Pour financer les investissements nécessaires à sa transformation économique et sociale, le Bénin devra mobiliser davantage de capitaux dans les prochaines années.
Dans son Rapport Pays 2026, publié fin juillet, la Banque Africaine de Développement (BAD) indique qu'il faut un financement additionnel de 2,43 milliards de dollars par an au Bénin pour financer le développement.
Face à cette équation, l'institution financière africaine encourage le Bénin à ne pas dépendre d'une seule source de financement. La BAD préconise notamment une mobilisation accrue des ressources nationales, le recours aux partenariats public-privé (PPP), une utilisation plus importante des marchés de capitaux ainsi que le développement d'instruments financiers innovants.
La question de la préparation des projets apparaît également déterminante. La BAD relève que, sur 12 projets lancés au Bénin en 2023 et 2024, seuls trois étaient parvenus au bouclage financier. Une situation qui souligne la nécessité de mieux préparer les projets avant leur présentation aux investisseur.
L'amélioration de l'efficacité des investissements publics constitue un autre levier. Selon la BAD, l'efficacité de l'investissement public au Bénin est évaluée à 56 %, laissant une marge importante pour optimiser l'utilisation des ressources disponibles.
A plus long terme, la Banque évoque aussi la possibilité de mettre en place un fonds souverain, notamment en prévision des revenus que pourraient générer les ressources extractives. Un tel mécanisme devrait cependant reposer sur des règles solides de gouvernance et de gestion.
M. M.
De Parakou à Allada, le ministre de la Santé s'est intéressé aussi bien aux urgences qu'aux capacités d'accueil et aux risques sanitaires des établissements publics.
Le gouvernement entend poursuivre la modernisation de son dispositif sanitaire. C'est dans cette perspective que le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a consacré les 26 et 27 août à une série de visites dans plusieurs structures publiques, du nord au sud du pays.
Cette tournée a notamment permis de faire le point sur l'application de la prise en charge des urgences vitales.
Au CHUD du Borgou, à Parakou, les responsables de l'établissement ont présenté les premiers résultats de la mesure. Le dispositif fonctionne de manière globalement satisfaisante, même si l'identification de certains patients et la récupération des recettes constituent encore des points à améliorer.
Mais l'attention du ministre ne s'est pas limitée au fonctionnement actuel des services.
Au CHUD Borgou, les échanges ont porté sur une transformation plus profonde de l'établissement, avec l'objectif d'accroître ses capacités et son rôle de référence pour les populations du septentrion. La visite des différents espaces de l'hôpital a permis d'identifier plusieurs possibilités d'aménagement.
A Parakou toujours, le CTE a également été visité. Cette infrastructure, déjà mobilisée lors de certaines alertes sanitaires, doit servir en dehors des périodes épidémiques à la prise en charge des maladies infectieuses.
Dans le Borgou, le ministre s'est ensuite rendu à Tchatchou, où le centre de santé fait l'objet d'une importante reconstruction, puis à l'hôpital Saint Martin de Papané. Dans cette dernière structure, les progrès réalisés dans la gestion des urgences ont été relevés. Sa localisation particulière impose toutefois une vigilance accrue face au risque d'apparition ou d'introduction de maladies à potentiel épidémique. Le renforcement des compétences du personnel par le COUSP figure parmi les pistes retenues.
La mission a également conduit la délégation dans les Collines et le Zou. L'hôpital de zone Savè-Ouèssè et le CHD Zou ont fait partie des établissements inspectés.
A Abomey, les travaux liés à l'installation prochaine d'un scanner et à l'achèvement du CTE ont retenu l'attention.
Dernière étape, l'hôpital de zone Allada-Toffo-Zè prépare une extension destinée notamment à accueillir une unité pour la prise en charge des grands brûlés ainsi que d'autres services.
Au terme de ces visites, le ministre a insisté sur deux exigences transversales : la rigueur dans les pratiques d'hygiène et la sécurisation des ressources financières des établissements. Il a par ailleurs assuré que l'Etat poursuivra ses investissements en équipements et infrastructures pour renforcer les capacités du système public de santé.
M. M.
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Le haut fonctionnaire onusien de nationalité béninoise, Patrice Ahouansou, est le nouveau Représentant résident du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad. Le diplomate béninois a présenté ses lettres de créance, dans la matinée du vendredi 28 août 2026, au Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Tchadiens de l'étranger à N'Djamena. La cérémonie symbolique a été suivie d'un entretien cordial et constructif entre le Son Excellence Dr. Abdoulaye Sabre Fadoul et le nouveau Représentant du HCR.
Belmondo ATIKPO
La diplomatie béninoise franchit une étape importante. Dossou Patrice Ahouansou est le nouveau Représentant résident du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad. Cette promotion est le fruit de plus de vingt ans de carrière au sein du HCR. A ce nouveau poste, le diplomate onusien incarne désormais le leadership en faveur d'une meilleure protection des réfugiés au Tchad.
Le nouveau Représentant du HCR, qui était jusqu'à sa nomination Coordonnateur Principal de Situation à l'Est du Tchad s'est félicité de l'hospitalité du Tchad dont il a lui-même bénéficié lorsqu'il était Représentant Adjoint en charge de la protection au bureau du HCR à N'Djamena de 2023 à 2024 et lors de son affectation dans la province du Wadi Fira lorsqu'il était Coordonnateur de la protection de 2016 à 2017.
Premières lettres de créance
Le diplomate béninois a présenté ses lettres de créance aux autorités tchadiennes dans la matinée du vendredi 28 août 2026, au Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Tchadiens de l'étranger à N'Djamena. La cérémonie symbolique a été suivie d'un entretien cordial et constructif entre Son Excellence Dr. Abdoulaye Sabre Fadoul et le Représentant du HCR.
Au cours de cette audience, M. Dossou Patrice Ahouansou a salué « les relations privilégiées qui existent entre son Agence et les autorités tchadiennes ». Il a réitéré « l'engagement du HCR de poursuivre aux côtés du gouvernement tchadien, les efforts pour la protection, la recherche de solutions durables en faveur des réfugiés, des autres populations déplacées de force et des communautés hôtes dans un esprit de cohésion sociale ». Il a réaffirmé sa disponibilité et celle de son équipe à œuvrer durant son mandat, au renforcement de liens de coopération qui unissent si heureusement le HCR et le Tchad depuis des décennies.
Le Ministre d'État, Son Excellence Dr. Abdoulaye Sabre Fadoul a réitéré la tradition d'hospitalité et de solidarité du gouvernement et du peuple tchadien à l'égard des réfugiés et a réaffirmé la disponibilité du gouvernement et des autorités à tous les niveaux à jouer pleinement leur rôle avec leadership pour une meilleure protection des réfugiés et la recherche effrénée de solutions mutuellement bénéfique pour les réfugiés et les communautés hôtes.
Le diplomate, fin connaisseur de la situation des réfugiés au Tchad, des dynamiques globales et régionales de déplacement force
Au sortir de l'entretien, le haut fonctionnaire onusien de nationalité béninoise, a réitéré, au nom du Haut-Commissaire, à la presse tchadienne, la reconnaissance de son Agence pour les efforts et sacrifices consentis par le Tchad pour l'accueil, la protection ainsi que l'exemplarité de sa loi portant asile dont la mise en œuvre nécessite plus de soutien et de solidarité agissante.
M. Patrice Ahouansou cumule plus de vingt ans d'expérience au sein du HCR en Afrique de l'Ouest, en Afrique centrale, en Afrique de l'Est et dans la région des Grands Lacs, notamment au Bénin, en République démocratique du Congo, au Kenya, au Sénégal et au Tchad.
Professionnel chevronné de l'action humanitaire et du multilatéralisme, il a occupé divers postes dans les domaines de la protection, de la coordination et de la gestion, tant sur le terrain qu'au niveau régional. Son parcours couvre des situations d'urgence complexe à grande échelle, des contextes post-urgence ainsi que des situations de déplacement prolongé où la recherche de solutions durables constitue une priorité majeure.
Avant d'occuper ses fonctions actuelles, M. Ahouansou a servi au Tchad en tant que Représentant adjoint chargé de la protection, puis comme Coordinateur principal de la situation à Abéché. À ce titre, il a dirigé la réponse en matière de protection face à la crise soudanaise — l'une des plus importantes crises de déplacement au monde — tout en supervisant la coordination interne et externe de la réponse en faveur des réfugiés. Il a également soutenu la mise en place d'une coordination fondée sur le nexus humanitaire-développement-paix (HDP), conformément à une feuille de route pilotée par le gouvernement.
Il a contribué à l'élaboration de cadres régionaux de politique d'asile au sein de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et a appuyé, en 2023, le gouvernement tchadien dans la préparation du Forum mondial sur les réfugiés, le plus grand rassemblement international consacré à cette question.
Avant ses missions au Tchad, il a piloté l'élaboration du cadre d'asile et de la loi-type sur l'asile de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Il a également co-rédigé des plans d'action du HCR avec la Cour de justice de la CEDEAO et a contribué à la révision des cadres de coopération entre le HCR et les institutions de la CEDEAO.
En tant que Représentant, M. Ahouansou dirige l'engagement stratégique du HCR au Tchad en mettant l'accent sur l'inclusion, la résilience et les solutions durables. Il soutient les efforts du gouvernement visant à intégrer les réfugiés dans les systèmes nationaux et à renforcer des réponses pérennes. Le fonctionnaire international collabore étroitement avec les autorités gouvernementales, les partenaires humanitaires et de développement, les bailleurs de fonds, les agences des Nations Unies et les ONG, tout en témoignant d'un engagement ferme envers la redevabilité, l'intégrité et le bien-être des personnes déplacées ainsi que des communautés d'accueil.
Sa mission et ses priorités
Sur un total de 2.28 millions de personnes en déplacement forcé au Tchad au 31 mai 2024, 1.56 million sont des réfugiés et demandeurs d'asile. Cet effectif, qui représente environ 3,21 % de la population nationale, hisse le Tchad au rang des pays qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés au monde. Ses priorités portent notamment sur la protection, l'inclusion dans les systèmes nationaux ainsi que leur renforcement et la co-construction des solutions durables. Elles s'inscrivent également dans le cadre du Plan national de développement, qui constitue une référence pour l'orientation des politiques et des actions publiques au Tchad.
Au-delà de l'aide aux populations réfugiées, l'objectif affiché est également de soutenir les communautés d'accueil. Cette approche entend favoriser la cohésion sociale et renforcer le vivre-ensemble entre les différentes communautés.