Le Tribunal de commerce de Cotonou a condamné, le 25 juin 2026, PROXIMITY GROUP AFRICA SA à payer 23.399.298 FCFA à STRALIX SARL.
L'émission d'un ordre de virement bancaire ne suffit pas, à elle seule, à éteindre une dette. Encore faut-il que les fonds parviennent effectivement au bénéficiaire. C'est le principe qu'a rappelé le Tribunal de commerce de Cotonou dans son jugement n°057/2026/CJ1/S2/TCC du 25 juin 2026, rendu dans un litige opposant STRALIX SARL à PROXIMITY GROUP AFRICA SA.
L'affaire trouve son origine dans l'exécution de prestations réalisées par STRALIX pour la succursale guinéenne de PROXIMITY GROUP AFRICA dans le cadre d'un marché conclu avec ECOBANK Guinée. Une facture n°0117-AG-SC-ST-25, émise le 8 décembre 2025, d'un montant de 36.672 euros, soit 23.399.298 FCFA, demeure impayée.
Pour régler cette créance, PROXIMITY GROUP AFRICA affirme avoir initié, le 17 décembre 2025, un virement international depuis son compte domicilié chez ECOBANK Guinée. Son compte aurait bien été débité. Mais plusieurs mois plus tard, STRALIX assure n'avoir reçu aucun paiement.
Selon PROXIMITY GROUP AFRICA, sa banque lui aurait indiqué que le virement avait été rejeté par la BIIC avant d'être retourné. La banque béninoise soutient au contraire n'avoir jamais reçu les fonds.
Face à cette situation, STRALIX assigne, le 27 mars 2026, PROXIMITY GROUP AFRICA, ECOBANK Guinée et la BIIC devant le Tribunal de commerce de Cotonou. Elle réclame le paiement de sa facture, 400 millions FCFA de dommages-intérêts ainsi que des frais irrépétibles.
En défense, PROXIMITY GROUP AFRICA reconnaît devoir la somme réclamée mais estime s'être libérée de son obligation dès lors que le virement a été ordonné et que son compte a été débité. Elle demande que la responsabilité soit transférée à ECOBANK Guinée.
Pour le Tribunal, « le virement international initié, le 17 décembre 2025 (...) n'a pu atteindre la société STRALIX SARL » et « la BIIC SA n'a pas non plus reçu les fonds ».
La juridiction ajoute que « les raisons pour lesquelles la société ECOBANK Guinée SA n'a pas exécuté l'ordre de virement ne sont pas connues de la juridiction de céans », ce qui ne permet pas d'apprécier la responsabilité de cette banque dans l'échec de l'opération.
S'appuyant sur l'article 1315 du Code civil, le Tribunal rappelle que « celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ». Les magistrats en déduisent que, STRALIX n'ayant jamais reçu les fonds, « c'est à bon droit qu'elle en sollicite le paiement ».
En conséquence, PROXIMITY GROUP AFRICA est condamnée à payer à STRALIX 36.672 euros, soit 23.399.298 FCFA, correspondant à la facture impayée.
Le Tribunal a rejeté la demande de 400 millions FCFA de dommages-intérêts formulée par STRALIX. Il considère que PROXIMITY GROUP AFRICA « a manifesté sa bonne foi en effectuant un ordre de virement » et que le préjudice invoqué ne se distingue pas de celui résultant du simple non-paiement de la créance.
Les juges déboutent également PROXIMITY GROUP AFRICA de sa demande de 50 millions FCFA de dommages-intérêts contre ECOBANK Guinée, estimant que les pièces du dossier montrent que les fonds ont finalement été recrédités sur son compte et que le préjudice allégué n'est pas établi.
Ce jugement rendu en premier ressort est susceptible d'appel.
Deux (02) personnes ont perdu la vie après avoir été frappées par la foudre, dimanche 12 juillet 2026, à Daroukpara, dans la commune de Nikki.
Drame à Daroukpara, un village de l'arrondissement de Suya. Deux personnes ont été mortellement frappées par la foudre selon les informations rapportées. Alertés, les éléments de la Police républicaine se sont rendus sur les lieux afin d'effectuer les constats. À l'issue des formalités, les dépouilles ont été remises aux familles pour l'inhumation.
A.A.A
Ecobank Transnational Incorporated a célébré aujourd'hui la cotation de son obligation de 450 millions de dollars US dédiée à l'agriculture durable et au capital naturel, lors d'une cérémonie d'ouverture de marché organisée à la Bourse de Londres.
Cette opération constitue la première obligation Nature au monde, désignée comme telle par l'ICMA, émise par une banque commerciale. Elle est également la première obligation verte à emploi des fonds, à l'échelle mondiale, à bénéficier de la désignation secondaire « obligation Nature » de l'ICMA.
Cette obligation est destinée à financer des prêts éligibles dans trois domaines : la production agricole durable, la transformation agro-industrielle responsable, ainsi que l'approvisionnement en eau et l'assainissement. Les financements seront déployés dans 24 marchés où Ecobank est présente, avec une priorité accordée aux pays présentant des enjeux majeurs en matière de nature et de biodiversité.
Au-delà de cette émission, l'opération illustre l'engagement croissant du groupe Ecobank dans la mobilisation de capitaux africains et internationaux en faveur des secteurs essentiels à la résilience du continent, notamment les systèmes alimentaires, le capital naturel, les chaînes de valeur et les ressources en eau.
L'opération a suscité une forte demande des investisseurs, avec un carnet d'ordres final supérieur à 1,36 milliard de dollars US, soit une sursouscription de 3,9 fois par rapport à la taille initialement visée de 350 millions de dollars US. Cette forte demande a permis à Ecobank d'augmenter le montant de l'émission de 100 millions de dollars US, pour le porter à 450 millions de dollars US, et de resserrer le prix de 50 points de base par rapport aux indications initiales, ce qui correspond à un « greenium » de 50 points de base. Moody's a attribué à l'opération sa meilleure notation en matière de qualité durable, SQS1 « Excellent ».
L'obligation a attiré une base d'investisseurs internationale et diversifiée. Les allocations finales ont été réparties à environ 55 % entre le Royaume-Uni et l'Europe, 38 % en Afrique, 3 % au Moyen-Orient, 2 % aux États-Unis et 2 % en Asie. L'opération a notamment bénéficié de la participation d'institutions de financement du développement et de fonds spécialisés dans la durabilité. FMO, la banque néerlandaise de développement entrepreneurial, y a participé en qualité d'investisseur de référence.
L'obligation est structurée comme un instrument de fonds propres Tier 2, d'une maturité de 10,25 ans, avec une option de remboursement anticipé à 5,25 ans.
Plusieurs hauts responsables d'Ecobank ont pris part à la cérémonie d'ouverture de marché, notamment :
• Papa Madiaw Ndiaye, président du conseil d'administration du groupe
• Jeremy Awori, directeur général du groupe
• Ayo Adepoju, directeur exécutif groupe et directeur financier
• Rachael A.O. Antwi, directrice en charge du développement durable
Ecobank Transnational Incorporated est intervenue en qualité d'émetteur, d'initiateur et de conseiller unique en structuration durable. Standard Chartered Bank et Renaissance Capital Africa sont intervenues en tant que chefs de file et teneurs de livre associés.
La cérémonie organisée à la Bourse de Londres consacre cette opération comme une étape importante pour la finance durable africaine. Elle met également en lumière le rôle grandissant des institutions financières africaines dans le développement de solutions crédibles, fondées sur les marchés, pour financer les investissements liés au climat et à la nature.
Le Président du Faso, président de la Confédération des États du Sahel (AES), le capitaine Ibrahim Traoré a reçu en audience, le vendredi 10 juillet 2026, les ministres chargés de la Défense des pays membres de l'AES.
Présents à Ouagadougou dans le cadre de la consolidation des capacités opérationnelles de la Force unifiée de l'AES, le général d'armée Salifou Mody, ministre d'État, ministre de la Défense nationale du Niger, le général de division Oumar Diarra, ministre délégué chargé de la Défense du Mali, accompagnés du général de division Célestin Simporé, ministre d'État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique du Burkina Faso, sont venus recueillir les orientations du président de la Confédération AES, le capitaine Ibrahim Traoré.
Selon le ministre de la Guerre et de la Défense patriotique du Burkina Faso, cette rencontre de Ouagadougou permettra d'examiner les documents principaux pour le bon fonctionnement de la Force unifiée déjà fonctionnelle et de lui conférer un cadre juridique conformément à sa mission.
WYN-003-2026
WHAT YOU NEED SA, à travers son département GRH et développement des performances, recrute pour le compte d'une importante société de la place cinq (05) cadres (H/F) répartis comme suit :
Un spécialiste en finance, ou en économie, pour le poste de Directeur Général (1 poste) ;
Un ingénieur de conception en informatique pour le poste de Directeur Informatique (1 poste) ;
Un spécialiste en banque, ou en finance ; ou en comptabilité pour le poste de Directeur des Opérations (1 poste) ;
Un spécialiste en finance comptabilité pour le poste de Directeur Financier et Comptable (1 poste) ;
Un juriste pour le poste de Directeur Administratif et Juridique (1 poste) ;
Attention : Veuillez lire l'intégralité du communiqué avant de postuler !
A. DESCRIPTION DES POSTES A POURVOIR
1. SPECIALISTE EN FINANCE OU EN ECONOMIE POUR LE POSTE DE DIRECTEUR GENERAL
• Nombre de poste : 01
• Niveau d'études : être titulaire d'un diplôme de niveau BAC+5 en gestion, ou en finance, ou en économie, ou en organisation des entreprises ou tout autre diplôme jugé équivalent
• Expérience professionnelle :
– Justifier d'une expérience professionnelle d'au moins 05 années dans le domaine ;
– Avoir déjà participé à la gouvernance dans un poste similaire d'une Structure ou un projet les cinq (05) dernières années serait un atout ;
– Avoir deux (02) ans d'expérience à un poste de direction serait un atout ;
– Avoir une bonne maitrise en management des systèmes d'information des microfinances ou d'un centre de traitement des données serait un atout ;
– Avoir une expérience dans la promotion de solutions informatiques serait un atout ;
• Activités du poste :
– Assurer la direction générale et la représentation légale de l'organe de gestion de l'institution.
– Garantir la gestion technique, administrative, financière et budgétaire de l'institution, en qualité d'ordonnateur principal du budget.
– Préparer et exécuter les décisions du Conseil d'Administration, ainsi que signer les actes engageant l'institution.
– Définir les conditions de commercialisation des biens et services dans le respect des orientations fixées.
– Assurer la gestion des ressources humaines, notamment le recrutement, la nomination, l'évaluation et la révocation du personnel conformément à la réglementation.
– Prendre les mesures conservatoires nécessaires en cas d'urgence et en rendre compte au Conseil d'Administration.
– Définir et mettre en œuvre les politiques de gestion, notamment en matière de finances, de ressources humaines, d'organisation, d'investissements et de systèmes d'information.
– Assurer le suivi des projets, des partenariats et des accords de coopération avec les IMF, les partenaires nationaux, régionaux et internationaux.
• Lieu d'exercice : Ouagadougou
2. INGENIEUR DE CONCEPTION EN INFORMATIQUE POUR LE POSTE DE DIRECTEUR INFORMATIQUE
• Nombre de poste : 01
• Niveau d'études : être titulaire d'un diplôme de niveau BAC+5 en informatique option Génie logiciel ou tout autre diplôme jugé équivalent.
• Expérience professionnelle :
– Justifier d'une expérience professionnelle d'au moins 05 années d'expériences professionnelles dans le domaine ;
– Avoir déjà dirigé un service informatique ou un projet informatique ces cinq (05) dernières années ;
– Disposer de connaissances dans la conception des bases de données des applications ;
– Avoir une bonne maitrise en management du Système d'Information (SI) serait un atout ;
• Activités du poste :
– Définir et mettre en œuvre la stratégie informatique en cohérence avec les orientations de la Direction Générale.
– Assurer la disponibilité, la performance, la sécurité et l'évolution des systèmes d'information, des infrastructures et de la plateforme SIG Mutualisé.
– Piloter les projets informatiques, de la conception à la mise en production, en assurant le suivi des délais, des coûts et de la qualité.
– Analyser les besoins des IMF et des clients, concevoir des solutions adaptées et contribuer au développement de nouvelles offres de services.
– Superviser les équipes techniques, évaluer leurs performances, développer leurs compétences et mobiliser les consultants selon les besoins.
– Gérer les ressources techniques et financières de la direction, notamment l'élaboration et le suivi du budget.
– Garantir la sécurité des données, la continuité des services, la gestion des incidents et la mise en place de procédures de secours.
– Assurer la veille technologique et réglementaire afin de promouvoir l'innovation et le développement de nouveaux produits et services.
– Développer et entretenir les relations avec les partenaires technologiques et participer aux activités de développement commercial de l'institution.
– Élaborer et mettre à jour les procédures, normes et documentations techniques, tout en assurant le reporting et toute mission confiée par la Direction Générale.
• Lieu d'exercice : Ouagadougou
3. SPECIALISTE EN BANQUE OU EN FINANCE OU EN COMPTABILITE POUR LE POSTE DE DIRECTEUR DES OPERATIONS
• Nombre de poste : 01
• Niveau d'études : être titulaire d'un diplôme de niveau Bac +5 en banque, finance, comptabilité, Microfinance ou tout autre diplôme jugé équivalent
• Expérience professionnelle :
– Justifier d'une expérience professionnelle d'au moins 05 années d'expériences professionnelles dans le domaine ;
– Avoir déjà dirigé un service des opérations d'une institution de microfinance/banque ou un poste similaire ces cinq (05) dernières années ;
– Avoir une bonne maitrise du fonctionnement des institutions de microfinances serait un atout
• Activités du poste :
– Assurer la gestion opérationnelle de la structure en veillant à l'utilisation optimale des ressources et des budgets ;
– Développer et entretenir les relations avec les clients, les fournisseurs et les partenaires ;
– Mettre en œuvre les politiques, procédures et protocoles de sécurité, tout en garantissant leur application ;
– Veiller à la conformité des activités avec les exigences légales, réglementaires et les normes en vigueur ;
– Piloter la mise en œuvre des plans de croissance et de développement de la structure ;
– Superviser et évaluer les performances des équipes afin d'assurer l'atteinte des objectifs.
– Garantir la qualité des services et l'amélioration continue des opérations ;
– Assurer la maîtrise des risques, le contrôle des coûts et le bon fonctionnement global de l'institution ;
• Lieu d'exercice : Ouagadougou
4. SPECIALISTE EN FINANCE POUR LE POSTE DE DIRECTEUR FINANCIER ET COMPTABLE
• Nombre de poste : 01
• Niveau d'études : être titulaire d'un diplôme de niveau : Bac +5 en finance, comptabilité ou tout autre diplôme jugé équivalent
• Expérience professionnelle :
– Justifier d'une expérience professionnelle d'au moins cinq (05) d'expériences professionnelles dans le domaine
– Avoir occupé un poste similaire ces cinq (05) dernières années ;
– Avoir au moins cinq (05) années d'expérience dans l'élaboration des procédures et politiques de gestion financière et comptable ;
– Avoir au moins cinq (05) années d'expérience dans le management de l'administration et des finances d'une structure en lien avec les IMF ;
– Une bonne connaissance des systèmes financiers décentralisés dans l'espace UEMOA sera un atout ;
– Expérience indispensable dans la connaissance de logiciels comptables
• Activités du poste :
– Concevoir et mettre en œuvre la politique de gestion financière, budgétaire et patrimoniale de l'institution.
– Coordonner l'élaboration, l'exécution, le suivi et les révisions des budgets, ainsi que la programmation des investissements et des dépenses à moyen terme.
– Assurer la gestion de la trésorerie, des comptes bancaires, des déblocages de fonds, des engagements et des liquidations des dépenses.
– Veiller à la tenue de la comptabilité, à la conservation des pièces justificatives, à la gestion des biens et à la production des rapports financiers et statistiques.
– Superviser la planification, la passation, l'exécution et le suivi des marchés publics, y compris l'élaboration des dossiers, des contrats et des procès-verbaux.
– Garantir la conformité des opérations financières et des marchés publics avec la réglementation en vigueur.
– Produire les analyses financières nécessaires à la prise de décision et contribuer à l'amélioration de la gestion des ressources financières de l'institution.
• Lieu d'exercice : Ouagadougou
5. JURISTE POUR LE POSTE DE DIRECTEUR ADMINISTRATIF ET JURIDIQUE
• Nombre de poste : 01
• Niveau d'études : être titulaire d'un diplôme de niveau Bac +5 en droit, en gestion des ressources humaines ou tout autre diplôme jugé équivalent
• Expérience professionnelle :
– Justifier d'une expérience professionnelle moins cinq (05) années en qualité de juriste conseil, de RH ;
– Avoir occupé un poste similaire ces cinq (05) dernières années ;
– Avoir au moins cinq (05) années d'expérience dans l'élaboration des procédures et politiques de gestion des ressources humaines et de traitement des conventions avec les partenaires ;
– Avoir au moins cinq (05) années d'expérience dans le management du domaine juridique ;
– Maitriser la règlementation et la législation en matière de travail
– Une bonne connaissance des systèmes financiers décentralisés dans l'espace UEMOA sera un atout ;
• Activités du poste :
– Piloter les activités de gestion des ressources humaines, notamment le recrutement, l'intégration, la gestion des carrières, l'évaluation et l'administration du personnel.
– Assurer la gestion administrative du personnel, incluant les contrats de travail, les actes de carrière, les dossiers du personnel, la paie et les déclarations sociales.
– Élaborer et mettre en œuvre la politique de développement des compétences, le plan de formation et les dispositifs de motivation du personnel.
– Prévenir et gérer les relations sociales, les conflits de travail ainsi que les activités sociales du personnel.
– Élaborer les outils de gestion des ressources humaines, le bilan social et le budget des dépenses de personnel.
– Mettre en œuvre la politique d'hygiène, de santé et de sécurité au travail et organiser le suivi médical du personnel.
– Assurer la veille juridique, garantir la conformité aux dispositions légales et réglementaires et fournir un appui-conseil juridique à l'institution.
– Élaborer et suivre les conventions, protocoles et autres actes juridiques conclus avec les partenaires.
• Lieu d'exercice : Ouagadougou
B. CONDITIONS GENERALES
Les candidats aux différents postes doivent satisfaire aux conditions générales suivantes :
• Être de nationalité burkinabè, jouir de ses droits civiques et être physiquement apte pour les activités de terrain
• Être âgé de 18 ans au moins au 31 décembre 2026
• Avoir une bonne maîtrise de l'outil informatique
• Nature du contrat : Les candidats admis seront engagés en qualité de contractuel sous le régime d'un contrat à durée déterminée d'un an renouvelable.
C. COMPOSITION DU DOSSIER
• Une demande de candidature datée et signée adressée à Monsieur l'Administrateur Général de WHAT YOU NEED et précisant le poste à pourvoir
• Une lettre de motivation datée et signée adressée à Monsieur l'Administrateur Général de WHAT YOU NEED
• Un curriculum vitae détaillé, sincère, daté et signé assorti d'au moins un (01) nom de personnes de référence
• Une copie légalisée du ou des diplômes exigés
• Une copie légalisée de la Carte Nationale d'Identité Burkinabè ou du Passeport
• Une copie simple des documents justifiant l'expérience professionnelle
NB : Tout dossier incomplet sera rejeté
En cas d'admission les candidats devront fournir des pièces complémentaires suivantes :
• Le dossier physique de candidature
• Un certificat de nationalité burkinabè ;
• Un casier judiciaire datant de moins de trois (03) mois.
D. DATE ET LIEU DE DEPOT DES DOSSIERS DE CANDIDATURE
• Période : Les dossiers de candidature sont reçus en un fichier PDF exclusivement en ligne à l'adresse : wynrecrutement9@gmail.com du lundi 13 juillet au dimanche 19 juillet 2026 à 23H59 en précisant en objet le titre du poste à pourvoir.
E. PROCEDURE DE RECRUTEMENT
• Présélection sur dossier
• Entretiens oraux et évaluation des habilités professionnelles
• Seuls les candidats présélectionnés à une précédente étape seront admis à subir l'étape suivante
• Toutefois, l'admission n'est définitive qu'après un contrôle approfondi.
F. INFORMATIONS IMPORTANTES
• Seul l'avis de recrutement publié par le cabinet fait foi
• Seuls les dossiers déposés au cours de la période et par le canal sus-indiqué seront reçus
• Les dossiers non conformes, les attestations d'admissibilité et les attestations de niveau ne seront pas pris en compte
• Les diplômes présentés feront l'objet de vérification de leur authenticité
• Les expériences ou formations non attestées ne seront pas prises en compte
• Le lieu et la date de déroulement des différentes épreuves seront communiqués à l'issue de chaque étape par les canaux de communication appropriés.
• Les candidats déclarés admis seront soumis à une période d'essai. Ils ne seront définitivement engagés que si la période d'essai est concluante.
G. RENSEIGNEMENTS
Pour toute information complémentaire, veuillez appeler le 25452460 du lundi au vendredi de 08h00 à 16h30
Aboubakari OUEDRAOGO
Administrateur Général
Poursuivi pour abus de fonction et blanchiment de capitaux, l'avocat Magloire Yansunnu est condamné à 7 ans de prison ferme et 28 millions FCFA d'amende. Le verdict a été rendu, lundi 13 juillet 2026, par la chambre correctionnelle de la CRIET.
L'avocat Magloire Yansunnu est désormais fixé sur son sort. Il écope de 7 ans de prison ferme et de 28 millions de FCFA d'amende pour abus de confiance et blanchiment de capitaux. Il doit verser trois millions de FCFA à titre de dédommagement à l'une des victimes selon Libre Express.
A l'audience le 4 mai, le ministère public avait requis une peine de 24 mois de prison, dont 3 mois fermes. La défense a plaidé la relaxe pure et simple de son client.
Me Magloire Yansunu âgée de 78 ans a été poursuivi par deux de ses clients. Le premier client réclame environ 500 000 FCFA qu'il affirme ne pas avoir perçus après un contentieux. La défense a évoqué des honoraires.
Dans le second dossier, il s'agit de plus de 18 millions FCFA liés à une affaire avec la société Colas. Il n'a perçu qu'environ 3 millions de FCFA. Le plaignant, représenté par son fils, dénonce un manque de transparence dans la gestion des sommes et réclame le reste de son argent. L'avocat a plaidé non coupable et contesté les accusations.
A.A.A
Une relative accalmie est observée ce lundi 13 juillet dans les localités de Kasake, au territoire de Masisi (Nord-Kivu), et de Lumbishi, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), après trois jours de combats entre les combattants Wazalendo et les rebelles de l’AFC-M23.
Le monde du sport burkinabè est en deuil. Le dirigeant sportif Hamado Traoré est décédé dans la nuit de ce dimanche, 12 juillet 2026 de suite de maladie, nous informent nos confrères de Oméga média. Figure bien connue du football national, Amado Traoré aura consacré plusieurs décennies au développement du sport roi au Burkina Faso. Son engagement s'est illustré aussi bien à la tête de clubs qu'à travers ses prises de positions en faveur d'une meilleure gouvernance du football burkinabè.
Président du Conseil d'administration de Majestic Sporting Club (Majestic SC), il nourrissait l'ambition de faire du club l'une des références du football national. Avant cette responsabilité, il s'était investi dans la formation des jeunes footballeurs à travers l'Académie Foot Plus (AFP) et avait également marqué son passage au Rail Club du Kadiogo (RCK).
En mars 2020, Amado Traoré avait officiellement annoncé sa candidature à la présidence de la Fédération burkinabè de football (FBF). Il défendait alors un projet axé sur la réforme de la gouvernance, le renforcement des capacités des acteurs, la professionnalisation des structures et la promotion du football burkinabè. « Les actes parleront à la place des mots », déclarait-il lors de l'annonce de sa candidature.
Reconnu pour sa connaissance du milieu footballistique, il plaidait pour une fédération portée par une vision claire, une organisation plus efficace et un dialogue permanent avec l'ensemble des acteurs du football. Avec sa disparition, le football burkinabè perd un dirigeant passionné, engagé et convaincu que le développement du sport passait avant tout par une gouvernance responsable et une meilleure valorisation des talents nationaux.
Lefaso.net
Le Tribunal de commerce de Cotonou a donné raison à la Société Industrielle d'Acier du Bénin (SIAB) dans le litige qui l'opposait à son client, CECO BENIN SARL.
Selon les éléments du dossier, la Société Industrielle d'Acier du Bénin (SIAB) approvisionnait CECO BENIN à crédit.
Après plusieurs livraisons effectuées en 2024, une partie des factures est restée impayée. La dette en principal atteignait 116 523 902 FCFA, montant porté à 124 059 882 FCFA avec les intérêts et accessoires.
Le 26 mars 2026, la société CECO BENIN SARL a saisi le Tribunal de commerce de Cotonou pour contester le montant réclamé par son fournisseur et solliciter un délai de grâce d'un an afin d'apurer sa dette. L'entreprise expliquait traverser des difficultés économiques et financières, qu'elle attribuait notamment aux retards de paiement de ses propres clients. Elle indique avoir proposé, dans une correspondance datée du 4 février 2026, un échéancier de remboursement sur six mois à compter du 30 mars 2026.
CECO BENIN reprochait également à la SIAB d'avoir engagé une procédure de recouvrement avant cette échéance.
Après examen des pièces produites, le Tribunal de commerce a relevé que les matériaux avaient bien été livrés. « La société CECO BENIN SARL reconnaît devoir cette somme à la société Industrielle d'Acier du Bénin (SIAB) SA », ont relevé les juges.
Se prononçant sur la demande de délai de grâce formulée par CECO BENIN qui invoquait des difficultés financières, le tribunal a indiqué qu' « aucun élément du dossier ne permet d'apprécier sa situation réelle ». En conséquence, la demande de report de paiement a été rejetée.
Dans son jugement N°052/2026/CJ1/S2/TCC, rendu le 11 juin 2026, le Tribunal de commerce de Cotonou a condamné CECO BENIN SARL à payer à la SIAB la somme de 116 523 902 FCFA en principal, en plus de intérêts de droit et des frais de justice.
M. M.
La tolérance zéro est désormais de mise à Kananga contre la prolifération des liqueurs artisanales et autres spiritueux. La mairie a lancé, une vaste offensive pour interdire la commercialisation des boissons fortement alcoolisées et frelatées, ciblant particulièrement le fameux « Tshitshiampa ».
Derrière les chiffres du conflit au Nord-Kivu se cachent des destins brisés par des décennies de violence. C'est le cas d'une mère de sept enfants, déplacée de guerre, dont le parcours illustre le calvaire quotidien des populations civiles.
Cotonou abrite du 12 au 13 juillet 2026, la 7ᵉ Réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (PEAA). La rencontre est coorganisée par la République du Bénin et le Royaume du Maroc.
« Consolider un espace atlantique africain intégré : sécurité maritime, corridors logistiques verts et transition énergétique durable », c'est le thème de la 7e réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques (PEAA). Durant deux jours, les points focaux et les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'organisation discuteront des voies et moyens de renforcer l'intégration de l'espace atlantique africain, notamment à travers une coopération accrue en matière de sécurité maritime, de logistique durable et de transition énergétique.
Lancé en 2022 à l'initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc, le Processus des États africains atlantiques (PEAA) vise à faire de la façade atlantique africaine un espace de paix, de stabilité, de coopération et de prospérité économique.
SONIMEX S.A. a eu gain de cause dans un différend qui l'oppose à un commerçant.
Créancière d'une somme de 14.476.068 FCFA, à la suite de plusieurs ventes réglées par chèque, SONIMEX S.A. déclare qu'à sa présentation en banque, le chèque est revenu impayé.
Face à cette situation, un acte officiel dressé par un commissaire de justice et constatant le chèque sans provision a été établi les 30 septembre et 6 octobre 2025.
Malgré cette formalité, SONIMEX S. A. affirme n'avoir reçu aucun règlement. Elle a alors fait pratiquer, le 22 décembre 2025, une saisie conservatoire sur les biens meubles du débiteur.
Le 20 janvier 2026, SONIMEX a saisi le Tribunal de commerce de Cotonou pour obtenir une condamnation au paiement du débiteur, un commerçant dont les initiales sont R. C. H.
Assigné à comparaître, le commerçant ne s'est pas présenté devant le Tribunal.
Pour le Tribunal, les pièces versées au dossier, notamment le chèque et le protêt, « établissent suffisamment l'existence d'une créance certaine, liquide et exigible au profit de SONIMEX S.A. ».
Les juges ont rappelé que, conformément au règlement de l'UEMOA sur les systèmes de paiement, « le porteur du chèque peut réclamer au tireur (...) le montant du chèque non payé ».
Dans son jugement N°070/2026/CJ2/S3/TCC, rendu le 3 juin 2026, le Tribunal de commerce de Cotonou a condamné, R. C. H., promoteur des Établissements CFAP Louis Pasteur, à verser à SONIMEX S.A. la somme de 14.476.068 FCFA, correspondant au montant principal de la créance réclamée par l'entreprise.
Le jugement prévoit également le paiement des intérêts de droit ainsi que des frais de procédure.
Il ressort de ce jugement, rendu en premier ressort, qu'une entreprise qui reçoit un chèque sans jamais parvenir à encaisser son montant peut saisir la justice pour obtenir le paiement de sa créance.
M. M.
Le mouvement de grève des médecins s'est durci de manière significative dans plusieurs villes du pays notamment Kinshasa, plongeant les malades et leurs proches dans le désarroi le plus total. Désormais, même certains cas d’urgence, y compris les femmes enceintes, se voient refuser l'accès aux soins dans plusieurs grands établissements de l’État, à l'instar de l'Hôpital général de référence de Kinshasa et de la Clinique Ngaliema, rapportent plusieurs témoignages.
La ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l'emploi, Awaou Baco, a rencontré lors d'une visite à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), les responsables de la Société d'investissement et de promotion de l'industrie (SIPI-Bénin), structure en charge de l'exploitation et du développement de la zone économique spéciale. Cette rencontre vise à évaluer les mécanismes mis en place pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes Béninois sur la plateforme industrielle.
Afin de préparer une main-d'œuvre qualifiée, capable de répondre aux exigences des investisseurs opérant à la GDIZ, et d'offrir de réelles perspectives d'emploi aux jeunes Béninois, Awaou Baco, ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l'emploi y a effectué une visite.
Au cours des échanges, la ministre et les responsables de la SIPI-Bénin ont examiné les pistes de renforcement de la coopération entre les structures de formation professionnelle, les services publics de l'emploi et les entreprises implantées sur le site. Une synergie jugée essentielle pour améliorer l'adéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché.
Sur le terrain, la délégation ministérielle a pu constater le fonctionnement concret de ce dispositif. Les jeunes bénéficient d'une formation directe au sein des unités de production. Ce qui leur permet d'acquérir les compétences requises pour les métiers industriels avant leur déploiement progressif dans les unités de transformation.
La GDIZ, un écosystème au service des compétences
Au-delà de son ambition industrielle, la GDIZ mise sur le développement du capital humain. La plateforme a mis en place un écosystème qui favorise la montée en compétences de la main-d'œuvre locale en rapprochant les besoins des investisseurs des profils disponibles sur le marché de l'emploi.
Cette approche permet aux entreprises de disposer d'un vivier de travailleurs qualifiés, tandis que les jeunes accèdent à des formations professionnalisantes, acquièrent une expérience pratique et renforcent durablement leur employabilité.
Créée pour accélérer la transformation locale des matières premières et renforcer le tissu industriel national, la GDIZ accueille aujourd'hui plusieurs unités spécialisées dans le textile, l'habillement, l'agro-industrie, la transformation du bois, et la fabrication de produits manufacturés.
L'industrialisation, levier de création d'emplois
La visite de la ministre intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance de la politique industrielle du gouvernement béninois. Véritable pilier de cette stratégie, la GDIZ contribue à la transformation locale des ressources, à l'attractivité des investissements et à la création de milliers d'emplois.
Le cadre juridique des zones économiques spéciales favorise l'installation d'entreprises grâce à un environnement compétitif et attractif. Parallèlement, les autorités renforcent les passerelles entre la formation professionnelle et le secteur productif afin d'améliorer durablement l'employabilité des jeunes.
À l'issue de cette visite, le ministère des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l'emploi et les responsables de la GDIZ ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur collaboration afin de consolider les mécanismes reliant emploi, formation et industrie pour offrir davantage d'opportunités aux jeunes et soutenir le développement du secteur industriel béninois.
F. A. A.
Présentée du 3 au 14 juillet 2026 à L'Orangerie du Sénat, dans le cadre prestigieux du Jardin du Luxembourg à Paris, l'exposition La Matière en Dialogue de Mablé Agbodan dépasse largement les codes d'une exposition de design textile ou d'art contemporain. Elle propose une réflexion sensible et profondément engagée sur la manière dont les matériaux deviennent les dépositaires de la mémoire, de l'identité et de la transmission. À travers une scénographie où les fibres naturelles, les textiles anciens et les matières revalorisées dialoguent entre eux, l'artiste construit un véritable manifeste en faveur des patrimoines vivants africains.
« La matière n'est jamais silencieuse. » Cette affirmation de Mablé Agbodan résume à elle seule la philosophie de La Matière en Dialogue. À travers cette exposition, la designer, directrice artistique et fondatrice de la Maison Mablé Agbodan propose une lecture inédite de la création contemporaine, où les matériaux cessent d'être de simples supports pour devenir des porteurs de mémoire, d'identité et de transmission. Le titre de l'exposition n'a rien d'anodin. Pour l'artiste, chaque fibre, chaque texture et chaque trace « porte une mémoire, un territoire, un savoir-faire et une histoire humaine ». Dès lors, la matière devient un langage à part entière, capable d'établir des passerelles entre les cultures, les générations et les disciplines artistiques. Cette approche confère à l'exposition une profondeur qui dépasse largement la dimension esthétique.
Faire dialoguer les matières, les cultures et les regards
Pour Mablé Agbodan, le dialogue est multiple. Il s'établit d'abord entre les matériaux eux-mêmes. « Le coton, le raphia, la toile de jute, le cuir recyclé ou les fibres végétales possèdent chacun une identité propre qui se révèle lorsqu'ils sont associés », explique-t-elle.
Loin de rechercher un simple effet décoratif, l'artiste orchestre une véritable conversation entre ces matières. Chaque matériau conserve son identité tout en enrichissant celle des autres. Les œuvres deviennent ainsi des espaces où se rencontrent différentes histoires, différents territoires et différentes temporalités. Mais ce dialogue est aussi celui qui relie les savoir-faire anciens à la création contemporaine. « Je ne cherche pas à reproduire le passé, mais à lui offrir un langage actuel », affirme-t-elle. Cette volonté distingue profondément son travail. Il ne s'agit ni de folkloriser les traditions africaines ni de les figer dans une vision patrimoniale immobile. Les héritages deviennent ici des ressources vivantes qui nourrissent une création tournée vers l'avenir.
Des matériaux porteurs d'une mémoire vivante
Dans l'univers de Mablé Agbodan, les matières ne sont jamais choisies au hasard. Elles sont sélectionnées autant avec les mains qu'avec la mémoire. « Le raphia, la toile de jute, le coton ou le cuir recyclé racontent des territoires, des gestes, le travail des artisans, mais aussi la résilience et la transformation », souligne-t-elle. Cette approche confère une dimension presque documentaire à ses œuvres, à ses créations. Chaque fibre transporte avec elle une histoire déjà écrite avant même d'intégrer le processus créatif. L'artiste ne cherche pas à masquer cette histoire ; elle s'attache au contraire à la révéler. « Chaque matière conserve la mémoire de ce qu'elle a été. Mon travail consiste à révéler cette mémoire plutôt qu'à l'effacer », insiste-t-elle. Cette assertion éclaire toute la démarche de l'exposition. Les créations deviennent de véritables archives vivantes où les patrimoines textiles africains continuent de raconter les sociétés qui les ont vus naître.
Quand la matière devient le récit
L'une des idées les plus fortes développées par Mablé Agbodan est que la matière ne sert pas simplement à raconter une histoire : elle est l'histoire elle-même. « Ils sont le récit », répond-elle lorsqu'on l'interroge sur le rôle des matériaux. En utilisant des fibres tissées selon des techniques anciennes retrouvées au Niger ou des textiles issus de pratiques artisanales africaines, elle fait voyager bien plus que des objets. Ce sont des savoir-faire, des gestes, des mémoires collectives et des générations d'artisans qui traversent chacune de ses créations. Chaque création apparaît alors comme un espace où le patrimoine cesse d'être un objet de musée pour devenir une expérience sensible, actuelle et profondément humaine.
Une invitation à penser autrement le patrimoine
L'exposition ne se contente pas d'offrir une expérience visuelle. Elle interpelle. À travers ses créations, Mablé Agbodan invite le visiteur à s'interroger : Que devient une mémoire lorsqu'on cesse de la transmettre ? Comment préserver les savoir-faire sans les figer ? Comment créer aujourd'hui en respectant les ressources de demain ? Ces questionnements traversent discrètement l'ensemble du parcours. Ils donnent à l'exposition une portée culturelle, écologique et philosophique qui dépasse largement le champ du design textile. « Mon travail parle de mémoire, d'identité, de transmission, mais aussi de réparation et d'avenir », résume-t-elle. Cette réflexion rejoint les grands débats contemporains sur la sauvegarde des patrimoines vivants, l'économie circulaire et la création durable.
Une œuvre nourrie par la recherche
Si les créations de Mablé Agbodan possèdent une telle densité, c'est aussi parce qu'elles s'appuient sur plus de vingt années de recherches consacrées aux patrimoines textiles africains. Née au Togo, l'artiste a parcouru plusieurs pays du continent pour rencontrer des artisans, documenter leurs techniques et parfois retrouver des savoir-faire en voie de disparition. « Cette exposition réunit la créatrice, la chercheuse, la femme engagée et l'entrepreneure que je suis », explique-t-elle. Cette pluralité d'expériences confère à son travail une dimension singulière où la recherche nourrit la création, et où la création devient à son tour un outil de transmission.
Une autre manière de créer
Au-delà de la qualité esthétique des œuvres présentées, La Matière en Dialogue défend une véritable éthique de la création. L'artiste revendique une pratique plus lente, plus attentive aux ressources naturelles, aux territoires et aux femmes et aux hommes qui perpétuent ces savoir-faire. Son travail démontre qu'il est possible de produire une création contemporaine ambitieuse sans rompre avec les héritages culturels ni avec les exigences du développement durable. Cette démarche confère à son œuvre une portée qui dépasse le seul univers artistique pour rejoindre les préoccupations sociales et environnementales actuelles.
Une expérience qui transforme le regard
En quittant l'Orangerie du Sénat, le visiteur ne regarde plus un textile, une fibre végétale ou un morceau de cuir de la même manière. C'est précisément l'expérience que souhaite provoquer Mablé Agbodan. « J'aimerais que le visiteur reparte avec un regard renouvelé sur les patrimoines africains. Qu'il ne voie plus un textile, une fibre ou une matière comme un simple matériau, mais comme un patrimoine vivant. », dit-elle. Si cette transformation du regard s'opère, alors, selon ses propres mots, « le dialogue aura eu lieu ».
Une exposition nécessaire
À une époque où les questions de mémoire, de durabilité et de réappropriation des patrimoines occupent une place centrale dans les débats culturels, La Matière en Dialogue apparaît comme une proposition particulièrement pertinente. Sans discours démonstratif, Mablé Agbodan rappelle que les matières portent des histoires, que les savoir-faire sont des patrimoines vivants et que la création contemporaine peut devenir un puissant outil de transmission. Son exposition ne célèbre pas seulement la beauté des fibres ; elle invite à repenser notre rapport aux objets, aux héritages et au temps. Plus qu'un parcours artistique, La Matière en Dialogue est une invitation à écouter ce que les matières ont encore à nous apprendre sur nous-mêmes et sur le monde.
Cokou Romain AHLINVI