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SIPEN-UEMOA : Izaï Toé appelle les Burkinabè à adopter l'extension .bf pour renforcer la souveraineté numérique

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:50

‎"En matière de noms de domaines, la règle est simple : premier arrivé, premier servi", c'est sur cette réalité, souvent méconnue, que Izaï Toé, directeur exécutif de l'Alliance burkinabè des domaines d'Internet (ABDI), a conclu sa communication lors de la première session de travail du Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN-UEMOA). Pour lui, réserver un nom de domaine en .bf n'est plus une simple formalité technique, mais un enjeu de souveraineté numérique, de visibilité et d'anticipation.

‎Placée sous le thème « Gouvernance de l'Internet, souveraineté numérique et coopération régionale des CCTLD dans l'espace UEMOA », cette première session permet aux participants de mieux comprendre les mécanismes qui régissent Internet ainsi que les défis auxquels les États de l'Union sont confrontés.

‎Pour poser les bases de son intervention, Izaï Toé est revenu sur l'histoire d'Internet. Il rappelle que le réseau mondial est né en 1969 d'une collaboration entre des chercheurs universitaires et des militaires américains souhaitant disposer d'un système de communication plus fiable. Au fil des décennies, les innovations technologiques ont transformé ce projet expérimental en une infrastructure mondiale reliant aujourd'hui près de cinq milliards d'utilisateurs.

‎Mais si Internet est désormais omniprésent dans la vie quotidienne, son fonctionnement reste largement méconnu du grand public. C'est précisément ce qui justifie, selon le directeur exécutif de l'ABDI, la nécessité de vulgariser la notion de gouvernance de l'Internet.

‎"Contrairement à une idée répandue, Internet n'appartient ni à un État ni à une entreprise. Sa gouvernance repose sur un modèle multipartite dans lequel interviennent les gouvernements, les entreprises privées, les organisations techniques, les universités, les chercheurs, les organisations de la société civile ainsi que les citoyens", précise Izaï Toé durant la session.

‎Cette approche, selon lui est essentielle pour garantir un développement équilibré du numérique. Les règles qui encadrent Internet doivent être élaborées collectivement afin de répondre aux attentes de tous les utilisateurs. Cette gouvernance collaborative constitue également un levier pour préserver un Internet ouvert, stable et accessible à tous, dans un contexte où les usages numériques ne cessent de se développer.

"Dans le futur, si vous n'avez pas votre parcelle sur Internet, vous n'avez pas prévu des parcelles sur Internet pour vos enfants, ils vont dire que vous n'avez pas été visionnaires", fait savoir Izaï Toé.


‎La cybersécurité, un défi devenu incontournable

‎L'intervenant a également insisté sur l'un des grands défis de la cybersécurité. Aujourd'hui, Internet irrigue pratiquement tous les secteurs de la société. Les administrations, les banques, les entreprises, les écoles, les hôpitaux et les particuliers dépendent quotidiennement des services numériques. Cette dépendance accrue expose cependant les utilisateurs à de nombreuses menaces : cyberattaques, vols de données, usurpations d'identités ou encore escroqueries en ligne. Selon lui, protéger les infrastructures numériques et sécuriser les utilisateurs est devenu une priorité pour les États. Cette protection passe aussi bien par des investissements techniques que par la sensibilisation des populations aux bonnes pratiques numériques.

‎Le .bf, une identité numérique encore sous-exploitée

‎L'un des points centraux de la communication concernait les Country Code Top Level Domain (ccTLD), c'est-à-dire les extensions nationales des noms de domaines. Chaque pays dispose de son propre espace numérique, à l'image de son territoire physique. Au Burkina Faso, cette identité est matérialisée par l'extension .bf. Le Sénégal dispose du .sn, la Côte d'Ivoire du .ci, le Niger du .ne, le Bénin du .bj ou encore le Togo du .tg. Pourtant, Izaï Toé constate que de nombreuses entreprises, institutions et organisations burkinabè continuent d'utiliser des extensions génériques telles que .com ou .org, au détriment du .bf.

‎Selon lui, promouvoir cette extension nationale contribue pourtant à renforcer la visibilité du Burkina Faso sur Internet, à affirmer son identité numérique et à mieux valoriser ses ressources digitales.

‎"Toutes les ressources numériques utilisées au Burkina devraient idéalement être hébergées dans notre espace numérique ", a-t-il expliqué, invitant les organisations publiques comme privées à privilégier le .bf.

‎Au-delà de l'aspect technique, cette démarche participe à la souveraineté numérique des États. Dans un monde où les échanges économiques, administratifs et sociaux passent de plus en plus par Internet, disposer d'une identité numérique forte devient un enjeu stratégique.

Les participants issus de la zone UEMOA ont posé les préoccupations liées à l'espace


‎Pour le directeur exécutif de l'ABDI, les noms de domaines nationaux constituent un patrimoine numérique qu'il convient de protéger au même titre que les autres ressources stratégiques d'un pays.

‎Il rappelle d'ailleurs que l'enregistrement d'un nom de domaine obéit à une règle universelle : premier arrivé, premier servi. Ainsi, si une institution tarde à réserver son nom en .bf, une autre personne pourrait légalement l'obtenir avant elle, ouvrant ensuite la voie à des procédures longues et parfois coûteuses pour récupérer cette identité numérique. Il prend l'exemple de l'UEMOA qui, selon lui, gagnerait à réserver ses différentes déclinaisons nationales, comme uemoa.bf ou uemoa.sn, afin d'éviter d'éventuels litiges.

‎Une coopération régionale pour peser davantage

‎"Face aux grands enjeux mondiaux de l'Internet, les États de l'UEMOA ne peuvent agir isolément", estime Izaï Toé.

‎Il plaide pour un renforcement de la coopération régionale entre les gestionnaires des domaines nationaux afin de défendre des positions communes dans les instances internationales chargées de la gouvernance de l'Internet. Une telle coordination permettrait également aux pays de mutualiser leurs expériences, d'améliorer la protection de leurs espaces numériques et de promouvoir ensemble leurs extensions nationales. Cette solidarité régionale apparaît d'autant plus nécessaire que les décisions prises au niveau international influencent directement le développement du numérique dans les pays africains.

‎Pour clore sa session, Izaï Toé a utilisé une image parlante pour illustrer l'importance des noms de domaine. "Les gens courent pour acquérir des parcelles physiques, mais ils oublient souvent leur parcelle sur Internet ", a-t-il fait remarquer. Selon lui, si l'espace numérique est invisible, il n'en demeure pas moins stratégique. Réserver dès aujourd'hui son nom de domaine, c'est protéger son identité, préparer son activité future et offrir aux générations suivantes une place dans l'économie numérique. Son plaidoyer s'adresse aussi bien aux administrations qu'aux entreprises, aux associations, aux médias et aux particuliers. Tous sont invités à considérer le .bf comme un outil de souveraineté, de crédibilité et de développement. Au-delà d'une simple extension web, le .bf symbolise désormais la présence du Burkina Faso dans le cyberespace.

Farida Thiombiano
‎Lefaso.net


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Burkina/Santé : « La dépression est multifactorielle, il n'y a pas qu'un seul facteur qui conduit à être dépressif », Dr Daniel Sorgho

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:47

Souvent confondue avec un simple passage à vide, la dépression est pourtant une maladie qui peut avoir de lourdes conséquences lorsqu'elle n'est pas prise en charge. Dans cet entretien, le Dr Daniel Sorgho, médecin psychiatre au CHU Yalgado Ouédraogo, revient sur les causes, les signes d'alerte, les traitements disponibles et l'importance de briser les préjugés afin d'encourager les personnes concernées à demander de l'aide.

Lefaso.net : Qu'est-ce que la dépression et en quoi se distingue-t-elle d'une simple période de tristesse ou de découragement ?

Dr Sorgho : Pour bien comprendre la dépression, il faut d'abord mieux comprendre certaines notions, notamment la notion d'humeur et d'humeur normale. L'humeur, c'est cette disposition qu'on a à ressentir du plaisir ou à ressentir du déplaisir. Et l'humeur normale, généralement, c'est une humeur qui oscille entre les deux pôles, le plaisir et le déplaisir.

Le plaisir, quand on est dans une situation de développement heureux, l'humeur, naturellement, va être dans le pôle plaisir. Et le déplaisir, quand on est dans une situation stressante, l'humeur va osciller vers l'autre pôle, qui est donc le déplaisir. La dépression, quant à elle, est un trouble de l'humeur qui va être caractérisé par une tristesse pathologique, c'est-à-dire que l'humeur se fixe de façon durable dans le pôle du déplaisir.

Et cela se distingue de l'humeur ordinaire, du simple sentiment de découragement, parce qu'au-delà de cette tristesse pathologique qui dure depuis au moins 2 semaines, on va avoir d'autres signes qui vont être associés. Et le principal signe qui va être associé, c'est essentiellement cette perte durable de la capacité à éprouver du plaisir. C'est-à-dire que le sujet, à un moment donné, ne ressent plus de plaisir dans ses loisirs habituels. Et au-delà de cela, s'associent d'autres signes comme l'anxiété : la personne va se montrer un peu ralentie, elle va faire des choses de façon plus lente que d'habitude, ou au contraire, la personne va être beaucoup plus agitée. La personne peut se culpabiliser, peut avoir un sentiment de regret, de désespoir, l'avenir est beaucoup plus sombre.

Et à côté de cela, il y a d'autres symptômes qui sont généralement les signes par lesquels les gens se présentent à l'hôpital dans notre contexte. Ce sont des signes physiques, par exemple le fait de ne pas dormir, la personne aura la sensation d'être fatiguée en permanence, des maux de tête, un manque d'appétit, etc. Sur le plan de la sexualité, la personne peut présenter une baisse de libido, c'est-à-dire que la personne ne s'intéresse plus, n'a plus envie d'une relation sexuelle. La personne peut présenter aussi des idées suicidaires, avoir envie de mourir et, malheureusement, certains passent à l'acte. Le risque suicidaire constitue une complication majeure de la dépression.

Quels sont les principaux facteurs qui peuvent conduire un jeune à développer une dépression ?

La dépression est multifactorielle. Il n'y a pas qu'un seul facteur qui conduit à être dépressif. Généralement, on les regroupe en trois grands groupes que sont : les facteurs biologiques, les facteurs psychologiques et les facteurs sociaux. Parlant des facteurs biologiques, c'est essentiellement l'aspect génétique. Un jeune qui a des antécédents familiaux de troubles mentaux en général et de troubles de l'humeur en particulier va être plus susceptible de développer lui-même la dépression qu'un autre jeune qui n'a pas ces mêmes antécédents. En plus de cela, il y a des facteurs psychologiques. Un jeune qui a une faible estime de sa personne, qui a tendance à se dévaloriser, à avoir une mauvaise image de sa personne, est vulnérable par rapport à la dépression.

À cela s'ajoutent les traits de personnalité. Lorsqu'une personne a tendance à être pessimiste, qui a une hypersensibilité au stress ou qui a des difficultés à gérer ses émotions, est beaucoup plus vulnérable. La présence d'une maladie physique chronique ou d'une addiction avec substances (alcool, tabac, cannabis, etc.) ou sans substances, notamment la dépendance aux écrans, aux jeux de hasard en ligne (paris sportifs par exemple), etc., aggrave la vulnérabilité psychologique du jeune et peut favoriser la survenue d'une dépression.
Le troisième grand groupe, c'est essentiellement les facteurs sociaux. Et sur ce plan, il y a d'abord l'environnement familial, surtout si le climat familial est conflictuel, si le sujet a été victime de négligence ou vit dans un milieu marqué par des difficultés socioéconomiques. Ce sont des faits qui peuvent favoriser l'apparition de troubles dépressifs.

À cela s'ajoutent les questions de traumatismes (abus physiques, psychologiques ou sexuels), les échecs scolaires, le harcèlement à l'école ou le cyberharcèlement. Il y a aussi les évènements de vie négatifs comme le deuil, les ruptures amoureuses, l'isolement social, la stigmatisation qui accroissent le mal-être du jeune et le rendent vulnérable à la dépression. Un autre aspect non des moindres qui concerne les jeunes, c'est leur rapport aux réseaux sociaux. En effet, bien qu'ils puissent offrir du soutien, ils exposent également à une comparaison sociale constante. Le jeune peut alors avoir l'impression que sa vie est un échec tandis que celles des autres sont meilleures.

Quels sont les signes qui doivent alerter les parents et proches ?

L'un des premiers signes qui alertent, ce sont les plaintes d'insomnie. Lorsque la personne dit ne pas pouvoir dormir pendant des jours, c'est un signe à ne pas négliger. Aussi, lorsqu'un proche devient facilement irritable, a des crises de larmes à la moindre contrariété, il faut s'en inquiéter. Chez les jeunes en activité, la baisse du rendement scolaire ou académique, le désinvestissement professionnel ou lorsqu'il commence à s'isoler (se renferme à la maison, coupe les contacts), à ne plus prendre goût à ses loisirs habituels, cela doit interpeller. Il y a aussi la présentation physique. Lorsque la personne commence à ne plus prendre soin d'elle-même, se présente de façon négligée, le visage triste, cela doit questionner.

Quels comportements ou changements d'attitude peuvent indiquer qu'un jeune envisage de mettre fin à ses jours ?

Avant l'acte suicidaire généralement, il y a quand même des symptômes. Premièrement, ce sont les idées suicidaires. La personne va être de plus en plus obsédée par ces idées. Elle va à la limite même fantasmer le suicide, trouver que c'est la meilleure solution à son problème. Et la personne peut à ce stade déjà parler de ses intentions. Devant une personne qui présente une souffrance, il faut toujours l'écouter et parfois même aller chercher les informations notamment. Est-ce que la personne a des idées suicidaires ? Et ne pas banaliser ce que la personne dit. Si la personne verbalise des idées suicidaires, parle de son envie de mort, il ne faut pas négliger car ce sont des symptômes pré-suicidaires et il faut en prendre en compte.

Comment réagir lorsqu'un jeune confie qu'il se sent mal, désespéré ou qu'il pense au suicide ?

Il faut écouter la personne avec bienveillance, c'est-à-dire avec attention et sans jugement. Il faut l'encourager à verbaliser ses émotions dans un endroit calme qui garantit la confidentialité. Il ne faut surtout pas banaliser sa souffrance de l'autre et prendre au sérieux ses intentions suicidaires si elles sont communiquées. Les souffrances ne se comparent pas. Les gens ont tendance à dire : « Pour toi est mieux. Moi j'ai vécu pire que ça ».

Chacun de nous a ses forces et ses limites. Une autre chose à faire, c'est de se montrer disponible pour assister la personne. Surtout éviter de le laisser seul, surtout s'il pense au suicide. Veillez à mettre à distance les objets létaux, surtout si le sujet indique le moyen avec lequel il pense mettre fin à ses jours (arme à feu, arme blanche, corde, produits toxiques, médicaments…). Enfin, il faut surtout conduire la personne vers tout professionnel de santé en général et en particulier vers les professionnels de la santé mentale (psychiatre et psychologue) pour une prise en charge adéquate.

Est-ce qu'il y a un lien entre la dépression et les idées suicidaires ?

Oui ! Il y a un lien entre la dépression et les idées suicidaires. D'abord les différentes études montrent l'existence de ce lien. Il faut savoir que la dépression est la principale cause de suicide et de tentatives de suicide. On estime que 40 à 80 % des suicides et des tentatives de suicides sont directement liés à la dépression. Jusqu'à 60 % des personnes qui se suicident souffraient d'un trouble de l'humeur tel que la dépression, et la présence d'un trouble dépressif multiplie jusqu'à 30 fois le risque de suicide par rapport à la population générale.

Il faut noter que l'un des symptômes centraux de la dépression est le sentiment profond de désespoir et la conviction que la souffrance est insurmontable ou permanente. En plus de cela, la dépression s'accompagne d'une altération cognitive qui réduit la capacité de la personne à trouver des solutions alternatives à ses problèmes. L'un dans l'autre, le sujet aura tendance à voir la mort comme unique solution pour mettre fin à sa souffrance.

La dépression se soigne-t-elle ? Si oui, quelles sont les principales options de prise en charge disponibles ?

Oui ! la dépression se soigne. La prise en charge peut se faire en hospitalisation ou en ambulatoire selon la sévérité des symptômes. Deux options existent. Quand la dépression est de forme légère à modérée, la psychothérapie seule peut suffire à traiter le patient. Mais si elle est sévère, on associera un traitement médicamenteux à la psychothérapie. Il faut dire que les médicaments utilisés pour le traitement de la dépression dont nous disposons dans notre pays sont généralement bien tolérés. Et les résultats pour ceux qui observent bien le traitement sont satisfaisants.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souffrent en silence ainsi qu'à leurs proches pour prévenir les drames liés à la dépression ?

Pour les jeunes qui souffrent, l'un des meilleurs conseils, c'est de ne pas négliger une souffrance psychologique. Il faut la reconnaître et savoir demander de l'aide. Nul n'est à l'abri de la dépression. Demander de l'aide n'est pas une faiblesse, mais au contraire, c'est faire preuve d'une meilleure connaissance de sa personne, de ses limites. C'est une maladie qui peut toucher tout le monde. Certes nous n'avons pas les mêmes fragilités, mais il ne faut pas s'enfermer dans des clichés du genre « c'est une maladie des Blancs, c'est une maladie des personnes faibles ». Chacun est spécifique. Il faut se faire aider car la dépression a des répercussions énormes sur l'individu, son entourage, son travail, ses études.

Pour l'entourage, soyez à l'écoute de vos jeunes pour identifier ceux qui souffrent en silence. Il faut les conduire le plus rapidement possible, en consultation. Plus la consultation se fait tôt mieux on prévient l'apparition des complications dont le suicide. N'attendez pas de venir voir les professionnels que nous sommes, à un stade avancé de la maladie.

Entretien réalisé par Dominique Muriel Ouédraogo
Lefaso.net

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Finances : Le salaire, cet invité qui nous fuit comme la peste

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:45

Le salaire est devenu l'un des visiteurs les plus étranges de notre quotidien. Il arrive avec beaucoup de bruit, reçoit un accueil chaleureux et disparaît avant même que son propriétaire n'ait eu le temps de lui offrir un verre d'eau. Il passe juste dire bonjour.

Le premier jour du mois, le salarié consulte son compte bancaire avec la fierté d'un Songhaï recevant des ambassadeurs. Pendant quelques heures, il se sent riche. Il salue le vigile avec un sourire inhabituel, promet un petit geste au chauffeur et ose même regarder le menu d'un restaurant sans commencer par la colonne des prix.

Il imagine quelques projets comme acheter de nouvelles chaussures, remplacer le ventilateur qui tousse depuis plusieurs mois ou, dans un moment d'optimisme, commencer enfin à épargner.

Mais le salaire a d'autres plans. À peine arrivé, il est accueilli par une longue file d'attente. Le loyer prend sa part. La facture d'électricité réclame la sienne. L'eau refuse d'être oubliée. Le carburant, le crédit téléphonique et le commerçant du quartier se présentent à leur tour.

Au Burkina Faso, le salarié prévoit même souvent les imprévus des autres. Dès que le virement tombe, un mystérieux signal semble être envoyé à toute la famille. Une tante du village a soudainement besoin d'argent pour ses ordonnances. Un cousin entrepreneur a trouvé une opportunité exceptionnelle qui nécessite une petite avance. Quant au grand frère, il ne demande rien, mais son silence vaut parfois une facture.

Refuser d'aider peut être risqué. On s'expose à des reproches ou à une réunion familiale destinée à discuter de son supposé manque de solidarité. Pendant ce temps, le salaire fond à vue d'œil. En moins de quarante-huit heures, il ressemble au crâne dégarni d'un vieux édenté de Garango. Le salarié tente alors une opération de sauvetage. Il ouvre un cahier et se transforme en Abdon Atangana, avec ses gros calculs.

Malheureusement, les dépenses imprévues arrivent toujours plus vite que prévu. Une panne de moto, une cérémonie familiale ou un ami en difficulté. À partir du 10 du mois, le salaire est officiellement porté disparu.

Commence alors la période de résistance. Les invitations aux mariages et aux baptêmes prennent soudain une autre dimension. Recevoir un faire-part le 15 du mois ressemble parfois à une mauvaise nouvelle. Entre le tissu uniforme et l'enveloppe de contribution, la note devient vite salée.

La vraie question n'est peut être pas de savoir où part l'argent. Elle est plutôt de comprendre pourquoi on continue, chaque mois, à être surpris par une histoire qui se répète toujours de la même façon. Les livres de développement personnel affirment que la richesse est avant tout un état d'esprit. C'est vrai pour leurs auteurs, qui s'enrichissent en vendant ce conseil.

Les jeunes influenceurs spécialistes de la liberté financière ont fait fortune en expliquant aux autres comment faire fortune, sans jamais l'avoir faite autrement.

Une pensée particulière pour tous ces jeunes salariés burkinabè qui continuent de travailler dans des entreprises accusant parfois plus de trois mois d'arriérés de salaire. Malgré les difficultés, ils avancent en silence. Avec dignité.

Fredo Bassolé
Lefaso.net

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Julien Koala, Nebraska (USA) : « Wendok Soccer Tournament se veut un moteur de mobilisation de la diaspora, de partenariats économiques, culturels et sportifs au bénéfice du Burkina »

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:40

Après la première édition (juillet-août 2025) tenue sous l'égide de l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso aux USA, général Kassoum Coulibaly, place à l'acte 2 de « Wendok Soccer Tournament » (du 5 juillet au 2 août 2026) ; une compétition sportive entre les communautés africaines résidant au Nebraska, État du centre des USA. L'initiative est du jeune Burkinabè Julien Koala, assistant en chirurgie et promoteur de marque de sport.

Cette année, ce sont huit équipes, représentant huit communautés, qui rivalisent pour le trophée, confie le promoteur, Julien Koala. Il s'agit, cite-t-il, de l'ABN FC du Burkina, Team USA, Bana Mboka du Congo, Omaha Elites, Nebgam de la Gambie, 9JA FC du Nigeria, le Soudan et le Sud-Soudan. « Nous avons deux groupes de quatre équipes, et chaque équipe va disputer trois matchs et les deux meilleures de chaque groupe iront directement en demi-finales. On aura ensuite un match pour la 3ᵉ place et la finale qui va départager les deux finalistes, le 2 août prochain », déroule le promoteur, Julien Koala, avant de rappeler que cette initiative entre communautés africaines vise à, de façon générale, promouvoir l'esprit et des valeurs panafricains.

De façon spécifique, poursuit M. Koala, il s'agit de promouvoir l'image du Burkina Faso à l'international, par le leadership de réunir des équipes de plusieurs nationalités et en mettant en valeur la culture, les couleurs et les talents burkinabè auprès d'un public international. « Les autorités burkinabè considèrent de plus en plus le sport comme un levier de croissance économique, notamment grâce aux compétitions, aux partenariats et aux infrastructures. Le tournoi peut devenir une plateforme d'échanges culturels, éducatifs, économiques et sportifs. Aussi, il peut renforcer les liens de la diaspora burkinabè aux États-Unis, car le sport favorise son unité et facilite son engagement dans des projets de développement pour son pays d'origine. Cette logique est d'ailleurs encouragée par les initiatives officielles de mobilisation de la diaspora burkinabè. C'est dire donc que nous voulons créer des opportunités pour les jeunes sportifs, et ce tournoi peut servir de plateforme de détection de talents et ouvrir des passerelles entre des joueurs burkinabè et des clubs ou universités américains », motive Julien Koala, pour qui, en réunissant entrepreneurs, sponsors et leaders communautaires, le tournoi favorise un réseautage susceptible de déboucher sur des investissements dans le sport, l'éducation ou dans bien d'autres domaines d'entrepreneuriat au Burkina Faso.

Michael Bayala, parrain de la 2è édition de Wendok Soccer Tournament

C'est pourquoi M. Koala et ses collaborateurs disent avoir suscité, à côté du volet sport, des idées de fora d'affaires, d'expositions, de rencontres B2B, afin d'encourager les investissements au Burkina Faso et, partant, d'encourager l'entreprenariat.

Julien Koala et son staff rêvent donc grand, notamment en devenant le plus grand tournoi de la diaspora burkinabè en Amérique du Nord. « Cela pourrait attirer, chaque année, davantage d'équipes des États-Unis, du Canada et d'autres pays, faisant du Nebraska un rendez-vous incontournable pour la communauté burkinabè. Ça va donc servir de plateforme de diplomatie sportive, en réunissant des joueurs, des chefs d'entreprise, des représentants diplomatiques et des responsables communautaires. C'est très important, car le sport est reconnu comme un outil efficace de coopération internationale et de rapprochement entre les peuples », projettent-ils.

Le promoteur Julien Koala (à droite), remettant un maillot au secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Yirigouin Hermann Toé.

La présente édition est placée sous le patronage du suppléant du délégué du Haut conseil des Burkinabè de l'extérieur HCBE-Zone E, Moussa Guira, et le parrainage de Michaël Bayala, homme d'affaires résidant au Nebraska. Tous ont salué cette initiative portée par des jeunes de la diaspora burkinabè et souhaité qu'elle se consolide pour le rayonnement et l'image du Burkina Faso à l'international.

Moussa Guira, suppléant du Délégué du Haut Conseil des Burkinabè de l'Extérieur Zone E des Etats-Unis, Patron de la 2è édition.

Le lancement de cette deuxième édition de « Wendok Soccer Tournament » a été une occasion pour les organisateurs d'exprimer, une fois de plus, leur solidarité à la mère-patrie dans la lutte qu'elle mène depuis une décennie maintenant et de prier pour un retour rapide à la sécurité.

O.L.
Lefaso.net

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Bobo-Dioulasso : Les forces armées nationales accueillent un nouveau contingent de spécialistes

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:35

La cérémonie de présentation au drapeau du contingent 2025 des forces armées nationales a eu lieu ce lundi 13 juillet 2026 au camp Ouézzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso. Ce contingent mixte est composé de Militaires du rang (MDR) techniciens et de titulaires du BEPC. Présidée par le chef d'état-major de l'armée de terre, le colonel Hamed Hermann Rouamba, cette cérémonie marque l'entrée officielle de 1 520 nouvelles recrues dans les rangs de l'armée burkinabè.

La cérémonie de présentation au drapeau a été rythmée par plusieurs temps forts, notamment le cérémonial de la présentation au drapeau, la remise des épaulettes aux stagiaires, des démonstrations tactiques ainsi qu'une parade militaire qui a suscité l'admiration d'un public venu nombreux. Le commandant du Groupement d'instruction des forces armées (GIFA), le chef de bataillon Honoré Palm, a rappelé que cette cérémonie consacre l'aboutissement de cinq mois de formation militaire initiale au profit de jeunes engagés recrutés dans le cadre du statut de militaires du rang.

Une vue des officiels présents à cette cérémonie de présentation au drapeau

Le contingent est composé de 1 520 recrues, dont 766 militaires du rang techniciens, formés au GIFA de Bobo-Dioulasso, et 754 militaires du rang titulaires du BEPC, formés au 22e Régiment d'infanterie commando de Gaoua avant de rejoindre le GIFA pour deux semaines de cohésion et de consolidation des acquis. Selon le commandant Palm, les soldats techniciens sont majoritairement issus de filières professionnelles telles que la mécanique automobile et moto, l'électricité, la maçonnerie, l'électrotechnique, la comptabilité ou encore la conduite d'engins. Ils comprennent 585 hommes et 181 femmes. Quant aux recrues titulaires du BEPC, elles sont composées de 734 hommes et 20 femmes.

Les forces armées nationales accueillent un nouveau contingent de spécialistes

Répondre aux défis sécuritaires du Burkina Faso

Le chef du GIFA a expliqué que ce recrutement répond à un besoin stratégique des forces armées nationales d'accroître leurs capacités opérationnelles dans le contexte de la lutte contre le terrorisme. Au-delà des missions de combat, ces militaires renforceront les capacités de l'armée dans des domaines essentiels tels que la maintenance des équipements, la logistique, le génie militaire, le renseignement et l'appui au commandement.

Durant leur formation, les recrues ont été soumises à un programme intensif comprenant l'entraînement physique militaire et sportif, le combat classique et motorisé, le tir de combat, le maniement des armes individuelles et collectives, les techniques d'intervention opérationnelle rapprochée, les actions immédiates, les opérations particulières ainsi que la sensibilisation aux engins explosifs improvisés. « Ces jeunes recrues ont été façonnées par la discipline, la rigueur et la rusticité. Elles ont démontré leur résilience et leur vocation pour le métier des armes », a laissé entendre le commandant du GIFA.

Le commandant du Groupement d'instruction des forces armées, le chef de bataillon Honoré Palm

S'adressant aux futurs soldats, le chef de bataillon Honoré Palm les a exhortés à demeurer fidèles aux valeurs fondamentales de l'institution militaire. Il les a invités à faire de l'obéissance, du courage, de l'honneur, de la discipline et du sens du devoir les piliers de leur carrière. Rappelant la devise de l'armée de terre, « Le sacrifice pour la patrie », il les a encouragés à mettre leurs compétences techniques au service de la reconquête du territoire national.

La grande parade militaire qui a suscité l'admiration d'un public venu nombreux

Le chef d'état-major place de grands espoirs en cette promotion

Présidant la cérémonie, le chef d'état-major de l'armée de terre, le colonel Hamed Hermann Rouamba, a d'abord rendu un hommage aux soldats tombés sur le champ d'honneur ainsi qu'aux blessés des opérations militaires. Il a salué l'arrivée de ces 1 520 nouveaux soldats, estimant qu'ils viennent renforcer de manière significative les capacités des forces armées nationales. « Nos attentes vis-à-vis de ces soldats sont nombreuses : l'obéissance, la loyauté et la gloire. Nous avons besoin de cette gloire pour reconquérir notre territoire national », a-t-il indiqué.

Le cérémonial de la présentation au drapeau du contingent 2025

Selon lui, les profils spécialisés de cette promotion permettront d'apporter un appui indispensable aux unités engagées sur le terrain. Chacun, a-t-il indiqué, contribuera à sa manière au bon déroulement des opérations militaires. Le chef d'état-major a également rappelé que cette sortie s'inscrit dans la dynamique des recrutements massifs engagés ces dernières années afin de renforcer les effectifs des forces armées nationales face aux défis sécuritaires.

La remise officielle des épaulettes aux stagiaires

Au regard de la qualité des démonstrations observées lors de la cérémonie et du niveau de formation dispensé, il s'est dit confiant quant aux performances futures de ces soldats sur le théâtre des opérations.

Présidant la cérémonie, le chef d'état-major de l'armée de terre, le colonel Hamed Hermann Rouamba, a salué l'arrivée de ces 1 520 nouveaux soldats

« Nous sommes prêts à défendre la patrie »

Au nom des recrues, le soldat de deuxième classe Simon Sawadogo a fait savoir que cette formation restera marquée par des moments exigeants, notamment les réveils matinaux, les manœuvres nocturnes ainsi que les exercices d'endurance en terrain difficile. Pour lui, la présentation au drapeau constitue bien plus qu'une cérémonie protocolaire : elle représente l'engagement solennel des nouvelles recrues envers la nation. « Nous nous engageons à défendre la nation et à participer à la reconquête de notre territoire », a-t-il affirmé avec détermination.

Pour le soldat de deuxième classe Simon Sawadogo, la présentation au drapeau constitue bien plus qu'une cérémonie protocolaire

Par cette cérémonie, les forces armées nationales enregistrent ainsi l'arrivée de 1 520 nouveaux soldats spécialisés, appelés à mettre leurs compétences techniques et militaires au service de la défense de l'intégrité territoriale et de la restauration de la paix au Burkina Faso.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Burkina Faso : Les concertations sectorielles public-privé lancées

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:30

En prélude à la rencontre Gouvernement-Secteur privé, les concertations sectorielles public-privé ont été officiellement lancées ce lundi 13 juillet 2026. Prévues jusqu'au 15 juillet, elles réunissent les représentants de l'administration publique, du secteur privé, de la société civile et des services techniques autour de six groupes thématiques qui vont examiner les préoccupations du monde des affaires en vue de proposer des solutions durables.

Les présentes concertations sectorielles font suite aux concertations régionales organisées du 11 au 25 mai 2026 dans les différentes régions du Burkina Faso. Venu représenter le ministre en charge du commerce et de l'industrie, le ministre de l'énergie, des mines et des carrières, Yacouba Zabré Gouba, a indiqué que ces assises ont pour objectif principal d'examiner les préoccupations qui n'ont pas reçu de réponses satisfaisantes lors des rencontres régionales. Elles doivent également permettre d'analyser les difficultés rencontrées par les opérateurs économiques dans leurs secteurs respectifs et de dégager des recommandations susceptibles d'améliorer durablement le climat des affaires.

Vue des participants

« Les préoccupations et recommandations recueillies lors des concertations régionales serviront de base de réflexion pour la poursuite des réformes en faveur de l'amélioration du climat des affaires », a-t-il souligné.
Durant trois jours, les participants se pencheront sur douze thématiques regroupées en six groupes de concertation. Le premier groupe à entamer les concentrations est intitulé Innovation et industrialisation, artisanat, lutte contre la fraude et la contrefaçon et autres pratiques illégales, promotion de la qualité.
Parmi les principales préoccupations évoquées par les acteurs du secteur privé figurent l'industrialisation, la transformation locale des matières premières, la disponibilité d'espaces pour l'implantation des unités de production ainsi que diverses problématiques propres aux différents secteurs d'activité.

Yacouba Zabré Gouba, ministre de l'énergie a indiqué que les concertations sectorielles vont permettre d'apporter des réponses aux préoccupations des acteurs du secteur privé

Les concertations se tiennent sur le thème « Civisme économique et engagement patriotique : rôle du secteur privé dans le processus de refondation de l'État ». Un thème qui, selon le ministre Yacouba Zabré Gouba, revêt une importance particulière dans le contexte de la Révolution progressiste et populaire. « Nous voulons un secteur privé nouveau, un secteur privé qui participe aux côtés de l'État au processus d'industrialisation du pays, à la lutte contre la fraude, à la promotion de la traçabilité et au civisme fiscal », a-t-il affirmé.

Le thème central est décliné en deux sous-thèmes. Le premier porte sur le civisme, l'engagement patriotique et leurs implications dans la conduite des affaires, notamment en matière d'éthique fiscale, de lutte contre la fraude, de promotion de la traçabilité et de participation citoyenne. Le second s'intéresse aux leviers, dispositifs réglementaires et mécanismes institutionnels permettant de renforcer la culture du civisme économique dans le cadre de la Révolution progressiste et populaire.

Zanga Seydou Sessouma, le deuxième vice-président de la délégation spéciale de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso,

Présent à la cérémonie d'ouverture, le deuxième vice-président de la délégation spéciale de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso, Zanga Seydou Sessouma, a salué la tenue régulière des concertations entre le gouvernement et le secteur privé. De son avis, les concertations sectorielles offrent l'opportunité de poursuivre l'examen des préoccupations qui n'ont pas trouvé de solutions au niveau régional avant leur transmission à la rencontre nationale. Il a également insisté sur la responsabilité du secteur privé dans l'accompagnement des réformes engagées par les autorités. « Nous devons être aux côtés de l'État pour l'accompagner dans ses différentes réformes afin d'atteindre la souveraineté économique », a-t-il déclaré.

Armelle Ouédraogo/Wassila Rouamba (stagiaire)
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Microfinance : La CODEC-Ouaga consolide ses performances sociales et financières au cours de l'année 2025

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:18

L'Eglise-Famille, après cent ans d'existence, se doit d'œuvrer davantage à son auto-prise en charge. Dans cette optique, l'appel des Evêques du Burkina Faso du 28 février 1998 a été sans équivoque : « …il est certainement temps que nous donnions davantage des signes de maturité et d'auto-prise en charge. L'évangélisation et le développement ne peuvent plus continuer chez nous, en comptant d'abord sur les moyens d'autrui…C'est ensemble dans la solidarité et au nom de notre dignité que nous pouvons et devons relever le défi ».

C'est donc dans cette perspective que l'Eglise Famille de Ouagadougou a initié la mise en place d'une institution de microfinance au profit de la communauté du ressort territorial de l'Archidiocèse de Ouagadougou dénommée la Coopérative Diocésaine d'Epargne et de Crédit de Ouagadougou (CODEC-Ouaga), institution mutualiste créée en 2007.

A ce jour, sept (07) diocèses sur les treize (13) en disposent. Ainsi, chaque CODEC est indépendante et jouit donc d'une autonomie de gestion et de fonctionnement.

La mission institutionnelle de la CODEC-Ouaga vise à promouvoir le développement économique et l'auto-prise en charge de la communauté catholique et de tous ses membres selon l'esprit de l'Evangile.

La CODEC-Ouaga totalise neuf (10) agences (SIEGE, GOUNGHIN, CISSIN, GUILOUNGOU (ZINIARE), WAYALGHIN, TAMPOUY, PATTE D'OIE, SAABA, TENGANDOGO ET KOUBRI). La dixième agence a été ouverte le 04 mai 2026.

La CODEC-Ouaga est classée parmi les institutions de microfinance de grande taille régie par l'article 44 de la loi n°023/2009 du 14 Mai 2009 portant réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés au Burkina Faso (actuel article 70 de la loi 001/2025 du 13 Février 2025 portant réglementation de la microfinance au Burkina Faso). En sus, elle est affiliée à l'Association Professionnelle des Institutions de Microfinances du Burkina Faso (APIM-BF).

Selon le rapport 2024 d'analyses des performances financières et sociales des membres de l'APIM-BF, publié le 21 décembre 2024, sur 120 institutions de microfinances, la CODEC-Ouaga occupe la troisième (3ème) place en termes d'encours d'épargne avec 26,285 milliards de FCFA et la cinquième (5ème) place en termes d'encours de crédit de 23,580 milliards de FCFA.

Le nombre de membres est passé de 31 933 en 2024 à 36 141 au 31 décembre 2025, soit un taux de variation de 13,18%.

Cette croissance est le reflet à la fois de l'adaptabilité de nos produits et services et de la confiance que nous témoignent nos membres consolidant ainsi les acquis en matière d'inclusion sociale et financière.

L'encours d'épargne a augmenté de plus de 31,83%, passant de 26,285 milliards FCFA en 2024 à 34,651 milliards FCFA en 2025.

L'encours de crédit a évolué de 23,580 milliards FCFA en 2024 à 32,947 milliards FCFA en 2025, soit un accroissement de plus de 39,72%.

Nonobstant ces résultats engrangés, la CODEC-Ouaga, à l'instar des autres institutions financières, fait face à des crédits impayés. Des efforts se poursuivent et se conjuguent au quotidien afin de renforcer le dispositif de gestion des risques et d'accentuer le processus de recouvrement en vue de réduire considérablement les impayés et d'améliorer les ratios.

Le total bilan au 31/12/2025 est de 44,55 milliards contre 32,77 milliards au 31/12/2024,
confirmant la rentabilité économique continue de la CODEC-Ouaga.

Les fonds propres et Assimilés s'élèvent à 7,391 milliards au 31 décembre 2025 et représentent 16,59% du total bilan ; ce qui renforce la capacité financière de l'institution à accompagner davantage ses membres.

Au 31/12/2025 la coopérative présente un résultat excédentaire de 1,740 milliards de FCFA, contre 914 ,100 millions de FCFA à la même période de l'année 2024.

Il faut noter que le Commissariat Aux Comptes (CAC) a certifié sans réserve les comptes de la CODEC-Ouaga exercice 2025. Cette certification des comptes sans réserve date depuis 2019.

Ce résultat est le fruit des efforts conjugués de tous les acteurs (membres, personnels, dirigeants, Etat, partenaires technique et financiers).

CODEC-OUAGA :« Lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes »

Catégories: Afrique

Justice : Un VDP écope de 11 ans de prison ferme pour le meurtre de deux jeunes à Silly

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:15

La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Léo a vidé, ce mercredi 8 juillet 2026, le dossier mettant en cause quatre personnes, parmi lesquelles trois Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), poursuivies pour des faits de meurtre, de complicité de meurtre et de recel de cadavres. Au terme des débats, le principal mis en cause, identifié par les initiales S.I., a été condamné à une peine de 11 ans d'emprisonnement ferme.

Les faits trouvent leur origine en juin 2024 dans une forêt située à proximité de la commune de Silly. Deux jeunes hommes, K.A. et K.G., partis à la recherche de leurs bœufs disparus, avaient cessé de donner de leurs nouvelles. Après trois jours de recherches infructueuses, leurs proches avaient fini par découvrir qu'ils avaient été exécutés avant d'être enterrés.

Au cours des audiences, les déclarations des différents prévenus ont permis de retracer les circonstances du drame. Il est ressorti des témoignages que les deux victimes avaient été interceptées dans la forêt de Névry par un groupe de VDP de cette localité, qui les soupçonnaient d'appartenir à un groupe terroriste à la suite d'informations faisant état d'une attaque imminente dans la zone.

Les deux jeunes avaient pourtant expliqué aux VDP qu'ils étaient originaires d'un village voisin et qu'ils étaient simplement à la recherche de leurs animaux égarés.

Estimant ces explications insuffisantes, les VDP avaient décidé de les conduire au commissariat de police de Silly afin de poursuivre les vérifications. En chemin, ils avaient croisé S.I. et S.L., deux VDP de Silly qui se rendaient dans leurs champs avec leurs armes de dotation.

Selon les débats, S.I. aurait alors affirmé que les deux hommes étaient « très dangereux » et persuadé les autres VDP de renoncer à les remettre aux forces de police, soutenant que les personnes interpellées étaient souvent relâchées.

À la barre, S.I. a reconnu que pendant les échanges portant sur l'opportunité de conduire les deux suspects au commissariat de Silly, son collègue S.L. s'était éloigné du groupe. Il a également admis qu'après une décision prise collectivement d'exécuter les deux jeunes, il avait été le seul à faire usage de son arme contre eux.

Le condamné a indiqué avoir éprouvé des regrets après les faits. De son côté, N.K., présenté comme chef de mission, a reconnu avoir participé à l'interpellation ainsi qu'au premier interrogatoire des victimes, tout en affirmant avoir été surpris lorsque S.I. a ouvert le feu.

Pour sa part, N.B., chef de son village, a déclaré avoir procédé à l'inhumation des deux corps trois jours après les faits, à la demande de N.K., sans en informer les autorités compétentes.

Également poursuivi dans cette affaire, S.L. a rejeté toute implication. Il a soutenu s'être tenu à l'écart au moment des faits et a affirmé avoir été profondément choqué en apprenant que son binôme S.I. avait exécuté les deux jeunes hommes.

Dans son réquisitoire, le Procureur du Faso a d'abord rendu hommage au rôle des VDP dans la lutte pour le rétablissement de la sécurité au Burkina Faso, en particulier dans la province de la Sissili. Il a cependant regretté que certains comportements isolés viennent porter atteinte à l'image des forces engagées sur le terrain.

Considérant que la responsabilité de S.I., N.K. et N.B. était établie, le ministère public avait requis une peine de 20 ans de prison ferme contre S.I., 15 ans de prison ferme contre N.K. ainsi qu'une peine de 18 mois de prison avec sursis assortie d'une amende de 300 000 FCFA contre N.B. Il avait en revanche demandé la relaxe de S.L. au bénéfice du doute.

La défense, qui a reconnu la culpabilité de S.I., a néanmoins sollicité la clémence du Tribunal en invoquant plusieurs circonstances atténuantes. L'avocat a notamment insisté sur le contexte sécuritaire particulièrement tendu, dans lequel toute personne peut être considérée comme suspecte, le manque de formation des VDP, l'absence d'un cadre juridique suffisamment précis concernant la prise en charge des personnes soupçonnées de complicité avec des groupes terroristes, ainsi que les remords exprimés par son client.

Estimant qu'une sanction trop lourde pourrait affecter le moral des VDP et des Forces de défense et de sécurité (FDS), la défense a demandé que la peine soit ramenée entre cinq et dix ans d'emprisonnement, en s'appuyant sur les dispositions de l'article 217-4 du Code pénal.

Constituée par les frères des deux victimes, la partie civile a réclamé un milliard de francs CFA en guise de réparation pour le préjudice subi.

Après en avoir délibéré publiquement et contradictoirement en matière criminelle, la Chambre criminelle a déclaré S.I. coupable de meurtre et l'a condamné à 11 ans de prison ferme.

Concernant N.K., les juges ont requalifié les faits de complicité de meurtre en non-assistance à personne en danger avant de le reconnaître coupable de cette infraction.

Il a ainsi été condamné à 18 mois d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'à une amende de 250 000 FCFA, également assortie du sursis. En revanche, S.L. et N.B. ont été relaxés, le tribunal estimant que les infractions qui leur étaient reprochées n'étaient pas constituées.

Cette dernière affaire inscrite au rôle des assises criminelles a également été l'occasion pour le président du Tribunal, François Kaboré, de féliciter l'ensemble de ses collaborateurs pour leur engagement depuis janvier 2026. Il a salué les efforts consentis, qui ont permis, selon lui, d'obtenir des résultats satisfaisants.

Le président du Tribunal a enfin remercié le public pour l'intérêt manifesté à l'égard de ces audiences, qu'il a qualifiées de pédagogiques.

Lefaso.net
Source : AIB

Catégories: Afrique

Burkina : Le SIPEN-UEMOA offre du matériel informatique à l'agence Faso Mêbo en soutien à ses opérations

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:12

À la veille de l'ouverture du Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN-UEMOA), les organisateurs ont remis, ce lundi 13 juillet 2026, un important lot de matériel informatique à l'agence Faso Mêbo. Ce geste, qualifié d'acte patriotique, vise à renforcer les capacités opérationnelles de la structure tout en illustrant l'engagement des acteurs du numérique en faveur du développement du Burkina Faso.

Les organisateurs de la quatrième édition du Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN-UEMOA) ont procédé à la remise d'un lot de matériel informatique à l'Agence Faso Mêbo. Ce don intervient à la veille de l'ouverture officielle du salon, prévue les 14 et 15 juillet à l'hôtel Silmandé autour du thème : « Refonder l'économie numérique au sein de l'UEMOA : intelligence artificielle, fintech et finance inclusive. »

Le président du comité d'organisation du SIPEN-UEMOA 2026, Évariste Tassembédo, remettant symboliquement le don de matériel informatique à l'agence Faso Mêbo.

Selon le président de la Fédération des acteurs du numérique du Burkina Faso (FED Numérique) et président du comité d'organisation du SIPEN-UEMOA 2026, Évariste Tassembédo, cette initiative traduit l'engagement des acteurs du numérique des huit pays de l'UEMOA à accompagner les efforts de développement du Burkina Faso.

« Ce don s'inscrit dans un acte patriotique. Avec l'ensemble des délégations présentes au Burkina Faso, notamment celles des sept autres pays de l'UEMOA, nous avons décidé d'offrir ce matériel informatique afin de témoigner notre soutien aux initiatives de développement engagées par les autorités », a-t-il déclaré.

Le président du comité d'organisation du SIPEN-UEMOA 2026 a réaffirmé l'engagement des professionnels du numérique à accompagner les initiatives nationales de développement.

Le matériel remis est composé d'imprimantes multifonctions, d'onduleurs, d'un système de gestion du temps de présence, d'un dispositif de visioconférence ainsi que de kits de communication (oreillettes et dispositifs mains libres). Ces équipements permettront d'améliorer les conditions de travail des équipes de l'Agence Faso Mêbo, de renforcer le suivi des activités, la gestion des ressources humaines, la communication interne ainsi que la production de statistiques fiables.

Le matériel remis comprend notamment des imprimantes multifonctions, des onduleurs, un système de visioconférence, un dispositif de gestion du temps et des kits de communication.

Pour Évariste Tassembedo, le choix d'offrir du matériel informatique répond à la volonté d'accompagner l'agence dans la modernisation de ses méthodes de travail, en complément des appuis déjà apportés à travers d'autres initiatives nationales.

Le SIPEN-UEMOA est le Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA. Organisée cette année à Ouagadougou, cette quatrième édition est coorganisée par le ROP-TIC et la FED Numérique, avec l'appui du ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques, de la Commission de l'UEMOA, du BOAD, du COGEF et de l'ARCEP.

Les responsables du SIPEN-UEMOA ont travaillé aux côtés des équipes de Faso Mêbo

Le salon réunira des décideurs publics, des experts, des entreprises et des partenaires techniques autour des enjeux du numérique. Plus de quarante exposants présenteront leurs innovations, tandis que plusieurs panels porteront notamment sur l'intelligence artificielle, la finance inclusive, la gouvernance numérique et les politiques publiques en matière de transformation digitale.

À travers ce geste, les acteurs du numérique de l'UEMOA réaffirment leur engagement en faveur du développement et de la modernisation des services publics au Burkina Faso.

À travers ce don à l'agence Faso Mêbo, les organisateurs entendent démontrer que le numérique constitue un levier concret au service de la modernisation de l'administration et du développement socio-économique.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Dans la «kill zone», l’évacuation impossible des blessés ukrainiens

RFI (Europe) - mar, 14/07/2026 - 00:10
Une vingtaine de soldats ukrainiens participent au traditionnel défilé militaire du 14-Juillet, sous le regard de Volodymyr Zelensky, invité par le président français. Depuis plus de quatre ans, l’armée ukrainienne résiste aux assauts russes sur quelque 1 200 kilomètres de front. À l’heure des drones et des frappes à longue portée, on oublie parfois les hommes qui tiennent les positions, au cœur d’une « kill zone » désormais saturée de drones FPV. Notre correspondant Lucas Lazo a accompagné, il y a quelques jours, une unité ukrainienne lors d’une évacuation de blessés au cœur de cette zone grise, sur le front de Zaporijjia, dans le sud du pays.
Catégories: Union européenne

Burkina : Les appelés à l'immersion patriotique obligatoire convoqués sur leur site d'affectation le 27 juillet 2026 à 8h

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:09

Dans le communiqué ci-après, la cellule d'orientation et de suivi du comité de coordination de la mise en oeuvre de l'immersion patriotique obligatoire, informe les bacheliers 2026 qu'ils sont tenus de se présenter sur leur site d'affectation le lundi 27 juillet 2026, à 8h. Le communiqué précise par ailleurs, les conditions à remplir pour les bacheliers 2025 n'ayant pas accompli l'immersion, ceux de nationalité étrangère entre autres.

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Lefaso.net

Catégories: Afrique

Burkina/Frais de scolarité dans le privé : Le gouvernement fixe de nouveaux critères de réglementation

Lefaso.net (Burkina Faso) - mar, 14/07/2026 - 00:00

Le ministère de l'Enseignement de base, de l'alphabétisation et de la promotion des langues nationales a adopté un arrêté portant réglementation des frais de scolarité dans les structures privées d'éducation préscolaire et d'enseignement primaire. Ce texte, pris en application du décret du 3 juillet 2026 sur les frais de scolarité dans l'enseignement privé, définit les composantes des frais exigibles ainsi que les critères qui encadreront leur fixation.

Selon l'arrêté, les frais de scolarité comprennent les frais d'inscription, la carte scolaire, l'inscription à la bibliothèque et la contribution en rame de papier.

Leur montant sera déterminé en fonction de trois principaux critères que sont la zone d'implantation de l'établissement, le niveau d'investissement réalisé en infrastructures et équipements, ainsi que la qualité de l'offre éducative.

Les autorités prennent notamment en compte les conditions d'accueil, les équipements disponibles, la qualification des enseignants, les résultats scolaires, les effectifs par classe et l'enseignement de disciplines telles que les TIC, l'anglais ou les langues nationales.

Cette réglementation vise à harmoniser les pratiques tarifaires des établissements privés tout en encourageant l'amélioration de la qualité de l'enseignement.

Plus de détails dans l'arrêté ci-dessous.

Lefaso.net
Source : Ministère en charge de l'Enseignement de base

Catégories: Afrique

L’Afrique : entre dynamiques démographiques, intégration économique et affirmation géopolitique

IRIS - mar, 14/07/2026 - 00:00

En quoi la géographie et la démographie du continent africain constituent-elles des opportunités, mais également des vulnérabilités pour son développement ?

La géographie et la démographie du continent représentent un potentiel important, mais sa valorisation peine à être concrétisée.

L’immensité et la diversité des ressources du continent (cobalt, terres rares, hydroélectricité…) sont de réelles opportunités et donnent à l’Afrique une valeur stratégique importante. Néanmoins, le faible nombre d’infrastructures de transport et d’énergie est une contrainte qui affecte de très nombreux États, et plus particulièrement les États enclavés. L’intégration régionale peut apporter une solution à ces nombreux obstacles, mais elle reste encore peu développée.

Si la démographie est un atout pour certains économistes (en termes de main-d’œuvre ou de jeunesse par exemple) et pourrait être un dividende, elle reste tributaire de systèmes éducatifs peu développés et de structures de santé insuffisantes. 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050 représentent un potentiel important, mais cela devra s’accompagner d’un investissement massif dans l’emploi.

Le développement du continent sera lié à la réduction de l’écart entre le potentiel de la géographie et de la démographie et sa valorisation effective.

Quelle est la place de l’Union africaine sur la scène internationale et quels sont les défis internes auxquels elle fait face ? En quoi les objectifs de l’Agenda 2063 traduisent-ils la volonté des États africains de renforcer leur poids politique et diplomatique ?

La montée en puissance de l’Union africaine comme acteur diplomatique reconnu s’affirme depuis quelques années. Elle est devenue incontournable pour représenter le continent et siège au G20 depuis 2023. Elle enchaîne les sommets avec de très nombreux bailleurs (Union européenne, Chine, États-Unis, Japon, France…). Ses deux « bras armés », la Commission et le Conseil de paix et de sécurité, portent la voix du continent sur des enjeux globaux et sécuritaires.

Les défis restent néanmoins importants. Le financement de son budget est assuré à 60 % par des partenaires extérieurs. Comme toute union, elle est sujette aux intérêts nationaux divergents, mais aussi aux rivalités régionales (communautés économiques régionales (CER)[1]) qui l’affaiblissent. La gestion des crises majeures, qui impliquent 21 États africains, demeure le point faible de l’organisation africaine. Son poids institutionnel reste encore modeste face aux grandes puissances et aux institutions financières internationales.

L’Agenda 2063, est révélateur de la volonté des acteurs africains de penser l’avenir de leur continent. Cette ambition se heurte à plusieurs difficultés :

  • construire une union économique et monétaire à l’échelle de l’Afrique ;
  • la terre africaine reste l’un des hauts lieux crisogènes de la planète. Plus de 78 % des troupes de maintien de la paix des Nations unies sont déployées en Afrique ;
  • la bonne gouvernance tarde à arriver sur le continent.

En résumé, l’Agenda 2063 traduit clairement une ambition de peser davantage. Il revendique une Afrique « influente, unie et forte » et la volonté d’être un acteur des relations internationales.

Quels sont les principaux moteurs de la croissance économique en Afrique ? Dans quelle mesure les communautés économiques régionales (CER) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) contribuent-elles à renforcer l’intégration économique sur le continent africain ?

Les principaux moteurs de la croissance économique en Afrique sont les ressources naturelles, la démographie, les investissements directs étrangers (IDE) et le potentiel de l’agriculture. S’y ajoutent le potentiel des services et de la consommation intérieure.

L’intégration économique s’est construite par la montée en puissance de huit communautés économiques régionales majeures. Si elles ont permis des avancées réelles, la différence de niveau d’intégration au sein des CER est importante et ne facilite pas l’intégration du continent. De surcroît, la possibilité pour un État d’appartenir à plusieurs CER (fragmentées et inégales) complique l’intégration. En 2019, la Zone de libre-échange continentale africaine est créée. Elle réunit 54 États[2]. Seule l’Érythrée n’a pas adhéré à cette initiative économique majeure. Les objectifs sont l’augmentation du commerce intra-africain et une meilleure attractivité pour les investisseurs. Mais la mise en œuvre de la ZLECA reste lente et a été très ralentie par la pandémie de Covid-19 et les crises internationales qui se succèdent. Le manque d’infrastructures de transport participe à cette difficile mise en œuvre. L’affirmation de résultats positifs de la ZLECA prendra de nombreuses années. La question qui demeure posée pourrait être la suivante : quel sera l’avenir des CER lorsque la ZLECA sera pleinement opérationnelle ? Le mille-feuille des organisations économiques ne gagnerait-il pas à être réduit ?

Quels sont les principaux enjeux sécuritaires auxquels sont confrontés les États africains ? Quel rôle joue l’Union africaine dans la résolution des crises ? Quelles actions pourraient être mises en place pour renforcer la stabilité du continent ?

Ving-et-un États africains sont confrontés à une crise ou un conflit majeur (coups d’État, guerres civiles, terrorisme ou extrémisme violent). La criminalité organisée et les tensions liées aux ressources et au climat sont aussi des enjeux sécuritaires majeurs.

Dès le mois de février 2004, l’Union africaine s’est dotée d’une politique commune de défense et de sécurité. Deux principes fondamentaux sont à mettre en relief : la politique de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, mais l’UA se réserve le droit d’intervenir en cas de crimes de guerre, de génocide ou de crimes contre l’humanité.

Un des programmes majeurs de l’UA réside dans l’Architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS). Elle s’articule principalement autour du Conseil de paix et de sécurité (CPS), appuyé par la Commission de l’Union africaine. Seul le CPS peut autoriser des missions de soutien à la paix, imposer des sanctions, prendre des initiatives et des actions en réponse à des conflits éventuels ou réels. Il est composé de 15 membres, siégeant pour deux ou trois ans. Quatre outils sont importants au sein de l’AAPS : la Force africaine en attente (intervention), le Groupe des sages (médiation), le Système continental d’alerte rapide (information) et le Fonds pour la paix (financement).

L’AAPS demeure ralentie par le manque de moyens financiers et la rivalité décisionnelle entre le niveau continental et celui des CER.

L’Agenda 2063 reste une feuille de route intéressante. L’écart entre les ambitions affichées et la réalité du terrain reste important. L’intégration économique continentale, comme l’unité politique, ne pourront se réaliser qu’avec l’application du principe de base de la renaissance africaine : « Faire taire les armes en 2030 ».

[1] Elles sont au nombre de huit : la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), l’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Communauté des États sahélo-sahariens (CENSAD) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC).

[2] Qui représentent un potentiel d’environ 1.5 milliard de consommateurs.

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Contracts for July 10, 2026

Globalsecurity.org - lun, 13/07/2026 - 23:40
No description
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Mondial 2026 : la fédération sénégalaise explique les raisons du départ de Pape Thiaw

France24 / Afrique - lun, 13/07/2026 - 23:11
Au Sénégal, c'est l'heure des comptes après l'élimination controversée des Lions de la Teranga à la Coupe du monde 2026. La Fédération sénégalaise de football, qui s'est séparée du sélectionneur national Pape Thiaw pour des raisons sportives s'est expliquée ce lundi face à la presse.
Catégories: Afrique

Trump Is Taking a Page Out of Iran’s Playbook

Foreign Policy - lun, 13/07/2026 - 23:08
The White House vows to charge all commercial ships passing through the Strait of Hormuz.

Mengistu, le « Négus rouge » éthiopien, fantôme d’Harare

LeMonde / Afrique - lun, 13/07/2026 - 23:00
« Chefs d’Etat africains en exil » (2/6). Autrefois colonel tout-puissant de la junte militaire éthiopienne, l’ancien despote Mengistu Hailé Mariam, aujourd’hui âgé de 89 ans, se terre depuis trente-cinq ans dans une villa cossue de la capitale zimbabwéenne.
Catégories: Afrique

Ukraine à l’honneur et sécurité renforcée : ce qu’il faut savoir du défilé du 14-Juillet

France24 / France - lun, 13/07/2026 - 22:17
Un important dispositif policier sera déployé mardi à Paris et en région parisienne pour sécuriser le défilé militaire du 14-Juillet, le dernier sous la présidence d'Emmanuel Macron. L'événement intervient dans un contexte particulier : en pleine canicule et le jour de la demi-finale de la Coupe du monde entre la France et l'Espagne.
Catégories: France

Russian Energy Is Now at Ukraine’s Mercy

Foreign Policy - lun, 13/07/2026 - 22:10
Kyiv’s drone offensive against Russian oil facilities has found a sixth gear.

India’s Expanding SSBN Force and What It Means for Pakistan

TheDiplomat - lun, 13/07/2026 - 22:10
As India’s expanding fleet of Arihant-class subs improves its second-strike capability, Islamabad has to pursue the development and deployment of its own SSBN force.

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