Les manifestations politiques sont désormais suspendues jusqu’à nouvel ordre à Kananga, capitale provinciale du Kasaï-Central. L’autorité urbaine indique que cette décision est motivée par des raisons sécuritaires. La coalition de l’opposition C64/Kasaï-Central dénonce une mesure qu’elle qualifie d’anticonstitutionnelle et maintient sa manifestation prévue mardi 15 septembre pour dire non au changement de la Constitution.
Le DC Virunga de Goma a réussi son pari en s'imposant sur la plus petite des marges (1-0) face à Bazar Brother, ce dimanche 13 septembre à Pretoria, en Afrique du Sud, dans le cadre du match unique du premier tour préliminaire de la Coupe de la confédération de la CAF.
Une usine opérationnelle en six mois à peine après les autorisations, des robots high-tech et l’ambition de transformer l’Algérie en plaque tournante régionale : le […]
L’article Geely en Algérie : usine, intégration locale, ambitions… ce que prépare le géant chinois est apparu en premier sur .
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa marche vers la transformation locale de ses matières premières. Le président du Faso, chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé ce mercredi 9 septembre 2026 à l'inauguration officielle du complexe industriel de Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), implanté à Logofourousso, dans la commune de Bobo-Dioulasso. Réalisée en deux ans, avec un capital social de 17 milliards de francs CFA, l'infrastructure se veut ainsi un outil stratégique au service de la souveraineté industrielle et économique du pays.
Derrière les bâtiments, les machines et les lignes de production de TEXFORCES-BF, les autorités veulent voir davantage qu'une simple usine. Implanté sur une superficie de 30 hectares dans le village de Logofourousso, le complexe constitue l'aboutissement d'une vision visant à faire du coton burkinabè un véritable levier d'industrialisation. Pour le ministre de l'industrie, Serge Poda, la réalisation de cette infrastructure traduit une conviction : « Un pays producteur de coton ne devrait pas continuer à exporter principalement sa matière première avant de réimporter, à des coûts élevés, les produits textiles issus de sa transformation ».
Une vue des infrastructures du complexe industriel de Textile des Forces du Burkina FasoCe chantier réalisé en seulement deux années a mobilisé environ 1 300 ouvriers pour la construction des infrastructures et l'installation des équipements. Pour les responsables de TEXFORCES-BF, cette rapidité d'exécution traduit la détermination des équipes et l'importance accordée au projet. Le ministre Serge Poda a salué la réalisation de cette infrastructure qu'il présente comme une nouvelle preuve de la capacité du Burkina Faso à concevoir et à mettre en œuvre de grands projets industriels en s'appuyant sur ses propres ressources et compétences.
Un complexe intégré pour transformer le coton burkinabè
TEXFORCES-BF repose sur un dispositif industriel intégré comprenant notamment la filature, le tissage-tricotage, la finition-teinture et la confection. L'objectif est de rapprocher les différentes étapes de la chaîne de valeur du coton afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Dans son dimensionnement actuel, le complexe dispose de capacités annuelles pouvant atteindre 20 millions de mètres de tissu au tissage, 5 à 6 millions d'unités en tricotage et jusqu'à 20 millions de mètres en finition-teinture. Pour la confection, les capacités annoncées sont de l'ordre de 4 à 6 millions de tenues, 5,9 millions de T-shirts et plus d'un million de paires de chaussettes par an.
Les officiels présents à la cérémonie d'inauguration de TEXFORCES-BFL'ambition ne s'arrête toutefois pas à ces niveaux. À terme, TEXFORCES-BF vise une montée en puissance pouvant permettre de transformer jusqu'à 50 000 tonnes de coton par an, de porter la capacité de tissage à 100 millions de mètres et de dépasser 20 millions de pièces confectionnées annuellement. Cette production devrait d'abord répondre aux besoins nationaux avant d'ouvrir progressivement des perspectives sur les marchés sous-régional et international.
Le ministre Serge Poda a salué la réalisation de cette infrastructure qu'il présente comme une nouvelle preuve de la capacité du Burkina Faso à concevoir et à mettre en œuvre de grands projets industrielsDes uniformes militaires, mais aussi des produits civils
Si la vocation première de TEXFORCES-BF est de contribuer à la sécurisation de l'approvisionnement des Forces de défense et de sécurité en effets d'habillement, le complexe ne sera pas exclusivement tourné vers le secteur militaire. L'unité ambitionne également de produire des articles destinés aux populations civiles. Cette orientation doit permettre de donner une plus grande profondeur économique à l'investissement et de favoriser l'émergence d'un véritable écosystème national du textile et de l'habillement.
Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, visite les installations de l'unitéAu-delà des équipements, l'autre richesse mise en avant lors de la cérémonie est le capital humain. Le complexe s'appuie déjà sur des jeunes Burkinabè formés aux métiers de l'industrie textile, notamment des ingénieurs textiles issus des établissements de formation nationaux. Plusieurs centaines de jeunes ont ainsi été formés ou mobilisés autour de l'activité industrielle. Avec la montée en puissance du complexe, l'objectif affiché est particulièrement ambitieux : environ 20 000 emplois directs, auxquels pourraient s'ajouter plus de 60 000 emplois et moyens d'existence dans l'écosystème du coton, du textile, de la logistique, du commerce et des services.
Selon les premiers responsables, le projet comporte également une dimension sociale. En effet, TEXFORCES-BF emploie notamment des veuves et des orphelins de personnes tombées pour la défense de la patrie, dans une logique de reconnaissance et de solidarité nationale.
Le capitaine Ibrahim Traoré salue le travail des acteurs sur le terrainBobo-Dioulasso confortée dans son rôle de pôle industriel
Le choix de Logofourousso pour accueillir le complexe n'est pas anodin. Bobo-Dioulasso, ville historique du coton et important centre économique du Burkina Faso, dispose d'atouts majeurs pour devenir un pôle de transformation industrielle. L'implantation de TEXFORCES-BF dans la cité de Sya devrait favoriser les interactions entre agriculture, industrie, formation professionnelle, recherche, innovation et services. À travers TEXFORCES-BF, le gouvernement entend surtout matérialiser une nouvelle approche du développement à savoir, « produire ce que le pays peut produire, transformer ce qu'il produit et consommer davantage localement ».
Une vue du personnel en pleine activité au sein de l'unité industrielleLe projet s'inscrit dans la vision du développement endogène défendue par les autorités, avec l'ambition de réduire progressivement la dépendance aux importations et de conserver une part plus importante de la richesse générée par les matières premières nationales. Pour les forces de défense et de sécurité, la disponibilité d'une capacité nationale de production d'effets d'habillement constitue également un enjeu stratégique. Les uniformes pourront être conçus et fabriqués davantage sur le territoire national, selon les exigences de qualité, de résistance et de durabilité définies par les autorités.
Les machines sont également en activité au sein du TEXFORCES-BFAvec ses 17 milliards de francs CFA de capital social, ses capacités industrielles et ses ambitions en matière d'emploi, TEXFORCES-BF apparaît ainsi comme un investissement à la croisée de plusieurs enjeux : souveraineté, industrialisation, transformation du coton, création d'emplois et développement territorial. Pour les autorités, le véritable défi commence toutefois avec la mise en production. Il s'agira désormais de garantir la qualité, la compétitivité, la rentabilité et la pérennité de l'entreprise afin que cette infrastructure puisse pleinement jouer son rôle dans la transformation structurelle de l'économie burkinabè.
Romuald Dofini
Lefaso.net
À 38 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons en lumière Allassani Ouédraogo, informaticien de formation, dont le parcours de plus de trente ans traverse presque toute l'histoire de l'informatisation de l'Etat burkinabè, de la toute première planification informatique nationale à la gouvernance panafricaine des télécommunications.
Avant qu'on ne parle de transformation digitale, il fallait déjà planifier, équiper et structurer l'informatique de l'administration. Cette œuvre de pionniers, moins visible que les grandes plateformes d'aujourd'hui, a posé les fondations sur lesquelles reposent désormais les ambitions numériques du pays. Allassani Ouédraogo fait partie de ceux qui ont porté cette première génération de bâtisseurs.
Titulaire de plusieurs diplômes universitaires obtenus en France, en Belgique et au Luxembourg, il a occupé, tout au long de sa carrière, des fonctions stratégiques au sein de l'administration burkinabè : de la Délégation Générale à l'Informatique à l'Office National d'Identification, en passant par la Commission de l'Informatique et des Libertés et le cabinet du Ministère en charge du numérique.
Une formation universitaire construite pas à pas
Né le 11 mai 1958 à Ouahigouya, Allassani Ouédraogo obtient son Baccalauréat série C au Lycée Philippe Zinda Kaboré, avant de poursuivre ses études en France, à la Faculté des Sciences de Nancy I, où il décroche successivement un DEUG Sciences, une Licence puis une Maîtrise en informatique. Il complète ce parcours par un Diplôme d'Etudes Spécialisées en informatique orienté e-business à la Faculté Universitaire Notre-Dame de la Paix de Namur, en Belgique, puis par un Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées en informatique et innovations à l'Institut Supérieur des Technologies du Grand-Duché de Luxembourg.
Aux origines de la planification informatique de l'Etat
De 1995 à 2001, il est Chef du Département des Etudes et Informatisation à la Délégation Générale à l'Informatique du Burkina Faso, l'institution alors chargée de l'informatisation de l'administration. Il y pilote l'élaboration du Deuxième Plan Directeur Informatique National du Burkina Faso pour la période 1996-2000, ainsi que celle de plus d'une dizaine de schémas directeurs informatiques pour différents ministères et institutions. Il participe également, comme membre du groupe d'experts, à l'élaboration du Plan de Développement de l'Infrastructure Nationale d'Information et de Communication 2001-2005, et conduit le développement de plusieurs logiciels sectoriels et intersectoriels sur mesure. Il enseigne, en parallèle, comme vacataire à l'Ecole Supérieure d'Informatique.
Coordonner les politiques nationales du numérique naissant
De 2004 à 2006, il coordonne au niveau national le programme du PNUD « Appui à l'utilisation des NTIC pour le développement humain », en charge du plaidoyer en faveur des technologies de l'information au service du développement, du conseil stratégique en matière de TIC, et de l'accompagnement de structures publiques et privées dans la mise en place d'entrepôts de données et le développement d'applications.
Simultanément, de 2004 à 2007, il devient Directeur Général de la Coordination des Programmes de Développement des TIC au Ministère des Postes et des Technologies de l'Information et de la Communication. Il y coordonne l'élaboration des politiques et stratégies nationales et sectorielles du secteur, pilote l'élaboration de la cyberstratégie nationale et de ses déclinaisons sectorielles — e-commerce, e-administration, e-services, e-emploi — et accompagne le développement de l'expertise nationale en informatique et en télécommunications.
Au service de la protection des données personnelles
De 2007 à 2012, Allassani Ouédraogo est Secrétaire Général de la Commission de l'Informatique et des Libertés (CIL). Il y conduit un recensement national des traitements de fichiers contenant des données personnelles dans les organismes publics et privés, et met en place une base de données ainsi qu'un système de gestion de base de données relationnel pour leur traitement. Il pilote également une étude sur l'impact des réseaux sociaux et de la téléphonie mobile sur la protection des données personnelles et de la vie privée des jeunes burkinabè, permettant de dégager des recommandations pour mieux protéger les jeunes des prédateurs en ligne et de l'exposition à des contenus inappropriés. Il conduit par ailleurs une étude nationale sur la sécurité des systèmes informatiques des centres d'accès communautaires à Internet, et développe des contenus multimédias de sensibilisation, en français et en langues nationales, sur les dispositions de la loi n°010-2004/AN relative à la protection des données à caractère personnel.
À la tête de l'identification nationale
De 2012 à 2015, il dirige l'Office National d'Identification (ONI), en charge de l'émission et de la délivrance des cartes nationales d'identité burkinabè et des passeports. Il y élabore le cahier des charges pour la migration vers le passeport électronique à puce, ainsi qu'un projet d'harmonisation de la base de données de la Carte Nationale d'Identité Burkinabè avec le fichier électoral de la Commission Electorale Nationale Indépendante, projet qui obtiendra l'appui financier du PNUD pour sa mise en œuvre. Il met également en place une base de données d'identification de la population burkinabè et un système de téléphonie sur IP au sein de l'institution. Lire la suite
De Fada N'Gourma à Diabo, une tournée de terrain met en lumière des infrastructures financées par l'Agence d'appui aux collectivités territoriales. Des boutiques vitrées pour mieux vendre les produits locaux à Fada N'Gourma, des salles de classe pour remplacer les paillotes à Diabo et un CSPS à Diapangou, dans le Gourma, les réalisations financées avec l'appui de l'Agence d'appui aux collectivités territoriales (ADCT) se découvrent loin des chiffres et des rapports, au plus près des populations qui les utilisent au quotidien.
À Fada N'Gourma, première étape de cette tournée de terrain dans la province du Gourma, le marché grouille déjà de monde en ce lundi 7 septembre 2026. Des commerçants installent leurs marchandises, les motos circulent entre les étals et, à quelques mètres de cette animation, 22 boutiques vitrées neuves se démarquent. Construites sur l'aire de la salle de cinéma grâce au financement du budget communal et à l'appui de l'Agence d'appui aux collectivités territoriales (ADCT), à travers le fonds PREGOLS 2025, ces boutiques sont destinées aux acteurs des produits locaux. Derrière les vitrines, les pagnes tissés, les chemises confectionnées, les objets d'art et le miel donnent déjà un aperçu du savoir-faire de la commune et, plus largement, de la région du Gulmu.
Ce matin-là, le président de la délégation spéciale de Fada N'Gourma, Kampadiba Jérôme Idani, est aux côtés de la délégation officielle et des hommes de médias venue constater les réalisations. Pour lui, l'enjeu dépasse la construction de simples espaces commerciaux. Il s'agit de donner une meilleure visibilité à des producteurs et artisans qui, jusque-là, exerçaient souvent dans des endroits moins accessibles. « Avant, chacun était à un endroit où il se débattait seul pour avoir ses clients. Maintenant, ils sont à un endroit où l'adresse est connue », explique-t-il.
« Nous avons voulu regrouper les acteurs des produits locaux en un seul endroit pour leur donner plus de visibilité et faciliter l'accès à leurs produits », souligne Kampadiba Jérôme Idani, PDS de Fada N'GourmaL'idée selon lui est de rassembler en un même lieu des acteurs qui, jusque-là, étaient dispersés dans la ville. « On a essayé de les regrouper à un endroit à l'image du village artisanal de Ouagadougou », poursuit le PDS. Le lieu est donc pensé comme une vitrine du savoir-faire local. Il ne s'agit pas seulement de construire des murs et d'attribuer des clés. Il s'agit de rendre visibles des productions, de faciliter la rencontre entre les artisans et leurs clients et, au passage, de faire de ces boutiques une sorte de carte de visite du territoire.
Dans le tumulte du marché voisin, les nouveaux espaces semblent déjà remplir cette fonction. Les passants ralentissent devant les vitrines. Certains regardent, d'autres entrent. Les couleurs des textiles donnent au lieu un air de petite galerie commerciale dédiée au savoir-faire local.
Dans l'une des 22 boutiques, Pagadi Ouali Yonli est installée depuis seulement trois semaines. Elle vend des pagnes tissés traditionnels, du koko donda et des chemises confectionnées. Elle se réjouit surtout d'être désormais plus visible. « Avant, on était installés dans notre centre de confection et ce sont les connaisseurs qui venaient. Nous étions cachées. Grâce à ces boutiques, nous sommes plus visibles », témoigne-t-elle.
Pour la commune, l'opération possède également un intérêt financier. Les loyers sont fixés, pour le moment, à 10 000 francs CFA par boutique. L'ouvrage répond au besoin de soutenir les acteurs économiques locaux, de valoriser la production culturelle et artisanale et de renforcer les recettes de la collectivité. Après cette visite en plein cœur de Fada N'Gourma, la délégation poursuit sa route vers d'autres réalisations.
Quand les paillotes cèdent la place aux murs
Après Fada N'Gourma, les kilomètres avalés ramènent progressivement vers d'autres réalités. À Diabo, le passage sous l'arche de la mairie marque symboliquement l'entrée dans la commune. Diabo se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Fada N'Gourma et à environ 210 kilomètres de Ouagadougou. La commune compte 64 villages, pour une superficie estimée à 656 km². Les communautés zaossé, peulh et gourmantché y vivent principalement. Ici la délégation met le cap sur le village de Sabtenga. Dans la cour de l'école, les salles de classe en matériaux définitifs se dressent, accompagnées de leurs auvents, de leurs espaces aménagés et des équipements connexes. Un peu plus loin, les hangars et paillotes traditionnelles rappellent ce qu'était, hier encore, le cadre d'apprentissage.
À l'école de Sabtenga, les paillotes qui servaient autrefois de salles de classe contrastent avec les trois salles en matériaux définitifs réalisées avec l'appui de l'ADCTC'est précisément cette image que l'investissement entend transformer.
Sougrinoma Lazare Guira, président de la délégation spéciale de la commune de Diabo, ne cache pas sa satisfaction. « L'infrastructure réalisée ici est un établissement scolaire composé de trois salles de classes qui a été construit par l'ADCT dans le cadre de la normalisation de l'école. Avant cette infrastructure, les élèves suivaient les cours sous paillotes », explique-t-il. Sous une paillote, le vent entre, la pluie interrompt les cours et le soleil impose ses propres règles. Enseigner et apprendre deviennent alors des exercices périlleux. Désormais, les élèves disposent de salles construites pour l'apprentissage. L'infrastructure comprend trois salles de classe, un magasin, un bureau pour le directeur, une installation solaire et des latrines. L'investissement est évalué à une trentaine de millions de francs CFA.
Pour les parents, le changement est concret. Kangwendé Dayamba, parent d'élève, le résume en quelques mots. « Ces classes sont un grand soulagement pour les populations de Sabtenga. Cela vient faciliter la vie de nos élèves. Ce qui manque, ce sont les tables-bancs, mais nous sommes déjà très reconnaissants pour cet investissement », indique-t-il.
Le PDS de Diabo appelle d'ailleurs les populations à prendre leur part dans la durée de l'ouvrage. « Nous invitons les populations au bon entretien de l'ouvrage pour que l'ouvrage dure dans le temps », insiste-t-il. Il faut préserver les murs, les installations, les latrines, le système solaire. Il faut aussi équiper les salles de classe. Et, pour les élèves de Sabtenga à Diabo, la différence entre une paillote et une salle de classe n'est pas théorique. Elle se ressent lorsque le ciel s'assombrit, lorsque la pluie tombe ou lorsque le soleil s'impose.
La tournée dans la province du Gourma ne s'arrête pas là. Un chantier de l'ADCT à Diapangou, précisément au CSPS de Tokouna, attend également la délégation.
C'est sur ce site que la délégation termine cette étape de visite. Ici, point de boutiques ni de salles de classe. C'est la santé qui est au centre. L'infrastructure sanitaire est en plein chantier et tout se dessine. L'ouvrage a été financé sur le budget communal avec l'appui de l'ADCT, dans le cadre du guichet Stabilisation-relèvement, gestion 2026. La délégation inspecte l'ouvrage et les journalistes se rapprochent des ouvriers en plein travaux. Les bénéficiaires, les habitants de Tokouna qui ont eux-mêmes identifié leur besoin le plus urgent, se réjouissent de l'avancée des travaux. « Nous avons voulu avoir un centre de santé car le plus proche n'est pas très accessible pour les malades », indique la population.
Derrière les ouvrages, le défi de la durée
Estelle Ouoba Kaboré, directrice régionale de l'ADCT pour les régions du Gulmu, de la Tapoa et de la Siriba, replace ces réalisations dans une histoire plus longue. L'intervention de l'Agence dans les régions remonte à 2011. Depuis cette date, plusieurs guichets ont permis de financer des infrastructures au profit des collectivités territoriales. « Pour ce qui concerne la zone de l'Est, toutes les communes ont bénéficié de ces interventions », souligne-t-elle.
Les domaines d'intervention sont multiples : éducation, santé, infrastructures marchandes et autres équipements destinés aux collectivités. Selon la responsable régionale, le volume global des dotations attribuées aux collectivités depuis 2011 dépasse 15 milliards de francs CFA. Ces financements ont été rendus possibles avec l'appui de l'État et de plusieurs partenaires, notamment la coopération suisse, la coopération allemande et la Banque mondiale.
« Il faut accompagner techniquement et financièrement les collectivités, mais aussi sensibiliser les populations à la bonne gestion et à l'entretien des infrastructures réalisées », Estelle Ouoba Kaboré, directrice régionale de l'ADCT (Gulmu)Mais au-delà des montants, Estelle Ouoba Kaboré insiste sur la question de l'appropriation des populations. « Pour avoir des infrastructures de qualité, il faut aussi que ces mêmes bénéficiaires puissent s'impliquer », insiste-t-elle. L'implication doit commencer pendant la réalisation du projet et se poursuivre après la réception de l'ouvrage. Car une salle de classe mal entretenue finit par perdre sa fonction. Une boutique dégradée perd de son attractivité. Un équipement sanitaire mal maintenu devient rapidement moins utile. Le développement local ne s'arrête donc pas au jour où le dernier maçon quitte le chantier mais commence véritablement lorsque les bénéficiaires s'approprient l'ouvrage.
À Fada N'Gourma, Diabo et Diapangou, un local pour vendre, une salle de classe pour apprendre et un espace pour accueillir les patients illustrent, à leur échelle, la manière dont les investissements de l'ADCT contribuent au développement local et à l'amélioration du quotidien des populations.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
En séjour au Nebraska, dans le cadre de l'International Agribusiness and Manufacturing Fair (IAM-Fair 2026), l'ambassadeur du Burkina Faso près les USA, Kassoum Coulibaly, a rencontré la communauté burkinabè établie dans cet Etat. Au cours de ce passage, l'ancien ministre en charge de la défense, général de Brigade Kassoum Coulibaly, a également eu un entretien avec le Secrétaire d'État du Nebraska, à l'issue duquel, il a invité son interlocuteur à une visite au Burkina, afin de constater les efforts de développement engagés sous le leadership du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
Sous l'égide du délégué du Haut conseil des Burkinabè de l'Extérieur (HCBE), Siméon Ramdé, et de l'Association des Burkinabè du Nebraska, la rencontre a offert un cadre d'échanges directs entre le diplomate et ses compatriotes autour de la situation nationale, des préoccupations de la diaspora et de sa contribution au développement du Burkina Faso, rapporte la Section Communication et Culture de l'Ambassade, dans une publication du 8 septembre.
L'occasion a donc été propice pour le diplomate, qui a ainsi donné des nouvelles du pays, notamment les efforts engagés dans la reconquête du territoire national, dont environ 75 % sont aujourd'hui sous le contrôle de l'État, ainsi que les avancées réalisées sur plusieurs chantiers de développement.
« Il a fait état de la dynamique engagée sous la direction du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, notamment dans les domaines du développement économique et social, des infrastructures et de la souveraineté nationale. L'Ambassadeur a alors invité ses compatriotes à garder confiance dans la marche du pays et à demeurer mobilisés pour accompagner les efforts en cours. Les échanges qui ont suivi ont porté sur plusieurs sujets, notamment les questions d'immigration, les rapports entre la communauté, le Haut Conseil des Burkinabè de l'Extérieur (HCBE) et les associations, les services consulaires, ainsi que les possibilités de renforcer les échanges économiques et culturels entre le Burkina Faso et les États-Unis », lit-on dans le compte-rendu, d'où il ressort que les participants ont également relevé la qualité des rapports entretenus entre l'équipe actuelle de l'Ambassade et les Burkinabè vivant aux États-Unis, ainsi que la disponibilité de la représentation diplomatique pour la communauté.
« Face aux différentes préoccupations soulevées, l'ambassadeur s'est voulu rassurant, réaffirmant la disponibilité de l'Ambassade à accompagner les initiatives de la diaspora, en particulier celles orientées vers l'investissement au Burkina Faso. Il a notamment évoqué l'appui des services consulaires et les facilitations pouvant être accordées en matière de visas aux investisseurs désireux de se rendre au Burkina Faso pour explorer ou concrétiser des opportunités de partenariat. L'ambassadeur Kassoum Coulibaly a, par ailleurs, félicité les Burkinabè du Nebraska pour leur mobilisation exemplaire, leur dynamisme et leur attachement au pays. Il les a encouragés à préserver la cohésion et la solidarité qui constituent des atouts importants pour une diaspora organisée et capable de contribuer davantage au développement national. Il les a enfin exhortés à ne jamais céder au découragement, à persévérer dans leurs efforts et à continuer de croire en leur capacité à apporter leur pierre à l'édification du Burkina Faso », informe la Section Communication et Culture de l'Ambassade, qui apprend également qu'au cours de séjour, le diplomate burkinabè, Kassoum Coulibaly, a eu un entretien avec le Secrétaire d'État du Nebraska, Robert Evnen.
« Les échanges ont porté sur les perspectives de coopération et de partenariat entre le Burkina Faso et l'État du Nebraska, notamment dans des domaines d'intérêt commun. À cette occasion, l'Ambassadeur Coulibaly a invité son interlocuteur à effectuer une visite au Burkina Faso, afin de découvrir le pays et de constater les efforts de développement engagés sous le leadership du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Le Secrétaire d'État du Nebraska a favorablement accueilli et accepté l'invitation, ouvrant ainsi la voie à un approfondissement des échanges entre les deux parties », peut-on lire sur le site de l'Ambassade.
Lefaso.net
Source : Section Communication et Culture de l'Ambassade