Le Premier ministre Sébastien Lecornu poursuit lundi ses consultations des formations politiques, avant un Conseil des ministres en fin de journée pour présenter en urgence une loi spéciale destinée à sortir de l’impasse budgétaire, après l’échec de l’examen parlementaire du budget de l’État.
Dernier recours pour permettre de financer temporairement l’État et les administrations, un vote devrait intervenir d’ici mardi, à l’Assemblée et au Sénat, pour entériner cette loi spéciale qui vise à reconduire provisoirement le budget 2025, avant la reprise de nouvelles discussions budgétaires en janvier.
Objectif annoncé par la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin : qu’une véritable loi de finance 2026 soit adoptée avant « la fin janvier ». « Les quinze premiers jours de janvier », a même renchéri lundi le rapporteur du budget à l’Assemblée Philippe Juvin (LR) sur BFMTV/RMC.
« Trouver les conditions d’une solution »Après l’échec vendredi d’une commission de sénateurs et députés à trouver un accord, le Premier ministre était à la tâche dès dimanche, entamant une nouvelle série de consultations des partis politiques « pour trouver les conditions d’une solution ». Il a notamment discuté avec les chefs des groupes parlementaires Renaissance et Horizons et les présidents des groupes MoDem et Liot.
Les responsables du Parti socialiste, partenaires privilégiés de Sébastien Lecornu lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, et à qui il a concédé notamment la suspension de la réforme des retraites, seront reçus lundi à partir de 10h30. Le Premier ministre doit aussi s’entretenir avec le Parti communiste (15 heures), les Écologistes (16 heures) et Les Républicains (17h30).
« Nous leur disons deux choses simples. Est-ce qu’on est bien d’accord que notre objectif collectif, c’est qu’entre maintenant et fin janvier, il y ait un budget pour la France, un vrai budget, pas un budget service minimum », a détaillé Amélie de Montchalin dimanche soir.
« Et la deuxième chose qu’on dit, c’est que pour qu’il y ait un budget, il faut qu’il y ait un compromis », a-t-elle ajouté.
Recours au 49.3À l’issue de ces discussions, un Conseil des ministres destiné à présenter le projet de loi spéciale est prévu en fin de journée, au retour d’Emmanuel Macron d’Abou Dhabi.
Dans la foulée, les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat auditionneront lundi soir et mardi le ministre de l’Économie Roland Lescure et Amélie de Montchalin. L’objectif est que ce texte puisse être voté mardi par les deux chambres.
Comme l’année dernière, il ne devrait y avoir « aucune voix contre », a pronostiqué sur RTL le président insoumis de la commission des Finances Éric Coquerel. Mais il faudra dès la rentrée reprendre les discussions pour tenter de trouver un budget 2026.
Reste qu’après deux mois de discussions qui n’ont pas permis d’aboutir, le doute subsiste sur la capacité du Premier ministre à obtenir ce compromis, entre une droite sénatoriale attachée aux économies et aux baisses d’impôts et une Assemblée où la gauche réclame plus de recettes et moins de coupes budgétaires.
Des voix s’élèvent de plus en plus fort pour réclamer que le Premier ministre ne prolonge pas la navette parlementaire indéfiniment et utilise l’article 49.3 de la Constitution, alors que Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas y recourir, à la demande du Parti socialiste.
« Je pense que le Parti socialiste sera d’accord pour un 49.3. Ce sont des gens responsables, il faut simplement les traiter », a estimé lundi le rapporteur Philippe Juvin. Selon lui, le texte soumis au 49.3 devrait « partir de celui voté au Sénat » en y ajoutant des amendements « sur lesquels on se met rapidement d’accord ».
Dans ce cas, le 49.3 ne serait « pas un passage en force » mais « un aveu d’échec du parlementarisme », a estimé sur TF1 le chef des députés MoDem Marc Fesneau. Samedi, le patron de LR Bruno Retailleau a aussi enjoint au Premier ministre de dégainer cette arme constitutionnelle pour octroyer un budget « responsable au pays », avec « moins d’impôt et de dépenses ».
Mais pour Amélie de Montchalin, il y aura dans le budget « des hausses d’impôts qu’il faudra cibler, choisir, décider ensemble. Et puis il y aura des économies qu’il faudra cibler, choisir et décider ensemble ».
Alors que le Parlement se prépare à une adoption en début de semaine d’une « loi spéciale », Philippe Juvin demande ce lundi à Sébastien Lecornu « d’activer le 49.3 ».
« Mon souhait c’est qu’on prenne le texte du Sénat, nous l’amendons de manière collective (…) Le Premier ministre en fait sa copie et il pourrait dire à l’Assemblée sur cette base je fais un 49.3 et j’engage la responsabilité de mon gouvernement », détaille le rapporteur LR du budget à l’Assemblée nationale, sur BFMTV.
Sans 49.3, il estime qu’« on est repartis pour un débat qui va durer quelques semaines ».
« Il nous a manqué du temps »Sur la loi spéciale - qui doit être « votée dans les 15 (premiers) jours de janvier » -, Philippe Juvin dit que « ce n’est pas grave, c’est ce qui s’était passé l’année dernière ». « Comme il n’y a pas de budget voté, on va voter une loi spéciale (…) On en aura forcément un (budget), parce qu’on ne peut pas rester un an sous l’empire d’une loi spéciale, qui est une loi minimale qui ne permet pas de faire des investissements », ajoute-t-il.
Le rapporteur LR du budget à l’Assemblée nationale explique qu’en 14 ans, la commission mixte paritaire (CMP) n’a été conclusive que deux fois. « Ce qu’on vit aujourd’hui, c’est la règle. Sauf que d’habitude, l’année dernière exceptée, on a devant nous un peu plus de temps pour reprendre le texte avant la date fatidique du 31 décembre », poursuit-il.
« Il nous a manqué du temps », admet-il, indiquant qu’ils ont reçu ce budget deux semaines en retard. « C’est pour ça qu’on n’y est pas arrivés, vous m’auriez donné cinq, six jours de plus, on bouclait l’affaire, j’avais un quasi-accord chez les députés, y compris en embarquant les socialistes », assure-t-il. Il explique que les socialistes sont d’accord « en privé » avec l’utilisation du 49.3 : « Ils souhaitent la stabilité, ce sont des gens responsables ».
Philippe Juvin souhaite aussi réduire le déficit sous 5 % : « Il faut que nous trouvions a minima 9 milliards, plus sur les dépenses que sur les recettes ».
On s’en indignera car il est insupportable de voir de telles violences à l’occasion d’une campagne municipale, mais est-ce bien surprenant ? Regardons, par exemple, le spectacle donné au Parlement. Certes, l’Assemblée a toujours connu des débats enflammés, on y a souvent apprécié les joutes verbales en ce qu’elles avaient d’érudition, saluant au passage la qualité oratoire et les discours de certains élus. Il y avait des lettres et de la culture.
Aujourd’hui, il n’en reste plus grand-chose, il n’y a plus la connaissance ni les mots, et quand on n’a plus le vocabulaire, l’insulte et la menace ne sont jamais loin. La scène politique est devenue un ring sur lequel on grimpe pour se battre sans tenue, on vocifère et on s’indigne outrageusement.
Le bâtiment de l’hôtel de ville a revêtu ses plus beaux atours, mais l’ambiance n’est pas particulièrement à la fête dans la course à la mairie d’Ermont. Le contexte de la campagne des municipales dans cette commune du Val-d’Oise est même particulièrement maussade, à l’image de la météo de ce premier dimanche des vacances de Noël.
Même si des enquêtes sont en cours — et il faudra en attendre les résultats pour avoir une idée précise —, plusieurs événements habituellement rangés dans la rubrique des faits divers ont émaillé la vie politique locale ces derniers mois.
Sa mise en retrait en début d’année pour « raisons de santé » avait constitué pour Aude Lagarde (UDI) un premier « déchirement », comme elle l’avait écrit dans une lettre à la population. L’annonce, en exclusivité au Parisien, de sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat de maire de Drancy en mars en est un autre : « Est-ce que je peux garantir aux habitants que je pourrai assurer mes fonctions pendant six ans ? La réponse est non. Je me dois d’être raisonnable. »
Première magistrate de cette ville de 70 000 habitants depuis 2017, succédant à son époux Jean-Christophe Lagarde (UDI) en raison de l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats, Aude Lagarde, 49 ans, évoque un choix « personnel et collectif ». « Je ne veux pas mentir aux Drancéens, explique-t-elle, visiblement émue. J’ai été transparente et sincère quand je me suis arrêtée (entre janvier et mars), je n’ai pas voulu me cacher. »
Ils ont été des amis de trente ans. Ils ne le sont plus. Et leur rivalité ne fait pas vraiment dans la douceur d’une mer bleu azur. La bataille des municipales à Nice, dans les Alpes-Maritimes, entre les deux poids lourds de la vie politique locale (et nationale), le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) et le député Éric Ciotti (UDR), s’annonçait, sur le papier, musclée. Elle ne déjoue pas, à cette heure, ce pronostic.
En attendant les programmes complets qui seront dévoilés en début d’année 2026, piques et polémiques distillées plus moins directement, ou par les entourages, sont de sortie depuis quelques semaines.
Dimanche 7 décembre, vers 11 heures, sur le marché de Noël à Isle (Haute-Vienne). Escorté de son équipe de campagne, Vincent Rey se promène entre les chalets en bois quand, soudain, un individu fond sur lui, sort une lame de dix centimètres et la pointe sous sa cravate. « Je ne vous aime pas », lui lance-t-il, visiblement agité. Sidéré, le candidat, qui défie le maire sortant Gilles Bégout, lors des municipales des 15 et 22 mars 2026, reste coi. « Posez votre couteau, il va y avoir un incident », réplique-t-il. Apostrophé par une passante, l’homme se ravise avant d’être interpellé, un peu plus tard, par la police.
Vincent Rey, qui a déposé plainte le lendemain, l’avait déjà croisé, une semaine plus tôt, sans y prêter grande attention. « Il m’avait reproché de travailler dans un lycée privé, mais ça en était resté là », se souvient-il. L’homme, qui a plaidé « l’humour » pour son geste, figurerait sur les tracts de campagne de Gilles Bégout.
Certains l’appellent la forteresse. D’autres, la citadelle ou la pieuvre. Mais le ministère de l’Économie ressemble aujourd’hui à un labyrinthe politique. Arrivé au 139, rue de Bercy, dans le XIIe arrondissement de Paris, prenez le long chemin de gravillons afin d’atteindre l’hôtel des ministres. Sur votre gauche, utilisez l’un des ascenseurs, sans vous tromper de bouton. Au troisième étage, vous trouverez Sébastien Martin (Industrie) et ses équipes, Serge Papin (Commerce) et David Amiel (Fonction publique) travaillent au quatrième, Amélie de Montchalin (Comptes publics), un étage plus haut, enfin, au sommet, vous pourrez croiser Anne Le Hénanff (Numérique) et le patron Roland Lescure (Économie et Finances).
Sous la plupart des précédents gouvernements, Bercy fonctionnait de manière verticale : un chef au sixième étage et des ministres délégués sous sa tutelle. En composant son gouvernement cet automne, Sébastien Lecornu tenait à rééquilibrer les jeux de pouvoir et d’influence. Ainsi, Amélie de Montchalin a pris son autonomie sur le budget, tout comme Serge Papin sur les entreprises et le commerce.
Tout s’est joué sous le sol de Paris. Difficile de savoir quand la tentative de vol a eu lieu, mais les enquêteurs l’estiment entre le 19 et 23 décembre derniers. Pendant ce laps de temps, plusieurs individus ont tenté de dérober des bijoux à l’intérieur d’une bijouterie du passage Choiseul, dans le IIe arrondissement de la capitale.
Pour ce faire, les braqueurs ont choisi d’entrer non pas par la porte de la bijouterie, mais par une autre adresse, rue Saint-Augustin, à l’entrée nord du passage Choiseul, nous indique une source policière. Toujours selon cette source, ils ont accédé à la cave de l’immeuble, avant de fracturer la serrure d’une cave voisine à celle de la bijouterie.
Impossible d’ouvrir le coffreUne fois dans le rez-de-chaussée de leur cible, ils ont pu monter au premier étage, là où se trouve un coffre-fort. Contacté, le parquet de Paris indique que les malfaiteurs ont déconnecté le système d’alarme avant de percer à trois reprises le fameux coffre-fort… en vain.
Selon notre source policière, « les caméras de vidéo surveillance avaient été neutralisées par les cambrioleurs » et un tournevis aurait été retrouvé. Un maigre indice qui servira tout de même aux enquêteurs du premier district de police judiciaire de Paris, à qui le parquet a confié l’enquête.
En octobre dernier, un braquage raté d’une bijouterie avait déjà eu lieu à Paris. Rue Réaumur, deux hommes armés d’un fusil sont restés bloqués à l’extérieur de la boutique. Vêtus d’habits de chantier, ils avaient prétexté venir pour des travaux dans la bijouterie. Sauf que personne ne leur avait ouvert la porte. Les deux individus avaient alors pris la fuite.
Après avoir poussé la lourde porte d’entrée de cette résidence cossue, située dans le XVIe arrondissement de Paris, le visiteur perçoit quelques notes de piano, qui résonnent timidement dans le hall de l’immeuble. Casquette, boucle d’oreille et large sourire, le musicien vient nous chercher, quelques instants plus tard. Lui, c’est Audric de Oliveira. Il est pianiste et, en même temps, gardien d’immeuble depuis deux ans déjà.
Dans sa petite loge au rez-de-chaussée, quelques photos aux murs, des vinyles et des biographies de compositeurs soigneusement rangés dans une bibliothèque… « J’ai essayé de créer mon petit cocon ici, je m’y sens bien », confie-t-il devant une tasse de café.
Nouveau rebondissement dans le dossier de la pollution de l’air dans le métro parisien. Alors qu’une expertise commandée par le CSE des conducteurs devait débuter en janvier pour étudier de plus près les particules fines inhalées par les cheminots, la direction de la RATP a décidé de contester ladite enquête en saisissant le tribunal judiciaire. L’entreprise vient de l’annoncer dans un courrier adressé à l’expert mandaté pour réaliser l’étude.
Dans cette missive de trois pages que Le Parisien a pu consulter, la direction demande plusieurs précisions sur le déroulé même de l’expertise : le protocole pour effectuer les prélèvements, la méthodologie arrêtée pour sélectionner les 5 lignes de métro qui doivent être passées au crible, le contenu du questionnaire de santé qui sera adressé aux salariés mais aussi le nombre de conducteurs concernés par les mesures qui seront faites en cabines.
Bruno Ecuele Manga avait 18 ans lorsqu’il a été appelé pour la première fois en sélection du Gabon le 8 octobre 2006. Presque vingt ans plus tard, le défenseur central, âgé aujourd’hui de 37 ans, est toujours là. C’est même avec le brassard des Panthères qu’il va disputer la 6e CAN de sa carrière. « Je ne suis pas quelqu’un qui est dans les chiffres, avance-t-il. Je trace mon bout de chemin. Être disponible pour la Nation, la sélection, les coéquipiers, c’est toujours un honneur et un plaisir. »
Si les autres leaders de la sélection comme Aubameyang (OM) ou Lemina (Galatasaray) disputent des Coupes d’Europe, lui bataille chaque vendredi soir pour le maintien en National (3e Division française) avec le modeste Paris 13 Atletico. Après une carrière bien remplie en Ligue 1 (Lorient, Dijon), Ligue 2 (Angers) et marquée par six saisons au Royaume-Uni à Cardiff, où il a connu la Premier League, Ecuele Manga a changé de standing en signant en janvier 2025 pour le club parisien, lui qui restait sur six mois de chômage.
La veille de Noël s’annonce compliquée pour les usagers de la ligne 5. Ce mercredi matin, le trafic est très perturbé entre les stations Jaurès et République en raison d’une panne de signalisation survenue à Gare du Nord. L’annonce a été faite par la RATP dès 7h20 ce matin.
Une interruption totale du trafic est même intervenue l’espace de 20 minutes avec une reprise estimée à 12h30. La circulation a finalement repris plus tôt que prévu mais toujours avec des ralentissements. Une perturbation d’autant plus problématique qu’elle survient en pleine veille de Noël, alors que des milliers de voyageurs s’apprêtent à rejoindre leurs proches en province.
Gare de l’Est et Gare du Nord impactésLe timing ne pouvait pas être plus mal choisi. La section concernée dessert en effet deux gares parisiennes majeures : la gare du Nord et la gare de l’Est. L’interruption et ralentissements de la ligne 5 complique ainsi considérablement l’accès à ces points névralgiques du réseau ferré national.
En attendant que le trafic soit fluide, les voyageurs peuvent emprunter des itinéraires alternatifs. Les lignes 2, 4 et 7 permettent également de rejoindre les grandes gares parisiennes.
Devant le tribunal administratif de Paris, ils sont une petite trentaine à avoir bravé le froid, ce matin du mardi 23 décembre. Certains tiennent des drapeaux aux couleurs de leur syndicat. D’autres ont revêtu leur blouse blanche. Une pancarte de soutien à Majdouline est brandie. C’est pour cette infirmière, écharpe autour du cou et calot orné de motifs fantaisie vissé sur la tête, que le rassemblement est organisé.
La jeune femme de 32 ans, qui travaillait depuis 2018 à la Pitié-Salpêtrière (XIIIe), a été renvoyée en novembre, après onze mois de litige avec sa direction. Alors que, pendant des années, l’équipement en tissu - habituellement porté au bloc opératoire ou en réanimation - n’avait jamais posé de problème, en décembre 2024, on lui a demandé de l’ôter. Ce qu’elle a toujours refusé de faire, malgré la pression et les convocations répétées.