougo, Séguénéga, Kongoussi, Pabré Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Koudougou, Abidjan, Accra, Bamako, New York,,
La grande famille OUERMI,
La grande famille KAGONE,
Les familles alliées,
Les enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants,

Vous réitèrent leurs sincères remerciements et leur profonde gratitude pour l'immense marque d'amitié, de solidarité, de compassion et de soutiens multiformes manifestés à leur égard lors du rappel à Dieu le 02 juin 2025 suivi de l'inhumation le 05 Juin 2025 à Ouagadougou, de leur époux, père, frère, oncle, grand père et arrière-grand-père :

KINDA ALMISSI CONSTANT BLAISE
Précédemment Assistant FJA à la retraite au Ministère de l'Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques.

Les familles adressent des remerciements en particulier :
aux Autorités Politiques, Administratives, Religieuses et Coutumières, les délégations venues de Ouagadougou et d'ailleurs.
aux Curés, aux Prêtres, aux Religieux et Religieuses des différentes congrégations et fraternités sacerdotales du défunt ;

aux fidèles chrétiens de la Communauté Chrétienne de Base Saint Gabriel, de la Coordination Saint Pierre de Sig-noghin et de la Chorale de Saint Thérèse de Sig-noghin ;
à la Communauté Musulmane de Tampouy ;
aux collègues et amis du défunt ;
aux Forces de Défense et de Sécurité ;

à l'ensemble du personnel du Groupe CORIS ;
à l'Association LAGME-MANEGUE à Ouagadougou ;
aux voisins du quartier et à la jeunesse de Tampouy ;
aux amis, collègues et connaissances des familles.

Les familles expriment également leur profonde reconnaissance à toutes les personnes qui se sont associées à leur peine et dont les noms n'ont pu être cités, mais dont le soutien, les prières et les contributions ont été inestimables. Que le Seigneur dans son immense bonté récompense tout un chacun au centuple de ses bienfaits.

Les familles vous prient d'honorer de votre présence aux funérailles chrétiennes qui seront organisées en sa mémoire à Ouagadougou selon le programme :

Vendredi 16 janvier 2026, veillée de prière à la Coordination Saint Pierre de Sig-Noghin à 20h00,
Samedi 17 janvier 2026, grande messe à la paroisse Saint Jean Marie Vianney de Tampouy à 08h00.

« Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse, mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira et nul ne vous ravira votre joie ».

Jean 16:22
Notre père ! Reçois KINDA Almissi Constant Blaise dans ton royaume, là où il n'y a ni péché, ni mal, là où ta Sainte volonté est inébranlable. Que brille sur lui la lumière de ta face. Amen
Union de prières !

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Décès de OUÉDRAOGO née KAFANDO Marie Madeleine : Programme des funérailles chrétiennes

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 13/01/2026 - 10:21

Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s'il meurt vivra et quiconque vit et croit ne moura jamais. Jean 11 : 25-26

La grande famille Ouédraogo à Yako, Sassa, Ouagadougou, Côte d'Ivoire, Canada, Allemagne.

Feu Ouédraogo Sibiri Boniface ; ses enfants : Mathieu, Monique,
Jeanne Françoise, Alphonse, Antoinette et Sonia.

La grande famille Kafando, Kaboré, Yanogo à Boassa, Ouagadougou. Ouédraogo Antoine et familles alliées à Ouagadougou.
Kaboré Dieudonné et familles alliées en Côte d'Ivoire et au Burkina.

Les petits enfants et les arrières petits-enfants.

Les familles alliées Kientega, Tapsoba, Zabré, Ouedraogo, Kabré,
Abo...

Les familles amies Ouattara, Bationo, Seouni, ...

Vous renouvellent leur profonde et sincère reconnaissance pour les différents élans de compassion, de fraternité, d'amitié et de solidarité manifestés à leur égard lors du rappel à Dieu le jeudi 14 Août 2025 et de l'inhumation le mardi 18 Août 2025 de MADAME OUÉDRAOGO née KAFANDO MARIE MADELEINE,
à l'âge de 88 ans dans la paix du Seigneur à Ouagadougou.

Programme des funérailles chrétiennes

Les familles vous informent que la grande messe tenant lieu de funérailles chrétiennes de leur très chère regrettée OUÉDRAOGO née KAFANDO Marie Madeleine aura lieu à Ouagadougou selon le programme suivant :
Programme :
Vendredi 16 Janvier 2026
20h00 : Veillée de prière à la Paroisse Notre Dame des Apôtres de la Patte D'Oie

Samedi 17 Janvier 2026
08h : Grande messe à la Paroisse Notre Dame des Apôtres de la Patte d'Oie

Elles vous invitent à vous associer à elles dans la prière et le recueillement

« Les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés »
(Proverbe malgache)

Union de Prière

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Maroc : le roi Mohammed VI, ses « douleurs » et son absence à la CAN

LeMonde / Afrique - Tue, 13/01/2026 - 08:42
Le souverain marocain n’a pas fait la moindre apparition publique depuis le début de la compétition continentale de football qui se tient dans le royaume jusqu’à la mi-janvier. Une absence due à des douleurs au dos, a communiqué son médecin personnel.
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Benjamin Deguénon expose la sagesse des ancêtres à Ouidah

24 Heures au Bénin - Tue, 13/01/2026 - 08:20

La Maison de la Culture de Ouidah accueille depuis ce jeudi 8 janvier 2026 l'exposition « Territoires croisés, Sagesse des ancêtres » de l'artiste plasticien béninois Benjamin Deguénon, dans le cadre des Vodun Days. Le vernissage a eu lieu en présence de la Conseillère technique aux Arts au Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, de l'Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas près le Bénin, ainsi que de nombreux invités et acteurs du monde culturel.

« Territoires croisés, Sagesse des ancêtres » est l'aboutissement d'un projet artistique initié dans le cadre des Vodun Days et mûri au cours d'une résidence de trois (03) mois au European Ceramic Workcentre aux Pays-Bas. Une expérience rendue possible grâce au soutien de l'Ambassade du Royaume des Pays-Bas près le Bénin, qui a accompagné l'artiste Benjamin Deguénon dans cette démarche de création et d'expérimentation.

À travers ses œuvres, l'artiste met en scène la parole et le dialogue des ancêtres. « L'exposition “Territoires croisés, Sagesse des ancêtres” parle de rencontres culturelles, de mémoire, du chemin que nous faisons aujourd'hui. J'ai fait dialoguer le passé et le présent pour rappeler que la sagesse des ancêtres n'est pas oubliée, qu'elle est encore vivante et qu'elle doit nous inspirer pour une meilleure continuité », a-t-il confié.

Dans son discours, l'Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas près le Bénin, Joris Jurriëns, s'est réjoui de la vitalité de la diplomatie culturelle entre les deux pays.
« Notre focus est de construire et d'élargir les liens culturels existants entre le Bénin et le Royaume des Pays-Bas de manière équilibrée. Ces liens sont fondés sur notre histoire commune de l'esclavage », a-t-il déclaré.

Le Vodun, souligne l'ambassadeur, constitue un élément central de ces liens, avec une influence importante sur la culture et les rites. Pour lui, le projet de Benjamin Deguénon incarne parfaitement le dialogue interculturel entre le Bénin et les Pays-Bas dans le domaine de la création artistique contemporaine. « Dans les œuvres de Benjamin, on retrouve les cultures historiques des deux pays, les traditions vodun du Bénin et les techniques du Bleu de Delft des Pays-Bas, combinées dans l'art contemporain », a-t-il indiqué.

« Silence des ancêtres » est l'une des œuvres phares de cette exposition. Benjamin Deguénon décrit cette pièce comme un hommage aux ancêtres maltraités durant la colonisation. « Si les ancêtres devaient punir toute la barbarie qui a eu lieu dans le temps, nous ne pourrions pas accepter le brassage des cultures aujourd'hui. Ce silence parle. Il nous rappelle le pardon, la nécessité de savoir pardonner, de laisser derrière nous certaines choses pour avancer », confie l'artiste.

La Conseillère technique aux Arts au Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, Carole Borna, a relevé la profondeur symbolique de l'exposition : « Cette exposition nous propose bien plus qu'un simple accrochage d'œuvres. Elle nous invite à une traversée de l'histoire, de la mémoire et de l'intime ».

Selon elle, l'art de Benjamin Deguénon se construit par strates, à l'image de la mémoire elle-même. « Plastiquement, l'artiste travaille la matière avec une grande liberté, convoquant peinture, dessin et texture pour produire des œuvres où rien n'est décoratif, où chaque marque fait signe, où chaque dessin devient sens », a-t-elle souligné.

Carole Borna a salué la collaboration entre le Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts et l'Ambassade des Pays-Bas, permettant aux artistes de s'inscrire dans la durée, d'expérimenter et de contribuer pleinement à une économie créative dynamique. « Soutenir l'art contemporain, ce n'est pas seulement exposer des œuvres, c'est soutenir des parcours, des imaginaires, des filières entières », a-t-elle affirmé.

L'exposition « Territoires croisés, Sagesse des ancêtres » est accessible au public à la Maison de la Culture de Ouidah durant tout le mois de janvier. Elle offre aux visiteurs une immersion sensible dans un univers où mémoire, histoire et création contemporaine se rencontrent pour mettre en lumière la sagesse des ancêtres.

A.A.A

Categories: Afrique

Burkina Faso : Un léger remaniement ministériel opéré dans le gouvernement

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 12/01/2026 - 23:32

Le ministre secrétaire général du gouvernement, reçu au journal de 20h a annoncé, ce lundi 12 janvier 2026, un remaniement ministériel. Le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l'Emploi est désormais sous la conduite de Annick Lydie Djouma Pikbougm Zingue Ouattara. Elle remplace Roland Somda.

Le ministère de l'Enseignement secondaire et de la Formation technique passe sous la houlette de Moumouni Zoungrana qui remplace Boubacar Savadogo. Le ministère de la Défense et des Anciens combattants prend désormais la dénomination de ministère de la "Guerre et de la défense patriotique".

Sur la liste publiée, on note l'absence du ministère des "Infrastructures et du Désenclavement" et celui de l'Habitat et de l'Urbanisme. A la place, un nouveau ministère de la "Construction de la patrie".

Le ministère en charge du Travail et de la Protection sociale devient le "ministère des Serviteurs du peuple".

Le ministère de la "Justice et des Droits humains" devient ministère de la "Justice". Le ministère de "l'Action humanitaire et de la Solidarité nationale" devient ministère de la "Famille et de la Solidarité" avec à sa tête… le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré.

Le ministère des "Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l'extérieur "devient le ministère des "Affaires étrangères".

Le département de l'Agriculture, des Ressources animales et halieutiques fusionne avec le ministère de l'Environnement, de l'Eau et de l'Assainissement, pour former le ministère de l'Agriculture, de l'Eau, des Ressources animales et halieutiques.

On enregistre donc les départs de Luc Adama Sorgho (Infrastructures) et de Roger Baro (Environnement). Mikaïlou Sidibé (Habitat) et le commandant Ismaël Sombié (Agriculture) voient eux leurs charges s'étoffer.

Lefaso.net

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Logement : « On peut construire grand, beau et moderne avec la terre », foi de Mathias Yaméogo, ingénieur et expert en construction bioclimatique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 12/01/2026 - 23:30

Spécialiste de la construction avec des matériaux biologiques, Mathias Yaméogo nous propose dans cette interview des solutions innovantes qui allient performances techniques et durabilité face à l'urgence climatique. L'ingénieur et expert en éco-bâtiments défend une autre manière de construire. C'est-à-dire, construire des bâtiments moins polluants et renouvelables. Il s'agit d'une approche innovante qui pourrait redéfinir les fondations de la construction de demain. Lisez plutôt !

Lefaso.net : Présentez-vous à nos lecteurs.

MY : Je suis Mathias Yaméogo, promoteur d'une entreprise Sarl qui intervient dans l'éco-bâtiment. Nous offrons des solutions à base de matériaux locaux allant dans le sens de préserver l'environnement, mais aussi de traduire l'identité culturelle du Burkina Faso.

Vous parlez de l'architecture bioclimatique. De quoi s'agit-il ?

Nous portons depuis 2022 un projet de valorisation de l'architecture bioclimatique. Quand on dit bioclimatique, c'est tout simplement tout type de construction qui va dans le sens de la préservation de l'environnement. Ou tout simplement tout bâtiment permettant de réduire la consommation de l'énergie électrique, mais aussi de faire ce qu'on appelle l'immersion thermique. C'est-à-dire qu'avec les matériaux utilisés, c'est fait de telle sorte que quand il fait trop chaud, cela régule la température à l'intérieur du bâtiment. Il y a également d'autres principes que nous utilisons qui ne sont pas très connus sur le marché, notamment le sable de verre ou les briques en sachets plastiques recyclés.

Pouvez-vous revenir en détail sur les différents matériaux que vous utilisez dans ces types de construction ?

Premièrement, il y a la brique en latérite que tout le monde connaît. La latérite taillée et la latérite compactée. Et il y a une différence entre ces deux briques. La latérite compactée, c'est quand on extrait la terre et qu'on utilise une machine pour compacter cette terre pour la transformer en brique. Il y a la latérite qui est taillée au niveau de la carrière.

Quel type de bâtiment peut-on construire avec ces matériaux en terre ?

Je peux dire tout type de bâtiment. Même des R+. C'est-à-dire des duplex, de petites maisons, des infrastructures et autres. Bien sûr qu'il faut préciser que cela ne sera pas sans le ciment. Parce qu'il y a du ciment dans le mélange, mais en petite quantité. Sinon, on ne peut pas s'en passer.

Ces maisons ou bâtiments construits avec ces matériaux biologiques sont-ils résistants ?

Je dirai que c'est durable et c'est écologique. En plus, cela traduit notre identité culturelle. Parce qu'on fait des plans qui reflètent l'identité culturelle du Burkina. C'est vraiment sur cet aspect même que je voudrais attirer l'attention des entrepreneurs du même domaine ou des architectes surtout, sur la nécessité de réorienter les modèles de bâtiment : quand on se promène dans la ville de Ouagadougou, on voit qu'il y a des bâtiments qui ne reflètent pas notre identité. On a l'impression que ce sont des bâtiments européens implantés chez nous. Pourquoi on ne penserait pas à nous inspirer de nos modèles de bâtiments traditionnels pour moderniser ? Ce n'est pas parce que c'est traditionnel que ce n'est pas moderne. Ce n'est pas parce que c'est la terre que ce n'est pas moderne. On peut construire grand, beau et moderne avec la terre. C'est possible, il suffit seulement de définir le plan et le type de matériau et de prendre le soin de le réaliser de façon professionnelle comme il faut avec des professionnels avec la technicité moderne qui va avec et de faire la finition comme il faut.

En termes de coût, c'est plus ou moins cher que le ciment ?

En matière de coût, c'est vraiment relatif et puis cela dépend de plusieurs aspects. Quand on veut réaliser un bâtiment de type F+2 comparativement à un bâtiment de type R+1 ou un duplex, les coûts ne seront pas les mêmes et cela dépend aussi des plans qu'il faut exécuter et des matériaux utilisés. Est-ce qu'il s'agit des briques en sachets plastiques recyclés ou par exemple en sable de verre ? Les prix sont fixés en fonction de tous ces aspects pris en compte.

Justement, est-ce qu'on peut en savoir plus sur les briques en sachets plastiques recyclés et en sable de verre ?

Il faut dire que ces types de briques sont un peu rares. Pour les avoir, c'est souvent sur commande à l'endroit de ceux qui font de la récupération ou du recyclage en sachets plastiques. S'agissant du sable de verre, nous collectons tout ce qui est objet en vitre, en verre ou en bouteille et nous les transformons en agréments pour la construction. Cela peut se faire en plusieurs types de matériaux utilisés non seulement pour la réalisation, la construction, mais aussi pour la finition.

Mais est-ce que vos modèles de maisons sont accessibles à tous ?

Oui, je dirai même que c'est ce qu'il faut promouvoir pour le citoyen lambda. Parce que cela permet le développement inclusif et de rehausser l'identité culturelle du pays. Quand on prend l'exemple des zones rurales du pays, avec le modernisme, les gens pensent que construire avec du ciment en zone rurale c'est l'idéal. Mais quand vous remontez l'histoire du pays ou des autres pays, vous allez voir que les gens construisaient avec de la terre et ils construisaient solide et durable. Quand vous arrivez dans certains pays et que vous voyez les modèles de bâtiments, vous n'avez pas besoin qu'on vous dise que c'est quel pays. À titre d'exemple, on a le palais du Mogho Naaba, le musée de la musique, et autres qui ont été construits avec de la terre depuis des années qui sont toujours là. Donc, je pense qu'un citoyen gagnerait à construire moins cher avec de la terre et c'est possible.

Votre mot de fin ?

Mon mot de fin, c'est vraiment un appel à l'endroit de l'État à faire ce qu'on appelle de la valorisation. C'est-à-dire valoriser vraiment le domaine de l'architecture au niveau du Burkina, notamment l'architecture bioclimatique, l'éco-bâtiment. Il faut vraiment que nous mettions en place un programme de valorisation de ces éco-bâtiments, parce qu'en réalité souvent, c'est parce que ce n'est pas divulgué ou promu que les gens ne s'y intéressent pas. Donc je pense que si on arrivait à faire cette valorisation, cela sensibiliserait la population à comprendre l'importance de ces types de bâtiments. On gagnerait à promouvoir notre identité culturelle et à préserver l'environnement.

Interview réalisée par Yvette Zongo
Photo et vidéo : Auguste Paré

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Immersion patriotique au Burkina : La première cohorte de chercheurs et attachés baptisée "Les guerriers du savoir"

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 12/01/2026 - 23:28

Le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation a présidé ce lundi 12 janvier 2025, la cérémonie de sortie officielle de la première cohorte de nouveaux enseignants chercheurs et attachés en immersion patriotique, au Service national pour le développement (SND). Ils sont au total 199 a avoir effectué ce service un mois durant avec brio. Des valeurs acquises, on note le sens du patriotisme, du civisme, de la solidarité, la culture permanente de la discipline et de l'intégrité. C'est ce que Pr Adjima Thiombiano a invité ces appelés à l'immersion patriotique à incarner tout au long de leur vie. La promotion a été baptisée "Mi Bâanma Djakoanda (les guerriers du savoir)."

Sceptiques au départ, c'est haut les mains que ces cadres de l'administration ont pris part à la première immersion patriotique au profit des chercheurs et attachés de recherche. La cohorte, composée de 169 assistants, 17 assistants hospitalo-universitaire, 13 attachés de recherche, soit 199 au total, a reçu ses attestations ce lundi 12 janvier 2025, au cours d'une cérémonie dédiée à cet effet, présidée par le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, avec à ses côtés, le ministère de l'enseignement de base, de l'alphabétisation et de la promotion des langues nationales, mais aussi, celui de la santé.

Quelques membres du gouvernement présents à cette cérémonie

Deux volets essentiels ont constitué le corpus de cette immersion qui aura duré un mois. "D'une part, la formation civique et patriotique. D'autre part, les connaissances militaires. La pédagogie universitaire en lien avec leurs missions académique et scientifique a complété ce programme. Ni la densité, ni la diversité du contenu de la formation n'ont entamé la volonté, l'engagement et la détermination de ces hauts cadres, toute chose qui a permis de renforcer la culture de discipline, de respect de l'autorité, l'intégrité et la capacité d'action collective dans un contexte de défis sécuritaire" a laissé entendre le colonel Moctar Haidara Traoré, directeur général du SND.

Colonel Moctar Traoré à l'extrême gauche de la photo

Des propos confirmés par le délégué général de la promotion, Dr Francis Ouédraogo, qui estime que ces formations renforcent leur engagement à œuvrer pour un Burkina meilleur. "La rigueur de l'épreuve physique a forgé notre résilience. Nous avons découvert la force qui se cache dans l'effort collectif, la valeur de la ponctualité, et la discipline pour accomplir de grandes choses. Sur les plans intellectuel et professionnel, le centre de formation et de production de Loumbila (dirigé par le capitaine Daouda Dao) ne se limite pas à former des citoyens. Il façonne des bâtisseurs de l'action, désormais outillés de notions militaires et initiés au maniement des armes" a-t-il confié quant aux acquis de cette immersion, qui les disposent à faire face aux défis qui les attendent.

"Nous ... faisons la promesse solennelle, de ne jamais trahir la confiance et l'espoir placés en nous", Dr Francis Ouédraogo

Des mots qui ravissent le cœur du ministre en charge de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, président la cérémonie, qui rappelle par la même occasion, l'importance d'une telle initiative. "La simple formation habituelle axée sur la pédagogie universitaire était devenue insuffisante au regard de la vision actuelle de la Révolution progressiste populaire (RPP). Nous avons besoin d'hommes et de femmes compétents certes, mais avec une bonne dose de patriotisme, aguerris des défis actuels de notre société mais surtout incarnant l'ordre et la discipline dans tous les milieux" s'est-il exprimé, avant de saluer le SND pour l'accompagnement tout au long de cette aventure qui a débuté le 14 décembre 2025.

"Le Burkina attend de vous une transformation profonde des mentalités... partout où vous passez", Pr Adjima Thiombiano

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Categories: Afrique

Assasinat de Viviane Yolande Compaoré : Le procureur du Tribunal de grande instance Ouaga II lance un appel à témoins

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 12/01/2026 - 23:25

Dans un communiqué en date du 12 janvier 2026, le procureur du Tribunal de grande instance Ouaga II lance un appel à témoins, à l'endroit de toute personne disposant d'informations ou de renseignements utiles permettant de retrouver les auteurs du meurtre de Viviane Compaoré, le 10 janvier 2026 au quartier Karpala de Ouagadougou.

Dans le communiqué, le procureur a rappelé les faits. Il a indiqué que le 10 janvier 2026 à 13h 40 minutes, le Commissariat de Police de l'Arrondissement 12 de la Ville de Ouagadougou a été informé qu'un corps sans vie a été découvert dans une maison d'habitation au secteur 51 de ladite ville au quartier Karpala. Une équipe composée du Parquet près du Tribunal de grande instance Ouaga II, de la Police judiciaire, de la Police scientifique et technique et d'un médecin légiste s'est transportée sur les lieux aux fins de constatations. Les premiers éléments recueillis sur la scène de crime révèlent que la victime du nom de Compaoré/Ouédraogo Viviane Yolande a été agressée et assassinée à son domicile.

Une enquête a donc été immédiatement ouverte afin de retrouver les auteurs et éventuels complices de ce crime. L'enquête suit son cours avec une grande mobilisation et une détermination particulière des enquêteurs. D'ores et déjà, des réquisitions ont été adressées au service de médecine légale et à d'autres personnes qualifiées afin d'apporter une expertise technique aux investigations en cours.

L'appel à témoins s'inscrit dans le même ordre d'idées. Toute personne disposant d'informations ou de renseignements utiles aux investigations est invitée à prendre attache avec le service du procureur, celui du Commissariat de Police de l'Arrondissement 12 de la ville de Ouagadougou ou tout autre service de police judiciaire pour apporter son concours à la découverte des auteurs, coauteurs et complices de ce crime odieux.

Lefaso.net

Categories: Afrique

Open Data : « Les données ouvertes ne sont pas une menace, mais une opportunité », Nnenna Nwakanma, figure militante du numérique en Afrique

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 12/01/2026 - 23:25

Actuellement membre du Conseil consultatif pour la communauté d'Afrique francophone des données ouvertes (CAFDO), Nnenna Nwakanma milite pour une meilleure intégration des données ouvertes dans les politiques de gouvernance. Pour elle, l'ouverture des données n'est ni un slogan, ni une menace, mais un levier de confiance, d'investissement et de développement. Nnenna Nwakanma a cofondé le Réseau africain des acteurs de la société de l'information et la société civile africaine pour la société de l'information dont elle est membre. Elle est également vice-présidente du Fonds de solidarité numérique. De passage à Ouagadougou, elle a accordé un entretien à Lefaso.net, dans lequel elle plaide pour une Afrique unie, compétente et capable de se construire par l'éducation, l'infrastructure et la bonne gouvernance.

Lefaso.net : Pourquoi les données ouvertes sont-elles aujourd'hui un levier stratégique pour améliorer la gouvernance et la transparence en Afrique ? ‎

N‎nenna Nwakanma : Les données ouvertes nous aident dans la traçabilité des faits et des actions. Les données ouvertes nous aident dans la responsabilité. Les données ouvertes nous aident dans la redevabilité. Les données ouvertes nous aident à répondre aux questions : qui, quoi, où, comment, avec combien et surtout pour qui. Donc voici un peu les choses qui rendent la transparence très attractive.‎

‎Et selon vous, quels sont les secteurs qui devraient être prioritaires quand on parle d'ouverture de données ?

‎La vie humaine ! En d'autres termes, la santé d'abord. Je peux dire aussi l'éducation, l'agriculture, l'économie et les finances et, pourquoi pas, la dette publique. Donc ces cinq-là, je pense qu'ils sont prioritaires pour moi. C'est vrai, chacun peut intervenir selon ses perspectives, mais je pense que la santé, l'éducation, l'agriculture, l'économie et la dette publique sont les socles de la souveraineté d'une nation, d'un continent, d'un peuple.

‎Selon vous, comment peut-on convaincre les États que l'ouverture des données ne constitue pas une menace, mais plutôt une opportunité de développement ?

‎L'enjeu de l'ouverture des données, c'est avant tout un enjeu de construction nationale. Le gouvernant, au sens large, est un décideur. Et nous le sommes tous à un certain niveau : sur le plan gouvernemental mais aussi communautaire, voire familial. Or, lorsqu'on est ouvert et transparent dans la gestion des affaires publiques, le premier capital que l'on gagne, c'est la confiance. La confiance de celles et ceux que l'on gouverne. Les citoyens se disent alors : « Ce qu'il dit correspond aux données, donc il est honnête. » Et cette confiance, une fois installée, s'inscrit dans la durée. Mais la confiance citoyenne ne s'arrête pas là.

Elle se traduit très concrètement en investissements, en dollars ou en euros. Pourquoi investissons-nous, y compris en Afrique, dans des pays où tout est clair et bien organisé ? Aujourd'hui, des pays comme l'Estonie attirent des entrepreneurs africains qui vont y créer leurs entreprises. Pourquoi ? Parce que l'information nécessaire pour entreprendre, obtenir un agrément ou lancer une activité y est accessible, fiable et transparente. En tant qu'investisseur, on va naturellement là où les règles sont claires. La transparence attire. Un pays transparent dans sa gouvernance attire l'investissement, tout simplement parce que l'investissement aime la transparence. À cela s'ajoute l'efficacité administrative.

Combien de citoyens perdent un temps précieux à courir derrière des services administratifs, à qui l'on répond : « Revenez plus tard, ce n'est pas clair, ce n'est pas disponible » ? Or, ce sont précisément des informations qui pourraient être ouvertes, libérées, pour permettre aux citoyens d'être servis rapidement et de se consacrer à des activités productives. L'ouverture des données permet ainsi de réduire les pertes de temps, d'améliorer la productivité et de rendre l'administration plus efficace. En définitive, pourquoi un gouvernant ou un administrateur devrait-il s'inscrire dans la dynamique des données ouvertes ? Pour trois raisons essentielles : bâtir la confiance, attirer l'investissement et améliorer l'efficacité de l'action publique. À mon sens, il n'y a plus d'hésitation à avoir : il faut y aller.

‎‎Les données africaines sont souvent hébergées et exploitées hors du continent. Pensez-vous que l'Afrique dispose aujourd'hui des capacités techniques, juridiques et humaines pour reprendre le contrôle de ses données ?

‎Lorsque l'on parle de l'Afrique en matière d'autonomie, il faut d'abord reconnaître une réalité : il n'existe pas une seule Afrique. Malheureusement ou heureusement, l'Afrique est plurielle. Je suis africaine, je me considère africaine, et je connais plusieurs pays du continent : le Burkina Faso, le Nigeria, le Ghana, le Togo, la Tunisie, l'Éthiopie. J'ai aussi vécu au Cameroun. Chaque pays a ses réalités, ses dynamiques et ses défis propres. ‎ L'autonomie d'un pays repose avant tout sur son peuple, sur la matière grise, le niveau d'éducation, la capacité des citoyens à se prendre en charge.

Elle repose également sur des éléments très concrets : l'électricité, les infrastructures, l'autonomie alimentaire, les compétences disponibles et la qualité de la gouvernance. Les données, à elles seules, ne sont pas les seules ressources hébergées ailleurs. Beaucoup d'autres choses le sont aussi. Nous envoyons nos enfants étudier à l'étranger. Nous prenons des billets d'avion sur des compagnies qui ne sont pas africaines. Une grande partie de la valeur produite quitte le continent. Tout ne se résume donc pas aux données. ‎

Ce que je dis est simple : il ne suffit pas de vouloir être autonome pour l'être réellement. Il ne suffit pas de vouloir être souverain pour devenir souverain. Il faut en avoir les moyens. Et ces moyens passent d'abord par des infrastructures solides, un peuple éduqué et scolarisé, une autonomie alimentaire réelle, des compétences locales capables de gérer les systèmes, et une gouvernance efficace. Si nous rapatrions nos données alors qu'il n'y a pas d'électricité, que faisons-nous ? Si nous rapatrions nos données sans disposer du matériel nécessaire pour les stocker, où allons-nous ? La question n'est donc pas seulement celle de la volonté, mais celle de la capacité. Il ne s'agit pas seulement de vouloir ; il s'agit de pouvoir.

Nnenna Nwakanma est une activiste classée parmi les 100 femmes les plus influentes d'Afrique selon Avance Media. Elle n'est plus à présenter dans le domaine des TIC en Afrique.

‎Quel est l'apport spécifique de la Communauté d'Afrique francophone des données ouvertes (CAFDO) dont vous êtes membre consultatif dans l'écosystème numérique africain ? ‎

‎La CAFDO est avant tout une communauté et ses activités sont menées dans plus de 25 pays en Afrique. C'est d'abord un espace d'expertise. Certes, c'est une organisation à but non-lucratif, mais cela ne signifie pas que nous soyons une ONG de charité. Nous ne sommes pas là pour faire de l'assistance sociale ou pour « nous occuper des pauvres ». Notre rôle est d'apporter une expertise de haut niveau dans les domaines du digital, de la technologie et du numérique.

La première mission de la CAFDO, c'est donc l'apport d'expertise. Une expertise pointue, structurée, fondée sur l'expérience. Nous intervenons notamment dans la formation, en collaboration avec des universités, y compris à l'international. Nous travaillons par exemple avec une université au Canada. À travers ces actions, la CAFDO se positionne comme un véritable levier de formation pour des millions d'Africains. Il y a également le plaidoyer. Nous menons un plaidoyer stratégique, constructif. Nous allons là où il faut aller, nous rencontrons les bonnes personnes pour poser les bonnes questions et proposer des solutions concrètes.

Ce plaidoyer n'est pas un plaidoyer de confrontation. Vous ne verrez pas la CAFDO dans la rue avec des pancartes. Notre approche consiste à dire : « Ceci fonctionne mieux que cela », et à apporter l'expertise nécessaire pour passer d'un point A à un point B. La CAFDO œuvre aussi à la promotion des bonnes pratiques. Vous l'avez constaté lors de nos rencontres : nous travaillons en communauté pour identifier ce qui fonctionne bien afin que d'autres puissent s'en inspirer. Lorsqu'une initiative donne de bons résultats au Togo, nous voulons que la Côte d'Ivoire puisse en tirer des enseignements. Quand une expérience est réussie au Burkina Faso, nous souhaitons que la RDC en bénéficie. Et lorsqu'un modèle fonctionne au Bénin, il peut aussi inspirer le Maroc.

C'est cette circulation des savoirs et des pratiques qui fait la force de la CAFDO. Nous accordons également une place centrale à l'usage des données. Nous ne pouvons pas demander l'ouverture des données sans les utiliser nous-mêmes. Nous sommes à la fois producteurs et utilisateurs. Les données ouvertes servent à innover et à résoudre nos propres problèmes. La CAFDO développe et soutient des initiatives d'innovation fondées sur l'exploitation responsable des données. Enfin, il y a l'appui aux projets portés par la communauté. Cela peut être des financements modestes ou plus conséquents. Nous bénéficions de l'appui de partenaires, et nous jouons un rôle d'interface entre les grands bailleurs et les initiatives locales. C'est aussi cela la CAFDO : un pont entre les ressources, l'expertise et les communautés africaines.

‎À quoi ressemblerait, selon vous, une Afrique véritablement souveraine sur le plan numérique dans les prochaines années ? ‎

‎Lorsque l'on regarde la carte du monde, l'on se rend compte que l'Afrique est le plus grand bloc terrestre de la planète. Nous sommes un peuple. Et comme le disait quelqu'un, depuis l'espace, on ne voit pas les frontières : ce sont des constructions humaines. À l'origine, nous n'avions pas de frontières entre nous. ‎ Je crois profondément en cette Afrique unie, une Afrique d'un seul marché numérique, une Afrique libre, où je peux circuler de Le Caire au Cap, de Djibouti à Dakar, en passant par Nairobi et Lagos. C'est cette Afrique que je vois : une Afrique des libertés, de la mobilité, du peuple et surtout de la connaissance. ‎ Je rêve d'une Afrique dotée d'infrastructures solides.

Une Afrique où l'on mange bien chez soi, où l'on se soigne correctement, où les enfants sont bien scolarisés. C'est déjà cela, l'Afrique qui gagne. Une Afrique respectueuse des droits humains. Si nous parlons aujourd'hui de données ouvertes, c'est parce que l'accès aux données est une composante essentielle du droit à l'information. Vous qui êtes des professionnels de la communication et de l'information, vous savez à quel point l'information est vitale pour la vie d'une nation, d'une communauté et d'un continent tout entier. ‎ Je rêve donc d'une Afrique où les droits humains sont promus, protégés et respectés. Une Afrique dotée d'une véritable autonomie financière, afin que nos frères, nos sœurs et nos enfants n'aient plus à risquer leur vie en traversant la Méditerranée. Une Afrique capable de se gérer elle-même, grâce aux compétences de ses propres citoyens. ‎

Certes, on parle souvent de nouvelles technologies. Il y aura toujours des innovations, toujours de nouveaux outils. Mais c'est à nous de nous former, de rattraper le temps qui avance. La formation reçue il y a 20 ans n'est plus suffisante aujourd'hui. Il faut donc continuellement renforcer les connaissances et les compétences. ‎ C'est pourquoi je crois en une Afrique des infrastructures, une Afrique du respect des droits, une Afrique de l'autonomie financière et alimentaire, une Afrique des compétences, une Afrique fière de son identité, et surtout une Afrique de la bonne gouvernance. Une Afrique où les dirigeants rendent compte : « Vous m'avez confié un mandat, voici ce que j'ai accompli. »

Nous, Africains, ne rêvons pas de coloniser les autres. Nous n'avons pas pour ambition de dominer ou de brimer d'autres continents comme cela a été fait dans l'histoire. J'adresse ici un message aux Américains et aux Européens : n'ayez pas peur de l'Afrique, n'ayez pas peur de son développement. Nous ne viendrons pas vous coloniser, nous ne voulons pas vous remplacer chez vous. Nous voulons simplement être bien chez nous. ‎ Car lorsque l'Africain est bien chez lui, il n'a aucune raison d'aller chercher ailleurs. Ce que nous voulons, c'est le bien-être de nos populations : la santé, la sécurité, la suffisance alimentaire. C'est pouvoir mettre nos enfants au monde, les envoyer à l'école et les soigner lorsqu'ils sont malades. Voilà ce que nous voulons. Le bien-être africain, pour moi, c'est cela l'Afrique qui gagne. ‎

Protection des données, égalité numérique, égalité des sexes, open data, transparence gouvernementale, leadership féminin dans le secteur technologique, sont autant de domaines d'expertise de Nnenna Nwakanma.

‎Que diriez-vous aux jeunes Africains qui veulent s'engager dans les domaines des données ouvertes et de l'innovation technologique ?

‎La première chose à retenir, c'est que le numérique nous facilite la vie. Pendant longtemps, on pensait que les Africains n'allaient pas réussir à tirer parti du développement numérique. Pourtant, nous nous sommes plutôt bien débrouillés. Avec nos téléphones, nous faisons aujourd'hui énormément de choses. Le message que je souhaite adresser à chacun, c'est donc d'être ami avec le numérique. Il faut le comprendre, se l'approprier, car il permet de résoudre beaucoup de nos problèmes.

Souvenez-vous : autrefois, on se déplaçait de loin pour voir quelqu'un en ville, et à l'arrivée, on nous disait que la personne était repartie. Aujourd'hui, nous communiquons instantanément. Le numérique a changé nos réalités. À vous qui m'écoutez ou me lisez, je dirais d'abord : faites alliance avec le numérique. Il apporte des solutions concrètes, notamment en matière d'emploi et de formation. Ensuite, il y a un principe fondamental : la formation tout au long de la vie. La formation à vie. J'ai plus de 50 ans et je suis toujours étudiante. J'apprends et j'enseigne en même temps. On ne peut plus dire aujourd'hui : « J'ai un doctorat, c'est bon. » Ce n'est plus possible.

Un doctorat correspond à un travail de recherche tel qu'on le faisait il y a 20 ans. Aujourd'hui, avec l'intelligence artificielle, ce qui prenait cinq ans peut parfois se faire en quelques semaines, voire en quelques jours. Le monde avance vite, et il faut rester au diapason. Cela signifie qu'il faut continuellement se former, apprendre, s'adapter. Les données, par exemple, sont comme l'uranium. On peut savoir que vous en possédez, mais si vous n'en faites rien, elles ne servent à rien. Si vous les exploitez intelligemment, les retombées peuvent être extraordinaires. En revanche, si vous les utilisez mal, les conséquences peuvent être désastreuses. Il est donc essentiel de savoir manier les données de manière responsable, afin de créer de la valeur. Grâce aux données, nous pouvons construire un monde meilleur. Exploitons les données avec discernement.

La transparence attire la confiance, et la confiance attire les opportunités. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle repose sur les données. L'IA se nourrit des données. Il est donc crucial d'apprendre à lire les chiffres, à transformer les données en information, puis à convertir cette information en richesse. Et c'est de cette richesse-là dont nous avons besoin. Je rêve d'une jeunesse, d'un jeune homme et d'une jeune femme qui soient comme moi : bien dans leur tête, bien dans leur corps, bien dans leurs poches et confiants dans leur avenir. Parce que l'Afrique, c'est nous. L'Afrique, c'est moi. Et son avenir dépend aussi de moi.

Propos recueillis par Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Sports, jeunesse et emploi : Du terrain au gouvernement, le parcours d'Annick Pikbougoum Zingué, nouvelle ministre

Lefaso.net (Burkina Faso) - Mon, 12/01/2026 - 23:21

Nommée ministre des Sports, de la Jeunesse et de l'Emploi ce 12 janvier 2026, à l'occasion d'un léger remaniement ministériel, Annick Pikbougoum Zingué accède à l'une des plus hautes responsabilités de l'action publique sportive au Burkina Faso. Grande actrice du développement du sport et de l'inclusion par l'activité physique depuis plus de deux décennies, cette ancienne handballeuse internationale, professeure d'éducation physique et dirigeante associative chevronnée s'est illustrée aussi bien sur les terrains, dans l'administration et au sein de Special Olympics. En mai 2021, Lefaso.net lui consacrait le portrait ci-dessous retraçant l'itinéraire d'une femme passionnée et engagée.

Annick Pikbougoum : Itinéraire d'une férue de sport

Depuis mars 2021, Annick Pikbougoum Zingué siège en tant que membre au Conseil de leadership africain de Special Olympics. Une consécration pour cette femme qui a consacré toute sa vie au sport. Portrait.

Comme Obélix dans le chaudron de potion magique, Annick Pikbougoum Zingué est tombée dans le sport toute petite. Déjà à l'école primaire, c'était une compétitrice hors pair qui ramenait souvent des médailles à la maison. Elle s'est essayée à plusieurs disciplines : à l'athlétisme, au volley-ball, au shotokan ou au handball, discipline dans laquelle elle se fera un nom. Elle a même été capitaine de l'équipe de l'école primaire de Dédougou Centre B au volley-ball. Elle a aussi été lanceuse de poids avec un titre de championne de Côte d'Ivoire en 1995.

« Fort heureusement, j'étais accompagnée par mes parents qui savaient que c'était ma passion », commente-t-elle. En matière de sport, Annick Pikbougoum Zingué a, en effet, de qui tenir. Son père, grand amoureux du sport, entraînait des équipes, accompagnait et encourageait les jeunes du quartier à la pratique sportive. Sa mère a été également une grande sportive dans ses années du primaire mais n'a malheureusement pas pu s'épanouir dans le sport faute de cadre adéquat.

« Mon papa était un mordu du sport. Dans le quartier il lui arrivait de rassembler les enfants et d'organiser des courses entre eux. Il adorait le football et la boxe. J'ai eu leur accompagnement. Toute la famille pratique le sport. Maman a pratiqué le sport à l'école. Elle n'est pas allée loin dans le sport parce qu'elle n'a pas eu de cadre de promotion en son temps. Ses promotionnaires nous racontent qu'elle était imbattable sur plusieurs fronts. On l'avait même surnommée « la gazelle » lors des courses de vitesse et de saut en hauteur. Elle était plutôt heureuse de voir que sa fille a pris la relève pour faire ce qu'elle n'a pas eu la chance de faire », se souvient Mme Pikbougoum.

Alors qu'elle était lycéenne, elle découvre le handball au lycée Bafudji de Gaoua, discipline dans laquelle elle se fera un nom sur le plan scolaire (Collège Sainte Marie de Tounouma, Lycée Ouezzin Coulibaly, Lycée Philippe Zinda Kaboré) et civil (ASFB, AS SONABHY, AS SONABEL). Mais comment mener correctement des études quand on joue dans plusieurs clubs à la fois et dans des sports différents ? Il lui a fallu opérer un choix entre le handball et le basket où elle excellait également sous les couleurs de l'USFRAN de Bobo. Elle explique : « Avec les études, il m'arrivait de disputer deux championnats à la fois le weekend. J'ai donc opté pour le handball. J'ai joué au plan national et international en club (USC Bassam et ROMBO HBC d'Abidjan) et avec la sélection nationale pendant plus d'une décennie. J'ai aussi été entraîneure et dirigeante responsable de club (LONAB HBC) »

Annick Pikbougoum décroche un baccalauréat scientifique (D) et entame des études à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l'Université de Ouagadougou. Des études qu'elle écourte aussitôt après avoir été reçue à un test organisé par la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la francophonie (CONFEJES) pour le recrutement de deux professeurs d'éducation physique et sportive à former en Côte d'Ivoire. C'est ainsi qu'elle se retrouve à l'Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) d'Abidjan qui était sous la double tutelle de l'Université de Cocody et de l'École normale supérieure (ENS). Elle en ressort avec une Licence en STAPS et un CAPEPS.

Renforcer ses capacités

Revenue au bercail avec son diplôme de professeur d'EPS et une Licence en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) en poche, elle officie comme professeure d'éducation physique et sportive au Collège Notre-Dame de Kologh Naaba et au Lycée technique Amilcar Cabral. Mais entre deux cours dispensés, elle trouve le temps de renforcer ses capacités en décrochant d'abord un diplôme d'entraîneur international en handball de l'Université sportive de Leipzig (RFA) puis un Master en management des organisations sportives à Lyon 1 auquel elle se prépare à ajouter un autre Master sur la pédagogie du changement social. A ce niveau, ses recherches sont axées sur la prise en charge des élèves déficients intellectuels dans les cours d'éducation physique à l'école primaire.

Son application lui permet de grimper les échelons dans l'administration publique burkinabè. Elle est d'abord nommée directrice des sports de compétition, puis (première) directrice des sports du haut niveau au ministère en charge des Sports. Elle occupe aussi le poste de chargée d'études au ministère des Enseignements supérieurs et de directrice adjointe en charge des affaires académiques à l'Institut des sciences du sport et du développement humain (ISSDH), anciennement Institut national de la jeunesse, de l'éducation physique et du sport (INJEPS).

Actuellement chargée d'études à l'Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, enseignante vacataire à l'ISSDH où elle donne des cours de management de sport et de handball, Annick Pikbougoum Zingué est aussi professeure de fitness et de yoga. Son deuxième Master lui permet d'enseigner la prise en charge des personnes à besoins spécifiques, dont les personnes âgées et celles vivant avec un handicap.

Special Olympics

Il faut rappeler que c'est quand elle était étudiante de l'Institut des sports d'Abidjan qu'elle a entendu parler de Special Olympics pour la première fois. « Une compétition avait été organisée et des étudiants de mon institut étaient allés prêter main forte aux organisateurs comme volontaires. Quand ils sont revenus, certains m'ont fait le compte rendu et ils m'ont dit qu'il y avait même une délégation du Burkina Faso conduite par une dame. J'étais étonnée. Par la suite j'ai su qu'il s'agissait de madame Bassolet, la première directrice nationale », se remémore-t-elle.

Aussitôt rentrée au pays, elle cherche à connaître la structure : « C'était à une époque où il y avait des changements à la tête de cette structure. Par coïncidence, c'était un aîné que je connaissais bien qui en a pris les commandes et qui m'a fait appel. Il s'agit d'Alexandre Yougbaré qui venait d'être nommé comme directeur national de Special Olympics Burkina. Il a demandé à un certain nombre de jeunes enseignants d'EPS de venir l'accompagner dans sa mission. Je suis donc arrivée à Special Olympics en 1998. ».

C'est comme cela qu'elle commence comme entraîneur sur deux sites, Saaba et Tanghin. Très vite elle devient entraîneur national puis directrice exécutive nationale de Special Olympics quand il a fallu apporter des changements à la structure.

En avril 2021, elle a été élue membre du Conseil de leadership africain de Special Olympics. C'est un groupe restreint de haut niveau qui travaille avec le bureau africain pour assoir les programmes de Special Olympics Afrique au niveau de tous les pays du continent. Comme les autres membres, elle a un mandat de trois ans renouvelable une fois. Au sein de ce conseil, Mme Pikbougoum est la seule voix de la zone Afrique francophone. Elle a pris le relais d'une Sénégalaise. Si elle a fait acte de candidature, c'est parce qu'elle estimait qu'elle remplissait tous les critères. Elle a dû battre campagne contre un Cap-verdien. Son rôle, en tant que membre, sera entre autres d'examiner, d'évaluer et conseiller la région Afrique et les programmes nationaux, d'élaborer des directives, des conférences et concevoir des activités ; de faire des recommandations à la région Afrique sur le plan stratégique et concevoir les lignes directrices pour les conférences et les compétitions au niveau africain…

Rêver grand

En apprenant sa nomination, elle a éprouvé un sentiment de satisfaction et de reconnaissance. « C'est une reconnaissance du travail abattu en deux décennies à Special Olympics, une reconnaissance pour le travail abattu par les bénévoles au niveau national et qui m'ont soutenu jusque-là. Cette reconnaissance est aussi la leur, celle de tous les acteurs : des athlètes aux partenaires en passant par les parents d'athlètes. C'est un sentiment de fierté », dit-elle.

Entre ses activités au bureau, au sein de l'association, sa famille – elle est mariée et a quatre enfants - et ses innombrables engagements sportifs, ses journées sont bien remplies. « Je commence ma journée au bureau. A la descente, je m'occupe de la paperasserie ou je participe à des réunions avant de rentrer. Je profite de vos lignes pour rendre hommage à ce grand homme qu'est mon époux qui m'a toujours soutenue sans faille, car lui-même est un ancien international et dirigeant de handball », résume-t-elle.

Aujourd'hui, quand elle jette un œil dans le rétroviseur, elle éprouve un sentiment de satisfaction. « Quand je vois le nombre de localités couvertes, c'est une source de fierté. Le nombre d'athlètes, de coachs, de bénévoles s'est accru d'année en année. Quand je commençais à Special Olympics, nous étions juste à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. A Ouaga, nous étions à Saaba et à l'Arche de Nongr-Maasom. Il y avait moins de 100 athlètes. Aujourd'hui, nous en avons plus de 3000 et 1 000 encadreurs bénévoles. C'est une source de fierté et un défi parce que nous ne sommes qu'en milieu de parcours. La qualité des volontaires est excellente. Nous avons des médecins, des communicateurs, des gestionnaires de projets, des spécialistes du sport, de l'action sociale, de la psychologie, des finances…Nous essayons de capitaliser, de mettre leurs compétences au profit de nos athlètes ».

D'après elle, les chiffres des personnes vivant avec un handicap mis en exergue lors du dernier recensement montrent qu'il y a pas mal d'athlètes à aller chercher. Son plus grand souhait à présent est de pouvoir rassembler tous les bénévoles autour d'un idéal commun. Elle explique : « Sous d'autres cieux, le travail que nous faisons est effectué par des gens recrutés à temps plein, rémunérés. Ici, nous le faisons de façon bénévole. Il s'agit pour nous de pouvoir capitaliser ce que chacun peut apporter à ses temps libres. Il fallait faire grandir la chose. Des efforts ont été faits. Par exemple pour les jeux mondiaux en Caroline du Nord (en 1999), seulement trois athlètes du Burkina Faso y ont participé. Aux derniers jeux mondiaux à Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis, la délégation burkinabè était forte d'une soixantaine de membres, dont 40 athlètes. Au départ, nous étions des assistés. C'est Special Olympics International (SOI) qui nous invitait et prenait en charge le déplacement juste pour qu'on soit représenté. A partir de ce moment vous n'êtes plus maîtres de vos effectifs et ces délégations ne dépassent guère cinq à sept personnes. Aujourd'hui beaucoup de pays sont encore sous cette assistance. Il a fallu travailler avec nos autorités pour qu'elles assurent la prise en charge de nos délégations pour sortir de ce lot des éternels assistés. C'est le lieu ici de remercier tous les ministres des Sports qui se sont succédé ainsi que nos partenaires. Ils ont toujours apporté leurs soutiens multiformes à nos athlètes et à notre structure ».

Mme Pikbougoum rêve que Special Olympics soit implanté dans les 8 000 villages du Burkina pour couvrir les 45 provinces et que chaque personne ayant une déficience intellectuelle puisse bénéficier des services gratuits de SOB. « Nous sommes déjà dans les 13 régions », précise-t-elle.

Et si son parcours était à refaire, « j'allais peut être améliorer certains aspects, mais je n'aurais pas apporté beaucoup de changements. Je suis en train de faire des choses que j'ai toujours rêvé de faire », jure celle qui garde encore sa ligne, physiquement parlant.

C'est au regard de ses qualités, compétences et expériences professionnelles que la Fédération burkinabè de Football (FBF) lui fait appel en début de saison pour la gestion et l'organisation des compétitions nationales (championnats et coupes) du football féminin. Un nouveau challenge pour celle dont la devise est « Etre utile à quelqu'un quelque part et prendre la vie du bon côté ».

Désiré T. Sawadogo
Lefaso.net

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