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Mis à jour : il y a 1 semaine 4 jours

Une armée qui perd sa singularité est une armée qui perd son efficacité (Général François Lecointre)

mar, 20/07/2021 - 12:05

(B2) Après quatre ans de bons et loyaux services, le chef d’état-major des armées françaises François Lecointre quitte ses fonctions. Un homme qui l’art de la réflexion sur la position du militaire

(crédit : Assemblée nationale)
  • Le chef d’état-major des armées (CEMA), était devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale le 7 juillet 2021, autour d’un thème assez général : la place des armées dans la société française et la singularité militaire ». Un thème, qui lui a permis de développer ses idées personnelles. Non sans émotions.
  • François Lecointre aura vécu une période tourmentée. Il a dû d’abord rassurer les militaires après l’éviction à grand bruit par le président Macron de son prédécesseur, le général de Villiers. Il a dû ensuite affronter une période de Covid-19 qui n’a pas été évidente.
  • Enfin, il a dû gérer les tergiversations de l’exécutif sur la transformation/clôture de l’opération Barkhane au Sahel, et subir le feu de plusieurs tribunes de militaires au ton violent contre l’autorité de l’État. Ce qui était usant.

De l’art et de la discipline du militaire

De l’art militaire et de l’art d’une civilisation

L’art militaire a une singularité centrale selon le général Lecointre. « Une société s’élabore et se construit autour du fait militaire et autour de la relation à la violence et à la force. » « C’est à partir du moment où l’on peut commencer à distinguer un civil d’un militaire, à partir du moment où on peut dire à quelqu’un vous n’aurez plus en charge la mise en œuvre de cette force, car un autre ordre en a la charge, que peut commencer à naître une civilisation. » « Une distinction qu’on retrouve à l’ère médiévale entre les Oratores (ceux qui prient), les Laboratores (ceux qui travaillent), et les Bellatores (ceux qui font la guerre). »

Une très stricte discipline envers le politique

En France, la soumission au président de la République, chef des Armées, est revendiquée par le général Lecointre. « Notre honneur de soldat est d’obéir au politique, c’est une condition essentielle de la légitimité de l’action militaire ». Cette soumission a un corollaire : l’association très étroite du commandement militaire, à l’élaboration des décisions du pouvoir politique. Avec un point phare : l’éthique. Un soldat peut s’interroger sur la légitimité de l’acte qu’il doit accomplir.

Avec un corollaire : l’association étroite aux décisions

L’obéissance ne doit pas être aveugle mais intelligente, ce qui suppose une connaissance très fine du politique. Chaque échelon militaire doit garder une marge d’appréciation et de manœuvre, en ayant bien à l’esprit l’objectif final recherché. Le militaire doit donc pouvoir « contester, discuter l’ordre ». Mais une fois « l’ordre reçu », il doit être exécuté avec la « dernière des rigueurs ». Une discipline exigeante aussi pour le président de la République qui « doit savoir rentrer dans ce débat ».

Une éthique permanente

Donner la mort n’est pas facile. « Demander de transgresser ce tabou absolu est extrêmement complexe » et « nécessite une capacité à maîtriser cette violence » (1). Cela passe « par une éthique permanente qui est au cœur de la singularité militaire » dont la clé de voûte est de « donner la mort sur ordre, au risque de sa propre mort ». « Cela passe par une capacité à s’exposer soi-même au danger parce que je ne donnerai la mort qu’en sachant que je risque ma vie ».

Mourir pour son pays

Un soldat n’accepte pas « de mourir pour son pays », mais « de tuer pour son pays ». Une chose tellement difficile à faire « qu’en réalité il accepte le risque de sa propre mort et qu’en le mettant en avant il essaie de rétablir une symétrie déontologique entre la mort qu’il donne et la mort qu’il accepte de recevoir ».

Retrouver la singularité militaire

Une armée qui se civilise

En France, les armées ont été construites selon des logiques opérationnelles qui n’ont rien à voir avec les logiques civiles, pour permettre une réactivité et une montée en puissance rapide. Mais les politiques ont changé de stratégie après la Guerre froide. « Par mesure d’économie et de rentabilité, [on a] aligné l’organisation des armées sur celle du monde civil ; on a perdu cette organisation pyramidale, on a perdu la logique de stock ». « Cette civilianisation (2 est liée pour une part à une vision de stricte économie sans en mesurer les effets, en particulier en séparant les soutiens du commandement et des unités ». Il y a aussi une autre raison, « plus politique » : l’armée peut être vue comme dangereuse, « parce qu’elle serait une tentation de césarisme, et pourrait entraîner un exécutif trop fort », en écho à un « vieux débat entre républicains et monarchistes ».

Le danger de la banalisation

Or, « une armée qui perd sa singularité est une armée qui perd son efficacité ». Cette banalisation s’est faite « d’autant plus facilement » que l’armée est devenue « comme celle du Second Empire », une armée de « corps expéditionnaire ». Face aux menaces, « une armée qui n’est qu’une armée de corps expéditionnaire n’est pas capable de défendre son pays », alerte le général pour qui il faut « absolument » reconstituer cette singularité militaire « dans toutes ses dimensions ». NB : un point qui revient à plusieurs reprises dans son exposé.

La France a-t-elle la capacité d’être un acteur stratégique

Pour être un acteur stratégique, il faut « une vision, une volonté et des capacités ». La France « est un des seuls pays d’Europe – avec la Grande-Bretagne – à avoir une vision ». Elle repose sur « un ordre international multipolaire avec des relations de puissance qui sont équilibrées entre ses pôles et régulées par le droit international ». Dans cet environnement, « il faut plusieurs puissances et l’Europe doit être une de ces puissances ». La France a les « capacités d’exprimer cette volonté et d’élaborer cette vision », estime le général d’armée. Le Livre blanc, la revue stratégique et la loi de programmation militaire (LPM) sont des « exercices d’élaboration de cette vision ». « Nous avons une capacité à élaborer une vision dans le champ militaire, géopolitique et international qui est proprement stupéfiante et unique en Europe ».

Une prise de conscience européenne en cours

Pour faire grandir les capacités en Europe, « il faut s’appuyer sur la prise de conscience que commencent à avoir les Européens » en matière géopolitique. « Nous allons disparaître si nous ne basculons pas dans la deuxième phase de construction géopolitique de l’Union européenne ». Le général salue ainsi la prise de conscience progressive en Europe « des enjeux qui mettent en danger la sécurité européenne et sa prospérité ».

L’armée du futur

La question démographique

Les questions « environnementales et démographiques », en particulier, entraînent une « obligation » pour les Européens à aider les pays africains dans leur développement « dont dépend absolument notre sécurité ». Il ne faudrait pas que « le doublement de population d’ici 2040 ou 2050 se traduise par de mouvements de grande migrations mais au contraire par le développement de l’Afrique pour que les gens aient un avenir chez eux ».

Le futur : savoir monter en puissance au-delà de 260.000 hommes

« En réalité, les armées manquent de profondeur et d’épaisseur organique ». La LPM (loi de programmation militaire) actuelle « ne permet pas de faire une armée de masse importante [mais] elle permet de consolider un modèle complet, de restaurer les fonctions qui étaient en train de disparaître, de préserver des compétences ». Une fois que ce modèle a été « préservé, sauvegardé et modernisé », à l’horizon 2030, se posera la question de la montée en puissance : « En combien de temps et à quel prix je suis capable de passer d’une armée de 260.000 hommes à une capacité d’engagement au combat très supérieure ? ».

Une armée petite par rapport à la Chine et la Russie

« Nous sommes une armée puissante certes, mais par rapport à la Chine ou à la Russie, nous sommes une petite armée ». Cela devra passer par des alliances. « D’où l’intérêt de travailler avec les Européens à ce qu’on est capable de mettre sur pied pour regrouper nos efforts ». Ce qui inclut d’avoir une capacité de « coopération opérationnelle » et en matière de « normes industrielles et technologiques ».

(Agnès Faure, st., avec Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Il faut distinguer les forces de l’ordre « qui n’ont la possibilité de tuer qu’en situation de légitime défense, c’est-à-dire pour protéger une vie qui est agressée » — et les forces armées « qui ont cette obligation redoutable de mettre en œuvre la force de façon délibérée y compris jusqu’au point de tuer ». C’est inhérent à l’État de droit : « On ne peut le faire que lorsque la nation, son existence même, est en danger ».
  2. Ouverture des forces armées à la présence, voire l’ingérence de civils.

À écouter ici : le passage du général Lecointre devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale. Un véritable cours de philosophie militaire.

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Catégories: Défense

Une attaque au camp d’EUTM Mali à Koulikoro

lun, 19/07/2021 - 17:01

(B2) Trois inconnus ont ouvert le feu, dimanche (18 juillet) vers 6h du matin, à l’entrée du camp de formation de l’armée malienne de Koulikoro, base également des formateurs européens de la mission EUTM Mali. Les agresseurs ont « utilisé des armes à feu de poing » signale la mission. La sécurité du camp a alors « riposté ». « Les assaillants ont fini par s’enfuir. »

(NGV)

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Catégories: Défense

Dans les coulisses de la task force Takuba (Ltt-Col. François)

mer, 14/07/2021 - 16:12

(B2) Travail avec les Européens, coopération avec les Maliens, renseignement, planification, opérations… Le lieutenant-colonel François au béret rouge, issu des forces spéciales, connait bien la task-force Takuba pour en avoir planifié la montée en puissance, puis l’avoir commandé en début d’année. Sa parole rare, mais d’or

Le lieutenant colonel François (en béret rouge au centre) défile, avec un groupe de militaires européens, en tête du défilé militaire ce 14 juillet. Les Suédois sont reconnaissables à leur tenue plus claire et béret vert olive, les Italiens à leur béret bleu.

Il est parfois difficile de savoir comment travaillent les ‘Takuba’, comment Français, Européens et Maliens interagissent. Un officier supérieur des forces spéciales s’est prêté au jeu des questions réponses de façon ouverte avec B2.

Comment est née l’idée de Takuba, de voir des forces spéciales européennes opérer ensemble au Sahel ?

— Tout simplement d’une forte appétence des pays européens à venir travailler au Sahel avec les forces spéciales françaises. Nous avons eu nombre de discussions informelles, dans des groupes de travail, des séminaires internes de l’OTAN, ou dans le cadre du salon Sofins… Nous avons parfois travaillé ensemble sur d’autres théâtres.

Une appétence ? C’est étonnant. Ce n’est pas l’impression qu’on a à l’extérieur

— Elle est présente. Je peux en témoigner. Le CPCO [Centre de planification et de conduite des opérations] reçoit des appels de quasiment tout le monde. Pour l’instant, l’appétence est même un peu plus forte que le besoin. On cherche plutôt à réguler la génération de force pour que tout le monde ne vienne pas en même temps et pouvoir durer dans le temps. [NB : les Suédois sont là jusqu’en 2022, il faudra les remplacer]

Comment expliquez-vous cet engouement ?

— D’un côté, d’un point de vue militaire, il y a une certaine confiance dans les forces spéciales françaises, dans notre réputation. Les Européens veulent découvrir un nouveau terrain, partager le savoir faire africain que nous avons acquis. Il y a le sentiment aussi de pouvoir améliorer leurs procédures, leurs connaissances. De l’autre côté, au niveau politique, la France a demandé aux pays européens de davantage s’engager. Et, côté européen, on sent une réelle inquiétude et une volonté de régler la situation au Sahel. C’est un peu à la rencontre entre ces convergences de volontés militaires et politiques que se situe cet engagement. Même si, parfois, le chemin peut être long entre l’appétence militaire et la décision politique finale.

La fin de l’engagement de l’Afghanistan a aussi aidé ?

— C’est vrai. La fin des opérations en Afghanistan, la réduction de voilure en Iraq libèrent des forces et les rendent disponibles.

Que proposez-vous de si spécifique par rapport aux autres engagements multinationaux de si intéressant pour eux ?

— Ils ne viennent pas s’intégrer dans une coalition existante, ils viennent chercher une coopération. Nous avons aussi une ouverture la plus complète possible à l’information et au renseignement. C’est très différent du renseignement des opérations multinationales [NB : les Américains partagent le renseignement de façon assez ouverte qu’avec le réseau des ‘Five Eyes’ (Royaume-Uni, Canada, Australie, etc.), mais de façon plus limitée ailleurs]. Tout ce qui est récolté au sein de la task-force Takuba est partagé immédiatement, entre nous, avec l’ensemble des partenaires. C’est un peu plus difficile et plus long pour déclassifier des renseignements classifiés français. C’est un défi pour nous. Mais on y arrive.

Il y a quand même de grosses différences par rapport à l’Afghanistan pour les Européens ?

— Ils découvrent une nouvelle culture. Avec les Afghans et Iraquiens, les rapports étaient, en quelque sorte, très professionnels. Ici, avec les Maliens, on est beaucoup plus intégrés avec les troupes locales. Il y a une proximité qu’il n’y avait pas en Afghanistan. On discute, on vit, on mange avec eux. C’est une grosse différence. Les Européens ont été un peu surpris, c’est vrai, au départ. Mais il se sont ouverts assez vite.

Comment arrivez-vous à travailler ensemble, alors que vous venez d’armées différentes ?

— Pas si différentes. Nos forces sont totalement interopérables, notamment grâce au travail réalisé au NSHQ, le quartier général des opérations spéciales de l’OTAN (1). Cela a une fonction normative sur nos capacités, nos compétences techniques (comme le guidage aérien, soutien médical, etc.). Tout cela — comme l’école des forces spéciales à Chièvres — nous a beaucoup aidé. Quand des Estoniens arrivent avec des Français, cela matche donc tout de suite. Il n’y a pas besoin de s’entraîner durant plusieurs semaines pour s’initier aux procédures. Nous avons les mêmes. Idem à l’état major. Les modalités de planification et de conduite sont assez semblables, dans l’esprit des forces spéciales, de bottom-up.

Qu’entendez-vous par bottom-up ?

— Ce n’est pas l’état major qui dicte, mais les task-group en commun avec leur ULRI malienne [unité légère de reconnaissance et d’intervention] qui font remonter les propositions. À l’état-major ensuite de mettre cela en musique, de synchroniser, de vérifier.

Dans la pratique, cela donne ?

— Le ‘Com TG’ [commandant de la task-group] a des contacts quotidiens avec les forces armées maliennes [FAMA]. Ils repèrent ensemble des zones d’intérêt. Par exemple, un lieu où on n’a pas été depuis longtemps, où il y a une opération civilo-militaire (CIMIC) qui se déroule, ou si on veut reconnaitre un point donné, ou tout simplement si on a du renseignement…

D’où vient ce renseignement ? Est-ce côté malien, de votre côté, du côté des Takuba ?

— Je resterai discret sur ce point. Ce que je peux vous dire c’est que les Maliens ont des informations. Nous en avons également. Il y aussi des officiers européens sur le terrain chargés du recueil du renseignement, et de l’analyse et du traitement des informations à l’état-major…

… et on peut alors planifier ?

— Oui. De ce travail sort une zone où on peut opérer. De son côté, le ‘Com TF’ [commandant de la task-force] mène des contacts opérationnels avec des Maliens pour décider d’une opération. Les Takuba vont alors planifier une opération. Un Conops [concept d’opération] est mis au point, qui sera validé par les commandements et l’état-major de la task-force. Nous impliquons au maximum les Maliens. C’est leur territoire. Ils le connaissent bien. Et notre objectif n’est pas de planifier des opérations, mais que les Maliens soient en position de planifier eux-mêmes leurs opérations.

Du coup, vous êtes capables de réagir vite ?

— C’est la spécificité des forces spéciales : avoir beaucoup de souplesse, être capable de réagir vite, de changer rapidement leur fusil d’épaule.

Comment se passe la coopération avec les Maliens ?

— C’est le même principe que pour la planification. L’approche de Takuba, ce sont des opérations des FAMA, où ils sont actifs. Le but n’est pas qu’ils jouent la partition dressée par nous ou de mener le combat à leur place. Le but est qu’ils fassent l’opération. On apprend ainsi aux ULRI maliennes à rouler et éviter les IED [engins explosifs improvisés] (2). On leur met les capacités qui les assurent et les réassurent [NB : soutien médical, appui feu, etc.]. Progressivement, au fur et à mesure qu’ils auront les capacités, on mettra de moins en moins d’accompagnement et soutien. J’en ai été le témoin. Au début des opérations, en cas de prise à partie, ce seront les forces spéciales qui règleront le problème rapidement, monteront à l’assaut concrètement. Mais, au bout de quelques mois, on fera un effort de ne pas monter à l’assaut — c’est un réel effort de ne pas s’engager je peux vous assurer — pour que les Maliens règlent le problème eux-mêmes. Cela progresse. En janvier, ce n’était pas le cas, maintenant ils y vont.

La nuit, le jour, …

— Il y a beaucoup de fantasmes sur les forces spéciales. C’est très simple en fait. On part au combat avec les Maliens, on les accompagne. On est peu dans l’inverse de l’action habituelle des forces spéciales, avec beaucoup de technicité. Ici c’est un travail de générosité, plus que de technique. Ce sont de petites équipes qui partent. On retrouve un peu l’esprit des colonnes de Stirling (3). Ces vieilles patrouilles de forces spéciales dans le désert, la chaleur, le sable, les camps qu’on monte dans la nuit. C’est un peu l’aventure. Avec des véhicules qui cassent, qui crèvent, où il faut attendre, se protéger, et attaquer. Et souvent improviser.

Quel est l’enjeu aujourd’hui pour la task-force. Faut-il grossir ?

— Pas automatiquement. Le volume [NB : environ 600 hommes] est le bon aujourd’hui. Ce qu’il nous faut davantage, ce sont des capacités. On l’oublie souvent. Mais dans une opération, il y a plus de la moitié de forces conventionnelles qui fournissent du soutien, de la protection, des capacités de Medevac. Aujourd’hui, on s’appuie essentiellement sur les capacités de Barkhane. Mais si celles-ci ne sont pas disponibles, on ne peut pas intervenir. L’accompagnement au combat des FAMA peut être assez limité en hommes. Mais nous avons toujours besoin de soutien, d’appui feu, de soutien médical. C’est vital. L’enjeu pour Takuba c’est donc de devenir autonome…

… cela commence avec les Italiens qui arrivent avec de grosses capacités ?

— Oui. Ils sont en cours de déploiement avec trois hélicoptères Chinook et 3 hélicoptères et du soutien médical. Ce qui est important. Sans moyens médicaux, d’Evasan (évacuation sanitaire), on ne monte pas une opération.

Vous avez aussi une QRF, une Quick Reaction Force, armée par les Suédois aujourd’hui. Elle est déjà sortie ?

— Elle a été engagée de nombreuses fois. Ce n’est pas juste une réaction en cas de coup dur. C’est une force d’intervention, qui peut aussi être utilisée de façon pré-planifiée, faire une intervention tactique, pour avoir un effet sur le terrain de plus grande ampleur. Très utile.

Comment travaille-t-on au jour le jour avec des Estoniens, Tchèques, Suédois, pas spécialement francophones ? En anglais en français ?

— Sur le terrain, la langue est le français. Celle que les Maliens parlent. À l’état-major, la langue de travail est l’anglais. Nos contributeurs européens ont cependant fait un effort pour mettre en formation en langue française leurs opérateurs, pour être à l’aise, avec les Français comme les Maliens. Sinon on a des traducteurs Anglais-Bambara, Anglais-Français, Français-Touareg, etc. A l’expérience, tout ça est assez fluide. On se débrouille. C’est le principe des forces spéciales.

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Situé à Mons, au SHAPE, le quartier général alliés, il regroupe outre les pays membres de l’Alliance, la Finlande, la Suède et l’Autriche.
  2. Les ULRI équipées par France et Barkhane avec des véhicules et motos ont été conçues pour être plus souples et légères d’emploi, aussi mobiles que les groupes terroristes.
  3. Militaire britannique engagé dans les commandos de l’armée britannique au Moyen-Orient, David Stirling développe en 1941-42 le concept du SAS, le Special Air Service, avec de petites unités (de 25 hommes) opérant dans le désert, derrière les lignes allemandes ou italiennes, à bord de Jeeps, de façon autonome, afin de vaincre.

Entretien individuel réalisé par téléphone le 13 juillet 2021

Pour prolonger cette conversation, voir le reportage sur LCP

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Catégories: Défense

Une réunion des ministres sur la task-force Takuba. A 26 pour faire le point

mer, 14/07/2021 - 00:23

(B2) Après les annonces d’Emmanuel Macron sur la réorganisation de l’opération Barkhane et la nouvelle place donnée à Takuba, il était nécessaire de faire le point avec les différents pays européens engagés ou intéressés par l’opération

réunion ministérielle en VTC (MOD Roumanie)

Les ministres de la Défense ou leurs représentants de 26 pays ont participé à une réunion par vidéo-conférence ce mardi (13 juillet). Certains étaient déjà à Paris pour assister au défilé du 14 juillet qui verra les troupes de Takuba à l’honneur et défiler en tête.

Faire un état des lieux

Objectif de la réunion selon un des participants : « évaluer les derniers développements au Mali » et « aborder les questions de coopération dans le domaine de la sécurité, de la stabilité et de la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel ».

Rechercher le plus grand soutien international

Les participants ont surtout « pris acte » du projet de reconfiguration de l’engagement français au Sahel, annoncé vendredi dernier par le président français Emmanuel Macron. Ils « se sont engagés à rechercher le plus grand soutien international possible pour la stabilisation des pays du G5 Sahel et leurs programmes de lutte contre le terrorisme », rapporte l’un des participants.

La formation en ligne de mire

La future participation des alliés internationaux devrait « se concentrer sur la formation et le renforcement des capacités des forces armées nationales locales », à travers deux outils : la Task Force Takuba et la mission de formation de l’Union européenne de formation EUTM Mali. Enfin, ils ont adressé un message aux autorités maliennes pour qu’elles « suivent le calendrier électoral adopté lors du sommet de la CEDEAO en juin ».

26 pays participants

Étaient représentés à la réunion, outre la France* : 17 membres de l’UE (Allemagne, Belgique, République tchèque*, Chypre, Danemark*, Estonie*, Grèce, Hongrie, Italie*, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Portugal*, Roumanie*, Slovaquie, Espagne, Suède*), quatre pays proches (Royaume-Uni, Norvège*, Serbie, Ukraine), deux Nord-Américains (Canada, États-Unis) et les deux pays africains les plus concernés (Mali, Niger).

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Des pays qui contribuent directement sur le terrain ou ont déjà décidé de contribuer dans un avenir proche. On arrive ainsi à huit pays participants (en plus de la France). Notre classification est légèrement différente de celle établie officiellement qui prend en compte tous les pays qui envoient seulement un officier dans l’état-major, mais pas sur le terrain.

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La Norvège va rejoindre Takuba à l’automne

mar, 13/07/2021 - 21:03

(B2) Oslo va envoyer pour la première fois des troupes dans la task-force Takuba au Mali. Le gouvernement norvégien l’a confirmé ce mardi (13 juillet)

Le détachement Air de la Minusma (Forsvaret.no)

Cette contribution consistera en un « petit nombre de soldats » qui seront incorporés dans la contribution suédoise, indique le communiqué officiel. Deux officiers participeront également au quartier général de la task-force Takuba. Ils arriveront « au cours de l’automne » et resteront sur la même durée que les Suédois, en 2022. Cette contribution s’ajoute à celles des Estoniens, Tchèques et Suédois (déjà présents) et des Italiens (en cours de déploiement).

Oslo avait envisagé, au lancement de Takuba, d’y participer. Mais le gouvernement y avait renoncé, faute de majorité au parlement norvégien. « Nous manquons de soutien au Storting, nous sommes arrivés à la conclusion que la Norvège ne rejoindra pas cette force maintenant », avait alors justifié le ministre de la Défense norvégien, Frank Bakke-Jensen (Lire: Force Takuba : qui participe, observe ou simplement soutient ? (v4))

L’armée norvégienne est aussi présente au Mali dans le cadre de la mission des Nations-Unies (MINUSMA) avec l’envoi d’un détachement Air avec un avion C-130J.

(NGV)

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Dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE – PSDC (juin 2021)

lun, 12/07/2021 - 16:03

(B2) La formation occupe une place prépondérante dans nombre de missions de l’Union européenne. Les circonstances dans lesquelles elle se déroule sont tout aussi variées, sous 45°C, sur terre, sur mer, en forêt, à Rome même… 

Lviv, Odesa, Kharkiv et Donetsk (Ukraine). Communiquer moins, mais mieux : le conseil fait à la police

La mission de conseil aux forces de sécurité intérieure ukrainiennes (EUAM Ukraine) s’était donnée deux ans pour améliorer la communication régionale de la Police nationale d’Ukraine (NPU). Le projet vient de se terminer. Des conseillers en communication de l’unité de communication stratégique (StratCom) de l’EUAM ont accompagné des équipes dans quatre régions du pays, en partant de l’analyse des pratiques, de conseils, formation et dons d’équipements pour faire évoluer ces pratiques. Une opération dont peuvent s’inspirer aujourd’hui les autres régions. Plus de détails ici

De nouveaux équipements (caméras, logiciels de montage, etc.) participent à l’amélioration de la communication (crédit : EUAM Ukraine)

Gao (Mali). Sur les terrains d’entraînement, le mercure ne descend jamais en dessous de 44°C…

Des visages « burinés et endurcis ». Ce sont ceux d’ex-combattants non gouvernementaux. Ils ont été dans des camps opposés lors de conflits passés. Ils sont depuis engagés dans le DDR comme on l’appelle, le processus « désarmement, démobilisation et réinsertion ». Ils ont été constitués en unités au sein des FAMA (les forces armées maliennes) et sont redéployés dans le Nord du pays. En juin, c’était au tour de la mission de l’UE de formation de l’armée malienne d’assurer la formation de 68 d’entre eux. La suite du reportage est à lire ici

(crédit : EUTM Mali)

Centrafrique. Formation sous escorte…

Fin juin, le vice amiral Hervé Bléjean, directeur de l’état-major militaire de l’UE, s’est déplacé à Bangui pour suivre, sur le terrain, les activités de formation de la mission d’entraînement militaire en République centrafricaine (EUTM RCA). Il a également assisté aux entraînements de l’EUTM (BIT7 et bataillon amphibie) en même temps que la presse.

(Crédits : EUTM RCA)

 

(Crédits : EUTM RCA)

Niamey (Niger). Bilan, perspectives et nouveauté !

C’est le 5e bilan, à mi-parcours, rendu par la mission d’appui aux forces de sécurité intérieure (EUCAP Sahel Niger) depuis son premier déploiement, en août 2012. L’occasion aussi de dresser les perspectives compte tenu des « nouvelles orientations » du partenariat entre le Niger et l’Union. La mission va développer son soutien au niveau stratégique auprès des ministères et des forces de sécurité intérieure. Plus de détails ici. La mission a débuté fin juin, une formation destinée au personnel des Eaux et Forêts. Une première ! Le motif ? Ce personnel participe bel et bien à la sécurité en contribuant à la protection de l’environnement, la lutte contre le braconnage, l’orpaillage illégal et la pollution des eaux. 

(crédit : EUCAP Sahel Niger)

Golfe d’Aden (Somalie). Le partage d’informations s’exerce aussi 

Les exercices en mer entre la Task Force 465 de la forme maritime européenne chargée de combattre la piraterie maritime (EUNAVFOR Somalia) et le navire Trikand de la marine indienne, mi juin, se sont complétés, sur terre, d’exercices entre les centres d’opérations maritimes de l’EUNAVFOR et de l’IFC-IOR Gurugram de la marine indienne. Au cœur de ces échanges, la plateforme de partage d’informations sur la région de l’océan Indien développée par le CRIMARIO, IORIS. Plus de détails ici

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Libye. Week-end à Rome 

La capitale italienne a servi de terrain pour un voyage d’étude de procureurs libyens, d’officiers du ministère des affaires étrangères et d’enquêteurs du CID. Ils ont pu y rencontrer le chef de la direction nationale italienne de lutte contre la mafia et le terrorisme ainsi que des procureurs et des enquêteurs. Une visite pensée et organisée par la mission d’assistance frontalière à la Libye (EUBAM Libya), dont le mandat vient d’être prolongé jusqu’au 30 juin 2023.

(crédit : EUBAM Libya)

Iraq. Préparatifs électoraux

La mission d’observation de l’UE en Iraq (EUAM Iraq) a participé à plusieurs rencontres en juin avec le ministère de l’Intérieur et la mission exploratoire du Service européen d’action extérieure (SEAE) pour discuter de la sécurité des élections nationales iraquiennes prévues en octobre 2021. Cet engagement dans la sécurité des élections est d’autant « plus pertinent » que Bruxelles a depuis annoncé le déploiement d’une mission d’observation de l’UE en Iraq de ce prochain scrutin. 

(informations recueillies par Emmanuelle Stroesser)

NB : Pour tout connaître des dernières évolutions de la politique de défense européenne, n’hésitez pas à vous procurer la nouvelle ‘boîte à outils’ de la défense européenne, qui vient de paraître, ainsi que notre ouvrage de référence sur la PSDC

Lire aussi sur le B2 Pro (parus en juin) :

Et sur le blog : 

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L’opération Barkhane reconfigurée sur trois piliers. La menace est au Sud, cap sur le Niger dit Emmanuel Macron

dim, 11/07/2021 - 16:15

(B2) Réduction de l’emprise militaire et de l’effectif sur place, réorientation des efforts vers la menace au Sud et à l’Ouest, recentralisation du commandement au Niger… Voici quelques unes des pistes présentées par Emmanuel Macron vendredi (9 juillet). Trois missions sont fixées dans l’après Barkhane : neutraliser les terroristes, accompagner la montée en puissance des forces du G5 Sahel et réaction rapide en cas de menace

Emmanuel Macron présentant les détails de la reconfiguration de Barkhane à la fin de la réunion du G5 Sahel (Flux Elysée – Sélection B2)
  • Ces annonces ont eu lieu à la fin d’une réunion du G5 Sahel en format hybride (à moitié par vidéo-conférence) et en présentiel, le président nigérien étant seul présent aux côtés du président français à l’Élysée.
  • Le président français vient ainsi détailler les annonces faites fin juin. Les raisons de ce dégengagement sont multiples et ne résument pas juste à une évolution de la menace (lire : Le Barkhane Exit de Emmanuel Macron. Sauve-qui-peut opérationnel ou raisonnement politique ?)

Objectif : fermer Barkhane

On ne se cache plus devant une terminologie plus floue, tels le mot ‘transformation’. L’objectif présidentiel est clair : « l’opération Barkhane sera fermée », dès que la réorganisation le « cheminement » dans le langage présidentiel — sera « accompli[e]. »

Aller vite

Après avoir longtemps hésité à acter un changement de pied pour Barkhane, Emmanuel Macron ne veut désormais plus traîner. Cette volonté d’aller vite revient à plusieurs reprises dans le propos présidentiel. Il faut« sans plus attendre », entamer ce redéploiement, profitant du « reflux de l’emprise terroriste » dans le Nord du Mali et de la « stabilisation de la zone frontière ». Le nouveau dispositif au Niger sera mis en œuvre « dans les prochains mois ». La « reconfiguration » de l’opération Barkhane va débuter « dès les prochaines semaines ». Elle devrait ainsi être achevée courant 2022, si on en croit les éléments mentionnés, juste à temps avant la période électorale en France — les premières élections, présidentielles, auront lieu en avril.

Le retrait du Nord Mali

La France va ainsi réduire ses emprises militaires au nord du Mali, de façon « progressive » mais assez rapide. Kidal, Tessalit, Tombouctou vont ainsi être « dégraffées » (selon la terminologie officielle). « Ces fermetures s’étaleront sur le second semestre 2021 et seront achevés d’ici le début de l’année 2022. » NB : Le terrain devrait être laissé aux Casques bleus de la MINUSMA et aux forces maliennes.

Une réduction du format des troupes

A terme, il y aura entre 2 500 et 3 000 forces sur place (à comparer aux plus de 5 000 aujourd’hui) qui seront moins éparpillées sur le terrain, mais concentrées sur quelques points essentiels : Niamey (Niger) et Gao et Ménaka (Mali), auxquels il faut ajouter la base historique dans la région : N’Djamena (Tchad – sur la base aérienne 172 Camp Kossei).

Relocaliser le commandement au Niger

Le commandement central de la Task Force Takuba et le commandement de la coordination entre Takuba et les dispositifs des forces conjointes du G5 Sahel déménage. Basé actuellement à N’Djamena (pour Takuba) et à Gao (pour le soutien Barkhane), ils vont être relocalisés à Niamey (1). Avec les forces aériennes, le pôle ‘Niamey’ va être « très fortement musclé » confirme le président. La France reste « engagée au Sahel ». Même si elle « n’a pas vocation, encore moins la volonté, de rester engagée éternellement au Sahel » affirme Emmanuel Macron.

Les trois éléments de la présence

La présence militaire va s’articuler autour de trois missions (et non pas deux comme indiqué précédemment) qui ont toutes trois pour objectif la « lutte contre le terrorisme ».

Premier axe : « poursuivre la neutralisation et la désorganisation » du commandement des deux organisations « ennemies » : l’État islamique au Grand Sahara et Al Qaida. Elle sera essentiellement assurée par la Task Force Sabre, composée des forces spéciales françaises et d’autres éléments de soutien.

Deuxième axe : « l’appui à la montée en puissance des armées de la région ». Cette « dimension partenariale de combat » avec l’accompagnement des partenaires africains lors « des opérations communes » sera menée par la Task Force Takuba qui aura « donc [aussi] donc une mission de lutte contre le terrorisme », mais aussi par des actions de formation bilatérales et via la mission européenne EUTM Mali.

Troisième axe : la réaction rapide (ou « réassurance » dans la terminologie présidentielle). Les forces françaises resteront « en permanence en mesure d’intervenir rapidement au profit des forces alliées ou partenaires », à partir de plusieurs pôles : Niger, Mali et Tchad (pour le Sahel) ainsi que la Côte d’Ivoire (qui n’est pas expressément mentionnée, mais figure bel et bien dans le dispositif).

La task-force Takuba en pôle position

La task-force Takuba monte en puissance, au moins au plan politique. Elle s’est vue reconnaitre un rôle à part entière dans les dernières conclusions du Conseil européen (2) comme dans le mandat de la MINUSMA (3). La France reste la « nation cadre » de cette force, y apportant une « contribution significative ». Mais Paris espère bien agréger de nouvelles composantes. « Nous avons sollicité plusieurs autres partenaires non-européens et nous sollicitons sur des missions d’appui des partenaires africains », explique le dirigeant français. Les États-Unis devraient occuper une place de choix dans cette coopération. Le fait que la ministre française des Armées, Florence Parly, vient tout juste de signer à Washington un mémorandum pour la coopération entre les forces spéciales ne tient pas du hasard.

NB : trois pays participent déjà concrètement à la mission (Estonie, Tchéquie, Suède) rejoint par l’Italie. Ils devraient être suivi en fin d’année par la Roumanie et la Portugal et, début 2022 par le Danemark, et (peut-être) les Lituaniens.

Renforcer la partie coopération-formation

Cette dimension s’appuiera sur deux éléments principaux : le dispositif français de « partenariat militaire opérationnel » déjà existant à « l’échelle régionale de l’Afrique de l’Ouest » (la coopération bilatérale) ; et la mission européenne de formation EUTM Mali. Deux objectifs sont fixés par la France à ce partenariat : « la préparation à l’engagement opérationnel, et la construction des outils de défense capables de former, d’entraîner et de gérer dans la durée les soldats, d’entretenir les matériels, d’acquérir aussi des compétences ».

Avec la mission EUTM Mali en pôle central sur le Sahel

La transformation est déjà engagée pour les Européens puisque le mandat V de la mission EUTM Mali, décidé il y a plus d’un an au niveau européen (en mars 2020 !) vise à augmenter ses effectifs et étendre son action dans trois directions : le Centre du Mali, le Burkina-Faso et le Niger. La crise sanitaire et le premier coup d’État d’août 2020 ont un peu retardé la mise en place de cette évolution. Mais elle est déjà engagée. Le général espagnol Gracia Herreiz nous l’a confirmé dans une interview exclusive.

Mes six mois à la tête d’EUTM Mali. Le général Gracia Herreiz se confie

La réassurance des forces locales sur trois pôles géographiques

La France devrait maintenir un dispositif de réaction assez conséquent : des « capacités aériennes » basées au Niger (base aérienne projetée de Niamey avec drones Reaper notamment et avions de chasse) ; certaines capacités de soutien basées au Mali — soutien « santé » (hôpital Rôle 2 de Gao), « aéromobilité » (hélicoptères de transport et d’attaque) et « force de réaction rapide » ; une « présence aérienne et terrestre significative » basée à N’Djamena au Tchad (groupement terre et groupement ‘Air’). Les militaires français (basés près de l’aéroport au camp Kossei) devrait garder leur fonction première de « coopération avec les forces armées tchadiennes » (aide renseignement, défense territoire, etc.). A ceux-là, il faut ajouter les éléments français en Côte d’Ivoire, sur la zone Afrique de l’Ouest.

Un changement de focus vers le Niger

Le changement de focus, davantage porté vers le Niger, est net. Une « feuille de route » va être établie « dans une semaine » pour accroître le rôle au Niger et développer « un partenariat de combat et de lutte contre le terrorisme ». Cette évolution répond à une nécessité politique tout comme militaire.

Un îlot démocratique

Avec le Tchad et un Mali dirigés vers des gouvernements militaires de ‘transition’ issus d’un coup de force ou d’un coup d’État, et par conséquent instables, le Niger demeure un îlot démocratique et stable. Même s’il reste fragile et sujet à des raids des djihadistes, hors zone de ‘conflit’ au sens politique du terme. Il est donc plus facile de s’y engager pour la plupart des pays européens. Il peut permettre ainsi un déploiement d’avions de soutien ou d’officiers au quartier général sans approbation formelle du parlement pour les pays soumis à cette procédure (ex. Allemagne ou Pays-Bas).

Une coopération militaire déjà entamée par plusieurs pays européens

Au plan militaire, les Italiens, comme les Allemands ou les Belges ont déjà entamé des coopérations bilatérales avec l’armée nigérienne. Ajouté à cela la présence américaine, en fait, tout milite aujourd’hui pour faire du Niger le centre de l’activité militaire européenne. Ce changement a été déjà été illustré par l’opération ‘Soltice’ menés par les Takuba en juin avec les forces nigériennes, au Niger (le leurre du terme ‘Liptako malo-nigérien’ utilisé dans la communication officielle vole ainsi en éclat).

Les raisons avancées de ce changement

Les ‘succès’ engrangés

Emmanuel Macron justifie essentiellement ce changement par deux raisons. Premièrement, les « succès » engrangés dans la zone des trois frontières — « le projet d’enracinement territorial a été entravé, empêché par la concentration des efforts et des forces » décidée lors du sommet de Pau. « Nous avons pu tous ensemble reprendre le contrôle de ces territoires ».

… et le pivot terroriste vers l’Afrique de l’Ouest

Deuxième cause : « l’évolution de la nature de la menace » qui se diffuse davantage vers le « Sud » et l’Ouest. Un véritable « pivot » des organisations terroristes est en train de s’effectuer. Le schéma actuel de la présence française « ne correspond plus ni à la géographie, ni [à] la menace ». « Nos adversaires ont aujourd’hui délaissé une ambition territoriale au profit d’un projet de dissémination de la menace » qui ne concerne « plus seulement le Sahel mais « l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest ». Un « changement de paradigme » qui s’illustre dans « la pression [exercée] par les groupes terroristes dans les zones se situant à la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ». La pression vers « l’ensemble des pays du golfe de Guinée est d’ores et déjà une réalité ».

La menace vers l’Europe évacuée

On peut remarquer que la menace vers l’Europe, qui a été un temps évoqué comme une justification de la présence française, n’est pas mentionné, sauf de façon indirecte. En revanche, est mise en avant la solidarité européenne et africaine. « Les attaques que nous avons vécues sur notre territoire nous enseignent que ce combat est aussi le nôtre, nous, Français et Européens. C’est pour cette raison que nous le menons à vos côtés. »

Le rôle des Européens mis en avant

De la même façon, sauf de façon sibylline, la situation politique complexe au Mali ou au Tchad, est évacuée. En revanche, Emmanuel Macron invoque plusieurs fois l’Europe ou les Européens, dans son propos (par cinq fois d’après le compte de B2), comme s’il entendait démontrer que cette présence n’était plus française mais européenne.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Sur les motifs de ce retrait, lire notre analyse : Le Barkhane Exit de Emmanuel Macron. Sauve-qui-peut opérationnel ou raisonnement politique ?

Pour découvrir un peu ce que font les ‘Takuba’ dans la formation et l’accompagnement des #FAMA maliennes dimanche sur LCP à 19h30 dans le Journal de la défense. Lire aussi notre analyse (janvier 2021) : Les multiples contradictions de l’opération Barkhane et de l’engagement français au Sahel

  1. Le président ne précise pas si le quartier ‘tactique’ de Takuba — situé actuellement à Ménaka — est concerné par ce mouvement. On peut en douter, vu l’investissement fait sur place par les différentes forces européennes (Suède, Italie) et le soutien qui vient d’être signé avec la NSPA, une agence de l’OTAN.
  2. « L’UE et ses États membres continueront de soutenir la stabilisation des pays du G5 Sahel, en particulier la Force conjointe du G5 Sahel, par la poursuite des missions PSDC de l’UE et de l’engagement au sein de la task force Takuba. » (point 38 des conclusions du Conseil européen du 24 et 25 juin 2021.
  3. La résolution 2584 approuvée le 29 juin par le Conseil de sécurité des Nations Unies insiste en particulier sur « La coordination, l’échange d’informations et, selon qu’il convient, l’appui opérationnel et logistique entre la MINUSMA, les Forces de défense et de sécurité maliennes, la Force conjointe du G5 Sahel, les forces françaises et les partenaires européens, dont le groupement de forces Takuba et les missions de l’Union européenne au Mali ». Et elle demande au secrétaire général de faire un rapport tous les trois mois sur cette question.

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Catégories: Défense

EUTM Mozambique : une nouvelle mission pour les Européens

ven, 09/07/2021 - 18:55

(B2 – exclusif) Les Européens vont donner lundi (12 juillet) leur feu vert au lancement d’une nouvelle mission de formation militaire, la quatrième EUTM en Afrique. Une mission dirigée par les Portugais. La France participera de façon ‘mesurée’

Les fusiliers marins portugais, une des unités d’élite de l’armée portugaise, pourraient venir former leurs homologues mozambicains (Crédits : Armée portugaise)

Un feu vert politique

La décision va être adoptée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi. Mais, sans débat, dans ce qu’on appelle la partie des ‘points A’. Elle a, en effet, été préparée bien en amont, entre les États membres, l’état-major de l’UE et le service diplomatique européen, au sein des différents groupes de travail et avalisée lors de la réunion des ambassadeurs du COPS (comité politique et de sécurité) puis du COREPER (représentants permanents).

Deux décisions en une

En fait, il n’y a pas un texte, mais deux qui sont adoptés. L’un est une décision qui cadre la mission au point de vue politique (objectif, tâches, durée, chaîne de commandement, budget). Ce document public sera publié au journal officiel dans toutes les langues officielles. L’autre document — le concept de gestion de crises (ou CMC dans le jargon) —, est plus technique et ne sera pas rendu public. Il décrit de façon plus précise les tâches à accomplir, les moyens développés sur place, comme le contexte (mozambicain, international, etc.). Il sera suivi de plusieurs autres documents de planification militaire (comme un plan de mission, les règles d’engagement, etc.) qui sont déjà en cours d’écriture.

Une mission de formation qui s’insère dans d’autres actions

Comme toutes les autres « European Union Training Mission », EUTM Mozambique n’aura pas de mandat exécutif. Elle n’aura pas vocation ainsi à imposer ou rétablir la paix, mais juste à former les forces armées de défense du Mozambique (FADM), ou plutôt une partie d’entre elles. EUTM n’est qu’un pan de l’action européenne qui comprend de l’action humanitaire dans le Nord du Mozambique, mais aussi du soutien en équipements aux FADM, non létaux (par exemple des véhicules, des radios, etc.).

Un État existant et une armée déjà constituée

Cette EUTM est cependant différente des autres déployées entre la Corne de l’Afrique et le Sahel. Il ne s’agit plus d’intervenir dans un État failli (Somalie) ou quasi-failli (Centrafrique, Mali) où l’armée est en lambeaux, mais dans un État assez structuré, avec une armée qui manque de capacités certes, mais existe bel et bien. Les Européens auront donc une seule tâche : former plusieurs compagnies de forces spéciales, pour arriver à terme à constituer une Quick Reaction force.

Une présence en milieu protégé

La mission européenne intervient aussi pour la première fois dans la partie australe de l’Afrique, dans une zone, a priori, calme. La mission européenne de formation ne sera pas en effet basée à proximité du Cabo Delgado, réputée dangereuse, où les rebelles et djihadistes agissent, mais très loin, soit dans les casernes mozambicaines des forces spéciales et des fusiliers marins, près de Maputo (la capitale).

Un format réduit, essentiellement fourni par les Portugais

Le format de la mission sera plutôt réduit : environ 120 personnes, dont près de deux tiers devraient être fournis par les Portugais, d’après nos informations — les Portugais déjà présents dans le cadre d’une formation bilatérale. La mission sera d’ailleurs dirigée par un officier portugais expérimenté, le général de brigade Nuno de Lemos Pires.

Un général portugais à la tête d’EUTM Mozambique

Une contribution française par les FAZSOI

Les Français ne devraient pas fournir beaucoup de personnel. Du moins en l’état des forces. Un ou deux officiers devraient être présents au Mozambique dans l’état-major de la mission. Mais les forces françaises de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI), basées à la Réunion ou Mayotte, pourraient venir faire des formations ponctuelles et ciblées (par exemple entrainement au tir ou maritime), dans le cadre de détachements d’instruction opérationnelle (DIO). Une participation qui pourrait augmenter avec le temps (1). La destination n’est pas totalement inconnue pour les FAZSOI, qui sont déjà intervenues au profit des forces mozambicaines, mais surtout en mer.

Démarrage opérationnel de la mission : entre fin septembre et fin octobre. Si tout va bien…

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. L’engagement français pourrait être assez réciproque de l’engagement portugais dans Takuba, d’après notre compréhension des discussions entre Paris et Lisbonne. Si le Portugal fournit ce que demande la France au Sahel (des unités sur le terrain, et non pas uniquement quelques officiers d’état-major), la France s’engagerait davantage au Mozambique. Un échange de bons procédés que personne ne nous a expressément confirmé, mais qui n’a pas été démenti énergétiquement…

D’autres détails ici, pour les abonnés de B2 Pro :

Où ? Quand ? Comment ? Les points clés de la future mission de formation de l’UE au Mozambique (EUTM)

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Catégories: Défense

Le Parlement européen prévient. La présidence slovène va être surveillée de près sur le respect des valeurs

mer, 07/07/2021 - 11:05
Sophie In’t Veld remet à Janez Janša le questionnaire du groupe Démocratie auquel le premier ministre n’a toujours pas répondu depuis mars (crédit : PE)

Le premier ministre slovène, Janez Janša, présentait mardi matin, 6 juillet, au Parlement européen, les priorités de sa présidence du Conseil de l’UE pour les six mois à venir. L’exercice rituel à chaque nouvelle présidence a viré cette fois à un jeu de ping-pong autour des valeurs de l’Union européenne. Les députés européens prenant l’ascendant de la présidente de la Commission européenne dans la virulence des accusations et mises en garde concernant le pluralisme des médias et l’indépendance de la justice notamment. À l’exception notable du groupe des droites nationalistes d’Identité et démocratie (ID) qui « salue la position courageuse contre la relocalisation des migrants » et des conservateurs du groupe ECR.

La question du Parquet européen

La première attaque est signée du PPE, le groupe auquel appartient le parti du Slovène. L’Allemand Manfred Weber (CSU) aborde d’emblée l’état de droit et le fait que la Slovénie soit le dernier État membre à ne pas avoir nommé de procureur délégué au Parquet européen, en charge d’enquêter sur les infractions portant atteinte au budget européen (fraude, corruption). « Le plus urgent, c’est de créer ce parquet européen pour pouvoir commencer à travailler. Nommez sans attendre un représentant à cet égard ! » Mais il relativise au passage la critique en pointant du doigt que tous les États peuvent avoir à l’heure actuelle des faiblesses, comme le Danemark et sa législation sur le droit d’asile. « Ils ont aboli le droit d’asile tout simplement ! Imaginez si une telle décision avait été prise en Hongrie ou Slovénie » fait-il remarquer à l’adresse de ses collègues cette fois.

Sommations

L’attaque est plus directe et virulente de la part du groupe Renew. « Vous voulez faire partie d’un sinistre club qui ne supporte pas le pluralisme des médias, l’indépendance judiciaire et ne respecte pas les droits LGBT. La corruption et la fraude font partie de ce club. Vous parlez mais n’agissez pas », lâche le Néerlandais Malik Azmani (VVD), vice-président du groupe. Les sommations s’enchaînent : « arrêtez de harceler les journalistes et les juges, de nommer vos amis juges et forces de police », « nommez les délégués au parquet européen ». Le Français Stéphane Séjourné (LREM) n’est pas plus tendre, mais ouvre une porte : « Je distingue les priorités constructives et la situation politique d’un pays qui se revendique de plus en plus ouvertement illibéral. Et nous sommes inquiets. Inquiet de la campagne de haine contre les journalistes, relayée par le gouvernement. (…) Il faut donner des preuves. Nous vous soutiendrons sur le fond, et serons vigilants sur les valeurs européennes ».

Surnommé ‘maréchal Twitto’

Le ton des échanges est resté aigre-doux tout au long de la matinée entre les députés européens et le premier ministre. « Trump n’était pas un modèle mais doit être un avertissement, quand on est appelé à exercer la présidence de l’Union européenne on ne doit pas suivre cet exemple » raille Martin Schirdewan, co-président du groupe de la gauche radicale (GUE), faisant référence aux tweets ravageurs dont le premier ministre slovène est coutumier, d’où son surnom de ‘maréchal Twitto’, et à son admiration de l’ancien président américain.

Pique…

Jusque là stoïque et impassible, Janez Janša est sorti de sa réserve en fin de matinée. Comme piqué au vif par la dernière banderille plantée par la Néerlandaise Sophia In’t Veld (D66). L’eurodéputée, à la tête du groupe de suivi de l’État de droit au sein de la commission des libertés publiques (LIBE) du Parlement européen, s’est avancée jusqu’à son fauteuil pour lui remettre une copie du questionnaire préparé pour une audition (lire Carnet 08.07 à venir), prévue en mars dernier, mais interrompue par le premier ministre slovène, pour de soi-disant problèmes techniques. « Nous vous avions posé des questions sur la situation en Slovénie, mais nous n’avons pas reçu de réponses alors je vous apporte une copie papier… ». Le premier ministre ne tend pas la main, laissant les feuilles A4 se déposer d’elles-mêmes sur sa tablette. À peine fait-il un signe de tête.

et réplique

La réponse arrive quelques minutes plus tard. Lors de son dernier tour de réponses aux commentaires, questions et propos des dizaines de députés qui se sont succédés ce matin au micro. La réplique est brève. Le ton reste austère, sans ébauche de sourire ni de gestuelle. « Vous avez parlé de liberté de médias mais le dernier journaliste qui a été mis en prison pour ce qu’il a écrit est devant vous ! Aujourd’hui, il n’y a aucune répression contre les journalistes ! » Sur le fond des critiques, le premier ministre argumente à peine. Il assure de son attachement aux valeurs européennes et de l’État de droit, « sans État de droit il n’y a pas d’Union européenne, c’est évident » explique-t-il quelques minutes plus tard en conférence de presse. « Il y a 400 prisonniers politiques qui meurent en Biélorussie et ont besoin de notre soutien, il y a beaucoup de problèmes plus importants que ceux sur lesquels on perd du temps maintenant ».

(Emmanuelle Stroesser)

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Catégories: Défense

Opération Solstice contre l’EIGS. Takuba entame sa coopération avec les Nigériens

mar, 06/07/2021 - 10:30
Des moyens héliportés ont concouru à l’opération Solstice (DICOD / Etat-major des armées)

(B2) Plusieurs cadres de l’État islamique au Grand Sahara ont été neutralisés lors d’une intervention menée par Barkhane, Takuba et les Nigériens courant juin. Deux cadres de l’EIGS ont été arrêtés. L’organisation terroriste est affaiblie dit la ministre des Armées. Les Européens débutent leur coopération avec les forces nigériennes

L’opération Solstice : 1 200 militaires engagés

Des Français, des Nigériens et des Européens

Dénommée ‘Solstice’, cette opération a été menée du 6 au 20 juin entre Niger et Mali associant Français, Européens et Nigériens. De l’aveu même du ministère « la frontière reste floue » dans cet endroit. Près de 300 militaires français et européens ainsi que 800 Nigériens ont été déployés « entre Ouallam au Niger et Ménaka au Mali, pour traquer les groupes armés terroristes dans leur sanctuaire, autour des villages d’Akabar, de Tabankort et d’In Araban » indique-t-on à l’état-major des Armées. Durant toute l’opération, ils ont été appuyés au niveau aérien par des avions « Mirage 2000, des hélicoptères Tigre, des drones armés ». Cette opération a été coordonnée à partir d’un poste de commandement colocalisé avec celui de l’armée nigérienne à Ouallam.

Suédois et Tchèques engagés, aux côtés des Nigériens

Selon nos informations, du côté européen sont intervenus des Tchèques et des Suédois de la task-force Takuba. Les Européens sont cependant intervenus « sans les Maliens des ULRI » qu’ils encadrent d’habitude, conformément à la suspension de coopération opérationnelle décidée par l’Élysée, a précisé à B2 une source officielle. Une association qui n’est pas fortuite. Cela permet « d’initier la coopération opérationnelle avec les forces armées nigériennes, appelée à se renforcer dans les mois et les années à venir ». NB : c’est apparemment lors de cette opération que des Tchèques ont été victimes d’un IED. Pas de blessés

Des combats violents

Les combats au sol ont été « violents » de l’aveu même de l’état-major. Un soldat nigérien est décédé. Tandis que trois soldats français et un soldat nigérien ont été blessés. Ils ont été rapidement évacués par hélicoptère vers les antennes chirurgicales militaires de Ménaka et de Gao. Ce qui a permis de « sauver leur vie ».

Des matériels saisis

La saisie de nombreuses ressources : treize motos, près de trente armes légères d’infanterie, une cinquantaine d’appareils de communication ou encore du matériel entrant dans la confection d’engins explosifs.

L’EIGS désorganisé

Des cadres de l’EIGS, l’État islamique au Grand Sahara, ont été atteints dans cette opération.

Six hommes neutralisés

L’opération a permis de « neutraliser » (tuer), six adversaires, notamment un des cadres de l’EIGS, réputé « proche de l’émir » de l’EIGS (Walid al-Sahaouiri), selon la ministre française des Armées Florence Parly qui a révélé l’information aux journalistes de l’AJD (dont fait partie B2) : Almahmoud Al Baye (alias Ikaray), « chef du groupe de combattants de Ménaka ».

et deux autres arrêtés

Point plus notable, l’opération a aussi permis la capture de « deux lieutenants de l’émir de l’EIGS » : Daddi Ould Shouaib, plus connu sous son diminutif de combat Abou Dardar, et Sidi Ould Ahmed Mohamed, alias Katab el Mauritani. Une arrestation « dont on attend beaucoup en termes de renseignements », souligne Florence Parly, qui s’est cependant refusé à indiquer si les deux prisonniers avaient été, ou non, remis aux autorités maliennes.

NB : Selon l’accord avec les Maliens, toute personne arrêtée par Barkhane ou les Européens de Takuba, doit ensuite être transférée aux autorités maliennes pour être jugée et incarcérée (lire : Le statut des forces dans Takuba. Le texte du SOFA conclu entre Paris, Bamako et les partenaires européens). Mais le délai n’est pas exactement précisé.

L’EIGS gravement atteint

A cela il faut ajouter le fait que le numéro 2 de l’EIGS Abdel Akim, un proche al-Sahaouiri, « très médiatique, connu pour son application extrêmement stricte de la Charia auprès des populations locales » et sa cruauté « égorgeant lui-même ses victimes », serait « mort en mai dans des circonstances non connues et qui restent à élucider ». Paris n’indique pas « être à l’origine » de cette mort. L’EIGS, organisation proclamée ennemi numéro 1 par les Français, a été « gravement affaibli ces derniers mois » s’est réjouie Florence Parly. « Les opérations menées ont été utiles et efficaces. J’espère que ces coups vont désorganiser l’organisation. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Les forces armées nigériennes étaient « employées de multiples manières » indique l’état-major des armées. Elles ont mené « en autonomie des opérations dans le centre et le sud-est de la zone d’opération ». Des troupes nigériennes faisant preuve d’une « grande valeur combattante » ont également été intégrées au sein d’un Sous-groupement tactique désert (SGTD) et du Groupement commando (GC) de la Force Barkhane.

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Excursion au sommet pour Borrell et Janša, pour le fun, les photos… et la politique (v2)

lun, 05/07/2021 - 18:28

(B2) Alors que dans la vallée, la polémique enflait entre la Commission européenne et la présidence slovène de l’UE, le premier ministre slovène, Janez Janša, a emmené le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell en balade dans les montagnes slovènes

J. Borrell, U. Bacovnik (la femme de J. Janša) et J. Janša (crédit : compte Twitter Janša)

La randonnée en montagne

Josep Borrell durant la montée dans les passages pierreux (crédit : twitter Janša)

Objectif : le plateau de Kredarica et le refuge Triglavski dans le parc naturel des Triglav. Le sommet a une importance particulière pour le pays, c’est un symbole de l’indépendance (1). Le montée est assez exigeante, sur un chemin aménagé et balisé, avec des pierriers, de type via Ferrata, cotée T2 à T4 dans les topos de montagne (selon l’endroit d’où l’on part). Le premier ministre slovène aime ces randonnées en montagne. Le tout a été documenté par de nombreuses photos diffusées par le compte twitter du Slovène. Une habitude. En septembre dernier, il avait ainsi convié son homologue autrichien Sebastian Kurz à venir crapahuter en montagne, comme le raconte le site d’actualité slovène siol.net. Josep Borrell, le Haut représentant de l’UE, adore aussi passer du temps en montagne. Et mêler politique et nature n’est pas pour lui déplaire ; Il était ainsi parti en randonnée l’année dernière avec le président serbe Aleksander Vučić en Serbie.

Une discussion très politique

La rencontre entre les deux hommes, l’un socialiste, l’autre passé dans les rangs conservateurs était apparemment sympathique d’après les images diffusées par le Slovène. Et elle peut paraître surprenante. Mais elle a plusieurs fondements très réels. Les deux hommes ont un riche passé politique et peuvent se dire certaines choses.

Plusieurs sujets de conversation

Le vice-président de la Commission européenne était, là, certainement pour faire passer un message, amadouer un peu Janez Janša le temps de la présidence slovène donc. Et il y avait aussi nombre de sujets diplomatiques à évoquer, à commencer par les Balkans. Le chef de la diplomatie européenne tient aussi à éviter toute politique parallèle de Ljubljana dans le dialogue Belgrade-Pristina, du type initiative visant à redessiner les frontières de la région. La rencontre était cependant déjà prévue d’avance, depuis septembre dernier lors de leur rencontre au Bled Strategic Forum, selon nos informations. De manière générale, « les occasions informelles telles que les événements sportifs ou les randonnées offrent une occasion utile de discuter en profondeur de nombreuses questions dans un cadre plus détendu, y compris de sujets problématiques ou difficiles pour lesquels les avis peuvent diverger, mais l’engagement est le meilleur moyen de les traiter », a partagé avec B2 le porte-parole de Josep Borrell, Peter Stano.

J. Janša et J. Borrell à la table du refuge, l’un des plus grands de Slovénie (crédit : Compte Twitter Janša)

Un échange très ouvert

« [Nous avons eu] un échange ouvert et approfondi d’opinions et de points de vue sur les questions les plus urgentes de la politique étrangère et de sécurité de l’UE » raconte Janez Janša. Entre autres : le Sahel, la Méditerranée, la question migratoire, les Balkans, l’élargissement, le voisinage oriental et l’État de droit.

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Aurélie Pugnet)

  1. Le sommet a une signification symbolique pour la Slovénie, c’est un symbole national, de la souveraineté de l’Etat, et il figure sur le drapeau national. On dit que chaque Slovène devrait escalader le Triglav au moins une fois dans sa vie) et c’est une tradition nationale que d’y grimper.

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Task-force Takuba : les Européens sont là. Ils ont pris conscience du danger au Sahel (Florence Parly)

lun, 05/07/2021 - 16:05

(B2) La ministre des armées, Florence Parly, indique combien elle mise sur les Européens pour prendre le relais. Elle donne aussi des précisions sur le soutien américain. Autres sujets de tensions avec la Turquie ou en mer Noire

Florence Parly lors de l’échange avec les journalistes ‘défense’ (© NGV / B2)

Un propos qui intervient juste avant l’annonce officielle vendredi (soir) 2 juillet, de la reprise de sa coopération avec l’armée malienne (cf. encadré).

Au Mali et Sahel

La Task-force Takuba peine à monter en puissance. Les Européens semblent peu mobilisés ?

—  Je ne partage par la vision selon laquelle peu d’Européens sont là. Le déploiement se déroule à un bon rythme. Aujourd’hui, quatre pays sont déjà sur le terrain (Estoniens, Suédois, Tchèques et Italiens [NB : qui arrivent] ainsi que quelques Portugais). Les Roumains vont nous rejoindre avec une cinquantaine de militaires [NB : au dernier trimestre 2021]. Et les Danois [début 2022]. [Certes] cela suppose beaucoup de dialogue avec nos partenaires européens. [Mais] les Européens ont pris conscience du danger qui existe au Sahel.

Vos partenaires européens vous ont-ils fait part de leurs réticences après le coup d’État ?

— À ce stade, je ne vois pas d’inflexion, ni de réticence ou remise en cause de la part de nos partenaires, liée à la situation — le coup [d’État] dans le coup [d’État].

Quel sera l’avenir de Takuba dans le nouveau dispositif. Y aura-t-il un changement ?

— Il y aura une place majeure de Takuba dans les prochains mois et années, dans le cadre de la transformation et de la réarticulation du dispositif Barkhane. [Mais] il n’y a pas de changement de la vocation de Takuba qui est d’accompagner au combat les forces maliennes. Il y aura un changement progressif d’échelle. Takuba n’a pas vocation à se battre à la place des Maliens. Notre principal chantier est d’organiser la disponibilité de ces unités. Trois groupes sont actuellement constitués avec les forces maliennes [les ULRI]. Deux autres, les quatrième et cinquième, sont en cours de constitution. La transformation de Barkhane ne signifie pas notre départ du Sahel ou que nous allons diminuer les opérations contre les terroristes au Sahel.

Le soutien américain a-t-il été confirmé ?

— Oui. Les Américains nous soutiennent. [Le Secrétaire d’État] Antony Blinken l’a confirmé. Une confirmation importante. Les moyens ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance) ou les drones, les capacités de ravitaillement en vol, le transport aérien… le soutien américain détermine de façon notable notre capacité à agir.

Huit ans après, on a l’impression de ne plus trop bien cerner l’objectif, le but de la guerre ?

— L’objectif n’a pas changé, c’est la lutte contre terrorisme. Celui-ci n’a pas disparu. Le fait que les groupes terroristes n’aient pas été en mesure d’organiser et projeter une opération sur le territoire national ne signifie pas que ces groupes ne sont pas dangereux, et ne puissent envisager de le faire. […] Nous avons une responsabilité : sécuriser le flanc sud de l’Europe, éviter que le Sahel ne devienne une zone de refuge voire d’expansion de groupes terroristes, des groupes affilés aux organisations internationales… C’est une menace pour nous et pour les Européens. C’est une vraie raison pour poursuivre les opérations. Car pendant ce temps là les groupes terroristes ne chôment pas. Leur zone d’influence s’étend, notamment vers le Sud, vers le Golfe de Guinée, vers la Côte d’ivoire.

Méditerranée et mer Noire

Les tensions avec la Turquie s’apaisent-elle ?

— On a changé un tout petit peu de registre par rapport à ce qui se passait l’année dernière. Je n’ai pas connaissance de [nouvel] incident entre les marines turque et française. Je ne note pas d’escalade ni de tension particulière. Cela ne signifie pas que ce soit réglé.

Avez-vous des éléments sur ce qui s’est passé en mer Noire entre Russes et Britanniques ?

— Nous ne savons pas tout. Les Russes ont fait des déclarations dont je ne sais pas dire si elles sont exactes ou pas, en réaction à la présence de navires britanniques accompagnés d’un navire néerlandais. Les faits reprochés sont-ils ceux relatés par la partie russe ? Je n’ai pas d’éléments pour le dire. Ce qui est certain est que la mer, les océans, sont un bien commun qui doivent rester accessibles à tous. Nous voyons partout dans le monde, des tentatives de limitation de la navigation, d’accaparement des ressources, qu’il s’agisse de la pêche, des fonds marins ou des ressources naturelles. C’est un milieu où les tensions sont plus vives que par le passé. La France et les Européens souhaitons nous engager de façon plus attendue sur ce sujet. Avec la présence maritime coordonnée dans le Golfe de Guinée, la stratégie dans la zone Indo-Pacifique, nous souhaitons entrainer les Européens.

(Nicolas Gros-Verheyde)

La ministre s’est également exprimée sur la coopération industrielle en particulier avec les Allemands. Lire : Coopération industrielle franco-allemande. « L’Union est un combat » (Florence Parly)

Entretien réalisé, à l’Hôtel de Brienne (Paris), siège du ministère de la Défense, vendredi 2 juillet, dans une séance de questions-réponses, à bâtons rompus, avec les journalistes membres de l’AJD (dont fait partie B2)

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Des éléments de la police militaire slovaque à bord d’un navire d’Irini en 2022

sam, 03/07/2021 - 13:16

(B2) Jusqu’à onze membres de la police militaire slovaque pourront éventuellement rejoindre l’opération européenne de contrôle de l’embargo en mer Méditerranée (EUNAVFOR MED Irini) pendant six mois à partir de mars 2022.

C’est ce qu’a proposé le ministère de la Défense à Bratislava, selon l’agence slovaque TASR. Ils feront partie d’une équipe d’intervention sur un navire battant pavillon allemand. Le ministre de la défense a soumis sa proposition en procédure interminstérielle.

Selon le mandat actuel, seuls cinq membres de l’armée slovaque peuvent servir dans l’opération. Ce n’est pas la première fois que les Slovaques s’engagent dans une opération maritime de l’UE. Un engagement similaire avait été fait lors de l’opération EUNAVFOR Med Sophia, de lutte contre les trafics d’êtres humains (lire : Des Slovaques en Méditerranée).

(NGV)

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Une patrouille suédoise visée par des tirs dans Takuba

ven, 02/07/2021 - 19:10

(B2) Les soldats effectuaient une mission de routine, lorsqu’ils ont été « visés par des tirs de gros calibre » mercredi soir (30 juin), indique un communiqué de la défense suédoise. Aucun soldat n’a été blessé. Tous les soldats sont revenus au camp principal. Cette situation « ne remet pas en cause l’engagement de la Suède dans la région », précise-t-on côté suédois.

(AF, st.)

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Le Fonds européen de défense : est-ce un changement de paradigme ?

ven, 02/07/2021 - 12:30

(B2) 1,2 milliard d’euros de budget, 23 domaines prioritaires, voila à quoi ressemblera la première année du Fonds européen de défense qui démarre maintenant. Est-ce un vrai saut ?

Le commissaire Thierry Breton au lancement du Fonds européen de défense (crédit : Commission européenne)

L’Europe prend son destin en main

C’est « un changement de paradigme clair » s’est écrié le commissaire européen en charge du Marché intérieur, le Français Thierry Breton lors de la cérémonie de lancement mercredi (30 juin). « L’Europe prend son destin en main », s’est-il félicité. De la création et du lancement Fonds européen de défense (FEDef en abrégé), le commissaire y voit trois atouts : premièrement, « c’est une contribution absolument essentielle à une plus grande souveraineté européenne », deuxièmement, « l’Union européenne doit compléter son soft power par du hard power pour devenir progressivement un acteur de la sécurité au niveau mondial ». Enfin, « Le Fonds contribue à faire de nous un partenaire crédible vis-à-vis des partenaires et dans l’OTAN en particulier ».

Un changement de paradigme ?

Il y a sans conteste une évolution notable. Voir les Européens financer, avec le budget commun de l’Union européenne, la recherche et le développement de nouvelles armes, de nouveaux équipements de défense, létaux ou non létaux, de l’artillerie de précision aux drones, en passant par les capacités de lutte contre les menaces bactériologiques, chimiques ou nucléaires (NRBC), est tout sauf évident et anodin pour une organisation a priori dédiée sur des tâches civiles. Le changement de paradigme est donc évident.

Une pierre à la souveraineté européenne : à voir

Dire que cela contribuera à la souveraineté européenne, cela reste encore à prouver. On le verra au bout de la période de sept ans où le Fonds européen de défense se déroulera. Mais c’est bien parti. Deux dangers menacent les Européens : 1. céder à la tentation de rester avant tout liés aux Américains (un point clé important pour nombre de pays européens), la souveraineté acquise serait alors inutile. 2. se tromper de domaine de dépendance. Ne pouvant mener la bataille sur tous les fronts, les Européens devront bien déterminer les secteurs ou domaines où il importe d’être indépendants.

Devenir un acteur de sécurité mondiale ? Illusoire

Sur ce point, on peut se dire que c’est plutôt un volontarisme très avancé et pour le moins erroné. Ce n’est pas en faisant de la recherche ensemble pour se doter de nouveaux équipements militaires ni même en se dotant (ensuite) de nombreuses capacités militaires que l’Europe deviendra un acteur de sécurité. Cette qualité s’acquiert davantage par une stratégie politique et militaire claire, une capacité politique de décision (rapide si possible), une réactivité aux crises, une volonté d’agir, suivie d’actions concrètes. On peut avoir les meilleurs capacités au monde : si elles restent dans les hangars ou dans les ports, c’est de l’argent perdu. Les exemples récents (Syrie, Haut Karabagh, Ukraine) montrent un paysage contrasté. L’Europe, incapable d’agir (comme l’OTAN d’ailleurs) préfère s’abstenir. Et dans les différents opérations et missions déployées par l’UE (Atalanta, Irini, EUTM Somalia, EUTM Mali, etc.), il manque encore certaines capacités et quelques personnels…

Une Europe plus crédible vis-à-vis de l’OTAN ? Sans aucun doute

Sur la crédibilité de l’UE vis-à-vis de l’OTAN, on pourra discuter d’une notion qui reste très subjective. Mais il y a une réalité. La création du Fonds a réveillé l’intérêt des Américains comme de l’OTAN qui ont soudainement des « yeux de chimène » pour les Européens, lorgnant vers un instrument très intéressant à leurs yeux (OTAN), voire concurrentiel et dangereux (USA). Le temps où l’Europe quémandait à l’OTAN des moyens pour mener des opérations s’est sinon renversé, du moins rééquilibré. C’est aujourd’hui l’OTAN qui est intéressé par les capacités européennes (en matière industrielle). L’Alliance est en passe de mettre en place un fonds de soutien à l’innovation. Mais cela reste (pour l’instant) fondé sur des contributions volontaires.

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Aurélie Pugnet)

Lire aussi sur B2 Pro :

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Catégories: Défense

Un véhicule suicide contre la Minusma : douze militaires allemands et un Belge blessés (v3)

ven, 25/06/2021 - 19:24

(B2) Il était 6h30, au Mali, vendredi matin (25 juin), quand un véhicule suicide a foncé sur une base opérationnelle temporaire des Casques bleus au nord de Gao

Hélicoptère Mi8 de la Minusma en évacuation médicale (Minusma 2018- Archives B2)

L’évènement a eu lieu près du village d’Ichagara, dans la commune de Tarkint, à 180 km au nord de Gao. Les militaires avaient formé une base opérationnelle temporaire quand un véhicule suicide (SVBIED) a explosé.

Au moins quatre blessés graves

Douze soldats allemands ont été blessés, « dont trois grièvement » a rapidement confirmé la Bundeswehr. Un militaire belge a aussi été « gravement blessé », comme l’a indiqué la ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder par tweet. « Sa famille reçoit l’aide de nos services sociaux et de nos psychologues. […] Un deuxième soldat belge, présent sur les lieux, n’a pas été blessé. » Les circonstances exactes de l’attaque « font l’objet d’une enquête » précise-t-on du côté allemand.

Prise en charge par les équipes médicales allemandes, chinoises et françaises

Les blessés ont reçu des soins médicaux sur place, puis ont été transportés sur les hôpitaux militaires de Gao par hélicoptère (un hélicoptère contracté et un hélicoptère Mi8 de l’ONU). Ils ont été pris en charge par les équipes médicales « allemande, française et chinoise », a indiqué la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer. NB : les deux bases (Minusma et Barkhane) sont colocalisées sur la même zone.

Un blessé en urgence vitale

L’état de deux soldats plus sérieusement blessés est « stable » a assuré AKK qui est intervenue devant la presse en fin d’après midi (à 17h30, à écouter ici en allemand). Quant au troisième, il est « actuellement opéré. Nous avons une pensée particulière pour lui ». NB : propos très prudent, ce qui suppose une urgence vitale.

Rapatriement en cours par A400M

Les blessés devraient être ont été rapatriés rapidement en Allemagne, à commencer par les plus graves. Un avion A400M équipé en mode évacuation médicale et soins intensifs (StratAirMedevac) a décollé samedi matin de Wuntstorf indique la NDR (télévision allemande). Direction : Gao. Il a pris en charge les blessés les plus graves pour les rapatrier sur Cologne. Ils ont été hospitalisés à l’hôpital de la Bundeswehr de Coblence. « Tous sont actuellement dans un état stable » précise le ministère. Un second avion A310 a pris en charge les autres blessés et les a acheminés vers Stuttgart.

Das medizinische Evakuierungsflugzeug ist in Köln gelandet. Der A400M hat die schwerverwundeten Soldaten aus #Mali nach Deutschland gebracht. Alle sind derzeit stabil und werden jetzt weiter im Bundeswehrkrankenhaus des @SanDstBw in Koblenz behandelt. pic.twitter.com/uhkbP1WlPS

— Verteidigungsministerium (@BMVg_Bundeswehr) June 26, 2021

Parmi eux, le militaire belge qui a ensuite été évacué par ambulance sur Bruxelles. « Son état de santé est rassurant, il pourra donc quitter l’hôpital sous peu et continuera de recevoir des soins à domicile. » a indiqué la ministre belge de la Défense.

Quinze blessés selon la Minusma

En tout il y a « quinze casques bleus ont été blessés » avait d’abord annoncé la MINUSMA. Il reste donc un doute sur le bilan exact de l’attaque. Soit la nationalité de ces deux autres blessés reste à préciser (le principe en opération multinationale est que c’est l’État concerné qui communique en premier en cas de perte). Soit finalement, ils n’ont pas été blessés ou leurs blessures ont été si légères qu’on ne les retient pas dans le bilan final.

Ce matin, une base opérationnelle temporaire de la Force de la MINUSMA près du village d'Ichagara, dans la commune de Tarkint, région de #Gao, a été la cible d’une attaque au véhicule piégé. 15 #Casquesbleus ont été blessés, leur évacuation est en cours. pic.twitter.com/l40GsrLFzd

— MINUSMA (@UN_MINUSMA) June 25, 2021

Qu’est-ce qu’une base temporaire ?

Une base opérationnelle temporaire est généralement formée autour de véhicules blindés, disposés en cercle (comme le veut la tradition dans le désert ou far west) qui protègent ainsi le camp. Cette base avait été établie pour « sécuriser le passage de la 3e compagnie du bataillon de l’armée malienne reconstituée (BAR) en route pour Kidal », précise la MINUSMA. Une compagnie qui a fait l’objet la veille d’une attaque par un engin explosif improvisé (IED).

NB : C’est la seconde attaque au véhicule piégé en quelques jours. Les Français de Barkhane avaient été visés lundi dernier (lire : L’opération Barkhane atteinte par un véhicule suicide).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Mis à jour samedi 26.6 (précisions sur le départ A400M et sort du deuxième militaire belge présent) et dimanche 27.6 (état des rapatriements et état de santé du militaire belge)

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La présidence française de l’UE percutée de plein fouet par un accident électoral

jeu, 24/06/2021 - 18:15

(B2) La France doit assurer sa présidence de l’UE au premier semestre 2022. Problème : les élections présidentielles et législatives doivent se tenir sur la même période. Le président français, Emmanuel Macron, a pourtant refusé de permuter avec un autre État membre comme c’est l’usage dans ce cas de figure. Il pourrait s’en mordre les doigts

Emmanuel Macron au Conseil européen (par visio-conférence) de février 2021 (Conseil de l’UE)

Le pire moment pour une présidence

La présidence française de l’UE qui doit démarrer le 1er janvier prochain et se terminer le 30 juin 2022 à minuit, pourrait être stoppée nette à mi-course. Le premier tour des élections présidentielles doit se tenir le 10 avril et le second tour le 26 avril. C’est-à-dire juste au moment où une présidence européenne commence à tourner à plein régime. Avant, ce sera la campagne électorale qui tournera à plein régime. Après, quelle que soit l’issue du premier tour, viendra le temps des législatives, en juin 2022. Autrement dit, tous les esprits seront tournés ailleurs que vers le travail de l’Union européenne. L’Europe sera prise dans la ligne de mire de débats partisans. Quelle que soit l’issue du vote, un nouveau gouvernement devra se mettre en place, qui ne sera pas automatiquement celui qui aura démarré la présidence, voire sera radicalement différent (cf. encadré).

Le poids toujours irremplaçable d’une présidence

Certes, une présidence du Conseil de l’Union européenne n’a plus l’importance qu’elle avait avant le Traité de Lisbonne. La présidence portée par un État membre ne conduit plus les débats au Conseil européen (rendez-vous des chefs d’Etat et de gouvernement donnant les grandes impulsions politiques), elle ne préside plus le Conseil des Affaires étrangères ni l’Eurogroupe, car ses présidents sont permanents. Ses impulsions potentielles sont aussi plus mesurées à 27 qu’à 12 ou à 15 (et à quand la présidence revenait tous les six ou sept ans). Mais la présidence — avec ses ministres et ses diplomates —reste irremplaçable pour pousser des dossiers, négocier des compromis, débloquer des sujets. L’Europe reste encore un ‘objet’ politique où les rapports humains ont de l’importance. Un point souvent sous-estimé. Il y a souvent des échanges entre ministres sur le mode : « je te soutiens là, tu me soutiens plus tard ». En 2022, la crédibilité des ministres français sera quasi-nulle… Car comment faire confiance à quelqu’un qui a des chances de ne plus être là dans quelques semaines ?

Un choix délibéré

Il a cependant été proposé à plusieurs reprises au président de la République de permuter sa présidence avec un autre État membre — soit passer plus tôt ou plus tard dans le calendrier. C’est l’usage d’ailleurs souvent suivi quand une présidence de l’Union européenne arrive pendant des élections nationales. L’Allemagne et la Finlande avaient ainsi échangé leurs présidences en 2006 et 2007. Personne, en effet, au niveau européen n’a intérêt à voir une équipe gouvernementale occupée par sa réélection ou, pire, partir en plein milieu d’une présidence et remplacée par une autre qui n’a pas vraiment été initiée aux choix faits ou manœuvres en cours. L’Élysee a cependant refusé tout net, assumant, revendiquant même, de pouvoir exercer une présidence en pleine campagne électorale, nous ont confirmé plusieurs sources. Un choix de stratégie, et de communication politique, qui pourrait s’avérer néfaste aujourd’hui. C’est dommage pour la France, une présidence, c’est seulement tous les 13 à 14 ans aujourd’hui. Et, surtout, c’est dommage pour l’Europe.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un président qui risque de valser en avril prochain. Le résultat des dernières élections — municipales et surtout régionales — même ramené à l'aune locale et de l'abstention — laisse planer plus qu'un doute sur la reconduction du président de la République de la République en marche dans ses fonctions. À droite, les Républicains relèvent la tête. À gauche, les Verts s'installent dans le paysage. Tandis qu'à l'extrême-droite, même affaibli, le Rassemblement national reste ancré dans les 20% de voix minimum, disent les élections passées comme les sondages. Le parti du président (LREM) n'a pas réussi à sortir de l'étiage habituel où était le parti centriste (Modem), autour de 10-12%. En l'état des lieux aujourd'hui, Emmanuel Macron n'est plus assuré de passer le cap du premier tour. Il reste en effet un animal politique, doué pour semer le trouble parmi ses adversaires, pour s'imposer ensuite dans un champ de ruine (ex. en 2017). Mais la donne pourrait être différente dans un an.

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L’opération Barkhane atteinte par un véhicule suicide (v2)

lun, 21/06/2021 - 14:28

(B2) Un véhicule de l’opération Barkhane a été victime lundi (21 juin), d’une attaque dans la région de Gossi, au Mali

L’incident s’est produit, « en début de matinée » confirme l’état-major des armées. Un VAB (véhicule de l’avant-blindé) du groupement tactique désert (GTD) ‘Tigre’ l’armée française se trouvait « en mission de reconnaissance pour sécuriser les alentours de la base opérationnelle avancée (BOA) de Gossi », quand un véhicule suicide « bourré d’explosifs » a explosé à son passage.

Plusieurs blessés

Six militaires français et quatre civils maliens (dont un enfant) ont été blessés dans l’explosion du véhicule suicide. Ils ont été évacués vers l’hôpital militaire de Gao et l’hôpital de Gossi (pour les civils). Leur « pronostic vital n’est pas engagé » indique-t-on du côté français. Des hélicoptères d’attaque Tigre et des avions Mirage 2000 sont intervenus pour « appuyer les troupes au sol » et permettre l’évacuation des blessés.

(NGV)

Mis à jour avec le nombre de blessés

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Janša, prénom Janez. Un insubmersible à la tête de la présidence slovène de l’UE

lun, 21/06/2021 - 11:44

(B2) Le Premier ministre slovène va bientôt passer au premier plan de l’Union européenne, six mois durant, à compter du 1er juillet. Il n’en est pas à son coup d’essai. Il sait diriger. Et celui qui pourra le faire plier devra s’y reprendre à plusieurs reprises

Janez Janša en uniforme de la jeune armée slovène (crédit : Janez Janša – Facebook)

Un ‘rouge’, anar

Janša n’était pas un homme de droite… au départ. Il se situait plutôt à l’autre bout de l’échiquier : à la gauche. Même très à gauche. C’est un Rouge, anar, anti-militariste, adepte de Mao, dans un pays, la Yougoslavie, dominée par un parti unique (la Ligue communiste de Yougoslavie), qui affiche l’autogestion socialiste, tiers-mondiste, et une certaine distance avec Moscou, mais sait aussi pourchasser, de façon sévère, les opposants à la ligne.

Un passage par les jeunesses communistes

Janez est de ces opposants. Il se montre très critique. Président de la commission de défense de l’association de la jeunesse socialiste de Slovénie, il met en cause la direction dans l’hebdomadaire des jeunesses communistes Mladina, réputé pour son esprit alternatif, et est exclu du parti. Avec son acolyte David Tasić (1), ils mettent les autorités en émoi. Tasić publie ‘La nuit des longs couteaux‘ qui décrit (à l’aide d’un enregistrement) la façon dont le comité central de la Ligue communiste envisageait l’arrestation des militants de la société civile. D’autres articles sont publiés sur les plans militaires de l’armée yougoslave.

Le JBTZ, lanceur de la carrière de Jansa

Suite à cette affaire, ils sont arrêtés en 1988, avec un militaire Ivan Borštner, ainsi que le rédacteur en chef de Mladina, Franci Zavrl. Les quatre sont traduits en cour martiale. Janša est condamné à dix-huit mois de prison. Leur procès, médiatisé, se déroule en plein mois de juillet 1988. Une formidable erreur du pouvoir de Belgrade ! Ceux qu’on a appelé le groupe JBTZ passent à la célébrité. Des comités de soutien ‘Free Janša’ jaillissent. Ils cristallisent comme jamais le ressentiment slovène, sel de cristallisation de l’indépendance future. Pour Janša, c’est la bascule, vers ce qui restera sa passion : l’arène politique.

La fondation du parti d’opposition

En 1989, quand la Slovénie rompt le monopole du parti unique, Janša fonde le SDZ, l’Union démocratique slovène, le premier parti d’opposition et en devient le vice-président. En 1990-1991, durant la phase d’émancipation de la Slovénie, il occupe le poste clé de ministre de la Défense de la toute jeune république slovène, encore yougoslave. C’est à lui qu’incombe de forger la défense de la république indépendante, à partir des forces territoriales, peu équipées et peu formées, plus proches du garde-champêtres que des forces spéciales. Des structures parallèles sont mises en place, par rapport au commandement officiel. Des équipements sont achetés.

Nous sommes en guerre

Le 27 juin 1991, quand l’armée yougoslave passe à l’offensive, deux jours après la proclamation de son indépendance par Ljubljana, le tout jeune ministre proclame devant la télévision nationale : « Nous sommes en guerre ». Personne ne veut parier sur le gagnant. Pourtant, avec ses armes anti-chars, la toute jeune armée inflige à la puissante armée populaire yougoslave une défaite. Celle-ci laisse au tapis de nombreux chars et plusieurs hélicoptères, et plusieurs centaines de prisonniers. C’est à partir de cette victoire que Janša se propulse au premier plan. La troïka européenne dépêchée sur place, en urgence, obtient un accord de compromis.

La brigade spéciale Moris

L’envers du décor parait un peu moins glorieux. En décembre 1990, une brigade spéciale est mise en place, la brigade Moris (alias Ministrstvo za Obrambo Republike Slovenije), qui préfigure l’armée slovène. Une unité militaire directement subordonnée au ministre de la Défense (Janez Janša) et chargée de ce qu’on pourrait appeler toutes les opérations spéciales comme ‘under cover‘. Elle est particulièrement active en 1991 lors de l’accession à l’indépendance. Mais aussi après. Elle a ainsi « prêté » des armes et des munitions aux municipalités croates voisines, pour se défendre contre les Serbes. Ce qui contrevient alors à l’embargo décrété au niveau international par le Conseil de sécurité des Nations unies en septembre 1991 (2). Le gouvernement yougoslave de Belgrade, dirigé essentiellement par les Serbes (après le départ des Slovènes et des Croates) a fait de même auparavant, fournissant matériels et équipements en nombre aux Serbes de Croatie. La brigade Moris est aussi chargée de certaines missions de renseignement, écoutant et espionnant à la fois les politiciens et les journalistes, et au besoin pour les mettre à l’écart.

Victoires et défaites, un acharné du pouvoir

Jansa continuera ainsi à évoluer, au fil des années, entre l’ombre et la lumière, entre le succès et l’opprobre. Il exerce les fonctions de ministre de la Défense jusqu’à 1994, avant d’être écarté par le président d’alors Janez Drnovšek. Le tabassage d’un de ses anciens collaborateurs en pleine rue sonne sa fin… Mais il reviendra. Il revient au pouvoir, son parti – devenu le SDS – ayant remporté les élections d’octobre 2004, et devient premier ministre. Poste qu’il occupe jusqu’en 2008, assurant notamment la première présidence de l’Union européenne pour la Slovénie. Les élections de 2008 le font chuter, à un siège près. Il doit céder sa place à ses ennemis jurés, les sociaux-démocrates dirigés alors par Borut Pahor. Il passe à l’opposition, mais revient au pouvoir à la faveur d’une nouvelle coalition en 2012-2013.

L’affaire Patria

En juin 2013, il est atteint dans une sombre affaire de corruption pour l’achat des blindés à l’industriel finlandais Patria. Une affaire remontant à son précédent mandat de Premier ministre (2004-2008). Un des plus gros contrats que l’armée slovène (278 millions d’euros) ait jamais conclu, qui comporte apparemment une annexe discrète : le versement de commissions sonnantes et trébuchantes au SDS, le parti au pouvoir. Il est condamné à deux ans de prison. Condamnation confirmée en appel en avril 2014. Janša passe alors par la ‘case prison’ une deuxième fois ! La délivrance survient en avril 2015, avec l’annulation du jugement à l’unanimité par la Cour constitutionnelle en avril 2015. Il est libéré au bout de neuf mois de prison. L’homme en gardera, une certaine amertume, dénonçant un « complot politique ».

Un habitué de la joute politique

Aujourd’hui, Janša est un des hommes politiques slovènes qui a le plus duré, ayant traversé tous les temps. À la tenacité, il allie une rancune, souvent tenace, toujours exacerbée. Il a gardé un goût pour les joutes verbales, et autres. Adepte du twitter, à la mode Trump, il envoie ses banderilles par rafales. La modération n’est pas son fort. Il ne va pas dans la tendresse. Il pilonne ses adversaires, n’hésitant pas à sortir l’artillerie la plus lourde, et les attaques personnelles au-dessous de la ceinture (3). Peu importe l’argument, l’important est de taper. À la pacification, il préfère le champ de bataille, choisissant son terrain d’affrontement, comme le rappelle son ancien journal Mladina.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Proclamé meilleur journaliste en 1986, il quitte Mladina en 1989 et fonde en 1991 une maison d’édition indépendante ‘Založba Karantaanija’.
  2. Sur la question de l’embargo sur les armes vers la Yougoslavie, lire cette étude.
  3. Sa cible préférée est la télévision publique. En mars mars 2016, il accuse par tweet deux journalistes d’être des « prostituées délabrées à 30 et 35 euros ». Ce qui suscite une enquête de la plateforme de protection des journalistes du Conseil de l’Europe. Plus récemment, où il les accuse d’être des incapables et des profiteurs. Nouvelle enquête du Conseil de l’Europe.

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À Melsbroek, l’unité binationale A400M. Un modèle du genre

dim, 20/06/2021 - 21:40

(B2) Belges et Luxembourgeois ont choisi de mettre en pool leurs avions de transport. Initiative intéressante à plus d’un titre. Une première pour le Luxembourg qui ne disposait pas jusqu’à présent d’avion de transport militaire

Au premier plan, les cinq C-130 restants, qui vont quitter le tarmac de Bruxelles d’ici la fin de l’année. Au fond, l’A400M luxembourgeois (© NGV / B2)

Une flotte de huit appareils à terme

Le pool compte déjà trois avions (deux Belges et un Luxembourgeois). À terme, il en comptera huit. Trois appareils supplémentaires seront encore livrés cette année 2021, et le dernier en 2024. Ils remplacent la flotte belge de C-130, à bout de souffle. Le dernier appareil quittera le tarmac d’ici la fin de l’année (voire avant).

Tout est nouveau

La base aérienne du 15e Wing, aussi, est en cours de transformation, avec de nouveaux hangars conçus pour accueillir les nouveaux avions (plus longs que les anciens). « Ici tout est nouveau » indique le commandant du 15e Wing. « Nous ne devons pas seulement apprendre à voler, mais c’est tout un environnement nouveau qu’on doit découvrir. »

Une unité binationale

Tout est aussi multinational. La formation des pilotes a lieu en France, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne. Les Belges échangent ainsi avec les Français sur l’electronic warfare (guerre électronique) — « qui ont beaucoup d’expérience sur ce sujet » dixit un officier belge —, ainsi que la maintenance des moteurs (un contrat a été passé). Il y a des échanges sur les équipages avec les Britanniques, des informations et un entraînement techniques avec les Allemands. Une nécessité.

Une première pour le Luxembourg

« C’est nouveau d’avoir cette capacité » confirme à B2 François Bausch, le ministre de la Défense (et Vice-Premier ministre) du Grand-Duché. Le Luxembourg n’avait pas d’aviation de transport jusqu’ici. « C’est un investissement très intéressant. Cela permet de combler une lacune dans nos besoins, de remplir des besoins réels au niveau de l’UE comme au niveau de l’OTAN. » « Cette capacité peut être employée de différentes façons, de façon militaire ou civile. » Au niveau de l’aide humanitaire également.

François Bausch (© NGV / B2)

Une capacité à multiples usages pour le Grand-Duché

« Nous sommes très engagés dans la zone Sahel, que ce soit au niveau militaire ou de la coopération au développement. » Et en cas de problème, l’avion luxembourgeois pourra voler directement Jusqu’à présent. le Luxembourg dépendait des autres. « C’est « important pour nous d’avoir une certaine priorité, si on en a besoin, par exemple en cas d’évacuation » confirme le ministre. Et s’il n’est pas utilisé par les Luxembourgeois, l’avion reste dans le pool européen d’aviation de transport (EATC) pour être mis à disposition des autres pays.

Une équipe totalement intégrée

Les six pilotes et six logisticiens luxembourgeois sont d’ailleurs intégrés totalement dans le staff belge sur l’aéroport de Melsbroek (l’aéroport militaire de Bruxelles). Ils peuvent effectuer toutes sortes de missions comme leurs collègues belges. Les équipages peuvent donc être mixtes. Et les nationaux des uns voler sur l’appareil de l’autre.

(Nicolas Gros-Verheyde, à Melsbroek)

Cet article À Melsbroek, l’unité binationale A400M. Un modèle du genre est apparu en premier sur B2 Le média de l'Europe géopolitique.

Catégories: Défense

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