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Un nouveau rapport de la Banque mondiale alerte sur l'urgence de repenser la gestion de l'eau dans l'agriculture mondiale. L'ambition est d'aboutir notamment à une sécurité alimentaire consolidée, une préservation accrue des ressources naturelles, et la création potentielle de près de 245 millions d'emplois durables, en Afrique subsaharienne en particulier.
Dans un monde qui comptera près de 10 milliards d'habitants à l'horizon 2050, la question de l'eau devient centrale. Publié le 19 mars 2026 à Washington, le rapport intitulé “Nourish and Flourish : Water Solutions to Feed 10 Billion People on a Livable Planet'' met en lumière un paradoxe préoccupant. Alors que certaines régions surexploitent leurs ressources hydriques, d'autres, pourtant bien dotées, n'en tirent pas pleinement profit.
Selon les conclusions du rapport, les pratiques actuelles ne permettent de soutenir durablement la production alimentaire que pour moins de la moitié de la population mondiale actuelle. Une situation qui appelle à un changement profond des modèles agricoles et de gestion de l'eau.
Rééquilibrer l'usage de l'eau pour produire mieux et durablement
Le document propose un cadre innovant reposant sur une approche différenciée selon les réalités des pays. En croisant le niveau de stress hydrique et le positionnement commercial (importateur ou exportateur de denrées alimentaires), ce modèle identifie plusieurs leviers d'action. Il préconise notamment de développer l'agriculture pluviale dans les zones riches en eau, de renforcer les investissements dans l'irrigation là où elle peut stimuler la production et l'emploi, de réduire la surconsommation dans les régions en stress hydrique. Il recommande aussi de miser sur le commerce international lorsque produire localement n'est pas viable.
Selon le directeur général et directeur de la gestion des connaissances du groupe de la Banque mondiale, Paschal Donohoe, « la manière dont nous gérons l'eau influencera profondément l'emploi, les moyens de subsistance et la croissance économique ». Une meilleure allocation de cette ressource pourrait ainsi renforcer la résilience des systèmes alimentaires tout en préservant les écosystèmes.
Un potentiel économique considérable pour l'Afrique
Au-delà des enjeux environnementaux, la réforme de la gestion de l'eau représente une formidable opportunité économique. Le rapport estime à 245 millions le nombre d'emplois de long terme pouvant être générés, dont une part importante en Afrique subsaharienne.
Cette dynamique repose en grande partie sur le développement de l'irrigation et la modernisation des systèmes agricoles. Mais ces transformations nécessitent des investissements massifs, évalués entre 24 et 70 milliards de dollars supplémentaires par an d'ici 2050.
Face à ces besoins, les financements publics, bien que conséquents (près de 490 milliards de dollars par an), ne suffisent plus. Le rapport insiste sur la nécessité de mobiliser davantage le secteur privé, en créant un environnement favorable à l'investissement : cadres réglementaires adaptés, institutions solides, accès au financement et aux technologies.
Les agriculteurs eux-mêmes apparaissent comme des acteurs centraux de cette transition. Déjà prêts à co-investir, ils ont toutefois besoin de meilleures conditions d'accès aux marchés, aux équipements et aux outils numériques pour réduire les risques.
Pour le vice-président Planète du groupe de la Banque mondiale, Guangzhe Chen, « la combinaison d'investissements, de politiques favorables et de capitaux privés permet de démultiplier l'impact ». Une approche intégrée qui pourrait transformer en profondeur les systèmes alimentaires mondiaux.
Un financement de 9 milliards de dollars par an d'ici 2030
Consciente de l'urgence, la Banque mondiale a annoncé un renforcement de ses engagements financiers. L'institution prévoit de doubler ses financements dans l'agroalimentaire pour atteindre 9 milliards de dollars par an d'ici 2030, soit environ 5 100 milliards de francs CFA, tout en mobilisant 5 milliards de dollars supplémentaires chaque année.
Ces efforts s'inscrivent dans le cadre de l'initiative AgriConnect, destinée à accompagner les petits exploitants dans leur transition vers une agriculture commerciale, plus productive et durable. À l'intersection des enjeux climatiques, économiques et sociaux, la gestion de l'eau en agriculture apparaît désormais comme un levier stratégique majeur. Nourrir l'humanité tout en préservant les ressources naturelles n'est plus une option, mais une nécessité.
Le message du rapport insiste sur une réalité, sans une transformation profonde et coordonnée des pratiques actuelles, l'équilibre entre production alimentaire et durabilité restera hors de portée. Mais avec des choix éclairés et des investissements ciblés, un avenir où l'on « nourrit et prospère » reste possible.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu ce mercredi à Alger la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, dans le cadre […]
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Zakari Liré a soutenu publiquement sa thèse de doctorat en communication publique le lundi 23 mars 2026 à l'université Laval au Canada. Son travail de recherche a porté sur le thème « La médiation des savoirs locaux dans les institutions d'enseignement supérieur et de recherche en Afrique francophone subsaharienne : le cas de l'université Joseph Ki-Zerbo au Burkina Faso ». À l'issue de sa présentation, le jury a jugé son travail de qualité et conforme aux normes d'un doctorat en communication publique.
Le travail de recherche mené par Zakari Liré a été co-dirigé par les professeurs Henri Assogba et Isabelle Clerc du département d'information et de communication de l'université Laval au Canada. L'impétrant est parti du constat de la faible reconnaissance institutionnelle des savoirs locaux en Afrique et de leurs détenteurs, à laquelle s'ajoutent la non-valorisation des domaines d'intérêt qu'ils mobilisent malgré leur forte pertinence sociale ainsi que l'emprise persistante du modèle universitaire occidental qui constitue un frein à leur intégration dans les dispositifs d'enseignement et de recherche. Il a donc identifié l'université comme une institution privilégiée de médiation du savoir et un potentiel outil de justice cognitive.
La thèse de Zakari Liré avait pour objectif principal de cerner les facteurs qui influencent le processus de médiation des savoirs locaux en recherche universitaire. De façon spécifique, il s'est agit de comprendre l'écosystème de la recherche à l'université Joseph Ki-Zerbo, la démarche d'appropriation des savoirs locaux par les acteurs universitaires ainsi que les représentations des enseignants-chercheurs en tant que facteurs d'influence de leurs attitudes face aux savoirs locaux ou paysans.
La médiation est perçue par le candidat comme un processus dynamique de mise en relation entre différentes entités qui interagissent entre elles dans un espace social donné autour d'un phénomène ou un fait social. Cet espace peut être l'université ou encore un centre de recherche. La mise en relation peut conduire à la transformation de ces entités, donc à leur intégration, à leur appropriation, ou peut conduire à des innovations dans certains cas. La médiation des savoirs, donc, constitue l'ensemble d'un processus médiatique et interactionnel qui concourt à la construction, au partage, à la diffusion, voire à la confrontation des savoirs et des connaissances socialement institutionnalisées.
Zakari Liré a mené sa recherche sur la médiation des savoirs locaux dans les institutions d'enseignement supérieur et de rechercheLe cadre théorique de la thèse mobilise la sociologie de l'acteur-réseau, la sociologie de l'appropriation et les épistémologies du Sud, permettant de concevoir la médiation comme un processus « itératif et intercatégoriel », influencé à la fois par l'écosystème sociotechnique universitaire et par les représentations sociales des acteurs, notamment les enseignants-chercheurs.
Zakari Liré a dans la conduite de sa recherche, adopté une approche méthodologique mixte qui combine des données qualitatives issues d'entrevues menées auprès de 16 enseignants-chercheurs de l'unité de formation et de recherche en sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT) ainsi qu'une analyse quantitative de contenu portant sur 1 017 articles scientifiques produits par la quasi-totalité des enseignants-chercheurs de cette UFR.
L'analyse des résultats obtenus permet de mettre en évidence les tensions épistémologiques qui traversent la médiation des savoirs locaux, notamment en raison des rapports entre chercheurs et communautés locales. Elle révèle en particulier un phénomène de « double invisibilisation » des savoirs locaux, qui résulte à la fois des normes d'appropriation scientifique et des contraintes de diffusion académique. Ce processus permet de mieux comprendre les mécanismes conduisant aux pertes irréversibles de savoirs jugés non valides dans le cadre scientifique.
Le jury présidé par Pr Guylaine Martel et composé de Virginie Hébert, Abdou Bontianti, Philippe Mongeon ainsi que des deux co-directeurs de thèse, a félicité Zakari Liré pour la grande qualité de sa thèse, l'originalité de son objet d'étude, la qualité rédactionnelle ainsi que la structure claire du document qui facilite sa lecture. Le directeur de thèse, Pr Henri Assogba, a indiqué que la thèse présentée par Zakari Liré répond parfaitement aux exigences et aux objectifs attendus d'une thèse de doctorat en communication publique. "Je tiens particulièrement à le féliciter pour son sérieux, sa rigueur et son dynamisme malgré les défis et embûches d'un parcours qui est loin d'être linéaire", a-t-il ajouté.
Au regard de la pertinence du travail présenté, c'est donc à l'unanimité que les cinq membres du jury ont estimé que la thèse répond pleinement aux exigences d'un doctorat en communication publique.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Fidèle à son engagement en faveur de l’innovation et du développement du numérique, Ooredoo Algérie participe en tant que sponsor officiel, à la première édition […]
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Delmastro doit comparaître devant la commission antimafia du Parlement dans les prochains jours
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