20 % des habitants de Serbie ne se déclarent pas serbes, mais albanais, bosniaques, hongrois, roms ou ruthènes... 23 Conseils nationaux sont supposés défendre les intérêts de ces communautés, mais ils ont été mis au pas par le SNS au pouvoir.
- Articles / Société, Populations, minorités et migrations, Serbie, Politique, Roms Balkans, Radio Slobodna EvropaÀ la veille de l'affiche très attendue entre les Étalons du Burkina Faso et les Éléphants de Côte d'Ivoire, Boureima Maïga, ancien international burkinabè, livre son analyse du choc. Entre pression du champion en titre, ajustements tactiques nécessaires, choix de l'entraîneur, sanction de Bertrand Traoré et message fort aux Étalons, l'ex-joueur appelle à la discipline, à la solidarité et à l'ambition d'aller chercher la coupe.
Lefaso.net : Comment percevez-vous ce match des Étalons face aux Éléphants de Côte d'Ivoire ?
Boureima Maïga : Le match sera un match difficile parce que les deux équipes sont très bonnes. Ce sont les Éléphants qui ont la pression parce qu'ils sont champions d'Afrique. Nous, nous n'avons aucune pression même s'il est vrai que nous voulons écrire notre nom dans le livre d'or. Cette année, notre ambition c'est d'aller chercher la coupe. Nos Étalons vont jouer comme il le faut pour aller chercher cette victoire. Je pense que si nos joueurs arrivent à garder l'équilibre, ils pourront faire face aux Éléphants de Côte d'Ivoire.
Selon vous, qu'est-ce qui doit être fait par l'entraîneur pour améliorer le jeu des Étalons ?
Il faut nettement améliorer les balles arrêtées. Pour le moment, nous n'avons pas encore encaissé de but dans le match. Nous avons encaissé sur des balles arrêtées : un corner et un penalty. Il faut travailler à limiter les corners à notre niveau. Il faut améliorer l'efficacité des trois attaquants titulaires. Ils n'ont pas encore marqué de buts. Il s'agit de Dango, de Bertrand et de Landry. Il nous manque l'attaque.
Il y a des supporters qui estiment qu'il faut faire jouer Minoungou toutes les 90 minutes de jeu et qu'il faut mettre certains anciens sur le banc comme Dango. Qu'en pensez-vous ?
Jusqu'à présent, l'entraîneur a raison. Nous avons eu deux victoires. Nous avons perdu notre deuxième match avec un but encaissé sur pénalty. Laissons-le travailler. Ayons confiance en Brama Traoré. Je pense qu'il va nous faire des surprises. Ceux qui disent qu'il faut enlever Dango, moi je dis non. Il a créé plusieurs occasions et il fait partie des meilleurs passeurs dans les trois matchs avec deux passes décisives. Pour moi, Dango a sa place de titulaire.
Le capitaine Bertrand Traoré a été sanctionné par la CAF. Quelle appréciation en faites-vous ?
Je pense que notre capitaine était en colère. Il a dit des choses qui n'ont pas plu à la CAF. Désormais, on va faire attention à la manière de communiquer. Mais, je pense que ce n'était pas des propos très graves. Mais quand la CAF prend une décision, il faut la respecter. On tire des leçons pour les prochaines interviews. On remercie Dieu qu'il n'ait pas été suspendu pour les autres matchs, sinon ça allait être difficile pour nous.
Quel est votre message pour les Étalons ?
Mon message pour les Étalons, c'est qu'ils aient la discipline technique. Qu'ils restent solidaires. Cette équipe me rappelle l'équipe de 2013. Parce que je vois qu'ils sont solidaires. Et cela doit demeurer. Qu'ils ne tombent pas dans la provocation au cas où il y en aurait. Il faut laisser l'arbitre conduire le jeu pour éviter les cartons.
Interview réalisée en ligne par Rama Diallo
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Si la fin de 2024 a été insufflée par la fièvre de la dissolution du gouvernement d'Apollinaire Kyélèm de Tambèla, immédiatement suivie de la nomination de son ministre de la communication d'alors, Jean Emmanuel Ouédraogo, au poste de Premier ministre, puis de la mise en place de son gouvernement, l'année 2025 s'est, elle, achevée avec l'actualité relative au rétablissement de la peine de mort au Burkina. Arrêt sur ces éléments qui ont pris date en 2025.
L'acte politique le plus marquant de l'année 2025 est sans doute la proclamation officielle par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, de la Révolution progressiste populaire (RPP). C'était le 1er avril, à la faveur de la montée des couleurs marquant le début du 2e trimestre de l'année. Comme pour répondre aux interrogations de plus en plus nombreuses et persistantes sur l'idéologie, la feuille de route du MPSR II, le chef de l'État a, sur fond de clarification, annoncé : « Restons concentrés et s'il faut qu'on le dise haut et fort ici, nous ne sommes pas dans une démocratie. Nous sommes bien en révolution progressiste populaire. Il faut que tout le monde comprenne cela ».
Puis a-t-il motivé : « Et c'est d'ailleurs plus étonnant que ceux-là qui sont censés être les intellectuels, qui ont fait l'école, puissent imaginer qu'un pays peut se développer dans la démocratie. C'est faux ! Qu'on nous cite un seul pays qui s'est développé dans la démocratie, ce n'est pas possible. La démocratie n'est que l'aboutissement. On passe forcément par une révolution et nous sommes bel et bien en révolution. Ceux qui ne l'avaient pas compris, on le dit encore haut et fort. Il faut que tout le monde incorpore cela et notre rôle de communiquer, d'expliquer, de faire comprendre ce que c'est que notre révolution, nous allons continuer à le jouer. Donc, cette question de démocratie ou de libertinage d'action ou d'expression, n'a pas sa place. Je l'ai dit une fois, autant vous pensez que vous êtes libres de parler et d'agir, l'autre est libre de parler et d'agir également. Et là, nous déboucherons sur une société de désordre. »
À l'occasion du 42è anniversaire de la Révolution démocratique et populaire (RDP), le 4 août 2025, le capitaine Ibrahim Traoré a, après avoir salué l'héritage du capitaine Thomas Sankara, déclaré que la Révolution progressiste populaire (RPP) est une renaissance de la RDP ; fondée sur le développement endogène, inclusif et la souveraineté du peuple burkinabè.
Parlant de discipline, l'exécutif burkinabè va, dès le 2 mai, et au titre de la présidence du Faso, adopter un décret portant institution d'une immersion patriotique obligatoire pour les élèves admis aux examens scolaires. Cette mesure, justifie le porte-parole du gouvernement, s'inscrit en droite ligne de l'« Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous », qui prévoit l'organisation de la discipline scolaire et la propreté des établissements. Cette immersion vise donc à inculquer aux élèves des valeurs civiques et patriotiques ainsi que des réflexes d'auto-défense à travers une formation théorique, physique et sportive pour construire des citoyens modèles et des patriotes qui impacteront positivement la vie de la nation et ce, dans le cadre du processus de refondation de la société burkinabè, du développement et de la consolidation de la fibre patriotique.
Si la mesure concerne les élèves admis au Brevet d'études du premier cycle (BEPC), au Certificat d'aptitude professionnelle (CAP) et au Baccalauréat,la phase-pilote (août-septembre 2025) a concerné les élèves admis au Baccalauréat à l'issue des examens scolaires 2025.
Lundi, 9 juin, l'hymne de l'AES « Sahel benkan » retentit pour la première fois au Palais de Koulouba, à l'occasion de la cérémonie de montée des couleurs nationales et du drapeau de la confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES). Le processus de consolidation de la confédération est donc en marche et passe, le 23 décembre, par le deuxième sommet du Collège des trois chefs d'État au Mali. À cette faveur, le capitaine Ibrahim Traoré prend les commandes de la présidence de la confédération, succédant ainsi au général Assimi Goïta.
La « réorganisation du territoire » est l'un des éléments notables en cette année 2025. En effet, le gouvernement burkinabè a adopté, mercredi 2 juillet 2025, deux décrets portant, d'une part, changement de dénominations de provinces et des régions et, d'autre part, réorganisation du territoire national. « Cette réorganisation du territoire repose sur un critère principal : la défense stratégique de notre pays », a justifié le ministre d'État, ministre de l'administration territoriale et de la mobilité, Émile Zerbo. Cela se traduit par la création de quatre nouvelles régions issues de la scission de trois grandes régions existantes. Ainsi, la région de l'Est est réorganisée en trois régions (le Goulmou, la Sirba et la Tapoa) ; la région de la Boucle du Mouhoun est scindée en deux (la région du Bankui et la région du Sourou) et la région du Sahel est subdivisée en deux (le Liptako et le Soum). De treize, le Burkina Faso passe à 17 régions.
Les provinces passent, elles, de 45 à 47, avec la création des provinces de Karo-Peli dans la nouvelle région du Soum et du Dyamongou dans la nouvelle région de la Tapoa.
Deux semaines après, c'est-à-dire le 16 juillet, l'exécutif annonce la dissolution de la CENI . Selon l'autorité, la décision de dissoudre la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s'inscrit dans le cadre de la refondation de l'État. Elle intervient, en outre, dans un contexte où les charges du gouvernement ont besoin d'être rationalisées, justifie le ministre de tutelle, Émile Zerbo, qui ajoute que l'existence de la structure s'avère en « incohérence totale » avec les dispositions de la Charte de la transition. Désormais, les attributions électorales de la CENI sont dévolues au ministère en charge de l'administration territoriale.
La mort en détention de l'activiste burkinabè Alain Christophe Traoré dit Alino Faso, le jeudi 24 juillet, à Abidjan pour actes, selon les autorités ivoiriennes, d'« intelligence avec des agents d'un État étranger de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de la Côte d'Ivoire ou à ses intérêts économiques essentiels ; complot contre l'autorité de l'État ; diffusion de nouvelles fausses de nature à entrainer une atteinte au moral de la population ; rassemblement des renseignements de nature à nuire à la Défense nationale dans l'intention de les livrer à un État étranger et espionnage ». Ce drame, survenu dans un climat de tiédeur politique entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire, a suscité de nombreuses vagues d'émotions chez les populations et au-delà des frontières burkinabè.Leader d'opinion connu surtout dans l'entrepreneuriat social, exemple de l'opération « Sauvons Djibo », Alino Faso, dont la dépouille mortelle a été rapatriée le lundi 18 août, repose depuis samedi, 23 août, au cimetière de Gounghin.
2025 s'est achevée au Burkina avec l'entame du processus de rétablissement de la peine de mort par l'adoption en Conseil des ministres, le 4 décembre, du projet de loi portant code pénal. Selon le ministre de tutelle, Edasso Rodrigue Bayala, cette volonté s'inscrit dans la dynamique des réformes globales du secteur pour une justice qui répond aux aspirations profondes du peuple. « En termes d'innovations majeures, ce projet de Code pénal rétablit la peine de mort pour un certain nombre d'infractions que sont la haute trahison, les actes de terrorisme, les actes d'espionnage, entre autres. Il consacre également le travail d'intérêt général comme une peine principale et sanctionne la promotion et les pratiques homosexuelles et assimilées. Les peines d'amende au niveau de toutes les infractions connaissent un relèvement, qu'il s'agisse des délits ou des crimes. Elles passent, pour les minimas, de 250 000 FCFA à 500 000 FCFA », peut-on retenir des explications, d'où il ressort également qu'en matière de circulation routière, les peines ont particulièrement été revues à la hausse, le constat étant fait que 90 à 95% des accidents de la circulation qui endeuillent sont dûs aux usagers eux-mêmes.
Pour les crimes économiques comme les détournements et les actes de corruption, les sanctions peuvent aller jusqu'à l'emprisonnement à vie, lorsque le montant détourné ou l'objet de l'infraction est supérieur ou égal à cinq milliards FCFA.
Oumar L. Ouédraogo
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À l'occasion de la traditionnelle montée des couleurs nationales, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a dressé le bilan de l'action gouvernementale en 2025 et réaffirmé son engagement à poursuivre les réformes, conformément à la vision du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.
Revenant sur un peu plus d'une année à la tête de l'action gouvernementale, le Premier ministre a rappelé avoir accepté cette mission « avec un sentiment de lourde responsabilité, mais aussi avec une conviction inébranlable : celle de pouvoir, avec l'ensemble des Burkinabè, engager notre pays sur la voie de la résilience, du progrès et de la paix retrouvée ». Dans un contexte national et international exigeant, l'année 2025 a été marquée par des choix assumés. « Nous avons choisi de ne pas subir mais d'agir. Agir avec pragmatisme, avec courage et avec la conviction que les difficultés doivent être des tremplins pour des réformes structurelles et des progrès durables », a-t-il souligné, rappelant que l'action gouvernementale s'est inscrite sous le leadership du chef de l'État.
La sécurité, la gouvernance, la modernisation de l'administration et le développement économique ont constitué le socle de l'action gouvernementale. À la primature, cette orientation s'est traduite par la promotion de la culture du résultat, de la redevabilité et de la célérité dans le traitement des dossiers. Ainsi, du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre 2025, le Cabinet et le Secrétariat général ont traité 6 253 dossiers. Au 30 septembre 2025, le taux d'exécution physique des activités de la Primature était estimé à 66,26 %, tandis qu'au 31 décembre, la consolidation des réalisations des structures atteignait un taux de 90 %. Saluant l'engagement de ses collaborateurs, le Premier ministre a rappelé que « votre dévouement, souvent dans l'ombre, est le carburant de l'action de la Primature ».
Tout en reconnaissant les acquis enregistrés, le Chef du Gouvernement a relevé les défis persistants, notamment la pression sécuritaire dans certaines zones, les attentes légitimes des populations en matière d'amélioration des conditions de vie et la nécessité d'une justice plus efficace. Pour autant, il a assuré que l'action gouvernementale se poursuivra « avec la sérénité de celui qui est dans le droit chemin ».
Pour l'année 2026, le premier ministre a annoncé une phase d'accélération et de concrétisation des chantiers engagés. Elle sera notamment marquée par la réforme des Autorités administratives indépendantes, afin de rationaliser leurs dépenses et leur fonctionnement, ainsi que par le renforcement des activités de production à travers des unités de transformation et des brigades de production. Les efforts porteront également sur la formation professionnelle et la formation civique, patriotique et militaire.
Devant le drapeau national, symbole de l'unité et de la souveraineté, le premier ministre a réaffirmé son engagement total et sa détermination à mener à bien la mission qui lui est confiée. « Continuons à travailler en synergie, dans le respect des institutions et avec un seul credo : servir la Nation », a-t-il déclaré, avant de conclure : « Je compte sur vous, comme vous pouvez compter sur ma détermination à mener à bien la mission que le Camarade Président du Faso nous a confiée pour le bien du peuple burkinabè. »
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Source : DCRP/ Primature
Pendant longtemps, Aboubacar Ouattara, dit Abou MAS, fut l'espoir d'une famille, un jeune homme dynamique, ambitieux, profondément engagé dans sa communauté. Rien ne laissait présager que sa vie basculerait un jour, le conduisant sur la voie douloureuse et exigeante de l'insuffisance rénale. Aujourd'hui, après quatre années de dialyse, il porte son combat comme un étendard, non pas pour susciter la pitié, mais pour sensibiliser, prévenir et éveiller les consciences. Car il estime que « la santé est un trésor fragile ».
C'est un après-midi du mois de décembre 2025 que nous avons rencontré Aboubacar Ouattara, connu sous le pseudonyme de Abou MAS au quartier Kombougou de Bobo-Dioulasso. Ce jeune animateur dynamique, qui se bat tant bien que mal contre l'insuffisance rénale, ne manque pas d'humour pour nous accueillir. Une manière pour lui de dire que ce mal n'est pas une fatalité.
La maladie est parfois silencieuse avant de frapper. Pour Abou, tout a commencé par une fatigue inhabituelle, des douleurs, puis des examens qui lui ont arraché le sourire : ses reins ne fonctionnaient plus. « J'ai vu ma vie changer en une seule phrase : Monsieur Ouattara, je suis désolé, mais vous avez l'insuffisance rénale », confie-t-il, la voix encore étouffée par l'émotion. « Ce fut un coup de massue sur ma tête », témoigne-t-il. Depuis cet instant donc, sa vie ne ressemble plus à celle d'avant.
Abou découvre alors ce que signifie vivre en dépendant d'une machine, qui doit, trois fois par semaine, plusieurs heures d'affilée, accomplir le travail que ses reins n'étaient plus en mesure d'assurer. Ainsi, il dépend entièrement d'un générateur de dialyse pour épurer son sang. Quatre années à réguler ainsi chaque gorgée d'eau, à ne jamais dépasser un demi-litre par jour, malgré souvent une chaleur écrasante et une soif omniprésente.
Une fois diagnostiqué, Abou MAS a dû apprendre à se reconstruire autour d'un régime strict. Manger devient une discipline, boire un danger, savourer un luxe. Son quotidien est devenu un calcul permanent : mesurer, limiter, surveiller, anticiper. Une nouvelle existence où tout excès peut coûter la vie. « Quand on dialyse, on n'urine plus. Tout liquide devient un danger. Si l'eau dépasse une certaine quantité dans le corps, tu risques ainsi de te noyer de l'intérieur. Pendant que les autres finissent une bouteille en cinq minutes, moi je dois la faire durer toute la journée… et toute la nuit parfois », raconte-t-il, le regard plongé dans un lointain mélange de résignation et de courage.
Une fois diagnostiqué, Abou MAS a dû apprendre à se reconstruire autour d'un régime strictAvant d'ajouter : « La nourriture aussi devient un calcul permanent. Le dialysé mange tout, mais pas comme un bien-portant. Il ne doit pas exagérer. Même manger deux morceaux de viande peut devenir un débat », dit-il. Pour Aboubacar Ouattara, une séance de dialyse est une discipline extrême qui s'accompagne d'une fatigue constante. « Une séance de dialyse, c'est comme courir en étant allongé. Quand tu rentres, tu es épuisé. Tu n'as envie que de dormir », indique-t-il.
Le poids financier : une bataille dans la bataille
À la souffrance physique s'ajoute la souffrance économique. À l'en croire, la prise en charge de cette maladie reste coûteuse, malgré la suppression de la caution de 500 000 FCFA pour la dialyse. Entre frais d'achat de produits, examens médicaux, et exigences alimentaires, etc., chaque mois devient ainsi un défi. Pour beaucoup de malades, le coût est insoutenable. Pour Abou et sa famille, ce fut un choc, un combat presque aussi rude que la maladie. « Chaque séance de dialyse est un espoir (…). Et quand on n'a pas les moyens, l'espoir tremble », a-t-il laissé entendre.
Pour M. Ouattara, ce combat financier a aussi révélé l'importance de la solidarité. Des amis, des voisins, des anonymes lui ont apporté du soutien, parfois en silence, parfois avec un simple « courage ! » qui, dit-il, vaut plus qu'une fortune. Pour lui, la solidarité a été un souffle de vie : « Aujourd'hui, c'est ma communauté culturelle, sportive, communautaire qui me soigne. Le silence ne sert pas. Partager mon histoire, c'est ma façon de leur dire merci », a-t-il indiqué.
Devant des élèves, il raconte son histoire, non pour effrayer mais pour prévenirLe regard de la société : un autre combat
Si la maladie fait mal, le regard des autres en fait parfois davantage. Pour lui, le malade n'a pas seulement besoin de médicaments. Il a besoin de vivre, de travailler. D'être utile. « Quand on lui dit : “Tu es malade, ne fais pas ça”, on le détruit un peu plus », affirme-t-il avec émotion. Il invite chacun à comprendre que soutenir un malade ne consiste pas seulement à lui donner de l'argent, mais aussi à lui offrir de la dignité.
« On te donne parfois 10 000 francs comme aide, mais on t'empêche de travailler. C'est une sorte de stigmatisation positive. On veut te protéger, mais on te rappelle chaque jour que tu es malade. Appelle-le. Propose-lui un petit travail. Même un travail payé à 5 000 francs lui fait plus de bien qu'un don de 50 000 francs. Ça le guérit moralement », estime-t-il. À l'en croire, cette réalité plonge de nombreuses familles dans une détresse silencieuse.
Une résilience qui force le respect
Chaque séance de dialyse est un rappel brutal que la vie tient à peu de choses. Et pourtant, Abou MAS reste debout. Il rit encore, il conseille, il sensibilise. Il parle aux jeunes pour qu'ils ne vivent jamais ce qu'il endure. Ainsi, avec une force admirable, il transforme sa souffrance en message d'espoir. Animateur en santé communautaire depuis plus de vingt ans, notamment dans la lutte contre le VIH/Sida, il a décidé de mettre son expérience au service d'une nouvelle mission : éduquer et prévenir.
« Au lieu de me morfondre dans un coin, j'ai choisi de lever la voix. Pas pour être le porte-parole des insuffisants rénaux, mais pour conscientiser. Il faut dévoiler la maladie pour qu'on trouve des solutions », lance-t-il. Devant des élèves, il raconte son histoire, non pour effrayer mais pour prévenir : « Buvez seulement quand vous avez soif. Ne surchargez pas votre corps. Limitez le sucre, le sel, le gras. Votre santé n'a pas de prix », sont des messages adressés aux populations.
L'histoire d'Abou MAS dépasse son cas personnel. Elle devient ainsi un outil de sensibilisation, un avertissement pour une génération exposée aux excès alimentaires, au stress, aux médicaments pris à la légère. À travers son témoignage, il veut bâtir une culture de la prévention : boire raisonnablement, manger avec modération, éviter l'automédication, se faire dépister régulièrement, respecter son corps, etc. Ce message, il le porte avec l'humilité d'un homme qui sait que la maladie ne prévient pas.
Il insiste aussi sur la prévention : « Aujourd'hui, beaucoup tombent malades parce qu'ils n'ont pas bu assez d'eau. L'eau propre est le premier remède contre l'insuffisance rénale. Le jour où on te dira de ne plus boire, tu comprendras que c'est la chose la plus précieuse du monde. » Et rien ne l'a autant bouleversé que de croiser des enfants en dialyse. « Quand je vois un bébé dialysé à côté de moi, j'oublie ma propre maladie. C'est dépassant. L'insuffisance rénale n'a pas d'âge », a-t-il déploré.
Après quatre années de dialyse, Aboubacar Ouattara poursuit son chemin, entre douleur, courage et engagementUn appel à la solidarité
Après quatre années de dialyse, Aboubacar Ouattara poursuit son chemin, entre douleur, courage et engagement. Sa voix est devenue celle d'un homme qui refuse la fatalité, qui transforme sa souffrance en force collective. Pour Abou, personne ne devrait traverser seul cette épreuve. « Un mot, une visite, un geste… ça donne la force de continuer », a-t-il dit. Il appelle également au don de sang, vital pour de nombreux dialysés : « Peut-être qu'un jour, c'est moi… ou quelqu'un que vous aimez… qui en aura besoin. »
« Quelqu'un m'a posé cette question une fois : quelle est la maladie qui fait le plus mal ? Je lui ai répondu que tout mal est mal. Mais c'est le mal qui te torture, qui t'empêche de dormir, qui fait plus mal. Donc mon souhait aujourd'hui est que tout le monde puisse guérir. Aussi que les familles des malades aient toujours le courage parce que c'est souvent plus difficile pour elles », a-t-il laissé entendre. Aujourd'hui, le message d'Abou MAS est simple et essentiel : « Protégez vos reins. Préservez votre santé. Soutenez vos proches et aimez la vie. Parce qu'elle peut basculer en une seconde ».
Romuald Dofini
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L'année 2025 a été marquée positivement dans le domaine de l'environnement au Burkina, avec l'application effective de la nouvelle loi n°045-2024/ALT, portant interdiction totale des emballages et sachets plastiques. Outre l'application de ladite loi, une autre décision a également marqué le domaine, et pas des moindres. La plantation de 5 millions d'arbres en une heure (Journée nationale de l'arbre), et la création d'un bosquet de plantes médicinales dans chaque province du pays, etc.
Depuis le 09 juillet 2025, l'utilisation des sachets plastiques à usage unique a été formellement proscrite, en application directe de la loi, qui s'est suivie des sanctions des contrevenants. Il s'est agi en effet de la fermeture d'une usine clandestine de production par les autorités en août 2025, de la condamnation du gérant à payer des amendes et de la destruction du stock saisi.
Par la suite, il y a eu une mise en conformité progressive du respect de l'interdiction dans les marchés et points de vente, avec des campagnes de sensibilisation des consommateurs et commerçants sur le territoire national.
En rappel, la nouvelle loi nᵒ 045-2024/ALT, portant interdiction totale des emballages et sachets plastiques, entrée en vigueur le 9 janvier 2025, avec une période de grâce de six mois expirée en juillet 2025, a été adoptée par l'Assemblée législative de transition le 30 décembre 2024, promulguée le lendemain 31. (
Autre fait majeur courant l'année 2025 écoulée, c'est l'opération nationale exceptionnelle de reforestation, dénommée « journée patriotique », avec la plantation d'environ 5 millions d'arbres en une seule heure, le 21 juin, marquant la journée nationale de l'arbre, édition 2025.
Toujours dans cette dynamique de reforestation, et dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale « une province, un bosquet à base de plantes médicinales », 2025 a vu la création des bosquets à plantes médicinales dans chaque province du Burkina. Ce, dans le but de préserver et valoriser les plantes locales à des fins thérapeutiques, médicinales et de recherche, tout en renforçant la biodiversité et la résilience climatique du pays.
Dans le cadre du financement climatique et de l'accès aux ressources pour l'action climatique, il faut rappeler que le Burkina Faso a obtenu auprès du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) une accréditation à la Facility for Climate Finance, lui permettant d'accéder directement à des subventions pouvant atteindre jusqu'à 20 milliards de francs CFA d'ici 2027 afin de financer ses propres projets d'action climatique et de renforcer son autonomie dans la mondialisation des financements en lien avec les initiatives environnementales durables.
Dans le cadre des actions concrètes de protection de l'environnement, environ 2 000 agents ont été déployés sur le terrain, l'opérationnalisation de cinq unités combattantes des Eaux et Forêts, ainsi que la sécurisation de 7 forêts classées pour la reconquête du patrimoine forestier.
Malgré ces grandes décisions et actions menées en 2025, des défis majeurs restent à relever. C'est pourquoi il est inscrit le renforcement de la politique de planification environnementale et la préparation des priorités de 2026.
Yvette Zongo
Lefaso.net