Az összes európai uniós vonatkozású, magyar nyelvű hír listája egy helyen. Kövesse nyomon az Európai Unió angol, német és francia nyelvű híreit is!

You are here

Európai Unió : hírek magyarul

THE HACK: Parliament progresses on AI simplification

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 09:45
In today's edition: Data centres efficiency, US AI for mass surveillance, EU child protection

Data centres as engines of Europe’s digital future – Can they power a sustainable energy transition? [Advocacy Lab]

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 09:30
As Europe strives to position itself at the forefront of the global digital economy, data centres are emerging as the backbone of competitiveness and innovation, enabling digitalisation, artificial intelligence, cloud services, and the broader digital transition. This presents challenges due to rising energy consumption, which will need the development of large-scale renewable capacity to replace […]

FIRST AID: Europe’s political turn to menopause

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 09:05
In today's edition: CMA, weight loss drugs, and a missing non-paper

Polish doctors jailed for denying woman abortion

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 08:48
Poland's centrist ruling coalition promised to reverse the most restrictive elements of Poland's abortion laws before their election in 2023

Décès de Malignesgo Arnaud DAMIBA : Faire part

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 04/03/2026 - 08:30

Le Naaba YEMDE, Kourit Yir Soaba, Chef coutumier de Koupéla Le Koos Naaba BOULGA, Chef coutumier de Nakalbo ;
Les grandes familles DAMIBA, KIBA, BALMA, TOUBRWOUMYAN, à Nakalbo, Koupèla, Ouagadougou, Banfora, Bobo Dioulasso, Côte d'Ivoire
Le Naaba KIBA 2, Chef du Canton de Manga ;

Le Naaba KAONGO, chef du village de Gaogo/Manga et les grandes familles GOUNGOUNGA, ZIDA, NACOULMA, KINDA, KONDITAMDE, ZOUNGRANA, COMPAORÉ et BOUDA à Manga, Saaba, Ouagadougou, aux États-Unis et en France ;

Les familles alliées OUATTARA, COULIBALY, TRAORE et BARRO à Toussiana, Orodara, Dédougou, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou ;
La famille de feu Oula Grégoire OUATTARA à Bobo-Dioulasso ;
La veuve, Siapri Bibiane Micheline et ses enfants : Gael Odilon Chrislove, Meryem Alexandra Godwin, Wendyam Ariel Mathis ;
La mère, Honorine Marie Désiré DAMIBA/GOUNGOUNGA à Ouagadougou
Le frère Pagomdé Christian DAMIBA ;

La sœur Nabonswendé Marie Cécile DAMIBA titulaire de la pharmacie RENAISSANCE à Ouagadougou et sa fille Alya Charlène BANCE
Rémi DAMIBA et famille à Bobo-Dioulasso ;
Sœur Emma DAMIBA à la Maison saint Joseph de Kossoghin ;
Abbé Jean Gabriel DAMIBA, curé de la Paroisse Saint Vincent de Paul à Bobo Dioulasso et Sœur Adeline DAMIBA à Bobo Dioulasso ;
Les oncles et tantes ;
Les cousins et cousines ;

Les amis Pascale et Denis DOLIDON à Beaumont/Clermont-Ferrand (France) ;
ont la profonde douleur de vous informer du rappel à Dieu le 28 février 2026 à Istanbul (Turquie) dans sa 46ème année, de leur fils, époux, père, frère, oncle, neveu, cousin, ami……

Malignesgo Arnaud DAMIBA.

Ils vous informent que le programme des obsèques et des funérailles est le suivant :
Mercredi 04 mars à 21H30 : arrivée de la dépouille mortelle à l'aéroport international de Ouagadougou ;
Jeudi 05 mars à 20H00 : veillée de prières au domicile familial sis à Toeyiibin ;
Vendredi 06 mars à 9H00 : messe de requiem et absoute à la paroisse Notre Dame des Apôtres de la Patte d'Oie, suivies de l'enterrement au cimetière route de Saponé.

Dimanche 08 mars 2026 à 9H00 : messe tenant lieu de funérailles à la Paroisse Notre Dame des Apôtres de la Patte d'Oie.
« J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course,
j'ai gardé la foi. » (2 Timothée 4 :7)

Enlargement for dinner

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 06:58
Also, in Wednesday’s edition: ‘Made with Europe,’ Trump vs Sánchez, Macron speech, Merz in DC

KatPol Kávéház CXXXIV. - A Tudorok

KatPol Blog - Wed, 04/03/2026 - 06:51

A történelemben talán néha érvényesül valamiféle karma. VIII. Henrik angol királlyal pl. körülbelül annyira volt nagyvonalú és jóindulatú a történelmi emlékezet, amennyire ő ápolt ugyanilyen viszonyt saját udvartartásával és alattvalóival: kevéssé vagy semennyire. Becsvágya arra ösztökélte, hogy dinasztiaalapító atyját megpróbálja túlszárnyalni, hogy féljék és tiszteljék a nevét angolhon határain innen és túl egyaránt. Hát önmagában a hírnév az biztosan összejött neki, elvégre az angol uralkodók sorában a három legismertebb között biztos ott találja a nevét bármilyen felmérés. Csakhogy az ő reménye az volt, hogy egy újra felemelkedő nagyhatalom hódító lovagkirályaként és az igaz hit nagylelkű védelmezőjeként emlékszik majd reá a hálás utókor, nem pedig úgy, mint züllött, az asszonyait elveszejtő, potrohos zsarnokra. 

[...] Bővebben!


Le Maroc, future porte d’entrée des voitures chinoises en Europe

LeMonde / Afrique - Wed, 04/03/2026 - 06:30
En deux ans, le royaume chérifien a capté près de 50 % des investissements chinois dans la région pour la production automobile, attirés par ses accords de libre-échange avec l’UE, mais aussi par ses réserves de phosphate, nécessaire à la fabrication des batteries dites LFP.

US AI giants seem fine with their tech being used to spy on Europeans

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 06:00
AI spying on allies wasn’t a deal-breaker for OpenAI, Anthropic in Pentagon talks

Who decides when a machine kills?

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 06:00
When private companies are enforcing ethical constraints and governments are not, something is very wrong

Hezbollah strikes Israel, IDF moves into Lebanon

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 06:00
Hezbollah has once again launched rockets and UAV attacks against Israel, triggering what an IDF spokesperson called a "tactical step"

Sweden blocks reimbursement of obesity drug over pricing, prescription concerns [Advocacy Lab]

Euractiv.com - Wed, 04/03/2026 - 02:33
The risk of the weight loss drug being prescribed outside its pharmaceutical indication was considered too high, while for children, the price was deemed inflated

Congress to Vote on Ending the War on Iran

Foreign Policy - Wed, 04/03/2026 - 01:25
Democrats describe the assault as illegal and contrary to U.S. interests.

The Trump Administration’s Iran War Justifications Keep Changing

Foreign Policy - Wed, 04/03/2026 - 00:07
The U.S. president and his officials can’t get their story straight.

How China Sees the War in Iran

Foreign Policy - Tue, 03/03/2026 - 23:32
Beijing is an unentangled superpower—but one with key interests at stake.

Burkina : « Le crédo actuellement, c'est l'hébergement national pour des questions de souveraineté », Teg-Wendé Idriss Tinto, DG de la Transformation digitale

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:16

Dans un contexte marqué par l'accélération de la dématérialisation des services publics et la volonté affirmée de moderniser l'administration, le gouvernement burkinabè a adopté un décret fixant les modalités de mise en exploitation des plateformes numériques de l'État. Ce texte vise à renforcer la cohérence, la sécurité et l'interopérabilité des systèmes d'information publics, tout en évitant les doublons et en améliorant l'expérience des usagers. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, le directeur général de la transformation digitale, Teg-Wendé Idriss Tinto, revient en détail sur la vision stratégique qui sous-tend cette réforme, les exigences techniques désormais imposées aux administrations et aux prestataires, ainsi que les enjeux majeurs liés à la souveraineté numérique, à la protection des données personnelles et à la construction d'un écosystème numérique intégré au Burkina Faso.

Lefaso.net : Quelle est la vision stratégique du gouvernement derrière le décret fixant les modalités de mise en exploitation des plateformes numériques de l'administration publique ?

Teg-Wendé Idriss Tinto : En matière de transformation digitale, il est important pour le pays de créer des cadres de gouvernance qui permettent de s'assurer que ce qui est transformé est fait dans les meilleures conditions possibles. Donc l'idée derrière le décret, c'est de s'assurer que tout ce qui est fait comme dématérialisation dans l'administration répond à un certain nombre de principes de qualité, un certain nombre de principes de pertinence et s'articule avec les autres projets qui ont déjà été réalisés au niveau de l'administration. C'est pour cela que nous avons des aspects liés à l'interopérabilité et que les plateformes aussi gardent une certaine cohérence ergonomique qui ne perd pas le citoyen.

Quels dysfonctionnements ou constats ont motivé l'adoption de ce cadre réglementaire ?

Je ne dirais pas dysfonctionnement, mais plutôt constat. Le cadre réglementaire s'inscrit dans une logique normale d'amélioration de la maturité du système d'information de l'administration. C'est une étape tout à fait normale dans la démarche d'amélioration de ce que nous avons l'habitude de faire. Mais en termes de constat, nous avons observé qu'en matière de dématérialisation des procédures administratives, il n'y a pas de visibilité de ce qui se passe dans l'ensemble de l'administration publique. Cela veut dire qu'un ministère peut être en train de travailler sur une plateforme et un autre ministère peut travailler sur une autre plateforme qui est proche.

Mais comme il n'y a pas de visibilité, ils vont travailler, investir en ressources humaines, en ressources financières, en temps sur des plateformes qui sont proches alors que s'il y a de la visibilité, il y en a un qui peut terminer sa plateforme puis partager le socle avec l'autre pour qu'il l'améliore juste pour son utilisation. L'objectif est de les partager, de les améliorer ensemble. Il y a aussi tout ce qui a un rapport avec les données et les soucis d'interopérabilité.

Quelqu'un peut développer une plateforme qui utilise, par exemple, la liste des villages du Burkina Faso ; il va chercher dans son coin la liste des villages qu'il va mettre dans sa base de données. Un autre ministère va chercher la liste des villages, il va faire pareil. Alors que c'est important qu'on mutualise ces genres de bases de données. On peut avoir une base de données des villages uniques et puis chacun vient chercher et on consolide cette base de données pour faire qu'elle soit de qualité pour que tout le monde l'utilise. Donc il y avait une sorte de développement en silos des plateformes dans les différents ministères. L'idée c'était vraiment d'aller au-delà pour que l'administration fonctionne dans sa dématérialisation comme une seule entité qui se transforme, mais pas comme des ministères où chacun va de son côté.

Et aussi pour ne pas perdre le citoyen, imaginez-vous, je vais sur une plateforme, il y a des couleurs, des dispositions différentes ; je vais sur une autre plateforme, il y a des couleurs différentes, alors que c'est une seule administration. Nous sommes en train de tendre vers des services basés sur l'expérience citoyenne, ce qu'on appelle le parcours citoyen, qui fait que le citoyen a l'impression qu'il interagit avec une seule entité, même si ce sont des ministères différents. Ce qui a aussi nécessité de travailler sur les chartes graphiques pour harmoniser tout ce qu'il y a comme interface pour les plateformes. Donc je peux dire que c'est ce constat qui est fait sur le terrain. Mais adopter ce genre de textes est une action classique en termes d'amélioration de la gouvernance du système de formation d'une structure, d'une organisation.

Comment s'organise concrètement la collaboration entre le ministère de la Transition digitale, celui de la Fonction publique et celui des Finances ?

Nous avons une collaboration avec tous les ministères dans le cadre de la mise en œuvre de ces décrets. Avec les deux ministères que vous avez cités en particulier, si on prend le ministère des Serviteurs du peuple, il est garant de la qualité du service public vis-à-vis des citoyens. Donc il est important pour nous de collaborer avec lui particulièrement. Il a un secrétariat permanent de la modernisation de l'administration, avec qui nous collaborons beaucoup par rapport à la description des procédures publiques avant la dématérialisation. Si vous prenez par exemple un ministère, il faut identifier les procédures, les décrire.

Il y a des approches méthodologiques aussi pour les décrire et les documenter. Une fois que nous avons les procédures qui sont décrites, on peut maintenant aller vers la dématérialisation de ces procédures. Et à la fin, il faut aussi travailler à valoriser les procédures qui ont été dématérialisées, faire de la communication vers les citoyens. Nous collaborons aussi sur ces aspects avec le ministère des Serviteurs du peuple, afin de faciliter les échanges et de nous assurer que notre communication à l'endroit du citoyen est faite dans un cadre harmonisé. Pour ce qui est particulièrement du ministère des Finances, principalement on collabore avec eux dans le cadre de l'intégration de la plateforme de paiement de l'État.

Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a quelques temps, on a mis en place une plateforme de paiement qui s'appelle Faso Arzeka. Mais avant cette plateforme, les différentes structures qui dématérialisaient leurs procédures devaient signer des conventions avec les opérateurs qui ont des solutions de paiement. Mais maintenant, on collabore directement avec le ministère des Finances, pour intégrer Faso Arzeka à tout ce qui est développé comme plateforme de sorte que les paiements soient faits directement avec Faso Arzeka. Nous collaborons aussi avec le ministère des Finances pour nous assurer que les démarches que nous adoptons dans le cadre de la dématérialisation des procédures sont suffisamment matures afin d'améliorer au fur et à mesure les procédures, sur la base de l'expérience que le ministère des Finances a particulièrement dans le domaine de l'informatique.

En dehors de ces deux structures, nous travaillons avec tous les ministères. On a un processus qu'on a arrêté avec tous les ministères pour identifier les procédures, les décrire, les mettre dans une feuille de route annuelle ; de rester dans une collaboration avec les équipes projets qui développent les différentes plateformes de dématérialisation ; d'accompagner et d'assister ces ministères pour nous assurer que les plateformes sont développées dans de bonnes conditions et faire les tests de sécurité. Nous sommes en contact avec les équipes de développement des différents ministères, afin de nous assurer que les plateformes qui sont mises à disposition du public sont des plateformes de qualité.

Existe-t-il un mécanisme de suivi permanent des plateformes déjà mises en ligne ?

Oui, il existe plusieurs mécanismes. Dans un premier temps, il y a le monitoring. Cela veut dire que quand la plateforme est déployée, il y a des systèmes qui existent pour s'assurer automatiquement que la plateforme est en ligne, qu'elle fonctionne normalement de sorte qu'en cas de problèmes de disponibilité, il y a des alertes automatiques qui sont levées pour informer les techniciens, pour qu'ils regardent ce qui ne va pas. Il ne faut pas que les citoyens aillent constater que la plateforme ne fonctionne pas.

Cet outil permet d'assurer un suivi permanent des plateformes. Mais en collaboration avec les différents ministères, on fait le suivi de l'utilisation des plateformes. On a développé une plateforme, on l'a mise en ligne. Est-ce que les gens l'utilisent ? Combien de personnes font des demandes ? Si vous prenez le casier judiciaire, on a la possibilité d'aller demander directement au tribunal et on peut demander en ligne. Et on regarde combien de demandes en ligne, combien de demandes toujours sur le format papier, avec l'objectif de renverser la tendance. Avant, on avait 100% de demandes papier. Notre intention est que ce pourcentage diminue à 90-80%, parce que les 10-20% vont demander en ligne.

L'objectif est qu'au niveau de la demande en papier, on arrive à 0% et les demandes en ligne, à 100%. Donc on fait le suivi avec les ministères pour savoir si les gens demandent en ligne, pour avoir les chiffres. C'est un mécanisme auquel on tient beaucoup, car il nous aide à évaluer le niveau de satisfaction de ceux qui exploitent ces plateformes pour s'assurer qu'ils sont satisfaits et s'il y a des choses à modifier aussi pour améliorer les plateformes. Mais au-delà, il y a des sessions, des rencontres qu'on organise régulièrement aussi pour voir quelles sont les difficultés dans le cadre de l'exploitation de ces plateformes, qu'est-ce qu'on peut modifier. Je ne rentre pas dans les détails techniques de l'organisation des équipes pour faire le suivi de ces plateformes qui sont en exploitation.

Un audit périodique des plateformes publiques est-il prévu ?

Bien sûr, dans le cadre de la mise en œuvre du décret, on fait une évaluation des plateformes avant de les mettre en ligne. Cela veut dire que nous faisons une évaluation et nous arrivons à la conclusion que sur les aspects de sécurité, la plateforme est OK pour aller en ligne. Mais dans 3-4 mois, il n'est pas exclu qu'il y ait de nouveaux soucis. Donc il faut maintenir la veille. Les structures internes qui s'occupent des audits de sécurité font des tests régulièrement sur les plateformes qui sont en exploitation, pour s'assurer que la qualité et la sécurité sont maintenues. Et quand il y a des problèmes qui sont détectés, on repart vers la structure pour demander de corriger ces problèmes pour ne pas compromettre les données des citoyens.

Au-delà de ça, il y a un mécanisme que nous sommes en train de déployer pour anticiper. Par exemple, la plateforme a été développée avec une technologie et elle peut devenir obsolète à partir d'un certain moment, ou des failles de sécurité peuvent être détectées dans cette version-là à un moment donné. Donc on fait de la veille sur l'ensemble de ces outils et si on se rend compte que la version est en train de devenir obsolète, nous la mettons à jour avec une nouvelle version plus stable. Et s'il y a des failles de sécurité qui sont aussi détectées sur les versions qui sont utilisées, le mécanisme va permettre d'alerter les ministères, pour qu'ils puissent faire les corrections nécessaires, pour s'assurer que ces plateformes restent des plateformes sûres pour les citoyens.

Quels types de tests de sécurité sont exigés avant la délivrance de l'avis de non-objection ?

Avant la délivrance de l'avis de non-objection, on a des référentiels de qualité qu'on exploite. Et ces référentiels de qualité se basent sur les failles qui sont les plus exploitées au niveau international. Cela veut dire que lorsque tu développes une plateforme, il y a des failles qui sont déjà connues et il y a des mécanismes de protection vis-à-vis de ces failles-là. Donc on exploite des référentiels internationaux qui classent les failles les plus récurrentes. Et ce sont ces failles les plus récurrentes qu'on vérifie si les plateformes sont protégées vis-à-vis de ces failles.

Donc il y a tout un protocole qu'on a et on regarde en fonction du niveau de protection. La faille peut être critique, elle peut être moyenne ou elle peut être faible. Pour me résumer, il y a un référentiel international qui classe les failles de sécurité les plus importantes qui sont exploitées au niveau international. Et on se base sur ce référentiel pour évaluer le niveau de protection des plateformes. Ce n'est pas une question seulement de dire oui c'est bon ou non ce n'est pas bon. On fait un rapport complet avec les failles, une explication et puis même des guides par rapport à comment est-ce qu'il faut faire pour les corriger. Et on fait un retour aux structures pour qu'elles prennent en compte et améliorent.

Le décret prévoit-il des normes spécifiques en matière d'hébergement des données (hébergement local, cloud souverain, etc.) ?

L'hébergement local ne ressort pas de façon explicite dans le décret. Mais il y a une circulaire du Premier ministre qui enjoint les différents acteurs à privilégier l'hébergement au niveau national. Cela fait que quand nous analysons les demandes qu'on reçoit, on prête une attention particulière à l'endroit où les données sont hébergées. Il faut aussi préciser que la loi qui porte la protection des citoyens à l'égard de l'utilisation de leurs données à caractère personnel encadre l'hébergement d'un certain type de données à l'extérieur du pays, notamment les données de santé, où il faut une dérogation spéciale pour héberger les données à l'international.

Du coup, quand nous recevons des demandes où les données qui concernent la santé sont censées être hébergées dans le cadre du projet du gouvernement à l'extérieur du pays, ce texte est exploité pour faire un retour à celui qui a fait la demande pour attirer son attention. Au-delà de ça, cela veut dire que le crédo actuellement, c'est vraiment l'hébergement national pour des questions de souveraineté. C'est un point auquel nous accordons beaucoup d'attention. Nous travaillons avec les acteurs qui font l'hébergement au niveau national pour garantir que tous ceux qui font la demande puissent avoir des ressources pour héberger leurs plateformes au niveau national.

Comment l'État entend-il garantir la souveraineté numérique face aux prestataires étrangers ?

En termes de souveraineté numérique, l'ambition, c'est de garder le contrôle sur les données, sur les plateformes, sur les technologies. Et pour cela, il y a un certain nombre d'approches qu'on a, qui commencent d'abord par réduire le plus possible l'implication des prestataires étrangers dans la mise en œuvre des projets, parce que tout faire pour mobiliser les acteurs au niveau national permet de renforcer les capacités de ces acteurs, de soutenir l'économie du numérique au niveau national. Et ça aussi, c'est la question de souveraineté, parce qu'un écosystème fort, c'est un écosystème qui est à mesure de régler les problèmes au niveau national de sorte qu'on n'ait pas forcément besoin d'aller chercher des solutions ailleurs. Maintenant, si on cherche des solutions ailleurs, il y a un certain nombre de principes.

L'hébergement est un critère clé. Il ne faut pas que les données soient hébergées à l'extérieur. Une autre chose, c'est notre capacité à comprendre comment est-ce que la plateforme fonctionne. Donc, que la plateforme soit la plus ouverte possible pour que nous puissions la prendre en main. Donc, on est de moins en moins disposé à aller prendre des boîtes noires, même si de façon fonctionnelle, cela résout un problème, parce que derrière, tu ne sais pas ce qui est en train d'être fait avec les données des citoyens du Burkina Faso. Troisièmement, il y a les aspects liés au transfert de compétences.

Ça aussi, c'est un point auquel on accorde beaucoup d'importance. Si on travaille sur une plateforme, il faut qu'à terme, les acteurs qui sont dans différents ministères soient à même de pouvoir assurer la maintenance et faire évoluer la plateforme à la fin du projet. Donc, de moins en moins, il est question d'acheter une plateforme que nous ne maîtrisons pas et que d'autres personnes sont en train de manipuler. Si on a un petit problème, il faut appeler quelqu'un qui va soit prendre l'avion, soit essayer de résoudre le problème à distance. Ce sont des sujets sur lesquels on ne badine plus. Donc, tout cela nous permet, même si d'aventure on a à travailler avec des prestataires à l'étranger, ce qui est de plus en plus rare, de garder la main sur la technologie, sur l'évolution et de conserver et renforcer notre souveraineté sur nos plateformes.

Quelles mesures sont prévues en cas de violation des données personnelles ?

En cas de violation de données personnelles, il faut dire qu'il y a une structure qui s'occupe de ça. Donc, même au début, avant même l'émergence de la plateforme, il faut la déclarer auprès de cette structure, de sorte à ce qu'elle puisse être au courant que la plateforme existe, qu'elle collecte des données et les traite de telle manière et de telle façon.

Et si un citoyen se rend compte qu'il y a un souci avec l'utilisation des données, il peut faire référence à cette structure pour poser sa plainte et être entendu. Nous avons aussi un ensemble d'outils qui permettent d'assurer la supervision de tout ce qu'il y a comme plateforme et de pouvoir détecter les accès non autorisés au niveau de certaines plateformes que nous mettons à disposition. Et il y a aussi des mécanismes qui existent en interne pour permettre de « boucher les trous » et de s'assurer que les citoyens sont informés de ce qui a été fait et qu'il y a eu les recours pour leur permettre de rentrer dans leurs droits.

Donc, il y a deux aspects. Il y a les aspects liés à la structure, l'organisation qui s'occupe de la gestion, la protection des données à caractère personnel, qui a un périmètre qu'il gère. Et il y a nous aussi, dans le cadre du monitoring du cyberespace national, qui suivons l'utilisation des plateformes, les accès, s'il y a des tentatives de piratage. Et on accompagne les structures à pouvoir combler les trous, remettre dans les normes les plateformes. Et aussi, si d'aventure il y a peut-être des données qui ont été volées, on regarde comment on peut accompagner les structures pour résoudre tous ces problèmes.

Comment ce décret s'articule-t-il avec la loi sur la protection des données à caractère personnel et le rôle de la Commission de l'informatique et des libertés ?

Ce décret, je ne dirais pas que c'est un complément, mais avec la loi sur la protection des citoyens à l'égard de l'utilisation de leurs données, il y a une sorte de complémentarité. Si vous regardez au niveau du décret, on demande à ce que ceux qui développent des plateformes ou ceux qui souhaitent développer des plateformes puissent demander un avis technique sur la base de termes de référence avant de commencer le développement. Et dans le processus, on a une étape où ceux qui développent des plateformes doivent faire la déclaration et nous faire un retour pour pouvoir poursuivre avec la suite, quand la plateforme est terminée et qu'il faut héberger.

Nous avons même développé une plateforme en ligne, ce qui permet aux structures de ne plus se déplacer pour déposer un courrier. Il y a une plateforme en ligne où ils peuvent aller et faire la demande. Et quand ils font la demande, il y a un circuit au niveau de la plateforme pour le traitement et ce circuit prend en compte l'étape classique. À un moment donné, on vérifie que la personne a en fait la déclaration à la CIL avant de poursuivre avec les autres étapes en matière de demande ou de mise en exploitation. Donc les deux sont complémentaires pour s'assurer que les plateformes sont conformes à tout ce qui est accordé au cadre réglementaire au niveau national.

Quels sont les critères techniques déterminants pour obtenir l'avis favorable de mise en ligne ?

Pour ce qui est de l'avis favorable de mise en ligne, il y a un certain nombre de critères techniques selon le décret. Mais pour revenir dessus brièvement, il y a principalement deux choses qu'on regarde. On regarde que la plateforme respecte un certain nombre de principes en matière d'interopérabilité. On regarde que la plateforme respecte un certain nombre de principes en matière de charte graphique. On regarde que la plateforme, au niveau fonctionnel, a été validée par les acteurs de métier. Il ne faut pas développer une application qui fait de la gestion financière si vous êtes un informaticien. Nous, on s'assure que les financiers ont signé, ils ont donné leur OK par rapport à la plateforme avant qu'on ne regarde même la suite du processus.

Et pour ça aussi, en matière de gestion du projet, il y a des cadres qu'on a mis en place pour que quand tu commences un projet, il faut que tu aies un groupe d'acteurs qui ne soient pas des informaticiens qui vont suivre sur les aspects fonctionnels. Et il y a aussi l'avis de non-objection sur les aspects de sécurité. Mais aussi il y a certains tests de performance de la plateforme qu'on fait pour s'assurer que si on a une plateforme qu'on met en ligne et tout de suite, il y a beaucoup de personnes qui se ruent dessus, que la plateforme ne va pas être inaccessible. Donc ce sont des tests qu'on fait aussi pour s'assurer que la plateforme supporte la charge avant d'autoriser la mise en ligne pour que les citoyens puissent l'utiliser.

Le référentiel d'interopérabilité est-il déjà disponible pour les administrations ? Si oui, peut-il être consulté publiquement ?

Le référentiel d'interopérabilité du Burkina Faso a été adopté en 2018. Donc c'est un document qui existe, qui est en ligne, qui est connu, qui est utilisé. Il doit être mis à jour pour s'adapter aux nouvelles contraintes parce que la technologie évolue très vite. Mais le référentiel existe, il est à disposition de tous ceux qui développent des plateformes pour l'administration publique.

L'État impose-t-il des standards technologiques précis (logiciels libres, formats ouverts, etc.) ?

Pour les logiciels libres, oui, parce que quand on a parlé de souveraineté, j'ai insisté sur le contrôle sur les outils qu'on utilise. Donc, le premier choix, c'est des logiciels libres. Pas que des logiciels libres, mais c'est des technologies ouvertes. Tout ce qu'on fait comme choix technologique dans le cadre de l'implémentation des projets, c'est ouvert, on dit « open first ». On choisit les solutions ouvertes d'abord et quand on n'a vraiment pas de choix, on aura tendance à aller vers les solutions qui ne sont pas ouvertes.

Donc, il faut dire qu'au Burkina aussi, on a adopté une stratégie sur l'open source et dans sa mise en œuvre, les choix sont orientés vers des solutions open source. Il y a aussi les méthodologies. On soutient vraiment l'utilisation des approches agiles, qui permettent de garantir une rapidité de mise à disposition des solutions et aussi de s'adapter aux difficultés au fur et à mesure qu'on avance. On n'est plus dans la rigidité des approches en cascade, mais on est dans des approches agiles où, régulièrement, quand il y a des changements, on peut s'adapter.

Maintenant, il y a aussi des compromis qu'on a faits entre acteurs de l'État pour faire des choix particuliers. Par exemple, quand on parle de développement logiciel, il y a des plateformes qu'on privilégie et cela nous permet de construire les compétences autour de ces plateformes, de maîtriser, d'approfondir notre niveau de maîtrise sur ces plateformes, donc d'avoir des garanties qu'on peut être incollable sur ces plateformes. Il y a des standards technologiques et nous, on essaie de nous assurer que tous les acteurs de l'administration, progressivement, prennent en main ces standards-là et qu'ils comprennent à chaque fois qu'il y a des changements.

Comment le ministère de la Transition digitale vérifie-t-il le respect de la charte graphique et de l'identité numérique de l'État ?

Il y a un guide qui est produit et qui est partagé pour faciliter la réalisation des designs basés sur la charte graphique qui a été identifiée. Cette charte graphique a été développée en accord avec un certain nombre d'acteurs qui sont sur les aspects d'images, de visibilité par rapport à l'État. Donc, il y a des guides qui permettent de comprendre ce qu'il faut mettre ou pas mettre pendant qu'une plateforme est en train d'être développée.

Nous avons des sessions de travail techniques et il y a des sessions de présentation avec un comité de supervision. Tout ça, ce sont des étapes où on vérifie que la charte graphique est conforme à ce qui a été établi. Et au final, quand on reçoit la demande, on a des garanties que tout a été respecté. Mais à ce moment aussi, quand on reçoit la demande de mise en exploitation, on a une équipe qui revérifie l'ensemble des interfaces pour s'assurer que la charte est respectée et que tout est conforme avant de passer à l'étape d'autorisation de mise en exploitation.

Les plateformes développées avant le décret devront-elles être entièrement mises en conformité ?

Nous sommes dans un processus de régularisation de l'ensemble des plateformes. Actuellement, il y a des structures qui soumettent les demandes et on s'assure que ces plateformes sont conformes. Maintenant, il y a aussi des processus sur lesquels il faut qu'on s'entende avec les autres acteurs pour ne pas casser la mise en exploitation d'une plateforme. Nous avons un mécanisme qui nous permet, pour des plateformes qui ont déjà été déployées, de resoumettre toute la documentation, pour qu'on s'assure qu'elle est correcte. Sinon, on travaille avec les acteurs pour l'améliorer.

L'objectif est que les projets soient des projets stables et pas seulement que la plateforme soit stable. Et quand il y a des gens qui quittent l'équipe projet et que d'autres personnes viennent, qu'ils puissent facilement comprendre ce qu'il y a. On s'assure en tout cas que pour les plateformes qui sont déjà hébergées, il y a un certain nombre de choses qui sont faites. Et même les plateformes qui sont déjà en ligne, on les inscrit dans le monitoring. Donc, je dirais que oui, il n'y a pas de plateforme qui doit rester en dehors du périmètre des critères de sécurité parce qu'elle a été développée avant le décret.

En quoi ce décret va-t-il améliorer concrètement les services numériques offerts aux citoyens ?

Ce décret va améliorer la sécurité des plateformes, améliorer la qualité des interfaces utilisateurs. Je parle seulement de ce qui a un rapport avec ce que les citoyens vont voir. En termes de sécurité, on peut par exemple apposer un label pour dire que la plateforme est vérifiée, qu'elle est ok, et quand le citoyen vient, il est plus confiant. En termes d'interfaces utilisateurs, collectivement, on réfléchit à des approches qui sont beaucoup plus faciles à être utilisées par les citoyens.

Donc, les citoyens peuvent être rassurés.
Donc, ça facilite aussi l'expérience utilisateur pour ceux qui vont aller demander ces services. Comme vous l'avez demandé, ça, c'est pour les citoyens. Mais on va dire qu'il y a énormément de bénéfices aussi côté administration publique, en termes d'économie d'échelle même, par rapport à un certain nombre de mutualisations qui est fait par rapport à la garantie de la qualité du processus de développement.

Peut-on s'attendre à une réduction des plateformes redondantes ou peu performantes ?

Bien sûr, c'est ça l'objectif et il faut vraiment s'attendre à ça. On va tendre vers l'élimination de la redondance. Quand vous allez quitter une procédure pour aller sur une autre procédure, vous aurez l'impression que vous êtes toujours sur la même plateforme. Et l'ambition qu'on a à terme, c'est que quand tu vas sur une plateforme, tu n'aies même pas besoin de soumettre tes documents.

Tu pars sur une plateforme du ministère de la Justice où on va te demander des documents que le ministère de l'Action sociale avait donnés. On travaille à ce que tu n'aies pas besoin de les soumettre. Si tu te connectes, on sait que c'est toi. On peut directement vérifier automatiquement au niveau du ministère de l'Action humanitaire et puis identifier ce qu'on veut vérifier et on te dit que c'est ok que tu veux postuler sans que tu aies besoin de soumettre un document. Ou bien même, on fait un portefeuille en ligne où tu as tous tes documents et quand tu veux postuler, il suffit juste de taper le document et de le soumettre sans avoir à le scanner.

Comment les usagers seront-ils informés de la suspension éventuelle d'une plateforme non conforme ?

On n'est pas vraiment dans une dynamique de suspension des plateformes non conformes, mais dans celle de mettre en place des mécanismes pour rendre conformes les plateformes le plus rapidement possible et basculer. On redéploie la plateforme ailleurs, on corrige tout ce qu'il y a comme non-conformité assez rapidement et on repointe l'adresse vers cette plateforme.

Quand tu vas repartir demain, tu vas avoir l'impression que tu es sur l'ancienne plateforme. À moins qu'il y ait beaucoup de changements sur les interfaces graphiques, sinon tu auras l'impression que tu es sur la même plateforme, alors qu'il y a un certain nombre de choses qui ont changé. Et aussi, pour ce qui est en rapport avec les interfaces graphiques, même sur Facebook ou WhatsApp que vous utilisez, vous voyez qu'il y a des changements. Chaque fois qu'on voit qu'il y a une mise à jour, il y a un changement, mais il n'y a pas d'interruption de service forcément. L'idée, c'est d'être dans la même dynamique, même s'il y a des changements au niveau de l'interface, que les mises à jour n'interrompent pas le service parce que c'est comme ça que ça se fait dans des environnements suffisamment écologiques.

Ce cadre réglementaire contribuera-t-il à renforcer la confiance des citoyens dans les services publics numériques ?

C'est notre ambition parce que la confiance des citoyens est basée sur la sécurité et la performance. Donc en améliorant la sécurité, on garantit que ces données sont protégées et aussi de lui faciliter la tâche. Ça renforce ta confiance. Donc l'objectif vraiment, c'est d'améliorer l'expérience utilisateur et de renforcer la confiance du citoyen à l'accès aux services publics, de façon régulière.

Comment ce décret encadre-t-il les relations avec les prestataires privés ?

Le décret prend en compte les situations où la plateforme est développée par des prestataires privés parce que les étapes ne concernent pas seulement les plateformes qui sont développées à l'interne. Mais pour une structure qui veut développer une plateforme, par exemple, et qui veut faire appel à un privé, il doit demander l'autorisation, l'avis technique. Une fois que la plateforme est développée, elle doit être testée. Même si c'est fait par un privé, testé. S'il y a des erreurs, le prestataire privé doit corriger tout ce qu'il y a comme erreur, avant de revenir.

Et ce que nous faisons aussi comme retour, quand on se rend compte au début que l'option c'est d'aller vers un privé, c'est d'attirer l'attention de l'acteur, de prendre les dispositions pour avoir une équipe pour le transfert parce qu'on peut avoir l'impression que, lorsqu'on donne au privé, on n'a pas besoin de mettre l'accent sur les équipes internes. Vous avez besoin de suivre pour que le privé fasse un travail de qualité dedans. Et vous avez besoin d'être à côté pour que le transfert technologique soit fait et pour que vous ne soyez pas dépendant sur le moyen long terme vis-à-vis du prestataire. Tout ça, ce sont des choses que nous relevons. Et sur lesquelles on attire l'attention de nos collaborateurs des ministères qui viennent vers nous pour avoir l'avis technique.

Les plateformes reçues en don (coopération internationale, ONG, partenaires techniques) sont-elles soumises aux mêmes exigences ?

Il y a des acteurs qui collaborent avec les ministères dans le cadre du développement des plateformes. Mais cela ne veut pas dire que ces acteurs se mettent dans leur coin, finissent de développer et viennent donner. Ils financent le développement. Mais pendant le processus de développement de la plateforme, la structure bénéficiaire est toujours impliquée.

En tout cas pour la plupart de ce qu'on a vu. Et comme la structure bénéficiaire est au courant du décret, dès le début, pour la plupart du temps même, c'est la structure bénéficiaire qui doit élaborer les termes de référence ou valider les termes de référence. Donc au moment de valider, ils savent que le ministère doit regarder et donner un avis technique. Même si c'est l'ONG ou un autre acteur qui doit financer la mise en œuvre. Et nous demandons aussi souvent à participer aux sessions telles que les rencontres de cadrage pour nous assurer que si tu développes quelque chose pour l'administration, le développement est fait conformément aux contraintes et aux principes dictés au niveau de l'administration. Maintenant, pour des plateformes qui sont développées, terminées, et puis on vient les remettre, ça prendra beaucoup plus de temps pour regarder et nous assurer que les plateformes sont conformes avant d'autoriser la mise en exploitation.

Quels sont les principaux défis que le ministère anticipe dans la mise en œuvre effective de ce décret ?

L'un des principaux défis, c'est la gestion du passif, parce que ce sont les mêmes acteurs qui sont en train de développer les nouvelles plateformes qui vont administrer les anciennes plateformes. Donc il faut qu'ils travaillent sur plusieurs fronts et ça souvent ce n'est pas évident. Deuxièmement, le décret a l'ambition d'améliorer considérablement les pratiques de gestion du projet pour avoir des pratiques plus matures.

Et très souvent dans les équipes, les DSI travaillent avec des équipes souvent réduites et avec les ambitions qu'on a en matière de développement de plateformes, nombre de plateformes, qualité de ces plateformes, souvent ce n'est pas évident en matière de disponibilité de ces équipes parce qu'elles travaillent sur plusieurs projets avec des délais assez serrés. Donc il faut arriver à les convaincre qu'il faut prendre le temps de regarder un certain nombre de choses en matière de documentation du code, en matière de qualité, et cela est une transition aussi qu'il faut qu'on fasse.

Et pour ajouter aussi, il y a l'implication des acteurs métiers, parce qu'on a encore l'impression que quand il s'agit de plateformes, quand il s'agit de matérialisation, c'est les DSI qu'on regarde alors qu'ils s'occupent de la mise en œuvre de quelque chose qui améliore un processus métier. Et le processus métier appartient au métier. Donc cette gestion du changement pour que les métiers considèrent davantage que les plateformes sont leurs plateformes et pas les plateformes des DSI, c'est aussi une chose sur laquelle il faut qu'on travaille pour que les bonnes pratiques soient partagées avec tous les acteurs du système d'information. Pas seulement les techniciens, mais tous ceux qui participent à plusieurs étapes du système d'information.

Envisagez-vous la création d'un guichet unique ou d'une plateforme centralisée des services numériques de l'État ?

Avoir un guichet virtuel pour les services publics, c'est une ambition de longue date. Il y a même un guichet virtuel actuellement qui est en ligne et qui est en train d'être amélioré au fur et à mesure pour faciliter l'intégration de tout ce qu'il y a comme nouvelles plateformes et faciliter aussi la découverte des plateformes par les citoyens. Ça, c'est la plateforme nationale, mais de plus en plus aussi on encourage les différents ministères qui travaillent sur des thématiques particulières à aller sur des portails. Vous avez un ministère, par exemple du Commerce, qui a plusieurs plateformes qui s'adressent aux commerçants. C'est intéressant qu'au lieu que ces plateformes soient dispersées, il y ait un portail central du ministère où on peut retrouver toutes ces plateformes.

La réponse, ce n'est pas qu'on envisage de le faire, mais c'est quelque chose qui est déjà fait, même s'il y a beaucoup de choses à améliorer dans ce sens. Et pour aller au-delà même du guichet virtuel, vous avez dû entendre parler de la Maison des citoyens où on envisage même dans un milieu rural d'avoir des points uniques d'accès aux services publics. Si tu te lèves, que tu veux avoir accès à un service public, tu te déplaces au niveau de cette maison et tu as des gens pour t'assister, pour déposer tes demandes au cas où tu ne sais pas lire, tu ne sais pas écrire, tu ne sais pas utiliser les plateformes. Tout ça, c'est pour créer des points uniques d'accès aux services publics et faciliter l'expérience des usagers.

À moyen terme, peut-on parler d'un véritable écosystème numérique intégré et interopérable au Burkina Faso ?

À moyen terme, oui, parce qu'il y a beaucoup de choses qui rentrent en compte pour avoir cet écosystème. Il y a les plateformes, la technologie, mais il y a aussi les processus, il y a les hommes. Et vous avez dû voir qu'il y a les datacenters aussi qu'on est en train de déployer. On travaille sur les plateformes, on travaille sur le renforcement de capacité des acteurs, on travaille sur le déploiement de plateformes avec interopérabilité pour permettre aux différents ministères de pouvoir plus facilement communiquer et permettre à leurs plateformes de pouvoir communiquer.

On travaille sur les architectures d'entreprises gouvernementales qui sont la conception globale de tout le système d'information pour garantir une certaine cohérence. Actuellement, au jour le jour, l'ensemble des acteurs du système d'information travaillent pour qu'on puisse avoir cet écosystème intégré. Donc, à moyen terme, je dirais que c'est quelque chose qui est atteignable.

Hamed Nanéma
Hanifa Koussoubé
Dominique Ouédraogo (vidéo)

Lefaso.net

Procès « Yaké Camille Yé et autres » : Les prévenus Laure Zongo, Billy Zongo, Ismaël Ouédraogo et Pasgo Billa rejettent également les infractions d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:14

Le Tribunal a clos en fin de matinée, ce mardi 3 mars 2026, les débats autour du contrat à litigieux portant 115 millions et relatif à l'achat de carburant pour l'ancien ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille (actuel ministère de la Famille et de la Solidarité ). Après une suspension d'une heure, l'audience a repris à 14 heures avec l'instruction sur les infractions secondaires liées à celle de détournement de deniers publics. C'est l'ancienne ministre Laure Zongo qui a été appelée en premier à la barre pour répondre des infractions d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, qui se traduit par l'injectant des fonds dans l'achat de biens immobiliers. Des faits qu'elle a également rejetés.

Invitée donc à donner sa version par rapport aux faits qui lui sont reprochés, Mme la ministre Laure Zongo a déclaré avoir pris connaissance de ces charges avec la première infraction, à savoir le détournement de deniers publics en lien avec le contrat de 115 millions F CFA. Sur ces infractions d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, il est clairement reproché à Laure Zongo d'avoir injecté l'argent dans l'acquisition de biens immobiliers.

En effet, la prévenue Laure Zongo a reconnu avoir acquis, par le biais de Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo, en 2016 et en 2017, deux terrains, bâti et non-bâti. Il s'agit d'un célibaterium d'un coût de 40 millions selon ses propos (et entre 30 et 35 millions, selon Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo) dans le quartier Wapassi et un terrain non-bâti à 10 millions, au quartier Kilwin (tous dans la capitale burkinabè : Ndlr). Elle a précisé que ces biens ont été acquis pour sa fille, alors mineure. Pour ce faire, elle a joint au document de cette dernière, la copie de sa carte nationale d'identité, qu'elle a remise à Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo pour les formalités.

Elle rappelle que ses liens avec Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo datent d'avant sa nomination au poste de ministre. Elle confie avoir pris trois motos avec celui-ci, pour ses enfants. Le règlement a été fait à tempérament, et le dernier paiement a été fait pendant qu'elle était en fonction de ministre. Elle a en souvenance également avoir pris sept motos lors de la campagne électorale de 2015, qu'elle a également payées à tempérament.

Elle dit avoir plus tard, en 2020, revendu le terrain de Kilwin à 12 millions et a même voulu vendre le second bien pour « raisons personnelles ». Des propos corroborés par Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo, celui-là qui a facilité leur acquisition.

Sur l'origine des fonds qui ont servi à acquérir ces biens, la prévenue Laure Zongo a expliqué qu'ils proviennent de son salaire et de celui de son époux, de la vente des produits de sa ferme (des porcs de race), de la vente de deux terrains appartenant à son époux à Saaba (la première parcelle a été vendue en 2016 à 9 millions et l'autre, en 2017 à dix millions) et d'appuis familiaux. A cela s'ajoute la vente de son véhicule à environ 5 millions.

En ce qui concerne le prévenu Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo, sur qui pèse également l'infraction de blanchiment de capitaux, le Parquet estime que pour avoir été à la base du contact entre Mme la ministre et la prestataire Ramata Bamba, il ne pouvait pas ignorer que les Fonds qui lui ont été remis pour l'acquisition des biens immobiliers étaient d'origine frauduleuse. Rappelons au passage que Sompagnimdi Ismaël Ouédraogo a antérieurement déclaré que les sommes de 12 millions et 23 millions récupérées chez Mme Bamba pour Mme la ministre ont servi à l'achat de ces biens.

Pour le ministère public, M. Ouédraogo savait bel et bien donc, que c'était l'argent venant du carburant.

Un argument que réfute M. Ouédraogo, qui relève que non seulement il n'était pas dans les secrets du contrat, mais également éprouvait de la fierté à exécuter des taches à lui confiées par une autorité, à savoir Mme la ministre.

L'ancien DAF, Billy Zongo, a également été appelé à répondre de l'infraction de blanchiment de capitaux. Concrètement, il lui est reproché d'avoir détourné des fonds publics et de les avoir injectés dans le circuit économique. « Je ne sais pas à quel moment j'aurais injecté de l'argent dans le circuit économique », a rejeté le prévenu Billy Zongo. Pour mémoire, dans sa déposition, le témoin Ramata Bamba a dit avoir été contactée par le DAF Billy Zongo, qui dit appeler de la part de la ministre Laure Zongo pour récupérer la somme de 40 millions dans le cadre d'une mission à effectuer à l'intérieur du pays. Somme qu'elle affirme avoir remise dans une enveloppe, mais qui n'est jamais parvenue à Mme la ministre. Billy Zongo a sollicité le Tribunal, afin que le témoin revienne préciser quel type d'enveloppe pourrait contenir 40 millions FCFA.

Son successeur à la DAF (Direction de l'Administration et des Finances), Pasgo Billa, également accusé de blanchiment de capitaux, a rejeté la charge. « Pour blanchir des capitaux, il faut en avoir. Moi, je n'ai que mes revenus », a-t-il montré patte blanche.

Après s'être rassuré qu'aucune des parties n'a une question pour le prévenu, le Tribunal a clos les débats sur les infractions reprochées aux prévenus, suspendant dans le même temps, à 18h, l'audience. Elle reprendra le jeudi 5 mars 2026 à partir de 9h avec les plaidoiries des avocats et les réquisitions du ministère public.

O.L.
Lefaso.net

8-Mars : Le gouvernement burkinabè opte pour une célébration plus engagée

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:10

En prélude à la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année, le ministère de la Famille et de la solidarité a organisé une marche. L'événement sportif s'est déroulé dans les artères de la ville de Ouagadougou dans la matinée de ce mardi 3 mars 2026. La ministre de la famille et de la solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a saisi l'occasion pour expliquer la nouvelle dynamique de cette célébration au Burkina Faso. Pour cette année, exit les festivités jugées superficielles : place désormais aux actions concrètes et à la mobilisation citoyenne.

Partie de l'immeuble Baoghin sis au quartier Larlé de la ville de Ouagadougou, en passant par le rond-point du 2 octobre, la marche pour marquer le mois de la femme a connu une mobilisation effective des autorités gouvernementales, notamment la ministre des Sports, celui des Serviteurs du peuple et celle en charge de la transition digitale. L'École nationale de la police, l'Institut national de formation en travail social (INFTS), la douane, les élèves de l'école Nongr-Massom, l'association des femmes handicapées étaient aussi de la partie.
Banderoles en main, les élèves de l'École nationale de la police entonnaient des chants pour galvaniser les sportifs. Lesquels chants étaient rythmés par des pas de danse et des cris d'allégresse.

Les sportifs parcourent la ville à pied

Pour Passowendé Pélagie Kaboré, ministre chargée de la famille et de la solidarité, le 8 mars, longtemps perçu comme une journée festive, ne sera plus le cas au Burkina Faso. Pour elle, cette journée sera désormais un cadre d'échanges, de réflexion, de mobilisation et d'actions concrètes en faveur des droits des femmes ainsi que de leur pleine participation au développement du pays.

« Dans le contexte de la révolution progressiste populaire, il ne sera donc plus question de cérémonies festives interminables ni de compétitions autour du plus bel uniforme, encore moins de simples retrouvailles autour de ripailles ou de soirées bien arrosées en oubliant l'essentiel », a-t-elle martelé.

À l'entendre, créer une société plus juste et inclusive doit désormais être la priorité. « L'essentiel, c'est de construire un pays où chaque femme et chaque fille occupe pleinement sa place dans l'édification d'un Burkina Faso de paix, de justice, de prospérité, avec dignité, honneur et bravoure », a-t-elle ajouté.

Passowendé Pélagie Kaboré, ministre de la famille et de la Solidarité, signifie que le 8 mars ne sera plus question de cérémonies festives interminables

Afin de marquer cette nouvelle manière de célébrer la journée internationale de la femme, un programme ambitieux a été élaboré. Il s'agit de la réalisation d'infrastructures de production et de transformation des produits locaux, de la mise en place de jardins maraîchers au profit des femmes en passant par l'organisation d'une journée de participation des femmes bâtisseuses de paix. Aussi, le mois de la femme sera marqué par des activités de sensibilisation, des causeries-débats ainsi que des prières œcuméniques.

En outre, Passowendé Pélagie Kaboré a fait comprendre que le thème de cette année n'est pas fortuit. Mais plutôt un thème interpellateur qui invite à une conscience collective et à la reconnaissance de la place centrale des femmes dans la quête de la paix et de la cohésion sociale.
De retour au point de départ, les sportifs ont fait une séance d'étirement et d'aérobic. Par ailleurs, cette activité sportive marque officiellement l'ouverture des activités du mois de la femme.

Fatima Kagoné/Ouédraogo, retraitée, a salué l'engagement du gouvernement de célébrer le 8 mars autrement

Participante à la marche, Fatima Kagoné/Ouédraogo, retraitée, a salué l'initiative entreprise par les autorités burkinabè pour célébrer autrement le mois de la femme et s'est engagée à suivre le programme mis en place.
« Dans les années 84-85, lorsque le 8 mars a été décrété au Burkina Faso, c'était pour que les femmes puissent s'autonomiser, qu'elles puissent jouer un rôle important dans la famille, et je suis ravie de constater qu'on revient sur ces anciens thèmes », a-t-elle fait savoir.
Elle encourage d'ailleurs l'ensemble des citoyens à pratiquer souvent le sport car il contribue au développement de l'organisme.

Samirata rappelle l'importance du sport et salue la décision du ministère de la Famille de marquer les activités du mois de la femme avec le sport.

Même son de cloche chez Samirata. « J'apprécie cette nouvelle manière de célébrer autrement le 8 mars à travers des actions impactantes, car cela rompt avec les anciennes habitudes qui consistaient à organiser des cérémonies dans de grandes salles », a-t-elle indiqué.
À noter que le 8 mars 2026 est placé sous le thème « Bâtir une paix durable au Burkina Faso, quelle contribution de la femme et des filles à la promotion du vivre-ensemble ».

Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

Ramadan à l'ère du numérique : « Les réseaux sociaux peuvent diminuer le salaire de ton jeûne », prévient le Dr Moussa Nabaloum

Lefaso.net (Burkina Faso) - Tue, 03/03/2026 - 23:06

À l'occasion du mois sacré de Ramadan, le Dr Moussa Nabaloum, docteur en éducation islamique, a été reçu sur le plateau de Lefaso TV afin de décrypter la portée spirituelle de cette période et d'analyser l'impact des réseaux sociaux sur la pratique religieuse. Entre opportunité de renforcement de la foi et risque de dispersion, il appelle à une utilisation consciente et responsable du numérique.

Lefaso.net : Pour commencer, rappelez-nous ce que représente le mois de Ramadan pour les musulmans ?

Dr Moussa Nabaloum : Le mois de Ramadan est un mois sacré pour les musulmans. C'est un mois de bénédictions, de miséricorde et de récompenses spirituelles. Durant cette période, les fidèles jeûnent de l'aube au coucher du soleil, s'abstenant de manger, de boire et d'avoir des relations conjugales. Mais le jeûne ne se limite pas à l'abstinence physique ; il est aussi un exercice spirituel. Les nuits sont consacrées aux prières, aux invocations et à la lecture du Coran, dans la recherche de l'agrément divin. Le Ramadan est un mois d'éducation et de purification de l'âme. Il forme le croyant à la discipline, renforce sa foi et développe en lui la crainte révérencielle d'Allah. Ce n'est pas un mois comme les autres, il est une école spirituelle.

Aujourd'hui, les réseaux sociaux occupent une grande place dans nos vies. Sont-ils un atout ou un danger pendant le Ramadan ?

Les réseaux sociaux font désormais partie intégrante du quotidien, que l'on soit musulman ou non. Ils présentent à la fois des avantages et des risques. Du côté des bienfaits, un musulman sincère peut les utiliser pour renforcer sa foi. Grâce aux plateformes numériques, il est possible de suivre des prêches, d'écouter des rappels religieux, d'apprendre les règles de l'ablution, de la prière ou encore d'écouter des récitations du Coran, même à distance, depuis La Mecque ou Médine. Ils permettent également de rester informés de ce qui se passe dans le monde musulman.

Cependant, les réseaux sociaux peuvent aussi devenir une source de distraction. Un usage excessif entraîne une perte de temps, alors que le Ramadan est un mois dédié à l'adoration. Au lieu de prier ou d'invoquer Dieu, certains passent des heures à naviguer sans objectif précis. Ils peuvent aussi exposer le fidèle à des contenus inappropriés, contraires aux principes religieux, ce qui diminue la portée spirituelle du jeûne. Tout dépend donc de l'intention et de la discipline de chacun.

Quels sont les risques liés à une mauvaise utilisation des réseaux sociaux pendant le jeûne ?

Les principaux risques sont la perte de temps et l'exposition au péché. Passer de longues heures à naviguer sans but précis peut détourner le croyant des actes d'adoration. De plus, certains contenus peuvent inciter à des comportements contraires à l'éthique islamique, comme le regard déplacé, la diffusion de propos inappropriés ou l'écoute de contenus déconseillés. Le Ramadan est un mois de purification. Une utilisation non maîtrisée des réseaux sociaux peut affaiblir la foi et réduire la récompense du jeûne.

Comment utiliser les réseaux sociaux de manière bénéfique durant ce mois ?

L'essentiel est de savoir gérer son temps et de définir une intention claire. Il s'agit d'utiliser les réseaux sociaux comme un outil d'apprentissage et de rappel et non comme un moyen de divertissement excessif. Suivre des conférences religieuses, écouter des rappels, partager des enseignements utiles, s'informer sur les initiatives solidaires sont des usages profitables. Le croyant doit fixer des limites et éviter les contenus susceptibles de l'éloigner de ses objectifs spirituels.

Peut-on considérer le partage de rappels religieux en ligne comme une forme d'aumône ?

Oui, le partage de rappels religieux peut être considéré comme une forme d'aumône spirituelle. Transmettre un verset coranique, un hadith ou un prêche utile, c'est partager un savoir bénéfique. Si une personne lit ce rappel et décide d'accomplir une bonne action ou d'abandonner un mauvais comportement, celui qui a partagé le message en récolte également la récompense. La transmission du savoir est une responsabilité en islam. Les réseaux sociaux deviennent ainsi un moyen moderne de diffuser le bien et de participer à l'élévation spirituelle des autres.

Quels conseils donnez-vous pour maintenir les bonnes habitudes après le Ramadan ?

Le Ramadan n'est qu'un mois parmi les douze de l'année. Allah n'est pas seulement le Seigneur du Ramadan, mais le Seigneur de tous les mois. Le Ramadan doit être considéré comme un temps de réforme et de renforcement spirituel. Les bonnes habitudes acquises telles que la prière régulière, la solidarité, la patience et la maîtrise de soi doivent se poursuivre après sa fin.

Un signe d'acceptation du jeûne est la continuité dans les bonnes actions. Si, après Ramadan, une personne aime davantage faire le bien et s'éloigner du mal, c'est un indicateur positif. En revanche, retourner immédiatement aux mauvaises habitudes doit pousser à l'introspection.
Le croyant est appelé à vivre toute l'année dans la foi, la justice, la solidarité et la miséricorde.

Un message pour la cohésion sociale au Burkina Faso ?

En cette période marquée par des défis sécuritaires et sociaux, l'islam rappelle que le vrai musulman est celui avec qui les autres sont en sécurité avec lui. La religion prône la paix, la miséricorde et la cohésion sociale. Chaque communauté doit pratiquer sa foi dans le respect des autres, mais tous doivent travailler ensemble pour bâtir la nation. Musulmans, chrétiens et adeptes d'autres religions partagent la même patrie. La coopération pour la paix, la sécurité et le développement est une responsabilité commune.

Hamed Nanéma
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Pages