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Diplomacy & Defense Think Tank News

Orientations de la coopération franco-coréenne pour la formation des personnels des sous-marins à propulsion nucléaire

IRIS - Mon, 03/08/2026 - 16:59
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Cette note a été initialement publiée en anglais sur le site du Sejong Institute sous la forme d’un Sejong Focus le 21 juillet 2026. Elle fait suite à la note IRIS du même auteur en date du 1er juillet 2026 et sa proposition de développer une « Coopération franco-coréenne pour la construction du sous-marin à propulsion nucléaire (SNA) sud- coréen ». Elle propose également de renforcer la coopération bilatérale entre la France et la Corée du Sud dans le cadre du futur programme de SNA en abordant la question de la formation du personnel sud-coréen navigant et technique destinée à servir dans le cadre de ce programme très important pour Séoul.

Ces deux papiers complémentaires s’inscrivent dans la perspective de la visite du président sud-coréen Lee Jae-myung en France les 7 et 8 septembre 2026 avec le souhait d’approfondir la coopération stratégique entre les deux pays dans un domaine structurant.

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Ceuta : anatomie d’une crise

IRIS - Mon, 03/08/2026 - 15:03

Les 30 et 31 juillet, un afflux important de migrants est entré dans l’enclave espagnole de Ceuta. Environ 50 000 à 60 000 personnes, majoritairement des hommes, dont de nombreux mineurs, ont traversé la frontière à la nage depuis la ville de Fnideq. Cet afflux d’une ampleur inédite a provoqué une crise humanitaire et diplomatique. Si la situation a été maîtrisée rapidement et que la majorité des personnes ont été reconduites au Maroc, plusieurs personnes ont perdu la vie lors de cette traversée. Située sur le continent africain, à la frontière avec le Maroc et à une quinzaine de kilomètres des côtes espagnoles, Ceuta est un territoire sous souveraineté espagnole, mais revendiquée par le Maroc. Cette situation réanime le débat autour de l’enclave et des relations entre l’Espagne et le Maroc.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a été critiqué pour son manque de communication face à cette crise et certains pays européens, comme l’Italie et le Danemark, sont même allés jusqu’à remettre en question les accords de Schengen sur la libre circulation des personnes. Ces prises de position interrogent sur la solidarité européenne pourtant prônée par ces pays sur les questions des gestions des migrations. L’Espagne cherche à préserver ses relations diplomatiques avec le Maroc, les deux pays ayant signé un traité d’« amitié, de bon voisinage et de coopération » en 1991. De même, cette volonté de maintenir le dialogue est importante puisque l’Espagne, le Maroc et le Portugal organiseront conjointement la Coupe du monde de football masculine en 2030.

Comment expliquer l’afflux d’un aussi grand nombre de personnes vers l’enclave de Ceuta ? En quoi cette crise révèle-t-elle des difficultés plus profondes de la société marocaine ? Dans quelle mesure cette situation peut-elle affecter les relations entre l’Espagne et le Maroc ?

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Ein harter Schlag gegen die Schattenflotte

SWP - Mon, 03/08/2026 - 14:52
Sie ist die Lebensader der russischen Wirtschaft: die Schattenflotte, mit der das russische Regime sein Rohöl in die Abnehmerländer exportiert. Doch im Moment ist diese Flotte geschwächt. Von der Ukraine werden ihre Tanker beschossen und zerstört, von immer mehr europäischen Ländern bei der Durchfahrt durch Nord- und Ostsee aufgehalten. Und dabei ginge noch mehr.

Une géopolitique du mariage homosexuel sous Vladimir Poutine : le cas Zabiiako-Kasatkina

IRIS - Mon, 03/08/2026 - 12:33
Des corps glorifiés aux corps interdits

Depuis son arrivée au pouvoir, Vladimir Poutine utilise les corps et le sport pour raconter le redressement de la Russie. Le concept de « sportokratura » permet de qualifier ce système dans lequel dirigeants, oligarques et athlètes sont mobilisés au service de l’État. La médaille devient une preuve de puissance. Le corps de l’athlète porte un drapeau, consolide un récit et participe au prestige du pouvoir. Bien sûr, ce dispositif possède une dimension profondément genrée. Son corps idéal est performant, sain, patriote et disponible pour la nation. Il prolonge l’image que Vladimir Poutine construit de lui-même par le judo, le hockey ou ses mises en scène torse nu. Cette virilité présidentielle sépare les corps conformes, dignes d’être montrés, des corps jugés déviants. Il crée également une place spécifique et genrée pour la femme dans la société russe. Naturellement, le discours contre ce qu’il appelle « la propagande LGBT » complète ainsi la sportokratura.

Le tournant se produit en 2013-2014. En juin 2013, la Douma adopte presque à l’unanimité une loi interdisant auprès des mineurs la « promotion de relations sexuelles non traditionnelles ». Quelques mois plus tard, la Russie accueille les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Sotchi. Le Kremlin montre une nation moderne et victorieuse tandis que les personnes LGBT+ sont sommées de se taire. Puis, en mars 2014, Vladimir Poutine réactive le programme soviétique GTO, « Prêt au travail et à la défense », destiné à produire une population robuste et disponible pour la patrie. Le pouvoir façonne les corps qu’il souhaite voir et efface ceux qui troublent son récit.

Daria Kasatkina et Natalia Zabiiako appartiennent d’abord à la première catégorie. Demi-finaliste à Roland-Garros en 2022 et ancienne huitième mondiale, Kazatkina offre au tennis russe une figure de réussite. Zabiiako obtient une médaille d’argent olympique par équipes en 2018 pour l’équipe russe alors sous bannière neutre en raison du scandale de dopage d’État. Dans le contexte de la défiance russe vis-à-vis de l’Occident, elles participent au narratif poutinien selon lequel la Russie serait une forteresse assiégée par l’UE et l’OTAN, gardienne des « valeurs traditionnelles ». Puis leur corps échappe au scénario. En juillet 2022, les deux femmes révèlent leur homosexualité, officialise leur relation, et condamne la guerre en Ukraine. Une triple annonce inédite à l’heure de l’invasion russe. Les deux championnes chargées d’incarner la Russie deviennent, par leur seule existence publique, une contestation de la norme imposée par le Kremlin : il leur est depuis impossible de revenir dans leur pays natal.

La guerre culturelle russe contre l’Occident

La répression ne commence pas avec l’invasion de l’Ukraine mais elle change d’échelle avec elle. En 2020, la Constitution russe avait déjà défini le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. À partir de décembre 2022, la loi de 2013 est étendue à l’ensemble de la population. Toute représentation positive ou simplement neutre des identités LGBT+ peut désormais être sanctionnée, qu’elle s’adresse à des enfants ou à des adultes dans l’espace public, les médias ou des ouvrages de littérature. Enfin, en novembre 2023, la Cour suprême franchit une nouvelle étape en qualifiant d’extrémiste un soi-disant « mouvement LGBT international » qui ne possède pourtant ni direction, ni structure, ni existence juridique identifiable.

Ce durcissement s’inscrit dans la guerre culturelle menée parallèlement à la guerre militaire. Le Kremlin présente l’invasion de l’Ukraine comme la défense d’une civilisation russe assiégée par un Occident décadent. Dans cette représentation, l’Ukraine constitue à la fois un front territorial et un front moral. Son rapprochement avec l’Union européenne menacerait la sécurité de la Russie, mais également son identité, sa famille et sa démographie. Les personnes LGBT+ ainsi que les féministes deviennent les figures commodes de cette altérité. Elles permettraient de rendre visible un ennemi occidental décrit comme faible, dévirilisé et corrupteur. La politique anti-LGBT et antiféministes de l’État russe possède dès lors une fonction géopolitique. Elle distingue un « nous » russe, viril, orthodoxe et souverain, d’un « eux » occidental accusé d’avoir sacrifié ses traditions. Ce langage circule auprès de gouvernements illibéraux, de mouvements religieux conservateurs et de réseaux masculinistes. La Russie ambitionne ainsi de produire ses propres normes et de fédérer une internationale réactionnaire.

Kasatkina et Zabiiako rendent cette construction visible parce qu’elles en paient directement le prix. Les deux femmes ne sont plus retournées en Russie après leur coming out et leurs déclarations contre la guerre. Lorsque Kasatkina choisit l’Australie en 2025, elle explique ainsi que vivre ouvertement son homosexualité ne lui laissait guère d’autre possibilité. Sortir du placard conduit finalement à sortir du drapeau. Le changement de nationalité sportive se transforme en exil, en migration politique et en recherche de protection.

Se marier sous d’autres lois

Bien sûr, le choix de se marier en Grèce ajoute une dimension supplémentaire. Depuis février 2024, la Grèce est le premier pays de tradition chrétienne orthodoxe à avoir légalisé le mariage homosexuel, malgré l’opposition de son Église. Une décision qui brise le monopole moral revendiqué par Moscou. L’orthodoxie ne conduit pas mécaniquement au modèle politique russe. Un autre chemin existe, fondé sur la reconnaissance juridique des couples homosexuels et sur l’appartenance à l’espace normatif européen. De son côté, l’Australie joue un rôle différent. En accordant sa citoyenneté à Kasatkina et en l’accueillant sous son drapeau, elle transforme la protection des libertés en ressource d’attractivité. La Russie perd une ancienne numéro un nationale tandis que l’Australie gagne une joueuse et une figure incarnant les valeurs qu’elle entend projeter. Ici, le soft power se mesure à la capacité d’un État à offrir un avenir aux corps repoussés par d’autres États.

Et la cérémonie du mariage n’échappe pas à la guerre. Les joueuses de tennis russes Mirra Andreeva et Anastasia Pavlyuchenkova y côtoient leurs homologues ukrainiennes Nadiia Kichenok et Yuliia Starodubtseva. Leur présence suscite des critiques en Russie mais aussi… en Ukraine, notamment de la part de la joueuse Oleksandra Oliynykova. « Pendant qu’à une fête avec des Russes résonne “Lioubi menia, lioubi” (“Aime-moi, aime-moi”), moi, je vis la guerre. Et je ne me tairai pas. », a-t-elle déclaré sur Instagram. Dès lors, l’évènement devient une petite scène de la fracture sportive provoquée par la guerre, avec ses solidarités personnelles et ses lignes rouges. Deux anciennes représentantes du sport russe ont dû se placer sous la protection d’autres lois pour rendre leur couple pleinement visible. L’une a remporté une médaille olympique sous bannière neutre en raison du système de dopage russe. L’autre a joué sans drapeau après l’invasion de l’Ukraine avant d’en choisir un nouveau. Leurs parcours dessinent en creux les crises successives de la puissance russe et les prises de position de certains pays occidentaux à cet égard.

Ce mariage s’inscrit enfin dans une fracture idéologique plus large. Sans confondre leurs régimes politiques, Vladimir Poutine et Donald Trump participent à une même séquence conservatrice transnationale, dans laquelle la virilité, la famille traditionnelle et la dénonciation de « l’idéologie du genre » deviennent des marqueurs de souveraineté. Le masculinisme fonctionne alors comme un langage géopolitique : il définit l’ordre intérieur, désigne des adversaires et rapproche des gouvernements aux intérêts pourtant différents. D’autres États font au contraire de l’égalité des droits et de la reconnaissance des minorités sexuelles des éléments de leur attractivité. La ligne de fracture ne sépare donc plus simplement l’Est de l’Ouest, ni même les démocraties des régimes autoritaires. Elle oppose deux conceptions de la nation, du corps et de la liberté.

Finalement, ce mariage participe d’une nouvelle géographie transnationale. La Grèce fournit le cadre juridique de leur union, l’Australie une nouvelle citoyenneté à Kasatkina, tandis que le circuit international assure leur visibilité publique. Leur trajectoire montre comment un choix de politique intérieure peut produire des effets géopolitiques : circulation des talents, changement d’allégeance nationale, redistribution du capital symbolique sportif et, enfin, conflits de représentations. En plaçant les « valeurs traditionnelles » au centre de son projet politique, le Kremlin redéfinit aussi les conditions d’appartenance à la nation en forçant à l’exil un certain nombre de ses concitoyens et concitoyennes. L’histoire sportive des deux championnes demeure liée à la Russie mais leur avenir s’inscrit désormais sous d’autres drapeaux.

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So schadet der Börsenboom der Demokratie

Von hohen Aktienkursen profitieren Reiche besonders stark. Ärmere hingegen werden durch steigende Preise und Mieten zunehmend abgehängt. Das ist politisch gefährlich., Als Elon Musk Anfang Juni 2026 mit dem geplanten Börsengang von SpaceX offiziell zum ersten Billionär der Menschheitsgeschichte aufstieg, war das Medienecho gewaltig. Kaum Aufmerksamkeit hingegen erhielt die Tatsache, dass dies kein Ausreißer, sondern Symptom einer strukturellen Verschiebung ist, ...

Les mauvais calculs de l’Iran

IRIS - Fri, 31/07/2026 - 16:39
Les limites de la diplomatie

Pendant toute la première partie du conflit, les Saoudiens ont essayé de retenir les Américains, et ont privilégié la voie de la diplomatie pour préserver des relations de voisinage, qu’ils estiment essentielles pour la préservation du système en place.

La volonté persistante de l’Iran de contrôler le détroit d’Ormuz met en péril l’économie de toute la région et place tous les pays riverains sous la tutelle et le bon vouloir des Iraniens, qui peuvent autoriser, ou non, le passage des navires dans le détroit.

Pendant des mois, les Saoudiens et les autres pays du Golfe ont laissé faire la diplomatie pakistanaise et qatarie dans l’espoir d’éviter une escalade dont les conséquences auraient été imprévisibles. La dernière tentative omanaise d’une co-gestion du détroit par les deux pays a été rejetée par l’Iran.

Savoir s’arrêter ou pas

Téhéran aurait pu s’arrêter là et encaisser les bénéfices de cette première partie remportée contre les Américains et leurs alliés israéliens. Mais comme on dit « Jupiter rend fou celui qu’il veut perdre ». L’Iran par son intransigeance due, sans doute aux querelles internes qui agitent le régime, ont voulu pousser leur avantage quitte à commettre des fautes qui pourraient leur coûter très cher.

En incitant les rebelles Houthis à ouvrir un nouveau front et à interdire la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb aux navires battant un pavillon saoudien, Téhéran risque de réveiller un conflit que le monde avait oublié. Les conséquences pour la partie du Yémen contrôlée par les Houthis pourraient être désastreuses pour eux.

L’Irak fragilisé depuis l’invasion américaine de 2003 fait face de profondes divisions internes. L’Iran maintient son influence sur les milices chiites qui leur sont affiliées. Les attaques contre le Koweït, la Jordanie et l’Arabie saoudite ont été lancées à partir du territoire iraquien.

Le réveil de l’Arabie saoudite

La réaction de l’Arabie saoudite qui a récemment participé aux côtés des Etats-Unis à un raid aérien contre ces milices iraquiennes est un signal clair de changement de politique de la part de Riyad. Les Saoudiens avaient encaissé des coups sans réagir, comme la plupart des pays Golfe. Aujourd’hui, ils font savoir que la neutralité n’est plus de mise. Le raid combiné aurait causé la mort de six « conseillers » iraniens de haut rang qui œuvraient aux côtés des milices chiites.

Autre signe de mauvaise humeur des Saoudiens est l’annulation de la visite que devait effectuer le 30 juillet, Ali al-Zaïdi, le Premier ministre iraquien en Arabie saoudite. Les attaques au départ du territoire iraquien sont lancées à partir de Bassora contre le Koweït voisin, mais aussi à partir de la province de Salâh ad-Dîn et contre Erbil au Kurdistan.

En visant le Kurdistan iraquien l’Iran prend le risque de mobiliser contre eux les factions kurdes qui jusqu’ici avaient refusé de se joindre à l’attaque contre l’Iran. Ce serait une grave erreur stratégique qui permettrait une offensive terrestre qui a fait défaut à Washington jusqu’ici.

Le calcul iranien selon lequel les pays du Golfe se détacheront des Etats-Unis et qu’ils ne riposteront pas s’est avéré faux. Les Émirats arabes unis, le Koweït et la Jordanie avaient déjà participé de façon discrète à des raids de riposte contre l’Iran. Le fait que les Saoudiens annoncent officiellement leur participation à un raid contre des proxies iraniens est un signal clair que la donne a changé.

Une capacité opérationnelle limitée, mais un redoutable arsenal

Les armées des pays du Golfe disposent d’un formidable arsenal ultra moderne. Si les capacités opérationnelles des pays de la région ne sont pas optimales, il n’en demeure pas moins que cette force considérable, en appui des Américains, pourrait décupler les dommages infligés à l’Iran en cas de conflit total.

De plus, en s’attaquant à l’Égypte par le lancement de drones contre le port de Damiette et en gênant la navigation en mer Rouge, et par conséquent à travers le canal de Suez (une des principales ressources du pays), c’est un autre pari risqué qui est pris. L’Égypte dispose de grandes capacités militaires qu’elle n’hésitera pas à joindre à ses alliés américains et du Golfe, dont elle dépend financièrement en grande partie.

Le frein serait la reprise de la participation israélienne aux attaques contre l’Iran. L’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe ainsi que l’Égypte rechigneraient à joindre leurs forces à une coalition israélo-américaine.

La situation en Iran actuellement semble être un processus de fuite en avant semblable à celui que la France a connue sous la Terreur. Les dirigeants risquent de devoir affronter dans les prochaines semaines ou mois des coalitions bien plus importantes que celles qu’ils ont affrontées jusqu’à maintenant. Que feront les pays occidentaux dans cette équation ?

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Infantino nous Trump énormément

IRIS - Fri, 31/07/2026 - 10:47

L’UEFA a adressé un ultimatum sans équivoque à Gianni Infantino : si la privatisation de la Coupe du monde n’est pas abandonnée, les équipes européennes, piliers sportifs, médiatiques et financiers de la compétition, se retireront. Sans elles, la Coupe du monde perdrait son essence et son rayonnement. Après s’être cru intouchable à l’issue de la Coupe du monde 2026, Infantino se retrouve dos au mur.

Son alliance avec Donald Trump l’avait encouragé à multiplier les dérapages : exclusion de supporters de pays modestes, éviction d’un arbitre somalien, marginalisation de l’équipe d’Iran, ou encore mi-temps transformées en pauses publicitaires interminables. Autant de décisions qui ont altéré l’intégrité du football. L’UEFA, forte de son indépendance financière, refuse de se soumettre, contrairement à certaines fédérations plus vulnérables, achetées par des promesses de subventions. Le problème est clair : en sacrifiant l’éthique sportive sur l’autel des intérêts privés, Infantino risque de réduire la Coupe du monde à un simple produit de consommation, vidé de son âme.

Pourtant, les recettes de la compétition n’ont cessé de croître, portées par une audience toujours plus large et des sponsors enthousiastes. La privatisation n’est donc pas une nécessité économique, mais bien une manœuvre personnelle. Le vrai projet d’Infantino était de créer une entité commerciale avec des alliés de Trump pour s’enrichir et partager les bénéfices avec une élite restreinte. Une dérive qui dépasse même les scandales de l’ère Blatter, alors que l’enquête du FBI en 2015 contre la FIFA n’était déjà qu’une réponse des États-Unis à l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

Aujourd’hui, la révolte gronde. L’UEFA, la CONCACAF et d’autres fédérations envisagent un boycott, voire la création d’un tournoi concurrent. Jusqu’où ira cette résistance pour préserver l’intégrité du football ? Infantino, dont la réélection est désormais incertaine, devra-t-il céder ? Une chose est certaine : sa vision, où l’argent prime sur le sport, menace l’avenir du football. La solution résiderait-elle dans l’émergence d’un opposant capable de lui tenir tête, à l’image de ce qu’aurait fait Michel Platini ?

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Klimapolitik in einer multipolaren Welt: Zwischen Fragmentierung und neuen Chancen

SWP - Fri, 31/07/2026 - 10:01

Wachsende geopolitische Spannungen und eine zunehmend multipolare Ordnung stellen etablierte Formen internationaler Zusammenarbeit infrage. Das hat auch Folgen für den globalen Klimaschutz, über den im Rahmen der Vereinten Nationen verhandelt wird. Doch was auf den ersten Blick wie eine Bedrohung für gemeinsame Klimaziele wirkt, könnte zugleich Handlungsspielräume eröffnen. Zu diesem Ergebnis kommt eine Foresight-Übung, die bei der Konferenz »Multilateralism under Challenge and the Future of the Pact« des Academic Council on the United Nations System (ACUNS) durchgeführt wurde. 

Die Konferenz machte deutlich, wie vielfältig die aktuellen Herausforderungen für die Vereinten Nationen sind. In finanzieller Hinsicht müssen die drastischen Zahlungskürzungen, insbesondere seitens der USA, durch weitreichende Einsparungen im UN-Budget aufgefangen werden. Politisch belasten die Differenzen zwischen den Mitgliedstaaten die internationale Zusammenarbeit, etwa hinsichtlich der Konflikte im Nahen und Mittleren Osten sowie in der Ukraine oder der schleppenden Umsetzung der Sustainable Development Goals. Zudem beschäftigt die Mitgliedstaaten aktuell die Suche nach einer Nachfolge für den ausscheidenden UN-Generalsekretär Antonio Guterres.

Ein Blick in mögliche Zukünfte

Vor diesem Hintergrund rückt auch die Zukunft der internationalen Klimapolitik in den Fokus. Mithilfe von Foresight, einer zukunftsanalytischen Methode, lassen sich verschiedene denkbare Entwicklungen ausloten – ohne den Anspruch, sie vorherzusagen. Vielmehr stehen Exploration und Antizipation im Vordergrund: Welche Treiber könnten die wichtigsten sein, die in unterschiedliche Zukunftsrichtungen weisen? Und welche Maßnahmen wären dafür geeignet, unerwünschte Entwicklungen zu vermeiden oder wünschenswerte zu fördern? 

Gerade die Klimapolitik eignet sich für einen solchen Ansatz. Sie verbindet lokale, nationale und internationale Handlungsebenen mit sozialen, technologischen, ökologischen, ökonomischen, rechtlichen und politischen Fragestellungen. Die interdisziplinäre und internationale Ausrichtung der ACUNS-Konferenz bot daher einen geeigneten Rahmen, um mögliche Auswirkungen einer zunehmend multipolaren Weltordnung auf die Klimapolitik mithilfe einer Foresight-Übung auszuleuchten. 

Aus der Übung lassen sich drei wichtige Herausforderungen für die künftige internationale Klimapolitik ableiten: Erstens könnten Ideologisierung und Politisierung sowie steigende Anpassungs- und Transformationskosten die Bereitschaft zu gemeinsamen klimapolitischen Anstrengungen sukzessive schwächen. In der Folge droht zweitens eine stärkere Fragmentierung der internationalen Klimapolitik. Drittens könnte dies zu einer überdurchschnittlichen Belastung der weniger handlungsfähigen oder -willigen Mitglieder der Staatengemeinschaft führen. Damit würden sich die globalen Ungleichheiten weiter verstärken.

Fragmentierung als Chance?

Die diskutierte Fragmentierung wurde gleichzeitig auch als mögliche Dezentralisierung und Regionalisierung interpretiert, die Chancen für eine auf lokaler und regionaler Ebene konzipierte und damit womöglich anschlussfähigere Klimapolitik bietet. Diese könnte die Inklusion zusätzlicher Akteure ermöglichen und dadurch die Legitimität und Akzeptanz politischer Maßnahmen erhöhen. Allerdings betonten die Teilnehmenden auch die Notwendigkeit eines universellen Rahmenwerks. Die UN wären dafür weiterhin der geeignete Ort. Betont wurde etwa die Rolle der UN-Generalversammlung als multilaterale Plattform, auf der plurilaterale Koalitionen und Initiativen zusammenkommen könnten, um mit allen Staatenvertretungen über Fortschritte wie auch Hindernisse zu diskutieren.

Die Übung macht deutlich, dass Foresight weniger der Vorhersage als vielmehr der Orientierung dient. Anhand der Klimapolitik zeigt sie das Potential partizipativ strukturierter Auseinandersetzungen mit der Zukunft auf. Diese können das Spektrum der in Betracht gezogenen denkbaren Entwicklungen erweitern, die kritische Auseinandersetzung mit ihnen fördern und so nicht zuletzt eine Grundlage für plausible und robuste Politikempfehlungen bieten. In einer zunehmend komplexen internationalen Ordnung kann Foresight dazu beitragen, nachvollziehbare Handlungsempfehlungen für die Klimapolitik zu entwickeln.

Iran and the United States are once again at the center of global security. Is this just another crisis, or is it the beginning of a new geopolitical era in the Middle East? – ELIAMEP experts’ views

ELIAMEP - Thu, 30/07/2026 - 13:04

ELIAMEP’s analysts assess the latest developments and examine possible scenarios for the future of Iran–US relations, as well as their implications for the Middle East and international security.

Read it here (in Greek).

Guerre(s) pour l’hégémonie régionale au Moyen-Orient

IRIS - Thu, 30/07/2026 - 12:16
La République islamique d’Iran au centre des enjeux régionaux

Ce qui apparaît in fine structurant, c’est un combat frontal pour l’acquisition de l’hégémonie régionale au sein duquel ce sont les États-Unis qui fixent le cadre général dans lequel Israël est un partenaire stratégique, alors qu’en Palestine ou au Liban c’est Tel-Aviv qui décide de l’essentiel avec le soutien, incontestablement déterminant, de Washington, mais sans intervention directe de ce dernier. Pour autant, alors que depuis le 28 février 2026, les objectifs énoncés par Donald Trump se sont beaucoup modifiés, et souvent contredits au fil des jours, ceux revendiqués par les dirigeants israéliens sont limpides. Il s’agit pour eux de neutraliser l’Iran, à ce jour seule puissance capable de contester un ordre régional dominé par l’axe israélo-états-unien. L’objectif pour Tel-Aviv est donc d’affaiblir Téhéran au maximum et par tous les moyens, voire parvenir à son effondrement. Il s’agit de disloquer un État millénaire, potentiellement susceptible de contrebalancer la prétention de Tel-Aviv de redessiner unilatéralement l’ordre régional sans contrepartie ni limite et de réaliser l’utopie du Grand Israël. Dans ce cadre, les États-Unis se sont dans un premier temps révélés suivistes après s’être visiblement fait berner par Benyamin Netanyahou et à aucun moment, le locataire de la Maison-Blanche ne semble avoir anticipé les conséquences internationales déstabilisatrices de sa décision d’entrer en guerre.

La violente rivalité entre Israël et la République islamique renvoie aux profondes modifications géostratégiques qui traversent la région depuis l’implosion de l’Union soviétique et la fin du monde bipolaire. On se souvient par exemple qu’au cours des années 1980 la relation entre les deux États était d’une nature bien différente, la première vendant même des armes à la seconde dans la guerre qui l’opposa à Saddam Hussein de 1980 à 1988. Depuis, l’équation stratégique fondamentale réside pour Israël dans son obsession d’empêcher qu’une autre puissance régionale lui conteste la sienne propre. Or, depuis le début des années 1990, la République islamique n’a pour sa part eu de cesse de mettre en œuvre une politique lui permettant de se doter d’une capacité d’influence régionale efficiente et donc de se doter d’une profondeur stratégique. Pour ce faire, travailler à la maîtrise du cycle de l’enrichissement de l’uranium et constituer un réseau de partenaires qualifié d’axe de la résistance.

À la rivalité militaire qui oppose les deux États se superpose la rivalité économique qui, en l’occurrence, se concrétise par l’objectif du contrôle des routes et des nœuds énergétiques et commerciaux : détroit d’Ormuz pour l’Iran, Méditerranée orientale pour Israël. Ces paramètres renvoient au développement des flux économiques reliant l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe et aux multiples projets les concrétisant : Nouvelles routes de la soie, India-Middle East-Europe Corridor, Route du développement entre le sud de l’Irak et la Turquie, projet de chemin de fer trans-Golfe, réactivation de la voie ferrée du Hedjaz. Dans cette perspective, il s’agit donc de la délimitation de la place que chaque puissance veut et peut acquérir au sein des circuits de production et d’échange. En d’autres termes la place de chacune au sein du mode de production économique dominant.

Des recompositions régionales linéamentaires

C’est pourquoi, contrairement à ce qui est fréquemment avancé par nombre d’observateurs, l’Iran ne cherche pas avant tout à subvertir l’ordre régional ou international mais, au contraire, à s’y ménager la place la plus assurée. De ce point de vue, les dirigeants iraniens partagent la même logique politique que celle des dirigeants des BRICS+, dont ils font désormais partie. Ils ne cherchent pas à constituer une alternative à l’ordre économique dominant mais cherchent à s’y intégrer. Il faut ainsi comprendre le dossier nucléaire iranien non seulement comme la quête d’une assurance sécurité pour les responsables de Téhéran mais aussi comme un moyen de se ménager au sein du système international une place qui lui est refusée par les États-Unis et la majorité des pays occidentaux.

Nous sommes actuellement dans un moment d’apolarité régionale au sein duquel des logiques concurrentielles exacerbées se cristallisent, ayant toutes pour finalité la conquête d’une forme d’hégémonie régionale. République islamique versus Israël en premier lieu, mais d’autres prétendants sont aussi en lice. C’est pourquoi de nouveaux partenariats se dessinent. On pense notamment à la Turquie, à l’Arabie saoudite, à l’Égypte mais aussi au Pakistan qui considèrent, pour des raisons au demeurant différentes, que le facteur régional le plus déstabilisateur qu’il convient de limiter actuellement est l’État hébreu. Il est néanmoins intéressant de souligner que ces États restent les uns et les autres de proches partenaires des États-Unis ce qui montre la complexité des processus en cours. Les effets manifestes de ces rivalités/recompositions dépassent le seul cadre régional et renvoient à un ordre international en plein bouleversement.

Divergences tactiques entre les États-Unis et Israël

Si pour Israël, l’Iran représente un concurrent régional direct et immédiat, la question se pose différemment pour les États-Unis. C’est en effet, de leur point de vue, avant tout la crainte qu’un État puisse s’imposer dans l’ordre régional et mondial sans leur faire allégeance. Contrairement à Israël qui cherche la neutralisation de l’Iran afin de s’assurer qu’il ne constituera plus un danger pour de nombreuses années, l’enjeu pour les États-Unis est de tenter de contenir l’Iran pour l’empêcher de refonder un ordre régional selon des termes qui lui seraient par trop favorables. Pour ce faire, il faut de la méthode et une vision de moyen terme, qualité dont les décisions politiques souvent erratiques de Donald Trump sont dénuées. Si les politiques de sanctions à l’encontre de l’Iran se transmettent d’administration en administration états-unienne, c’est bien dans le but de réduire la marge de manœuvre iranienne et pour l’empêcher de mener sa politique d’affirmation régionale prétendant se dispenser de la bénédiction de l’impérialisme états-unien. En un mot, il s’agit pour les États-Unis de contraindre l’Iran à faire allégeance. En ce sens, les objectifs de Washington et de Tel-Aviv ne coïncident pas toujours. Pour ses intérêts bien compris, Donald Trump a besoin d’un Moyen-Orient stabilisé et, tant que faire se peut, structuré par un système de partenariats qui lui soit favorable. On voit ainsi comment il soutient les nouvelles autorités politiques en Syrie, dirigées par Ahmed Al-Charaa, en les faisant « parrainer » par la Turquie et l’Arabie saoudite. La logique israélienne est radicalement différente puisque, a contrario, elle met en œuvre une politique de déstabilisation et de fragmentation régionales dans une logique d’affaiblissement des États.

Les lobbies pro-israéliens exercent une incontestable influence sur les orientations de Washington, mais ce ne sont ni eux ni Israël qui imposent leurs choix aux États-Unis. L’influence de Netanyahou sur Trump est réelle, mais les intérêts fondamentaux de l’impérialisme états-unien restent le facteur explicatif principal. Ainsi, la logique des Accords d’Abraham – amorcée par Donald Trump I, poursuivie par Joe Biden – vise avant tout à renforcer l’influence états-unienne dans la région en consolidant la normalisation politique et économique d’Israël avec les États arabes du Moyen-Orient. C’est pourquoi certaines des initiatives du gouvernement suprémaciste israélien peuvent apparaitre comme problématiques pour les intérêts états-uniens.

D’autant que, facteur supplémentaire de complexité, c’est l’enjeu de la rivalité avec la Chine qui se profile au-delà de la stricte question iranienne. Nous savons l’importance, certes relative, des exportations iraniennes d’hydrocarbures vers Pékin et surtout la place centrale de l’Iran dans l’acheminement de ces ressources énergétiques. L’éminent rôle du détroit d’Ormuz est désormais connu de tous. Aux yeux des dirigeants chinois, il est vital d’éviter l’effondrement de l’État iranien qui serait source de déstabilisation aggravée. On peut toutefois souligner que, dans le même mouvement, les dirigeants chinois comprennent parfaitement que la poursuite de la guerre contribue à affaiblir les États-Unis, ce qui ne les mécontente pas.

Finalement, deux tendances se conjuguent. La rivalité frontale entre Israël et l’Iran pour acquérir l’hégémonie régionale, d’une part – en tenant compte d’autres protagonistes, la Turquie et l’Arabie saoudite principalement –, la volonté de l’impérialisme états-unien de réduire par tous les moyens les ambitions iraniennes de s’affranchir des règles qu’il édicte, d’autre part. Les intérêts de Washington et de Tel-Aviv convergent mais ne coïncident pas totalement. Dans les deux cas si la République islamique est incontestablement le pays agressé, c’est aussi un pays engagé dans sa propre logique de puissance qui n’hésite pas pour ce faire ni à constituer un réseau d’obligés dans la région dans le but de conforter ses intérêts ni à brutalement réprimer les mouvements de contestation qui se développent en son sein et pourraient l’affaiblir encore plus.

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Die Ukraine zwischen Personalpolitik und Protesten

SWP - Thu, 30/07/2026 - 11:26

Die anhaltenden, wenn auch zurückgehenden, Straßenproteste in der Ukraine richten sich vor allem gegen die Entlassung von Verteidigungsminister Mychajlo Fedorow. Gleichzeitig verweisen sie aber auf grundlegendere Entwicklungen: den Umgang mit politischen Personalentscheidungen und den Wandel der politischen Kultur während des Krieges. 

Im Zuge der jüngsten Regierungsumbildung wurde vor allem kritisiert, dass Fedorow gehen musste, während Oberbefehlshaber Oleksandr Syrskyj zunächst im Amt blieb. Der Konflikt zwischen beiden war ein offenes Geheimnis, auch wenn dessen Ausmaß erst in den vergangenen Wochen öffentlich wurde. Selbst nachdem Präsident Selenskyj auch Syrskyj entließ und durch den in den Streitkräften und in der Bevölkerung populären Generalmajor Mychajlo Drapatyj ersetzte, hielten die Straßenproteste an, um Fedorows Rückkehr ins Verteidigungsministerium zu erreichen.

Sich vertiefende Muster in Politik und Gesellschaft

Über den konkreten Personalstreit hinaus verfestigen sich aber bestimmte Muster in Politik und Gesellschaft, die Probleme mit sich bringen könnten. Präsident Selenskyj hat sich daran gewöhnt, in den höchsten Ämtern häufige Personalwechsel vorzunehmen. Die Gründe dafür sind nur teilweise transparent. Dadurch entsteht zunehmend der Eindruck, das politische System werde immer stärker von engen politischen oder sogar persönlichen Erwägungen geprägt. Es scheint sich ein Muster zu etablieren: Personen, die einen hohen Popularitätsgrad erreichen, werden aus ihren Ämtern entfernt. Solche Wechsel leiten zudem eine Phase der Neuaufstellung ein, was interne Abläufe und die Zusammenarbeit mit anderen Behörden erschwert. In Kriegszeiten können solche Umstellungen besonders problematisch werden.

Diese intransparenten und öffentlich unzureichend begründeten Entscheidungen dienen vielen politisch engagierten Bürger:innen als Grund, auf die Straße zu gehen und zu protestieren. In den ersten Kriegsjahren überwog in der Bevölkerung hingegen große Zurückhaltung: Man wollte sich hinter die Führung des Landes stellen, um eine gemeinsame Front gegen den Feind zu bilden. Hinzu kommt, dass Proteste unter Kriegsrecht verboten sind, auch wenn sie bislang toleriert werden.

Seit Juli 2025 hat diese Zurückhaltung allerdings nachgelassen. Damals führten Straßenproteste gemeinsam mit den Stimmen externer Akteure zur Rücknahme eines Gesetzes, das zwei der maßgeblichen Antikorruptionsinstitutionen weitgehend entmachtet hätte. Auch im Fall Fedorow sahen viele Bürger:innen eine rote Linie überschritten. Nachdem sie mit der Entlassung von Syrskyj einen Teilerfolg erreicht hatten, fühlen sich manche ermutigt, weiter zu protestieren – auch für politische Ziele, die über die Rückkehr von Fedorow hinausgehen.

Zwischen demokratischer Kontrolle und politischer Stabilität

Eine aktive und einflussreiche Zivilgesellschaft gehört zu den Stärken der Ukraine und hat zu den bisherigen Kriegserfolgen beigetragen. Nach fast viereinhalb Jahren Krieg ist es auch mehr als verständlich, dass eine wachsende Rückkehr zu politischen Debatten zu beobachten ist. Diese kann allerdings auch eine höhere Instabilität bedeuten, weil gesellschaftliche und politische Meinungsunterschiede dann stärker sichtbar werden. Solche Spannungen werden unweigerlich von russischen Akteuren überspitzt und gegen Kyjiw eingesetzt. Der Zeitpunkt dafür wäre denkbar schlecht, da die Ukraine aktuell sowohl auf dem Schlachtfeld als auch in der Beziehung zu den USA eine positive Phase erlebt. 

In der Ukraine wird eine Debatte darüber geführt, wo die Grenze zwischen notwendigen Protesten und der Gefahr der Instabilität verläuft. Der Ausgang dieser Debatte wird die Entwicklung der Proteste beeinflussen. Auch wenn die Bürger:innen die Gefahren – etwa durch russische Desinformation – gut verstehen, ist das Bedürfnis nach politischer Teilhabe groß. Hilfreich könnte es sein, wenn der Präsident künftig wiederholen würde, was er im September 2025 gesagt hat: dass er nach dem Krieg nicht für das Präsidentenamt kandidieren wolle. Stünde er stärker über alltagspolitischen Erwägungen, könnte er sich eher an sachlichen Gründen orientieren. Das würde seinen Entscheidungen sowohl in der Bevölkerung als auch bei ausländischen Partnern mehr Gewicht verleihen.

Japon : que nous dit la tentative d’ouverture d’un débat publique sur le nucléaire par l’actuel ministre de la Défense ?

IRIS - Wed, 29/07/2026 - 17:35
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En dépit du traumatisme de Hiroshima et de Nagasaki et d’un pacifisme institutionnel ancré dans la constitution de 1947, le Japon a vu régulièrement resurgir la question du nucléaire militaire. Le durcissement de son environnement régional avec la nucléarisation de la Corée du Nord, les tensions grandissantes avec la Chine et une Russie belliciste semblent avoir créé les conditions d’un réexamen des principes de la politique nucléaire japonaise pour le gouvernement Takaichi. Le débat traditionnel sur la question a jusqu’ici été structuré autour de trois thématiques : le partage nucléaire avec les États-Unis, le maintien d’une dissuasion crédible face à des voisins révisionnistes et plus épisodiquement sur l’intérêt pour le Japon de posséder ses propres armes nucléaires.

Les discussions les plus récentes, généralement prudentes et circonscrites à de rares déclarations de responsables politiques, dont les anciens Premiers ministres Shinzō Abe et Shigeru Ishiba, ont moins porté sur la perspective d’une nucléarisation du Japon que sur l’intérêt de réfléchir sur les options nucléaires dont disposerait le pays en cas de crise alors que son voisinage est perçu comme de plus en plus menaçant. Aussi, les propos de Shinjirō Koizumi, actuel ministre de la Défense, sur le fait que le nucléaire constituait pour le Japon « un sujet que nous ne pouvons pas éviter » n’ont pas manqué d’attirer l’attention. Comment les interpréter et que peuvent-ils révéler des intentions de l’actuel gouvernement très en pointe sur les questions de défense ? S’agit-il de préparer l’opinion publique japonaise et internationale à de nouvelles avancées sécuritaires de l’archipel ? En effet ces déclarations interviennent alors qu’une réflexion est engagée depuis de longs mois sur la mise à jour des principaux documents relatifs à la défense du pays publiés en 2022 et qui ont été perçus comme un tournant stratégique majeur.

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Frontières africaines : déconstruire les idées reçues

IRIS - Wed, 29/07/2026 - 15:47

Arbitraires, artificielles, héritées de la colonisation, les frontières du continent africain ont pour le moins mauvaise réputation et continuent aujourd’hui de nourrir les débats. Si l’idée reçue selon laquelle elles auraient été définies lors de Conférence de Berlin (1884-1885) demeure tenace, la délimitation des frontières est en réalité un processus long, marqué par des enjeux politiques et historiques complexes et façonnés à la fois par les puissances coloniales et par les acteurs africains.

À l’occasion de la parution de son ouvrage « La mauvaise réputation. Essai sur les frontières africaines » (Éditions Riveneuve, 2026), Caroline Roussy, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Afrique/s, répond à nos questions :

  • Pourquoi les frontières africaines ont, selon vous, « mauvaise réputation » ?
  • En quoi la frontière sénégalo-gambienne est-elle singulière ?
  • La fin des frontières aura-t-elle réellement lieu ?

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Trump empêtré dans les guerres

IRIS - Wed, 29/07/2026 - 12:23

Donald Trump a toujours cultivé l’image d’un président tout-puissant, recevant dans à la Maison-Blanche les dirigeants du monde entier pour afficher sa domination et son influence. Pourtant, lors des récentes rencontres avec Benyamin Netanyahou et Volodymyr Zelensky, aucune caméra n’était présente. Une discrétion soudaine qui s’explique par le fait que ces deux hommes incarnent deux conflits dans lesquels les États-Unis se sont enlisés. Trump, qui promettait des solutions rapides, se retrouve incapable de tenir ses engagements, ce qui entache son image de winner infaillible.

La mort de Lindsey Graham, le « faucon » républicain pro-israélien et pro-ukrainien, a réuni ces deux dirigeants à Washington. Mais l’Ukraine et Israël, bien que présentés comme des alliés indéfectibles de l’Occident, peinent à convaincre. L’Ukraine, en frappant un navire iranien, cherche à prouver sa fiabilité, tandis qu’Israël tente de se positionner comme un rempart contre l’axe Russie-Iran. Pourtant, ces stratégies ne suffisent pas à masquer les contradictions : Israël, puissance occupante, réprime violemment les Palestiniens, et l’Ukraine, malgré son alignement sur les valeurs occidentales, voit ses demandes de missiles Patriot restées sans réponse concrète.

La situation de Trump est d’autant plus délicate que sa crédibilité est en berne. Seuls un tiers des Américains soutiennent encore sa gestion des conflits, et 76 % estiment qu’il les a mal menés. De plus, ses récentes tergiversations, comme l’accord de défense avec l’Arabie saoudite, d’abord signé puis remis en question, renforcent la méfiance de ses partenaires. Les Iraniens, les Saoudiens et les Russes ne croient plus en sa parole. Pendant ce temps, Poutine, dont l’étoile pâlit face aux frappes ukrainiennes, doit regretter d’avoir rejeté les propositions de Trump en 2025, alors bien plus favorables à Moscou.

Que reste-t-il donc à Trump ? Poursuivre les frappes, mais les stocks de missiles s’épuisent. Négocier, mais personne ne croit plus en sa signature. Ou bien abandonner, laissant à l’Iran le contrôle de territoires qu’il ne maîtrisait pas avant la guerre. Dans tous les cas, une chose est sûre : l’image du président tout-puissant s’effrite, et celle du loser prend le dessus.

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Claudia Kemfert: „Reihenfolge stimmt noch nicht: Erst Infrastruktur, dann Marktintegration“

Das Bundeskabinett will heute Änderungen am Erneuerbare-Energien-Gesetz (EEG) auf den Weg bringen. Dazu folgt eine Einordnung von Claudia Kemfert, Leiterin der Abteilung Energie, Verkehr, Umwelt im DIW Berlin:

Die stärkere Ausrichtung auf Systemintegration, Speicher und Flexibilität ist grundsätzlich richtig. Positiv ist auch, dass beim Netzanschlusspaket gegenüber den ersten Plänen nachgebessert wurde. Dennoch bleibt problematisch, dass die Folgen unzureichender Netze zunehmend auf die Betreiber erneuerbarer Anlagen verlagert werden. Eine entschädigungsfreie Abregelung von bis zu 20 Prozent ist ein erheblicher Eingriff und kann Investitionen verteuern. Regionale Steuerung darf den dezentralen Netzausbau nicht ersetzen. Netzbetreiber müssen verbindlich zu schneller Optimierung, Digitalisierung und Ausbau verpflichtet werden.

Die Einigung auf die EEG-Novelle und das Netzanschlusspaket enthält wichtige Fortschritte: zusätzliche zwölf Gigawatt Windenergie an Land, stärkere Anreize für Speicher, eine höhere Beteiligung der Kommunen und gegenüber den ursprünglichen Plänen begrenztere Regeln zur entschädigungsfreien Abregelung. Positiv sind auch die Übergangsregelungen für kleine Photovoltaikanlagen. Damit wird ein wichtiger Schritt getan, um den Ausbau der Erneuerbaren ab 2027 rechtssicher fortzuführen. 

Allerdings stimmt bei der EEG-Novelle die Reihenfolge noch nicht. Mehr Marktintegration kann sinnvoll sein, aber dafür müssen Smart Meter, digitale Infrastruktur, Speicher und bezahlbare Direktvermarktungsangebote vorhanden sein. Werden Einspeisevergütungen zurückgefahren, bevor diese Voraussetzungen flächendeckend geschaffen sind, droht vor allem bei kleiner Dach-Photovoltaik und Bürgerenergie ein Investitionsdämpfer. Entscheidend ist jetzt, Planungssicherheit über 2026 hinaus zu schaffen und Erneuerbaren-Ausbau, Netze, Speicher, Digitalisierung und Flexibilität konsequent gemeinsam voranzubringen.

Systemintegration ja, Investitionsbremse nein. Wer Erneuerbare stärker in den Markt schicken will, muss zuerst Netze, Smart Meter, Speicher und Flexibilität bereitstellen. Sonst werden Versäumnisse im Stromsystem auf diejenigen abgewälzt, die die Energiewende tragen. Kritisch bleibt, dass die Bundesregierung die Ursachen der Netzengpässe nicht konsequent beseitigt, sondern einen Teil der Risiken auf Investoren erneuerbarer Energien verlagert. Wer Investitionen in Wind- und Solarenergie durch neue Unsicherheiten erschwert, gefährdet den Ausbau ausgerechnet der Technologien, die für ein klimaneutrales, bezahlbares und sicheres Energiesystem gebraucht werden. Es ist ein Fehler, die Defizite bei Netzen, Digitalisierung und Flexibilität den Erneuerbaren anzulasten. Die Energiewende scheitert nicht an zu viel Wind- und Solarenergie, sondern an einem Stromsystem, das zu langsam modernisiert wird.


DIW-Konjunkturbarometer setzt Achterbahnfahrt im Juli fort

Das Konjunkturbarometer des Deutschen Instituts für Wirtschaftsforschung (DIW Berlin) ist im Juli deutlich gefallen. Mit 91,3 Punkten liegt der Wert nun so niedrig wie seit Herbst 2025 nicht mehr und entfernt sich damit merklich von der neutralen 100-Punkte-Marke, die ein durchschnittliches Wachstum ...

Le Kazakhstan s’affirme face à la Russie : une émancipation en trompe-l’œil ?

IRIS - Tue, 28/07/2026 - 17:00
La diplomatie de la dentelle

La déclaration d’Omsk intervient dans un contexte particulier. Quelques jours auparavant, des attaques ukrainiennes avaient perturbé le terminal russe de Novorossiïsk, où débouche l’oléoduc du Caspian Pipeline Consortium (CPC). Cette infrastructure, qui assure environ 80 % des exportations de pétrole kazakhstanais, révèle que la guerre atteint directement les revenus du Kazakhstan. Pris au prisme de l’actualité, l’appel de Tokaïev répond donc à une préoccupation humanitaire autant qu’à un intérêt national immédiat.

Pourtant, ça n’est pas suffisant pour comprendre la situation et il faut changer de focale temporelle pour mieux l’appréhender. Rembobinons. Depuis 2022, le Kazakhstan pratique une diplomatie de la dentelle à vocation multivectorielle pour construire une centralité kazakhstanaise. Quelques semaines avant l’invasion, Tokaïev avait appelé l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) à contenir les troubles dans son pays et des troupes russes avaient pénétré son territoire et stabilisé son pouvoir. Astana semblait durablement redevable à Vladimir Poutine. Mais la suite a démenti cette lecture. Dès juin 2022, au Forum économique de Saint-Pétersbourg, Tokaïev refuse devant Vladimir Poutine de reconnaître les républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, qualifiées de « territoires quasi étatiques ». En septembre de la même année, le Kazakhstan rejette aussi les référendums organisés dans les territoires occupés et s’abstient lors de plusieurs votes des Nations unies, sans soutenir les annexions. Marchant sur un fil, le pays ne s’associe pas aux sanctions occidentales, mais s’engage à limiter leur contournement. Puis, le 9 novembre 2023. À Astana, après une rencontre avec Vladimir Poutine, Tokaïev ouvre sa déclaration en langue kazakh. Il poursuit en russe une vingtaine de secondes plus tard, mais la délégation venue de Moscou est prise de court. Sergueï Lavrov, Dmitri Peskov et plusieurs responsables russes cherchent leurs dispositifs de traduction. Il faut bien comprendre que, jusqu’à présent, les échanges verbaux diplomatiques entre la Russie et le Kazakhstan se déroulaient uniquement en russe. Le changement paraît minuscule. Dans un espace marqué par la domination politique et culturelle russe, l’émancipation passe aussi par la langue. Tokaïev n’efface pas le russe, largement pratiqué et officiellement utilisé. Il rappelle que le kazakh est la langue d’un État souverain. Pendant quelques secondes, Moscou doit traduire et s’adapter.

Mais attention aux conclusions trop hâtives, car de fortes dépendances existent entre Moscou et Astana. La géographie, d’abord. Les deux pays partagent plus de 7 500 kilomètres de frontière, soit la plus grande frontière terrestre de la planète. Les institutions, ensuite. Comme la Russie, le Kazakhstan appartient à l’Union économique eurasiatique (UEE) et à l’OTSC. L’économie, enfin. En 2024, les échanges avec la Russie atteignaient 28,1 milliards de dollars. Ça n’est pas un hasard si Rosatom conduira le consortium chargé de construire la première centrale nucléaire kazakhstanaise.

Néanmoins, parallèlement, Astana multiplie les alternatives à la Russie. La Chine est devenue son premier partenaire commercial pris individuellement, tandis que l’Union européenne conserve cette place si l’on considère les Vingt-Sept comme un bloc. Elle demeure également la principale source d’investissements étrangers dans le pays. Le Kazakhstan développe le corridor transcaspien, qui relie la Chine à l’Europe sans traverser le territoire russe, et renforce ses relations avec la Turquie, l’Azerbaïdjan et les États du Golfe. À l’échelle régionale, son rapprochement avec l’Ouzbékistan et le projet « Central Asia 2040 » visent à faire émerger une Asie centrale capable de défendre ses propres intérêts. Cette diplomatie dite « multivectorielle » a pour objectif de répartir les dépendances afin de préserver la souveraineté du Kazakhstan.

La fin du monopole russe

Si cette évolution nourrit l’idée d’un affaiblissement russe, la réalité est plus contrastée. Moscou conserve en Asie centrale une influence militaire, économique et culturelle considérable. Elle reste un marché majeur, une voie de transit et un partenaire sécuritaire. De plus, les sanctions ont même accru la valeur du Kazakhstan et du Kirghizstan pour les entreprises russes, qui y trouvent des intermédiaires et de nouvelles routes.

Toutefois, la centralité russe est désormais contestée. Pendant plusieurs décennies, depuis 1991, le Kremlin fixait les limites de l’autonomie acceptable dans l’espace post-soviétique mais la guerre a fragilisé cette hiérarchie. La puissance qui prétendait garantir la stabilité régionale menace désormais la souveraineté de ses voisins. Au Kazakhstan, les discours russes mettant en doute les frontières inquiètent particulièrement le nord du pays, où vit une importante population russophone. Les difficultés de l’Arménie face à l’Azerbaïdjan ont également dégradé la crédibilité des garanties russes. La Chine étend son influence économique, la Turquie consolide ses réseaux dans le monde turcique (dont le Kazakhstan fait partie) et l’Union européenne investit dans les transports, l’énergie et les matières premières critiques. Leur présence simultanée multiplie les possibilités offertes aux États de la région. Concrètement, l’affaiblissement russe est une affaire de rivalités de pouvoir. Désormais, Moscou obtient plus difficilement l’alignement de ses voisins et dépend davantage d’eux pour réorienter ses échanges. Tokaïev peut ainsi exprimer son désaccord sans renverser l’ensemble du partenariat.

La notion d’« espace post-soviétique » s’en trouve fragilisée. Elle place la Russie au centre d’un ensemble défini par un passé commun. Or les trajectoires nationales divergent et de nouvelles régions politiques s’affirment. Le Kazakhstan se présente comme un État d’Asie centrale connecté à l’Europe et à l’Asie. Si la Russie demeure un pôle majeur de l’Eurasie, elle n’en constitue plus l’unique centre de gravité.

Le moment des puissances moyennes ?

Le Kazakhstan illustre enfin une transformation des relations internationales. Depuis 2024, Tokaïev présente son pays comme une « puissance moyenne ». La notion ne désigne pas simplement un rang économique ou militaire. Les travaux d’Eduard Jordaan, comme ceux d’Andrew Cooper, Richard Higgott et Kim Nossal, insistent sur une pratique de la puissance : multilatéralisme, médiation, coalitions et secteurs stratégiques permettent d’exercer une influence supérieure à ses capacités matérielles. Le Kazakhstan possède plusieurs de ces leviers. Situé entre la Russie, la Chine, la mer Caspienne et l’Europe, il dispose de pétrole, de gaz, d’uranium et de minerais critiques. Son renoncement à l’arsenal nucléaire soviétique alimente sa diplomatie de non-prolifération. Astana accueille des négociations et tente de convertir son enclavement en fonction d’intermédiation. En d’autres termes, le Kazakhstan veut s’imposer de nouveau comme un carrefour.

De manière générale, la fragmentation du monde doublée de sa multipolarité élargit la marge de manœuvre de tels États. Ils négocient dossier par dossier : la sécurité avec la Russie, les infrastructures avec la Chine, les investissements avec l’UE, la défense avec la Turquie ou les technologies avec les États-Unis. Ce multi-alignement adapte la diplomatie kazakhstanaise à un monde moins hiérarchisé. Le statut de puissance moyenne ne se décrète pas. Le Kazakhstan reste dépendant des infrastructures russes, exposé au poids chinois et faiblement doté sur le plan militaire. Son régime autoritaire limite aussi la portée de son discours sur le multilatéralisme. Tokaïev peut proposer un gel de la guerre, mais il ne peut l’imposer. Sa puissance est donc limitée et réside dans sa marge de décision, ses ressources stratégiques et sa capacité à parler à plusieurs camps.

Les propos d’Omsk prolongent une série de gestes diplomatiques et symboliques. En 2022, Tokaïev refusait les annexions russes. En 2023, les dirigeants de Moscou écoutaient quelques mots de kazakh. En 2026, il demande à Vladimir Poutine d’arrêter la guerre. Cette affirmation politique du Kazakhstan sur la Russie s’appuie désormais sur des transformations matérielles : le développement du corridor transcaspien doit réduire la dépendance envers les routes russes, les investissements chinois et européens diversifient les partenaires du pays, tandis que les rapprochements avec l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan et la Turquie renforcent son ancrage régional. Le projet « Central Asia 2040 » donne également un contenu politique à l’émergence d’une Asie centrale plus autonome. La Russie demeure présente dans la région. Mais elle n’y parle plus seule.

En définitive, à l’échelle de l’ancien empire de l’URSS, ce mouvement dépasse largement le Kazakhstan. L’espace post-soviétique apparaît désormais atomisé : l’Ukraine combat la Russie, la Moldavie se tourne vers l’Union européenne, le Caucase du Sud se réorganise autour de nouveaux rapports de force, l’Asie centrale affirme ses propres intérêts quand les pays baltes ont depuis longtemps rejoint l’UE et l’OTAN. La guerre en Ukraine accélère cette fragmentation. Affaiblie et embourbée sur le front ukrainien, la Russie conserve une importante capacité d’influence, de pression et de déstabilisation, mais sa centralité recule. Les anciennes périphéries construisent leurs propres espaces politiques, leurs alliances et leurs voies de circulation. Une nouvelle ère post-impériale s’ouvre ainsi en Eurasie. La fin de l’espace post-soviétique prend forme sous nos yeux.

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L’aviation navale allemande veut récupérer une capacité antinavire en dotant ses P-8A Poseidon de missiles JSM

Zone militaire - Tue, 28/07/2026 - 16:49

Initialement, l’Allemagne avait l’intention de remplacer ses huit avions de patrouille maritime P-3C Orion dans le cadre du projet MAWS [Maritime Airborne Warfare Systems] qui, mené en coopération avec la France, devait aboutir à un «système de systèmes» censé mettre en réseau un ensemble de capteurs [aéronefs, sémaphores, bouées acoustiques, satellites, etc.]. Puis, en 2021,...

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Warum Deutschland zurückfällt

Die deutsche Industrie verliert an Boden – viele Ursachen sind hausgemacht. Wie kann die stille Auszehrung gestoppt werden? Fünf Vorschläge., Dieser Gastbeitrag von Alexander Schiersch und Alexander S. Kritikos ist am 27. Juli 2026 in der Frankfurter Allgemeinen Zeitung erschienen., Deutschlands forschungsintensive Industrien bilden seit Jahrzehnten das Fundament der deutschen Wirtschaft. Doch ob Automobilindustrie, Maschinenbau, Chemie- oder Elektronikindustrie, es knirscht seit einiger Zeit. Das zentrale Problem ist eine politisch hausgemachte und inzwischen strukturell ...

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