Vous êtes ici

Good Morning Afrika (Blog)

S'abonner à flux Good Morning Afrika (Blog)
Mis à jour : il y a 3 semaines 12 heures

Les dernières nouvelles du continent (16)

dim, 14/02/2021 - 18:25

 “I am not African because I was born in Africa but because Africa was born in me.” Kwame Nkrumah

Bilan

Comme tous les ans African Arguments propose un tour d'horizon des élections à venir sur le continent africain : 

En 2020, le continent africain a connu une hausse de 43% des violences djihadistes en Afrique. La violence s'est concentrée sur la Somalie (où Al Shabaab contrôle de nombreuses villes), le Sahel, dans le bassin du lac Tchad (thread à lire), au Mozambique et en Égypte. On lira cet article sur l'Etat islamique au Mozambique. L'Afrique est également l'unique continent où les violences politiques se sont accrues en 2020.

Sur l’évolution des systèmes politiques en Afrique du Sud, au Nigéria, en Ethiopie, au Ghana, au Kenya : 

Dans les mêmes Etats, l'évolution des budgets de défense et des personnels dans l'armée : 

Avez-vous pris connaissance du dernier numéro d'Afrique contemporaine (bien que daté en 2019) ? Un super opus coordonné par Nicolas Donner (magnifique éditorial) et MarieMiran-Guyon (qui signe une non moins brillante introduction) sur " le fait urbain".

Le numéro nous fait voyager de Ouagadougou à Mogadiscio en passant par Kinshasa et Nairobi. Je vous recommande la lecture de cet article en particulier:"Precarious labour–Precarious lives Photographic glimpses from displaced people in Somali"cities" de Jutta Bakonyi, Peter Chonka. Une exposition que j'ai pu découvrir en 2019 en Ethiopie avec le Rift Valley Institute. Découvrez également cette "Question de recherche" : « L’irrésistible essor des jeux d’argent dans les villes d’Afrique de l’Ouest. Enquêtes à Dakar et Abidjan " de Ababacar Fall, Marthe Koffi-Didia, Marie Redon. J'y signe aussi une recension de l'ouvrage de Beth Elise Whitaker et John F. Clark : "Africa’s International Relations. Balancing Domestic and Global Interests".

Il faut lire l’article de Didier Péclard  « Violent conflict and State formation in Africa” publié dans le Oxford Encyclopedia of African Politics et enfin accessible en ligne gratuitement.

 

Sahel 

Félicitations à Dougoukolo Alpha Oumar Ba Konaré qui publie « National Narratives of Mali. Fula Communities in Times of Crisis ». Il présente l’objectif de cet ouvrage :  « partager les récits nationaux de l’Etat malien, et de les confronter aux récits et ressentis des communautés peules en moments de tourments. Qu’est-ce qui est vrai? Qu’est-ce qui blesse? Est-ce important? Comment se comprendre? Et comment s’entendre et se soigner? »

Le Bulletin du Centre Franco Paix publie un numéro spécial coup d'État au Mali, 4 articles, 2 entretiens avec Moustapha Dicko & Nicolas Normand.

Afrique de l'Est/Corne de l'Afrique

Il faut lire ce rapport de Michaela Collord pour l'IFRI : "Tanzania's 2020 Election. Return of the One-Party State".

C’est quoi concrètement la Corne de l’Afrique ? Pourquoi cette région de l’Afrique connaît-elle autant de tensions en ce moment ? Au moment où l’Éthiopie est occupée à combattre au Tigré, le Soudan en a profité pour s’accaparer des terres disputées à la frontière. Le conflit au Tigré est-il en train de s’internationaliser ? Le siège de l’Union africaine est à Addis Abeba, capitale éthiopienne. Pourquoi avoir choisi cette ville et quel rôle joue l’Ethiopie au sein du continent ? Quel rôle joue Djibouti au sein de la Corne et pourquoi attire-t-il autant les grandes puissances ? Certaines ont des bases militaires sur son territoire. Un ensemble de questions sur la région auxquelles j’ai pu répondre dans l’émission Arrêt sur le monde du CERIUM.

Ethiopian Airlines et Air Djibouti sesont associées avec le port de Djibouti afin de proposer un hub de fret aéro-maritime depuis l'aéroport de Djibouti. Un collègue nous explique sur Twitter que « C'est aussi une manière de contenir les éventuelles ambitions de Air Djibouti et aussi d'assurer un contrôle sur le port de Djibouti ». Sur l'économie éthiopienne on lira : Oxford Handbook of the Ethiopian Economy.

En décembre, l'IGAD a nommé une équipe d’observateurs qui a rendu son rapport sur les tensions frontalières entre la Somalie et le Kenya. La Somalie a estimé que ce rapport était trop favorable à Nairobi. Les caricatures d'Amin Art savent si bien décrire la réalité (Merci à Cala pour la traduction) : Uhuru: ``Je vois la Somalie revenir!`` Guelleh: `` Je vois rien a l`horizon. Est-ce que tu hallucines!``

Très bel article dans Le Monde sur les anciennes colonies italiennes ICI. Je vous recommande ce formidable premier roman de Stéphanie Coste. Elle raconte le destin croisé de migrants venus d'Érythrée et de leur bourreau - lui-même érythréen - sur une plage libyenne... Les EAU auraient -ils évacué leur base d’Assab en Erythrée ?

Thread intéressant qui décrypte des images de chars T 55 au Tigray en novembre dont la peinture permet de les identifier comme érythréens. L’Éthiopie a confirmé la fermeture dedeux des quatre camps de réfugiés érythréens en Ethiopie. Sur les 96 000 réfugiés érythréens en Éthiopie avant le déclenchement du conflit dans la région du Tigré, il ne reste que 26 000 à 28 000 Érythréens dans les deux derniers camps. Voici le dernier rapport du Human Right Watch sur la situation sanitaire en Ethiopie.

Parce que c'est toujours un plaisir de revenir à ses racines et de pouvoir échanger avec le plus grand quotidien régional de France (et le journal de mon enfance) voici une interview sur la situation actuelle dans le nord de l'Ethiopie. La dévolution est-elle une solution au conflit ? Pour l'ICG les troupes érythréennes et amhara doivent se retirer du Tigray, le gouvernement doit permmettre l'accès aux populations et débuter un dialogue inclusive. Le Premier ministre éthiopien tente de rétablir son image de Prix Nobel de la paix et propose une Tribune dans Jeune Afrique :"Vers un ordre pacifique dans la Corne de l'Afrique". Il faut lire ce numéro de la revue Médiévale consacré à "Éthiopie, Nubie, Égypte. Pouvoirs chrétiens et musulmans (XIe-XVe siècle)".

Point de vue soudanais sur les développements récents du différends sur le GERD et sur le conflit pour le triangle d'Al-Fashaga. Lisez cet article sur le pouvoir politique et le secteur de l'électricité en Ethiopie. Sur les relations entre l'Ethiopie et la Russie (ICI).

Très heureuse de publier avec mon ancienne collègue de l’IRSEM Fatiha Dazi-Héni cette note "The Red Sea: New spaces of interdependent securityissues between countries of the Gulf and of the Horn of Africa”.

Cette semaine le Président djiboutien était en visite en France afin, notamment, de renégocier les accords de défense et de rencontrer le MEDEF. Voici quelques échanges sur le sujet : ICI ICI et ICI



 


 

 

Catégories: Afrique

Les dernières nouvelles du continent (15)

dim, 13/09/2020 - 08:11

Sahel

Sur son blog Alex Thurston propose une série d’articles paru récemment sur les conflits dans le Sahel.

Il faut lire l’article de Dougoukolo Alpha Oumar Ba Konaré, « Le centre du Mali entre djihadisme et ethnocentrisme », dans la dernière édition de l’AFRI.

Pour Isaline Bergamaschi dans Le Monde : « Les pratiques dénoncées sous ATT ont perduré sous IBK. La crise que traverse le Mali n’est pas seulement une crise de l’Etat malien ou de la faillite de sa classe politique depuis la démocratisation en 1992. Elle signe aussi l’échec de décennies d’intervention internationale à travers la promotion d’un modèle de développement extraverti dans lequel les acteurs internationaux finissent par faire partie de l’Etat avec toutes les ambiguïtés que cela peut engendrer ».

A voir également la contribution de Wassim Nasr au sujet de la relation entre l’EI / JNIM, AQMI au Sahel, l’impact des négociations entre AQ et Bamako, la position de la France et les perspectives pour les mouvements jihadistes dans la région. Sur la présence française, on lira également le chapitre d'Alain Antil dans le dernier Ramsès : "Sahel : le sommet de Pau est-il un tournant ?"

Nina Wilen et Pierre Dehaene publient un rapport très intéressant : « Challenges with Security Force Assistance in Niger: Understanding Local Context and Aligning Interests ».

Sur la réforme du secteur de la sécurité, on tirera des leçons du Libéria avec cet article « A Force for Good”: Army-Building After War in Liberia ». L’auteur « identifies three central mechanisms from the literature and evaluates them using evidence from a case study of post-conflict army-building in Liberia. The findings show that the voluntary nature of cooperation matters strongly for the successful outcome in Liberia, as does donor identity, albeit differently than as predicted by theory. The role of local ownership receives somewhat weak support, however, which is surprising in light of its importance in the literature. These results have significant implications for theories of statebuilding and security assistance policie ».

Les éditions de l’IRD publient « Conflits et violences dans le bassin du lac Tchad », un ouvrage collectif réalisé par les chercheurs du réseau Méga-Tchad, sous la direction d’Emmanuel Chauvin, Olivier Langlois, Christian Seignobos et Catherine Baroin : « il montre la diversité des insécurités - de la violence ordinaire à la guerre -, leur profondeur historique, ainsi que les enjeux économiques et politiques qui les sous-tendent ».

Les attaques contre les élèves, les enseignants et les écoles se multiplient dans le Sahel selon Human Rights Watch.

Corne de l’Afrique

Sara Hasnaa Mokaddem et Nihal El Mquirmi nous rappellent l’historique du contentieux entre l’Egypte et l’Ethiopie sur la construction du GERD (Grand Ethiopian Renaissance Dam). Sur le GERD on écoutera également Judd Devermont (Center for Strategic and International Studies) et Joshua Meservey (Heritage Foundation).

L’Ethiopie et l’Egypte semble avoir trouvé un terrain périphérique d’opposition... au Somaliland. Roland Marchal livre son analyse sur les deux dernières années de "paix" entre l’Ethiopie et l’Erythrée.

La région du Tigray a organisé des élections parlementaires, malgré leur report au niveau national, qualifiées d ‘«inconstitutionnelles» et d’ «illégales» par le Premier ministre Abiy, ces élections font craindre une disclocation de l’Ethiopie. L’ISS invite à s’inspirer des dialogues de réconciliations nationales expérimenté chez les voisins de l’Ethiopie.

Le dernier numéro de Politique Africaine est consacré au Soudan.

 

Comment le maintien de la paix a-t-il évolué depuis une décennie ? Selon Comfort Ero, dans la Corne, les problèmes persistent mais l’UA s’affirme et les Etats-Unis perdent de leur influence au profit des Africains eux-mêmes, des États du Golfe, de la Chine, et de la Turquie entre autres.

Hâte de découvrir cette publication même s’il semble difficile de savoir comment se la procurer : 

Chine, Russie, Etats-Unis en Afrique

Comment les Africains perçoivent la Chine ? C’est la question posée par Afrobarometers dans 18 pays africains en 2019/2020. Afrobarometers a comparé les réactions à la Chine et aux États-Unis. Lorsqu'on leur a demandé qui de la Chine ou des États-Unis étaient le meilleur modèle pour le développement futur de leur pays, 32% des sondés ont répondu les États-Unis et 23% ont répondu la Chine. Lorsqu'on leur a demandé si l'influence économique et politique des États-Unis et de la Chine dans chaque pays était majoritairement positive ou majoritairement négative, 59% avaient une vision majoritairement positive de la Chine et 15% une vision majoritairement négative. Dans le cas des États-Unis, 58% avaient une opinion plutôt positive et 13% une opinion principalement négative. Afrobarometer nous donne accès aux slide de son webinar « African citizens' perceptions on Africa-China engagement .

 

On lira le dernier article de Folashadé SOULÉ, « Politiques bureaucratiques et asymétrie dans les négociations Afrique-Chine », dans la dernière édition de l’AFRI. Elle y propose une analyse des politiques bureaucratiques de négociation des petits États engagés dans des relations asymétriques avec les grands États. Elle étudie notamment les tactiques de négociation et les manœuvres des acteurs d’un petit État africain francophone, le Bénin, lors des négociations de contrats d’infrastructure avec la Chine.

La Stanford International Policy Review a publié une analyse "China's Role in Regional Integration in Africa: The Case of East African Community" par Abdou Rahim Lema et Samu Ngwenya. On comprend que le soutien apporté à la Chine aux infrastructures au sein de l’EAC joue un rôle primordial dans la mobilité transfrontalière de la main-d'œuvre, des capitaux et des biens mais ses politiques commerciales envers l’EAC menacent les perspectives d'intégration de la région en mettant en péril le commerce intrarégional et en augmentant le déséquilibre commercial de ces pays avec la Chine. On lira également cet article dont l’objectif est « provides an empirical estimate of the effect that upgrading of roads along the two main transit routes in the East African Community (EAC) had on the total bilateral trade costs facing manufacturing industries (…) This study estimates that the increase in the quality of transit roads lowered both domestic and cross‐border trade costs, and that the latter effect is larger than the former. The study also finds that the increase in trade volumes due to better transit roads is attributable to industries producing output with above median weight. These industries dominate the EAC manufacturing sector, suggesting that a compositional change in cross‐border trade flows arising from better transit roads is unlikely. ».

La majorité des africains qui entament des études hors du continent se rendent en Chine : « every year between 2011 and 2016 the number of African students that went to China on average grew 14% faster than the number of Asian students studying in that country. (…) During the same period the number of African students choosing to study abroad grew by 111% ».

L’US Africa Command va-t-il déménagé ? Actuellement situé à Stuttgart il pourrait être relocalisé en Italie, en Espagne, en Belgique ou au Royaume Uni.

Le Royal United Services Institute a publié une étude "Russia Takes Its Syrian Model of Counterinsurgency to Africa" par Samuel Ramani. Depuis 2015 et son intervention en Syrie en soutien à Bachar al-Assad, la Russie a conceptualisé un « modèle syrien de contrinsurrection » qui pourrait être appliqué sur le continent africain. La stabilité autoritaire est privilégiée et serait la méthode la plus efficace contre l'extrémisme. Le retour de la Russie en Afrique est-il un nouvel impérialisme ?


Economie

Quels sont les effets de la crise sanitaire sur les remittances ? A voir dans cette vidéo

Foreign policy propose un classement mondial des réponses à la crise et le Sénégal arrive 2ème juste après la Nouvelle Zélande…

 

Il est fascinant d’apprendre que sur 27 000 articles publiés dans des revues académiques d’économie : "45% of all economics journal articles ... are about five countries accounting for just 16% of the continent’s population."

Divers

J’ai découvert ce nouveau projet (en français et en anglais) : “The Africa I Know” qui vise « à changer positivement le récit sur l’Afrique ».

En 1960, dix-sept pays du continent sont devenus indépendants. Pour cet anniversaire, le New York Times a ressuscité des photos de cette période. Quinze discours d'indépendance qui ont marqué l'histoire africaine. A écouter également : « What We Talk About When We Talk About Decolonization »

Jamais un livre ne s’était intéressé aux surfers africains et à leur culture, c’est fait !

Il faut écouter"Des Amazones du Dahomey aux indépendances africaines", l'hommage sur France Culture à l'historienne Hélène d'Almeida-Topor de Catherine Coquery-Vidrovitch, Odile Goerg et de Chislain Moupebele Makadjoka.

Voici une magnifique série de photos sur les personnels soignants éthiopiens qui luttent contre la pandémie de Covid 19.

Annonces, AAC, etc

Ne manquez pas de vous connecter à la page Facebook de l'Association Béninoise d'Etudes Stratégiques et de Sécurité (ABESS).

L’African Politics Conference Group (APCG) reçoit les propositions de communications pour son colloque en ligne.

La Revue africaine de développement (Groupe de la Banque africaine de développement) invite à soumettre des articles pour un numéro spécial sur “l’impact du Covid-19 sur les économies africaines".

Vous pouvez envoyer vos abstracts pour l’ICAS Kyoto 2021 pour le panel « The Silk Road: Crafting global futures, global pasts » à Tim Winter, tim.winter@uwa.edu.au.

Appel à chapitre pour l’ouvrage « Old Wine in New Bottles: The New Scramble for Africa ». Les éditeurs précisent : « We are interested in contributions that discuss, challenge or interrogate issues relating to the activities of China and Euro-American powers and their institutions on the African continent. ( …) If you are interested in contributing to this volume, please submit an abstract of 500 to 800 words and a brief CV (not more than two pages) to Bekeh Ukelina (bekeh.ukelina@cortland.edu) by November 1, 2020 ».

 

Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez-vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".

Catégories: Afrique

Les dernières nouvelles du continent (14)

dim, 06/09/2020 - 09:34
Sahel

Après le coup d’Etat au Mali, l’ICG retrace la chronologie des faits, identifie les erreurs commises et suggère une sortie de crise ICI

Dans cet article Niagalé Bagayoko interroge « la pertinence et l’efficience des cadres de gestion et de résolution des conflits instaurés » au Mali depuis 2012 et dans la région.

Était-il évident que ce coup d’Etat allait subvenir ? Cette rhétorique est trop facile explique Yvan Guichaoua dans ce Thread.

Marc Antoine Pérouse de Montclos et Camille Noûs montrent dans cet article que « les écoles coraniques s’avèrent ne pas avoir joué non plus de rôle déterminant dans le développement de la secte » Boko Haram.

Il faut lire cette magistrale réponse du blogueur « un mec qui fait des trucs en Afrique » à un célèbre chercheur autoproclamé à la suite de la tuerie de Kouré le 10 août.

 

Corne de l’Afrique

Une nouvelle alliance autour de la Somalie, l’Ethiopie et l’Erythrée s’est formée en janvier 2020 dans la Corne : Horn of Africa Cooperation (HoAC). Quelles en sont les conséquences régionales ? À lire ICI

Les Etats-Unis ont suspendu leur aide à l’Ethiopie dans le cadre de la médiation qu’ils mènent autour du différend qui oppose l’Ethiopie et l’Egypte sur la construction d’un barrage sur le Nil bleu.

L’Arabie saoudite enferme des centaines de migrants dans des camps dans des conditions inhumaines. Ce threadrésume la situation.

La dernière étude d’Afrobarometers concerne, entre autres, l’opinion des Ethiopiens sur les amendements constitutionnels pour ajouter les langues du gouvernement fédéral et limiter les mandats du Premier ministre.


L’Ethiopie reste l'un des rares pays au monde avec un monopole d'État sur les télécommunications. Voici à quoi ressemble actuellement le secteur des télécoms.

A lire : l’étude de l’Armed Conflict Location & Event Data Project sur l’Ethiopie et le risque de fragmentation

Fascinant article. Comment l'histoire autorisée par l'État éthiopien lui permet d’imposer sa légitimité ? L’écriture de l’histoire a été un projet totalisant de l’Etat.

En août 2020, Taïwan a ouvert une représentation au Somaliland (et inversement). Si le Somaliland est Etat autoproclamé indépendant mais non reconnu par la communauté internationale cet acte est-il une forme de reconnaissance ? Non car cet accord n’ouvre pas des relations diplomatiques formelles entre les deux Etats. Une bonne réflexion sur la diplomatie des Etats de facto est à lire ICI.

On lira cet article dans OrientXXI  sur l’influence religieuse de l’Arabie Saoudite à Djibouti :  "L’appropriation de l’islam comme objet politique a permis au pouvoir de surmonter les querelles claniques lors de la guerre civile et facilité un investissement du champ religieux par les pays étrangers."

Merci à la revue Diplomatie de m'avoir ouvert ses pages pour parler de la diplomatie d’un petit Etat: Djibouti

Divers

Passionnant article collectif de Frédérick Douzet, Kévin Limonier, Selma Mihoubi, Élodie René sur la propagation des contenus russes et chinois sur le Web africain francophone. « Cette étude propose une méthodologie permettant d’identifier les acteurs du Web qui reprennent les contenus chinois et russes, ainsi qu’une analyse des stratégies d’influence des opinions publiques de ces États à destination de publics africains ».

Il faut écouter cette série d’émissions sur les textes de Franz Fanon lu par Gaël Faye. 

 

Appels à communications /Conférences

L’IFRA Nairobi recherche un.e chercheur.e ICI

Appel à communications pour un numéro spécial de la revue Journal of Borderlands Studies : Security and Trade in African Borderlands

Un nouveau carnet de recherche "Racismes"vient d’être lancé sur Hypothesesorg, son objectif est de « est de rendre compte de l’actualité de la recherche en sciences sociales sur les différentes formes de racisme dans le monde ».

L’AFD vient de publier un « Atlas de l’Afrique. Pour un autre regard sur le continent »avec de nombreuses infographies. Très utile pour les étudiants et …les plus grands.

Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez-vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".

Catégories: Afrique

Les dernières nouvelles du continent (13)

jeu, 25/06/2020 - 10:45

Chine et Etats-Unis en Afrique « China’s government is offering more university scholarships to African students than the leading western governments combined, in a sign of Beijing’s use of “soft power” alongside economic investment." A lire ICI On pensait que les Etats-Unis diminuaient leur presence militaire en Afrique. Selon Nick Turse c’est faux. ICICorne de l’Afrique Le Prix Stephen Ellis 2020 a été attribué à Fred Nyongesa Ikanda pour son article « Somali Refugees in Kenya and Social Resilience: Resettlement Imaginings and the Longing for Minnesota ». Il est en accès libre ici. L'Ethiopie traverse une crise constitutionnelle depuis la décision de reporter les élections du fait de la crise sanitaire. Le pays s'oppose toujours à l'Egypte sur la construction de son barrage mais cette escalade n'est elle que fumée ? On apprend qu'au rythme actuel le réservoir se remplira aux conditions égyptiennes (officiellement 10 mais réellement 12 ans en tenant compte de l`évaporation).

Une infographie très utile pour suivre l’évolution de la pandémie en Ethiopie : https://ethiocovid19.info/
Un nouveau rapport sur les rivalités en mer Rouge : ICI et un article sur le Bab El Mandeb ICIAfrica4 publie deux interviews de chercheurs sur l'Afrique de l'Est : Pierre Guidi pour son livre Éduquer la nation en Éthiopie.École, État et identités dans le Wolaita (1941-1991) et Clément Boutin sur l'histoiredes radios et de la guerre froide en Afrique de l'Est.

A lire : cet article de Mohammed Ibrahim Shire “How Do Leadership Decapitation and Targeting Error Affect Suicide Bombings? The Case of Al-Shabaab” ICI

Un thread à lire. Il présente le livre de Kathleen Klaus “Political Violence in Kenya: Land, Elections, and Claim-Making »SahelAdib Bencherif publie avec Aurélie Campana et Daniel Stockemer "Lethal Violence in Civil War: Trends and Micro-Dynamics of Violence in the Northern Mali Conflict (2012-2015)" dans la revue Studies in Conflict & Terrorism. ICI  

A lire également sur les fragilités de l'Etat malien : "State Fragility in Mali. TheSoumaïla Cissé kidnapping in perspective"
COVID-19PoSoc19, le nouveau réseau de chercheurs francophones en sciences sociales et politiques qui ambitionne, via une analyse comparative à travers le monde, de comprendre les effets de la crise COVID19 sur chaque système politique & chaque système juridique Une initiative à suivre pour mesurer l’impact socio-économique de la COVID19 sur les pays à faible revenus ou intermédiaires : ICIAppels à communications /ConférencesCALL FOR PAPERS: Islamist Rebel Governance Workshop (online):  linking empirical research on Islamist rebel groups with debates in the rebel governance literature.

Appel à contribution pour un numéro spécial sur le thème : « les organisations africaines face à la covid-19 » AAC pour la revue paix et sécurité en Afrique :"Les armées et la police en temps de crise sanitaire en Afrique de l’Ouest et centrale. La Covid-19 comme révélatrice de capacités et d’inaptitudes" Création d’une nouvelle revue biannuelle en accès ouvert : Sources. Matériaux & Terrains en études africaines, portée par les UMIFRE d’ Afrique sub-saharienne et le Laboratoire LAM. Son 1er dossier est un Varia. AAC permanent ouvertCall for papers! Special Issue on Covid-19, Peace and Security in Africa, edited by the great Cyril Obi &  Kabandula Du fait de la crise sanitaire, la Masterclass que je co-organise avec Ioannis Panoussis et Valentina Volpe est décalée de septembre à janvier 2021. Elle portera sur les approches extraoccidentales de la paix. A voir ICIRelations internationalesLe SIPRI propose une nouvelle carte avec toutes les opérations multilatérales en cours en mai 2020. 
Nic Cheeseman publie avec The Oxford Encyclopedia of African Politics. Les articles ci-dessous sont en accès libre sur le site :Vous pouvez accéder à la totalité du livre "African Economic Development: Evidence, Theory, Policy".
Le Journal of Peace research publie un article à partir des données du célèbre Uppsala Conflict Data Program sur l’évolution de la violence organisée dans le monde de 1989 à 2019 : « The defeat of Islamic State (IS) in Syria and Iraq has pushed the number of fatalities, almost 75,600, to its lowest level since the outbreak of the Syrian civil war in 2011. However, this de-escalation in Syria is countered by increased violence in Africa, as IS and other transnational jihadist groups have relocated their efforts there. Furthermore, violence has continued to increase in Afghanistan; UCDP recorded more than 31,200 fatalities in Afghanistan in 2019, which accounts for 40% of all fatalities from organized violence across the globe. The general decline in fatalities from organized violence does not correspond with the trend in the number of active conflicts, which remained on a historically high level. UCDP recorded 54 state-based conflicts in 2019, including seven wars. Twenty-eight state-based conflicts involved IS (Islamic State), al-Qaida or their affiliates. In the past decade, conflicts involving these transnational jihadist groups have driven many of the trends in organized violence”.Un thread à suivre sur les sanctions internationales et leur efficacité : ICI 

Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez-vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".
Catégories: Afrique

Les dernières nouvelles du continent (12)

mar, 14/04/2020 - 10:11

COVID-19 Voici une excellente cartographie des facteurs de risque sur le continent africain. Les critères d’analyse retenus sont : “international exposure, size of urban population, capacity for testing (…) health systems, densities of urban populations, conflict, size of displaced populations, trust in government, and openness of communications channels”. Les Etats les plus vulnérables ne sont pas ceux qu’on pourrait croire. 
Quelles réponses face à la crise sanitaire sur le continent africain ? Ce blog propose envisage trois options : “(1) anticipate the country-specific demographic pattern of the national epidemic; (2) examine the conditions required for the standard “lockdown” policy to succeed; and (3) make a consultative political assessment of the epidemic response and its impacts on the economy, society and governance”. Pourquoi le pire serait à venir sur le continent africain ? s’interroge Fred Eboko, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement et spécialiste des politiques publiques de santé en Afrique. « Cela revient à considérer, comme un certain nombre d'acteurs, que l'Afrique subsaharienne n'a absolument rien retenu de l'épidémie d'Ebola, ce qui n'est pas vrai. Parce qu'il y a quand même eu entre-temps une mémoire administrative, sanitaire, politique et épidémiologique assez forte ». Il rappelle également, à la suite de la controverse sur les essais cliniques sur le continent, que l’Afrique n’est pas une terre d’expériences cliniques : « Selon une étude publiée en 2018 par le réseau Les Entreprises du médicament (LEEM) et basée sur les données officielles du gouvernement américain, sur les essais cliniques initiés en 2017, le pourcentage de participation par régions/continents du monde est sans ambiguïté. Amérique du Nord : 57 % ; Europe : 38 % ; Asie : 27 % ; Océanie : 11 % ; Amérique latine : 8 % ; Afrique et Moyen-Orient : 7 %. L’Afrique subsaharienne est la partie du monde la moins sollicitée pour les essais cliniques ».
La crise sanitaire que nous traversons est un terreau idéal pour la multiplication et la diffusion des thèses complotistes en particulier sur le continent africain. L’anthropologue camerounais Parfait Akana analyse comment le COVID-19 s’en prend aux conventions sociales profondément ancrées. Il a créé la plate-forme des chercheurs en sciences sociales contre le coronavirus (Social Scientists Initiative Against Covid-19 in Cameroon) pour analyser les expériences locales et démêler le vrai du faux.Quel sera l’impact du COVID-19 sur les économies et les sociétés du continent ? Quel impact aura la crise sanitaire actuelle sur les régimes politiques et la gouvernance en générale ? Les régimes démocratiques répondent-ils mieux à la crise que les régimes autoritaires ?RFI propose plusieurs reportages sur la façon de vivre le confinement partout dans le monde. ICI à Djibouti. Paul Poast propose de passionnants threads sur Twitter. Ici sur le manque de réponse globale à la crise qui s’expliquerait par la différence de système politique entre les deux grandes puissances : Chine et Etats-Unis. Corne de l'AfriqueL’état d’urgence déclaré en Ethiopie du fait de la crise sanitaire manquerait de clarté. Quelles sont les responsabilités respectives du gouvernement fédéral te des gouvernements régionaux ?  Selon cet article, l’Ethiopie devrait tirer des leçons des Etats comme l’Iran et la Corée du Sud pour vaincre au mieux la pandémie. Cet article revient sur les enjeux autour des élections somaliennes qui se tiendront en fin d’année ou début 2021. Le CTC Westpoint a preparé un rapport sur le groupe Al Shabaab en Somalie : « A key aspect of al-Shabaab’s media insurgency is its PSYOPS (psychological operations) messaging, targeting both rank-and-file enemy soldiers as well as the domestic electorates in enemy countries, including the United States, Kenya, Uganda, and Burundi. In its PSYOPS and other propaganda messaging, al-Shabaab takes advantage of the lack of transparency in certain instances from its opponents, including some governments, and the demand by the international news media for details from on the ground, with the group framing itself as a reliable source of on-the-ground information. The militant group actively seeks to extend the penetration of its media messaging by attracting attention from international news media, though this practice has proved to be of mixed value”. Le New York Times revient également sur la résilience et l’extension du champ d’action du groupe.La diplomatie de haut niveau déployée pour résoudre le différend frontalier maritime entre la Somalie et le Kenya a été stoppée par la pandémie. En conséquence, des accrochages pourraient avoir lieu entre les deux pays. Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, le Président Ougandais explique à ses citoyens comment faire du sport pendant le confinement. Avant le confinement j’ai eu le Plaisir de recevoir et d’échanger avec Anne-laure Mahé dans l’émission Good Morning Afrika. Nous avons échangé sur la situation politique du Soudan. Nous avons aussi parlé de méthodologie de la recherche et du rôle des artistes dans la crise qui a traversé le Soudan l’année dernière. Au Soudan, justement, les taux d’inflation élevés ont fait doubler le prix du pain.  Roland Marchal a été libéré ! Voici son témoignage
Afrique centrale L’IFRI propose une note les groupes armés en Centrafrique, son but est de « comprendre le déploiement prolifique des groupes armés sur le territoire centrafricain. Cette prolifération s’explique par l’économie politique du conflit et un espace d’action ou écosystème qui est largement ouvert au lieu d’être réduit ou fermé ». Belt and Road Initiative Passionnant article publié dans The Africa Report sur les investissements régionaux dans les infrastructures ferroviaires en Afrique de l’Est.  A lire également : ce rapport sur les “overseas strategic strongpoints”  de la Chine. Ce terme flou désigne les ports étrangers ayant une valeur stratégique et économique particulière et qui accueillent des terminaux et des zones commerciales opérés par des entreprises chinoises. Ce premier rapport concerne Djibouti. Quel sera l’impact de cette crise sanitaire mondiale sur le projet Belt and Road Initiative ? Voici plusieurs scenarios envisageables.  

Appels Appel à contribution pour un ouvrage collectif consacré aux "théories du complot" en contextes africains dirigé par Nanourougo Coulibaly, Dorgelès Houessou et Ibrahim Maidakouale. Cet ouvrage ambitionne de combler un angle mort des recherches en sciences sociales sur le conspirationnisme. -Les propositions de contribution sont à envoyer avant le 25 juin 2020 aux adresses suivantes :coulyna@yahoo.fr; dorgeleshouessou@yahoo.fr; imaidakouale@yahoo.fr
Appel à communication : Journée d’étude internationale de la Chaire UNESCO « Défis partagés du développement : savoir, comprendre, agir »
Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez-vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".
Catégories: Afrique

Les dernières nouvelles du continent (11)

dim, 19/01/2020 - 22:11

SahelJe suis très heureuse de vous annoncer un nouveau projet. Tous les 3ème jeudi du mois vous pourrez écouter l'émission 'Good Morning Afrika' (évidemment) sur Fréquence Protestante.  Pour cette première émission je vous propose d'écouter l'analyse de Niagalé Bagayoko sur le Sahel. 
Les attaques ont quintuplé dans la région depuis 2016. Voir les données ACLED ici.  
Niagalé Bagayoko a publié la même semaine une tribune dans Le Monde sur la nécessité d’adopter une approche africaine de la stratégie, cet appel a suscité des débatssur Twitter qui porte principalement sur la distinction entre la stratégie et l’opératif. Et ICIvous pourrez lire l’excellente analyse Adib Bencherif sur l’insécurité dans la région. Cette semaine le Sahel a fait l’actualité avec le Sommet du G5 Sahel à Pau. Ecoutez l’émission Le débat du jour sur RFI : « La guerre contre les djihadistes au Sahel peut-elle être gagnée ? ». À écouter pour comprendre les enjeux du potentiel (et annoncé) retrait militaire américain du continent africain. How Would a Military Drawdown Affect U.S. Engagement in Africa?Cette semaine un internaute s’interrogeait sur le montant des OPEX françaises. Deux rapports sont de bonnes sources : un dossier «Conflictualité et stabilité internationale face aux facteurs économiques » et un article de Julien Malizard et Josselin Droff sur la notion de "soutenabilité" : les armées françaises utilisent davantage de ressources qu'elles ne sont capables de régénérer.
Corne de l’AfriqueLe premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a demandé dimanche 12 janvier au président sud-africain Cyril Ramaphosa d’intervenir pour apaiser le différend avec l’Egypte au sujet du barrage hydraulique que l’Ethiopie construit sur le Nil Bleu. A lire sur les causes du conflit. Les femmes ont joué un rôle majeur dans la guerre de libération érythréenne, quel statut ont-elles aujourd’hui ? L’ACLED nous apprend: « Since the US escalated its air campaign in 2017, Al Shabaab has perpetrated almost 900 civilian targeting events in Somalia, resulting in estimates of nearly 2,000 fatalities.”A lire ce rapport de Jérôme Tubiana « La "transition" soudanaise vue de ses périphéries » qui interroge sur la persistance de la marginalisation des périphéries au sein même du soulèvement et le rôle crucial désormais joué par les milices arabes du Darfour
PublicationsA noter la parution de « Du héros à la communauté. Le cheminement des identités en Afrique (XIXe-XXIe siècle) » ce livre collectif est consacré aux constructions identités et nationales en Afrique, co-dirigé par Elara Bertho, Jean-Luc Martineau, Céline Pauthier et Florent Piton. 
"Un monde en nègre et blanc. Enquête historique sur l’ordre racial » d’Aurélia Michel ou Comment la fiction de la race est au coeur de l'histoire de l'Occident.
On attend l’ouvrage de Lina Benabdallah “Shaping the Future of Power: Knowledge Production and Network-Building in China-Africa Relations” disponible en précommande(thread de présentation ici). Varieties of Democracy mesure deux siècles de changements politiques.
Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez-vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".
Catégories: Afrique

Les dernières nouvelles du continent (10)

dim, 12/01/2020 - 17:17

Corne de l’Afrique L’actualité moyenne orientale a laissé peu de place pour les autres actualités internationales. Pourtant, les Shebaab somaliens ont refait parler d’eux avec l’attaque d’une base américaine  (Camp Simba) à Lamu au Kenya et tuant 3 soldats américains et ça n’est peut-être pas terminé…  Ce thread permet d’en savoir plus. Cette attaque montre que neuf ans après l’opération lancée par les troupes kenyanes dans le sud de la Somalie, le Kenya n’est pas parvenu à sécuriser sa frontière. En 2018-2019, il a été difficile de déterminer le rôle des différents acteurs extérieurs (pays du Golfe, pays Occidentaux, etc) dans la résolution du conflit entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Voici les six intrigues à suivre en 2020 pour comprendre ces jeux politiques autour de la mer Rouge. La dette chinoise est difficile à gérer pour l’Ethiopie et le Kenya. Diploweb propose une synthèse du projet des Nouvelles routes de la Soie. Le ministère des Finances du Somaliland augmente les taxes sur le khât.Les négociations sont dans l’impasse sur la construction par l’Ethiopie d’un méga-barrage sur le Nil. Et la situation interne en Ethiopie ne s’améliore pas, voici un article essentiel pour comprendre la formation de l’Etat et les dissensions actuelles. L’Ethiopie et le Burkina Faso sont les potentiels lieux de développement de conflits en 2020. La Corne de l’Afrique va connaitre des élections importantes en 2020 notamment en Ethiopie, en Somalie et au Burundi et en Tanzanie. Si vous souhaitez comprendre les derniers développements politiques dans la Corne je vous recommande ce documentaire : L’espoir renaît dans la Corne. Les Cahiers d’Afrique de l’Est viennent de paraitre.Je suis très heureuse d’annoncer la publication le 5 mars de mon ouvrage Djibouti : la diplomatie de géant d’un petit Etat aux Presses Universitaires du Septentrion. Il est disponible en précommande ICI.
Afrique de l’OuestLa situation semble se dégrader de plus en plus au Sahel. L’ONU a annoncé que le nombre de victimes d’attaques terroristes a été multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Les violences sont attribuées aux actions de groupes armés, mais aussi aux tensions entre communautés sur base de rivalités historiques, de disputes autour des ressources naturelles et également sur fond d’absence de l’Etat, de problèmes de gouvernance et de prolifération des armes légères et de petit calibre.  Dans une Tribune du journal Le Monde Niagalé Bagayoko s’interroge sur les solutions possibles à la crise et invite à développer la réflexion stratégique africaine. De son côté Marc-Antoine Perouse de Montclos publie un essai sur l’échec de la France au Sahel et invite au départ des forces françaises. Le Monde diplomatique propose une carte des interventions françaises en Afrique et Le Monde nous éclaire avec ses cartes du Sahel.
Arts, littérature, Histoire Les cours de François-Xavier Fauvelle, professeur titulaire de la chaire Histoire et archéologie des mondes africains, sont en ligne et présentés ICI.Que savons-nous des anciennes cultures de l'Afrique de l'Est et quelles sont les idées reçues que nous pourrions avoir sur l'histoire de l'Afrique de l'Est? Écoutez cette émission.Arte propose un passionnant documentaire "Décolonisations" en trois épisodes qui est décrit de la façon suivante : «  À contre-courant de l'histoire officielle des colonisateurs, cette fresque percutante inverse le regard pour raconter, du point de vue des colonisés, cent cinquante ans de combat contre la domination, et faire résonner au présent un déni qui perdure ». Ces auteurs répondent aux critiques ici.Une sélection de films africains de la décennie et des meilleurs livres (avec Alain Mabanckou).   Conférences et appels à communications Corentin Cohen (Sciences Po/CERI, OxPo) et Gernot Klantschnig (University of Bristol) lance un AAC pour Politique africaine  « Les paysages moraux des drogues en Afrique ».Le Centre Français Etudes Ethiopiennes propose à des postdoctorants ou à de jeunes chercheurs résidant en France une aide à la mobilité pour un séjour de recherche dans la Corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée, Djibouti et Somaliland) en 2020.Les chercheurs Fariba Adelkhah et Roland Marchal sont toujours prisonniers en Iran. La séance inaugurale du séminaire "F & R: sociologie et anthropologie sociale du politique" consacrée à l'un des thèmes majeurs des recherches de Roland Marchal : "guerre et formation de l'Etat", thème que Fariba Adelkhah a également traité dans ses propres travaux sur la guerre comme expérience de vie, notamment en Afghanistan est à écouter ici
Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".



Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (9)

dim, 03/11/2019 - 17:32

Passionnantes interviews sur E-International Relations. Six chercheurs répondent aux questions suivantes : pensez-vous que la discipline des Relations internationales est parvenue à intégrer les recherches, les idées et l'histoire des People of Color ? Qu'est-ce qui pourrait être amélioré ? Sur la façon dont la musique de Fela permet de décoloniser les études de droit : lire ICIMalgré de nombreuses publications démontrant l’échec du state-building, des millions restent investi pour la reconstruction étatique de certains pays sur un modèle wéberien d’Etat centralisé. Cet article montre les risques d’une telle approche : « For example, many highly centralized governments prey on their own citizens and are therefore prone to civil unrest, conflict, and collapse.(…) centralization may also alienate local elites, resulting in a return to conflict and violence in states subjected to foreign state-building. Another risk is that centralization undermines the quality of public administration by making it largely unresponsive to local demands.”Je suis ravie de voir aboutir ce projet : la publication d’un ouvrage collectif Diplomacy and Borderlands. African Agency at the Intersections of Orders, dirigé par Katharina P. Coleman, Markus Kornprobst, Annette Seegers. La presentation du livre : “This book examines Africa’s internal and external relations by focusing on three core concepts: orders, diplomacy and borderlands. The contributors examine traditional and non-traditional diplomatic actors, and domestic, regional, continental, and global orders. They argue that African diplomats profoundly shape these orders by situating themselves within in-between-spaces of geographical and functional orders. It is in these borderlands that agency, despite all kinds of constraints, flourishes”. J’y rédige un chapitre sur …la Corne de l’Afrique : “Establishment of a New Regional Order in the Horn of Africa”.
J’ai hâte de lire la dernière publication de Nic Cheeseman et Jonathan Fisher : « Authoritarian Africa: Repression, Resistance, and the Power of Ideas”. Les deux chercheurs présentent l’ouvrage ICI. Ils proposent une évaluation de l’héritage colonial et son impact sur les systèmes politiques en Afrique. Afrique centrale Le dernier bulletin FrancoPaix revient sur la situation au Cameroun où le Président Paul Biya subit de plus en plus les pressions nationales et internationales.International Security publie un article sur le continent africain et en particulier sur le retour des réfugiés et de la violence au Burundi après le conflit. Et The Journal of Modern African Studiespublie un article sur le nationalisme des survivants du génocide des Tutsis au Rwanda.Corne de l’AfriqueExcellente émissionoù René Lefort explique la situation dans la région d’Oromia où près de 80 personnes ont trouvé la mort. J’ai hâte de lire le dernier rapport de l’Observatoire de l’Afrique de l’Est : « L’échec des politiques du Premier ministre Abiy Ahmed pour endiguer les conflits ‘ethniques’ en Éthiopie » par Jeanne Aisserge. On lira également cet article dans Third World Quaterly : « Politics of exclusion and institutional transformation in Ethiopia ».Paul D. Williams vient de publier deux nouveaux articles sur la Somalie. Dans « Lessons for “Partnership Peacekeeping” from the African Union Mission in Somalia” il revient sur la spécificité du modèle de l’AMISOM, une mission basée sur de nombreux partenariats. Il y propose des recommandations pour reconduire ce modèle et le rendre plus effectif. Dans « Urban peacekeeping under siege: attacks on African Union peacekeepers in Mogadishu, 2007–2009” il revient sur les violences urbaines auxquelles la mission a dû faire face et les conséquences sur ses activités. Depuis 2015 le conflit au Yémen a fait plus de 100 000 morts dont 20 000 en 2019 ce qui fait de cette année la plus meurtrière après 2018. ACLED’s Yemen, en partenariat avec Yemen Data Project , recense toutes les attaques.
Afrique de l’OuestDans cet article sur les difficultés du Nigéria à lutter contre Boko Haram, les auteurs montrent que les analyses ont, jusqu’à présent, beaucoup insisté sur les difficultés de gouvernance au Nigéria et pas suffisamment sur sa politique étrangère. L’hypothèse de l’article est que le rôle de puissance régionale du Nigéria a empêché toute intervention internationale et réduit les pressions extérieures sur Abuja. Ainsi, les États dits «faibles» peuvent simultanément être puissants sur le plan international et faire face aux pressions.Alors que l’EI a revendiqué l’attaquequi a coûté la vie à 54 Maliens, Critical Threats propose une analyse des mouvements djihadistes sur le continent africain.
Arts et littérature120 ans après sa parution aux Etats-Unis, l’ouvrage « Les Noirs de Philadelphie » de W. E. B. Du Bois est traduit en français !Du 30 octobre au 2 novembre se sont tenus à Dakar la troisième édition des Ateliers de la Pensée « Basculement des mondes et pratiques de dévulnérabilisation ».Visionnez cet entretien avec Souleymane Bachir Diagne. Il y présente son parcours et son œuvre.Je viens de tourner la dernière page de « Kanzenchis se tait le dimanche », par le journaliste Vincent Defait, avec beaucoup de nostalgie. Salomon et Mitiku, deux amis d'enfance, se retrouvent pour la Pâques orthodoxe (Fassika). Le livre fait le récit de leur trajectoire et celle l'Ethiopie contemporaine. 
 « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » le dernier roman d’Abdourahman Waberi reste en liste pour le Prix Renaudot !
 Conférences et appels à communicationsAppel à contributions pour un prochain numéro de la revue Sources: Revue interdisciplinaire sur les matériaux et leurs usages dans les études africaines (UMIFRE Afrique et LAM Bordeaux):"Savoirs environnementaux et nature(s) en Afrique : Collecter, produire et analyser des matériaux de recherche" coordonné par Luisa Arango (Université de Strasbourg), Emilie Lavie (Université Paris Diderot, UMR Prodig) et Emilie Guitard (UMR prodig) La ligne éditoriale est axée sur les matériaux de recherche.La deuxième séance du Séminaire sur les Approches Postcoloniales du CERI (Sciences Po) et du Ceped (Université Paris Descartes) se tiendra le mardi 5 novembre 2019 de 17h à 19h au Centre de recherches internationales (56 rue Jacob, Salle Jean Monnet) avec l’intervention d’Audrey Alejandro (LSE): "La critique (post-coloniale) est-elle eurocentrique ? Une sociologie politique internationale de la 'domination occidentale' dans la discipline des Relations internationales". La présentation s'inscrit dans les réflexions engagées par l’intervenante dans son récent ouvrage Western dominance in International Relations? The Internationalisation of IR in Brazil and India (Routledge, 2019). L'inscription à cet événement est obligatoire ICI.Laurent Touchard avait publié, en autoédition, en 2017 Forces armées africaines : Organisation, équipements, état des lieux et capacités. Un véritable outil de recherche. Il vient de lancer une souscription dans le but de financer la mise à jour de son livre.
Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".
Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (8)

dim, 27/10/2019 - 14:40

Un journaliste du Figaro a pris la décision, seul, de révéler l’emprisonnement de Roland Marchal en Iran. Nous pensons à lui, ses familles et ses collègues et espérons pouvoir rapidement le retrouver dans les conférences et entendre ses analyses sur la Corne de l’Afrique. Pour connaitre Fariba Adelkhah et de Roland Marchal, lire cette interview. Une sélection des articles de Roland Marchal dans la revue Politique africaine. « Peut-on encore mener des enquêtes de terrain dans les pays à risque? » c’est la question que pose l’émission Le Temps du débat sur France Culture.
Le continent africain reste un acteur marginalisé du système international. Pour l’ISS le continent est « résilient mais marginal ». Les principaux défis auxquels sont confrontés les pays africains devant l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité des Nations Unies sont liés à leur capacité de voter en tant que groupe cohérent. Les tendances démographiques et migratoires, ainsi que la croissance économique, constituent des défis essentiels, mais représentent également des opportunités pour le continent d'accroître sa présence dans le nouvel ordre mondial. L’une des caractéristiques essentielles de la position de l’Afrique dans le monde est liée à sa démographie, en particulier en ce qui concerne la forte poussée de jeunesse du continent. Selon l’ONU, la population africaine est estimée à 1,3 milliard d’habitants. Environ 37%, soit 410 millions de personnes, vivent sous le seuil de pauvreté de 1,90 USD par jour. La population du continent devrait atteindre environ 2,2 milliards d’ici à 2050. En particulier, la population de jeunes africains (15 à 29 ans) représente environ 60% de la population totale et devrait atteindre 830 millions d’ici 2050.
La revue Diplomatie consacre son dernier numéro au concept d’Indo-Pacifique. J’y signe un article sur la place de l’Afrique dans ce concept. Qu’il s’agisse d’un concept, d’une stratégie ou d’un simple espace géographique ce numéro de Diplomatie montre qu’il n’existe pas de compréhension unanime de cette vaste région parmi les acteurs internationaux. En revanche, on peut noter l’absence de stratégie Indo-pacifique des pays de la côte est-africaine et l’apparition de manière quasi anecdotique de l’Afrique dans les documents stratégiques des puissances occidentales. Pourtant l’Afrique de l’Est est bien au cœur d’un nouveau « grand jeu » entre les grandes puissances et cette rive, avec ses neuf ports, du Caire au Cap et ses vingt pays, de l’Egypte à l’Afrique du Sud, ne peut être délaissée.
Sommet Russie-Afrique La Russie a organisé son sommet Russie-Afrique du 22 au 25 octobre 2019 à Sotchi. LA FRS propose une étude sur le sujet : « La nouvelle stratégie russe en Afrique subsaharienne : nouveaux moyens et nouveaux acteurs ». Vladimir Poutine a annoncé la création d’un nouveau mécanisme de dialogue et prévoit des sommets tous les trois ans, tour à tour en Russie et dans un pays d’Afrique. 
Corne de l’AfriqueQuand Abiy Ahmed s’est vu décerner le prix Nobel de la paix, le 11 octobre, « pour ses efforts en vue d'arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale » avec l'Érythrée voisine, ce fut l’incompréhension pour une partie de la communauté des experts qui estimait que ce prix ne se justifiait pas (ICIet ICI). Le comité s’attendait bien sûr à recevoir des critiques. Il se doutait qu’on lui reprocherait d’avoir attribué une récompense aussi prestigieuse, de façon précipitée. En revanche, il ne se doutait pas qu’une dizaine de jours plus tard, le nouveau récipiendaire tiendrait des propos fort peu pacifique à l’encontre du voisin égyptien quant à la construction d’un barrage sur le Nil bleu : « Si nous devons entrer en guerre, nous pouvons mobiliser des millions de personnes. Si certains peuvent tirer un missile, d’autres peuvent utiliser des bombes ». Le prix Nobel de la paix qui a été attribué au président Abye est ainsi venu reconnaître le dégel entre les deux pays et récompenser le courage politique de ce dirigeant. Certes, la situation régionale n’est pas apaisée, mais le comité du Prix Nobel a souhaité récompenser une main tendue à l’Érythrée. La paix n’est pas encore obtenue, et le comité l’admet. Les institutions internationales et les grandes puissances devraient maintenant s’employer à soutenir ce processus et le conduire jusqu’à une paix qui puisse être durable. J’ai répondu à ces critiques ICI.Le chemin vers la démocratie reste semé d’embûches. Les tensions ethniques et fédérales engendrées par les nouvelles libertés ont créé une bulle qui approche dangereusement de son point d'ébullition, forçant des millions de personnes à quitter leur foyer, et alors que s’alimente continûment la crainte d'une fragmentation dans la violence… (lire le Thread de William Davison ICI) Cependant, n'oublions pas que les Éthiopiens ont vécu sous le joug d’un empereur féodal puis sous celui d’une dictature marxiste meurtrière et qu’enfin un régime de parti unique impitoyable a eu une longue emprise sur lui...Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies réduisent-elles le nombre de déplacés ? Ce papier étudie l’impact de la présence de troupes de l’ONU sur les déplacements de populations au Soudan du Sud. Ainsi les soldats de la paix peuvent attirer les personnes déplacées vers des zones de sécurité. Rappelons que depuis décembre 2013, le conflit au Soudan du Sud a engendré plus de 2,5 millions de réfugiés et 2.2 millions de déplacés. 
Il faut lire la Tribune de l’écrivain anglo-soudanais Jamal Mahjoub dans Le Monde : « L’unité est la clé du succès de la révolution. Les préjugés et les barrières de classe, de race et de genre doivent tous être renversés pour se substituer au principe de citoyenneté. La question de l’inégalité, qui a été le véritable moteur de la révolution, doit être désormais affrontée en profondeur, au niveau institutionnel, et se traduire par de profonds changements et une véritable inclusion. » Ce qui se passe immédiatement après une contestation populaire est tout aussi essentiel que ce qui se passe pendant : « What happens in the immediate aftermath of a protest is just as crucial as what occurs during the protest. It is a major factor in determining whether mass protest becomes a force to restructure politics or ultimately remains a dramatic yet ineffective interlude in the status quo. Yet even though this is a vital question in contemporary politics, after each successive protest, the media quickly moves onto other issues and policymakers turn to the next dramatic crisis. Vital postprotest trends and dilemmas can easily get lost from view”.
Conférences et appels à communications
La Revue internationale des études du développement lance un appel à contributions pour son dossier spécial "Foncier et conflits violents en Afrique" à paraître en 2020. Date limite : 15 novembre 2019.Le centre d'études africaines de Leiden organisera, du 2 au 4 décembre 2020, sous l'égide de l' AEGIS, un colloque "Africa Knows!".

Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (7)

dim, 06/10/2019 - 18:57

Écoutez la leçon inaugurale de François-Xavier Fauvelle au Collège de France ! J'ai hâte de découvrir sa dernière direction d’ouvrage « Atlas historique de l’Afrique – De la préhistoire à nos jours » avec Isabelle Surun. Cette dernière explique dans une interview : « la continuité qu’on y observe n’a pas la même temporalité qu’en Europe. Il faut ainsi sortir d’une vision eurocentrée. L’histoire africaine ne rentre pas dans les découpages et césures chronologiques que nous connaissons. La période de l’Afrique ancienne s’étend ainsi de la Préhistoire jusqu’au XVe siècle dans certaines régions. Elle peut même déborder jusqu’au XIXe pour certains royaumes. Un autre élément caractéristique de l’histoire de l’Afrique, c’est la diversité, par exemple, des organisations socio-politiques. Les Etats constitués sous forme de royaumes peuvent ainsi coexister avec des chefferies ou des sociétés organisées sous forme de classes d’âge. »
Abou Djaffar commente le contexte dans lequel la leçon inaugurale de François-Xavier Fauvelle a été prononcée  : « On aurait aimé, bien sûr, que cet évènement soit retransmis à la télévision, peut-être sur LCI, mais ceux qui aiment les pétainistes ne goûtent guère les africanistes ». Merci à lui pour sa chaleureuse dédicace sur son incontournable blog !  De nombreux sommets cherchent à renforcer les relations avec entre des continents/pays et le continent africain. Le CSISpropose une analyse du TICAD et un graphique de ces sommets internationaux.

Corne de l’AfriqueQuelle est l’influence des combattants étrangers (foreign fighters) au sein du groupe Al Shabaab ? lls sont présents depuis le début de insurrection et particulièrement en 2007-2008 lors des combats contre l’Éthiopie. Cette influence s’est petit à petit estompée. Un article académique étudie quatre périodes marquantes du groupe terroriste: l’émergence de l'Union des Tribunaux islamiques avant 2006, la période juste après l’invasion éthiopienne (2007-2008), les conquêtes territoriales d'al-Shabaab de 2009 à 2010 et les divisions internes entre 2011 et 2013.Malgré la multiplication des attaques (ICIl’article de Paul D. Williams), l’ambassade américaine a rouvert à Mogadiscio après 30 ans de fermeture !La mer Rouge et le Golfe d’Aden constituent une voie maritime majeure du commerce international. La situation politique des pays riverains et le nouveau grand jeu des puissances internationales pourraient y menacer la liberté de circulation. Un nouveau rapport ISS examine ces transformations et propose des recommandations à l’aune des expériences d’autres zones maritimes. Environ 40% des habitants du Soudan du Sud ont été déplacés par la guerre civile. Cet article permet de prendre conscience de l’ampleur du phénomène.
Afrique de l’OuestCette semaine de nombreux articles se sont fait l’écho des inquiétudes autour de la situation du Burkina Faso : « Depuis plusieurs mois en effet, le nord du Burkina fait l’objet d’assauts dont la logique semble se dessiner aux yeux des experts. Les terroristes ont d'abord fait sauter des infrastructures, comme les ponts autour de Djibo et Arbinda, coupant ainsi du reste du monde les deux principales villes de la région. Les attaques à un mois d’intervalle de Koutougou, au Burkina Faso, puis de Boulkessi, au Mali, ont ensuite libéré momentanément l’espace frontalier des forces militaires régulières. La région du Sahel, au nord du Burkina, est un carrefour stratégique ». Dans Le Monde on apprend : « Ouagadougou a en effet perdu la main sur une bonne partie du pays. « Environ un tiers du territoire échappe à son contrôle », affirme un officier de la police burkinabé ».Un nouvel ouvrage revient sur l’histoire d’Hissene Habré. Il ne faut pas se moquer mais... j’ai beaucoup ri à ce Tweet d’Adam Sandor sur l’efficacité de la communauté internationale au Mali. A noter également la publication d’Alpha Oumar Konaré et Adame Ba Konaré sur l’histoire du Mali.
Arts et littératureAllez visiter ce site : Brittle Paper qui se définit comme : « an Afrocentric digital literary space ».
Le saviez-vous ? Les festivals de littérature se multiplient sur le continent africain. Hâte de découvrir le 30 octobre le Dictionnaires enjoué des cultures africaines d’Alain Mabanckou et Abdourahman Waberi.
Les écrivains du continent utilisent la science-fiction pour décrire la présence de la Chine en Afrique.
Découvrez ce fil Twitter sur l’enseignement de la littérature africaine dans des langues africaines pour un public africain.Pour le philosophe Achille Mbembe le continent africain doit adopter une position favorable aux migrations, éliminer progressivement les frontières coloniales et devenir un "vaste espace de circulation".Cet article revient sur les discriminations, le racisme et l’esclavagisme à l’encontre des Noirs en Afrique du Nord depuis les révolutions arabes. Et celui-ciétudie en particulier la question en Algérie.

Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".
Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (6)

dim, 29/09/2019 - 19:22

Corne de l’AfriqueHâte d’écouter le nouveau podcast de l’International Crisis Group consacré à la Corne de l’Afrique simplement intitulé « The Horn ». Décidément les transformations contemporaines dans la Corne de l’Afrique font des émules. L’Université de Washington créée une initiative pour combler le manque de recherche sur le sujet. A quand la même chose en France ?
Pour vous aider à préparer vos syllabus de cours, la revue International Affairs propose une bibliographie. Je suis très fière de retrouver mon article sur l’Ethiopie dans la sélection Afrique aux côtés de Denis Tull sur l’armée malienne.Tefera Negash Gebregziabher publie dans African Affairs un article sur l’histoire de l’idéologie portée au sein du parti éthiopien TPLF : « It argues that the circumstances surrounding the ‘shifts’ in ideologies by the TPLF show that ideologies were used to consolidate power within the party and later impose domination at the state level. A thorough investigation of the ideological history of the TPLF is crucial as Ethiopia seems to be standing at a critical ideological crossroad.” Le Journal Democratizationconsacre également un article à l’Ethiopie et plus particulièrement à son modèle de Dévelopmental State. Ce modèle adopté par l’Ethiopie ou le Rwanda semble être privilégié par les donateurs internationaux bien qu’il s’accompagne de régimes autoritaires peu regardant sur les droits de l’Homme. Cet article interroge ce paradoxe. Il faut également lire cette analyse sur les contestations politiques contemporaines en Ethiopie. Harry Verhoeven publie dans Civil Wars un article sur ‘interventionnisme des pays du Golfe dans la Corne. Selon lui : «  this interventionist thrust is historically rooted and deeply structural: the politics of state survival that dominate both the Gulf and the Horn are leading aspiring regional hegemons with a self-proclaimed responsibility to provide order to securitise their near abroad. Originating from the self-identity of regional powers and efforts to protect their respective domestic political settlements, this is producing a profoundly destabilising pattern of regional polarization”.Les Cahiers d’Etudes africaines publient un nouveau numéro. J’ai hâte d’y lire cet article : « From Grievance to Greed in Somalia. The Formation, Failure and Fall of the United Somali Congress (1989-1991)”. Sur Twitter Paul D. Williams spécialise de la Somalie s’interroge sur la nécessité pour l’AMISOM de négocier avec Al Shabaab. Le Point Afrique consacre une série de billets sur les féministes au Kenya avec notamment une interview de la politiste Marie-Emmanuelle Pomerolle qui publie, avec Nanjala Nyabola, “Where Women Are, Gender and the 2017 Kenyan Elections”. Elle explique : « Au Kenya, comme dans beaucoup d'autres endroits, l'analyse des élections, et du politique en général, met en avant les dynamiques de partis, les tensions ethniques, parfois les disparités économiques, mais les rapports de genre sont invisibles. Pourtant, regarder les élections avec ces lunettes permet d'enrichir l'analyse du politique. »Afrique de l’OuestLe bulletin franco Paix de septembre porte sur l’armée guinéenne et s’interroge sur ce qu’est « une institution d’État, qui échappe à cet État à certains moments, s’y confond à d’autres et qui repose sur des modes de gouvernement ambigus et complexes ».La France est-elle intervenue dans le Nord du Mali pour le pétrole ? C’est la question que pose Marc Antoine Pérouse de Montclos et Thierry Hommel dans un article de The Conversation Ils démontrent qu’ « Il n’y a pas de corrélation entre les zones d’intervention de l’armée française et la ventilation géographique des intérêts économiques de l’ancienne puissance coloniale sur le continent» e tplus loin d’ajouter : « Depuis 2013, les opérations Serval puis Barkhane n’ont guère été rentables au vu de leur coût, qui a augmenté dans la durée, et de leur incapacité à rétablir les parts de marché de la France, en perte de vitesse dans ses secteurs phares : machines, appareils électriques et électroniques, produits pharmaceutiques, aéronautique, automobile ». En 2015, nous faisions le même type de constat dans un article sur la politique de la France au Sahel : « la France reste en général l’un des principaux fournisseurs des cinq Etats. Inversement, ces derniers ne sont pas les principaux partenaires de la France en termes d’échanges économiques. Ainsi, la balance commerciale avec les Etats du Sahel est fortement excédentaire en faveur de la France ». Cette réflexion générale sur le rôle des ressources dans le déclenchement des guerres nous rappelle celle de Romain Mielcarek en 2016: « La seule guerre dont on est convaincus qu’elle a été déclarée pour le pétrole, est celle du Chaco, opposant la Bolivie et le Paraguay entre 1932 et 1935. 110 000 morts plus tard (un quart des combattants), on réalisera que la vaste plaine convoitée par les deux voisins… ne dispose finalement d’aucunes réserves. Dans les autres conflits, le pétrole n’est pas le motif de la guerre. En tout cas pas le seul. »A noter : L’Institut français de recherche en Sciences Humaines au Nigéria (IFRA Ibadan) recherche son nouveau directeur !Afrique centraleLignes de défense a consacré une émissionà la Russie en RCA. Ces derniers mois les oligarques russes ont massivement investit en Centrafrique mais on voit également des contractors russes. La Russie déploie aussi son soft power dans les secteurs médicaux et agricoles.Les travaux sur le Burundi se font rares. Quel plaisir, donc, de lire cet article de Jean Pierre Chrétien ! Le chercheur spécialiste des Grands Lacs voit dans une manifestation le 25 août dans les rues de Bujumbura pour dénoncer le Rwanda, qui aurait « volé et utilisé les tambours burundais en violation des lois burundaises et même internationales” (…) une nouvelle tentative du régime de Pierre Nkurunziza pour mobiliser contre le voisin rwandais des passions nationalistes (voire « ethniques »), susceptibles d’être utiles lors du futur scrutin présidentiel de 2020. »Dans le cadre de la troisième phase - « l’insécurité en ville » - du Projet Usalama (dont l’objectif est d’étudier la dynamique du conflit et de la violence et les effets de ces deux phénomènes sur la société congolaise) Judith Verweijen publie un rapport sur la violence urbain dans l'est du Congo.Arts et littératureJetez un coup d’œil sur Twitter à ce Thread sur les 50 meilleurs livres africains écrits en anglais. La prochaine journée d'étude de l'Association pour l'étude des littératures africainesse tiendra le 25 septembre 2020 à l'université Paris-Nanterre et sera consacrée aux représentations artistiques et littéraires de la relation sino-africaine. Les propositions de communication (300 mots maximum) accompagnées d’une brève bio-bibliographie sont à adresser avant le 1er mars 2020 aux trois adresses suivantes : ninon.chavoz@gmail.com ; pierr.leroux@gmail.comet fparavy@yahoo.frConférences et appels à communications Appel à contributions REAF 2020 : le Groupement d’Intérêt Scientifique «Études Africaines en France » tiendra ses sixièmes rencontres les mardi 7, mercredi 8, jeudi 9 et vendredi 10 juillet 2020 à Marseille. Les chercheur.e.s sont invité.e.s à déposer sur le site : https://reaf2020.sciencesconf.org  un document présentant une proposition d’atelier au plus tard le 6 janvier 2020.Le séminaire  sur les approches postcoloniales (SAP) reprend avec une première séance le 1er octobre autour  Stéphane Dufoix, professeur des universités en sociologie à l'Université Paris Nanterre.Encore quelques heures pour s’inscrire au Séminaire ’Conflits armés et patrimoine en Afrique’ qui se tiendra le 10 octobre à Paris.In MémorandumLe 27 septembre RFIrecevait Jean Merckaert, rédacteur en chef de la revue Projets. Les hommages sont unanimes ces derniers jours respectant l’adage latin « de mortuis nihil nisi bonum » (des morts, on ne dit que du bien »). Pourtant Jacques Chirac c’est aussi des « amitiés » peu recommandable qui se traduisaient par un retour d’ascenseur comme les financements d’Omar Bongo. Une politique de réseaux incarnée par des proches comme Foccart ou Pasqua.
Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".
Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (5)

dim, 22/09/2019 - 19:53

Afrique de l’OuestLe groupe Boko Haram a fait des femmes des instruments du terrorisme. L’article évoque même la «militarisation» des corps de femmes. Avez-vous lu Girl de Edna O'Brien ? L’histoire de Maryam, jeune lycéenne enlevée avec d’autres Lycéenne dans leur lycée de Chibok par Boko Haram, et sa lente reconstruction. Un livre boulversant qui prend aux tripes.
Laurent Fourchard, discute de son nouvel ouvrage « Trier, exclure et policer : Vies urbaines en Afrique du Sud et au Nigeria » dans Africa4 : « Les dynamiques sociales des métropoles étudiées dans ce livre (Johannesburg, Le Cap, Lagos, Ibadan, Kano) correspondent en partie à ces lectures : ces villes sont réputées dangereuses dominées par des quartiers populaires dans lesquels l’emploi informel et le chômage est hypertrophié et les services publics souvent absents. Cependant si les dimensions raciales du projet colonial et néolibérales de l’urbanisation mondiale sont à garder à l’esprit elles ne disent pas tout du poids des ingénieries bureaucratiques, politiques et sociales dans la fabrique de formes d’exclusions dans ces métropoles. L’approche à la fois historienne et ethnographique de ce livre montrent d’autres divisions à l’œuvre. C’est notamment les manières singulières dont le maintien de l’ordre opère au quotidien dans ces villes. Les quartiers populaires sont policés, moins par les appareils de l’Etat que par des organisations volontaires actives sur un long 20ème siècle. »L’ACLEDrevient sur les violences politiques de la semaine sur le continent en particulier les attaques d’Al Shabaab contre des représentants du gouvernement somalien et contre un camp militaire (ICI), l’Ethiopie a démantelé des tentatives d’attaques dans la capitale, l’intensification des batailles entre l’Armée nationale libyenne (LNA) de Khalifa Haftar et le Gouvernement d’accord national (GNA) en Libye, la violence dirigée contre des civils en République démocratique du Congo et au Burkina Faso et de nombreuses manifestations au Nigéria autour de Ashura.

Corne de l’AfriqueDécouvrez l’articlede Katharine Petrich et de Phoebe Donnelly sur les relations entre les terroristes du groupes Al Shabab et les prostitués. Cette approche permet de mieux comprendre l’idéologie et la stratégie du groupe. Jean-Nicolas Bach, Directeur du CEDEJ Khartoum publie un nouveau rapport sur le Soudan. Il revient revient sur la révolte débutée en décembre 2018 jusqu’à l’accord de juillet 2019 entre la coalition civile et le Conseil militaire de transition. Il s’interroge également sur les enjeux de l’accord civilo-militaire signé en juillet 2019, la place des groupes dits marginalisés et rebelles, et l’avenir du « mouvement islamiste » soudanais.Jetez un œil au sommaire du dernier International Affairs qui propose un numéro spécialsur la sécurité maritime. On retrouvera également un article sur le sujet dans African Security où Robert McCabe qui revient sur la lutte contre la piraterie dans le Golfe d’Aden et son impact sur Djibouti et le Kenya qui ont effectué un virage stratégique en direction de l'océan, rompant avec une approche historique de la sécurité centrée sur la terre. Les États du Golfe sont rivaux dans la Corne de l'Afrique et cherchent à contrôler la mer Rouge. L’ICG revient sur ces luttes d’influence.
Grégoire Mettra revient dans Africa4sur la Corne de l'Afrique à la fin des années 1970.Saviez-vous que les citrons séchés sont l’un des principaux produits exporté par la Somalie ? Ils sont envoyés principalement aux Émirats arabes unis. Les salaires des officiers de l’armée somalienne représentent 20% du budget de la défense du pays.Le port de Berbera a joué un rôle clé dans la construction du Somaliland. Les récents accords conclus avec les gouvernements des Émirats arabes unis et de l'Éthiopie pour moderniser le port pourraient rapprocher le Somaliland de la reconnaissance internationale selon Warsame M. Ahmed.
PublicationsCet articletraite du «tournant local» dans les études sur la paix. A ce sujet, dans le cadre de la Masterclass Global Actors for Peace que je coorganisais la semaine dernière à l’Université Catholique de Lille, nous avons pu échanger avec Séverine Autesserre autour de son nouveau livre. Vous pouvez retrouver l’interview ICI. Ne manquez pas ce nouveau livresur l’activisme féminin en Afrique.

DémocratieLa démocratie semble régresser partout dans le monde et le continent africain n’est pas une exception selon Thierry Vircourlon. Dans The Monkey Cage un article montre que « In the past four years, 26 African countries have had transfers of power — a level of political turnover unseen since the 1990s. More than half the time, an opposition candidate defeated an incumbent in an election and took power. (…)In many African nations, democracy rests on shaky foundations. Respect for civil and political liberties in Africa has been decliningfor years, as has the proportion of Africans living in a democracy. Authoritarians continue rigging elections, repressing political opponents and staging coups”.
Arts et littératureDécouvrez le projet de Dave Evans de lire un livre de chaque pays africain cette année (avec Abdourahman A. Waberi pour Djibouti). Une initiative qui rappelle celle-ci «Une année pour lire le monde ».Mulatu Astatke, le parrain de l'éthio-jazz a été décoré de l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture.Dans le cadre de la Masterclass Global Actors for Peace nous avons organisé une table ronde sur le Rwanda avec le couple Gauthier et le juge Getti. Nos étudiants ont toutes la semaine dessiné (avec l'aide de Winoc) ce qu'ils ont retenu, le Rwanda les a inspiré :  


Conférences et appels à communications L’AEGES propose des subventionsà la publication. Cette offre est permanente. Postulez pour être visiting fellow à l'African Studies Centre Leiden. Pensez également à demander une bourseIbrahim Leadership Fellowships qui donne aux Africains la possibilité de travailler dans des organisations internationales. 
Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail". 
Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (4)

dim, 15/09/2019 - 19:28

Corne de l’Afrique

Selon le géographe Marc Lavergne, la trajectoire étatique du Soudan rappelle celle des Etats dits « faillis » de la bande saharo-sahélienne : « le modèle de l’État westphalien paraît ainsi souvent remis en cause ». Une réflexion déjà courante en science politique (exemple ICI).
Le spécialiste Rashid Abdi propose son analyse sur la suspension du projet de base militaire émiratie à Berbera au Somaliland.


Le nombre de morts au sein de la mission de l’Union africaine en Somalie est un sujet très sensible. Paul D. Williams propose une estimation de 1,483 à  1,884 entre mars  2007 et décembre 2018.


Afrique de l’OuestDepuis plusieurs mois maintenant l’échec patent des actions de sécurisation et de développement menées dans le Sahel fait l’objet de nombreux articles. Pour le photographe Pascal Maitre : « En France, on n’a aucune conscience de ce qui se passe là-bas, alors que notre pays mène une véritable guerre dont l’issue reste incertaine ». Les observateurs restent circonspects face à l’annonce la décision phare du sommet extraordinaire « de lutte contre le terrorisme » de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) de débloquer un milliard sur 4 ans pour lutter contre le djihadisme. Pour Akinola Olojo: « This situation raises two questions. The first is whether the predominant approach by affected countries, anchored by the use of force, is capable of delivering a lasting solution? The answer is no. Militarised responses have helped but are unsustainable in the long term. This is because of the multi-dimensional nature of violent extremism or terrorism.”Le small Arms Survey’s Peace Operations Data Set (PODS) propose cette carte des attaques sur des troupes du maintien de la paix qui auraient menés à la perte de leurs armes et /ou munitions. 
Conférences et appels à communications 
Appel à communications pour le colloque « African Futures : Promises, Projections and Reflections on a Continent in Transition » qui se tiendra à Cagliari du9-13 June 2020.La dateline pour l’appel à communicationsdu colloque « Quand le sud pense le nord : défis méthodologiques, enjeux épistémologiques » approche (30 septembre). Une conférence est organisée le 10 octobre sur la Russie en Afrique organisée par l’Observatoire franco-russe. Cet article propose un vue générale des relations économiques entre la Russie et le continent africain.
Le laboratoire Les Afriques dans le Monde organise les 3 et 4 octobre prochain un colloque « Penser le genre des expériences de la violence politique en Afrique. Incidences biographiques, transmissions générationnels et familiales ».
Arts et littérature Arnaud Contreras grand spécialiste des musiques du Sahara et du groupe Touareg TINARIWEN interviewe Eyadou Ag-Leche, le bassiste du groupe pour la sortie de leur neuvième album. Jusqu’au vendredi 20 septembre ( 8h30 à 17) pensez à visiter l’exposition« Dans les yeux de Maidugiri  » du photographe nigérian Adah Clarence Ugbede (Gottay Photography), qui donne à voir les visages et les histoires des populations déplacées et vulnérables de Maiduguri, au Nigeria. Le livre Girl de l’écrivaine irlandaise Edna O’Brien est fascinant et bouleversant. Il raconte l’histoire d’une jeune lycéenne, Maryam, enlevée lors du fameux rapt des lycéennes de Chibok par Boko Haram en 2014 : « J'étais une fille autrefois, c'est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeaux. Mes entrailles, un bourbier. Emmenée en trombe à travers cette forêt que j'ai vue, cette première nuit d'effroi, quand mes amies et moi avons été arrachées à l'école… »PublicationsAprès la publication de de Vries, Englebert et Schomerus « Secessionism in African Politics Aspiration, Grievance, Performance, Disenchantment » en début d’année, un nouvel ouvrage est consacré à cette thématique. Voici le programme2019-2020 du cours de François-Xavier Fauvelle « Introduction aux mondes africains médiévaux » au Collège de France (à partir du 31 octobre). Comment écrire sur l’Afrique ? Voici une réponse drôle et ironique.
Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (3)

dim, 08/09/2019 - 19:29

Corne de l’AfriqueLe Khat, cette plante « broutée » en Afrique de l’Est, est de plus en plus demandé. Emeline Wuilbercq y consacre un article dans Le Monde. Elle rappelle que « le volume de khat expédié hors des frontières a plus que doublé, passant de 22,4 millions à 48,8 millions de kilos. D’octobre à novembre 2018, la plante a même dépassé le café en tant que principal produit d’exportation en valeur. Elle a rapporté 107 millions de dollars (97,5 millions d’euros) en un mois, selon le ministère du commerce et de l’industrie, soit le double de celles du café". Terrence Lyons (qui vient de publier un ouvrage sur l’Ethiopie) écrit avec Hilary Matfess un article pour The Monkey Cage. Après la tentative de coup d’Etat fin juin et la perspective des élections en mai 2020, comment le régime éthiopien peut-il faire face à l’escalade des violences ? A voir également : Al Jazeera propose un reportagesur la présidente de la Cour Suprême Meaza Ashenafi.Anne-Laure Mahé à l’IRSEM publie une note de recherche sur l’appareil sécuritaire soudanais. Elle s’interroge la transition en cours est-elle « un  véritable  changement  de  régime  ou  une  simple  transformation  du  système  pour survivre à la crise ? ». Le 5 septembre, Abdallah Hamdok a présenté la composition de son gouvernement de transition (dix-huit membres dont quatre femmes).Très heureuse de vous annoncer la sortie prochaine de « Diplomacy and Borderlands. African Agency at the Intersections of Orders” dirigé par Katharina P. Coleman, Markus Kornprobst, Annette Seegers. J’y signe un chapitre “Establishment of a New Regional Order in the Horn of Africa”.Afrique de l’OuestNous vous annoncions la publication de l’ouvrage de Benedikt Erforth “Contemporary French Security Policy in Africa. On Ideas and Wars”, il est interviewé par le CERI et revient sur sa méthodologie : “ This research aims at explaining French interventionism by drawing on actors’ subjective perceptions of reality. To do so, the book adopts an actor-centric constructivist ontology. It combines both institutional and ideational approaches to identify the emergence of ideas and to trace their diffusion within the French foreign policy apparatus. By investigating ideational variables through the lenses of the policy-makers themselves, this book seeks to unravel the hidden dynamics of decision-making. This micro-foundational approach is rooted in discourse analysis and pays particular attention to the processes and people that constitute the state.” France Inter a consacré son émission Secrets d’infos à l’assassinat Ghislaine Dupont et Claude Verlon il y a six ans. Migrations Les décodeurs publient un graphique sur les pays qui accueillent le plus de migrants/réfugiés (guerre, climat, autre raison de force) dans le monde. 

HistoireQuel bonheur de lire Cheikh Hamidou Kane, l’auteur de L’Aventure ambiguë. A près de 90 ans il accorde une interview au journal Le Monde : « Il faut poursuivre le travail entamé. Rome n’a pas été construite en un jour ! L’Afrique, comme disait Ki-Zerbo, a été victime d’une dépossession de son espace – ses empires ont été dépecés en une cinquantaine de territoires, au profit des colonisateurs. L’Afrique n’existe plus. Elle a perdu son initiative politique et son identité endogène. A l’école, ce sont les langues du colon qui sont enseignées. La législation, l’organisation sociale et familiale sont calquées sur celles de l’Occident. Il faut donc que l’Afrique redevienne elle-même en se basant sur les structures antérieures à la colonisation ». On y apprend également qu’il a un projet en cours : « Je travaille à un projet qui me tient à cœur depuis un moment. Je veux retracer l’épopée de l’empire du Mali fondé par Soundjata Keïta. Elle a donné naissance à la charte du Mandé. J’aimerais rappeler cette page d’histoire à la jeunesse africaine et au monde ».Le Cours de l’histoire sur France Culture consacre une émission à l’histoire de l’Afrique avec François-Xavier Fauvelle : « Il y a une ethnicisation et une esthétisation de l’art africain. (…) C’est pourquoi je milite pour une restitution de l’art africain aux pays d’origine et surtout pour une resémantisation, c’est-à-dire travailler les pays à qui on veut restituer, pour qu’on reconstruise des discours dont ces objets ont été privés en même temps qu’ils ont été transférés. Ce n’est pas tout de rendre, il faut savoir bien rendre. (…) Le travail de tout historien qui travaille sur l’Afrique c’est de rendre le passé disponible ». L’historienne Sarah Fila-Bakabadio présente ensuite ses travaux sur l’Afrocentrisme ?LittératureBravo à Abdourahman A. Waberi selectionné pour le Prix Renaudot  avec son livre «  Pourquoi tu danses quand tu marches » ! J’ai hâte de découvrir l’ouvrage qu’il a écrit avec Alain Mabanckou "Dictionnaire enjoué des cultures africaines". Ce dernier était l’invité de l’émission de 28 minutes. Plusieurs twittos se sont émus de cette question du journaliste « Pourquoi vous n’écrivez que sur l’Afrique (…) pourquoi vous n’écrivez pas de manière universelle sur d’autres pays » comme l’universel n’était que l’Occident. Voici la superbe réponse de Mabanckou « Les Tolstoï nous ont fatigués avec leur zone, en France la littérature me fatigue avec les mêmes thèmes, quand je vais chez Pagnol il est dans son coin…. La littérature c’est l’art d’installer l’universalité là où certains croyaient que c’était une motte de terre de son père qu’on avait mise de côté ».Conférences et appels à communications Le programme annuel du Séminaire sur les approches postcoloniales (SAP) est en ligne ! ICILes articles se multiplient sur la nécessaire décolonisation des savoirs. « Sécurité et développement dans le Sahel. Du concept à la réalité » : voilà le thème du prochain colloque, organisé conjointement par l’Institut Themiis et le G5 Sahel le 1er octobre 2019 au siège de l’UNESCO.Le ministère de la culture et l’EMSOME organise un séminaire le 10 octobre « Conflits armées et patrimoine ». Le programme est ICI.Global Integrity s’apprête à lancer la huitième édition des Indicateurs d’Intégrité en Afrique, en partenariat avec la Fondation Mo Ibrahim et recherche toujours un chercheur sur l’Egypte !Vous avez jusqu’au 18 octobre pour postuler aux bourses de terrain du CFEE.Encore une semaine pour postuler à un stage au sein du Konrad Adenauer Foundation en Afrique du Sud. In memorandumRobert Mugabe, ancien président du Zimbabwe qu’il a dirigé trente-sept ans, a disparu le 6 septembre. Les hommages sont révélateurs des différentes périodes de sa vie. Le héros est célébré mais le despote n’est pas oublié. Jean Philippe Rémy en peint un très beau tableau de cette vie.  


Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent (2)

dim, 01/09/2019 - 19:24

Dans Ouest France, le chercheur Vincent Foucher s’interroge sur la persistance du groupe Boko Haram au Nigéria.
La toujours brillante Niagalé Bagayoko publie ses réflexions sur le Sahel et un agenda de recherche « Fondamentalement, la gestion de la crise sahélienne par les différents acteurs, africains aussi bien que non-africains, démontre l’urgente nécessité d’inscrire au cœur de la réflexion stratégique la sociologie des administrations publiques, l’analyse bureaucratique et la science des organisations, cadres d’analyse trop souvent négligés alors même qu’ils peuvent offrir de très utiles clés de compréhension pour saisir les enjeux organisationnels et les processus décisionnels qui, fréquemment, obèrent la portée des interventions et initiatives de règlement des conflits. »Afrique centrale et Afrique de l’Est Depuis le 17 juillet, le virus Ebola est reconnu comme une « urgence de santé publique de portée internationale » par l’OMS. Si la prise de conscience est là, Aymar Nyenyezi Bisoka rappelle que « l’insécurité constante émanant de l’action des groupes armés limite ainsi les interventions médicales ». On relira avec intérêt l’article de Marie Roy publié dans l’AFRI 2018 « Santé et développement en Afrique : le cas d’Ebola dans le bassin du fleuve Mano ». Sur la composition du nouveau gouvernement congolais, on lira également le dernier billet de Colette Braeckman ICI. Cette dernière viendra commenter son documentaire « L’homme qui répare les femmes » le 19 septembre à l’Université Catholique de Lille…A lire : cet article sur les infrastructures dans l’East African Community : « Whereas the past model of high modernism focused on transforming national economies through implementation of large-scale infrastructure projects, the current thinking in the EAC focuses on fast tracking not only national development but also regional integration and realizing Pan-African continental connectivity for sustainable development”. On complétera avec l’étude réalisée par Denis Tull et Juliette Genevaz. Dans Le Monde Jean Philippe Remy s’interroge sur le retour de la paix au Burundi alors qu’un accord signé avec la Tanzanie prévoit le retour des réfugiés.  Pour le chercheur Benjamin Chemouni cité dans l’article : « C’est une paix de cimetière, estime, Des violences continuent de se produire, mais à une échelle moindre. Seulement, l’économie du pays est atone, elle est même dans une situation pire que lors de la guerre civile. » Le United States Institute of Peace (USIP) a publié le 29 août 2019 un débat "Un an après l'accord de paix entre l'Éthiopie et l'Érythrée, quel est l'impact?". D’après les auteurs l’accord de paix Éthiopie-Érythrée conclu à l’été 2018 a eu certes un impact stabilisateur sur la région mais il n’a pas mis fin à la situation précaire de l’Érythrée.
The Washington Post publiait le 30 août : "'If I Don't Pay, They Kill Me': Al-Shabaab Tightens Grip on Somalia with Growing Tax Racket". On y lit que le groupe al-Shabaab finance une grande partie de ses activités en extorquant l'argent des hommes d'affaires somaliens. Les auteurs déclarent que la croissance des recettes fiscales d’Al-Shabaab est en contradiction avec les affirmations du gouvernement somalien selon lesquelles le groupe est en perdition.
On lira avec intérêt l’article de Gérard Prunier dans Le Monde diplomatique du mois de septembre sur la situation au Soudan depuis la mise en place le 21 août du Conseil souverain.
Influences étrangèresOn l’attendait avec impatience et elle vient de sortir. La dernière publication d’Aline Leboeuf pour l’IFRI porte sur : « La compétition stratégique en Afrique : approches militaires américaine, chinoise et russe ». Pour l’auteure « Si les États-Unis sont encore l’acteur dominant dans la sécurité du continent, un phénomène de rattrapage est en cours en faveur d’une influence grandissante de la Chine et de la Russie ». L’ISS consacre également l’un de ses derniers rapports à ces présences militaires étrangères sur le continent africain. Des 13 pays ayant une présence connue en Afrique, les États-Unis et la France ont le plus de troupes sur le continent. Sans surprise la Corne de l'Afrique est devenue l'épicentre de ces présences, avec environ 11 bases militaires étrangères.Les publications sur l’influence russe en Afrique se multiplient : ICI


Publications Comment mesurer la paix ? C’est à cette question que tente de répondre Richard Caplan. On estime qu’en moyenne 40% des pays sortant d'une guerre civile risquent de retomber dans  un violent conflit dans les dix années suivant la fin des hostilités.La Vie des idées publie une recension de la biographie  « Njinga, histoire d’une reine guerrière (1582-1663) ». Cette reine d’Afrique centrale, méconnue en Occident est idolâtrée dans certaines diasporas notamment au Brésil : « Elle éclaire d’autres questions relatives au genre, au pouvoir, à la religion, au commandement, au colonialisme et à la résistance ». Hâte de lire le dossier spécial du Journal of War & Culture Studies : « Spirituality and War: Soldier Practices in Deployment in African Military Landscapes ».La dimension transnationale des conflits armés en Afrique a un nouvel outil. Dans cet article les auteurs proposent de nombreuses statistiques et un agenda de la recherche. Ils réfutent l’idée que les conflits entre Etats ne sont plus majoritaires sur le continent: « the majority of African conflicts must be considered internationalized-internal ».
Conférences et appels à communications 
 Vous avez jusqu’au 18 octobre pour postuler aux bourses de terrain du CFEE ! Et jusqu’au 15 septembre pour envoyer vos propositions pour l’ouvrage collectif: « La mer : paradoxes, enjeux et défis pour les États du Golfe de Guinée au XXIe siècle ». Le colloque« Penser le genre des expériences de la violence politique en Afrique. Incidences biographiques, transmissions générationnelles et familiales » aura lieu à Sciences Po Bordeaux les 3-4 octobre 2019.L’AEGES organise son colloque annuel à Paris sur le thème Guerre et corps. Pour soumettre un article ou un panel : ICI
L’Afrique…ce grand pays…Lors du sommet du G7, la journaliste américaine d’Associated Press Darlene Superville poste sur Twitter un cliché représentant quatre « leaders ». Elle identifie Emmanuel Macron, Justin Trudeau et Narendra Modi mais Cyril Ramaphosa, elle le présente comme « one unidentified leader » ….
La journaliste devrait lire l’interviewde  l’historien François-Xavier Fauvelle, élu professeur au Collège de France et dont la leçon inaugurale se tiendra en octobre.In memoriamLe 31 août, un an après Samir Amin, l’universitaire Immanuel Wallerstein, critique du capitalisme mondial est décédé.
 

   
Catégories: Afrique

Dernières nouvelles du continent

dim, 25/08/2019 - 21:43


C’est la rentrée mais je vous propose un nouveau rendez-vous hebdomadaire. Une veille qui reprend les articles scientifique ou de presse les plus marquants, sur le modèle de "This Week in Africa" de Jeffrey Paller. Bien sûr je reste fidèle à mes centres d’intérêts : sécurité, défense, politique étrangère et…littérature ! Je publierai également les appels à communications et les évènements scientifiques. Vos commentaires sont les bienvenus pour améliorer ce nouveau projet.
Corne de l’Afrique, Afrique de l’EstLe Soudan entame-t-il une transitionpolitique ?  The New York Timespublie "A Season of Hope in Sudan" où l’auteur explique l’opportunité pour la jeunesse soudanaise de transformer le pays. On lira également le récitde la réalisatrice Hind Meddeb à Khartoum au cœur des manifestations. Ecoutez cette émission de France 24 pour comprendre la crise actuelle et celle-cisur le choix des nouveaux membres du conseil souverain au Soudan. Sur le nouveau dirigeant du pays (ICI) et les nombreux défisqu’il doit relever. Pour Woldemariam, la résolution de la crise est un succès du multilatéralisme africain avec l’investissement de l’Union africaine et de l’Ethiopie. La revue Le Point consacre un numéro aux Nouvelles Routes de la Soie avec un papier signé par Claire Meynial sur DjiboutiLe Kenya et Djibouti sont concurrentspour un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.L’Est du Congo reste une des zones les plus violentes du monde. Ce rapport rappelle que depuis deux ans, rien que dans la région du Kivu,  1897 personnes ont été tuées, 3 316 kidnappé et 100 victimes de viols. À l’été 2018, les observateurs ne cachaient pas leur surprise de voir enfin se résoudre un conflit vieux de vingt ans entre l’Ethiopie et l’Erythrée qui a constitué un véritable nœud de crispation dans les tensions régionales. Cet article explique les impasses du régime érythréen. Sur la crise du fédéralisme éthiopien on lira René Lefort ICIJoël Hubrecht interrogeles relations entre la France et le Rwanda au moment du génocide : « Par leur proximité et leur présence, les analystes français auraient pu et dû, mieux que quiconque, saisir les signaux d’alerte puis être les premiers à rompre tout lien avec les génocidaires au lieu de s’inscrire, pour reprendre les mots d’Hubert Védrine, dans « la suite de l’engagement d’avant ». Cela n’a pas été le cas. Ils ont vu mais n’ont rien compris, ne comprennent toujours pas et, dans leur superbe arrogance, s’y refusent. Obstinément. »Sahel, Afrique de l’OuestUn des derniers articles de Morgane Le Cam, la correspondante du journal Le Monde au Mali, avant de quitter son terrain décrit la situation au centre du Mali : « la Minusma est de plus en plus contestée par une population qui ne comprend pas pourquoi ses casques bleus n’interviennent pas lorsque leurs villages sont pris d’assaut par des groupes armés, tantôt djihadistes, tantôt communautaires (…)Depuis le début de l’année, dans la région de Mopti, au moins 845 personnes ont été tuées dans plus de 200 attaques ».Rémi Carayol propose un papier sur les milices au Mali soutenus par les pouvoirs et cette stratégie n’est pas nouvelle. Ecoutez cette émission avec Jean-Marc Durou (qu’un ami m’avait présenté jadis comme « le plus grand spécialiste de la zone ») sur le Sahel. Début août le Ghana accueillait la première conférence en Afrique de l’International Studies Association (pour la première fois sur le continent). La même semaine Nancy Pelosi visitait le pays pour célébrer The Year of the Return : « Ce sont douze mois pendant lesquels le pays d’Afrique de l’Ouest, qui fut l’un des importants pays de départ de la traite négrière entre les XVe et XVIIIe siècles, organise des événements pour commémorer le premier bateau d’esclave arrivé en Virginie il y a 400 ans. »Ecoutez l’interviewde Laurent Guillaume, ancien officier de la police française, sur les narcotrafiquants en Afrique de l’Ouest. Aujourd'hui, aux Éditions La manufacure de livres, il publie « Africa Connection », un ouvrage collectif sur la criminalité organisée en AfriqueSécurité, défenseL’emploi de compagnies de sécurité privées est de plus en plus courant dans certains pays d’Afrique selon cet article. La privatisation de la sécurité et les « gardiens » employés en Afrique de l’Ouest, débouche sur une meilleure compréhension de la place de l’Etat.Les processus de réconciliation renforcent-ils ou atténuent-ils les divisions ayant mené au conflit? Et quand sont-ils pertinents? Eléments de réponse par Milena DieckhoffPublicationsJe lirai avec plaisir le dernier ouvrage de Terrence Lyons sur la politique éthiopienne.On lira cet article sur le travail des observateurs lors des élections kényanes de 2017,  celui-ci sur l’impact des dépenses militaires sur l’industrialisation de 35 pays d’Afrique entre 1990 et 2015. Excellent papier de Nina Willen, Gérard Birantamije et David Ambrosetti sur la professionnalisation de l’armée burundaise.J’ai hâte de découvrir cette nouvelle publication « Contemporary French Security Policy in Africa. On Ideas and Wars ».Les études africanistes sont en pleine expansion d’après l’éditeur de l’African Studies Review  mais ça n’est pas encore très visible dans les enseignementset que la diversité manque au sein de l’édition.PenséesPour Souleymane Bachir Diagne : « Décoloniser les imaginaires, ce n’est pas s’opposer ou mener une guerre d’indépendance, mais considérer qu’il n’y a pas d’humanités séparées et qu’il n’y a pas un lieu qui serait seul le théâtre de l’histoire universelleCulture L'écrivaine américaine Toni Morrison, première femme noire à recevoir le Prix Nobel de Littérature, est morte à l'âge de 88 ans.La rentrée littéraire voit la sortie de plusieurs ouvrages consacrés à l’Afrique et ICIon trouvera un classement des meilleurs films africains de l’année.Les 10 finalistes pour le Prix des cinq continents, organisé par  l’Organisation internationale de la Francophonie sont dévoilés. Il récompense chaque année un texte de fiction narratif d’expression française.Conférences et appels à communications L’AEGES organise son colloque annuel à Paris sur le thème Guerre et corps. Pour soumettre un article ou un panel : ICINe manquez pas la Masterclass Global Actors for Peace organisée par la faculté de droit de l’Université Catholique de  Lille. La journée du jeudi 19 sera consacrée à l’Afrique avec une conférence  « Peace from the Bottom » de Séverine Autesserre et en soirée, une conférence-débat avec projection du documentaire “L’homme qui répare les femmes” en présence de sa réalisatrice Colette Braeckman et de Sylvie Humbert Membre de la Commission de chercheurs pour l’étude des archives françaises du Rwanda (2019).Un AACest lancé pour la journée d’études « Quand le sud pense le nord : défis méthodologiques, enjeux épistémologiques » organisé le 13 décembre. La date limite pour l'envoi des propositions de communication est le 30 septembre 2019, à l'adresse : je.quandlesudpenselenord@gmail.comGlobal Integritys’apprête à lancer la huitième édition des Indicateurs d’Intégrité en Afrique, en partenariat avec la Fondation Mo Ibrahim, et cherche des journalistes professionnels, universitaires, acteurs d’organisations non-gouvernementales et/ou du secteur privé ayant une expérience avérée dans la conduite d’entretiens et la recherche documentaire.Vous avez jusqu’au 25 octobre pour répondre à l’AAC de Politique africaine «  Rwanda : la trajectoire de l’État après le génocide ».
Si vous souhaitez recevoir cette lettre par mail : inscrivez vous à droite. Rendez-vous dans une semaine ;)

Catégories: Afrique

Djibouti dans le jeu international

lun, 31/10/2016 - 13:46
Nous publions un article sur Djibouti dans le numéro d'octobre de la revue Esprit (ICI).Voici un extrait de l'article :


Alors que les regains de tensions en mer de Chine méridionale suscitent l’inquiétude des décideurs politiques et concentrent l’attention des médias, l’onde de choc de ces tensions pourrait toucher les rives d’un petit territoire à l’est du continent africain. Djibouti concentre depuis quelques années la présence militaire des puissances internationales et attirent les investissements étrangers du monde entier. Les jeux diplomatiques qui s’y jouent sont particulièrement révélateurs des évolutions du système international. Cet îlot de tranquillité de 23 200 km², dans une région agitée par les conflits, accueille les troupes françaises, américaines, japonaises, européennes et bientôt chinoises, saoudiennes et peut-être russes. Les plus puissants États y ont pris place afin de lutter contre la piraterie, le terrorisme ou, plus récemment, comme base arrière dans le cadre de la guerre au Yémen. Djibouti représente également un atout économique majeur. Bien que ce territoire ne produise aucune richesse, il pourrait jouer un rôle de plateforme régionale et une pièce maîtresse dans le projet d’intégration économique, soutenu par Pékin. Garnison internationale, hub maritime et logistique régional, Djibouti l’oublié se trouve désormais au cœur du nouveau grand jeu international.
Catégories: Afrique

Recension : Politics and Democracy in Microstates de Wouter Veenedaal

ven, 28/10/2016 - 14:37

« Quelles sont les conséquences politiques de la taille d’un État ? » telle est la question posée par le chercheur néerlandais Wouter Veenedaal. Le lien entre la taille de la population et la démocratie est un des plus vieux débat de la science politique. Les études quantitatives montrent que les petits États et les micro-États seraient, comparativement, plus enclins à développer des gouvernances démocratiques. « Small is democratic » semble un adage partager depuis des siècles, des philosophes grecs à Rousseau en passant par Montesquieu. 

Aujourd’hui encore les organisations internationales font la promotion des avantages de la petitesse et invitent les États en reconstruction après un conflit à des pratiques de décentralisation et de dévolution afin de confier plus de pouvoirs et de compétences politiques à des unités réduites. Pourtant, aucune hypothèse satisfaisante ne permet d’expliquer cette corrélation entre la taille et le caractère démocratiques d’un État.  Au contraire, de plus en plus d’études de cas tendent même à l’infirmer en soulignant l’intensité des rivalités personnelles, de la corruption et du clientélisme dans les petits États. Il semble donc qu’il y aurait un écart entre la théorie suggérée par la recherche quantitative et la réalité constatée les travaux qualitatifs. Les institutions démocratiques des petits ou micro États seraient une façade et la réalité démocratique de leur système politique doit être relativisée. D’après, Wouter Veenedaal cette énigme relève bien de l’approche méthodologique quantitative qui a été privilégiée jusqu’à présent pour étudier ce lien. Il propose ici une étude comparative de la nature des systèmes politiques dans quatre micro-États : San Marino, St Kitts et Nevis, les Seychelles et Palau. Il nous éclaire sur les réalités politiques de ces États présentés comme démocratiques. Si ces analyses peuvent s’avérer intéressantes pour des spécialistes de ces zones géographiques, en revanche le politiste ne s’étonnera pas des résultats de l’étude. Elles démontrent qu’une explication monocausale (la taille) ne permet pas d’expliquer le système politique même dans les micro-États. L’auteur démontre, sans surprise, que la situation géographique, l’histoire coloniale ou encore les relations internationales sont des variables essentielles. Néanmoins, on retiendra de cette étude les stimulants chapitres sur les débats théoriques et l’état de l’art.
Catégories: Afrique

« Des Afriques » : gestion de crises et résolution des conflits en Afrique subsaharienne

jeu, 27/10/2016 - 14:33
La Revue Défense Nationale a publié cet été un numéro spécial sur le continent africain. J'ai eu la chance de diriger ce numéro. 
Vous trouverez ICI le sommaire et ci-dessous l'introduction au numéro.

Plus que n’importe quelle autre partie du globe, après la Guerre froide, le continent africain a été associé aux conflits et à l’insécurité. Au début des années 1990, Robert Kaplan invoquait, dans une formule restée célèbre, « the coming anarchy »[1]. Pour l’auteur américain, le continent était alors celui des haines ethniques et de la violence aveugle. Vingt ans plus tard, le gagnant du prix Pulitzer, Jeffrey Gettleman, peignait le même tableau, se désespérant que les guerres ne terminent jamais et s’étendent comme, pour reprendre ses termes, « une pandémie virale ». Aujourd’hui, l’insécurité et les conflits sur le continent occupent une place centrale dans les cercles politiques, les travaux des chercheurs et le travail des forces de sécurité. Bien que la situation se soit transformée et que les statistiques s’entendent sur une baisse tendancielle du nombre de conflits, d’anciennes grilles d’analyses continuent de guider certains commentaires et analyses. L’objectif de ce numéro de la Revue Défense Nationale répond à cette vision encore ancrée dans l’imaginaire collectif. Il vise à contester les approches populaires qui réduisent la complexité des situations conflictuelles sur le continent à des facteurs uniques et trop souvent essentialistes. Parmi ces facteurs les plus communs invoqués, on retrouve le colonialisme, la religion, l’ethnicité et les ressources naturelles. Or, la rigueur intellectuelle et une démarche méthodologique permettent d’éviter les biais de confirmation - au sens d’interpréter les faits pour leur faire dire ce que l’on souhaite, ou les biais de sélection, en ne choisissant que les faits qui appuient une thèse définie a priori. Avant d’expliquer pourquoi ces facteurs ne sont pas suffisants pour expliquer les conflits sur le continent, essayons tout d’abord de peindre à grands traits l’évolution de la conflictualité sur le continent depuis la fin de la Guerre froide.Pendant la Guerre froide, les politiques à l’égard du continent étaient guidées par des considérations politiques liées à l’opposition entre les deux blocs. L’Est et l’Ouest supportaient des régimes afin de s’assurer le maintien d’une sphère d’influence. Les États-Unis, l’Union soviétique et leurs alliés respectifs étaient des sources de financement à la fois de groupes insurrectionnels et d’États. Les armes, les entrainements militaires, les soutiens diplomatiques dépendaient de cette lutte pour dominer et influencer. Certains régimes autoritaires furent maintenu au pouvoir parce qu’ils avaient une fonction spécifique dans cette lutte globale, comme pare-feu face au communisme. Le plus connu fut Mobutu au Zaïre. D’autres sont tombés après des coups d’États soutenus ou encouragés par les puissances extérieures. Avec la fin de la Guerre froide, le continent a perdu de sa valeur stratégique. Samuel Decalo dira même : « les États africains passèrent de pions stratégiques pendant la Guerre froide à d’« irrelevant clutter » ».  Progressivement, dans les années 1990, les États-Unis, et ce qu’il reste de l’Union soviétique, se désengagent du continent. Les premiers réduisent ou interrompent totalement leur aide militaire aux alliés les plus anciens : Kenya, Somalie, Liberia, Tchad, Zaïre. Les missions humanitaires américaines et les postes de renseignement se ferment et les personnels sont redirigés vers de nouvelles zones prioritaires notamment en Europe de l’Est. Les États qui survivaient en partie grâce à ces soutiens extérieurs deviennent plus vulnérables aux insurrections populaires et aux guerres civiles. Les événements au Liberia avec Samuel Doe, au Zaïre avec Mobutu, en Somalie et en Éthiopie doivent être appréhendés dans ce contexte. Ils n’ont plus le statut de clients dans un monde bipolaire. Cette perte de la rente stratégique coïncide parfois, en plus, avec une crise économique et des pressions de plus en plus fortes pour démocratiser. Les donateurs redirigent leurs aides en fonction des efforts faits en termes de gouvernance. De plus, l’aide au développement chute de 21% entre 1990 et 1996[2]. Les réseaux de clientélisme s’effondrent, tout comme certaines coalitions au pouvoir qui se divisent. Dans ce contexte, le nombre de conflits et l’insécurité augmentent. En parallèle, les outils analytiques font aussi évoluer comme nous allons le voir. L’approche de la conflictualité sur le continent a souffert de trois grandes faiblesses : la « déconnexion », le culturalisme essentialiste et le réductionnisme économique auquel se rattache, en partie, le modèle « greed and grievance »[3]. Cette approche réduit les conflits à de l’opportunisme économique et à des décisions irrationnelles. Les conflits seraient donc une forme d’activité criminelle menée par cupidité par des seigneurs de guerre intéressés par la rente. Si cette approche a été très critiquée pour sa dépolitisation des conflits, elle était profondément réductionniste en expliquant les conflits uniquement en termes d’opportunité économique. Cette théorie a évolué ces dernières années et laisse moins place aux motivations économiques mais les conflits sont toujours expliqués en termes d’opportunité économiques plutôt que politiques. Les ressources naturelles ne sont, bien souvent, pas la cause du conflit bien qu’elles puissent l’alimenter. Ainsi, en Sierra Leone le conflit s’apparentait à une révolte contre les structures agricoles oppressives. Séverine Autesserre a montré qu’en République Démocratique du Congo  les ressources naturelles n’étaient pas au cœur des conflits[4]. Les mêmes arguments sur la dépolitisation des conflits sur le continent ont permis de critiquer la théorie des « nouvelles et anciennes guerres [5]». Cette thèse, largement controversée, postule que les guerres civiles de l’après-Guerre froide sont tendanciellement différentes de celles de la période bipolaire. Pour ce faire, l’auteur juge possible de tracer une distinction entre « nouvelles » et « anciennes » guerres. Au niveau global, la guerre interétatique semble révolue et l’anomie du système international aurait pour conséquence de favoriser la résurgence de phénomènes identitaires. Cet argumentaire recoupe celui sur l’ethnicité des conflits. L’idée répandue est que l’ethnie tue. Cette approche est partagée par certains commentateurs du génocide rwandais. Selon eux, les Tutsi et les Hutu seraient destinés à s’affronter et les massacres sont le résultat d’une opposition raciste atavique. Cette approche exclut toute analyse des évènements ayant conduit à l’exécution du génocide. Cette littérature décriée est, en partie, héritière des travaux sur l’anthropologie de la race élaborée à la fin du XIXème siècle. Elle refuse de penser le racisme en Afrique comme une idéologie construite politiquement et socialement. Les crises africaines, ici celles des Grands Lacs, ne seraient que le résultat de clivages ethniques ataviques : des tueries et des barbaries spontanées sans dimension politique ni instrumentalisation. Cette approche privilégie également une lecture de déresponsabilisation des acteurs africains qui seraient pris au cœur des stratégies de puissances étrangères dans la région. Enfin, l’analyse des conflits sur le continent souffre d’un autre écueil : la déconnexion. Certaines approches placent le continent dans un cadre cognitif distinct qui nécessiterait de recourir à des théories spécifiques. Or, l’Afrique sub-saharienne n’a pas de conflits qualitativement distincts.Il y a d’autres changements dans le panorama sécuritaire : la fréquence accrue des violences électorales et les « crises de citoyenneté »[6]. Ainsi, les travaux des chercheurs américains Zachariah Mampilly et Adam Branch[7]nous apprennent que le continent serait au milieu d’une troisième vague de contestations. La première regroupe les soulèvements nationalistes des années 1950 qui mènent aux indépendances. La seconde englobe les mouvements d’Afrique de l’Ouest, du milieu des années 1980 au début des années 1990, à la suite des mesures d’austérité imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Selon ces chercheurs, les révoltes arabes de 2011 constituent l’apogée d’un long « printemps africain » amorcé en 2005 - avec les mouvements de contestation liés à la crise alimentaire - mais qui n’aboutit pas nécessairement à des changements de régimes et n’ont pas suscité la même attention des médias, alors même que la contestation des régimes jugés autoritaires se poursuit.  Par ailleurs, la compétition politique peut accroître les tentations de mobilisation sur des bases ethniques. La plupart des élections africaines sont relativement calmes (Togo, Bénin, Comores), mais certains exemples comme l’élection kenyane de 2007 montrent le chaos qui peut régner (1000 morts, 350 000 déplacés). Dernièrement, les violences ont aussi accompagné les élections au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire, au Burundi. Actuellement, les révisions constitutionnelles afin de modifier les mandats présidentiels est une cause de mobilisation des populations (Djibouti, RDC, Burkina, Ouganda, Congo, etc.). Si l’expression première des violences électorales est identitaire, elle se combine avec des considérations plus locales comme l’accès à la terre, des ressources, ce qui rend simpliste et invalides les interprétations uniquement ethniques (Côte d’Ivoire, Kenya, Burundi). L’augmentation des violences religieuses et du terrorisme sont également de nouveaux visages de la conflictualité sur le continent. On le voit avec le groupe Al-Shabaab en Somalie, Boko Haram au Nigeria, AQMI et tous les autres groupes évoluant dans le Sahel. Pourtant, la religion et la dimension globale de ces conflits mérite encore des études sérieuses. Historiquement, la religion a toujours joué un rôle mineur dans les conflits en Afrique. Stephen Ellis disait même qu’à proprement parler, il n’y a pas de guerre de religion en Afrique subsaharienne. Cela ne veut pas dire que les croyances religieuses ne sont pas cruciales dans la guerre. Tant en Sierra Leone qu’au Liberia, les fidèles croyaient en la puissance des esprits comme en République centrafricaine[8]ou en Ouganda avec l’Armée de libération du seigneur. Mais la religion n’était pas la cause de la guerre bien qu’elle puisse l’alimenter. De même, historiquement, ce qui apparaissait à première vue comme des combats entre religions était en fait totalement lié à des luttes entre élites pour la puissance politique ou matérielle. Enfin, la « guerre contre le terrorisme » participe à une restriction de l’espace politique sous couvert de lutte contre le terrorisme. En effet, l’autoritarisme s’est renforcé dans plusieurs États subsahariens au cours de la dernière décennie. Cette évolution est intimement liée aux efforts des donateurs pour « stabiliser » le continent dans un contexte de lutte contre les groupes jihadistes[9].L’un des objectifs de ce numéro est donc d’essayer de comprendre certains conflits du continent et d’examiner la réponse apportée par les acteurs continentaux et leurs partenaires avec un regard spécifique sur la politique française qui justifie les choix thématiques et régionaux effectués. Pour ce faire, nous avons réuni des praticiens, des militaires, des diplomates et des chercheurs. Leurs écrits sont des témoignages, des présentations politiques ou des études scientifiques. Rassemblés dans ce numéro, ils apportent une vision complémentaire et globale des enjeux sécuritaires de certaines régions du continent. Après un premier ensemble de textes portant sur la zone saharo-sahélienne, une deuxième partie propose une série d’articles sur la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée ; un troisième groupe de contributions est consacré à l’engagement des organisations internationales dans la gestion de crises et la résolution des conflits ; et le numéro s’achève sur des problématiques en cours. Plusieurs thématiques reviennent dans chacune de ces contributions. D’abord un questionnement : « le déficit capacitaire » de nombreux États face aux défis sécuritaires. Ensuite les enjeux de la régionalisation des réponses sécuritaires tant face au terrorisme, qu’à la piraterie et aux conflits civils ; enfin la coopération avec des partenaires extra-continentaux et des organisations internationales. Une étude croisée peut permettre de comprendre les conflits sur le continent dans leur complexité et nous espérons que ce numéro en fait la démonstration en privilégiant une discussion entre praticiens, politiques et chercheurs.
Pour aller plus loin : Amselle Jean-Loup, M'Bokolo Elikia (dir.), Au cœur de l’ethnie, Paris, La Découverte, 2005, 225p.Bonnecase Vincent et Brachet Julien (dir.), Crises et chuchotements au Sahel, Politique africaine, N° 130, 2013/2.Collier Paul, Hoeffler Anke, Rohner Dominic, « Beyond Greed and Grievance : Feasibility and Civil War », Oxford Economic Papers, 2009, 61 (1), pp.1-27.Courtin Nicolas (dir.), Comprendre Boko Haram, Afrique Contemporaine, n° 255, 2015/3.Cramer Christopher, « Homo Economicus Goes to War : Methodological Individualism. Rational Choice and the Political Economy of War », World Development, 2002, 30 (11), pp.1845-1864.Gazibo Mamadou et Thiriot Céline (dir.), La politique en Afrique. Etat des débats et pistes de recherche, Karthala, 2009.Marchal Roland et Messiant Christine, « Les guerres civiles à l’ère de la globalisation. Nouvelles réalités et nouveaux paradigmes », Critique international, 2003/1, n°18.Marchal Roland (dir.), « Le Sahel dans la crise malienne », Dossiers du CERI, 07/2013  Prunier Gérard, Chrétien Jean-Pierre (dir.), Les ethnies ont une histoire, Paris, Karthala, 2003 (2ème ed.), 435p.Ramsbotham Olivier, Woodhouse Tom, Miall Hugh, Contemporary Conflict Resolution. The Prevention, Management and Transformation of deadly Conflicts, Polity, (Third Edition), 2015.Reno William, Warfare in Independent Africa, 2011, Cambridge, Cambridge University Press.Richards Paul, « New War. An Ethnographic Approach », in Paul Richards (dir.), No Peace, No War, Athens, OH and Oxford, Ohio University Press and James Currey.Straus Scott, « War do end ! Changing Patterns of Political Violence in Sub-Saharan Africa in African Affairs, 2012, 111 (443), pp.179-201.Williams Paul D., War & Conflict in Africa, Polity, 2016 (second Edition).
[1] Robert Kaplan, « The Coming Anarchy : How Scarcity, Crime, Overpopulation, and Disease is Rapidly Destroying the Social Fabric of Our Planet », in Atlantic Monthly, Février 1994, pp.44-76 et la critique : Harri Englund, « Culture, Environment and the Enemis of Complexity », in Review of African Political Economy, 1998, 76, pp.179-188. [2] Rita Abrahamsen, Conflict and Security in Africa, James Currey, 2013, 240 p. [3]  Paul Collier et Anke Hoeffler, Greed and Grievance in Civil War, 2002, Washington, DC : World Bank [4] “Dangerous Tales -Dominant Narratives on the Congo and their Unintended Consequences,” African Affairs, 111 (443),pp. 202-222, 2012. [5]Mary Kaldor, New and Old Wars: Organized Violence in a Global Era, 3 edition, Cambridge: Polity Press, 2012, 256p. On lira également les critiques suivantes : Stathis Kalyvas, « Les guerres civiles après la guerre froide », in Pierre Hassner et Roland Marchal (éd.), Guerres et sociétés (États et violences après la guerre-froide), Paris, Karthala, 2003, 615p ; Siniša Malesevic, « The sociology of new wars? Assessing the causes and objectives of contemporary violent conflicts », International Political Sociology, vol.2, n°2, juin 2008, pp.97-112. [6]Richard Banégas (dir.), « L’Afrique de l’Ouest: des crises de la citoyenneté », Les Dossiers du CERI, 2012-10. [7] Zachariah Mampilly et Adam Branch, Africa Uprising. Popular Protest and Political Change, Zed Books – African Arguments, 2015, 272p. [8] Marielle Debos, « Centrafrique : attention aux mots », Le Monde, 20 février 2014. [9]Jonathan Fisher et David M. Anderson, « Authoritarianism and the securitization of development in Africa », International Affairs, 91, 1, 2015, pp. 131–151. Nicolas Desgrais et Sonia Le Gouriellec, « Stratégies d’extraversion : les défis de la construction de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité », Note de Recherche Stratégique, IRSEM, Septembre 2016.
Catégories: Afrique

«Oui, mon commandant»... version 2016

lun, 24/10/2016 - 14:18
Cette interview a été publié sur le site Africa4 par Jean-Pierre Bat le 4 octobre 2016. 
L’IRSEM organise un colloque sur les nouveaux visages des armées africaines : comment les définir ?Les armées africaines sont trop souvent perçues comme le simple produit de la période coloniale. Pourtant, elles sont également le produit de transformations historiques successives, dont la colonisation n’est qu’un élément. Il n’y a pas un modèle unique d’armée africaines pendant la période coloniale et encore aujourd’hui. Le colloque vise donc à étudier les différents visages de ces armées et leurs évolutions. Ces armées et leurs missions évoluent avec les transformations du système international. La volonté d’africaniser la sécurité sur le continent, qui a accompagné la création de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), les armées africaines se sont vues attribuées de nouvelles fonctions. Les acteurs africains étant appelés à prendre leurs responsabilités en fournissant des troupes dans le cadre des missions onusiennes se déployant sur le continent mais aussi, et surtout, en créant un système de défense collective crédible pouvant apporter une réponse rapide et, ainsi, alléger le « poids » considérable porté par le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) des Nations unies. Les acteurs extracontinentaux, quant à eux, sont poussés à jouer un rôle de soutien et d’appui vis-à-vis de ces nouveaux mécanismes. Nous étudierons notamment le rôle des États-Unis, de la Chine, de l’Union Européenne, de la France, du Brésil ou encore du Portugal. Derrière le discours « gagnant-gagnant » se cache aussi une autre réalité. Les nouvelles fonctions attribuées aux armées africaines permettent de renforcer l’autorité qu’exercent les pouvoirs politiques sur leurs subordonnés et leur puissance vis-à-vis de l’extérieur pour prévenir toute ingérence. Elle permet de bénéficier des différents mécanismes internationaux de soutien tels que le financement des organisations internationales, la donation de matériels militaires, l’accès à des formations militaires et le soutien logistique nécessaire. La participation à une OMP, par exemple, est un moyen de capter les rentes qu’offrent les différents mécanismes internationaux de soutien à l’APSA tout en augmentant leur « crédit international». En interne aussi l’image des armées évolue. Les forces armées n’ont pas toujours eu un bon comportement vis-à-vis des populations, elles étaient d’ailleurs parfois envoyées pour les réprimer. Certaines armées restent un problème structurel qui nécessite des réformes. Le rôle de ces armées dans la lutte contre le terrorisme par exemple affecte les civils et exacerbe les conflits, comme on a pu l’observer au Nigeria. Il persiste une véritable incapacité de certains gouvernements à faire en sorte que les armées obéissent au pouvoir civil. Ces rapports que les armées africaines entretiennent avec le pouvoir politique seront au cœur de plusieurs communications abordant les cas du Burkina Faso, de la République Démocratique du Congo et du Mali. 
A l’heure de Barkhane, quel rôle jour l’Ecole militaire de Paris dans la constitution des armées africaines ?L’École militaire regroupe un ensemble de centre de formation et de recherche. L’École de guerre est l’un de ces organismes. Il participe à la formation des officiers français et étrangers. Historiquement, ces formations d’officiers étrangers font partie de notre coopération militaire soutenue par les Affaires étrangères. Elles permettent de renforcer nos alliances. Cette politique de formation participe de notre politique d’influence dans certaines régions notamment en Afrique francophone mais elle s’intègre aussi dans notre diplomatie économique. Elle permet de créer une matrice intellectuelle commune et d’élever le niveau d’interopérabilité de troupes qui, à l’heure de Barkhane, sont amenées à opérer ensemble sur des théâtres d’opérations communs. La formation des officiers africains participe également de notre politique francophone. L’École de guerre accueille des officiers non francophones, comme des Ethiopiens, qui bénéficient d’une formation de six mois au français. De plus, cette coopération évolue puisqu’a été ouvert en 2005 au Cameroun une École supérieure internationale de guerre (ESIG). L’IRSEM contribue également à la formation d’officiers africains en accueillant cette année trois officiers élèves internationaux de l’École Spéciale Militaire de Saint Cyr qui doivent réaliser un mémoire de recherche. Pour avoir échangé avec eux, cette coopération et ces échanges sont enrichissants pour chacun d’entre nous. Ils apportent leur expérience de terrain aux chercheurs français qui, pour leur part, les soutiennent dans leur démarche de recherche, l’accès aux sources, etc. Les efforts entrepris sont donc réels mais certains observateurs trouvent qu’ils ne produisent pas encore pleinement leurs effets sur le terrain, voir ces articles par exemple. Le défi reste toujours celui de l’autonomisation de ces armées et l’appropriation des nouvelles capacités comme l’indiquait le colonel Susnjara dans le dernier numéro de la Revue Défense Nationale. Si l’appropriation des forces africaines met du temps, c’est également en vertu d’une crise de croissance. En effet, elles sont nombreuses à évoluer rapidement alors même qu’elles sont confrontées à l’ennemi. Les spécialistes des questions militaires le rappellent : la montée en puissance n’est pas une science exacte.
En marge des armées dites régulières, le fait militaire ne se joue-t-il pas aux marges, autour du phénomène milicien ?Bien sûr le fait militaire se joue également autour du phénomène milicien. Les acteurs (semi)privés ou informels ont été particulièrement étudiés en France. Je pense notamment aux travaux de Marielle Debos sur le Tchad et le « métier des armes » ou un numéro de Politique africaine en 2012 : « Politique des corps habillés. État, pouvoir et métiers de l’ordre en Afrique ». Mais nous avons constaté que les forces de sécurité étatiques et plus particulièrement les armées restent mal connues, c’est pourquoi nous avons voulu nous concentrer sur cette question lors du colloque. Le facteur milicien ne sera pas oublié mais étudié en relation avec les forces armées nationales. Nous étudierons les processus de Réforme du secteur de la sécurité (RSS) notamment au Burundi. Tant au Rwanda, qu’au Burundi des enseignements peuvent être tirés sur la façon dont une armée « mono-ethnique » est parvenue, ou essaie, de transformer sa base sociale. Le déploiement de contingents à l’extérieur du territoire a permis par exemple à l’armée burundaise d’intégrer dans la nouvelle armée les miliciens des groupes armés majoritairement hutu et les soldats de l’ancien régime, les ex-Forces Armées Burundaises (FAB) majoritairement tutsi. Cette intégration a longtemps été considérée comme une réussite de l’accord de paix d’Arusha signé en 2000 alors qu’elle était entre 1966 et 1993 le principal centre de pouvoir. L’armée semblait être parvenue à devenir une force apolitique. Mais la crise électorale a mis en lumière ces divisions et l’armée burundaise est au cœur de la crise politique. En Éthiopie, au Rwanda, en Érythrée et en Ouganda, les armées sont issues de mouvements de libération nationale. Les régimes en place ont reconstruit leurs États de façon très centralisée autour d’une figure ou d’un parti. Les structures militaires restent dominées par des vétérans de la guerre de libération issus du Front patriotique pour le Rwanda, du Mouvement de résistance nationale en Ouganda ou par des vétérans tigréens en Éthiopie. Jonathan Fisher qualifie ces officiers de « post-post-libération » « sécurocrates » et mène des études pour comprendre comment et pourquoi les OMP sont un bon moyen de les maintenir éloigné des politiques de sécurité nationale.
Catégories: Afrique

Pages