En 2026, le Bénin ne choisira pas seulement un président.
Il choisira la direction de son destin.
Je suis de ceux qui ont vu notre pays douter. Je suis de ceux qui ont vu notre administration s'essouffler, notre crédibilité s'effriter, notre potentiel rester sous-exploité. Mais je suis aussi de ceux qui ont vu le Bénin se relever, se discipliner, se structurer et retrouver confiance en lui-même.
C'est en conscience, et avec un profond attachement à notre nation, que j'appelle à voter pour Romuald Wadagni.
Parce que le Bénin mérite la stabilité
Dans une sous-région secouée par les coups d'État, les transitions chaotiques et les ruptures institutionnelles, notre pays a tenu bon. Sous la présidence de Patrice Talon, le Bénin a fait le choix difficile mais nécessaire de la réforme, de la discipline et de la rigueur.
Ces choix n'ont pas toujours été confortables. Ils ont exigé des efforts. Mais ils ont produit des résultats : infrastructures modernisées, finances publiques assainies, image internationale restaurée.
Ce que nous avons construit ensemble ne doit pas être fragilisé par l'improvisation ou la tentation du retour en arrière.
Parce que les faits parlent
Depuis 2016, notre pays a levé des financements internationaux dans des conditions inédites. Il est devenu pionnier africain de la finance durable. Il a renforcé sa signature souveraine.
En 2020, la Banque mondiale a reclassé le Bénin parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur. Ce reclassement n'est pas une médaille symbolique : il reflète une transformation réelle.
Au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, notre pays a contribué à renforcer la souveraineté monétaire régionale.
Ces avancées ont un visage. Elles portent une méthode. Elles portent un nom : Romuald Wadagni.
Parce qu'il incarne une génération prête
Né à Lokossa, formé à l'élevage de lapins au centre Songhaï, passé par les plus grandes institutions académiques et financières internationales, ancien associé de Deloitte, Romuald Wadagni incarne une génération de dirigeants africains qui n'opposent pas enracinement et modernité.
Il connaît la terre. Il connaît les marchés.
Il comprend les réalités de nos producteurs, de nos entrepreneurs, de notre jeunesse.
Mais il sait aussi parler le langage des investisseurs et défendre les intérêts du Bénin dans les grandes arènes économiques mondiales.
Notre pays a besoin d'un président préparé. Pas d'un apprenti.
Parce que l'avenir de nos enfants est en jeu
Chaque élection engage plus qu'un mandat. Elle engage une génération.
Nos enfants méritent un État solide, respecté, capable de financer l'éducation, la santé, l'innovation et l'emploi sans hypothéquer l'avenir. Ils méritent une économie qui crée de la valeur ici, qui transforme localement, qui offre des perspectives au lieu d'exporter les talents.
Le Bénin est sur cette trajectoire.
Il serait irresponsable de l'interrompre au moment où elle commence à porter pleinement ses fruits.
Mon appel
Je n'appelle pas à voter par habitude.
Je n'appelle pas à voter par fidélité personnelle.
J'appelle à voter par responsabilité nationale.
En 2026, nous aurons le choix entre consolider une trajectoire exigeante mais prometteuse, ou ouvrir une période d'incertitude dont nous ne maîtriserons pas les conséquences.
Je fais le choix de la stabilité.
Je fais le choix de la crédibilité.
Je fais le choix d'un leadership préparé.
C'est pourquoi j'appelle, avec conviction et confiance, à voter pour Romuald Wadagni.
Parce que le Bénin mérite de continuer à avancer.
Parce que notre avenir mérite d'être protégé.
Parce que notre nation mérite un président prêt.
Arthur Tévoedjrè
Citoyen béninois engagé
De passage sur l'émission Focus de la télévision nationale , le 10 février 2026, Janvier Yahouédéou ministre conseiller à la présidence de la République, fait le bilan de la gouvernance de Patrice Talon . Il dit tout ….
BTV : Une décennie marquée par de profondes et sérieuses réformes, des réformes qui ont tout le mérite de mettre le Bénin sur les rails du développement, un Bénin qui séduit aujourd'hui et innove dans maints domaines, avec bien sûr pour maître d'orchestre le Président de la République Patrice Talon. Mais une question impérative se pose, que faire donc pour préserver les acquis et surtout maintenir la dynamique ? Et pour répondre à cette question, fil conducteur de ce débat, je reçois Janvier Yahouédéou, ancien député à l'Assemblée nationale, coordonnateur du Collège des ministres conseillers du Président de la République. Janvier Yahouédéou, merci d'avoir accepté notre invitation.
JY : Merci à vous, merci de m'avoir invité.
BTV : Et pour inaugurer ces échanges avec vous, nous allons mettre le curseur sur le magistère Talon, son originalité, ses clés et surtout l'héritage qui en découle. Quels sont les piliers et succès majeurs qui méritent d'être mis en lumière, mis en évidence et sauvegardés pour l'émergence du pays ?
Le leadership Talon, originalité, clés et héritage
JY : Monsieur le journaliste, ce qui retient mon attention en premier, c'est la restauration de l'autorité de l'État.
Aujourd'hui, le béninois dit facilement « nous sommes au temps de Talon, tu peux oser faire ça ? ».
BTV : Ça veut dire quoi ?
La rigueur
JY : Ça veut dire qu'avant, c'était le laisser-aller. Aujourd'hui, il y a donc le respect de la chose publique au Bénin. Et d'un point de vue de la qualité de la gestion, on peut également retenir que le Béninois est devenu beaucoup plus discipliné. La corruption a pris véritablement du recul avec la mise en place de certains instruments comme la CRIET.
BTV : La Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme.
JY : Avec cet instrument, la peur du gendarme a commencé à mettre un peu d'ordre dans la maison Bénin. Nous avons également l'autre instrument qui est chargé, disons, de la corruption en elle-même. Le Haut-commissariat de la prévention de la corruption est aussi une institution qui de plus en plus fait peur.
Pour ce qui caractérise la personne du président Talon, c'est la rigueur du travail. Lorsqu'une commande est passée auprès d'une entreprise, les cadres béninois ont aujourd'hui l'art d'aller vérifier si tout est respecté.
En exemple, la route Kpota - Ouèdo, qui à un moment donné était assez avancée. Un beau jour, j'ai constaté simplement que tout a été décapé. En effet, la réalisation ne respectait pas le contrat d'origine. Tout a été décapé, non pas aux frais de l'État, mais aux frais de l'entreprise qui n'a pas fait le travail conformément au cahier des charges. C'est juste un exemple pour illustrer la rigueur qu'il impose dans la gestion.
Je voudrais également souligner son courage.
En exemple je parlerais du devoir qu'il s'est donné à sa prise de pouvoir.
BTV : Quel devoir ?
Le courage
JY : Le devoir d'impopularité. Quel chef d'Etat n'aurait pas envie d'être applaudi à chaque coin de rue ? Mais le Président Patrice TALON a choisi de se faire passer pour impopulaire afin de forcer le développement du Bénin. Il faut être courageux pour ça, Monsieur le journaliste. Il l'a fait, avec le risque qu'à la fin de son mandat, il soit réellement impopulaire. Mais curieusement, c'est le contraire qu'on constate aujourd'hui. Patrice TALON est auréolé de tous et le peuple béninois ne souhaite même pas qu'il parte en réalité ;
Parce qu'il a fini par séduire. Sa rigueur a pris le dessus. Il a fait le job qu'on espérait de lui, et en mieux d'ailleurs. Le président Patrice Talon est pratiquement porté en triomphe par le peuple béninois à des hauteurs insondables. Et voyez, autour de tout ça, il y a une autre qualité qu'on reconnaît de lui, c'est l'humilité.
L'humilité
L'humilité en toutes choses. D'abord, c'est le premier président de la République à circuler sans motard, sans gyrophare et sans sirènes.
La discrétion totale. Pendant dix ans, à part les « 1er août », moi je n'ai jamais vu le président Talon circuler avec des motards devant. Tous les Béninois sont témoins.
Et on est loin de cet âge où même pour aller à Porto-Novo, le chef de l'Etat y allait en hélicoptère. Aujourd'hui, il nous a habitués à l'humilité. Le président de la République est très proche de sa population.
Très proche du peuple. On l'a vu plusieurs fois, à se mêler au peuple, à des spectateurs, à tout moment, partout. Ça, c'est ce qu'on appelle une humilité qui dépasse les bornes.
BTV : Il y a eu un peu comme une pédagogie par l'exemple, parce que ce cas que vous évoquez ne s'arrête pas seulement au président de la République. Il n'y a plus de gyrophares qu'on observe accompagnés également les ministres et autres autorités du pays.
JY : Tout à fait ! Et puis, vous avez vu, c'est un développeur discret. Tout ce qu'il a fait pour le Bénin, tout ce qu'il a fait pour ce pays, ça a été dans la discrétion. Personne ne l'a vu venir. Personne n'a vu quand est-ce que tout cela a été mis en musique, on a tout simplement vu tout sortir de terre, sans montrer du « c'est-moi ! ». C'est également une preuve d'humilité. Et cette humilité se manifeste même dans sa gestion au quotidien, dans son relationnel. Le Président Patrice Talon entretient des relations d'amitié avec ses collaborateurs directs. Ses collaborateurs, ses ministres sont ses amis. Autant tu fais mal, il te crie dessus, il te montre qu'il n'est pas content, mais la minute d'après, il te tire et rit avec toi.
BTV : Avez-vous des illustrations ? par exemple ?
JY : Mais c'est au quotidien ! En termes d'illustration, c'est au quotidien que nous vivons ça avec lui. Il disait de façon très humble une pensée que j'applique. Il disait « Lorsque vous n'avez pas le talent dans un domaine, il faut avoir tout au moins le talent d'aller chercher celui qui a le talent ». Ça veut dire quoi ? Quand on ne sait pas faire, il faut avoir l'humilité d'aller chercher ceux qui savent faire.
Dans le passé, vous savez comment ça se passait. On veut construire un immeuble à 50 étages. On s'en va chercher son cousin, Jean, à la maison.
Jean, on veut construire tel édifice. Est-ce que tu peux ? Jean répond « Je peux, tonton ! » alors qu'il n'a jamais construit une maison à deux étages. Ça fait combien ? On s'entend sur le prix. Bon, tu rajoutes ma part. On s'entend. Résultat, l'argent est décaissé, mais l'immeuble court des risques.
C'est ce qu'on a vécu, « le musée de la honte » à l'entrée de Porto-Novo, que nous avons été obligés de détruire.
La ponctualité
Il y a une autre qualité que tout le monde lui reconnait, c'est la ponctualité. La ponctualité pour le président Patrice Talon, c'est presque un culte. Sa rigueur par rapport à la ponctualité. Lorsqu'un rendez-vous est convenu pour 9h, vous êtes sûr qu'il y sera à l'heure. Et cette rigueur qu'il s'impose ne date pas d'aujourd'hui.
Il a toujours été comme ça. Je me rappelle qu'il y a une quinzaine d'années, à la veille d'une campagne électorale, il m'a appelé pour demander si je pourrais passer le voir car il voudrait me soutenir un peu pour les dépenses de campagne. Rendez-vous est pris pour le lendemain à 11h.
J'étais content, bien entendu. Mais vers 10h, le président Patrice Talon m'appelle et me prie d'accuser 15 minutes de retard.
BTV : Une heure à l'avance.
JY : Une heure à l'avance. Il m'appelle et me prie de lui accorder 15 minutes de retard. En d'autres termes, c'est lui qui veut me soutenir financièrement et c'est lui qui, en toute humilité, me demande encore de ne pas me fâcher pour 15 minutes de retard. En temps normal, dans les mêmes conditions, c'est vous qui l'attendez pendant 3 heures. Mais voilà le président Patrice Talon.
BTV : Disons, c'est un homme qui voue un culte à la ponctualité.
JY : Autre chose que j'ai retenue de lui, c'est d'avoir transformé mon pays, qui aujourd'hui a un nom.
Dans le passé, lorsqu'on vous demande à l'étranger, d'où vous venez, vous dites le Bénin. Le Bénin, c'est où ? Tous on avait qu'une référence. C'était le Nigéria.
Et pour ne pas indisposer son interlocuteur on l'excuse d'avance en précisant que c'est un tout petit pays à à côté du Nigéria. Mais aujourd'hui, et pas seulement aujourd'hui, dans très peu de temps, c'est plutôt d'autres pays qui vont prendre le Bénin comme point de repère.
BTV : Qu'est-ce qui nous fait dire que le Bénin est brillamment connu aujourd'hui ?
JY : A l'international, je vais vous donner un exemple tout simple.
Je quittais un pays européen pour aller en Asie. Arrivé au comptoir d'enregistrement à l'aéroport, je sors mon passeport et l'hôtesse me dit « Ah le Bénin, vous êtes Béninois ». « Le Bénin, c'est un beau pays » « Votre président, il est beau, il est mignon, il est toujours élégant ». « Ah le Bénin, j'ai envie d'aller au Bénin, moi. » Elle tapotait sur son clavier, mais elle parlait beaucoup plus du Bénin que de mes bagages. Et le jour-là, je m'en rappelle, j'avais des excédents, quelques kilos en trop et je me disais « à quelle sauce je serais mangé ? »
BTV : Elle a dû fermer les yeux là-dessus.
JY : Elle n'a même pas regardé, tellement le Bénin la préoccupait que j'ai obtenu ma carte d'accès sans rien payer. J'ai appelé ç « Bénin merci ». Le Bénin rayonne, le Bénin plaît, tout le monde a maintenant envie d'aller au Bénin. Et puis, autre chose que nous devons retenir, c'est l'effectivité des réformes. Je vous avoue qu'au début du règne du Président Patrice Talon, lorsque j'ai lu les réformes qu'il voulait engager, honnêtement, moi, je n'y ai pas cru.
Je n'y ai pas cru, je les trouvais un peu trop ambitieux. Alors, lorsque dix ans plus tard, tout est devenu réalité. Vous comprenez toute l'admiration qu'on peut avoir, toute l'admiration du peuple béninois par rapport à l'effectivité de ces réformes-là.
BTV : Alors, comme vous l'évoquez, nous allons donc aborder les réformes, les réformes Talon.
JY : Tous les secteurs ont été impactés.
BTV : Quels sont ces secteurs majeurs sur lesquels vous voudriez bien revenir et nous montrer un peu tout ce qui a été engagé comme action pour les sublimer davantage ?
JY : Je commencerai par le tourisme par exemple.
Le tourisme était presque inexistant, ce n'était pas visible en tout cas au Bénin. Mais qu'est-ce que le tourisme est devenu aujourd'hui au Bénin ? Le président Patrice Talon a compris très tôt que ça pouvait être un secteur générateur de revenus pour le pays. Vous savez, le tourisme, pour certains pays est un secteur qui génère véritablement de gros revenus. Prenons par exemple le tourisme religieux.
En termes d'hôtellerie, Lourdes est la 2ème ville qui a un nombre impressionnant d'hôtels, juste derrière Paris.
BTV : Lourdes qui est connue pour le pèlerinage marial ?
JY : Exact. Le Vatican par exemple n'a pas moins d'un milliard d'euros par an de revenus de tourisme. L'Arabie Saoudite reçoit pas moins de 170 milliards de dollars de recettes annuelles. Le tourisme religieux pour l'Arabie Saoudite représente la deuxième source de revenus après le pétrole.
BTV : À votre avis, qu'est-ce qui a été fait pour positionner justement le Bénin comme destination touristique phare ?
JY : Je commence par ce que nous venons de vivre, Vodou Days. Les Vodou Days, ce n'est pas une affaire de religion. C'est une affaire de visibilité du pays à l'international. Au lieu de prendre l'aspect culturel qu'il y a derrière le vodou et le vendre, dans le passé, nous avons choisi de mettre le vodou dans la poubelle pour raisons de perceptions religieuses.
Je disais dans mon livre « Etat d'urgence » paru en 2005 que si c'était l'Amérique qui était le berceau du vodou, les américains le chanteraient avec fierté tous les jours sur CNN pour mieux vendre cet avantage culturel comparatif parce que c'est authentique pour leur pays. Le président Talon et son gouvernement ont eu l'intelligence d'extraire l'aspect culturel de ce patrimoine et d'en faire une valeur. La première année du Vodou Days a connu autour de 100 000 visiteurs.
Deuxième édition, on est passé à plus de 400 000 visiteurs et la toute dernière plus de 700 000. Lorsque vous organisez des événements d'envergure internationale qui amènent des étrangers chez vous, c'est beaucoup d'argent. Je me rappelle aussi la foire internationale de Guangzhou en Chine.
Lorsque vous venez à la foire de Guangzhou, les hôtels qui coûtent habituellement 300 RMB la nuité, passent à 500, à 600, voire 700. Et pendant 15 jours, tous les hommes d'affaires, les restaurants, l'ananas que vous achetiez au marché à Guangzhou à 2 yuans, passe à 20 YUANS.
BTV : On va s'intéresser au cas béninois. On a vu toute une marée humaine à Ouidah. Qu'est-ce que cela rapporte au pays ?
JY : Aujourd'hui, déjà en termes d'hôtellerie, vous imaginez !!! Lorsqu'en quittant par exemple son hôtel à Cotonou pour aller à Ouidah, vous imaginez toutes ces découvertes sur le trajet ? Arrivé par exemple à Pahou, la vendeuse de Abla, Abla de Pahou trouve son compte. Un visiteur ayant mangé peut penser à son exportation ou fabrication industrielle ou même apprendre et aller imiter en Chine ou en Amérique. Les intérêts, c'est en série, c'est toute une chaine, depuis l'organisation, l'arrivée au Bénin jusqu'à la découverte et le retour des touristes ; Ce sont des devises qui rentrent au Bénin. Au-delà de ça, le Bénin devient très populaire et connu sur le plan mondial. A toutes ces ouvertures, lorsqu'on ajoute la qualité de la gouvernance du pays !
Examinez un peu la qualité des visiteurs. Parmi eux, il y a beaucoup de personnalités, des personnalités de très haut niveau, que ce soit de l'Amérique, que ce soit de l'Asie, etc. qui, viennent aujourd'hui au Bénin pour découvrir. Tout ça, ce sont des références. Ce n'est donc pas seulement les sous qu'on gagne mais ça donne une grande vue, une grande ouverture sur le Bénin qui aujourd'hui a un nom. Le Bénin a un nom à l'échelle internationale.
Aujourd'hui le Bénin peut lever des fonds extraordinaires sur les marchés internationaux facilement parce que le pays est connu. Nous, Béninois, nous sommes devenus fiers, fiers d'être Béninois.
BTV : Et il n'y a pas que le tourisme. On va s'intéresser un peu au quotidien des citoyens Béninois. On va prendre le secteur de l'eau, par exemple.
Quels sont les efforts qui ont été consentis afin d'alimenter les populations béninoises en eau potable ?
JY : Des efforts les plus incroyables ont été déployés. J'en avais parlé une fois sur votre plateau ici. Je ne parle pas des cas isolés, je parle des cas super compliqués.
Je prends les collines. Les gouvernants passés avaient annoncé au peuple qu'obtenir de l'eau potable dans les Collines relèverait du miracle, qu'il était impossible d'avoir de l'eau dans les collines.
En effet, lorsque vous y faites des forages, et que vous arrivez à trouver un peu d'eau, c'est un peu comme de l'eau dans un seau, dans une bassine. Comme l'eau ne circule pas avec une nappe phréatique normale, à un moment donné, dès que cette eau que vous avez trouvée dans cette bassine, dans ce seau d'eau, finit, le forage n'a plus d'intérêt.
Le président Talon a eu l'intelligence de transformer de l'eau de surface. C'est ça le projet Ayédjoko qui, associé à l'usine de traitement et de transformation de Gobé, a pu fournir avec les 2 millions de mètres cubes qu'on a pu réaliser, fournir de l'eau à Dassa, à Savè, à Glazoué.
Et on est en train de connecter en ce moment Savalou. Au-delà des 2 millions m3 de barrage que nous avons à Ayédjoko, ce qui est en cours, c'est LIFO qui est un barrage de 12 millions de mètres cubes qui va élargir le champ vers d'autres villes encore.
On avait aussi des problèmes d'eau, par exemple, à Akpakpa, parce que l'eau fournie par le château Maro-militaire ne suffisait plus avec sa pression à atteindre Akpakpa.
Aujourd'hui on a pu capter l'eau depuis Adjarra dans l'Ouémé et depuis environ deux mois, la question de l'eau à Akpakpa est totalement réglée. Il y a encore quelques problèmes encore à Cotonou ouest mais ça va être réglé, c'est en cours.
BTV : Mais qu'est-ce qui explique ce déficit d'eau de l'autre côté de la ville de Cotonou ?
JY : C'est à cause des suppresseurs mal installés dans les ménages. Mais le fond du problème est ailleurs. Au moment où Cotonou comptait moins de 100 000 habitants, les gouvernants n'ont pas pensé que Cotonou allait s'agrandir.
BTV : Il y a eu un galop démographique.
JY : Exact. Cotonou se limitait, disons, à Gbégamey, Cadjèhoun, Ganhi, Saint-Jean et se terminait à Sikècodji.
BTV : Akpakpa était considéré comme Cotonou 2.
JY : C'est bien ça. De l'autre côté du pont donc. Et Akpakpa s'arrêtait à PK3/PK4.
Dès que vous quittez PK4, c'est la brousse, à gauche et à droite de la voie. Après, bien après, vous tombez à Sémé. A partir de Sémé, c'est encore la brousse. Vous traversez la brousse pour atterrir à Porto-Novo.
Les quartiers comme Wologuèdè, Gbèdromèdé, Fifadji, Mènontin, Agla, Fidjrossè, Vèdoko, machin, machin, c'était des bas-fonds. ça n'existait pas. Le quartier Agla Hlazounto par exemple. Hlazounto signifie « aux abords de la forêt des hyènes ». Ca veut tout dire. Aujourd'hui Agla Hlazounto est devenu un beau quartier de Cotonou. L'étoile rouge par exemple, c'était un tas d'ordures qui faisait au moins 10 mètres de haut. Gamin, nous on montait jusqu'au sommet du tas d'ordures afin de dominer et voir Cotonou de haut comme la tour Eiffel à Paris. Le quartier saint-Jean Gbagoudo signifie « saint jean après le bas-fonds ». C'est pour vous dire que Cotonou était une petite ville. Et le système d'alimentation d'eau dans cette petite ville de Cotonou, c'est ça qui est resté jusqu'à aujourd'hui.
BTV : Il n'y a donc pas eu une politique anticipative en la matière ?
JY : Pas du tout. Rien. Nous n'avons rien fait. Nous avions eu des chefs d'Etat qui ne tenaient qu'aux honneurs dus à leurs fauteuils. C'est tout ce que nous avons fait de bien dans ce pays. Nous n'avons pas prévu que Cotonou s'agrandissait. Réflexion prospective ? zéro !
Aucun gouvernant en dehors de celui du Président Nicéphore Soglo ne réfléchissait en termes de prospectives. Personne n'a pensé que la population de Cotonou deviendrait si grande.
BTV : Concrètement, qu'est-ce qui a été fait pour corriger le tir ?
JY : Aujourd'hui, il y a des travaux en cours. Vous avez du mal à circuler dans Cotonou. C'est à cause des travaux en cours et en vue. Notamment au niveau du grand carrefour Toyota. Vous voyez tous ces de gros tuyaux qui sont en train d'être posés. Tout ça, c'est pour corriger.
BTV : C'est là qu'il y a eu des gros bouchons également.
JY : Il faut casser des oeufs avant d'avoir de l'omelette. En attendant, ce que la Direction générale de l'énergie et la SONEB recommandent aux Béninois, c'est de ne plus installer des suppresseurs juste à l'arrivée d'eau du compteur Soneb.
Pourquoi ? Pour avoir de l'eau au cinquième étage, vous installez votre suppresseur en bas à l'arrivée d'eau de la Soneb, ça pompe avec une certaine pression, mais au même moment, comme les canalisations étaient faites pour des petites maisons ça ralentit, ça affaiblit la pression, de sorte que ceux qui habitent au 1er ou plus ont du mal à avoir de l'eau. Il faut attendre deux heures ou trois heures du matin, au moment où les suppresseurs sont au repos chez certains, pour que l'eau puisse monter au 1er étage chez d'autres. Il faudrait donc qu'en termes de mesure palliative, provisoire, que les installateurs de suppresseurs le fassent avec un tonneau à côté de l'arrivée Soneb et que le surpresseur soit installé après ce tonneau. Ainsi la pression est faite sur le contenu du tonneau et non directement de l'arrivée pour éviter que cela réduise la pression pour tous les cotonois.
Des petits projets par-ci, par-là, il y en a énormément pour amener de l'eau partout au Bénin. En parlant d'eau, ça me fait penser à l'énergie.
BTV : À l'énergie. Lorsqu'on parle d'eau, on pense maintenant à l'énergie, vous savez tout ce qui a été fait.
JY : Vous vous rappelez du projet Maria Gléta, où nous avions dépensé des dizaines de milliards (45 milliards) pour zéro mégawatt de production d'électricité.
Aujourd'hui, c'est devenu réalité. Le Bénin produit aujourd'hui, par lui-même, rien qu'avec la nouvelle centrale de Maria Gléta, 127 mégawatts. Par nous-mêmes.
BTV : On parle d'autonomie énergétique.
JY : Bien sûr. Et depuis, 2 ou 3 mois, la centrale de Pobè est achevée et mise en service il y a quelques jours. Elle peut produire autour de 75 mégawatt. Tout ça au Bénin.
La réalité est que le besoin en énergie a augmenté. Regardez la GDIZ.
BTV : C'est un empire industriel.
JY : Exactement. C'est de l'énergie. Au moment où on les anciens gouvernants promettaient 80 mégawatts fictifs, le besoin était de moins de 200 mégawatts.
Mais aujourd'hui, le besoin d'énergie du Bénin, c'est de l'ordre de 380 mégawatts. Donc en dehors de ce que nous produisons, nous en achetons un peu au Nigeria et un peu à la CEB. Vous allez constater que ces derniers jours, on a quelques coupures.
BTV : Je voulais même y arriver. C'est vrai que sous le mandat du président Patrice Talon, le délestage a été conjugué effectivement au passé. Mais depuis quelques semaines, on observe des coupures de temps à autre.
JY : C'est juste. C'est parce que parmi nos fournisseurs, il y a le Nigeria. Je le disais tantôt.
Et justement, il y a eu une grosse panne au Nigeria. Donc du coup, une bonne partie de ce qui nous est destiné a été coupée. Donc on essaie d'équilibrer avec l'existant.
Mais ça aussi, c'est réglé.
BTV : C'est réglé ?
JY : Ça a été réglé. Les conduites qui servent de pipeline ont connu quelques fuites. C'est en train d'être réglé.
BTV : Vous rassurez donc les citoyens béninois.
JY : Oui, bien sûr. C'est une affaire de quelques jours. L'histoire du délestage, ça n'existe plus au Bénin.
C'est terminé ! Depuis à peu près, disons, 8 ans, le mot délestage n'existe plus dans le vocabulaire du béninois. Il est tellement habitué à la livraison continuelle d'énergie électrique que lorsqu'il y a les micro-coupures de 10 minutes, le béninois s'énerve.
Parce qu'on n'est plus habitué à ça. On n'est plus habitué. C'est révolu. Et le soudeur, et le tourneur, on est tellement habitué maintenant à avoir du courant à plein temps que même des micro-coupures dues à quelques événements inattendus, sont devenues un cauchemar pour le Béninois aujourd'hui. Donc, franchement, nous, on a atteint un certain niveau. Le Béninois plane.
On a atteint un certain niveau. Nous sommes fiers. Le Béninois est devenu un peu fier.
À l'exemple des marchés. Les marchés modernes construits de part et d'autre au Bénin. Récemment, il y a quelques mois, des Béninois vivant dans un pays étranger ont commencé à être emmerdés et chassés des marchés. Je ne vous dis pas. Je ne sais pas si vous êtes très habitués aux réseaux sociaux, mais les Béninois étaient fiers de s'en moquer « c'est marché ça ? venez voir ce qu'on appelle marché chez nous ». Tout ça, ça n'a l'air de rien du tout, mais ça fait plaisir.
BTV : Il y a une floraison du marchés modernes au Bénin, implantés sur toute l'étendue du territoire national.
JY : Tout à fait. On a inauguré le dernier à Cococodji. Très beau marché. Juste avant, c'est celui de PK3 qui a été ouvert.
BTV : Qui remplace désormais Missèbo.
JY : Très grand marché international. Nigériens, Congolais, Béninois, Togolais, etc. ils y sont. Ça fait très beau.
Je parlerais également des routes, les routes et leur qualité. Vous pouvez poser la question à tout citoyen béninois lambda, il vous répondra que lorsque le bitume ne fait 10 centimètres d'épaisseur, ce n'est pas une réalisation du gouvernement Patrice TALON.
BTV : Donc, c'est des routes qui sont faites pour durer. On a vu des routes qui ont été construites et reconstruites.
JY : C'est même pas bien d'en parler, parce que ça fait honte. Ça fait honte. Si je prends par exemple la route Kpédékpo – Ouinhi. J'étais à l'inauguration de cette route depuis Kpédékpo. On a applaudi, on a dansé, mais un an après, cette route n'existait plus. Pourtant, c'est à grands frais que ça a été fait. Aujourd'hui, allez voir ce qui se passe. C'est des routes épaisses, créées, faites pour durer.
Et comme dit notre président, lorsque le pauvre veut dépenser, il faut qu'il le fasse dans la qualité afin que ça dure. Et c'est ce que nous sommes en train de faire, en train de démontrer.
En termes de voies bitumées, le président Patrice Talon avait promis aux béninois qu'il allait tout faire pour relier les chefs-lieux de nos départements par des voies bitumées. Aujourd'hui, à l'heure du bilan, c'est chose faite. Lorsque vous quittez Cotonou, pour aller à Malanville, c'est-à-dire du bas au point extrême haut du Bénin, c'est du goudron. Dans le passé, lorsqu'on a en projet un voyage vers Kandi ou Malanville, franchement, on avait peur de rentrer dans la voiture.
Moi qui ai fait le tour du Bénin, je peux vous dire, de Cotonou jusqu'à Malanville, de Kandi à Banikoara, jusqu'à la frontière de Burkina, etc. Il n'y a pas que le bitume qui relie les différentes communes du pays.
BTV : Il y a également le projet d'asphaltage qui a changé le visage de nos villes.
JY : Totalement. C'est-à-dire qu'à l'intérieur d'une commune, vous avez du bitume. Et vous vous rappelez, lorsque vous quittez, par exemple, Bohicon pour aller à Djidja, c'est la poussière intense.
Il y a même un adage qui dit, un dicton, « c'est une vieille femme qui monte sur la moto pour aller à Djidja ». Et on vous répond « Vive la poussière ! »
Aujourd'hui, c'est à 150 km à l'heure que vous roulez pour aller à Djidja. La route qui mène d'Abomey ou Bohicon à Agbangnizoun, c'est fou ! Vous vous retrouvez en moins d'une heure dans le Couffo et le Mono. C'est beau, tout ça.
Et on ne peut être que fier. Je voudrais également aborder un autre aspect. Il y en a tellement, je pense qu'on a pas le temps de tout dire.
BTV : On va s'intéresser un peu à l'éducation qui est une clé d'avenir. On a constaté à l'heure du bilan que les résultats scolaires se sont nettement améliorés. À quoi cela est-il dû ?
JY : La première raison, c'est qu'il n'y a plus de grèves.
Plus de grèves. A tel enseigne qu'aujourd'hui les parents d'élèves sont heureux d'aller inscrire leurs enfants dans les écoles publiques.
BTV : Ce qui n'était pas le cas.
JY : Ce qui n'était pas le cas. Ce qui n'était pas du tout le cas. Et dans les zones, dans les villages, dans les zones déshéritées, au cours primaire, les enfants sont aujourd'hui nourris à travers les cantines scolaires.
Le parent qui est en situation modeste et qui ne sait pas trop comment s'en sortir, voit l'Etat qui l'aide afin que son enfant puisse manger à l'école, ça l'encourage à envoyer l'enfant à l'école. Donc le taux de scolarisation a grimpé. Et autre chose, lorsque vous faites tout ça en termes d'éducation, l'enfant réussit, il se présente à un concours, on est sûr qu'il va réussir s'il est bon.
BTV : Pourquoi ?
JY : Vous vous rappelez que les enfants des riches, des hommes politiques bien que vivants en Europe réussissent à des concours passés au Bénin sans avoir composé. Cette époque est révolue.
Aujourd'hui, même l'enfant du pauvre, s'il a un bon niveau, il peut réussir à tout concours. Ça, c'est des éléments que nous ne vivions pas au quotidien. Il y a aujourd'hui une transparence qui est observée dans l'organisation des concours, de la fonction publique.
Tout, ce n'est pas parce qu'aujourd'hui je suis bien placé, député, ministre ou autre, que je veux avoir une influence sur les résultats d'un concours. Ce n'est pas possible.
BTV : On ne parle plus de concours frauduleux.
JY : Les concours frauduleux c'est terminé. L'une des raisons qui facilite tout ça, c'est la dématérialisation de toute chose, la digitalisation. Autre chose que nous ne percevons pas.
Cette digitalisation, je voudrais bien qu'on s'y attarde. Parce qu'aujourd'hui, on remarque une célérité dans la délivrance des actes administratifs.
BTV : Exact.
JY : Aujourd'hui, vous avez besoin de votre acte de naissance, de votre casier judiciaire ou n'importe quoi. Même à 3 heures du matin, rien qu'avec votre portable, en un clic, il suffit de taper « Je veux mon acte de naissance ». Vous payez en ligne. Dix minutes après, vous l'avez sur votre portable.
Dans le passé, un, vous deviez vous déplacer, quitter Natitingou ou Abomey, pour vous rendre à votre lieu de naissance. Si vous vivez aujourd'hui à Cotonou alors que vous êtes né à Parakou ou Kandi.
Vous êtes obligé de faire le grand déplacement pour aller vers la commune de naissance, pour faire la demande. Non seulement vous allez les frais de transport pour aller à l'endroit, mais mieux, si vous faites la demande, vous payez non seulement le coût officiel mais suite à la demande si vous le laissez pas quelque chose à l'agent, ce qu'on appelait « un caillou ». Si vous ne laissez pas un caillou sur votre dossier, le vent va l'emporter.
BTV : Les dessous des tables.
JY : Les dessous des tables. Au Bénin nous appelions ça caillou, qu'on met sur le document. Aujourd'hui, il n'y a plus de caillou à mettre sur une demande. Et lorsque le document vous est délivré en ligne, vous n'avez plus besoin de refaire le trajet retour. Tout ça prenait des jours et des jours. Ce sont donc des économies terribles qui sont faites aujourd'hui dans les poches des Béninois, des citoyens.
BTV : Et c'est un signe de développement. On est très en avance
JY : Le Bénin est très en avance sur son temps. Je parlerai également des stades.
BTV : Les stades Omnisport.
JY : Les stades Omnisport. C'est pour encourager le sport dans tout le pays. Il y a de beaux stades, de très beaux stades modernes, avec du gazon synthétique. Le sport à la base est occupé sainement également à la jeunesse. Sainement dans des dizaines de communes aujourd'hui au Bénin, nous avons ces stades-là. Il y a tellement de choses à dire que je me demande s'il ne faut pas passer à autre chose.
BTV : Quel homme et femme, au pluriel, pour garantir la durabilité de ce modèle ? Parlant de la préservation et de la consolidation des acquis, il faut un leadership capable d'incarner la dynamique. Quid du choix Romuald Wadagni ?
JY : Lorsque vous parlez de durabilité du modèle, le premier garant de cette durabilité, c'est le peuple Béninois. J'ai plutôt peur à la place des futurs remplaçants du président Patrice Talon.
Parce que le président Patrice Talon a mis en place des repères. Et le garant de ces repères, c'est le peuple. Le prochain président qui fera mal, c'est le peuple qui lui dira « ce n'est pas comme ça, que ça se fait, c'est pas comme ça que ça se passe ». Donc, en termes de durabilité, nous avons déjà les protecteurs de cette œuvre, de ce niveau atteint par le président Talon.
Et vous avez parlé du candidat Wadagni. Je pense qu'il est le meilleur d'entre nous. C'est vrai, c'est lui qui a été choisi.
BTV : Quels sont les critères qui ont pu militer en sa faveur ?
JY : Je crois qu'il a le fait qu'il a été au cœur du système. Il maîtrise tous les dossiers sensibles de l'État.
Il est jeune. Il incarne l'avenir. Il est dynamique. Il est cultivé. Il aime le beau. Pour le peu de temps que j'ai eu à faire à ses côtés, j'ai découvert ce qu'il représente. J'ai compris pourquoi le président Paton l'a choisi. Je ne vois pas parmi l'équipe qui pouvait faire mieux. Son dynamisme, son savoir-faire, c'est ça qui a aidé le président Talon et sa gouvernance à s'ouvrir des portes auprès d'un certain nombre de partenaires financiers.
Et si la dynamique doit continuer, nous devons continuer par inspirer confiance. Je pense que c'est un très bon choix.
BTV : Qui parle de Romuald Wadagni parle de gouvernance. Alors dites-nous, de quelle dynamique politique et partisane dépend la marche durable du Bénin vers le progrès ? Consensuelle ? Unitaire ? Démocratique ?
JY : Consensuelle. Consensuelle parce que la priorité est donnée au développement. La guéguerre des idéologies n'a plus de place dans notre pays. Et le président Patrice Talon l'a répété N fois. Il a même invité le président Yayi Boni pour qu'ils en parlent.
Quoi faire ? Démocrate ? Républicain ? Ça c'est pour ceux qui sont rassasiés. Mais pour un pays qui est en train de se construire à une vitesse vertigineuse, on n'a pas le temps de rentrer dans ça. Comment faire pour que notre pays se développe ? Républicain ? Démocrate ? On veut se développer. Et notre pays est en train de se passer à une autre vitesse. Le Bénin a ses repères aujourd'hui et a pris son envol. Plus rien ne va nous faire reculer.
Ca sert à rien de se dire bon on veut ci, on veut ça. Et le président Patrice Talon l'a dit à maintes reprises, si le meilleur candidat pouvant continuer l'oeuvre, son œuvre est identifié dans l'opposition, qu'il n'hésiterait pas à lui faire appel, qu'il irait le chercher. Ça justifie mon choix, ma réponse par rapport à ce que vous me demandiez : préférence consensuelle.
BTV : C'est ça ce qu'il nous faut pour la pérennité. Il faut donc éviter les guéguerres et les querelles politiques au nom du développement.
JY : Exact.
BTV : D'où l'adhésion citoyenne autour de la vision Bénin 2060 ALAFIA. Une vision futuriste et très ambitieuse qui projette le développement de notre pays à l'horizon 2060. Une boussole de développement.
JY : Tout à fait. Je pense que les Béninois ont suivi. C'est une boussole. Comme toutes choses un peu ce que nous avions vu avec le président Talon, quand il décrivait le PAG 1 et par la suite le PAG 2, on se demandait est-ce que c'est réel, est-ce que c'est faisable. Mais avec la volonté, avec un peu d'endurance, je pense que nous sommes en train de voir que ça a été réalisable. Aujourd'hui, cap sur 2060.
Dans 35 ans, qu'est-ce que le Bénin va devenir ? C'est ça ce que nous avons dit et c'est ça ce qui va se réaliser. Les Béninois ont déjà pris le goût du développement et ça va se faire.
BTV : Abordant pour finir, les élections législatives et locales qui ont eu lieu dernièrement. Quelles lectures faites-vous des dernières élections législatives et locales, élections couplées, lectures notamment par rapport au taux de participation ? Le taux de participation est de 36-37%. Ça paraît, disons, faible.
JY : Faible, mais en réalité pas du tout faible. Pourquoi ? C'est le maximum qu'on devrait avoir, je dirais. Dans le passé, le référentiel, c'était la liste électorale.
C'est-à-dire, qu'à trois mois des élections, on demandait aux citoyens, à ceux qui ont envie d'aller voter d'aller s'inscrire. Cela aboutit à ce qu'on appelait la liste électorale. Ceux qui étaient en âge de voter vont confirmer. Les primo- votants, c'est-à-dire les nouveaux 18 ans, s'en vont, s'inscrivent. Les anciens électeurs vont confirmer qu'ils sont toujours vivants et leur désir d'aller voter.
On avait une liste électorale peut-être de 4 millions d'inscrits. On va aux élections, le taux de participation se calcule par rapport au nombre d'inscrits sur la liste électorale. Sur les 4 millions d'inscrits, si on a par exemple 2,5 millions de votants, on voit que le taux de participation, ça va déjà dans les 60 ou 70%.
Aujourd'hui, ce n'est plus ça. Le référentiel, c'est une base de données. Cette base de données, qui est devenue la liste électorale, est composée de tous les citoyens en âge de voter. Que ce soit ceux qui ont envie de voter ou pas, ceux qui sont en voyage et autres, ils sont tous dans cette base. Alors, je comprends cette référence-là.
Si on applique le taux, c'est forcément bas. Mais si on avait fait une liste électorale, ce taux serait largement au-delà.
BTV : A votre avis, on ne saurait donc pas parler du faible taux de participation ?
JY : Pas du tout. L'autre raison, je dirais que tous les acteurs, tous les électeurs possibles, toutes tendances confondues, ont été votés. On a vu la participation des démocrates, c'est-à-dire que les militants de l'opposition sont allés voter pour les leurs. Pareil pour ceux de la mouvance présidentielle. Et il s'agit d'une élection, disons à la base d'une élection locale. Ça veut dire que tous les Béninois qui sont candidats, toutes tendances confondues, qui veulent être chef de village, chef d'arrondissement, maire, député, eux tous avaient fouetté leurs parents et amis pour aller voter.
Ça veut dire que le paquet, le maximum a été voté. Tous ceux qui ont envie d'être candidats, d'être élus, avaient intérêt à aller voter, à aller faire voter leurs parents. Donc, on ne pouvait pas avoir plus.
BTV : Que faire donc pour qu'il y ait une certaine amélioration de ce taux de participation pour le compte de la présidentielle à venir ?
JY : Il y a beaucoup de choses que nous allons faire. Même si on obtenait 30-35%, c'est le maximum possible dans ces conditions. Mais c'est possible d'améliorer.
BTV : En quoi faisant ?
JY : Je voudrais d'abord expliquer qu'aller voter, ce n'est pas seulement un droit, mais c'est un devoir. C'est un devoir. Dans certains pays, ce n'est pas seulement un devoir, c'est une obligation.
En Belgique par exemple, depuis 1893, aller voter c'est une obligation. Lorsque vous n'allez pas voter, vous êtes puni d'une amende. Pareil au Luxembourg.
En Australie, pareil. En Australie, lorsque vous n'allez pas voter, vous payez une amende, je crois de l'ordre de 20$. Au Brésil, c'est pire.
Lorsque vous n'allez pas voter au Brésil, non seulement vous payez l'amende, mais vous perdez un certain nombre de droits. Par exemple, vous ne pouvez pas obtenir votre passeport. Vous ne pouvez pas aller à un concours parce que vous n'avez pas été voté. Vous êtes un mauvais citoyen.
Loin d'être un acte banal, c'est plus qu'un devoir. C'est un devoir. Moi, j'inviterais les Béninois à aller voter.
Si moi j'étais président de la République, j'appliquerais au Bénin cette obligation-là. Tout simplement. Car si tout le monde restait chez lui le jour du vote, et considère que le vote c'est pour les autres, est-ce que le pays aurait un nom ? Surtout, ce qui est curieux parfois, je constate, c'est le cadre béninois.
Les populations dans nos villages vont voter. En général, les populations sortent pour aller voter. Ceux qui sortent peu, c'est curieusement les fonctionnaires.
Ceux qui bénéficient des avantages de l'État, c'est eux qui ne vont pas voter. Et je disais, si moi, j'étais président de la République, avant de faire des promotions, il faut aller vérifier si c'est celui à qui on veut faire promotion, et s'il est un bon citoyen. Mais au-delà de ces aspects contrayants, pour revenir au Bénin, j'inviterais le peuple béninois à soutenir le niveau atteint par notre pays.
Pour moi, le vote du 12 avril constitue une date où nous devons soutenir, montrer que nous sommes réellement fiers, montrer que la dynamique doit continuer, que le Bénin ne doit pas reculer, que nous avons monté notre refus pour ce recul et contre le développement.
BTV : La télévision, vous le savez très bien, c'est une affaire de timing. Nous tendons vers la fin de cet entretien. Votre mot de la fin ?
JY : Je voudrais bien dire deux petits mots.
Première chose, c'est que beaucoup pensent que c'est le président Patrice Talon qui est auréolé. Cette fierté du peuple béninois, nous la devons à ce peuple. Ce n'est pas le mérite du président Patrice Talon seul.
Si on considère le pays, le Bénin, comme une belle maison construite, les ouvriers qu'on devait féliciter, c'est le peuple béninois. C'est le peuple béninois qui a serré la ceinture, soutenu son président pour qu'on atteigne ce niveau de beauté, de développement de notre pays. Le président Patrice Talon est juste, le chef d'équipe.
Et c'est en cela que nous disons qu'il a été un bon leader, un bon chef. Mais le mérite revient au peuple béninois que je félicite.
BTV : Vous soutenez donc qu'il faut une appropriation citoyenne de ce leadership.
JY : Absolument, il faudrait que le Béninois sente que le Bénin d'aujourd'hui, c'est le fruit de ses efforts, la sueur de son front. Il n'a pas à en palir, il doit être fier de cela. Et nous devons également observer l'unité autour de notre pays, autour de ce que nous avons en commun, le Bénin. Un pays de paix, un pays qui se développe. Et j'invite donc pour cela, pour que la dynamique puisse continuer, j'invite tout le peuple béninois à aller voter massivement le 12 avril prochain pour soutenir la dynamique.
BTV : Et ce sera donc tout pour cet entretien avec vous Janvier Yahouédéou.