Vous êtes ici

Agrégateur de flux

Sud-Kivu : la motion de défiance contre le gouverneur Theo Kasi rejetée

Radio Okapi / RD Congo - sam, 08/05/2021 - 09:54


La motion de défiance visant le gouverneur de province Theo Kasi Ngwabidje a été rejetée vendredi 8 mai par l’assemblée provinciale du Sud-Kivu.


Sur les 44 députés présents dans la salle de plénière, 20 ont voté pour la motion et 24 contre. Ce vote maintient Ngwabidje à son poste de gouverneur du Sud-Kivu.

Catégories: Afrique

Beni : les journalistes appelés à fournir les alertes à temps pour faire face aux menaces contre les civils

Radio Okapi / RD Congo - sam, 08/05/2021 - 09:32


Les journalistes de la région de Beni sont appelés à fournir les alertes à temps utile et à des personnes appropriées pour faire face aux menaces contre les civils.


Cette recommandation a été faite par la  Brigade spéciale d’intervention de la MONUSCO (FIB) aux journalistes de Beni lors du briefing de presse conjoint FARDC-MONUSCO organisé le vendredi 7 mai à Beni.


La question de l’état de siège a été au centre des échanges entre les deux parties.

Catégories: Afrique

Niger: L’éducation érigée en priorité par le nouveau président

RFI /Afrique - sam, 08/05/2021 - 09:25
Pour Gilles Yabi, difficile de trouver le bon moment pour parler des questions les plus fondamentales, peut-être même simplement la plus fondamentale, pour l’avenir des pays africains, celle de l’éducation dans le sens le plus large du terme.
Catégories: Afrique

Sudan complets second IMF review ahead towards debt relief

Sudan Tribune - sam, 08/05/2021 - 09:23

May 7, 2021 (KHARTOUM) - The Sudanese government and an IMF team reached a staff-level agreement on the completion of the second review under the current Staff-Monitored Program (SMP).

On 8 March, the IMF approved the first review of a 12-month SMP, which supports reforms by the Sudanese government to stabilize the economy, enhance social protection, boost the private sector, and strengthening governance.

Endorsed by the IMF in September 2020, Sudan's SMP, which will establish a strong track record of policy and reform implementation, is a key requirement for eventual debt relief expected in June this year.

The completion of the second review of SMP was announced by the Sudanese Finance Minister Gerbil Ibrahim in a tweet on Friday.

"Sudan has successfully passed the 2nd IMF Staff Monitored Program (SMP) review. This paves the way for Sudan to reach HIPC Decision Point which will hopefully result in substantial debt relief for Sudan as well as new credit lines," he said.

For its part, Carol Baker, IMF mission chief for Sudan, commended the progress made by the Sudanese authorities in the implementation of key reforms under the SMP to bring the debt relief closer.

"Despite very challenging conditions which are exacerbated by the COVID-19 pandemic, the Sudanese authorities continue to make sustained progress on their ambitious reform agenda," Baker told Reuters.

Sudan seeks relief on at least $50 billion in external debt to international financial institutions.

Sudan foreign debt is estimated at $60 billion.

(ST)

Catégories: Africa

RDC: la polémique continue sur la nomination d’anciens rebelles comme gouverneurs militaires

RFI /Afrique - sam, 08/05/2021 - 09:21
En République démocratique du Congo, les gouverneurs militaires désignés dans le cadre de l'état de siège ne sont toujours pas arrivés dans les provinces qu'ils doivent administrer. Depuis jeudi, l'état de siège est en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri. L'objectif est de mettre fin aux massacres dans ces deux provinces. Human Rights Watch s'inquiète des profils choisis pour mener ces opérations. Pendant que le chargé de mission du président parle de « présomption d’innocence ».
Catégories: Afrique

Kinshasa : 25 personnes détectées positives à la COVID-19 dans un immeuble de la commune de la Gombe

Radio Okapi / RD Congo - sam, 08/05/2021 - 09:12


 Le ministre de la Santé a renseigné le vendredi  7 mai au cours d’une conférence de presse à Kinshasa que 25 personnes ont été détectées positives à la COVID-19 dans un immeuble situé dans la commune de la Gombe, dont 20 de nationalité indienne et 5 Congolais.


Selon Jean-Jacques Mbungani, ces cas constituent les résultats des analyses effectuées sur 146 personnes.


Le ministre de la sante a souligné que des mesures de santé publique ont aussitôt été prises pour éviter la propagation de cette maladie.

Catégories: Afrique

Sommet social européen: un premier pas vers la mise en œuvre d'une Europe plus solidaire

RFI (Europe) - sam, 08/05/2021 - 07:02
Réunis autour du Premier ministre portugais à Porto, les dirigeants européens ont adopté une déclaration d'engagement. Elle fixe des objectifs que doivent réaliser les Européens pour prendre davantage en compte les questions sociales au cours des prochaines années en matière d'égalité salariale, d'emploi ou de formation. L’Europe sociale n’est pas encore une réalité, mais les Vingt-Sept espèrent que cela permettra de sortir au mieux de la crise du Covid-19.
Catégories: Union européenne

Nigeria: la vague des kidnappings d'étudiants touche tout le pays

RFI /Afrique - sam, 08/05/2021 - 06:33
Au Nigeria, les kidnapping sont en forte augmentation. Plusieurs universités prennent désormais des mesures pour tenter d’assurer la sécurité de leurs étudiants, réduisant les horaires de cours ou fermant les dortoirs. Alors qu’une trentaine d’étudiants ont été libérés, mercredi 5 mai, dans l’État de Kaduna, d’autres sont toujours captifs.
Catégories: Afrique

RDC : la justice demande la levée de l’immunité de l'ex-Premier ministre Matata Ponyo

RFI /Afrique - sam, 08/05/2021 - 03:30
La justice s'intéresse à la gestion du sénateur Augustin Matata Ponyo, l'avant dernier Premier ministre de Joseph Kabila. Le procureur de la Cour de cassation demande la levée de son immunité pour qu'il puisse être entendu dans une affaire qui concerne la gestion des fonds d'un parc agro industriel.
Catégories: Afrique

Ethiopie : la Commission des droits de l'homme alerte sur le traitement des détenus en Oromiya

RFI /Afrique - sam, 08/05/2021 - 03:03
L'état de droit n'est pas respecté pour les prisonniers dans la région de l'Oromiya, en Ethiopie. C'est la conclusion d'un rapport publié jeudi par la Commission éthiopienne des droits de l'homme, une institution semi-publique dirigée par un ancien responsable de l'association Human Rights Watch. L'institution exprime sa « sérieuse inquiétude » sur le traitement des détenus. Elle se dit « alarmée » par les conditions de détention constatée et pense que « de graves violations des droits de l'homme ont été commises ».
Catégories: Afrique

Afrique du Sud : le Comité exécutif national de l'ANC se penche sur le dossier Magushule

RFI /Afrique - sam, 08/05/2021 - 02:30
Le parti au pouvoir l’ANC se prépare à un week-end de confrontation musclée. Cette semaine son secrétaire général Ace Magashule a été suspendu de ses fonctions, pour avoir refusé de démissionner dans l’attente de son procès pour corruption. Ses alliés se mobilisent, alors que doit se réunir ce week-end le Comité exécutif national  – soit les 10 plus hauts dirigeants de l’ANC pour examiner cette mise à l’écart.
Catégories: Afrique

Affaire "Mosquée de Panzani" : Eddie Komboigo craint qu'on ne replonge dans une autre crise

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:59

Le gouvernement a tranché définitivement sur la crise née de la destruction de la mosquée de Panzani, un quartier de Ouagadougou. En effet, le gouvernement, dans un communiqué daté du 6 mai 2021, a attribué le terrain litigieux à la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB). Cette décision de l'exécutif ne semble pas faire l'unanimité. Le chef de file de l'opposition (CFOP), Eddie Komboigo, pour sa part, reste sceptique. Pour lui, cela peut conduire à une autre crise.

La Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) est désormais propriétaire du terrain litigieux dans le quartier Panzani, dans l'arrondissement n°9 de Ouagadougou. Quant à l'attributaire légal dudit terrain, Jacques Ouédraogo, une autre parcelle lui sera trouvée « en guise de compassion ». Ces informations ont été rendues publique à travers un communiqué du gouvernement daté du 6 mai 2021. Cette décision du gouvernement ne semble pas faire le consensus au sein de l'opinion. En tout cas pour le chef de file de l'opposition politique burkinabè (CFOP), Eddie Komboigo, cette décision porte des gènes conflictuels.

Le gouvernement, a-t-il dit, devrait gérer cela autrement. « Il pourrait par exemple attribuer le terrain à la construction d'une école et à tout autre chose. Ce que nous, nous craignions, c'est que le gouvernement ne se mette en porte-à-faux avec les juridictions nationales car une décision de justice avait déjà été dite », a-t-il déploré.

Il a tout de même rassuré qu'il ne se range pas du coté de l'attributaire légal, mais a ajouté que quand la justice tranche, il faut respecter la décision. « Nous ne remettons pas en cause l'utilité de la FAIB, ni de la communauté musulmane. S'il y a eu des échanges avec le désormais ex propriétaire et qu'il a donné son accord, c'est tant mieux. Si ce n'est pas le cas, nous craignions qu'on ne replonge dans une autre crise », s'est-il inquiété.

En rappel, le gouvernement burkinabè avait désapprouvé la destruction de la mosquée du quartier Panzani, dans l'arrondissement n°9 de Ouagadougou, suite à un litige foncier opposant les fidèles de ce lieu de culte à un particulier. Le 7 octobre 2020, le porte-parole du gouvernement d'alors, Rémis Fulgance Dandjinou, avait déclaré qu'une procédure avait été engagée pour le retrait des titres de propriété au profit de l'Etat.
Obissa Juste MIEN
Lefaso.net

Lire aussi : Affaire « Mosquée de Panzani » : Le gouvernement attribue le terrain litigieux à la fédération des associations islamiques

Catégories: Afrique

Affaire « Mosquée de Pazzani » : Les syndicats de magistrats « déplorent et condamnent » l'attitude du gouvernement

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:58

L'affaire dite « Mosquée de Pazzani » est encore d'actualité. Cette fois-ci, elle s'invite chez les syndicats de magistrats. La décision du gouvernement qui remet en cause celle judiciaire ne passe pas chez les magistrats. Dans un communiqué en date du 7 mai 2021, ils déplorent et condamnent l'attitude du gouvernement.

Le 07 octobre 2020, le porte-parole du gouvernement d'alors, se prononçant sur l'exécution d'une décision de justice ayant ordonné la destruction de constructions faites sur un terrain sis à l'arrondissement n°09 de Ouagadougou dans un litige opposant monsieur OUEDRAOGO Jacques à monsieur GUIGMA Moussa, déclarait que le gouvernement désapprouvait, quels que soient les motifs, la destruction d'un lieu de culte.

Par communiqué en date du 17 octobre 2020, le Conseil supérieur de la magistrature disait déplorer « les propos du porte-parole du gouvernement lors du compte rendu du Conseil des Ministres du 07 octobre 2020 relatifs aux évènements de Pazanni en ce qu'ils portent atteinte à l'autorité des décisions de justice. A cet effet, il encourage(ait) le Président du CSM à poursuivre les démarches entreprises auprès de son Excellence monsieur le Président du Faso, garant de l'indépendance de la justice ».

Par un communiqué daté du 06 mai 2021, le Ministre d'Etat, Ministre de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation, monsieur Pengdwendé Clément SAWADOGO, apparemment riche d'une volonté soutenue de récidive et d'une sorte de dédain pour le Conseil supérieur de la magistrature, annonçait que dans l'affaire suscitée, le gouvernement, fondement pris de ce que la crise née de l'exécution de la décision de justice a affecté le climat social, a pris dans l'intérêt de la paix sociale les mesures conservatoires suivantes :

l'expropriation du terrain litigieux pour cause d'utilité publique ;
l'attribution dudit terrain à la Fédération des Associations islamiques du Burkina Faso (FAIB) à l'effet de permettre la réalisation de toute infrastructure ou toute activité en faveur de la communauté islamique ;
la cession d'un autre terrain à monsieur OUEDRAOGO Jacques, attributaire légal du terrain litigieux, en guise de compensation.

Les syndicats de magistrats déplorent et condamnent avec la dernière énergie une telle attitude qui n'est rien d'autre qu'une remise en cause de l'indépendance et de l'autorité du pouvoir judiciaire et alors même que dans la situation litigieuse concernée, le gouvernement ne pouvait ignorer que :

les décisions, fondement de la démolition, reposent sur un arrêté d'attribution émanant de l'exécutif au profit de monsieur OUEDRAOGO Jacques ;
il ne peut prétendre qu'il n'était pas au courant de la situation litigieuse et qu'il avait, de ce fait et en toute responsabilité, toute latitude de la régler hors prétoire et avant certaines évolutions s'il le voulait ;

le juge a d'abord ordonné la cessation immédiate de tous travaux de construction sur le terrain sans être suivi par monsieur GUIGMA Moussa ; ensuite, il a ordonné son expulsion du terrain ; c'est enfin, et dans une troisième décision, qu'il a ordonné la démolition des constructions faites par monsieur GUIGMA Moussa sur le terrain ;

Cette décision du gouvernement burkinabè est d'une particulière gravité pour la simple raison qu'il reconnaît qu'un citoyen, attributaire légal d'un terrain, a obtenu une décision de justice exécutoire mais que, pour des enjeux qui lui sont propres, il se croit autorisé lui-même à fouler aux pieds l'autorité de l'Etat et à consolider les actions entravant l'exécution de ladite décision de justice.

Face à une telle attitude juridiquement étrange et qui constitue un grave précédent pour un pays qui se veut un Etat de droit, l'intersyndicale des magistrats burkinabè interpelle le Gouvernement burkinabè sur sa responsabilité :
à assurer l'exécution des décisions de justice, gage de l'autorité de la justice ;
à garantir la force publique due aux huissiers de justices pour l'exécution des décisions de justice.

L'intersyndicale invite le gouvernement à se ressaisir et à respecter la lettre et l'esprit des lois de la république afin de garantir la pérennité des institutions et l'autorité de la règle de droit.

En tout état de cause, les bénéfices attachés à une telle attitude du gouvernement ne peuvent être durables pour le gouvernement lui-même dans la mesure où, en cultivant la défiance à l'endroit des décisions de justice, l'heure viendra où le fait pour lui de brandir qu'une affaire est en justice sera inapte à apaiser les cœurs et le climat social au regard des malheureux exemples que lui-même aura donnés. La paix et la justice n'ont jamais été antinomiques dans un pays où les dirigeants entendent, avec sincérité, entourer les citoyens d'une inexpugnable volonté de bâtir et de bâtir durablement.

Fait à Ouagadougou le 07 mai 2021

P/le Syndicat Autonome des Magistrats Burkinabè (SAMAB)
Le Secrétaire général

Emmanuel S. OUEDRAOGO

P/le Syndicat Burkinabè des Magistrats (SBM)
Le Secrétaire général

Moriba TRAORE

P/le Syndicat des Magistrats Burkinabè (SMB)
Le Secrétaire général

Diakalya TRAORE

Catégories: Afrique

Fiscalité internationale : Bientôt, le deuil des paradis fiscaux ?

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:57

L'administration BIDEN a mis le pied dans la fourmilière, la grosse fourmilière des paradis fiscaux, refuges de multinationales qui narguent toutes les régulations en place…souvent en toute légalité.

En effet, la réforme fiscale sans précédent en cours aux Etats Unis, qui peut sonner comme une réplique aux réformes hasardeuses effectuées par l'administration Trump dans sa philosophie de America First, peut être considérée comme une révolution fiscale historique au regard du contexte actuel de réforme de la fiscalité internationale.

En effet, depuis 2013, l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) s'est engagée dans une réforme de la fiscalité internationale avec en ligne de mire la lutte contre l'érosion des bases d'imposition et le transfert indirect de bénéfice, notamment à travers les paradis fiscaux. A l'époque déjà, les pertes liées aux montages fiscaux colossaux des multinationales étaient évaluées entre 100 et 240 milliards de dollars.

L'on se souvient de cette boutade lâchée par Nicolas Sarkozy le 23 septembre 2009 à New York alors qu'il était président de la République Française ; "La France s'est battue, pour que les paradis fiscaux, le secret bancaire, la fraude organisée, ce soit terminé. Les paradis fiscaux, la fraude bancaire, c'est terminé. Et je me battrai à Pittsburgh pour qu'il y ait des sanctions". C'était à la veille d'un sommet du G20 à Pittsburgh aux Etats Unis.

C'est finalement 12 ans après, qu'une action concrète est posée dans ce sens avec la toute nouvelle administration BIDEN qui vient d'adopter une réforme fiscale qui fixe un taux d'imposition minimale de 21% pour toutes les entreprises multinationales.

Quelle peut être l'implication de cette réforme sur les négociations en cours au sein de l'OCDE ?

Avec cette réforme, les paradis fiscaux perdront sans conteste leur attractivité. En effet, la réforme prévoit que si une multinationale est imposée à un taux inférieur au taux minimum de 21% dans un pays, elle sera imposée sur le différentiel dans le pays de résidence de la multinationale. Par exemple, si Google qui a son siège aux USA est imposée à 12,5% en Irlande, les Etats Unis auront un droit d'imposition complémentaire de 8,5%, soit 21% - 12%, aux Etats Unis. Ce qui rendrait inutile pour les multinationales, le recours à l'Irlande, considérée comme un paradis fiscal qui abrite les actifs incorporels des multinationales.

Depuis janvier 2019, les négociations en cours sur l'imposition des entreprises multinationales à l'ère de la numérisation de l'économie a abouti à une proposition ambitieuse de réforme de la fiscalité internationale, visant à changer radicalement les règles actuelles qui datent des années 1920. Les réflexions des pays du cadre inclusif du BEPS sont axées sur deux piliers : le pilier 1 qui vise à faire imposer les multinationales dans les juridictions de marché, même sans présence physique et le pilier 2 qui vise à fixer un taux d'impôt minimum afin de lutter contre le recours aux paradis fiscaux. Cette réforme fiscale aux Etats Unis vient comme une bouffée d'oxygène pour l'OCDE qui a tant souffert des turpitudes de l'administration Trump pendant les négociations. En effet, la proposition de BIDEN rentre en droite ligne du pilier 2 et cela augure d'une accélération inattendue des négociations qui doivent aboutir à un consensus au plus tard le 30 juin 2021.

Et l'Afrique dans tout cela ?

Il faut dire que les pays africains sont fortement concernés par les discussions en cours dans la mesure où plusieurs multinationales ont des filiales en Afrique et la problématique des paradis fiscaux frappe durement l'Afrique.

Plusieurs pays africains sont membres du cadre inclusif BEPS et participent aux négociations en cours à travers des organisations interafricaines comme le Forum pour l'administration fiscale africaine (ATAF) et l'Union Africaine. La position commune africaine portée par l'Union africaine a d'ailleurs proposé un taux d'imposition minimum de 20%, très proche de la proposition américaine. Ceci augure de belles perspectives pour les administrations fiscales africaines mais il reste certains détails à régler.

En effet, beaucoup de pays africains ont des codes miniers ou des codes des investissements très attractifs avec des taux d'imposition effectifs de loin inférieurs au seuil de 21%. Dans un tel contexte, on peut aboutir à une imposition complémentaire des entreprises situées en Afrique mais avec des impôts payés dans les pays de résidence des maisons mères desdites entreprises. En d'autres termes, si la société minière X, filiale d'une société canadienne, située au Burkina Faso est imposée sous le régime du code minier de 2013 à 17,5%, la nouvelle règle autorise le Canada à faire une imposition complémentaire du bénéfice réalisé au Burkina au taux de 3,5%, soit 21%-17,5%. Il sera moralement condamnable, économiquement incompréhensible et socialement injuste qu'une entreprise ayant exploitée les ressources naturelles au Burkina et réalisé des bénéfices au Burkina, soit imposée sur une partie de ce bénéfice dans un autre pays. Ces questions doivent donc être mises sur la table de discussion avec certains détails techniques comme les différences temporelles liées aux règles de détermination du bénéfice sur le plan comptable et sur le plan fiscal afin que cette nouvelle règle puisse instaurer la justice sociale tant recherchée.

En attendant, un grand pas est réalisé et c'est le moment pour les dirigeants africains de s'impliquer au plus haut niveau car une discussion de politique fiscale commune est d'abord une tractation politico-diplomatique où chaque pays cherche à protéger légitimement ses intérêts.

Docteur Aboubakar NACANABO
Inspecteur des impôts

Catégories: Afrique

Mise en œuvre du PNDES : L'impact du terrorisme et des conflits passés à la loupe pour améliorer le nouveau référentiel

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:56

Dans le cadre de l'élaboration du référentiel national devant couvrir la période 2021-2025, le gouvernement burkinabè a conduit, avec l'appui de ses partenaires techniques et financiers, une étude sur les causes des conflits et de leurs impacts sur la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Le projet de rapport de ladite étude a été soumis pour validation, ce vendredi 7 mai 2021 à Ouagadougou, aux parties prenantes sous les auspices de la secrétaire générale de la Primature, Yvonne Rouamba/Guigma.

Au départ, la sécurité avait été considérée par les économistes comme un risque pouvant entraver la bonne mise en œuvre du PNDES. Mais le risque est survenu en 2015 et se poursuit, conduisant le gouvernement burkinabè à réaménager le budget de l'Etat pour accorder une priorité au secteur défense-sécurité. Conséquence, les investissement dans les secteurs de soutien à l'économie et les dépenses dédiées aux secteurs sociaux ont pris un coup.

Outre le terrorisme, plusieurs autres conflits comme les conflits fonciers, communautaires, miniers, intra et extrareligieux ont eu une grande incidence sur les résultats du développement du pays. Leurs causes et impacts ont fait l'objet d'une étude dont le rapport a été soumis à validation, vendredi 7 mai, à Ouagadougou, au ministère de l'Economie, des Finances et du Développement. Cela devrait permettre de tirer leçons des erreurs du PNDES et d'améliorer son successeur, en cours d'élaboration.

Les besoins humanitaires estimés à environ 329 milliards de Fcfa

Sur le plan humanitaire, la crise a accéléré le déplacement des populations. De 47 000 en fin décembre 2018, le nombre de personnes déplacées internes était de 1 049 764, à la date du 10 novembre 2020. 3,5 millions de personnes sont dans des besoins humanitaires estimés à plus de 607,9 millions de dollars soit environ 329 milliards de francs CFA.

Les causes des conflits

Selon Seydou Sawadogo, chargé d'études au secrétariat permanent du PNDES, plusieurs causes expliquent les conflits constatés. Il ressort toujours des enquêtes menées que certaines personnes ont le ressentiment que leurs régions sont délaissées. Il y a aussi le manque d'opportunités économiques pour les jeunes, la mauvaise gestion des ressources, la stigmatisation de certaines communautés, la faible présence ou l'absence de l'Etat dans certaines zones rurales.

Seydou Sawadogo, chargé d'études au secrétariat permanent du PNDES

Quelques propositions pour renforcer la résilience

Pour renforcer la résilience des populations face au phénomène du terrorisme, le rapport propose entre autres d'améliorer la prise en charge des personnes déplacées internes et l'accès des populations à l'information, d'assurer une meilleure redistribution des retombées issues des exploitations des ressources naturelles.

En ce qui concerne les personnes enrôlées dans les groupes armés, il a été recommandé de créer des conditions de leur reconversion. Aussi, le renforcement de la présence de l'Etat dans les zones défavorisées, à forts défis sécuritaires, le développement des opportunités d'emploi pour les jeunes et les femmes, la révision de la loi sur le foncier et du code électoral pour adopter le suffrage direct comme mode de désignation des maires ont été proposés pour renforcer cette résilience.

La représentante des PTF, du bureau des Nations Unies, Angéline Nguedjeu, a salué la bonne collaboration productive avec la partie burkinabè

Selon la secrétaire générale de la Primature, les résultats de l'étude « doivent guider la prise en compte de la dimension sécurité, paix et résilience dans la formulation du nouveau référentiel ». Elle a indiqué que certaines recommandations ont été déjà prises en compte dans le projet du référentiel dont le processus de validation est en cours, avec l'organisation dans les prochaines semaines des assisses nationales sur ledit référentiel.

De son côté, la représentante des PTF, du bureau des Nations-Unies, Angéline Nguedjeu, a salué la bonne collaboration productive avec la partie burkinabè au cours de cette étude qui s'est déroulée dans neuf régions et qui a duré six mois.

HFB
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Recrudescence des attaques terroristes : L'État islamique au grand Sahara (EIGS) augmente son emprise au Liptako-Gourma

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:55

La région du Liptako-Gourma qui est l'épicentre de la lutte contre le terrorisme, est en ce moment la proie d'une folie meurtrière de l'État islamique qui menace, intimide, brûle, incendie, tue, et emporte le bétail et les biens. Au Burkina Faso et au Niger, les attaques ont connu une recrudescence et la soif de sang versé de ce groupe semble inaltérable. Ces attaques doivent poser la question de la stratégie de lutte contre le terrorisme. Les volontaires de défense de la patrie aux avant-postes du combat sont-ils soutenus ? L'armée se donne-t-elle les moyens de poursuivre et de punir ses criminels ?

Depuis la fin du mois d'avril, des attaques meurtrières et barbares dirigées contre les populations civiles ont repris dans le Liptako-Gourma, particulièrement dans notre pays. Ainsi le 28 avril 2021, le colonel-major, gouverneur de la région du Sahel, a annoncé la mort de dix-huit personnes des suites d'attaques contre des villages de la commune de Seytenga dans le nord du Burkina Faso. Les localités de Sofokel, Yatakou, Tao et Seytenga sont les victimes de ces actes de pillages et d'assassinats. Deux jours avant, dans l'Est du pays, trois Européens ( deux Espagnols et un Irlandais) ont été enlevés lors d'une attaque et leurs corps ont été retrouvés criblés de balles dans la brousse. Ces occidentaux, des journalistes et un écologiste, étaient en tournage d'un documentaire sur le braconnage.

Pour terminer la semaine, le 3 mai 2021 dans le village de Kodyel dans la commune de Foutouri, toujours dans l'Est, est la cible d'une attaque de grande ampleur : plus d'une centaine d'hommes armés venus en camionnette et en motos ont attaqué le village, brûlant, incendiant les maisons pour faire sortir les habitants et tirant sur eux comme sur des lapins, une fois dehors. Au total 30 morts et 20 blessés selon des sources. Les mêmes sources pensent que Kodyel est puni pour avoir fourni des volontaires pour la défense de la patrie récemment. Ces attaques de par leur violence et leur cruauté (tuant les enfants) semblent porter la marque de l'État islamique au grand Sahara (EIGS).

Questionner la stratégie de l'utilisation des volontaires

Le 21 janvier 2000 l'Assemblée nationale a autorisé la création d'un corps de supplétifs de l'armée pour déléguer au niveau des villages, des quartiers et des secteurs la défense de la patrie à des volontaires qui formés en deux petites semaines sont aujourd'hui avec la population ceux qui les premiers meurent pour la patrie. Les VDP qui devraient renseigner les FDS semblent être en première ligne et on peut se demander s'ils arrivent à prévenir des attaques qu'ils subissent. Les textes qui créent les VDP les mettent sous l'autorité des forces de défense et de sécurité, un soin particulier a été mis pour définir les devoirs de ces patriotes, quelques droits surtout en cas de décès leur sont reconnus en plus d'indemnités contractuelles mais les devoirs des FDS envers eux quand ils sont en danger, quand ils appellent au secours, semblent relever du « secret défense ».

Après le drame de Kodyel, le gouvernement par communiqué salue la bravoure des VDP. Il faudrait peut-être plus car ces braves volontaires comme la population sont seuls abandonnés à la folie meurtrière des terroristes. Le gouvernement en créant ces structures a exposé les villages et les secteurs, même si ce sont les populations qui les premières ont demandé des armes pour se défendre. Mais a-t-on pensé à ce qui se passe actuellement comme une invasion d'une centaine d'ennemis contre quelques individus ?

Les volontaires pour la défense de la patrie (VDP) est un programme qui est sensé accroître la sécurité des villages, mais pas être la cause des attaques terroristes. Cette attaque montre que les groupes terroristes à la base de l'attaque de Kodyel veulent freiner l'enrôlement de nouveaux volontaires et faire peur à ceux qui désirent s'engager. On peut se demander à juste titre si les VDP sont en liaison avec les forces de défense et de sécurité ? Celles-ci ont –elles été appelées au secours du village attaqué par une centaine d'hommes armés ? Si oui quelle a été leur réaction ? Le ministère de la Défense peut-il nous dire quels sont les points forts et les points faibles de cette stratégie dans la lutte contre le terrorisme ? Qu'a-t-il fait lui-même pour la rendre opérante et efficiente sur le terrain ?

Alors que des volontaires se plaignent de ne pas toucher leurs subsides dans des reportages télévisuels, on se demande si nous sommes en capacité stratégique dans cette lutte contre les bandits armés qui se regroupent facilement, communiquent mieux que nous et fondent sur des villages et des hameaux de culture pour apporter la mort et la désolation. Dans cette lutte contre le terrorisme, il faudrait que l'on se convainque au sommet de l'État, que nous avons aussi besoin d'esprit, d'intelligence et de compréhension du phénomène, pour pouvoir le vaincre. Nous sommes les seuls à vouloir guérir un mal que l'on ne connaît pas.

Pendant six ans on ne connaît pas notre ennemi, on ne peut pas identifier la signature de tel ou tel groupe selon le mode opératoire. La représentation nationale gagnerait à chercher à comprendre ce qui se passe depuis qu'elle a accordé d'importants crédits pour la défense du pays. Les avancées dans cette lutte, sont si minimes, les positions ne sont pas tenues et ce sont les groupes terroristes qui dictent leur agenda. Nous devons refuser cela et être plus proactifs sur le terrain.

L'Assemblée devrait regagner de la crédibilité en se positionnant comme contre-pouvoir ou du moins celui qui contrôle l'action du gouvernement. Que fait le gouvernement dans la lutte contre le terrorisme ? Les députés peuvent-ils nous assurer qu'ils sont mieux informés que le commun des burkinabè, et que ce qui est fait va dans la bonne direction pour mettre fin à ce fléau ? La question essentielle est là : qu'avons-nous construit en cinq ans au plan militaire ? Notre sort devrait il dépendre des étrangers : les français de Barkhane, ou une hypothétique légion tchadienne ?

C'est bien un proverbe de chez-nous qui dit que dormir sur la natte d'autrui est se coucher à terre. Notre pays doit être debout contre le terrorisme pour que nos populations soient en sécurité et aient un sommeil paisible.

Sana Guy
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Etude d'audience des médias : A Ouagadougou, BF1 en tête des télés et Savane FM en tête des radios

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:55

Africascope de Kantar a réalisé une enquête sur les audiences des médias burkinabè dans la ville de Ouagadougou. Pour l'année 2020, les résultats de l'étude se présentent comme suit : la radio vient en tête du peloton avec une audience de 92% suivie de la télé avec un pourcentage de 87%. L'internet occupe quant à lui la troisième position avec un pourcentage de 30% et le journal papier à la dernière place avec une audience de 1%.

Selon l'étude, la part d'auditeurs quotidiens demeure identique à la vague précédente (2019). Sur une population de 1 354 000 personnes enquêtées en 2020 à Ouagadougou et qui sont âgées de plus 15 ans, 92% écoutent la radio avec une durée moyenne quotidienne de 166 minutes par jour.

La radio Savane reste en tête avec une couverture quotidienne de 74%, devant Radio Oméga (53% AC), Radio Al Houda (20% AC), RFI (16%) et Radio Maria (15% AC).

Comme mode de consommation, l'étude nous apprend que la radio est écoutée via un poste de radio (79%) ou un mobile équipé d'un récepteur FM (66%). L'écoute se fait principalement depuis le domicile (97%).

L'actualité (92% des préoccupations) suscite un vif intérêt, en particulier celle du Burkina Faso. La radio est le média qui suscite le plus la confiance pour s'informer en la matière. La médecine ou la santé (90%), la musique (90%) sont également les préoccupations des personnes qui consomment la radio.

Dans un pays de l'oralité, cela peut se comprendre aisément. Sans oublier également qu'on n'a pas besoin de déployer de gros moyens pour avoir accès à la radio. Il est aussi possible d'écouter la radio en exécutant d'autres activités…

BF1 reste en tête du classement des télévisions

A la suite de la radio, l'étude montre également que les populations de Ouagadougou sont passionnées de la télévision. Car elle vient en deuxième position avec une audience de 87% de la population regardant quotidiennement la télévision à travers une moyenne de 166 minutes par jour.

Parmi le top 5 des télévisions les plus suivies dans la capitale burkinabè, c'est la télévision privée BF1 qui vient en tête des audiences avec 18% de PDA (part d'audience), suivie de la télévision nationale du Burkina (13% PDA), Novelas TV (9,8%), Canal+ Sport (5,8%) et enfin A+/A+ Ivoire (5,6%).

Il ressort que les enquêtés regardent la télévision au moins une fois par semaine à la maison (89%), au domicile d'amis (24%), dans les restaurants, bars, maquis (13%) et dans d'autres lieux (13%). On peut bien comprendre qu'il est difficile de transporter sa télévision partout. D'où les lieux précis où les gens la regardent. Cependant, de nouveaux formats de consommation de la télévision font leur apparition, permettant ainsi de la regarder depuis son téléphone portable.

Si pour la radio c'est 92% de part d'audience pour les radios nationales et 8% pour celles internationales, au niveau de la télévision, l'étude révèle un élément assez important. On constate en effet que les enquêtés consomment à 53% les télévisions nationales et 47% les chaines internationales et panafricaines. Même si l'étude ne le mentionne pas, on peut supputer que cela est dû aux programmes pas tout à fait attrayants des chaînes de télévisions nationales.

Internet plus suivi que la presse écrite

L'internet occupe quant à lui la troisième position avec un pourcentage de 30%. Et selon l'étude, la part d'internautes connait cette année une hausse importante. Ils sont désormais 38% (+12pts) à se connecter chaque semaine et 53% (+11pts) à être internautes ne serait-ce qu'occasionnellement. Mieux, 100% de la population âgée de 15 ans et plus est équipée d'un téléphone mobile et 25% d'un smartphone.

Les activités les plus pratiquées chaque semaine par les internautes sont l'utilisation de messagerie instantanée (80%), la consultation des réseaux sociaux (73%) et le téléchargement de fichiers audio (36%).

Le dernier de cette liste, c'est le journal papier (la presse) avec une audience de 1%. Toute chose qui doit interpeller à ce niveau les patrons de presse.

La présente enquête, l'objet de cet article, couvre le dernier trimestre 2020 et rendu publique courant mars 2021. Pour rappel, Africascope est le nom donné aux enquêtes d'audience des médias couvrant les pays africains.

Synthèse réalisée par Yvette Zongo
Lefaso.net

Catégories: Afrique

RDC : constitution d’une commission interministérielle pour examiner la situation du RAM

Radio Okapi / RD Congo - sam, 08/05/2021 - 01:49


Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a noté le mécontentement des utilisateurs des réseaux de communication vis-à-vis des méthodes de prélèvement de la taxe Registre des appareils Mobile (RAM) initiée par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC).


C’est ce qu’indique le compte-rendu du Conseil des ministres du vendredi 7 mai.

Catégories: Afrique

« Dans la situation actuelle, le vrai Ramadan, c'est d'aider les autres », dit le chef missionnaire d'Ahmadiyya au Burkina, Mahmood Nasir Saqib

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:45

Le Ramadan 2021 se tient dans un contexte national difficile marqué surtout par la flambée de l'insécurité, les nombreux déplacés internes et la quête d'une réconciliation nationale. Pour comprendre ce que doit impliquer cette situation pour ce mois et pour le fidèle, nous avons rencontré l'Amir, chef missionnaire de la Jama'at (communauté) islamique Ahmadiyya au Burkina, Mahmood Nasir Saqib, qui dresse également le bilan de la conférence annuelle de la communauté.

Lefaso.net : Quel est le bilan que vous faites de la 29e Jalsa Salana tenue du 3 au 5 avril 2021 sous le thème : « Justice et réconciliation nationale pour la paix : les solutions de l'islam » ?

Mahmood Nasir Saqib (MNS) : Il faut d'abord rappeler que l'an passé, à cause du COVID-19, nous n'avons pas pu tenir la conférence, la 19e. Cette année, nous avons d'abord demandé l'autorisation à l'État, qui nous l'a accordée, ensuite à notre chef suprême, Khalif, qui nous l'a accordée. C'est ainsi que nous avons commencé les préparatifs avec toutes les précautions liées notamment aux mesures-barrières. Nous avons demandé aux vieilles personnes, aux femmes enceintes et aux enfants de surseoir à leur participation à cette édition, au regard de la situation sanitaire. Dieu merci, cette conférence qui a connu la participation de plus de neuf mille personnes s'est très bien déroulée. Le message, c'était d'abord celui de réconciliation nationale. Nous avons bien traité le sujet et les participants sont repartis avec un très bon message.

Lefaso.net : Qu'est-ce que ceux qui n'ont pas pu participer doivent retenir de ce message livré durant cette conférence annuelle ?

MNS : La première chose dans le processus de réconciliation nationale, c'est d'abord une réconciliation au niveau des bases sociales. Chaque foyer, chaque famille…doit se réconcilier avec ses membres. Chaque personne doit faire une très bonne réconciliation chez elle à la maison, dans sa famille, avec ses parents, ses amis, ses voisins, ses collègues de travail, etc. C'est là que commence la réconciliation pour arriver au niveau national. C'est ce message-là que nous avons partagé avec nos membres. Dieu merci, les gens ont compris le message et le ‘'feed-back'' est très réconfortant. Dans la Jalsa salana, qui a duré quatre jours, tout s'est très bien passé. Nous remercions Allah pour cette chance pour avoir géré cette période.

Lefaso.net : Vous avez associé à la réflexion, l'Administration, des autorités politiques et des personnes d'autres confessions religieuses. Quelle symbolique se cache derrière ce brassage ?

MNS : D'abord, à la Jama'at, nous avons, à chaque fois, associé l'Administration et élargi nos cadres de réflexions. L'Amour, c'est entre nous les Hommes d'abord ; on doit s'aimer et montrer notre sympathie, les uns envers les autres, c'est très important. Cette année, nous avons un ministre chargé de la question (réconciliation nationale), à qui nous avons, en plus des autres autorités, adressé une correspondance. Dieu merci, elles ont toutes répondu. Donc, le débat a associé d'autres confessions religieuses afin de permettre à l'Administration d'avoir le point de vue de tout le monde. On peut dire que l'objectif que nous recherchions est atteint.

Lefaso.net : De tout le temps, la communauté ahmadiyya a prêché la paix, la cohésion sociale, la solidarité. Après la conférence internationale, quelle va être la suite avec les représentations dans les régions dans ce contexte de recherche de réconciliation nationale ?

MNS : Effectivement, étant représentée dans toutes les régions du pays avec plus de 150 missionnaires, notre travail est la formation des membres. C'est important de donner le message, le bon message. Le travail (de sensibilisation, de propagation du bon message) ne peut pas donner les résultats à court terme. Après la conférence, le travail se poursuit dans les régions et les missionnaires sont en train de suivre. Dieu merci, partout les gens apprécient le message et les sujets abordés. Chaque jour, les gens de tous bords ne cessent de nous féliciter pour le message que nous portons auprès des membres, au niveau des populations. Nous sommes donc en train de travailler réellement dans les régions afin que ce qui a été dit soit suivi : avoir une réconciliation réelle, de la base au sommet de la société.

Lefaso.net : Aujourd'hui, la préoccupation centrale, ce sont aussi la réconciliation nationale et la cohésion sociale. En tant que leader religieux, quel peut être votre message à l'ensemble des communautés religieuses du Burkina, en particulier celle islamique ?

MNS : D'abord, il faut qu'on comprenne la situation du monde ; parce que si quelqu'un ne connaît pas le danger, les enjeux, il peut fermer les yeux, pensant que tout va bien, alors que c'est l'ignorance. Actuellement, le monde est dans une posture très dangereuse, très difficile. Quand vous regardez le COVID-19, les gens pensent que c'est une petite affaire. Alors que non, une maladie réelle est en train de créer un problème grave dans le monde. Ce ne sont pas les morts uniquement qui sont un problème, le plus grave encore, c'est la crise économique qui va suivre.

Cette crise économique va détruire les relations humaines. Elle aura un effet très dangereux. Or, quand on a un problème économique, les problèmes sociaux commencent ; banditisme, quand les gens n'auront pas à manger, ils vont sortir casser, etc. Pour cette raison, il faut que les responsables religieux prennent leur responsabilité, avec leurs prêches, leurs messages, pour commencer à expliquer aux gens les dangers qui peuvent arriver afin de permettre de se préparer à cela.

Se préparer, comment ? C'est-à-dire faire en sorte qu'on sache ce qu'il faut faire ; quand il y a une difficulté, quel rôle tel ou tel leader doit jouer. Deuxième souci, la situation sécuritaire de notre pays, qu'on avait cru améliorée, mais les nouvelles ces deux jours inquiètent et montrent que la situation n'est pas bonne. Donc, aujourd'hui, tous les responsables de toutes les religions, sans distinction, doivent lancer des messages forts contre le terrorisme, sans hypocrisie. Il faut dire ouvertement que ce que les terroristes font n'a rien d'islamique. Une religion de paix (l'islam) ne s'adonne pas à de telles pratiques.

Un autre souci, nos jeunes sont exposés à toutes les précarités, qu'ils sont facilement une proie pour les terroristes. Ce que l'Etat et la société civile doivent faire aujourd'hui, c'est de tout faire pour occuper les jeunes : un bon système d'éducation, un bon plan de création d'emplois, etc. Si on néglige les gens (jeunes), ce n'est pas du tout bien. Chaque responsable religieux doit contribuer positivement donc à construire la société. La critique est facile, mais chacun doit contribuer positivement. Ce qui se passe ailleurs doit nous interpeler et nous instruire (on ne doit pas dire que parce que ça se passe loin de nous, donc ça ne nous intéresse pas).

Lefaso.net : C'est dans ce contexte d'insécurité, de recherche de réconciliation nationale et de cohésion sociale que se tient le jeûne 2021. La situation devra-t-elle avoir un impact sur le Ramadan ?

MNS : Le jeûne existe dans chaque religion. Chaque religion à sa manière de faire le jeûne. L'Islam nous a enseignés notre façon de faire. Ça, c'est pour bénéficier de la pitié, la grâce et la bénédiction d'Allah. Mais je vais dire quelque chose…, je suis d'accord, le jeûne est très important. Mais le plus important, c'est le sacrifice, l'acte. Pour dire quoi, le doua est important, mais à un moment donné, l'acte est aussi plus important. Actuellement, quand vous regardez au Burkina Faso, autour de nous, on parle de 1 079 000 personnes déplacées. Alors, on dit Ramadan, vous, vous êtes à la maison, contents, en train de dire que vous êtes en train de faire le jeûne, vous allez manger tout ce que voulez à la rupture. Mais, imaginez 1 079 000 personnes en train de souffrir de toutes les difficultés ; elles n'ont pas à manger, à boire et de quoi se loger. Faire le doua, c'est bien, mais il faut faire le sacrifice pour ces frères et sœurs, ces enfants, orphelins, veuves et veufs qui souffrent tout près de nous.

C'est pourquoi, chez nous à Amadiyya, outre les programmes ordinaires que nous avons au profit des populations, nous avons lancé dans la période, un programme spécial de collecte au profit des personnes déplacées. Nous avons aussi un autre programme spécial pour au moins 1000 familles. Nous allons faire des kits composés de riz, sucre, huile, savons…pour au moins 1000 familles. C'est cela nous appelons, dans le contexte actuel du pays, Ramadan. Sinon, Ramadan où les gens font carême, vont dormir pour se lever rompre et manger tout ce qu'ils veulent et prier la nuit pour reprendre le lendemain, c'est bon, mais ce n'est pas arrivé. Ramadan nous enseigne que nous devons aider ceux qui souffrent et c'est ce que nous enseignons et expliquons à Ahmadiyya. Ramadan, c'est regarder comment les gens souffrent à côté de vous, tout près, dans le même pays.

Quelqu'un qui pense que parce qu'il prie de la nuit au petit matin a bien fait, oui, il a bien fait, mais à côté de lui, il y a des gens qui n'ont pas mangé, qui ont dormi à jeûn. Dans ces conditions, pensez-vous qu'Allah sera content de vous ? Dans les écritures saintes, il est dit qu'Allah va demander le jour du jugement pourquoi on n'a pas apporté telle ou telle autre aide à telle ou telle autre personne qui en avait besoin ? Des connaissances étaient malades, vous ne leur avez pas rendu visite. Ils avaient faim, vous ne leur avez pas donné à manger, ils avaient soif, vous ne leur avez donné à boire, etc.

Dieu va demander pourquoi ce serviteur était dans le besoin et vous ne l'avez pas secouru. C'est dire que quand on agit pour la créature d'Allah, on agit pour Allah. Et le Ramadan nous a enseigné qu'il faut qu'on travaille pour ceux qui souffrent. On ne peut pas finir les difficultés, mais on peut diminuer la souffrance pour beaucoup de personnes et c'est ce que nous avons comme messages et actions sur le terrain.

Lefaso.net : Donc, dans le contexte actuel du Burkina, le Ramadan devait être la multiplication des vraies actions de solidarité !

MNS : Oui, tout à fait ! Ramadan donne un message. Mais beaucoup de gens ne comprennent pas ce qu'est le message. Je n'ai pas mangé depuis matin, j'observe la soif et la faim, je le fais à cause d'Allah. Je dois comprendre qu'il y a des millions de personnes qui, elles, n'ont pas décidé de ne pas boire et de ne pas manger, c'est parce qu'elles n'en ont pas. Imaginez un enfant qui se réveille matin et qui jusqu'au soir n'a rien pour manger. Imaginez ce que ça fait comme souffrance. Mais vous, vous êtes à la maison, dans votre confort, vous décidez de quand vous buvez et mangez, vous faites le jeûne dans le confort, c'est bien, mais le vrai jeune, c'est le sacrifice, aller aider ceux qui souffrent, juste tout près de vous. Je suis d'accord que Ramadan, c'est la prière et bien d'autres évocations, mais la plus forte et noble action, c'est aider les gens qui sont dans la souffrance. C'est cela le message du Ramadan.

Lefaso.net : Nous sommes dans la dernière décade du Ramadan, qui revêt une importance particulière, avec les longues prières. Quelle est la conduite appropriée à tenir ?

MNS : Dans l'esprit, c'est comme un marathon ; quand vous démarrez, vous êtes plus en forme physiquement. Mais après une certaine distance, vous commencez à être fatigué. C'est en ce moment que vous avez besoin d'être encouragé. C'est naturel chez l'être. C'est pour cela le Saint Prophète (Paix et Salut sur Lui) dit que dans le mois du Ramadan, voici les bénédictins que contient la première décade, celles de la deuxième décade et les bénédictions des dix derniers jours. Les plus importantes, c'est la dernière décade.

Tout le mois est important, chaque jour du mois est important, mais les dix derniers jours sont encore plus importants parce que ça correspond au moment de la fatigue, il faut faire plus d'effort pour tenir. Donc, on redouble d'effort. C'est ce qui s'explique par la retraite spirituelle (pour ceux qui ont les moyens de le faire). Les gens viennent à la mosquée à partir de la vingt-unième nuit jusqu'à la dernière. Donc pendant dix jours, les gens restent dans la mosquée. Ceux qui n'ont pas la possibilité, chacun fait un effort dans la prière. C'est comme un examen, quand la date s'approche, les efforts aussi se multiplient.

Lefaso.net : Et ceux qui n'arrivent pas à observer tout cela, par défaut de possibilité ?

MNS : Tout ce que nous faisons, c'est d'abord l'intention qui compte. Pour une raison ou une autre, des gens peuvent ne pas pouvoir le faire (quelqu'un qui doit se sacrifier pour nourrir des personnes..., vous avez tout fait, mais votre travail ne vous permet pas de le faire, etc.), mais l'intention est-là et Dieu sait. Donc, la personne peut ne pas observer, mais l'intention est-là, Allah va lui accorder la bénédiction. Je vous raconte ceci : il y a un grand savant, qui venait d'effectuer le hadj.

Après le pèlerinage, il était couché une nuit et il lui a été révélé que cette année, Allah a accepté la prière (pèlerinage) d'une seule personne. Dans le rêve, Dieu lui a montré la direction de la personne dont le hadj a été accepté. Alors, il a pris la direction indiquée pour retrouver la personne. Quand il est arrivé, il a vu que le monsieur en question était un cordonnier. Il a demandé au monsieur comment il a fait pour que ce soit lui seul dont le hadj a été accepté par Allah. Le monsieur lui dit : « Je n'ai pas fait le hadj cette année ». Alors, il s'est étonné que quelqu'un, qui n'a pas effectué le hadj, voit son hadj accepté par Dieu.

Le monsieur dit : « En réalité, depuis longtemps j'ai nourri le rêve de faire le hadj. J'ai commencé à économiser un peu un peu et cette année, j'ai décidé d'effectuer le pèlerinage. Je m'apprêtais donc à partir quand un jour, ma femme me dit qu'elle sent l'odeur d'une très bonne sauce dans le voisinage et qu'elle allait en demander. Quand elle est partie demander la sauce, le monsieur (l'époux) a répondu que cette sauce est haram pour vous, mais halal pour nous. Elle a demandé comment ? Le monsieur a dit qu'en réalité, cela fait trois à quatre jours qu'ils n'ont rien à manger, les enfants agonisaient. Qu'il a donc vu un animal mort, qu'il a découpé pour venir préparer pour les enfants. Quand ma femme est revenue m'expliquer ça, je suis rentré dans ma chambre, j'ai pris l'économie que j'ai réalisée pour le hadj et je lui ai remis d'aller donner à la famille en question. Voilà pourquoi je n'ai pas pu effectuer le hadj ». Ce qu'il a fait, c'est l'intention et Allah a accepté.

Lefaso.net : Un message pour conclure ?

MNS : Ramadan s'achève avec une situation difficile dans notre pays : la situation sécuritaire devient très difficile, les déplacés augmentent. Dans ces conditions-là, chaque personne doit faire un effort, aussi petit soit-il, pour aider les frères et sœurs dans les difficultés. Il faut que chacun se mobilise et donne le peu qu'il peut, pour aider les frères et sœurs, c'est cela le vrai Ramadan. Dans la situation actuelle, le vrai Ramadan, c'est d'aider les autres.

Entretien réalisé par O.H.L
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Francis Ducreux, régisseur du Tour du Faso : Des témoins avisés racontent la vie d'un "visionnaire"

Lefaso.net (Burkina Faso) - sam, 08/05/2021 - 01:40

Décédé le 1er mai 2021 à Ouagadougou, Francis Ducreux emporte avec lui l'image d'un amoureux du cyclisme, d'homme-orchestre de plusieurs Tours cyclistes en Afrique dont celui du Faso. Les acteurs de la Petite Reine s'apprêtent à lui rendre un dernier hommage ce samedi 8 mai 2021.

Matinée noire pour le cyclisme burkinabè. En effet, samedi le 1er mai 2021, Francis Ducreux avait une rencontre avec les membres du Comité exécutif de la Fédération burkinabè de cyclisme pour parler du Tour du Faso. Il était rentré deux jours plutôt, soit le jeudi, de la France où il avait séjourné pour des soins.

Mais à l'heure prévue pour la réunion, alors que tout le monde est présent, Francis Ducreux n'est pas encore arrivé. Ce n'est pas dans ses habitudes d'être en retard. « Avec Francis, une minute, c'est une minute », relève Issa Tapsoba, tuteur et ami du défunt. Le président de la FBC, Amédée Berewoudougou, décide alors de l'appeler. « Francis vient de décéder il y a à peine deux minutes », s'entend-il dire au téléphone. C'est la consternation.

Un amoureux du cyclisme qui débarque au Burkina

Né le 14 février 1945 à Pont-Audemer en France, Francis Ducreux a été un cycliste professionnel de 1968 à 1973. Il a participé à deux reprises au Tour de France. En 1968, il abandonne à la quatrième étape puis il termine 36e à l'édition de 1971. Il a aussi pris part à d'autres courses cyclistes dont la renommée dépassait les limites des frontières de la France.

En 1987, il débarque au Burkina Faso et est hébergé dans la famille Tapsoba. « Un de mes cousins, William Tapsoba, faisait ses études chez Francis en France. Le père de ce dernier était le président de la Fédération voltaïque de cyclisme. Lorsqu'il est arrivé au Burkina, il est venu voir mon oncle. Ce dernier m'a demandé si je pouvais l'amener faire les courses. J'avais une moto à l'époque et c'est avec ça qu'on faisait nos courses. Lorsqu'on devait rencontrer un ministre, je prenais la voiture Renault 12 de mon cousin », se rappelle encore Issa Tapsoba, aujourd'hui Chef de Balkuy.

L'homme-orchestre du Tour du Faso

De ses rencontres va naître le Tour du Faso. En effet, l'expertise de Francis Ducreux a été sollicitée par les autorités de la révolution d'août 1983 pour organiser le Tour cycliste du Faso. « Sankara voulait d'une manifestation qui allait faire venir des étrangers au Burkina afin qu'ils apprécient la révolution. Il a trouvé l'idée du Tour du Faso. Les Russes ont participé à la première édition », se remémore Marcel Belem, ancien rédacteur en chef de Sidwaya Sport.

La voile est donc mise pour la première édition. « Nous avons fait le 1er Tour du Faso dans des conditions très difficiles parce que nous n'avions pas le matériel pour cela. C'est le groupe Fadoul qui nous prêtait deux porte-chars qu'on plaçait de chaque côté de la route et on accrochait la bâche d'arrivée », ajoute le Chef de Balkuy.
Les arrivées se sont faites en août 1987. Les pluies s'y invitaient souvent. « Après chaque arrivée, s'il y avait la pluie, on lavait les bâches la nuit pour l'arrivée du lendemain », a-t-il indiqué.

Au regard des désagréments que causait la pluie, les organisateurs de ce qui allait devenir une course cycliste de référence en Afrique optent, dès l'édition de 1988, de repousser les arrivées au mois d'octobre.
Il a fallu attendre quinze ans après la première édition pour que le comité d'organisation puisse se doter d'un premier car-podium. Au fil des ans, plusieurs autres cars ont été acquis et qui ont permis de donner au Tour sa renommée actuelle.

Le Balkuy Naba, tuteur et ami de Francis Ducreux

Un travailleur acharné

Pendant près de 35 ans, il a été le penseur du Tour du Faso. Il a réussi à mobiliser des sponsors et intéresser les cyclistes à la boucle du Burkina Faso. « Il aimait toujours le travail bien fait. Il n'aimait pas la médiocrité. Il signait les engagements avec les sponsors et j'étais chargé de les appliquer sur le terrain », a relevé le Chef de Balkuy.

Avec ce décès, c'est un grand vide qui se crée dans l'organisation du Tour du Faso. « Nous reconnaissons la valeur de l'homme, de ce qu'il a apporté au Tour du Faso et aux autres tours. C'est quelqu'un qui avait de grandes idées. C'était un visionnaire. Il a créé le Grand prix de l'impossible et la Boucle du coton. Il est difficile de le remplacer », a confié Alassane D. Ouangraoua, ancien président de la Fédération burkinabè de cyclisme.

Pour Abdoul Aziz Nikiema, c'est comme un père qu'il perdait. « Francis était comme un père pour moi. Il m'avait adopté et me prodiguait des conseils. Le jour de son départ pour la France, je revenais de l'entraînement, malgré la fatigue et la sueur, je suis allé chez lui avant de rentrer à la maison. Lorsque je suis arrivé, je l'ai trouvé en train de faire sa valise. Il m'a informé qu'il allait en France le même soir et il m'a donné des astuces pour retrouver la forme et être dans le Top 10. Je suis parti et c'était ma dernière fois de le voir », a raconté le capitaine des Etalons cyclistes.

Le Tour du Faso, d'autres tours cyclistes en Afrique, perdent un maître à penser. Francis Ducreux sera inhumé ce samedi 8 mai 2021 au cimetière de Gounghin après une cérémonie d'hommage des acteurs de la petite Reine.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Pages