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European Union

La machine à dette bien huilée de Pékin en Afrique

24 Heures au Bénin - Tue, 08/04/2026 - 19:27

En un quart de siècle, la Chine est devenue le premier créancier bilatéral de nombreux États africains. Son efficacité repose sur une mécanique bien rodée : une banque chinoise finance une infrastructure, une entreprise chinoise décroche le chantier et l'État africain conserve la dette, parfois garantie par ses recettes pétrolières, minières ou portuaires. Du Cameroun à l'Angola, du Kenya à la République démocratique du Congo, ces prêts ont permis de construire des ouvrages que les bailleurs traditionnels ne voulaient pas toujours financer. Toutefois, ils ont aussi créé des engagements durables, exposés aux variations du dollar et à la rentabilité incertaine des projets. Les données montrent cependant que Pékin n'est ni l'unique responsable du surendettement africain ni le propriétaire automatique des actifs financés. La « machine à dette » chinoise fonctionne surtout grâce à l'opacité des contrats, à l'intégration entre prêteurs et constructeurs et aux décisions des gouvernements africains eux-mêmes.

Prêter à l'État pour financer les entreprises chinoises

Comment la Chine endette-t-elle les États africains ? La réponse tient moins à une stratégie secrète qu'à l'organisation très intégrée de son appareil économique. Le processus commence par un besoin réel : construire une route, un barrage, une voie ferrée, un port ou un réseau de télécommunications. Faute de ressources suffisantes, l'État africain se tourne vers Pékin. China Exim Bank ou China Development Bank accorde le prêt ; une entreprise chinoise réalise les études, fournit les équipements et construit l'ouvrage ; le gouvernement africain contracte la dette ou apporte une garantie souveraine. Une grande partie de l'argent prêté sert ainsi directement à payer le constructeur et les fournisseurs chinois. L'entreprise encaisse le prix du chantier, tandis que la dette demeure pendant quinze, vingt ou trente ans dans les comptes de l'État emprunteur. Si l'infrastructure produit les recettes attendues, le montage peut être bénéfique. Mais lorsque la fréquentation est surestimée, que les tarifs ne couvrent pas les coûts ou que des équipements complémentaires manquent, le contribuable rembourse un ouvrage à la rentabilité incertaine.

Ce que mesure réellement la dette chinoise

Il faut distinguer engagements de prêts, encours de dette, investissements directs et contrats de construction. La Chinese Loans to Africa Database de Boston University recense 1 319 engagements de prêts signés entre 2000 et 2024, pour un montant cumulé de 180,87 milliards de dollars. Ce total ne correspond pas à ce que l'Afrique doit aujourd'hui à la Chine : il additionne vingt-cinq années d'accords sans retrancher systématiquement les sommes non décaissées, les remboursements, les annulations et les restructurations. Les prêts chinois ont culminé en 2016 avant de reculer. Après un rebond à 4,61 milliards de dollars en 2023, les nouveaux engagements sont retombés à un peu moins de 2,1 milliards en 2024, répartis entre seulement six projets. Pékin sélectionne désormais davantage ses emprunteurs et s'éloigne des mégaprojets les plus risqués. En 2022, la Chine détenait environ 13 % de la dette extérieure africaine, selon le China–Africa Economic Bulletin 2024, contre 28 % pour les obligataires privés. Ses créances restent toutefois très concentrées : 20,98 milliards de dollars en Angola, 6,82 milliards en Éthiopie, 6,69 milliards au Kenya, 5,73 milliards en Zambie et 5,21 milliards en Égypte.

Cameroun : l'endettement projet après projet

Le Cameroun illustre cette mécanique. Son endettement envers Pékin ne provient pas d'un prêt unique, mais d'une accumulation de financements destinés aux barrages, routes, autoroutes, télécommunications et équipements publics. Selon la Banque mondiale, l'encours camerounais envers la Chine atteignait 3,24 milliards de dollars fin 2024, contre 3,60 milliards en 2020. Le FMI évaluait les créances chinoises à 2 047 milliards de francs CFA fin 2023, soit 24,4 % de la dette extérieure publique et garantie. La Chine reste ainsi le premier créancier bilatéral du pays. Le barrage hydroélectrique de Mekin, d'une puissance annoncée de 15 mégawatts, a été financé à 85 % par China Exim Bank et construit par China National Electric Engineering Corporation. Retards, dysfonctionnements techniques et mise en service progressive ont créé un décalage entre le remboursement de la dette et la production effective d'électricité. À Memve'ele, construit par Sinohydro et financé pour environ moitié par China Exim Bank, le barrage a été achevé avant que toutes les lignes nécessaires à l'évacuation de l'électricité ne soient opérationnelles. L'État devait donc rembourser une infrastructure dont une partie de la capacité ne pouvait pas encore être commercialisée. Des groupes chinois sont également intervenus dans l'autoroute Yaoundé–Nsimalen, la route Kribi–Lolabé, les installations liées au port en eau profonde de Kribi et plusieurs programmes de télécommunications. Ces infrastructures répondent à des besoins réels. La question porte sur leur coût, leurs retards, leur rendement et les conditions d'attribution des marchés. Lorsque la banque, le constructeur, les fournisseurs et parfois le bureau d'études viennent du même pays, l'absence de contrôle indépendant et de publication des contrats empêche de vérifier le prix et la viabilité économique des projets. Toutefois, le Cameroun ne peut attribuer l'ensemble de sa dette à Pékin. Selon le FMI, la dette publique et garantie atteignait environ 14 013 milliards de francs CFA fin 2024, soit 43,4 % du PIB. En septembre 2025, les institutions multilatérales détenaient 52,9 % de la dette extérieure publique. La Chine est le premier créancier bilatéral, mais pas la première catégorie de créanciers.

Les contrats protègent le prêteur

L'opacité contractuelle constitue un rouage majeur du système. L'étude de 371 contrats par AidData révèle des clauses de confidentialité, des comptes de remboursement sécurisés et des garanties sur certains revenus. Certains accords excluent également la créance chinoise d'un traitement collectif comparable à celui du Club de Paris. Ces dispositions protègent fortement le prêteur, mais compliquent les restructurations et limitent le contrôle démocratique.

Angola : le pétrole en garantie

En Angola, les banques chinoises ont financé la reconstruction du pays en sécurisant leurs prêts sur les recettes pétrolières. En 2022, l'encours angolais envers la Chine atteignait encore 20,98 milliards de dollars.Une partie des revenus du pétrole est affectée au remboursement de la dette. Pékin réduit ainsi son risque, tandis que Luanda perd une part de sa liberté budgétaire. Le mécanisme repose moins sur la confiscation des gisements que sur la mobilisation anticipée des recettes futures.

Kenya : un train insuffisamment rentable

Le chemin de fer Mombasa-Nairobi, construit par China Road and Bridge Corporation et financé par China Exim Bank, n'a pas généré les recettes attendues. L'État kenyan a donc dû soutenir son exploitation et rembourser l'emprunt sur ses ressources fiscales.Contrairement aux craintes exprimées, aucune saisie automatique du port de Mombasa n'a été établie. Le risque est plus discret : lorsqu'un projet n'est pas suffisamment rentable, sa dette réduit directement les marges budgétaires de l'État.

Zambie : l'accumulation jusqu'au défaut

En novembre 2020, la Zambie est devenue le premier État africain à faire défaut pendant la pandémie. En 2022, elle devait environ 5,73 milliards de dollars à la Chine, auxquels s'ajoutaient des euro-obligations et d'autres prêts. Après de longues négociations, Pékin a accepté en 2023 un réaménagement des remboursements dans le cadre commun du G20. Aucun grand actif zambien n'a été saisi. Le coût du défaut s'est surtout traduit par des investissements retardés, des dépenses sociales contraintes et un accès limité aux marchés financiers.

RDC : les minerais contre les infrastructures

En RDC, l'accord Sicomines de 2008 prévoit que les revenus du cuivre et du cobalt financent des routes, des écoles et des hôpitaux. Ce montage permet à l'État d'obtenir des infrastructures sans paiement immédiat, mais accorde aux entreprises chinoises un accès durable à des minerais stratégiques. Face au déséquilibre dénoncé entre les ressources exploitées et les ouvrages réalisés, Kinshasa a renégocié l'accord. En mars 2024, l'enveloppe annoncée pour les infrastructures est passée de 3,2 à 7 milliards de dollars. Son bénéfice réel dépendra toutefois des décaissements et de l'exécution effective des projets.

De la dette au contrôle industriel

La stratégie chinoise évolue désormais vers les investissements directs et les prises de participation. À Simandou, en Guinée, des groupes chinois sont impliqués dans l'exploitation du fer et les infrastructures ferroviaires et portuaires. Au Mali, Ganfeng Lithium s'est renforcé dans le projet de Goulamina pour sécuriser l'approvisionnement de l'industrie des batteries.Ces opérations ne constituent pas une dette souveraine. La dépendance se déplace vers le contrôle des ressources, des infrastructures et de leur commercialisation. L'enjeu porte alors sur les recettes fiscales, la transformation locale, les emplois créés et la participation de l'État.

L'opacité, carburant de la machine

La Chine n'est pas l'unique responsable de la dette africaine : les créanciers privés, les marchés obligataires et la dette intérieure pèsent également lourdement. Sa particularité est de cumuler les rôles de prêteur, constructeur, fournisseur, investisseur et parfois acheteur des ressources produites.La dépendance apparaît lorsque se combinent contrats confidentiels, absence de concurrence, emprunts en devises, recettes surestimées et garanties sur des revenus stratégiques. Les gouvernements africains portent aussi leur part de responsabilité : ce sont eux qui choisissent les projets, signent les garanties et acceptent parfois l'opacité.

Reprendre le contrôle

Pour limiter les risques, les États doivent publier les contrats, soumettre les projets à des expertises indépendantes et mettre en concurrence les constructeurs comme les prêteurs. Les accords miniers doivent également imposer davantage de transformation locale, de formation et de partage des revenus.Il ne s'agit pas de refuser les financements chinois, indispensables à de nombreuses infrastructures, mais de s'assurer que les projets créent davantage de richesse qu'ils ne génèrent de dette.

Une souveraineté sous contrainte

La Chine endette les États africains en finançant rapidement les infrastructures dont ils ont besoin. Mais les entreprises chinoises encaissent le prix des chantiers, tandis que les États supportent le risque économique et remboursent parfois pendant plusieurs décennies.Du pétrole angolais aux minerais congolais, en passant par le chemin de fer kenyan, le mécanisme ne débouche pas automatiquement sur la saisie d'un port ou d'une mine. Il réduit progressivement les marges budgétaires lorsque les recettes futures sont engagées, que les contrats restent secrets ou que les infrastructures ne produisent pas les revenus attendus.La machine à dette de Pékin fonctionne ainsi avec le concours de gouvernements africains qui acceptent parfois de signer avant d'avoir pleinement mesuré le coût économique et politique de leurs engagements.

Categories: Afrique, European Union

Un camion de « Kpanman » accidenté incommode les riverains de Lagbè

24 Heures au Bénin - Tue, 08/04/2026 - 18:59

Un accident de circulation s'est produit le mercredi 29 juillet 2026 dans l'arrondissement de Lagbè, commune d'Ifangni. Un poids lourd transportant des peaux de bœuf nettoyées, fumées ou séchées, communément appelées « Kpanman », a terminé sa course à l'intérieur d'une concession après avoir quitté la route.

Un conducteur de camion en direction de Igolo perd le contrôle de son volant et se retrouve dans une concession. Avant son immobilisation, le camion a endommagé des panneaux de signalisation implantés le long de la voie. Selon Libre Express, aucun décès ni blessé n'a été signalé.

Informés de l'accident, les agents de la Police républicaine se sont rendus sur les lieux. Le conducteur, qui s'était enfui après les faits, est revenu par la suite. Les forces de sécurité ont procédé au constat et récupéré les pièces administratives du véhicule.

À la date du 3 août 2026, aucune opération d'enlèvement n'avait encore été engagée. La cargaison de Kpanman, laissée à l'air libre, dégage une forte odeur qui incommode les habitants du quartier. Les riverains attendent une intervention des services compétents pour le retrait du véhicule et de son contenu.

Categories: Afrique, European Union

Debate: After Ceuta: why is Spain in the crosshairs?

Eurotopics.net - Tue, 08/04/2026 - 12:14
The interior ministers of the EU member states will hold a video conference today, Tuesday, to discuss the consequences of the Ceuta migrant influx, which has now subsided. Sharp criticism has been levelled at Spain – but the talks will also address the rifts that have opened up within the EU over migration policy and border protection. Italy, for example, has suspended the Schengen rules on travel to and from Spain for one month.
Categories: European Union, Swiss News

Debate: Will Hamas lay down its arms?

Eurotopics.net - Tue, 08/04/2026 - 12:14
US President Donald Trump announced on Friday that the "Board of Peace" which he established in January has reached an agreement on the disarmament of terrorist organisation Hamas. An Israeli government spokesperson reacted with scepticism and stressed that there would be no withdrawal of Israeli forces from the Gaza Strip until Hamas fighters had laid down their arms. Europe's press takes stock.
Categories: European Union, Swiss News

Debate: Fifa: Infantino on the way out?

Eurotopics.net - Tue, 08/04/2026 - 12:14
Fifa President Gianni Infantino has withdrawn his controversial proposal to sell World Cup shares to private investors. The plan will no longer be pursued, the head of international football's governing body explained. But criticism of Infantino's leadership continues unabated, with the head of Spain's Laliga, Javier Tebas, calling for his resignation. Commentators ask what the future holds for the Fifa president - and his federation.
Categories: European Union, Swiss News

Debate: Czech Republic: clash between government and media?

Eurotopics.net - Tue, 08/04/2026 - 12:14
The Czech Ministry of Foreign Affairs has barred a journalist from the daily newspaper Deník N from attending a press conference despite the fact that according to the newspaper she had applied for accreditation in good time and in accordance with the rules. The journalists' association is now considering boycotting press conferences in retaliation. Commentators discuss whether this marks the beginning of a repressive trend, as well as appropriate responses.
Categories: European Union, Swiss News

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