Au terme d'une finale houleuse de la Coupe d'Afrique des nations 2025, le jury d'appel de la Confédération africaine de football a rendu un verdict décisif en déclarant le Sénégal forfait, ce mardi 17 mars 2026. Cette décision, fondée sur les dispositions réglementaires en vigueur, attribue officiellement la victoire au Maroc sur le score de trois buts à zéro. Elle met un point final à une rencontre marquée par un incident majeur, tout en relançant le débat sur l'arbitrage et le respect des règles sportives.
La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement déclaré le Maroc vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations 2025, à l'issue d'une décision rendue par son Jury d'appel. Cette annonce fait suite à une finale particulièrement mouvementée, dont l'issue ne s'est pas décidée uniquement sur le terrain. Le Sénégal, initialement opposé aux Lions de l'Atlas, a été sanctionné d'un forfait, entraînant l'homologation du score de trois buts à zéro en faveur du Maroc.
Cette décision s'appuie sur les dispositions du règlement de la compétition, notamment les articles 82 et 84, invoqués par l'instance continentale. Selon ces textes, toute équipe quittant le terrain sans l'autorisation de l'arbitre est considérée comme perdante et éliminée. Le Jury d'appel a estimé que le comportement de la sélection sénégalaise entrait clairement dans ce cadre réglementaire, justifiant ainsi une sanction exemplaire et conforme aux règles établies.
En analysant brièvement cette décision sur sa page Facebook, Me Willy Boukary, avocat inscrit au barreau du Burkina écrit ceci : "Ce qu'il faut aussi rappeler c'est qu'au football comme en toute autre matière il y a des règles. S'agissant particulièrement de la Coupe d'Afrique des nations, il y a un Règlement qui définit toutes les règles applicables à la compétition. A l'article 82 de ce règlement il est écrit : "Si, pour n'importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l'autorisation de l'arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours. Il en est de même pour les équipes préalablement disqualifiées par décision de la CAF." C'est l'application de cette disposition qui a coûté très cher au Sénégal. La loi est dure mais c'est la loi, disent les juristes."
Rappelons que l'incident à l'origine de cette décision remonte aux dernières minutes de la finale, disputée dans une atmosphère déjà tendue. Contestant vivement une décision arbitrale jugée défavorable, les joueurs sénégalais ont exprimé leur mécontentement de manière véhémente. La situation a rapidement dégénéré, conduisant à une interruption du match. Malgré les tentatives d'apaisement, l'équipe du Sénégal a finalement quitté la pelouse avant le coup de sifflet final, scellant ainsi son sort.
Ce geste, lourd de conséquences, a suscité de nombreuses réactions à travers le continent africain. Si certains observateurs dénoncent une décision arbitrale contestable à l'origine de la crise, d'autres pointent du doigt l'attitude jugée antisportive des Lions de la Teranga. Pour la CAF, il était impératif de faire respecter le règlement afin de préserver l'intégrité et la crédibilité de la compétition, même au prix d'une décision controversée.
Du côté marocain, ce sacre, bien que validé sur tapis vert, vient couronner un parcours remarquable tout au long du tournoi. Les Lions de l'Atlas, solides et constants, avaient déjà démontré leur capacité à rivaliser au plus haut niveau continental. Toutefois, cette victoire particulière restera marquée par les circonstances de son attribution, laissant une empreinte singulière dans l'histoire de la Coupe d'Afrique des nations.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Source : CAF
Qu'est-ce qu'un cancer héréditaire ? Quels sont les signes d'alerte et les cancers les plus concernés ? Dans cet entretien, le Pr Nayi Zongo, cancérologue au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, éclaire sur les mécanismes de transmission génétique du cancer, les facteurs de risque et l'importance du dépistage précoce.
Lefaso.net : Qu'entend-on exactement par cancer héréditaire ?
Pr Nayi Zongo : Il faut savoir que l'hérédité de façon globale, c'est ce que nous héritons de nos parents. C'est ce qui est transmis par nos grands-parents à nos parents, que nous recevons à notre tour de nos parents. Quand on parle de cancer héréditaire, ce sont des cancers qui sont transmis de façon héréditaire à travers le matériel génétique que nous héritons de nos parents. Quand on prend, par exemple, tout ce qui est l'apparence physique, tout ce qui est comportement, vous verrez qu'il y a des traits communs par famille. Il arrive que la transmission du cancer se comporte comme un caractère de la famille. On parle dans ce cas de cancer héréditaire.
Est-ce que tous les cancers peuvent être héréditaires et quels sont ces cancers les plus fréquents ?
Heureusement que tous les cancers ne sont pas héréditaires. Les cancers héréditaires ne représentent d'ailleurs qu'environ 5 à 10 % de l'ensemble des cancers. Beaucoup de cancers sont liés à l'hérédité. Mais les cancers les plus fréquents que nous rencontrons en pratique courante, c'est essentiellement le cancer du sein et le cancer du côlon. Quand on prend par exemple le cancer du sein, on se rend compte que c'est un cancer qui peut être lié à l'hérédité. Parce qu'il y a ce qu'on appelle des gènes qui sont protecteurs de l'organisme contre le cancer.
Mais lorsque ces gènes sont mutés, lorsqu'il y a une modification de ces gènes, ils vont perdre la capacité de protéger l'organisme contre le cancer et ouvrir la voie à l'installation du cancer. Par exemple, au niveau du sein, on a des gènes qu'on appelle BRCA1 et BRCA2 qui, lorsqu'ils sont mutés, sont responsables d'une augmentation importante du risque de développer un cancer du sein. On se rappelle par exemple d'Angelina Jolie, la star américaine, qui n'a pas de cancer, mais sa maman a fait un cancer du sein. Les tests génétiques ont montré qu'elle était mutée. Elle-même, elle s'est fait réaliser un test génétique qui a montré qu'elle portait la mutation qui augmentait de façon considérable le risque de faire un cancer du sein, soit un risque de 87%.
Cela l'a poussé à faire l'ablation de ses deux seins et elle l'a même utilisé pour faire une campagne de sensibilisation contre le cancer du sein. En ce qui concerne le cancer du côlon, c'est le même principe. Il y a des gènes qui sont protecteurs. Et ces gènes, il y en a essentiellement deux. Il y a ce qu'on appelle le syndrome de Lynch, qui est en réalité un gène qui est responsable de la capacité de réparer les erreurs de division cellulaire. Et lorsque ce gène est muté, les erreurs de division ne sont plus réparées et par conséquent, ça occasionne l'installation de beaucoup de cancers. On a par exemple les familles à cancer du côlon en rapport avec la mutation, la modification de ces gènes.
Quelle différence faites-vous entre prédisposition génétique et transmission inédite du cancer ?
Il y a ce qu'on appelle la prédisposition familiale. Il arrive que dans une famille, beaucoup de cas de cancers du même type s'observent sans qu'il y ait une transmission génétique, sans que cela soit lié au gène, qui est du côté de l'organisme. Dans ce cas, on parle de prédisposition familiale. Dans la famille, il y a peut-être un cas, deux cas, voire trois cas de cancer du même type, mais non liés à la modification ou à un gène connu. On parle de prédisposition familiale. Mais lorsque le cancer est l'expression même d'un gène qui est muté ou qui est activé, et cette expression de gène se traduit par l'apparition d'un cancer à un âge donné, oui, c'est lié à l'hérédité. Il y a une transmission des grands-parents vers les parents, des parents vers les enfants, et on trouve des cas de cancer parmi les grands-parents, des cas de cancer parmi les parents et des cas de cancer parmi les enfants. On parle de cancer héréditaire.
Vous avez parlé de l'âge. À quel âge un cancer peut-il être suspecté d'une origine héréditaire ?
Pour le cancer héréditaire, vous constaterez que la personne qui a une prédisposition héréditaire à développer un cancer fera son cancer avant l'âge moyen prévu pour l'apparition de ce type de cancer. Quand nous prenons par exemple le cancer du sein, on sait qu'il survient en général entre 40 et 50 ans dans le contexte ouest-africain. Mais pour les personnes qui portent une mutation génétique qui les expose au cancer du sein de façon héréditaire, le cancer va survenir avant 30 ans, parfois avant 40 ans, voire plus jeune.
C'est pareil pour le cancer du côlon. Quand vous avez une personne qui a une mutation génétique qui prédispose de façon héréditaire la personne à développer un cancer du côlon, le côlon étant le gros intestin, on se rend compte que la personne fera son cancer beaucoup plus jeune par rapport à l'âge prévu pour développer son cancer. Donc, ce sont des cancers qui surviennent beaucoup plus jeunes par rapport à l'âge prévu pour l'apparition de ces cancers.
Est-ce que le fait d'avoir plusieurs cas de cancer dans une même famille est toujours inquiétant ?
Il faut s'inquiéter. Mais ce qui est important, c'est surtout que ça doit alerter. Parce que l'existence de plusieurs cancers dans une famille n'est pas obligatoirement la traduction d'une transmission héréditaire. Mais ça peut l'être. Mais dans tous les cas, ça veut dire que si vous faites partie de cette famille, vous devrez vous soumettre à une surveillance médicale rigoureuse et de façon constante. Ça vous permettra de ne pas mourir du cancer en question.
Les hommes et les femmes sont-ils exposés de la même manière ?
Ça dépendra parce que les hommes et les femmes développent chacun des cancers héréditaires. Mais il faut savoir qu'il y a des cancers qui sont plus fréquents chez l'homme et des cancers qui sont plus fréquents chez la femme. Quand on prend par exemple le cancer héréditaire du côlon, on va rencontrer ce cancer principalement chez les hommes parce que c'est un cancer qui est plus fréquent dans le sexe masculin. Mais quand on prend les cancers du sein, ce sont des cancers qui peuvent apparaître de façon héréditaire, liés à l'hérédité, mais qui vont apparaître prioritairement au sein du sexe féminin.
Quand recommandez-vous un test génétique ?
Le test génétique va être recommandé d'abord lorsqu'il y a plusieurs cas de cancer dans la famille. Mais de façon spécifique, c'est lorsque l'on a au moins deux cancers dans la même famille, chez deux personnes qui appartiennent à deux générations différentes, et surtout quand ces cancers surviennent beaucoup plus jeunes. Le test génétique peut être également recommandé lorsque vous avez plusieurs personnes, c'est-à-dire plus de trois, qui présentent le même cancer, même si ces personnes n'appartiennent pas à plusieurs générations. Ce test génétique va permettre de rechercher la modification, la mutation du gène qui serait responsable de l'apparition du cancer.
Est-ce que c'est possible de prévenir un cancer héréditaire ?
Il faut savoir que tout ce qui est héréditaire fait partie des facteurs endogènes, c'est-à-dire des facteurs qui sont en nous, qui font partie de nous. Donc la prévention de façon stricte va être difficile. Mais on peut agir pour prévenir un certain nombre de cancers. Par exemple, dans le cas du cancer du sein, on peut faire ce qu'on appelle une ablation du sein de façon prophylactique, de façon préventive.
Ça va réduire de façon drastique le risque pour la personne mutée de développer un cancer du sein. Ce qui est important chez les personnes portant une mutation, une modification qui les expose à développer un cancer, parce que c'est une transmission héréditaire, c'est de se soumettre à une surveillance stricte, une surveillance rigoureuse pour détecter tôt ces cancers et les prendre en charge.
Mais est-ce que ces personnes porteuses de gènes peuvent forcément développer un cancer ?
Il y a des personnes qui vont porter des mutations, mais qui ne feront jamais un cancer. Quand on prend par exemple le cancer du sein, quand vous avez la mutation, le risque pour vous de faire un cancer est de 87%. Mais ce n'est pas 100%. Ça veut dire qu'on peut avoir quand même une mutation sans présenter le cancer en question. Mais lorsque vous avez une mutation, le risque est vraiment grand. Il va falloir prendre des dispositions pour ne pas être surpris par un cancer avancé.
Est-ce que le mode de vie peut influencer la survenue du cancer ?
Absolument. Même quand vous avez des jumeaux parfaits, vous vous rendez compte que l'un des jumeaux peut présenter telle maladie et l'autre ne présente pas la maladie.
Ça dépend de comment ces jumeaux sont exposés à la maladie. Quand vous avez un organisme qui est robuste, un organisme en bonne santé, une immunité qui est efficace, qui est forte, même quand vous êtes prédisposé, le risque pour vous est moindre par rapport à une autre personne qui serait prédisposée sur le plan héréditaire de la même manière, mais qui aurait une immunité qui est faible, qui aurait une alimentation mauvaise ou une hygiène de vie pas trop disciplinée.
Quel message souhaitez-vous adresser à ces personnes-là qui ont des antécédents familiaux de cancer ?
Si vous aviez beaucoup d'antécédents de cancer dans votre famille, ce n'est pas à 100% un cancer héréditaire, mais ça peut l'être. Mais de toute façon, ce qu'il faut faire, c'est de se soumettre à une surveillance rigoureuse ou au besoin, faire un test génétique pour s'assurer si vous portez une quelconque mutation qui vous prédispose à un cancer ou pas. Dans de tels cas, il y a des conduites à tenir pour vous éviter de vous retrouver devant un cancer très avancé qui mettrait en péril votre vie.
Entretien réalisé par Hanifa Koussoubé
Retranscription par Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
À l'université Joseph Ki-Zerbo, de jeunes doctorants explorent des thématiques variées allant de la post-vérité à la nutrition, en passant par la linguistique et la coordination de drones. À travers leurs travaux, ces chercheurs ambitionnent d'apporter des réponses scientifiques à des enjeux majeurs de la société, tout en appelant à un meilleur accès aux données pour renforcer la recherche au Burkina Faso. Nous avons échangé avec certains d'entre eux le 12 mars 2026 en marge de la rentrée académique des doctorants qui se tenait à l'université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.
Lucien Kambou, doctorant en première année en communication
« Je suis du Laboratoire lettres, sciences humaines et communication, précisément dans le Laboratoire médias et communication des organisations nationales. Je travaille sur la post-vérité dans les sciences d'information et son influence sur la formation de l'opinion en Afrique de l'Ouest. L'Oxford Dictionary définit la post-vérité comme les circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'influence sur l'opinion publique que ceux qui font appel à l'émotion et aux croyances personnelles. La post-vérité ou post-factuel fait référence à la manipulation de l'information. Il est vrai que ce n'est pas un phénomène nouveau, mais il se présente aujourd'hui différemment avec l'avènement des réseaux sociaux et de l'IA qui ont favorisé la prolifération de deepfakes (manipulation de photo, son ou vidéo). L'Afrique de l'Ouest aujourd'hui traverse des crises, notamment sécuritaire, politique et économique, et dans de tels contextes, le contrôle de l'information devient un enjeu vital. Nous voulons analyser l'influence de la post-vérité sur les perceptions des citoyens des populations ouest-africaines, sur la formation de l'opinion publique. Pour mener à bien notre recherche, nous avons besoin de certaines informations. Malheureusement, chez nous ici, souvent pour avoir accès aux données, ce n'est pas facile. Souvent quand on a besoin de certaines informations sur le Burkina Faso, c'est dans les revues étrangères qu'on va les avoir. C'est déplorable. Pour que l'Afrique puisse être indépendante, il va falloir qu'on donne les informations à nos propres chercheurs ».
Lucien KambouWend-Data Rachidatou Niampa, doctorante en première année en nutrition
« Mon travail portera sur l'allaitement maternel exclusif à partir des techniques nucléaires. J'ai fait un master en nutrition humaine et techniques nucléaires. Il faut savoir que la technique nucléaire, ce sont des méthodes qu'on utilise au niveau de la nutrition pour mesurer de façon précise ce qu'on recherche. Par exemple, on dit qu'une personne est obèse. Qu'est-ce qui prouve que la personne est obèse ? On va plus loin avec ces techniques pour montrer que ce n'est pas le gras qui est en excès mais c'est plutôt les muscles. Il en est de même pour l'allaitement maternel exclusif. On ne va plus se baser sur les déclarations des mères, on va mesurer pour voir si l'enfant a réellement consommé uniquement que le lait maternel durant ses six premiers mois. Donc, j'aimerais déterminer l'allaitement maternel exclusif à partir des techniques nucléaires. C'est-à-dire l'apport en lait chez les femmes mais aussi la composition corporelle des enfants. Quand on parle de composition corporelle des enfants, on parle tout simplement de masse grasse et de masse maigre. Chez nous, la masse maigre, c'est tout ce qui est os, muscle et autres. Et quand on parle de masse grasse, c'est tout ce qui est gras du corps. Particulièrement l'allaitement maternel exclusif : on a remarqué que lorsque l'on fait les enquêtes, c'est tout le temps des paroles déclaratives, on ne se base pas sur des analyses réelles. Rien ne prouve que ce que la femme a dit est vrai. Notre travail, c'est d'analyser en profondeur à travers les techniques nucléaires. Nous allons donner des doses aux mères. Ce sont des doses non invasives. Elles ne font rien à l'homme. C'est juste de l'eau oxygénée. C'est pour savoir si l'enfant a été exclusivement allaité au sein. Les résultats pourront réorienter les stratégies et les programmes pour un avenir meilleur. Il faut savoir que l'allaitement maternel exclusif est très important dès le bas âge. C'est très important pour les mille premiers jours. C'est très important pour la cognitive de l'enfant, pour lutter contre la malnutrition qui fait des ravages au Burkina ».
Wend-Data Rachidatou NiampaMarie Bazié, doctorante en première année en linguistique
« Je travaille sur la phonologie et la morphologie du Kandèré parlé du Kandarzana. Le Kandèré est une langue minoritaire en danger parlée dans la province du Sanguié, région du Nando, notamment à Kandarzana. Il est considéré comme hybride. Pour certains, ce dialecte est fortement influencé par le lyélé et le mooré. À travers mon travail, j'aimerais faire connaître le peuple Kando et sa culture. Aussi, ma recherche pourra servir pour les travaux d'alphabétisation, les travaux didactiques et la constitution des manuels ».
Marie BaziéDaouda Kaboré, doctorant en première année en mathématiques appliquées
« Mon thème porte sur la coordination robuste des systèmes multi-agents dans des environnements partiellement observables. Nous avons choisi ce thème parce que nous faisons face actuellement à un défi sécuritaire. À la fin de nos travaux, nous allons mettre en place un mécanisme dans la navigation des drones. Nous allons voir comment est-ce qu'on peut coordonner plusieurs drones pour pouvoir mener à bien une mission. Il peut arriver que la météo compromette la mission. Notre objectif, c'est de préparer à l'avance les difficultés météorologiques. Notre souhait est que les structures que nous allons approcher nous permettent d'avoir accès aux données. Quand on crée un modèle mathématique, il faut l'appliquer et pour l'appliquer il faut tester le modèle. Pour pouvoir tester le modèle, il faut des données. Par faute de données, on a souvent des modèles qui ne correspondent pas à la réalité ».
Daouda KaboréRama Diallo
Lefaso.net
Le président du présidium de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) informe que les membres de la commission lune se réuniront le jeudi 19 mars 2026 à partir de 17h. Ce, pour la recherche de la lune marquant la fin du ramadan.
Cette rencontre intervient au 29e jour du Ramadan et vise à scruter l'apparition du croissant lunaire, signe annonciateur de la fête de l'Aïd el-Fitr. Pour garantir une observation fiable et inclusive, un dispositif d'interconnexion sera mis en place entre le centre d'observation de Ouagadougou et les différentes régions du Burkina Faso. Ce système permettra de collecter en temps réel les informations relatives à l'apparition de la lune sur l'ensemble du territoire national.
La FAIB précise que le communiqué officiel annonçant la fin du mois de jeûne sera rendu public dès que la lune sera aperçue. Dans le cas contraire, le mois de Ramadan sera complété à 30 jours, conformément aux prescriptions islamiques, et l'annonce officielle interviendra au plus tard à 22h30.
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Le Procureur général près la Cour d'appel de Ouagadougou, dans un communiqué signé le 16 mars 2026, annonce une série d'opérations ayant permis de démanteler des réseaux impliqués dans l'exportation frauduleuse d'ânes hors du territoire burkinabè. Dans le cadre de cette lutte, les services de sécurité ont procédé à la saisie d'un nombre important d'animaux dans les ressorts des Tribunaux de grande instance de Pô et de Koudougou et procédé à plusieurs interpellations.
A Pô, deux individus ont été arrêtés le 12 mars 2026 dans la zone de Tiébélé alors qu'ils convoyaient un troupeau de 62 ânes. Deux jours plus tard, soit le 14 mars, deux autres personnes ont été interpellées dans des circonstances similaires avec 70 ânes. Selon les premiers éléments de l'enquête, ces animaux étaient en cours de transfert frauduleux hors du territoire national.
Dans la région de Koudougou, les forces de l'ordre ont intercepté, le 12 mars 2026, deux camions transportant environ 200 ânes. Les contrôles effectués ont révélé plusieurs irrégularités, notamment le dépassement du nombre d'animaux autorisé par véhicule, l'absence d'autorisation d'exportation, de certificat sanitaire ainsi que de laisser-passer zoo-sanitaire.
Le Procureur général a rappelé que l'exportation des ânes est formellement interdite au Burkina Faso, conformément au décret du 7 septembre 2016 réglementant l'abattage et l'exportation de certaines espèces animales. Cette interdiction a d'ailleurs été récemment réitérée par le ministre en charge des Ressources animales dans un communiqué en date du 9 mars 2026.
Il a également souligné que toute violation de ces dispositions expose les contrevenants à des poursuites pénales, en plus de la saisie des animaux et de la confiscation des moyens ayant servi à commettre l'infraction.
Les enquêtes se poursuivent afin d'identifier l'ensemble des personnes impliquées dans ces activités illégales et de situer les responsabilités.
Le Procureur général salue la vigilance et la collaboration des forces de défense et de sécurité, des volontaires pour la défense de la patrie ainsi que des services techniques, dont l'action a permis ces résultats. Il a par ailleurs invité les populations, en particulier les éleveurs, commerçants et transporteurs, à respecter strictement la réglementation en vigueur. Un appel a enfin été lancé à tous les citoyens à dénoncer tout acte suspect auprès des services compétents.
Lefaso.net
Comment les lieux de sociabilité ouest-africains redessinent le paysage publicitaire
47 minutes. C'est le temps moyen qu'un consommateur passe assis dans un maquis de Ouagadougou. Pendant ce même laps de temps, un automobiliste croise un panneau publicitaire en 3 secondes. Un post sur les réseaux sociaux retient l'attention pendant 1,7 seconde. Dans les lieux de loisirs du Burkina Faso, l'attention n'est pas arrachée elle est offerte, naturellement, par des consommateurs détendus, attentifs et socialement engagés.
Ce chiffre pose une question que peu d'annonceurs se sont posés jusqu'ici : et si les maquis, bars et restaurants de nos villes étaient devenus, sans que personne ne le formalise, les espaces médiatiques les plus puissants d'Afrique de l'Ouest ?
Au Burkina Faso, la sociabilité ne se passe pas en ligne
Dans un pays où le taux de pénétration d'Internet reste inférieur à 30 %, les rencontres physiques dominent encore largement les modes de consommation médiatique. Les maquis de Ouagadougou ne sont pas de simples débits de boisson. Ce sont des lieux où se forment les opinions, où circulent les recommandations de marques, où se prennent les décisions d'achat, souvent en groupe, souvent immédiatement.
Lors d'un match de football, un écran de télévision dans un maquis bondé capte simultanément l'attention de 30 à 80 personnes pendant plus d'une heure. Aucun autre média au Burkina Faso ni la télévision à domicile, ni la radio, ni l'affichage urbain ne produit ce niveau de concentration collective dans un contexte aussi favorable à la mémorisation.
Un phénomène continental, pas une exception locale
Ce qui se passe dans les maquis de Ouagadougou se produit aussi dans les bars d'Abidjan, les restaurants de Lagos, les terrasses de Dakar. Partout en Afrique de l'Ouest, les lieux de sociabilité jouent un rôle central dans la vie économique et culturelle. C'est là que les marques sont discutées, recommandées ou rejetées.
Le Digital Out Of Home (DOOH) est un marché qui pèse plus de 20 milliards d'euros en 2025 à l'échelle mondiale. Mais le modèle dominant, écrans dans les gares, centres commerciaux et transports publics, a été conçu pour les infrastructures urbaines européennes et américaines. Dans les villes africaines, la vie ne se déroule pas de la même façon. Le DOOH doit donc trouver ses propres espaces d'audience. Et ces espaces existent déjà : ce sont les maquis.
Ce que cela change pour les marques présentes au Burkina Faso
Pour un directeur marketing qui alloue son budget entre la TV, la radio et l'affichage extérieur, il manque un canal dans l'équation : celui où le consommateur est réellement présent, réceptif et en situation de décision. Les lieux de loisirs représentent ce moment précis.
Trois caractéristiques rendent ces espaces uniques pour la communication de marque. D'abord, l'audience est captive : les consommateurs ne zappent pas, ne scrollent pas, ils regardent. Ensuite, le contexte est positif : un message vu dans un moment de détente bénéficie d'un taux de mémorisation supérieur à celui d'un message intrusif. Enfin, l'interaction sociale amplifie le message : quand un groupe discute d'une publicité vue ensemble, la marque entre dans la conversation.
Des entreprises au Burkina Faso commencent à structurer cette opportunité. Des réseaux d'écrans numériques sont déployés dans des dizaines d'établissements partenaires à Ouagadougou, équipés de systèmes de mesure d'audience capables de quantifier précisément la fréquentation, les heures de pointe et l'exposition réelle aux messages. Le concept a déjà un nom : le Médias des Moments, un établissement de loisir transformé en espace médiatique mesurable.
Une nouvelle catégorie média est en train de naître
La question n'est plus de savoir si les lieux de sociabilité africains ont une valeur médiatique, ils l'ont toujours eue. La question est de savoir quelles marques seront les premières à en tirer parti de manière structurée et mesurée.
À Ouagadougou, le modèle existe déjà avec plus de 215 écrans dans 50 établissements. Il pourrait demain s'étendre à Bobo-Dioulasso, Abidjan, Bamako, Niamey. À chaque fois que le modèle DOOH a été adapté aux réalités locales d'un marché, il a créé de la valeur pour les annonceurs et pour l'écosystème.
Les marques qui gagnent demain sont celles qui sont présentes dans les moments qui comptent aujourd'hui.
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Suivez GENYXPUB pour les prochaines analyses sur le média indoor en Afrique de l'Ouest.
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Inoussa Dianda a soutenu publiquement ce mardi 17 mars 2026 à l'université Joseph Ki-Zerbo, sa thèse unique de doctorat en histoire, spécialité histoire économique et relations internationales. Son travail de recherche mené sous la houlette de Pr Yacouba Zerbo, a porté sur le thème « La coopération Union européenne-Burkina Faso dans le cadre des projets et programmes de 2000 à 2020 ». Ce travail dont la qualité a été reconnue par l'ensemble du jury, a été sanctionné par la mention très honorable.
Inoussa Dianda a fait le choix du présent thème de recherche pour diverses raisons. D'abord, parce que la coopération au développement est un thème à la fois historique et d'actualité et ensuite parce qu'il existe très peu d'écrits sur les projets et programmes de développement de l'UE au Burkina Faso dans le département d'histoire de l'université Joseph Ki-Zerbo. Le candidat a donc approfondi son étude, débutée antérieurement à l'occasion de son mémoire de master.
L'objectif de cette thèse de doctorat, qui a couvert la période de 2000 à 2020, était d'analyser les impacts des projets et programmes de l'UE sur le développement socioéconomique du Burkina au cours de la période indiquée. De façon spécifique, il s'agissait d'examiner les fondements et le cadre institutionnel de la coopération entre l'UE et le Burkina Faso, d'analyser les domaines d'intervention des programmes et projets de l'UE au Burkina Faso et de décrypter les forces et faiblesses de ces interventions.
Le candidat a relevé que sur la période 2000-2020, la coopération entre l'UE et le Burkina Faso a été régi par l'Accord de Cotonou, qui avait pour objectif principal de lutter contre la pauvreté au Burkina Faso, à travers plusieurs programmes. Son étude a permis de recenser 133 projets et programmes mis en œuvre par l'UE sur la période concernée. Mais faute de données, il n'a pu analyser que 104 projets et programmes. Ces 104 projets ont été financés à hauteur de 1 200 milliards de francs CFA.
Inoussa Dianda a recensé au total 133 projets et programmes mis en œuvre par l'UE entre 2000 et 2020Les secteurs ayant bénéficié de ces programmes sont le secteur du développement rural (301 milliards de FCFA pour 34 projets) composé de l'agriculture, de l'élevage, de la sécurité alimentaire et de l'environnement ; les secteurs structurants tels que les transports (534 milliards pour 32 projets), les infrastructures, l'énergie, la santé et l'éducation ainsi que les secteurs transversaux (158 milliards pour 38 projets) comme la culture, la justice, l'État de droit, la bonne gouvernance et le secteur privé.
À l'analyse, le candidat note que l'ensemble des projets exécutés ont eu des effets positifs sur le développement socio-économique du Burkina. Il cite en exemple le projet PADEG qui dans le domaine de la justice a permis de construire 11 tribunaux de grandes instances et 10 maisons d'arrêt et de correction. Aussi, sur la période 2002 à 2008, le PADEG a financé la formation d'une centaine d'élèves à l'École nationale de magistrature.
Si les effets des programmes et projets sur le développement socioéconomique du Burkina sont indéniables, Inoussa Dianda relève cependant, un paradoxe. Dans les régions où l'on a enregistré une concentration des interventions de l'UE, il y a une situation de pauvreté visible, avec plus de 50% des populations en 2021 qui vivaient toujours sous le seuil de pauvreté. Par contre, les régions les moins bénéficiaires des interventions européennes sont les régions les moins pauvres du Burkina. Ce qui fait dire au candidat que la concentration des projets et programmes de l'UE dans une zone ne garantit pas systématiquement l'amélioration des conditions de vie. Il indique que l'impact des projets et programmes dépend du contexte spécifique, mais aussi des réalités locales. L'exemple du Burkina invite donc à une approche flexible, territorialisée, régionalisée, pour prendre en compte les spécificités de chaque région, afin de transformer la présence des projets et programmes en des résultats concrets et durables au profit des populations locales, a-t-il soutenu.
Le directeur de thèse, Pr Yacouba Zerbo a félicité le candidat pour la qualité du travail présentéLe jury présidé par Pr Claude-Etienne Sissao, a jugé la thématique abordée par le candidat intéressante. Le travail présenté a aussi été apprécié pour sa qualité scientifique, la richesse de la documentation fournie ainsi que sa contribution à l'histoire de la coopération internationale. Pr Yacouba Zerbo, directeur de thèse, a salué le sérieux de l'impétrant ainsi que son abnégation qui lui ont permis de mener à bout ce travail scientifique. Tout en le félicitant pour l'effort de recherche documentaire, il a indiqué que ce travail de recherche permet au candidat de mieux connaître les différents volets de coopération qui animent les relations entre l'UE et le Burkina Faso et de comprendre l'éventail des domaines de coopération et leur spécificité afin de voir ceux qui sont importants et ceux qui le sont moins. Autre apport de cette thèse, l'analyse des résultats engrangés par les différentes parties dans le cadre de la coopération.
Le jury a jugé Inoussa Dianda digne du grade de Docteur en histoire avec la mention très honorableInoussa Dianda a été élevé au grade de Docteur en histoire, avec la mention très honorable. Il a en perspective la poursuite de la recherche avec la rédaction d'un article scientifique sur les acteurs clés de la coopération entre l'UE et le Burkina.
Armelle Ouédraogo
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Une mission conjointe composée de l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du ministère en charge de l'agriculture et de l'eau, ainsi que de l'Ambassade de Belgique, a effectué une visite de terrain dans la région de Yaadga. Cette sortie du lundi 16 mars 2026, s'inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre du projet “GCP/BKF/068/BEL'', dédié au renforcement de la sécurité alimentaire et de la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
Après une première étape dans la région des Koulsé, la délégation s'est rendue dans le village de SongNaaba, dans la commune de Yako, province du Passoré, où elle a visité une ferme agroécologique d'une superficie d'un hectare. Aménagée en 2025 grâce à l'appui financier de la coopération belge, cette exploitation agricole bénéficie à environ soixante femmes, dont une trentaine de jeunes. Sur ce site, les productrices cultivent plusieurs spéculations maraîchères, notamment l'oignon, l'oseille, la tomate et le gombo.
« Grâce à l'appui de la FAO et de ses partenaires, nous parvenons aujourd'hui à subvenir à nos besoins ainsi qu'à ceux de nos familles », Philomaine Sawadogo, exploitante de la ferme agroécologique de SongNaabaSelon les responsables du projet, une production d'environ 35 tonnes d'oignons est attendue dans les prochaines semaines, une performance qui devrait contribuer à renforcer les revenus des bénéficiaires et à améliorer l'approvisionnement des marchés locaux.
Présent lors de la visite, le ministre délégué chargé des ressources animales, Amadou Dicko, a salué les résultats enregistrés depuis le lancement de ce projet mis en œuvre par la FAO depuis 2023.
Le ministre délégué chargé des ressources animales, Amadou Dicko, lors de sa visite de la ferme agroécologique de SongNaaba et une exposition des échantillons des spéculationsUn bouli multiusage pour sécuriser les ressources en eau
La mission s'est également rendue dans la commune rurale de Bassi, dans la province du Zondoma, où un bouli multiusage d'une capacité de 30 000 m³ est en phase de finalisation. Destiné à améliorer la disponibilité de l'eau pour les activités agropastorales, l'ouvrage est accompagné de plusieurs infrastructures connexes, notamment un forage, un château d'eau, un bassin partiteur, un bassin piscicole et une borne fontaine.
Pour le représentant de la FAO au Burkina Faso, Ernest-Moïse Mushekuru, ce type d'infrastructure constitue une réponse concrète aux défis climatiques auxquels font face les communautés rurales.
« Le bouli est un système qui permet de collecter les eaux qui vont bénéficier à la fois aux communautés d'agriculteurs et d'éleveurs pour leurs productions. Comme vous le savez, nous sommes dans un contexte où il y a la rareté des pluies en raison des changements climatiques. C'est pourquoi mobiliser aussi bien les eaux de surface que les eaux souterraines reste une grande priorité », a-t-il indiqué.
Selon le représentant de la FAO au Burkina Faso, la ferme communautaire en cours d'aménagement constitue un espace intégré de production au bénéfice des populations locales. Hommes et femmes y mèneront des activités de production maraîchère et vivrière, auxquelles s'ajouteront d'autres initiatives génératrices de revenus, notamment la pisciculture. Dans cette zone caractérisée par une forte présence de bétail, le bouli en cours de réalisation jouera également un rôle essentiel en permettant à des centaines de têtes de bétail de s'abreuver, contribuant ainsi à préserver la santé animale. Les acteurs s'attèlent actuellement à finaliser les dernières infrastructures prévues afin d'assurer une exploitation optimale des aménagements réalisés.
« Financée par le gouvernement belge, cette initiative s'inscrit dans la phase finale du projet, dont l'achèvement est prévu pour juin 2027 », Ernest-Moïse Mushekuru, représentant de la FAO au Burkina Faso (à droite)Améliorer la sécurité alimentaire et préserver les écosystèmes
Le conseiller technique du ministre délégué chargé des ressources animales, Jean-Marie Batiébo, a affirmé que les aménagements observés s'inscrivent pleinement dans la vision du gouvernement visant à intensifier les productions agricoles et pastorales afin d'atteindre la souveraineté alimentaire. Il a rappelé que plusieurs plaines ont déjà été aménagées pour garantir une meilleure maîtrise de l'eau, citant notamment l'exemple de Dourou, dans la province du Passoré, où l'expérience permet désormais de produire au-delà de la seule saison des pluies.
Pour lui, le modèle de la FAO en cours de développement dans la zone constitue une innovation majeure. Malgré l'absence de barrage à proximité, toutes les stratégies sont mobilisées pour capter et valoriser les eaux de surface et les eaux souterraines. Cette approche permet non seulement d'assurer l'abreuvement du bétail dans une zone où l'eau se fait rare à certaines périodes, mais aussi de soutenir des activités de production maraîchère tout au long de l'année.
Le conseiller technique du ministre délégué chargé des ressources animales, Jean-Marie Batiébo a salué un dispositif qui ouvre de nouvelles perspectives économiques pour les communautés localesCe qui leur permettra d'effectuer deux à trois cycles de récolte par an grâce à la disponibilité de l'eau. Selon lui, cette dynamique correspond parfaitement à la politique gouvernementale en matière de développement rural et de résilience des populations. Il a par ailleurs exprimé la reconnaissance du gouvernement envers la FAO, partenaire de longue date, ainsi qu'à la Coopération belge qui finance ce projet innovant dans des zones dépourvues de grandes retenues d'eau. Souhaitant voir ce modèle reproduit dans d'autres localités du pays, il s'est dit confiant quant à la capacité des bénéficiaires à assurer la pérennité des infrastructures, saluant leur organisation communautaire et leur engagement déjà perceptible dans la recherche de solutions aux défis de leur village.
Pour sa part, l'attaché de coopération à l'Ambassade de Belgique, Olivier Savadogo, a exprimé sa satisfaction quant aux résultats enregistrés. Mandaté par l'ambassadeur de Belgique, il a indiqué que cette mission de suivi a débuté depuis vendredi dernier dans la commune de Korsimoro relevant de la région des Koulsé. La délégation a pu constater dans cette localité, précise-t-il, plusieurs réalisations similaires à celles observées dans la région de Yaadga, notamment des infrastructures hydrauliques destinées à soutenir les activités agricoles et pastorales.
Selon l'attaché de coopération à l'Ambassade de Belgique, Olivier Savadogo, après trois années de mise en œuvre, les résultats du projet sont concrets et encourageantsLes boulis multiusages visités jouent un rôle essentiel dans la gestion des ressources en eau, tout en contribuant au renforcement de la cohésion sociale au sein des communautés bénéficiaires. Financée à environ 5,1 millions d'euros, soit près de 3,345 milliards de francs CFA, l'initiative illustre l'engagement de la Coopération belge aux côtés des autorités burkinabè et de leurs partenaires pour soutenir la résilience des populations rurales et améliorer durablement leurs moyens de subsistance.
Un bilan marqué par des réalisations significatives
Après trois années de mise en œuvre (2023-2025), le projet porté par la FAO avec l'appui de la Coopération belge affiche des résultats significatifs en matière de cohésion sociale et de mobilisation communautaire. Au total, 60 clubs dénommés “Dimitra'' ont été mis en place et accompagnés dans 20 villages, regroupant 1 800 membres dont 1 080 femmes. Ces espaces d'échanges ont favorisé le dialogue communautaire, la solidarité et le vivre-ensemble.
Dans cette dynamique, 96 leaders de clubs dont 70 hommes et 26 femmes ont été formés sur la prévention et la gestion des conflits afin de renforcer les mécanismes locaux de médiation. Les clubs ont également été dotés de 30 smartphones, facilitant les échanges interclubs et le partage d'expériences. Grâce à cette organisation, plusieurs initiatives endogènes ont vu le jour, notamment la construction de logements pour les écoles et centres de santé, la plantation d'arbres, la réalisation d'ouvrages de franchissement, le curage de boulis ou encore des campagnes de sensibilisation contre les grossesses précoces en milieu scolaire. Les membres des clubs Dimitra ont même contribué à la réhabilitation d'un bouli, illustrant leur engagement dans le développement local.
« L'initiative de la FAO en notre faveur est salutaire et nous allons nous organiser pour assurer un bon usage des ouvrages mis à notre disposition », Oumar Zallé, habitant du village de Saye dans la commune de BassiLe projet a également permis de renforcer les capacités économiques et organisationnelles des producteurs. Une étude diagnostique des bas-fonds et des ouvrages de mobilisation des ressources en eau a été réalisée afin d'orienter les investissements. Parallèlement, 20 CEAP/AVEC (groupements d'épargne et de crédit communautaires) ont été mis en place. Ces structures ont réussi à auto-mobiliser près de 16,7 millions de francs CFA, destinés à financer des activités génératrices de revenus au profit de leurs membres.
Dans le même temps, 600 agropasteurs membres des CEAP ont bénéficié de formations sur des pratiques agrosylvopastorales résilientes face au changement climatique. Le projet a en outre soutenu la dynamisation de trois fermes agroécologiques, grâce à des appuis en intrants, en formations et en suivi technique, tout en accompagnant la création de deux nouvelles fermes agroécologiques.
« Le château d'eau présenté à la mission de suivi du projet “GCP/BKF/068/BEL'' mesure 10 mètres de hauteur », Issa Kindo, expert génie rural à FAO BurkinaSur le plan productif, les résultats enregistrés témoignent d'un impact tangible sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des ménages. Les producteurs bénéficiaires ont enregistré une production de 2 350 tonnes de riz paddy au profit de 1 350 ménages, tandis que 1 321 tonnes de niébé ont été produites par 2 010 ménages. À cela s'ajoutent 652 tonnes de niébé fourrager pour 1 075 ménages et 920 tonnes de maralfalfa destinées à l'alimentation animale pour 660 ménages. Par ailleurs, 112 hectares de cultures maraîchères ont été aménagés et exploités par les communautés, contribuant à diversifier les sources de revenus et à améliorer la nutrition des populations rurales.
Enfin, des avancées notables ont été réalisées dans la gestion durable de l'eau et la protection de l'environnement. Une étude a été conduite pour la réalisation de neuf boulis et la réhabilitation d'un autre, tandis que six boulis et leurs ouvrages connexes sont actuellement en cours de réalisation. Le projet a également permis la réalisation de cinq nouveaux forages et la réhabilitation de cinq anciens forages, améliorant l'accès à l'eau pour les activités agricoles et pastorales. Dans le domaine environnemental, les agents communaux de l'environnement ont été formés à la protection de la biodiversité, tandis que les communautés ont été sensibilisées à la préservation des écosystèmes autour des sites des boulis.
« Le périmètre irrigué est alimenté par le bouli grâce à des motos pompes. L'eau du bouli devrait être disponible même pendant la période sèche », Daouda Adamou, chargé du contrôle des travauxUn bosquet de deux hectares a par ailleurs été mis en place au profit de 120 membres. Pour les années à venir, plusieurs perspectives sont envisagées, notamment la réhabilitation de quatre boulis supplémentaires en 2026, la création du bosquet de Soundogo, la fourniture d'intrants de production agricole, halieutique et sylvicole, la mise en valeur des six complexes de boulis et le renforcement continu des capacités des acteurs locaux.
Mis en œuvre dans les régions de Yaadga, des Koulsé et du Liptako, le projet « GCP/BKF/068/BEL » d'une durée de 60 mois pour une cible de 16 350 ménages, vise à améliorer la sécurité alimentaire des populations tout en renforçant leur capacité d'adaptation aux effets du changement climatique. À travers la promotion de pratiques agroécologiques et la réalisation d'infrastructures de mobilisation de l'eau, l'initiative entend également contribuer à la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, tout en soutenant les moyens de subsistance des communautés rurales.
Hamed Nanéma
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Joseph Kent, directeur du centre national de lutte contre le terrorisme aux Etats-Unis, a annoncé ce mardi 17 mars 2026, sa démission en raison de la guerre contre l'Iran. Selon plusieurs médias, il affirme dans une lettre à Donald Trump diffusée sur X que « l'Iran ne représentait aucune menace imminente » pour les Etats-Unis.
Il est le premier responsable de haut rang au sein de l'administration Trump à démissionner en raison de ce conflit déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran.
« Je ne peux en toute conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L'Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre pays et il est évident que nous avons commencé cette guerre en raison de la pression exercée par Israël et son puissant lobby », écrit Joseph Kent dans sa lettre au président américain, selon plusieurs médias.
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Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale, la Société internationale de transport africain par rail (SITARAIL) a organisé, ce mardi 17 mars 2026, un voyage éducatif au profit de plus de 300 élèves du primaire. Entre excitation, découverte et apprentissage, cette initiative a permis aux enfants de vivre une première expérience ferroviaire, tout en s'imprégnant de l'histoire et du fonctionnement du chemin de fer au Burkina Faso.
Ce mardi matin, le hall d'attente de la gare de train de Ouagadougou offrait un spectacle peu ordinaire. Plus de 300 élèves du primaire, débordants d'enthousiasme, s'apprêtaient à embarquer pour un voyage à destination de Koudougou. Pour la majorité d'entre eux, il s'agissait d'une première expérience à bord d'un train. Encadrés par leurs enseignants et des responsables, les enfants manifestaient une joie palpable, mêlée d'impatience et de curiosité.
Cette initiative est portée par SITARAIL dans le cadre de sa Responsabilité sociétale d'entreprise (RSE). Elle vise à offrir aux élèves une expérience éducative concrète, au-delà des salles de classe. Avant le départ prévu pour 9h00, les consignes de sécurité ont été minutieusement données. Les encadreurs veillaient à l'organisation et à la discipline, garantissant ainsi un déroulement serein de l'activité du jour.
Les élèves à la gare de train à SITARAIL, écoutant religieusement les consignesSelon Elie Sama, chef de la circonscription d'exploitation de Ouagadougou, cette activité s'inscrit pleinement dans une vision éducative et citoyenne. « L'activité de ce matin s'inscrit dans la politique RSE de SITARAIL et du groupe AGL. Il s'agit d'accompagner les élèves afin qu'ils découvrent nos entreprises, mais aussi notre manière de travailler. Nous voulons leur offrir un beau voyage de Ouagadougou à Koudougou, tout en leur permettant d'apprendre », a-t-il justifié.
Les jeunes enthousiasmés à l'idée d'emprunter le train pour la première foisToujours selon ses dires, ce déplacement relève d'une importance pédagogique qu'il ne faut sous-estimer : « L'objectif est de montrer le paysage de la section Ouagadougou aux enfants, mais aussi de leur parler du chemin de fer. Nous leur avons expliqué son histoire, de 1904 à nos jours, sa construction et sa mise en exploitation. C'est aussi une manière de susciter leur intérêt pour les métiers du rail, qui restent encore peu connus », a-t-il confié.
« Ce voyage peut susciter des vocations pour les métiers du rail », Elie SamaDu côté des élèves, l'expérience a été vivement appréciée. Sharone Bama, élève en classe de CM2 à Nouvelle Vision scolaire, témoigne avec émotion : « C'est ma première fois d'emprunter le train. J'avoue que c'était vraiment chouette ! Nous étions très à l'aise et on s'est bien occupé de nous durant le trajet. Je remercie beaucoup les organisateurs, car c'est grâce à eux que j'ai découvert le train et compris comment il fonctionne. »
Les élèves à l'intérieur du train, avant qu'il ne démarrePour une première expérience, le stress pouvait être au rendez-vous, mais demoiselle Bama avoue avoir positivé avant cette activité. « Je n'avais pas peur du tout. Au contraire, j'ai beaucoup aimé le trajet et tout ce qu'on nous a expliqué », a-t-elle lâché à ce propos. « Si l'occasion se présente encore, je prendrai volontiers le train. C'est une très belle expérience que je n'oublierai pas », a-t-elle ajouté. Des propos qui traduisent l'impact positif de cette immersion sur les jeunes participants.
Les élèves descendant du train après 1h47 minutes de routeLes encadreurs eux aussi n'ont pas manqué de saluer cette initiative. « Nous concevons l'éducation comme un tout. Chaque année, nous organisons des sorties pédagogiques pour permettre aux enfants de découvrir le monde autrement. Cette année, nous avons choisi le train pour leur faire comprendre qu'il s'agit d'un moyen de transport important », a indiqué Joël Zoma, fondateur de l'établissement Nouvelle vision scolaire.
« Je remercie SITARAIL et AGL pour cette initiative », Sharone BamaIl poursuit en insistant sur la portée éducative de l'activité : « Beaucoup d'enfants, et même certains parents, n'ont jamais pris le train. Il était donc essentiel de leur offrir cette opportunité. Cela leur permet d'élargir leurs horizons et de mieux appréhender la réalité. Nous remercions également le groupe AGL pour son accompagnement, qui a été une agréable surprise. »
« On était contents de savoir que les membres de SITARAIL et AGL nous accompagnaient pour ce voyage », Joël ZomaLe voyage s'est déroulé dans de bonnes conditions, avec une arrivée du train à Koudougou à 10h47. Au-delà de l'aspect ludique, cette initiative aura permis de transmettre des connaissances précieuses aux élèves, tout en éveillant leur curiosité. Une expérience enrichissante qui illustre parfaitement le rôle que peuvent jouer les entreprises dans l'éducation et l'ouverture des jeunes générations.
Erwan Compaoré
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Reçu en audience par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, le Réseau des secrétaires et assistants des chefs de missions diplomatiques (RSACMD) est venu se présenter et plaider pour un renforcement de la collaboration avec le département. Une démarche visant à mieux valoriser leur rôle dans la coopération internationale et à contribuer davantage au rayonnement de la diplomatie burkinabè.
Conduite par la présidente, Madame Reine Nadège Yaunsunnu/Sombré, la délégation est venue présenter le réseau au chef de la diplomatie burkinabè et solliciter son accompagnement ainsi qu'une collaboration avec le ministère des Affaires étrangères en vue de mener à bien ses missions.
Selon la présidente du réseau, cette démarche vise à mieux faire connaître le RSACMD et à valoriser les actions menées par ses membres en faveur du renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale.
La délégation a aussi formulé des doléances, en lien avec la reconnaissance de leur rôle, le renforcement de la collaboration avec les services du protocole et la participation aux grands événements qui mobilisent les partenaires bilatéraux et multilatéraux au Burkina Faso.
Pour les membres du réseau, c'est ainsi qu'ils pourront, en tant que collaborateurs directs des diplomates accrédités au Burkina Faso, contribuer au rayonnement de la diplomatie burkinabè.
Le ministre des Affaires étrangères a félicité les membres du réseau pour l'initiative et salué leur démarche visant une meilleure collaboration avec son département.
Karamoko Jean Marie Traoré dit mesurer l'importance du travail fait par cette catégorie de personnel des Représentations diplomatiques, en ce sens que ce personnel facilite le contact entre les représentations diplomatiques et le ministère des Affaires étrangères.
Par conséquent, il a marqué la disponibilité du département des Affaires étrangères à renforcer la collaboration avec le réseau et à appuyer ses actions.
Créé en 2008, le RSACMD compte une trentaine de membres. Il mène des activités de formation, de partage d'expériences et de réseautage visant à renforcer les compétences professionnelles de ses membres.
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DCRP/MAE
En audience à Rome le 13 mars 2026, l'Ambassadrice du Burkina Faso auprès des agences onusiennes, Cyrille Ganou Badolo, a échangé avec le Directeur général de la FAO, Dr Qu Dongyu, sur plusieurs programmes clés liés à la sécurité alimentaire, à la santé animale et à la transformation du secteur agropastoral, tout en lui transmettant une invitation officielle à visiter le Burkina Faso.
Elle était pour l'occasion, accompagnée de Ousmane Kabré, ministre conseiller à l'ambassade, de Bekouanan Nabié, directeur de la protection des végétaux et du conditionnement (DPVC), ainsi que de Dominique Ouédraogo, chef du service du contrôle phytosanitaire et de la qualité à la DPVC. Les deux derniers séjournaient à Rome dans le cadre de la participation du Burkina Faso à la 20ᵉ session du Comité des mesures phytosanitaires.
Compte tenu de la sensibilité de certains sujets à aborder, l'audience s'est déroulée en deux phases, conformément à la demande de Son Excellence madame l'ambassadeur. La première phase, tenue en format élargi en présence des équipes des deux délégations, a permis de passer en revue plusieurs projets et programmes auxquels le Burkina Faso accorde une importance stratégique. Il s'agit notamment : du Programme de partenariat mondial de la FAO pour les maladies animales transfrontalières (PPM MATs), dont le lancement est prévu prochainement et pour lequel le Burkina Faso a exprimé un vif intérêt à adhérer, du Projet de développement des filières halieutiques (ProFIH), qui avait déjà fait l'objet de discussions avec le directeur général courant 2025, à l'occasion de la deuxième rencontre officielle entre les deux personnalités, du Programme d'élimination des pesticides, dont la première phase s'est récemment achevée avec succès.
La délégation burkinabè a également présenté la vision stratégique des plus hautes autorités du pays des Hommes intègres, en mettant en lumière le programme de développement Intégré des productions agropastorales et halieutiques, baptisé Initiative Lijeeguoli. Ce programme ambitieux vise une transformation structurelle du secteur agro-pastoral et halieutique, dans la perspective de l'atteinte de la souveraineté alimentaire.
L'audience a également servi de cadre à Son Excellence Madame l'Ambassadeur pour transmettre officiellement au Directeur général l'invitation des autorités burkinabè à effectuer une visite officielle au Burkina Faso. C'est avec un vif intérêt que le Dr Qu Dongyu a accueilli cette invitation et a exprimé sa volonté d'y répondre favorablement. Il a indiqué que cette visite, qui pourrait se tenir très prochainement en marge de la conférence régionale de la FAO prévue courant avril 2026 en Mauritanie, constituerait une occasion pour lui d'apprécier les efforts du gouvernement et de redécouvrir le Burkina Faso, un pays qu'il avait déjà visité par le passé lorsqu'il occupait les fonctions de ministre de l'Agriculture de la république populaire de Chine.
La seconde phase de l'audience, tenue à huis clos entre son excellence madame l'ambassadeur et le directeur général, a abordé plusieurs points d'ordre confidentiel et stratégique. Au terme de cet entretien, dont les objectifs ont été largement atteints pour la délégation burkinabè, il convient de souligner qu'il a notamment permis de faire le plaidoyer sur plusieurs dossiers prioritaires et de recueillir les avis et orientations du directeur général.
L'audience s'est achevée sur une note de satisfaction générale, après une séance photos.
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La famille PALEY PARENKO à LOU, Bobo Dioulasso, Banfora,Ouagadougou, en France et en Turquie, la famille DAMA à Dédougou et Bobo-Dioulasso la famille KIEMDE Mamadou à Bobo-Dioulasso, Ouagadougou.
Les enfants : Lucie, David, Emmanuella, Démétrius, Esther, Grace et Félicité
Les familles alliées : Koné, Barro, Guiré, Traoré, Ouédraogo. Ira, Bazoum, Boly, Somé, Mandé, Kamal, Ouattara, Callac, Dakouré,
La famille Diarra Moussa à Ouagadougou
La famille Coulibaly Valy à Bobo-Dioulasso
Ont la profonde douleur de vous annoncer le décès de leur fille,belle-fille, sœur, épouse, mère, grand-mère, belle-sœur et amie,
Madame PALEY née KIEMDE Awa Syntiche, épouse de feu PALEY Roger
Décès survenu le Vendredi 13 Mars à Bobo-Dioulasso des suites d'une courte maladie.
L'inhumation a eu lieu le mardi 17 mars 2026 à Bobo-Dioulasso au cimetière Route de Banankélédaga.
UNION DE PRIERES
Note: ">Lien du recrutement : https://recrutement.vimso.bf/
Quand Vanessa Naré prend place dans sa classe de CM2 à l'école de Koumdayonré de l'arrondissement 8 de Ouagadougou, son sourire ne trahit pas son vécu. Originaire de Titao, elle a dû pourtant quitter sa terre natale avec sa famille pour rejoindre Ouagadougou, comme tant d'autres enfants déplacés par l'insécurité. À Yagm Koudogo B, à Marcoussis A, comme à Koumdayonré, des centaines d'élèves vivent aujourd'hui le même apprentissage. Celui de reprendre le chemin de l'école après une rupture, de retrouver des repères et d'apprendre à vivre avec d'autres.
Vanessa Naré, une douzaine d'années, a du mal à fixer les gens. La jeune élève, malgré le sourire timide qu'elle affiche, a vécu des moments peu reluisants. Originaire de la zone de Titao, dans le nord, la Vanessa aujourd'hui en classe de CM2 garde encore en mémoire le bouleversement brutal qui a conduit sa famille à quitter son village. Comme beaucoup d'enfants déplacés internes, elle a vu son univers se refermer en quelques jours. Quitter son école de force, abandonner les repères et suivre ses parents dans un déplacement imposé vers Ouagadougou, sans savoir si le retour serait possible. À son arrivée dans la capitale, elle a découvert un autre paysage avec des visages inconnus et surtout l'incertitude sur la suite de sa scolarité.
À l'école primaire publique de Koumdayonré, où elle est aujourd'hui inscrite, Vanessa reconnaît que les premiers jours ont été difficiles. La peur du monde, la crainte de ne pas trouver sa place parmi les autres élèves autochtones, le poids de ce qu'elle avait laissé derrière elle rendaient chaque matin lourd à porter. Puis l'accueil a changé le cours des choses pour elle. Peu à peu, les enseignants l'ont mise en confiance. Les autres élèves l'ont intégrée à leurs groupes de travail, puis à leurs jeux. Aujourd'hui, Vanessa dit se sentir à l'aise dans son établissement. Son intégration dépasse même le cadre scolaire. Elle fait partie de la troupe théâtrale de l'école, mobilisée pour sensibiliser les élèves à la cohésion sociale et au vivre-ensemble. Sur scène, elle joue parfois des scènes inspirées de situations réelles : le rejet, la peur, l'accueil, la solidarité. Son parcours illustre une réalité plus large : derrière chaque élève déplacé intégré, il y a un patient travail collectif.
L'école primaire publique de Yagm Koudogo B enregistre pour cette année scolaire 2025-2026 136 élèves déplacés internes selon sa directriceDes écoles sous pression mais solidaires
Les chiffres des élèves déplacés internes traduisent une pression considérable sur les zones d'accueil. La province du Kadiogo n'est pas en reste avec plusieurs écoles de périphérie qui absorbent des EDI. À l'école primaire publique de Yagm Koudogo B, la directrice Aguératatou Ouédraogo Saba parle d'un défi quotidien. Pour cette année scolaire 2025-2026, son établissement accueille 136 élèves déplacés internes. Dans des salles déjà pleines, chaque nouvel élève impose une redistribution des places, une adaptation des groupes pédagogiques, et une gestion différente des rythmes d'apprentissage. Mais pour elle, le défi principal n'est pas seulement logistique.
« Ce sont des élèves qui ont vécu des situations traumatisantes. Leur intégration est souvent difficile parce qu'ils arrivent parfois sans matériel, sans repères, et avec des réactions liées à ce qu'ils ont vécu », explique-t-elle. Grâce à une formation reçue dans le cadre d'un projet d'accompagnement, l'école a élaboré un programme spécifique avec le conseil d'école : cours d'appui pour les élèves de CM2, journées culturelles, séances de sensibilisation à la paix, mise en place d'un comité de veille.
Les enseignants utilisent aussi des outils simples mais efficaces : jeux éducatifs, causeries-débats, sketches, échanges collectifs. Dans certaines classes, un simple bruit inattendu suffit encore à provoquer agitation ou panique chez certains enfants, déplore-t-elle. La directrice reconnaît cependant les limites du système car certains cas nécessitent un accompagnement spécialisé que l'école ne peut assurer seule. « Il y a des élèves qui ont besoin d'être référés. Notre formation psychosociale nous aide, mais ne suffit pas toujours. » Malgré cela, elle observe des progrès nets. « Il y a davantage de tolérance entre élèves, d'amélioration des comportements, et des résultats scolaires jugés satisfaisants pour une majorité des élèves déplacés », se réjouit la directrice.
Reconstruire par l'activité collective
À l'école primaire publique de Marcoussis A, le directeur Aboudou Siéba occupe les enfants pour les aider à reprendre confiance. Son établissement compte aujourd'hui plus de 150 élèves déplacés internes. Ici, l'intégration passe par des activités concrètes : troupe théâtrale, équipe de football, journées de salubrité, cours de soutien, sensibilisation des parents, apprentissage de fabrication de savon. Pour lui, l'école ne peut pas se limiter aux cours. « Quand l'enfant retrouve un collectif, une activité, une responsabilité, il se réinstalle progressivement dans une vie normale. » Le directeur explique que les enseignants ont appris à repérer les signes de stress.
Lorsqu'un élève présente un retrait inhabituel, de l'agitation ou une baisse brutale d'attention, un counseling individualisé est engagé à travers un entretien avec l'enfant, puis avec les parents, afin de prolonger le suivi à domicile. Quand la situation dépasse les capacités de l'école, un référencement vers un spécialiste est envisagé. Les résultats, selon lui, sont visibles : amélioration des performances scolaires, meilleure hygiène, relations plus fluides entre élèves. Il note toutefois que certaines contraintes ralentissent les initiatives : insuffisance de matériel, absence d'électricité pour certaines activités, manque de compétences spécialisées sur des cas complexes.
Dans ces écoles d'accueil, l'autre enjeu est d'éviter que ne se crée une frontière durable entre enfants déplacés et élèves autochtones. À l'école Koumdayonré comme dans les deux précédentes, les enseignants ont compris qu'il fallait aussi travailler avec les élèves déjà installés. Car sans accompagnement, les différences culturelles, linguistiques ou comportementales peuvent alimenter des formes de mise à l'écart. À travers les sketches, les jeux collectifs, les journées culturelles ou les discussions en classe, les établissements construisent des occasions de rencontre.
« J'ai eu l'occasion cette année d'aller connaître au moins 2 ou 3 concessions où ils sont accueillis », indique le directeur de l'école primaire publique Koumdayonré, Valentin KaboréVanessa comme susmentionné, elle-même participe à cette pédagogie du rapprochement. Le directeur de l'école primaire de Vanessa explique que son établissement, situé dans l'arrondissement nᵒ 8, secteur 35, accueille officiellement 93 élèves déplacés internes pour l'année scolaire 2025-2026, un chiffre établi à partir des enfants disposant de documents délivrés par la mairie ou l'action sociale. Selon Valentin Kaboré, ce nombre reste en deçà de la réalité car certains enfants peuvent être dans des familles d'accueil sans toujours apparaître dans les statistiques officielles.
Pour favoriser leur adaptation, l'école a multiplié les séances de sensibilisation à la paix et à la cohésion sociale, les révisions encadrées, les études de nuit et des tournois interclasses de football réunissant élèves déplacés et élèves autochtones. « Les activités menées ont permis un meilleur rapprochement entre les élèves », souligne-t-il, évoquant aussi une amélioration progressive des résultats scolaires et un esprit collectif davantage tourné vers la cohésion.
Comme dans les autres établissements, Valentin Kaboré évoque des difficultés de classes surchargées, les barrières linguistiques et les besoins matériels et fragilités psychologiques. Mais, selon le directeur, des réponses locales ont été trouvées pour contenir ces obstacles. « Il faut d'abord créer la confiance. Tant que l'enfant ne sent pas qu'il est compris et en sécurité, le travail ne peut pas marcher », insiste-t-il. Il rappelle que la plupart de ces élèves ne vivent pas sur des sites structurés, mais dans des familles d'accueil dispersées dans les quartiers, chez des proches ou des parents qui les hébergent.
Une stratégie provinciale pour ne laisser aucun enfant hors de l'école
Pour Alexandre Yaméogo, directeur provincial de l'Éducation préscolaire, primaire et non formelle du Kadiogo, la question dépasse largement les trois établissements concernés. La province du Kadiogo, rappelle-t-il, reçoit depuis plusieurs années un nombre important de familles déplacées. « On ne peut pas laisser ces enfants à la marge du système éducatif », affirme-t-il. Sur instruction des autorités éducatives, un mécanisme de récupération permet d'inscrire les enfants déplacés sans frais de scolarité, même lorsqu'ils arrivent sans document administratif.
Dans les trois écoles actuellement ciblées par le programme d'appui, environ 400 élèves déplacés internes sont recensés. Le choix des établissements n'a pas été fait au hasard mais repose sur une identification préalable des zones recevant les effectifs les plus élevés. Pour Alexandre Yaméogo, l'enjeu est de garantir l'accès à l'école et d'accompagner l'insertion sociale. « Ce sont des enfants qui ont parfois des comportements marqués par ce qu'ils ont vécu. Il faut leur montrer qu'ils sont chez eux, qu'ils ont les mêmes droits que les autres enfants du Burkina Faso. » Il reconnaît cependant que les ressources restent limitées et que l'extension du dispositif dépendra de nouveaux appuis.
Selon Alexandre Yaméogo, directeur provincial de l'Éducation préscolaire, primaire et non formelle du Kadiogo, le projet a apporté une plus-value dans l'insertion sociale, scolaire et socio-éducative des élèves déplacés internesSi ces expériences tiennent, c'est aussi grâce à des partenaires qui croient en une éducation inclusive et équitable. L'appui de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) joue un rôle déterminant à travers le Projet d'appui aux initiatives communautaires en faveur de l'éducation en situation d'urgence. Ce projet, actuellement dans sa deuxième phase, vise à renforcer la résilience des écoles confrontées à l'afflux d'élèves déplacés. Concrètement, il soutient la formation des enseignants à l'éducation en situation d'urgence, la prise en charge psychosociale, l'organisation d'activités favorisant la cohésion sociale, l'implication des Comités de gestion d'école (COGES) et la dotation en matériel pédagogique. Dans les établissements bénéficiaires, cette approche modifie profondément la manière d'accueillir. L'école n'est plus seulement un lieu d'enseignement mais un espace de réparation sociale. Les COGES participent à l'identification des besoins, à l'organisation des activités communautaires et au dialogue avec les familles. Cette implication locale renforce l'acceptation du dispositif.
Les deux partenaires se sont d'ailleurs réunis avec les bénéficiaires ce 13 mars 2026 pour faire le bilan des acquis du programme. Les trois écoles présentes au bilan avec les enseignants ont présenté leurs réalisations depuis la rentrée. La majorité des activités d'insertion scolaires sont prévues pour les EDI. Pour la JICA et la Direction provinciale de l'Éducation préscolaire, primaire et non formelle du Kadiogo (DPEPPF), la coopération ne remplace pas les efforts nationaux, mais elle leur donne des moyens de tenir.
Si Vanessa et ses pairs rejoignent leurs camarades avec joie, c'est grâce à l'école qui se veut accueillante, inclusive afin de favoriser la paix et la cohésion sociale.
Une cohésion qui cache des dizaines d'heures de vigilance pédagogique, d'écoute, de médiation, de solidarité discrète d'enseignants. À l'échelle nationale, l'urgence éducative, selon le rapport statistique mensuel de l'Éducation en situation d'urgence arrêté au 31 mars 2024, faisait état de 5 319 structures éducatives fermées sur le territoire national, soit environ 20,15 % de l'ensemble des établissements du pays. Cette situation affectait 818 149 élèves, dont 394 293 filles, ainsi que 24 281 enseignants, parmi lesquels 7 413 femmes. Dans le même temps, 1 304 structures éducatives avaient pu être rouvertes, signe d'un effort progressif pour maintenir l'accès à l'école malgré la crise.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Pendant 37 ans, de 1987 à 2024, Binta Ouédraogo a exercé le métier d'hôtesse de l'air. Entre les annonces de sécurité, l'assistance aux passagers lors de l'embarquement et du débarquement, et les plateaux-repas servis, elle a travaillé, suspendue en l'air avec joie et abnégation. Depuis 2024, elle est à la retraite, mais il suffit qu'elle parle pour se remémorer ce métier qu'elle a porté comme une identité.
Il y a des vies professionnelles qui se racontent comme une succession de posts. Celle de Binta Ouédraogo, sienne ressemble davantage à une longue traversée. 27 000 heures de vol, accompagnées d'une discipline qui impose d'être prête à toute heure, qu'il fasse jour ou nuit, qu'il y ait une fête ou un deuil. « J'ai été hôtesse de l'air pendant 37 ans, de 1987 à 2024. Donc, 37 ans dans les airs qui m'ont apporté beaucoup de joie, beaucoup de paix et beaucoup d'amour dans ma vie. » À l'époque de son recrutement, devenir hôtesse de l'air au Burkina Faso ne relevait pas encore de l'évidence sociale. L'aviation restait rare, presque cérémonielle. On voyageait peu, on s'habillait pour l'avion comme on s'habillait pour une photographie importante. Dans certaines familles, le métier lui-même demeurait difficile à expliquer. « À l'époque, c'est vrai que ce n'était pas courant de voir une hôtesse de l'air », raconte-t-elle en souriant.
Il y avait déjà les pionniers d'Air Afrique, et à Air Burkina où elle a travaillé, une première promotion avait été recrutée en 1983. Binta appartient à la deuxième. Mais le plus délicat n'était pas le concours, mais comment expliquer ce métier des airs à la maison. « Pour expliquer vraiment à mes parents, c'était un peu épique parce que mes parents sont des illettrés. Donc, il fallait leur expliquer et puis trouver des mots qui ne les choquent pas en son temps », relate-t-elle, en précisant qu'il fallait rassurer sans trop promettre, contourner la peur d'un métier inconnu. « J'ai choisi ce travail parce que, pour le moment, je ne fais rien. Je vais essayer. Si ce n'est pas bon, je laisse », avait-elle dit à ses parents. Et cette promesse provisoire a tenu 37 ans.
Le portrait photo de Binta Ouédraogo habillée en tenue de travail est accroché dans son salon.Avant même d'entrer en cabine, elle indique qu'elle avait découvert le métier à travers les livres. Elle lisait beaucoup. Dans les romans et récits qu'elle consultait, l'hôtesse apparaissait souvent comme une figure de mobilité, de raffinement, presque de liberté. « Moi, à mon temps, je voyais le côté glamour du travail. » Le glamour existait, dit-elle après exercice, mais seulement vu de loin. De près, il fallait posséder le baccalauréat, réussir les tests, passer une visite médicale poussée, apprendre la rigueur du corps. Le corps, justement, devait rester conforme. « Quand j'ai commencé à travailler, j'avais tendance à l'obésité. Donc, il fallait faire très attention à son alimentation, à ce qu'on boit, à ce qu'on mange », fait-t-elle savoir, soulignant que le métier demandait de surveiller son apparence sans jamais laisser voir l'effort.
Pas de jour férié, pas de week-end
À écouter Binta revenir sur ses années de fonction, on comprend vite qu'une carrière d'hôtesse ne se mesure pas en années, mais en réveils interrompus. Il faut imaginer les horaires cassés, les départs avant l'aube, les valises toujours prêtes, le téléphone qui peut modifier un planning au dernier moment. « Être hôtesse de l'air, il n'y a pas de week-end, il n'y a pas de fête », insiste-t-elle sans se plaindre, mais plutôt comme une norme qu'elle a acceptée très tôt. Le 31 décembre revient souvent dans ses souvenirs. Le chiffre semble avoir été répété tant de fois qu'il en devient presque symbolique. « Le nombre de fois que moi j'ai volé un 31 décembre, je ne saurais compter. » Elle prend pour exemple une situation de réveillon de l'an. Après un atterrissage à 22h40, elle a dû rejoindre une cérémonie toujours en uniforme. « J'étais obligée d'aller directement parce qu'il y avait des amis qui avaient organisé une soirée. »
Selon l'hôtesse de l'air à la retraite, un vol à 8h signifiait être là deux heures avant. Un départ à 1h du matin imposait la même précision. Mais la fatigue ne devait pas supprimer la netteté du sourire. Il faut toujours être non seulement patient et engagé, très engagé ; car, dit-elle, dans une cabine, le moindre relâchement ou la moindre crispation se fait ressentir. Dans cet espace, il faut aussi lire les visages. « Il y a des gens qui sont ouverts, il y a des gens qui sont joviaux, il y a des gens qui sont austères. » Elle indique que les passagers ne montent pas avec la même humeur et pourtant le service, lui, doit rester identique.
« Le métier a beaucoup évolué parce qu'à notre époque, on ne recrutait pas les femmes qui ont déjà des enfants. Mais aujourd'hui ce n'est plus le cas. »Binta, même si elle a connu différentes époques, appartient à une génération qui a vu l'avion conserver longtemps quelque chose de cérémonial. « En notre temps, quand on voyageait, on mettait son plus bel habit. On achetait une valise, on achetait de beaux habits. » Le passager arrivait avec retenue, parfois impressionné avant même d'embarquer. Et elle, paradoxalement, se sentait plus émerveillée qu'eux. « J'avais un step ahead. C'est-à-dire que j'étais plus émerveillée que ceux que je transportais. »
Le métier lui a donné une géographie particulière. Non celle des cartes postales, mais celle des escales comptées. À Air Burkina, certains vols s'appelaient les « non-stop ». Ce mot, dans leur jargon, désigne les séjours courts, les nuits ailleurs, parfois deux jours avant de repartir. « On faisait les vols sur Paris, et là-bas, on avait deux ou trois jours », se rappelle-t-elle. D'autres escales étaient plus rapides à Dakar, Niamey ou Libreville par exemple. « On arrive le soir, on part le lendemain matin. » Le métier a longtemps traîné ses malentendus, sinon qu'il le traîne encore. Un cousin lui avait dit un jour à Binta ceci : « Ah, mais ton travail, je ne pense pas que je puisse laisser ma femme le faire, parce que tu es trop libre. » Le mot libre, chez elle, ne signifie pas absence de limites, mais autonomie conquise. « Ce boulot-là m'a permis de m'affirmer, d'être moi-même, de m'organiser. »
Aujourd'hui, Binta a une vie bien calme, loin des décollages et atterrissages permanents.De l'adrénaline et du calme
Pendant longtemps, le risque est resté abstrait pour Binta. Puis certains drames l'ont rendu concret. Elle cite le vol parti de Rio de Janeiro pour Paris. Ce matin-là, elle devait travailler. Comme toujours, elle s'était levée, café à la main, dans ce petit rituel calme qui précède un service. « J'entends à la radio qu'il y a un avion qui est perdu. » Dans leur langage, ce mot a immédiatement un poids car perdu signifie que l'on attend encore une réponse radio qui ne vient pas. Ce jour-là, pendant un moment, quelque chose a changé sa façon de voir son métier. « J'ai compris ce jour-là que mon travail est dangereux. Au point où j'ai oublié un détail que je n'oublie jamais d'ordinaire : mon chapeau. Je suis arrivée au briefing, persuadée de l'avoir retiré. Il n'était pas là », raconte-t-elle comme pour montrer à quel point la nouvelle lui avait fait un choc.
Aujourd'hui, Binta a une vie bien calme car elle ne vole plus. Ou plutôt, elle ne vole plus professionnellement. « Les vols ne me manquent pas beaucoup, parce que j'ai fait avant 27 000 heures de vol. » Elle se réjouit des repas qu'elle peut prendre lentement, de la présence familiale retrouvée, des moments qu'elle peut savourer sans urgence. « En retraite, je réapprends à vivre avec ma famille. » Mais elle continue pourtant de défendre le travail avec une vigueur intacte. « Il n'y a pas de travail facile. Tout travail est dur. Je rends énormément grâce parce que je trouve que ma vie a été une grâce », affirme Binta avec le sourire. Lorsqu'elle évoque ce que le métier lui a laissé, elle ne parle ni de prestige ni de biens accumulés, mais seulement de découvertes et de moments magiques que parfois rien ne peut acheter.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Alors que le Burkina Faso affiche une ambition de relance et de renaissance culturelle, l'absence de postes ouverts dans les concours publics de 2026 pour les spécialistes de la culture et du tourisme suscite l'incompréhension. Dans cette tribune, Ousmane Djiguemdé directeur des études et du partenariat de Faso Tourisme et ancien secrétaire technique de l'Institut des peuples noirs (IPN) et s'interroge sur ce paradoxe et plaide pour une véritable prise en compte de ces secteurs qu'il considère comme essentiels à la reconstruction identitaire, à la cohésion sociale et même à la sécurité nationale.
J'ai appris après la publication des listes des concours ouverts au titre de l'année 2026 par le Burkina Faso, l'absence de postes ouverts pour le recrutement des spécialistes du secteur de la culture et du tourisme. En ma qualité d'ancien Secrétaire technique de l'Institut des Peuples Noirs (IPN) et d'actuel Directeur des Études et du Partenariat, j'ai eu froid quand je fais le rapprochement avec le contexte que nous vivons, un contexte de décolonisation des savoirs et de (re)construction identitaire.
I. Entre incompréhension et paradoxe
Je n'ai pas compris cette contradiction flagrante entre la vision politique et cet acte politique de prise (non prise) en charge effective de la vision politique, dans un champ vierge où le Burkina Faso est en pleine période de restauration culturelle, à travers la détermination des listes de son patrimoine culturel matériel et immatériel, de son répertoire patronymique, de leur prise en charge dans les curricula du système éducatif, ainsi que dans les normes sociales à travers la morale et le civisme.
II. Coup de grâce porté à un secteur déjà en mal ?
Le secteur du tourisme, à lui seul, sans la culture, fait 10 % des emplois dans le monde et génère presque la même proportion des revenus du produit intérieur brut pour un pays. Si on lui ajoute la culture, pour le capital de ressources informationnelles et financières qui changent les mentalités et les conditions de vie d'un citoyen, en un mot, qui changent le citoyen selon le profil type défini par la vision politique, on peut se dire : quel gâchis !
Je ne suis pas sûr que ceux qui conseillent les décideurs du moment sachent véritablement le coup de grâce qu'ils viennent de porter à ce secteur déjà en mal, et à tout le pays ! Ne serait-ce qu'à mesurer le degré d'incivisme et les ressources immenses que l'État injecte pour mettre les gens aux pas, ou pour corriger les dégâts, il est difficile de se convaincre que les conseillers ont été bien inspirés de commencer à sacrifier la culture et le tourisme à l'autel du bien-être, de la sécurité et de l'éducation, des processus qui s'abreuvent des référents culturels que les acteurs administratifs doivent aider à restaurer, capitaliser et structurer en ressources diverses consommables par les politiques publiques.
III. La culture : ce pilier méconnu de la sécurité nationale, dans le cadre de la promotion du paradigme de sécurité humaine
Je me souviens encore de cette phrase, lancée par un cadre de l'armée, lorsque je suis allé faire valoir l'expertise du Ministère en charge de la culture et du tourisme, à la commission nationale d'élaboration de la politique de sécurité nationale : « Qu'est-ce que la culture vient faire dans une histoire où on parle d'armes ? ».
Comme toute réponse, je lui ai gentiment souri et j'ai donné le meilleur de moi-même durant les travaux pour les convaincre de baser tout le processus de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) autour des référents culturels, conformément à nos engagements internationaux, et conformément à la dynamique de Renaissance Culturelle Africaine de 2006. Le résultat se trouve dans les fruits de la réforme et je salue au passage tous les membres de ma commission, ainsi que les responsables qui ont bien voulu croire en moi à l'époque.
IV. On ne peut pas décoloniser sans une solide architecture administrative culturelle et touristique
L'intellectuel kenyan Ngũgĩ wa Thiong'o parlait à juste titre de « décoloniser l'esprit », faisant référence à la démarche qui procède de la réappropriation de sa langue et de concepts convoqués en débat dans cette langue pour traduire nos opinions, notre vision de l'univers ; un processus qui oblige à se débarrasser des concepts de l'oppresseur pour être libre.
Dès lors, la rupture décoloniale ou décolonialité est un combat contre les traces invisibles de la colonisation qui persistent aujourd'hui dans le corps social. Il s'agit d'un combat éminemment culturel. Et nulle part ailleurs, aucun peuple ne part en guerre en détruisant ses armes. C'est un processus radical de déshabillage des structures de pouvoir, de pensée et de culture héritées de la colonisation.
Il se bâtit sur trois (3) piliers de rupture dont la brique principale est l'être (le citoyen). C'est lui qu'il faut libérer de tout complexe, principalement de celui d'infériorité et des hiérarchies raciales ou culturelles intériorisées. C'est une réappropriation de l'estime de soi et de sa propre culture qui doit se faire avec des hommes et femmes armés scientifiquement jusqu'aux dents (comme l'a recommandé Cheikh Anta Diop).
Le second, c'est le savoir ou l'épistémologie.
C'est le point le plus crucial, dans la mesure où c'est à ce niveau que la rupture décoloniale remet en cause l'idée que la science, la philosophie ou l'histoire universelle ne proviennent que de l'Occident, parce qu'elle est simplement issue d'un biais historique introduit par l'idéologie gréco-romaine, en toute méconnaissance, ignorance et/ou réappropriation des savoirs millénaires de l'Orient ancien, de l'Asie (Chine-Inde), d'Afrique et des Amériques, bien avant l'éveil de l'Empire romain. Il faut une masse critique de compétences et d'experts de l'administration culturelle et touristique pour accompagner cela. Les meilleurs sont en train de partir sous d'autres cieux et le terrain administratif se vide. C'est le moment que le ministère des Serviteurs du Peuple valide et soumette un tel projet au Conseil des ministres !
Enfin, le troisième pilier, c'est le pouvoir, principalement politique et économique, tel que nous sommes en train de le vivre actuellement. Mais, je le répète, sans une masse critique de compétences dans l'administration du secteur, c'est un chantier sans avenir. Le plus important, ce n'est pas simplement d'ouvrir des postes. Il faut aller au-delà, repenser toute la politique de l'emploi public afin de l'orienter véritablement vers l'ambition première de renaissance culturelle africaine. C'est le seul projet qui peut sauver l'Afrique et le Burkina Faso, à l'heure du chamboulement de l'ordre mondial.
Ousmane DJIGUEMDE
Ancien Secrétaire Technique de l'IPN
Directeur des Études et du Partenariat de Faso Tourisme
(oustehit@hotmail.fr)
Entre l'Alaska et la Sibérie, deux îles sœurs séparées de moins de quatre kilomètres vivent pourtant avec 21 heures d'écart. Situées de part et d'autre de la ligne internationale de changement de date, les îles Diomède offrent un spectacle géographique unique où l'on peut, littéralement, apercevoir « demain » depuis « hier ». Une curiosité scientifique et géopolitique qui rappelle que le temps, au-delà de la nature, reste aussi une construction humaine, estime l'enseignant chercheur Arouna Darga, spécialiste du solaire photovoltaïque
Le monde regorge de curiosités géographiques, mais rares sont celles qui donnent ce sentiment vertigineux que le temps lui-même s'est dédoublé. Au cœur du détroit de Béring, entre l'Alaska et la Sibérie, deux îles sœurs séparées de moins de 4 kilomètres vivent avec 21 heures de décalage. Une frontière documentée par la NASA, où la géographie physique et le temps administratif se percutent de façon spectaculaire.
Une situation digne d'un roman de science-fiction
Au milieu des eaux glaciales qui séparent les États-Unis de la Russie, se font face la Grande Diomède (russe) et la Petite Diomède (américaine). Selon l'Observatoire de la Terre de la NASA, ces deux formations rocheuses sont les derniers vestiges de l'ancienne Béringie — ce pont terrestre qui reliait jadis l'Asie à l'Amérique, il y a plus de 10 000 ans.
Ce qui rend ces îles uniques, ce n'est pas seulement leur isolement extrême. C'est leur rapport au temps.
Un saut temporel de 21 heures : comment est-ce possible ?
Bien qu'elles ne soient distantes que de 3,8 kilomètres, les deux îles sont séparées par la Ligne internationale de changement de date (LICD). L'explication est scientifiquement simple, mais le résultat reste saisissant :
• La Grande Diomède suit l'heure du Kamtchatka (UTC +12)
• La Petite Diomède suit l'heure de l'Alaska (UTC −9)
Résultat : lorsqu'il est lundi midi sur l'île russe, il est encore dimanche 15h sur l'île américaine. Un habitant de la Petite Diomède peut littéralement observer, à l'œil nu, le lendemain sur la rive d'en face.
Le « Rideau de glace » de la géopolitique
Au-delà de la curiosité chronologique, les Diomède portent une histoire politique brutale. Pendant la Guerre froide, cette frontière fut surnommée le « Rideau de glace ». Les populations autochtones inupiates, qui circulaient librement entre les deux îles depuis des siècles, se retrouvèrent du jour au lendemain séparées de leurs familles par une frontière hermétiquement fermée.
Aujourd'hui, la Grande Diomède abrite une base militaire et météorologique russe strictement gardée. La Petite Diomède, elle, accueille toujours une communauté civile d'environ 80 personnes, vivant selon des modes traditionnels.
Franchir la frontière : 20 minutes à pied, une illégalité internationale
L'imagerie satellite de la NASA (via le satellite Terra) montre qu'en hiver, un pont de glace se forme parfois entre les deux îles. Théoriquement, on pourrait traverser à pied en vingt minutes — et ainsi changer de jour. Mais la zone figure parmi les plus surveillées au monde : tout franchissement non autorisé constitue une intrusion illégale entre deux puissances nucléaires.
Une leçon de relativité grandeur nature
Cette curiosité géographique nous rappelle, avec une certaine élégance, que le temps est une convention humaine. La ligne de changement de date est un tracé imaginaire, indispensable à la navigation mondiale, mais qui crée ici une situation absurde : deux voisins séparés de moins de 4 kilomètres ne partagent ni le même jour, ni la même semaine.
Une belle leçon de relativité — pour nous rappeler que, parfois, le futur n'est qu'à quelques battements de rames.
Repères techniques
Localisation : Détroit de Béring (65° 47′ N, 169° 01′ W) · Distance : 3,8 km · Décalage : 21 heures · Source : NASA Earth Observatory — Yesterday and Tomorrow Islands
Visualisation : Voir les deux îles sur Google Maps
Arouna DARGA
Enseignant chercheur, Sorbonne-Université
spécialiste du solaire photovoltaïque
Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet régional pour l'autonomisation des femmes et le dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+), une formation de renforcement de capacités a été organisée les 20 et 21 janvier 2026 au profit des hommes et femmes de médias, conformément à la composante 1.1 du projet dédiée à la Communication pour le changement social et comportemental (CCSC). En marge de cette formation, Joanny Compaoré de la Direction générale de la famille et de l'enfant a animé une communication sur le mariage des enfants au Burkina Faso. Selon ses révélations, cette pratique est en recul au pays des hommes intègres mais demeure toujours préoccupante.
Selon les données présentées, le mariage d'enfants est une union qui implique au moins une personne âgée de moins de 18 ans, qu'elle soit célébrée de manière civile, religieuse ou coutumière. Cette pratique, considérée comme une violation des droits humains des femmes et des enfants, reste particulièrement répandue en Afrique subsaharienne et au Burkina Faso, notamment en milieu rural.
Les statistiques présentées lors de cette séance de formation indiquent toutefois une légère baisse du phénomène ces dernières années. En effet, l'enquête démographique et de santé (EDS V) de 2021 révèle que 38,2 % des femmes âgées de 20 à 24 ans étaient en union avant l'âge de 18 ans, contre 51,6 % en 2015 et 53 % en 2010. La proportion des mariages avant 15 ans est également passée de 10,2 % en 2010 à 7,8 % en 2021. Cependant, les disparités restent marquées entre les zones urbaines et rurales où la pratique demeure plus fréquente.
La communication a également mis en lumière plusieurs formes de mariages d'enfants observées dans certaines communautés. Il s'agit notamment du don de filles, qui vise à renforcer les liens entre familles ; de l'échange de filles entre deux familles appelé « litho » ; du rapt ou encore des unions imposées à la suite d'une grossesse précoce.
Les causes du mariage d'enfants sont d'ordre économique et socio-culturel...
À entendre Joanny Compaoré, plusieurs facteurs expliquent la persistance de cette pratique. Les causes économiques figurent parmi les plus importantes car la précarité pousse certains parents à marier leurs filles afin de réduire les charges familiales. À cela s'ajoutent des facteurs socioculturels tels que le respect des traditions, la crainte des grossesses hors mariage, le faible accès à l'éducation ou encore l'ignorance des conséquences et de la législation en vigueur.
Mais cette pratique néfaste n'est pas sans conséquences sur la vie des victimes. Elles sont multiples et touchent plusieurs dimensions de la vie des jeunes filles. Cette pratique entraîne souvent la déscolarisation, accentue les inégalités entre les sexes et expose les victimes à des violences domestiques. Sur le plan sanitaire, elle favorise les grossesses précoces, les complications lors de l'accouchement, les fistules obstétricales ainsi qu'une hausse de la mortalité maternelle et infantile.
Face à ces défis, le Burkina Faso a engagé diverses initiatives pour lutter contre ce phénomène. Le pays a ratifié plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits de l'enfant et a adopté en 2015 une stratégie nationale de prévention et d'élimination du mariage d'enfants. Des plateformes multisectorielles ont également été mises en place pour coordonner les actions, tandis que des campagnes de sensibilisation et des programmes de maintien des jeunes filles à l'école sont menés dans plusieurs régions.
Des milliers d'adolescentes victimes ou à risque bénéficient aujourd'hui d'un accompagnement psychosocial, de formations et d'activités génératrices de revenus. Par ailleurs, plus de 6 000 villages ont publiquement déclaré l'abandon du mariage d'enfants et des mutilations génitales féminines dans leurs communautés.
Le communiquant a terminé en indiquant que malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent, notamment l'insuffisance des ressources, la persistance des pratiques socioculturelles néfastes, la faible coordination des actions et l'application insuffisante des textes juridiques. C'est pour cela qu'il a souligné le rôle essentiel des médias dans la lutte contre ce fléau. Il a invité les journalistes à relayer les politiques de protection des enfants, à sensibiliser les populations et à accompagner les initiatives qui visent à mettre fin au mariage d'enfants.
H.K
Lefaso.net
Dans un communiqué en date du 16 mars 2026 et signé conjointement par le ministre de l'Agriculture et celui du commerce, il est porté à la connaissance des opérateurs économiques et de la population que l'exportation de la tomate fraîche est suspendue sur toute l'étendue du territoire national et ce jusqu'à nouvel ordre.
Cette mesure a pour but d'assurer l'approvisionnement des unités nationales de transformation. La délivrance des Autorisations Spéciales d'Exportation (ASE) est de ce fait suspendue. Aussi, les opérateurs économiques qui disposent des autorisations d'exportation de la tomate fraîche en cours de validité ont un délai de deux (02) semaines à compter de la date de signature du présent communiqué pour accomplir leur procédure d'exportation. Passé ce délai, l'autorisation est considérée comme caduque.
Le communiqué prévient que tout contrevenant à cette décision s'expose à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur. Toute marchandise saisie en violation de la présente mesure sera rétrocédée, à titre gracieux, aux unités industrielles de transformation de la tomate fraîche mises en place dans le cadre de l'actionnariat populaire.
Tout cas de non-respect des dispositions du présent communiqué peut être dénoncé aux numéros verts suivants : 80 00 11 84/85/86
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