Dans un monde marqué par le retour des rivalités entre puissances, la multiplication des conflits et l’intensification des interdépendances économiques, l’économie s’impose désormais comme un instrument de puissance mais aussi de dépendance dans les rapports de force internationaux.
Comment l’économie est-elle devenue un outil central pour analyser les enjeux géopolitiques contemporains ? De quelle manière les conflits et les tensions internationales influencent-ils les dynamiques économiques mondiales ? Quel rôle jouent les acteurs économiques non étatiques sur la scène internationale ? Et en quoi le changement climatique constitue-t-il un défi économique susceptible de transformer les équilibres internationaux ?
À l’occasion de la réédition de son livre « Géopolitique de l’économie » (Eyrolles, février 2026), Sylvie Matelly, directrice de l’Institut Jacques Delors, répond à nos questions :
L’article Géopolitique de l’économie est apparu en premier sur IRIS.
Les guerres ne détruisent plus seulement des territoires ou des infrastructures. Elles perturbent désormais les systèmes écologiques dont dépend la stabilité des sociétés. La guerre en Iran illustre cette évolution. Les frappes visant des installations pétrolières, les incendies industriels et les atteintes aux infrastructures énergétiques ont provoqué d’importantes pollutions atmosphériques et hydriques, exposant les populations à des risques sanitaires immédiats et à long terme.
Dans un monde déjà soumis à de fortes pressions environnementales, ces destructions écologiques liées aux conflits peuvent fragiliser durablement les écosystèmes, les ressources naturelles et les conditions de vie des populations civiles.
Des incendies industriels aux effets atmosphériques majeursLes frappes qui ont touché plusieurs dépôts pétroliers situés à proximité de Téhéran ont généré d’importants panaches de fumée noire au-dessus d’une agglomération de près de dix millions d’habitants.
Les impacts atmosphériques de ce type d’événement peuvent aujourd’hui être observés et documentés par satellite. Les instruments embarqués sur le satellite Sentinel-5P du programme européen Copernicus permettent notamment de mesurer plusieurs polluants atmosphériques, tels que le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre ou le monoxyde de carbone, et de cartographier les panaches générés par des incendies industriels ou des infrastructures énergétiques endommagées. Les conflits contemporains deviennent ainsi de plus en plus observables dans leurs dimensions environnementales depuis l’espace, contribuant à objectiver les dommages écologiques associés aux opérations militaires.
Ces panaches contiennent notamment du benzène, du formaldéhyde, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et autres particules fines. Ces dernières peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et aggraver des pathologies préexistantes, notamment respiratoires et cardiovasculaires[1]. Lorsque l’exposition se prolonge, ces atteintes s’inscrivent dans la durée et peuvent s’accompagner d’une augmentation du risque de cancers, ainsi que de certains troubles neurologiques.
Dans un contexte où la qualité de l’air constitue déjà l’un des principaux problèmes environnementaux en Iran[2], ces incendies industriels viennent ainsi renforcer l’exposition de millions d’habitants à des niveaux élevés de pollution atmosphérique.
Pollution des sols et débris toxiques : l’héritage invisible des conflitsAu-delà des incendies ou autres destructions spectaculaires, les explosions de munitions et les débris militaires peuvent également contaminer durablement les sols. Des analyses menées dans plusieurs zones de conflit ont mis en évidence la présence de métaux lourds[3] tels que le plomb, le cadmium, le nickel ou le chrome dans les zones bombardées. Ces contaminants peuvent être persistants dans les sols et pénétrer progressivement les chaînes alimentaires.
Les destructions urbaines constituent une source majeure de contamination, à travers les débris pouvant contenir amiante, produits chimiques industriels et/ou des restes de munitions non explosées. La gestion de ces matériaux représente souvent l’un des principaux défis environnementaux de l’après-guerre.
Les conflits récents illustrent l’ampleur de ces phénomènes. En Ukraine, les bombardements d’infrastructures industrielles et de zones urbaines ont entraîné la dispersion de nombreux polluants dans l’environnement. Dans la bande de Gaza, les destructions massives d’immeubles et d’infrastructures ont généré des millions de tonnes de décombres, qui vont fortement compliquer les opérations de dépollution et de reconstruction.
Ces formes de contamination, souvent moins visibles que les destructions immédiates, peuvent prolonger les impacts environnementaux et sanitaires d’un conflit pendant des décennies, bien après la fin des combats.
Une crise hydrique aggravée par le conflitLes risques environnementaux liés à la guerre en Iran concernent également les ressources hydriques.
Les explosions et les incendies ont provoqué des écoulements d’hydrocarbures dans les systèmes de drainage urbains et dans certains cours d’eau, pouvant contaminer les sols et les nappes phréatiques. Une pollution susceptible d’altérer durablement la qualité de l’eau.
Cette dégradation intervient dans un pays déjà confronté à une crise de l’eau particulièrement sévère. L’Iran connaît depuis plusieurs années une combinaison de sécheresses plus fréquentes, de surexploitation agricole et de politiques hydrauliques contestées. La surexploitation des nappes phréatiques[4] constitue une autre vulnérabilité majeure.
Dans ce contexte de stress hydrique extrême, les infrastructures liées à l’eau deviennent des éléments particulièrement sensibles. Des accusations d’attaques contre une usine de dessalement sur l’île de Qeshm ont également émergé au cours du conflit, révélant la vulnérabilité croissante des infrastructures hydriques dans les guerres contemporaines.
Dans un contexte de stress hydrique extrême, ces atteintes aux infrastructures de l’eau illustrent la manière dont les conflits peuvent transformer des vulnérabilités environnementales préexistantes en facteurs de déstabilisation sanitaire et sociale.
Des infrastructures environnementales devenues cibles stratégiquesLe conflit iranien révèle une transformation progressive de la nature des affrontements contemporains. Les infrastructures environnementales deviennent des cibles stratégiques.
Les installations énergétiques, les systèmes hydriques, les réseaux d’assainissement ou les routes maritimes constituent aujourd’hui des points névralgiques dont la destruction peut provoquer des perturbations systémiques dans les sociétés.
Les incidents impliquant plusieurs pétroliers dans le Golfe et la mer d’Oman illustrent cette vulnérabilité. Chaque attaque fait planer le risque de marées noires dans une région qui concentre des routes énergétiques majeures et des écosystèmes marins sensibles.
Dans des sociétés fortement dépendantes d’infrastructures complexes pour l’accès à l’eau, à l’énergie ou à l’alimentation, ces installations deviennent des leviers stratégiques majeurs. Leur destruction ne vise pas seulement à affaiblir les capacités militaires de l’adversaire, mais aussi à exercer une pression sur les conditions de vie des populations et sur la stabilité des États.
Le ciblage d’infrastructures environnementales s’inscrit ainsi de plus en plus dans les logiques contemporaines de coercitions et de dissuasions indirectes. En menaçant l’accès à des ressources essentielles comme l’eau ou l’énergie, les belligérants peuvent chercher à fragiliser durablement les équilibres économiques, sanitaires et sociaux de leur adversaire.
Cependant, les atteintes aux écosystèmes dans les zones de conflit ne produisent pas uniquement des effets locaux. Dans un monde déjà confronté aux limites planétaires, ces destructions peuvent fragiliser des systèmes écologiques dont dépend la stabilité globale, transformant certains conflits en perturbations environnementales susceptibles de dépasser largement les zones de combat.
Conflits récents : une tendance mondialeLes guerres ne se déroulent plus dans des espaces isolés, loin des infrastructures et des populations. Les affrontements se déroulent désormais au cœur de territoires densément urbanisés et industrialisés, ce qui amplifie leurs impacts environnementaux et sanitaires.
La dimension écologique des conflits n’est pourtant pas nouvelle. Lors de la guerre du Golfe en 1991, les forces irakiennes avaient incendié plus de six cents puits de pétrole au Koweït[5], provoquant pendant plusieurs mois d’immenses panaches de fumée qui avaient obscurci le ciel de la région et généré l’une des plus grandes catastrophes environnementales liées à un conflit.
Plus récemment, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a entraîné de multiples pollutions industrielles. Les bombardements d’infrastructures énergétiques et d’installations industrielles ont contaminé l’air, les sols et les ressources hydriques. La destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a provoqué des inondations massives dans le bassin inférieur du Dniepr, submergeant de vastes zones naturelles et agricoles. La vidange du réservoir a perturbé les écosystèmes aquatiques et dispersé des polluants industriels ainsi que des sédiments contaminés, avec des impacts environnementaux susceptibles de se prolonger pendant de nombreuses années.
Ces exemples montrent que les conflits contemporains ne détruisent pas seulement des infrastructures ou des territoires : ils peuvent également provoquer des perturbations environnementales durables.
Guerres, pollution et limites planétaires : une nouvelle question de sécurité.La guerre en Iran s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par des pressions environnementales croissantes. Plusieurs limites planétaires identifiées par le Stockholm Resilience Centre sont aujourd’hui dépassées ou fortement perturbées, notamment celles liées au climat, à la pollution, à la biodiversité et aux cycles biogéochimiques.
Dans ce contexte, les conflits armés peuvent agir comme des accélérateurs de dégradation environnementale : incendies industriels, contaminations des sols, pollutions maritimes ou atteintes aux ressources hydriques viennent amplifier des pressions écologiques déjà existantes.
Les conflits armés constituent également une source directe d’émissions de gaz à effet de serre. En 2022, les forces armées et leurs chaînes d’approvisionnement représentaient 5,5 % des émissions mondiales[6]. Un niveau comparable, voire supérieur, à celui de certains secteurs civils fortement médiatisés comme l’aviation. Dans un contexte de réarmement accéléré et de multiplication des conflits, cette empreinte carbone est probablement aujourd’hui encore plus élevée.
Pourtant, ces dimensions restent largement absentes des débats publics sur les responsabilités environnementales. La stabilité des sociétés dépend pourtant de plus en plus du bon fonctionnement des systèmes écologiques qui soutiennent la vie humaine. Lorsque ces systèmes sont dégradés, les conséquences sont multiples : crises sanitaires, pénuries d’eau, insécurité alimentaire, déplacements de population… mettant en péril la résilience de l’après-conflit.
Dans un monde déjà contraint par les limites planétaires, les destructions environnementales liées aux conflits constituent ainsi un facteur supplémentaire d’instabilité globale. Elles rappellent que la sécurité humaine ne dépend pas uniquement de l’équilibre des puissances ou des capacités militaires, mais aussi de la préservation des systèmes écologiques dont dépendent les sociétés.
Dans ce contexte, la guerre apparaît de plus en plus comme un facteur de crise écologique à part entière.
À l’heure où l’on débat des responsabilités écologiques et sanitaires des secteurs aérien, agricole ou routier, le coût environnemental des conflits et de l’incapacité persistante de nos sociétés à résoudre leurs différends autrement que par la violence reste largement sous-estimé.
[1] WHO, Air pollution and health risk assessment, 2021.
[2] Taghizadeh, F., Mokhtarani, B. & Rahmanian, N. “Air pollution in Iran: The current status and potential solutions”. Environ Monit Assess 195, 737 (2023). https://doi.org/10.1007/s10661-023-11296-5
[3] Altahaan, Z.; Dobslaw, D. “The Impact of War on Heavy Metal Concentrations and the Seasonal Variation of Pollutants in Soils of the Conflict Zone and Adjacent Areas in Mosul City”. Environments 2024, 11, 247. https://doi.org/10.3390/environments11110247
[4] Jasechko, S., Seybold, H., Perrone, D. et al. “Rapid groundwater decline and some cases of recovery in aquifers globally”. Nature 625, 715–721 (2024). https://doi.org/10.1038/s41586-023-06879-8
[5] UNEP, Desk Study on the Environment in Iraq, 2003.
[6] Conflict and Environment Observatory, Estimating the Military’s Global Greenhouse Gas Emissions, 2022.
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Thirty years after establishing a customs union with the European Union (EU), Ankara sees growing economic risks in the EU’s free trade agreements with third countries, most recently India. While negotiations on the EU–India Free Trade Agreement were concluded at the end of January, and security cooperation between the EU and India is now also to be expanded, Ankara remains on the sidelines. From Turkey’s perspective, the agreement could also weaken its significance in the EU’s strategic calculus. Ankara is therefore making a strong case for the modernisation of the customs union. It cannot be ruled out that the structural asymmetries of the customs union will become even more entrenched to Turkey’s detriment: Market integration without political participation may place Turkey at a lasting disadvantage and strain its relations with the EU. Once the free trade agreement enters into force, Indian products will gain easier access to the Turkish market, whereas Turkish products will not gain corresponding access to India. Due to geopolitical differences with India, Turkey also sees risks to its own regional interests. Brussels and Berlin could use this constellation to put cooperation with Ankara on a viable institutional footing.
Die Parlamentswahlen in Bangladesch am 12. Februar 2026 markierten eine Zäsur in der neueren Geschichte des Landes. Im August 2024 war Premierministerin Sheikh Hasina gestürzt worden, die mit einer Unterbrechung insgesamt 20 Jahre amtiert hatte. Anschließend übernahm eine Interimsregierung unter Führung des Friedensnobelpreisträgers Muhammad Yunus die Amtsgeschäfte. Ihr gelang es nach zwei unsicheren Jahren, formal ordnungsgemäße Wahlen durchzuführen. Das politische System Bangladeschs hat damit eine hohe institutionelle Resilienz bewiesen. Zugleich wirft das Wahlergebnis neue Fragen auf, was die Zukunft des demokratischen Pluralismus im Land angeht. So bedeutet der klare Wahlsieg der Nationalistischen Partei Bangladeschs (BNP), dass auch weiterhin eine der beiden historischen Familiendynastien an der Spitze des Landes stehen wird. Stimmenzuwächse erzielte das muslimisch-fundamentalistische Lager, was die gesellschaftliche Rolle der Frauen einschränken und eine Wiederannäherung Bangladeschs an das Nachbarland Indien erschweren könnte.
Wegen der steigenden Öl-Preise lockern die USA vorübergehend die Sanktionen gegen Russland. Claudia Kemfert, Leiterin der Abteilung Energie, Verkehr, Umwelt im DIW Berlin, kommentiert dies wie folgt:
Die temporäre Lockerung der Ölsanktionen gegen Russland ist energie- und geopolitisch ein falsches Signal. Sanktionen sollen den finanziellen Spielraum für Kriegsführung begrenzen. Wenn sie kurzfristig aufgeweicht werden, stärkt das genau jene fossilen Machtstrukturen, die Konflikte überhaupt erst ermöglichen. Die temporäre Lockerung der Ölsanktionen gegen Russland ist ein klassischer energiepolitischer Kurzschluss: Ein kurzfristiges Markt- oder Preisproblem wird ausgerechnet mit der Energiequelle beantwortet, die das Problem strukturell verursacht hat.
Wir sehen hier erneut das Muster der Fossilokratie: Kurzfristige Interessen am fossilen Energiesystem werden über langfristige sicherheits-, klima- und energiepolitische Ziele gestellt. Das stabilisiert Abhängigkeiten statt sie zu überwinden. Gerade jetzt wäre das Gegenteil notwendig: eine konsequente Reduktion fossiler Abhängigkeiten durch den beschleunigten Ausbau erneuerbarer Energien, Effizienz, Elektrifizierung und resilientere Energiesysteme. Wer Sanktionen gegen fossile Kriegsfinanzierung lockert, begeht einen energiepolitischen Kurzschluss – und verlängert damit die fossile Abhängigkeit und ihre geopolitischen Konflikte.
The policy brief by Ioannis Alexandris (Research Fellow, Wider Europe Programme – ELIAMEP & Researcher, think nea – New Narratives of EU Integration) and Dimitra Koutouzi (Defence Policy Analyst), “From Nuuk to Reykjavik: The High North’s geopolitical scramble and the consequences for the EU and its enlargement policy”, was prepared in the framework ELIAMEP’s initiative think nea – New Narratives of EU Integration, supported by the Open Society Foundations – Western Balkans.
This policy brief explores how the rapidly evolving geopolitical dynamics in the Arctic are intersecting with the European Union’s enlargement policy. Heightened strategic competition in the High North—combined with uncertainty surrounding the transatlantic security architecture—has reopened debates in Iceland about reviving its EU accession process. Against this backdrop, the brief examines how a potential Iceland track could reshape the EU’s broader enlargement agenda.
While Iceland represents a relatively “low-friction” candidate due to its deep regulatory alignment with the EU, its potential return to accession negotiations raises important questions about the coherence and credibility of the Union’s enlargement strategy. Progress with an advanced Nordic partner could generate political momentum for enlargement but may also risk overshadowing more politically complex accession processes in the Western Balkans and Eastern Europe. Countries that have waited over a decade in the accession queue may perceive accelerated progress for Iceland as evidence of a differentiated enlargement logic driven by geopolitical urgency rather than merit-based conditionality.
The brief therefore situates Iceland within the EU’s evolving enlargement landscape, highlighting how geopolitical considerations—including Arctic security, strategic autonomy, and shifting transatlantic relations—are increasingly shaping accession debates. Ultimately, it argues that the Union must balance strategic opportunities in the North Atlantic with the need to maintain credibility and fairness toward existing candidates, particularly in the Western Balkans.
You can read the policy brief here.
One of the main arguments for implementing public works programmes (PWPs) instead of other social protection schemes such as cash transfers is that the assets created through these programmes themselves can generate medium- to long-term benefits. This is particularly important as the costs for supervision and the construction materials can account for up to 70 per cent of programme budgets. Despite this, there is scarce empirical evidence on PWPs’ effects through the “asset channel”: indeed; most studies have focused solely on the traditional “wage channel”. To bridge this gap, this paper examines whether and how assets created under Malawi’s Climate-Smart Enhanced Public Works Programme (CS-EPWP) – a programme recently implemented by the government of Malawi and funded by the World Bank – strengthen the resilience of households to climate shocks such as droughts and floods. The paper relies on case study analysis using primary qualitative data based on focus group discussions and key informant interviews with different stakeholders at the national, district and community levels. Interviews were conducted during fieldwork in September 2024 in two southern districts of Malawi highly affected by climate change. The analysis is complemented by site visits and quantitative survey data on asset quality. By combining these methods, we find that the CS-EPWP generates durable, community-maintained assets, which in turn enhance households’ capacity to cope with and adapt to climate shocks. In particular, land-based assets provide multiple benefits for both households and communities, while forest-based interventions are expected to generate similar long-term gains, though further research is needed to confirm their (long-term) impacts. To maximise the impact of climate-smart public works programmes, policymakers and donors should align asset creation with climate objectives and adopt participatory approaches to ensure their relevance, maintenance and long-term sustainability.
Sophia Schubert is an independent researcher.
Dr Donald Makoka is a Senior Research Fellow at the Centre for Agricultural Research and Development (CARD) of the Lilongwe University of Agriculture and Natural Resources (LUANAR) in Malawi.
One of the main arguments for implementing public works programmes (PWPs) instead of other social protection schemes such as cash transfers is that the assets created through these programmes themselves can generate medium- to long-term benefits. This is particularly important as the costs for supervision and the construction materials can account for up to 70 per cent of programme budgets. Despite this, there is scarce empirical evidence on PWPs’ effects through the “asset channel”: indeed; most studies have focused solely on the traditional “wage channel”. To bridge this gap, this paper examines whether and how assets created under Malawi’s Climate-Smart Enhanced Public Works Programme (CS-EPWP) – a programme recently implemented by the government of Malawi and funded by the World Bank – strengthen the resilience of households to climate shocks such as droughts and floods. The paper relies on case study analysis using primary qualitative data based on focus group discussions and key informant interviews with different stakeholders at the national, district and community levels. Interviews were conducted during fieldwork in September 2024 in two southern districts of Malawi highly affected by climate change. The analysis is complemented by site visits and quantitative survey data on asset quality. By combining these methods, we find that the CS-EPWP generates durable, community-maintained assets, which in turn enhance households’ capacity to cope with and adapt to climate shocks. In particular, land-based assets provide multiple benefits for both households and communities, while forest-based interventions are expected to generate similar long-term gains, though further research is needed to confirm their (long-term) impacts. To maximise the impact of climate-smart public works programmes, policymakers and donors should align asset creation with climate objectives and adopt participatory approaches to ensure their relevance, maintenance and long-term sustainability.
Sophia Schubert is an independent researcher.
Dr Donald Makoka is a Senior Research Fellow at the Centre for Agricultural Research and Development (CARD) of the Lilongwe University of Agriculture and Natural Resources (LUANAR) in Malawi.
One of the main arguments for implementing public works programmes (PWPs) instead of other social protection schemes such as cash transfers is that the assets created through these programmes themselves can generate medium- to long-term benefits. This is particularly important as the costs for supervision and the construction materials can account for up to 70 per cent of programme budgets. Despite this, there is scarce empirical evidence on PWPs’ effects through the “asset channel”: indeed; most studies have focused solely on the traditional “wage channel”. To bridge this gap, this paper examines whether and how assets created under Malawi’s Climate-Smart Enhanced Public Works Programme (CS-EPWP) – a programme recently implemented by the government of Malawi and funded by the World Bank – strengthen the resilience of households to climate shocks such as droughts and floods. The paper relies on case study analysis using primary qualitative data based on focus group discussions and key informant interviews with different stakeholders at the national, district and community levels. Interviews were conducted during fieldwork in September 2024 in two southern districts of Malawi highly affected by climate change. The analysis is complemented by site visits and quantitative survey data on asset quality. By combining these methods, we find that the CS-EPWP generates durable, community-maintained assets, which in turn enhance households’ capacity to cope with and adapt to climate shocks. In particular, land-based assets provide multiple benefits for both households and communities, while forest-based interventions are expected to generate similar long-term gains, though further research is needed to confirm their (long-term) impacts. To maximise the impact of climate-smart public works programmes, policymakers and donors should align asset creation with climate objectives and adopt participatory approaches to ensure their relevance, maintenance and long-term sustainability.
Sophia Schubert is an independent researcher.
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