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Le Potentiel : « La justice ouvre un dossier contre Matata Ponyo »

Radio Okapi / RD Congo - ven, 07/05/2021 - 10:16

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Revue de presse du vendredi 7 mai 2021


Plusieurs sujets sont à la Une des journaux parus vendredi 7 mai à Kinshasa : dossier judiciaire ouvert contre Matata Ponyo, destitution du gouverneur Zoe Kabila, l’état de siège…  

Catégories: Afrique

Covid-19 : Spoutnik «Light», la version allégée du vaccin russe homologuée

RFI (Europe) - ven, 07/05/2021 - 10:16
C’est un vaccin plus facile à produire et à utiliser, puisqu’il suffira d’une seule dose pour l’administrer : « Spoutnik Light » est la version allégée de « Spoutnik V ». Moscou annonce son homologation et sa prochaine mise sur le marché. Avec une cible : les pays qui font face à une flambée soudaine de Covid-19.
Catégories: Union européenne

After the Korean War: An Intimate History

Politique étrangère (IFRI) - ven, 07/05/2021 - 09:30

Cette recension a été publiée dans le numéro de printemps 2021 de Politique étrangère (n° 1/2021). Rémy Hémez propose une analyse de l’ouvrage de Heonik Kwon, After the Korean War: An Intimate History (Cambridge University Press, 2020, 332 pages).

La guerre de Corée (1950-1953) fut avant tout une guerre civile. Depuis quelques années, la recherche a régulièrement mis en avant cet état de fait, mais cet essai nous en donne un nouvel éclairage. Heonik Kwon, professeur d’ethnographie au Trinity College de l’université de Cambridge et auteur de livres remarqués sur le conflit vietnamien et la guerre froide, propose en effet, à partir d’un travail historique et d’une « ethnographie intime », une réflexion sur la parenté comme terrain essentiel du politique. Ce que l’auteur décrit, c’est une forme de violence de masse à l’intersection de la sphère privée et de l’État.

Dans un premier temps, Heonik Kwon montre les conséquences de la guerre sur des Coréens n’ayant eu aucun rôle militaire pendant ces trois années de combats. En plus des massacres, beaucoup souffrirent de « blessures sociales » résultant de pratiques préventives ou punitives. L’auteur décrit par exemple le daesal, ou mort par substitution : si un « collaborateur » n’était pas « disponible » pour subir la condamnation, un membre de sa famille devait prendre sa place. Plus loin, l’auteur approfondit cette notion de « culpabilité par association », très présente en Corée du Sud jusque dans les années 1980. Les proches d’un supposé « gauchiste » pouvaient être surveillés et les familles ayant des ancêtres catégorisés sympathisants communistes – une « ligne de sang rouge » – étaient régulièrement victimes de restrictions de leurs droits civiques. Un facteur a contribué à renforcer cette « violence intime » : la nature extrêmement fluctuante du front, les victimes devenant les perpétrateurs, et inversement, au fil de son évolution géographique.

La question des familles séparées est également abordée, et l’auteur met en avant un point important : cette séparation ne résulte pas seulement de mouvements de réfugiés, mais aussi d’actions des deux belligérants pour mettre la population « à l’abri » de l’influence de l’adversaire. Une fois la séparation actée, ces familles se trouvaient dans une position précaire, celle d’un ennemi potentiel en raison de ses liens avec des habitants de l’État ennemi. Pendant des années, cette culpabilité collective a provoqué des crises morales dans de nombreuses familles écartelées entre le désir de se réunir et la crainte de se voir accusées.

Dans la dernière partie de son essai, l’auteur décrypte l’évolution des commémorations en Corée du Sud, ainsi que celle des représentations de la guerre dans les films et les romans, mettant en particulier l’accent sur les changements autour de la notion de fraternité Nord-Sud. Au final, Heonik Kwon offre une lecture indispensable à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire contemporaine de la péninsule coréenne. Son essai est, à ce jour, un des récits les plus humains sur l’héritage durable de la guerre de Corée. Avec des détails historiques captivants et des cadres conceptuels innovants, l’auteur nous ouvre de nouvelles perspectives sur la conflictualité, la réconciliation, l’histoire et la mémoire. Pour lui, ce n’est qu’en respectant « le droit des morts à se souvenir » que nous pourrons vraiment dépasser les séquelles de la guerre froide, et « établir les amitiés et les solidarités nécessaires aujourd’hui ».

Rémy Hémez

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Ukraine: la visite à double détente d'Antony Blinken

RFI (Europe) - ven, 07/05/2021 - 09:11
Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken était ce jeudi 6 mai à Kiev. Il s’agissait là de la première visite officielle en Ukraine d’un haut responsable de l’administration Biden depuis le coup de chaud militaire avec la Russie il y a un mois aux frontières de l’Ukraine. Le chef de la diplomatie américaine a rappelé le soutien indéfectible des Etats-Unis à l’Ukraine, alors que Kiev et Washington estiment que Moscou n’a rappelé que 3500 soldats aux casernes, et que des dizaines de milliers de militaires russes restent aux portes de l’Ukraine. Mais la visite d’Antony Blinken, un proche de Joe Biden, comportait un autre agenda, un peu moins officiel celui-là, réparer la relation entre l’Ukraine et les Etats-Unis, fortement dégradée lors de la présidence de Donald Trump
Catégories: Union européenne

Élections locales britanniques: victoire historique des conservateurs à Hartlepool

RFI (Europe) - ven, 07/05/2021 - 08:54
Au Royaume-Uni, le dépouillement a commencé après une grande journée d’élections locales hier, jeudi 6 mai, qui pourraient avoir de profondes implications sur l’avenir du Royaume-Uni et sur le Parti travailliste. En Écosse, les indépendantistes de Nicola Sturgeon espèrent remporter une majorité absolue pour réclamer un second référendum d’autodétermination, mais le résultat n’est pas attendu avant samedi. En attendant, en Angleterre, dans la circonscription de Hartlepool qui devait élire un nouveau député, les conservateurs viennent de remporter une large victoire devant les travaillistes, du jamais vu dans cette circonscription. Le labour a lui-même reconnu un résultat « dévastateur »
Catégories: Union européenne

Sommet social à Porto: vers une Europe plus sociale

RFI (Europe) - ven, 07/05/2021 - 08:11
Les chefs d'Etat et de gouvernement européens se réunissent ce vendredi 7 mai et samedi 8 mai 2021 en Sommet social à Porto. Objectif affiché de la présidence portugaise : donner une impulsion politique au modèle social européen.
Catégories: Union européenne

RDC : des groupes armés prêts à se rendre aux nouvelles autorités militaires du Nord-Kivu

Radio Okapi / RD Congo - ven, 07/05/2021 - 07:53


Quelques groupes armés actifs dans les territoires de Lubero et Walikale (Nord-Kivu) adhèrent à l’idée de la mise en place d’un état de siège, tel que décrété par le chef de l’Etat. Ils annoncent par la même occasion leur volonté d’abandonner la lutte armée et d’œuvrer pour la paix et la stabilité de la province, a indiqué jeudi 6 mai le coordonnateur du processus du Désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire (DDRC) dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

Catégories: Afrique

Mali : le président de la transition Bah N'Daw reçoit les responsables du M5

RFI /Afrique - ven, 07/05/2021 - 02:31
Le président malien de la transition Bah N’Daw a rencontré jeudi à Bamako pour la première fois le M5, mouvement qui a contribué à la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Le porte-parole du M5 a été très critique à l’égard de la transition en cours et a demandé une rectification.
Catégories: Afrique

Tchad : le ministre de la Défense assure que la situation est «sous contrôle» dans le Kanem

RFI /Afrique - ven, 07/05/2021 - 02:07
Le ministre de la Défense, Daoud Yaya Brahim, a affirmé, lors d'une conférence de presse le 6 mai 2021, que la situation est « sous total contrôle » dans le Kanem et que des opérations de ratissage sont toujours en cours. Dans cette province, des combats ont opposé les forces armées tchadiennes et les rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact) en incursion depuis le 11 avril, jour de l'élection présidentielle.
Catégories: Afrique

Elections à l'Ordre des architectes du Burkina : Ça grogne !

Lefaso.net (Burkina Faso) - ven, 07/05/2021 - 01:34

Cette année 2021 verra les membres de l'Ordre des architectes du Burkina reélire les conseils de l'ordre et leur président. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, des jeunes candidats ont lancé une grande campagne sur les réseaux sociaux. Cette stratégie de communication constitue, selon le conseil actuel, une violation des textes en vigueur. En représailles, il a obtenu, à l'issue de son Assemblée générale extraordinaire, la réouverture des candidatures à tous les postes, permettant ainsi au secrétaire général actuel du conseil de déposer sa candidature au poste de secrétaire général adjoint. Pourtant selon les textes, un candidat ne peut faire deux mandats successifs. Ces sujets alimentent les débats ces derniers jours.

Le 14 mai 2021, les architectes seront appelés à voter les hommes et les femmes qui vont diriger leur organisation et porter plus haut leurs attentes. Pour ces élections, 11 postes sont à pourvoir. A une semaine du scrutin, la tension ne cesse de croître. Les raisons ? Le lancement d'une campagne sur les réseaux sociaux par des jeunes candidats et la candidature du secrétaire général (SG) actuel au poste de SG adjoint.

Afin de mettre les uns et les autres sur le même niveau de compréhension, le président de l'Ordre des architectes, Fabien Ouédraogo, a laissé entendre que les textes essentiels de l'Ordre ne prévoient pas de campagne électorale proprement dite. « En tout état de cause, les textes interdisent toute forme de publicité qui ne porte pas sur des projets d'architecture, et toute forme de publicité tapageuse », insiste-t-il. En cas de non-respect de ces principes, les concernés peuvent être traduits en conseil de discipline, prévient M. Ouédraogo. En ce qui concerne la candidature du SG actuel, cela n'est pas une première dans l'histoire du Conseil de l'Ordre des architectes du Burkina.

Le président de l'Ordre des architectes

Il y a eu des précédents où certains ont fait plus de deux mandats mais à des postes différents par manque de candidatures. C'est du moins ce qu'a confié le président. Cependant, l'Assemblée générale statuera in situ sur ce cas. Réagissant sur son compte Facebook, Lahousséni Tahar Ouédraogo n'est pas passé par quatre chemins pour cracher ses vérités au Conseil de l'Ordre des architectes. Selon lui, ces aînés ont échoué à obtenir l'épanouissement de la profession. « Nos promotionnaires ont échoué. Alors pourquoi ruser pour retirer leur chance à nos petits frères s'ils veulent prendre leur destinée en mains ? », se questionne-t-il.

Il va jusqu'à contredire le président de l'Ordre. « Absolument aucun article de nos textes n'interdit de recourir aux médias pour la campagne électorale. Mais pourquoi l'Ordre actuel veut-il interdire aux jeunes architectes candidats de battre campagne comme bon leur semble, dans les médias notamment ? », martèle-t-il.

Révolutionnaire dans l'âme, Tahar Ouédraogo a dit sa disponibilité à accompagner à ces élections, tous les candidats d'un vrai changement. Car, dit-il, les magouilles, les conflits d'intérêt flagrants, les coups bas sous la ceinture des concurrents et les intimidations via la chambre disciplinaire sont le quotidien des architectes burkinabè depuis 10 ans.

Lahousséni Tahar Ouédraogo

Il en veut pour preuve, l'épisode du concours du Mémorial Sankara où le lauréat a été braqué et dépouillé de sa victoire « avec le soutien du Conseil de l'Ordre mais aussi l'annulation du concours de la CAMEG pour conflit d'intérêt entre les membres du Conseil de l'Ordre qui participent aux concours ». La liste est longue ! Cependant, tout espoir ne semble pas encore perdu. L'Assemblée générale à laquelle a lieu les élections est celle où on enregistre le plus fort taux de participation.

Les architectes se mobilisent donc pour choisir ceux qui vont diriger leur organisation et répondre à leurs aspirations profondes. Veiller à la discipline au sein de l'ordre et au respect par ses membres des textes réglementaires et des principes déontologiques qui régissent la profession ; veiller au contrôle et au maintien de la moralité de ses membres sont entre autres les missions assignées à l'Ordre. Le président Ouédraogo invite tout jeune qui a des aptitudes pour le métier à ne pas hésiter.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Manifestation des élèves : « Aucune perturbation ne peut résoudre une crise », lance Elvis Somda, président de l'AEEEF

Lefaso.net (Burkina Faso) - ven, 07/05/2021 - 01:30

Les nouvelles réformes éducatives entreprises par le gouvernement burkinabè continuent de faire de gorges chaudes. Depuis quelques temps, des élèves manifestent dans certaines villes du pays pour dire non à des « innovations majeures » dans l'organisation des examens de fin d'année et la suspension des activités culturelles dans les établissements scolaires. Cependant, pour le président de l'Association des élèves et étudiants pour l'émergence du Faso (AEEEF), ces réformes sont essentielles pour le système éducatif burkinabè. D'où son appel à l'endroit de ses camarades élèves à savoir raison garder et à prôner le dialogue.

Elvis Somda est le président de l'Association des élèves et étudiants pour l'émergence du Faso (AEEEF). Cette structure qui a été créée en 2011 suite à la « crise Justin Zongo », regroupe les élèves et étudiants, ainsi que la coordination des délégués généraux des élèves de la région des Hauts-Bassins. Elle veut ainsi être un cadre d'échanges entre les élèves, les autorités administratives et les acteurs du monde éducatif, afin d'éviter les grèves notoires en milieu scolaire. Aussi, elle permet, à travers ses membres, d'interpeller les autorités pour qu'elles travaillent dans l'intérêt général des élèves et étudiants, dans le cadre scolaire et estudiantin. Selon son président, Elvis Somda, ces dernières grèves des élèves observées dans certaines localités du pays sont dues à une désinformation.

« Nous pensons qu'il y a une désinformation ou incompréhension, c'est pourquoi nous invitons nos camarades à aller à la source de l'information. A Bobo-Dioulasso, nous avons pu approcher la direction régionale de l'enseignement post-primaire et secondaire des Hauts-Bassins pour mieux comprendre ces nouvelles réformes éducatives. A l'issue des échanges avec le directeur régional et ses techniciens, nous avons compris que ces réformes ont plus d'avantages que d'inconvénients pour les élèves. Bien avant cette rencontre, les élèves racontaient partout qu'il n'allait plus avoir de second tour au BEPC et au Bac alors que ce n'est pas la vérité », déplore Elvis Somda.

A l'en croire, cette rencontre a permis aux membres de l'AEEEF de comprendre beaucoup de choses sur ces nouvelles réformes éducatives. « Concernant la suppression des sujets au choix au BEPC, parce qu'au Bac c'est maintenu, c'est bénéfique pour l'élève. Parce que souvent le choix du sujet prend assez de temps. L'élève peut prendre environ 15 minutes souvent pour lire un sujet et comprendre. Si pour chaque sujet il faut 15 minutes, déjà il perd 30 minutes en lisant les deux sujets alors qu'il n'a que deux heures pour travailler. Aussi, lorsqu'il commence à traiter le sujet et qu'il est bloqué à un moment, l'élève ne pousse plus la réflexion et décide de changer de sujet. Alors que cela le met en retard et le perturbe même souvent », a-t-il expliqué.

Elvis Somda invite les manifestants à la recherche de l'information juste

Il estime que lorsque c'est un seul sujet, cela permet à l'élève d'avoir plus de temps et de mieux se concentrer sur ce sujet. Selon lui, lorsqu'on prend cette réforme sous cet angle, elle a plus d'avantages pour les élèves. C'est pourquoi, il a invité tous les acteurs et particulièrement les élèves à savoir raison garder. Il a rappelé ainsi qu'avant, il y a eu des réformes sur le système éducatif, notamment au niveau du Bac où, il fallait passer un premier et deuxième tour avant de valider son examen. « Il faut que les gens se calment afin que nous puissions faire l'expérience et à la suite nous pourrions juger et voir ce qu'il y a lieu de faire », a souhaité Elvis Somda.

Bientôt un panel pour expliquer les nouvelles réformes aux élèves de Bobo
Pour le président de l'AEEEF, Elvis Somda, « aucune perturbation ne peut résoudre une crise ». D'où son appel à l'endroit des autorités et particulièrement des élèves à promouvoir le dialogue, la communication. « Il est important que les autorités du pays puissent communiquer plus sur ces nouvelles réformes et être réceptives, afin de recevoir les élèves qui ne comprennent pas, pour mieux leur expliquer. Aux élèves aussi d'approcher les personnes qui peuvent leur donner les informations justes parce que, généralement, certains s'informent auprès des personnes qui ne sont pas compétentes », a-t-il insisté. Avant d'annoncer l'organisation d'un panel à Bobo-Dioulasso pour bientôt, au profit de 1500 élèves et membres d'associations de parents d'élèves, pour mieux communiquer sur ces nouvelles réformes éducatives.

« Toutes les manifestations auxquelles nous assistons dans les autres villes sont au compte de la désinformation. Pour prévenir ces grèves à Bobo-Dioulasso, nous avons décidé d'accentuer sur la communication. Ce, dans le but de sensibiliser plus d'élèves et surtout prôner le dialogue. C'est l'un des objectifs visés à travers ce panel que nous allons organiser bientôt », a-t-il dit.

Il a par ailleurs salué la disponibilité et le sens d'écoute des acteurs de l'éducation dans la région des Hauts-Bassins, à savoir la direction régionale, les responsables d'établissements, etc. Elvis Somda a aussi déploré la mort de l'élève à Kongoussi, pendant les premiers jours de manifestation. Il a ainsi adressé ses condoléances à l'ensemble du monde éducatif.

Lefaso.net
Romuald Dofini

Catégories: Afrique

Crise des scolaires : La F-Synter dénonce les reformes entreprises et apporte son soutien aux élèves en lutte

Lefaso.net (Burkina Faso) - ven, 07/05/2021 - 01:26

Celle-ci est une déclaration de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l'éducation et de la recherche (F-Synter) relative à la situation qui prévaut actuellement dans l'éducation. La fédération, qui apporte son soutien aux élèves remontés contre les reformes des examens du BEPC et du BAC, dénonce des mesures gouvernementales « antipopulaires et anti-éducatives ».

La F-SYNTER suit avec une grande attention le développement de la situation de crise que traverse le secteur de l'éducation, ces derniers temps, en lien particulièrement avec les mesures antipopulaires et anti-éducatives prises par les autorités et relatives à l'organisation des examens.

Les élèves de façon légitime et courageuse, ont engagé des actions de lutte qui gagnent en ampleur au fil des jours. Les premières conséquences dramatiques de cette nouvelle offensive contre les droits des acteurs éducatifs engagé par Monsieur Stanislas OUARO, Ministre de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales (MENAPLN) sont le décès d'une élève à Kongoussi suite à un mouvement de foule d'élèves et de nombreux blessés d'élèves, du fait de l'intervention violente des forces de répression qui assiègent des établissements scolaires comme des camps ennemis.

Notre Fédération présente ses sincères condoléances à la famille de la victime et exprime ses vœux de prompts rétablissements aux blessés. Pendant que le gouvernement abat une répression sauvage sur les élèves, son ministre fait la tournée des institutions de l'Etat pour faire la promotion d'assises sur l'éducation devant se tenir en septembre prochain. On peut se demander pourquoi les « réformes » contre lesquelles s'insurgent les élèves ne pourraient-elles pas attendre ces fameuses assises ?

Pour bien comprendre la logique du ministre OUARO et de son gouvernement, il importe de situer le contexte et les enjeux qui sous-tendent leur démarche. En effet, la rentrée scolaire 2018-2019 marquée par les affectations de plusieurs dizaines de militants et responsables syndicaux a constitué le début dans le secteur éducatif de la vaste offensive du gouvernement MPP et associés contre les droits démocratiques et les acquis sociaux chèrement arrachés par notre peuple à travers, entre autres, les luttes des travailleurs, élèves et étudiants pendant plusieurs décennies et notamment lors de l'insurrection populaire d'octobre 2014 et la résistance héroïque au putsch de septembre 2015.

Ces luttes qui ont mis à mal divers pans de la politique de l'Etat néocolonial du Burkina Faso, ont dans le domaine éducatif, connu une étape importante avec la grande action revendicative de la Coordination Nationale des Syndicats de l'Education (CNSE) sanctionnée par un protocole d'accord historique qui a mobilisé des dizaine de milliers de travailleurs avec le soutien des parents des élèves et de l'opinion et contraint le gouvernement à concéder des pistes de solutions sur certains grands problèmes du système éducatif dans ses volets enseignements préscolaire, primaire, post-primaire et secondaire.

La mission du ministre OUARO a consisté à vider les acquis du protocole de leur contenu tout en tentant de détruire les organisations syndicales combatives et de poursuivre les politiques imposées par les institutions internationales en l'occurrence la Banque mondiale et le FMI. Les réformes qui touchent les examens du BEPC et du Baccalauréat s'inscrivent dans cette dynamique. Leurs premières victimes sont indiscutablement les élèves. Il est donc heureux qu'ils aient perçu les enjeux de cette forfaiture et qu'ils aient pris leur responsabilité et ce à travers une lutte dans un cadre organisé.

Succédant à Monsieur Jean Martin COULIBALY moins adroit mais qui a tenté d'atteindre les mêmes objectifs funestes, le ministre OUARO bien qu'enseignant d'université lui-même se distingue comme l'un des plus grands fossoyeurs que le système éducatif de notre pays ait connus. Les méfaits suivants, en un peu plus de trois ans de fonction, l'attestent amplement :

la suspension de salaires de plus de sept cents travailleurs de façon illégale, puis la correction de cette suspension de salaires pour certains (qui auraient demandé pardon) tout en la maintenant pour d'autres ;

le redéploiement frauduleux de militants et responsables syndicaux sous le couvert de nécessité de service ;

la traduction en conseil de discipline de responsables syndicaux dont le Secrétaire Générale de la CGT-B sur des bases fallacieuses ;

la prise de mesures de surcharge de travail de responsables syndicaux dans l'objectif de les empêcher de mener convenablement leurs activités syndicales. Cette attitude s'inscrit bien dans une remise en cause des libertés démocratiques et syndicales ;

le relèvement de responsables syndicaux de leurs postes de responsabilité sans autre raison que leurs activités syndicales ;

la suspension de la mesure de gratuité scolaire de 6 à 16 ans qui devait prendre effet pour compter de l'année scolaire 2020-2921 ;

la suppression des examens blancs qui constituent des commodités pédagogiques convenues depuis des décennies pour la préparation des élèves aux examens scolaires ;

l'affectation par l'Etat des enfants du peuple admis à l'entrée en 6ème et en 2de dans des établissements privés conventionnés avec obligation des parents de payer leur scolarité ;

le non payement à temps des pécules des élèves boursiers de l'Etat, cumulant parfois plus de six (6) mois d'arriérés ;

le maintien de responsables administratifs à des postes malgré les éléments de mauvaise gestion qui les accablent engendrant des crises dans les établissements ;

l'introduction d'une disposition frauduleuse et discriminatoire à l'article 75 de la section 4 du décret N°2020-245/PRES/PM/MFPTPS/MINEDID portant statut particulier du métier éducation, formation et promotion de l'emploi ;

la décoration de responsables syndicaux avec comme justificatif leur accompagnement pour une finalisation de l'année scolaire 2019-2020. Le ministre OUARO revendique vingt-huit (28) syndicats dans le secteur de l'éducatif, alors qu'il n'y a pas plus de dix (10) syndicats représentatifs et il oublie de préciser que près de la moitié de ces 28 syndicats ont été créés depuis seulement trois (3) ans, c'est-à-dire depuis qu'il est à la tête du ministère ;
etc.

A la lumière de cette longue liste non exhaustive, il apparait que la trajectoire du système éducatif impulsée par le régime de Roch Marc Christian KABORE et mise en œuvre par Stanislas OUARO est fondamentalement contraire aux intérêts des acteurs sociaux que sont les élèves, les travailleurs de l'éducation et les parents d'élèves. C'est pourquoi, conformément à ses prises de position depuis les premières velléités de ces réformes des examens, la F-SYNTER réaffirme que :

• les mesures prises sur la suppression des sujets au choix dans les épreuves de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et d'Histoire Géographie sans révision appropriée des programmes ne visent qu'à renforcer le caractère sélectif d'un examen qui laisse sur le carreau à chaque session plus de 60% des candidats ;

• l'objectif visé au niveau de la réforme du Baccalauréat est loin d'être un simple rattachement de l'organisation de cet examen au MENAPLN. Il s'agit de fermer l'accès automatique des enfants de notre peuple à l'enseignement supérieur public comme cela se fait actuellement. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre l'agitation frénétique à la limite de l'hystérie de certains fondateurs qui voient dans cette mesure de limitation des inscriptions au public des perspectives d'accroissement substantiel des candidats à l'inscription dans les universités privées, donc plus d'affaires juteuses sur le dos des parents, de la même façon que cela se passe en 6ème. Que des techniciens aient été associés n'y changent rien, OUARO lui-même est un « technicien » de l'éducation qui sert sans état d'âme les intérêts des ennemis d'une éducation de qualité accessible aux enfants du peuple.

Dans le cadre des assises annoncées sur l'éducation le ministre OUARO fait la tournée de tous ceux qui peuvent l'aider dans les forfaitures qu'il prépare donnant ainsi le sentiment à l'opinion nationale qu'il s'inscrit dans une démarche démocratique, qu'il est un démocrate. Ce qui est loin d'être le cas et les forfaits listés ci-dessus permettent à toute personne honnête de s'en convaincre. Et s'il était besoin de preuves supplémentaires, il suffit de se référer à l'audio qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux où Monsieur le ministre s'adressant aux militants du MPP des secteurs structurés de l'éducation reproche au dictateur gambien Yahya Jammeh d'avoir perdu le pouvoir alors qu'il a l'appareil d'Etat. Des assises sur l'éducation sous la houlette d'un Ministre qui se réfère à un dictateur de la trempe de Jammeh seront loin d'être démocratiques.

Ces questions de réformes sont venues s'ajouter à une situation déjà difficile au niveau de l'éducation en terme de manque d'infrastructures et d'équipements, de manque de personnels, d'effectifs pléthoriques, de mauvaise gestion des établissements et services, de mauvaise conditions de vie des élèves et de leurs encadreurs, de réponses peu appropriées à l'impact des crises sécuritaire et sanitaire sur l'éducation (plus de 300 000 élèves exclus de l'école), de non-respect des engagements signés avec les organisations des travailleurs à travers des protocoles d'accord, etc.

En conséquence de ce qui précède, la F-SYNTER :

1. dénonce les orientations actuelles du gouvernement dans la remise en cause des acquis sociaux et démocratiques des populations en général et dans le secteur de l'éducation en particulier ;

2. exprime son soutien à la juste et salvatrice lutte en cours des scolaires organisés au sein de leur structure authentique. Elle les encourage à poursuivre leur combat pour l'avènement d'une école de qualité au service de tous les enfants de notre peuple ;

3. invite les autorités particulièrement celles en charge des questions de l'éducation à plus de lucidité et à se départir instamment de la voie de la répression et des démarches corruptrices des acteurs de l'éducation en lutte autour de leurs préoccupations légitimes. Cette voie ne saurait prospérer face à des organisations de lutte. Elles se doivent plutôt d'amorcer une stratégie de dialogue sincère et productif et d'envisager l'abandon des réformes anti-éducatives. D'ores et déjà, elle les tienne pour responsables de la situation actuelle et de ses conséquences ainsi que de toute dégradation du climat dans le secteur ;

4. invite les parents d'élèves et l'opinion en général à se pencher sur les directions que tente de prendre le gouvernement qui non content de s'être fortement désengagé des dépenses d'éducation cherche à ériger de nouveaux obstacles à l'accès des enfants du peuple à une éducation de qualité ;

5. appelle les travailleurs de l'éducation et de la recherche notamment les structures de la F-SYNTER à développer la solidarité agissante avec les élèves dont ils partagent les mêmes conditions difficiles de travail. Les jérémiades de ceux qui sont à court d'arguments et qui développent la thèse farfelue et éculée de manipulation des élèves par les enseignants ne doivent point les détourner de ce devoir qui doit intégrer la construction d'unité d'action autour des problèmes de l'éducation et de la recherche. Pour ce faire, ils doivent s'inspirer de l'expérience de la Coordination des élèves et étudiants et du SYNTER autour de la même question du Baccalauréat en 1999-2000.

Vive la F-SYNTER !

Vive l'unité entre élèves, étudiants et travailleurs de l'éducation et de la recherche !
Pain et liberté pour le peuple !

Pour le Bureau national fédéral

Souleymane BADIEL

Secrétaire Général

Catégories: Afrique

Réformes foncières au Burkina : Des propriétaires terriens disent non

Lefaso.net (Burkina Faso) - ven, 07/05/2021 - 01:25

Des propriétaires terriens de la commune rurale de Pabré disent non aux réformes foncières annoncées par le gouvernement. Regroupés au sein de l'association Nakolbzanga, ils sont plutôt engagés dans des projets immobiliers structurants. Ils l'ont fait savoir ce jeudi 6 mai 2021 à Pabré, province du Kadiogo, au cours d'une conférence de presse organisée à cet effet.

Des propriétaires terriens de la commune de Pabré, province du Kadiogo, région du Centre, ne sont pas du tout d'accord avec les réformes foncières annoncées par le gouvernement. Ils l'ont fait savoir ce jeudi 6 mai 2021. C'était au cours d'une rencontre avec la presse tenue à cet effet.

Regroupés au sein de l'association Nakolbzanga, ces propriétaires terriens ont indiqué que le gouvernement, dans ses nouvelles réformes, veut leur retirer la propriété des terres. Pourtant pour Mady Sawadogo, secrétaire général de l'association, de par le passé, ils ont été victimes de pillages de leurs biens. A l'en croire, des lotissements ont été faits sans que les propriétaires terriens ne bénéficient des retombées.

A sa suite, les chefs coutumiers, les chefs de terre et les femmes ont pris la parole pour dénoncer ces nouvelles réformes à venir. Pour eux, il faut les laisser disposer de leurs terres comme ils le veulent.

Les propriétaires terriens lors de la rencontre

En lieu et place du retour de l'Etat dans la gestion des terres, ces propriétaires terriens disent avoir préféré s'engager dans des projets immobiliers structurants. Ceci, en vue de mettre en valeur leurs terres au lieu de les morceler en zone non loties ou de les vendre de manière isolée.

Pour cela, des familles ont déjà signé des protocoles d'accord dans ce sens avec des promoteurs immobiliers. 22 villages de la commune de Pabré sont concernés par le projet structurant avec les sociétés immobilières.

Les propriétaires terriens préviennent donc le ministre de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Ville qu'ils ne feront pas marche arrière. Toutefois, ils invitent le gouvernement à la concertation. Selon eux, l'on doit avancer et préserver la cohésion sociale dans le pays.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

Catégories: Afrique

La pandémie de Covid a dynamisé le dialogue social européen, selon une étude

RFI (Europe) - ven, 07/05/2021 - 01:22
La crise sanitaire n’apporte pas que son lot de mauvaises nouvelles. La pandémie a dynamisé le dialogue social européen, ce qui a permis à certains secteurs de continuer à fonctionner malgré les restrictions à la mobilité imposées par les gouvernements. C’est ce que révèle une étude de l’Institut syndical européen publiée cette semaine alors que les chefs d’État et de gouvernement se réunissent les 7 et 8 mai à Porto, au Portugal, pour remettre les questions sociales au centre du jeu.
Catégories: Union européenne

Affaire « Mosquée de Panzani » : Le gouvernement attribue le terrain litigieux à la fédération des associations islamiques

Lefaso.net (Burkina Faso) - ven, 07/05/2021 - 01:20

Le Gouvernement a définitivement tranché le conflit né de la destruction de la mosquée de Panzani, le 7 septembre 2020. Dans un communiqué en date du 6 mai 2021, l'exécutif a décidé d'attribuer le terrain litigieux à la Fédération des Associations Islamiques du Burkina Faso (FAIB) « à l'effet de permettre la réalisation de toute infrastructure ou toute activité en faveur de la communauté islamique ».

Quant à M. Jacques Ouédraogo, attributaire légal du terrain litigieux, le gouvernement a décidé de lui céder un autre terrain « en guise de compensation », peut-on lire dans le communiqué signé du ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation.

En rappel, le gouvernement burkinabè avait désapprouvé, la destruction de la mosquée du quartier Panzani, dans l'arrondissement n°9 de Ouagadougou, suite à un litige foncier opposant les fidèles de ce lieu de culte à un particulier.

Le 7 octobre, le porte-parole du gouvernement d'alors, Rémis Fulgance Dandjinou, avait déclaré qu'une procédure avait été engagée pour le retrait des titres de propriété au profit de l'Etat.

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Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

Lefaso.net (Burkina Faso) - ven, 07/05/2021 - 01:15

L'auteur de ces lignes qui suivent ne cautionne pas la politique gouvernementale relative à la construction de 48 000 latrines familiales au profit des ménages, d'un coût global de 9 milliards de Fcfa. Comparant le coût unitaire d'une latrine (180 000 Fcfa à 198 000 Fcfa) avec le revenu annuel de certains ménage (153 000 Fcfa), DDS, comme il se nomme, se demande comment peut-on adopter un tel programme et applaudir.

Pourquoi certains pays à l'instar du Burkina Faso, mon pays d'origine, vivent encrés et toujours dans le cercle infernal de la pauvreté ? Mauvaises politiques de développement, mauvaises décisions et stratégies dans la conduite des programmes de développement. Avec un financement de la Banque mondiale, sûrement un prêt, le gouvernement du Burkina Faso a adopté en conseil des ministres du 5 mai 2021 un programme autorisant la construction de 48000 latrines familiales par 55 entreprises et pour un montant total de 9 milliards de Fcfa, un financement de la Banque mondiale. Dans le même rapport, le coût unitaire d'une latrine familiale s'élève entre 180 000 Fcfa -198 000 Fcfa, soit environ 350$/ ménage au taux du jour.

Dans un pays où plus de 40% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, soit avec moins de 153 000 Fcfa par an, comment peut-on adopter un tel programme et d'applaudir ? Allez-vous construire des latrines à plus 350$ l'unité pour des ménages qui habitent dans des maisons en banco, où avec des toitures en pailles, qui ont même du mal à couvrir les besoins annuels de leur pauvreté alimentaire autour de 104 000 Fcfa/ an ?

Où est la pertinence de ce projet ? A qui profite ces dilapidations d'argent public que nos enfants et petits-enfants seront obligés de rembourser ? Pourquoi sommes-nous encore et toujours dans une politique de gratuité qui ne permet aucunement d'avoir une bonne couverture du taux d'accès aux infrastructures d'assainissement amélioré en milieu urbain comme en milieu rural ? Où sont les spécialistes de la gouvernance de l'assainissement au sein du ministère de l'Eau et de l'Assainissement qui ont approuvé ce projet qui n'est visiblement pas durable et efficace ?

Avec ces 9 milliards de Fcfa et avec des méthodes d'approches participatives très efficaces expérimentées dans plusieurs pays et avec des résultats objectivement vérifiables, on aurait pu faire bénéficier plus de 200 000 ménages / familles dans le même contexte.

A qui profitent ces appels d'offres accélérés pour la gratuité ? Plusieurs exemples dans plusieurs pays démontrent que lorsqu'une latrine est offerte gratuitement à un ménage, il ne s'en occupe pas non seulement mais quand la latrine est pleine, le ménage aura du mal à faire la vidange.

Soyons efficaces quand il s'agit de l'argent public, des prêts et des subventions que nous recevons des partenaires techniques. Je mets au défi tout spécialiste de ce gouvernement ou du ministère en charge de l'assainissement de me prouver que dans un pays x, avec un financement de la Banque mondiale, l'on a réussi à atteindre un taux de couverture de 100% voire 0% de défécation à l'air libre par cette méthode et de façon durable.

Nous avons 1,2 million de personnes en situation de déplacés internes. Si on peut construire une latrine à pratiquement 200 000 Fcfa pour un ménage, cela implique pour l'aide au retour des déplacés, nous allons donner au minimum 2000$ à chaque ménage pour se réinstaller, je suppose.

Peut-être que je me trompe mais c'est vraiment contreproductif d'agir de la sorte. Sauf si le résultat attendu par le gouvernement est le nombre de latrines construites d'ici la fin du mandat, que ces latrines soient utilisées, entretenues ou pas.

La meilleure stratégie aurait été de travailler avec les ménages, les villages, les secteurs bénéficiaires à travers la sensibilisation sur les bonnes pratiques d'hygiène, l'hygiène du milieu du cadre de vie, la gestion des excrétas, amener les populations à prendre conscience pour construire leurs propres latrines avec les moyens locaux disponibles. Plus de 10 000 étudiants ne pouvaient être mobilisés pour servir d'agents de sensibilisation dans les ménages avec la méthode porte à porte.

Nous avons quatre usines qui produisent du ciment de qualité. Hormis le fer à béton, tous les autres matériaux sont disponibles localement au Faso.

Avec deux sacs de ciment, une barre de fer 8 ou 6 comme subvention, plus l'appui technique des maçons communautaires, chaque ménage peut construire sa latrine simplement et l'entretenir au mieux de façon durable.

Les Blancs nous donnent à manger ; pour la gestion de nos excrétas ils doivent aussi nous aider, c'est un peu honteux quand même. Tant que les pays africains continueront à accepter ces genres de financements nous resteront sous-développés et toujours dans l'assistanat.

DDS

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Médiateur du Faso : Obtention d'une grâce présidentielle au profit d'une détenue et réintégration d'une assistante de police stagiaire radiée ( rapport 2018)

Lefaso.net (Burkina Faso) - ven, 07/05/2021 - 01:10

Le président du Faso, Roch Kaboré, a reçu en audience, le jeudi 6 mai 2021, l'ambassadeur d'Arabie Saoudite, Dr Waleed Alhamoudi, en fin de mission au Burkina Faso. A sa suite, une délégation du Médiateur du Faso, conduite par la première responsable Saran Sérémé, est venue remettre les rapports d'activités 2018, 2019 et 2020 de l'institution au chef de l'Etat.

La première personnalité à avoir été reçue est le diplomate saoudien, venu dire au revoir au président du Faso après quatre ans de mission au pays des hommes intègres. L'entretien du jour a permis, selon Dr Waleed Alhamoudi, de réitérer ses remerciements à Roch Kaboré et au ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry, pour les efforts entrepris pour faciliter sa mission au Burkina Faso.

Durant ces quatre ans, dira-t-il, « nous avons essayé de renforcer et dynamiser les relations entre les deux pays. Sur le point de la coopération bilatérale, nous pouvons dire que les relations sont excellentes aujourd'hui, grâce aux différentes visites de travail et d'amitié effectuées par le président du Faso en Arabie Saoudite, mais également aux différentes actions menées au Burkina Faso ».

Dr Waleed Alhamoudi, ambassadeur d'Arabie Saoudite en fin de mission au Burkina Faso, accompagné par le ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry.

Les trois rapports d'activités du Médiateur du Faso

A la suite du diplomate saoudien, c'est le Médiateur du Faso, Saran Sérémé, accompagnée des conseillers de l'institution, qui a été reçue par le président du Faso. Pour le médiateur, la visite au chef de l'Etat avait pour objet de lui transmettre les rapports d'activités 2018, 2019 et 2020 de son institution. Cet exercice de remise de rapports est une obligation institutionnelle auquel le Médiateur du Faso est soumis au terme de sa nomination.

Selon Saran Sérémé, l'on peut retenir qu'au terme de l'année 2018, ce sont 6 772 plaignants dont 5 107 hommes et 925 femmes, qui ont soumis auprès de l'institution 815 réclamations. L'instruction a permis de clore 301 plaintes au 31 décembre 2018, et 514 ont été reversées à l'année 2019. Ainsi, pour Saran Sérémé, le nombre important de dossiers non-clos s'explique essentiellement par la faible réactivité de certaines administrations aux interpellations de ses services. De ce fait, sur 336 interpellations, les réactions sont au nombre de 230, soit un taux de 68,5%.

Saran Sérémé remettant les trois rapports à Roch Kaboré.

Au titre toujours des activités menées durant l'année 2018, l'on retiendra l'organisation des audiences foraines et des conférences qui ont permis de mieux connaître les services du Médiateur du Faso par les populations. En sus de ces actions, on notera, en matière de plaidoyer, l'obtention d'une grâce présidentielle au profit d'une détenue, la réintégration d'une assistante de police stagiaire radiée des effectifs pour un problème spécifique. En matière d'auto-saisine, il a y eu la résolution de la crise foncière opposant une opératrice économique aux populations de Napamboumbou-Toyiben, la crise de l'éducation, la crise de la commune de Saponé.

Pour l'année 2019, ce sont 4 522 plaignants, dont 3 090 hommes et 893 femmes, qui ont soumis 787 dossiers de réclamation auprès de l'institution. Après instruction, 182 dossiers ont été clos avec 89 jugés fondés, et 605 reversés en 2020. Sur les 379 interpellations faites par le Médiateur du Faso, ce sont 234 structures mises en cause qui ont réagi, soit 61,7%.

Le Médiateur du Faso reçu par le président du Faso.

Durant cette année 2019, selon la première responsable de l'institution, dans le domaine de l'auto-saisine, les actions ont porté sur la résolution de la crise entre UBA et HERO, l'auto-saisine de la loi portant fixation de quotas aux élections législatives et municipales au Burkina Faso, la crise de Karangasso-Sambla dans la province du Houet, la crise d'Idrisstenga dans la province du Mouhoun, les conflits engendrés par les doubles chefferies de fait dans la province du Boulgou, et le litige foncier dans la commune de Ouahigouya.

Au titre de l'exercice 2020, le bilan du traitement des dossiers de réclamation fait ressortir 7 495 plaignants, dont 4 025 hommes et 2 228 femmes, qui ont soumis auprès de l'institution 740 dossiers. 131 ont été clos au 31 décembre 2020, et 609 reversés en 2021. Sur les 236 interpellations faites par le Médiateur du Faso, les structures mises en cause ont réagi à 129 fois, soit un taux de 54,7%. Pour ce qui est des dossiers traités au cours de cette année, on peut citer la gestion de la crise au sein de la communauté musulmane, les crises entre propriétaires terriens de Polesgo et le conseil municipal de l'arrondissement 4 de Ouagadougou, l'implication du Médiateur du Faso dans la lutte contre le Covid-19.

Les membres de la délégation du Médiateur du Faso.

Pour ces trois rapports remis au président du Faso, les recommandations formulées par le Médiateur du Faso sont le reclassement des agents publics de l'Etat ayant acquis un diplôme en cours de carrière au cours d'une formation à titre privé, la relecture de la loi sur le quota-genre pour une question d'équité, l'arrêté portant promotion et valorisation du Faso Dan Fani, le renforcement des projets et programmes en faveur des populations déplacées internes du fait du phénomène terroriste, la création d'un quartier d'amendement pour les femmes dans les prisons, le renforcement des capacités budgétaires, logistiques et infrastructurelles du Médiateur du Faso.

En rappel, le Médiateur du Faso est l'institution qui joue le rôle d'interface entre l'administration publique et les citoyens. Il a pour rôle de défendre, de protéger les droits et les intérêts des citoyens contre les abus et les dysfonctionnements de l'administration. Il travaille également à prévenir les conflits ou crises et contribue à leur résolution. Le Médiateur du Faso ne reçoit ni d'ordre, ni d'instruction d'aucune autorité, ni d'aucune forme de pouvoir. Il examine les plaintes avec neutralité et technicité.

J.E.Z
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