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Updated: 22 hours 54 min ago

Jeunesse et innovation : Ces étudiants qui réinventent le numérique au Burkina Faso

Wed, 21/01/2026 - 23:15

Que ce soient des plateformes numériques dans le domaine de l'éducation, de l'agriculture ou de l'art, de nombreux jeunes innovent. Très souvent des étudiants issus de filières diverses proposent des projets embryonnaires mais déjà viables, comme réponses aux défis du quotidien.

Étudiants en pharmacie, en biologie ou encore en sciences sociales. Rien ne les prédestinait forcément à s'intéresser au numérique. Pourtant, à partir d'observations de leur environnement et de vécus personnels, de jeunes Burkinabè ont décidé d'agir. Leurs projets ont en commun la volonté de mettre le numérique au service de solutions locales, dans des secteurs essentiels. Dans les domaines de l'éducation, l'artisanat et l'agriculture. Eduklink, KudumdéArt et Yilga sont des solutions digitales pensées par des étudiants. Récompensés lors d'un camp d'idéation dédié à l'innovation étudiante, ces porteurs de projets n'en sont qu'aux premières étapes. Mais déjà, leurs idées interrogent les modèles existants, ouvrent de nouvelles perspectives et posent la question de l'accompagnement durable de l'ingéniosité de la jeunesse afin qu'elle évolue du stade de l'idée à celui de la réalité.

Eduklink, repenser le suivi éducatif de l'élève du CP1 à l'université

Étudiant en deuxième année de licence en pharmacie à l'université Joseph Ki-Zerbo, Eugide Ouédraogo est également orateur universitaire et président fondateur de l'association Alliance verte pour l'environnement. C'est pourtant dans le champ de l'éducation qu'il a décidé d'innover, à travers Eduklink, un projet de plateforme éducative nationale qui lui a valu le premier prix du camp d'idéation. Eduklink ambitionne de centraliser l'ensemble des données scolaires d'un apprenant, depuis son entrée à l'école primaire jusqu'à l'université. Bulletins, attestations d'inscription, parcours académique, changements d'établissement : tout serait accessible via un lien unique, limitant ainsi les pertes de documents et les ruptures dans le suivi éducatif. Au-delà de la simple numérisation administrative, le projet se distingue par l'intégration de l'intelligence artificielle. À partir des notes, des absences et des données pédagogiques, la plateforme propose un suivi intelligent de l'élève. « L'objectif est d'anticiper les difficultés scolaires, d'alerter les parents en cas de risque d'échec et de proposer des solutions ciblées », explique le porteur du projet. Des contenus pédagogiques adaptés, comme des vidéos ou des supports numériques, pourraient ainsi être recommandés en fonction des lacunes identifiées.

Eugide Ouédraogo Eduklink est étudiant en deuxième année de licence en Pharmacie à l'université Joseph Ki-Zerbo

Pour les parents, Eduklink se veut un outil de participation active à la vie scolaire de leurs enfants : accès aux emplois du temps, aux résultats, mais aussi à des analyses automatisées sur l'assiduité et les performances. Pour l'élève, la plateforme se positionne également comme un conseiller d'orientation capable d'aller au-delà de la seule note obtenue aux examens, afin de proposer des filières en adéquation avec ses compétences réelles. À long terme, Eduklink pourrait aussi servir les employeurs, via des CV académiques authentifiés, et l'administration éducative, en facilitant le suivi des établissements, des enseignants et des performances scolaires par région. Encore au stade de la conception, le projet fait cependant face à d'importants défis techniques et financiers. L'équipe, composée notamment de trois informaticiens, manque de ressources pour développer pleinement le volet intelligence artificielle. « Nous avons besoin de logiciels coûteux, de compétences supplémentaires et surtout d'un accompagnement institutionnel », reconnaît Eugide Ouédraogo. Le prix remporté leur apporte néanmoins une crédibilité nouvelle auprès de potentiels investisseurs.

KudumdéArt, une vitrine numérique aux artisans burkinabè

KudumdéArt est pensé par un groupe de cinq jeunes avec Eva Kazienga comme cheffe de projet. L'ambition est de créer une marketplace digitale dédiée aux artisans burkinabè, capable de connecter producteurs et acheteurs, au niveau national comme international. La solution prévoit un espace personnalisé pour chaque artisan, lui permettant de présenter et vendre ses produits. Pour attirer les clients, KudumdéArt entend aller au-delà d'une simple vitrine en ligne, en intégrant des mannequins en trois dimensions sur lesquels il serait possible de visualiser les créations avant achat. Si l'artisanat n'est pas leur domaine d'études, l'idée est née d'un constat partagé lors de rencontres de terrain. « Nous sommes allés échanger avec des artisans au village artisanal de Ouagadougou. Tous nous ont expliqué que depuis 2015, les ventes ont fortement chuté, notamment à cause de l'insécurité », explique la jeune Eva Kazienga. Faute de clients, beaucoup sont contraints de se déplacer à l'étranger pour participer à des foires internationales, avec des coûts souvent élevés. La plateforme se veut une réponse à cette difficulté d'accès au marché. Déjà doté d'un prototype fonctionnel, le projet est estimé à environ 60 % de son développement. Le reste dépendra essentiellement des moyens techniques et financiers que l'équipe pourra mobiliser. « Ce projet n'a pas été conçu uniquement pour gagner un prix. Nous sommes convaincus qu'il peut réellement aider les artisans », insiste la cheffe de projet, lançant un appel aux partenaires. Le camp d'idéation, au-delà de la récompense, leur a permis de structurer leur démarche et de renforcer leurs compétences entrepreneuriales.

« Ce projet n'a pas été conçu uniquement pour gagner un prix. Nous sommes convaincus qu'il peut réellement aider les artisans », insiste Eva Kazienga, lead du projet KudumdéArt

Yilga, optimiser la rentabilité agricole grâce à l'intelligence artificielle

Selon Jovani Brayan Sorgho, l'application Yilga s'adresse principalement aux grands et moyens agriculteurs du Burkina Faso. Optimisée par l'intelligence artificielle et des capteurs agricoles, Yilga permet de déterminer quelles cultures sont les mieux adaptées à un sol, à une zone climatique et aux tendances du marché. L'objectif est d'aider les producteurs à faire des choix éclairés afin d'augmenter leurs rendements et leurs revenus. L'idée trouve sa source dans une histoire personnelle. « Mon grand-père cultivait le cacao, mais à cause des fluctuations des prix, ses revenus restaient très faibles. Il ne savait pas quelles alternatives adopter », confie le jeune promoteur. Cette interrogation est devenue le socle du projet.

En plus des recommandations agricoles, Yilga propose des conseils en langues locales et intègre une marketplace destinée à faciliter l'écoulement des productions. Le projet a déjà franchi l'étape du prototypage. Les tests terrain des capteurs sont en préparation, tandis que l'application et la marketplace sont en phase d'optimisation. À terme, l'équipe, selon son leader Jovani Brayan Sorgho, espère permettre aux agriculteurs d'augmenter leurs profits d'au moins 30 %, afin de contribuer à améliorer les revenus ruraux et renforcer l'économie nationale.

Jovani Brayan Sorgho, du projet Yilga

Bien que différents dans leurs cibles et leurs usages, Eduklink, KudumdéArt et Yilga partagent une même réalité. Celle de projets portés par des étudiants, encore fragiles, mais profondément tournés vers des besoins du pays. Ces jeunes sont conscients que l'innovation seule ne suffit pas. Accès au financement, renforcement des compétences techniques, partenariats institutionnels et adoption par les utilisateurs finaux constituent leurs principaux défis. C'est pourquoi le camp d'idéation organisé par Incub@UO leur a offert une première reconnaissance à travers un cadre d'apprentissage et de partage. Ce type d'initiatives montre que les jeunes n'attendent plus d'avoir fini leurs études pour proposer des solutions.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba : Le ministère de la Justice fait le point et témoigne sa reconnaissance aux autorités togolaises

Wed, 21/01/2026 - 23:14

Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, est revenu sur l'extradition de l'ex-président Paul-Henri Sandaogo Damiba du Togo vers le Burkina Faso. Il l'a notifiée à travers un communiqué en date du 20 janvier 2026.

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« À la suite de la dénonciation faite le 05 Janvier 2026 au parquet près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I faisant état de l'implication d'un certain nombre de personnes, civiles et militaires dont le nommé Paul Henri Sandaogo DAMIBA dans l'accomplissement d'actes préparatoires d'une atteinte à la sûreté et à la sécurité de l'Etat, de détournement de deniers publics, d'incitation à la commission d'infractions, de blanchiment de capitaux, le Procureur du Faso a requis du juge d'instruction :

d'ouvrir une information judiciaire ;
de décerner mandat d'arrêt international contre Paul Henri Sandaogo DAMIBA ;
de recourir à la coopération pénale internationale avec la République du Togo en vue d'obtenir l'extradition du susnommé vers le Burkina Faso.

Le 06 Janvier 2026, le juge d'instruction a effectivement ouvert une information judiciaire pour des faits de détournement criminel de deniers publics, d'enrichissement illicite criminel, de corruption, d'incitation à la commission de délits et crimes, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux.

Ces faits sont prévus et punis par les articles 131-8, 331-1, 332-2, 332-17, 332-24, 614-1, 614-3 du code pénal burkinabè et les articles 9, 174, 184 à 187, 196 à 199 et 202 de la loi n°046-2024/ALT du 30 décembre 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive au Burkina Faso.

Le juge d'instruction a, en conséquence, décerné à la même date un mandat d'arrêt international contre Paul Henri Sandaogo DAMIBA et soumis aux autorités compétentes de la République du Togo une demande d'extradition du susnommé vers le Burkina Faso.

Donnant suite à cette demande, la Chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Lomé a rendu le 16 Janvier 2026 l'arrêt n°013/2026 qui a permis l'extradition effective de Paul Henri Sandaogo DAMIBA vers le Burkina Faso où il est parvenu le 17 janvier 2026 pour répondre des faits qui lui sont reprochés.

C'est le lieu de traduire, au nom du Gouvernement du Burkina Faso, toute notre reconnaissance aux autorités de la République sœur du Togo pour cette parfaite coopération judiciaire qui illustre les bonnes relations entre nos deux Etats. »

Fait à Ouagadougou, le 20 Janvier 2026
Le Ministre de la Justice
Maître Edasso Rodrigue BAYALA
Officier de l'Ordre de l'Etalon

Categories: Afrique

Burkina : Le biogaz embouteillé, une alternative à la pénurie de gaz

Wed, 21/01/2026 - 23:11

En vue de contribuer à disponibiliser le gaz au profit des ménages pour leur usage quotidien, Sanando Anita Paré, ingénieure en eau et assainissement, a mis sur pied le projet Bioanigaz. À partir de déchets organiques, elle produit du biogaz qu'elle ambitionne de conditionner en bouteilles de 6 et 12 kg. Dans l'interview qu'elle nous a accordée, elle nous parle des avantages du biogaz et des travaux qu'elle réalise actuellement pour parfaire la qualité du biogaz qu'elle produit afin de le mettre sur le marché.

Lefaso.net : En termes simples, qu'est-ce que le biogaz ?

Anita Paré : Le biogaz est une énergie renouvelable locale qui est faite à base de déchets organiques, à savoir les bouses de vache, les restes de nourriture, tout ce qui est déchets organiques. Il est fabriqué dans un biodigesteur dans des conditions anaérobiques adéquates. On met donc les déchets dans un biodigesteur, qui est un système fermé, dans lequel ces déchets vont se décomposer pour produire un gaz. Et c'est ce gaz-là qui est appelé biogaz. Et quand on produit le biogaz, il y a le biogaz et aussi le digesteur qui est un engrais naturel. C'est un système qui peut être implanté au sein des ménages, à condition qu'ils aient assez de déchets. Parce que sans suffisamment de déchets, ils ne pourront pas produire du gaz. La famille doit aussi intégrer le tri de déchets.

Généralement dans les poubelles des ménages, il y a les sachets, les restes de nourriture, etc. Mais s'ils arrivent à avoir des poubelles de tri, une poubelle où ils mettent les restes de nourriture, une poubelle à part pour les plastiques, dans ce cas, ils pourront utiliser la poubelle qui contient les restes de nourriture, tout ce qui est organique, comme les épluchures de fruits et légumes pour produire le biogaz. Le biogaz peut être utilisé pour la cuisson des aliments et aussi pour l'éclairage. On peut le faire en électricité comme on peut l'utiliser comme le gaz.

Vous êtes la promotrice du projet Bioanigaz, dites-nous en quoi il consiste ?

Bioanigaz est une initiative que je porte depuis 2023 et qui vise à la transformation des déchets organiques en biogaz. Le projet est actuellement incubé au sein de l'incubateur et aussi du laboratoire de l'institut 2IE. Alors, l'innovation que Bioanigaz apporte, c'est l'embouteillage du biogaz, en bouteilles de 6 kg et 12 kg pour la population. Actuellement, nous sommes en phase de prototypage. Nous avons déjà fait la phase de production de biogaz. Il nous reste à faire les phases d'expérimentation. Nous travaillons actuellement au laboratoire pour faire les expérimentations pour optimiser la qualité du biogaz.

Dans votre projet, vous proposez d'embouteiller le biogaz et de le vendre sur le marché. De façon concrète, comment cela va-t-il se faire ?

Pour la phase de l'embouteillage, nous produisons d'abord le biogaz et ensuite nous le purifions. À cette étape de prototypage, nous avons établi un partenariat avec le marché du bétail, ce qui nous permet d'avoir les bouses de vache en grande quantité pour produire le biogaz. Pour la production à grande échelle, nous comptons établir des partenariats avec les fermes et aussi les grands restaurants et hôtels de la ville qui produisent assez de déchets organiques que l'on peut récupérer pour produire le biogaz.

Pour la dernière étape qui est l'embouteillage, nous procédons à des expérimentations afin d'optimiser la qualité du biogaz. À l'intérieur du biogaz, on retrouve plusieurs types de gaz, mais il n'y a que le méthane qui brûle. Nous voulons donc, à travers les expérimentations, avoir au moins 95 % de méthane afin d'optimiser la qualité du biogaz. Nous sommes également engagés dans le processus d'obtention des autorisations d'embouteillage afin de pouvoir lancer la production à grande échelle. Nous espérons avoir les autorisations à bonne date pour pouvoir mettre les bouteilles de biogaz sur le marché au cours de l'année 2026.

Comment vous est venue l'idée de produire du biogaz et de le proposer en bouteilles ?

L'idée m'est venue quand j'étais étudiante, j'avais beaucoup d'idées de projets. Une fois, je suis sortie pour recharger ma bouteille de gaz et il n'y en avait pas. J'ai fait plusieurs quartiers en vain. Et là, je me suis dit que ce n'était pas normal. C'est là que j'ai commencé à réfléchir et je me suis dit : pourquoi ne pas produire notre gaz ? Et comme j'ai étudié l'eau et l'assainissement, j'avais des notions en ce qui concerne la gestion des déchets organiques. J'ai vu que l'on peut produire le biogaz à partir des déchets organiques. C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à rédiger le projet en question, à le monter, à le ficeler et à prendre des conseils. Et quand j'ai commencé à produire à petite échelle avec le prototype, je me suis dit que ce serait bien de l'embouteiller. Ce qui sera encore plus innovant parce qu'au Burkina, l'embouteillage du biogaz n'existe pas encore.

Est-ce que selon vous le biogaz peut constituer une alternative aux pénuries de gaz que vivent les ménages à certaines périodes de l'année ?

Le biogaz peut être une alternative, mais il ne pourra pas remplacer le gaz butane, parce qu'on ne peut pas avoir assez de déchets qui vont couvrir la demande de la population. Ça va aider la population. Par exemple, en cas de pénurie, si on a une alternative comme le biogaz embouteillé, cela va permettre à la population de ne pas sentir la pénurie. Donc, ça pourrait aider un peu.

Est-ce que les populations sont réceptives à l'idée d'utiliser le biogaz pour leurs besoins ?

Je dirai que la population a besoin de gaz. Ils ont besoin d'un gaz disponible et accessible. Et vu que nous faisons déjà la sensibilisation pour que la population découvre ce que c'est que le biogaz, on peut dire que de plus en plus les gens adhèrent, parce qu'ils connaissent maintenant l'utilité à travers les différentes sensibilisations sur les réseaux que nous faisons. Mais la population a principalement besoin de gaz disponible. Il faut noter que le biogaz permet également la réduction des gaz à effet de serre.

Du point de vue du coût, est-ce que le biogaz est accessible au plus grand nombre ?

Oui, le biogaz sera relativement plus abordable que le gaz butane parce qu'il est produit avec les déchets, principalement les déchets ménagers, les restes de nourriture. En travaillant en partenariat avec les restaurants, les entreprises agroalimentaires qui sont dans la transformation et qui produisent assez de déchets organiques, nous n'aurons pas à payer les déchets. Ce qui va nous permettre de vendre les bouteilles de biogaz à un prix abordable, pour pouvoir faciliter la vie de la population, surtout la femme, parce que c'est la femme qui souffre le plus quand il n'y a pas de gaz.

Avez-vous un appel à lancer ?

J'invite les premières autorités à encourager les initiatives locales, comme la production du biogaz. Aux ménages, penser à initier le tri des déchets dans la gestion des déchets. Ne pas mettre ensemble les sachets avec les déchets organiques. Je lance aussi un appel aux investisseurs : toute personne qui serait intéressée par le biogaz, et qui croit vraiment que l'innovation burkinabè peut changer la donne, qu'elle n'hésite pas à soutenir l'initiative Bioanigaz en investissant. Lorsque nous allons obtenir les autorisations, nous allons passer à la production à grande échelle, et nous aurons besoin d'investisseurs.

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo
Crédit photo : Auguste Paré
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Categories: Afrique

Entrepreneuriat et études : Quand la passion de la décoration devient un projet de vie pour Mariam Hema

Wed, 21/01/2026 - 23:06

À seulement deux années après son entrée à l'université, Mariam Hema incarne déjà l'image d'une jeunesse déterminée, créative et résolument tournée vers l'avenir. Étudiante en deuxième année de Sciences économiques et de gestion (SEG), cette jeune entrepreneure a très tôt fait le choix de ne pas attendre la fin de ses études pour se lancer dans le monde professionnel. Son parcours, marqué par la passion et la persévérance, illustre la capacité des jeunes filles à concilier études et entrepreneuriat malgré les difficultés.

L'aventure entrepreneuriale de l'étudiante débute bien avant l'université. Encore lycéenne, elle s'essaie à la vente de divers articles, notamment des draps, des vêtements et d'autres produits de première nécessité. Une activité modeste, mais révélatrice d'un esprit entreprenant déjà bien affirmé. « J'ai toujours aimé me battre pour avoir quelque chose par moi-même », confie-t-elle. Cette première expérience lui permet non seulement de subvenir à certains de ses besoins, mais aussi de développer un sens aigu du commerce et de la responsabilité.

Après l'obtention de son baccalauréat, Mariam décide de franchir un nouveau cap. Animée par une passion profonde pour l'esthétique et l'événementiel, elle choisit de se former dans le domaine de la décoration, notamment la décoration de mariages religieux et coutumiers, d'anniversaires et d'autres événements festifs. Une orientation qui ne doit rien au hasard. Depuis son enfance, Mariam est fascinée par le travail de l'une de ses tantes, décoratrice professionnelle. « L'amour de la décoration est né dès le bas âge. J'aimais voir ma tante transformer de simples espaces en lieux magiques », explique-t-elle avec émotion.

Une décoration réalisée par Mariam Hema pour une cérémonie de mariage coutumier

Après sa formation, elle se lance définitivement dans la décoration en août 2025. Depuis lors, la jeune femme multiplie les prestations, gagnant progressivement la confiance de sa clientèle. Malgré les contraintes liées à ses études universitaires, elle parvient à s'organiser pour honorer ses engagements professionnels. Un exercice d'équilibriste qu'elle assume avec courage. « Entreprendre et poursuivre ses études, c'est souvent difficile. Mais comme on le dit, vouloir c'est pouvoir. J'ai décidé d'être forte pour concilier les deux afin de vivre ma passion et continuer mes études », affirme-t-elle.

Au-delà de son activité actuelle, Mariam nourrit de grandes ambitions. Elle rêve de voir son nom s'imposer parmi les références du secteur de la décoration, non seulement au niveau national, mais aussi à l'international. « D'ici cinq ans, je veux être une décoratrice de renommée mondiale. Je veux décorer de grands événements et que mon travail soit apprécié de tous », confie-t-elle avec assurance. Consciente que l'excellence passe par l'apprentissage continu, elle ambitionne de se former davantage et de bénéficier des conseils des aînés du métier afin de perfectionner son art.

Une autre décoration de l'étudiante pour la cérémonie de mariage coutumier

Mais le message de Mariam Hema ne s'arrête pas à son parcours personnel. Engagée et lucide sur les réalités sociales, elle lance un appel à l'endroit des jeunes filles. Elle les invite à éviter « l'argent facile » et à privilégier le travail honnête et durable. « Je veux encourager les jeunes filles à se donner à une activité génératrice de revenus pour être financièrement indépendantes », souligne-t-elle. Pour elle, l'autonomie financière est un levier essentiel de l'émancipation féminine et de la dignité.

L'étudiante, décoratrice, Mariam Hema

À travers son parcours, Mariam Hema démontre qu'avec de la volonté, de la discipline et une passion assumée, il est possible de bâtir son avenir tout en poursuivant ses études. Un exemple inspirant pour de nombreux jeunes, et particulièrement pour les jeunes filles, appelées à croire en leurs rêves et à travailler sans relâche pour les concrétiser.

Rama Diallo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Administration territoriale au Burkina Faso : La déconcentration remise au cœur de la réforme constitutionnelle

Wed, 21/01/2026 - 23:03

La Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH) a présenté, le mardi 20 janvier 2026, à l'Assemblée législative de transition, son rapport sur le projet de loi constitutionnelle portant révision de la Constitution. Au cœur des débats figure la réorganisation du système d'administration du territoire, marquée par la réhabilitation de la déconcentration et des circonscriptions administratives. Tirant les leçons des limites de la décentralisation engagée depuis les années 1990, le rapport plaide pour un rééquilibrage en faveur d'une administration de proximité plus efficace, capable de renforcer l'autorité de l'État, la cohérence de l'action publique et l'égalité d'accès aux services publics.

« Le système de gouvernance administrative du territoire qui a fait preuve d'efficacité et de résultats probants dans notre pays a consisté à organiser le territoire national en des entités administratives pour favoriser l'exercice des compétences administratives sous le contrôle et l'autorité hiérarchique du gouvernement. L'application effective de ce système permettait d'assurer, par la proximité du terrain, une efficacité opérationnelle, une cohérence et une continuité de l'action publique ainsi qu'une égalité d'accès aux services publics à travers un rapprochement accru de l'administration aux citoyens tout en présentant des coûts de fonctionnement relatifs et compatibles avec les ressources disponibles. »

C'est par ces mots que débute le rapport de la Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), relatif au projet de loi constitutionnelle portant révision de la Constitution, présenté ce mardi 20 janvier 2026 à l'Assemblée législative de transition. Cette partie du rapport traite précisément du remplacement de la déconcentration et, partant, des circonscriptions administratives, dans le système d'administration du territoire. Dans le rapport, on lit en effet qu'à partir des années 1990, le Burkina Faso s'est engagé dans la voie de la décentralisation. L'autonomie de gestion et le principe de libre administration ont, pour ainsi dire, été transférés aux entités territoriales appelées collectivités territoriales. Objectif : susciter une participation citoyenne dans la gouvernance locale.

« Au lieu d'être un maillon complémentaire à la déconcentration qui préserve l'unité de l'État, la décentralisation a plutôt favorisé le dénuement des structures déconcentrées dans les circonscriptions administratives. Cette approche a eu pour conséquences, entre autres, l'incapacité des structures déconcentrées à accompagner efficacement le processus de mise en œuvre de la décentralisation et la forte politisation de l'administration publique, affaiblissant ainsi l'autorité de l'État », clarifie le rapport, ceci pour expliquer la nécessité de rétablir la place de la déconcentration et partant des circonscriptions administratives dans le système d'administration du territoire.

Les révisions concernent le titre XI intitulé : « Des collectivités territoriales ». Il est désormais formulé comme suit : « De l'organisation du territoire ». L'article 143 de la Constitution a lui aussi été révisé. Au lieu de : « Le territoire du Burkina Faso est organisé en circonscriptions administratives et en collectivités territoriales », l'on lira désormais dans la constitution révisée : « Le Burkina Faso est organisé en circonscriptions administratives et en collectivités territoriales ». Quant à l'article 144 qui disposait : « La création, la suppression, le découpage des collectivités territoriales sont du ressort de la loi », le nouveau texte dispose : « Les circonscriptions administratives sont créées et supprimées par décret. Les collectivités territoriales sont créées et supprimées par la loi. »

Erwan Compaoré
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina : Le Nonce apostolique échange avec le président de l'ALT

Wed, 21/01/2026 - 23:01

Le président de l'Assemblée législative de transition (ALT) a accordé, ce mercredi 21 janvier 2026, une audience officielle à Mgr Éric Soviguidi, Nonce apostolique en poste à Ouagadougou, dans le cadre du carnet d'audience du président de l'ALT de transition.

Arrivé au Burkina Faso au début de sa mission, le 1ᵉʳ décembre 2025, Mgr Éric Soviguidi a indiqué avoir engagé, dès les premiers jours, une série de démarches institutionnelles. À cet effet, il a notamment adressé des lettres officielles au président du Faso le 5 décembre, marquant ainsi sa volonté d'établir des relations de travail solides avec les autorités du pays.

Au cours de l'audience, le Nonce apostolique a expliqué la vision et l'orientation qu'il souhaite donner à sa mission en tant que représentant du Saint-Père et du Saint-Siège au Burkina Faso. « J'ai rencontré les autorités du pays pour dialoguer et exprimer dans quelle direction je pense vivre ma mission », a-t-il confié.

Les échanges ont porté sur la contribution de l'Église à la cohésion sociale et à la pacification

Les échanges ont porté sur la collaboration entre les institutions de l'Église et les autorités nationales dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l'éducation, la santé et l'assistance aux personnes déplacées. La coopération avec l'Assemblée législative de transition a également été abordée, en particulier dans le processus d'élaboration des lois. « Il s'agit de faire en sorte que les lois de la nation soient toujours des lois pour le bien des citoyens et qu'elles permettent à chacun d'apporter sa contribution de façon valable au bien-être de tous », a souligné Mgr Éric Soviguidi.

La contribution de l'Église aux efforts de cohésion sociale et de pacification a aussi été au cœur des discussions. Mgr Éric Soviguidi a mis en exergue l'engagement de l'Église dans l'accompagnement des populations déjà résilientes, confrontées à des situations difficiles dans certaines zones du pays.

Mgr Éric Soviguidi a salué la qualité du dialogue avec l'Assemblée législative de transition

Se félicitant de la qualité des échanges, le Nonce apostolique a salué une rencontre fructueuse dans un climat de grande cordialité. « Nous avons eu des échanges très enrichissants. Je peux dire que ça a été un contact très fructueux », a-t-il déclaré. Il a également souligné l'atmosphère positive ayant marqué la rencontre et s'est dit particulièrement heureux d'avoir échangé avec le président de l'Assemblée législative de transition.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Diplomatie : Ouagadougou et Washington misent sur un partenariat franc et respectueux

Wed, 21/01/2026 - 21:41

Le Burkina Faso et les États-Unis d'Amérique réaffirment leur volonté de maintenir un dialogue ouvert et sincère, malgré des points de désaccord. C'était lors d'une audience accordée dans la soirée du 20 janvier 2026 à Ouagadougou par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, à l'Ambassadrice américaine, Joan Marie Lockard.

La diplomate américaine a réitéré l'engagement de Washington à poursuivre la coopération avec le Burkina Faso, notamment dans les domaines de la sécurité, de la santé et du commerce, en tenant compte des priorités définies par les autorités burkinabè.

Sur le plan économique, elle a indiqué que des efforts sont en cours pour renforcer les échanges commerciaux, en particulier à travers un partenariat accru entre les chambres de commerce et d'industrie des deux pays.

Prenant acte de cette volonté, le chef de la diplomatie burkinabè a rappelé l'ouverture du Burkina Faso à tout partenariat mutuellement bénéfique, tout en soulignant la nécessité d'une coopération fondée sur le respect, la sincérité et la prise en compte des choix souverains du pays.

Abordant la lutte contre le terrorisme, Jean Marie Traoré a insisté sur la nécessité d'une approche globale et proactive, estimant que l'appui des partenaires ne doit pas se limiter à des réactions ponctuelles liées à des enlèvements. Mais cet appui, précise-t-il, doit viser prioritairement la neutralisation durable des groupes terroristes, condition essentielle pour restaurer la sécurité et la stabilité.

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Source : Ministère des Affaires étrangères

Categories: Afrique

Burkina : L'État investit près de 3 milliards francs CFA pour moderniser la filière bétail-viande à Banfora

Wed, 21/01/2026 - 19:57

Le Burkina Faso accélère la modernisation de la filière bétail-viande avec la construction d'un abattoir moderne d'envergure à Banfora.

Le ministre d'État, en charge de l'Agriculture, de l'eau et des ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a effectué, le lundi 19 janvier 2026, une visite de terrain sur le chantier de cette infrastructure stratégique située dans la région des Tannounyan (ex région des Cascades).

D'un coût global estimé à plus de 2,7 milliards de francs CFA, l'abattoir est implanté sur une superficie de 4 hectares et sera réalisé dans un délai de 18 mois. Il comprendra des unités d'abattage modernes capables de traiter quotidiennement 50 bovins, 100 petits ruminants et 25 porcs, ainsi que des équipements annexes répondant aux normes sanitaires internationales, notamment une lagune d'épuration, un incinérateur et des parcs de stabulation spécialisés.

Ce projet s'inscrit dans la volonté du Gouvernement de structurer durablement la filière bétail-viande, d'améliorer la qualité sanitaire des produits carnés, de valoriser les sous-produits de l'élevage et de créer de la valeur ajoutée au profit des acteurs locaux, à travers la mise en place de l'Agence faso abattoir (AFA).

À l'occasion de cette visite, le ministre d'État a appelé les acteurs régionaux à la synergie, à l'engagement et à l'unité, rappelant que le développement de l'élevage constitue un levier stratégique de croissance économique et de sécurité alimentaire. À terme, trois abattoirs modernes verront le jour à Banfora, Fada N'Gourma et Bobo-Dioulasso, complétés par la réhabilitation de ceux de Tenkodogo et Dédougou, ainsi que l'extension de l'abattoir de Pouytenga.

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Source : Ministère de l'Agriculture et des ressources animales

Categories: Afrique

Bobo-Dioulasso : Un incendie maîtrisé grâce à la promptitude des sapeurs-pompiers

Wed, 21/01/2026 - 19:55

La deuxième Compagnie d'incendie et de secours (CIS2) de Bobo-Dioulasso est intervenue avec efficacité dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 janvier 2026, suite à un incendie survenu au secteur 29, sur la route de Nasso. L'incident a touché une rangée de boutiques d'articles divers et provoqué l'explosion de plusieurs bouteilles de gaz.

Grâce à l'intervention et à la coordination des équipes de la Brigade nationale de sapeurs-pompiers (BNSP), le sinistre a été contenu dans son volume initial, puis totalement maîtrisé, évitant ainsi toute propagation aux bâtiments et installations voisines.

À l'issue de cette intervention, la BNSP appelle les populations à une vigilance accrue, en insistant sur le respect strict des règles de sécurité relatives à l'utilisation et au stockage des bouteilles de gaz, ainsi qu'à la vérification régulière des installations électriques, afin de prévenir de tels incidents

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Source : BNSP

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Mobilité : La République populaire de Chine prépare un train ultra-rapide « capable de dépasser l'avion »

Wed, 21/01/2026 - 18:19

La République populaire de Chine s'apprête à franchir un nouveau cap dans le domaine du transport ferroviaire avec la mise en service prochaine d'un Train à grande vitesse (TGV) plus rapide que l'avion.

Selon le professeur Ding Yifan, enseignant de l'université Renmin de Chine, ce train de nouvelle génération pourra atteindre une vitesse entre 600 et 800 km/h, soit une performance supérieure à celle des avions de ligne sur certaines distances.

Contrairement aux trains classiques, ce TGV ne circulera pas sur des rails traditionnels. Il fonctionnera grâce à un système de suspension magnétique, permettant au train de léviter au-dessus de la voie et de réduire considérablement les frottements, source de gain de vitesse et d'efficacité énergétique.

Dans le secteur de la mobilité, souligne le professeur Ding Yifan, la Chine occupe déjà une position de leader mondial, notamment dans les domaines du chemin de fer, des routes et autoroutes, des ponts, des aéroports, ainsi que des réseaux de métro.

Ding Yifan, enseignant de l'université Renmin de Chine

Cette innovation technologique majeure viendra ainsi renforcer davantage le vaste réseau ferroviaire chinois, confirmant l'ambition du pays de demeurer à la pointe du développement des transports modernes et durables.

« La technique est mûre, mais la Chine n'a pas décidé de la mettre à la production industrielle massive, pour une raison très simple : le coût de revient. Pour le moment, nous avons investi beaucoup pour le TGV d'aujourd'hui, il faut un temps pour que l'investissement soit rentabilisé. Si on commence à développer le TGV de demain tout de suite, comment peut-on rentabiliser l'investissement d'hier ? Les consommateurs, ou dans ce cas, les voyageurs, aiment toujours les moyens les plus modernes de voyage. On va les faire attendre un peu », a-t-il expliqué.

S.I.K
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Categories: Afrique

Initiative présidentielle Faso Mêbo : Africa Global Logistics et SITARAIL apportent 880 tonnes de granit concassé, du matériel de travail et 12 tonnes de ciment

Wed, 21/01/2026 - 18:00

Dans le cadre de leur engagement citoyen, Africa Global Logistics (AGL) Burkina Faso et SITARAIL ont apporté, ce mercredi 21 janvier 2026 à Ouagadougou, un appui significatif à l'Initiative présidentielle Faso Mêbo. La contribution des deux structures est constituée de 880 tonnes de granit concassé, de matériel de travail ainsi que de 12 tonnes de ciment.

Cette dotation, issue à la fois de la contribution volontaire du personnel et de l'appui de la direction générale, a été officiellement remise sur le site dédié à l'initiative à Ouagadougou. Elle s'inscrit dans la dynamique d'accompagnement des actions gouvernementales visant l'amélioration des conditions de vie des populations.

À travers ce geste, AGL Burkina Faso et SITARAIL entendent renforcer leur engagement aux côtés de l'État et des partenaires socio-économiques. En tant qu'entreprises citoyennes, elles réaffirment leur volonté de contribuer activement aux efforts de développement et de consolidation des infrastructures au bénéfice des communautés.

Un des véhicules transportant le granit concassé

Par cet appui matériel et logistique, les deux entreprises démontrent une fois de plus leur ambition d'être des partenaires durables des initiatives nationales, en soutenant des actions concrètes à fort impact social.
Selon le représentant de Sitarail au Burkina, Sibnoaga Alexis Ouédraogo, il était nécessaire que les deux structures posent cette action patriotique. « Nous sommes une entreprise citoyenne et c'est un acte patriotique que nous venons de poser. Étant une entreprise citoyenne, nous avons le devoir de le faire », a-t-il indiqué.

Les agents des deux structures en train de confectionner des pavés

Pour le représentant du directeur général de AGL Burkina, Touwende Joachim Ouédraogo, le geste s'inscrit dans la vision de l'entreprise qui est d'être un acteur pleinement engagé dans le développement du pays, au-delà de ses missions économiques. Aussi, c'est une occasion de communion entre les collaborateurs. Chose qui renforce leurs sentiments d'appartenance au groupe.

Le représentant de Sitarail au Burkina Faso, Sibnoaga Alexis Ouédraogo

« Le paysage urbain de Ouagadougou se transforme, il était de notre devoir de contribuer en tant qu'entreprise citoyenne. L'une de nos valeurs, c'est la solidarité et c'est la raison pour laquelle nous sommes là aujourd'hui pour apporter notre contribution à la construction de notre pays », a souligné le représentant du directeur général de AGL Burkina. Il a terminé en invitant l'ensemble des Burkinabè à contribuer à Faso Mêbo pour la construction du pays.

Le représentant du directeur général de AGL Burkina, Touwende Joachim Ouédraogo

AGL est présente au Burkina Faso dans le transport et la logistique. L'entreprise emploie aujourd'hui plus de 400 Burkinabè et génère plus de 350 emplois indirects à travers notamment ses agences à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.

Rama Diallo
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Categories: Afrique

Forum économique de Davos : Oxfam International dénonce les inégalités économiques mondiales

Wed, 21/01/2026 - 17:59

Dans son dernier rapport publié à l'ouverture du Forum économique mondial de Davos, Oxfam International a révélé une augmentation spectaculaire de la fortune des milliardaires. En effet, en 2025, leur fortune a accru de 16%. Une augmentation atteignant un record historique de 18 300 milliards de dollars, soit trois fois plus rapide que la moyenne des cinq années précédentes.

Cette croissance économique s'inscrit dans une dynamique où la moitié du monde vit dans une extrême pauvreté marquée surtout par la faim qui touche un quart de la population mondiale.

À en croire le rapport, cette situation est surtout renforcée par la politique menée par le pouvoir du président américain Donald Trump. Une politique marquée par des allègements des impôts au profit des ultra-riches, qui sape les efforts déployés dans le monde pour taxer les grandes entreprises ; aussi, qui fait échouer les tentatives visant à lutter contre les situations de monopole et contribue à la croissance des activités liées à l'intelligence artificielle, un secteur très lucratif pour les investisseurs fortunés du monde entier.

Tout en appuyant avec des chiffres édifiants, le rapport indique que le pouvoir Trump envoie une alerte pour le reste du monde, démontrant que la montée de l'oligarchie dépasse les frontières des États-Unis pour miner les sociétés du monde entier.

« La fortune cumulée des milliardaires a bondi de 2 500 milliards de dollars l'année dernière, soit presque l'équivalent de la richesse totale détenue par la moitié la plus pauvre de l'humanité, à savoir 4,1 milliards de personnes.

La barre des 3 000 milliardaires a été franchie pour la première fois l'année dernière, tandis que le plus riche d'entre eux, Elon Musk, est devenu la première personne à posséder une fortune supérieure à 500 milliards de dollars.

Les milliardaires ont 4 000 fois plus de chances d'occuper un poste politique que les citoyens ordinaires. Moins de 70 % des 2 500 milliards de dollars d'augmentation de la fortune des milliardaires suffiraient à éradiquer l'extrême pauvreté 26 fois », peut-on lire dans le rapport.

L'Afrique n'est pas restée en marge de cet accroissement économique mondial. En effet, le rapport stipule que la fortune de ces 24 milliardaires a augmenté de plus de 32 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 36,5%. Une progression quatre fois plus rapide que les cinq années précédentes, qui avaient enregistré une croissance de 8 milliards de dollars, soit une hausse de 1,9%.

Les quatre plus riches d'Afrique détiennent à eux seuls encore plus de richesses alors que près de 59% des Africains, soit 892,7 millions de personnes, vivent dans l'extrême pauvreté et souffrent d'insécurité alimentaire, soit une augmentation de 29,5% entre 2019 et 2024. Ce faisant, le rapport souligne que les milliardaires ont une chance estimée à plus de 4 000 d'occuper un poste politique que les citoyens ordinaires. Cette concentration extrême des richesses s'accompagne d'un pouvoir politique disproportionné car les gouvernants prennent des décisions favorables à l'élite économique.

C'est ce qui conduit Amitabh Behar, directeur général d'Oxfam, à dire que « le fossé grandissant entre les riches et les autres se traduit par un déficit politique grave et insoutenable ».

Ainsi, les ultra-riches possèdent plus de la moitié des plus grands médias au monde et tous les principaux des réseaux sociaux. Il s'agit entre autres de l'achat du Washington Post par Jeff Bezos, celui de Twitter désormais appelé X par Elon Musk. Il y a aussi l'achat du Los Angeles Times par Patrick Soon-Shiong ou encore l'acquisition d'une part importante de The Economist par un consortium de milliardaires. En France, le milliardaire de l'extrême droite Vincent Bolloré contrôle désormais CNews, qu'il a rebaptisée « le Fox News français ». Du côté du Royaume-Uni, quatre familles très riches détiennent à elles seules les trois quarts de la diffusion des journaux.

L'enquête World Values Survey menée dans 66 pays a révélé que près de la moitié des personnes interrogées estimaient qu'il était fréquent de voir les plus riches influencer les élections dans leur pays.

« Les gouvernements font de mauvais choix pour satisfaire l'élite et favoriser les grandes fortunes tout en réprimant les droits et la colère des citoyens face au coût de la vie devenue inabordable et insupportable pour un trop grand nombre », poursuit Amitabh Behar.

Il ajoute également que face à la précarité, une personne sur quatre dans le monde fait face à une insécurité alimentaire et doit sauter des repas. À l'échelle mondiale, la pauvreté recule de moins en moins et progresse même de nouveau en Afrique. Les coupes dans l'aide internationale risquent d'aggraver la situation, avec plus de 14 millions de morts supplémentaires d'ici 2030.

Les libertés et droits, quant à eux, sont aussi restreints et les inégalités renforcent les risques de dérive autoritaire. Par ailleurs, l'année 2024 a été la dix-neuvième année consécutive de recul en la matière, avec un quart des pays minés par la liberté d'expression. L'année dernière, plus de 142 manifestations antigouvernementales d'envergure ont éclaté dans 68 pays, auxquelles les autorités ont généralement répondu par la violence.

« La pauvreté économique engendre la faim. Et la pauvreté politique alimente la colère », ajoute Amitabh Behar, directeur général d'Oxfam.

Face à cette situation, Oxfam International invite les États à mettre en œuvre des plans nationaux de réduction des inégalités réalistes et assortis de délais, avec des critères de référence bien établis et un suivi régulier des progrès réalisés ; à procéder à l'imposition efficace des ultra-riches afin de réduire leur pouvoir, notamment par le biais d'impôts à assiette large sur le revenu et sur la fortune, à des taux suffisamment élevés pour réduire les énormes niveaux d'inégalités ; à instaurer un pare-feu plus puissant entre richesse et politique, notamment par des réglementations plus strictes contre le lobbying et le financement des campagnes électorales par les plus riches, en garantissant une plus grande indépendance des médias et en interdisant les discours haineux. Sans oublier la redevabilité en matière d'autonomisation politique des citoyens ordinaires, y compris une protection renforcée des libertés d'association, de réunion et d'expression des personnes, ainsi que des organisations de la société civile et des syndicats.

Muriel Dominique Ouédraogo
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Statut des chefs coutumiers et traditionnels : L'usurpation et l'auto proclamation passibles de sanction

Wed, 21/01/2026 - 17:59

« Toute autorité coutumière ou traditionnelle qui nomme, en connaissance de cause, un chef coutumier ou traditionnel déchu par une autre autorité coutumière et traditionnelle compétente encourt la perte des avantages et privilèges liés à la qualité de chef coutumier ou traditionnel. » C'est ce que mentionne l'article 36 du texte portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle.

Par ailleurs, le présent texte s'oppose fermement à l'usurpation de titre de chef coutumier ou traditionnel, allant jusqu'à la répression de tels agissements. "Commet un délit d'usurpation de titre de chef coutumier ou traditionnel, toute personne qui, sans remplir les conditions exigées pour le porter, fait usage ou se réclame du titre de chef coutumier ou traditionnel ou en arbore les attributs" dispose l'alinéa de l'article 38.

Ainsi, toute personne se rendant coupable d'usurpation de titre de chef encourt, selon l'alinéa 2 du même article, une peine d'emprisonnement de trois mois à trois ans, et d'une amende de six cent mille (600 000) francs CFA à trois millions (3 000 000) de francs CFA. Idem pour le complice d'un auteur de délit d'usurpation de titre de chef coutumier ou traditionnel qui est puni des mêmes peines, selon l'alinéa 3.

"Aucune chefferie coutumière ou traditionnelle non préalablement établie et historiquement reconnue ne peut se créer en référence à la présente loi", article 42

De même, est aussi puni d'une peine d'emprisonnement de trois mois à trois ans, et d'une amende d'un million (1 000 000) de francs CFA à cinq millions (5 000 000) de francs CFA, toute personne, qui, sans être régulièrement désignée, intronisée ou investie, se proclame chef coutumier ou traditionnel. "Le complice d'un auteur d'une auto proclamation est puni des mêmes peines" ajoute l'article 40, alinea 2 du texte.

Une fois le texte entré en vigueur, les entités coutumières et traditionnelles disposent d'un délai d'un an, pour transmettre leurs règles de dévolution et de pouvoir aux chefs de circonscriptions administratives compétentes. "Un code de conduite générale des chefs coutumiers et traditionnels est élaboré par la structure de coordination de la chefferie coutumière et traditionnelle" souligne l'article 44.

Erwan Compaoré
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Burkina/Personnalités de l'année, édition 2025 : 14 distinctions attribuées à des personnes physiques et morales

Wed, 21/01/2026 - 17:55

La cérémonie de distinction des personnalités de l'année, édition 2025, organisée par le journal L'Économiste du Faso, s'est déroulée, dans la soirée de ce mardi 20 janvier 2026 à Ouagadougou. Cette deuxième édition a été placée sous le patronage du président de l'ALT, représenté par son 4ᵉ vice-président, Daouda Diallo, et la présidence du ministre en charge de la communication, Gilbert Ouédraogo, avec le marrainage de la directrice générale de Coris Bank International Burkina, Gisèle Gumedzoe.

C'est dans l'espace plein air du Musée national, cadrant avec le thème choisi « rites et saveurs du terroir », bourré de monde, que la liste des personnalités de l'année, édition 2025, a été dévoilée au public.

Elles étaient au total 14 lauréates à être distinguées dans 14 catégories au cours de la soirée de ce mardi 20 janvier 2026, dans une ambiance festive où joie et reconnaissance se lisaient sur les visages à l'image de l'équipe des services de santé des armées. Entouré de son équipe, le directeur central des services de santé des armées, le médecin-colonel Romaric Toé, dont le service a été primé dans la catégorie « Santé », n'est pas allé par mille chemins pour exprimer leur reconnaissance.

le directeur central des services de santé des armées, le médecin-colonel Romaric Toé entouré de son équipe pour témoigner leur reconnaissance

« Quand vous travaillez et que vous vous dites que personne ne regarde ce que vous faites, et puis, on vous dit que vous êtes distingué comme personnalité de l'année dans la catégorie santé, c'est d'abord un sentiment de fierté pour toute l'équipe. Mais en même temps, c'est une invite à continuer à persévérer dans la même lancée. C'est un service interarmées et en même temps c'est un service qui œuvre pour la santé de la population. À titre d'exemple, courant l'année 2025, plus de 320 000 consultations ont été réalisées au profit des civils, et beaucoup d'autres services sanitaires ont été également menés au profit des civils », a-t-il affirmé.

Comme le médecin-colonel Toé et son équipe, Tinkuilga Nana, le vieux qui avait fait la Une de l'actualité pour son don d'un sac de ciment à Faso Mêbo, qui a été récompensé dans la catégorie société, a lui aussi exprimé sa satisfaction pour cette double reconnaissance.

Tinkuilga Nana, le vieux qui avait fait la Une de l'actualité pour son don d'un sac de ciment à Faso Mêbo

Par ailleurs, cette cérémonie, qui a mobilisé plus de 300 invités de tout rang, s'est tenue surtout en présence des autorités du pays. En rappel, la cérémonie, placée sous le patronage du président de l'Assemblée législative de transition (ALT), représenté par son 4ᵉ vice-président, Daouda Diallo, a été présidée par le ministre en charge de la communication, Gilbert Ouédraogo, sous le marrainage de la directrice générale de Coris Bank International, Gisèle Gumedzoe.

Tour à tour, ils se sont relayés au pupitre pour féliciter et encourager les personnes physiques et morales qui ont été distinguées, tout en les invitant à continuer à impacter la société par leurs actions et leurs parcours inspirants.

Photo de famille de quelques lauréats

Prenant la parole à son tour, la directrice de publication de la structure organisatrice de l'évènement, L'Economiste du Faso, Sandrine Sawadogo, a exprimé sa satisfaction quant à la tenue effective de cette deuxième édition des personnalités de l'année. Tout en rappelant les critères sur lesquels ces lauréats ont été choisis. Ainsi, ces personnalités ont été choisies sur plusieurs critères, dont la moralité de la personne, son impact social, son parcours et le fait de n'avoir pas été primées ces trois dernières années, a-t-elle souligné, tout en précisant qu'en clair les chefs de desk de L'Économiste du Faso suivent au fil de l'année l'actualité de leurs secteurs respectifs, en retenant les faits les plus importants.

Photo de famille des lauréats, des autorités et partenaires, ainsi que des organisateurs

Ci-joint la liste des 14 catégories et des lauréats.

1- Société : Tinkuilga Nana, le vieux qui avait fait la Une de l'actualité pour son don d'un sac de ciment à Faso Mêbo

2- Culture : Dany Kouyaté (l'Étalon d'or 2025)

3- Sport : Cheick Ahmed Sanou dit Iron Biby

4- Éducation : Dr Kadiatou Soré

5- BTP : Maxime Sawadogo, PDG ACME

6- Santé : services de santé des armées

7- Assurance : Sunu Assurances Burkina Faso

8- Industrie : complexe industriel de détergent Fassi

9- Finance et bourses : Fidélis Finances

10- Services : direction générale des douanes

11- Commerce : SONABHY

12 : Agriculture : Inoussa Ouédraogo, président de l'Union nationale des producteurs semenciers du Burkina

13 : Mines : Soleil Resources International (SRI) de l'homme d'affaires Inoussa Kanazoé

14 : Banque : La Banque postale du Burkina

Yvette Zongo
Crédit photo : Auguste Pare

Avis de recrutement de Quatre (04) Commerciaux et d'Un (01) Superviseur Commercial

Wed, 21/01/2026 - 17:30

Le cabinet PCI SARL pour le compte d'une entreprise de la place dynamique et en pleine croissance, recrute afin de renforcer ses équipes commerciales :
Postes à pourvoir :
• Quatre (04) Commerciaux
• Un (01) Superviseur Commercial

Missions principales :
Commerciaux :
• Prospecter de nouveaux clients et développer le portefeuille existant
• Assurer la vente des produits/services de l'entreprise
• Atteindre les objectifs commerciaux fixés
• Assurer le suivi et le reporting des activités
Superviseur Commercial :
• Encadrer, animer et motiver l'équipe commerciale
• Mettre en œuvre la stratégie commerciale
• Suivre les performances des commerciaux et proposer des actions correctives
• Produire les rapports d'activités à la hiérarchie
Profil recherché :

Commerciaux :
• Niveau BAC minimum
• Minimum 1 an d'expérience en vente ou prospection commerciale
• Bonne capacité de communication et de négociation
• Dynamisme, intégrité et esprit d'équipe
Superviseur Commercial :
• BAC+3 minimum en commerce, marketing ou domaine équivalent
• Minimum 3 ans d'expérience dans la supervision d'une équipe commerciale
• Leadership, sens de l'organisation et esprit d'analyse

Dossier de candidature :
• Curriculum Vitae (CV)
• Lettre de motivation
• Copie du diplôme correspondant au poste
• Documents justifiant l'expérience professionnelle (attestations de travail/certificats)

Lieu de dépôt des candidatures :
Ouagadougou, au siège du cabinet PCI SARL, situé à 100 mètres de l'Hôpital Pédiatrique Charles De Gaulle, sur l'axe de l'échangeur de l'Est.
Contacts : (+226) 25 36 78 01 / 78 72 40 60 / 76 31 09 61
E-mail : pciconseils.sarl@gmail.com

Date limite de dépôt des candidatures : 30 janvier 2026 à 17h00

Master 2 en “Analyse et politiques économiques” et Master 1 en “Fiscalité et gestion de l'entreprise” : Appel à candidatures pour le recrutement d'auditeurs

Wed, 21/01/2026 - 17:30

Les Masters en Analyse et politiques économiques (APE) et en Fiscalité et gestion de l'entreprise (FGE),
sont conçus et mis en œuvre conjointement par l'Université Senghor d'Alexandrie et l'Institut des finances publiques du Burkina (IFPB). La formation se déroule en cours du soir et en présentiel au siège de l'IFPB à Ouagadougou.

Liens pour postuler :

Master 2 APE : https://sites.google.com/d/0BzctXAp9OcsDcmFSTWdtRi0ydmM/p/1-8ZAk1tGHxbZsSAcxcMwHJylMW9f2pfB/edit?resourcekey=0-0wNU8wmrdYxfpXRWmpDQ3A

Master 1 FGE : https://sites.google.com/d/0BzctXAp9OcsDcmFSTWdtRi0ydmM/p/1J26VTJWFYqKB-KUyed6Cp1OVqV2ZnNyr/edit?resourcekey=0-0wNU8wmrdYxfpXRWmpDQ3A

Categories: Afrique, Union européenne

Hommage à Dr Ganguewilgba Désiré KARGOUGOU : Une vie de dignité, de service et d'altruisme

Wed, 21/01/2026 - 17:28

Médecin de santé publique, précédemment en service au Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme (CNRFP), le Dr Ganguewilgba Désiré KARGOUGOU est décédé le vendredi 16 janvier 2026 à Ouagadougou, des suites de maladie. Dans cette réaction, Dr Edith Christiane Bougouma rend hommage à un homme qui n'a pas seulement exercé la médecine mais a incarné la bonté.

Dr Ganguewilgba Désiré KARGOUGOU, jamais je n'aurais imaginé écrire ces mots à ton propos, ni un jour, ni si tôt.
La brutalité de la nouvelle, stupéfiante, de ton rappel à Dieu, nous confronte hélas au mystère de la vie, de la destinée…
Médecin de santé publique et clinicien hors pair, tu as, par ton labeur et ta rigueur en recherche comme en pratique, contribué de manière significative au bien‑être des populations d'ici et d'ailleurs. Individuellement, chaque participant, chaque patient ayant croisé ton chemin repartait marqué à jamais par la qualité de ton écoute, ton empathie, ta compassion, ton humanisme tout court.

Humble et discret, tu avais toujours le mot juste, celui qui préserve la dignité de toute personne, en toute situation. Psychologue né, tu possédais cette faculté rare de remonter le moral, de susciter l'espoir et de raviver l'envie de vivre chez la personne la plus désespérée.

Dans tes travaux de recherche comme dans tes consultations cliniques, tu n'as jamais ménagé aucun effort. Tu as tout donné, sans réserve, sans compter ton temps, ton énergie, ni même ton argent.

Sans distinction de titre ou de classe sociale, tu écoutais, soignais et accompagnais gratuitement, allant parfois jusqu'à prendre en charge financièrement les ordonnances et ce, toujours avec une bienveillance désarmante.

Ta seule présence apaisait avant même que le traitement ne commence. Elle rassurait : le travail serait de qualité, rigoureux, conforme aux principes éthiques, déontologiques et d'honnêteté intellectuelle.

Altruiste jusqu'au presque reniement de soi, tu ne vivais pas pour toi, mais pour les autres. 
Tu guérissais au‑delà des blessures visibles.
Tu étais la figure du médecin disponible, intègre et profondément humain. Tous ceux qui t'ont connu ou côtoyé en témoigneront.
Tu marchais sans bruit, mais dans le sillage de ton action, s'imprimait toujours une empreinte de dignité, d'humanité, d'amour de l'autre.

Tu te voyais en chacun de tes interlocuteurs ; conséquemment, tu traitais l'autre mieux que tu ne souhaitais être traité.
Ton sens raffiné du service restera une référence pour tous ceux qui œuvrent pour le progrès collectif.
Et s'il fallait t'attribuer une devise, ce serait celle‑ci :
« Si ta force ne sert pas au plus faible, tu es plus que faible. »

Plus personnellement, ta douce voix, comme une pure symphonie, me manquera…
Tu m'appelais affectueusement ma Grando, avec cette chaleur simple mais profonde qui disait tout : sincérité, respect, amitié, bienveillance.
Je te portais la même attention et je vivrai désormais avec la claire conscience des leçons d'humanité que tu nous laisses.

Tu commentais mes pas, mes mots, mes publications, mes couleurs… comme on veille sur une flamme.
Tu avais ce don rare de voir les gens, de les reconnaître et de les élever.
De plus, Je n'oublierai jamais la délicatesse avec laquelle tu m'as soutenue durant la maladie puis le décès de mon cher papa.
Tu ne l'as pas fait avec la distance d'un médecin, ni comme un collègue quelconque, ni comme un ami ordinaire, mais comme un véritable frère dans l'âme. 

En définitive, mon frère Ganguewilgba Désiré, tu as vécu conformément au sens profond de tes prénoms.
Ganguewilgba, littéralement en mooré peut signifier ‘'modèle'', ‘'montrer par l'exemple''.
Et nul ne peut ignorer que toute ta vie a été un modèle pour tout être doué d'intelligence.
Et comme tous les bons modèles sont désirables, tu étais véritablement Désiré.
Tu donnais comme on respire : naturellement, profondément.
Même dans la souffrance de la maladie, tu as gardé un cœur bon. 

Dr G. Désiré KARGOUGOU, tu es parti à pas feutrés, comme tu as vécu.
Tu t'es entièrement donné aux autres, mais ta grande pudeur, ta grande dignité ne t'ont jamais permis de demander ou de réclamer une assistance que tu méritais pourtant largement.

Avec ta culture de l'intimité comme philosophie existentielle, avec ta foi en Dieu et en ta destinée, tu as comme célébré ton sort, jusqu'à la mélancolique surprise que ton décès nous laisse.

Nous pleurons, mais nous acceptons et louons Dieu pour tout ce qu'Il fait.

Tu as vécu utile. Comme le dit si bien un proverbe : « Ce que nous faisons pour les autres demeure et est immortel. »
Ce n'est pas la longueur d'une vie qui importe, mais son utilité. »
Tu laisses un vide immense, mais aussi une lumière : celle de l'exemple.

 Que ton âme repose en paix.
 Que ton engagement continue de nous élever.
 Que ton œuvre demeure une source d'inspiration.
 Que ton souvenir soit une bénédiction.
Et pour nous, encore vivants, demeure le devoir de perpétuer son héritage dans nos pratiques, nos valeurs et nos engagements quotidiens.

Dr G. Désiré KARGOUGOU n'a pas seulement exercé la médecine : il a incarné la bonté.
Puisse cette bonté continuer de soigner nos mémoires.

Dr Bougouma Edith Christiane
LadyQualityCulture
Dans la gratitude, la mémoire et la lumière
Un fil de lumière pour honorer ton passage
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Categories: Afrique

Burkina - Suisse : Vers un partenariat renforcé au service du développement durable

Wed, 21/01/2026 - 17:21

Le Burkina Faso et la Confédération suisse réaffirment leur volonté commune de consolider un partenariat stratégique au service du développement. C'est le sens des échanges tenus le 20 janvier 2026 à Ouagadougou entre le ministre de l'Économie et des finances, Dr Aboubakar Nacanabo, et Philippe Stalder, ambassadeur et chef de la division Afrique du département fédéral des Affaires étrangères de la Suisse.

Les discussions ont porté sur les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale, notamment à travers une orientation plus ciblée des financements vers des projets à fort impact socio-économique, en adéquation avec les priorités nationales du Burkina Faso.

À cette occasion, le diplomate suisse a salué la résilience de l'économie burkinabè, soulignant les performances enregistrées malgré un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires. Il a également reconnu les efforts constants des autorités burkinabè pour préserver les équilibres macroéconomiques et poursuivre les réformes structurelles.

Réaffirmant l'engagement de son pays, la Suisse a exprimé sa disponibilité à accompagner durablement le Burkina Faso, dans un esprit de partenariat respectueux, efficace et orienté vers les résultats.

En retour, le ministre de l'Économie et des finances a apprécié la qualité de la coopération suisse, qu'il a qualifiée de discrète mais efficiente, tout en réitérant la volonté du Gouvernement de renforcer cette collaboration au bénéfice direct des populations burkinabè

Lefaso.net
Source :
Ministère de l'Économie et des finances

Categories: Afrique

Burkina/Santé : La clinique « Les Oliviers » ouvre ses portes à Ouagadougou

Wed, 21/01/2026 - 17:17

La clinique « Les Oliviers » a officiellement ouvert ses portes le mardi 20 janvier 2026 à Ouagadougou. Portée par Safiatou Ilboudo/Sawadogo, présidente du conseil d'administration et directrice générale, cette nouvelle structure privée ambitionne de renforcer l'offre de soins à travers une approche centrée sur la personne, en cohérence avec la vision nationale de souveraineté sanitaire.

Implantée dans la Zone d'activités diverses (ZAD), secteur 24 de l'arrondissement 5 de Ouagadougou, la clinique se positionne comme une structure moderne venant en appui aux formations sanitaires existantes, dans une logique de complémentarité responsable entre le public et le privé.

Pour sa promotrice, cette réalisation dépasse largement la simple mise en service d'un centre de soins. Elle constitue un engagement citoyen fort, dans un contexte national marqué par l'épreuve, la résilience et la quête affirmée de souveraineté sanitaire. « Aujourd'hui, nous n'ouvrons pas simplement les portes d'un établissement de santé, nous ouvrons un engagement envers la vie, envers la dignité humaine et envers notre pays », a déclaré Safiatou Ilboudo/Sawadogo, soulignant que la santé demeure un pilier essentiel de tout relèvement durable.

« La santé n'est pas seulement l'absence de maladie, c'est aussi un état de bien-être physique et mental », a rappelé Safiatou Ilboudo/Sawadogo

La clinique, les Oliviers repose sur une approche innovante du soin, fondée à la fois sur la modernité des infrastructures et sur des protocoles de prise en charge centrés sur la personne. « Nous mettons l'humain au centre de tout », a insisté la présidente du conseil d'administration, précisant que la santé ne se limite pas à l'absence de maladie, mais renvoie à un état de bien-être aussi bien physique que mental. Cette vision se traduit par une prise en charge globale et humanisée du patient, considéré dans toutes ses dimensions.

Coupure du ruban symbolisant l'ouverture officielle de la clinique Les Oliviers

Concrètement, l'offre de soins s'articule autour de pôles complémentaires couvrant la médecine, la chirurgie, la pédiatrie, la gynécologie-obstétrique, l'imagerie médicale et le laboratoire d'analyses. Chaque patient bénéficie d'un parcours de soins structuré, avec une coordination rigoureuse entre les équipes médicales, paramédicales et techniques, depuis l'accueil jusqu'au suivi post-thérapeutique et au retour à domicile, dans le strict respect de la confidentialité et de la dignité humaine.

Vue partielle des participants

La clinique est dotée d'un plateau technique moderne comprenant une unité d'urgences médico-chirurgicales, deux blocs opératoires répondant aux standards actuels, ainsi qu'une capacité d'hospitalisation d'environ trente lits, aménagés dans un environnement calme et sécurisé. À ces services s'ajoutent la rééducation et la kinésithérapie, des programmes de prévention et de check-up personnalisés, ainsi que des séjours de repos et de récupération sous surveillance médicale. Des approches complémentaires médicalement validées viennent renforcer cette offre intégrée, avec pour objectif d'améliorer la qualité globale de la prise en charge.

Remise symbolique d'attestation de reconnaissance à des partenaires

Parce que la qualité des soins ne se limite pas à l'acte médical, une attention particulière a également été accordée au confort et au bien-être des patients et de leurs accompagnants. La clinique les Oliviers dispose ainsi d'un restaurant et d'un service de restauration hospitalière, ainsi que d'espaces spécialement conçus pour offrir un cadre apaisant et propice à la récupération.

L'accueil de la clinique Les Oliviers

Fruit d'un projet mûri sur près d'une décennie, la clinique a vu le jour grâce à l'accompagnement de plusieurs partenaires stratégiques. Safiatou Ilboudo/Sawadogo a notamment salué l'appui du Fonds burkinabè de développement économique et social, actionnaire de la clinique, qui a contribué tant sur le plan financier que technique. Elle a également exprimé sa profonde reconnaissance aux plus hautes autorités du pays, en particulier au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi qu'aux membres du gouvernement, pour leur soutien.

Une salle d'urgence adaptée et équipée

Le ministre de la santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, parrain de la cérémonie, a salué une initiative en parfaite adéquation avec la politique nationale de santé. Il a rappelé que la vision portée par les autorités vise à renforcer la souveraineté sanitaire du pays, à améliorer la qualité des soins centrés sur la personne et à promouvoir une complémentarité responsable entre les secteurs public et privé, dans le strict respect de l'éthique médicale et des normes en vigueur. « Ce que nous inaugurons aujourd'hui n'est pas seulement une clinique privée de plus, mais une structure qui a fait le choix de la qualité, de l'organisation et d'un sens élevé de l'éthique », a-t-il affirmé.

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, saluant une initiative conforme à la politique nationale de santé

Le ministre a exhorté les professionnels de santé de la clinique les Oliviers à faire de l'intégrité, de l'humanisme et du professionnalisme les piliers de leur action quotidienne, rappelant que la blouse blanche est avant tout une responsabilité envers la vie et la confiance que les populations placent dans le système de santé. Il a par ailleurs réaffirmé l'engagement du ministère à accompagner les initiatives privées responsables qui contribuent à renforcer durablement l'offre de soins au Burkina Faso.

Des salles d'attente confortables

À travers sa devise, « Votre santé au cœur de nos défis », la clinique Les Oliviers ambitionne de devenir un pôle de référence en soins modernes, sécurisés et humanisés, non seulement à Ouagadougou, mais également au niveau national et sous-régional. Un lieu où, selon les mots de sa promotrice, l'on soigne non seulement les corps, mais aussi les cœurs, au service des patients, des familles et du pays.

Photo de famille

La clinique est située à la ZAD, au secteur 24 de l'arrondissement 05 de Ouagadougou. Pour toute prise de rendez-vous ou information complémentaire, elle peut être contactée directement par téléphone au (+226) 25 33 20 20 / 44 78 20 20 / 78 78 20 20 ou via son adresse e-mail contact@cliniquelesoliviers.bf. Les patients peuvent également accéder aux services et aux informations sur le site internet officiel de la clinique à l'adresse www.cliniquelesoliviers.bf.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

Categories: Afrique

Diplomatie : Ouagadougou et Moscou balisent de nouvelles perspectives de coopération

Wed, 21/01/2026 - 17:12

Ouagadougou et Moscou ouvrent l'année 2026 sous le signe d'un partenariat stratégique renforcé. Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu l'ambassadeur de la Fédération de Russie, Igor Alexandrovitch Martynov, pour échanger sur l'avenir de la coopération bilatérale et régionale. C'était au cours d'une audience du mardi 20 janvier 2026, à Ouagadougou.

Cette première rencontre diplomatique de l'année entre les deux parties, a permis d'aborder deux axes majeurs. D'abord, le renforcement de la base juridique des relations russo-burkinabè ; ensuite, les perspectives de coopération entre la Fédération de Russie et la Confédération des États du Sahel (AES), actuellement présidée par le Burkina Faso.

Sur le plan bilatéral, les discussions ont porté sur la signature prochaine de deux accords structurants. Le premier concerne les fondements des relations entre le Burkina Faso et la Russie. Tandis que le second prévoit la création d'une Commission intergouvernementale russo-burkinabè, destinée à dynamiser la coopération économique et commerciale entre les deux pays.

Abordant la dimension régionale, l'ambassadeur de Russie a réaffirmé la disponibilité de Moscou à accompagner le Burkina Faso durant son mandat à la tête de la Confédération AES, notamment dans la lutte contre le terrorisme. Il a également insisté sur l'importance du dialogue entre la CEDEAO et la Confédération AES, qu'il juge indispensable pour la stabilité et la sécurité de la sous-région.

En réponse, le chef de la diplomatie burkinabè a souligné l'ouverture constante des pays de l'AES au dialogue avec l'ensemble de leurs partenaires, y compris la CEDEAO. Il a par ailleurs indiqué que le Burkina Faso travaille actuellement à l'élaboration d'une feuille de route de sa présidence de l'AES, document stratégique qui définira les orientations et la conduite des relations avec les organisations régionales, après validation par les autres États membres.

Moscou a également exprimé son engagement à soutenir les positions des États de l'espace confédéral au sein des instances internationales, une posture saluée par le ministre burkinabè comme la marque d'un partenariat respectueux et en constante consolidation.

Enfin, les échanges ont permis d'évoquer l'organisation, courant 2026, de la prochaine rencontre AES–Russie, en vue de raffermir davantage les liens de coopération entre la Fédération de Russie et la Confédération des États du Sahel.

Lefaso.net
Source : Ministère des Affaires étrangères

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