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Burkina /Agriculture : Le manioc, une filière oubliée qui veut devenir un moteur de souveraineté alimentaire et un créateur d'emplois

Lefaso.net (Burkina Faso) - jeu, 11/06/2026 - 00:34

Longtemps considéré comme une culture secondaire, le manioc ambitionne aujourd'hui de s'imposer comme l'un des piliers de la souveraineté alimentaire du Burkina Faso. Derrière l'attiéké, le gari ou le tapioca consommés quotidiennement par de nombreux ménages, se cache une filière porteuse de solutions face aux défis de l'insécurité alimentaire, du chômage des jeunes et de la dépendance aux importations. Pourtant, malgré son potentiel industriel et économique, elle peine encore à obtenir la reconnaissance et l'accompagnement que réclament ses acteurs. Dans une interview accordée à notre rédaction, Gérard Sanou, entrepreneur agricole, président de l'Union provinciale des producteurs de manioc du Houet et animateur du cluster manioc de Bobo-Dioulasso, nous parle des difficultés que rencontre cette filière.

Dans les zones agricoles de Panamasso, Santidougou, Doufiguisso et dans plusieurs localités de l'ouest du Burkina Faso, le manioc est bien plus qu'une simple culture vivrière. Il constitue une source importante de revenus pour des milliers de producteurs et de transformateurs. Pourtant, selon Gérard Sanou, entrepreneur agricole, président de l'Union provinciale des producteurs de manioc du Houet et animateur du cluster manioc de Bobo-Dioulasso, cette filière demeure largement sous-estimée.

« Beaucoup de Burkinabè consomment le manioc ou ses produits dérivés sans imaginer l'ampleur de sa production dans certaines régions du pays », explique-t-il. Selon les estimations des acteurs, le Grand Ouest du Burkina Faso concentrerait à lui seul près de 5 000 hectares de cultures de manioc. D'autres bassins de production existent également dans plusieurs régions du pays. Toutefois, l'absence de statistiques nationales fiables reste un obstacle majeur à la promotion de la filière. Pour Gérard Sanou, ce déficit de données limite la capacité des producteurs à convaincre les décideurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que les institutions bancaires d'investir davantage dans le développement du secteur.

Dans plusieurs localités de l'ouest du Burkina Faso, le manioc est bien plus qu'une simple culture vivrière

Une culture stratégique pour nourrir le Burkina Faso

Face aux défis alimentaires auxquels le pays est confronté, les professionnels du manioc estiment que cette culture pourrait jouer un rôle stratégique dans la recherche de l'autosuffisance alimentaire. Le tubercule se distingue par sa polyvalence. Il permet la fabrication de nombreux produits alimentaires fortement appréciés des consommateurs, notamment l'attiéké, le gari, le tapioca, la farine de manioc ou encore divers produits transformés à forte valeur ajoutée.

Mais les débouchés du manioc ne s'arrêtent pas à l'alimentation humaine. Il peut également servir à la production d'amidon industriel, d'aliments pour bétail, de bioéthanol ou encore de farine panifiable pouvant être incorporée à la fabrication du pain. Pour Gérard Sanou, cette diversité constitue un atout considérable dans un contexte où le Burkina cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de certaines importations alimentaires. « La véritable souveraineté commence par notre capacité à nourrir notre population avec nos propres ressources », soutient Gérard Sanou.

Pour Gérard Sanou, le développement du manioc dépasse largement la seule question agricole

Un potentiel économique encore insuffisamment exploité

Au-delà de son importance alimentaire, le manioc présente aussi des avantages économiques significatifs. Selon Gérard Sanou, un hectare de manioc nécessite un investissement compris entre 650 000 et 700 000 francs CFA et peut produire jusqu'à 40 tonnes de tubercules dans de bonnes conditions.

La culture offre également une certaine flexibilité aux producteurs puisqu'elle peut être associée à d'autres spéculations telles que le maïs, le sorgho, le niébé ou le soja. Cette pratique permet de diversifier les sources de revenus tout en optimisant l'utilisation des terres agricoles. À cela s'ajoute la vente de boutures destinées à la multiplication, qui constitue une activité économique complémentaire pour plusieurs producteurs.

Mais c'est surtout dans la transformation que les perspectives apparaissent les plus prometteuses. Avec un investissement inférieur à deux millions de francs CFA, il est possible de mettre en place une petite unité artisanale capable de produire de l'attiéké, du gari ou du tapioca. Selon Gérard Sanou, autour de ces activités gravitent de nombreux métiers : ouvriers agricoles, transformateurs, transporteurs, commerçants, restaurateurs ou distributeurs. Toute une chaîne de valeur susceptible de générer des emplois durables, notamment pour les jeunes et les femmes.

Les professionnels du manioc estiment que cette culture pourrait jouer un rôle stratégique dans la recherche de l'autosuffisance alimentaire

Une alternative à l'exode rural et à l'orpaillage

Pour lui, le développement du manioc dépasse largement la seule question agricole. Il y voit également un outil de stabilisation sociale dans les zones rurales. Dans plusieurs localités du pays, l'attrait de l'orpaillage pousse de nombreux jeunes à abandonner les activités agricoles à la recherche de revenus immédiats. « Aujourd'hui, si vous prenez dix femmes dans mon village, au moins sept ont leurs maris sur des sites d'orpaillage », confie-t-il. Pour lui, cette situation fragilise ainsi les équilibres familiaux et menace le développement des communautés rurales. « Nous voulons que les zones de production de manioc deviennent de véritables Eldorados pour les jeunes », affirme-t-il.

L'ambition des acteurs est de transformer les bassins de production en pôles économiques capables de créer suffisamment d'opportunités pour retenir les jeunes dans leurs villages et leur offrir des perspectives de revenus stables. Selon eux, la filière dispose déjà des bases nécessaires pour atteindre cet objectif, à condition qu'elle bénéficie d'un environnement favorable à son développement.

Malgré ces contraintes, les producteurs et transformateurs restent convaincus que l'avenir du manioc est prometteur

Des défis qui freinent l'essor de la filière

Malgré ses nombreux atouts, la filière manioc reste confrontée à plusieurs difficultés. La première concerne la commercialisation. La dégradation de la situation sécuritaire a fortement perturbé certains circuits traditionnels d'écoulement des produits. Or, le manioc est une culture particulièrement sensible après la récolte, avec une durée de conservation relativement limitée.

Les producteurs dénoncent également la concurrence des produits importés, notamment la pâte fermentée provenant de pays voisins comme la Côte d'Ivoire, le Ghana ou le Bénin. Selon eux, les coûts de production, souvent plus faibles dans ces pays, rendent les produits étrangers plus compétitifs sur le marché burkinabè. L'accès au financement constitue un autre défi majeur. Les crédits agricoles proposés par les institutions financières sont généralement adaptés aux cultures de courte durée, alors que le cycle du manioc peut s'étendre sur onze à seize mois. « Les mécanismes de financement actuels ne correspondent pas aux réalités de notre culture », regrette-t-il.

À cela s'ajoutent les difficultés liées à la structuration des organisations professionnelles, à l'insuffisance des infrastructures de transformation et au manque de visibilité de la filière dans les politiques publiques.

Pour Gérard Sanou, le véritable défi consiste désormais à créer les conditions permettant à cette culture de révéler toute son importance économique et sociale

Faire du manioc une priorité nationale

Malgré ces contraintes, les producteurs et transformateurs restent convaincus que l'avenir du manioc est prometteur. Leur plaidoyer vise aujourd'hui à obtenir une meilleure intégration de la filière dans les stratégies nationales de développement agricole. Ils réclament notamment un accompagnement spécifique, des financements adaptés, un renforcement de la transformation locale, une meilleure organisation des acteurs ainsi que des actions de promotion des produits dérivés.

Pour Gérard Sanou, le potentiel existe déjà. Le véritable défi consiste désormais à créer les conditions permettant à cette culture de révéler toute son importance économique et sociale. À l'heure où le Burkina Faso cherche à renforcer sa résilience alimentaire, à créer davantage d'emplois pour sa jeunesse et à valoriser ses ressources locales, le manioc apparaît comme une opportunité encore insuffisamment exploitée. Une culture longtemps restée dans l'ombre, mais qui pourrait demain s'imposer comme l'un des moteurs du développement agricole national.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Burkina/Énergie : COMZA déploie SOS Cash Power, un crédit d'électricité d'urgence

Lefaso.net (Burkina Faso) - jeu, 11/06/2026 - 00:30

COMZA Burkina, en partenariat avec la SONABEL, a procédé ce mercredi 10 juin 2026 au lancement officiel de SOS Cash Power, le crédit d'électricité d'urgence. Ce nouveau service vient dépanner les usagers de compteurs prépayés confrontés à l'épuisement de leur crédit Cash Power et qui se retrouvent dans l'incapacité de trouver un point de recharge. Il est accessible au *3480#.

SOS Cash Power est un service destiné à assurer la continuité des services de la SONABEL, même lorsque le client ne dispose pas de liquidités Grâce à SOS Cash Power, le client obtient immédiatement une avance en énergie pouvant aller de 250 à 5 000 FCFA, qu'il remboursera à la prochaine recharge. Le service est accessible au *3480#. Dès activation, le client reçoit un code de recharge. Les frais de service incluant la TVA sont de 15 %. Pour en bénéficier, il faut être abonné Cash Power depuis au moins trois mois, ne pas avoir de redevances SONABEL et ne pas avoir de crédit SOS Cash Power en cours.

La cérémonie de lancement a regroupé différents acteurs du domaine de l'énergie et des partenaires de mise en œuvre du service

Ce service innovant est porté par COMZA Burkina, structure spécialisée dans le développement des solutions de paiement et de services à valeur ajoutée orientées vers l'accès à l'énergie, en partenariat avec la SONABEL. Selon le directeur général de COMZA Burkina, Dr Aristide Aly Boyarm, bien souvent, des clients se retrouvent privés d'électricité au mauvais moment, faute d'avoir pu recharger à temps leurs compteurs. C'est en cherchant une réponse à ce problème que COMZA Burkina a développé cette solution technologique.

Selon le directeur général de COMZA Burkina, Dr Aristide Aly Boyarm, SOS Cash Power est une solution simple, rapide, accessible et surtout utile

« SOS Cash Power est une solution simple, rapide, accessible et surtout utile. Utile pour le citoyen qui n'est plus jamais laissé dans le noir faute d'une liquidité immédiate. Utile pour la SONABEL, dont le service gagne en continuité. « Utile pour le Burkina Faso parce que chaque pas vers une inclusion financière et l'accès à l'énergie est un pas de plus vers le développement », a-t-il affirmé. Il a ajouté que le développement de cette technologie vient renforcer l'engagement de COMZA de continuer à travailler dans l'intérêt des usagers, avec de nouveaux services toujours plus utiles et toujours plus proches des Burkinabè.

Noël Somnéré, représentant du directeur général de la SONABEL, a rassuré les clients sur le fait que la SONABEL va veiller à ce que le déploiement de SOS Cash Power se fasse dans le respect des principes de transparence, de fiabilité et de qualité des services.

Noël Somnéré, représentant du directeur général de la SONABEL, a salué le lancement de SOS Cash power, qui, selon lui, vient répondre à une préoccupation des ménages en termes d'énergie. « Dans un contexte où l'électricité est devenue un besoin essentiel pour la vie quotidienne, les activités économiques, l'éducation, la santé et la sécurité, éviter les interruptions de services dues à un manque momentané de liquidités constitue une avancée importante. SOS Cash Power apporte ainsi plus de flexibilité, d'opportunités de service et de sérénité aux clients », s'est-il réjoui. Il a rassuré les clients sur le fait que la SONABEL va veiller à ce que le déploiement de SOS Cash Power se fasse dans le respect des principes de transparence, de fiabilité et de qualité des services.

Une démonstration de l'utilisation du service ainsi qu'une signature de convention entre COMZA Burkina et la SONABEL ont mis fin à la cérémonie de lancement.

Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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Retour d’Omar Artan en héros à Mogadiscio : "Je serai là à la prochaine Coupe du monde" en 2030

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 22:48
Omar Artane, l’arbitre somalien refoulé des États-Unis, est rentré chez lui. Il est arrivé en Somalie ce mercredi. Il a été accueilli en héros, en présence de plusieurs membres du gouvernement. Il a promis à ses soutiens qu’il participerait à la Coupe du monde 2030.
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Mondial 2026 : la vidéo de la fouille des joueurs sénégalais a "indigné toute la communauté africaine"

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 20:57
Une vidéo montrant des joueurs de l'équipe nationale de football sénégalaise se faire fouiller sur le tarmac d’un aéroport américain a massivement été partagée sur les réseaux sociaux. Beaucoup d'internautes se sont insurgés contre un traitement "humiliant". L'équipe du Sénégal a démenti mais la polémique perdure, notamment avec le relais d’intox.
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Madagascar : le Savika, un sport national où les hommes se mesurent aux zébus

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 17:39
À Madagascar, le Savika, discipline traditionnelle malgache, met à l’honneur des hommes se mesurant aux zébus. Le but est de s'accrocher le plus longtemps possible sur le dos d'un zébu lâché dans l'arène. Madagascar aimerait inscrire cette discipline au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
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What Comes After Global Order

Foreign Policy - mer, 10/06/2026 - 17:22
Rather than a new international framework, we need a system for moving from one framework to the next.

Le rôle central de la société turque "Sadat" dans les arcanes du pouvoir malien

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 16:35
Au Mali, les attaques jihadistes se multiplient. Lors de l’une de ces frappes, le chef de la junte, Assimi Goita, aurait été exfiltré en urgence par des mercenaires turcs. Décryptage de Ludovic de Foucaud, journaliste France 24 et ancien correspondant en Turquie.
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Mali : le JNIM dévoile des images qui révèlent un usage inédit de drones

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 16:32
Au Mali, la junte annonce la création de zones d'intérêt militaires. Il s’agit de zones de guerre interdites aux civils. La décision survient alors que les jihadistes multiplient les attaques et modifient leurs capacités militaires. Une vidéo publiée récemment par le JNIM révèle que le groupe fait usage de drones pour régler ses tirs de mortier. Décryptage de Wassim Nasr, journaliste France 24 spécialiste des mouvements jihadistes.
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Exporting U.S. Military AI Won’t Be Easy

Foreign Policy - mer, 10/06/2026 - 15:56
Middle powers have alternatives, and AI labs have opinions.

Progressives Should Show Real Solidarity With China

Foreign Policy - mer, 10/06/2026 - 15:50
Don’t let Chinamaxxing come at the expense of meaningful engagement with Chinese workers and activists.

Kenya : Violents affrontements autour d'un site de quarantaine américain

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 15:25
Les manifestations se poursuivent au Kenya contre un centre de quarantaine destiné à des Américains exposés au virus Ebola. Un homme a été tué par balles lors d'affrontements avec la police.
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RD Congo : des migrants sud-américains expulsés des États-Unis vers Kinshasa renvoyés chez eux

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 13:42
La plupart des migrants sud-américains expulsés des États-Unis vers Kinshasa, en République démocratique du Congo, ont finalement été renvoyés dans leur pays d’origine. Arrivés mi-avril dans le cadre d’un dispositif américain controversé d’expulsion vers des pays tiers, ils ne sont donc pas restés en RDC.
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Ebola : violent bras de fer au Kenya à propos d'un site de quarantaine américain

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 13:39
Au Kenya, un centre de quarantaine destiné aux ressortissants américains touchés par Ebola crée la polémique. Sa construction suscite la peur des habitants, qui ont manifesté face à la police. Récit de Julien Dubois.
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Le savika : un sport malgache ou les hommes se mesurent aux zébus

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 13:28
Si la corrida espagnole est connue dans le monde entier, peu de gens savent qu'une tradition similaire existe depuis plusieurs siècles à Madagascar : le savika. Comme dans la corrida, l'homme défie l'animal dans une arène. Mais ici, pas de mise à mort : le but est de s'accrocher le plus longtemps possible sur le dos d'un zébu lâché dans l'arène. Une discipline transmise de génération en génération, que Madagascar aimerait voir inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Reportage de Aurélie Kouman à Antananarivo.
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Le Sénégal veut rassurer ses partenaires avant le rendez-vous avec le FMI

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 13:27
À quelques jours d’une visite importante du FMI au Sénégal, Dakar envoie un signal positif à ses partenaires internationaux. Le Sénégal a procédé au paiement anticipé de deux échéances de sa dette. L’objectif du nouveau gouvernement est de trouver un accord avec l’institution et de relancer l’économie, qui souffre depuis 18 mois. Précisions du correspondant de France 24 à Dakar, Elimane Ndao.
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Que sont devenus les migrants sud-américains expulsés par les États-Unis en RD Congo ?

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 13:26
Que sont devenus les migrants sud-américains expulsés des États-Unis vers la RD Congo ? Ils étaient arrivés mi-avril dans le cadre d’un dispositif américain controversé d’expulsion de ressortissants étrangers en situation irrégulière vers des pays tiers. La plupart d’entre eux ont été renvoyés dans leur pays d’origine, précisions d’Aurélie Bazzara-Kibangula, correspondante de France 24 à Kinshasa.
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Togo/Insécurité alimentaire : l’ANC tire la sonnette d’alarme et interpelle le gouvernement sur la situation dans les Savanes

Togo Actualités - mer, 10/06/2026 - 12:22

Face aux alertes du Programme alimentaire mondial (PAM) annonçant un risque accru d’insécurité alimentaire pour plus de 330 000 Togolais, particulièrement dans la région des Savanes, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) exprime sa vive inquiétude. Le parti de Jean-Pierre Fabre dénonce ce qu’il qualifie de défaillances dans la gouvernance publique, appelle à un plan d’urgence alimentaire et invite les populations à se mobiliser pour un changement politique au Togo.

Communiqué : L’ANC gravement préoccupée par la vulnérabilité croissante des populations togolaises, particulièrement dans la région des Savanes

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a appris avec une profonde consternation les informations faisant état d’une situation alimentaire particulièrement préoccupante à laquelle sont exposées de nombreuses populations togolaises, notamment dans la région des Savanes.

Selon une alerte du Programme Alimentaire Mondial (PAM), relayée à la fin du mois de mai 2026 par Radio France Internationale (RFI), plus de 330.000 Togolais pourraient être confrontés, dans les prochains mois, à une situation d’insécurité alimentaire aiguë si des mesures d’assistance humanitaire urgentes ne sont pas prises. Toujours selon ces informations, la région des Savanes, située à l’extrême nord de notre pays, demeure la zone la plus exposée à cette menace.

L’ANC est gravement préoccupée par cette situation. Elle déplore qu’au lieu d’anticiper les risques et de mettre en œuvre des politiques efficaces de prévention et de protection des populations, le gouvernement RPT/UNIR continue de consacrer des ressources considérables à l’organisation de sommets et d’événements de prestige dont les retombées sur l’amélioration du vécu quotidien des Togolais demeurent inexistantes ou marginales.

Cette situation soulève plusieurs interrogations légitimes.

D’abord, qu’en est-il des centaines de milliards de francs CFA que le gouvernement affirme avoir investis dans la région des Savanes depuis 2019 au titre de la lutte contre les conséquences de l’extrémisme violent et du soutien aux populations affectées?

Ensuite, qu’est devenue la politique de constitution de réserves alimentaires stratégiques, alimentées notamment par les achats réguliers de produits vivriers auprès des producteurs agricoles, censée garantir la sécurité alimentaire du pays en période de crise?

Enfin, comment ne pas dénoncer, une fois encore, la récente hausse des prix des produits pétroliers, qui aggrave davantage les difficultés quotidiennes des populations et frappe plus durement encore les ménages les plus vulnérables?

Face à l’ampleur du risque humanitaire annoncé par le PAM, I’ANC appelle le gouvernement à agir avec célérité et responsabilité:

en publiant sans délai une cartographie exhaustive des zones à risque de pénurie alimentaire et de famine, accompagnée de données statistiques fiables et vérifiables;

en élaborant et mettant en œuvre un plan national d’urgence alimentaire destiné à venir en aide aux populations menacées;

en réorientant les ressources publiques vers les priorités nationales que sont la lutte contre la pauvreté, le développement durable, la sécurité alimentaire et l’amélioration des conditions de vie des populations, plutôt que vers les dépenses de prestige et les voyages dispendieux.

L’ANC constate avec regret que non seulement le gouvernement demeure silencieux face à l’alerte lancée par le PAM, mais qu’il continue également d’entretenir l’opacité sur les contre-performances enregistrées par le Togo dans la mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA, telles que révélées par la 11ª revue annuelle des réformes de cette organisation en 2025.

L’ANC relève que ces insuffisances de la gouvernance contribuent à l’aggravation de la pauvreté dans notre pays, comme l’illustrent notamment :

le taux alarmant de pauvreté multidimensionnelle dans la région des Savanes, estimé à 92,3 % selon les données des Nations Unies en 2025;

un taux de pauvreté monétaire évalué à 47% en 2024, tandis que l’indice de pauvreté multidimensionnelle du Togo figure parmi les plus élevés de l’espace UEMOA, avec des disparités particulièrement marquées dans les zones rurales;

le classement du Togo au 127e rang mondial dans l’édition 2025 du World Happiness Report.

L’ANC demeure profondément inquiète face à une gouvernance caractérisée par l’inefficacité, la prévarication, la corruption et la confiscation des richesses nationales au profit d’une minorité privilégiée, pendant que la grande majorité des Togolais continue de vivre dans la précarité et le dénuement.

Dans ce contexte, l’ANC joint sa voix à celles de toutes les forces démocratiques et sociopolitiques engagées pour le changement afin d’appeler les populations togolaises à prendre pleinement conscience de la gravité de la situation nationale et à se mobiliser pacifiquement, résolument et massivement pour mettre fin au système RPT/UNIR qui dirige le Togo depuis plus de six décennies.

Fait à Lomé le 09 juin 2026

Pour le Bureau National

Le Président

Jean-Pierre Fabre

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Libye : Derna renaît de ses cendres après le cyclone Daniel

France24 / Afrique - mer, 10/06/2026 - 12:17
En Libye, le cyclone Daniel a frappé de plein fouet la ville de Derna il y a trois ans, faisant des milliers de victimes. Cette catastrophe a mis en lumière de graves failles de sécurité, notamment la rupture de barrages vétustes datant des années 1970. Aujourd'hui, malgré le traumatisme profond des habitants, les chantiers de reconstruction sont déjà bien avancés.
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