You are here

Lefaso.net (Burkina Faso)

Subscribe to Lefaso.net (Burkina Faso) feed Lefaso.net (Burkina Faso)
L'information en temps réel du Burkina, Médias, journaux, infos, direct, les dernières nouvelles, politiques.
Updated: 1 month 1 week ago

Burkina Faso-PNUD : Vers un partenariat plus aligné sur les priorités nationales

Wed, 06/05/2026 - 00:00

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu le 5 mai 2026, le nouveau Représentant résident du PNUD au Burkina Faso, Snehal Vasantlal. L'information a été rendue publique sur la page Facebook de la Primature du Burkina. Cette rencontre s'inscrit dans une dynamique de consolidation des relations entre les deux parties, avec un accent sur l'évaluation de la coopération en cours et l'exploration de nouvelles perspectives. Le diplomate onusien a salué dans un premier temps, l'accueil dont il bénéficie depuis sa prise de fonction. Il a par ailleurs, mis en avant la qualité des collaborations des deux parties sur le terrain.

Les échanges ont par la suite, permis de mettre en lumière les acquis du partenariat, notamment dans les domaines de la gouvernance locale et de la résilience communautaire. Jean Emmanuel Ouédraogo a reconnu l'apport du PNUD, tout en appelant à un alignement rigoureux des interventions sur les priorités nationales. Il a insisté sur la souveraineté du Burkina Faso dans la conduite de son développement, illustrant cela par ces termes : « la responsabilité du développement nous incombe en premier lieu ». Il a, en sus, annoncé la poursuite de l'assainissement du fichier des organisations intervenant dans les secteurs du développement et de l'humanitaire.

En réponse, le Représentant résident du PNUD a réitéré l'engagement de son institution à soutenir les politiques nationales dans leur élan.

Source : Page Facebook de la Primature

Lefaso.net

Categories: Afrique

L'Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar (Sénégal), lance ses tests de recrutement au titre de l'année académique 2026 – 2027 dans les cycles suivants :

Tue, 05/05/2026 - 23:00

Bacheliers, Titulaires d'un DUT, d'un DTS, d'un BTS ou d'un DUES dans le domaine des sciences, des télécommunications, de l'informatique ou de la gestion, l'Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar (Sénégal), lance ses tests de recrutement au titre de l'année académique 2026 – 2027 dans les cycles suivants :

Date du concours : 16 mai 2026

Licence (Bac + 3), avec les options suivantes :
• Télécommunications et Informatique (LTI),
• Management et Économie du Numérique (LMeN).
• Systèmes Embarqués et Electronique (LS2E)
Concours ouvert aux titulaires du Bac et aux élèves de Terminale

Cycle Ingénieur de Conception (INGC) BAC + 5

Concours ouvert aux titulaires (ou en cours de préparation) d'un DUES, d'un DUT, d'un DTS ou d'un BTS en sciences et technique.

Pour les autres formations à consulter sur le site https://esmt.sn/fr/cycles-et-diplomes , l'admission se fait sur étude de dossier.
L'inscription en ligne via https://app.flokzu.com/public/033c3LADM_INS est requise pour tous les candidats.

CENTRE DE DEPOT DES DOSSIERS : antenne nationale de l'ESMT Ouagadougou
LIEU DES TESTS : antenne nationale de l'ESMT Ouagadougou
ATTENTION !!! Date limite des inscriptions : 09 mai 2026
Les inscriptions se font en ligne sur le site de l'ESMT : www.esmt.sn dans la rubrique « Inscription en ligne » et le dépôt des dossiers physiques à :
antenne nationale de l'ESMT Ouagadougou

RENSEIGNEMENTS & INSCRIPTIONS :
Antenne ESMT, 01 BP 616 Ouagadougou 01, OUAGADOUGOU,
Téléphone :+226 25 33 20 66 / +226 70 14 89 66 , Email : marcelin.bontohogo@laposte.bf
Email : esmt@esmt.sn

Pour plus d'informations, consultez le site web de l'ESMT : www.esmt.sn .

Terrain foyer Rocade Fann Bel Air, BP 10 000 Dakar Liberté – SENEGAL - Tel : +221 33 869 03 00 - FAX : + 221 33 824 68 90
esmt@esmt.sn - www.esmt.sn

Categories: Afrique

In memoria : Boukari Jean Legma

Tue, 05/05/2026 - 22:30
Categories: Afrique

In memoria : SANKARA NÉE OUEDRAOGO AMINATA SOLANGE « NAPOKO de Téma >>

Tue, 05/05/2026 - 22:00

« Les morts ne sont pas morts » REMERCIEMENT & FAIRE-PART

REMERCIEMENTS

Sa Majesté Naaba Tigré, Dim-bila de Téma
La famille SANKARA de Ked Yamba à Ipala-Silmimosin,
La grande famille SANKARA de Téma-Bokin,
El Hadji SANKARA Mousbila - Ingénieure ONATEL à la retraite,
El Hadji OUEDRAOGO Karim, ses frères et sœurs, OUEDRAOGO Karim Asmara, ses frères et soeurs,
Les familles alliées ZOUNGRANA, ZOUGOURI, SIRIMA, SEYNOU, DA, DIALLO, KYELEM, ZERBO, SIMPORE, Les enfants et petits-enfants,

vous réitérent du fond du cœur leurs sincères remerciements et leur profonde gratitude pour vos soutiens multiformes lors du rappel à Dieu, de l'enterrement et de la cérémonie du pekinpousée (petites funérailles).
MADAME SANKARA NÉE OUEDRAOGO AMINATA SOLANGE « NAPOKO de Téma >>
Décédée le 6 novembre 2025 à Ouagadougou

UNION DE PRIÈRES –

INVITATION

Les funérailles se tiendront le Dimanche 10 Mai 2026
à TÉMA-BOKIN (Zinigma) à partir de 9hoo

Que Maman Aminata Solange dite Napoko demeure dans le repos éternel.
<< Que les ancêtres l'accueillent dans la paix et la lumière. »
UNION DE PRIÈRES —

Categories: Afrique

Décès de Pauline SIB/PODA : Remerciements

Tue, 05/05/2026 - 17:30

2Timothée 4:7-8–"J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m'est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera en ce jour-là."

Les grandes familles HIEN, SIB, KAMBOU, PODA, KANSIE et MIDJOUR à Kampti, Bobo Dioulasso et Tchankoura et les familles alliées renouvellent leur profonde gratitude à toutes celles et tous ceux qui leur ont témoigné un soutien moral, spirituel, matériel ou financier lors du rappel à Dieu le 30 mai 2025 suivi de l'inhumation le 03 juin 2025 à Bobo-Dioulasso de leur épouse, mère, grand-mère, sœur, tante, belle-mère, arrière-grand-mère,

Pauline SIB/PODA
Précédemment Contrôleur des Impôts à la retraite

Elles vous invitent en communion de prières aux funérailles chrétiennes qui se dérouleront à Bobo-Dioulasso selon le chronogramme suivant :

Vendredi 29 mai 2026 : veillée de prière dans la grande famille au secteur 5 à partir de 18H30.

Samedi 30 mai 2026 : messe de requiem à l'église Saint Vincent de Paul à 9H suivie de la bénédiction de la tombe au domicile familial sis au secteur 5 à Bobo-Dioulasso.

Une messe sera dite également le Dimanche 07 juin 2026 à 8h à la paroisse Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de Kampti.

Union de prière.

Categories: Afrique

In memoria : Colonel Seidou COMPAORE

Tue, 05/05/2026 - 16:57

« On ne meurt vraiment que lorsque les vivants nous oublient. Toi, tu vis encore en nous. » le Prince Ibrahim COMPAORÉ .

05Mai 2017-05 Mai 2026

9ᵉ anniversaire du rappel à Dieu du Colonel Seidou COMPAORÉ
Base Aérienne 511 ,Commandeur de l'Ordre National

Le 05 Mai 2017, tu nous quittais laissant derrière toi un héritage de sagesse, de droiture et d'amour.

A l'occasion de ce triste anniversaire, la famille COMPAORÉ, les familles alliées et amies, renouvellent leur profonde reconnaissance à toutes les personnes qui, depuis son départ, continuent de leur témoigner affection et soutiens multiformes.

Elles invitent tous ceux et celles qui l'ont connu et aimé à avoir une pensée pieuse pour lui.

Repose en paix, cher fils, frère, oncle, cousin, ami, époux, père, grand-père.

Ton souvenir demeure vivant dans nos cœurs.

In God we trust

Categories: Afrique

Finances : Moussa Belemviré élu à l'ICCCROM

Tue, 05/05/2026 - 16:44

Le Burkina Faso enregistre une avancée notable sur la scène internationale avec l'élection de Moussa Belemviré au sein du Comité des finances et de l'audit du centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM). L'information a été rendue publique sur la page Facebook du ministère des affaires étrangères du Burkina. Cette désignation, intervenue en avril 2026 pour un mandat de deux ans, constitue une première historique pour le pays, aucun ressortissant burkinabè n'ayant auparavant accédé à cet organe stratégique.

Cette élection vient consacrer un parcours professionnel reconnu, marqué par une expertise avérée dans les domaines de la gestion financière, du contrôle interne et de la gouvernance des ressources. Elle traduit également la reconnaissance croissante des compétences burkinabè au sein des organisations internationales spécialisées.

Au-delà de la dimension individuelle, cette nomination revêt une portée stratégique pour le Burkina Faso. Elle témoigne du renforcement progressif de sa présence dans les instances internationales dédiées à la préservation du patrimoine culturel. Elle met également en lumière la capacité du pays à contribuer de manière pertinente aux enjeux liés à la transparence financière et à la consolidation des mécanismes de gouvernance.

Le Comité des Finances et de l'Audit de l'ICCROM joue un rôle central dans l'examen des budgets, le suivi de l'exécution financière et l'évaluation des dispositifs de contrôle. À ce titre, la participation de Moussa Belemviré contribue à garantir la rigueur et la durabilité des actions menées par l'institution.

Lefaso.net
Source :
Page Facebook du ministère des affaires étrangères du Burkina

Categories: Afrique

Décès de El Hadj TINTO Larba Sidiki : Faire part

Tue, 05/05/2026 - 14:55

Sa Majesté Naaba Kiiba, roi de Yatenga
Sa Majesté Naaba Guigma, chef de Zogoré
Les grandes familles TINTO, TINTA, KIRAKOYA, OUEDRAOGO à Zogoré, Ziga, Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Côte d'Ivoire, Canada, et France
Les familles alliées OUEDRAOGO, GUIMBOU, KOMPAORE, SAWADOGO, KABORE, BADINI, SANFO, BERTE, MAIGA, SANA, à Ouagadougou, Bobo Dioulasso, France, Canada, Côte d'Ivoire

Ont la très profonde douleur d'annoncer aux parents, amis, et connaissances, le décès de leur époux, père, grand-père, arrière-grand-père El Hadj TINTO Larba Sidiki précédemment Directeur Commercial de la SOBCA à la retraite.
Décès survenu le 05 mai 2026 à l'âge de 90 ans des suites de maladie

Les obsèques se dérouleront comme suit
Mercredi 06 mai 2026 : 09H 00 levée du corps au domicile familial sis à Tampouy suivi de l'enterrement au cimetière de Kamboinsin.

NB : Un « doua » aura lieu le dimanche 10 mai à 08h 00 au domicile familial sis à TAMPOUY.

« Certes nous sommes à ALLAH, et c'est à lui que nous retournerons » (inna lillahi wa inna ilayhi raji'un)

Categories: Afrique

Décès de Traoré Thierry Michel : Faire-part

Tue, 05/05/2026 - 12:00
Categories: Afrique

Burkina : Un réseau de trafic de médicaments prohibés démantelé à Toéghin

Tue, 05/05/2026 - 11:34

Dans le cadre de l'opération WIBGA2, lancée le 28 avril 2026 pour renforcer la lutte contre l'insécurité, la Brigade territoriale de gendarmerie de Toéghin a enregistré un résultat notable. C'est ce qu'on lit sur la page Facebook de la gendarmerie nationale du Burkina Faso, ce mardi 5 mai 2026. En effet, dans la nuit du 3 mai, vers 3 heures du matin, une patrouille mixte composée de gendarmes et de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) a intercepté un véhicule suspect de type Toyota Corolla circulant entre Ouagadougou et Tema-Bokin, dans la province du Passoré.

La fouille du véhicule a permis de découvrir une importante cargaison de produits pharmaceutiques prohibés, dissimulée dans le coffre, comprenant notamment des antibiotiques et des antalgiques sans autorisation. D'une valeur estimée à plus de deux millions de FCFA, ces produits étaient destinés à des circuits clandestins susceptibles d'alimenter des réseaux criminels, voire des groupes armés terroristes. Trois suspects ont été interpellés et placés en garde à vue. L'enquête se poursuit pour démanteler le réseau.

Source : Page Facebook de la gendarmerie nationale du Burkina

Lefaso.net

Categories: Afrique

Savoure ton Fruit'style avec Youki !

Tue, 05/05/2026 - 10:00
Categories: Afrique

Conférences régionales du CERFI 2026 : « Faites attention, en Afrique, on ne prononce pas une mauvaise parole contre la maman de quelqu'un… », interpelle l'imam Marboulaye Nombré

Tue, 05/05/2026 - 00:10

Le Cercle d'études, de recherches et de formation islamiques (CERFI) a tenu, dimanche 3 mai 2026, dans l'ensemble des régions du Burkina, ses conférences régionales 2026, avec pour thème : « Islam et traditions ». Pour le compte de la région du Kadiogo, c'est la ville de Ouagadougou qui a accueilli la mobilisation autour de la communication administrée par l'imam Marboulaye Nombré. Par cet objet, le CERFI contribue à une meilleure compréhension des fondements de l'islam, à l'analyse des traditions et ce, dans un esprit de renforcement de la paix, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

Le Burkina a toujours été un pays multi-confessionnel marqué par la tolérance, la fraternité et la solidarité, même avant l'arrivée du colon, affirme le conférencier, imam Marboulaye Nombré. Malgré la diversité religieuse, poursuit-il, les populations sont restées unies par leur identité ethnique, leur langue maternelle, leur nom de famille, leurs arts vestimentaire et culinaire, les contes et légendes, les proverbes et histoires communes partagées dont tout Burkinabè reste fier, quelle que soit son obédience religieuse. « Personne n'a choisi de naître dans un pays ou dans un autre, dans une famille ou dans une ethnie ; ce sont des décisions de Dieu. Les hommes sont liés par le sang, donc condamnés à vivre ensemble. Dès lors, la tolérance n'est pas une option, c'est une obligation. Malheureusement, des individus (sur les réseaux sociaux), par leur langage de stigmatisation et parce qu'ils ne partagent pas la même foi que d'autres, risquent de remettre en cause la tolérance, qui est une condition sine qua non du vivre-ensemble. Or, ce n'est pas parce que nous ne sommes pas de la même religion qu'il faut nier le droit de son vis-à-vis (son droit d'être Burkinabè, Africain, et malgré qu'on ne puisse pas changer son ADN). (…). On ne peut pas apprécier le rapport entre deux entités (islam et tradition), sans comprendre chacune d'elles. Il y en a qui parlent de l'une ou de l'autre, sans chercher à comprendre. Parler de quelque chose qu'on n'a pas pris le temps d'étudier n'est pas la bonne démarche scientifique », déblaie le communicant.

Il justifie par là également le choix du thème dans un contexte où, dit-il, une certaine opinion tend à faire croire qu'on ne peut être à la fois musulman et africain (autrement, on ne peut être vrai Burkinabè que si l'on est dans la religion traditionnelle).

Après avoir au passage défini les concepts, l'ancien responsable de l'Association musulmane des scolaires voltaïques, Marboulaye Nombré, apprend que l'homme (être humain) a le statut de représentant de Dieu sur terre. C'est pourquoi, en islam, l'homme ne doit pas se prosterner devant les autres créatures de Dieu. « Dieu l'a élevé au rang de son représentant, et le représentant de Dieu ne doit se soumettre qu'à Dieu seul. Donc, il faut comprendre la position de l'islam : on ne doit se prosterner devant aucune autre créature. Il est interdit au musulman de se soumettre aux esprits, que ce soient des morts, des anges, etc. Comme dans l'animisme, en islam, les morts ne sont pas morts. Donc, là on se rejoint. Mais en islam, les morts sont dans un monde intermédiaire, entre l'au-delà (là où il y aura le jugement dernier) et notre monde. Donc, il y a une nuance, car en islam, les morts ne reviennent pas non plus pour parler aux vivants ; ils ne peuvent faire ni du mal ni du bien aux vivants, bien au contraire, ce sont les vivants qui doivent prier pour eux, prier pour que Dieu améliore leur situation dans le monde intermédiaire. Il est interdit de prendre des morts comme intermédiaires de Dieu. Quand vous faites appel au plus grand, c'est-à-dire Dieu, vous ne pouvez plus faire appel aux plus petits, c'est-à-dire à ses créatures, ce n'est pas utile et ça n'a pas de sens. Il faut s'adresser directement à Dieu, qui connaît tout de vous », déroule l'ancien secrétaire général du ministère en charge des mines, Marboulaye Nombré, précisant ici que le musulman n'a aucun problème également sur le fait que la nature (l'arbre par exemple) est animée, l'islam partage cette réalité.

Le conférencier a aussi souligné qu'au Burkina, l'attachement du musulman à son identité culturelle se manifeste par l'adoption des noms de famille, des prénoms traditionnels, son attachement à son groupe ethnique, à sa langue maternelle, à l'histoire du pays, aux contes et légendes, aux arts et artisanats, aux valeurs humanistes, etc. « Quand des personnes d'un même nom de famille se retrouvent, elles ne se demandent pas qui est de quelle religion ; elles sont simplement fières d'appartenir à leur identité, qui vient de la tradition. Personne ne veut dire que, parce qu'elle s'est convertie à telle religion, elle ne veut plus appartenir à son ethnie. Aussi, l'islam n'efface pas les prénoms traditionnels, si leurs significations ne sont pas contraires au monothéisme islamique ; il exclut seulement les prénoms qui consacrent la personne à une divinité, à un esprit ou à une créature. Si nous-mêmes, nous ne faisons pas un effort pour nous coller à notre tradition, il ne faut pas accuser l'islam. L'islam ne nous demande pas de devenir des Arabes », enseigne l'ancien président du conseil d'administration (PCA) du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB) et de l'Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM), M. Nombré.

La conférence a mobilisé de nombreux fidèles.

Il se veut plus illustratif et interpellateur sur certaines valeurs partagées par l'islam et les traditions : « Prenons par exemple l'hospitalité offerte à l'étranger, malgré l'évolution des choses et en dépit que les gens ne sont pas riches, à Ouagadougou, personne ne peut mourir de faim. Il y a également les valeurs de maîtrise de soi devant la nourriture et le sexe. L'Africain considère la gourmandise comme un problème, parce qu'elle se répercute sur le comportement global de l'être humain. Il en est de même pour la sexualité. (…). On a également la place sacrée du père et surtout de la mère… Faites attention, en Afrique, on ne prononce pas une mauvaise parole contre la maman de quelqu'un. Donc, aujourd'hui, les jeunes doivent cesser d'insulter leur maman de gauche à droite. Comme dit le Prophète : "Si tu insultes la maman de quelqu'un, tu as insulté indirectement ta propre mère." On a beau se bagarrer, il ne faut pas toucher à la mère de quelqu'un ».
Toujours selon le conférencier, le respect de l'aîné, de l'autorité/chef… sont autant de valeurs partagées par les deux entités.

Pour lui donc, en dépit de quelques points divergents, tels que les intermédiations (l'islam n'accepte pas les intercessions par les esprits), les musulmans africains gardent un lien très fort avec les traditions africaines. « L'animisme fait corps avec les traditions, il ne se distingue pas clairement des traditions. Cependant, l'animisme existe partout dans le monde, il n'est pas propre au Burkina, à l'Afrique, etc. (…). Après tout, on peut dire que le slogan du musulman, c'est : fier d'être musulman et fier d'être Burkinabè et Africain. Les tenants du retour à la tradition et les musulmans ne doivent pas ignorer l'importance de ce qui les unit au-delà de ce qui les sépare. On ne peut pas dire qu'on n'a rien à avoir les uns envers les autres. Nous avons un patrimoine commun. La tolérance et le respect mutuels doivent continuer à renforcer les liens construits par les traditions pour les enfants du Burkina Faso, au-delà des religions et de toute considération idéologique. Dans le respect mutuel, il y a de la place pour un dialogue fécond entre islam et traditions sur la base de valeurs partagées », a conclu le conférencier Marboulaye Nombré, imam du CERFI et de l'Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina (AEEMB).

O.L.
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/Justice : La liste des débiteurs de chèques impayés de plus de 20 millions FCFA rendue publique

Tue, 05/05/2026 - 00:08

Dans la dynamique de recouvrement des créances publiques engagée par l'État burkinabè, le ministère de la Justice a rendu publique une liste des principaux débiteurs liés à des chèques impayés.

Cette publication fait suite au communiqué de l'Agent judiciaire de l'État quidressait un point sur les montants déjà récupérés au profit du Trésor public.

Classés par ordre décroissant, les débiteurs concernés présentent chacun un encours d'au moins 20 millions de francs CFA.

Lefaso.net
Source : Page Facebook du Ministère de la Justice

Categories: Afrique

Dédicace d'ouvrages : Dr Sounkalo Djibo offre à l'ISCOM 100 exemplaires du livre sur Norbert Zongo

Tue, 05/05/2026 - 00:05

Le journaliste et chercheur Cyriaque Paré a procédé à la dédicace de deux nouveaux ouvrages, le samedi 2 mai 2026, au Centre de presse Norbert-Zongo, à Ouagadougou. Les titres de ces publications sont respectivement : « Médias, réseaux sociaux et l'insurrection populaire d'octobre 2014 au Burkina Faso » et « Henri Sebgo ou le journalisme selon Norbert Zongo ». À l'issue de la cérémonie, le Dr Sounkalo Djibo a acquis 100 exemplaires de l'ouvrage consacré à Norbert Zongo, qu'il a offerts à l'Institut supérieur de la communication et du multimédia (ISCOM).

Lors de la cérémonie de dédicace le 2 mai 2026, Dr Sounkalo Djibo a salué le travail de mémoire réalisé par Dr Cyriaque Paré. Selon lui, ces deux ouvrages sont d'une grande actualité et contribueront à éclairer davantage l'opinion publique. C'est dans cette optique qu'il a décidé d'acquérir des exemplaires de l'ouvrage sur Norbert Zongo au profit des étudiants de l'ISCOM. Cet ouvrage coûte 5000 francs CFA.

Ce geste, selon le donateur, est motivé par deux raisons. « La motivation du don participe au devoir de mémoire pour l'illustre journaliste Norbert Zongo. Ses écrits en tant que journaliste d'investigation (L'Indépendant) et écrivain (Rougbinga) ont participé à l'éveil de la jeunesse burkinabé et des consciences collectives il y a de cela déjà deux décennies. Le don à l'ISCOM permettra à l'école de formation en journalisme de se constituer une partie de sa bibliothèque qui bénéficiera à de nombreuses promotions d'étudiants », a indiqué le donateur.

Au-delà de l'ISCOM, il dit aussi témoigner son soutien à l'auteur qui est son ami et frère de longue date. C'est en 1982 que les deux se sont rencontrés dans le cadre du scoutisme au petit séminaire de Tionkuy, à Dédougou.

Membre du Collectif de France Affaire Norbert Zongo (COFANZO), il est celui-là même qui a lu la déclaration en protestation contre l'assassinat du journaliste Norbert Zongo sur la Place des droits de l'homme à Paris en 1999. En effet, Dr Djibo était à l'époque président de l'association des étudiants burkinabè en France (AEBF).

Dr Sounkalo Djibo est venu directement de la France pour assister à la cérémonie de dédicace

Ce geste a été chaleureusement accueilli par les étudiants, qui ont exprimé leur joie.
Pour rappel, Dr Sounkalo Djibo est titulaire d'un doctorat en ergonomie et en psychologie du travail. Il est ingénieur en santé et sécurité au sein du groupe Stellantis (PSA Peugeot-Citroën-Fiat-Chrysler). Il est également enseignant au DES de médecine du travail à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal).
Il a par ailleurs participé à Faso Digital 2025, où il est intervenu sur le thème : « Transformation digitale au travail et santé mentale : comment rendre les technologies soutenables ? ».

Dr Sounkalo Djibo est aussi promoteur du cabinet Sahelors Consulting (www.sahelors.com).
Pour rappel, Dr Cyriaque Paré est le fondateur de l'ISCOM et du journal en ligne Lefaso.net.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/ Recouvrement des créances publiques : Plus de 357 millions FCFA déjà récupérés, les débiteurs défaillants bientôt exposés

Tue, 05/05/2026 - 00:02

À la suite de son appel du 17 avril 2026, l'Agent judiciaire de l'État (AJE) annonce avoir recouvré, au 30 avril, plus de 357 millions de francs CFA au profit du Trésor public. Alors que certains débiteurs ont engagé des démarches de régularisation, d'autres restent silencieux.

Face à cette situation, l'AJE prévoit la publication progressive des listes de mauvais payeurs, en commençant par ceux ayant émis des chèques impayés d'au moins 20 millions FCFA.

L'annonce a été faite à travers un communiqué publié sur la page Facebook du Ministère de la Justice.

Voir le communiqué ci-dessous :

Faisant suite à l'appel du 17 avril 2026, l'Agent judiciaire de l'État porte à la connaissance du public qu'au 30 avril 2026, un montant total de trois cent cinquante-sept millions neuf cent soixante-dix mille trois soixante-dix-huit (357 970 378) francs CFA a été recouvré au profit de l'Etat et de ses démembrements dont deux cent vingt-neuf millions quatre cent dix-neuf mille cinq cent un (229 419 501) francs CFA au titre des chèques impayés et cent onze millions neuf cent quarante-quatre mille cent un (111 944 101) francs CFA au titre de la réalisation des garanties financières.

Certains débiteurs ont été visités et d'autres se sont présentés à l'AJE et ont pris des engagements formels de paiement qui seront matérialisés par des protocoles d'accord de paiement échelonnés.
Toutefois, malgré la main tendue de l'Etat, plusieurs débiteurs n'ont entrepris aucune démarche de régularisation.

En conséquence, les listes de ces débiteurs selon les natures des créances feront l'objet de publication successives dont la première annexée au présent communiqué concerne les débiteurs ayant émis des chèques revenus impayés d'un montant cumulé au moins égal à vingt millions (20 000 000). Les autres listes suivront.

L'Agent judiciaire de l'Etat réitère l'appel aux citoyens en possession d'informations relatives aux entreprises ou aux promoteurs identifiés sur la liste à les communiquer à ses services en appelant au 25 40 89 86, en envoyant un message électronique à contactajeburkina@aje.gov.bf ou en se rendant dans ses locaux sis à Koulouba dans le bâtiment abritant la Banque des dépôts du Trésor ou à Song-Naaba, dans un immeuble R+4 situé sur l'Avenue Hamado Paul YUGBARE.

L' AJE rassure que l'identité des dénonciateurs sera protégé et si leur action permet un recouvrement effectif au profit de l'Etat une récompense leur sera versée.

L'Agent judiciaire de l'État réaffirme sa volonté ferme de sauvegarder des intérêts financiers de l'Etat et rassure les débiteurs qui auraient également des créances sur l'Etat ou sur ses démembrements qu'ils peuvent s'approcher de ses services pour envisager ensemble les possibilités de compensation. Il rappelle avec fermeté que le paiement des dettes de l'Etat n'est pas une option, mais une obligation pour la préservation de l'intérêt général.

Lefaso.net

Source : Page Facebook du Ministère de la Justice

Categories: Afrique

Santé : Pied bot, vaincre les peurs et les croyances pour remettre les enfants debout

Tue, 05/05/2026 - 00:00

Face à la malformation congénitale du pied bot, à l'hôpital Schiphra de Ouagadougou, la médecine ne sort pas d'abord le scalpel, mais la parole. Dans l'espace dédié à la prise en charge du pied bot, une équipe spécialiste et dévouée déconstruit les peurs avant de redresser les membres. Des mères et des pères apprennent que l'infirmité de leur enfant n'est pas une fatalité. De l'acceptation de la maladie au procédé du protocole Ponseti, les parents sont soumis à un traitement où la patience et l'écoute sont de rigueur. Reportage.

Dans une petite salle de l'hôpital Schiphra, les cris et les rires d'enfants de moins de 5 ans s'alternent. Ce matin, sous la lumière crue des néons qui se reflète sur le carrelage blanc, des familles assises sur des bancs ont le regard dans la même direction. Au centre de la pièce, un homme se tient debout face à eux. Une flipped-chart (album de sensibilisation) à la main, il s'adresse spécifiquement aux parents. C'est une séance d'information et de sensibilisation à l'attention des parents dont les enfants sont atteints du pied bot, une malformation congénitale touchant les membres inférieurs.

À l'aide d'images pédagogiques, il explique patiemment un processus. « Phase de plâtrage : les 6 à 8 moulages successifs – ils ne blesseront pas votre bébé – le moulage va des orteils à l'aine », peut-on lire sur une image. L'objectif de cet exercice est de désamorcer l'angoisse des parents face à ce traitement qui peut paraître impressionnant et de longue haleine. Les parents assis tiennent leurs enfants contre eux, les visages marqués par une concentration profonde. Si les mères constituent la majorité de l'assemblée, la présence de quelques pères ne passe pas inaperçue.

Les parents attentifs aux propos de l'équipe de sensibilisation

Quand comprendre devient le premier soin

La séance d'information n'est pas un simple préalable médical. Elle constitue, en réalité, la première étape du traitement. Ici, on ne soigne pas seulement des pieds, mais aussi des perceptions, des croyances et parfois des peurs profondément ancrées. « Le pied bot n'est ni une malédiction, ni une fatalité. Pourtant, dans de nombreuses familles, la découverte de cette malformation congénitale s'accompagne de questionnements intimes, parfois douloureux.

Certains y voient une punition, d'autres une anomalie inexplicable », indique le Dr Fayçal Oubda, manager du programme pied bot. C'est pourquoi la parole occupe une place centrale dans ce dispositif. Chaque mot prononcé vise à reconstruire un cadre rationnel autour de la maladie. Le discours médical se fait accessible, très souvent en langue locale. Il s'agit de rassurer, mais aussi d'engager.

Pendant la séance, une mère lève timidement la main. La voix est basse, presque hésitante, elle demande si le plâtre fera mal à son bébé. L'équipe répond en expliquant que le processus est progressif, que l'enfant s'adapte et que la douleur est maîtrisée. Un autre parent assis de l'autre côté de la salle s'interroge sur la durée du traitement. « Combien de temps avant que son enfant puisse marcher normalement ? » La réponse de l'équipe n'est pas immédiate car elle s'inscrit dans une temporalité longue, faite de patience et de régularité. Au fil des échanges, les visages se montrent plus rassurés et une forme d'adhésion commence à émerger. Elle n'est pas encore totale, mais elle prend racine.

Un mal tabou

À la sortie de la salle de sensibilisation, les familles se dispersent lentement dans la cour de l'hôpital. Certaines prennent la direction des salles de consultation, d'autres celle du parking. Les enfants, eux, retrouvent leurs gestes spontanés : des rires, des pleurs, des mouvements désordonnés… Dans ce lot, Kiswendsida Florence Koala, une habituée des lieux avec sa fille autrefois atteinte du pied bot, connaît certainement ses derniers rendez-vous au centre.

Grâce aux efforts de Florence pour respecter les consignes de l'équipe de l'ONG Hope Walks, Océane se tient debout sans effort après des années de traitement

Sa fille, Océane, environ cinq ans aujourd'hui, marche. Elle court même ! Mais son histoire commence ailleurs, dans l'inquiétude d'un lendemain incertain. « C'est en étant au CMA de mon quartier, après avoir accouché, que j'ai su que ma fille Océane avait le pied bot », raconte sa mère, la voix posée mais encore habitée par le souvenir. À ses côtés, Océane joue avec énergie, échappant à son contrôle quelquefois. Le récit de Florence épouse les contours d'un parcours que beaucoup de mères partagent ici. Le diagnostic d'abord, souvent posé dans la précipitation d'un post-partum encore fragile. Puis les interprétations familiales, parfois contradictoires.

Dans son cas, c'est la belle-mère qui l'alerte, observant les pieds « tordus » du nouveau-né. Une image qui s'imprime, qui inquiète, mais qui ne trouve pas immédiatement de réponse médicale. « Arrivée à la maison, j'ai montré l'état des pieds à son père. Il m'a dit de masser avec du beurre de karité et ça va aller. » Le geste est familier, ancré dans les pratiques locales, rassure et donne l'illusion d'agir. Mais il retarde aussi la prise en charge adaptée. Pendant plusieurs jours, la jeune mère, primipare, masse les pieds de son bébé, espérant voir une amélioration. Elle observe, scrute, attend. Rien ne change.

Le déclic viendra d'un visiteur. Le frère de son mari, de passage, qui reconnaît immédiatement la pathologie. « Il m'a dit qu'il savait où l'on peut soigner ce mal. » Mais accéder au soin ne relève pas toujours d'une décision individuelle. Il faut convaincre, expliquer, parfois s'opposer. Florence demande l'autorisation à son mari pour se rendre à l'hôpital mais ce dernier refuse. Comme pour beaucoup de pères, accepter la maladie de son enfant revient à reconnaître une vulnérabilité difficile à porter.

C'est finalement le petit frère de son mari qui l'accompagnera avec sa fille encore toute petite. Ils effectuent un déplacement, presque clandestin, à Schiphra où le diagnostic est confirmé et la conduite à tenir est expliquée. « Pendant deux semaines, elle a porté un plâtre qui avait déjà changé la direction de ses pieds. Ils nous ont donné des chaussures orthopédiques pour elle. À la maison, il fallait masser ses pieds et lui porter ses chaussures. J'ai été assisté par des gens de la maison pour suivre correctement les directives des médecins. Quand je demandais à son père de m'accompagner à l'hôpital, il trouvait des prétextes pour ne pas venir. Mais grâce au soutien de mon petit mari qui m'a accompagnée jusqu'à la fin, ça a été plus simple. Il y a des jours où j'oubliais les rendez-vous, mais lui il me rappelait toujours et vérifiait que l'enfant porte les chaussures. Aujourd'hui je rends grâce à Dieu parce que ma fille marche correctement, elle pédale le vélo et elle tire le ballon correctement », témoigne la mère d'Océane. Dans ces phrases, il y a déjà une forme de soulagement. Selon elle, le regard des autres n'a pas toujours été bienveillant. « Pendant le traitement, les gens parlaient beaucoup de ses pieds en me disant de prier pour que ça finisse parce que c'est certainement un sort qu'on lui a jeté. »

Le premier plâtrage des pieds du petit Cheick, sous le regard de son oncle Ablassé Kaboré

Ablassé Kaboré, venu de Saaba, en périphérie de Ouagadougou, avec son neveu atteint du pied bot. Dans ses yeux, on lit à la fois l'inquiétude et une forme d'étonnement. « Le pied de mon neveu est malade et nous avons appris par un voisin que ce type de maladie est pris en charge ici », lance-t-il à sa sortie de la séance d'information et de sensibilisation.

Son neveu Cheick a également rendez-vous pour sa première séance de plâtrage. Pour Ablassé Kaboré, la surprise est immédiate. « J'ai vu de nombreux enfants qui sont rétablis et d'autres qui sont en plein soins. » Il évoque l'histoire du petit Cheick. Une trajectoire marquée par l'absence et le retard de prise en charge. « Il est orphelin de mère depuis qu'il a trois ans. Actuellement, il a plus de quatre ans mais il ne peut pas marcher. Cette maladie l'empêche d'avoir des amis avec qui jouer », indique l'oncle de Cheick. Ses mots rappellent que derrière chaque pied non corrigé, il y a une enfance entravée.

Malheureusement, le pied bot ne se limite pas à une déformation physique mais est un frein au développement, à la socialisation, à l'enfance elle-même. Beaucoup de parents ignorent toujours l'existence de cette maladie. « Nous n'avions jamais vu ce genre de maladie, donc au début on ne comprenait pas. C'est ici que nous avons compris que nous ne sommes pas les seuls », affirme Ablassé Kaboré. Ce sentiment d'appartenance à un collectif, même involontaire, est partagé par de nombreux parents d'enfants atteints de pied bot. Et au-delà de l'accueil, ici, c'est la patience des soignants qui marque ces derniers.

Corriger, maintenir avant de guérir

Dans une salle connectée à celle de la sensibilisation, le bruit sec du plâtre que l'on prépare se mêle aux échanges feutrés du personnel soignant. Ici, le traitement du pied bot prend une forme concrète. Le Dr Fayçal Oubda, médecin et manager du programme Pied bot à l'ONG Hope Walks, déroule avec méthode l'architecture du dispositif national. « Au Burkina Faso, la prise en charge du pied bot s'est progressivement décentralisée. Nous avons noué des partenariats avec huit hôpitaux dans huit régions différentes », explique-t-il.

Une stratégie qui vise à rapprocher le soin des populations, à réduire les distances, à limiter les abandons de traitement. Le programme, porté en collaboration avec des partenaires internationaux et le ministère de la Santé, repose sur un principe fort : la gratuité. « Un traitement qui devrait coûter 250 000 francs CFA est rendu gratuit », insiste-t-il. Une donnée qui, dans un contexte où les contraintes financières conditionnent fortement le recours aux soins, change radicalement la donne.

Mais au-delà de l'organisation, c'est la méthode qui constitue le cœur du traitement : la technique de Ponseti. Développée aux États-Unis et aujourd'hui reconnue mondialement, elle repose sur une correction progressive de la déformation. Le principe est simple en apparence : manipuler délicatement le pied du nourrisson, puis maintenir cette correction à l'aide de plâtres successifs. « En moyenne, quatre à six plâtres suffisent pour corriger la partie antérieure du pied », précise le Dr Oubda en appliquant le plâtre sur l'un des pieds du petit Cheick.

Chaque semaine, le plâtre est retiré, le pied est à nouveau manipulé, puis un nouveau moulage est appliqué. Le geste est précis, répété, presque ritualisé. Il vise à étirer progressivement les ligaments raccourcis, à réaligner les structures osseuses. Dans la salle de soins, après le passage de Cheick assisté par son oncle, un nourrisson d'à peine un mois est allongé sur la table. Ses jambes, encore fragiles, sont manipulées avec une extrême délicatesse. Le plâtre, encore humide, enveloppe le pied et remonte jusqu'à la cuisse. Un plâtre circulaire, rigide en apparence, mais pensé pour accompagner la croissance. Pour les parents, cette phase est souvent la plus impressionnante. Voir son enfant immobilisé, semaine après semaine, demande une confiance totale dans l'équipe soignante. Mais cette phase de correction, aussi essentielle soit-elle, ne constitue pas l'étape finale.

Les pieds d'un nourrisson après la ténotomie du chirurgien Dr Elie Balima

La ténotomie : franchir le verrou invisible

« La phase de correction du pied bot s'achève avec la ténotomie », explique le Dr Elie Balima, chirurgien et directeur médical du programme. Dans une salle d'opérations, le geste se prépare. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, il ne s'agit pas d'une chirurgie lourde. La ténotomie est une intervention percutanée, rapide, mais décisive. Le principe consiste à sectionner le tendon d'Achille. Dans le pied bot, ce tendon est raccourci et il maintient le pied en position équine, c'est-à-dire orienté vers le bas. Tant qu'il reste intact, la correction est incomplète. « C'est le verrou », résume implicitement le chirurgien.

Sur la table, un bébé est installé. Une anesthésie locale est réalisée à la lidocaïne. Le geste est rapide. Une fine lame de bistouri traverse la peau en un point précis, presque invisible (nous n'en verrons pas grand-chose). Pas d'ouverture large, pas d'incision spectaculaire. Juste une brèche minime. « Si vous ne regardez pas, vous pouvez ne pas voir que l'intervention est terminée », glisse le Dr Balima. Mais derrière cette apparente simplicité se cache une expertise rigoureuse.

Car autour du tendon se trouvent des vaisseaux, des nerfs et le geste doit être parfaitement maîtrisé. « Lorsque le tendon est sectionné, un changement immédiat s'opère. Le pied, jusque-là contraint, retrouve une capacité de flexion dorsale. Il remonte et s'aligne », fait constater le chirurgien en soulevant le pied du nourrisson. Après cela, un dernier plâtre est alors appliqué, pour une durée de trois semaines. Il permet au tendon de cicatriser en position allongée et de se reconstruire autrement.

« Certains parents, voyant les pieds corrigés, relâchent leurs efforts. »

Mais la réussite du traitement ne se mesure pas uniquement à la correction initiale. Elle dépend surtout de la capacité à maintenir ce résultat dans le temps. C'est la deuxième phase : celle du port des attelles, des chaussures orthopédiques, reliées par une barre, maintiennent les pieds en position d'abduction. Au début, l'enfant doit les porter presque en permanence, 23 heures sur 24. Pour les parents, cette étape est souvent la plus exigeante. Elle s'inscrit dans la durée, parfois sur plusieurs années. Elle nécessite une discipline quotidienne, une vigilance constante.

« Certains parents, voyant les pieds corrigés, relâchent leurs efforts », observe le Dr Oubda qui indique que le pied bot a une mémoire et sans maintien, il peut revenir à sa position initiale. Le suivi s'étale donc jusqu'à l'âge de cinq ans. Des consultations régulières permettent de vérifier l'évolution, d'ajuster les dispositifs et de soutenir les familles. Lorsque ce parcours est respecté, les résultats sont au rendez-vous. « Nous avons un taux de succès de plus de 90 % », affirme le médecin. Un chiffre qui traduit des centaines d'enfants remis sur pied au Burkina.

Le constat est que le pied bot dépasse le cadre strictement médical. Il interroge les systèmes de santé, les représentations sociales, les inégalités d'accès aux soins. Au Burkina Faso, où la natalité est élevée, le nombre de cas reste important. Chaque année, des centaines d'enfants naissent avec cette malformation. Tous ne sont pas détectés à temps et tous ne bénéficient pas d'une prise en charge précoce. Quelques études s'intéressent à sa prise en charge mais les causes réelles de cette pathologie restent insuffisamment expliquées.

Le programme Pied bot de l'ONG Hope Walks, en s'appuyant sur un réseau de centres et sur des partenariats solides, tente de combler la prise en charge. Mais les défis persistent pour sensibiliser davantage, former les agents de santé, lutter contre les croyances erronées et accompagner les familles sur la durée. Dans ce combat, l'hôpital Schiphra apparaît comme un point d'ancrage. Un lieu où la médecine rencontre le social, où la technique s'humanise, où chaque enfant devient une priorité. Et surtout, un lieu où l'on apprend que derrière un pied déformé, il y a une trajectoire de vie à redresser.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Région des Koulsé : Sous l'impulsion du PCRSS-Burkina, l'agriculture renforce la résilience et rallume l'espoir

Mon, 04/05/2026 - 23:57

Dans les Koulsé, les champs reverdis remplacent peu à peu les stigmates de l'insécurité. Du 22 au 25 avril 2026, la mission de suivi des investissements du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel-Burkina Faso (PCRSS-Burkina) sillonne plusieurs localités de la région. Objectif, aller à la rencontre de producteurs engagés dans la campagne sèche. À Kourpellé, Solomnoré ou encore Silmidougou, hommes et femmes reprennent possession de leurs terres, relancent les cultures maraîchères et reconstruisent leurs moyens d'existence grâce aux appuis du projet. Entre récits de retour, récoltes prometteuses et défis persistants, ce reportage plonge au cœur d'un Sahel qui résiste et se relève par le travail de la terre.

Il est 10h19, sous un soleil déjà bien installé. Nous arrivons à Kourpellé, ce village peuplé de plus de 1 000 habitants, situé dans la commune de Kongoussi, province du Bam. Un paysage sahélien se dévoile, marqué en partie de terres ocres. C'est un parcours jadis à risque pour avoir traversé les localités notamment de Darigma et de Tanguema jusqu'à notre destination. Beaucoup jusqu'à présent n'oseraient pas s'y aventurer ; estimant que la zone est toujours sous l'emprise des terroristes. Grâce aux opérations sécuritaires menées ces dernières années par les Forces armées nationales dans cette localité du Burkina Faso, la mission de suivi des investissements du PCRSS-Burkina est arrivée sans incident.

L'accueil des populations est à la fois simple et chaleureux, à l'image de l'hospitalité légendaire des communautés rurales de la région des Koulsé (ex-région du Centre-nord).

Très vite, visiteurs et hôtes prennent place sous un hangar aménagé pour la circonstance. Assis sur des bancs en bois, les membres de la délégation sont invités à se rafraîchir avec du “zoom koom'', cette boisson locale prisée pour ses vertus désaltérantes. Dans une atmosphère conviviale, les premiers échanges s'engagent. Les représentants du PCRSS-Burkina saluent les autorités locales et les leaders communautaires du village de Kourpellé, avant de rappeler le contexte de leur présence.

Alors que nous étions en chemin, nous apercevons ce pylône de télécommunications détérioré et ce véhicule calciné dans le village de Kourpellé, rappelant le passage des forces du mal

Après donc les civilités d'usage, les activités peuvent véritablement démarrer avec l'autorisation des responsables du village. Pendant notre marche pour rejoindre les sites des producteurs, des séquelles des attaques perpétrées dans cette zone sont encore perceptibles. Un véhicule calciné, des bâtiments portant encore l'impact de balles, un pylône de télécommunications endommagé…

Cependant, les habitants sont pleins d'espoir. Ils vaquent à leurs occupations, espérant davantage de lendemains meilleurs

C'est le cas des bénéficiaires du PCRSS-Burkina. Au cœur des périmètres maraîchers où la campagne sèche bat son plein, sur les parcelles de tomates, les femmes s'activent sans relâche. Certaines arrosent méthodiquement les plants à l'aide d'arrosoirs, pendant que d'autres sarclent les rangées pour limiter les mauvaises herbes. À mesure que le regard se pose sur les champs verdoyants, les fruits rouges apparaissent, témoignant du travail constant des exploitants qui s'organisent en groupes ou en familles pour optimiser le rendement.

« Nous sommes reconnaissantes au PCRSS-Burkina pour les semences et engrais mis gratuitement à notre disposition », Fatimata Sawadogo, bénéficiaire du PCRSS dans le village réinstallé de Kourpellé

Ici, chacun trouve sa place dans la chaîne de production jusqu'à la récolte. Cette complémentarité renforce non seulement la productivité des exploitations, mais aussi les moyens de subsistance des ménages, dans un contexte où l'agriculture reste un pilier essentiel de résilience pour les populations locales. Sur place, les équipes ont pu apprécier l'impact concret du projet sur les conditions de production et les moyens de subsistance des populations bénéficiaires.

Rachelle Nana/Zongo, point focal du PCRSS-Burkina, la direction provinciale en charge de l'agriculture, des ressources animales et halieutiques du Bam, situe le cadre de l'intervention. Elle rappelle que l'État et ses partenaires apportent un soutien constant aux populations. C'est dans cette dynamique que le Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel déploie ses activités dans la région des Koulsé, notamment dans la commune de Kongoussi. Cela, afin d'accompagner les communautés affectées par la crise sécuritaire et humanitaire.

« Nous avons pu vendre les spéculations que nous avons récoltées pour subvenir à nos besoins grâce à l'appui du PCRSS-Burkina », Mahamoudou Pacodé, bénéficiaire du PCRSS

1 168 producteurs bénéficiaires du PCRSS-Burkina dans le Bam

Madame Nana détaille ainsi les appuis mobilisés sur le terrain. La province du Bam, souligne-t-elle, a bénéficié de 180 tonnes d'engrais, composées de 100 tonnes de NPK et de 80 tonnes d'urée. À cela s'ajoutent 8 060 kilogrammes de semences, réparties entre l'oignon, la tomate, le chou et la pomme de terre. Ces intrants arrivent dans un contexte où les producteurs cherchent à relancer leurs activités et à sécuriser leurs productions en saison sèche.

Au total, 1 168 producteurs ont bénéficié de cet accompagnement. Parmi eux, 650 personnes déplacées internes (PDI) issues de villages réinstallés, aux côtés de 467 membres des communautés hôtes. Sur le terrain, cette cohabitation se traduit par un travail collectif et une solidarité visible dans les périmètres maraîchers.

« Les appuis se concentrent principalement dans les localités situées aux abords du lac Bam », Rachelle Nana/Zongo, point focal du PCRSS-Burkina à la direction provinciale en charge de l'agriculture, des ressources animales et halieutiques du Bam

Il s'agit notamment, précise-t-elle, des villages de Darigma, Kourpellé et Tanguema, où les conditions hydriques favorisent les cultures. Sur les sites visités, les superficies emblavées témoignent de l'ampleur des activités engagées. Au total, 108 hectares ont été mis en valeur selon le point focal du PCRSS-Burkina de la province du Bam. La tomate occupe la plus grande part avec 60 hectares, suivie du chou sur 25 hectares, de l'oignon sur 15 hectares et de la pomme de terre sur 8 hectares. Ces chiffres prennent forme sous les yeux de la mission, à travers des champs bien entretenus où les cultures évoluent à différents stades de croissance.

Au nom du directeur provincial, Rachelle Nana/Zongo exprime sa reconnaissance envers le PCRSS-Burkina. Elle salue un appui qui soulage concrètement les populations, en particulier les personnes réinstallées dans leurs localités d'origine. Sur les parcelles, les producteurs récoltent déjà les fruits de leur travail. Ils s'organisent, valorisent les intrants reçus et tirent des revenus de la vente des productions, ce qui contribue à renforcer les moyens d'existence des ménages.

« Nous avons reçu pour le village de Kourpellé 8 tonnes de NPK, 6 tonnes d'urée, 2 kg de tomates et 1 kg d'oignons distribués à 119 bénéficiaires », Bintou Sana/Ouédraogo, agent technique d'agriculture

Mais au-delà des acquis, les défis restent présents. Pour Rachelle Nana, point focal du PCRSS-Burkina dans le Bam, la question sécuritaire demeure centrale et conditionne la continuité des activités. Les producteurs expriment également des besoins persistants en semences, notamment en termes de disponibilité à temps et d'adaptation aux réalités locales. À cela s'ajoutent le manque de matériel et l'accès difficile aux produits phytosanitaires. Dans cette perspective, les acteurs locaux encouragent le renforcement des capacités des producteurs, notamment pour la production de pesticides biologiques, afin de réduire les coûts et d'améliorer durablement les pratiques agricoles.

La mission a effectué une escale à la mairie de Pissila avant de se déporter sur le site de production de Solmonoré-Tikato

Nous sommes jeudi 23 avril 2026. Il est 10h18 lorsque la mission atteint Solomnoré, un village de la commune de Pissila, dans la province du Sandbondtenga (ex-Sanmatenga). Il se situe à une douzaine de kilomètres de Pissila et de la route nationale 3 reliant Tougouri à Kaya. La localité s'étend dans un paysage sahélien marqué par la résilience de ses habitants. Fort de plus de 2 000 âmes, Solomnoré porte encore les stigmates des attaques qui ont provoqué le déplacement de nombreuses familles.

Mais peu à peu, les habitants regagnent leurs terres et reprennent leurs activités, soutenus par les interventions du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel-Burkina Faso. À l'entrée du village, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) accueillent la délégation, illustrant leur rôle de veille et de protection des communautés. Leur présence visible rassure et témoigne des dispositifs mis en place pour sécuriser les populations réinstallées. Dans cette localité marquée par les défis sécuritaires, cette mobilisation des forces combattantes apparaît comme un maillon essentiel pour permettre la reprise des activités agricoles et le retour progressif à une vie normale.

Sur le site de production, les champs s'organisent sur une superficie d'environ 10 hectares

Les cultures maraîchères y reprennent vie, portées par les appuis en intrants. Les producteurs s'activent, tentent de tirer le meilleur des semences et des engrais mis à leur disposition, une preuve de résilience face aux défis sécuritaires. À l'image de Kourpellé, la dynamique de relance agricole se dessine progressivement, entre espoir de stabilité et volonté de reconstruire des moyens d'existence durables.

Jérémie Ouédraogo, président des coopératives des maraîchers de Solomnoré, prend la parole au nom des producteurs. Il explique que lui-même et l'ensemble des membres bénéficient des appuis du PCRSS-Burkina, notamment en semences et en engrais pour la culture du chou et de la tomate. Sur les périmètres, ces intrants se traduisent concrètement par des parcelles mises en valeur et une activité agricole qui reprend progressivement, portée par l'engagement des coopérateurs.

Avec insistance, le président des coopératives des maraîchers de Solomnoré, Jérémie Ouédraogo, exprime sa reconnaissance envers les initiateurs du PCRSS-Burkina

Il soutient que cet appui permet aux producteurs de subvenir à leurs besoins essentiels et d'assurer, autant que possible, la prise en charge des soins de leurs familles en cas de maladie. Dans un contexte marqué par la vulnérabilité, cet accompagnement représente à ses yeux un véritable soulagement pour toute la communauté. Cette communauté qui retrouve peu à peu des repères économiques et sociaux.

À la fin des échanges, l'atmosphère se détend et laisse place à une joie palpable parmi les producteurs. Heureux de recevoir la visite des acteurs du PCRSS-Burkina et de partager les fruits de leur travail, hommes et femmes se rapprochent spontanément, échangent des sourires et des mots de gratitude. Dans cet élan collectif, l'idée d'une photo de famille s'impose comme une évidence. Tous se rassemblent, se mettent en place avec fierté devant les parcelles verdoyantes.

Les producteurs de Solomnoré décident d'immortaliser ces instants de communion et de reconnaissance, symbole d'un espoir retrouvé et d'un partenariat qui porte ses fruits

Vendredi 24 avril 2026, le cap est mis sur Silmidougou, une localité située à environ 9 kilomètres au nord-ouest de la commune de Mané, dans la province du Sandbondtenga. Tout au long du trajet, la mission progresse jusqu'à la croisée des forces combattantes en plein contrôle sur l'axe emprunté. Ces dispositifs de sécurité, visibles à Kourpellé comme à Solomnoré, rappellent le contexte encore sensible de la zone, tout en traduisant les efforts déployés pour sécuriser les populations.
Il est 10h44 lorsque la mission atteint le site de Razinga, dans le village de Silmidougou.

À peine arrivés, les regards se posent sur des parcelles soigneusement aménagées où s'étendent des champs de choux, de gombo et de concombre

Les planches verdoyantes témoignent du travail minutieux des producteurs, qui s'activent à entretenir leurs cultures malgré les contraintes. Ici, les oignons ont déjà été récoltés bien avant l'arrivée de la délégation, laissant place à d'autres spéculations en pleine croissance. L'ensemble du site reflète une dynamique agricole en marche, portée par les appuis reçus et la détermination des exploitants.

Au cœur de cette activité, Benoît Compaoré, producteur de choux, partage son expérience avec un mélange de fierté et de reconnaissance

Il exprime sa gratitude envers les donateurs pour les semences et les engrais mis à sa disposition, qui soutiennent concrètement son travail. Sa récolte, prévue dans une dizaine de jours, représente pour lui bien plus qu'une simple production. Elle constitue une source essentielle de revenus et de subsistance. Grâce à cet appui, il entrevoit la possibilité de répondre à ses besoins, mais aussi de venir en aide à ses proches, renforçant ainsi les liens de solidarité au sein de sa famille.

Sous l'ombre légère d'un arbre en bordure des parcelles, Sibri Georges Sawadogo, président des coopératives maraîchères de la localité, replonge dans ses souvenirs encore vifs. Il raconte une période de refuge marquée par l'incertitude et les difficultés quotidiennes. Loin de leur village, lui et les siens louaient des habitations, faisaient face aux charges familiales, tout en faisant l'effort de survivre avec des moyens limités. Dans ce contexte précaire, chaque dépense devient un défi. Aujourd'hui, de retour sur ses terres, il laisse transparaître un soulagement visible. Retrouver son village et reprendre ses activités agricoles redonne un sens à son engagement et ravive l'espoir d'un avenir plus stable.

Sur ses champs, les résultats parlent d'eux-mêmes. En plus de la production de semences d'oignon, Sibri Georges Sawadogo, président des coopératives maraîchères de Silmidougou, enregistre pour la campagne 2026 une récolte d'environ 30 tonnes d'oignons (à droite)

Une performance qui traduit à la fois son expérience et l'impact des appuis reçus. Dans une dynamique d'innovation, il expérimente également, avec les membres de sa coopérative, la culture du blé sur une superficie de 3 hectares. L'initiative porte ses fruits, avec une production estimée à près de 2 tonnes. Pour lui, cette diversification ouvre de nouvelles perspectives et renforce la résilience des producteurs face aux aléas.

Au terme de plusieurs étapes de terrain, la mission marque une pause d'échanges avec Moussa Sawadogo, directeur régional de l'Economie et de la planification des Koulsé et chef d'antenne du PCRSS-Burkina dans la région des Koulsé. D'emblée, il rappelle le sens et la portée du projet. Le PCRSS, explique-t-il, vise à accompagner le développement des communautés dans la zone du Liptako-Gourma. Un espace confronté à de multiples défis, mais disposant d'un important potentiel, notamment dans le secteur agricole. Structuré autour de cinq composantes, dont quatre sont effectivement déployées dans cette zone, le projet se veut un levier de relèvement et de stabilisation durable. Dans la région des Koulsé, cette ambition se traduit concrètement sur le terrain.

Depuis son domicile à Mané, Emilienne Sawadogo avance entre les planches d'oignons avec l'assurance de celle qui retrouve peu à peu ses repères

Pourtant, il y a encore quelque temps, l'insécurité rendait les champs inaccessibles. Cette situation obligeait les producteurs à abandonner une activité qui constitue leur principale source de revenus. Comme beaucoup d'autres exploitants, elle a suspendu ses travaux, dans l'incertitude du lendemain. Aujourd'hui, le retour progressif de l'accalmie dans la province du Sandbondtenga change la donne. Emilienne Sawadogo reprend ses activités avec détermination, soutenue par les appuis du PCRSS-Burkina en semences d'oignon et en engrais, notamment l'urée et le NPK. Pour elle, ces intrants représentent bien plus qu'un simple accompagnement, ils relancent toute une dynamique de production.

Après dix années passées dans la culture de l'oignon, Emilienne Sawadogo s'impose désormais comme une productrice expérimentée dont la réputation dépasse les limites de Mané. Mère de cinq enfants, elle contribue activement à l'équilibre économique de son foyer grâce aux revenus tirés de son exploitation. Chaque année, elle produit au minimum 10 tonnes d'oignons bulbes et environ 50 kilogrammes de semences, pour un revenu estimé à près de 3 millions de francs CFA. Sur le terrain, ses performances suscitent l'admiration des autres producteurs et illustrent la place grandissante des femmes dans le développement des activités maraîchères et la résilience des communautés rurales.

Moussa Sawadogo, directeur régional de l'Économie et de la planification des Koulsé et chef d'antenne du PCRSS dans la région, détaille les appuis apportés aux producteurs dans le cadre de la campagne sèche

Au total, 610 tonnes d'engrais, composées de NPK et d'urée, ont été mises à disposition, accompagnées de semences maraîchères ainsi que de 11,5 tonnes de pomme de terre destinées à la production de contre-saison. Ces intrants soutiennent directement les exploitants dans leurs activités et contribuent à renforcer les capacités de production dans un contexte marqué par la vulnérabilité.

Environ 10 000 bénéficiaires d'engrais

Les chiffres avancés donnent la mesure de l'intervention. Environ 10 000 producteurs bénéficient des engrais, tandis que 4 800 autres accèdent aux semences améliorées. Sur le terrain, ces appuis prennent vie à travers des champs verdoyants, des parcelles bien entretenues et une mobilisation visible des producteurs.

L'une des conserveries de Sibri Georges Sawadogo, président des coopératives maraîchères de Silmidougou

Après trois jours de tournée dans les différentes localités de la région, le constat du chef d'antenne régionale des Koulsé se veut encourageant. Il observe des producteurs engagés, déterminés et porteurs d'un réel optimisme quant aux résultats de la campagne. Les récoltes en cours et les perspectives annoncées traduisent, selon lui, une amélioration tangible de la sécurité alimentaire. Une dynamique qui s'inscrit dans la vision des plus hautes autorités du pays, pour qui l'autosuffisance alimentaire demeure une priorité stratégique.

Dans cette dynamique, Moussa Sawadogo invite les bénéficiaires à poursuivre leurs efforts, à maintenir leur engagement dans les activités agricoles et à continuer de travailler pour consolider les acquis. Pour lui, le relèvement des communautés passe nécessairement par la constance dans le travail et par une appropriation durable des actions mises en œuvre. L'objectif reste de bâtir des bases solides pour une stabilisation à long terme.

Lancé en 2021, le PCRSS s'étend jusqu'au 31 décembre 2026. Il résulte d'une initiative des gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avec l'appui technique et financier de la Banque mondiale. Au pays des hommes intègres, le projet couvre trois régions, à savoir les Koulsé, le Yaadga et le Sahel. Mis en œuvre dans 29 communes, dont 11 dans la seule région des Koulsé, son financement repose sur une enveloppe de 75 milliards de francs CFA apportée par la Banque mondiale, complétée par environ 4,5 milliards de francs CFA mobilisés par l'État burkinabè. Un investissement conséquent, à la hauteur des enjeux de relèvement et de résilience des populations.

Au fil des kilomètres parcourus dans les villages des Koulsé, une évidence s'impose. Malgré les blessures laissées par l'insécurité et les déplacements, les communautés gardent intacte leur volonté de reconstruire leur quotidien par le travail de la terre. Dans les champs verdoyants de tomate, de chou ou d'oignon, chaque récolte porte l'empreinte d'une résilience silencieuse, nourrie par l'espoir de jours meilleurs. À travers le PCRSS-Burkina, ce ne sont pas seulement des semences et des engrais qui parviennent aux producteurs, mais aussi une opportunité de relèvement, de dignité retrouvée et de stabilisation durable pour des populations déterminées à reprendre en main leur destin.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Burkina/Lutte contre le blanchiment de capitaux : Les assujettis du secteur non financier de la promotion immobilière renforcent leurs capacités

Mon, 04/05/2026 - 23:55

L'Office national du contrôle des aménagements et des constructions (ONC-CA) a initié une session de formation au profit des assujettis du secteur non financier de la promotion immobilière, des entreprises et bureaux d'études du secteur du bâtiment. Ladite formation porte sur leurs obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. La session a débuté ce lundi 4 mai 2026 et va s'étaler sur cinq jours.

Au cours de la présente session de formation, il va s'agir d'outiller les acteurs du secteur non financier de l'immobilier en vue de protéger l'économie contre l'injection de capitaux d'origine criminelle. Selon Souako Kohoun, représentant du ministre de la Construction de la patrie, le secteur de la promotion immobilière et du bâtiment a été identifié lors des évaluations nationales des risques comme l'un des plus vulnérables au blanchiment de capitaux. « C'est pourquoi la loi Nᵒ 046-2024/ALT du 30 décembre 2024 impose des obligations de vigilance accrues qui s'appliquent tant à tous les autres secteurs assujettis qu'à celui de l'immobilier », explique-t-il.

Souako Kohoun, représentant du ministre de la Construction de la patrie, a ouvert les travaux

C'est pour permettre aux assujettis de relever les défis techniques de l'opérationnalisation de ces obligations et de combler le vide en matière de dispositif interne de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme constaté dans les entreprises que se tient la présente session de formation.

À en croire Nadège Guinko/Hien, directrice des affaires juridiques et du contentieux et directrice générale par intérim de l'Office national du contrôle des aménagements et des constructions, les participants vont, au cours de la formation, renforcer leurs compétences sur l'élaboration des documents fondamentaux de lutte contre le blanchiment de capitaux. « Ils vont apprendre comment est-ce qu'on fait pour connaître le client qui vient vers la société ou le cabinet. Comment est-ce qu'on fait pour l'identifier correctement, pour savoir si nous ne sommes pas en face d'un délinquant financier qui vient pour blanchir des capitaux », précise-t-elle. Ils vont aussi procéder à la cartographie des risques qui pèsent sur les entreprises et qui peuvent jouer sur leur économie interne et mieux maîtriser la mise en œuvre de l'ensemble de ces documents pour pouvoir lutter efficacement contre le blanchiment de capitaux.

Nadège Guinko/Hien, directrice des affaires juridiques et du contentieux et directrice générale par intérim de l'office national du contrôle des aménagements et des constructions

Madi Prosper Tapsoba, chef du département des affaires juridiques et institutionnelles de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui va assurer la formation, indique que celle-ci se veut pratique. C'est pourquoi, après avoir passé en revue les modules théoriques sur les obligations des assujettis, les formateurs vont plonger les participants dans une phase pratique à l'issue de laquelle ils seront capables d'évaluer leurs risques, d'élaborer des politiques et procédures internes et de pouvoir faire face à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Madi Prosper Tapsoba, chef du département des affaires juridiques et institutionnelles de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), qui va assurer la formation, indique que celle-ci se veut pratique.

« À l'issue de cette formation, nous attendons des assujettis qu'ils puissent, une fois de retour dans leurs entreprises respectives, évaluer leurs propres risques, élaborer des politiques à l'interne pour pouvoir mettre en œuvre les différentes obligations qui sont les leurs et déclarer les soupçons à la CENTIF pour que, in fine, elle puisse traiter ces éléments de soupçons-là, pour les analyser et effectivement, si, après constat, les soupçons sont avérés, transmettre ces éléments de rapport à l'autorité compétente », a fait savoir Madi Prosper Tapsoba.

photo de famille

Armelle Ouédraogo
www.lefaso.net

Categories: Afrique

Pages