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Diplomacy & Defense Think Tank News

Aid for trade, political ties, and global value chains: a regime-dependent effect?

This paper investigates the impact of aid for trade (AfT) targeted at trade policies on the participation of recipient countries in global value chains (GVCs), and how this impact varies with their prevailing political regimes. In democratic countries, the need for the authorities to account for the interests of various stakeholders (e.g., lobbies, trade unions) can compromise the allocation, use, and effectiveness of AfT. In contrast, less democratic regimes are typically more insulated from political pressures, which may lead to more effective outcomes of aid. At the same time, integration into some complex GVCs requires efficient and democratic institutions, to which these products are sensitive. Employing a sample of 110 countries and data covering 2002-2018, we control for standard determinants of GVC participation, while examining the effect of AfT and the moderating role of the political regime in place. Our estimation addresses the endogeneity of aid through an appropriate instrumentation strategy. Our results suggest that the effect of AfT is mostly positive in autocratic regimes, indicating more effective trade policy reforms. When we account for regional disparities, we find evidence that AfT for trade policy is also impactful in some democratic regimes. This might suggest that the efficacy of AfT is not strictly regime-dependent, but hinges on the government’s commitment to carry out significant reforms leading to greater participation in the global economy.

Aid for trade, political ties, and global value chains: a regime-dependent effect?

This paper investigates the impact of aid for trade (AfT) targeted at trade policies on the participation of recipient countries in global value chains (GVCs), and how this impact varies with their prevailing political regimes. In democratic countries, the need for the authorities to account for the interests of various stakeholders (e.g., lobbies, trade unions) can compromise the allocation, use, and effectiveness of AfT. In contrast, less democratic regimes are typically more insulated from political pressures, which may lead to more effective outcomes of aid. At the same time, integration into some complex GVCs requires efficient and democratic institutions, to which these products are sensitive. Employing a sample of 110 countries and data covering 2002-2018, we control for standard determinants of GVC participation, while examining the effect of AfT and the moderating role of the political regime in place. Our estimation addresses the endogeneity of aid through an appropriate instrumentation strategy. Our results suggest that the effect of AfT is mostly positive in autocratic regimes, indicating more effective trade policy reforms. When we account for regional disparities, we find evidence that AfT for trade policy is also impactful in some democratic regimes. This might suggest that the efficacy of AfT is not strictly regime-dependent, but hinges on the government’s commitment to carry out significant reforms leading to greater participation in the global economy.

Aid for trade, political ties, and global value chains: a regime-dependent effect?

This paper investigates the impact of aid for trade (AfT) targeted at trade policies on the participation of recipient countries in global value chains (GVCs), and how this impact varies with their prevailing political regimes. In democratic countries, the need for the authorities to account for the interests of various stakeholders (e.g., lobbies, trade unions) can compromise the allocation, use, and effectiveness of AfT. In contrast, less democratic regimes are typically more insulated from political pressures, which may lead to more effective outcomes of aid. At the same time, integration into some complex GVCs requires efficient and democratic institutions, to which these products are sensitive. Employing a sample of 110 countries and data covering 2002-2018, we control for standard determinants of GVC participation, while examining the effect of AfT and the moderating role of the political regime in place. Our estimation addresses the endogeneity of aid through an appropriate instrumentation strategy. Our results suggest that the effect of AfT is mostly positive in autocratic regimes, indicating more effective trade policy reforms. When we account for regional disparities, we find evidence that AfT for trade policy is also impactful in some democratic regimes. This might suggest that the efficacy of AfT is not strictly regime-dependent, but hinges on the government’s commitment to carry out significant reforms leading to greater participation in the global economy.

DIW-Konjunkturbarometer August: Deutsche Wirtschaft fasst langsam Fuß, Umfeld bleibt aber schwierig

Das Konjunkturbarometer des Deutschen Instituts für Wirtschaftsforschung (DIW Berlin) setzt sein Auf und Ab fort. Nach dem deutlichen Rückgang im Juli steigt es im August um gut fünf auf nun 96,4 Punkte und kommt damit der neutralen 100-Punkte-Marke, die ein durchschnittliches Wachstum der deutschen ...

« Prospective géopolitique française en Afrique Noire francophone postindépendance » – 4 questions à Aboubakar Ouattara

IRIS - Wed, 26/08/2026 - 18:01

Pour vous, la période de De Gaulle à Chirac, donc de 1958 à 2007, a été l’âge d’or de la France-Afrique…

Oui. La triade terminologique âge d’or, âge d’argent et âge de plomb usitée dans le livre est inspirée d’Hésiode.[1] Elle nous a paru juste pour caractériser le continuum géopolitique de la France-Afrique, de De Gaulle à Chirac, puis de Sarkozy à Hollande, et enfin à Macron. La force de prestige sémantique de chacun des trois métaux est métaphoriquement associée à la période géopolitique qui lui correspond sur le continuum. Il suit de là que, du point de vue des intérêts de la France, de De Gaulle à Macron, l’histoire de la France-Afrique est celle d’une dégradation progressive en termes de tendance lourde. Que cette histoire soit dénommée France-Afrique, Françafrique, Afrique-France, Africa-France ou Africa Forward, le trait de sens fédérateur involué dans ces appellations est la relation de puissance qu’elles instituent entre les acteurs concernés : la France et les pays d’Afrique.

En termes de géopolitique, l’âge d’or de la France-Afrique signifie, pour la France, avoir le contrôle ; avoir la capacité effective d’exercer sur l’autre acteur les leviers du soft et/ou du hard power à disposition afin d’aligner ce dernier dans le sens des intérêts de la France, prioritairement. Il n’est pas déplacé de dire que, structurellement, ce contrôle a fonctionné à son rendement maximal de De Gaulle à Chirac « le dernier des gaullistes »[2], c’est-à-dire du deal de l’indépendance-association avec ses accords dits spéciaux au postulat et code de conduite géopolitiques énoncés par Chirac à l’endroit des dirigeants d’Afrique noire francophone : « Si vous voulez l’appui de la France, sachez respecter docilement les règles que vous savez »[3].

Peut-on parler de dégradation ou de renouvellement pour les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ?

Les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande accusent un renouvellement de surface sur fond de fidélité à l’esprit de l’âge d’or ; ce qui les a empêchés de favoriser une relation partenariale avec les pays d’Afrique noire francophone. Sinon, comment expliquer les écarts de comportements grossiers de la politique étrangère de la France sous chacun des deux quinquennats à l’endroit de ces pays — écarts qui sont des marqueurs et accélérateurs de la dégradation de la relation France-Afrique ? Les exemples sont légion. Du côté du quinquennat de Nicolas Sarkozy, on peut citer le non-respect de sa promesse de rupture, son discours à l’Université de Dakar, les interventions militaires au Tchad, en Côte d’Ivoire (et même en Libye étant donné les effets induits de cette dernière intervention sur l’espace africain francophone). Du côté du quinquennat de François Hollande, on peut citer son injonction aux dirigeants africains « à opérer l’inéluctable changement » ; ce qui a été vécu par certains d’entre eux comme « une greffe, un acte imposé ».[4]

Pour ces deux quinquennats, on ne peut pas parler de dégradation ou de renouvellement. Je parlerai de dégradation et de renouvellement. J’observe que le renouvellement est superficiel par rapport à la logique de l’âge d’or qui répond d’une tendance structurelle. Les marqueurs de dégradation sont réels. Ils nourrissent le dévissement de la France dans la relation. Et cela, dans un environnement stratégique global favorable aux pays africains quant à une refondation de la relation France-Afrique.

Qu’est-ce qui change avec Emmanuel Macron ?

Ce sont trois choses : 1. l’accélération de la dégradation de la relation en défaveur de la France ; 2. l’ampleur et l’intensité du rejet de la France par des dirigeants africains, par des élites africaines (intellectuelles, médiatiques, politiques), par des entrepreneurs africains face à la concurrence déloyale avec les grands groupes français, par une certaine classe moyenne africaine qui s’informe quotidiennement sur les relations entre la France et les pays africains et sur l’évolution des relations internationales et géopolitiques dans le monde, par une certaine classe populaire africaine connectée sur les réseaux sociaux et sur les chaînes de télévision satellitaires françaises ; 3. ce qui change c’est aussi l’itération des outrances verbales et non-verbales. Elles sont liées à la psychologie transgressive de Macron et sont légion. Elles incluent la convocation des présidents du G5 Sahel à Pau (16 décembre 2019 / 11 janvier 2020), l’accusation d’« ingratitude » portée contre les gouvernants africains lors de son discours aux ambassadeurs de France à l’Élysée (6 janvier 2025). Mais ne soyons pas dupes de ses outrances. Emmanuel Macron choisit ses victimes. Ses dérapages confirment son alliance avec le principe de l’âge d’or.

Pensez-vous que les 13 propositions d’Achille Mbembe donnent la possibilité d’une « conversion des regards » ?

Je pense que les 13 propositions ne donnent que la possibilité superficielle sans plus. L’état des regards, avant les 13 propositions, offre le constat d’un déséquilibre essentiel dans la relation, une inégalité structurelle. L’exégèse des 13 propositions censées favoriser la « conversion des regards » nous a conduit au statu quo ante. Ce constat confère au corpus des 13 propositions un rôle cosmétique :

  • Le corpus reflète un projet de réformes pour faire évoluer certaines propriétés de la relation, en témoignage de changement, mais pas la relation elle-même qui reste irremplacée dans son existence même, c’est-à-dire dans sa raison d’être géopolitique, prédatrice, inégale, fidèle au souffle vital de l’âge d’or. Le projet de refondation cristallisé dans les propositions n’est pas un projet de rupture.
  • Le corpus est verrouillé pour ne rester que dans l’axe de la continuation de la relation inégalitaire, mais il est vendu comme un événement géopolitique refondateur.
  • Le corpus reste un adjuvant de géopolitique prospective pour la consolidation de la présence de la France comme puissance en Afrique noire francophone afin d’y préserver durablement ses intérêts. Plus largement, afin de satisfaire sa volonté de puissance, de rang et d’influence à l’échelle globale.

L’angle mort du rapport d’Achille Mbembe réside dans son évitement à penser la question de la souveraineté des pays d’Afrique noire francophone hors d’un couplage inféodant avec la France. Achille Mbembe préfère intégrer la souveraineté de ces pays dans celle de la France et, au-delà, dans celle de l’Europe. Il croit au mariage du pot de fer avec le pot de terre et fait mine d’ignorer la mémoire de leur histoire partagée, historien de son état.

Les 13 propositions d’Achille Mbembe donnent la possibilité d’une « conversion des regards » qui est une conversion de surface du type des conversions où tout doit changer pour que rien ne change. Et à ce jeu de ruse géopolitique, la France (ses alliés avec) possède une expertise avérée. L’histoire de ses relations avec les États d’Afrique francophone regorge d’exemples. À titre d’illustration, pensons à la geste qui part du tournant vers les indépendances en juin 1943 (avec la Constitution du Comité français de Libération nationale à Alger sous l’autorité du Général de Gaulle) jusqu’au sommet Africa Forward en mai 2026. Passons-y la tenue de la Conférence africaine française de Brazzaville en janvier 1944, la Création de l’Union française en octobre 1946, le Vote de la loi-cadre, dite Defferre, en juin 1956, la Communauté franco-africaine créée dans le cadre de la nouvelle Constitution française en 1958 et l’accession massive aux indépendances en 1960. La liste intérieure à l’intervalle de temps choisi est plus longue… Rien que de la ruse géopolitique.

[1] In Les Travaux et les Jours, VIIIe siècle av. J.-C.

[2] Nous tenons cette périphrase de Dominique de Villepin, Mémoire de paix pour temps de guerre, Grasset, Paris, 2016, p. 18 : « La foi inébranlable dans la vocation de la France et l’esprit de combat ont fait de lui, sur la scène internationale, le dernier des Gaullistes ».

On retrouve la même idée chez Francis Laloupo, France – Afrique. La rupture maintenant ?, Acoria éditions, Paris, 2013, p. 24 : « Après François Mitterrand, Jacques Chirac sera l’homme qui déploiera, jusqu’à la caricature, toutes les traditions et pratiques de la Françafrique. L’Histoire conférera à Chirac un statut particulier : celui du « dernier homme ». Le dernier chef d’État français à avoir placé l’Afrique au centre de ses œuvres présidentielles. » ; « Chirac sera donc le « dernier homme », le dernier de la génération des chefs d’État français à avoir mis au cœur de la gestion du pouvoir l’équation africaine » (ibid., p. 26) ; « Après le règne du dernier homme, Nicolas Sarkozy disposait des atouts nécessaires pour opérer la rupture générationnelle » (ibid., p. 27-28). 

[3] Cité par Francis Laloupo, ibid., p. 24-25.

[4] Les segments guillemetés sont empruntés à Francis Laloupo, ibid., p.137.

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Référendum sur l’Europe : un poisson nommé Islande

IRIS - Wed, 26/08/2026 - 11:40
Points de repère spatio-temporels

Sur une carte, l’Islande semble périphérique, avec à peine moins d’un demi-million d’habitants sur cette île volcanique de l’Atlantique Nord. Mais sur une carte océanique, elle trouve davantage de centralité, avec une position charnière entre Europe, Amérique du Nord et Arctique. Tout le paradoxe géopolitique islandais est là : petite puissance terrestre et démographique, mais grande puissance maritime et halieutique. La Chine ne s’y trompe d’ailleurs pas, souhaitant placer des pions en Islande dans le cadre de sa stratégie des routes polaires de la soie.

L’Islande est déjà profondément imbriquée dans l’espace européen. Membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949, elle appartient à l’Association européenne de libre-échange depuis 1970, à l’Espace économique européen (EEE) depuis 1994 et à l’espace Schengen depuis 2001. Elle applique ainsi une partie considérable des règles du marché intérieur européen et participe à de nombreux programmes sans être membre de l’UE. Son économie est également très connectée au continent. Cette proximité économique et institutionnelle rend parfois difficile à percevoir ce qui sépare encore véritablement Reykjavik de Bruxelles.

Or, deux secteurs essentiels restent précisément à l’écart du fonctionnement ordinaire de l’EEE : l’agriculture et la pêche. Ce n’est évidemment pas anodin. L’une des singularités de l’Islande réside dans la place occupée par ses ressources naturelles et surtout marines. Sa prospérité, son histoire et une partie de son identité se sont construites autour de cette mer nourricière. L’Islande avait officiellement déposé sa candidature à l’UE en 2009, dans le contexte de la grave crise financière internationale, qui n’avait pas épargné le pays. Les négociations furent suspendues en 2013, avant que le processus ne soit abandonné en 2015. Parmi les principaux points de friction figurait déjà la pêche.

Plus d’une décennie après, le contexte global a changé, avec notamment ces velléités trumpiennes sur le Groenland qui perturbent les raisonnements islandais et modifient les enjeux dans l’Arctique pour l’UE. Or, si l’Islande et l’UE peuvent trouver de nouvelles raisons géopolitiques à se rapprocher, la pêche reste l’épine dorsale des divisions.

La singularité halieutique islandaise

La pêche et l’aquaculture représentent environ 7 % du PIB, 5 % de l’emploi et près de 40 % des exportations islandaises de marchandises. Les captures atteignent en moyenne 1,4 million de tonnes par an, dont environ 710 000 tonnes d’espèces démersales – parmi lesquelles quelque 220 000 tonnes de morue – et 550 000 tonnes de poissons pélagiques comme le capelan, le maquereau ou le hareng. L’aquaculture progresse, notamment en saumon. Il faut dire que de nombreux pays de l’UE en raffolent (à commencer par la France) sans en produire sur leurs littoraux ou leurs sols.

Parler d’une éventuelle adhésion de l’Islande à l’Union européenne sans parler de poisson reviendrait presque à parler de l’Arabie saoudite sans évoquer le pétrole. Car la pêche islandaise n’est pas une activité économique périphérique qu’il faudrait maintenir artificiellement en vie. Au contraire, les Islandais en sont fiers et misent sur ce secteur. Ce dernier s’avère créateur de richesses, exportateur, performant et fortement intégré aux circuits mondiaux. Sa ressource sauvage – cabillaud, églefin, espèces pélagiques notamment – comme sa production aquacole sont très recherchées sur des marchés où la concurrence est mondiale. Les produits islandais sont largement présents sur le marché européen. Les opérateurs se sont adaptés au Brexit, avec notamment un redéploiement d’une partie des flux vers les Pays-Bas avant redistribution vers d’autres États membres. L’Islande dispose donc déjà du débouché européen sans appartenir à l’UE.

La pêche en Islande, attribut de souveraineté

Entre les années 1950 et 1970, les fameuses « guerres de la morue » opposèrent l’Islande au Royaume-Uni autour de l’extension des zones de pêche islandaises. Reykjavik parvint progressivement à imposer son contrôle jusqu’à 200 milles nautiques de ses côtes. Pour cette micro-nation insulaire, la maîtrise de la mer et de ses ressources est ainsi devenue une manifestation particulièrement concrète de l’indépendance nationale. Cette mémoire demeure présente. Là où d’autres États pensent leur souveraineté d’abord à travers leurs frontières terrestres, l’Islande la pense aussi à travers ses poissons, ses quotas, ses navires et son espace maritime. Et c’est ici la tension majeure d’une éventuelle adhésion à l’UE : pour la pêche islandaise, l’intérêt à y entrer reste faible. 

Pour Reykjavik, la question est d’abord celle de la souveraineté. L’Islande détermine largement ses règles de gestion des ressources halieutiques et défend jalousement le contrôle de ses stocks, de ses quotas et de l’accès à ses eaux. Une éventuelle adhésion obligerait pourtant l’Islande à négocier son intégration à la politique commune de la pêche (PCP). Les modalités feraient évidemment l’objet de discussions, mais le principe est politiquement explosif : pourquoi transférer une partie de sa capacité de décision à Bruxelles sur une ressource considérée comme nationale, stratégique et particulièrement bien valorisée ? Pourquoi modifier un modèle qui fonctionne, accepter davantage de règles communes et renoncer à une partie d’autonomie alors que l’accès au marché européen existe déjà ? Si pour Bruxelles, la pêche pourrait constituer l’une des raisons de vouloir l’Islande dans l’Union, pour une partie du secteur halieutique islandais, elle constitue précisément l’une des meilleures raisons de rester dehors.

Entrer dans l’UE en rejetant le poisson ?

Soyons réalistes : la PCP ne fait pas rêver Reykjavik. Cette évaluation est d’autant plus légitime que la pêche européenne traverse elle-même de fortes tensions et que l’UE peine à définir un cap clair en matière de stratégie halieutique. Rappelons ici que les produits de la mer font partie des plus grandes dépendances alimentaires dans la majorité des pays de l’UE. Cela vaut pour la France, grande puissance bleue, sauf dans l’assiette. Depuis plusieurs décennies, la PCP cherche à concilier trois impératifs : exploiter économiquement les ressources, assurer le renouvellement des stocks et protéger les écosystèmes marins. Quotas, limitations de l’effort de pêche, contraintes pesant sur les capacités des flottes (coût de l’énergie, vieillissement des professionnels, etc.), développement des aires marines protégées et multiplication des normes environnementales alimentent chez une partie des pêcheurs européens le sentiment d’un espace halieutique qui se rétrécit. La flotte européenne diminue et sa vétuste inquiète. Certains armateurs connaissent de sérieuses difficultés économiques, d’autant que la compétition internationale s’est intensifiée.

L’UE veut protéger ses zones maritimes, mais elle importe donc massivement les produits de la mer qu’elle consomme. Réduire la pression de pêche dans les eaux européennes peut produire un bénéfice environnemental local. Mais si la consommation demeure et si elle est satisfaite par davantage d’importations, la pression productive ne disparaît pas nécessairement. Elle peut aussi être déplacée vers d’autres mers. La question ne serait-elle pas de déterminer comment l’Europe peut simultanément préserver ses ressources et préserver sa capacité à produire ? Cela pourrait être le narratif islandais, d’autant que l’on voit mal ce pays ne pas rester une puissance halieutique quand bien même l’adhésion à l’UE se profilerait. Dit autrement, Reykjavik pourrait-elle faire évoluer la PCP et la vision halieutique de l’UE ?

Se tourner vers l’avenir

Le Brexit a rétréci l’Europe maritime, l’Islande pourrait l’agrandir. La sortie du Royaume-Uni en 2020 a accéléré les problématiques pour les pêcheries européennes. L’hypothèse d’une intégration de l’Islande dans l’UE pourrait rebattre les cartes, une décennie plus tard. La zone économique exclusive islandaise représente environ 758 000 km². Son adhésion accroîtrait donc considérablement l’espace maritime relevant d’un État membre de l’UE. Les captures islandaises représentent à elles seules l’équivalent d’environ 30 % des volumes actuellement pêchés par l’UE27. Avec l’Islande, l’UE réaliserait 5 % des captures mondiales.

Aujourd’hui, l’Islande est simultanément partenaire et redoutable concurrent halieutique de l’Union européenne. Sa flotte est productive, son expertise scientifique reconnue, son industrie de transformation performante et son système de gestion des ressources fortement structuré. Avec la Norvège, elle illustre une forme de puissance halieutique nordique fondée sur l’association entre ressources, technologie, efficacité des flottes et gestion des stocks. Tant qu’elle reste extérieure à l’UE, cette puissance s’exerce en partie face à elle : compétition commerciale, négociations sur les stocks partagés, accès aux marchés, quotas et rapports de force autour des espèces migratoires. Mais l’adhésion changerait la perspective. L’Islande intégrée pourrait devenir une contributrice majeure à la capacité halieutique et alimentaire européenne. À une condition cependant : que l’UE souhaite redevenir une puissance halieutique et s’assume comme protagoniste sur les affaires maritimes de l’Arctique.

C’est là que le référendum islandais devient un débat européen si le oui l’emporte le 28 août et si le processus d’adhésion s’en trouve relancé.  L’UE transformera l’Islande, mais l’Islande pourrait aussi faire évoluer l’Europe halieutique. Il ne s’agirait évidemment pas de revenir sur la nécessité d’une gestion durable des ressources. Une puissance halieutique ne peut l’être durablement qu’en préservant le capital biologique sur lequel elle repose. Mais soutenabilité et puissance ne sont pas nécessairement contradictoires.

Sous cet angle, un parallèle peut être esquissé avec l’Ukraine agricole, qui apporterait des forces considérables à l’UE dans ce secteur en cas d’adhésion de Kiev demain, si et seulement si une vision géopolitique et géoéconomique s’exprime. Sans cela, l’agriculture constituera le dossier le plus explosif et le plus fracturant du dialogue euro-ukrainien. Les situations sont évidemment très différentes par leur taille, leur histoire et leur contexte géopolitique. Mais elles interrogent toutes deux la manière dont l’Union envisage ses futurs élargissements Ukraine et Islande posent ainsi, chacune dans leur domaine, une même question à Bruxelles : l’élargissement consiste-t-il seulement à étendre un espace juridique et réglementaire, ou peut-il aussi servir à agréger de nouvelles capacités de puissance ?

Quand les poissons déplacent la géopolitique

Ajoutons une brique aux réflexions précédentes. La question euro-islandaise devient encore plus stratégique avec le changement climatique. Le réchauffement des eaux modifie progressivement la répartition géographique de certaines espèces. Les stocks évoluent, migrent ou deviennent plus variables. Certaines espèces apparaissent davantage dans certaines zones tandis qu’elles en délaissent d’autres. La géographie de la pêche n’est donc pas immuable. Les tensions observées autour du maquereau entre l’Islande, les îles Féroé, la Norvège et l’UE en fournissent une illustration. Elles pourraient préfigurer d’autres controverses à mesure que le changement climatique transforme les écosystèmes de l’Atlantique Nord. Un poisson qui change de latitude peut déplacer de la valeur économique, chambouler des quotas et durcir des discussions diplomatiques. La gouvernance halieutique devient ainsi une forme de géopolitique climatique. Elle oblige les États côtiers à négocier simultanément la conservation de ressources mobiles, l’accès aux zones de pêche et le partage de la richesse qu’elles génèrent. Cette évolution renforce mécaniquement la valeur stratégique des États disposant à la fois d’importants espaces maritimes, d’une expertise scientifique reconnue et d’une industrie halieutique performante. L’Islande réunit précisément ces trois caractéristiques.

La mer pousse l’Islande à préserver son autonomie ; la géopolitique peut la pousser vers l’UE. Contrairement à la Norvège, l’Islande ne dispose pas de la même profondeur financière et énergétique pour absorber les chocs d’un environnement international plus incertain. Dans un monde où les rapports de force reviennent au premier plan, la petite taille démographique peut redevenir une vulnérabilité. La campagne référendaire conduit naturellement les Islandais à s’interroger sur ce que l’UE pourrait leur apporter : sécurité, influence politique, stabilité économique ou perspective d’intégration monétaire. La dynamique géopolitique en Arctique pousse au rapprochement avec l’UE. Mais la souveraineté halieutique les invite à la prudence. Mais il convient de poser aussi la question de ce que gagnerait l’UE avec l’Islande. Dans cette perspective, le sujet halieutique, avec ses composantes spatio-maritimes et économico-alimentaires, est inévitable.

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Mütter haben in der Pandemie wegen Schulschließungen weniger gearbeitet, Väter mehr

Studie untersucht Folgen von Schulschließungen auf Arbeitsangebot berufstätiger Eltern – Vor allem Mütter von Grundschulkindern schränkten ihre Beschäftigung ein, Väter weiteten sie aus – Betreuungskluft zwischen Müttern und Vätern mit mehr Flexibilität und besserer Kinderbetreuung verringern Die ...

Les défis géopolitiques de la rentrée

IRIS - Tue, 25/08/2026 - 17:10

Iran, Chine, Canada, CPI, Ukraine, Gaza, climat… Pour cette rentrée, les fronts géopolitiques se multiplient et Donald Trump se retrouve, une nouvelle fois, au centre de la plupart d’entre eux. Sa stratégie de guerre économique totale contre l’Iran peut-elle fonctionner face à la Chine ? Le Canada ouvre-t-il la voie à une résistance plus ferme aux exigences américaines ? Jusqu’où ira l’offensive de Washington contre la Cour pénale internationale ? Et que reste-t-il des promesses de Donald Trump de mettre fin aux guerres en Ukraine et à Gaza ? Mon analyse de cette rentrée géopolitique.

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Wie nordkoreanische ITler deutsche Firmen unterwandern und ausspionierte Finanzdaten in Liechtenstein

SWP - Tue, 25/08/2026 - 15:00
Das Auswärtige Amt warnt vor IT-Kräften aus Nordkorea. Denn das Land schleust gezielt als Freelancer getarnte IT-Spezialist:innen in westliche Unternehmen um diese auszuspionieren, zu erpressen – und gleichzeitig die Nuklearkasse von Kim Jong-un zu finanzieren. Wir klären die Fragen, wie die IT-Kräfte überhaupt an die Jobs kommen, wie das bitterarme Land es schafft, so gute ITler auszubilden und was Beleidigungen gegen Kim Jong-un mit dem Thema zu tun haben.

Claudia Kemfert: „Eine Grundgesetzänderung für Klimaanpassung ist überfällig“

Die SPD fordert, Klimaanpassung und Hitzeschutz im Grundgesetz zu verankern. Claudia Kemfert, Leiterin der Abteilung Energie, Verkehr, Umwelt im Deutschen Institut für Wirtschaftsforschung (DIW Berlin) ordnet den Vorstoß folgendermaßen ein:

Die Grundgesetzänderung für Klimaanpassung ist überfällig. Klimaanpassung ist keine freiwillige Schönwetteraufgabe, sondern elementare Daseinsvorsorge. Hitzewellen, Dürren, Starkregen und Hochwasser verursachen schon heute enorme gesundheitliche und wirtschaftliche Schäden, und die Kommunen stehen dabei an vorderster Front. 

Deshalb brauchen wir endlich eine verlässliche gemeinsame Finanzierung von Bund und Ländern. Einzelne Förderprogramme und kurzfristige Hitzeschutzpakete reichen nicht. Klimaanpassung braucht Planungssicherheit: für mehr Stadtgrün und Verschattung, Entsiegelung, Wassermanagement, Hochwasserschutz und klimaresiliente Infrastruktur.

Wer heute bei der Vorsorge spart, zahlt morgen ein Vielfaches für die Schäden. Und klar ist auch: Anpassung ersetzt keinen Klimaschutz. Je stärker die Erderwärmung voranschreitet, desto schwieriger und teurer wird jede Anpassung. Wir brauchen deshalb beides: konsequenten Klimaschutz und eine dauerhaft finanzierte Klimaanpassung.


The future Global Development Agenda will have to be shouldered by Middle Powers

Niels Keijzer, Hyeyoung Woo & Jee Hee Yoon outline the potential ways middle powers may best organise to shoulder the global development agenda and the (quasi-) multilateral institutions could support them in this regard?

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Cybersecurity in the Healthcare Sector

SWP - Mon, 24/08/2026 - 16:48

The healthcare sector worldwide is facing an increasing threat from cyberattacks. Between 2022 and 2025, the European Repository of Cyber Incidents (EuRepoC) rec­orded a total of 351 significant attacks on healthcare facilities. These data provide initial insights into the impact of cyberattacks on healthcare systems and sectors, and the crisis management that follows. They also highlight that such attacks pose a threat to public health and national security. The data analysis shows that national critical sectors and the European and international levels must be interlinked. The National Security Council could do so by developing an integrated national and international situational assessments based on interdisciplinary analyses. Only such an approach can systematically identify threats, derive effective measures from them and comprehensively protect the healthcare sector.

Warum eine stärkere Besteuerung hoher Vermögen überfällig ist

Leistung muss sich lohnen: Superreiche müssen mehr Steuern zahlen. Und das hat nichts mit einer Neiddebatte zu tun, sondern mit ökonomischer Vernunft und Gerechtigkeit., Die Ungleichheit der Vermögen steigt weltweit. Und zwar nicht nur zwischen Privatpersonen, sondern auch zwischen Privatpersonen und dem Staat. Immer mehr Staaten machen immer mehr Schulden. Das liegt nicht nur an ineffizienten Staatshaushalten, sondern weil in vielen Ländern die Steuereinnahmen ...

Cyclisme Championnat d’Afrique de Gravel : Joel Kyaviro termine à la 10e place

Radio Okapi / RD Congo - Sun, 23/08/2026 - 15:33


La course cycliste, organisée le samedi 22 Aout à Windhoek (Namibie) dans le cadre du Championnat d’Afrique de Gravel, a duré 4 h 30 pour 143 kilomètres. Le coureur congolais, Joel Kyaviro, a terminé la course à la 10ᵉ place sur les 140 participants.

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