Réunis en séance plénière ce lundi 19 octobre 2026, les députés de l'Assemblée législative du peuple (ALP) ont adopté le projet de loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique. Ce texte interdit la privatisation totale ou partielle des entreprises stratégiques appartenant à l'État et renforce les prérogatives de ce dernier en matière de contrôle et de participation au capital des entités jugées stratégiques.
Les dispositions de cette loi interdisent toute privatisation, totale ou partielle, d'une entreprise ou d'une structure à caractère stratégique appartenant à l'État.
Selon le ministre en charge de l'industrie, Serge Poda, qui a défendu le projet de loi devant la représentation nationale, le texte définit plusieurs critères permettant de déterminer si une société, une entité ou un secteur présente un caractère stratégique. Il s'agit notamment de critères liés à la souveraineté nationale et à la sûreté de l'État face aux menaces intérieures comme extérieures. Le ministre a également évoqué l'importance de l'impact de ces entités sur les équilibres sociaux et économiques du pays.
« À travers cette loi, l'État a désormais toutes les prérogatives pour encadrer, contrôler et suivre les entités publiques à caractère stratégique. Il a également la possibilité de prendre des parts ou de renforcer ses participations dans des entités privées qui seront jugées stratégiques dans notre pays », a expliqué le ministre en charge de l'industrie.
Serge Poda a par ailleurs rappelé que cette loi constitue un instrument législatif et juridique renouvelé. Une précédente loi, adoptée en 1993, confie-t-il, définissait et recensait les entreprises économiques et commerciales considérées comme stratégiques afin de les protéger de la vague de privatisations qu'avait connue le pays au cours des années 1990.
« Au fil du temps, cette loi a révélé un certain nombre d'insuffisances. Le contexte économique et politique, ainsi que la vision et la dynamique actuelles orientées vers la souveraineté économique et industrielle de notre pays, rendaient plus que nécessaire sa relecture et l'adoption d'une nouvelle loi », a-t-il laissé entendre.
Pour le ministre, il s'agit d'un texte qui va sonner le renouveau de la création et de la protection d'outils d'importance stratégique de transformation, de production commerciale, industrielle, économique, en visant la souveraineté de notre pays.
D'autres innovations
En plus de l'interdiction des privatisations des entreprises à caractère stratégique, cette loi contient plusieurs autres innovations. Ce sont, notamment, l'encadrement du pouvoir de décision des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique publiques ou à participation publique majoritaire à travers l'interdiction de certaines opérations sans autorisation préalable du conseil des ministres ; l'affirmation claire de la possibilité pour l'État de réserver l'exercice de certaines activités économiques stratégiques définies par voie réglementaire à des nationaux ; la prise en compte d'une clause d'insaisissabilité des biens et des comptes des entités économiques, commerciales ou industrielles publiques ou à participation publique majoritaire à caractère stratégique.
Cette loi a été adoptée par 70 voix pour et une abstention.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
Nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Kisito Traoré, ingénieur de conception en informatique et acteur de longue date de la modernisation de l'administration publique, dont le parcours retrace plus de trois décennies d'efforts pour informatiser les finances publiques, connecter les institutions et inscrire le numérique au cœur des politiques nationales.
Aujourd'hui, lorsqu'un agent de l'État consulte une application de gestion budgétaire, lorsqu'un service administratif transmet des informations à un autre ou lorsqu'un ministère utilise un réseau informatique partagé, ces gestes paraissent presque ordinaires. Mais il fut un temps où tout cela restait à construire. Les ordinateurs étaient peu nombreux. Les réseaux administratifs se limitaient à quelques bâtiments. Les logiciels de gestion devaient être imaginés, développés, installés et expliqués à des utilisateurs qui découvraient parfois l'informatique. C'est dans ce Burkina Faso-là que Kisito Traoré commence sa carrière, en 1992.
Il fait partie de ces professionnels qui ont connu l'administration avant sa transformation numérique et qui ont participé, étape après étape, à la construction de ses premiers systèmes informatiques. Son parcours raconte une évolution remarquable : du programmeur qui conçoit des solutions à l'ingénieur qui dirige des équipes, puis au responsable qui coordonne des stratégies nationales. Il est de la trempe des hommes qui ont imprimé leur nom partout où ils sont passés.
De Bomborokuy aux mathématiques, le goût des problèmes à résoudre
L'itinéraire de Kisito Traoré commence dans le système éducatif burkinabè. Après l'école primaire de Bomborokuy, il poursuit ses études au Collège Charles Lwanga de Nouna, au lycée provincial de Dédougou, puis au lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso, où il obtient son baccalauréat série C en 1987. Il rejoint ensuite l'Université de Ouagadougou pour étudier les mathématiques. Il obtient une licence en 1990, puis une maîtrise en 1991. Il ressort d'ailleurs que les programmes informatiques écrits par Kisito Traoré lors des travaux pratiques d'analyse numérique en année de maîtrise ont été conservés et réutilisés au fil des ans par le professeur comme modèles pour les promotions successives d'étudiants que ce dernier a enseignées jusqu'à son départ en retraite en 2020.
Les mathématiques lui apportent une méthode : analyser un problème, comprendre ses contraintes et construire une solution logique. Cette rigueur constituera le socle de son parcours informatique. En 1992, il obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées en informatique double compétence à l'Université de Nancy I, en France. Sa spécialisation porte sur les outils informatiques appliqués à la résolution des problèmes mathématiques.
1992 : un logiciel industriel comme première démonstration
Pour son projet de fin d'études, Kisito Traoré rejoint le département recherche et développement d'une usine sidérurgique à Fos-sur-Mer, en France. Sa mission consiste à concevoir un logiciel capable d'analyser des courbes d'intensité électrique liées au défournement du coke. L'objectif est d'aider à interpréter les données et à orienter les décisions concernant la cuisson ou la maintenance des équipements. Le projet obtient la meilleure note de sa promotion et l'entreprise finalise ensuite le logiciel pour une utilisation industrielle.
Cette expérience est révélatrice de sa manière d'aborder l'informatique. Un programme n'est pas seulement une suite d'instructions. C'est un outil destiné à résoudre un problème concret. Cette philosophie le suivra lorsqu'il quittera l'industrie pour rejoindre l'administration burkinabè.
1992 : entrée dans les coulisses des finances publiques
En décembre 1992, Kisito Traoré commence sa carrière au ministère de l'Économie et des Finances. Il y travaille comme ingénieur de développement et administrateur réseau. À cette époque, l'informatisation des finances publiques représente un chantier majeur. Il faut développer des applications pour gérer les dépenses, suivre les recettes, identifier les contribuables et organiser les informations administratives.
Kisito Traoré participe notamment à la conception de la première version informatisée de l'Identifiant financier unique (IFU) des contribuables, avec un travail de rapprochement des bases de données des Douanes et des Impôts. Il intervient également sur le Circuit informatisé de la dépense (CID), outil de gestion budgétaire de l'État.
Ces réalisations répondent à des besoins essentiels. Une administration financière doit savoir quelles ressources elle mobilise, quelles dépenses elle engage et comment les opérations sont exécutées. L'informatique permet progressivement de structurer ces informations, de faciliter leur traitement et de renforcer les possibilités de suivi. Kisito Traoré participe ainsi à l'un des premiers grands chantiers de modernisation numérique de l'État.
RESINA : relier les administrations entre elles
Dès 1993, Kisito Traoré figure parmi les promoteurs du Réseau informatique national de l'administration publique, le RESINA. L'ambition est simple à formuler, mais complexe à réaliser : permettre aux structures de l'État de communiquer à travers un réseau informatique commun. A Ouagadougou, le réseau métropolitain passe de trois bâtiments reliés par fibre optique en 1995 à une trentaine en 2000.
Derrière ces chiffres se cache un changement profond. Les services administratifs ne sont plus nécessairement condamnés à travailler sur des systèmes isolés. Ils peuvent progressivement accéder à des applications et partager des ressources informatiques.
Plus tard, sous sa responsabilité à la direction informatique du ministère, le réseau s'étend davantage. Plus de 200 sites répartis dans plus de 70 localités, ainsi que 14 missions diplomatiques et consulaires reliées pour des services de téléphonie optimisée. Le RESINA devient ainsi l'un des fils conducteurs de sa carrière : un projet auquel il contribue dès ses débuts et qu'il accompagne ensuite à des niveaux de responsabilité plus élevés.
De l'ingénieur au directeur : quinze années pour structurer l'informatique des finances
Après avoir dirigé le service des études et applications entre 1998 et 2002, Kisito Traoré devient directeur des services informatiques du ministère de l'Économie et des Finances en octobre 2002. En mai 2010, il accède à la fonction de directeur général des services informatiques, qu'il exerce jusqu'en avril 2017. Pendant cette période, ses responsabilités dépassent largement le développement de logiciels. Il doit organiser les équipes, définir des priorités, renforcer les infrastructures et accompagner les réformes administratives.
Sous sa coordination, plusieurs systèmes d'information sont développés ou adaptés. Ils concernent notamment les recettes publiques, les financements extérieurs, les marchés publics, la comptabilité des matières et la gestion des dépenses de l'État. Parmi eux figurent le Circuit intégré de la recette (CIR), le Circuit intégré des financements extérieurs (CIFE) et le Système d'information intégré des marchés publics (SIMP). Ces noms peuvent sembler techniques. Ils désignent pourtant des fonctions très concrètes de l'administration : percevoir des ressources, suivre des financements, passer des marchés et exécuter un budget. L'informatisation de ces processus contribue à rendre leur gestion plus structurée.
Accompagner les grandes réformes budgétaires
Un logiciel administratif ne peut pas rester figé lorsque les règles changent. Or, au cours de ces années, le Burkina Faso engage plusieurs réformes de la gestion des finances publiques. Kisito Traoré participe notamment à l'adaptation des systèmes informatiques au cadre harmonisé de l'UEMOA et à la réforme du budget-programme, entrée en vigueur au Burkina Faso le 1er janvier 2017. Son travail porte sur l'analyse des conséquences informatiques, la définition des besoins, la préparation des adaptations et l'organisation de leur mise en œuvre.
Cette expérience montre une autre dimension de son métier. L'informatisation ne consiste pas simplement à reproduire sur ordinateur des procédures existantes. Elle doit accompagner les changements de l'administration. Lorsque les règles budgétaires évoluent, les systèmes d'information doivent évoluer avec elles. L'ingénieur devient alors un acteur de la réforme institutionnelle.
Former les utilisateurs, développer les équipes
Kisito Traoré accorde également une place importante à la formation. Dans les premières années de sa carrière, il participe à l'initiation de plus de 500 utilisateurs aux outils bureautiques. Plus tard, à la tête des services informatiques du ministère, il supervise des programmes de formation destinés aux agents et aux utilisateurs des applications financières. Le document mentionne notamment la formation de plus de 1 000 utilisateurs à la micro-informatique et le passage de 4 000 à plus de 10 000 utilisateurs des logiciels métiers des finances publiques, avec formation des nouveaux utilisateurs et recyclage des anciens.
Il investit aussi dans le développement des compétences de ses équipes. Des agents sont formés ou certifiés dans des domaines comme la gestion de projets, la gouvernance informatique, la qualité et la gestion des services numériques. Entre 2002 et 2017, les effectifs de la direction informatique passent de 12 à 73 personnes. Ce travail rappelle une évidence : une administration ne devient pas numérique parce qu'elle achète des ordinateurs. Elle le devient lorsque ses agents savent utiliser les outils, lorsque les équipes techniques peuvent les maintenir et lorsque l'organisation apprend à évoluer.
2017 : passer des finances publiques à la stratégie numérique nationale
En mai 2017, Kisito Traoré franchit une nouvelle étape. Il devient secrétaire général du ministère chargé des télécommunications, des technologies de l'information et de la communication et des postes. Il occupe cette fonction jusqu'en avril 2025.
Après vingt-cinq années consacrées principalement à l'informatisation des finances publiques, son champ d'action s'élargit à l'ensemble du secteur numérique. Il ne s'agit plus seulement de moderniser les systèmes d'un ministère. Il faut contribuer à organiser les politiques, les programmes et les réformes qui concernent le développement numérique national. Ses responsabilités couvrent la coordination administrative, la planification stratégique et le suivi des grands chantiers du département. Ce passage marque une évolution majeure de son parcours : de l'informatique comme outil de gestion à la transformation numérique comme politique publique.
Donner une direction au numérique burkinabè
Entre 2017 et 2025, Kisito Traoré coordonne ou pilote l'élaboration de plusieurs stratégies et plans nationaux. Notamment la Stratégie nationale de développement de l'économie numérique 2018-2027, le Schéma directeur d'aménagement numérique 2019-2028, la stratégie de promotion des logiciels libres 2021-2025 et celle consacrée au développement de l'expertise nationale.
Ces documents répondent à des questions de fond. Comment développer les infrastructures numériques ? Comment améliorer l'accès aux services ? Comment renforcer les compétences nationales ? Quelle place donner aux logiciels libres ? Comment organiser les investissements et les priorités ? Le rôle d'un secrétaire général n'est pas de réaliser personnellement chacun de ces projets. Il consiste notamment à coordonner les équipes, les structures et les processus nécessaires à leur élaboration et à leur suivi. C'est cette responsabilité de pilotage que met en évidence son CV.
Construire les règles communes de l'administration numérique
La transformation digitale suppose également que les systèmes informatiques puissent fonctionner ensemble. Un ministère peut disposer d'une application performante sans parvenir à échanger facilement des informations avec une autre administration. Les systèmes peuvent être conçus selon des normes différentes. Les exigences de sécurité peuvent varier. Les méthodes de gestion de la qualité peuvent manquer d'harmonisation. Sous la coordination de Kisito Traoré, le ministère travaille à plusieurs référentiels techniques, notamment le Référentiel général d'interopérabilité, le Référentiel général de sécurité et le référentiel d'urbanisation des systèmes d'information.
Son CV mentionne également des travaux sur des avant-projets de loi relatifs à la protection des systèmes d'information, à l'identification électronique et à la promotion des startups. Il convient de distinguer ces travaux préparatoires de l'adoption effective de textes ou de leur application. Mais ils illustrent une préoccupation essentielle : donner à la transformation numérique un cadre institutionnel et juridique cohérent et approprié, au-delà de la multiplication des applications.
Des infrastructures aux services publics numériques
Pendant ses années au secrétariat général, Kisito Traoré préside les comités de pilotage de plusieurs projets majeurs. Parmi eux figurent E-Burkina, le G-Cloud, le projet de backbone national des télécommunications, le renforcement du RESINA, l'initiative Burkina Open Data et le programme WURI consacré à l'identification unique pour l'intégration régionale et l'inclusion en Afrique de l'Ouest.
Ces initiatives répondent à des besoins différents, mais complémentaires. Le backbone national concerne les grandes infrastructures de connectivité. Le RESINA relie les administrations. Le G-Cloud vise la mutualisation de capacités d'hébergement et de stockage. L'Open Data concerne l'accès et la réutilisation des données. L'identification unique touche à la possibilité de mieux identifier les personnes dans le cadre des services concernés. Ensemble, ces chantiers montrent la diversité des dimensions nécessaires à la construction d'un État numérique.
La cybersécurité et la gouvernance des institutions
Le parcours de Kisito Traoré comprend également d'importantes responsabilités dans la gouvernance des organismes publics du secteur. Il préside le conseil d'administration de l'Agence nationale de promotion des technologies de l'information et de la communication (ANPTIC) de décembre 2017 à décembre 2023. De mars 2024 à mai 2025, il préside celui de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Il préside aussi, d'avril 2024 à avril 2025, le comité de pilotage relatif à la mise en œuvre de la convention relative à la délégation de service public pour l'exploitation des infrastructures publiques de télécommunications par fibre optique (le backbone national).
Il a également été membre des conseils d'administration de l'Institut diplomatique et des relations internationales de 2004 à 2007 et de l'Institut des hautes études internationales de 2009 à 2017. Cette longue proximité avec le monde diplomatique a dû forger en lui certaines aptitudes fort utiles dans son parcours.
Ces responsabilités témoignent de l'élargissement progressif de son expertise. Car à mesure que l'administration se numérise, la question de la sécurité devient centrale. Les systèmes doivent être disponibles. Les données doivent être protégées. Les infrastructures doivent être gouvernées avec rigueur. La transformation numérique ne peut être durable sans confiance dans les outils qui la rendent possible.
La Semaine du numérique, un rendez-vous à faire grandir
Kisito Traoré a également joué un rôle majeur dans l'organisation de la Semaine du numérique, l'un des grands rendez-vous nationaux annuels du secteur, dont la première édition remonte à 2005. Il préside son comité national d'organisation de 2017 à 2024. Auparavant, il a été membre du jury officiel en 2010 et 2015, puis président du jury officiel de la vingtième édition en 2025.
Ces responsabilités complètent son travail institutionnel. Un événement consacré au numérique permet de rendre visibles des innovations, de favoriser les échanges et de rapprocher les professionnels, les administrations, les entreprises et les citoyens. L'organisation de telles rencontres participe à la construction d'un écosystème. Elle donne aussi une place aux talents qui cherchent à faire connaître leurs réalisations.
Transmettre aux jeunes, ne pas oublier ses racines
Bien avant ses responsabilités nationales, Kisito Traoré s'engage dans l'enseignement. Au cours des années universitaires 1992-1993 à 2001-2002, il intervient comme enseignant vacataire à l'École supérieure d'informatique de Bobo-Dioulasso dès la toute première promotion d'étudiants bien avant le transfert de cette école de l'Université de Ouaga à Bobo. Il y intervient essentiellement dans l'encadrement des projets de fin de cycle d'étudiants sur la conception de logiciels, les réseaux et les systèmes d'information. Il enseigne également à l'Institut supérieur d'informatique et de gestion de Ouagadougou de 1996 à 2000, notamment les bases de données, la programmation et la conduite de projets informatiques.
Son engagement dépasse les salles de cours. Au Collège Charles Lwanga de Nouna, où il a étudié, il contribue à mobiliser des appuis pour renforcer les équipements informatiques. En 2005, il initie la réalisation d'un réseau local destiné à relier les bureaux administratifs et les salles informatiques. En 2012, il contribue à un don de 25 ordinateurs. En 2022, il facilite un nouvel appui comprenant 14 ordinateurs de bureau, cinq ordinateurs portables et un vidéoprojecteur. Ces gestes donnent une dimension humaine à son parcours. Après avoir travaillé à connecter les institutions de l'État, il continue à soutenir l'accès aux outils informatiques dans un établissement scolaire qui a marqué sa jeunesse.
Une carrière construite dans la durée
De 1992 à 2025, Kisito Traoré a traversé plusieurs grandes étapes de l'histoire numérique du Burkina Faso. Il a connu les premiers réseaux administratifs. Il a participé à la conception de logiciels de gestion dans l'administration publique. Il a dirigé des équipes chargées de maintenir et de faire évoluer ces systèmes. Il a accompagné des réformes budgétaires. Puis il a contribué au pilotage des stratégies et des projets nationaux de transformation digitale. Son parcours se distingue par cette continuité. Il n'a pas seulement observé le développement de l'informatique publique. Il y a participé à différents niveaux : technique, organisationnel, institutionnel et stratégique.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce que Kisito Traoré fait partie des professionnels qui ont contribué à poser les fondations de l'informatique administrative burkinabè dès le début des années 1990.
Parce qu'il a participé à la conception et à l'évolution de systèmes essentiels à la gestion des finances publiques, notamment le Circuit informatisé de la dépense et l'Identifiant financier unique.
Parce qu'il figure parmi les pionniers du RESINA, réseau qui a progressivement permis de connecter des structures administratives sur l'ensemble du territoire national.
Parce qu'il a dirigé pendant près de quinze ans les services informatiques d'un ministère aussi stratégique et transversal que celui de l'Économie et des Finances, en développant les systèmes, les infrastructures et les compétences humaines.
Parce qu'en qualité de secrétaire général du ministère chargé du numérique, de 2017 à 2025, il a contribué à la coordination de stratégies nationales, de référentiels techniques et de grands projets de transformation digitale.
Parce qu'il a également consacré une partie de son parcours à la formation et au soutien à l'équipement informatique des établissements scolaires.
Et parce que son histoire rappelle que la transformation numérique d'un État est une œuvre de longue haleine, qui demande des compétences techniques, une vision institutionnelle, de la méthode et la capacité de transmettre.
Avec Kisito Traoré, le Burkina numérique raconte l'histoire de ses fondations : celles des premiers logiciels, des premiers réseaux administratifs et des professionnels qui ont patiemment contribué à faire de l'informatique un instrument de modernisation de l'État.
18 octobre 1896-18 octobre 2026 ; cela fait 130 ans qu'a eu lieu, sur le site de Kiidiga, un violent affrontement entre les vaillants combattants du Dima de Boussouma et les envahisseurs français. Sur ce site historique, sis précisément sur les emprises du fleuve Nakambé, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Kaya (chef-lieu de la région des Koulsé), trône désormais une plaque commémorative, porteuse d'un message à l'endroit de l'ensemble du peuple burkinabè : « Nos grands-parents n'ont jamais été vaincus hier. Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui. »
Cette cérémonie officielle a, ce dimanche 18 octobre 2026, sur le site de Kiidiga, réuni de nombreuses populations venues de la localité et d'autres contrées, dont plusieurs leaders traditionnels et coutumiers. Le gouvernement était, lui, représenté par le ministre de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, et le ministre de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, avec à leurs côtés de nombreux collaborateurs et autorités locales.
De droite vers la gauche : Mme la gouverneure de la région des Koulsé, Bernadette Sérémé ; le ministre en charge de la culture, Gilbert Ouédraogo, et le ministre en charge de l'enseignement secondaire, Pr Moumouni Zoungrana.Outre les différentes interventions des personnes-ressources, des témoignages et la conférence sur le sujet, la journée commémorative a été marquée également par le message du gouvernement, livré par son porte-parole, Gilbert Ouédraogo, ministre en charge de la culture. « Pour comprendre la portée de notre rassemblement de ce jour, il nous faut remonter le fil du temps et rouvrir sans complexe le livre de notre histoire nationale : non pas telle qu'elle fut écrite par les plumes biaisées et mensongères de l'oppresseur et envahisseur français, mais telle qu'elle a été vécue, éprouvée et transmise par la mémoire vive de notre peuple. Cette vérité historique, confirmée par nos chercheurs. En octobre 1896, l'impérialisme occidental, imbu de sa prétendue puissance technologique et guidé par la voracité prédatrice du Congrès de Berlin, déferlait sur la boucle du Niger. La conquête coloniale française s'avançait vers le Moogho à travers une brutalité inouïe. Sous la conduite de la tristement célèbre colonne militaire française dirigée par les lieutenants Paul Voulet et Julien Chanoine, une horde d'invasion lourdement armée de fusils à répétition et de canons s'efforçait de plier les royaumes africains, de détrôner nos souverains et d'imposer des traités d'asservissement et de protectorat », a d'abord situé le ministre Gilbert Ouédraogo, déroulant son discours au nom du Premier ministre.
Face à cette lancée d'accaparement des ressources, poursuit ensuite le ministre, le Riungu de Boussouma (cet État guerrier et souverain, fondé vers 1530 par Naaba Nabigswendé et rendu pleinement autonome par la vision politique de Naaba Ligdi) va opposer un refus catégorique et intransigeant. Sous l'autorité morale et politique du Dîma Naaba Koom (1890-1908), en alliance fraternelle avec le Mogho Naaba Wōbga de Ouagadougou, la résolution fut prise : « Plutôt la mort que la servitude ! », retrace le ministre de la culture.
Selon la reconstitution des faits, c'est sur ce site de Kiidiga, sur les emprises du fleuve Nakambé, que le premier choc « d'une violence inouïe » a eu lieu le 18 octobre 1896. « Le nom même de ce site, ‘'Kiidiga'', porte dans sa 130ᵉ chair le souvenir de cet affrontement titanesque : en langue nationale mooré, Kiidiga désigne le lieu ‘'où il y a eu trop de morts''. Face à la colonne Voulet-Chanoine composée de cinquante mercenaires aguerris et suréquipés, les guerriers du Kombéré de Mané, sous la conduite éclairée de notables intègres et du Kombéré Naaba Seebdo, ne reculèrent pas d'un pouce. Armés seulement de leurs sagaies, de leurs arcs, de leurs flèches empoisonnées, de leurs sabres et d'un courage surhumain, les combattants de Mané ont affronté la mitraille. Ils sont tombés par dizaines dans les eaux du Nakambé. Le même jour, au front de Zabr-Kuka, à un kilomètre à l'ouest, les combats se sont poursuivis avec une férocité inouïe, où les impacts de flèches sur les arbres témoins sont encore gravés dans la mémoire collective. Kiidiga ne fut pas une défaite ; ce fut le baptême de feu d'un peuple qui refusait la fatalité de la domination ! », enseigne le premier responsable en charge de la culture.
« Nos grands-parents n'ont jamais été vaincus hier. Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui »
Selon Gilbert Ouédraogo, une mission d'inventaire scientifique et patrimonial menée sur le terrain en juillet-août 2026 par les équipes techniques du ministère en charge de la culture, en collaboration avec l'association Académie Royale Kéoogo de Boussouma, la chefferie coutumière et les enseignants-chercheurs de l'université, a permis d'établir une vérité historique majeure : la résistance de Boussouma n'était pas un fait isolé, mais un réseau structuré, un paysage mémoriel cohérent s'étendant sur quinze sites majeurs répartis dans neuf localités.
« Kiidiga n'est que la première étincelle d'un brasier de résistance patriotique qui s'est propagé étape par étape », relève le ministre, citant au passage le champ de bataille de Baad-noogo et la grotte de Silmidougou, les figures immortelles de Gnoudou, Rassablaga et du Héros de Birigui, le martyre de l'héroïne anonyme de Birigui, la dimension spirituelle de Pousmiougou à Louda et enfin, l'incendie du Palais de Wayugya et la résilience du Dîma Naaba Koom.
« Pendant des décennies, l'idéologie coloniale et néocoloniale a tenté de nous amputer la mémoire. Elle a voulu nous faire croire que notre histoire avait commencé avec l'arrivée de l'envahisseur. Cette idéologie coloniale a expressément laissé dans l'oubli et l'abandon les hauts lieux de nos luttes anticoloniales pour étouffer en nous la fierté nationale et l'esprit de résistance. Cette époque d'amnésie organisée est définitivement révolue ! Sous l'impulsion éclairée du camarade président, le capitaine Ibrahim Traoré, nous avons entrepris, avec l'ensemble des Burkinabè, une entreprise salutaire de décolonisation des esprits et de réappropriation de notre patrimoine mémoriel », a déclaré le ministre porte-parole du gouvernement, Gilbert Ouédraogo, avant de lancer un appel patriotique à la jeunesse de Mané, du Sanbontenga et du Burkina Faso tout entier : « Regardez le site de Kiidiga ! Ne laissez personne vous dire que vous êtes un peuple résigné. Vos ancêtres ont défié les plus grandes puissances coloniales de leur époque avec des flèches et une foi inébranlable. Soyez dignes de ce sang qui coule en chacun de vous ! Soyez des remparts sans faille pour la patrie ! Refusez la division, la manipulation et la lâche désertion ».
Selon des intervenants, la bataille de Kiidiga revêt donc plusieurs leçons pour les générations actuelles, dont le sens de l'honneur et de l'intérêt général, la loyauté, le patriotisme. « Nos grands-parents n'ont jamais été vaincus hier. Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui », peut-on noter de ce devoir de mémoire.
Zoenabo Sana conclut un témoignage avec la devise : "La patrie ou la mort, nous vaincrons !"Selon le ministre de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique, Pr Moumouni Zoungrana, par cette commémoration, il ne s'agit pas de remuer le couteau dans la plaie (la bataille ayant coûté la vie à 70 vaillants combattants du Dima de Boussouma), mais plutôt de célébrer la bravoure, le sens de l'honneur, de la dignité et de l'intégrité des grands-parents. Le ministre Zoungrana marque un arrêt, pour louer donc le courage du président Ibrahim Traoré, qui a accepté de commémorer cette date. « Les faits que nous commémorons ne datent pas d'hier, c'est depuis plusieurs décennies. Mais, jusque-là, aucun chef d'État n'en a parlé. Seul le président Ibrahim Traoré a osé le faire pour célébrer le mérite de nos grands-parents », a-t-il exprimé dans son adresse en langue nationale et sous de fortes ovations des populations.
La communication sur le sujet a été livrée par l'historien Harouna Sawadogo, présentant ici des armes de combat de la résistance de Boussouma.La journée a été matérialisée par le dévoilement, « au nom de l'État burkinabè et au regard des directives du Premier ministre », de la plaque commémorative sur ce site de Kiidiga. Le ministre Gilbert Ouédraogo a précisé que le site sera également inscrit, ainsi que les autres sites qui lui sont associés, dans l'inventaire national du patrimoine culturel.
Selon le conférencier, le travail sur le site a commencé en 2011.Plus tard dans la soirée, sous la présidence du Premier ministre, a été projeté à Ouagadougou et en avant-première un film dédié à ce pan d'histoire intitulé « Kiidiga, le cri des 333 collines ». Selon le porte-parole du gouvernement, le film sera ensuite projeté à Mané sur le site de Kiidiga et dans bien d'autres localités.
O.L
Lefaso.net
À Niamey, la souveraineté énergétique se mesure désormais au temps passé devant une station-service. Le 18 octobre, l'AFP rapporte de longues files d'attente dans la capitale, après plusieurs semaines de difficultés dans les villes de l'intérieur. Les témoignages recueillis expriment l'exaspération des automobilistes, contraints de patienter pendant des heures ou de multiplier les déplacements pour trouver de l'essence. Pour le général Abdourahamane Tiani, qui a fait de la souveraineté nationale un axe central de son discours, cette crise dépasse la gestion d'un incident d'approvisionnement. Elle interroge la capacité du pouvoir à transformer les ressources pétrolières du pays en un service essentiel, accessible et régulier.
Un déséquilibre qui s'aggrave
Les données présentées le 5 octobre par le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, devant le Conseil consultatif de la refondation permettent de mesurer la dégradation. Le déficit déclaré de supercarburant est passé de 47,25 millions de litres en 2024 à 159,74 millions en 2025, puis à 196,62 millions sur les huit premiers mois de 2026.En huit mois, le déficit dépasse ainsi de 23,1 % celui de toute l'année précédente. Rapporté au mois, son rythme augmente de 84,6 %. Une précision est indispensable : ces chiffres décrivent des écarts entre les livraisons de la SORAZ et les sorties de la SONIDEP. Ils ne représentent pas automatiquement des quantités manquantes aux consommateurs, puisque les importations et les stocks peuvent contribuer à les couvrir. Le constat demeure préoccupant : le dispositif national doit mobiliser des approvisionnements complémentaires d'une ampleur croissante.
L'extraction ne suffit pas à remplir les réservoirs
Le paradoxe pétrolier nigérien repose d'abord sur une distinction industrielle fondamentale. Extraire du brut, le transporter, le raffiner et distribuer les carburants nécessitent des infrastructures et des financements différents. Selon le bilan officiel relayé par l'ANP en juillet 2025, le développement d'Agadem a porté la production annoncée à 110 000 barils par jour, dont 90 000 destinés à l'exportation par l'oléoduc Niger–Bénin et 20 000 à la raffinerie nationale. Près de 82 % de ce schéma de production est donc orienté vers l'exportation. Ce ratio décrit une répartition annoncée, et non les flux effectivement réalisés chaque jour. À Zinder, la SORAZ dispose d'une capacité installée de 20 000 barils par jour. Or cette capacité n'est pas disponible en permanence. La production est, en outre, répartie entre plusieurs produits. Le rendement annoncé atteint 55 % pour le gasoil, mais seulement 26 % pour l'essence. Les capacités de traitement du brut ne peuvent donc être assimilées à un volume équivalent d'essence disponible à la pompe.
Une souveraineté contrainte par le poids de la Chine
La maîtrise des ressources se heurte également à la structure du secteur. Selon Reuters, en octobre 2025, la CNPC détenait 65 % du champ d'Agadem, contre 20 % pour la société publique taïwanaise CPC et 15 % pour l'État nigérien. L'agence rapportait alors 32 millions de barils cumulativement exportés via le Bénin, vers des clients européens et asiatiques. Ce total ne constitue ni un bilan annuel ni une donnée actualisée pour 2026.
Le Bénin constitue ainsi un corridor de transit et un débouché maritime, plutôt que la destination finale de l'ensemble du pétrole évacué. La prépondérance chinoise concerne aussi le raffinage. La CNPC possède 60 % de la SORAZ, contre 40 % pour l'État nigérien. Le groupe occupe donc une position déterminante dans l'extraction et la transformation du pétrole national. Cette configuration ne suffit pas à expliquer les ruptures d'approvisionnement. Elle limite néanmoins l'autonomie industrielle immédiate du pouvoir : accroître la production, modifier les conditions de fourniture ou développer le raffinage suppose de négocier avec un partenaire incontournable. La souveraineté revendiquée engage dès lors une question précise. Quelle capacité l'État possède-t-il pour orienter les investissements, les flux et les revenus vers la satisfaction durable des besoins intérieurs ?
Des dettes en cascade qui entravent la chaîne
Aux contraintes industrielles s'ajoutent des blocages financiers. Les créances et dettes croisées entre l'État, la SONIDEP, la NIGELEC, la SORAZ et la CNPCNP figurent explicitement parmi les problèmes que doit traiter le comité technique installé le 12 octobre.Le plan d'apurement prévu sur trois mois doit donner priorité aux sommes dues par l'État à la SONIDEP, puis par cette dernière à la SORAZ. Le comité doit également prévenir la constitution de nouveaux arriérés et préserver la continuité des livraisons de brut et de produits pétroliers. L'existence de ce dispositif révèle l'imbrication de la crise : lorsque les paiements se bloquent à un maillon de la chaîne, la capacité des autres acteurs à financer leurs opérations se dégrade. L'enjeu dépasse donc le seul volume de pétrole disponible. Il concerne aussi la circulation des liquidités nécessaires pour transformer et acheminer les carburants.
La souveraineté à l'épreuve du quotidien
Le gouvernement a annoncé des mesures structurelles. En juin, le ministre du Pétrole évoquait la modernisation des infrastructures, de nouveaux dépôts et l'objectif de porter progressivement les réserves stratégiques à deux ou trois mois de consommation. Ces annonces doivent désormais être appréciées à travers leur financement, leur calendrier et leur réalisation effective.Dans l'immédiat, les témoignages recueillis à Niamey traduisent une incompréhension persistante devant la coexistence des ressources pétrolières et des difficultés à se ravitailler. Ils documentent une exaspération, sans permettre de mesurer statistiquement son ampleur dans l'ensemble de la population.Pour Tiani, la difficulté est désormais politique autant qu'industrielle. La souveraineté énergétique exige des capacités de transformation, des stocks mobilisables, des opérateurs solvables et une distribution régulière. Sa crédibilité se jouera dans ces résultats.Les Nigériens attendent que la richesse du sous-sol se traduise jusque dans leurs réservoirs.
Selon une information publiée par Financial Afrik, Moumounou Gnankambary a été nommé directeur général de Vista Bank Burkina Faso à l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire tenu le vendredi 16 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande. Il succède à Mohamed Ba et aura notamment la responsabilité de conduire le processus de fusion avec Société Générale Burkina Faso.
Ancien directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, ce haut cadre burkinabè possède une longue expérience de la gestion des finances publiques, de la gouvernance bancaire et des institutions financières régionales et internationales.
La nomination de Moumounou Gnankambary à la tête de Vista Bank Burkina Faso intervient à un moment important de l'évolution de cet établissement bancaire. Selon Financial Afrik, la décision a été validée le 16 octobre 2026, lors d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration organisée à Bangkok.
Le nouveau directeur général prend ainsi les commandes de la banque avec, parmi ses principales missions annoncées, le pilotage du rapprochement avec Société Générale Burkina Faso. Au-delà de ce chantier, sa nomination marque l'arrivée à la direction exécutive de Vista Bank Burkina d'un profil particulièrement expérimenté dans les finances publiques et la gouvernance des institutions financières.
Un parcours construit au sommet de l'administration financière burkinabè
Né le 28 décembre 1966 à Ouagadougou, Moumounou Gnankambary est titulaire d'une maîtrise en droit public obtenue en 1991 à l'Université de Ouagadougou. Il a ensuite poursuivi sa formation à l'École nationale des régies financières (ENAREF), où il a obtenu, en 1994, un diplôme d'administrateur des services financiers et un diplôme d'études supérieures spécialisées en finances publiques. En 1996, il complète son parcours académique par une spécialisation en élaboration et exécution du budget de l'État à l'Institut international d'administration publique de Paris.
Sa carrière professionnelle débute en septembre 1994 à la Direction générale du budget du ministère chargé des Finances, où il exerce comme chargé d'études jusqu'en janvier 2000. Il rejoint ensuite la Présidence du Faso en qualité de directeur des affaires administratives et financières, poste qu'il occupe de janvier 2000 à janvier 2005.
En janvier 2005, il est nommé directeur général du budget. Il exercera cette fonction jusqu'en juillet 2007, avant d'accéder, en août de la même année, au poste de directeur général du Trésor et de la comptabilité publique. Pendant près de huit ans, jusqu'en janvier 2015, Moumounou Gnankambary dirige cette administration stratégique, chargée notamment de la gestion de la trésorerie publique et de la comptabilité de l'État.
De 2015 à 2021, il poursuit son parcours comme conseiller technique du ministre de l'Économie, des Finances et du Développement.
Une expertise sollicitée à l'international
Son expérience dépasse les frontières du Burkina Faso. Entre mai 2021 et avril 2022, il intervient en République démocratique du Congo comme expert technique international en gouvernance financière, déployé par Expertise France auprès du gouvernement congolais.
Il revient ensuite au Burkina Faso où il occupe, du 31 août au 30 décembre 2022, les fonctions de directeur exécutif du Bureau national des grands projets du Burkina, à la Présidence du Faso. Depuis avril 2024, il était en position de disponibilité et exerçait comme consultant et associé du cabinet G&T Partners.
Ces différentes responsabilités lui ont permis de développer une expertise à la fois administrative, budgétaire et institutionnelle, dans des environnements nationaux et internationaux.
Une connaissance approfondie des institutions bancaires et monétaires
Le parcours de Moumounou Gnankambary ne se limite pas à la haute administration financière. Il est également marqué par une participation à la gouvernance de plusieurs institutions bancaires, financières et économiques. De 2007 à 2015, parallèlement à ses fonctions de directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, il a notamment représenté le Burkina Faso au conseil d'administration de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
Durant cette même période, il a siégé à la Commission bancaire de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA), en qualité de représentant de l'État burkinabè. Il a également exercé des fonctions de gouverneur suppléant du Burkina Faso auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).
Il a, par ailleurs, présidé le conseil de gestion du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES). Avant cela, il avait déjà siégé au conseil d'administration de la Banque internationale du Burkina (BIB), entre 2005 et 2007, ainsi qu'à celui de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Ces différentes responsabilités lui ont permis de se familiariser avec les enjeux de réglementation bancaire, de supervision financière, de financement du développement et de gouvernance institutionnelle.
Une expérience déjà acquise au sein du groupe Vista
L'arrivée de Moumounou Gnankambary à la direction générale de Vista Bank Burkina ne constitue pas son premier contact avec le groupe bancaire. En effet, il siège depuis décembre 2016 au conseil d'administration de Vista Bank Guinée en qualité d'administrateur indépendant. Plus récemment, en juin 2026, il a intégré le conseil d'administration de Vista Assurances Niger, avant de rejoindre, en août 2026, celui de Vista Bank Tchad, également comme administrateur indépendant. Cette expérience lui confère une connaissance préalable de la gouvernance de plusieurs entités du groupe Vista, un atout potentiel pour ses nouvelles responsabilités opérationnelles au Burkina Faso.
Le nouveau directeur général a également exercé des responsabilités dans d'autres secteurs économiques. Il a notamment présidé le conseil d'administration de la Loterie nationale burkinabè (LONAB) de janvier 2020 à avril 2021, puis celui de la société minière SEMAFO Boungou SA d'août 2023 à juillet 2025. Il a aussi représenté le Burkina Faso au sein de plusieurs autres structures, dont African Risk Capacity (ARC), United Bank for Africa (UBA) Burkina et la Société burkinabè de fibres textiles (SOFITEX).
Le défi du rapprochement avec Société Générale Burkina Faso
La principale mission annoncée du nouveau directeur général concerne le processus de fusion entre Vista Bank Burkina et Société Générale Burkina Faso. Ce chantier représente un enjeu important pour l'évolution de la présence du groupe Vista sur le marché bancaire burkinabè. Dans un secteur soumis aux exigences de la réglementation bancaire régionale, une telle opération implique notamment des questions de gouvernance, d'organisation, de gestion des risques, de ressources humaines et d'intégration des systèmes d'information. Elle pose également des enjeux de continuité et de qualité des services pour les clients des établissements concernés.
À fin décembre 2024, la BCEAO recensait 16 banques et quatre établissements financiers à caractère bancaire au Burkina Faso. Vista Bank Burkina et Société Générale Burkina Faso figuraient toutes deux parmi les établissements bancaires répertoriés. Pour Moumounou Gnankambary, le défi sera donc de mobiliser son expérience de gestionnaire public, ses connaissances des institutions financières et sa familiarité avec le groupe Vista afin d'accompagner cette transformation. Les modalités précises et le calendrier du processus de fusion restent toutefois à préciser.
Un profil à la croisée des finances publiques et de la banque
Le nouveau directeur général de Vista Bank Burkina présente ainsi un profil particulier : celui d'un haut fonctionnaire des finances publiques ayant progressivement élargi son expérience à la gouvernance des banques et des entreprises. Son parcours, qui s'étend sur plus de trois décennies, l'a conduit de la Direction générale du budget aux plus hautes responsabilités du Trésor public, avant des missions de conseil et de représentation au sein d'institutions financières nationales et internationales.
Il est également titulaire de plusieurs distinctions honorifiques, dont celles de chevalier de l'Ordre national en 2009 et d'officier de l'Ordre national en 2017. Avec sa nomination à Vista Bank Burkina, Moumounou Gnankambary ouvre une nouvelle étape de sa carrière, cette fois à la tête d'un établissement bancaire. Sa capacité à conduire le rapprochement annoncé avec Société Générale Burkina Faso constituera l'un des principaux enjeux de son mandat.
Lefaso.net
La rentrée des classes s'est effectuée ce mois d'octobre au Burkina Faso. Les élèves du primaire, les lycéens et les étudiants ont repris les cours avec la fin du chevauchement des promotions à l'université. Les parents d'élèves sont heureux que leurs enfants aillent à l'école. Mais certains discours hostiles à l'école font croire à son inutilité ou à son incapacité à promouvoir l'épanouissement de la jeunesse. Le temps n'est-il pas venu de faire le point sur l'école, ses objectifs et ses valeurs ? L'école est-elle le lieu où l'on apprend à devenir riche ? Qu'est-ce que la société burkinabè cherche à transmettre, à enseigner à sa jeunesse pour l'armer à vivre dans le monde actuel et à prendre la succession des aînés ? Voulons-nous d'une école qui fasse de nos enfants de meilleures personnes, des adultes responsables qui savent prendre en charge leur vie et la société ?
Toute société a des modalités de transmission du savoir et des compétences. Dans les sociétés à tradition orale, ce sont le plus souvent les initiations des jeunes qui les préparent à la vie adulte, à la connaissance de la flore et de la faune, aux règles de la société traditionnelle comme l'intégrité. L'invention de l'écriture a entraîné la création de centres pour transmettre l'écriture et la lecture ainsi que le calcul. Les premières structures d'enseignement de l'écriture et de la lecture en Europe ont été les monastères et ensuite les écoles. Ce fut un pas de géant pour l'humanité entière.
Que de petits potaches désirant faire l'école buissonnière disent que l'école ne sert à rien est compréhensible. Que les mêmes professent que de grandes “réussites” dans le monde des affaires se sont faites sans que ces hommes achèvent leur cursus scolaire, OK. Ce n'est pas faux, et les exemples sont nombreux d'hommes d'affaires comme Bill Gates qui a quitté l'université Harvard pour lancer un business devenu une multinationale. Ce que les success stories ne disent pas, c'est qu'il n'a jamais cessé d'apprendre, de s'instruire. Mais dire à nos enfants que l'école rend bête et est inutile est l'une des plus grandes ignominies de notre temps que les réseaux sociaux permettent de propager. Quelle est la portée de tels propos ? N'est-ce pas une façon de nier le droit à l'éducation, de refuser l'école aux enfants, que seuls des fous furieux comme les terroristes font en les fermant et en tuant les enseignants ? Peut-on refuser de voir le lien entre l'absence d'instruction et la pauvreté et celle-ci avec l'insécurité ?
Plaidoyer pour l'école
Le bon sens est ce qui manque le plus aux auteurs des propos hostiles à l'école. Quand sous le président Thomas Sankara, il a été demandé aux communautés de construire des écoles et que l'État enverrait les enseignants, dans les villages sans école, l'engouement a été fort. Les populations ont construit les écoles parfois en paillotes et c'est l'État qui avait du mal à exercer sa part du contrat, si bien que les appelés du Service national populaire consacraient leur période de travail dédiée au peuple à enseigner. C'est la preuve que la plupart des paysans de notre pays qui ne savent pas lire et écrire considèrent que leurs enfants doivent accéder à la lumière du savoir et échapper à leur triste sort, de vivre dans l'obscurantisme. Louer l'école, l'éducation et les enseignants est essentiel et doit être inlassable.
C'est l'investissement le plus important pour un pays, pour des parents et pour soi-même. Un pays où la population ne cesse d'être curieuse, d'apprendre et de partager ses connaissances ne peut qu'avancer chaque jour. Avec l'école, le pays gagne en retour une amélioration de la santé, des moyens de subsistance et, à l'échelle individuelle, en faisant les bons choix de formation, on améliore ses revenus par un meilleur salaire. C'est pourquoi l'éducation fait partie des objectifs de développement durable. Nous devons soutenir l'éducation de nos enfants car ils sont l'avenir du pays et leur succès sont les fruits de notre labeur et de nos sacrifices. L'école est un outil nécessaire à leur épanouissement. Et c'est dommage que dans le monde il y ait encore 273 millions d'enfants et de jeunes non scolarisés, privés de connaissances et de compétences pour réussir dans la vie.
Le contexte international actuel fait que les États ne soutiennent plus ceux qui sont en difficulté. « Pour l'UNESCO, l'aide internationale à l'éducation va baisser de 25 % entre 2023 et 2027. Et très peu de pays accordent 4 à 6 % de leur PIB aux dépenses d'éducation. » Le Burkina Faso est dans la fourchette, mais son passif est lourd et la crise sécuritaire a annihilé certains efforts. L'Unesco préconise aussi en outre « de consacrer au moins 15 à 20 % des dépenses publiques à l'éducation pour obtenir une éducation de qualité », qui n'est pas possible sans enseignants de qualité dont la formation et la rémunération coûtent cher. Les États qui font le plus de dépenses en éducation sont parmi ceux qui ont le meilleur classement dans l'indice de développement durable. Par contre l'absence d'éducation et un mauvais système éducatif avec des abandons scolaires ont un coût économique très élevé.
L'école est un accélérateur de développement
Parce qu'on y apprend à penser. Notre monde est tel que les pays qui ont une faible surface d'esprits développés ont du mal à réussir. Ne pas avoir des enfants à l'école, c'est se priver de la contribution de certains cerveaux à son développement. Les bases de l'éducation sont l'apprentissage et la maîtrise de la lecture, de l'écriture, du calcul, de l'expression orale et écrite. Ces savoirs sont les fondamentaux qui permettent le développement du goût d'apprendre et la croissance de l'esprit critique qui individualise et autonomise les jeunes par leur capacité à penser par eux-mêmes, à argumenter et à analyser le monde. L'esprit critique est une compétence essentielle dans la résolution des problèmes.
C'est l'école qui forme les ingénieurs qui sont ceux qui résolvent les problèmes. Résoudre un problème, chercher à valider une information, est une compétence pour se rapprocher de la vérité, par la pensée logique, la capacité d'analyse. Tout cela pour mieux comprendre le monde. Qui peut nier que les conditions où l'enfant apprend à s'isoler et à réfléchir, à s'exercer ne sont pas le pli qu'il prend dans la vie face aux problèmes ? De plus l'école socialise, apprend le vivre-ensemble : avec les enfants de sa classe, les enseignants, les élèves plus âgés, il apprend à vivre dans le monde, à créer des liens, à se faire des amis, à être solidaire, à partager son goûter, etc. L'école enseigne des valeurs comme le respect, fondamental dans la vie. En apprenant à respecter les enseignants, les personnes âgées, ses camarades, les règles de vie collective, etc., c'est le citoyen qu'on forme. Une règle que l'école enseigne et qui est intuitive et/ou acquise déjà en famille est la collaboration par les exercices en groupe, les ateliers de travail où se partagent les idées et les compétences.
Dommage que l'esprit de compétition malmène parfois cette valeur. Deux valeurs que les enseignants doivent avoir sont la bienveillance et l'équité. Si l'enfant a le sentiment de l'injustice et de l'antipathie de la part de l'enseignant, il va éprouver des difficultés à se concentrer sur l'enseignement. Du côté de l'enseigné, il doit développer la valeur de l'engagement pour que l'école réussisse sa mission. L'élève doit participer à l'enseignement par ses questions, en faisant ses exercices. C'est une valeur qui est nécessaire dans le monde du travail également. L'école apprend à vivre, non pas comme une hyène qui mange des carcasses abandonnées par les lions, mais en travaillant et en vivant des fruits de celui-ci, de ses mérites. L'école est un chemin de paix et de bonheur.
Sana Guy
Lefaso.net
Le numérique burkinabè entend davantage se mettre au service du monde entrepreneurial. C'est dans cette dynamique que s'est tenue, ce lundi 19 octobre 2026, une session spéciale consacrée aux solutions numériques et aux innovations susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises. Organisée par Le Faso Digital en collaboration avec la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), cette rencontre virtuelle a réuni des professionnels du secteur, des développeurs, des porteurs de projets et des participants intéressés par les opportunités qu'offre la transformation numérique. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la deuxième édition de Le Faso Digital, dont l'objectif est de présenter une sélection de solutions concrètes susceptibles de répondre aux besoins des entreprises, tout en favorisant les échanges entre les concepteurs d'outils numériques et leurs utilisateurs potentiels.
D'entrée de jeu, le facilitateur de cette session, par ailleurs le président du jury, Roland Tougma, a précisé que plus de 208 projets ont été enregistrés pour cette deuxième édition de cette foire virtuelle. Il a également expliqué que les applications retenues ont été choisies pour leur capacité à faciliter la gestion et à renforcer la compétitivité des acteurs économiques, sans nécessairement tenir compte du classement des projets au concours. La sélection présentée au cours de cette session répondait toutefois à l'objectif qui est de mettre en avant les solutions susceptibles d'améliorer l'efficacité des entreprises.
« Pour cette deuxième édition, nous avons enregistré plus de 208 projets très intéressants et porteurs. Mais ce matin, nous nous intéressons particulièrement aux applications et aux projets qui facilitent la gestion et permettent d'améliorer la compétitivité des entreprises. Il s'agit donc d'une sélection orientée vers la productivité. Ce n'est pas un classement des solutions selon les résultats du concours, ni une manière de dire qu'un projet est meilleur qu'un autre. Nous avons simplement retenu des applications qui peuvent apporter une valeur ajoutée aux entreprises, en fonction de la thématique de cette rencontre », a-t-il précisé.
Des solutions numériques adaptées aux besoins des entreprises
Les solutions présentées couvrent plusieurs secteurs d'activité. Parmi elles, figure "SolarPro Manager", portée par DTS Consulting, qui vise à digitaliser les activités des installateurs solaires africains. La plateforme propose notamment des outils de dimensionnement, de facturation, de paiement, de gestion des stocks et de suivi de la production. Selon le présentateur, elle entend contribuer à la formalisation des Petites et moyennes entreprises (PME), tout en facilitant leur accès au financement.
Dans le domaine du transport urbain, l'application "SOTRACO digital" a été présentée comme une solution de digitalisation de l'abonnement au transport. L'outil vise à simplifier les inscriptions, à faciliter le contrôle sur le terrain et à limiter les risques de fraude. La dématérialisation doit notamment permettre de réduire les files d'attente, les manipulations d'espèces et la falsification des cartes papier, tout en favorisant un accès plus inclusif aux services.
La question de l'efficacité énergétique a également été abordée à travers "WATTIA", présentée comme une plateforme burkinabè consacrée à l'efficacité énergétique et à l'écoconstruction. L'application permet notamment d'analyser la consommation énergétique et d'orienter les choix d'équipements et de conception de bâtiments vers des solutions plus économes.
La gestion immobilière n'est pas en reste, plusieurs outils ont été mis en avant. « Je mérite ma maison » ambitionne de faciliter la mise en relation entre propriétaires et locataires sans commission, en numérisant une partie des activités traditionnellement assurées par les démarcheurs. "Zakafy", pour sa part, centralise la recherche, la publication d'annonces et la mise en contact autour de biens immobiliers à vendre ou à louer.
Une autre solution, "Napp IA Faso", se distingue par sa capacité annoncée à prévoir l'évolution des nappes phréatiques jusqu'à douze mois à l'avance, à partir de données satellitaires. Un outil qui pourrait notamment intéresser les acteurs du forage et de la gestion des ressources en eau.
Le secteur agricole n'a pas été oublié. La solution "Agripredict 5" propose des prévisions de rendement et de revenus agricoles, ainsi que des alertes climatiques destinées aux producteurs et aux institutions concernées. D'après les informations communiquées pendant la session, la plateforme s'appuie sur des modèles d'apprentissage automatique et des données couvrant plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.
La session a aussi permis de découvrir des solutions dédiées à la comptabilité, à la communication numérique, à la livraison, à la culture et au transport de voyageurs. Certaines utilisent l'intelligence artificielle pour automatiser le traitement des factures et des documents comptables, tandis que d'autres proposent des services de veille médiatique, de géolocalisation des artisans ou de valorisation du patrimoine culturel.
« La compétitivité, c'est d'abord du temps… »
Au-delà de la présentation des applications, les échanges ont permis d'aborder les conditions nécessaires pour que les entreprises tirent réellement profit de ces innovations. Dr Boukary Ouédraogo, intervenant au cours de la session, a insisté sur le fait que l'acquisition d'un outil numérique ne suffit pas, à elle seule, à rendre une entreprise plus compétitive.
« Une entreprise ne devient pas compétitive simplement parce qu'elle a acheté un outil ou parce qu'elle a fait confiance à une solution qui semble être la meilleure. Elle devient compétitive lorsqu'elle arrive à résoudre ses problèmes plus rapidement et à moindre coût que ses concurrents. Pour moi, la compétitivité, c'est d'abord une question de temps. Dans beaucoup d'entreprises, y compris au Burkina Faso, une partie importante des ressources est encore absorbée par des tâches répétitives, qu'il s'agisse de recopier des informations, de refaire des factures, d'additionner des ventes ou de rechercher des données en fin de campagne. Ces opérations prennent du temps et peuvent finir par fragiliser la confiance entre l'entreprise et ses clients, notamment lorsque les informations ou les paiements ne sont pas disponibles au bon moment », a-t-il expliqué.
Pour lui, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, notamment dans la rédaction de devis, la préparation de factures, la réponse aux clients et l'élaboration d'offres commerciales. Mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditions.
« Le premier investissement d'une entreprise ne doit pas nécessairement être le matériel, mais la formation. L'outil peut être disponible, mais si les personnes ne savent pas l'utiliser correctement, les résultats ne seront pas au rendez-vous. Il faut également adopter la bonne démarche : beaucoup commencent par chercher une solution avant même d'avoir clairement défini le problème qu'ils veulent résoudre. Or, c'est le problème qui doit nous conduire à choisir la solution adaptée. Il faut enfin tenir compte de la connectivité, du coût et surtout de la qualité des données, car aucune application ne peut donner de bons résultats si les données dont elle a besoin sont absentes ou insuffisantes », a-t-il souligné.
Pour Dr Ouédraogo, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditionsLa souveraineté numérique, un enjeu majeur pour les entreprises
Si l'intelligence artificielle constitue un levier de productivité, son utilisation soulève également des préoccupations relatives à la confidentialité des données et à la protection des innovations. C'est l'un des principaux messages développés par Mahamadi Rouamba, intervenant au nom de Ticanalyse, un bureau de conseil et d'ingénierie numérique spécialisé notamment dans la gouvernance et la sécurisation des usages de l'intelligence artificielle.
Selon lui, les entreprises doivent veiller à ne pas compromettre leurs informations stratégiques en utilisant des outils dont elles ne maîtrisent pas suffisamment le fonctionnement et la gestion des données.
« La plupart des solutions d'intelligence artificielle que nous utilisons aujourd'hui ne sont ni créées par les structures qui les utilisent ni, bien souvent, par des entreprises nationales. Lorsque vous prenez ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot, ce sont des solutions qui relèvent d'autres juridictions. Certes, elles permettent aux entreprises burkinabè de gagner en productivité, de traiter certains dossiers et d'automatiser rapidement des processus. Mais, dans le même temps, nous risquons de perdre notre patrimoine informationnel. Dans les banques, les assurances, les structures de santé et les grandes industries, des collaborateurs utilisent quotidiennement ces outils et peuvent y transférer des données qui relèvent du secret professionnel, de la propriété intellectuelle ou des mécanismes internes de production. Sans toujours en mesurer les conséquences, les entreprises peuvent ainsi exposer des informations qui constituent pourtant une source de valeur et un avantage concurrentiel », a-t-il averti.
Pour le spécialiste, la question ne concerne pas uniquement les grandes entreprises. Les PME, les administrations et les institutions doivent également se doter de mécanismes permettant d'encadrer les usages de l'intelligence artificielle.
« Nous devons aller vers un usage responsable, un usage gouverné de l'intelligence artificielle, avec des outils qui nous permettent de contrôler son fonctionnement. La productivité que nous pensons gagner grâce à ces technologies, nous pouvons finalement la perdre si nous ne protégeons pas notre patrimoine informationnel. Une entreprise peut consacrer du temps et des ressources à concevoir une solution, à élaborer une stratégie commerciale ou à développer un produit, mais si elle transmet toutes ces informations à un fournisseur extérieur sans précaution, elle risque de fragiliser sa propre compétitivité. Il y va de la capacité de nos entreprises et de notre pays à créer de la valeur sur le long terme », a-t-il déclaré.
En réponse à une question sur les moyens de concilier l'utilisation de l'intelligence artificielle et la protection des informations stratégiques, Mahamadi Rouamba a expliqué que la formation des utilisateurs, bien qu'indispensable, ne suffisait pas.
« Il est bien de former les utilisateurs et de leur donner une charte de bonne utilisation, mais il faut comprendre que l'intelligence artificielle elle-même doit être gouvernée. Vous pouvez former vos collaborateurs et leur demander de ne pas transférer des documents confidentiels. Cependant, lorsqu'un agent reçoit un rapport urgent à produire pour le lendemain matin, il peut être tenté de déposer directement un fichier dans un outil d'intelligence artificielle, sans prendre le temps d'en retirer les informations sensibles. C'est pourquoi il faut un dispositif qui permette non seulement de sensibiliser les utilisateurs, mais aussi de contrôler les outils eux-mêmes, de définir ce qu'ils peuvent faire et de veiller au respect des règles internes de l'organisation », a-t-il expliqué.
À cet effet, il a présenté "Panguin AI", une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielle. Selon lui, cette solution doit permettre aux responsables informatiques et aux équipes chargées de la sécurité de définir des règles d'utilisation, de suivre les interactions et de conserver une traçabilité des opérations.
Protéger les innovations contre les copies…
La protection du patrimoine numérique ne se limite pas aux données. Elle concerne également les noms commerciaux, les marques, les idées développées et les éléments techniques des applications. Cette problématique a été soulevée par Dr Boureima Kouanda, développeur et consultant, qui a présenté l'application "Faso Tougma", une plateforme destinée à mettre en relation les utilisateurs avec des prestataires de services. Disponible sur Play Store et Google Play, selon son promoteur, l'application permet de rechercher des artisans et des professionnels dans plusieurs domaines, notamment la plomberie, l'électricité, la vidange, les bureaux d'études, le commerce et certains services spécialisés.
Mais son intervention a surtout porté sur un témoignage des difficultés rencontrées par son équipe après la découverte d'une application portant un nom identique et présentant des similitudes importantes avec sa propre solution.
« Nous avons développé Faso Tougma après de nombreux tests et nous avons commencé à le rendre accessible au public. Mais nous avons ensuite découvert qu'une autre équipe avait présenté, dans le cadre d'un concours, une application portant exactement le même nom et reprenant, selon nos constatations, une grande partie du contenu et de la présentation de notre produit. Nous avons été surpris de constater que deux applications pouvaient être présentées pratiquement de la même manière, avec un nom identique dans sa forme et dans son écriture. Nous avons pris contact avec les personnes concernées, mais, face à la situation, nous avons finalement décidé de saisir les autorités compétentes afin que cette affaire soit examinée », a-t-il raconté.
Pour le développeur, cette expérience montre les risques auxquels les innovateurs sont exposés, particulièrement dans un contexte où les outils numériques et l'intelligence artificielle facilitent le développement rapide d'applications.
« Avant d'adopter officiellement un nom pour un produit, il est important de vérifier qu'il n'a pas déjà été protégé par un tiers dans le même domaine d'activités. Le nom constitue souvent le premier actif d'une entreprise, parce que c'est par lui que les utilisateurs reconnaissent le produit, le recherchent et en parlent. Si vous ne le protégez pas, vous risquez de vous retrouver dans des discussions difficiles pour déterminer qui est réellement propriétaire de la marque. Il faut donc prendre les dispositions nécessaires en amont, car la protection des actifs est essentielle aussi bien pour l'entreprise que pour ses consommateurs », lui a conseillé Mahamadi Rouamba.
Il a également indiqué que la protection pouvait concerner d'autres éléments, notamment le contenu, le code source et les composantes techniques d'une solution. Une vigilance particulière doit, selon lui, être accordée aux conditions de collaboration au sein des équipes de développement.
Des solutions locales pour réduire la dépendance aux logiciels importés
La session a également donné la parole à Ounteni Ouoba, ingénieur de conception en informatique et spécialiste de la digitalisation des processus métier. Il a présenté un ensemble de plateformes développées pour répondre aux besoins des entreprises, des établissements d'enseignement et des structures de santé.
Revenant sur l'origine de cette démarche, il a expliqué que son cabinet s'était engagé depuis plusieurs années dans la conception de logiciels adaptés au contexte burkinabè, avec l'ambition de limiter la dépendance aux solutions importées, parfois coûteuses et difficiles à adapter aux réalités locales.
« Depuis 2005, nous avions une idée très claire que nous ne devions plus être uniquement des importateurs de logiciels de gestion d'entreprise. Nous constations qu'il existait beaucoup de solutions, dont certaines étaient très coûteuses, et nous avons décidé de produire des logiciels conçus au Burkina Faso. Nous n'avons pas attendu qu'il y ait des marchés pour commencer à travailler. Nous avons identifié plusieurs domaines, notamment la finance, l'éducation, la santé et le commerce, dans lesquels nous pouvions développer des outils capables d'aider les entreprises et les organisations à bénéficier des avantages du numérique. Au fil des années, ces logiciels ont évolué vers des plateformes accessibles en ligne, avec l'objectif de faciliter leur utilisation, leur maintenance et leur amélioration continue », a-t-il indiqué.
Mahamadi Rouamba a présenté "Pangain AI" une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielleParmi les outils présentés figure "Warikobiz", une plateforme de gestion commerciale qui intègre notamment la facturation, la gestion des stocks, le suivi des clients, les ressources humaines, la paie et la comptabilité. Selon son promoteur, l'outil est conçu de manière modulaire, afin que chaque entreprise puisse sélectionner les fonctionnalités correspondant à ses besoins.
« Warikobiz permet de suivre les opérations commerciales, depuis la gestion des clients jusqu'à la facturation et aux stocks. La plateforme intègre également la gestion des ressources humaines et de la paie, en tenant compte des particularités du calcul des salaires au Burkina Faso. Pour la comptabilité, nous avons travaillé sur un modèle adapté au système comptable applicable dans l'espace OHADA, afin que les opérations effectuées dans les différents modules puissent alimenter automatiquement les écritures comptables. L'objectif est de faciliter le travail des entreprises, de réduire les tâches répétitives et de permettre aux professionnels de disposer plus rapidement des informations dont ils ont besoin », a expliqué Ounteni Ouoba.
L'intervenant a toutefois précisé que la génération des états fiscaux ne dispensait pas d'une vérification par un expert-comptable. Il a également indiqué que l'habilitation de la Direction générale des impôts pour la facturation électronique était encore en cours de demande.
La deuxième solution présentée, "Faso SMS", est une plateforme d'envoi de messages en masse destinée notamment à la communication des entreprises. Elle permet aux organisations de diffuser des informations à leurs clients et usagers, y compris dans des contextes où l'accès à internet n'est pas garanti.
« Nous avons conçu Faso SMS pour que les entreprises puissent communiquer facilement avec leurs clients, notamment à travers des messages d'information et d'alerte. Le numérique ne doit exclure personne. Même lorsqu'un utilisateur n'a pas accès à internet, il doit pouvoir recevoir une information importante sur son téléphone. Notre plateforme permet également à d'autres applications d'intégrer ce service grâce à une interface de programmation, afin que les entreprises puissent automatiser leurs communications », a-t-il détaillé.
Dans le secteur de l'éducation, "Kalan" propose une solution de gestion des établissements couvrant notamment les inscriptions, les paiements, les bulletins de notes, la discipline et les emplois du temps. L'outil permet aussi d'automatiser certaines communications avec les parents, notamment les rappels de paiement des frais de scolarité et les notifications d'absence des élèves.
Le cabinet a également présenté "Tocsaa", une plateforme d'évaluation à 360 degrés. Elle permet à une personne, à une entreprise ou à une organisation de recueillir des appréciations anonymes sur ses pratiques, ses produits ou ses services. Les résultats sont ensuite analysés par une intelligence artificielle configurée pour proposer des pistes d'amélioration.
« Avec Tocsaa, une entreprise peut demander à ses clients d'évaluer un produit, sa qualité, son rapport qualité-prix, son emballage ou encore les conditions de livraison. Au lieu de mobiliser des équipes sur le terrain pour recueillir toutes ces informations, elle peut diffuser un lien et recueillir les appréciations des utilisateurs. Les résultats sont ensuite analysés afin de dégager les points forts et les aspects à améliorer. C'est également un outil qui peut accompagner les ressources humaines et permettre une évaluation plus large des collaborateurs », a défendu le promoteur.
L'écosystème présenté comprend également "Digitoun", consacré notamment à l'apprentissage des langues nationales, au e-learning et à la bibliothèque numérique, ainsi qu'une plateforme de télémédecine destinée à faciliter la prise de rendez-vous et les téléconsultations.
En clôturant la session, le président du comité d'organisation, Dr Cyriaque Paré, a rappelé que cette initiative qu'est le Faso Digital s'inscrivait dans le cadre de la célébration de l'anniversaire de Lefaso.net, qui célèbre ce 19 octobre 2026 son 23ᵉ anniversaire, et qu'elle visait à mettre en lumière les innovations développées par les Burkinabè.
Il a invité les participants à consulter la plateforme Le Faso Digital pour découvrir les différentes solutions présentées et entrer directement en contact avec leurs promoteurs.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Au Burkina Faso, près de 30 millions d'abonnements mobiles sont enregistrés, mais quelque 3 514 localités restent encore privées de couverture réseau, selon les données présentées par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Entre progression de la connectivité, qualité des services, coût des communications et protection des consommateurs, le chemin vers une véritable inclusion numérique reste jalonné de défis. Ce lundi 19 octobre 2026, à l'occasion de la deuxième édition de Le Faso Digital, trois responsables de l'ARCEP ont apporté des éclairages sur ces enjeux, au cours d'une conférence consacrée au thème « Réguler pour inclure et innover dans un Burkina digital : enjeux et défis ».
Disposer d'un téléphone portable ne signifie pas nécessairement être connecté. Et avoir accès à internet ne garantit pas toujours de pouvoir en profiter dans de bonnes conditions. Entre les localités où aucun réseau n'est disponible, les difficultés de connexion, le coût des services et la maîtrise des outils numériques, les réalités vécues par les consommateurs burkinabè rappellent que l'inclusion numérique va bien au-delà du simple déploiement des infrastructures. C'est précisément cette problématique qui a nourri les échanges de la conférence animée par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), ce 19 octobre 2026, dans le cadre de la deuxième édition de la foire virtuelle Le Faso Digital. Trois intervenants ont partagé leurs analyses : Dr Serge Roland Sanou, conseiller technique du secrétaire exécutif de l'ARCEP, Serge Théophile Ouédraogo et Youssouf Maïga, tous deux de l'institution. La rencontre était modérée par le communicateur Yacouba Koussoubé.
Près de 30 millions d'abonnements mobiles, mais l'inclusion reste un défi
Pour introduire les échanges, Dr Serge Roland Sanou a choisi de dresser un état des lieux du secteur à partir des statistiques de l'Observatoire des marchés de l'ARCEP, arrêtées au deuxième trimestre 2026. Au 30 juin, le Burkina Faso enregistrait environ 30 millions d'abonnements mobiles actifs, près de 20 millions d'abonnements à l'internet mobile et quelque 14,2 millions d'abonnements à la 4G. Les abonnements à l'internet fixe s'établissaient, quant à eux, à 328 764. Ces chiffres témoignent d'une progression de la connectivité, même si le nombre d'abonnements ne correspond pas nécessairement au nombre de personnes effectivement connectées, un utilisateur pouvant disposer de plusieurs cartes SIM. Mais pour l'ARCEP, la multiplication des abonnements ne constitue pas une finalité en soi. « L'objectif que l'ARCEP recherche, ce n'est pas seulement de connecter, mais comme la thématique le dit, il s'agit également d'inclure et d'innover », a expliqué Dr Serge Roland Sanou. Le conférencier a décliné cette ambition autour de trois dimensions complémentaires. Connecter signifie étendre les réseaux haut débit à l'ensemble du territoire, notamment dans les zones blanches. Inclure suppose de rendre les services accessibles, abordables, fiables et sûrs pour chaque citoyen. Innover revient notamment à préparer l'arrivée de nouvelles technologies, dont la 5G, tout en renforçant la confiance des utilisateurs. Cette orientation s'inscrit dans le plan stratégique 2024-2028 de l'ARCEP, structuré autour de cinq axes portant notamment sur la gouvernance, la croissance des communications électroniques et des postes, la protection des consommateurs, l'innovation et la communication.
Toutefois, plusieurs contraintes continuent de peser sur le développement du secteur.
Le Burkina Faso, pays enclavé, fait notamment face à des difficultés d'accès aux infrastructures internationales de connectivité. À cela s'ajoutent les oppositions à l'implantation de certains pylônes, les inquiétudes des populations concernant les rayonnements, les actes de vandalisme et les dommages occasionnés aux installations lors des travaux de voirie. La situation sécuritaire constitue également un obstacle important au déploiement et à la maintenance des réseaux dans certaines localités. Pour Dr Sanou, ces contraintes doivent être prises en compte dans les politiques de régulation, au même titre que les évolutions technologiques liées à l'intelligence artificielle, à l'internet des objets ou encore aux connexions satellitaires.
Prix des communications : ce que l'ARCEP peut réellement imposer aux opérateurs
L'une des préoccupations majeures des consommateurs reste le coût des communications électroniques. Sur cette question, Serge Théophile Ouédraogo a tenu à clarifier le périmètre d'intervention de l'autorité de régulation. Dans sa présentation consacrée au cadre juridique et institutionnel du secteur, il a d'abord rappelé que les télécommunications constituent un marché particulier, dont le fonctionnement doit être encadré afin de garantir une concurrence saine et de préserver les intérêts des usagers. « Ce n'est pas un marché ordinaire, parce qu'il est organisé autour d'un certain nombre de règles et de principes pour éviter notamment que les plus puissants piétinent les plus faibles », a-t-il expliqué. Le dispositif juridique burkinabè repose sur plusieurs textes nationaux, mais également sur des instruments internationaux et communautaires qui ont contribué à structurer la réglementation du secteur. Ce cadre définit notamment les conditions d'accès au marché, les obligations des opérateurs, les règles d'interconnexion, la gestion des fréquences, l'identification des abonnés et les mécanismes de protection des consommateurs. Mais contrairement à une perception répandue, l'ARCEP ne dispose pas d'un pouvoir illimité sur la fixation des tarifs appliqués au grand public. « Il n'y a pas, en tout cas actuellement, une disposition qui permet à l'autorité de régulation d'agir de façon directe sur le coût », a précisé Serge Théophile Ouédraogo, en faisant référence aux services de détail.
Concrètement, l'institution ne peut pas imposer arbitrairement à un opérateur de fixer le prix d'une communication à 120 ou 125 francs CFA. En revanche, elle dispose de prérogatives lui permettant d'encadrer certains tarifs de gros pratiqués entre opérateurs, notamment pour prévenir les déséquilibres concurrentiels. Cette limitation réglementaire ne signifie cependant pas que l'ARCEP demeure inactive face aux préoccupations des consommateurs. Le conférencier a notamment rappelé une décision prise en 2023 concernant les offres permanentes et promotionnelles. Celle-ci impose aux opérateurs de débiter prioritairement les bonus accordés aux abonnés avant de toucher à leur crédit principal. Une mesure destinée à éviter que les consommateurs perdent leurs avantages promotionnels alors que leur crédit acheté a déjà été consommé. Autre avancée évoquée est l'encadrement des services à valeur ajoutée et des messages publicitaires, à travers une décision prise en 2024. Désormais, un opérateur ne peut pas abonner un client à un service à valeur ajoutée sans avoir préalablement recueilli son consentement. « L'opérateur n'a pas le droit de souscrire un client à un service à valeur ajoutée sans son consentement », a insisté Serge Théophile Ouédraogo. Le consommateur doit également disposer d'un mécanisme lui permettant de se désabonner lorsqu'il ne souhaite plus bénéficier du service concerné.
Le taux de couverture en 4G du territoire est de 52,5 % et celui de la population 67,9 %Ces dispositions illustrent le rôle de l'autorité de régulation dans la protection des droits des utilisateurs, même lorsque ses possibilités d'intervention directe sur les tarifs restent limitées par les textes en vigueur.
Plus de 3 500 zones blanches : connecter les territoires sans oublier la qualité des services
Si les chiffres globaux des abonnements traduisent une progression du secteur, ils masquent encore de fortes disparités territoriales. C'est ce qu'a mis en évidence Youssouf Maïga dans sa communication consacrée à la couverture et à la qualité des réseaux de communications électroniques. Selon les estimations présentées, la couverture du territoire national par les réseaux 2G atteint environ 64 %, contre 77 % pour la couverture de la population. Pour la 3G, ces proportions s'établissent respectivement à 60 % et 74 %.
Quant à la 4G, elle couvre environ 63 % du territoire et 68 % de la population. Ces écarts montrent que les réseaux sont davantage déployés dans les zones à forte concentration humaine, tandis que certaines localités rurales demeurent moins bien desservies. L'ampleur du défi apparaît plus clairement à travers les données relatives aux zones blanches, ces localités où aucun opérateur de télécommunications n'est présent. D'après les travaux d'identification présentés par l'ARCEP, le Burkina Faso compte environ 3 514 zones blanches, représentant près de 40 % des localités du pays et concernant approximativement 4,7 millions d'habitants. Près de la moitié de ces zones se concentrent dans cinq régions, notamment le Kulsé, le Yaadga, le Liptako et le Djôrô.
La connectivité fixe présente également des disparités. Selon Youssouf Maïga, les réseaux concernés sont déployés dans environ 35 localités, dont 26 urbaines et neuf rurales. Mais l'accès au réseau ne suffit pas à garantir l'inclusion numérique. « Il faut que le réseau soit disponible à tout point du territoire », a rappelé le conférencier, avant d'insister sur la nécessité d'assurer des services fiables, à des prix accessibles et à travers des équipements adaptés aux besoins des utilisateurs. La question des compétences numériques constitue également un facteur déterminant. Une personne peut disposer d'un smartphone et d'une connexion internet sans nécessairement posséder les connaissances requises pour accéder efficacement aux services administratifs ou aux ressources disponibles en ligne.
Youssouf Maïga a par ailleurs expliqué les différentes approches utilisées pour évaluer la qualité des communications électroniques. Il a distingué la performance du réseau, mesurée à partir des données techniques des opérateurs, la qualité de service, appréciée notamment à travers les appels, les débits de téléchargement ou les délais de transmission, et la qualité d'expérience, qui renvoie à la perception réelle des utilisateurs. Pour apprécier ces performances, l'ARCEP mène régulièrement des campagnes de contrôle sur les réseaux des opérateurs. Les données présentées au cours de la conférence font notamment état de quatre campagnes de mesure ayant concerné 91 zones, parmi lesquelles 33 localités urbaines et 42 localités rurales. Plus de 111 000 tests d'appels vocaux ont été réalisés sur les trois réseaux.
Au terme des trois communications, il ressort essentiellement que la transformation numérique du Burkina Faso ne peut être appréciée uniquement à travers le nombre de cartes SIM en circulation ou la progression des abonnements internet. Elle doit également se traduire par une réduction des disparités entre les territoires, une meilleure protection des consommateurs, une qualité de service satisfaisante et des conditions d'accès qui permettent au plus grand nombre de profiter des possibilités offertes par les technologies numériques.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
L'intelligence artificielle fascine autant qu'elle interroge. Derrière les réponses instantanées de ChatGPT et des autres outils génératifs se cachent des mécanismes complexes, mais aussi des enjeux de fiabilité, de sécurité et de souveraineté numérique. Le dimanche 18 octobre 2026, à l'occasion de la deuxième édition de la foire virtuelle Le Faso Digital, les Dr Boukary Ouédraogo et Wendkuuni Moïse Convolbo ont entrepris de démystifier cette technologie. Une conférence qui a permis de comprendre son fonctionnement, ses limites et surtout les possibilités qui s'offrent au Burkina Faso pour développer une intelligence artificielle adaptée à ses propres réalités.
L'intelligence artificielle peut rédiger un texte, produire une image, traduire un document ou encore analyser une quantité impressionnante de données en quelques secondes. Mais que se passe-t-il réellement entre la question posée par un utilisateur et la réponse qui apparaît sur son écran ? Peut-on faire confiance à toutes les informations qu'elle génère ? Et surtout, comment un pays comme le Burkina Faso peut-il s'approprier cette technologie sans dépendre entièrement de solutions conçues ailleurs ? C'est autour de ces interrogations que s'est articulée la première conférence de la deuxième journée de Le Faso Digital, organisée par Lefaso.net. Placée sous le thème « Comprendre l'IA pour mieux la maîtriser », elle a réuni deux spécialistes burkinabè aux parcours internationaux : Dr Boukary Ouédraogo, expert en transformation numérique et fondateur de SYSTINFO, et Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, dirigeant dans le domaine des données et de l'intelligence artificielle, chercheur et inventeur de brevets en IA.
La rencontre, modérée par Rasmata Compaoré/Tiendrébéogo, experte senior en infrastructures numériques et conseillère technique à l'Agence nationale de promotion des technologies de l'information et de la communication (ANPTIC), s'inscrit dans les activités de cette foire virtuelle des solutions digitales, prévue du 17 au 24 octobre 2026.
Loin de se limiter à une présentation des prouesses technologiques, les échanges ont permis de regarder derrière les apparences d'une intelligence artificielle qui semble parfois tout savoir, tout comprendre et tout pouvoir.
Derrière les réponses de l'IA, une mécanique de chiffres et de probabilités
Pour Dr Boukary Ouédraogo, comprendre l'intelligence artificielle suppose d'abord de se défaire d'une idée largement répandue : celle d'une machine qui réfléchirait et conserverait les connaissances à la manière d'un être humain. Médecin de formation, titulaire d'un doctorat en informatique appliquée à la santé et fort de plus de quinze années d'expertise internationale, le conférencier a choisi de partir du fonctionnement interne des grands modèles de langage, communément appelés LLM. À travers des illustrations, il a expliqué comment ces systèmes reposent sur des modèles mathématiques, des paramètres numériques et des connexions qui permettent de traiter les informations reçues et de générer des réponses. Pour rendre cette mécanique plus accessible, il a établi une analogie avec le cerveau humain, notamment les connexions entre les neurones et les synapses. « Un trait épais, c'est une connexion forte et le signal passe entre les différentes informations qui sont dans le tableau », a-t-il expliqué, en commentant une représentation des connexions utilisées par un modèle.
À l'image des associations qui s'opèrent dans le cerveau, les modèles d'intelligence artificielle établissent des relations mathématiques entre différentes informations. Ces relations interviennent notamment dans la prédiction des éléments susceptibles de constituer une réponse cohérente. « Ce sont des modèles mathématiques qui ont été intégrés à l'intérieur », a insisté Dr Ouédraogo.
Ainsi, lorsqu'un utilisateur demande à une IA de générer l'image d'un chat, le système ne se contente pas de ressortir une photographie préalablement enregistrée. Il mobilise des représentations numériques apprises au cours de son entraînement pour produire une nouvelle image correspondant à la demande. Cette mécanique explique notamment pourquoi deux utilisateurs formulant une demande similaire peuvent obtenir des résultats différents. Le spécialiste s'est également attardé sur ce qu'il appelle la « boîte noire » de l'intelligence artificielle. Si les chercheurs connaissent les architectures et les opérations mathématiques utilisées par ces systèmes, l'interprétation détaillée de certains mécanismes internes demeure un important sujet de recherche. Il a notamment évoqué des travaux publiés en 2025 par Anthropic, consacrés à une meilleure compréhension des mécanismes internes des modèles de langage. Mais cette complexité ne doit pas conduire les utilisateurs à considérer les réponses de l'IA comme des vérités absolues.
« L'IA produit le plausible, pas forcément le vrai. »
Cette affirmation constitue l'un des principaux messages de son intervention. Une réponse peut être parfaitement structurée, convaincante et formulée dans un langage naturel, tout en contenant des erreurs. Le conférencier a ainsi attiré l'attention sur les hallucinations, ces situations dans lesquelles un modèle génère des informations inexactes ou inventées. D'où l'importance de savoir formuler ses demandes, autrement dit de maîtriser le “prompting”. Fournir des données sources, préciser le contexte, définir clairement le résultat attendu et exiger des références sont autant de précautions permettant d'améliorer la pertinence des réponses. Pour Dr Ouédraogo, il ne suffit donc pas de savoir interroger une intelligence artificielle. Encore faut-il comprendre ses limites pour conserver son esprit critique face aux résultats proposés.
La modératrice a planté le décor en parlant de la place de l'Afrique dans l'utilisation de l'IAÀ lire : Inclusion numérique au Burkina : Issifou Sorgho appelle à des solutions accessibles à tous
Au-delà de son fonctionnement technique, la conférence a soulevé une problématique particulièrement importante pour les pays africains : celle de leur représentativité dans les modèles d'intelligence artificielle. Dr Boukary Ouédraogo a notamment expliqué le principe de la tokenisation, un procédé qui consiste à découper les textes en unités appelées tokens ou jetons, avant leur traitement par les modèles. Ce mécanisme, qui peut paraître anodin pour un utilisateur ordinaire, a pourtant des implications concrètes. Selon les langues utilisées et la manière dont les modèles ont été conçus, un même contenu peut nécessiter un nombre différent de jetons. Les langues peu représentées dans les données d'entraînement peuvent ainsi rencontrer des difficultés supplémentaires de traitement, de coût ou de qualité des résultats. Pour les langues nationales burkinabè, cette réalité pose la question de leur place dans les technologies émergentes. Comment permettre à une intelligence artificielle de comprendre correctement des expressions en mooré, en dioula ou dans d'autres langues locales ? Comment préserver les nuances culturelles, les significations propres à certains mots et les particularités des contextes africains ?
Ces interrogations ont trouvé un prolongement dans la communication du Dr Wendkuuni Moïse Convolbo. Du Burkina Faso à Taïwan, puis au Japon, le parcours de ce chercheur illustre la présence des compétences burkinabè dans les espaces internationaux de recherche et d'innovation technologique. Son intervention a notamment porté sur la nécessité d'adapter les modèles d'intelligence artificielle aux réalités locales, plutôt que de se contenter d'utiliser des outils entraînés principalement sur des données produites dans d'autres contextes. Il a d'abord attiré l'attention sur les risques liés à l'accumulation des erreurs dans les systèmes automatisés. Pour illustrer son propos, il a pris l'exemple théorique d'un modèle dont chaque opération serait correcte à 95 %. Lorsque plusieurs opérations successives dépendent les unes des autres, les erreurs peuvent s'accumuler et réduire considérablement la fiabilité du résultat final. « Imaginez alors que pour faire des modèles, c'est des milliards de fois », a-t-il lancé, pour souligner l'importance de comprendre les mécanismes de production des résultats.
Face à ces limites, le chercheur a présenté plusieurs pistes permettant aux pays africains de construire progressivement des solutions adaptées à leurs besoins. La première consiste à utiliser des modèles existants en les connectant à des bases documentaires locales. Une organisation pourrait, par exemple, constituer son propre répertoire de données et demander à l'intelligence artificielle de produire ses réponses à partir de ces seules ressources. La deuxième possibilité repose sur l'utilisation de modèles ouverts, dont certains peuvent être adaptés ou réentraînés à partir de données spécifiques. « On n'est pas obligé de repartir à partir de zéro complètement. On peut commencer à partir des modèles qui sont ouverts », a expliqué Dr Convolbo. Cette approche permettrait notamment d'intégrer progressivement des contenus propres au Burkina Faso, qu'il s'agisse de documents institutionnels, de connaissances scientifiques, de données professionnelles ou de ressources linguistiques.
« L'IA produit le plausible, pas forcément le vrai », a indiqué Dr Boukary OuédraogoMais cette ambition nécessite des investissements car le chercheur a évoqué le coût élevé des infrastructures informatiques, particulièrement des processeurs graphiques utilisés pour entraîner les modèles. Il a également insisté sur la nécessité de disposer de données numérisées, organisées et représentatives des réalités que l'on souhaite intégrer. La question ne se résume donc pas à l'acquisition d'équipements technologiques. « Ça demande de l'expertise, ça demande aussi que nos données soient numérisées et ça demande aussi à ce que nous sachions quelles sont les valeurs que nous voulons mettre », a-t-il souligné. Autrement dit, développer une intelligence artificielle adaptée au Burkina Faso suppose aussi de valoriser les compétences nationales, de structurer les connaissances disponibles et de définir les usages que le pays souhaite promouvoir. Dr Boukary Ouédraogo a, pour sa part, rappelé qu'il existe des modèles pouvant être téléchargés et installés sur des ordinateurs ou des infrastructures dédiées. Certains peuvent fonctionner localement, sans connexion permanente à Internet. Une possibilité qui ouvre des perspectives intéressantes pour les organisations désireuses de disposer d'un meilleur contrôle sur leurs outils et leurs données.
Au-delà du stockage des données, penser la souveraineté de l'intelligence artificielle
La dernière dimension majeure de cette conférence a porté sur la souveraineté numérique. Pour Dr Moïse Convolbo, les États doivent désormais élargir leur réflexion. Il ne suffit plus de se demander où sont hébergées les données nationales. Il faut également s'intéresser aux technologies capables d'y accéder, de les traiter et d'exécuter des actions de manière automatisée.
« On a connu la souveraineté des données. Maintenant, nous sommes dans la souveraineté dans l'IA », a-t-il déclaré. Cette distinction prend une importance particulière avec le développement de l'intelligence artificielle agentique, dont les systèmes peuvent accomplir des tâches et enchaîner certaines actions avec un degré variable d'autonomie. Le chercheur a évoqué, à titre d'illustration, un incident de cybersécurité qu'il a présenté comme impliquant un système d'intelligence artificielle et des infrastructures gouvernementales australiennes. À travers cet exemple, son propos visait à montrer que la localisation physique des données ne constitue pas, à elle seule, une garantie suffisante de sécurité.
Selon Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, avoir nos données en local ne suffit pas, il faut aussi disposer de technologies qui permettent de les protéger.Une organisation peut héberger ses informations sur son propre territoire tout en demeurant exposée à des risques liés aux systèmes extérieurs auxquels elle accorde des autorisations d'accès. Pour les institutions publiques comme pour les entreprises privées, la réflexion doit donc intégrer la surveillance des accès, la détection des comportements anormaux, la maîtrise des outils utilisés et la capacité à réagir en cas d'incident. « Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses que nous devons encore faire, avoir notre propre LLM, avoir nos données en local, mais surtout cette couche de technologie qui permet de nous protéger », a insisté Dr Convolbo. Il a également plaidé pour une gouvernance forte de l'intelligence artificielle, associant les compétences techniques à une véritable supervision humaine. L'objectif est notamment de pouvoir évaluer localement les performances des modèles, identifier les erreurs, corriger les informations mal représentées et contrôler les données utilisées pour leur adaptation. Cette responsabilité ne concerne cependant pas uniquement les gouvernements. À l'endroit des citoyens et des professionnels, le chercheur a formulé deux recommandations essentielles : vérifier systématiquement les informations produites par l'intelligence artificielle et éviter de transmettre des données confidentielles à des modèles extérieurs dont les conditions d'utilisation ne sont pas suffisamment maîtrisées.
Pour les entreprises et les organisations, il préconise de commencer par développer des usages reposant sur leurs propres ressources documentaires et des environnements techniques adaptés à leurs exigences de sécurité. Quant aux États, ils sont invités à intégrer pleinement l'intelligence artificielle dans leurs stratégies de souveraineté numérique.
Revenant sur les deux communications, la modératrice Rasmata Compaoré/Tiendrébéogo a salué la richesse des enseignements partagés. Elle a notamment relevé l'intérêt de cette démarche qui a permis de retracer l'évolution des technologies, d'expliquer les mécanismes internes des modèles de langage et d'aborder les défis liés à leur appropriation. Elle a également insisté sur la nécessité de prendre en compte les langues nationales, l'expertise locale et les enjeux de souveraineté dans les réflexions sur l'avenir de l'intelligence artificielle en Afrique.
La conférence s'est poursuivie par une invitation adressée aux participants à soumettre leurs préoccupations aux deux spécialistes. Dr Convolbo a, par ailleurs, partagé un fichier technique destiné aux personnes souhaitant expérimenter l'installation d'un modèle d'intelligence artificielle en local.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Comment favoriser l'adoption des paiements numériques par les commerçants et les PME ? Ce lundi 19 octobre 2026, Noella Badoh Kinda, de Wave Burkina Faso, a partagé l'expérience de l'entreprise et abordé les enjeux et opportunités du paiement digital, lors d'une conférence de Le Faso Digital 2026, modérée par Yéri Dorothée Sib. Vous avez manqué ce rendez-vous ? Retrouvez l'intégralité des La deuxième édition de la foire virtuelle des solutions numériques, Le Faso Digital, a accueilli, ce lundi 19 octobre 2026, une conférence en ligne sur l'adoption du paiement digital par les commerçants et les petites et moyennes entreprises (PME). À travers l'expérience de Wave, les échanges ont mis en lumière les avantages des transactions numériques, les obstacles à leur adoption et les moyens de renforcer la confiance des acteurs économiques.
échanges en vidéo sur Lefaso.net !
« Du cash au paiement digital : comment accélérer l'adoption chez les commerçants et les PME ? L'expérience de Wave ». C'est autour de cette problématique que s'est tenue, la conférence en ligne animée par Yéri Dorothée Sib, consultante en communication et marketing digital, avec la participation de Noella Badoh Kinda, directrice du développement commercial de Wave Mobile Money à Ouagadougou.
Inscrite dans le programme de la deuxième édition de Lefaso Digital, la foire virtuelle des solutions numériques portée par lefaso.net, cette rencontre a permis d'examiner les défis liés à la transition des paiements en espèces vers les solutions numériques, notamment dans les marchés, les boutiques et les petites entreprises.
Pour Noella Badoh Kinda, le maintien du cash dans les échanges commerciaux s'explique notamment par les habitudes des populations et la place qu'occupe l'argent liquide dans les activités quotidiennes. Toutefois, son utilisation comporte des contraintes souvent sous-estimées par les commerçants.
Elle a notamment évoqué les risques de vol, la circulation de faux billets, les erreurs de comptage et les difficultés à obtenir de la monnaie. À ces contraintes s'ajoutent le temps consacré au comptage des recettes et les déplacements nécessaires pour sécuriser ou déposer les fonds. Selon elle, l'absence de traces précises des transactions peut également compliquer le suivi des ventes, des revenus et des bénéfices.
Face à ces difficultés, le paiement digital apparaît comme une alternative susceptible de faciliter les opérations commerciales, de limiter certaines pertes et d'améliorer la gestion des recettes.
Des solutions adaptées aux besoins des PME
Au cours de la conférence, la représentante de Wave a présenté les solutions développées par l'entreprise pour répondre aux besoins des particuliers et des professionnels. Au Burkina Faso, Wave Business propose notamment des services de paiements de masse et de collecte de fonds.
Noella Liliane Jessica Kinda, directrice du développement commercial de Wave Mobile Money à Ouagadougou, a présenté les solutions de paiement digital proposées par l'entreprise aux commerçants et aux petites et moyennes entreprises.Les paiements de masse permettent à une entreprise d'effectuer plusieurs transferts en une seule opération. Cette fonctionnalité peut notamment servir à payer les salaires des employés ou à rémunérer plusieurs partenaires commerciaux sans avoir à transporter d'importantes sommes en espèces. Selon Noella Badoh Kinda, les bénéficiaires reçoivent les fonds sans frais, le coût du transfert étant supporté par l'entreprise émettrice.
La collecte de fonds, quant à elle, peut faciliter la centralisation des recettes provenant de plusieurs points de vente. Pour une entreprise disposant de différentes boutiques ou succursales, cette solution permet de transférer les fonds vers un compte principal, tout en limitant les déplacements et les interruptions d'activité.
L'utilisation de ces outils peut ainsi contribuer à un meilleur suivi des transactions et à une organisation plus efficace de la trésorerie. Elle offre également aux entreprises un historique de leurs opérations, susceptible de faciliter la lecture de leur activité financière.
Pour accéder à Wave Business, les commerçants et les PME doivent disposer des documents nécessaires à l'identification de leur activité. Wave leur propose ensuite une formation à l'utilisation de l'application, avec un accompagnement qui peut se faire en ligne ou en présentiel.
La confiance, un levier essentiel de l'adoption
Malgré les possibilités offertes par les paiements numériques, leur adoption reste confrontée à plusieurs obstacles. La confiance, les habitudes liées à l'argent liquide et la maîtrise des outils technologiques figurent parmi les principaux défis identifiés par la directrice du développement commercial de Wave.
Dorothée Sib, consultant en communication et marketing digital, a assuré la modération de la conférence consacrée à l'expérience de Wave dans la transition du cash vers le paiement digital.Pour les surmonter, elle a insisté sur la nécessité d'accompagner les commerçants dans la durée, de leur expliquer clairement le fonctionnement des solutions proposées et de leur présenter les coûts de manière transparente. La formation et la proximité avec les utilisateurs occupent, à cet égard, une place importante dans la démarche de l'entreprise.
« La digitalisation, ça ne se vend pas. En réalité, il faut répondre à un besoin », a-t-elle souligné au cours des échanges.
L'objectif est donc de démontrer concrètement aux commerçants l'intérêt de ces outils, plutôt que de chercher à leur imposer un changement de pratiques. La simplicité d'utilisation constitue également un facteur déterminant. La représentante de Wave a notamment mis en avant le paiement par QR code, qui permet d'effectuer une transaction en quelques étapes, ainsi que la disponibilité d'une carte Wave pour les personnes qui ne disposent pas de smartphone.
Elle a par ailleurs indiqué que Wave s'appuie sur un réseau de plus de 10 000 agents au Burkina Faso, ainsi que sur une vingtaine d'agences propres, afin de faciliter les dépôts, les retraits et l'accès aux services. La disponibilité des fonds demeure, selon elle, une préoccupation majeure pour les commerçants qui souhaitent pouvoir récupérer leur argent au besoin.
Les solutions de Wave Mobile Money pour les Petites et moyennes entreprises (PME), entre autres les transferts internationaux, les paiements en masse et la collecte des recettes auprès des agents du réseau.Le paiement marchand attendu au Burkina Faso
Les échanges avec les participants ont également porté sur la disponibilité du paiement marchand de Wave au Burkina Faso. Interrogée sur le calendrier de son déploiement, Noella Badoh Kinda a indiqué que l'entreprise y travaillait et que la question faisait l'objet d'une attention particulière.
Elle n'a toutefois pas communiqué de date précise de lancement. Elle a assuré que Wave entend proposer cette solution (déjà disponible sur d'autres marchés, notamment au Sénégal, en Côte d'Ivoire, en Gambie et au Mali) aux commerçants burkinabè.
Au-delà des opérateurs de paiement, l'adoption du numérique nécessite également l'implication des banques, des régulateurs, des pouvoirs publics et des grandes enseignes commerciales. Pour la représentante de Wave, l'utilisation des paiements digitaux par les services publics et les grandes entreprises peut contribuer à rassurer les consommateurs et à encourager les petites structures à leur emboîter le pas.
Wave entend lever les obstacles à l'adoption du paiement digital par les commerçants, en répondant à leurs préoccupations liées au coût, à la simplicité d'utilisation, à la sécurité des transactions et à l'accès à leurs fonds.Elle a également relevé l'importance de la traçabilité des opérations dans les relations avec les institutions financières. Un historique de transactions peut notamment aider une entreprise à mieux documenter son activité lorsqu'elle sollicite un accompagnement financier, même si l'accès au crédit dépend de plusieurs autres critères.
En conclusion, Noella Badoh Kinda a invité les consommateurs à utiliser davantage les moyens de paiement numériques disponibles. Selon elle, la demande des clients peut inciter progressivement les commerçants à proposer ces solutions. L'adoption repose ainsi sur une dynamique entre l'offre des entreprises et les habitudes des consommateurs.
La conférence a permis de rappeler que la transition vers le paiement digital ne se limite pas à la mise à disposition d'une application. Elle suppose également un travail de sensibilisation, de formation, de sécurisation des transactions et d'adaptation aux réalités des commerçants.
La deuxième édition de Lefaso Digital se tient du 17 au 24 octobre 2026, entièrement en ligne, sous le thème « Inclusion, souveraineté, innovation : vers un Burkina digital pour tous ». À travers ses conférences et ses échanges, cette foire virtuelle entend contribuer à la réflexion sur les usages du numérique et les conditions de son appropriation par les acteurs économiques et les populations.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
En mai 2019, le Conseil régional de l'épargne publique et des marchés (CREMPF) de l'UEMOA a interpellé certaines sociétés de droit burkinabè qui exerçaient des activités de trading sur la légalité desdites activités, en invitant les personnes cocontractantes de ces sociétés à beaucoup de précautions, notamment sur la récurrence des offres de placement aux promesses de rendements élevés qui pourraient laisser entrevoir des promesses mirobolantes (communiqué du Parquet du TGI/Ouaga I).
Fin 2019, l'affaire, dite « sociétés de trading » au Burkina, éclate et est portée devant la justice, suite à l'interpellation de ces sociétés de suspendre les collectes de fonds auprès des citoyens contre des promesses d'intérêts au-dessus de 50%. La justice commandite une enquête, pour juger de la solvabilité desdites sociétés. Le rapport de ladite enquête, relayé par notre confrère L'économiste du Faso, repris par Lefaso.net, a montré que la plupart des sociétés sont déficitaires.
Depuis lors, plus de 1 000 personnes attendent un dénouement, avec à l'espoir de recouvrer les sommes qu'elles y ont injecté, estimées à plusieurs milliards de francs CFA. Ce lundi 19 octobre 2026, plusieurs dizaines de ces ‘'victimes'' étaient mobilisées au Tribunal de grande instance Ouaga I (TGI/Ouaga I), où le dossier était inscrit au rôle de la première session de l'année judiciaire 2026-2027 du pôle judiciaire spécialisé dans la répression des infrastructures économiques et financières et de la criminalité organisée (pôle ECOFI). Appelé à l'ouverture de l'audience, le dossier a été, après échanges entre le tribunal et les parties, renvoyé au 20 novembre 2026, « pour permettre aux parties (conseils des prévenus et conseils des victimes) de s'organiser ».
Selon des conseils, les intéressés n'ont eu l'information du passage du dossier, qu'au cours du week-end, à travers Facebook. « Beaucoup n'ont pas les pièces du dossier, donc tout le monde a besoin de temps pour permettre aux parties de s'organiser », a-t-on noté des motifs, auxquels le tribunal a accédé, renvoyant le dossier au 20 novembre 2026.
Pour davantage comprendre cette affaire, lire liens ci-après :
Lefaso.net
Un homme de 26 ans, récemment sorti de prison, est soupçonné d'avoir volé un véhicule à Bobo-Dioulasso avant de réclamer 380 000 FCFA à son propriétaire en échange d'informations permettant de le retrouver. Il a été interpellé le 12 octobre 2026 par les éléments de la Brigade de recherches et d'intervention du Commissariat central de police de la ville.
Le Commissariat central de police de Bobo-Dioulasso a animé, dans l'après-midi de ce lundi 19 octobre 2026, un point de presse consacré à des faits de criminalité enregistrés dans la ville. À cette occasion, le commissaire central de police, Soumaïla Nombré, a présenté une affaire de vol de véhicule impliquant un homme de 26 ans, interpellé le 12 octobre dernier par les éléments de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI). Selon les explications fournies par la Police nationale, les faits remontent au 11 octobre 2026. Aux environs de 21 heures, le propriétaire d'un véhicule de marque Mercedes 190 a signalé sa disparition au secteur n°4 de Bobo-Dioulasso. Aussitôt alertés, les enquêteurs ont engagé des investigations afin d'identifier et d'interpeller le ou les auteurs présumés.
Les premiers éléments de l'enquête révèlent que le suspect, identifié par les initiales S.J., aurait aperçu le véhicule stationné au bord de la voie, à proximité d'un débit de boissons dans le quartier Koko. Constatant qu'une portière était mal fermée, il aurait décidé de s'en emparer. Pour parvenir à ses fins, il se serait rendu dans un garage situé à proximité, où il aurait dérobé une clé de véhicule avant de revenir démarrer la Mercedes et de quitter les lieux. Après le vol, le présumé auteur aurait dissimulé le véhicule au secteur n°16, dans le quartier Saint-Etienne, afin d'échapper aux recherches.
380 000 FCFA réclamés au propriétaire
L'affaire prend une autre tournure le lendemain. D'après la Police nationale, le suspect se serait rendu dans une boutique de téléphonie mobile pour acquérir une carte SIM, en utilisant une Carte nationale d'identité burkinabè (CNIB) appartenant à une tierce personne et dérobée quelques jours auparavant.
Il aurait ensuite contacté le propriétaire du véhicule pour lui réclamer la somme de 380 000 FCFA en échange de renseignements susceptibles de lui permettre de retrouver son bien. Le présumé auteur aurait assorti sa demande d'un ultimatum de trois heures. Il aurait obtenu le numéro de téléphone de la victime grâce à un carnet d'épargne retrouvé dans le véhicule. Les informations communiquées aux enquêteurs ont permis de remonter jusqu'au numéro utilisé pour contacter la victime. Une réquisition adressée à l'opérateur de téléphonie mobile a notamment contribué à l'identification du suspect.
Les journalistes présents à la conférence de presseLes enquêteurs ont alors élaboré une stratégie qui a conduit ce dernier à se présenter physiquement sur les lieux où il a été interpellé le 12 octobre 2026, aux environs de 17 heures. D'abord, il aurait tenté de nier son implication, affirmant avoir été envoyé par un inconnu pour déposer le carnet. Confronté aux éléments recueillis, il aurait finalement reconnu les faits, selon les explications de la Police nationale. Le propriétaire de la CNIB utilisée pour obtenir la carte SIM a également été interpellé dans le cadre des investigations. Il a toutefois été remis en liberté après que les enquêteurs ont établi, selon le commissaire central, qu'il n'était pas impliqué dans le vol.
Un récidiviste présumé qui sortait de prison
Selon la Police nationale, le mis en cause est un ancien apprenti mécanicien automobile. Il aurait mis à profit ses connaissances en mécanique pour s'emparer du véhicule, qu'il aurait ensuite conduit sans permis de conduire. Le commissaire central a également indiqué que le suspect venait de sortir de la Maison d'arrêt et de correction de Diébougou. Les enquêteurs ont saisi une Mercedes 190, un téléphone portable contenant la carte SIM utilisée pour contacter la victime ainsi que la CNIB ayant servi à l'acquisition de cette puce.
Le présumé auteur devra être présenté au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits qui lui sont reprochés, notamment le vol de véhicule, la conduite sans permis de conduire et l'usage frauduleux de l'identité d'autrui.
Interrogé sur les peines encourues, le commissaire central a indiqué que le vol de véhicule est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, assortie éventuellement d'amendes. Il a précisé que la situation de récidive présumée pourrait être prise en compte par la juridiction compétente, qui appréciera également les éventuelles conséquences d'une précédente condamnation assortie d'un sursis.
La police appelle à davantage de vigilance
Au-delà de cette affaire, la police nationale met en garde contre les vols commis dans les véhicules stationnés. Selon le commissaire central, les services de police reçoivent régulièrement des plaintes relatives à la disparition d'objets de valeur, parfois après le bris des vitres des véhicules. Des ordinateurs, des armes et d'autres biens peuvent ainsi être dérobés. Il recommande aux automobilistes de vérifier systématiquement la fermeture des portières, de sécuriser les dispositifs de démarrage et d'activer les alarmes lorsque les véhicules en sont équipés. Il les invite également à éviter les stationnements dans des endroits isolés et à privilégier les lieux éclairés ou surveillés.
La police nationale met en garde contre les vols commis dans les véhicules stationnésPour Soumaïla Nombré, la vigilance individuelle doit s'accompagner d'une solidarité entre citoyens. La surveillance mutuelle des véhicules, notamment dans les parkings et entre riverains, peut contribuer à prévenir certains actes de délinquance. La police nationale invite enfin les populations à signaler tout fait suspect en composant le 17 pour la police nationale, le 16 pour la gendarmerie nationale et le 1010 pour le Centre national de veille et d'alerte (CNVA).
Romuald Dofini
Lefaso.net
La Brigade régionale de protection de l'enfance (BRPE) du Guiriko a présenté, ce lundi 19 octobre 2026, les résultats d'une enquête portant sur des faits présumés d'enlèvement et de traite de trois mineurs conduits sur un site d'orpaillage dans un pays voisin. L'un d'eux, âgé de 13 ans, y a perdu la vie. Le principal suspect, un orpailleur domicilié à Bama, a été interpellé le 11 octobre, tandis qu'un présumé complice est toujours recherché.
Un départ qui vire au drame. Trois enfants, âgés de 13 à 14 ans, auraient été recrutés et conduits sur un site d'orpaillage à l'étranger, à l'insu de leurs parents. L'expédition s'est soldée par le décès de l'un d'eux, tandis que les deux autres ont pu regagner Bobo-Dioulasso. C'est le bilan d'une enquête menée par la Brigade régionale de protection de l'enfance du Guiriko, présentée à la presse ce lundi 19 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso. Cette conférence de presse est organisée conjointement avec le commissariat central de police de Bobo-Dioulasso.
Selon les explications du commissaire principal de police Boukary Sawadogo, chef de la BRPE du Guiriko, les faits ont été portés à la connaissance de ses services le 6 octobre 2026, à la suite d'une plainte déposée par trois pères de famille. Ceux-ci avaient perdu la trace de leurs enfants et entrepris des recherches qui n'avaient pas permis de les retrouver.
Les parents auraient ensuite appris que leurs enfants avaient été recrutés et conduits dans un pays voisin pour travailler sur un site d'orpaillage, sans leur consentement. D'après leurs déclarations, lorsqu'ils ont contacté le présumé recruteur pour obtenir le retour des enfants, celui-ci leur aurait répondu qu'il était déjà allé trop loin pour revenir avec eux. Le 5 octobre 2026, les familles auraient reçu un appel téléphonique leur annonçant le décès de l'un des trois enfants, identifié par les initiales B. A. F., âgé de 13 ans. Elles ont alors saisi la BRPE afin que les circonstances de cette affaire soient élucidées et que les deux autres enfants puissent être ramenés au Burkina Faso.
Un suspect interpellé à son retour à Bobo-Dioulasso
Informé de la situation, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a été saisi et une enquête a été ouverte. Au regard du caractère transnational des faits, les enquêteurs ont élaboré une stratégie avec la collaboration des parents pour obtenir le retour des enfants et interpeller le principal suspect.
Une vue des participants à la conférence de presseLe 11 octobre 2026, au retour de celui-ci à Bobo-Dioulasso avec les deux enfants survivants, les policiers l'ont interpellé à la gare. Le suspect, identifié sous les initiales S. S., est présenté comme un orpailleur domicilié à Bama. Au cours de son interrogatoire, il aurait reconnu les faits d'enlèvement et de traite aggravée de personnes, selon le commissaire principal Boukary Sawadogo. D'après les éléments de l'enquête présentés à la presse, le mis en cause aurait exprimé à un ami, identifié sous le nom d'emprunt Isaac, son besoin de recruter des enfants pour les faire travailler sur son site d'orpaillage à l'étranger. De retour à Bobo-Dioulasso, cet ami aurait recherché les trois mineurs avant de les conduire à Bama, où ils auraient séjourné pendant trois jours.
Ils auraient ensuite été embarqués dans un véhicule de transport en commun à destination d'un pays voisin. Une fois sur place, les enfants auraient été mis au travail. Après environ deux semaines, l'un d'eux serait tombé malade. Le suspect l'aurait conduit dans un dispensaire, avant qu'il ne soit référé à un autre centre de santé en raison de la gravité de son état. Alors que le groupe s'apprêtait à regagner le site d'orpaillage après cette prise en charge, un nouvel appel aurait signalé la maladie d'un deuxième enfant. Conduit à son tour dans un dispensaire, celui-ci serait décédé avant d'avoir pu bénéficier de soins, selon les explications du responsable de la BRPE.
Le commissaire a également indiqué que, d'après les auditions du suspect et de l'un des enfants survivants, le mineur décédé aurait subi des sévices corporels après avoir exprimé son souhait de retourner à Bobo-Dioulasso.
Deux enfants remis à leurs parents, un complice recherché
Les deux enfants survivants ont été récupérés par les services de police puis remis à leurs parents, conformément aux instructions du procureur du Faso. Le commissaire Boukary Sawadogo a précisé que l'un des trois enfants était élève coranique, tandis que les deux autres n'étaient pas scolarisés. Le présumé complice, connu sous le nom d'emprunt Isaac, demeure en fuite et fait l'objet de recherches. Selon les informations communiquées par la police, il serait également mineur. Les investigations se poursuivent en vue de le retrouver et de le mettre à la disposition de la justice.
Le chef de la BRPE, Boukary Sawadogo, a invité les parents à assumer pleinement leurs responsabilitésConcernant le décès de l'enfant à l'étranger, le chef de la BRPE a souligné les difficultés liées au caractère transnational de l'affaire. Les enquêteurs cherchent notamment à entrer en contact avec les autorités du pays concerné afin d'obtenir davantage d'informations sur les circonstances du décès. À ce stade, les vérifications n'ont pas permis d'établir qu'un certificat de décès avait été délivré.
Le commissaire a par ailleurs indiqué que les faits pourraient relever d'un crime, compte tenu des circonstances aggravantes évoquées, notamment l'âge des victimes, leur exploitation présumée dans des travaux dangereux et le décès de l'un des enfants. Il a évoqué des peines encourues de 11 à 21 ans de prison, sous réserve de l'appréciation des autorités judiciaires compétentes.
La police appelle à une vigilance accrue
Au-delà de cette affaire, la BRPE alerte sur la traite des enfants et leur recrutement à destination de sites d'orpaillage dans des pays voisins. Le commissaire a rappelé qu'un autre cas avait été enregistré le 26 septembre 2026, lorsque 16 mineurs avaient été interceptés à bord d'un véhicule de transport en commun en partance pour un pays voisin. Six personnes impliquées avaient alors été déférées devant le parquet et les enfants reconduits auprès de leurs familles avec l'appui des services chargés de la famille et de la solidarité.
Le commissaire a par ailleurs indiqué que les faits pourraient relever d'un crime, compte tenu des circonstances aggravantes évoquéesFace à ce phénomène, Boukary Sawadogo a invité les parents à assumer pleinement leurs responsabilités, à renforcer la surveillance de leurs enfants et à maintenir un dialogue de proximité avec eux. Il les a également exhortés à leur apprendre à se méfier des inconnus et à demander l'autorisation avant toute sortie. Aux transporteurs, il a demandé d'éviter le convoyage de mineurs vers les sites d'orpaillage. Il a aussi appelé les services de contrôle routier à redoubler de vigilance, notamment sur les voies de contournement susceptibles d'être empruntées pour échapper aux contrôles officiels.
Pour le responsable de la BRPE, « la protection de l'enfance exige une mobilisation collective de l'État, des familles et de l'ensemble des acteurs concernés. Car, au-delà des procédures judiciaires, l'enjeu reste d'empêcher que des enfants soient arrachés à leur milieu familial et exposés à des conditions de travail dangereuses, parfois au prix de leur vie ».
Romuald Dofini
Lefaso.net
Le dossier opposant l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Wendkouni Joël Lionel Bilgo, et son co-prévenu Vincent de Paul Kaboré au ministère public, a de nouveau été renvoyé. Appelée ce lundi 19 octobre 2026 devant le pôle économique et financier (ECOFI) du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso, l'affaire a été renvoyée au 16 novembre prochain, dans l'attente de la décision de la Cour d'appel sur le recours introduit par la défense contre le dessaisissement de la chambre correctionnelle.
Le dossier Lionel Bilgo devra encore patienter. Alors qu'il était de nouveau inscrit au rôle du pôle ECOFI du TGI de Bobo-Dioulasso ce lundi 19 octobre 2026, le tribunal a décidé de renvoyer l'affaire au 16 novembre prochain. Ce nouveau report s'explique principalement par l'attente de la décision de la Cour d'appel sur le recours formé par la défense contre le transfert du dossier au pôle spécialisé.
En effet, la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso avait décidé, le 18 septembre 2026, de se dessaisir de l'affaire au profit du pôle ECOFI, à la suite de l'apparition d'une nouvelle qualification pénale, celle de blanchiment de capitaux, à l'issue d'enquêtes complémentaires. La défense avait contesté cette décision et saisi la Cour d'appel, dont la décision est désormais attendue pour clarifier la suite de la procédure.
Initialement, Wendkouni Joël Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré sont poursuivis pour des faits présumés d'exercice illégal d'activités de promotion foncière et de publicité d'activités de promotion immobilière sans autorisation préalable. L'ajout du volet relatif au blanchiment de capitaux a conduit à l'orientation de l'ensemble du dossier vers le pôle ECOFI.
La défense conteste toutefois ce transfert global. Elle estime que les infractions foncières pourraient être examinées par la chambre correctionnelle, tandis que le pôle ECOFI se chargerait du volet relatif au blanchiment de capitaux. Tant que la Cour d'appel ne s'est pas prononcée sur ce recours, le cadre dans lequel l'affaire doit être examinée demeure en suspens.
Ce n'est pas la première fois que le pôle ECOFI reporte l'examen du dossier pour cette raison. Lors de l'audience du 5 octobre 2026, le tribunal avait déjà renvoyé l'affaire au 19 octobre, dans l'espoir que la juridiction d'appel rende sa décision entre-temps.
L'absence de décision sur ce recours continue donc de peser sur le calendrier judiciaire. Le renvoi au 16 novembre vise à permettre au tribunal de poursuivre l'examen de l'affaire sur une base procédurale clarifiée, conformément aux exigences d'une bonne administration de la justice. En attendant, le pôle ECOFI ne s'est pas encore prononcé sur le fond du volet relatif au blanchiment de capitaux. La culpabilité ou l'innocence des deux prévenus n'a donc pas été établie dans le cadre de cette procédure.
Lionel Bilgo et son co-prévenu libres sous caution
Sur un autre plan, l'ancien ministre et Vincent de Paul Kaboré ont bénéficié d'une liberté provisoire sous caution le mercredi 14 octobre 2026, sur décision de la Cour d'appel de Bobo-Dioulasso. Chacun a versé une caution de 20 millions de FCFA, soit 40 millions de FCFA au total, selon les informations rapportées par la presse. Cette mesure leur a permis de recouvrer provisoirement la liberté, sous réserve des conditions fixées par la justice, notamment le dépôt de leurs passeports et leur placement sous contrôle judiciaire. Selon les informations disponibles, ils doivent se présenter chaque lundi et vendredi devant le parquet du TGI Ouaga I.
Placés sous mandat de dépôt à la Maison d'arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso depuis le 28 août 2026, les deux prévenus restent poursuivis dans cette affaire. Leur mise en liberté provisoire ne met pas fin à la procédure judiciaire. Le prochain rendez-vous est désormais fixé au 16 novembre 2026. D'ici là, la décision de la Cour d'appel sur le recours contre le dessaisissement demeure l'élément déterminant pour la suite de ce dossier.
Romuald Dofini
Lefaso.net
Le film documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines », réalisé par Ismaël Compaoré, a été projeté en avant-première le dimanche 18 octobre 2026, au Centre culturel du Faso, à Ouaga 2000. Organisée dans le cadre de la commémoration du 130ᵉ anniversaire des batailles d'octobre 1896 dans le Riungu de Boussouma, cette projection a été l'occasion de rendre hommage aux combattants qui ont résisté à la conquête coloniale française.
130 ans après les batailles d'octobre 1896, la résistance des combattants du royaume de Boussouma reprend vie à l'écran. À travers des témoignages et des récits historiques, le documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines » plonge les spectateurs dans les affrontements qui ont opposé ces combattants aux troupes coloniales françaises de la colonne Voulet-Chanoine. Armés de sagaies, d'arcs, de flèches et de sabres, ils ont défendu leur territoire en s'appuyant notamment sur la solidarité et des pratiques mystiques.
À travers cette œuvre cinématographique, le réalisateur Ismaël Compaoré rend hommage au courage et au sacrifice de ces combattants qui ont refusé de se soumettre à la domination coloniale. Le documentaire participe également à la transmission de cette histoire aux jeunes générations.
Le documentaire met également en lumière le rôle joué par les femmes dans la résistance à la conquête coloniale française« Nous devons travailler à reconquérir notre histoire »
La cérémonie de projection a réuni plusieurs personnalités, dont le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, des membres du gouvernement, des autorités coutumières et traditionnelles, des chercheurs et des acteurs du monde culturel.
Pour le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ce documentaire constitue un important travail de mémoire. Il a rappelé les violences subies par les populations lors de la conquête coloniale française, notamment les massacres et la destruction de villages entiers.
« Lorsqu'on se replace dans le contexte de cette époque, on se rend compte que de paisibles populations, qui vivaient tranquillement sur leurs terres, ont été froidement massacrées au nom d'une volonté de domination et d'exploitation. Ce film nous permet de nous remémorer cette page sombre de notre histoire. Il nous amène également à nous interroger sur le fait que ces mêmes peuples, qui nous ont autrefois envahis, reviennent aujourd'hui nous donner des leçons sur les droits de l'homme », a-t-il déclaré.
De nombreuses personnalités ont assisté à l'avant-première du documentaireLe chef du gouvernement s'est attardé sur les atrocités relatées dans le documentaire. Selon les témoignages présentés dans le film, certains résistants ont été tués, leurs corps découpés, bouillis, puis servis aux populations contraintes de les consommer. « Des villages entiers ont été décimés et des actes d'une barbarie indescriptible ont été commis », a-t-il dénoncé.
Au-delà du rappel de ces violences, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a insisté sur la nécessité pour les Burkinabè de mieux connaître leur passé afin de comprendre les enjeux des combats actuels.
« Aujourd'hui, de nombreuses personnes ne comprennent pas le sens du combat que nous menons, parce qu'elles méconnaissent notre histoire. Comme l'a souligné le camarade président du Faso, nous devons travailler à reconquérir notre histoire, à savoir qui nous sommes et ce que nos ancêtres ont vécu. Cette connaissance doit nous permettre de mieux orienter nos énergies et de comprendre les combats qui méritent d'être menés », a-t-il expliqué.
« Kiidiga, le cri des 333 collines » revient aussi sur les erreurs commises, qui ont facilité la progression des troupes coloniales françaisesLe Premier ministre a également déploré la faible place accordée aux résistances anticoloniales dans les manuels scolaires. Il a plaidé pour leur réhabilitation à travers l'enseignement et les productions cinématographiques.
« C'est ainsi que nous pourrons mieux comprendre d'où nous venons et rendre un véritable hommage à nos héros, à nos ancêtres qui ont résisté à la domination coloniale. Ils ont refusé la servitude et la soumission, au nom de la liberté et de la dignité », a-t-il soutenu.
Dans cette dynamique, le chef du gouvernement a annoncé que « Kiidiga, le cri des 333 collines » constitue la première étape d'une série d'œuvres mémorielles consacrées aux différentes résistances à la colonisation française sur le territoire burkinabè.
Pour le réalisateur Ismaël Compaoré, le choix de consacrer un film à la bataille de Kiidiga répond à une volonté de faire connaître une histoire encore peu représentée dans les productions cinématographiques.
Le Premier ministre a annoncé que d'autres productions cinématographiques vont bénéficier d'un financement pour contribuer à la réappropriation de l'histoire nationale« Il s'agit d'un long-métrage documentaire de 70 minutes qui s'inscrit dans la dynamique de réécriture de notre histoire commune. Malheureusement, ce pan de notre histoire reste peu abordé au cinéma, contrairement au domaine de la recherche scientifique. En tant que réalisateur, j'ai donc souhaité mettre en lumière ce sujet qui occupe une place importante dans l'histoire du peuple burkinabè », a-t-il fait comprendre.
Ismaël Compaoré ne souhaite cependant pas limiter la diffusion de son œuvre au public burkinabè. Son ambition est de porter cette histoire au-delà des frontières nationales afin de la faire découvrir à d'autres spectateurs. Le réalisateur envisage de présenter son documentaire en première mondiale au FESPACO.
Un ouvrage scientifique pour documenter les résistances anticoloniales
La valorisation de cette mémoire collective ne s'est pas limitée au cinéma. L'avant-première a également été marquée par la dédicace d'un ouvrage scientifique intitulé « Burkina Faso : terre de résistance, la lutte héroïque des peuples face à l'invasion française ».
Le Premier ministre a félicité l'équipe de réalisation du documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines » pour le travail accompliCette publication vient compléter le travail de mémoire engagé à travers le documentaire, en apportant une contribution scientifique à la connaissance des résistances anticoloniales sur le territoire national.
Le ministre de la communication, de la culture, des arts et du tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a salué le travail des cerveaux qui ont contribué à la documentation de cette période de l'histoire.
« La dédicace de cet ouvrage constitue un moment important pour la recherche historique et la valorisation de notre patrimoine mémoriel. Je voudrais, à cet égard, saluer l'engagement du ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation, ainsi que le travail des chercheurs, historiens, archéologues et universitaires qui contribuent à documenter ces événements », a-t-il déclaré.
Le réalisateur Ismaël Compaoré a remercié le Dima de Boussouma pour les facilités accordées lors de la réalisation du documentaireIl a insisté sur la nécessité de s'appuyer sur des méthodes scientifiques rigoureuses pour restituer les faits historiques. Selon lui, l'exploitation des archives, la collecte des traditions orales et la confrontation des témoignages sont indispensables pour mieux comprendre les événements et leur portée.
Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a également rappelé que l'histoire du Burkina Faso ne se résume pas à la conquête coloniale. Elle comprend aussi les luttes menées par les populations pour préserver leur autonomie.
La réalisation du film a bénéficié du soutien financier du ministère en charge de la cultureIl a enfin souhaité que cette publication soit largement diffusée dans les bibliothèques, les universités, les centres de recherche et les établissements d'enseignement afin de rendre ces connaissances accessibles au plus grand nombre.
Avant la projection du documentaire, une cérémonie commémorative s'est tenue dans la matinée du 18 octobre 2026, sur le site historique de Kiidiga. Elle a été marquée par le dévoilement d'une plaque commémorative en hommage aux combattants tombés lors des batailles d'octobre 1896.
Samirah Bationo
Lefaso.net
Les bénéficiaires des parcelles commerciales situées entre Marie Stella et Adounko doivent engager les travaux de construction au plus tard le 31 décembre 2026. À défaut, ils risquent de perdre leur attribution, sans mise en demeure préalable.
Les attributaires des parcelles commerciales aménagées le long de la Route des Pêches, sur le tronçon Marie Stella–Adounko, sont prévenus.
Dans un communiqué publié le lundi 19 octobre 2026, la Commission d'attribution rappelle que les travaux doivent commencer au plus tard le 31 décembre prochain. « Tout attributaire n'ayant pas effectivement démarré les travaux sera déchu de plein droit de son attribution », précise la Commission.
Le contrat de bail à construction sera alors frappé de caducité, ouvrant la voie à une réattribution de la parcelle concernée.
La Commission rappelle que la signature des contrats de bail à construction auprès de l'Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF) était fixée au 31 janvier 2026.
Le dépôt des dossiers de permis de construire devait intervenir dans les trois mois suivant la signature du bail, avec une échéance arrêtée au 30 juin 2026.
Pour l'achèvement des constructions, la date limite est fixée au 31 décembre 2028. La durée des travaux ne doit pas excéder 24 mois. « Ces délais sont impératifs. Aucune prorogation ne sera accordée », selon la Commission.
La caution en jeu
Les promoteurs doivent également veiller au respect du cahier des charges. La caution versée ne sera restituée qu'après l'achèvement des travaux, à condition que ceux-ci soient réalisés dans les délais impartis et conformément aux exigences prévues.
En cas de non-conformité, de dépassement des délais ou d'abandon du projet, cette caution sera définitivement acquise, avertit la Commission.
Pour toute information complémentaire, les attributaires peuvent écrire à l'adresse promo.rdp@simaubenin.com.
M. M.
La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), est une entreprise de coopération internationale pour le développement durable opérant sur tous les continents. Elle propose des solutions d'avenir pour le développement politique, économique, écologique et social dans un monde globalisé. Dans des conditions parfois difficiles, la GIZ soutient des processus complexes de changement et de réforme.
Son objectif principal est d'améliorer durablement les conditions de vie des populations dans les pays d'intervention.
Dans le cadre de la mise œuvre de ses activités, la GIZ Burkina Faso lance un Appel d'Offres pour la sélection d'une société d'assurance pour la couverture santé-maladie de son personnel.
La participation à la concurrence est ouverte à égalité de conditions à toutes les structures remplissant les conditions énumérées dans le Dossier d'Appel d'Offres et régulièrement installés au Burkina Faso.
Les prestataires intéressés peuvent obtenir le dossier d'Appel d'Offres en envoyant une demande à l'adresse BF_Inquiry@giz.de avec en objet « Dossier N°10060427_Recrutement d'une société d'assurance santé pour le personnel national ».
Date limite de soumission est fixée au 10.11.2026 à 10h00, dépôt physique de l'offreà la guérite du Bureau GIZ à Ouagadougou.
Référence AOO : Asmae/BFA/2026/10/001
Asmae Burkina, une ONG de solidarité internationale française spécialisée dans le développement de l'enfant, lance un appel d'offres ouvert afin de recruter un prestataire pour la reproduction de 184 kits de l'imagier yam wekre du projet AF2P « Amélioration de la formation des professionnels du préscolaire ».
L'objectif global de la prestation consiste à la reproduction de 184 kits de l'imagier yam wekre au profit des structures préscolaires.
Les prestataires, intéressés par le présent appel à la concurrence pourront obtenir les documents d'appel d'offres et une copie des termes de références auprès du bureau de Asmae Burkina sis à Ouaga 2000 au secteur 52 ou par courrier électronique à : aouedraogo@asmae.fr et en cc m.ouattara@asmae.fr , ou appelé le 06 72 79 86.
Des échantillons des kits imagiers sont consultables sur place au bureau d'Asmae Burkina aux heures d'ouverture.
Les offres des soumissionnaires doivent être envoyés par mail aux adresses aouedraogo@asmae.fr et m.ouattara@asmae.fr , et sous pli fermé avec le nom du soumissionnaire clairement marqué, ainsi que la référence de l'appel d'offre au bureau de Asmae Burkina Faso au plus tard le : 03 novembre 2026 à 17h30mn.
La validité des offres est de 90 jours.
Le présent appel d'offre ouvert n'impose en aucun cas à Asmae Burkina l'obligation de conclure un contrat ni de rembourser les frais engagés dans la préparation et la soumission des propositions.
En outre, Asmae Burkina se réserve le droit de donner suite à ce présent appel d'offres.
Ouagadougou, le 19 octobre 2026