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Vivre le deuil dans la foi et la vérité : Ce qu'il faut retenir des nouvelles dispositions pastorales sur les funérailles chrétiennes

Mon, 02/11/2026 - 23:20

Face aux dérives, au coût excessif de certaines cérémonies et au besoin constant d'ancrer le deuil dans l'espérance chrétienne, les évêques de la Province Ecclésiastique de Ouagadougou qui regroupe les diocèses de Ouagadougou, Koudougou, Ouahigouya et Manga ont publié de nouvelles dispositions pastorales concernant les funérailles chrétiennes.

Dans un contexte socioculturel où les rites funéraires prennent parfois une ampleur disproportionnée, les prélats rappellent d'abord l'essentiel : la mort n'est pas une fin définitive, mais un passage vers la vie éternelle. Les funérailles chrétiennes ont ainsi pour vocation première d'exprimer et de nourrir la foi en la résurrection du Christ. C'est pourquoi la célébration des obsèques, au moment même du décès, constitue les véritables funérailles chrétiennes. Les familles sont invitées à y accorder toute l'importance requise. L'un des points forts de ces dispositions concerne l'articulation entre la foi chrétienne et les cultures locales. L'Église réaffirme que les pratiques culturelles sont acceptées et valorisées lorsqu'elles sont compatibles avec l'Évangile. En revanche, elle met en garde contre tout syncrétisme religieux, appelant les fidèles à veiller à ce que les rites coutumiers ne contredisent pas le message chrétien.

De plus, pour alléger le fardeau des familles endeuillées, les évêques clarifient une idée reçue : les grandes messes de requiem ne sont en aucun cas obligatoires. Elles relèvent désormais du libre choix des familles, permettant ainsi de vivre le deuil dans la sobriété et la dignité, loin de toute pression sociale ou financière. Si la sobriété est encouragée pour les grands rassemblements, l'Église ne néglige pas pour autant la prière pour les défunts. La messe et la prière demeurent vivement recommandées : elles constituent l'expression privilégiée de la communion spirituelle indéfectible entre les vivants et ceux qui nous ont précédés dans la foi.

Enfin, le document pastoral rappelle que les modalités des funérailles peuvent varier selon la situation ecclésiale du défunt, notamment en ce qui concerne sa situation matrimoniale et sa communion effective avec l'Église de son vivant. Une précision qui souligne l'importance d'un cheminement cohérent avec les sacrements tout au long de sa vie terrestre. À travers ces orientations claires, les évêques de la Province de Ouagadougou invitent les communautés catholiques à faire des funérailles un moment de profonde conversion, de prière authentique et de témoignage lumineux de l'espérance chrétienne.

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Categories: Afrique

Le Faso Digital 2026 : Cercle Inclus, Sentinelle et SYSTINFO IA Assistant, trois innovations pour rendre le numérique plus accessible et l'information plus fiable

Mon, 02/11/2026 - 23:15

Permettre aux personnes non voyantes de visiter un salon sans accompagnateur, aider les internautes à vérifier les informations qu'ils rencontrent sur le web et proposer des réponses documentées en langues africaines grâce à l'intelligence artificielle. Ces trois ambitions sont portées par Cercle Inclus, Sentinelle et SYSTINFO IA Assistant, les projets retenus dans la catégorie « Non classée » de la deuxième édition de Le Faso Digital. Derrière ces solutions développées au Burkina Faso, une même préoccupation : rendre les technologies numériques plus utiles, accessibles et adaptées aux besoins des populations. Les trois innovations bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de l'événement.

Comment une personne non voyante peut-elle se déplacer de manière autonome dans un salon professionnel ? Comment un jeune internaute peut-il distinguer une information crédible d'une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux ? Et comment un agriculteur, un étudiant ou un entrepreneur peut-il accéder à des renseignements utiles dans une langue qu'il maîtrise ?

Ces questions renvoient à des réalités différentes, mais elles mettent en évidence un même enjeu : l'accès à une information compréhensible, fiable et utilisable. À mesure que les services numériques occupent une place croissante dans la vie quotidienne, leur développement soulève également des interrogations sur l'inclusion, la qualité des contenus et les barrières linguistiques. Disposer d'un téléphone ou d'une connexion Internet ne suffit pas toujours pour profiter pleinement des possibilités offertes par les technologies.

Pour les personnes vivant avec un handicap visuel, certaines interfaces restent difficiles à utiliser. Pour les jeunes exposés à un flux continu de publications, identifier des sources crédibles demande des compétences particulières. Quant aux populations qui utilisent principalement les langues nationales, elles peuvent rencontrer des difficultés face à des outils numériques conçus essentiellement en français ou en anglais.
C'est à ces préoccupations que souhaitent répondre les trois projets retenus dans la catégorie « Non classée » de Le Faso Digital 2026.

Cercle Inclus : permettre aux personnes non voyantes de visiter un salon grâce à la voix

Dans un salon professionnel, les visiteurs se déplacent d'un stand à un autre, découvrent des produits, rencontrent des exposants et consultent différentes informations. Mais pour une personne non voyante ou malvoyante, cette expérience peut nécessiter un accompagnement particulier. Identifier l'emplacement d'un stand, comprendre l'organisation d'un espace ou accéder aux informations présentées peut devenir difficile lorsque les dispositifs de visite reposent principalement sur des indications visuelles. C'est pour contribuer à réduire ces obstacles que Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma a conçu Cercle Inclus, une application de guidage vocal destinée aux personnes vivant avec une déficience visuelle. Le projet ambitionne de permettre à un visiteur de se repérer dans un salon physique ou virtuel, mais aussi de parcourir certains espaces numériques sans devoir systématiquement solliciter l'aide d'une autre personne.

Avec Cercle Inclus, Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma veut permettre aux personnes non voyantes et malvoyantes de découvrir les stands d'un salon grâce à une application qui les guide et leur décrit les lieux à la voix. »

Son fonctionnement repose sur trois actions principales : écouter, guider et décrire. Dans un premier temps, l'utilisateur indique oralement l'endroit qu'il souhaite rejoindre. Il peut, par exemple, demander à se rendre à un stand précis. L'application interprète sa demande et lui fournit des indications vocales. Celles-ci peuvent comprendre la direction à suivre, la distance à parcourir, une estimation de la durée du trajet et des indications sur l'allure. Au cours du déplacement, l'application prévoit également des rappels concernant la distance restante.

L'un des intérêts du projet réside dans la possibilité d'adapter le guidage à différents environnements. Cercle Inclus est conçu pour les salons physiques, les salons virtuels et certains espaces web. Dans un salon virtuel, l'application pourrait notamment faciliter la découverte des stands et des contenus proposés par les exposants. Pour son concepteur, l'objectif est de permettre aux personnes concernées de vivre une expérience de visite plus autonome. Cette approche place l'accessibilité au centre de la conception de l'outil. Le projet ne cherche pas uniquement à rendre les informations disponibles, mais à permettre aux utilisateurs de les retrouver et de les comprendre dans des conditions adaptées à leurs capacités.

Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma a également accordé une attention particulière aux contraintes de connectivité. Cercle Inclus prévoit un fonctionnement avec ou sans connexion Internet. Les commandes peuvent être interprétées directement sur l'appareil et les contenus préalablement téléchargés restent accessibles hors ligne. L'assistant d'intelligence artificielle peut utiliser un moteur local lorsque le réseau est indisponible et recourir à un service distant lorsqu'une connexion existe. Mais le promoteur insiste sur un principe : l'application doit rester utilisable même lorsqu'aucun moteur d'intelligence artificielle n'est disponible.

L'IA constitue ainsi une fonctionnalité d'assistance supplémentaire, sans être indispensable au fonctionnement des services essentiels. Cette conception vise à éviter qu'une interruption de connexion rende l'outil inutilisable. Le projet privilégie également des pages légères afin de pouvoir fonctionner sur des téléphones ne disposant pas de performances élevées. Cette orientation répond à une préoccupation importante en matière d'inclusion numérique.

Cercle Inclus intègre par ailleurs une interface d'administration permettant de modifier les plans et les informations des espaces visités sans intervenir directement dans le code de l'application. Cette fonctionnalité pourrait faciliter l'actualisation des contenus par les organisateurs de salons. Le promoteur met aussi en avant la transparence du fonctionnement. Lorsque l'application ne parvient pas à ouvrir un lien, elle doit le signaler clairement plutôt que de laisser croire que l'opération a réussi. De même, lorsqu'un utilisateur efface son historique, le système est conçu pour préciser les informations effectivement supprimées. Ces choix visent à renforcer la confiance dans l'outil. Le développement de Cercle Inclus devra néanmoins être accompagné d'évaluations en conditions réelles, notamment avec des personnes non voyantes et malvoyantes. Dans les espaces physiques, la précision des indications et la prise en compte des obstacles représentent des enjeux importants.

Avec Cercle Inclus, Guy Joël Tambi Delwendé Nikièma souhaite faire de l'accessibilité une composante essentielle des expériences numériques et événementielles. Son ambition est de permettre aux visiteurs de découvrir des espaces et des informations avec davantage d'autonomie, grâce à des interactions vocales simples.

Sentinelle : apprendre à vérifier une information avant de la partager

Une publication alarmante sur un incident sécuritaire, une affirmation concernant un traitement médical ou une vidéo accompagnée d'un commentaire trompeur peuvent rapidement circuler sur les réseaux sociaux. Dans ces situations, les internautes ne disposent pas toujours des réflexes nécessaires pour vérifier l'origine d'une information avant de la partager. La rapidité de diffusion des contenus numériques peut ainsi favoriser la propagation de rumeurs et d'affirmations insuffisamment vérifiées.

C'est pour contribuer à développer une attitude plus critique face à l'information qu'Ikram Riyad Parognézambo Bangré a conçu Sentinelle. Étudiant en licence d'informatique à l'Institut Aube Nouvelle, à Ouagadougou, et développeur web indépendant, il a souhaité créer un outil directement utilisable dans le navigateur Internet.

Sentinelle se présente comme une extension destinée à accompagner les internautes dans la vérification des informations qu'ils rencontrent au cours de leur navigation. Le projet repose sur une démarche simple. Lorsqu'un utilisateur découvre une affirmation sur une page web, il peut sélectionner le texte concerné et demander une évaluation. L'extension analyse alors l'affirmation à travers un processus de vérification destiné à rechercher des éléments permettant d'apprécier sa fiabilité. Le résultat peut être présenté selon trois catégories : fiable, non fiable ou partiellement fiable. Ce choix traduit une volonté de ne pas réduire systématiquement les informations à une opposition entre vrai et faux. Certaines affirmations peuvent en effet contenir des éléments exacts et d'autres inexacts. D'autres peuvent être présentées sans leur contexte ou reposer sur des données anciennes.

Étudiant en informatique à l'Institut Aube Nouvelle, Ikram Riyad Parognézambo Bangré a développé Sentinelle, une extension de navigateur qui ambitionne d'aider les internautes à vérifier les informations et à développer leur esprit critique

Sentinelle prévoit donc d'accompagner son évaluation d'un niveau de confiance et de références aux sources consultées. Lorsque cela est possible, l'outil cherche également à identifier l'origine de l'affirmation. Cette dimension constitue un élément important du projet. L'objectif n'est pas seulement de fournir une appréciation, mais aussi de permettre à l'utilisateur de comprendre sur quels éléments elle repose. La consultation des sources doit ainsi encourager une démarche de vérification plutôt qu'une acceptation automatique du résultat. Le promoteur a conçu Sentinelle comme une extension compatible avec le navigateur Chrome, en utilisant l'architecture Manifest V3.

Selon les informations communiquées, l'outil a été conçu, développé et testé. Ikram Riyad Parognézambo Bangré indique avoir assuré lui-même plusieurs dimensions du projet, notamment le développement des interfaces, la partie serveur, l'organisation du processus de vérification et l'expérience utilisateur. Cette démarche traduit sa volonté de présenter un logiciel fonctionnel plutôt qu'une simple idée.
Sentinelle cible prioritairement les jeunes de 15 à 30 ans au Burkina Faso et plus largement en Afrique de l'Ouest.

Ce choix s'explique notamment par leur utilisation des réseaux sociaux, des messageries et des plateformes numériques. Les jeunes peuvent être confrontés à des affirmations virales qu'ils doivent interpréter rapidement, parfois sans disposer du temps ou des ressources nécessaires pour effectuer des recherches approfondies. L'outil ambitionne donc de rendre la vérification plus accessible dans les usages quotidiens. Le promoteur souhaite également encourager l'acquisition de réflexes durables. L'enjeu n'est pas uniquement de vérifier une publication ponctuelle, mais d'amener les utilisateurs à s'interroger plus régulièrement sur l'origine et la crédibilité des informations.

Sentinelle comporte ainsi une dimension d'éducation aux médias et à l'information. Les enseignants, les associations de jeunesse et les responsables communautaires figurent parmi les bénéficiaires secondaires envisagés. Le projet prévoit notamment des exemples pédagogiques et un mode de démonstration hors ligne. Ces fonctionnalités pourraient permettre d'organiser des activités de sensibilisation sans nécessiter des compétences informatiques avancées.

Sentinelle s'intéresse également à la diversité des environnements informationnels. Son concepteur indique que des tests ont été menés auprès de groupes de comparaison en Afrique de l'Ouest, en France et aux États-Unis. L'objectif annoncé est d'observer le fonctionnement de l'outil dans des contextes où les sources disponibles, les pratiques médiatiques et les contraintes de connectivité peuvent varier. Cette approche vise à éviter que le processus de vérification repose uniquement sur un environnement national.

Une option internationale générale est également prévue pour les affirmations qui ne correspondent pas aux régions spécifiquement prises en compte. Mais le développement d'un tel outil soulève plusieurs défis. La fiabilité d'une évaluation dépend de la qualité des sources consultées, de la pertinence des informations retenues et de la capacité à replacer une affirmation dans son contexte. Une extension automatisée peut également commettre des erreurs, notamment lorsqu'une publication contient de l'ironie, une formulation ambiguë ou des informations très récentes. Le niveau de confiance affiché ne doit donc pas être interprété comme une garantie absolue d'exactitude.

Avec Sentinelle, Ikram Riyad Parognézambo Bangré souhaite faire de la vérification des faits une pratique plus simple et plus régulière. Son ambition est de contribuer à une utilisation plus réfléchie de l'information numérique, particulièrement chez les jeunes.

SYSTINFO IA Assistant : une intelligence artificielle qui répond en français et en langues africaines
L'accès à l'information constitue un besoin quotidien dans de nombreux domaines. Un agriculteur peut chercher des conseils sur une pratique culturale. Un étudiant peut vouloir connaître les conditions d'accès à une bourse. Un entrepreneur peut avoir besoin de renseignements sur certaines démarches administratives. Mais les informations disponibles en ligne sont souvent dispersées, parfois difficiles à comprendre et majoritairement rédigées dans des langues que tous les utilisateurs ne maîtrisent pas. C'est pour contribuer à réduire ces difficultés que le Dr Boukary Ouédraogo a développé SYSTINFO IA Assistant, un conseiller numérique fondé sur l'intelligence artificielle.

Conçu à Ouagadougou, le projet ambitionne de proposer des réponses documentées dans six domaines : l'agriculture, l'orientation et les bourses, l'entrepreneuriat, le droit, la santé et l'appui à la recherche. Sa particularité réside notamment dans la prise en charge du français et de quatre langues africaines : le mooré, le dioula, le bambara et le fulfuldé. Les utilisateurs peuvent poser leurs questions par écrit ou par message vocal. Cette approche vise à rendre l'outil accessible à des personnes qui rencontrent des difficultés avec les interfaces exclusivement textuelles ou francophones. Le principe de fonctionnement repose sur l'utilisation d'une bibliothèque documentaire.

Contrairement à un assistant qui produirait des réponses uniquement à partir des connaissances générales de son modèle, SYSTINFO IA Assistant est conçu pour rechercher des informations dans un ensemble de documents sélectionnés et vérifiés. L'application utilise ensuite ces contenus pour élaborer une réponse accompagnée de références. Cette démarche vise à permettre aux utilisateurs d'identifier les sources sur lesquelles reposent les informations fournies.

Elle constitue un aspect important du projet, notamment dans des domaines où la qualité des renseignements peut avoir des conséquences sur les décisions prises. Un utilisateur qui recherche des informations sur une bourse d'études, par exemple, pourrait recevoir une réponse structurée renvoyant aux documents pertinents.
De même, un entrepreneur pourrait consulter des informations relatives à certaines procédures ou obligations, sous réserve que les documents nécessaires soient disponibles et actualisés.

SYSTINFO IA Assistant est accessible à partir d'un navigateur web, à l'adresse chat.systinfo.org, ainsi que sur Telegram, à travers le compte @systinfobot. Sur la version web, l'utilisateur peut s'identifier à l'aide de son adresse électronique et d'un code temporaire à six chiffres. Ce mécanisme évite d'avoir à mémoriser un mot de passe. Il permet également de retrouver son compte et son historique sur différents appareils. Après identification, l'utilisateur choisit le domaine qui l'intéresse, formule sa question et reçoit une réponse structurée accompagnée de références et de pistes pour approfondir ses recherches.

À travers SYSTINFO IA Assistant, le Dr Boukary Ouédraogo souhaite rendre les connaissances plus accessibles grâce à une intelligence artificielle capable de répondre à des questions en français, en mooré, en dioula, en bambara et en fulfuldé, en s'appuyant sur des sources documentaires

Le projet prévoit un modèle de paiement par Mobile Money, avec des tarifs annoncés à partir de 100 francs CFA. Cette formule vise à proposer un accès financier adapté à certains usages locaux. Son accessibilité réelle dépendra toutefois de la fréquence des consultations, des conditions tarifaires et des moyens de paiement disponibles. Derrière cette innovation se trouve le Dr Boukary Ouédraogo, médecin de santé publique, spécialiste des systèmes d'information sanitaire et de l'intelligence artificielle en santé. Fondateur et directeur général de SYSTINFO, il est titulaire d'un doctorat en systèmes d'information et épidémiologie de l'Université d'Aix-Marseille. Son parcours professionnel comprend notamment des responsabilités dans les systèmes d'information sanitaire du ministère de la Santé du Burkina Faso.

Selon sa présentation, il a également accompagné plus de vingt pays africains dans le cadre de missions liées à l'information sanitaire, notamment comme consultant de l'Organisation mondiale de la santé et directeur technique chez Palladium, dans le cadre de Data.FI. Il est par ailleurs présenté comme ambassadeur de DeepLearning.AI pour le Burkina Faso. Auteur des ouvrages Optimiser l'Information Sanitaire et Vision Inspirée : L'Art de Conduire le Changement, il s'intéresse notamment à la transformation numérique et à l'utilisation des données dans les organisations.

L'entreprise SYSTINFO, fondée à Ouagadougou en 2024, intervient dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la formation et de l'automatisation. Elle développe ses activités en Afrique de l'Ouest et du Centre. En août 2026, l'entreprise indique avoir assuré une formation destinée à des responsables du niveau central du ministère de la Santé du Burkina Faso. Avec SYSTINFO IA Assistant, le Dr Boukary Ouédraogo souhaite traduire une conviction : les outils d'intelligence artificielle doivent être adaptés aux langues, aux connaissances et aux réalités des populations africaines. Cette ambition répond à un enjeu important. Pour qu'une technologie soit véritablement accessible, il ne suffit pas qu'elle soit disponible sur Internet. Encore faut-il que les utilisateurs puissent formuler leurs besoins et comprendre les réponses dans une langue qu'ils maîtrisent.

L'intégration des langues africaines constitue donc une dimension centrale du projet. Elle soulève néanmoins des défis techniques, notamment en matière de reconnaissance vocale, de traduction et de restitution fidèle des informations. Les performances de l'assistant devront être évaluées dans chacune des langues proposées, en tenant compte des variantes linguistiques et des expressions utilisées par les populations. La fiabilité documentaire représentera également un enjeu majeur. Une réponse accompagnée de sources peut être utile, mais elle n'est pas automatiquement exacte.

Bien qu'ils appartiennent à la catégorie « Non classée », Cercle Inclus, Sentinelle et SYSTINFO IA Assistant présentent plusieurs points communs. Ces innovations montrent que l'accès au numérique ne se résume pas à la disponibilité des équipements et des connexions. Il implique aussi la capacité des utilisateurs à comprendre les informations, à les vérifier et à les exploiter de manière autonome. Les trois projets retenus bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de Le Faso Digital 2026.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Le Faso Digital 2026 : Agent One, DuniaBrowser et Faso Résultats, trois solutions pour renforcer l'autonomie numérique du Burkina Faso

Mon, 02/11/2026 - 23:10

Permettre aux administrations de garder le contrôle sur leurs outils d'intelligence artificielle, développer un navigateur web adapté aux besoins locaux et simplifier la consultation des résultats des examens et concours. Ce sont les ambitions de trois projets retenus dans la catégorie « Souveraineté numérique et infrastructure » de la deuxième édition de Le Faso Digital. Portées respectivement par Mahamadi Rouamba, Jean Marie Brice Frydolin Nassa et Christian Sadé, ces innovations entendent contribuer au développement de services numériques davantage adaptés aux réalités burkinabè. Les trois meilleures solutions de cette catégorie bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de l'événement.

À mesure que les administrations, les entreprises et les citoyens utilisent davantage les technologies numériques, de nouvelles questions se posent. Où sont conservées les données ? Qui contrôle les outils informatiques utilisés ? Comment garantir l'accès aux services lorsque la connexion internet est limitée ? Et comment simplifier les démarches numériques sans multiplier les plateformes ? Ces interrogations occupent une place importante dans les réflexions sur la souveraineté numérique, qui ne se résume pas à la localisation des serveurs. Elle concerne également la capacité d'un pays à développer, administrer, sécuriser et faire évoluer ses propres outils technologiques.

Au Burkina Faso, cette ambition se traduit notamment par l'intérêt croissant pour les solutions développées localement et adaptées aux contraintes des utilisateurs. C'est dans cette dynamique que s'inscrivent Agent One, DuniaBrowser et Faso Résultats, trois projets sélectionnés dans la catégorie « Souveraineté numérique et infrastructure » de Le Faso Digital 2026.

Agent One : Mahamadi Rouamba veut permettre aux institutions de garder le contrôle sur leurs intelligences artificielles

L'intelligence artificielle ne se limite plus à répondre à des questions ou à produire des textes. De nouveaux outils sont désormais capables de consulter des documents, d'interagir avec des logiciels, d'accéder à des services numériques et d'exécuter certaines tâches à la demande de leurs utilisateurs. Ces systèmes, souvent appelés agents d'intelligence artificielle, ouvrent des possibilités d'automatisation dans les administrations et les entreprises. Mais leur utilisation soulève également des questions importantes. Lorsqu'un agent d'intelligence artificielle accède à des documents administratifs ou intervient dans des procédures internes, qui définit les informations qu'il peut consulter ? Comment contrôler les actions qu'il exécute ? Et que se passe-t-il lorsqu'un comportement inhabituel est détecté ?

Pour Mahamadi Rouamba, promoteur d'Agent One, le défi ne réside pas uniquement dans l'utilisation de l'intelligence artificielle, mais aussi dans la capacité des organisations à l'administrer et à la superviser. Son projet se présente comme une plateforme de gouvernance des agents d'intelligence artificielle. L'objectif est de permettre à une administration, une institution financière ou une entreprise de disposer d'un environnement centralisé dans lequel plusieurs agents d'IA peuvent fonctionner selon des règles précises. Chaque agent se voit attribuer un périmètre d'intervention, des autorisations et des obligations. Cette approche s'inspire de la gestion des collaborateurs au sein d'une organisation. De la même manière qu'un employé ne peut pas accéder librement à tous les dossiers d'une institution, un agent d'intelligence artificielle doit disposer de droits correspondant aux tâches qui lui sont confiées.

Avec Agent One, Mahamadi Rouamba ambitionne de permettre aux administrations et aux entreprises de gérer leurs agents d'intelligence artificielle tout en conservant le contrôle sur les données, les autorisations et les opérations exécutées.

Agent One repose sur trois fonctions principales : orchestrer, administrer et superviser. La première concerne l'organisation des agents d'intelligence artificielle. La plateforme ambitionne de permettre à une institution de gérer plusieurs agents spécialisés, chacun intervenant dans un environnement déterminé. Une administration pourrait, par exemple, disposer d'un agent chargé de l'orientation des usagers à partir de contenus préalablement validés et d'un autre destiné à assister les agents publics dans certaines tâches de rédaction. Les différents outils seraient administrés à partir d'une plateforme commune, tout en conservant des espaces de fonctionnement séparés. La deuxième fonction concerne la gestion des autorisations. Agent One prévoit notamment des mécanismes de définition des rôles, d'authentification renforcée et d'application de politiques de sécurité.

La plateforme intègre également un dispositif de gestion sécurisée des identifiants et des secrets techniques nécessaires au fonctionnement des agents. L'objectif est de limiter les accès non autorisés et de permettre aux responsables de conserver la maîtrise des actions exécutées. Une fonction d'interruption immédiate est également prévue pour désactiver un agent lorsque cela devient nécessaire. La troisième dimension porte sur la supervision. Agent One envisage un centre de surveillance dédié aux agents d'intelligence artificielle, inspiré des dispositifs utilisés en cybersécurité. Ce système doit permettre d'observer les activités, de détecter certains comportements suspects et de produire des alertes.

L'une des caractéristiques mises en avant par Mahamadi Rouamba concerne l'hébergement des données. Agent One est conçue pour être installée directement dans les infrastructures de l'institution utilisatrice. Le projet prévoit notamment l'hébergement local du serveur applicatif et du serveur chargé de faire fonctionner les modèles d'intelligence artificielle. Cette architecture vise à permettre le traitement des données sans devoir les transmettre à des plateformes extérieures. Pour les administrations publiques et les institutions manipulant des informations sensibles, cette possibilité pourrait constituer un avantage.

Le promoteur inscrit son initiative dans les ambitions nationales de développement de l'intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Il souhaite notamment répondre aux préoccupations liées à la maîtrise des données et à la dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers. Agent One prévoit également un fonctionnement sans connexion internet. Cette caractéristique est destinée aux structures qui souhaitent conserver un environnement informatique autonome ou qui travaillent dans des zones où la connectivité demeure limitée. Le projet envisage aussi des moyens d'accès adaptés aux équipes de terrain.

Parmi les fonctionnalités annoncées figurent des interactions par SMS chiffrés, une application Android permettant des commandes vocales et des mécanismes d'approbation biométrique. Ces outils pourraient faciliter certaines opérations pour des agents qui se déplacent régulièrement ou qui ne disposent pas d'un accès permanent aux réseaux de données mobiles. Le promoteur met également en avant la possibilité de remplacer les modèles d'intelligence artificielle utilisés. Cette approche vise à éviter qu'une institution devienne entièrement dépendante d'un fournisseur unique. Sur le plan technique, Agent One privilégie notamment des composants comme Python, PostgreSQL et les technologies de conteneurisation.

Plusieurs secteurs sont ciblés. Dans l'administration publique, Agent One pourrait servir à organiser des assistants destinés à l'orientation des usagers ou à l'appui aux tâches internes. Dans les institutions financières, la plateforme pourrait accompagner les équipes dans la consultation des procédures et certaines activités de contrôle interne. Pour les entreprises, elle ambitionne de faciliter l'accès aux informations professionnelles et l'automatisation encadrée de tâches.

DuniaBrowser : Jean Marie Brice Frydolin Nassa veut proposer un navigateur web plus proche des besoins locaux

Pour de nombreux utilisateurs, le navigateur web constitue la principale porte d'entrée vers internet. Il permet de rechercher des informations, de consulter des sites, d'accéder à des services et de communiquer avec différentes plateformes. Mais cette expérience repose souvent sur des outils dont les interfaces et les services ne sont pas spécifiquement conçus autour des réalités locales. C'est à partir de ce constat que Jean Marie Brice Frydolin Nassa a imaginé DuniaBrowser, un projet de navigateur web mobile qui souhaite aller au-delà de la simple consultation des pages internet. Son ambition est de proposer un outil réunissant les fonctions classiques de navigation et un espace de découverte de contenus et de services adaptés aux besoins des utilisateurs. DuniaBrowser est ainsi pensé comme une porte d'entrée vers le web, mais également vers un écosystème numérique local et régional.

L'originalité du projet réside principalement dans l'organisation de son interface. Plutôt que de limiter la page d'accueil à une barre de recherche, le navigateur prévoit un portail regroupant différentes catégories de services. Les utilisateurs pourraient notamment y découvrir des informations relatives à la santé, à l'alimentation, au tourisme, au sport, aux actualités et aux services de proximité. Une rubrique consacrée aux activités commerciales et aux places de marché numériques est également envisagée.

Cette organisation vise à faciliter l'accès à des ressources utiles sans obliger l'utilisateur à connaître à l'avance les adresses des plateformes concernées. Pour une personne qui souhaite découvrir des services disponibles dans son environnement, cette approche pourrait constituer un moyen supplémentaire d'orientation. Un utilisateur pourrait, par exemple, accéder à des contenus touristiques africains ou découvrir des acteurs économiques présents sur la plateforme. Le projet entend également contribuer à la visibilité des initiatives locales.

Jean Marie Brice Frydolin Nassa veut rapprocher les internautes des services et des contenus locaux grâce à DuniaBrowser, un navigateur mobile qui associe la consultation du web à la découverte d'informations et de ressources numériques adaptées aux besoins des utilisateurs

En regroupant différents services dans une même interface, DuniaBrowser pourrait offrir une vitrine supplémentaire aux entreprises et aux professionnels qui souhaitent toucher les utilisateurs du numérique. Cette dimension est particulièrement importante pour les petites structures qui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour développer leur visibilité sur internet. Le navigateur cible plusieurs catégories d'utilisateurs.

Il s'adresse notamment au grand public, aux étudiants, aux professionnels, aux voyageurs et aux consommateurs recherchant des services locaux. L'objectif est de proposer une expérience mobile simple, adaptée à des besoins variés. DuniaBrowser accorde également une attention aux difficultés de connectivité. Le projet prévoit des fonctionnalités de sauvegarde et de mise en cache permettant de conserver certains contenus pour une consultation ultérieure. Cette possibilité pourrait être utile aux personnes qui disposent d'un accès irrégulier à internet. Un utilisateur pourrait ainsi enregistrer certaines pages lorsqu'il est connecté et les consulter ensuite, dans la limite des contenus effectivement sauvegardés.

Le promoteur met également en avant des fonctions de confidentialité, de sécurité et de gestion avancée de la navigation. Ces fonctionnalités visent à offrir aux utilisateurs davantage de contrôle sur leur expérience. Leur portée exacte devra cependant être appréciée à partir des caractéristiques techniques de la solution. À ce stade, les informations communiquées sur DuniaBrowser permettent surtout de comprendre ses fonctionnalités et son positionnement. Elles ne précisent pas l'ensemble des technologies utilisées, notamment le moteur de navigation, les outils de développement ou l'architecture des services associés. Ces éléments seront importants pour apprécier les performances, la sécurité et la capacité d'évolution du navigateur. En effet, développer un navigateur web ne consiste pas uniquement à concevoir une interface agréable. Il faut également assurer la compatibilité avec les sites, la protection des utilisateurs contre certaines menaces et la maintenance régulière des composants techniques.

Faso Résultats : Christian Sadé veut mettre fin aux longues recherches dans les listes de concours

Après avoir composé à un examen ou à un concours, l'attente des résultats constitue souvent une période d'incertitude pour les candidats et leurs familles. Lorsque les listes sont publiées, il faut parfois parcourir de longs documents pour retrouver son nom ou son numéro. Certaines administrations diffusent leurs résultats sous forme de fichiers PDF, parfois issus de documents scannés, dans lesquels la recherche automatique est difficile.

D'autres utilisent les réseaux sociaux, les médias ou les affichages physiques. Cette diversité des canaux peut compliquer l'accès à l'information. Elle peut également favoriser la circulation de listes non authentifiées, notamment lorsque des documents sont repris et partagés sur différentes plateformes. C'est pour répondre à ces difficultés que Christian Sadé a conçu Faso Résultats, une plateforme numérique destinée à centraliser la publication et la consultation des résultats des examens et concours.

Le projet repose sur un principe : permettre à chaque administration de publier elle-même ses résultats dans un espace qui lui est réservé. L'objectif est de rapprocher directement la source officielle et le candidat. La plateforme est conçue pour accueillir différents organismes, notamment ceux chargés du baccalauréat, des examens et concours professionnels, des recrutements de la fonction publique ainsi que des concours des corps de sécurité et de défense.

Avec Faso Résultats, Christian Sadé souhaite simplifier la consultation des résultats des examens et concours en permettant aux candidats de vérifier leur situation à partir de leur numéro de PV ou de récépissé, sans parcourir de longues listes

Chaque administration disposerait de son propre espace de publication. Elle pourrait importer ses résultats, procéder aux vérifications nécessaires et autoriser leur mise en ligne. Cette organisation vise à éviter les opérations de ressaisie et à réduire les risques d'erreurs liés à la reproduction des listes sur plusieurs supports. Pour le candidat, le fonctionnement se veut simple. Il lui suffirait de sélectionner l'examen ou le concours concerné, puis de renseigner son numéro de procès-verbal ou de récépissé. La plateforme afficherait alors le résultat correspondant, sans nécessiter la consultation d'une longue liste.

Le service est envisagé gratuitement pour les candidats, aussi bien sur le web que sur une application mobile. Cette approche pourrait réduire le temps consacré à la recherche des résultats. Elle permettrait également aux utilisateurs d'éviter certains déplacements lorsqu'ils souhaitent simplement savoir si leurs résultats ont été publiés. Faso Résultats prévoit une autre fonctionnalité destinée aux personnes qui participent à plusieurs concours. Le projet propose un compte unifié permettant à un candidat de suivre l'ensemble de ses candidatures. Ce compte serait associé notamment à son numéro de téléphone et à des informations d'identification. L'utilisateur pourrait ainsi consulter les concours auxquels il a participé et recevoir une alerte lors de la publication des résultats. Les notifications par SMS occupent une place importante dans le dispositif. Elles visent à permettre aux candidats d'être informés sans devoir consulter continuellement les sites des administrations.

Pour Christian Sadé, la centralisation des résultats représente également un moyen de renforcer la confiance dans les informations diffusées. En permettant aux administrations de publier directement leurs données, Faso Résultats souhaite réduire les incertitudes liées à la provenance des listes. Le projet ambitionne ainsi de proposer un canal commun de consultation des résultats officiels. Mais cette dimension dépendra de l'adhésion effective des institutions concernées. Une plateforme ne peut être considérée comme une source officielle de résultats que si les administrations compétentes sont autorisées à y publier leurs informations et si les procédures de validation sont clairement établies.

Des accords institutionnels seront donc nécessaires pour garantir la légitimité des publications. La protection des données personnelles constituera également un enjeu majeur. Les informations relatives aux candidats, notamment les numéros d'identification et les résultats individuels, devront être traitées selon des règles de confidentialité et de sécurité appropriées. L'accès à un résultat individuel ne devra pas permettre la consultation non autorisée des informations d'autres candidats. Faso Résultats pourrait également présenter des avantages pour les administrations. La mutualisation d'un outil de publication pourrait limiter la multiplication de plateformes indépendantes et simplifier certaines opérations techniques. Elle pourrait aussi contribuer à réduire les besoins d'impression et certains déplacements liés à la consultation des résultats.

Ces bénéfices resteront néanmoins liés à l'adoption réelle du service et aux pratiques des institutions. Sur le plan social, Christian Sadé souhaite favoriser un accès plus équitable à l'information. La possibilité de consulter les résultats depuis un téléphone pourrait notamment faciliter les démarches des candidats vivant loin des centres administratifs. Le promoteur évoque également l'ambition de rendre les résultats accessibles aux personnes ne disposant pas de smartphone. Les modalités précises de cet accès devront toutefois être définies et mises en œuvre.

Agent One, DuniaBrowser et Faso Résultats illustrent trois dimensions de la souveraineté numérique. Ces initiatives répondent à des préoccupations différentes, mais elles partagent une volonté de développer des solutions numériques adaptées au contexte burkinabè. Les trois meilleures innovations de la catégorie « Souveraineté numérique et infrastructure » bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de Le Faso Digital 2026.

Farida Thiombiano
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Le Faso Digital 2026 : Trois innovations pour prévenir les infractions routières, moderniser les parkings et faciliter l'abonnement aux bus

Mon, 02/11/2026 - 23:05

La sécurité routière, la gestion des espaces de stationnement et l'accès aux transports en commun constituent des défis quotidiens pour les usagers et les gestionnaires de la mobilité urbaine. Dans la catégorie « Transport, mobilité et logistique » de la deuxième édition de Le Faso Digital, trois projets burkinabè proposent des réponses numériques à ces préoccupations. Il s'agit d'Alerte Contravention, une application de prévention routière conçue par Adama Sy Traoré ; de FasoParking, une solution de gestion numérique des parkings développée par une équipe de quatre entrepreneurs ; et d'une plateforme d'abonnement et de gestion du transport urbain SOTRACO, portée par Abdoul Gafar Zongo. Ces trois innovations retenues bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de l'événement.

Sur la route, quelques secondes d'inattention peuvent suffire à provoquer un accident. Dans les parkings, les difficultés de gestion et de paiement peuvent compliquer le quotidien des usagers comme celui des exploitants. Pour les élèves, étudiants et autres utilisateurs des transports en commun, les démarches d'abonnement peuvent également représenter une contrainte lorsqu'elles nécessitent des déplacements et la constitution de dossiers physiques.

Ces situations illustrent différents enjeux de la mobilité au Burkina Faso. Au-delà de la construction des infrastructures routières, la modernisation du secteur passe aussi par des outils capables de faciliter les déplacements, d'améliorer la sécurité et de rendre les services plus accessibles. C'est dans cette perspective que s'inscrivent les trois projets sélectionnés dans la catégorie « Transport, mobilité et logistique » de Le Faso Digital 2026.

Alerte Contravention : un assistant numérique pour encourager une conduite plus responsable

Respecter les limitations de vitesse, attacher sa ceinture de sécurité et éviter de manipuler son téléphone au volant sont des comportements essentiels à la prévention des accidents de la circulation. Pourtant, entre les habitudes de conduite, les distractions et les contraintes des déplacements quotidiens, ces règles ne sont pas toujours respectées.

C'est pour contribuer à leur application qu'Adama Sy Traoré, expert en ingénierie et technologies, a conçu Alerte Contravention, une application mobile gratuite de prévention routière. Le projet repose sur un principe : accompagner le conducteur pendant son trajet en lui rappelant certains comportements de sécurité, sans l'inciter à contourner les contrôles routiers. Contrairement aux applications qui signalent l'emplacement des radars, Alerte Contravention ne prévoit aucune base de données permettant de localiser les dispositifs de contrôle.

Avec Alerte Contravention, Adama Sy Traoré veut encourager les conducteurs à adopter de meilleurs réflexes sur la route grâce à une application gratuite qui signale les excès de vitesse et rappelle les règles essentielles de sécurité

Pour son concepteur, la priorité n'est pas d'aider l'automobiliste à ralentir uniquement lorsqu'il approche d'un radar, mais de l'encourager à surveiller sa vitesse tout au long du trajet. L'application propose ainsi un affichage de la vitesse en caractères de grande taille, conçu pour être rapidement lisible. Un système de couleurs accompagne cette présentation. L'affichage passe du vert à l'orange, puis au rouge, en fonction du seuil de vitesse défini par l'utilisateur.

Lorsque ce seuil est dépassé, l'application déclenche une alerte sonore et vocale. Cette fonctionnalité vise à attirer l'attention du conducteur sans l'obliger à consulter longuement l'écran de son téléphone. Il convient toutefois de préciser que le seuil est choisi par l'utilisateur. Il ne correspond donc pas nécessairement à la limitation réglementaire applicable sur la route empruntée. L'application doit être considérée comme un outil de rappel et non comme un dispositif garantissant le respect de la réglementation routière.

Alerte Contravention prévoit également une fonction relative au port de la ceinture de sécurité. Avant le départ, l'utilisateur est invité à confirmer qu'il a attaché sa ceinture. Tant que cette confirmation n'a pas été effectuée, l'application ne lance pas le suivi du trajet. Ce mécanisme vise à installer un réflexe de vérification avant de prendre la route. Il ne constitue cependant pas une détection physique du port de la ceinture. Son efficacité dépend de la sincérité de la confirmation donnée par le conducteur. Une autre fonctionnalité concerne l'utilisation du téléphone pendant la conduite. Lorsqu'une autre application est ouverte pendant un trajet suivi par Alerte Contravention, un rappel est prévu pour signaler le risque de distraction. L'originalité de cette approche réside dans le moment choisi pour intervenir. Plutôt que de se limiter à un message de sensibilisation affiché au démarrage, l'application cherche à réagir lorsqu'une action potentiellement distrayante est détectée.

Cette fonctionnalité devra néanmoins tenir compte des restrictions imposées par les systèmes d'exploitation mobiles et des usages légitimes, notamment lorsque le téléphone est manipulé par un passager.
Le promoteur a également intégré un mode miroir destiné à projeter certaines informations sur le pare-brise. Cette fonction vise à faciliter la consultation de la vitesse sans multiplier les mouvements du regard. Son utilisation devra toutefois respecter les exigences de sécurité, notamment en matière de visibilité et de positionnement du téléphone. Selon les informations communiquées par son concepteur, Alerte Contravention est déjà publiée sur Google Play, tandis que la version destinée aux appareils iOS est en cours d'examen.

FasoParking : une équipe de quatre entrepreneurs veut moderniser la gestion du stationnement

Trouver une place pour stationner son véhicule est une préoccupation courante dans les zones urbaines fréquentées. Mais derrière cette difficulté se pose une autre question : comment organiser efficacement la gestion des parkings, les paiements et le suivi des recettes ? Dans certains espaces de stationnement, les opérations reposent encore largement sur des pratiques manuelles. Cette organisation peut compliquer la traçabilité des transactions, le suivi de la fréquentation et la production de rapports fiables pour les gestionnaires.

C'est pour contribuer à la modernisation de ce secteur qu'une équipe de quatre entrepreneurs développe FasoParking, une solution numérique dédiée à la gestion du stationnement. Le projet est porté par Bernadin Ilboudo, cofondateur et directeur, médecin et entrepreneur également fondateur de NAWA ; Hamed Ouédraogo, cofondateur chargé de la stratégie ; Aristide Zannon, directeur technique ; et Kevin Batinan, responsable du produit. L'équipe ambitionne de construire progressivement une infrastructure numérique du stationnement à partir du Burkina Faso, avec une perspective de développement dans la sous-région ouest-africaine.

FasoParking s'appuie sur plusieurs évolutions observées dans les usages urbains. La place croissante des paiements mobiles, l'utilisation des smartphones, l'urbanisation et la pression sur les espaces de stationnement constituent, selon ses promoteurs, des facteurs favorables à la transformation numérique du secteur. Le projet cherche notamment à faciliter la gestion des transactions et à améliorer la visibilité des opérations pour les responsables de parkings. L'intégration des moyens de paiement mobile occupe une place importante dans son modèle.

L'équipe prévoit de s'appuyer sur plusieurs opérateurs afin de limiter la dépendance à un seul prestataire. Orange Money, Moov Money et Wave figurent parmi les services envisagés dans cette approche multi-opérateurs. L'objectif est de proposer aux utilisateurs différentes possibilités de paiement, tout en facilitant la traçabilité des recettes. Pour les gestionnaires, la disponibilité d'informations structurées pourrait permettre de mieux suivre les flux financiers et la fréquentation.

L'équipe de FasoParking ambitionne de moderniser la gestion des espaces de stationnement au Burkina

Ces données pourraient également contribuer à identifier les périodes de forte activité et à adapter l'organisation des sites. Mais FasoParking ne se présente pas uniquement comme une application de paiement. Les promoteurs mettent également en avant le travail réalisé auprès des acteurs du stationnement. Selon les informations fournies par l'équipe, la solution est déjà active sur trois sites. Des perspectives de déploiement sont également envisagées dans des universités.

L'équipe estime en effet que la réussite d'une plateforme de stationnement dépend autant de l'adoption par les usagers que de l'implication des personnes chargées de gérer les parkings. FasoParking travaille ainsi à établir des relations avec les parkeurs, leurs associations et les responsables des espaces de stationnement. L'objectif est d'intégrer progressivement les pratiques existantes dans un système numérique. Les promoteurs prévoient la présence d'ambassadeurs sur les sites et la formation des parkeurs afin de faciliter l'utilisation quotidienne de la solution. Ce choix répond à un défi important : une innovation numérique ne produit pas nécessairement les effets attendus si les personnes qui doivent l'utiliser ne disposent pas des compétences ou de l'accompagnement nécessaires.

L'équipe indique également avoir développé des méthodes de déploiement et de contrôle destinées à limiter les risques de fraude. La constitution d'un historique des transactions représente un autre aspect de sa stratégie. À mesure que les paiements sont enregistrés, la plateforme peut disposer de données relatives aux usages, aux flux et aux habitudes de paiement. Ces informations pourraient aider les gestionnaires à mieux comprendre le fonctionnement de leurs parkings. Leur exploitation devra toutefois respecter les exigences de confidentialité et de protection des données.

FasoParking mise également sur une stratégie d'expansion progressive. Plutôt que de chercher à couvrir immédiatement un grand nombre de sites, l'équipe envisage de développer son réseau à travers des partenariats avec des institutions et des universités. La répartition des responsabilités au sein de l'équipe traduit cette volonté d'associer développement technologique et présence sur le terrain. Bernadin Ilboudo assure le pilotage opérationnel et les relations avec les partenaires. Hamed Ouédraogo intervient dans la stratégie, la recherche de financements et le développement commercial. Aristide Zannon, qui dispose selon la présentation du projet de dix années d'expérience dans le développement mobile, est chargé de la conception et de l'évolution technique de la plateforme. Kevin Batinan pilote, pour sa part, l'expérience utilisateur, la feuille de route du produit et le déploiement auprès des parkings partenaires.

SOTRACO : Abdoul Gafar Zongo propose de dématérialiser les abonnements aux bus

Pour les élèves, les étudiants et les autres utilisateurs réguliers des transports en commun, l'abonnement représente un moyen d'organiser les déplacements quotidiens. Mais les démarches nécessaires pour obtenir ou renouveler un titre peuvent devenir contraignantes lorsqu'elles imposent la constitution de dossiers physiques, des déplacements ou des files d'attente. Pour les personnes à mobilité réduite, ces contraintes peuvent être encore plus importantes.

C'est pour simplifier ce parcours que Abdoul Gafar Zongo a conçu un projet de plateforme numérique d'abonnement et de gestion du transport urbain SOTRACO. La solution ambitionne de dématérialiser les démarches, depuis le dépôt des pièces justificatives jusqu'à l'émission du titre de transport. Elle repose sur une architecture privilégiant les téléphones mobiles, les paiements numériques et les mécanismes de contrôle électronique. L'un des principaux objectifs du projet est de prendre en compte la diversité des profils d'usagers.

La plateforme prévoit sept catégories de bénéficiaires, parmi lesquelles les élèves, les étudiants, les personnes à mobilité réduite et les seniors. Chaque catégorie pourrait être associée à des règles d'éligibilité et à des conditions tarifaires spécifiques. Pour l'utilisateur, le processus commencerait par la constitution d'un dossier numérique. Les pièces nécessaires, telles que la Carte nationale d'identité burkinabè, le certificat de scolarité ou une photographie, pourraient être transmises directement depuis un téléphone. Le dossier ferait ensuite l'objet des vérifications prévues.

Lorsque la demande est validée, la plateforme ambitionne de délivrer un titre de transport numérique sécurisé, associé à un QR code. Cette approche permettrait de réduire l'utilisation des formulaires et des supports physiques. Elle pourrait également éviter certains déplacements consacrés uniquement au dépôt ou au renouvellement d'un dossier. Le projet prévoit aussi un mécanisme destiné à améliorer la transparence dans le traitement des demandes. En cas de rejet, l'utilisateur devrait recevoir une explication précisant les motifs de la décision.

La question du paiement constitue une autre dimension importante du projet. Abdoul Gafar Zongo propose une intégration avec Faso Arzeka, présenté comme un dispositif national d'encaissement. L'objectif est de permettre le règlement des abonnements par des moyens de paiement mobile, notamment Orange Money et Moov Money, tout en assurant une traçabilité des opérations. Le système prévoit également la production de quittances numériques et des mécanismes de rapprochement financier. Il s'agit toutefois de fonctionnalités proposées dans le cadre du projet. Leur mise en œuvre effective nécessiterait les autorisations, les accords techniques et les validations des institutions concernées.

La plateforme prévoit aussi une application destinée aux contrôleurs intervenant dans les bus. Ces derniers pourraient vérifier la validité des titres de transport en scannant les QR codes. Le système envisagé comprend des contrôles individuels ou par lot, ainsi que des mécanismes destinés à limiter les usages frauduleux. Une fonctionnalité de verbalisation numérique des contrevenants est également proposée. Au-delà de la gestion des abonnements, Abdoul Gafar Zongo met en avant plusieurs effets attendus de son projet.

Sur le plan social, la dématérialisation pourrait faciliter les démarches des élèves, des étudiants et des personnes ayant des difficultés à se déplacer. Sur le plan économique, elle pourrait réduire certaines dépenses liées à l'impression des formulaires, à la production des cartes physiques et à la tenue des registres. Pour les gestionnaires, le suivi numérique des transactions pourrait améliorer la disponibilité des informations financières. Le promoteur évoque également une dimension environnementale. En simplifiant l'accès aux abonnements, la plateforme pourrait contribuer à rendre les transports collectifs plus attractifs. À terme, une augmentation de la fréquentation des bus pourrait participer à la réduction de l'usage des moyens de transport individuels.

Abdoul Gafar Zongo propose de simplifier les abonnements aux bus SOTRACO grâce à une plateforme permettant de déposer les dossiers en ligne, de payer par Mobile Money et d'obtenir un titre de transport numérique sécurisé

La plateforme est envisagée pour les villes desservies par le réseau, notamment Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou, sous réserve des conditions effectives de déploiement. Le projet s'inscrit également dans une volonté de valoriser les infrastructures et les compétences numériques nationales.

Abdoul Gafar Zongo souhaite notamment développer une solution pouvant interagir avec des services publics existants. Mais une telle intégration nécessite des garanties importantes. La protection des documents d'identité, la sécurité des paiements, la prévention des faux titres et la fiabilité des contrôles devront faire l'objet d'une attention particulière. La modernisation d'un service public ne doit pas avoir pour conséquence d'exclure les usagers les moins familiarisés avec les technologies.

Alerte Contravention, FasoParking et la plateforme numérique SOTRACO illustrent trois dimensions complémentaires de la transformation de la mobilité. Ces projets montrent que l'innovation dans le secteur des transports ne se limite pas à la conception de nouveaux véhicules ou à la construction d'infrastructures physiques. Elle peut également concerner les services, les procédures et les outils utilisés au quotidien par les usagers et les gestionnaires.

Ces trois meilleures solutions de la catégorie « Transport, mobilité et logistique » bénéficieront d'un programme d'accompagnement offert par Digitales Solidaires, partenaire de Le Faso Digital 2026.

Farida Thiombiano
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Burkina/ 66 ans des Forces armées nationales : Hommage de Jonas Hien à ceux qui ont fait du sacrifice le prix de la résistance et de l'espérance

Mon, 02/11/2026 - 23:00

1er novembre 1960 - 1er novembre 2026 : 66 ans d'histoire, de loyauté et de dévouement à la Patrie.

Il est des anniversaires qui ne se célèbrent pas seulement avec des défilés, des décorations et des discours officiels. Il en est qui commandent le recueillement, la reconnaissance et surtout la mémoire. Le 66e anniversaire des Forces armées nationales (FAN) du Burkina Faso appartient incontestablement à cette catégorie. En ce 1er novembre 2026, adressons nos vœux les plus chaleureux à notre Armée nationale. Bon anniversaire aux hommes et aux femmes qui ont choisi de faire de la défense de la Patrie leur mission, parfois au prix de leur propre vie ! Bon anniversaire à ces sentinelles de la République qui, depuis des décennies, portent l'uniforme avec honneur et qui, depuis près de onze ans, affrontent l'une des plus éprouvantes pages de notre histoire nationale.

En effet, depuis 2015, le Burkina Faso traverse une épreuve existentielle. L'irruption et la montée en puissance du terrorisme ont bouleversé la vie de nos populations, endeuillé des familles, contraint des milliers de personnes à abandonner leurs villages et mis à rude épreuve les fondements mêmes de notre État. Face à cette menace, les Forces de défense et de sécurité (FDS) n'ont pas déserté leur responsabilité historique. Elles ont tenu, résisté, appris, évolué et continué le combat. Il faut remonter aux premières heures de cette crise pour mesurer le chemin parcouru par notre outil de défense. Au départ, le Burkina Faso s'est retrouvé confronté à une menace asymétrique, diffuse, imprévisible, qui frappait les populations, les symboles de l'État, les positions militaires et les axes de communication. Une menace pour laquelle les dispositifs classiques de défense et de sécurité devaient progressivement s'adapter.

Les premières années furent particulièrement douloureuses. Les attaques se sont multipliées, les pertes humaines se sont accumulées et plusieurs localités ont été confrontées à une insécurité grandissante. Nos soldats, souvent engagés dans des conditions difficiles, ont dû apprendre à combattre un adversaire mobile, insaisissable et déterminé à imposer sa loi. Mais l'Armée burkinabè n'a pas renoncé. Au fil des années, elle a engagé une transformation profonde de son organisation et de ses capacités. Le renforcement des effectifs, la création de nouvelles unités combattantes, l'amélioration des équipements, le développement des moyens aériens et de surveillance, ainsi que le renforcement de la coordination des opérations ont progressivement contribué à faire évoluer le dispositif national de défense.

La lutte antiterroriste a également connu une nouvelle dimension avec la mobilisation populaire autour de la défense de la Patrie, notamment à travers la création et l'engagement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). L'arrivée de ces milliers de compatriotes dans le dispositif de défense a consacré une réalité fondamentale : face à une menace qui concerne toute la Nation, la défense de la Patrie ne saurait être l'affaire des seuls militaires. Elle est une responsabilité collective.

Les changements institutionnels, les réorganisations militaires et la recherche d'une plus grande autonomie stratégique ont également marqué cette période. L'Armée a ainsi poursuivi sa mutation, passant progressivement d'une posture essentiellement défensive à une dynamique de reconquête, de sécurisation et de réinstallation progressive des populations dans certaines localités. Ce parcours n'a pas été linéaire. Il a été jalonné de victoires, de revers, de sacrifices, de blessures et de deuils. Mais il témoigne d'une chose : notre Armée a fait preuve d'une remarquable capacité de résistance et d'adaptation.

Aujourd'hui, nous avons des résultats qui nourrissent l'espérance.

Aujourd'hui, il serait injuste de regarder uniquement les difficultés qui subsistent sans reconnaître les avancées enregistrées. Les résultats dans la reconquête territoriale, le retour progressif de certaines populations, la reprise des activités administratives et économiques dans des localités auparavant éprouvées, ainsi que l'amélioration de la présence de l'État dans plusieurs zones constituent des acquis importants. Aujourd'hui, nous sommes à plus de 74 % du territoire reconquis et pacifié, avec le retour progressif des populations et de l'administration. Derrière ces chiffres, il y a des villages qui reprennent vie, des familles qui retrouvent leurs concessions, des enfants qui retrouvent le chemin de l'école et des producteurs qui repartent dans leurs champs.

Il y a aussi des axes qui redeviennent progressivement praticables, des services publics qui reprennent leurs activités et des communautés qui retrouvent peu à peu le goût d'une vie moins dominée par la peur. Ces avancées méritent d'être saluées.

Certes, la menace n'a pas totalement disparu et la vigilance demeure indispensable. Mais on ne peut nier les signes encourageants d'une accalmie observée actuellement dans plusieurs localités du territoire national ainsi que les efforts déployés pour consolider les acquis sécuritaires.

Et si, aujourd'hui, des Burkinabè peuvent envisager l'avenir avec davantage d'espérance, c'est aussi parce que des hommes et des femmes se sont battus pour rendre cette espérance possible. À eux revient une part immense de ce mérite. À nos soldats, la Nation vous doit reconnaissance. À nos militaires engagés sur les différents théâtres d'opérations, nous disons merci. Merci pour les nuits passées loin des familles. Merci pour les journées d'incertitude, les longues périodes d'engagement et les sacrifices consentis dans des conditions que peu de civils peuvent véritablement imaginer.

Merci à ceux qui sont revenus blessés, à ceux qui poursuivent le combat malgré les séquelles physiques et psychologiques, mais aussi à ceux qui, chaque jour, repartent en mission avec la conviction que la Patrie mérite tous les sacrifices.

Une pensée particulière va à ceux qui ne sont jamais revenus. Leurs noms ne doivent pas disparaître dans les statistiques des pertes humaines. Ils sont des fils, des filles, des frères, des sœurs, des pères, des oncles et des mères qui ont donné leur vie pour nous. Ils ont laissé derrière eux des familles, des souvenirs et parfois des rêves inachevés. Leur sacrifice appartient désormais à la mémoire collective de notre Nation. La reconnaissance envers les combattants ne saurait être complète sans un hommage appuyé à la hiérarchie militaire.

Aux chefs militaires, aux officiers, aux sous-officiers et à tous les responsables qui portent la lourde responsabilité du commandement, nous adressons nos encouragements. Commander en temps de paix est une responsabilité ; commander dans une guerre aussi éprouvante exige davantage de lucidité, de courage, de discipline et de sens du devoir. La Nation attend de sa hiérarchie une armée professionnelle, disciplinée, solidaire, respectueuse des populations et résolument tournée vers la défense de l'intégrité territoriale.

Au Président du Faso, reconnaissance totale pour la vision et les conditions du combat.

Il convient de saluer le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, Chef suprême des Forces armées nationales grâce à qui toute la nation a repris confiance face à cette douloureuse situation. Dans ce contexte particulièrement difficile, les choix stratégiques, les orientations politiques et les décisions relatives au renforcement des capacités de défense, ont contribué à donner une nouvelle impulsion à l'effort national de guerre. La volonté de renforcer les effectifs, d'améliorer les équipements, de développer les moyens opérationnels, de mobiliser les ressources nationales et de promouvoir une défense souveraine constitue un axe majeur de cette orientation.

La création de conditions permettant aux forces combattantes de disposer de moyens humains, matériels et logistiques plus importants mérite d'être saluée. À travers cette vision, la défense nationale est présentée non plus comme une question exclusivement militaire, mais comme un enjeu de souveraineté, d'indépendance et de survie collective. Il faut souhaiter que cette dynamique se poursuive, que les moyens suivent les ambitions et que la protection des populations demeure au cœur de toutes les décisions. Sa vision a montré que la victoire ne se décrète pas dans les discours : elle se construit sur le terrain, dans la préparation, la discipline, la cohésion, le renseignement, la logistique et la détermination.

Les VDP, ces compatriotes qui ont répondu à l'appel de la Patrie, il faut les saluer avec appui.

Comment célébrer les Forces armées nationales sans saluer les Volontaires pour la défense de la patrie ? Ces hommes et ces femmes, issus de nos villes, de nos villages et de nos campagnes, qui ont accepté de prendre leur part dans la défense de leur terre. Ils ont rejoint les forces combattantes avec une conviction simple : leur pays mérite d'être défendu. Leur engagement a contribué à renforcer le dispositif national de défense et à rapprocher davantage la lutte contre le terrorisme.

À tous les VDP encore engagés, nous exprimons notre reconnaissance. À ceux qui sont tombés, nous devons respect et mémoire. Leur contribution rappelle que le patriotisme n'est pas seulement un sentiment que l'on proclame lors des cérémonies. Il peut aussi devenir un engagement concret, exigeant et douloureux. La complémentarité entre les FDS et les VDP doit continuer à s'inscrire dans ce cadre organisé, discipliné et respectueux des droits des populations civiles.

Aux épouses, aux veuves et aux orphelins, qui sont le deuxième front du sacrifice, nous leur devons une attention particulière.

En effet, il existe un autre front dans ce combat contre le terrorisme : celui des familles des combattants. Derrière chaque militaire engagé au front, il y a une épouse, une mère, un père, un frère, une sœur, un oncle, une tante, qui attend. Une femme qui vit avec l'inquiétude d'un appel téléphonique, qui scrute les nouvelles et qui apprend à sourire aux enfants même lorsque son cœur est envahi par l'angoisse. À toutes les épouses des FDS dont les conjoints sont engagés sur les théâtres d'opérations, nous adressons notre admiration et notre profonde considération.

Vous aussi, vous portez une part importante de cette guerre. Votre patience, votre courage et votre résilience sont des formes silencieuses de patriotisme. Notre pensée va également aux veuves et aux orphelins des FDS et des VDP tombés pour la défense de la Patrie.

À ces femmes qui doivent désormais poursuivre leur chemin sans leur compagnon, à ces enfants qui grandiront avec l'absence d'un père ou d'une mère, la Nation doit plus que des paroles de circonstance. La nation vous doit une solidarité intarissable, une protection sociale effective, un accompagnement psychologique, un accès à l'éducation et des perspectives dignes du sacrifice consenti par les proches. Un pays qui honore ses héros doit aussi prendre soin de ceux qu'ils ont laissés derrière eux. Et c'est pourquoi le Président du Faso y veille personnellement !
Au peuple burkinabè, poursuivons l'effort patriotique !

Le combat contre le terrorisme n'aurait jamais pu être mené avec la même détermination sans l'engagement du peuple burkinabè. Aux populations qui ont soutenu les FDS, aux autorités coutumières, traditionnelles et religieuses, aux acteurs économiques, aux organisations de la société civile, à toutes les citoyennes et à tous les citoyens qui ont apporté leur contribution à l'effort national, nous disons merci. Un hommage particulier doit donc être rendu aux Burkinabè qui, malgré leurs difficultés quotidiennes, ont répondu à l'appel de la solidarité nationale à travers le Fonds de soutien patriotique.

Chaque contribution compte. Chaque geste de solidarité représente une manière de soutenir ceux qui défendent le territoire et de participer à l'effort collectif. Il faut donc poursuivre cette mobilisation par la contribution au Fonds de soutien patriotique. Ce Fonds doit continuer à bénéficier de la confiance et de l'engagement des citoyens, car les besoins de l'effort de défense ne s'arrêtent pas encore. Que chacun contribue selon ses moyens et ses possibilités. Le patriotisme n'est pas une compétition de montants ; c'est une manifestation de solidarité et d'attachement à la Nation.

La victoire est à portée de main, faisons-en une page d'histoire !

Ce 1er novembre 2026, l'heure n'est ni à l'autosatisfaction ni au découragement. Elle est à la reconnaissance, à la consolidation des acquis et à la confiance raisonnée dans les capacités de notre Nation. Oui, la victoire est désormais à portée de main. Elle se dessine dans les efforts accomplis, dans les territoires progressivement sécurisés, dans la mobilisation populaire et dans la détermination des forces combattantes. Cette victoire est irréversible. Notre souhait est que les générations futures n'aient plus à apprendre le terrorisme comme une réalité vécue par leurs parents, mais comme un chapitre douloureux de l'histoire nationale, étudié dans les manuels scolaires pour rappeler le prix de la liberté et de la souveraineté. Que nos enfants puissent un jour lire ces pages et dire : « nos grands-parents ont traversé cette épreuve, nos parents ont résisté et notre Nation a fini par triompher. »

Que le Burkina Faso retrouve durablement la paix, que les déplacés retrouvent leurs villages, que les écoles ouvrent partout, que les champs soient cultivés sans crainte et que les armes cèdent définitivement la place aux outils du développement. C'est le plus beau cadeau que nous puissions souhaiter à notre Armée pour ses 66 ans. Bon anniversaire aux Forces armées nationales ! Honneur à nos combattants ! Gloire à nos martyrs ! Vive le Burkina Faso libre, souverain et en paix !

Pendant que je m'apprêtais à terminer par « la Patrie ou la Mort, nous Vaincrons », on m'apprend que quelque chose se passe à l'Élysée, à Paris. L'atmosphère serait devenue quelque peu électrique. Le Président Emmanuel Macron, installé derrière son imposant bureau, aurait convoqué son ministre de la Défense pour une réunion d'urgence. Et voici ce qu'il en ressort, selon mes informateurs !

– Macron : Monsieur le Ministre, je vous demande de mettre immédiatement fin à tout soutien aux entreprises de déstabilisation dans la Confédération des Etats du Sahel (AES), surtout au Burkina Faso. Le Petit-là n'est pas facile. Il va me créer des problèmes. J'ai déjà trop de soucis avec les lycéens ici et les gens en profitent pour me déstabiliser. Nous devons changer de méthode !

Surpris, son Ministre de la Défense tente de comprendre cette soudaine volte-face.

– Le Ministre : Mais, Monsieur le Président, permettez-moi de vous rappeler que nous avons engagé beaucoup d'énergie diplomatique dans cette région. Nous avons encore quelques cartes à jouer. Il serait peut-être prématuré de tout abandonner…

Emmanuel Macron, visiblement agacé, interrompt son collaborateur :

– Macron : Non, non et non ! Je vous dis que cela suffit ! Vous ne voyez donc pas que les choses ne se passent plus comme avant ? J'ai déjà assez de problèmes avec les lycéens, dans mon propre pays ! Je ne vais quand même pas en rajouter avec ces jeunes du Sahel !

Le Ministre, qui a voulu développer un argumentaire stratégique, tente une nouvelle approche :

– Mais, Monsieur le Président, nous avions pourtant des relais politiques sur le continent. Certains Chefs d'État africains étaient disposés à nous aider à maintenir la pression pour aboutir à la déstabilisation de l'AES. L'autre-là a dit qu'il va s'occuper du Petit du Burkina Faso. Il nous a donné l'assurance non !

– Macron : Justement ! il me dit tout le temps, Le Petit, Le Petit, du Burkina et il n'y arrive pas. Donc, il n'est pas petit ! J'avais pourtant compté sur ces Chefs d'État africains. Nous leur avons fait confiance, nous avons investi en argent et en relations, et au bout du compte, rien ! Ils ont consommé nos ressources politiques et financières, mais ils n'ont pas réussi à faire bouger les lignes face aux dirigeants de l'AES. Pas un résultat à la hauteur de mes attentes ! Et l'autre-là m'a même encore demandé d'ajouter d'argent pour recruter plus de communicants. Le problème est que les BIR-C du Burkina sont plus forts !

Le Ministre de la Défense tente de calmer son patron :

– Monsieur le Président, il faut garder notre sang-froid. Nous pouvons encore envisager une autre stratégie…

– Macron : Quelle stratégie ? s'emporte Macron ! Une stratégie qui consiste à multiplier les réunions, les appels, les déclarations, les communiqués pendant que les événements nous échappent ? Non, merci !

Emmanuel Macron décroche son téléphone, demande à son Directeur de Cabinet de lui faire venir d'urgence le Ministre des Affaires étrangères. Celui-ci arrive en catastrophe.

– Macron : Voilà, il faut que tu raisonnes ton collègue de la Défense ! Peut-être qu'il comprendra que nous devons changer de logiciel !

Le Ministre de la Défense, désormais silencieux, regarde son collègue des Affaires étrangères.

Le Ministre des Affaires étrangères demande au Président :

– Monsieur le Président, que se passe-t-il encore ?

Macron, épuisé, répond :

– Expliquez à votre collègue que le Sahel n'est plus un terrain de jeu diplomatique où l'on peut faire et défaire les gouvernements à sa convenance. Et surtout, dites-lui que je ne veux plus de problèmes supplémentaires. Entre les lycéens, les difficultés intérieures et les dossiers internationaux, je n'ai vraiment plus besoin d'un autre front !
Les deux Ministres se regardent. Le Président regarde ailleurs !

Quand j'ai eu ce point sur ce qui s'est passé à l'Elysée, j'ai compris que le monde change, les peuples évoluent et l'Afrique entend désormais écrire elle-même les chapitres de son histoire.
Ceux qui n'ont pas encore compris cette nouvelle réalité feraient mieux de réviser leurs leçons de géopolitique.

Maintenant, je peux terminer par ma « La Patrie ou la mort, nous vaincrons ! »


Jonas Hien

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Bobo-Dioulasso : Trois individus interpellés pour escroquerie, vols de motos et assassinat

Mon, 02/11/2026 - 22:55

Le commissariat central de police de Bobo-Dioulasso a présenté, ce lundi 2 novembre 2026, les résultats de plusieurs enquêtes judiciaires lors d'une conférence de presse tenue au commissariat de police de l'arrondissement de Dafra. Trois individus ont été interpellés pour des faits présumés d'escroquerie transfrontalière, de vols multiples d'engins à deux roues et d'assassinat. Les investigations ont également permis la saisie de plusieurs biens, dont huit motocyclettes.

La police nationale vient de porter un coup à plusieurs réseaux et activités criminels dans la ville de Bobo-Dioulasso et ses environs. À l'occasion d'une conférence de presse organisée ce lundi 2 novembre 2026 au commissariat de police de l'arrondissement de Dafra, les forces de l'ordre ont dévoilé les résultats de trois enquêtes judiciaires ayant conduit à l'interpellation de trois individus pour des faits de différentes natures. Les affaires présentées concernent notamment une présumée escroquerie transfrontalière impliquant un réseau actif depuis 2018, des vols répétés d'engins à deux roues ainsi qu'un cas d'assassinat survenu dans le quartier de Ouezzin-ville.

Les journalistes présents à la conférence de presse

La première affaire porte sur des faits présumés d'escroquerie multiple, d'association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux. Selon les explications du commissaire principal de police Idrissa Sawadogo, commissaire de police de l'arrondissement de Dafra, le réseau mis en cause serait composé de deux individus qui opéraient depuis 2018 au Burkina Faso et dans trois pays voisins. Leur mode opératoire consistait à faire croire à leurs victimes qu'ils disposaient de pouvoirs mystiques leur permettant de prédire l'avenir, de favoriser la prospérité de leurs activités et de les protéger contre leurs ennemis.

Profitant de la confiance ainsi instaurée, les présumés escrocs amenaient leurs victimes à leur remettre d'importantes sommes d'argent ou des biens, sous prétexte de procéder à des bénédictions. Ils profitaient ensuite des séances d'incantation pour substituer les biens ou disparaître avec le butin. À la suite d'une filature et grâce à la collaboration de la population, l'un des membres actifs du groupe, identifié par les initiales D. A., âgé de 35 ans et domicilié au secteur 24 de Bobo-Dioulasso, a été interpellé. Son présumé complice, O. P. D., âgé d'une cinquantaine d'années et domicilié à Banfora, est toujours en fuite.

Les auteurs des deux premières affaires présentés à la presse, l'auteur du cas d'assassinat étant déjà déféré

Les investigations ont permis de recenser sept cas d'escroquerie dans la province du Houet, pour un préjudice global estimé à plus de 82 millions de FCFA. Confronté notamment à des images vidéo d'une opération portant sur 45 millions de FCFA, à des données de téléphonie mobile et aux identifications formelles des victimes, le suspect a reconnu sa participation à trois faits, représentant un montant de plus de 46 millions de FCFA.

Le commissaire a indiqué également que le mis en cause aurait fait des victimes au Mali, au Ghana et au Togo. Les investigations ont par ailleurs révélé l'acquisition d'une parcelle sur laquelle il aurait construit une maison de trois pièces avec une clôture, pour un coût estimé à plus de 10 millions de FCFA. Une motocyclette de marque Yamaha Exciter 155, un sac contenant du matériel utilisé dans les opérations d'escroquerie ainsi qu'un véhicule de marque Kia ont notamment été présentés parmi les biens saisis ou identifiés dans cette affaire.

Le commissaire principal de police Idrissa Sawadogo, commissaire de police de l'arrondissement de Dafra

Huit motocyclettes saisies dans une affaire de vols

La deuxième enquête concerne des faits présumés de vols multiples d'engins à deux roues, de recel et de blanchiment de capitaux. Elle a conduit à l'interpellation de M. G., âgé de 28 ans, apprenti-maçon et domicilié au secteur 33 de Bobo-Dioulasso. Selon les enquêteurs, le suspect opérait seul depuis 2022. Il aurait développé une technique consistant à s'introduire nuitamment dans les domiciles, notamment lorsque les occupants étaient profondément endormis, pour repérer et emporter les motocyclettes. Les périodes pluvieuses auraient été particulièrement propices à ses opérations.

Face aux difficultés d'écoulement des engins volés à Bobo-Dioulasso, le mis en cause les convoyait majoritairement dans son village d'origine, situé dans une commune voisine. Sa localisation a été rendue possible grâce aux investigations des enquêteurs et à la collaboration des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). La perquisition et les investigations ont permis de mettre la main sur huit engins à deux roues déclarés volés, cinq cartes nationales d'identité burkinabè en cours de validité, une carte grise et une plaque d'immatriculation de vélomoteur. Le suspect aurait reconnu les faits après avoir été confronté aux éléments matériels réunis contre lui.

Une vue des biens saisis ou identifiés dans la première affaire

Les conférenciers précisent qu'une dizaine de vols d'engins à deux roues lui sont reprochés. Il serait également un récidiviste, ayant déjà séjourné à la maison d'arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso en 2022 pour des faits de vol.

Un homme de 52 ans interpellé pour assassinat

La troisième affaire porte sur un cas d'assassinat survenu à proximité du Centre médical urbain (CMU) de Ouezzin-ville. Alertés des faits, les enquêteurs ont procédé aux constatations d'usage avant de lancer des recherches qui ont abouti à l'interpellation du présumé auteur. Il s'agit de B. H., âgé de 52 ans, menuisier et domicilié au secteur 15 de Bobo-Dioulasso. Selon les déclarations rapportées par la police nationale, le suspect a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il aurait indiqué avoir utilisé un bâton et un tesson de bouteille pour porter des coups à la victime, lui occasionnant de profondes blessures à la tête et aux bras. Malgré son évacuation au CMU de Ouezzin-ville, le blessé a succombé quelques minutes après son admission. Un couteau présenté comme étant lié à cette affaire figure parmi les objets saisis.

Huit engins à deux roues déclarés volés, et plusieurs autres biens ont été saisis dans la deuxième affaire

La police nationale appelle à la vigilance

Au terme de la présentation de ces trois affaires, la police nationale a invité les populations à renforcer leur collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la lutte contre la criminalité. Elle a particulièrement mis en garde contre les personnes qui promettent des bénédictions, la prospérité ou un avenir meilleur en échange de biens et de sommes d'argent.

Concernant la prévention des vols de motocyclettes, elle recommande aux propriétaires de toujours garer et verrouiller leurs engins à l'intérieur des domiciles, de conserver les clés dans leurs chambres et de renforcer la sécurité des habitations. L'installation de caméras de surveillance a également été suggérée aux personnes qui en ont les moyens.

La police nationale a, par ailleurs, salué la contribution des populations et des VDP dans la réussite des opérations

La police nationale a, par ailleurs, salué la contribution des populations et des VDP dans la réussite des opérations. Elle rappelle que les numéros verts des Forces de défense et de sécurité, notamment le 17, le 1010 et le 16, restent disponibles pour tout signalement. La phase policière des enquêtes étant achevée, les trois mis en cause seront conduits devant le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour la suite de la procédure judiciaire.

Romuald Dofini
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/Crise humanitaire : À Kaya, des personnes handicapées visuelles tressent leur autonomie grâce à l'artisanat

Mon, 02/11/2026 - 22:50

À Kaya, dans la région des Koulsé, l'artisanat redonne espoir à des personnes déplacées internes vivant avec un handicap visuel. Au sein de l'Association Wend Waoga des aveugles et malvoyants de Kaya (AWAMK), elles apprennent un métier pour gagner leur autonomie financière.

Samedi 10 octobre 2026, sous un soleil de plomb à 12h34. Au secteur 5 de Kaya, au siège de l'Association Wend Waoga des aveugles et malvoyants de Kaya (AWAMK), la scène est saisissante pour celui qui découvre les lieux pour la première fois. À la manière d'abeilles ouvrières, des personnes aveugles et malvoyantes s'activent avec patience et minutie. Leurs mains agiles entrelacent les cordes et dessinent des motifs géométriques. Elles donnent progressivement forme à des lits picots et à des fauteuils artisanaux tressés. Le toucher, l'expérience et le savoir-faire guident leurs gestes.

Le siège de l'AWAMK est situé en face du Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya.

Parmi ces artisans tresseurs, Hamidou Ouédraogo s'active à la confection d'un lit picot. À 32 ans, il porte les blessures de deux épreuves. La première remonte à son adolescence. Il n'a que 13 ans lorsqu'un incident survient sur le site d'orpaillage sur lequel il travaille. Du sable pénètre dans ses yeux. Malgré les consultations médicales, il perd définitivement la vue. La seconde épreuve est survenue plusieurs années plus tard, dans sa localité d'origine, Barsalogho. Les attaques terroristes ont progressivement bouleversé le quotidien des habitants. Elles ont fini par contraindre sa famille à tout abandonner.

« Dès 19h, nous étions obligés de nous réfugier dans nos maisons, car les tirs pouvaient commencer à partir de 20h. Souvent, des rafales atteignaient les concessions. Certaines attaques survenaient également dans la matinée, nous obligeant à fuir. Nous avons perdu plusieurs membres de notre famille, dont un frère qui était Volontaire pour la défense de la patrie, ainsi qu'un autre de mes grands-frères », confie-t-il, la voix tremblante à l'évocation de ses proches disparus.
Pour sa mère, rester à Barsalogho représentait un danger supplémentaire pour son fils. « Elle craignait pour ma sécurité. En raison de ma cécité, elle estimait que j'aurais davantage de difficultés à fuir en cas d'attaque », explique-t-il.

Hamidou Ouédraogo, père d'une fille et de deux garçons, a pu scolariser ses enfants grâce à l'artisanat.

La famille a finalement quitté Barsalogho pour rejoindre Kaya il y a sept ans. Elle s'est installée dans une maison en location au secteur 5. Ce déplacement lui a permis de s'éloigner des violences. Mais Hamidou Ouédraogo doit désormais affronter une autre difficulté : trouver une activité pour subvenir aux besoins de sa famille malgré son handicap. En 2022, alors qu'il traverse une période de découragement, il apprend l'existence de l'AWAMK. Cette association propose gratuitement des cours d'alphabétisation en braille et des formations en artisanat.
Les bénéficiaires y apprennent notamment à confectionner des lits picots, des chaises, des sacs ainsi que des filets de football et de volley-ball. Il décide de s'y rendre pour recevoir une formation.

Désormais, Hamidou Ouédraogo ne dépend plus entièrement de son entourage. Grâce au tressage artisanal, il dispose d'une activité génératrice de revenus. Son épouse, qui est voyante, exerce une activité commerciale au marché de Kaya. Ensemble, ils subviennent aux besoins de leurs trois enfants sans recourir à la mendicité.
Pour Hamidou Ouédraogo, les locaux de l'association sont plus qu'un simple lieu de travail. Ils constituent également un espace de partage, de réconfort et de solidarité.

« Au-delà des revenus, le centre nous apporte un soutien moral. Nous échangeons, partageons des moments de convivialité et retrouvons progressivement le sourire. Le fait de côtoyer des personnes confrontées à des difficultés semblables nous aide à atténuer notre souffrance », témoigne-t-il.

Le fils de Hamidou Ouédraogo le regardant attentivement pendant qu'il s'applique à la tâche.

À quelques pas de Hamidou Ouédraogo, Wenyélé Sebgo travaille à la confection d'un fauteuil artisanal tressé. Né en 1999, il a perdu la vue à l'âge de sept ans, à la suite d'une maladie oculaire. Comme Hamidou Ouédraogo, il a connu les horreurs de la guerre.

Natif du village de Ouayalgué, dans la commune de Bouroum, il a été contraint de fuir avec ses proches lorsque les attaques terroristes ont atteint leur localité. La famille a d'abord trouvé refuge à Bouroum, chef-lieu de la commune. Mais face à la persistance de l'insécurité, elle a dû reprendre la route, cette fois en direction de Tougouri, dans l'espoir d'y retrouver un peu de tranquillité. Les violences ont cependant gagné cette localité également, contraignant la famille à se déplacer à Kaya en 2023. Après ces déplacements successifs, il lui fallait trouver les moyens de vivre dignement.

C'est grâce à un ami que Wenyélé Sebgo a découvert l'existence de l'AWAMK. Celui-ci l'a aidé à obtenir le numéro de téléphone du président de l'association, Antoine Nabasnogo Ouissogonoma. Après un premier échange téléphonique, Wenyélé Sebgo a été accueilli à l'association. Il y a appris le métier d'artisan tresseur. Depuis, Wenyélé Sebgo dispose d'une activité génératrice de revenus qui lui permet de contribuer à la prise en charge de sa famille. Au-delà de cette autonomie financière, l'association lui a permis de faire une rencontre inattendue. Entre les cordes entrelacées et les ouvrages confectionnés, des histoires d'amour prennent également forme. Plusieurs couples se sont constitués au sein de l'association. Wenyélé Sebgo a lui aussi été touché par la flèche de Cupidon. Aveugle comme lui, la jeune femme était venue suivre une formation en artisanat. Au fil des jours, les deux ont fait connaissance et se sont rapprochés. Ils ont ensuite décidé de construire leur vie ensemble. De cette union est né un petit garçon, aujourd'hui âgé de deux ans.

« Des membres de notre communauté ont été tués lors des attaques », relate Wenyélé Sebgo avec une teinte d'émotion.

Wenyélé Sebgo reste néanmoins préoccupé par le sort des personnes aveugles qui vivent toujours dans l'isolement et la précarité. « De nombreuses personnes aveugles vivent encore aujourd'hui dans la précarité, sans accès à un centre de formation. Certaines d'entre elles dépendent entièrement de leur entourage pour se nourrir et satisfaire leurs besoins essentiels. Il est donc indispensable de les accompagner vers l'autonomie », plaide-t-il.

À l'AWAMK, la quête d'autonomie se conjugue aussi au féminin. Selon son président Antoine Nabasnogo Ouissogonoma, sur les 52 membres que compte l'association, 35 sont des femmes. Plus de 20 Personnes déplacées internes (PDI) prennent également part aux activités, sans nécessairement être membres. Parmi ces femmes figure Kadidia Sawadogo. Née en 1996, elle est aveugle de naissance. Elle aussi a connu les affres de la guerre. Avec sa famille, elle a été contrainte de fuir Namissiguima.

Wenyélé Sebgo souhaite que l'association renforce ses actions de sensibilisation à travers les radios afin de faire connaître ses activités à davantage de personnes aveugles et malvoyantes.

« L'insécurité a rendu notre quotidien très difficile. Nous ne pouvions plus nous réunir en toute tranquillité, car les groupes armés nous menaçaient, surtout les soirs. Des membres de notre communauté ont été tués », raconte-t-elle avec tristesse.

Il y a quatre ans, Kadidia Sawadogo a trouvé refuge à la « cité des cuirs et peaux ». Contrainte d'abandonner ses études en braille, elle s'est retrouvée dans l'incertitude. À ce moment-là, elle ignore comment construire son avenir. Fort heureusement, par l'intermédiaire d'une amie, elle découvre l'AWAMK. En 2022, elle intègre l'association. Elle choisit de se spécialiser dans la confection de sacs artisanaux. L'apprentissage de ce métier lui a ouvert de nouvelles perspectives. Toutefois, les difficultés économiques demeurent. Ces derniers mois, les clients se font rares. Kadidia Sawadogo peine à tirer des revenus réguliers de son travail. Son époux, lui aussi aveugle, est également membre de l'association. Parents d'un enfant, ils souhaitent pouvoir subvenir aux besoins de leur famille grâce à leurs activités. Malgré les obstacles, Kadidia Sawadogo exprime sa gratitude au président de l'association pour son accompagnement.

Kadidia Sawadogo jouant avec son fils pendant qu'elle travaille.

Des appuis pour renforcer l'autonomie

Âgé de 60 ans, Antoine Nabasnogo Ouissogonoma est le fondateur et président de l'Association Wend Waoga des aveugles et malvoyants de Kaya (AWAMK). Depuis sa création, il veille au bon fonctionnement de l'association et accompagne les artisans dans leur apprentissage. Un engagement en faveur de l'autonomie des personnes handicapées visuelles qui dure depuis près de quatre décennies.

Antoine Nabasnogo Ouissogonoma a lui-même perdu la vue à l'âge de 20 ans, à la suite d'un glaucome. Orphelin de père et de mère, il ne disposait, à l'époque, ni de soutien familial ni des moyens financiers nécessaires pour se soigner. Il s'est alors tourné vers l'apprentissage de l'artisanat auprès de l'Union nationale des associations burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (UN-ABPAM), à Ouagadougou.

Après sa formation, il a décidé de retourner à Kaya pour transmettre son savoir-faire à d'autres personnes aveugles et malvoyantes. En 1988, il a créé l'AWAMK avec l'ambition de leur permettre d'apprendre un métier et de réduire leur dépendance à la mendicité.

Hamidou Ouédraogo, Wenyélé Sebgo et Kadidia Sawadogo ont exprimé toute leur reconnaissance à leur bienfaiteur, Antoine Nabasnogo Ouissogonoma.

Près de quatre décennies plus tard, la crise sécuritaire et humanitaire a donné une nouvelle dimension à son engagement. Initialement destinée à accompagner les personnes aveugles et malvoyantes de Kaya, l'association accueille désormais des PDI handicapées visuelles. Celles-ci ont fui les violences terroristes. Certaines ont tout perdu et cherchent, à travers l'apprentissage d'un métier, les moyens de reconstruire leur vie. Deux familles déplacées internes, dont certains membres ont un handicap visuel, sont hébergées au siège de l'association. Les autres résident dans des familles d'accueil ou dans des logements qu'elles louent.
Antoine Nabasnogo Ouissogonoma fait savoir que, lorsque les articles artisanaux sont vendus, les bénéfices sont répartis de façon équitable.

Les lits picots sont commercialisés entre 22 500 et 50 000 francs CFA l'unité.

Mais l'écoulement constitue une difficulté majeure. Les commandes sont irrégulières et les artisans peinent à trouver des débouchés.
« Nous travaillons principalement sur commande. Certains mois, nous vendons 5 à 7 lits picots. D'autres mois, nous n'enregistrons aucune commande. Contrairement aux artisans voyants qui peuvent se déplacer pour vendre leurs produits, nous dépendons largement des clients qui viennent au centre. De nombreuses personnes ignorent encore notre existence », explique-t-il peiné.

Antoine Nabasnogo Ouissogonoma a deux épouses handicapées physiques et est père de six enfants.

À cette difficulté s'ajoute le manque de ressources financières pour répondre aux besoins croissants des PDI handicapées visuelles. Les demandes de formation et d'accompagnement se multiplient, au point de dépasser les capacités d'accueil de l'association. Faute de prise en charge, certaines personnes aveugles ou malvoyantes se retrouvent contraintes de mendier pour survivre.

Cette situation préoccupe particulièrement Antoine Nabasnogo Ouissogonoma. Il alerte sur les dangers auxquels s'exposent les personnes handicapées vivant de la mendicité. Il affirme avoir eu connaissance de cas présumés d'empoisonnement de nourriture offerte à certaines d'entre elles.

Les fauteuils artisanaux tressés coûtent environ 11 000 francs CFA et les sacs entre 1 000 et 5 000 francs CFA.

Dans la quête d'autonomie, l'AWAMK bénéficie de l'accompagnement de plusieurs partenaires et de bonnes volontés. Ces soutiens, apportés sous différentes formes, contribuent entre autres à améliorer leurs conditions de vie. Ils favorisent aussi l'insertion socio-économique des PDI ayant un handicap visuel dans la région des Koulsé. Parmi les premiers partenaires de l'AWAMK figure l'Union nationale des associations burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (UN-ABPAM). Elle dispense gratuitement des cours de braille. Cet accompagnement a contribué à la réussite scolaire de plusieurs membres de l'association. Deux élèves ont décroché le baccalauréat et poursuivent désormais leurs études à l'université. Trois autres ont obtenu le Brevet d'études du premier cycle (BEPC), rapporte avec fierté le président de l'AWAMK.

Antoine Nabasnogo Ouissogonoma et les autres membres du bureau de l'AWAMK.

L'ONG Humanité & Inclusion (HI), anciennement Handicap International, apporte également son soutien à l'association. Elle a financé des formations en tissage et en mobilité au profit des personnes handicapées visuelles. Ces apprentissages leur permettent d'acquérir des compétences professionnelles et de se déplacer avec plus d'aisance. L'ONG a également apporté une assistance alimentaire aux familles accueillant des enfants déplacés internes ayant un handicap visuel.

L'association peut aussi compter sur l'Action sociale. Elle lui apporte un appui administratif et conseille son bureau dans la conduite de ses activités. L'Action sociale apporte aussi, de manière ponctuelle, une aide alimentaire aux personnes déplacées internes ayant un handicap visuel et prises en charge par l'association.
De son côté, l'association Kiswendsida a réalisé un forage au profit de l'AWAMK. Grâce à cette installation, les membres disposent désormais d'un accès à l'eau sans les dépenses qui y étaient auparavant liées.

Le forage a été offert par l'association Kiswendsida.

À ces soutiens s'ajoutent des aides financières ponctuelles, des bourses d'études et des appuis au développement d'activités génératrices de revenus. L'artisanat occupe une place importante au sein de l'association. N'empêche, certains membres déplacés internes ont également diversifié leurs sources de revenus : élevage, agriculture ou encore commerce de vêtements de seconde main (friperie).

Ces initiatives constituent un soulagement, car les revenus issus de l'artisanat restent irréguliers, souligne Antoine Nabasnogo Ouissogonoma. Il saisit l'occasion pour inviter les particuliers, les entreprises et les institutions à passer des commandes auprès de l'AWAMK. Une manière de soutenir le travail de ces artisans et de contribuer à leur autonomie financière.

Samirah Elvire Bationo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/Orpaillage artisanal : Partis chercher de l'or, ils reviennent à bout de souffle

Mon, 02/11/2026 - 22:40

Partis sur les sites d'orpaillage artisanal au Ghana, en Guinée, au Sénégal ou même à l'intérieur du pays dans l'espoir de gagner de l'argent pour avoir une meilleure vie, de nombreux jeunes Burkinabè en reviennent avec de graves problèmes de santé. Au Centre hospitalier régional de Manga, dans la région du Nazinon, certains luttent contre des maladies respiratoires, notamment la silicose. Entre difficultés à respirer, dépenses médicales écrasantes et familles désemparées, ces anciens orpailleurs paient un lourd tribut à la quête de l'or. Le pneumologue, Dr Ragnagnewendé Mohamed Ismael Tanguy Nikiéma, alerte sur les dangers de cette activité pour les poumons et appelle à renforcer la prévention.

À Manga, chef-lieu de la région du Nazinon, le Centre hospitalier régional (CHR) accueille ainsi des patients dont les difficultés respiratoires sont liées à leur passage sur les sites d'exploitation artisanale de l'or.

Il est 8h lorsque nous arrivons dans cet établissement sanitaire. Les patients du pneumologue Dr Tanguy Nikiéma se succèdent. La plupart sont de jeunes adultes âgés de 18 à 45 ans. Deux heures plus tard, à 10h, nous nous rendons au service des urgences, où deux jeunes hommes sont hospitalisés pour des maladies respiratoires associées à l'orpaillage artisanal.

Parmi eux, Alfred, nom d'emprunt, est allongé, vêtu d'un maillot et d'un pantalon marron. Une assistance en oxygène lui est indispensable pour respirer. Âgé d'une trentaine d'années, il peine à s'exprimer. Son calvaire aurait commencé en 2023, alors qu'il travaillait sur un site d'orpaillage au Sénégal. Face à la dégradation de son état de santé, il décide de rentrer au Burkina Faso auprès des siens. Après plusieurs consultations, les premiers diagnostics l'orientent vers une tuberculose associée à une maladie liée à l'inhalation des poussières d'orpaillage. Il reçoit alors un traitement antituberculeux. Pensant pouvoir reprendre une vie normale, il retourne à ses occupations. Mais son état se détériore à nouveau en 2026.

« Après plusieurs consultations, il a été conclu que j'avais une tuberculose associée à une maladie liée à la poussière de l'orpaillage. Le médecin m'a donné un traitement contre la tuberculose. Après cela, je vaquais à mes occupations. Mais, cette année, la maladie a empiré, et on m'a fait comprendre qu'il s'agissait de la maladie liée à la poussière, la silicose, et non la tuberculose. Actuellement, je ne vais pas vous mentir, je suis fatigué. Je suis épuisé psychologiquement et financièrement et ma famille également. Cette maladie est mauvaise. Il y a des moments où ma respiration se coupe. Si ce n'est pas avec l'oxygène, je n'arrive pas à respirer ni à parler. Par moment, quand la toux commence, si je ne fais pas attention, je fais mes besoins sur moi », témoigne-t-il, la voix tremblante. Son corps amaigri et son visage pâle traduisent l'épuisement provoqué par la maladie.

Au-delà de sa propre souffrance, Alfred évoque les conséquences de l'orpaillage sur les jeunes de son village. Selon lui, plusieurs d'entre eux sont revenus des sites avec des problèmes de santé et certains auraient fini par perdre la vie.
« Beaucoup de jeunes reviennent des sites d'orpaillage avec des maladies et meurent par la suite. Surtout, beaucoup reviennent avec la toux. Des jeunes décédés après leur retour des sites d'orpaillage, que je connais. Ils valent 20. Mon souhait aujourd'hui, c'est de recouvrer la santé. Je regrette d'être allé sur les sites d'orpaillage. Je conseille aux jeunes d'abandonner le travail d'orpaillage. Car les produits utilisés sont dangereux pour la santé. Il ne faut pas jouer avec sa santé. Avec l'orpaillage, tu peux avoir de l'argent aujourd'hui, et demain, tu n'as rien. Il faut prioriser sa vie, en abandonnant l'orpaillage artisanal », lance-t-il, dans un souffle difficile.

Le parcours d'Ali, nom d'emprunt, illustre également les risques auxquels s'exposent de très jeunes travailleurs. Âgé de 18 ans, il quitte le Burkina Faso en décembre 2025 pour rejoindre des sites d'orpaillage au Ghana. À l'époque, il est élève en classe de 4ᵉ. Son objectif est de gagner suffisamment d'argent pour rentrer au pays, s'acheter une moto et, si possible, commencer à construire une maison, comme certains de ses camarades après leur passage sur les sites d'orpaillage.

Mais l'aventure ne se déroule pas comme prévu. En juillet 2026, au lieu de rentrer avec les ressources financières espérées, l'adolescent revient au pays. En lieu et place de poches bien remplies d'argent, c'est avec une maladie respiratoire qu'il regagne le bercail. « J'ai décidé d'aller à l'aventure sur les sites d'orpaillage au Ghana, parce que je reprenais la classe de 4ᵉ. Je voulais aller travailler pour avoir de l'argent comme mes camarades. Malheureusement, je suis revenu malade. Je demande aux jeunes de faire très attention. Je leur demande d'éviter d'aller sur les sites d'orpaillage, car en voulant aller chercher de l'argent, on peut revenir avec beaucoup de maladies », conseille-t-il, le regard perdu.

Âgé de 18 ans, il est revenu en famille malade

Souleymane, également un nom d'emprunt, a, pour sa part, travaillé dans l'orpaillage artisanal entre 2013 et 2019 sur plusieurs sites à l'intérieur du pays notamment dans sa région. C'est en 2021 qu'il commence à éprouver des difficultés respiratoires, particulièrement lorsqu'il effectue un effort physique. Les examens médicaux établissent alors un lien entre l'état de ses poumons et l'exposition prolongée aux poussières sur les sites d'exploitation.

Depuis ce diagnostic, il suit un traitement médical. « Avec les examens, on m'a dit que c'est la poussière des sites d'orpaillage qui a provoqué cette maladie. Parce que là-bas, on travaillait dans la poussière. Depuis lors, je suis sous traitement. Malgré le traitement, la maladie ne fait qu'évoluer. Il n'y a pas d'amélioration. C'est vraiment très dur pour moi, vous constaterez que lorsque je parle, ma respiration devient bizarre. Je ne peux plus trop parler, je ne peux plus marcher pendant longtemps. Je ne peux plus faire trop de mouvements. Le médecin fournit des efforts, mais la maladie continue de progresser. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Je peux dire que j'ai une longue vie. Chez certains, dès que la maladie commence, quelques mois après, ils décèdent. Ce que je peux dire à mes frères aujourd'hui, c'est d'arrêter l'orpaillage. Je connais beaucoup de jeunes qui sont décédés à cause des maladies qu'ils ont ramenées des sites d'orpaillage », confie le quadragénaire.
D'après lui, plusieurs jeunes de sa localité souffrant de maladies respiratoires avaient pris le chemin de l'Égypte où ils espéraient trouver une solution à leur mal. Des déplacements n'ont pas permis d'obtenir les résultats escomptés, à l'en croire.

Selon Souleymane, les conséquences financières de la maladie sont également lourdes. Face aux dépenses médicales, les économies réalisées pendant les années de travail sur les sites fondent comme du beurre au soleil. Et si aujourd'hui l'ancien orpailleur arrive tant bien que mal à se soigner, c'est grâce, dit-il, à la solidarité de ses proches. Il résume ainsi la situation : « Tu peux avoir de l'argent en partant travailler sur les sites d'orpaillage. Mais tout cet argent va finir dans le traitement quand tu seras malade. Aujourd'hui, je n'ai plus rien. Ce sont mes frères et mes amis qui m'aident avec l'achat de mes médicaments. La plupart des malades comme moi sont à la charge de leurs familles. »

Le parcours d'Ismaël, nom d'emprunt, est un autre exemple des désillusions auxquelles sont confrontés certains jeunes Burkinabè partis tenter leur chance à l'étranger. Âgé de 22 ans, il quitte le Burkina Faso en 2025 pour la Guinée, l'une des destinations privilégiées des orpailleurs. Avant ce départ, il apprenait la couture auprès de son père. Mais les retours de ses amis partis sur les sites d'orpaillage, souvent accompagnés de grosses motos et de téléphones de luxe, finissent par susciter chez lui le désir de tout plaquer pour aller lui aussi tenter sa chance. À ses yeux, son apprentissage du métier de couturier ne lui permettrait pas d'atteindre aussi rapidement ses ambitions.

Il se laisse donc convaincre par un recruteur de jeunes travailleurs qu'il décide de suivre un beau matin en Guinée. Après quelques mois sur un site d'orpaillage, il commence à ressentir des douleurs au niveau des côtes. Son état se dégrade progressivement. Paniqué, son recruteur le renvoie en juin 2026 auprès de sa famille, sans argent. Voyant l'état de santé critique de son fils, le père décide de l'emmener à l'hôpital. Les examens médicaux révèlent une affection liée à l'inhalation des poussières sur les sites d'exploitation.
« Je suis allé en Guinée, parce que tous mes amis et promotionnaires y sont allés et sont revenus acheter des motos et construire des maisons. Je voulais faire comme eux, malheureusement, je suis revenu avec une maladie. Aujourd'hui, c'est mon père qui me soigne, car je ne suis pas revenu avec de l'argent. Mon patron avait promis de me faire parvenir ma paie, mais jusque-là, je n'ai rien reçu », raconte l'ancien apprenti couturier, visiblement affecté par cette situation.

Au-delà de la maladie, ce sont les conditions de travail particulièrement éprouvantes sur les sites d'orpaillage qui l'ont marqué, avec des journées à rallonge, des périodes de repos rares et des travailleurs exposés à des substances chimiques sans les équipements de protection qui vont avec.

« Sur les sites, nous débutons le travail sans manger le matin. Nous pouvons travailler plusieurs jours, voire un mois, sans nous reposer. Le rythme du travail est intense. Nous manipulons les produits chimiques à la main, sans protection. À la fin de chaque manipulation, on nous demande de consommer du lait "Bonnet rouge". D'après les gens, ça permet de nettoyer les produits chimiques que nous inhalons. Nous sommes exposés à tout sur les sites. Pour pouvoir avoir de la force pour travailler, nous prenions du café et des substances fortes. Si nous ne faisions pas cela, à certains moments, la fatigue fait qu'on ne peut plus travailler. Nous faisions tout cela pour être payés à 50 000 francs CFA par mois. L'argent ne nous est pas remis à la fin du mois ; c'est lorsque nous décidons de partir au bout d'une année que l'argent nous est remis », témoigne-t-il.

Malade atteint de la silicose dont la maladie évolue chaque année malgré le traitement

Des familles au bord du désespoir

Frère aîné d'Alfred, Jules, nom d'emprunt, est à bout de souffle pour ainsi dire. La maladie de son cadet a bouleversé toute l'organisation de sa vie. Il affirme avoir consacré l'ensemble de ses économies à ses soins. Orphelins des deux parents, les deux frères affirment qu'ils ne peuvent pas compter sur d'autres membres de la famille pour leur venir en aide. Jules est ainsi devenu le seul soutien de son frère et de l'épouse de celui-ci. Depuis le début de la maladie, il assume les dépenses liées aux soins, au point de se retrouver lui-même dans une situation financière précaire. « Nous sommes deux. Nos parents ne vivent plus. Nous n'avons pas de frère qui nous aide. Je suis la seule personne sur qui il peut compter. Depuis le début de la maladie, jusqu'à maintenant, j'ai dépensé toutes mes économies. C'est moi qui travaille pour m'occuper de sa femme et de lui. Actuellement, je suis bloqué à l'hôpital. C'est la saison des pluies, chacun est en train de travailler pour pouvoir avoir de quoi nourrir sa famille. Moi, je suis bloqué ici. Je suis épuisé financièrement. Si tu me vois avec de l'argent, c'est que c'est quelqu'un qui me l'a donné. Ce sont ceux qui viennent pour nous rendre visite qui nous donnent de l'argent, sinon, je n'ai plus rien. Actuellement, le médecin nous demande d'acheter une machine à oxygène (extracteur d'oxygène) avant de pouvoir quitter l'hôpital, car sans cette machine mon frère ne peut pas respirer », dit-il.

Le frère ainé de Alfred

La nécessité de disposer d'un extracteur d'oxygène constitue désormais un obstacle supplémentaire pour la famille. Sans ce dispositif, Alfred ne peut pas quitter l'hôpital dans les conditions recommandées par les soignants. Mais son frère aîné, déjà financièrement éprouvé, ne dispose pas des ressources nécessaires pour l'acquérir. « Malheureusement, nous sommes dans l'incapacité de nous en procurer. Nous n'avons pas les moyens. Donc, nous sommes obligés de rester ici. Il y a un de nos voisins qui avait acheté cette machine d'oxygène, parce qu'il avait la même maladie que mon frère. Malgré l'oxygène, il est décédé. Je demande aux autorités de trouver une solution à ce problème. Plusieurs jeunes reviennent des sites d'orpaillage avec des maladies. Le plus triste est que beaucoup meurent. Moins sont ceux qui guérissent réellement », confie-t-il, presque en larmes.

La situation d'Ali est également source de tensions au sein de sa famille. Et même si son père est très remonté contre son fils pour avoir abandonné l'école pour rejoindre clandestinement les sites d'orpaillage au Ghana, il reste néanmoins à son chevet. Le père se dit déçu, mais estime ne pas pouvoir abandonner son fils. C'est avec amertume qu'il revient sur les circonstances qui ont conduit l'adolescent à interrompre sa scolarité. « À la rentrée passée, 2025-2026, j'ai acheté les fournitures pour qu'il parte à l'école. Un jour, je reviens de Ouagadougou, je le trouve assis à la maison. À la question de savoir pourquoi il n'est pas à l'école, il me dit qu'il ne veut plus y aller. Ce jour-là, je l'ai même frappé. Les gens m'ont dit de ne pas le frapper, mais de le flatter pour qu'il accepte de reprendre l'école. Malgré mes efforts pour qu'il retourne à l'école, l'enfant a totalement refusé. Il fait semblant d'aller à l'école, or il ne va pas en classe. Il trouve un endroit pour se cacher jusqu'à la fin des cours et revient à la maison. En décembre 2025, il s'est caché pour aller au Ghana, sans m'en informer. C'est quelque temps après que j'ai appris qu'il était au Ghana. Au mois de juillet 2026, j'étais assis, lorsque je le vois rentrer dans la cour, très malade. Le lendemain, j'ai commencé à chercher des médicaments pour le soigner, mais son état ne s'améliorait pas. C'est ainsi que nous sommes allés au CSPS (Centre de santé et de promotion sociale). De là-bas, on nous a transférés ici au centre hospitalier régional de Manga. Pour le moment, nous sommes toujours aux urgences. Tout ce que j'ai comme argent est fini. Le médecin m'a remis une ordonnance ce matin, il faut que j'appelle au village pour voir si on peut m'envoyer de l'argent », se remémore le père de l'adolescent.

Il invite les jeunes à renoncer à l'orpaillage et à privilégier la formation professionnelle, afin de se donner les moyens d'exercer un métier susceptible de leur assurer un avenir.
Les conséquences de l'exploitation artisanale de l'or sont multiformes. En plus d'impacter la santé des jeunes et d'entamer les économies de leurs familles, elle peut entrainer également des dégradations environnementales qui affectent les ressources naturelles et les activités quotidiennes.

À Nagnegré, l'ancien conseiller du village, Salifou Kaboré, s'inquiète de l'avenir des jeunes engagés dans cette activité, ainsi que des conséquences de l'orpaillage sur l'environnement. « Dans mon village, nous avons perdu beaucoup de jeunes sur les sites d'orpaillage. Certains sont revenus avec des maladies et sont décédés par la suite. D'autres vivent avec des maladies incurables. Dans notre localité, il y a des sites d'orpaillage. Et nous avons constaté que certains arbres meurent. Nous perdons nos animaux quand ils consomment certaines eaux ; parce qu'il y a des moments où le cyanure se retrouve dans nos marigots. À Nagnegré, nous avons vécu l'impact négatif de l'orpaillage. Vue la situation alarmante, nous avons mené des campagnes de sensibilisation avec l'appui d'un projet. Mais le mal est toujours là. C'est un problème sérieux qui mérite que des solutions rapides soient trouvées, sinon le constat est alarmant dans notre localité », alerte l'ancien conseiller municipal.

Poussières et produits chimiques : un cocktail toxique pour les poumons

Au Centre hospitalier régional de Manga, le Dr Tanguy Mohamed Ismaël Nikiéma, pneumologue, est l'un des témoins privilégiés des conséquences sanitaires de cette activité. 80 % de ses patients sont de jeunes orpailleurs, assure-t-il, en rappelant que l'exploitation artisanale de l'or expose les travailleurs à plusieurs facteurs susceptibles d'endommager les poumons, notamment les poussières et les produits chimiques utilisés sur les sites.

Scanner du poumon : Lésions de silicose et tuberculose pulmonaire chez le même orpailleur

Parmi les substances qu'il met à l'index figurent le mercure, le cyanure et différents acides. Leur inhalation ou leur manipulation sans prendre certaines précautions peut avoir des conséquences sur les voies respiratoires et d'autres organes. « Au-delà de la poussière, il y a des produits chimiques qui sont utilisés, à savoir le mercure, le cyanure et les acides. Ces différents éléments chimiques ont un impact négatif sur les poumons et d'autres organes. Par exemple, le mercure, quand il est inhalé de façon massive, peut créer ce qu'on appelle des pneumopathies chimiques aiguës. Le cyanure et les différents acides sont des irritants pour les bronches et peuvent occasionner une bronchopneumopathie. Mais, la plupart du temps, c'est la phase chronique ; c'est-à-dire c'est l'exposition permanente dans le temps à la poussière de silice qui va causer le plus grand problème. Et ce problème peut être ce qu'on appelle la pneumoconiose et, pour être plus précis dans notre contexte, la silicose. Le poumon est semblable à une éponge et doit être souple et mou pour travailler correctement. Mais, quand il est agressé par des substances chimiques et surtout par le sable (dans notre contexte), il se durcit progressivement et perd sa souplesse. Quand les poumons sont ainsi touchés, ils ne travaillent plus correctement. Et cela va entraîner ce qu'on appelle la silicose qui peut évoluer vers ce qu'on appelle la fibrose et même le cancer », explique le spécialiste.

Radiographie du poumon : Lésions de silicose et tuberculose pulmonaire chez un orpailleur

Le praticien insiste sur la nécessité de ne pas négliger les premiers signes de la maladie : une toux sèche persistante pendant deux semaines, un essoufflement, des douleurs thoraciques prolongées, une perte de poids, un manque d'appétit, de la fièvre, une fatigue inhabituelle ou encore des sifflements respiratoires doivent alerter.

Pour le Dr Nikiéma, la précocité du diagnostic est déterminante, même si certaines affections provoquées par l'exposition aux poussières d'orpaillage ne peuvent pas être guéries. « La plupart de ces maladies ne sont pas guérissables. Je rappelle qu'avec l'orpaillage artisanal, les orpailleurs sont exposés à la poussière de silice également. Donc, beaucoup développent la silicose. Or, avec la silicose, les lésions sont irréversibles. Quand une partie du poumon est touchée, il ne peut plus redevenir comme avant la pathologie. Le challenge, c'est d'expliquer au patient qu'il a perdu une partie de son poumon. Le but de la prise en charge, c'est de maintenir ce qui est toujours fonctionnel en bon état. Le traitement est vraiment symptomatique. La silicose peut également entraîner une insuffisance respiratoire chronique. Quand il y a des parties du poumon qui ne fonctionnent plus, le patient est obligé d'utiliser le diaphragme de façon importante pour respirer, il n'est plus en capacité de faire rentrer suffisamment d'oxygène dans le corps et peut même avoir une atteinte du cœur (insuffisance cardiaque). La pathologie qui peut être guérissable, c'est la tuberculose qui est très souvent associée à la silicose, mais n'est pas directement liée à l'exposition à la poussière. J'aimerais signaler que la silicose et la tuberculose ont à peu près les mêmes symptômes. Beaucoup de patients atteints de la silicose reçoivent le traitement des tuberculeux. Les manifestations de ces deux maladies sont très similaires, tant pour les signes qu'à la radiographie du poumon. Donc, si l'agent de santé qui reçoit le patient n'est pas sensibilisé sur ces deux maladies, il peut mettre le patient sur le traitement de la tuberculose alors que le patient a la silicose. Donc, tout agent de santé qui reçoit des orpailleurs qui toussent doit faire très attention, afin de faire un bon diagnostic. Il faut rappeler aussi qu'une personne ayant travaillé dans l'orpaillage, même si elle arrête de pratiquer l'activité, peut développer la silicose des années plus tard, même 20 ans après », détaille-t-il.
Le pneumologue souligne ainsi que ce n'est pas parce que l'on arrête l'orpaillage que les risques disparaissent immédiatement. Même 20 ans après avoir quitté les sites, un ancien travailleur peut encore développer une silicose.

Radiographie du poumon normal

Face à l'ampleur du phénomène, le Dr Tanguy Nikiéma interpelle les autorités sanitaires, les pouvoirs publics et les associations d'orpailleurs. Pour lui, les maladies respiratoires liées à l'exploitation artisanale de l'or constituent désormais un problème de santé publique qui nécessite une réponse collective. La prévention demeure, à ses yeux, le premier défi à relever.
Selon le Dr Nikiéma, l'orpaillage a tellement un ancrage social que, dans certaines contrées du Nazinon, un adage populaire dit que : « Un nouveau-né garçon est un orpailleur pour la famille. » Pour sa part, le spécialiste recadre : « Un orpailleur qui souffre est un bâtisseur de demain qu'on aurait pu protéger. »

Le pneumologue, Dr Ragnagnewendé Mohamed Ismael Tanguy Nikiéma

La SOBUP mobilisée pour le suivi des malades, le dépistage et la sensibilisation

Face aux risques respiratoires liés à l'orpaillage artisanal, la Société burkinabè de pneumologie (SOBUP) développe plusieurs initiatives de prévention et d'accompagnement. Le Dr Marcel Kuiré, pneumologue à l'hôpital du district de Boulmiougou, à Ouagadougou, et coordonnateur du groupe de travail thématique Environnement et santé respiratoire au travail de cette société savante, présente les principaux axes de cette mobilisation : mieux connaître et documenter les maladies respiratoires liées à l'orpaillage artisanal, soutenir le plaidoyer auprès des autorités sanitaires, dépister la tuberculose et sensibiliser les travailleurs sur les sites.
Les orpailleurs font partie des populations à risque de tuberculose, rappelle-t-il. Chaque année, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, des actions de dépistage sont organisées sur différents sites, notamment par la collecte de crachats pour analyse. Selon le Dr Kuiré, ces activités sont bien accueillies et permettent de repérer des cas de tuberculose.

La sensibilisation accompagne le dépistage. Elle porte notamment sur les équipements de protection individuelle : un masque respiratoire adapté, des lunettes et des gants de protection. L'objectif est d'aider les travailleurs à comprendre les risques et à adopter des moyens de protection appropriés.
Pour le pneumologue, les malades rencontrés à Manga illustrent une situation à laquelle sont confrontés les services de pneumologie à travers le Burkina Faso. Le phénomène concerne les travailleurs revenus de l'étranger, mais aussi ceux qui n'ont jamais quitté les sites d'orpaillage du pays. C'est l'exposition aux poussières et les conditions de travail qui mettent les poumons en danger, quel que soit le lieu où l'or est extrait.

Il souligne une autre conséquence : chez certains patients, le besoin d'oxygène se prolonge et rend le retour à domicile difficile. Faute de pouvoir organiser cet apport d'oxygène à la maison, les hospitalisations s'allongent. Les familles doivent alors faire face aux dépenses de soins et à l'absence prolongée du malade et de son accompagnant. Acheter un concentrateur ne suffit pas toujours : encore faut-il pouvoir le faire fonctionner dans le village.

Les données issues de plusieurs études hospitalières permettent également de mieux apprécier la gravité des atteintes respiratoires observées chez les orpailleurs.
Au Centre hospitalier régional (CHR) de Tenkodogo, une étude a recensé 151 cas de silicose entre mai 2020 et avril 2023. L'âge moyen des patients était de 30 ans. Une autre étude, réalisée au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sourô Sanou de Bobo-Dioulasso, a porté sur 71 orpailleurs hospitalisés entre 2021 et 2023. Elle a notamment relevé un essoufflement chez près de 93 % des patients. À leur admission, près de deux patients sur trois présentaient un taux d'oxygène dans le sang inférieur à 95 %. Neuf décès ont également été enregistrés parmi les personnes étudiées. Ces chiffres ne constituent pas un bilan national. Ils montrent toutefois que des adultes, jeunes, peuvent être atteints de formes graves, parfois mortelles.

Dr Marcel Kuire

C'est dans ce contexte que la SOBUP a décidé de consacrer ses journées scientifiques régionales à la problématique des conséquences sanitaires de l'orpaillage artisanal. Selon le Dr Marcel Kuiré, la rencontre se tiendra à Koudougou, du 19 au 21 novembre 2026, autour du thème : « Orpaillage artisanal et poumons : les enjeux sanitaires au Burkina Faso ».

Ces journées scientifiques offriront un cadre d'échanges sur les risques respiratoires liés à cette activité et sur les réponses à mettre en œuvre pour mieux protéger les travailleurs.
À Manga, comme ailleurs au Burkina Faso, des malades cherchent leur souffle, tandis que leurs familles se saignent pour payer les soins. Réduire la poussière, protéger les travailleurs et repérer les maladies plus tôt, c'est non seulement préserver leur santé, mais aussi leur capacité à faire vivre leurs proches.

Au Burkina Faso, l'exploitation artisanale de l'or occupe une place importante dans l'économie. Les données de l'Enquête nationale sur le secteur de l'orpaillage (ENSO), première du genre, réalisée en 2017 par l'Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), en collaboration avec le ministère chargé des Mines et celui de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, permettent de mesurer l'ampleur du phénomène.
Selon les résultats de cette enquête, en 2016, l'exploitation artisanale de l'or mobilisait 140 196 travailleurs répartis sur 448 sites de production fonctionnels. Ces sites étaient implantés dans douze des treize régions que comptait alors le Burkina Faso. La production annuelle était estimée à 9,5 tonnes d'or, pour une valeur de 232,2 milliards de FCFA. La valeur ajoutée totale générée par cette activité s'élevait, quant à elle, à 204,7 milliards de FCFA.

La région du Sud-Ouest, aujourd'hui Djôrô, concentrait à elle seule près de la moitié de la production artisanale nationale en 2016. Elle était suivie de la région du Nord, correspondant à l'actuelle Yaadga, qui représentait le quart de cette production. La région du Centre-Nord (Koulsé), bien qu'occupant la première place en termes de nombre de sites d'exploitation artisanale d'or, était reléguée à la quatrième place en termes de niveau de production d'or. La valeur ajoutée totale générée par l'exploitation artisanale d'or est évaluée à 204,7 milliards de FCFA.

L'activité d'orpaillage implique des investissements non négligeables dont la valeur totale s'élève à 6,8 milliards de FCFA en 2016. Ces investissements sont impulsés par les régions du Nord (Yaadga) et du Sud-Ouest (Djôrô) qui réalisent à elles seules 62,4% de l'investissement total. Si l'apport de l'orpaillage dans l'économie n'est pas à négliger, force est de constater que cette exploitation artisanale engendre de nombreuses conséquences sur le plan environnemental, sanitaire et social.

Rama Diallo
Lefaso.net

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Burkina Faso : Le projet Digit OACS lancé pour analyser la transition numérique dans les universités

Mon, 02/11/2026 - 22:30

Le projet « Transition numérique des métiers et des professions de l'enseignement supérieur et de la recherche en Afrique : analyse comparative dans les universités du Burkina Faso, du Kenya et du Nigeria » (Digit OACS) a été officiellement lancé ce lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou. D'une durée de quatre ans et financé à hauteur d'environ 200 millions de FCFA par la coopération allemande au développement, il entend analyser les pratiques et les modes d'appropriation du numérique dans les milieux universitaires des trois pays concernés.

Comment les enseignants-chercheurs et les personnels administratifs des universités s'approprient-ils les outils numériques dans l'exercice de leurs fonctions ? C'est à cette question que le projet Digit OACS entend apporter des réponses. C'est un projet de recherche qui ambitionne de mieux documenter les transformations numériques dans les universités africaines. Il sera mis en œuvre au Burkina Faso, au Kenya et au Nigeria sur une période de quatre ans. Il est porté par le pôle d'excellence Africa Multiple de l'université Joseph Ki-Zerbo
.
Digit OACS vise principalement à comprendre comment les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche intègrent les technologies numériques dans leurs activités pédagogiques, scientifiques et administratives. Selon le directeur projet, Dr Natéwindé Sawadogo, il ne s'agit pas simplement d'étudier la présence du numérique dans les universités, mais surtout de comprendre les usages qui en sont faits par les différents acteurs. « Nous avons besoin de savoir comment nous-mêmes nous nous approprions ces technologies dans le cadre de la mission qui nous a été confiée », a-t-il expliqué.

Dr Natéwindé Sawadogo, directeur du projet, a indiqué que les recherches permettront d'identifier les outils numériques que les enseignants-chercheurs choisissent d'intégrer dans leurs pratiques et ceux qu'ils préfèrent continuer à gérer de manière traditionnelle

Il a indiqué que les recherches permettront d'identifier les outils numériques que les enseignants-chercheurs choisissent d'intégrer dans leurs pratiques et ceux qu'ils préfèrent continuer à gérer de manière traditionnelle. L'étude portera également sur les pratiques des personnels administratifs afin de distinguer les spécificités propres à chaque métier.

Cette démarche comparative devrait permettre de mieux comprendre les réalités des universités des trois pays et de mettre en évidence les pratiques communes ainsi que les particularités de chaque contexte. Pour le coordonnateur, les résultats pourraient contribuer à orienter les politiques de transformation numérique dans les établissements d'enseignement supérieur et les centres de recherche.

« Les politiques de transformation digitale ont tendance à généraliser, à uniformiser, alors que les contextes de métiers ne sont pas les mêmes », a-t-il souligné. L'objectif est donc de produire des connaissances susceptibles d'aider les décideurs à mieux adapter les stratégies de numérisation aux réalités des différents acteurs universitaires.

Photo de famille

Le projet sera mis en œuvre à travers cinq axes principaux : les acteurs, les pratiques, les politiques et dynamiques institutionnelles ; l'environnement sociotechnique de la transition numérique ; les dynamiques des trajectoires des technologies numériques ; le développement professionnel des jeunes chercheurs ainsi que la dissémination et la valorisation des résultats de la recherche.
Au-delà de la production scientifique, Digit OACS prévoit de former et d'accompagner des jeunes chercheurs. C'est ainsi que des doctorants et des postdoctorants seront associés aux activités afin de renforcer leurs compétences en recherche et de favoriser leur insertion dans le monde académique.

Le projet entend ainsi établir un lien entre la recherche et la formation, deux missions fondamentales de l'université. Un conseil scientifique a d'ailleurs été mis en place pour accompagner ces jeunes chercheurs.

Au regard de la portée sous-régionale du projet, les équipes du Burkina Faso, du Kenya et du Nigeria travailleront ensemble à la collecte et à l'analyse des données dans les universités ciblées. Les chercheurs du Kenya et du Nigéria se déporteront au Burkina pour collecter des données et ceux du Burkina en feront de même dans ces deux pays. Cette collaboration devrait également favoriser le développement de nouvelles relations scientifiques entre les établissements partenaires.

À l'occasion du lancement du projet, un atelier méthodologique se tient du 2 au 4 novembre 2026. Il va servir de cadre aux chercheurs pour définir les activités à mettre en œuvre, s'accorder sur les outils de collecte des données, le choix des universités à étudier, le calendrier des recherches ainsi que les modalités de collaboration entre les différentes équipes.

Venu représenter le président de l'université Joseph Ki-Zerbo à la cérémonie de lancement du projet, Dr Serge Noël Ouédraogo a salué une initiative qui participe au rayonnement de l'institution

Venu représenter le président de l'université Joseph Ki-Zerbo à la cérémonie de lancement du projet, Dr Serge Noël Ouédraogo a salué une initiative qui participe au rayonnement de l'institution. Il n'a pas manqué de souligner le rôle du Pôle d'excellence Africa Multiple dans la mobilisation des ressources humaines et financières autour des projets de recherche. À ce jour, huit projets ont été retenus pour être mis en œuvre dans le cadre de cette dynamique, dont Digit OACS.

Le représentant du président de l'université a également félicité Dr Natéwindé Sawadogo pour le travail accompli dans la conception et la validation du projet. Il a réaffirmé la disponibilité de l'institution à apporter son accompagnement pour sa bonne exécution et l'atteinte des résultats attendus.


Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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Burkina/Enseignement supérieur : Après 40 ans de rupture, le cinéma retrouve sa place à l'université Joseph Ki-Zerbo

Mon, 02/11/2026 - 21:10

40 ans après la fermeture de l'Institut africain d'éducation cinématographique de Ouagadougou (INAFEC), l'Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) renoue avec la formation universitaire en cinéma et audiovisuel. Ce lundi 2 novembre 2026, la première promotion de cette nouvelle filière a effectué sa rentrée académique, marquant le début d'une nouvelle étape dans l'histoire de l'enseignement cinématographique au Burkina .

Dans une salle de cours de l'Unité de formation et de recherche en Lettres, arts et communication (UFR/LAC) ce 2 novembre 2026, des étudiants en année de licence ont pris place avec leurs supports de prise de notes. Face à eux, le Pr Jean-Baptiste Coulibaly, archéologue, ouvre le premier cours de la nouvelle filière cinéma et audiovisuel. Une scène qui, au-delà de son caractère académique, marque le retour de l'enseignement universitaire du cinéma dans cette institution, quarante ans après une longue interruption.

Cette première promotion compte 34 étudiants, dont 16 en licence et 18 en master. Elle est accueillie au sein de l'UFR/LAC. Pour ces apprenants, le début des cours représente une occasion de construire des compétences dans un secteur où la passion et la pratique ne suffisent pas toujours à garantir une véritable maîtrise des métiers. Le premier rendez-vous pédagogique est consacré à l'« Introduction à l'histoire de l'art ».

Le Pr Jean-Baptiste Coulibaly a assuré le premier cours de la nouvelle filière, consacré à l'introduction à l'histoire de l'art

Un choix qui n'est pas anodin pour le professeur Jean-Baptiste Coulibaly. Avant d'aborder le cinéma comme pratique artistique et moyen d'expression, il entend poser les bases de la compréhension de l'art et de son évolution. « Il s'agira pour moi de définir deux notions clés. La première notion qui est fondamentale, c'est l'art. La deuxième notion, c'est l'histoire de l'art », explique-t-il. Son enseignement doit permettre aux étudiants de comprendre ce qu'est l'art, comment s'étudient les phénomènes artistiques et de quelle manière le cinéma peut être abordé dans cette perspective historique.

Pour l'enseignant, connaître l'histoire d'une discipline constitue une porte d'entrée indispensable à sa compréhension. Le cours ouvrira ainsi une fenêtre sur l'histoire du cinéma, après avoir posé les fondements nécessaires à l'étude de l'art. Une démarche qui rappelle que la formation ne se limitera pas à l'apprentissage des techniques de tournage ou de montage. Elle reposera également sur une compréhension des formes artistiques, de leurs évolutions et de leurs expressions.

Former des professionnels, mais aussi des penseurs du cinéma

Cette rentrée est l'aboutissement d'un processus engagé dans le cadre de la politique de professionnalisation des formations universitaires. Pour Dr Valentine Palm Sanou, responsable de la formation cinéma et audiovisuelle et enseignante-chercheuse au département de lettres modernes, l'ouverture de cette filière répond à une orientation du ministère de tutelle visant à faire des universités des espaces où les jeunes acquièrent des compétences directement mobilisables dans le monde professionnel. « Nous sommes de retour avec le cinéma à l'université de Ouagadougou par une volonté politique », souligne-t-elle.

“Pour un départ, nous avons envisagé de former en réalisation, en production, en image, en montage et en son”, Dr Valentine Palm Sanou, responsable de la formation

Elle précise que cette initiative s'inscrit dans un ensemble de créations de filières professionnalisantes destinées à rapprocher les enseignements universitaires des réalités du marché du travail. Mais le projet ne consiste pas simplement à remettre le cinéma au programme de l'université. L'ambition est de former une relève capable d'intervenir aussi bien dans la réflexion que dans la pratique cinématographique. « Nous avons l'ambition de former à la fois des théoriciens et des praticiens du cinéma, ce qui devrait nous permettre d'avoir des cinéastes beaucoup plus performants sur le terrain, des cinéastes de l'esprit, mais aussi du métier », indique Dr Valentine Palm Sanou.

La maquette pédagogique a ainsi été pensée autour de neuf profils professionnels à terme. Toutefois, pour cette première promotion, cinq domaines ont été retenus afin de tenir compte des effectifs et des moyens à mobiliser : la réalisation, la production, l'image, le montage et le son. Les autres spécialités envisagées, notamment les jeux vidéo, le cinéma d'animation et la photographie, pourraient être développées progressivement.

La responsable de la formation ne cache pas sa satisfaction de voir aboutir un projet auquel elle et ses collègues ont consacré du temps, notamment à travers l'élaboration des curricula, la définition des contenus pédagogiques et la recherche de partenaires susceptibles d'accompagner sa mise en œuvre.
Pour la directrice de l'UFR/LAC, Dr Virginie Kaboré, cette ouverture constitue également une réponse à un besoin de formation dans le secteur. Elle estime que les métiers du cinéma et de l'audiovisuel offrent des perspectives professionnelles et que l'université peut contribuer à mieux structurer les compétences dans ce domaine. « C'est une opportunité qu'on offre aux étudiants de pouvoir vraiment se professionnaliser dans le domaine des arts, du cinéma et de l'audiovisuel », affirme-t-elle. Elle salue une initiative qui permettra de donner un caractère davantage scientifique aux pratiques cinématographiques existantes.

La directrice de l'UFR/LAC, Dr Virginie Kaboré, salue l'ouverture de la filière cinéma et audiovisuel, qu'elle considère comme une opportunité de professionnalisation des étudiants et de renforcement de la formation universitaire dans les métiers des arts et du cinéma

Un héritage à prolonger

Le retour du cinéma à l'université Joseph Ki-Zerbo renvoie nécessairement à une histoire. Celle de l'Institut africain d'éducation cinématographique de Ouagadougou (INAFEC), ancienne école de cinéma rattachée à l'université, qui a fonctionné de 1976 à 1987. Sa fermeture avait laissé une interruption de près de quatre décennies dans la continuité de cette formation au sein de l'institution. La nouvelle filière ne constitue donc pas une simple création académique.

Elle représente aussi une volonté de renouer avec une expérience passée, tout en adaptant les enseignements aux réalités actuelles du cinéma et de l'audiovisuel.
Gaël Hema, étudiant de cette première promotion considère la formation comme une étape essentielle pour toute personne désireuse de faire carrière dans ce secteur. « Quand tu entreprends quelque chose, il faut vraiment se former. Et moi, je considère ça vraiment comme une aubaine qui vient vers nous, pour permettre à chacun de se former et de grandir dans ce métier-là », confie-t-il.

“Quand tu entreprends quelque chose, il faut vraiment te former. Cette filière est une aubaine pour grandir dans le métier”, Gaël Hema, étudiant

Son enthousiasme est également nourri par les échanges avec des professionnels expérimentés qui lui ont raconté leurs parcours et leurs expériences. Intégrer cette première promotion lui donne ainsi le sentiment d'appartenir à une nouvelle génération appelée à poursuivre et à renouveler le travail engagé par les pionniers du cinéma burkinabè.

Toutefois, derrière cette ambition se pose la question des conditions concrètes de formation. Le cinéma et l'audiovisuel sont des domaines qui nécessitent des équipements spécifiques, des espaces de pratique et une immersion dans les réalités professionnelles. La théorie doit pouvoir s'accompagner de travaux pratiques réguliers pour permettre aux étudiants de maîtriser les différents outils et métiers auxquels ils se destinent. Le président de l'université Joseph Ki-Zerbo, le Pr Antoine Béré, en est conscient. Il explique donc que l'ouverture de la filière s'inscrit dans la mise en œuvre de la carte universitaire adoptée en 2025, qui prévoit notamment une réorganisation des offres de formation et une meilleure prise en compte des besoins de professionnalisation.

“Nous nous réjouissons que ce 2 novembre soit le lancement officiel des cours pour la filière cinéma et audiovisuel. Pour l'université Joseph Ki Zerbo, c'est un défi relevé”, indique le Pr Antoine Béré, président de l'UJKZ.

Selon lui, les préparatifs ont été engagés depuis le mois d'avril 2026 pour élaborer les curricula et réunir les conditions nécessaires au démarrage des enseignements. Il salue une étape importante pour l'université, tout en reconnaissant les exigences particulières liées à une formation qui repose largement sur la pratique. « Ce sont des filières professionnalisantes qui demandent beaucoup de pratiques. Donc, il faudrait que nous travaillions à pouvoir rassembler tout le nécessaire pour permettre aux étudiants d'avoir une bonne qualité de formation », souligne-t-il.

Pour relever ce défi, l'université envisage de développer des partenariats et des conventions avec les structures et les professionnels qui évoluent déjà dans le secteur. L'objectif est de bénéficier de leur accompagnement dans le déroulement des enseignements, avant de parvenir progressivement à la mise en place d'un laboratoire propre à l'UJKZ pour accueillir et soutenir les différentes activités pratiques. Cette perspective sera déterminante pour donner à la formation toute sa dimension professionnelle car former des réalisateurs, des producteurs, des monteurs, des techniciens du son ou des spécialistes de l'image suppose de mettre les étudiants en situation de création et de production.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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Foire transfrontalière agricole SKBoWa : Bobo-Dioulasso accueille la première édition du 20 au 29 novembre 2026

Mon, 02/11/2026 - 20:55

La première édition de la Foire transfrontalière agricole SKBoWa se tiendra du 20 au 29 novembre 2026 à Bobo-Dioulasso, sur le site de la Semaine nationale de la culture (SNC). Placée sous le thème « Commerce transfrontalier : valorisation des produits des filières agricoles pour le développement économique et la cohésion sociale », elle ambitionne de renforcer les échanges commerciaux entre le Burkina Faso, le Mali, la Côte d'Ivoire et le Ghana. Les organisateurs visent 20 000 participants et prévoient 300 stands d'exposition.

Faire des complémentarités agricoles un levier de développement économique et de rapprochement entre les peuples, c'est l'ambition de la première édition de la Foire transfrontalière agricole SKBoWa, dont les grandes articulations ont été présentées aux professionnels des médias, ce vendredi 30 octobre 2026, à Bobo-Dioulasso. À travers cette initiative, les organisateurs entendent créer un cadre de rencontres et d'opportunités d'affaires entre les acteurs des filières agricoles de quatre villes à savoir Sikasso, au Mali, Korhogo, en Côte d'Ivoire, Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, et Wa, au Ghana.

Selon la déclaration liminaire lue par Paul Ouédraogo, président d'honneur de l'Interprofession de la mangue du Burkina Faso, représentant le comité régional d'organisation à travers le président du Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina Faso (CCIOA-BF), cet espace transfrontalier est historiquement marqué par des échanges commerciaux et des liens sociaux et culturels. Bien avant la délimitation des frontières administratives, les populations de ces territoires entretenaient des relations commerciales autour de produits tels que la cola, le riz et le bétail… Une dynamique que les organisateurs souhaitent aujourd'hui consolider en offrant aux acteurs économiques de nouvelles possibilités de collaboration.

Paul Ouédraogo, président d'honneur de l'Interprofession de la mangue du Burkina Faso, représentant le comité régional d'organisation

Transformer les complémentarités agricoles en opportunités d'affaires

L'espace SKBoWa dispose d'un potentiel agricole important, avec une diversité de productions comprenant notamment le maïs, le manioc, le soja, la mangue, la volaille, la pomme de terre, le bétail, la viande, le poisson, le blé et l'anacarde. Malgré cette diversité, les échanges entre les différents territoires restent confrontés à plusieurs difficultés.

La fragmentation des marchés, la méconnaissance des produits disponibles dans les territoires voisins, les barrières non tarifaires, les contraintes fiscales et la faible structuration de certains circuits de distribution constituent autant d'obstacles à la fluidité des échanges commerciaux. « Des produits existent. Des producteurs existent. Des transformateurs existent. Des acheteurs existent. Ce qui manque trop souvent, c'est l'occasion de se rencontrer », a souligné Paul Ouédraogo dans sa déclaration.

La foire se veut ainsi une plateforme de mise en relation entre producteurs, transformateurs, commerçants, entreprises et acheteurs. L'objectif est de faciliter la commercialisation des produits agricoles, de favoriser la conclusion de partenariats et de contribuer à l'ouverture de nouveaux débouchés pour les acteurs des quatre pays.

Une vue des journalistes présents à la conférence de presse

300 stands pour valoriser les produits de quatre pays

Pendant dix jours, 300 stands accueilleront des exposants venus du Burkina Faso, du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Ghana. Les produits d'une vingtaine de filières agricoles ainsi que le savoir-faire des acteurs seront mis en valeur. Au-delà de l'exposition-vente, plusieurs activités sont prévues pour favoriser les échanges d'expériences et le développement de relations commerciales durables. Des journées consacrées à chacun des quatre pays permettront de présenter leurs spécificités et leurs opportunités économiques.

Des conférences et des panels réuniront également des experts et des professionnels autour de thématiques telles que le commerce transfrontalier, la transformation agricole, l'accès aux marchés, la compétitivité et l'intégration économique sous-régionale. La dimension culturelle ne sera pas en reste. Un espace de jeux sera aménagé pour les enfants afin de permettre aux familles de participer à l'événement dans un cadre convivial. La cérémonie officielle d'ouverture est annoncée pour le samedi 21 novembre 2026, dans la matinée, sur le site de la SNC. La Nuit des filières figure également au programme des temps forts de la manifestation.

La photo de famille des membres du comité régional d'organisation de la foire

Une initiative soutenue par plusieurs partenaires

La Foire transfrontalière agricole SKBoWa est portée par le Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina Faso, en collaboration avec les ministères en charge de l'agriculture du Burkina Faso, du Mali, du Ghana et de la Côte d'Ivoire, ainsi qu'avec le ministère burkinabè chargé du commerce. L'initiative bénéficie de l'appui de l'Allemagne, avec un cofinancement de l'Union européenne, mis en œuvre par la GIZ à travers le projet SKBoWa Pour les organisateurs, cette première édition doit constituer un point de départ vers une meilleure intégration des marchés agricoles de cet espace transfrontalier.

L'enjeu est de faire en sorte que les contacts noués pendant la foire se transforment en partenariats commerciaux durables, susceptibles de générer de la valeur ajoutée et des emplois au profit des acteurs des différentes filières. À cet effet, un appel a été lancé aux producteurs, transformateurs, commerçants, organisations professionnelles, entreprises et acheteurs des quatre pays afin qu'ils prennent part à cette rencontre. Les inscriptions pour l'exposition-vente sont ouvertes jusqu'au 10 novembre 2026.

Du 20 au 29 novembre 2026, Bobo-Dioulasso entend ainsi devenir un carrefour d'échanges commerciaux et de valorisation des produits agricoles de l'espace SKBoWa, avec l'ambition de faire du commerce transfrontalier un instrument de développement économique et de cohésion sociale.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Burkina/Santé : "Lafiako", une plateforme numérique pour traiter les plaintes dans le système de santé

Mon, 02/11/2026 - 20:30

Le ministère de la Santé a procédé, ce lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou, au lancement de "Lafiako", une plateforme numérique destinée à recueillir et à traiter les préoccupations des usagers du système de santé. Cette initiative vise à améliorer la qualité des services de santé, à renforcer le dialogue entre les patients et les professionnels de santé, ainsi qu'à promouvoir la redevabilité au sein des structures sanitaires.

Présentée au cours d'une conférence de presse réunissant des professionnels des médias et des acteurs du secteur de la santé, cette innovation entend offrir aux patients un cadre accessible pour exprimer leurs préoccupations, obtenir des réponses et signaler d'éventuels manquements dans la prise en charge sanitaire. À travers ce dispositif, le ministère entend également rappeler aux professionnels de santé les exigences éthiques et déontologiques qui encadrent l'exercice de leur métier, notamment en cas de manquement constaté.

Le ministre de la santé, le Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a souligné la nécessité de mettre en place un mécanisme structuré pour répondre aux préoccupations des usagers. « Les usagers et les acteurs du système de santé expriment régulièrement des préoccupations relatives à l'accès aux soins, à l'accueil, au comportement de certains agents ou encore au fonctionnement des services. Face à cette réalité, le ministère de la Santé a décidé de mettre en place un dispositif structuré permettant de recueillir, d'analyser, de traiter et de suivre ces différentes préoccupations. L'objectif est de faire de la parole des usagers un véritable levier d'amélioration de la qualité des services de santé et de renforcement de la redevabilité. Les réclamations, pour exprimer une insatisfaction. Les demandes d'information, pour obtenir des éclaircissements sur les droits et les services disponibles. Et enfin, les suggestions pour proposer des pistes d'amélioration », a-t-il déclaré.

Un mécanisme de traitement et de suivi des plaintes

Dr Kargougou a précisé que chaque requête reçue dans le cadre de la plateforme est systématiquement enregistrée, analysée et orientée vers la structure compétente. Selon la nature de la préoccupation, son traitement peut nécessiter des vérifications, des investigations ou la mise en œuvre de mesures correctives. Le dispositif prévoit également un retour d'informations au requérant sur la prise en charge de sa plainte et les suites qui lui sont réservées. Le délai de traitement annoncé est de dix jours, avec un suivi particulier pour les dossiers nécessitant des investigations complémentaires.

Le dispositif concerne aussi bien les formations sanitaires publiques que privées. Pour faciliter son accessibilité, quatre principaux canaux sont mis à la disposition des populations. Il s'agit de la plateforme numérique accessible à l'adresse Lafiako. Les services d'accueil et d'information, avec un réseau de 108 services d'accueil et d'information et 233 collaborateurs mobilisés à différents niveaux du système de santé « J'invite les citoyens, tous les Burkinabè, à s'appuyer sur cet outil et à en faire un usage responsable. J'exhorte également les responsables des structures sanitaires et les professionnels de santé à accorder toute l'attention nécessaire aux requêtes qui leur seront transmises. Aux professionnels des médias, je demande de contribuer à faire connaître ce dispositif, à expliquer ses modalités d'accès et à encourager son appropriation par les populations. Camarades, Lafiako n'est pas une fin en soi. C'est un instrument au service d'un système de santé plus attentif aux préoccupations des populations, plus transparent et davantage engagé dans l'amélioration continue de ses prestations. Sa réussite dépendra de notre capacité collective à écouter, à traiter et surtout à apporter des réponses concrètes aux préoccupations exposées ».

Afin de faciliter l'accès à ce dispositif, le ministère de la Santé a mis à la disposition des usagers plusieurs moyens de communication. Il s'agit notamment du numéro vert 3535, du numéro WhatsApp 52 25 30 30, ainsi que d'une page Facebook dédiée.

À travers le lancement de Lafiako, le ministère de la Santé entend ainsi faire des préoccupations des patients un outil d'amélioration continue des services sanitaires et de renforcement de la confiance entre les populations et le système de santé.

Ismaël Ouédraogo
Lefaso.net

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CNSS : Les acteurs de la chaîne financière et comptable à l'école du régime fiscal

Mon, 02/11/2026 - 17:25

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a entamé, ce lundi 2 novembre 2026 à Koudougou, un atelier de formation de cinq jours au profit des acteurs de sa chaîne financière et comptable. Cette session vise à renforcer leurs compétences sur le régime fiscal applicable à l'institution.

Dans un contexte marqué par l'évolution constante de la législation fiscale, la maîtrise des obligations fiscales constitue un enjeu majeur pour la bonne gouvernance et la performance de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). C'est dans cette perspective que la direction générale de l'institution a initié un atelier de formation de cinq jours à Koudougou au profit des cadres et agents intervenant dans la chaîne financière et comptable.

Prévu du 2 au 6 novembre 2026, cet atelier permettra aux participants d'approfondir leurs connaissances sur le régime fiscal applicable à la CNSS, notamment en matière d'obligations déclaratives et de paiement.

Au cours de la formation, les acteurs aborderont des modules tels que la généralité, la facturation au Burkina Faso, la retenue à la source, la fiscalité immobilière et le processus de sécurisation des terres au Burkina.

Quelques employés de la CNSS à l'atelier de formation.

Les travaux devront également contribuer à une meilleure appropriation des textes en vigueur, à l'harmonisation des pratiques, à l'identification des principales zones de risque ainsi qu'au renforcement des mécanismes internes de contrôle et de suivi.

Au nom du directeur général de la CNSS, le secrétaire général, Léopold Toé, a souligné que cette formation vise à renforcer la compréhension du régime fiscal applicable à l'institution. Elle devra ainsi permettre aux différents acteurs de mieux cerner les incidences fiscales de leurs activités et d'améliorer la prévention des risques.

Il a relevé que toute erreur d'interprétation des textes ou tout manquement aux obligations déclaratives et aux échéances de paiement est susceptible d'exposer l'institution à des redressements, des pénalités financières ou des contentieux. Pour le secrétaire général, la conformité fiscale ne doit donc pas être considérée comme une responsabilité exclusive des services spécialisés, mais comme une préoccupation partagée par tous les acteurs de la chaîne financière et comptable.

Le secrétaire général de la CNSS, Léopold Toé.

« La conformité fiscale ne relève donc pas uniquement des services spécialisés. Elle constitue une responsabilité partagée par l'ensemble des acteurs de la chaîne financière et comptable. Camarades, c'est pour répondre à cette exigence que la direction générale a jugé opportune d'organiser le présent atelier », a-t-il insisté, invitant les participants à prendre une part active aux communications et aux échanges.

Pour Karim Nignan, conseiller fiscal auprès de la direction générale de la CNSS et par ailleurs formateur à l'atelier, cette formation s'inscrit dans la dynamique de renforcement continu des capacités des cadres et agents de l'institution. Elle répond notamment à la nécessité de permettre aux praticiens de mieux comprendre les difficultés liées à l'application de la législation fiscale, dans un environnement réglementaire en constante évolution.

Karim Nignan, conseiller fiscal auprès de la direction générale de la CNSS.

« Durant ces 5 jours, nous allons passer en revue le régime fiscal applicable à la Caisse nationale de sécurité sociale, les obligations déclaratives et de paiement. Nous allons voir essentiellement les différents impôts et taxes qui sont déclarés et payés par la CNSS », a-t-il indiqué.
Pour le conseiller fiscal, les activités de la CNSS comportent plusieurs implications fiscales. En sa qualité d'organisme chargé de la protection sociale des travailleurs, l'institution réalise notamment des acquisitions, conclut des contrats et des marchés, et effectue des investissements dans le domaine immobilier. Autant d'opérations qui nécessitent une bonne maîtrise des dispositions fiscales applicables.

Jean-Élysée Nikiéma
Lefaso.net

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12e Edition de la revue annuelle des reformes, politiques, programmes et projets communautaires de l'UEMOA au Burkina Faso

Mon, 02/11/2026 - 15:25

Les travaux de la phase technique de cette édition se dérouleront du 04 au 06 novembre 2026 à Azalaï hôtel à Ouagadougou.
Au total, 149 textes réglementaires seront évalués, ainsi qu'un projet communautaire, pour un montant de plus de 2 milliards 400 millions de FCFA.
A noter que la 11e édition, tenue en 2025, a révélé un taux moyen de mise en œuvre des réformes de 88,70%.
Pour rappel, la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au sein de l'UEMOA a été instituée par un Acte additionnel de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement du 24 octobre 2013, dans le cadre de l'approfondissement de l'intégration régionale.

Ouagadougou, le 30 octobre 2026

La Direction de la Communication

Contact presse :

DCOMINFOS@uemoa.int

380, Avenue du Professeur Joseph KI-ZERBO - 01 BP 543 Ouagadougou 01 Burkina Faso - Tél : (226) 25 31 88 73 à 76 Email : commission@uemoa.int - Site Internet : www.uemoa.int - facebook.com/UEMOAOfficielle -
x.com/UEMOA_officiel - youtube.com/c/UEMOAOfficiel

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Lutte contre les trafics illicites et le financement du terrorisme : 30 journalistes formés à l'investigation

Mon, 02/11/2026 - 14:08

La Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d'investigation en Afrique de l'Ouest (CENOZO), en collaboration avec l'Office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), a organisé un atelier de formation. Il porte sur le thème : « Comment enquêter sur les trafics illicites et le financement du terrorisme ». Tenue du 27 au 30 octobre à Koudougou, cette formation a réuni 30 journalistes. La cérémonie d'ouverture a été présidée par Blaise Zongo, directeur de cabinet du gouverneur, qui le représentait.

L'atelier vise à renforcer la contribution du journalisme d'investigation à la lutte contre les trafics illicites et le financement du terrorisme, afin de favoriser un environnement de paix et de cohésion sociale au Burkina Faso.
La criminalité transnationale organisée, notamment les trafics illicites en tout genre (armes légères et de petit calibre, drogues, stupéfiants, métaux précieux comme l'or, le diamant, l'ivoire, et autres commerces illicites), ainsi que le financement du terrorisme, sont les principales sources de l'insécurité.

Celle-ci déstabilise les communautés, perturbe l'économie locale et met à mal la stabilité des États du Sahel. Cette situation requiert des mesures urgentes et concertées pour identifier, comprendre et contrer les sources de financement de ces groupes criminels. C'est dans ce contexte que l'ONUDC et le PNUD, en collaboration avec l'État burkinabè, ont initié le projet « Édification d'une paix durable : appui au renforcement des capacités du Burkina Faso à comprendre, prévenir et contrer la menace du financement du terrorisme ».

Ce projet, qui ambitionne de renforcer la capacité du Burkina Faso à lutter efficacement contre le financement du terrorisme afin de restaurer la cohésion sociale et d'établir une paix durable, reconnaît le rôle des médias, et en particulier des journalistes d'investigation, dans l'identification et l'exposition des réseaux illicites qui soutiennent financièrement le terrorisme. Les journalistes ont la responsabilité de mettre en lumière les mécanismes cachés et complexes qui financent le terrorisme. Leur travail contribue à informer le public et les autorités compétentes, mais aussi à générer des preuves et des analyses qui peuvent éclairer les politiques de sécurité et les actions judiciaires. Pour remplir efficacement cette mission, ils doivent être bien équipés en compétences, en connaissances et en ressources.

Blaise Zongo, représentant du gouverneur

Blaise Zongo a souligné le rôle déterminant des journalistes. « Les journalistes jouent un rôle déterminant dans la promotion de la transparence, la recherche de la vérité et l'information des citoyens. À travers leurs investigations, ils contribuent à mettre en lumière les réseaux criminels, les circuits financiers illicites et les pratiques qui alimentent l'insécurité. Leur travail participe ainsi à renforcer la redevabilité, à nourrir le débat public et à soutenir les efforts nationaux de prévention et de lutte contre le terrorisme », a-t-il notifié.

Il a précisé que la formation vise à renforcer les connaissances des participants sur les méthodes de financement utilisées par les terroristes, à améliorer leurs techniques d'enquête, à les familiariser avec les outils d'analyse de données financières et à renforcer leur sécurité en ligne. Il a invité les journalistes à participer activement aux discussions, à partager leurs expériences professionnelles et à tirer pleinement profit de l'expertise des formateurs. Selon lui, les compétences acquises contribueront à améliorer la qualité des investigations journalistiques et à renforcer la résilience des sociétés face aux menaces criminelles et terroristes transnationales.

Pour le coordonnateur de la CENOZO, Arnaud Ouédraogo, cette session permettra d'outiller les journalistes pour produire des informations susceptibles d'apporter davantage de lisibilité aux autorités sur les flux financiers illicites et de contribuer à la lutte contre cette criminalité financière transfrontalière. « L'objectif, c'est de permettre aux journalistes de comprendre d'une part le phénomène, les mécanismes, d'autre part de dénoncer et de sensibiliser les populations », a-t-il expliqué.

Le coordonnateur de CENOZO, Arnaud Ouédraogo

Formatrice, Sandrine Sawadogo a insisté sur la rigueur nécessaire dans le traitement des données financières : « Quand on décide de travailler sur la base de données financières, il faut avoir de bonnes réponses aux questions. Il faut chercher à savoir à qui appartient la société, qui a signé la facture, qui est l'actionnaire majoritaire, etc. C'est un travail de longue haleine. Souvent, les rapports et la documentation ne sont pas cachés. Il faut faire la bonne recherche et aller au bon endroit. » Elle a ajouté que, pour faire un bon article économique, il faut faire attention aux documents reçus, les décortiquer au besoin et aller vers une source officielle pour expliquer concrètement, car il y a souvent une grande différence entre ce qui est écrit dans les documents de données financières et les écrits des journalistes.

Du côté des participants, Simplice Zongo, journaliste, a salué une formation « d'intérêt actuel ». « Nous avons besoin des outils que les formateurs ont montrés pour bien faire notre travail. Nous avons beaucoup appris avec les outils de cyberprotection. Cette formation va beaucoup m'aider dans mes recherches et la rédaction de mes articles d'investigation », a-t-il confié.

Rama Diallo

Lefaso.net

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The U.S. Mission in Ouagadougou, Burkina Faso is seeking eligible and qualified applicants for the position of Economic Commercial Assistant in the Economic Section

Mon, 02/11/2026 - 12:30

U.S. EMBASSY OUAGADOUGOU

VACANCY ANNOUNCEMENT # Ouaga-2026-011
ECONOMIC COMMERCIAL ASSISTANT

Opening Date : November 03, 2026
Closing Date : November 17, 2026
Open to : All interested candidates/ All sources
Work Schedule : Full-time (40 hours/week)
SALARY : *Ordinarily Resident (OR) : CFA 18,089,837.00. a. (Starting Salary)
(Position Grade : FSN-09)

ALL ORDINARILY RESIDENT (OR) APPLICANTS MUST HAVE THE REQUIRED WORK AND/OR RESIDENCY PERMITS TO BE ELIGIBLE FOR CONSIDERATION.

BASIC FUNCTION OF POSITION :

Employee is one of two economic Specialist positions located in the Economic Section and directly reports to the FS03 American Economic Officer. Incumbent conducts information gathering, research, analysis, and reporting in the field of economic reporting, and promotes U.S. private sector interest in Burkina Faso. S/he attends meetings, translates, serves as notetaker in English and in French, briefs Embassy officials to include the Ambassador on economic and commercial developments, handles logistics, and organizes official events. The Job holder is a Grant Officer Representative managing grants.

QUALIFICATIONS REQUIRED :

1. EDUCATION : Bachelors in economics, Business, Development, Political Science, Law or a comparable field of study is required.

2. EXPERIENCE : Minimum of five years of progressively responsible experience in social, political, or economic analysis and research, work in economics/finance, with an economic focused NGO, government, private business or corporate experience, chief of staff or assistant to a senior government or elected official, newspaper reporting on economic matters, or university teaching, is required.

3. LANGUAGE : English- Fluent ; speaking/reading/writing, may include the ability to translate. French- Fluent ; speaking/reading/writing, may include the ability to translate. This may be tested.

4. SKILLS AND ABILITIES : Excellent knowledge of Burkina Faso's institutions, government, private sector, NGO, and business sector. Good knowledge of international relations and commercial activity. Some knowledge about U.S. foreign policy, interests, and commercial diplomacy.

5. JOB KNOWLEDGE : Basic knowledge of economic theory, macroeconomic principles, international trade, finance, and commercial diplomacy. Comprehensive understanding of host country's economic structure, monetary and fiscal policies, banking system, key industry sectors, and foreign investment climate. Familiarity with government ministries, regulatory bodies, and the private business sector.

HOW TO APPLY : Applicants must complete the following application process to be considered :
• To apply, click on the "Apply to This Vacancy" tab at the top of the announcement, create an account, Select the Announcement Number Ouaga-2026-011 Economic Commercial Assistant FSN -09 and complete the online application. Upload any additional documentation that supports or addresses the requirements listed above (e.g., cover letter, degrees certificates, work permits & SF 50 if applicable) into the Electronic Recruitment Application system.

• Required Documents : Please provide the required documentation listed below with your application :

• Bachelors in economics, Business, Development, Political Science, Law or a comparable field of study is required.
• Residency and/or Work Permit (If applicable)
• DD-214 - Member Copy 4, Letter from Veterans' Affairs, or other supporting documentation (if applicable)
• SF-50 (if applicable)
• Relevant Work attestations and Certificates.
• Others

What to Expect Next : Applicants who are invited to take a language or skills test or who are selected for an interview will be contacted via telephone call and email.

FOR FURTHER INFORMATION : The complete position description listing all the duties and responsibilities may be obtained by contacting the Human Resources Office at HROOuaga@state.gov

Note :
All applications received after the deadline will not be considered.
All applications must be for an open/advertised position.
Only shortlisted applicants will be contacted.

EQUAL EMPLOYMENT OPPORTUNITY : The U.S. Mission provides equal opportunity and fair and equitable treatment in employment to all people without regard to race, color, religion, sex, national origin, age, disability, political affiliation, marital status, or sexual orientation. The Department of State also strives to achieve equal employment opportunity in all personnel operations through continuing diversity enhancement programs. The EEO complaint procedure is not available to individuals who believe they have been denied equal opportunity based upon marital status or political affiliation. Individuals with such complaints should avail themselves of the appropriate grievance procedures, remedies for prohibited personnel practices, and/or courts for relief.

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Décès de YAMEOGO Koudbi Ignace : Remerciements

Mon, 02/11/2026 - 10:46

La Grande Famille YAMEOGO à Koudougou, Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, à Bamako (République du Mali) et dans leurs différentes résidences ;
La veuve, Madame YAMEOGO née KABORÉ Monique Marie Cécile, professeur de français à la retraite ;

Ses enfants : Max Alain YAMEOGO, Alex Prospère YAMEOGO et Félix Honoré YAMEOGO ;
Les petits-enfants, arrière-petits-enfants, ainsi que l'ensemble des parents, alliés et amis
,
Très profondément touchés par les innombrables témoignages de compassion, de fraternité, de solidarité et de soutien multiforme qui leur ont été manifestés à l'occasion du rappel à Dieu, le 16 octobre 2026, puis de l'inhumation, le 19 octobre 2026, de leur très regretté époux, père, grand-père, arrière-grand-père, frère et parent :
✝ MONSIEUR YAMEOGO Koudbi Ignace
Conseiller des Affaires économiques à la retraite depuis 2001
Ancien Directeur des Petites et Moyennes Entreprises ;
Ancien Directeur Général de la SIBAM ;

Ancien Administrateur de l'ONEA ;
Ancien Secrétaire Général du Ministère du Commerce ;
Ancien Directeur Général de la SBMC et de TAN-ALIZ.

adressent leurs remerciements les plus sincères ainsi que l'expression de leur profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui, par leur présence réconfortante, leurs ferventes prières, leurs visites, leurs messages de compassion, leurs contributions diverses et leur accompagnement fraternel, les ont soutenus et entourés durant cette douloureuse épreuve.
Ils tiennent à exprimer leur reconnaissance particulière :

au Yiir Soaba de Ronsin ;
à Sa Majesté Naaba Saga, Chef de Meguet ;
à Monsieur Rock Marc Christian KABORÉ, ancien Président du Faso ;

aux autorités coutumières, religieuses, administratives et politiques ;
aux grandes familles KABORÉ, SOUDRÉ, KORSAGA et KAFANDO ;
aux familles alliées KABORÉ, TAPSOBA, ZOMA, ZONGO, YAMEOGO et KIENDRÉBÉOGO ;

aux parents, amis et connaissances ;
aux voisins et riverains ;
aux anciens collègues, collaborateurs et compagnons de service du défunt ;
aux communautés chrétiennes, mouvements apostoliques et groupes de prière ;

à tous les bienfaiteurs dont les gestes de générosité, de solidarité et d'affection ont constitué pour la famille une source inestimable de réconfort et d'espérance.
La famille souhaite également témoigner sa gratitude toute particulière :

aux parents, aux amis, aux voisins, ainsi qu'aux membres de la Communauté Chrétienne de Base (CCB) Sainte Anthyme, dont la proximité, la disponibilité constante, le soutien indéfectible et les prières ferventes ont été d'un réconfort inestimable tout au long de cette période de deuil ;

à la Coordination Sainte Jeanne Françoise de Chantal ;
au Presbyterium de Saint-Guillaume de Tanghin ;
aux prêtres venus de Koudougou, de Yako, de Koubri et des autres paroisses ;

au Collège Notre-Dame de Kologh-Naba ;
au Petit Séminaire de Pabré ;
au Monastère de Koubri ;
au Juvénat des Sœurs Filles de Saint Camille ;

à l'École Supérieure des Travaux Publics de Ouagadougou.
Elle adresse également ses remerciements à toutes les personnes qui ont pris part aux veillées de prière, aux célébrations eucharistiques ainsi qu'aux différentes cérémonies organisées en mémoire du défunt.

Puisse le Seigneur Tout-Puissant, dans Son infinie bonté et Sa miséricorde sans limites, récompenser au centuple chacun pour les témoignages d'affection, de solidarité et de générosité manifestés à l'endroit de la famille.

Que le Christ Jésus, vainqueur du péché et de la mort par Sa glorieuse Résurrection, accueille Son serviteur YAMEOGO Koudbi Ignace dans la paix, la lumière et la félicité éternelle de Son Royaume
.
Que la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et Consolatrice des affligés, intercède auprès de Son Fils pour le repos de son âme et soutienne sa famille dans l'espérance chrétienne.

Que le Seigneur accorde à notre regretté défunt le repos éternel parmi les saints et les justes, et qu'Il bénisse abondamment tous ceux qui ont partagé la peine de sa famille par leur présence, leurs prières et leurs actes de solidarité
.
Union de prières pour le repos éternel de son âme
« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »
(Jean 11, 25-26)
« Seigneur, donne-lui le repos éternel, et que brille sur lui la lumière sans fin. Qu'il repose en paix. Amen. »
La Famille YAMEOGO, KABORÉ et alliées

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Décès de COULIBALY Adama, dit « Ada » : FAIRE-PART ET REMERCIEMENTS

Mon, 02/11/2026 - 10:42

31 mai 1970 – 8 octobre 2026

Les grandes familles COULIBALY, NKAMBI, TRAORE, KEITA, BA, KONDE, DAYO, FAHO, DABAKUYO, BOUYAIN, OUEDRAOGO, BOUDA, PODA, OUATTARA, LOYA, NGOUNOU, BONI, THIANHOUN, KAN, TRAORE, SIDIBE à Houndé, Dossi, Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Kodou, Ouahigouya, Manga, Abidjan et New York ;

Les frères et sœurs : COULIBALY Kady, COULIBALY Baba Ahmed, ZAGRE/COULIBALY Aminata Alice et COULIBALY Aissata ;
Les cousins et cousines, neveux et nièces, beaux-fils, belles-filles, belles-sœurs et beaux-frères ;

Les familles alliées :
KABRE, CONGO, ZAGRE, NIKIEMA, ROMBA, TIENDREBEOGO, ZONGO, SAWADOGO, LOMPO, KABORE, KONATE, ZOUNGRANA, TRAORE, OUEDRAOGO, WOMBO, BAMBA à Ouagadougou, Boussou, Kabouda, Tuiré, Bilgotenga, Banfora, Ouahigouya, Tikaré, Diapango, Bogodogo, Loumbila et Tampoussoundi ;

L'épouse : COULIBALY/KABRE Y. Tabita Estelle à Ouagadougou ;
Profondément touchés par les marques de compassion reçues à la suite du décès brutal, le jeudi 8 octobre 2026 à New York (États-Unis d'Amérique), de leur fils, frère, époux, oncle, cousin et neveu Adama COULIBALY.

Du rapatriement de sa dépouille mortelle à Ouagadougou, le vendredi 16 octobre 2026, jusqu'à son inhumation au cimetière de Toudoubgwéogo, le lundi 19 octobre 2026, un très grand nombre de personnes se sont mobilisées à leurs côtés, chacune à sa manière : présence, prières, messages, visites, démarches administratives, soutien moral, matériel et financier. Grâce à cet immense élan de solidarité, de fraternité et de compassion, ils ont pu l'accompagner dans la dignité jusqu'à sa dernière demeure.

Dans l'impossibilité de remercier chacun individuellement, ils tiennent à exprimer publiquement leur profonde gratitude :

aux autorités du Burkina Faso, en particulier au camarade Ministre des Affaires étrangères et au camarade Ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières, pour leur soutien et leur sollicitude ;
au camarade Ambassadeur du Burkina Faso auprès des États-Unis d'Amériques pour son précieux soutien ;
à Sa Majesté le Massa, chef de canton de Dédougou, pour sa bienveillance et ses encouragements ;

à la camarade Consule du Burkina Faso à New York et à tout son personnel, au camarade délégué du Haut Conseil des Burkinabè de l'Extérieur aux États-Unis, ainsi qu'au camarade Président de l'Association des Burkinabè de New York et à tous ses membres et sympathisants, pour leur accompagnement matériel et financier et leur appui dans les démarches engagées aux États-Unis ;

au camarade Directeur Général de la SONABEL et à tout son personnel, pour leurs soutiens multiformes ;
au camarade Directeur Général de la Banque Commerciale du Burkina (BCB) et à tout son personnel, pour leur solidarité exemplaire ;

aux communautés religieuses : la Mission Internationale d'Intercession et d'Évangélisation Guétawendé, qui a accueilli la cérémonie religieuse, le Centre International d'Évangélisation – Mission Intérieure Africaine et le Centre International de Formation des Ambassadeurs pour le Réveil dans le monde, pour leur soutien ;
au camarade Directeur de l'Ecole Internationale de la Fraternité et a tout son personnel pour leur soutien ;

à toutes les délégations venues de loin à Ouagadougou pour les obsèques, à tous les parents, amis et connaissances, ainsi qu'à tous les voisins, qui n'ont ménagé ni leur temps ni leurs efforts.

Leurs remerciements vont également à toutes les personnes, structures et institutions qui, de près ou de loin, les ont soutenus dans cette épreuve par un geste, un mot ou une prière.

Faute de pouvoir toutes les nommer, ils ne peuvent les citer ici, mais toutes restent présentes dans leurs cœurs. Ils les prient de bien vouloir trouver dans ce communiqué l'expression sincère de leur reconnaissance.

Que le Seigneur rende à chacun, au centuple, le bien accompli en faveur de la famille et accueille « Ada » dans sa paix.

« Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. »
1 Thessaloniciens 5, 18
01 novembre 2026

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In Memoriam : Alexandre Maurice OUEDRAOGO

Mon, 02/11/2026 - 10:30
Categories: Afrique

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