Le conseil d'administration de Seplat Energy a annoncé aujourd'hui que Tony Elumelu a été élu prochain président du conseil d'administration de l'entreprise. Il succédera à Udoma Udo Udoma, l'actuel président du conseil, à compter de janvier 2027, ouvrant ainsi un nouveau chapitre de gouvernance alors que l'entreprise poursuit sa croissance et sa transformation.
Le conseil a également nommé Effiong Okon au poste de directeur général (Chief Executive Officer), avec prise de fonction le 1er août 2026. Ces changements à la tête de l'entreprise ont été annoncés dans un avis déposé auprès de Nigerian Exchange Limited (NGX) et signé mardi par la secrétaire générale de la société, Edith Onwuchekwa, conformément aux exigences de cotation de la bourse.
M. Elumelu est le fondateur et président de Heirs Holdings, un important groupe d'investissement panafricain présent dans des secteurs stratégiques de l'économie africaine, notamment l'énergie, l'électricité, la banque, l'assurance et les services financiers, la technologie, l'immobilier, l'hôtellerie et la santé. Il est également l'initiateur et le fondateur de l'« Africapitalisme », une philosophie économique qui prône la libération du potentiel de l'Afrique grâce à des investissements à long terme dans des secteurs clés susceptibles d'améliorer les conditions de vie et de transformer le continent.
M. Elumelu est actuellement président du conseil d'administration de Transcorp Group, le plus grand conglomérat coté du Nigeria. Ses filiales comprennent Transcorp Power, l'un des principaux producteurs et fournisseurs d'électricité en Afrique de l'Ouest, ainsi que Transcorp Hotels Plc, l'une des principales marques hôtelières du Nigeria. Il préside également le groupe panafricain de services financiers United Bank for Africa (UBA) Group.
Le nouveau directeur général, M. Effiong Okon, est un dirigeant expérimenté qui possède plus de 35 ans d'expertise internationale dans l'industrie. Il apporte un solide parcours en matière d'excellence opérationnelle et de mise en œuvre stratégique. Il connaît parfaitement l'organisation, puisqu'il y travaille depuis 2018. Il a d'abord siégé au conseil d'administration de Seplat en tant que directeur des opérations pendant quatre ans, puis comme directeur des nouvelles énergies. Plus récemment, il occupait le poste de directeur général de ANOH Gas Processing Company (AGPC), où il a conduit avec succès l'exécution du projet jusqu'à la production du premier gaz en janvier 2026.
Alors que Seplat entre dans une nouvelle phase de son développement, la vaste expérience de Tony Elumelu en matière de gouvernance d'entreprise, de construction institutionnelle et de création de valeur à long terme constituera un atout majeur pour accompagner l'entreprise dans le renforcement de sa position en tant qu'acteur
Du 23 au 28 juin prochain, le Burkina Faso sera la capitale de la pétanque africaine, avec le Festival international de pétanque de Ouagadougou (FIPO Une dizaine de pays africains sont attendus à Ouagadougou pour faire crépiter les boules. À quelques jours de ce grand rendez-vous, le promoteur Maxime Zongo, par ailleurs président du Club sportif de solidarité Naaba Wangsé, a accordé en exclusivité à Lefaso.net cette interview. Dans cet entretien, il nous parle des préparatifs de ce grand événement, les enjeux du FIPO pour le Burkina.
Lefaso.net : Le 23 juin prochain sera donné le coup d'envoi du FIPO 3ᵉ édition. À quelques semaines de l'événement, quel point pouvez-vous faire à nos lecteurs ?
Maxime Zongo : Effectivement le 23 juin prochain sera donné le coup d'envoi du 3ᵉ Festival de pétanque de Ouagadougou (FIPO). Actuellement nous sommes dans les courses et les démarches pour le bon déroulement de l'événement, nous avons rencontré des autorités, des personnalités, ces dernières nous ont assuré de leur soutien, nous pouvons dire que c'est satisfaisant.
Combien de pays sont attendus pour ce grand rendez-vous de la pétanque africaine ?
Il y a treize pays africains qui seront présents à ce grand rendez-vous de la pétanque ici à Ouagadougou, et il y a d'autres pays qui nous bousculent pour être invités. Et nous sommes en train de voir comment les inviter car il y a beaucoup de choses à préparer afin de les accueillir dans de bonnes conditions, c'est pour dire qu'en réalité ça pourrait dépasser les 13 pays.
Président de club que vous êtes, faites-nous la genèse de la création du FIPO ?
Ce que je peux dire sur la création du FIPO, ça fait trois ans de cela. Il est bien vrai que le Club sportif de solidarité a déjà organisé plein de compétitions à l'interne ici à Ouaga. Nous avons vu que c'était très intéressant, alors on s'est dit pourquoi ne pas élargir cela en invitant des pays étrangers ? Il y a eu un premier FIPO qui a regroupé tous les acteurs de la pétanque à l'échelon national, l'engouement était au rendez-vous, raison pour laquelle aujourd'hui nous sommes à la troisième édition.
Après deux éditions, quels seront les grands axes de ce troisième FIPO, en dehors de la compétition, qu'est-ce qu'il y aura ?
Le FIPO c'est bien vrai que l'activité phare, c'est la pétanque, mais nous allons créer des activités culturelles, artistiques et de loisirs autour de la pétanque. En un mot, une foire entourera tout au long du déroulement du FIPO, tout le monde en aura pour son compte, les personnes âgées, la jeunesse, les femmes, les enfants. Nous joindrons l'utile à l'agréable, avec des formations professionnelles à l'endroit des PDI des arrondissements 2 et 3. Au deuxième FIPO, ces PDI ont reçu des formations en maroquinerie, en pâtisserie, il y aura également des dons de sang pour venir en soutien au ministère de la Santé, et pour nos FDS.
Quelles sont vos attentes sur le plan organisationnel, et sur le plan des résultats des équipes burkinabè ?
Le Club sportif Naaba Wangsé est déjà une structure bien organisée, mais nous ne pouvons pas tout faire, l'événement est pour la ville de Ouagadougou, nous sollicitons toutes les compétences, au niveau des ministères de l'Action sociale, des Sports, de la Sécurité, etc. parce qu'il y va de l'image du Burkina. Il faut faire tomber les préjugés que des gens ont montés sur le Burkina. Nous voulons faire comprendre que le pays des hommes intègres est bel et bien vivable, et tu es libre d'aller là où tu veux en toute liberté et sécurité. Nous défendons une cause nationale, patriotique, et nous attendons le soutien de tout le monde.
Maintenant, quant aux résultats sportifs, mon souhait est que le grand trophée accompagné de la somme de deux millions de francs reste au Burkina, mais je n'en fais pas une fixation. C'est une équipe béninoise qui a remporté le FIPO passé. Cela démontre que le FIPO est bien réel, il appartiendra aux équipes burkinabè de se faire valoir, le mérite ne se quémande pas, il se gagne.
Avec l'érection d'un boulodrome, les joueurs et les supporters seront dans le confort.L'innovation pour ce 3ᵉ FIPO, c'est qu'il se déroulera dans un boulodrome que vous avez érigé. D'où vous est venue cette idée ?
Rien n'est impossible à celui qui croit. C'est bien vrai que je suis dans la pétanque depuis peu, le Club Naaba Wangsé aussi est jeune. Moi je suis joueur, j'ai fait le constat que le Burkina est dans la pétanque depuis longtemps, et quand les Étalons sortent pour les compétitions dans les pays maghrébins ou européens, ils voient des boulodromes, et chez nous il n'y en a pas. Je me suis dit qu'à ce niveau il faudra faire quelque chose. C'est ça qui m'a amené à lancer le chantier du boulodrome. J'ai tenu une réunion avec mon association, j'ai proposé le projet et j'ai dit : « Impossible n'est pas burkinabè. » Même si c'est dans un ou deux ans, on va se battre pour ce premier boulodrome ici au Burkina. Nous étions loin d'imaginer que ce serait le premier boulodrome dans la sous-région.
Comme notre club est un club de solidarité, on s'est serré les coudes, et on a pu concrétiser ce projet qui aura coûté environ une quarantaine de millions de francs. Ce boulodrome qui est là est un joyau et une fierté nationale. Vu l'engagement du camarade président, le capitaine Ibrahim Traoré, qui invite tout un chacun à apporter sa pierre à la construction de la patrie, c'est tout cela qui nous a encouragés à faire ce boulodrome, qui est aujourd'hui une fierté nationale. Depuis l'érection du boulodrome, la physionomie de l'hippodrome a changé, chaque soir des gens pas seulement du club, mais d'un peu partout viennent suivre les jeux de pétanque et faire des échanges, et cela me réjouit énormément.
Pour la compétition proprement dite, il y aura combien de sortes de jeux ?
Au regard de la nomination festival international de pétanque, il y aura tous les ateliers possibles dans la pétanque, dès les premiers jours du tournoi, nous avons la doublette qui se tiendra pendant deux jours. Nous avons tenu à faire cela parce que c'est une spécialité que les gens aiment et les vainqueurs auront 200 000 francs. Le troisième jour, c'est le tête-à-tête, où le joueur se défend seul, là également le prix du vainqueur est à 200 000 francs. Le quatrième jour, il y a l'épreuve du tir de précision. Parmi tous les joueurs, l'on saura qui est le meilleur tireur.
Nous avons fixé le prix du meilleur tireur à 250 000 francs. Le 5ᵉ jour, samedi 27 juin, et le 6ᵉ jour, dimanche 28 juin, la grande finale, ça sera l'open de pétanque avec l'épreuve reine de la triplette, où les meilleurs boulistes des pays participants vont rivaliser pour aller chercher le grand trophée accompagné d'une enveloppe de deux millions de francs. Naturellement tout le monde ne peut pas accéder à la finale, mais les équipes qui seront éliminées dès les premiers instants sont reversées dans l'épreuve de la Consolante qui fait 250 000 francs. Il faut noter qu'en dehors des prix des vainqueurs, il y a des récompenses intermédiaires dans toutes les spécialités de jeux.
Vous allez accueillir du beau monde d'horizons divers, quelles sont les conditions de participation ?
Pour la participation aux jeux, il y a des conditions édictées sur une fiche, que ce soit pour les doublettes, les triplettes, chaque pays peut inscrire jusqu'à six équipes. Pour le séjour de nos hôtes, nous avons préparé un lieu d'hébergement, la restauration pour les étrangers qui vont venir, pour qu'ils soient dans les meilleures conditions d'accueil possible, afin qu'ils sachent que le Burkina est une terre d'accueil, d'hospitalité.
Organiser un tel événement nécessite de la logistique, des techniciens pour superviser les jeux, la restauration de vos hôtes. À combien peut-on estimer le budget prévisionnel ?
Le budget prévisionnel tourne autour d'une soixantaine de millions. Au vu du nombre de pays attendus, cela nécessite beaucoup de choses. Cela nécessite un investissement colossal, c'est même pour dire que l'estimation mentionnée ci-dessus n'est qu'un minimum, sinon ça pourrait dépasser largement ce montant. Organiser un tel événement, ce n'est pas facile, voilà pourquoi nous avons besoin des partenaires, des mécènes et des sponsors, car après tout c'est le Burkina qui gagne.
Au soir du 28 juin, votre grande satisfaction sera laquelle ?
Au soir du 28 juin, ma plus grande satisfaction est que tout se déroule bien dans le fair-play. Nous souhaitons que nos autorités soient à nos côtés. Là, les étrangers sauront qu'elles sont regardantes sur ce qui se passe et apprécieront l'initiative que nous avons eue.
Un dernier mot pour clôturer cette interview, un appel à lancer ?
D'abord merci à votre organe pour cette interview. Ce que j'ai à dire, en réalité le FIPO est un acte patriotique, c'est pour vendre l'image du pays. C'est un lieu de rassemblement, pour susciter la fraternité, la solidarité, la cohésion sociale entre Burkinabè et avec les autres peuples. Nous recherchons à créer une chaîne de solidarité à l'endroit de nos PDI, nos FDS et les Volontaires pour la défense de la patrie. Je demande à ce que nos autorités aient un regard particulier sur le FIPO. Nous souhaitons qu'il soit inscrit dans le calendrier social, culturel et sportif du pays. Le FIPO n'est pas personnel, notre rêve est qu'il soit inscrit dans l'agenda de l'État, afin de le perpétuer pour les futures générations.
Interview réalisée par Barthélemy Kaboré
(Collaborateur)
La mine de Mana, filiale du groupe Endeavour mining, dans la province des Balé, région des Bankui a procédé, le lundi 8 juin 2026, à l'inauguration officielle du Centre Multimédia des Jeunes de Wona. Cette infrastructure vise à améliorer l'accès des jeunes aux outils numériques, à l'information et aux opportunités de formation.
D'un coût global de plus de 42,5 millions de francs CFA, l'infrastructure dispose aujourd'hui de 35 ordinateurs connectés à Internet. Elle est destinée à servir de cadre d'apprentissage et de perfectionnement pour les élèves, étudiants, entrepreneurs et autres professionnels de la localité.
Le Centre Multimédia des Jeunes devrait profiter à plus de 1 000 jeunes des communes de Bana et de Kona. Il leur offrira un accès accru aux ressources numériques et aux services en ligne, tout en favorisant l'acquisition de compétences utiles à leur parcours académique et professionnel.
Réalisé dans le cadre des actions de développement des communautés hôtes de la mine, le projet a consisté à réhabiliter et transformer l'ancienne maison des jeunes de Wona en centre multimédia moderne. Des infrastructures administratives ont également été construites, la clôture du site reconstruite et le centre équipé en matériel informatique, bureautique ainsi qu'en connexion Internet.
Selon le directeur général de la mine de Mana, Xavier Thérin, cette initiative s'inscrit dans la volonté de favoriser l'insertion socioéconomique des jeunes à travers le numérique. « Le numérique représente aujourd'hui un puissant levier d'éducation, d'employabilité et d'entrepreneuriat. À travers cette infrastructure, nous souhaitons offrir aux jeunes de nos communautés hôtes, les moyens de développer leurs compétences et de saisir les opportunités de demain », a-t-il déclaré.
La réalisation de ce projet a bénéficié de l'appui de plusieurs partenaires, notamment ERSUM, Globex Equipment, Maxam et la Fondation Endeavour. Ils ont contribué à la réhabilitation, à l'électrification et à l'équipement du centre.
À travers cette initiative, la mine de Mana réaffirme son engagement à créer une valeur tangible pour ses communautés hôtes et à contribuer au développement du capital humain au Burkina Faso.
Rama Diallo
Lefaso.net
La Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, se disputera dans 16 stades répartis entre les trois pays. Cette édition historique, la première à réunir 48 équipes, s'appuiera sur des infrastructures modernes et de grande capacité pour accueillir les rencontres du tournoi.
La Coupe du monde 2026 se disputera dans 16 stades. Co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le tournoi sera réparti entre 16 enceintes, dont 11 aux États-Unis, trois au Mexique et deux au Canada.
Cette édition 2026, la première à réunir 48 équipes, se déroulera dans des stades modernes dotés d'infrastructures de haut niveau. Ces installations accueilleront les différentes rencontres de la compétition.
Les États-Unis accueilleront 78 matchs du Mondial 2026. Au total, 11 stades recevront les rencontres disputées sur le territoire américain. Le MetLife Stadium, situé dans la région de New York–New Jersey, accueillera la finale de la compétition. Sa capacité est estimée à 82 500 places.
Le plus grand stade retenu pour cette Coupe du monde est l'AT&T Stadium, qui peut accueillir jusqu'à 94 000 spectateurs.
Les neuf autres stades hôtes aux États-Unis sont : l'Arrowhead Stadium de Kansas City (76 640 places), le Gillette Stadium de Boston (70 000 places), le Lumen Field de Seattle (69 000 places), le Lincoln Financial Field de Philadelphie (69 000 places), le Levi's Stadium de Santa Clara (70 909 places), le Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta (75 000 places), le SoFi Stadium de Los Angeles (70 240 places), le Hard Rock Stadium de Miami (67 518 places) et le NRG Stadium de Houston (72 220 places).
Au Mexique, trois stades ont été retenus pour accueillir 13 matchs de la compétition. Le match d'ouverture, qui opposera le Mexique à l'Afrique du Sud, se jouera à l'Estadio Azteca de Mexico (87 523 places). L'Estadio Akron de Guadalajara (48 071 places) et l'Estadio BBVA de Monterrey (53 460 places) accueilleront également des rencontres du Mondial.
Le Canada, troisième pays coorganisateur, recevra également 13 matchs dans deux stades : le Toronto Stadium (45 500 places) et le BC Place de Vancouver (54 500 places).
Jean Élysée Nikiéma (stagiaire)
Lefaso.net
Le mot « camarade » paraît familier. On l'emploie à l'école, au travail, dans les partis politiques, dans les syndicats, dans les mouvements associatifs ou dans le langage ordinaire pour désigner une personne avec qui l'on partage quelque chose. Pourtant, ce mot apparemment simple cache une histoire complexe. Sa traduction en dioula pose un problème intéressant, car elle oblige à distinguer plusieurs types de relations sociales que le français tend parfois à réunir sous un seul terme.
Du point de vue historique, « camarade » vient de l'espagnol camarada, qui signifiait d'abord « chambrée », notamment dans le vocabulaire militaire. Le mot est lui-même lié à cámara, « chambre ». À l'origine, les camarades étaient donc ceux qui partageaient la même chambre, le même logement ou la même chambrée de soldats. Le sens s'est ensuite élargi pour désigner le compagnon d'armes, puis plus généralement celui avec qui l'on partage une activité, une condition de vie, une expérience ou une cause commune.
Cette origine est importante : la camaraderie ne relève pas seulement de l'amitié. Elle naît d'abord du partage d'un espace, d'une condition et d'une expérience. Le camarade n'est pas forcément l'ami intime ; il est celui avec qui l'on vit une situation commune. C'est pourquoi le mot a pu circuler dans plusieurs univers sociaux : l'armée, l'école, l'atelier, le syndicat, le parti politique, les mouvements de jeunesse, les luttes sociales et les relations ordinaires.
Le contexte burkinabè récent
Au Burkina Faso, la question a pris une actualité particulière. Les sources publiques disponibles font état, d'abord, d'une circulaire du 15 avril 2026 au niveau du ministère de l'Agriculture, de l'Eau, des Ressources animales et halieutiques, introduisant l'usage du terme « camarade » dans certaines correspondances administratives soumises à la signature du ministre. Ensuite, une circulaire datée du 1er juin 2026, attribuée à la Primature et adressée aux présidents d'institutions ainsi qu'aux ministres, appelle à l'harmonisation de l'usage du terme « camarade » au sein de l'administration publique, dans le contexte de la Révolution progressiste populaire.
Il faut cependant distinguer les niveaux juridiques. À partir des informations repérées, il ne s'agit pas d'un décret général qui définirait officiellement la traduction du terme, mais d'une orientation administrative par circulaire visant l'harmonisation du langage officiel. En revanche, les comptes rendus officiels récents montrent que le terme est déjà utilisé dans la rédaction de décisions et de décrets de nomination, par exemple dans le compte rendu du Conseil des ministres du 4 juin 2026 où il est question de la nomination du « Camarade Ousmane SAVADOGO » en remplacement du « Camarade Sayouba KIENDREBEOGO ». Cela montre que l'appellation est passée dans le style administratif officiel.
La question centrale demeure donc ouverte : lorsque l'administration s'adresse aux citoyens dans les langues nationales, doit-elle conserver la forme française « camarade », l'adapter en emprunt sous la forme kamaradi, ou traduire le sens par un terme dioula ? Les données disponibles ne montrent pas que la circulaire prévoie une traduction dans les langues nationales. Elle semble imposer ou recommander l'usage du terme français dans le langage administratif, sans régler la question de ses équivalents en dioula, mooré, fulfuldé, gulmancema ou dans les autres langues du pays.
Camarade dans quelques langues
L'expérience d'autres langues montre que les sociétés ne traitent pas toutes ce terme de la même manière. En français, « camarade » conserve une grande plasticité : camarade de classe, camarade de travail, camarade de lutte, camarade de parti. En anglais, comrade est historiquement passé par l'emprunt au français et à l'espagnol avant de devenir, dans certains contextes, un terme politiquement marqué. En russe, la notion n'a pas été rendue par un emprunt direct au mot français : le terme courant est tovarichtch, c'est-à-dire товарищ, mot qui signifiait d'abord associé, partenaire ou compagnon, puis qui est devenu l'une des grandes formules d'adresse du vocabulaire soviétique.
Ces exemples permettent de poser le problème autrement. Une langue peut emprunter le mot, comme l'anglais l'a fait historiquement avec comrade ; elle peut mobiliser un équivalent sémantique déjà disponible, comme le russe avec tovarichtch ; ou elle peut hésiter entre l'emprunt politique et la traduction culturelle. C'est précisément cette troisième situation qui se présente en dioula.
Le cas du dioula : traduire la forme ou traduire la relation ?
Un premier terme possible est teri, [téríì] que l'on peut traduire par « ami ». Il convient lorsque « camarade » signifie un proche, un compagnon familier, une personne avec laquelle on entretient une relation affective. Mais ce terme devient insuffisant lorsque la relation est davantage institutionnelle ou circonstancielle. Un camarade de classe n'est pas nécessairement un ami ; un camarade de travail non plus.
Le terme tɔɲɔgɔn [tɔ̀ɲógɔ̃́ɔ̃̀] paraît alors particulièrement intéressant. Il est attesté en dioula du Burkina Faso avec les sens de « camarade, compagnon ». Il peut servir d'équivalent général lorsque l'on veut traduire « camarade » sans réduire le mot à l'amitié personnelle. Il exprime l'idée d'une personne avec qui l'on partage une situation, une activité ou une condition.
Le dioula dispose aussi de composés construits autour de ɲɔgɔn, élément qui renvoie à la relation réciproque, au pair, au partenaire. Ainsi, kalandenɲɔgɔn peut désigner le camarade d'étude ou le camarade de classe. Baarakɛɲɔgɔn peut traduire le camarade de travail ou le collègue. Tagamaɲɔgɔn désigne celui avec qui l'on marche, voyage ou chemine ; il correspond très bien au « camarade de route », au sens propre comme au sens métaphorique.
Le mot baden ouvre une autre piste. Littéralement, il désigne le frère ou la sœur de même mère. Mais dans les usages sociaux, un terme de parenté peut être élargi pour exprimer la proximité, la solidarité et la fraternité. Baden peut donc convenir lorsque « camarade » prend le sens de frère de condition, frère de lutte ou membre d'une même communauté morale. Toutefois, il faut l'utiliser avec prudence, car il ajoute une charge fraternelle forte que le mot français « camarade » ne porte pas toujours.
Enfin, dans le contexte politique moderne, surtout dans les milieux militants, syndicaux ou partisans, on peut envisager soit l'emprunt kamaradi / kamarade, soit une traduction plus sémantique comme kɛlɛɲɔgɔn, c'est-à-dire compagnon de lutte. Le choix dépend de l'effet recherché : l'emprunt garde la coloration politique et administrative du français ; la traduction par kɛlɛɲɔgɔn insiste sur l'expérience commune du combat ; tɔɲɔgɔn offre une solution plus générale et plus équilibrée.
Tableau comparatif
Conclusion
En définitive, le cas du mot « camarade » montre que traduire, ce n'est pas seulement transférer un mot d'une langue à une autre. C'est interpréter une relation sociale. Le français rassemble sous « camarade » plusieurs formes de proximité : scolaire, professionnelle, militaire, politique, affective ou militante. Le dioula, lui, invite à préciser la nature du lien : étudier ensemble, travailler ensemble, marcher ensemble, lutter ensemble, être amis ou se reconnaître comme frères de condition. Le contexte burkinabè récent consacre l'usage administratif d'un mot français ; la traduction en dioula, elle, reste un travail d'interprétation sociolinguistique. Faut-il traduire la forme, traduire l'idée politique, traduire la fraternité sociale ou traduire la relation de compagnonnage ? C'est à ce niveau que la langue révèle sa profondeur culturelle.
Note de réflexion sociolinguistique
Mamadou Lamine SANOGO
Directeur de recherche en sociolinguistique
INSS/CNRST Ouagadougou / Burkina Faso
Références indicatives
Dictionnaire de l'Académie française, entrée « camarade » : origine espagnole camarada et sens militaire initial.
CNRTL, entrée « camarade » : évolution sémantique du mot vers l'idée de personne partageant une situation avec une autre.
Webonary, Dictionnaire dioula du Burkina Faso : entrées tɔɲɔgɔn et baden.
Burkina Media, 16 avril 2026 : mention d'une circulaire ministérielle du 15 avril 2026 sur l'usage de « camarade » dans certaines correspondances administratives.
Libreinfo.net, 3-4 juin 2026 : circulaire de la Primature datée du 1er juin 2026 sur l'harmonisation de l'usage du terme « camarade ».
Lefaso.net, compte rendu du Conseil des ministres du 4 juin 2026 : emploi de « Camarade » dans des formulations de nomination administrative.
Oxford Learner's Dictionaries, entrée comrade : origine et usages anglais du terme.
Ressources sur le russe товарищ / tovarichtch : sens de partenaire, associé, compagnon, puis formule politique soviétique.
Orange Money Burkina Faso poursuit sa dynamique de valorisation de son réseau de partenaires. Le mardi 9 juin 2026, le service de portefeuille mobile a procédé à la remise officielle des derniers lots de son jeu promotionnel baptisé « Challenge Zone de l'Ouest », au siège régional d'Orange Burkina Faso à Bobo-Dioulasso. À l'issue d'un mois de compétition basée sur la performance, quatre motos, quatre réfrigérateurs et quatre gazinières ont été remis aux meilleurs points accepteurs Orange Money de la région.
L'ambiance était festive dans les locaux d'Orange Burkina Faso à Bobo-Dioulasso. Responsables de points de vente, partenaires et représentants des gagnants ont pris part à cette cérémonie qui vient consacrer plusieurs semaines d'efforts dans la promotion et l'utilisation des services Orange Money. Selon le chef de département de la région commerciale de l'Ouest, Cheick Omar Diallo, cette initiative vise avant tout à témoigner la reconnaissance de l'entreprise à l'endroit de ses marchands, véritables relais de proximité du service Orange Money.
« Ce challenge a été lancé particulièrement pour dire merci à nos marchands, nos points accepteurs de la région de l'Ouest. Aujourd'hui, les clients ont la possibilité d'utiliser leur compte Orange Money pour effectuer des achats partout au Burkina Faso, et nos partenaires jouent un rôle essentiel dans cette dynamique », a-t-il expliqué.
Une vue des lots remis aux heureux gagnants du jeu « Challenge Zone de l'Ouest » de Orange Money BurkinaUne compétition basée sur la performance
Le « Challenge Zone de l'Ouest » a démarré au début du mois de mai 2026. Pendant un mois, les points accepteurs ont été évalués sur plusieurs critères liés à leur activité, notamment le volume et la valeur des transactions réalisées à travers Orange Money. Chaque semaine, des récompenses intermédiaires étaient attribuées aux meilleurs participants. Réfrigérateurs et gazinières ont ainsi été distribués tout au long de la compétition, avant l'attribution des lots majeurs lors de la cérémonie finale.
Le chef du département de la région commerciale de l'Ouest, Cheick Omar Diallo, remet un lot à un heureux gagnant« Il s'agissait d'un challenge fondé sur la performance. Nous avons récompensé les points accepteurs qui ont enregistré le plus de transactions, aussi bien en volume qu'en valeur », a précisé Cheick Omar Diallo. Au total, l'opérateur indique avoir mobilisé plus de dix lots, entre motos, réfrigérateurs, gazinières pour cette opération promotionnelle destinée à encourager les acteurs du réseau Orange Money dans la région de l'Ouest.
Le chef de département de la région commerciale de l'Ouest, Cheick Omar Diallo, a expliqué les objectifs du jeuEncourager l'adoption des paiements numériques
À travers cette initiative, Orange Money Burkina Faso entend également accélérer l'adoption des solutions de paiement électronique dans les régions du Guiriko et des Tannounyan. Pour l'entreprise, Orange Money s'impose aujourd'hui comme un outil pratique, sécurisé et accessible pour les commerçants comme pour les particuliers. « Nous invitons nos clients à utiliser davantage Orange Money. C'est un service fiable, sécurisé et qui facilite les transactions du quotidien. Avec l'application Maxi It, l'expérience devient encore plus simple et plus pratique », a souligné le responsable régional. Cette stratégie s'appuie notamment sur un vaste réseau de points accepteurs qui permettent aux utilisateurs d'effectuer leurs achats et paiements dans de nombreux commerces à travers le pays.
Mahamadou Barry, représenté à la cérémonie par Mandou Sidibé, très satisfait de cette distinction, a salué l'initiative d'Orange Money BurkinaDes bénéficiaires reconnaissants
Parmi les gagnants du jour figure Mahamadou Barry, représenté à la cérémonie par Mandou Sidibé. Très satisfait de cette distinction, ce dernier a salué l'initiative d'Orange Money Burkina. « C'est un sentiment de joie. Nous disons merci à Orange, à ses collaborateurs et à tous ses partenaires. Ce cadeau est le fruit d'un travail accompli. Nous souhaitons que cette initiative se poursuive et que l'entreprise continue à prospérer », a-t-il déclaré. Pour lui, les principaux atouts d'Orange résident dans la fiabilité de ses services, leur disponibilité ainsi que leur capacité à répondre aux besoins des utilisateurs.
La photo de familleMême satisfaction du côté d'Ousmane Korbéogo, autre bénéficiaire de cette campagne promotionnelle. « Je suis tellement content. Depuis que nous utilisons la puce marchande Orange, nous n'avons jamais rencontré de difficultés. Les dépôts, les retraits et les paiements des clients se déroulent normalement », a-t-il témoigné.
Ousmane Korbéogo, autre bénéficiaire de cette campagne promotionnelle, a invité les acteurs économiques hésitants à adopter les services Orange Money dans leurs activitésLe commerçant a également invité les acteurs économiques encore hésitants à adopter les services Orange Money dans leurs activités. À travers le « Challenge Zone de l'Ouest », Orange Money Burkina Faso confirme sa volonté de renforcer ses liens avec les commerçants et partenaires qui contribuent quotidiennement au développement des services financiers mobiles dans le pays. Au-delà des récompenses, cette initiative traduit aussi une stratégie axée sur la proximité, la reconnaissance de la performance et la promotion de l'inclusion financière numérique.
Romuald Dofini
Lefaso.net
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En 2024, KNDS Deutschland noua un partenariat avec General Dynamics European Land Systems [GDELS] en vue d’intégrer son système AGM [Artillery Gun Module] dérivé du RCH155 et doté d’un canon de 155 mm [cal. 52] sur le Piranha Heavy Mission Carrier [HMC], une variante du véhicule de combat d’infanterie [VCI] du même nom reposant sur...
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En 2024, l’organisme de contrôle du Congrès des États-Unis [GAO – Government Accountability Office] avait déterminé que le coût global du programme F-35 dépasserait les 2 000 milliards de dollars, après avoir revu à la hausse les sommes nécessaires pour assurer le maintien en condition opérationnelle [MCO] des appareils mis en œuvre par les forces...
Cet article Le coût d’exploitation des vingt-sept F-35A danois sera plus élevé de 25 % par rapport aux estimations initiales est apparu en premier sur Zone Militaire.
Nouvelle dégradation des relations franco-israéliennes : à quelques jours de l'ouverture du salon de l'armement terrestre Eurosatory, un des principaux du genre, le conseil de défense français refuse la présence d'officiels du gouvernement du premier ministre Benyamin Netanyahou, et enjoint les entreprises israéliennes d'armement de ne pas exposer de matériels offensifs, invoquant le non respect par Tel-Aviv des cessez-le-feu conclus au Liban et à Gaza.
- Défense en ligne / Israël, Armement, Armes (ventes d'), Industrie de l'armement, DiplomatieEn 2013, Airbus Helicopters [Eurocopter, à l’époque] fit voler un hélicoptère EC-145 sans équipage à bord, dans le cadre de son programme OPV [Optionally Piloted Vehicle] qu’il avait lancé deux ans plus tôt en puisant dans ses fonds propres. L’appareil avait été doté d’un système de commandes de vol automatique [AFCS] à quatres axes de...
Cet article Airbus Helicopters développe un drone cargo à partir de son hélicoptère H145 est apparu en premier sur Zone Militaire.
Cela fera bientôt neuf ans que le Système de combat aérien du futur [SCAF] fait l’objet de dissensions entre Dassault Aviation et Airbus au sujet du développement d’un avion de combat de 6e génération [New Generation Fighter – NGF]. Et les relations entre les deux industriels se sont surtout tendues quand la France a accepté,...
Cet article SCAF : Berlin et Paris conviennent de mettre un terme à leur projet conjoint d’avion de combat de 6e génération est apparu en premier sur Zone Militaire.
Parce qu’il ne dispose pas de la latitude nécessaire pour tenir son rôle de maître d’œuvre pour le développement d’un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter] dans le cadre du Système de combat aérien du futur [SCAF], Dassault Aviation réclame un changement de gouvernance afin que sa voix pèse plus...
Cet article L’Allemagne a l’ambition de devenir le chef de file des «technologies aéronautiques militaires de pointe» en Europe est apparu en premier sur Zone Militaire.