La tentative de putsch survenue au Bénin le 7 décembre 2025 n'a pas seulement mis à l'épreuve les dispositifs sécuritaires de l'État. Elle a surtout révélé, avec une intensité rare, la puissance de la désinformation contemporaine dans les contextes de crise politique. Quelques heures après l'apparition de militaires se présentant comme putschistes à la télévision nationale, le jour même des faits, l'espace informationnel béninois et régional a été saturé de rumeurs, d'affirmations contradictoires et de récits concurrents.
Comprendre la désinformation en contexte de crise politique
La désinformation désigne un processus consistant à produire, amplifier ou orienter des récits trompeurs afin d'influencer les perceptions, d'alimenter la confusion ou defragiliser la confiance dans les institutions. En période de tentative de coup d'État, ce phénomène s'intensifie mécaniquement.
Une apparition télévisée, puis une prolifération immédiate de récits contradictoires
L'intervention de militaires à la télévision nationale, limitée dans le temps, a constitué un choc symbolique. Dans les heures qui ont suivi, les réseaux sociaux sont devenus le
principal théâtre de la bataille des récits.
Rumeur n°1 : Le putsch aurait renversé le président Patrice Talon
Une vidéo militante a affirmé la chute du pouvoir. Les faits établissent pourtant que le président est demeuré en sécurité et que les institutions ont continué de fonctionner.
Rumeur n°2 : Une armée béninoise divisée ou neutralisée
Les éléments vérifiés indiquent une armée structurée, loyale et rapidement mobilisée, contredisant toute hypothèse d'effondrement.
Rumeur n°3 : Une CEDEAO silencieuse
Les communications officielles de la CEDEAO ont condamné la tentative et confirmé l'activation des mécanismes régionaux, notamment avec le Nigeria.
Rumeur n°4 : Une intervention occulte de la France
Les sources concordantes indiquent un appui diplomatique officiel, sans engagement militaire direct.
Rumeur n°5 : Un Comité militaire pour la refondation au pouvoir
Aucune institution n'a reconnu ce comité et aucun contrôle effectif n'a été constaté.
La réponse institutionnelle
Les autorités béninoises ont rétabli la chronologie, confirmé la sécurité du chef de l'État et rappelé la loyauté des forces armées.
Le rôle des médias béninois
Les médias professionnels ont ralenti le flux, croisé les sources et refusé les contenus non vérifiés.
Conclusion
La tentative de putsch a échoué rapidement sur le plan sécuritaire. La désinformation, elle, a prospéré durant plusieurs heures, soulignant l'importance stratégique du fact-checking
Karine Oriot
Le commissaire de police Landry Bignon Delcoz Kindjanhoundé à l'origine d'une vidéo pamphlétaire a été interpellé ce mardi 9 décembre 2025.
Moins de 24 heures après la diffusion de sa vidéo hostile contre le pouvoir, le commissaire de police, identifié sous le nom de Landry Bignon Delcoz Kindjanhoundé a été interpellé.
L'officier de police apparaissait dans une courte séquence diffusée sur les réseaux sociaux le 8 décembre. Dans cette vidéo, il s'en prenait vivement au chef de l'État et exigeait sa démission.
« Moi, capitaine Kindjanhoudé, je lui donne 24 heures pour déposer sa démission. Lui et toute sa clique, son gouvernement y compris », déclare-t-il dans la vidéo.