Global cooperation is under stress. Finance, climate, security, and technology shocks overlap, while major powers contest rules and public budgets shrink. Yet these shifts potentially widen agency for parts of the Global South. This paper asks how the current moment should be viewed: does it represent a crisis or opportunity, and what does workable cooperation look like in a polycentric world? We use the 2025 Financing for Development conference in Seville as a point of reference for our reflections. Against this backdrop, we argue that a managed, issue-based new multilateralism is emerging, organized around ‘pockets of effectiveness’, or bounded, likeminded coalitions that work on concrete tasks. While universal multilateralism is likely to remain challenging, practical cooperation is feasible on some issues. If ‘the who’ is likeminded coalitions of countries, then ‘the how’ of new multilateralism is found in these ‘pockets’.
« Mes concitoyens, la nuit dernière, j’ai pris la décision d’ordonner le déploiement des forces militaires américaines au Panama. Aucun président ne prend une telle décision à la légère. Ce matin, je souhaite vous expliquer clairement ce que j’ai fait et les raisons qui m’ont conduit à agir ainsi. »
– President George H.W. Bush, Address to the Nation, 30 December 1989
Depuis le lancement des opérations militaires contre le Venezuela au mois de septembre, je ressens une angoisse croissante. Une inquiétude, certes, quant à notre politique étrangère, qui s’éloigne de plus en plus des principes censés guider nos actions outre-mer. Mais aussi — et peut-être surtout — une inquiétude pour notre système démocratique lui-même. La manière dont cette administration agit au Venezuela en dit long sur l’état de notre démocratie, manifestement fragilisée.
Le constat est frappant. Aucun effort systématique n’a été entrepris pour préparer l’opinion publique à une intervention en Amérique latine. Aucune tentative de rassembler les forces politiques — y compris au sein de l’opposition démocrate — autour d’une politique prétendument destinée à protéger la nation d’un danger imminent. Aucun dialogue soutenu entre le chef de l’État et la population américaine afin d’expliquer le « pourquoi » d’une opération militaire ou de présenter aux électeurs la stratégie poursuivie. Rien de tout cela. Seulement des « tweets » sur les réseaux sociaux, des remarques improvisées devant des journalistes, des déclarations désinvoltes et hautement politisées, lancées au gré des circonstances.
La communication, dans la mesure où elle a existé, est restée creuse, vague, voire ouvertement contradictoire. Initialement, l’accent a été mis sur la menace que représenterait un Venezuela devenu un foyer de « narcoterroristes ». Au début des frappes navales contre des bateaux évoluant dans les eaux territoriales vénézuéliennes, en septembre, le président Trump a accusé le pays — et en particulier son dirigeant, Nicolas Maduro — de chercher à déstabiliser les États-Unis par un afflux massif de drogues. « Une quantité massive de drogues sort du Venezuela… Des milliers de personnes meurent à cause de cargaisons entières de drogues qui arrivent par bateau — du fentanyl et bien d’autres substances mortelles », a-t-il déclaré. Or, si le Venezuela constitue un pays de transit pour la cocaïne provenant principalement de Colombie, il n’est nullement un fournisseur majeur du marché américain.[1]
À d’autres occasions, l’administration Trump a laissé entendre qu’un « dictateur » comme Maduro ne pouvait rester au pouvoir, notamment après les élections manifestement frauduleuses de 2024. Cette posture contraste pourtant avec une certaine complaisance affichée par Donald Trump à l’égard d’autres dirigeants autoritaires ailleurs dans le monde, et avec le fait que le régime de Caracas, en pratique, demeure intact — hormis le départ de Maduro lui-même. Depuis le lancement de l’opération, Trump ne parle plus que du pétrole vénézuélien, qui devrait, pour des raisons jamais clairement explicitées, revenir de droit aux États-Unis. Le 5 janvier, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant permanent des États-Unis a semblé revenir à la rhétorique initiale : Maduro serait un criminel, et l’intervention militaire ne constituerait qu’une « opération policière chirurgicale facilitée par l’armée américaine ».[2]
On a l’impression que le président Trump se soucie peu de l’opinion publique et n’entreprend pratiquement aucun effort pour convaincre les citoyens de l’importance — et surtout de la cohérence — de son action au Venezuela.
Or, dans une démocratie fonctionnelle, une initiative de cette nature exige une explication claire et un effort soutenu pour convaincre les citoyens de la nécessité d’une intervention militaire. Lorsqu’on expose des soldats au danger et qu’on prétend « prendre le contrôle » d’un pays étranger, le président a l’obligation de rendre des comptes. Même dans les interventions les plus controversées du passé, l’une des tâches centrales du chef de l’exécutif et de son entourage consistait à exposer sans ambiguïté les raisons invoquées. Lorsque George W. Bush a décidé d’envahir l’Irak, par exemple, il a mené pendant plus de six mois une campagne intensive auprès de l’opinion publique américaine et internationale afin de justifier cette décision. Si la communauté internationale — notamment la France — ne s’y est pas ralliée avec enthousiasme, le peuple américain, du moins dans un premier temps, y était largement favorable, en grande partie grâce au plaidoyer persistant du président. En mars 2003, environ sept Américains sur dix approuvaient l’usage de la force militaire contre l’Irak. Le père de ce même président Bush, qui avait lui aussi conduit une intervention militaire en Amérique latine pour renverser et arrêter un chef d’État lié au narcotrafic, s’était également attaché à en expliquer les motivations à son électorat.
Dans un État de droit, une intervention militaire requiert non seulement l’adhésion de l’opinion publique, mais aussi l’aval du Parlement. Ce fut assurément le cas pour l’Irak : le Congrès américain avait adopté, à de larges majorités dans les deux chambres, une résolution autorisant le président à recourir à la force. À l’époque, de nombreux démocrates — dont Hillary Clinton — avaient apporté leur soutien. Aujourd’hui, malgré le contrôle républicain de la Chambre des représentants et du Sénat, Trump n’a même pas jugé nécessaire de solliciter une autorisation du Congrès pour les opérations navales, ni d’informer celui-ci avant le déploiement de forces spéciales à Caracas. Interrogé sur son obligation légale de consulter les dirigeants du Parlement en amont d’une opération militaire, Trump a répondu : « Je n’aurais aucun problème à le leur dire, mais vous savez, ce n’est pas très important. Je n’ai pas besoin de le leur dire. » Certes, bien que la Constitution confère au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre et que la War Powers Resolution de 1973 limite les prérogatives du président en la matière, il n’est pas certain qu’une Cour suprême favorable à un exécutif fort conclurait à un dépassement de pouvoir. Mais il ne fait guère de doute que des normes démocratiques fondamentales ont été bafouées.
Enfin, cette affaire révèle un comportement pour le moins arbitraire sur la scène internationale. Un État démocratique n’est pas juridiquement tenu d’agir de manière démocratique à l’étranger — mais il en demeure politiquement et moralement responsable. Le respect des règles internes devrait aller de pair avec le respect du droit international, en particulier pour un pays qui prétend incarner un leadership mondial. Or, la Charte des Nations unies ne reconnaît que deux fondements légitimes à une intervention militaire : la légitime défense et l’autorisation explicite du Conseil de sécurité. L’intervention au Venezuela ne relève ni de l’un ni de l’autre.
[1] Politifact, “The US attacked Venezuelan boats it says are carrying drugs. Is Venezuela sending drugs to the US?,” https://www.politifact.com/article/2025/sep/22/Trump-Venezuela-boat-strikes-drugs-trafficking/?utm_source=chatgpt.com
[2] Ambassador Mike Waltz, “Remarks at a UN Security Council Briefing on Venezuela,” https://usun.usmission.gov/remarks-at-a-un-security-council-briefing-on-venezuela-2/
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Après plusieurs mois de pression exercée à l’encontre du régime de Nicolàs Maduro, l’administration de Donald Trump est passée à l’attaque directe en frappant le cœur du régime vénézuélien. Le 3 janvier 2026, après des bombardements sur Caracas visant à annihiler toute riposte de la garde présidentielle, un commando des forces spéciales de la CIA a arrêté puis exfiltré le président et son épouse, Cilia Flores, afin de présenter le couple devant la justice américaine. L’opération qui a conduit à la capture de Maduro a eu lieu 36 ans jour pour jour après l’arrestation de Manuel Noriega, l’ancien chef d’État du Panama et cible de la dernière intervention américaine de changement de régime en Amérique latine. Cette opération de police constitue une énième illustration de l’évolution des relations internationales depuis la Première et la Seconde Guerre mondiale et singulièrement depuis la fin des années 1990, marquées aux États-Unis par l’hégémonie du courant néoconservateur. Elles marquent la crise tendancielle de l’ordre westphalien reposant sur la souveraineté des États.
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Global development policy is a particularly revealing field in which the Trump administration combines crude transactionalism with a high level of ideological commitment, namely an authoritarian libertarianism oriented toward elite interests. This is coupled with, at times, a chaotic absence of tactical or strategic coherence. With Trump’s return to the White House in January 2025, a significant phase in international affairs, including global development policy, began.
This policy brief traces the evolution of the US approach to development cooperation and exposes how Trump’s approach represents an overtly aggressive assault, delivering a high voltage shockwave to global sustainable development policy, undermining multilateral norms, institutional commitments and long-standing principles of international solidarity. The United States (US) has played a decisive role in the conception and evolution of global development policy since the mid-20th century. From the establishment of the post-Second World War order onward, the US shaped the normative, political and organisational foundations of development cooperation, often setting agendas, defining standards, and providing leadership and personnel for key multilateral institutions. Early reconstruction efforts such as the Marshall Plan and the establishment of the World Bank embedded development within a broader framework of power politics, positioning aid as both a tool of reconstruction and geopolitical influence. Since January 2025, US development cooperation has undergone a dramatic rupture. The administration rapidly withdrew from multilateral institutions, cut budgets, and de facto dissolved USAID, transferring residual functions to the State Department. This shift was accompanied by conspiracy narratives and an explicit rejection of multilateral norms, marking a sharp departure from previous Republican and Democratic approaches alike. The brief conceptualises this shift as the emergence of a “New Washington Dissensus”: a model of transactional, nationalist development cooperation that treats aid as an instrument of power rather than a global public good. Under this paradigm, development engagement is ideologically conditional, hostile to climate and equity agendas, oriented toward migration control, and explicitly transactional. The Trump administration’s National Security Strategy (December 2025) is consistent with this in the sense that it frames an “America First” approach that narrows US priorities to “core, vital national interests” and places strong emphasis on Western Hemisphere pre-eminence via a stated “Trump Corollary” to the Monroe Doctrine. For global development, foreign assistance and development finance are thus instruments of strategic competition and commercial diplomacy. US agencies are mobilised to back US commercial positioning. The consequences are dramatic and systemic. The US retreat has destabilised the global development architecture and intensified geopolitical fragmentation. For many countries in the Global South, this represents a watershed moment, creating both new room for manoeuvre and new dependencies as states pursue multi-alignment strategies amid intensifying great-power rivalry. At the same time, humanitarian impacts are severe. Overall, the brief concludes that development policy has entered a new phase, which is narrower, more instrumental and overtly geopolitical, and is reshaping not only US engagement but the future of global development policy itself.
Global development policy is a particularly revealing field in which the Trump administration combines crude transactionalism with a high level of ideological commitment, namely an authoritarian libertarianism oriented toward elite interests. This is coupled with, at times, a chaotic absence of tactical or strategic coherence. With Trump’s return to the White House in January 2025, a significant phase in international affairs, including global development policy, began.
This policy brief traces the evolution of the US approach to development cooperation and exposes how Trump’s approach represents an overtly aggressive assault, delivering a high voltage shockwave to global sustainable development policy, undermining multilateral norms, institutional commitments and long-standing principles of international solidarity. The United States (US) has played a decisive role in the conception and evolution of global development policy since the mid-20th century. From the establishment of the post-Second World War order onward, the US shaped the normative, political and organisational foundations of development cooperation, often setting agendas, defining standards, and providing leadership and personnel for key multilateral institutions. Early reconstruction efforts such as the Marshall Plan and the establishment of the World Bank embedded development within a broader framework of power politics, positioning aid as both a tool of reconstruction and geopolitical influence. Since January 2025, US development cooperation has undergone a dramatic rupture. The administration rapidly withdrew from multilateral institutions, cut budgets, and de facto dissolved USAID, transferring residual functions to the State Department. This shift was accompanied by conspiracy narratives and an explicit rejection of multilateral norms, marking a sharp departure from previous Republican and Democratic approaches alike. The brief conceptualises this shift as the emergence of a “New Washington Dissensus”: a model of transactional, nationalist development cooperation that treats aid as an instrument of power rather than a global public good. Under this paradigm, development engagement is ideologically conditional, hostile to climate and equity agendas, oriented toward migration control, and explicitly transactional. The Trump administration’s National Security Strategy (December 2025) is consistent with this in the sense that it frames an “America First” approach that narrows US priorities to “core, vital national interests” and places strong emphasis on Western Hemisphere pre-eminence via a stated “Trump Corollary” to the Monroe Doctrine. For global development, foreign assistance and development finance are thus instruments of strategic competition and commercial diplomacy. US agencies are mobilised to back US commercial positioning. The consequences are dramatic and systemic. The US retreat has destabilised the global development architecture and intensified geopolitical fragmentation. For many countries in the Global South, this represents a watershed moment, creating both new room for manoeuvre and new dependencies as states pursue multi-alignment strategies amid intensifying great-power rivalry. At the same time, humanitarian impacts are severe. Overall, the brief concludes that development policy has entered a new phase, which is narrower, more instrumental and overtly geopolitical, and is reshaping not only US engagement but the future of global development policy itself.
Global development policy is a particularly revealing field in which the Trump administration combines crude transactionalism with a high level of ideological commitment, namely an authoritarian libertarianism oriented toward elite interests. This is coupled with, at times, a chaotic absence of tactical or strategic coherence. With Trump’s return to the White House in January 2025, a significant phase in international affairs, including global development policy, began.
This policy brief traces the evolution of the US approach to development cooperation and exposes how Trump’s approach represents an overtly aggressive assault, delivering a high voltage shockwave to global sustainable development policy, undermining multilateral norms, institutional commitments and long-standing principles of international solidarity. The United States (US) has played a decisive role in the conception and evolution of global development policy since the mid-20th century. From the establishment of the post-Second World War order onward, the US shaped the normative, political and organisational foundations of development cooperation, often setting agendas, defining standards, and providing leadership and personnel for key multilateral institutions. Early reconstruction efforts such as the Marshall Plan and the establishment of the World Bank embedded development within a broader framework of power politics, positioning aid as both a tool of reconstruction and geopolitical influence. Since January 2025, US development cooperation has undergone a dramatic rupture. The administration rapidly withdrew from multilateral institutions, cut budgets, and de facto dissolved USAID, transferring residual functions to the State Department. This shift was accompanied by conspiracy narratives and an explicit rejection of multilateral norms, marking a sharp departure from previous Republican and Democratic approaches alike. The brief conceptualises this shift as the emergence of a “New Washington Dissensus”: a model of transactional, nationalist development cooperation that treats aid as an instrument of power rather than a global public good. Under this paradigm, development engagement is ideologically conditional, hostile to climate and equity agendas, oriented toward migration control, and explicitly transactional. The Trump administration’s National Security Strategy (December 2025) is consistent with this in the sense that it frames an “America First” approach that narrows US priorities to “core, vital national interests” and places strong emphasis on Western Hemisphere pre-eminence via a stated “Trump Corollary” to the Monroe Doctrine. For global development, foreign assistance and development finance are thus instruments of strategic competition and commercial diplomacy. US agencies are mobilised to back US commercial positioning. The consequences are dramatic and systemic. The US retreat has destabilised the global development architecture and intensified geopolitical fragmentation. For many countries in the Global South, this represents a watershed moment, creating both new room for manoeuvre and new dependencies as states pursue multi-alignment strategies amid intensifying great-power rivalry. At the same time, humanitarian impacts are severe. Overall, the brief concludes that development policy has entered a new phase, which is narrower, more instrumental and overtly geopolitical, and is reshaping not only US engagement but the future of global development policy itself.
Ces dernières années, le Maroc est passé du statut de pays de transit et d’émigration à celui de pays d’installation. Cette évolution est en grande partie due à l’augmentation des restrictions frontalières et des refoulements, lesquels ont rendu les routes migratoires vers l’UE moins accessibles. En conséquence, Casablanca, qui accueillait déjà des migrants de manière durable, s’affirme désormais davantage comme un lieu central d’installation urbaine que comme une étape transitoire du parcours migratoire. Des entretiens menés avec des ONG et des OSC travaillant avec des migrants urbains et des personnes déplacées à Casablanca ont mis en évidence les façons dont la coopération au développement peut avoir un impact positif sur les contextes de migration urbaine. En effet, l’attitude plus permissive des autorités locales de Casablanca à l’égard des communautés migrantes contraste avec les pratiques policières répressives courantes à Rabat et dans les zones frontalières, ouvrant ainsi un espace à l’émergence d’organisations informelles de migrants au sein des communautés d’accueil. Ces organisations sont devenues des interlocuteurs clefs des institutions officielles, jouant un rôle essentiel dans le rétablissement de la confiance des migrants et des communautés d’accueil envers celles-ci. Avec le soutien des OSC et des ONG, les communautés elles-mêmes ont également trouvé des moyens de favoriser l’inclusion et la coopération. Les valeurs islamiques et la tradition marocaine d’hospitalité influencent la mise à disposition des biens communs au niveau des ménages et des quartiers. Les communautés d’accueil et les migrants bénéficient également, sur le plan légal, des services d’éducation et de santé fournis par les organisations gouvernementales et non gouvernementales. Le principal défi consiste àgarantir que toutes les parties soient informées des services qui leur sont accessibles, dans de nombreux cas indépendamment de leur statut migratoire. Pourtant, le discours contemporain sur la migration et le déplacement au Maroc est imprégné de xénophobie, d’exclusion et de racisme, problèmes aggravés par un environnement médiatique très critique à l’égard des migrants et des personnes déplacées. Néanmoins, les experts ont souligné l’impact des interactions positives répétées entre les migrants et les communautés d’accueil pour tempérer ces discours hostiles.
Messages politiques clefs :
- La santé, l’éducation et le logement sont des besoins universels pour les communautés d’accueil et les migrants. Il faut veiller à ce que les programmes financés soient accessibles à toutes les personnes vivant dans le quartier, qu’elles soient hôtes ou migrantes, et que les espaces, services ou ressources auxquels ils aboutissent constituent des biens communs autour desquels l’identité de la communauté peut se construire.
- Il est essentiel de faire connaître l’histoire des migrations dans les zones d’arrivée. Ces récits peuvent aider les organisations internationales à contextualiser leurs programmes et à inscrire l’immigration et les installations dans une histoire plus large autour de laquelle peut se construire une identité inclusive. Renforcer la coopération entre les organisations au niveau des villes et des municipalités à l’échelle nationale. La coopération entre les villes peut combler les lacunes en matière de connaissances sur la politique migratoire nationale et réduire la dispersion des efforts des OSC et des ONG qui travaillent avec les migrants.
Elise Delespesse est une consultante indépendante basée à Bonn, en Allemagne.
Ces dernières années, le Maroc est passé du statut de pays de transit et d’émigration à celui de pays d’installation. Cette évolution est en grande partie due à l’augmentation des restrictions frontalières et des refoulements, lesquels ont rendu les routes migratoires vers l’UE moins accessibles. En conséquence, Casablanca, qui accueillait déjà des migrants de manière durable, s’affirme désormais davantage comme un lieu central d’installation urbaine que comme une étape transitoire du parcours migratoire. Des entretiens menés avec des ONG et des OSC travaillant avec des migrants urbains et des personnes déplacées à Casablanca ont mis en évidence les façons dont la coopération au développement peut avoir un impact positif sur les contextes de migration urbaine. En effet, l’attitude plus permissive des autorités locales de Casablanca à l’égard des communautés migrantes contraste avec les pratiques policières répressives courantes à Rabat et dans les zones frontalières, ouvrant ainsi un espace à l’émergence d’organisations informelles de migrants au sein des communautés d’accueil. Ces organisations sont devenues des interlocuteurs clefs des institutions officielles, jouant un rôle essentiel dans le rétablissement de la confiance des migrants et des communautés d’accueil envers celles-ci. Avec le soutien des OSC et des ONG, les communautés elles-mêmes ont également trouvé des moyens de favoriser l’inclusion et la coopération. Les valeurs islamiques et la tradition marocaine d’hospitalité influencent la mise à disposition des biens communs au niveau des ménages et des quartiers. Les communautés d’accueil et les migrants bénéficient également, sur le plan légal, des services d’éducation et de santé fournis par les organisations gouvernementales et non gouvernementales. Le principal défi consiste àgarantir que toutes les parties soient informées des services qui leur sont accessibles, dans de nombreux cas indépendamment de leur statut migratoire. Pourtant, le discours contemporain sur la migration et le déplacement au Maroc est imprégné de xénophobie, d’exclusion et de racisme, problèmes aggravés par un environnement médiatique très critique à l’égard des migrants et des personnes déplacées. Néanmoins, les experts ont souligné l’impact des interactions positives répétées entre les migrants et les communautés d’accueil pour tempérer ces discours hostiles.
Messages politiques clefs :
- La santé, l’éducation et le logement sont des besoins universels pour les communautés d’accueil et les migrants. Il faut veiller à ce que les programmes financés soient accessibles à toutes les personnes vivant dans le quartier, qu’elles soient hôtes ou migrantes, et que les espaces, services ou ressources auxquels ils aboutissent constituent des biens communs autour desquels l’identité de la communauté peut se construire.
- Il est essentiel de faire connaître l’histoire des migrations dans les zones d’arrivée. Ces récits peuvent aider les organisations internationales à contextualiser leurs programmes et à inscrire l’immigration et les installations dans une histoire plus large autour de laquelle peut se construire une identité inclusive. Renforcer la coopération entre les organisations au niveau des villes et des municipalités à l’échelle nationale. La coopération entre les villes peut combler les lacunes en matière de connaissances sur la politique migratoire nationale et réduire la dispersion des efforts des OSC et des ONG qui travaillent avec les migrants.
Elise Delespesse est une consultante indépendante basée à Bonn, en Allemagne.
Ces dernières années, le Maroc est passé du statut de pays de transit et d’émigration à celui de pays d’installation. Cette évolution est en grande partie due à l’augmentation des restrictions frontalières et des refoulements, lesquels ont rendu les routes migratoires vers l’UE moins accessibles. En conséquence, Casablanca, qui accueillait déjà des migrants de manière durable, s’affirme désormais davantage comme un lieu central d’installation urbaine que comme une étape transitoire du parcours migratoire. Des entretiens menés avec des ONG et des OSC travaillant avec des migrants urbains et des personnes déplacées à Casablanca ont mis en évidence les façons dont la coopération au développement peut avoir un impact positif sur les contextes de migration urbaine. En effet, l’attitude plus permissive des autorités locales de Casablanca à l’égard des communautés migrantes contraste avec les pratiques policières répressives courantes à Rabat et dans les zones frontalières, ouvrant ainsi un espace à l’émergence d’organisations informelles de migrants au sein des communautés d’accueil. Ces organisations sont devenues des interlocuteurs clefs des institutions officielles, jouant un rôle essentiel dans le rétablissement de la confiance des migrants et des communautés d’accueil envers celles-ci. Avec le soutien des OSC et des ONG, les communautés elles-mêmes ont également trouvé des moyens de favoriser l’inclusion et la coopération. Les valeurs islamiques et la tradition marocaine d’hospitalité influencent la mise à disposition des biens communs au niveau des ménages et des quartiers. Les communautés d’accueil et les migrants bénéficient également, sur le plan légal, des services d’éducation et de santé fournis par les organisations gouvernementales et non gouvernementales. Le principal défi consiste àgarantir que toutes les parties soient informées des services qui leur sont accessibles, dans de nombreux cas indépendamment de leur statut migratoire. Pourtant, le discours contemporain sur la migration et le déplacement au Maroc est imprégné de xénophobie, d’exclusion et de racisme, problèmes aggravés par un environnement médiatique très critique à l’égard des migrants et des personnes déplacées. Néanmoins, les experts ont souligné l’impact des interactions positives répétées entre les migrants et les communautés d’accueil pour tempérer ces discours hostiles.
Messages politiques clefs :
- La santé, l’éducation et le logement sont des besoins universels pour les communautés d’accueil et les migrants. Il faut veiller à ce que les programmes financés soient accessibles à toutes les personnes vivant dans le quartier, qu’elles soient hôtes ou migrantes, et que les espaces, services ou ressources auxquels ils aboutissent constituent des biens communs autour desquels l’identité de la communauté peut se construire.
- Il est essentiel de faire connaître l’histoire des migrations dans les zones d’arrivée. Ces récits peuvent aider les organisations internationales à contextualiser leurs programmes et à inscrire l’immigration et les installations dans une histoire plus large autour de laquelle peut se construire une identité inclusive. Renforcer la coopération entre les organisations au niveau des villes et des municipalités à l’échelle nationale. La coopération entre les villes peut combler les lacunes en matière de connaissances sur la politique migratoire nationale et réduire la dispersion des efforts des OSC et des ONG qui travaillent avec les migrants.
Elise Delespesse est une consultante indépendante basée à Bonn, en Allemagne.
The policy brief authored by Dr. Ana Krstinovska “The Western Balkans and Europe’s Defence Readiness: An Industrial Perspective” is an expansion of the finding of the thematic report “Europe’s Overlooked Allies: Why the Western Balkans Matter for EU Defence Readiness” and part of ELIAMEP’s initiative think nea – New Narratives of EU Integration which is supported by the Open Society Foundations – Western Balkans.
As Europe faces an increasingly complex security environment marked by the war in Ukraine, renewed great-power competition, and growing concerns over defence industrial capacity, this brief examines the often-overlooked role of the Western Balkans in strengthening Europe’s defence readiness. Adopting an industrial perspective, the analysis highlights the region’s manufacturing capabilities, cost advantages, and strategic location, positioning it as a potential contributor to the European Defence Technological and Industrial Base.
The brief explores the defence-industrial capacities of Western Balkan countries, their alignment with key EU defence priorities—such as ammunition production, drones, and supply-chain resilience—and the strategic benefits of closer integration. It also identifies persistent barriers, including institutional exclusion from EU defence instruments, governance challenges, and political constraints that hinder deeper cooperation.
Drawing on these findings, the paper argues that defence industrial cooperation can serve as both a security multiplier and a credibility-enhancing tool for EU enlargement. It concludes with concrete policy recommendations aimed at integrating Western Balkan defence industries into EU frameworks, improving regulatory alignment, fostering public–private partnerships, and strengthening strategic communication. In doing so, the brief reframes enlargement as a mutually beneficial, capability-building process essential to Europe’s long-term strategic autonomy.
You can read the policy brief here.
The South-East Europe Programme of ELIAMEP is a member of the IGNITA network, led by Open Society Foundations – Western Balkans.
L’une des pages les plus sombres de la tragédie qui se déroule à Gaza depuis octobre 2023 s’est achevée après le 10 octobre 2025. Une poignée de mois après son catastrophique lancement le 27 mai 2025, et à l’occasion de la nouvelle trêve qui ne se révèle être dans les faits qu’un conflit à basse intensité, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) a annoncé fermer ses points de distribution. Mise en place pour supplanter les ONG et le système onusien, notamment sur base d’accusations depuis débunkées de détournement de l’aide humanitaire par le Hamas, la GHF a surtout été utilisée à des fins politiques et militaires, tout en étant un élément facilitant la perpétration de crimes de guerre et la violation du droit international. La situation humanitaire reste aujourd’hui plus que dramatique. Bien qu’élargie depuis plusieurs mois aux autres acteurs et non à la seule GHF , l’entrée de l’aide n’est toujours pas suffisante et ne respecte pas les quantités prévues par le plan de paix de Donald Trump.
À téléchargerL’article Do Harm : Cas de la Fondation Humanitaire pour Gaza est apparu en premier sur IRIS.
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela, ayant abouti à l’enlèvement du président Nicolás Maduro. Cet événement, aussi spectaculaire qu’inattendu, a pris de court la communauté internationale et suscité de profondes inquiétudes bien au-delà du continent américain. L’opération marque une escalade sans précédent des relations entre Washington et Caracas et interroge sur l’usage de la force par les États. Dans un contexte de remise en cause de la multipolarité, de banalisation des violations du droit international et de retour assumé du rapport de force, comment interpréter cette opération américaine ? Quels objectifs stratégiques poursuit Washington ? Et quels scénarios se dessinent désormais pour l’Amérique du Sud ? Quelle place occupent les enjeux autour du pétrole dans ce contexte ? Comment l’interventionnisme de Donald Trump pourrait-il affecter les équilibres stratégiques entre la Chine et l’Amérique du Sud ?
Dans cet épisode, Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de l’Amérique latine et journaliste au Monde diplomatique, analyse les récents événements au Venezuela et décrypte les dynamiques régionales face au retour de Donald Trump sur la scène internationale.
L’article Venezuela : scénario d’avenir. Avec Christophe Ventura est apparu en premier sur IRIS.