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Afrique

Arrestation de Nicolás Maduro : quelles répercussions sur la stratégie de la Russie et de la Chine ?

BBC Afrique - 3 hours 7 min ago
 Alors que Nicolás Maduro du Venezuela fait face à des accusations aux États‑Unis, des experts se demandent si sa capture pourrait encourager la Chine et la Russie. 
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Yeux rouges, toux, troubles digestifs… Et si c’était un adénovirus ?

Algérie 360 - 11 hours 1 min ago

Les adénovirus représentent une famille très vaste de virus extrêmement répandus à l’échelle mondiale. Contrairement à la grippe qui survient de manière saisonnière, ces agents […]

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L’Algérie sous l’emprise du froid : températures en forte baisse ce jeudi 8 janvier

Algérie 360 - 11 hours 47 min ago

Après deux journées marquées par des pluies soutenues et des chutes de neige parfois abondantes, la situation météorologique tend vers une relative accalmie en cette […]

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RD Congo : combats autour d'Uvira, le gouvernement met en cause le retrait de l’AFC/M23

France24 / Afrique - Wed, 07/01/2026 - 22:33
En RD Congo, l'inquiétude des habitants d’Uvira est toujours plus vive. Depuis plusieurs jours des combats sont signalés autour de la ville, dans l’est congolais. Ils opposent les rebelles du M23 soutenu par le Rwanda à l'armée congolaise et aux miliciens Wazalendo. Les rebelles de l’AFC/M23 ont pris le contrôle d’Uvira mi-décembre, puis, sous pression américaine, avaient annoncé leur retrait de la ville. Le gouvernement congolais remet en cause ce retrait.
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Tentative de déstabilisation : « Salif l'a rassuré qu'il pouvait tuer le président Ibrahim Traoré », témoigne un présumé complice

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 22:26

La Radiodiffusion télévision du burkina (RTB) a diffusé le témoignage d'El hadj Madi Sakandé, commerçant, dans le cadre des investigations en cours sur une tentative de déstabilisation des institutions burkinabè. Face aux caméras de la télévision nationale, l'intéressé a livré un récit détaillé des faits qu'il dit avoir vécus, évoquant des rencontres, des échanges et des transferts de fonds liés à un projet de coup d'État. Ces aveux ont été portés à la connaissance du public, le mardi 6 janvier 2026.

D'entrée de jeu, le témoin décline son identité et situe le contexte de son intervention. « Je m'appelle El hadj Madi Sakandé. Je suis commerçant ». Il affirme s'être rendu une première fois en 2023, puis une seconde fois en 2025, chez l'ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba. Selon son témoignage, c'est lors de cette deuxième rencontre que l'ancien chef de l'État lui aurait fait part de « son intention de faire un coup d'État pour s'emparer du pouvoir » et de sa volonté de reprendre le pouvoir, en lui demandant d'explorer les voies possibles pour y parvenir.

Des intermédiaires civils évoqués dans le récit

À la suite de cette rencontre, El hadj Madi Sakandé indique s'être rendu à Ziniaré pour rencontrer un autre commerçant. Ce dernier lui aurait parlé de son petit-fils, Salif, présenté comme travaillant auprès du président du Faso et impliqué, selon le témoignage, dans des actes de déstabilisation. Il lui aurait affirmé que : « avec Salif dans l'équipe, l'objectif pourrait être atteint ».

Toujours selon le récit livré à la RTB, les coordonnées d'El hadj Madi Sakandé auraient été transmises à Salif, qui l'aurait ensuite contacté. Une rencontre aurait alors eu lieu entre les deux hommes, au cours de laquelle Salif aurait exprimé sa disponibilité à agir.

Des propos particulièrement graves rapportés

El hadj Madi Sakandé relate avoir alors suggéré à Salif d'échanger directement avec l'ancien président Damiba, estimant que « entre militaires, ils sauront comment faire ». Il affirme avoir lui-même passé l'appel et remis le téléphone à Salif. Selon le témoignage, Paul-Henri Sandaogo Damiba lui aurait demandé ce qu'il pouvait faire, compte tenu de sa position, dans le cadre d'un coup d'État.

La réponse attribuée à Salif est rapportée en ces termes : « Salif l'a rassuré qu'il pouvait tuer le président Ibrahim Traoré. Et comme il est avec le président tous les jours, il peut accomplir cette tâche sans problème. Il a également soutenu qu'il pouvait placer des explosifs sur des sites de rencontres des chefs militaires à Ouaga 2000, et les explosions allaient tuer beaucoup de chefs militaires ». El hadj Madi Sakandé précise qu'un second échange téléphonique aurait ensuite eu lieu entre Salif et l'ancien président Damiba.

Un financement obtenu en Côte d'Ivoire

Poursuivant son témoignage, Madi Sakandé affirme s'être rendu en Côte d'Ivoire pour y récupérer une somme de « 70 millions de francs CFA ». À son retour, dit-il, l'ancien président Damiba l'aurait appelé pour l'informer que « deux femmes et un homme » viendraient récupérer l'argent, avec un rendez-vous fixé dans l'une des gares des compagnies de transport de la place.

« Il m'a signifié qu'il leur a donné rendez-vous à la gare de TSR. Que je pouvais envoyer quelqu'un ou aller moi-même et qu'à l'arrivée, des femmes sur des scooters vont me faire signe des mains. À mon arrivée, une femme est effectivement apparue du côté gauche en me faisant des signes de main. Je l'ai rencontrée et je lui ai remis de l'argent, et une autre femme est venue à qui j'ai également remis de l'argent. Je leur ai demandé où est l'homme ? Elles m'ont indiqué un homme qui était adossé à une voiture 4x4 double cabine. Quand je suis arrivé à son niveau, lui aussi a fait le signe de la main et a pris de l'argent. La somme totale que j'ai remise aux trois protagonistes s'élève à 40 millions francs CFA », a confié monsieur Sakandé.

Arrestation et éléments évoqués au moment de l'interpellation

Après cette remise, El hadj Madi Sakandé indique être retourné chez l'autre commerçant afin d'échanger sur la suite à donner et le partage des fonds. « C'est pendant que nous étions en train d'échanger sur ce sujet qu'ils sont venus nous arrêter. En attendant qu'on nous appréhende, le petit fils de El hadj Winèga est venu avec un véhicule qui contenait des armes. Il m'a demandé de venir regarder et j'ai refusé, parce que je ne suis pas militaire. Et c'est au moment où nous discutions qu'ils sont venus nous embarquer, lui et moi dans un véhicule », a révélé Madi Sakandé.

Le regret de ses actes

Dans la dernière partie de son témoignage, El hadj Madi Sakandé exprime des regrets et formule des excuses publiques. « Nous voulons demander pardon au président Ibrahim Traoré et au peuple burkinabè », reconnaissant s'être laissé entraîner dans cette affaire. Il revient enfin sur la gestion des fonds, précisant que l'argent aurait été emballé dans trois cartons, sur conseil de l'ancien président Damiba, deux contenant chacun 15 millions de francs CFA et le troisième 10 millions de francs CFA, remis sans échange de paroles aux personnes désignées.

Ce témoignage, diffusé sur la télévision nationale, intervient dans un contexte d'enquêtes judiciaires et sécuritaires toujours en cours. Les autorités ont indiqué que les procédures se poursuivent afin d'établir les responsabilités et de situer l'ensemble des acteurs impliqués dans cette affaire.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/Santé publique : La tondeuse, un outil de beauté masculine qui expose les hommes

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 22:25

On en parle peu, mais les salons de coiffure pour hommes sont très fréquentés à Ouagadougou. La tondeuse, l'outil qui permet de débarrasser la pilosité de la tête, est clé dans ces lieux. Mais au-delà du bourdonnement de ces machines qui se fait entendre, leur utilisation requiert un soin et une attention particulière pour éviter les risques sanitaires de tous genres.

Assis sur une chaise pivotante, un jeune client baisse légèrement la tête tandis que le coiffeur ajuste la machine le long de sa nuque. Ici, les gestes sont à la fois rapides et maîtrisés. Pourtant, à chaque passage de la lame de la tondeuse sur la peau, il pourrait y avoir des risques. Dans les salons de coiffure pour hommes et les barbershops de Ouagadougou, la tondeuse est l'outil central du métier et un potentiel vecteur de risques lorsque l'hygiène n'est pas rigoureusement respectée.

À Karpala, Magloire Badolo exerce le métier de coiffeur depuis 2012. Propriétaire de son salon, il parle de la coiffure avec passion. « La coiffure, c'est un métier qui nourrit bien son homme. Je l'adore. C'est un métier qu'il faut pratiquer avec amour », explique-t-il, tout en continuant de travailler sur la tête d'un client. Pour lui, la tondeuse est au cœur de cette activité. Elle permet de répondre à la majorité des demandes, des coupes simples aux styles plus élaborés, en passant par les contours précis de la barbe et de la nuque. Magloire confie avoir ses préférences en matière de matériel. Il affectionne particulièrement certaines marques de tondeuses, comme celles rechargeables. Il indique que celles-ci s'adaptent aux réalités du terrain, notamment aux coupures d'électricité fréquentes.

« Il y en a que tu peux charger et débrancher pour travailler », précise-t-il. Dans un salon où les clients se succèdent parfois sans répit, la fiabilité de la tondeuse est essentielle. Mais au-delà de la performance technique, Magloire insiste sur la dimension humaine du métier pour être plus professionnel. Accueillir le client, l'écouter, comprendre ses attentes et parfois même lui proposer une coupe adaptée à la forme de son visage font partie intégrante du travail. « Quand les clients arrivent, il faut savoir les accueillir, leur demander quel genre de coupe ils veulent. Selon leur tête, tu peux leur proposer la coiffure », explique-t-il. Cette relation de confiance, toutefois, ne se limite pas au style mais elle englobe aussi la question de l'hygiène, assure le coiffeur.

Selon Magloire Badolo, c'est l'ensemble du matériel de coiffure qui doit être constamment désinfecté, même les sièges

Des pratiques diverses

Le constat fait dans les salons est que les pratiques liées à l'utilisation des tondeuses varient considérablement. Certains clients utilisent systématiquement le matériel du salon, tandis que d'autres préfèrent venir avec leurs propres tondeuses. Une habitude de plus en plus répandue, motivée par des préoccupations sanitaires. « Il y a des clients qui viennent avec leurs tondeuses », nous fait savoir Magloire. D'autres vont jusqu'à acheter une tondeuse qu'ils laissent au salon qu'il utilise uniquement pour eux. Qu'il s'agisse de la tondeuse du client ou de celle du salon, le prix de la coupe reste le même, selon lui. Pour ces clients, l'enjeu n'est pas financier, mais sanitaire. « Celui qui vient avec sa tondeuse, c'est par rapport à sa propre santé. Il ne veut pas que tout le monde utilise la même tondeuse que lui », souligne le coiffeur. Magloire encourage d'ailleurs cette pratique, qu'il considère comme une mesure de prévention efficace. Mais il rappelle que la tondeuse n'est pas le seul élément à surveiller.

Dans de nombreux salons, le tissu ou la cape utilisée pour couvrir les clients est souvent négligée mais vectrice de microbes ou de virus. Il arrive qu'un même tissu serve à plusieurs personnes sans être lavé entre deux utilisations. Une pratique que Magloire déconseille fermement. « La majorité des coiffeurs n'ont pas assez de tissus. Ils utilisent le même pour couvrir trois ou quatre clients sans le laver », déplore-t-il. Pour lui, chaque client devrait idéalement disposer de son propre tissu. Contrairement à la tondeuse, qui peut être désinfectée sur place, le tissu ne peut pas être lavé immédiatement. Or, il est en contact direct avec la nuque, le cou et parfois le visage, des zones sensibles où apparaissent fréquemment des irritations ou des boutons. « Beaucoup de clients se plaignent après la coiffure. Ils sentent de petits boutons au niveau de la nuque. Généralement, ça vient d'autres clients », explique-t-il.

Dans un autre salon de coiffure aux 1200 logements, Jean, coiffeur, assure que l'hygiène de leur tondeuse est une priorité. Selon Jean, qui affirme être dans le domaine depuis une dizaine d'années, à la moindre maladresse, les conséquences sont lourdes, donc ils ne peuvent pas se permettre d'erreur. « Les clients même sont très exigeants et veulent voir quand on désinfecte avant de commencer. »

Des usagers de plus en plus vigilants

Face à ces risques, les usagers de salons développent leurs propres stratégies de protection. Souleymane, par exemple, fait partie de ceux qui ne se rendent plus au salon sans leurs tondeuses personnelles. « J'ai acheté une tondeuse pour des questions d'hygiène surtout, et éviter des infections cutanées », confie-t-il. Depuis plus de trois ans, il l'utilise à une fréquence de deux fois par mois. Il nettoie lui-même les lames avec un chiffon et de l'alcool à 90 degrés, s'appuyant sur des tutoriels trouvés sur les réseaux sociaux. Il affirme n'avoir jamais connu d'irritation ou d'incident après une séance de coiffure, mais reste conscient des risques. « Les risques existent, surtout quand les équipements ne sont pas bien nettoyés. Il peut y avoir des infections cutanées, et même le VIH si le matériel n'est jamais désinfecté », souligne-t-il, tout en regrettant n'avoir jamais reçu de conseils directs de professionnels de la coiffure.

Mohammed quant à lui adopte une approche différente. Bien qu'il possède une tondeuse personnelle, il est parfois contraint d'utiliser celle du salon, la sienne étant filaire alors que beaucoup de salons privilégient désormais les modèles sans fil. Pour lui, l'essentiel est d'observer. « Avant d'aller dans un salon, j'observe d'abord l'intérieur et je discute un peu avec le coiffeur », spécifie-t-il.

Cheveux entassés au sol, matériel mal rangé ou absence de nettoyage sont autant de signaux d'alerte qui le dissuadent de revenir. Son exigence s'est renforcée après une expérience marquante. Un jour, alors qu'il s'apprêtait à se faire coiffer, le coiffeur a simplement retourné la lame utilisée sur le client précédent pour l'utiliser sur lui. « J'ai été choqué », raconte Mohammed. Malgré les tentatives de justification du coiffeur, il a quitté le salon sans se faire coiffer. Depuis, il redouble de vigilance, quitte à éviter certaines zones sensibles comme la nuque ou la barbe.

Désinfecter selon les règles de l'art

Selon le Dr Patrice Tapsoba, dermatologue au CHU-Yalgado-Ouédraogo, les risques liés à l'utilisation de tondeuses mal entretenues sont multiples. « Une lame émoussée peut entraîner des microcoupures lors du rasage. Cela constitue une porte d'entrée pour divers microorganismes », informe-t-il. Les infections bactériennes sont les plus courantes. Impétigo, folliculites, furoncles ou érysipèle figurent parmi les pathologies fréquemment observées. Les infections mycosiques, comme la teigne du cuir chevelu chez l'enfant ou le sycosis de la barbe chez l'adulte, sont également liées à l'usage de matériel contaminé.

Le Dr Tapsoba préconise l'utilisation d'eau de Javel diluée à 0,5 %, obtenue en mélangeant un volume d'eau de Javel concentrée à 8° chlorométriques avec quatre volumes d'eau

Sur le plan viral, les risques incluent les verrues, le molluscum contagiosum, et, dans des conditions extrêmes, des infections plus graves comme le VIH ou les hépatites B et C. Le dermatologue précise que, pour ces dernières, il est souvent difficile d'établir un lien direct, car les symptômes apparaissent tardivement. Toutefois, « le lien entre l'utilisation de matériel souillé par le sang et ces maladies demeure avéré ».

Pour limiter ces risques, le Dr Tapsoba recommande des protocoles précis de désinfection. Il préconise l'utilisation d'eau de Javel diluée à 0,5 %, obtenue en mélangeant un volume d'eau de Javel concentrée à 8° chlorométriques avec quatre volumes d'eau. Cette solution doit être préparée quotidiennement, conservée dans un récipient opaque à l'abri de la lumière, puis jetée en fin de journée. Les instruments doivent y être plongés pendant cinq minutes. Pour les éléments non immergeables, un essuyage avec une éponge imbibée de la solution est conseillé. Il insiste également sur la qualité des produits utilisés. Certaines eaux de Javel disponibles sur le marché sont inefficaces. Les produits issus de fabricants professionnels sont à privilégier.

Au fil des observations et des témoignages, l'hygiène dans les salons de coiffure en général repose sur une responsabilité partagée. Les coiffeurs ou coiffeuses, en première ligne, doivent intégrer la désinfection du matériel et le lavage des mains comme des gestes systématiques, au même titre que la coupe elle-même. Les clients, de leur côté, gagnent à être attentifs, à poser des questions, à observer et, si nécessaire, à exiger certaines pratiques.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Ouagadougou : Quand la « janviose » met des ménages à rude épreuve

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 22:20

À Ouagadougou, le mois de janvier rime souvent avec un mot bien connu des ménages, « la janviose ». Cette expression populaire désigne la période de vaches maigres qui survient juste après des fêtes de fin d'année marquées par de fortes dépenses liées aux célébrations de Noël et du Nouvel An. Une fois l'euphorie festive retombée, de nombreux foyers se retrouvent confrontés à des difficultés financières qui dévoilent la fragilité du pouvoir d'achat et la nécessité d'une meilleure planification financière au sein des ménages.

Dans les quartiers populaires comme Zogona, Dapoya, Wemtenga, la janviose se fait sentir dès les premiers jours de janvier. « En décembre, on fait tout pour que la famille ne manque de rien. On reçoit, on mange bien, on achète des habits pour les enfants. Mais après, le porte-monnaie est vide », confie Mamoudou Ouédraogo, père de quatre enfants et petit commerçant. Comme lui, beaucoup de chefs de ménage doivent composer avec des ressources limitées alors que les charges, elles, ne diminuent pas.

Les marchés de la capitale reflètent également cette réalité. Si l'affluence est forte en décembre, janvier est souvent marqué par une baisse du pouvoir d'achat. Les vendeuses de condiments et de légumes constatent que les clients achètent en plus petites quantités. « Les femmes qui travaillent aiment acheter les condiments pour plusieurs jours. Ces jours-ci, beaucoup font le marché au jour le jour et c'est le strict minimum qu'elles achètent », explique Awa Traoré, commerçante au marché de Sankaryaré.

La janviose touche aussi les salariés et les fonctionnaires. Entre les crédits et les frais incompressibles comme le loyer, la scolarité des enfants ou le transport, le mois de janvier devient un véritable parcours du combattant. Certains travailleurs reconnaissent devoir “jongler” jusqu'à la fin du mois, en attendant la prochaine paie.

« Après les fêtes, ce n'est pas simple. J'ai fait une prévision pour pouvoir tenir dans le mois de janvier. J'ai acheté ce qu'il faut pour la maison. C'est maintenant le carburant, les frais d'unité et de mégas qui posent problème. On essaie de jongler pour avoir l'argent de carburant. Pour le moment, aller boire la bière est banni. Peut-être que dans les mois à venir on pourra reprendre, mais à l'heure actuelle on cherche à nourrir d'abord », a indiqué Patrice Zabré, fonctionnaire.

Pour certaines personnes, la janviose ne peut être réduite à un simple phénomène saisonnier. Elle met en lumière la fragilité du pouvoir d'achat et la nécessité d'une meilleure planification financière au sein des ménages. « Il faut apprendre à anticiper les dépenses de fin d'année et éviter de vivre au-dessus de ses moyens », estime Mariam Hema.

« Je n'avais pas encore connu la janviose. J'entendais les gens en parler mais je n'ai pas encore vécu une situation de galère pendant le mois de janvier. Je planifie toujours mes dépenses. Cette année, depuis novembre, j'ai commencé à acheter ce qu'il me fallait pour les fêtes de fin d'année. Malheureusement, je n'ai pas suffisamment pris en compte certaines charges. Parce que j'ai un bébé, il me faut des couches, du lait et autres. Pour le moment je tiens mais d'ici le 15, si mon mari ne rentre pas de sa mission, je vais connaître la janviose. Parce que j'ai fait un mauvais calcul. C'est une leçon pour moi, je ne vais plus négliger une dépense. Désormais, à l'approche des fêtes, je vais prendre les dispositions nécessaires et je ne vais pas faire la fête au-dessus de mes moyens. Je pense que pour éviter cette situation de janviose, il faut faire ses dépenses en fonction de ses moyens et mieux planifier ces dépenses », a souligné la jeune dame.

À Ouagadougou, la janviose est presque devenue une étape connue, intégrée aux habitudes après les fêtes de fin d'année. Si janvier serre les ceintures, il rappelle aussi l'importance de la solidarité, de la prudence et de l'adaptation dans un environnement économique difficile. En attendant des jours meilleurs, les Ouagavillois avancent, un pas après l'autre, convaincus que, comme chaque année, la janviose finira par passer.

Rama Diallo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Santé : Les habitudes alimentaires à risque dans les rues de Ouagadougou

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 22:15

À Ouagadougou, la restauration de rue occupe une place importante dans le quotidien : brochettes, riz gras, spaghetti, beignets, galettes, alloco, jus locaux… Ces aliments sont accessibles, rapides et très appréciés. Cependant, certaines pratiques peuvent exposer les consommateurs à des risques pour la santé, allant des infections digestives à la prise de poids. Cet article met en lumière les habitudes alimentaires les plus à risque dans les rues de Ouaga, ainsi que des conseils diététiques simples pour protéger la population.

1. Les repas trop gras

De nombreux plats de rue contiennent une quantité excessive d'huile : riz gras très huileux, beignets frits, attiéké, spaghetti sautés, poulet grillé imbibé de graisse.

Risques : surcharge du foie, prise de poids, augmentation du cholestérol.

Conseils diététiques : demander moins d'huile, privilégier les portions modérées et accompagner chaque plat d'un légume simple.

2. Les aliments conservés trop longtemps

Certains plats restent exposés à la chaleur, parfois plusieurs heures, avant d'être servis. Or la température élevée favorise la prolifération microbienne.

Risques : diarrhées, vomissements, intoxications alimentaires.

Conseils : choisir des vendeurs qui cuisent les aliments devant le client et éviter les plats dont l'odeur ou l'aspect semble douteux.

3. L'eau et les glaçons non contrôlés

L'eau utilisée pour les jus dilués, le thé ou les glaçons artisanaux n'est pas toujours potable.

Risques : infections intestinales, amibes, diarrhées.

Conseils : privilégier l'eau en bouteille ou l'eau bouillie, limiter les boissons très diluées et les glaçons dont l'origine n'est pas maîtrisée.

4. Les viandes mal cuites

Brochettes, grillades et poulets de rue sont parfois servis à moitié cuits, surtout aux heures d'affluence.

Risques : intoxications alimentaires, salmonellose, parasites.

Conseils : opter pour une cuisson bien complète, surtout pour la viande rouge et le poulet.

5. L'excès de sel, de cubes et de piment

La préparation de rue utilise souvent beaucoup de sel, de cubes d'assaisonnement et de piment pour renforcer le goût.

Risques : hypertension, irritations gastriques, reflux acide.

Conseils : consommer le piment avec modération, réduire les cubes et favoriser les assaisonnements naturels : ail, gingembre, poivre, soumbala, persil, poivre noir, poisson sec etc.

6. Les repas tardifs et pris rapidement

Beaucoup de consommateurs mangent tard le soir ou avalent leur repas debout ou en marchant.

Risques : mauvaise digestion, ballonnements, fatigue.

Conseils : prendre le temps de s'asseoir pour manger et éviter les repas trop lourds après 20 heures.
En conclusion, la restauration de rue reste une richesse culturelle et une nécessité pour de nombreux habitants de Ouagadougou. Cependant, quelques gestes simples comme choisir un bon vendeur, limiter l'huile, assurer la propreté de l'eau, vérifier la cuisson et intégrer plus de légumes permettent de réduire considérablement les risques pour la santé.

Promouvoir une alimentation plus sûre et plus équilibrée dans les rues de Ouaga contribue à protéger la population et à renforcer la santé publique.

Yasmine Ouédraogo/Zerbo
Diététicienne

Categories: Afrique

De la perte de la vue à la conquête des droits : Le combat de Marie Madeleine Kaboré pour l'inclusion sociale des personnes handicapées

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 22:10

Née le 6 octobre 1958 à Bobo-Dioulasso, Marie Madeleine Kaboré œuvre depuis plus de 40 ans dans la lutte pour les droits des personnes handicapées, en particulier des femmes aveugles, au Burkina Faso et au-delà. Institutrice de formation, sociologue et militante par nécessité, elle a fait de son propre parcours de vie un levier d'émancipation collective.

Issue d'un cursus scolaire classique entamé dès la petite enfance à Bobo-Dioulasso, elle franchit avec succès les étapes du primaire et du secondaire jusqu'en classe de terminale. À 19 ans, alors qu'elle est à quelques mois du baccalauréat, sa vie bascule. Elle perd brutalement la vue à la suite d'un mal de tête.

« Quand j'ai perdu la vue, on m'a évacuée en France pour que je subisse une intervention. La première fois qu'on m'a dit que j'étais une fille aveugle, c'était à l'aéroport de Paris, quand je revenais de l'hôpital. Ils ont dit, faites attention à elle, c'est une fille aveugle. Lorsque j'ai entendu cela, j'avais l'impression que la terre me tombait sur la tête. Au début, on fait le deuil de la société réellement. Cela n'a pas été facile. Mais après, j'ai pu supporter, pour me battre. Sinon, si j'avais baissé les bras, je n'allais pas pouvoir aider les autres femmes, n'en parlons pas des autres personnes handicapées à accepter leur handicap. Le plus dur pour moi à l'époque a été le fait que je ne pouvais pas passer l'examen du baccalauréat. Mais heureusement pour moi, mes parents m'ont beaucoup soutenue ainsi que les sœurs religieuses de Bobo », a indiqué dame Kaboré.

Faute de structures adaptées au Burkina Faso à l'époque, elle est initiée à l'écriture braille et à la mobilité dès 1979 grâce à l'engagement de religieuses et au soutien de l'action sociale. Déterminée à poursuivre ses études malgré les obstacles, elle se heurte au manque de structure adaptée pour passer le baccalauréat au Burkina. C'est finalement en Côte d'Ivoire, avec l'appui de partenaires, qu'elle reprend la classe de terminale D et obtient son baccalauréat en 1988.

« J'ai fait le baccalauréat en 1979. Après, comme il n'y avait pas de structure au Burkina, ils ont fait des demandes au Mali mais le Mali n'avait pas accepté. Et ce n'est que la Côte d'Ivoire qui avait accepté pour que j'aille passer l'examen. On m'a même fait sortir dans les médias pour dire qu'une jeune fille burkinabè a quitté son pays natal pour venir passer le bac en Côte d'Ivoire. Heureusement pour moi, nous étions deux à faire le bac D et j'ai eu la chance de réussir du premier coup. Celui qui était de la Côte d'Ivoire a malheureusement échoué », a-t-elle déclaré.

Sa soif de savoir la conduit ensuite au Mali, où elle intègre l'Institut pédagogique d'enseignement général. Elle y sort major de promotion et obtient son diplôme d'enseignante. De retour au Burkina Faso en 1995, elle débute à l'École des jeunes aveugles de l'Union nationale des associations burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (UN-ABPAM), où elle enseigne la classe de réadaptation, destinée aux personnes devenues aveugles tardivement.

Parallèlement à son engagement pédagogique, Marie Madeleine Kaboré s'impose comme une actrice du mouvement associatif.

Présidente du Comité des femmes aveugles de l'UN-ABPAM depuis 1995, elle fonde en 1989 l'Association des aveugles de Bobo-Dioulasso « Espérance ». En 2003, face à la marginalisation persistante des femmes handicapées dans les structures mixtes, elle crée l'Union nationale des associations de femmes handicapées du Burkina Faso. Une initiative qui permettra à des milliers de femmes de s'organiser, de mener des activités génératrices de revenus, de sortir de la mendicité et de revendiquer leurs droits.

« Les femmes à cette époque étaient au second plan. Elles avaient honte devant les hommes et elles n'arrivaient pas à élever leurs voix. Et les hommes aussi les mettaient en arrière. Cette situation faisait que les femmes n'arrivaient pas même à mener des activités génératrices ce qui fait que beaucoup se sont données à la mandicite pour survivre. Mais avec la création de l'Union, on a pu les sensibiliser, leur permettre de se regrouper en association, de mener leurs activités socio-économiques. Grâce à l'union, les femmes se sont regroupées presque dans toutes les régions en association pour mener des activités génératrices, recevoir des formations afin de pouvoir élever leurs voix et s'exprimer », a confié Marie Madeleine.

Son combat dépasse les frontières nationales. Membre fondatrice du Comité des femmes de l'Union africaine des aveugles, elle a représenté les femmes aveugles de l'Afrique de l'Ouest francophone et participé à de nombreuses assemblées et formations internationales en Afrique, en Europe, en Amérique et en Australie. Elle a œuvré sans relâche pour rapprocher les mouvements anglophones et francophones, convaincue que l'unité est une force.

Titulaire d'une licence en sociologie obtenue à l'Université de Ouagadougou, formée en genre et développement, droits humains, finances publiques, santé de la reproduction et recherche de financements, Marie Madeleine Kaboré a également coordonné le programme d'éducation inclusive de l'UN-ABPAM de 2012 à 2014. Cette action a permis de scolariser des dizaines d'enfants handicapés visuels jusque-là cachés par leurs familles.

Veuve et mère de deux enfants, aujourd'hui enseignante à la retraite, elle continue de porter la voix des personnes handicapées. Son message pour les personnes vivant avec un handicap reste le même ; ne pas baisser les bras. À la société burkinabè, elle appelle à une acceptation pleine et entière des personnes handicapées comme des citoyens à part entière. À celles et ceux qui perdent la vue, elle rappelle que la dignité, la connaissance et le combat peuvent transformer l'épreuve en force.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Categories: Afrique

Montée des couleurs à Bobo-Dioulasso : La commune fait le bilan de 2025 et se projette en 2026

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 22:00

La commune de Bobo-Dioulasso a tenu, dans la matinée de ce mercredi 7 janvier 2026, à la mairie de l'arrondissement 4, sa traditionnelle cérémonie de montée des couleurs nationales. Première du genre pour la nouvelle année, cette cérémonie a été présidée par le président de la délégation spéciale communale, Laurent Kontogom, en présence des autorités administratives, coutumières et religieuses, des forces de défense et de sécurité, des agents municipaux, ainsi que des représentants de la société civile et des médias.

Moment de recueillement patriotique et d'expression de l'unité nationale, cette montée des couleurs a permis aux autorités communales de renouveler leur allégeance à la patrie, le Burkina Faso, dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires, économiques et sociaux. Dans son adresse, le président de la délégation spéciale communale a rappelé la portée symbolique de cette cérémonie, qui marque l'entrée officielle de la commune dans la nouvelle année 2026.

Les coutumiers fortement mobilisés pour la montée de couleurs à l'arrondissement 4

Profitant de l'occasion, Laurent Kontogom a présenté ses vœux de santé, de bonheur, de réussite et de prospérité aux agents communaux, aux partenaires et à l'ensemble des populations de Bobo-Dioulasso. Il a également formulé des prières pour le retour définitif de la paix et de la sécurité sur toute l'étendue du territoire national, souhaitant que l'année 2026 soit celle de la fin des tourments, du retour des personnes déplacées internes dans leurs localités d'origine et de la relance durable de l'économie nationale.

Le président de la délégation spéciale communale a, par ailleurs, rendu un hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité, aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ainsi qu'aux dozos. Selon lui, « jamais dans l'histoire du Burkina Faso une si grande majorité de Burkinabè n'a été autant redevable à un si petit nombre d'hommes et de femmes engagés jour et nuit pour la sécurité des populations ». À leur endroit, il a adressé ses vœux d'une année 2026 « bonne, heureuse et victorieuse ».

Laurent Kontogom a estimé que l'année 2025 a été riche en événements, en défis relevés et en avancées notables pour la commune de Bobo-Dioulasso

Le bilan de 2025 jugé satisfaisant

Revenant sur l'année 2025, Laurent Kontogom a estimé qu'elle a été riche en événements, en défis relevés et en avancées notables pour la commune de Bobo-Dioulasso, forte de plus de 1,2 million d'habitants. Sans dresser un bilan exhaustif, exercice qui fera l'objet d'une session dédiée, il a toutefois relevé plusieurs acquis majeurs.

Parmi les points de satisfaction, il a cité ainsi la performance des services en charge du recouvrement des recettes, avec une hausse des ressources propres de près d'un milliard de francs CFA et un budget communal établi à plus de 7,31 milliards de francs CFA. Il a également évoqué l'effectivité des travaux de la composante assainissement du Projet de mobilité et de développement urbain des villes secondaires du Burkina Faso, qui permettra à terme à la ville de disposer de 21 kilomètres de canaux d'assainissement pluvial, primaire, secondaire et tertiaire.

Le PDS Kontogom pose avec le personnel de l'arrondissement 4

À cela s'ajoutent les réformes engagées pour la structuration de l'assainissement urbain, notamment à travers la réglementation de la salubrité et de la gestion des déchets solides, dont la mise en œuvre progressive débute dès janvier 2026. Les travaux de terrassement et d'aménagement des voies en terre dans les sept arrondissements, l'entretien du réseau routier bitumé, la fourniture de services sociaux de base aux populations, ainsi que la poursuite de l'initiative d'assainissement « Bobo Sanya Sira », désormais à sa 23ᵉ étape, ont également été mis en exergue.

Le président de la délégation spéciale communale a aussi mentionné l'inauguration d'infrastructures sanitaires et éducatives, l'amélioration de l'environnement normatif de la commune par l'adoption de textes visant une meilleure efficacité administrative, l'organisation d'activités culturelles et sportives en cohérence avec la vocation de Bobo-Dioulasso comme ville culturelle et sportive, ainsi que l'ouverture d'une nouvelle page de coopération décentralisée avec la création de la communauté de communes du Grand Bobo.
Autre avancée majeure, l'aboutissement du processus d'adoption d'un nouvel organigramme de l'administration de la mairie centrale, intégrant des innovations en lien avec les priorités et la vision managériale actuelles de la commune.

La photo de famille du PDS Kontogom avec des PDS d'arrondissements

Des perspectives pour l'année 2026

Pour l'année 2026, de nombreux défis restent à relever. Les priorités annoncées portent notamment sur le renforcement des infrastructures routières, l'amélioration de l'assainissement pluvial, le soutien accru à l'initiative présidentielle Faso Mêbo à travers la généralisation des actions de pavage, de construction de caniveaux et de routes, ainsi que la poursuite des efforts de mobilisation des ressources propres.

L'organisation de la 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), prévue du 25 avril au 2 mai 2026 sous le thème : « Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales », constitue également un chantier majeur, pour lequel le président de la délégation spéciale a appelé à une mobilisation générale afin d'assurer le succès de cet événement d'envergure nationale.

Les autorités communales renouvèlent leur allégeance à la patrie, le Burkina Faso

Enfin, Laurent Kontogom a invité l'ensemble des acteurs à savoir les administrations, autorités coutumières et religieuses, organisations socioprofessionnelles, femmes, jeunes, associations citoyennes et médias à accompagner l'action communale dans un esprit de collaboration, de professionnalisme, de solidarité et de don de soi, pour le bonheur des populations de Bobo-Dioulasso. La cérémonie s'est achevée sur l'annonce du prochain rendez-vous de la montée des couleurs, prévu début février 2026 à l'arrondissement 5.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Burkina : Ce qu'il faut retenir du numérique en 2025

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 21:55

L'année 2025 a marqué un grand tournant pour le numérique au Burkina Faso. Le pays, en quête de souveraineté, a fait des progrès pour moderniser ses services et connecter davantage de citoyens.

En 2025, le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a dévoilé ses priorités pour transformer le pays grâce au digital. Parmi les réalisations majeures, il y a le chantier « Zéro zone blanche », pilier de l'inclusion numérique. Ce programme lancé à Ouahigouya prévoit la couverture de 750 localités qui ne disposent pas de communications électroniques. À ces avancées s'ajoute la dématérialisation de plus de 60 procédures administratives, dont 36 sont déjà opérationnelles.

Formation et inclusion des jeunes

La jeunesse a été placée au cœur des initiatives. Le programme ASI TALK a permis de former 500 jeunes Burkinabè aux compétences numériques, à l'innovation et à l'entrepreneuriat digital. Lors de la 20ᵉ Semaine du numérique, le groupe technologique américain Cybastion a inauguré un American Tech Hub, axé sur la formation en intelligence artificielle, cybersécurité et technologies avancées. Ces efforts visent à bâtir un capital humain capable de soutenir la transformation numérique et de répondre aux défis économiques et sociaux du pays.

L'intelligence artificielle au cœur des débats

La thématique de l'intelligence artificielle a occupé une place importante en 2025. L'écosystème burkinabè s'est affirmé avec l'organisation de Faso Digital, la première foire virtuelle des solutions digitales, organisée du 18 au 25 octobre 2025 par Lefaso.net. L'événement a mis en lumière les talents technologiques locaux au service du développement social et économique. Il a rassemblé en ligne des milliers de participants à travers le monde.

L'on peut ajouter à ce premier coup de maître le 4ᵉ colloque international sur l'Intelligence artificielle, organisé le 29 octobre à Ouagadougou, par l'université Aube Nouvelle. Ce colloque a réuni experts, chercheurs et décideurs pour discuter des opportunités et des risques liés à l'IA en Afrique. Le gouvernement a affiché sa volonté d'utiliser l'IA comme levier pour l'agriculture, la santé et la sécurité, affirmant ainsi une vision stratégique de long terme.

L'actualité a été également marquée par la 1ʳᵉ édition de la Semaine nationale de la lutte contre la cybercriminalité du 27 au 31 octobre 2025 à Ouagadougou. Organisé par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC). L'événement s'est tenu sous le thème « Bâtir une résilience nationale face à la cybercriminalité : un impératif pour la paix, la sécurité et la souveraineté numérique du Burkina Faso ».

Des lauriers pour le geeks burkinabè

En 2025, le Burkina Faso s'est hissé sur le toit du monde en robotique. Les ingénieurs de Gobelab ont remporté la médaille d'or lors du « First Global Challenge 2025 » tenu au Panama. Gobelab n'est pas à son premier laurier. En 2019, ils ont remporté la médaille du robot le plus sécurisé. En 2020 et 2021, ils ont obtenu respectivement une médaille d'argent et une médaille de bronze.

Face à des équipes issues de 17 pays, les Hacker Stallions (HS) de l'International School of Ouagadougou (ISO) ont aussi brillamment tiré leur épingle du jeu en remportant une médaille d'argent, se classant juste derrière la Gambie lors de la Pan-African Robotics Competition.

Une société de plus en plus connectée

Le Burkina Faso Digital Report 2025 révèle une société en pleine mutation. Le taux de pénétration mobile a dépassé 100 %, confirmant l'omniprésence du téléphone dans la vie quotidienne. Le nombre d'utilisateurs d'internet a continué de croître, reflet d'une demande accrue pour l'accès à l'information, aux services numériques et aux réseaux sociaux. Cette tendance illustre une dynamique positive vers une société plus connectée, bien que les défis d'accès et d'inclusion persistent.

Défis persistants

Malgré les avancées, des obstacles demeurent. Le Burkina Faso figure encore relativement bas dans les classements internationaux d'e-gouvernement, traduisant un retard dans certains services numériques publics. Les défis liés aux infrastructures, à la sécurité des réseaux, au coût d'accès à internet et au niveau de compétences numériques freinent une adoption plus massive. Toutefois, l'on note que l'État, à travers l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), a maintenu une pression constante sur les opérateurs pour améliorer la qualité de service.

L'ARCEP a instauré de nouvelles mesures encadrant la téléphonie mobile. Parmi les principales innovations figurent l'utilisation des crédits bonus sur l'ensemble des réseaux nationaux, l'extension de la validité du crédit principal à 180 jours après la dernière recharge, ainsi que la consommation prioritaire des bonus à courte durée de validité. L'ARCEP impose également le respect strict des durées de validité des offres, désormais soumises à une validation préalable avant leur commercialisation, tout en plafonnant les écarts tarifaires entre les appels inter-réseaux. Malgré « ces bonnes nouvelles », des usagers ont noté que les compagnies de téléphonie ne jouaient pas franc jeu et ont appelé à revenir sur les anciennes mesures.

Perspectives pour 2026

Le Burkina Faso prépare déjà l'avenir. Pour 2026, il est notamment prévu l'enrôlement à grande échelle des populations dans le cadre de l'identification unique électronique des personnes physiques, le déploiement de 270 kilomètres de fibre optique, la poursuite de l'extension des réseaux mobiles et du haut débit dans les 750 zones blanches recensées, ainsi que l'opérationnalisation des mini-datacenters. À cela s'ajoutent l'appui à la dématérialisation de cent procédures administratives, la réalisation des Maisons du citoyen et le renforcement du cadre législatif en matière de numérique.

Le Burkina Faso avance à son rythme, avec l'ambition de devenir un modèle technologique en Afrique. Et il ne fait aucun doute qu'il pourra compter sur sa jeunesse avec une intelligence toujours en éveil.

Fredo Bassolé
Lefaso.net

Categories: Afrique

Procès, réformes, débats sensibles : L'année judiciaire 2025 au Burkina Faso

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 21:50

L'année 2025 a marqué un tournant majeur pour la justice burkinabè. Entre procès emblématiques de lutte contre la corruption, interpellations de magistrats, réformes structurelles ambitieuses et débats sensibles sur la peine de mort, l'institution judiciaire s'est retrouvée au cœur de l'actualité nationale. Dans un contexte politique et sécuritaire complexe, ces événements ont profondément redessiné le rapport entre la justice, l'État et les citoyens.

L'opération "Casier vide" pour désengorger les tribunaux

Le 10 janvier 2025, la justice burkinabè a lancé l'opération "Casier vide". Cette initiative visait à réduire l'encombrement des juridictions. Entre le 20 et le 30 janvier 2025, près de 2 000 dossiers ont été programmés. L'opération était pilotée par le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou. À cela s'ajoute la session spéciale du pôle ECOFI, qui a permis de juger des affaires de corruption, de détournement de fonds publics et de faux et usage de faux. L'objectif était d'accélérer le traitement des dossiers en attente.

"L'Affaire Tiégnan", un procès emblématique

Le procès dit "Affaire Tiégnan et autres" a été l'un des plus suivis de l'année. Il s'est ouvert le 3 novembre 2025 devant la Cour d'appel de Ouagadougou. Les faits reprochés portaient sur des détournements de fonds humanitaires. Les chefs d'accusation incluaient le détournement de deniers publics, le faux en écriture publique, l'enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux. Le verdict a été rendu le 18 novembre 2025.

Amidou Tiégnan, principal prévenu, a été condamné à 11 ans de prison ferme. Il a également écopé d'une amende de plus de 5,6 milliards de francs CFA. Il devra verser près de 1,88 milliard de francs CFA à l'État burkinabè au titre du préjudice subi. Ses co-accusés, dont Pétronille Tarpaga/Ouédraogo, Salifou Ouédraogo et Bayoulou Philippe, ont eux aussi été condamnés. Des peines de prison, des amendes et la confiscation de leurs biens ont été prononcées.

Ce procès a été perçu comme un signal fort. La justice a affirmé sa volonté de sanctionner les abus dans la gestion des fonds publics. Rappelons aussi que dans le prolongement de cette affaire, une autre procédure a été engagée. Elle vise Camille Yé, ex-directeur administratif et financier du ministère en charge de l'action humanitaire, et sept autres personnes, dont une ancienne ministre. Ouverte en décembre 2025, l'audience a été renvoyée. La nouvelle date a été fixée au 23 janvier 2026. Ce renvoi vise l'examen de questions de procédure.

Des magistrats poursuivis

En 2025, les autorités ont annoncé des poursuites contre plusieurs hauts magistrats. Une dizaine de responsables judiciaires ont été interpellés. Parmi eux figuraient des présidents de chambres et un avocat. Les faits concernaient des actes de corruption au sein de la Cour d'appel de Ouagadougou. Selon le gouvernement, un vaste réseau de corruption a été mis au jour. Les auditions auraient révélé des pratiques d'influence illégales et des abus de pouvoir.

On relève en outre l'affaire Sidaty Yoda, ancien président du Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora, poursuivi pour stellionat et blanchiment de capitaux, dans un réseau de vente frauduleuse d'environ 18 parcelles. Ce dernier aurait abusé de son pouvoir de magistrat et de nombreux acquéreurs ont été lésés. Le tribunal l'a condamné à 18 mois de prison ferme et à une amende de 291 600 000 F CFA.

Des réformes structurelles d'envergure

L'année 2025 a aussi été marquée par d'importantes réformes. Plusieurs textes majeurs ont été adoptés. Il s'agit notamment d'une nouvelle loi portant organisation judiciaire. Un Code de procédure pénale révisé a été promulgué. Le Code des personnes et de la famille a également été modernisé. Ces réformes visent à mieux répondre aux réalités des populations. Elles tiennent aussi compte des engagements internationaux du Burkina Faso.

Modernisation et rentrée judiciaire solennelle

Des plateformes numériques dédiées à la justice ont été lancées, facilitant l'accès à l'information juridique, tout en permettant le dépôt et le suivi des plaintes à distance. En outre, la rentrée judiciaire s'est tenue le 1ᵉʳ octobre 2025 à Ouagadougou. Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, y a pris part. L'événement a mis l'accent sur l'indépendance de la justice. Il a aussi souligné les défis liés à la transition politique et sécuritaire.

Le retour du débat sur la peine de mort

En fin d'année, un débat majeur a émergé. Il portait sur le rétablissement de la peine de mort. En décembre 2025, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi en ce sens. Le texte vise certains crimes, dont la haute trahison, le terrorisme et l'espionnage. Cette décision remet en cause l'abolition de 2018. Pour cette nouvelle année, 2026, de nombreux dossiers restent en suspens. L'opinion publique demeure attentive à l'évolution de l'État de droit.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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Relation Chine-Afrique : Des journalistes africains saluent l'amitié des peuples

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 21:45

Lors du Sommet 2024 du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC) à Beijing, les deux parties sont convenues de désigner 2026 comme l'Année sino-africaine des échanges humains et culturels. Elle marque également le 70e anniversaire de l'inauguration des relations diplomatiques sino-africaines. Autour d'une table ronde organisée par la télévision publique chinoise, CGTN Français, des journalistes africains, saluent la coopération et appellent à plus de renforcement pour le bonheur des deux peuples.

Lors de la table ronde de CGTN Français, la journaliste Zhang Meijiao a donné la parole à des journalistes africains venus du Burkina Faso, de la République démocratique du Congo (RDC), de Maurice, des Comores et du Cameroun. Entre autres, ils ont abordé plusieurs points, notamment l'action de partenariat pour les échanges humains et culturels dans le cadre de dix actions de partenariats sur la modernisation, l'importance de l'organisation de l'Année sino-africaine des échanges humains et culturels, des réalisations et des perspectives de la coopération sino-africaine dans divers domaines et le rôle que doivent jouer les médias chinois et africains.

De l'avis des journalistes présents à la table ronde, l'Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique va davantage renforcer les passerelles de coopération entre les deux parties. Aux dires du journaliste de la République démocratique du Congo (RDC), Christian Timothée Mampuya, l'Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique va donner un plus à des initiatives déjà existantes comme le Festival de la jeunesse Chine-Afrique. Pour lui, les peuples africains et chinois apprendront à mieux se connaître pour avancer main dans la main ensemble. Pour Satyen Bhuruth, journaliste mauricien, cette initiative vient consolider une base établie. « La coopération sino-africaine est déjà très solide. Je pense qu'il faut juste construire dessus. La Chine a beaucoup à offrir à l'Afrique, mais l'Afrique aussi a beaucoup à offrir à la Chine », a-t-il argué.

L'important, a poursuivi M. Bhuruth, c'est d'encourager les échanges dans les deux sens. Quant au journaliste camerouanais, Blondel Abia, l'Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique offre une autre occasion d'inspiration mutuelle pour les deux parties. Il a émis le souhait que davantage de Chinois découvrent les réalités profondes de l'Afrique afin de favoriser la compréhension mutuelle. Abdallah Omar, journaliste comorien, a laissé entendre qu'il faut renforcer l'intégration culturelle à travers par exemple l'apprentissage des langues africaines par les Chinois. Autant les Comoriens s'intéressent à la langue chinoise, autant les Chinois devraient apprendre les langues de l'Union des Comores.

Pour lui, les relations sino-africaines doivent s'inscrire dans l'avenir à travers un brassage culturel. Serge Ika Ki, journaliste burkinabè, a, pour sa part, souligné la nécessité de renforcer la coopération entre médias africains et chinois d'autant plus qu'ils jouent un grand rôle dans la sensibilisation, l'information et l'éducation des populations. Christian Timothée Mampuya de la RDC a également plaidé pour une collaboration plus étroite entre les médias chinois et africains afin de faciliter une bonne appropriation de l'histoire des deux parties. Pour les panélistes, les médias sont un dispositif essentiel dans la promotion des relations sino-africaines. Les médias chinois et africains doivent être à mesurer de raconter leurs propres récits.

Les journalistes africains se sont également exprimé sur les relations bilatérales entre la Chine et leurs pays respectifs. Pour Serge Ika Ki, son pays considère la Chine comme un partenaire stratégique et la coopération entre les deux pays couvre le commerce, la culture, l'éducation, l'agriculture et la santé et bien d'autres domaines. « Selon les données de l'Institut national de la statistique de la démographie, en 2024, la Chine est le premier pays fournisseur de produits au Burkina Faso avec plus de 171 milliards de francs CFA de produits vendus au Burkina Faso », a-t-il déclaré.

Abdallah Omar a laissé entendre que la Chine a été le premier pays à reconnaître l'indépendance de son pays en 1975, ce qui témoigne de la solidité des liens entre la Chine et l'Union des Comores. « L'Office de radio et télévision des Comores (ORTC) là où je travaille a été construit par la Chine », a-t-il détaillé. Dans le domaine de l'éducation, Abdallah Omar a indiqué que la Chine octroie chaque année des bourses d'études aux étudiants comoriens. De son côté, Satyen Bhuruth de l'île Maurice, a indiqué que son pays a une relation « très spéciale » avec la Chine parce que les premiers Chinois sont arrivés en terre mauricienne en 1840.

« De par l'arrivée des Chinois de cette époque-là et la culture chinoise, on connaît toutes les fêtes chinoises, on célèbre ensemble toutes les fêtes. La Fête du Printemps est un jour férié chez nous, à l'île Maurice, c'est une fête nationale », a souligné M. Bhuruth. Christian Timothée Mampuya a déclaré que la coopération économique et commerciale entre son pays et la Chine a connu un bond en avant avec la signature d'accords commerciaux en 2025. Ainsi, la RDC exporte des produits agricoles comme le café, le cacao, le sésame vers la province chinoise du Hunan. Le journaliste camerounais Blondel Abia a affirmé, pour sa part, que la coopération entre la Chine et son pays est exemplaire dans les domaines des infrastructures, de la santé et de l'éducation.

L'amitié entre la Chine et l'Afrique plonge ses racines dans une longue histoire et ne fait que se consolider avec le temps. L'amitié entre les peuples est la pierre angulaire du développement des relations sino-africaines, et les échanges humains en sont la source motrice pour les générations futures. Les participants à la table ronde ont émis le souhait que beaucoup d'activités soient organisées pour marquer véritablement l'Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique.

De CGTN Français
Serge Ika Ki
Lefaso.net

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TGI de Dédougou : Il vend une moto volée à 7 600 FCFA pour se soigner

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 21:35

MS a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, le mardi 2 décembre 2025. Le ministère public lui reprochait d'avoir volé deux motocyclettes au préjudice d'une infirmière, RD et d'un médecin, BR. Au terme de son jugement, le prévenu a été reconnu coupable de l'infraction de vol. En conséquence de quoi, le tribunal lui a infligé 60 mois de prison assorti d'une amende de 1 000 000 de FCFA, le tout ferme.

Les faits remontent au 20 novembre 2025. Ils se sont produits à Dédougou. Mais tout a commencé le 14 juillet dernier. Le prévenu a dérobé, ce jour-là, au Centre médical urbain (CMU) de Dédougou la motocyclette de RD pendant qu'elle l'avait stationnée sous un arbre dans la cour du CMU et assurait sa garde. Il se serait servi d'une vieille clé qu'il traînait partout dans ses tournées à travers la ville. Il a aussi confié qu'il se débrouille bien en mécanique pour avoir séjourné dans un centre de formation du Service national pour le développement (SND). Aux environs de 22h, RD a dit avoir constaté que sa moto a disparu.

Elle était déjà entre les mains de MS. Il procède à des modifications sur l'engin jusqu'à la plaque d'immatriculation. Par ce procédé, il a pu rouler la moto dans la ville sans être repéré. Mais comme « Dieu ne dort pas », selon le président du tribunal, le prévenu, dans ses courses avec l'engin volé, a été victime d'un accident de circulation courant novembre 2025. La moto s'était endommagée et il s'en est tiré avec des blessures. Il s'est retrouvé dans une position où il n'avait pas de sous pour réparer la motocyclette et avait aussi besoin d'argent pour se soigner. Il décide alors de liquider « sa monture » à 7 600 FCFA avec un ferrailleur.

Il a choisi de se rendre au Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou pour ses soins. Là aussi, l'idée de piquer un engin pour ses courses lui a traversé la tête. C'est pourquoi, et à l'aide de la même clé dont il ne se séparait jamais, il s'est emparé de la moto de BR alors qu'il venait de sortir de la salle de soins. La moto était en pleine cour du CHR et stationnée elle aussi sous un arbre. Le président du tribunal de questionner :

Avez-vous quelque chose contre les agents de santé ?
« Non », répond-il.
Mais pourquoi vous vous acharnez sur leurs engins ?
Rien, a réagi laconiquement le prévenu de 26 ans.
Ils vous ont fait quelque chose de mal ? Insiste le président.
Ils ne m'ont rien fait, rassure MS.
Vous n'aimez pas voir des motos stationnées sous des arbres, poursuit le tribunal.
Ce n'est pas ça, se défend-il.
Pensez-vous que ce que vous faites est bien ? a relancé le tribunal.
Non, ce n'est pas bien, a tenté de s'excuser le prévenu qui avait été déjà condamné à deux reprises, donc un récidiviste.

Son interpellation

L'enquête préliminaire a révélé que MS avait d'abord indiqué avoir volé la moto de l'infirmière dans les environs de Melon gare de Dédougou avant de maintenir devant les juges qu'il l'a prise au CMU.
Après le vol de la motocyclette du médecin, le prévenu a procédé de la même manière qu'avec l'engin de sa première victime. Sauf que cette fois-ci, la stratégie n'a pas réussi à le sauver pendant longtemps. Le 20 novembre 2025 et en pleine circulation, BR a reconnu sa moto entre les mains du présumé voleur. Il l'a poursuivi et l'a coincé à un angle. MS a avoué les faits en reconnaissant avoir subtilisé la motocyclette au CHR en pleine journée le 17 novembre.

C'est ainsi qu'il a été interpellé et livré aux services de sécurité. Ces derniers poussent les investigations et remontent jusqu'à la moto de RD vendue au ferrailleur. Celui-ci devrait comparaître pour répondre des faits de recel, selon le procureur du Faso. Son affaire a été finalement résolue à l'amiable comme la loi le permet, a indiqué le ministère public qui a ajouté qu'il a versé, à titre d'amende, la somme de 500 000 FCFA. Chacune des victimes a pu recouvrer son engin. Mais si le médecin n'a rien réclamé au prévenu, ce n'est pas le cas de l'infirmière qui s'est constituée partie civile. Celle-ci a demandé que MS lui donne 217 000 FCFA pour la réparation de son engin.

Dans son réquisitoire, le parquet a souligné que les faits reprochés à MS sont caractérisés. Aussi a-t-il relevé que les conditions de la récidive telles que édictées par l'article 611-1 et 2 du code de procédure pénale sont « pleinement et entièrement » réunies. Il a regretté que le mis en cause soit resté sourd et insensible face au bien que les acteurs judiciaires avaient voulu pour lui en lui tendant, par le passé, la brèche à maintes reprises.
A la lumière de ce qui précède, il a requis contre MS une peine de prison de 60 mois ferme et une amende de 1 000 000 de FCFA dont 500 000 FCFA ferme.

Mais les juges ont décidé de sévir un peu plus. Ils ont infligé au prévenu une peine d'emprisonnement de 60 mois avec une amende de 1 000 000 de FCFA, le tout ferme. Outre cela, le tribunal a déclaré totalement fondée la constitution de partie civile de RD en sommant le prévenu de lui verser le montant réclamé pour la réparation de sa motocyclette.

Alphonse Dakuyo
Lefaso.net

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Algérie – Nigéria : une autre affaire secoue le groupe des Super Eagles !

Algérie 360 - Wed, 07/01/2026 - 20:10

Rien ne va plus au sein de la sélection nigériane à quelques jours du quart de finale très attendu face à l’Algérie en Coupe d’Afrique […]

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Burkina : La ville de Diapaga à nouveau ravitaillée

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 20:00

Escorté par des éléments des FDS et des VDP, un convoi de plus de 300 camions-citernes a ravitaillé la ville de Diapaga, le 5 janvier 2026.

Un ravitaillement qui redonne vie à une population ayant connu des moments très difficiles liés à l'insécurité et à la crise alimentaire.

Avec ce convoi, toutes les denrées alimentaires ont été disponibilisées à Diapaga. « Aujourd'hui, à Diapaga, nous ne voulons que l'opérationnalisation de la téléphonie mobile, Telmob et Orange, qui avaient subi la barbarie des hommes sans foi ni loi le 13 mai », a témoigné un habitant du secteur 5 de Diapaga.

Dans les mosquées, les églises et les temples, des prières pour le retour de la paix ont été organisées pour cette nouvelle année.

Les populations ont, également, dans un élan de solidarité, témoigné leur reconnaissance et rendu hommage aux FDS et VDP pour leur bravoure !

Lefaso.net
Source : Agence d'Information du Burkina

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Burkina : Plus de 39 tonnes de substances illicites incinérées à Zagtouli

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 20:00

Au total, 39 137,98 kilogrammes de drogues ont été détruits de manière définitive. Il s'agissait notamment de 2 230,98 kg de cannabis, de 36 917 kg de médicaments de la rue, ainsi que d'autres substances psychotropes et produits illicites, saisis par les forces de sécurité dans le cadre de leurs missions de lutte contre la drogue.

Cette opération, intervenue à Zagtouli, dans la commune de Ouagadougou, marque une étape majeure dans la lutte contre l'abus et le trafic illicite de stupéfiants au Burkina Faso. Elle s'est déroulée au siège de Nowata Burkina SA, sous la présence de l'Inspectrice générale de police Marie Denise Sebgo, conseillère technique, représentant le ministre de la Sécurité.

Mme SEBGO a par ailleurs souligné la portée stratégique de cette opération.

« Cette opération revêt une portée toute particulière. Elle constitue un acte fort de souveraineté, de prévention et de dissuasion », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que l'incinération contrôlée de ces substances permet de mettre un terme définitif à leur circulation, tout en garantissant le strict respect des normes environnementales et sécuritaires.

« Le message que nous lançons est clair et sans équivoque : le Burkina Faso ne sera ni un sanctuaire, ni un couloir, ni un marché pour la drogue », a-t-elle martelé.

Pour sa part, l'Inspecteur général de police Emmanoêl Kabore, Secrétaire permanent du Comité National de Lutte contre la Drogue (SP-CNLD), a saisi l'occasion pour appeler à une mobilisation collective de l'ensemble des acteurs, en vue de la mise en œuvre effective de la stratégie nationale de lutte contre la drogue à compter de l'année 2026.

Cette opération d'envergure s'inscrit dans le cadre des activités commémoratives de la 38ᵉ Journée internationale contre l'abus et le trafic illicite de drogues, et illustre la détermination constante du Gouvernement à protéger les populations, en particulier la jeunesse, contre les ravages des stupéfiants et des substances illicites.

Lefaso.net
Source : DCRP_MSECU

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AGL Moving Tour : Quand la CAN devient un levier d'impact social et éducatif

Lefaso.net (Burkina Faso) - Wed, 07/01/2026 - 19:58

À l'occasion de la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations Maroc 2025, AGL (Africa Global Logistics) a initié le AGL Moving Tour, une caravane solidaire à fort impact social, en partenariat avec l'association Tibu Africa.

Le 23 décembre 2025 à Casablanca, AGL a équipé intégralement un dortoir sport-études au complexe "Développement Humain par le Sport" dans le quartier de Médiouna. Des lits, matelas, armoires, bureaux et une cuisine équipée prêts à accueillir 20 élèves par an, dans un cadre alliant réussite scolaire et pratique sportive d'excellence. Espace solidaire, il ouvre également ses portes aux jeunes de l'association de passage dans la ville.

Marrakech, le 30 décembre 2025 : Près de 80 enfants d'écoles primaires ont participé au Festival Education par le Sport. Au programme, des ateliers ludiques (agilité, coordination), sensibilisation santé/nutrition, découverte interactive des métiers de la logistique et du fonctionnement d'un port conteneur, le tout ponctué par la remise de matériel sportif pour une pratique durable au sein des établissements scolaires.

Enfin, à Tanger le 6 janvier 2026, le terrain de basketball de l'école Ibn Hazm a été entièrement rénové. Il est désormais sécurisé et équipé pour plus de 100 bénéficiaires regroupant les enfants de l'école et les jeunes du quartier Bouhout. Une fresque artistique inclusive, réalisée collectivement par un artiste local et les collaborateurs d'AGL, illustre l'univers et les valeurs d'AGL transformant cet espace en véritable vitrine de citoyenneté d'entreprise.

« À travers le parcours solidaire de notre caravane AGL Moving Tour, nous démontrons que la logistique est au service du sport, de l'éducation et des communautés. Au-delà de la compétition sportive qui se tient au Maroc, nous souhaitons laisser un héritage concret et durable à travers ces installations sportives et affirmer que le sport est un véritable levier d'éducation, d'inclusion et d'égalité des chances pour la jeunesse
», a déclaré Khadija Komara, Directrice de la Communication et du Mécénat d'AGL.

De ce fait, cette initiative a permis de soutenir l'éducation par le sport illustrant la volonté d'AGL et de ses filiales dont SITARAIL de laisser un impact durable au-delà de la compétition.

Larissa SOMDA
Assistante en communication et relations extérieures

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Bonne nouvelle pour les retraités : cette procédure est 100% électronique désormais

Algérie 360 - Wed, 07/01/2026 - 19:57

Le Fonds national des retraites (CNR) a publié, ce mercredi, un communiqué important à l’attention des bénéficiaires d’une pension ou d’une allocation de retraite. Cette […]

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L'instant + : découverts au Maroc, des fossiles éclairent les origines africaines de l’humanité

France24 / Afrique - Wed, 07/01/2026 - 19:24
Des fossiles découverts dans une carrière au Maroc et récemment datés révèlent des spécimens d'hominidés vieux de 773 000 ans, proches de l'ancêtre de l'homme moderne.
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